Vendredi 04 février
Heure Salle 1 Salle 2 Salle 3 Salle 4 Salle 5 Galerie Sud
08:30
08:30-10:30
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

A41
CONFERENCE PLENIERE 04
Génétique et société

CONFERENCE PLENIERE 04
Génétique et société

Modérateurs : Laurent PASQUIER (Médecin) (RENNES), Stéphane TIRARD (épistémologiste) (Nantes)
08:30 - 10:30 Evolution des tests préconceptionnels / test prénataux. Expériences de la Belgique. Pascal BORRY (Professor of Bioethics) (Leuven, Belgique)
08:30 - 10:30 Evolution du diagnostic néonatal, enjeux éthiques. Frédéric HUET (doyen) (Dijon)
08:30 - 10:30 Evolution des tests en population dans le domaine de l'oncogénétique. Dominique STOPPA-LYONNET (Pu-ph) (Paris)
08:30 - 10:30 Impacts sociétaux liés à la mise en œuvre des politiques de santé publiques utilisant la génétique aux différents âges clés de la vie. Catherine BOURGAIN (Paris)

08:30-11:30
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

B41
CONFERENCE PLENIERE - SESSION DPC
Génétique et société (en attente de validation par L'OGDPC)

CONFERENCE PLENIERE - SESSION DPC
Génétique et société (en attente de validation par L'OGDPC)

08:30 - 11:30
Modérateurs : Laurent PASQUIER (RENNES), Stéphane TIRARD (Nantes)

• Evolution des tests préconceptionnels / test prénataux. Expériences de la Belgique. Pascal BORRY (Belgique)
• Evolution du diagnostic néonatal, enjeux éthiques. Frédéric HUET (DIJON CEDEX)
• Evolution des tests en population dans le domaine de l'oncogénétique. Dominique STOPPA-LYONNET (ST CLOUD)
• Impacts sociétaux liés à la mise en œuvre des politiques de santé publiques utilisant la génétique aux différents âges clés de la vie. Catherine BOURGAIN
• Visite des Posters. Sylvie ODENT (Rennes)

10:30
10:30 PAUSE - VISITE DES STANDS ET POSTERS
10:30-11:30
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

KF5
Session 5 - Posters affichés en présence des auteurs

Session 5 - Posters affichés en présence des auteurs

10:30 - 11:30 #27955 - P005 Missense variants in DPYSL5 cause a neurodevelopmental disorder with corpus callosum agenesis and cerebellar abnormalities.
Missense variants in DPYSL5 cause a neurodevelopmental disorder with corpus callosum agenesis and cerebellar abnormalities.

The collapsin response mediator protein (CRMP) family proteins are intracellular mediators of neurotrophic factors regulating neurite structure/spine formation and are essential for dendrite patterning and directional axonal pathfinding during brain developmental processes. Among this family, CRMP5/DPYSL5 plays a significant role in neuronal migration, axonal guidance, dendrite outgrowth, and synapse formation by interacting with microtubules. Here, we report the identification of missense mutations in DPYSL5 in nine individuals with brain malformations, including corpus callosum agenesis and/or posterior fossa abnormalities, associated with variable degrees of intellectual disability. A recurrent de novo p.Glu41Lys variant was found in eight unrelated patients, and a p.Gly47Arg variant was identified in one individual from the first family reported with Ritscher-Schinzel syndrome. Functional analyses of the two missense mutations revealed impaired dendritic outgrowth processes in young developing hippocampal primary neuronal cultures. We further demonstrated that these mutations, both located in the same loop on the surface of DPYSL5 monomers and oligomers, reduced the interaction of DPYSL5 with neuronal cytoskeleton-associated proteins MAP2 and bIII-tubulin. Our findings collectively indicate that the p.Glu41Lys and p.Gly47Arg variants impair DPYSL5 function on dendritic outgrowth regulation by preventing the formation of the ternary complex with MAP2 and bIII-tubulin, ultimately leading to abnormal brain development. This study adds DPYSL5 to the list of genes implicated in brain malformation and in neurodevelopmental disorders.


Médéric JEANNE (TOURS), Hélène DEMORY, Aubin MOUTAL, Marie-Laure VUILLAUME, Sophie BLESSON, Rose Anne THEPAULT, Sylviane MAROUILLAT, Judith HALEWA, Sakia MAAS, Mahdi MOTAZACKER, Grazia MANCINI, Marjon A. VAN SLEGTENHORST, Avgi ANDREOU, Helen COX, Julie VOGT, Jason LAUFMAN, Natella KOSTANDYAN, Davit BABIKYAN, Miroslova HANCAROVA, Sarka BENDOVA, Zdenek SEDLACEK, Kimberly ALDINGER, Elliott SHERR, Emanuela ARGILLI, Eleina M. ENGLAND, Severine AUDEBERT-BELLANGER, Dominique BONNEAU, Estelle COLIN, Anne-Sophie DENOMME PICHON, Brigitte GILBERT-DUSSARDIER, Bertrand ISIDOR, Sébastien KURY, Sylvie ODENT, Richard REDON, Rajesh KHANNA, William DOBYNS, Stéphane BEZIEAU, Jerome HONNORAT, Bernhard LOHKAMP, Annick TOUTAIN, Frédéric LAUMONNIER
10:30 - 11:30 #28084 - P010 Genetic correlates of phenotypic heterogeneity in autism.
Genetic correlates of phenotypic heterogeneity in autism.

The substantial phenotypic heterogeneity in autism limits our understanding of its genetic aetiology. To address this gap, we investigated genetic differences between autistic individuals (Nmax = 12,893) based on core (i.e., social communication difficulties, and restricted and repetitive behaviours) and associated features of autism, co-occurring developmental disabilities (e.g. language, motor, and intellectual developmental disabilities and delays), and sex. We conducted a comprehensive factor analysis of core autism features in autistic individuals and identified six factors. Common genetic variants including autism polygenic scores (PGS) were associated with the core factors but de novo variants were not, even though the latent factor structure was similar between carriers and non-carriers of de novo variants. We identify that increasing autism PGS decrease the likelihood of cooccurring developmental disabilities in autistic individuals, which reflects both a true protective effect and additivity between rare and common variants. Furthermore in autistic individuals without co-occurring intellectual disability (ID), autism PGS are overinherited by autistic females compared to males. Finally, we observe higher SNP heritability for males and autistic individuals without ID, but found no robust differences in SNP heritability by the level of core autism features. Deeper phenotypic characterisation will be critical to determining how the complex underlying genetics shapes cognition, behaviour, and cooccurring conditions in autism.


Thomas BOURGERON (PARIS), Claire LEBLOND, Freddy CLIQUET, Thomas ROLLAND
10:30 - 11:30 #28420 - P015 ACPA et épilepsie : où en est-on à l’ère du séquençage à haut-débit ?
ACPA et épilepsie : où en est-on à l’ère du séquençage à haut-débit ?

Le taux de diagnostic génétique dans l’épilepsie est en constante augmentation grâce à l’amélioration des techniques et aux meilleures connaissances des interactions neurobiologiques impliquées. L’analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) fait partie des examens réalisés lors du parcours diagnostique d’un nombre important de patients épileptiques avec une rentabilité variable. Nous nous sommes intéressés à la place et aux indications de l’ACPA dans les épilepsies à l’aube des avancées génomiques actuelles.

Cette étude porte sur la cohorte de patients ayant eu une ACPA prescrite avec la notion d’épilepsie. Sur le plan clinique, nous avons considéré comme épileptiques les enfants qui présentaient des crises d’épilepsie avec un traitement antiépileptique quel qu’en soit la durée.

Sur la période de 2015 à 2019, 2325 ACPA ont été réalisées dans notre laboratoire, dont 239 comportaient le terme « épilepsie » dans l’indication. Nous avons exclu 23 patients pour lesquels le diagnostic d’épilepsie n’a pas été confirmé par la suite (pas de traitement antiépileptique) (n=216).

Nous avons détecté chez 26 patients des variations du nombre de copie (CNV) pathogènes: 19 patients porteurs d’un syndrome microdélétionnel ou duplicationnel décrit avec épilepsie mais n’incluant pas tous des gènes connus comme étant impliqués dans l’épilepsie (délétions 1p36, 1q44, 2p11.2p12, 2p22, 5q14.3, 10q, 17q11.2, 20q13.33, 22q13, Xq22, monosomie X et duplications 7q11.23, 9p, 10q, 17p13.3, 19p13.3, Xp11.2, triple X), 3 CNV comportant des gènes responsables de troubles du neurodéveloppement (TND) (TCF4, STXBP1, MEF2C), 4 CNV ne semblent pas expliquer l’épilepsie (2 cas de syndromes de Klinefelter, 1 translocation déséquilibrée entre les chromosomes X et Y et 1 délétion PMP22). De plus, nous avons détectés 6 CNV de pénétrance incomplète et d’expressivité variable (PIEV) aux TND pouvant contribuer à une épilepsie (2,8%). Le rendement diagnostique de l’ACPA pour l’épilepsie est donc de 12,5% dans notre étude.

Au total, parmi les 28 patients porteurs de CNV pathogènes expliquant le phénotype (22 patients) ou PIEV (6 patients), 96% (26/27) présentaient une déficience intellectuelle associée (10 légères, 10 modérées et 6 sévères), 50% (8/15) présentaient une micro ou macrocéphalie, 74% (14/19) avaient une IRM anormale et 57% (16/28) présentaient une dysmorphie. Deux patients présentaient une épilepsie décrite comme « isolée ». Sur le plan des syndromes épileptiques, l’épilepsie semble être plus fréquemment de type focale ou au second plan par rapport à la déficience intellectuelle.

Le rendement de 12,5% de l’ACPA dans l’épilepsie est similaire à celui rapporté dans la littérature, avec une majorité de patients présentant une épilepsie syndromique. Le séquençage du génome en routine permettra vraisemblablement de remplacer l’ACPA dans cette indication, qui garde actuellement toute sa place en complément du séquençage à haut débit (ciblé ou exome).


Sarah BAER, Audrey SCHALK (STRASBOURG), Marguerite MIGUET, Elise SCHAEFER, Salima EL CHEHADEH, Emmanuelle GINGLINGER, Anne DE SAINT MARTIN, Marie-Thérèse ABI WARDÉ, Vincent LAUGEL, Hirsch EDOUARD, Bénédicte GÉRARD, Amélie PITON, Sophie SCHEIDECKER
10:30 - 11:30 #28806 - P020 Troubles du neurodéveloppement et pathologies monogéniques : arguments en faveur d'une pénétrance incomplète.
Troubles du neurodéveloppement et pathologies monogéniques : arguments en faveur d'une pénétrance incomplète.

Hypothèse : La notion de pénétrance incomplète est très classique pour la plupart des pathologies monogéniques. Néanmoins en ce qui concerne les troubles du neurodéveloppement, l'interprétation se fonde le plus souvent sur le paradigme d'une pénétrance complète.

 

Méthode : Nous avons étudié 11 observations de patients atteints de pathologies monogéniques en lien avec un SNV probablement pathogène ou  pathogène (classe 4 ou 5) hérité d'un parent pauci ou asymptomatique.

Quand cela était possible la ségrégation était poursuivie dans la famille chez les grand-parents.

 

Résultat : Nous avons identifié 11 variants dans 10 gènes (CAMTA1, MBD5, NDUFB11, KMT2E, KMT2C, KIF11, ZMIZ1, CUL3, MN1, MED13). Quand cela était possible la ségrégation était poursuivie dans la famille. Les 11 variants sont responsables d'une perte de fonction (1 variant d’épissage, 3 non-sens et 7 variants tronquants). Quatre fois nous avons pu prouver que le variant est survenu de novo chez le parent porteur sain.

 

 

Conclusion: La pénétrance incomplète existe dans les pathologies du neurodéveloppement. Il s’agit d’une problématique assez fréquente. 

Nous évoquons également les problématiques nouvelles qui en découlent dans des domaines tels que l’interprétation des variants, l’enquête familiale nécessaire, le conseil génétique, le diagnostic prénatal. Reste à identifier les mécanismes moléculaires permettant d'expliquer cette pénétrance incomplète.


Servane DE MASFRAND (Nantes), Bertrand ISIDOR, Wallid DEB, Mathilde NIZON, Benjamin COGNE, Stéphane BEZIEAU, Laurent PASQUIER, Christele DUBOURG, François LECOQUIERRE, Alice GOLDENBERG, Gaël NICOLAS, Pascale SAUGIER-VEBER, Amélie PITON, Gwenael LE GUYADER, Laurence FAIVRE, Juliette PIARD, Maud FAVIER
10:30 - 11:30 #28049 - P025 Les mutations conduisant à l’expression de formes tronquées de LAMB1 sont associées à un trouble de la mémoire de type hippocampique et une leucoencéphalopathie diffuse.
P025 Les mutations conduisant à l’expression de formes tronquées de LAMB1 sont associées à un trouble de la mémoire de type hippocampique et une leucoencéphalopathie diffuse.

[Article accepté pour publication dans Annals of Neurology]

Objective: The majority of patients with a familial cerebral small vessel disease (CSVD) referred for molecular screening do not show pathogenic variants in known genes. In this study, we aimed to identify novel CSVD causal genes.

 Methods: We performed a gene-based collapsing test of rare protein truncating variants identified in exome data of 258 unrelated CSVD patients of an ethnically matched control cohort and of two publicly available large-scale databases, gnomAD and TOPMed. Western blotting was used to investigate variants’ functional consequences. Clinical and MRI features of mutated patients were characterized.

Results: We showed that LAMB1 truncating variants escaping nonsense-mediated mRNA decay are strongly overrepresented in CSVD patients, reaching genome-wide significance (p < 5 x10-8). Using two antibodies recognizing the N-and C-terminal parts of LAMB1, we showed that truncated forms of LAMB1 are expressed in patients’ endogenous fibroblasts and are trapped in the cytosol. These variants are associated with a novel phenotype characterized by the association of a hippocampal type episodic memory defect and a diffuse vascular leukoencephalopathy.

Interpretation: These findings are important for diagnosis and clinical care of CSVD, to avoid unnecessary and sometimes invasive investigations, and also from a mechanistic point of view to understand the role of extracellular matrix proteins in neuronal homeostasis.


Chaker ALOUI (PARIS), Dominique HERVE, Gaelle MARENNE, Florian SAVENIER, Kilan LE GUENNEC, Françoise BERGAMETTI, Edgard VERDURA, Thomas E. LUDWIG, Jessica LEBENBERG, Waliyde JABEUR, Hélène MOREL, Thibault COSTE, Geneviève DEMARQUAY, Pangiotis BACHOUMAS, Julien COGEZ, Guillaume MATHEY, Emilien BERNARD, Hugues CHABRIAT, Emmanuelle GENIN, Elisabeth TOURNIER-LASSERVE
10:30 - 11:30 #28325 - P030 STUB1: un gène majeur d’ataxie tardive récessive et/ou dominante : A propos de 11 familles.
P030 STUB1: un gène majeur d’ataxie tardive récessive et/ou dominante : A propos de 11 familles.

Contexte :
STIP1 homology and U
box containing protein 1 (STUB1) code pour la protéine chaperonne CHIP qui interagit avec les protéines HSP70. Initialement décrit comme muté dans l’ataxie spinocérébelleuse récessive de type 16 (SCAR16) (Shi et al. 2013), il a été récemment impliqué dans une forme dominante d’ataxie spinocérébelleuse (SCA48) dans une grande famille avec 9 individus atteints (Genis et al. 2018).

Méthode :
Dans le cadre d’un criblage génétique par exome clinique (Illumina TSOex) couvrant les séquences codantes de 6700 gènes, des variants du gène
STUB1 ont été identifiés chez 11 familles atteintes d'ataxie tardive. L’analyse in silico s'est faite sur un panel de 559 gènes d’ataxies cérébelleuses héréditaires ou maladies apparentées. Les variants à fréquence allélique >1.2% ont été exclus. L’analyse des CNV a été réalisée à l’aide de MobiCNV permettant la comparaison intra-run des ratios de couverture exon par exon.

Résultats :
Nous avons identifié 13 variants dans le gène
STUB1 chez 11 cas index issus de 11 familles distinctes. Quatre variants ont déjà été décrits (classe V), 6 sont probablement pathogènes (classe IV) et 3 restent de signification inconnue (classe III ; VUS). L’examen clinique approfondi des patients chez qui un SCA48 est suspecté a permis de confirmer l’importance de l’atteinte cognitive (Genis et al. 2018).
Des manifestations psychiatriques à type d’agressivité, dépression ou de mutisme ont été notées chez plusieurs patients atteints de SCA48, mais également chez un patient atteint de SCAR16, suggérant un continuum clinique entre les deux entités phénotypiques. La réalisation d’un DAT-scan a permis d’identifier une altération du système dopaminergique chez 2 patients, décrite pour la première fois dans cette étude.

Conclusion :
Nous confirmons la forte implication du gène
STUB1 dans la survenue d’ataxie tardive dominante et/ou récessive. Cette étude permet d’élargir le spectre phénotypique de la forme SCA48 récemment décrite. L’atteinte cognitive de type agressivité et/ou mutisme déjà évoquée était également présente chez la majorité de nos patients atteints de SCA48. Enfin, certaines mutations semblent être impliquées à la fois dans les formes récessive (SCAR16) et dominante (SCA48). C’est le cas du variant p.Cys232Gly, décrit dans cette étude comme mutation dominante et déjà reporté à l’état hétérozygote composite chez un patient taiwanais (Chiu et al. 2020), ou encore le variant p.Asn65Ser déjà rapporté à l’état homozygote chez 3 patients issus d’une union consanguine (Heimdal et al. 2014), et également trouvé à l’état hétérozygote chez 3 atteints d’une même famille (Roux et al. 2021). Il est difficile de prédire l’effet dominant ou récessif d’un variant puisque mutations faux-sens et tronquantes ont été associées à des formes récessives et/ou dominantes, indépendamment du domaine affecté (U-box ou TRP domaine).


Mehdi BENKIRANE (Montpellier), Jean-Marie RAVEL, Cecilia MARELLI, Lise LARRIEU, Morgane POINTAUX, Annabelle CHAUSSENOT, Adrian DEGARDIN, Yassine BOUKRICH, Christine TRANCHANT, Michel KOENIG, Mathilde RENAUD
10:30 - 11:30 #28747 - P035 Identifications de nouveaux facteurs génétiques modificateurs de la l’âge de début des symptômes chez des patients atteints de maladie de Parkinson : le cas LRRK2.
P035 Identifications de nouveaux facteurs génétiques modificateurs de la l’âge de début des symptômes chez des patients atteints de maladie de Parkinson : le cas LRRK2.

Les variants localisés dans le gène LRRK2 (Leucine-rich repeat kinase 2) sont parmi les causes les plus fréquentes de formes monogéniques de maladie de Parkinson (MP). Parmi ceux-ci, la substitution glycine-sérine (p.Gly2019Ser) est la plus fréquemment rencontrée et compte par exemple pour 30% des diagnostics moléculaires retrouvés en Afrique du Nord chez des patients atteints de MP. Cependant, malgré une grande homogénéité moléculaire, une grande variabilité en termes de pénétrance et d’age de début de la maladie est observée, suggérant l’influence de facteurs génétiques modificateurs additionnels.

Nous avons rassemblé une large cohorte de patients porteurs du variant p.Gly2019Ser avec 1460 participants issus de groupes ethniques différents (Caucase, N = 561, Afrique du Nord N = 424, Juifs Ashkénazes, N = 475). Un génotypage (Infinium OmniExpress, NeuroChip) a été réalisé suivi d’une imputation (TopMed). Une étude d’association (Genome Wide Association Analysis, GWAS) a été réalisée en fonction de l'âge de début afin d’identifier des régions génomiques d’intérêt.

En utilisant l’age de début en trait quantitatif sur la cohorte Nord-Africaine, nous avons identifié deux Single Nucleotide Polymorphism (SNP) (rs1762792, p value = 8.70E-08; rs1360821 p value = 1.00E-07) localisés à proximité de deux gènes, FABP5P4 et GPC6 (chromosome 13q31.3). Ces résultats étaient ensuite confirmés ( rs1762792 - p value = 1.20E-07; rs1360821 - p value = 2.00E-07) en utilisant l’âge comme variable catégorielle par dichotomisation de la cohorte selon l'âge médian de survenue des symptômes (52ans). L’analyse de la survie (Estimateur de Kaplan-Meier), montre que les porteurs homozygote de l’allèle effectuer de rs1762792 débutent leur symptomes 11 ans plus tot (p value = 0,0034) que les porteurs homozygote de l’allèle alternatif suggérant un rôle protecteur de cet allèle. Ces résultats ont été répliqués dans la cohorte de patients caucasiens, confirmant le rôle potentiel de rs1762792 comme facteur génétique modificateur de l’age de début de la MP chez les patients porteurs du variant p.Gly2019Ser dans ces deux populations.

Ces données suggèrent que la variabilité génétique portée par la région 13q31.3 pourrait influencer l’âge de début des symptômes des patients présentant une MP associée à des variants du gène LRRK2. De plus amples analyses sont nécessaire afin de mieux comprendre le rôle de cette région dans la régulation de l’activité de LRRK2.


Thomas COURTIN (Paris), Grazia IANNELLO, Christelle TESSON, Fanny CASSE, Mélanie FERRIEN, Jean-Christophe CORVOL, Suzanne LESAGE, Alexis BRICE
10:30 - 11:30 #28437 - P040 Syndrome de Weill-Marchesani : description phénotypique et génotypique d’une cohorte de 18 patients.
P040 Syndrome de Weill-Marchesani : description phénotypique et génotypique d’une cohorte de 18 patients.

Introduction : Le syndrome de Weill-Marchesani (SWM) appartient au groupe des dysplasies acroméliques, défini par un retard de croissance, des extrémités brèves et un enraidissement articulaire progressif. Il se caractérise par des anomalies ophtalmologiques à type de microsphérophakie, de myopie forte secondaire à une anomalie de forme du cristallin, et d’ectopie du cristallin. Des anomalies cardiovasculaires ont également été rapportées. Des variations monoalléliques dans les gènes FBN1 sont associées à une forme dominante de SWM tandis que des variations bialléliques dans ADAMTS10, ADAMTS17 et LTBP2 sont responsables de formes récessives de SWM. Ces quatre gènes codent pour des composants de la matrice extracellulaire.

Objectif : Description de l’histoire naturelle du SWS afin de mettre en place une prise en charge spécifique et d’établir des corrélations génotype-phénotype.

Matériels et méthodes : Etude rétrospective multicentrique. Critères d’inclusion : diagnostic clinique de SWM confirmé sur le plan moléculaire. Le recueil de données a été fait à partir des dossiers médicaux par un questionnaire systématisé.

Résultats : 18 patients, dont 11 de sexe féminin et 7 masculin, d’une moyenne d’âge de 20 ans (de 1.5 à 59 ans) ont été inclus. Parmi eux, 8 ont une mutation dans FBN1 sans localisation spécifique, 6 dans ADAMTS10, 4 dans ADAMTS17. Aucun patient n’a de variations pathogènes dans LTBP2. Sur le plan ophtalmologique, 10/18 ont une ectopie du cristallin, 9/18 une myopie forte, 8/18 une microsphérophakie, 5/18 un glaucome, et 4/18 une cataracte. Sur le plan morphologique, 10/18 ont un retard statural entre -2 et -4 DS, 12/18 ont une limitation des articulations, 12/18 des extrémités courtes. Sur le plan cardiovasculaire, 7/18 ont une atteinte cardiaque à type de valvulopathie (sténose pulmonaire 2/7, sténose aortique 1/7, insuffisance mitrale 3/7, épaississement valvulaire mitral 1/7). Les autres manifestations comprennent: des laryngites à répétition (1), une hépatomégalie (1), un syndrome du canal carpien détecté à 22 ans (1) et des difficultés d’apprentissage, chez un patient suivi également pour un syndrome de Coffin-Siris lié à une variation du gène ARID1B.

Discussion et conclusion : En dehors des signes ophtalmologiques qui restent constants, le phénotype des patients présentant un SWM semble plus variable qu’initialement décrit dans la littérature avec notamment une petite taille présente uniquement chez la moitié des patients. La fréquence des atteintes cardiovasculaires impose un suivi régulier. Il ne semble pas émerger de corrélation génotype-phénotype au sein de cette cohorte.

 


Pauline MARZIN (Paris), Jean-Luc ALESSANDRI, Klaus DIETERICH, Francannet CHRISTINE, Sandra MERCIER, Caroline MICHOT, Oana MOLDOVAN, Gianmaria MIOLO, Massimiliano ROSSI, Sophie RONDEAU, Valérie CORMIER-DAIRE
10:30 - 11:30 #28444 - P045 Ectopie des cristallins avec ou sans autres critères de syndrome de Marfan : FBN1, ADAMTSL4 ou LTBP2 ?
P045 Ectopie des cristallins avec ou sans autres critères de syndrome de Marfan : FBN1, ADAMTSL4 ou LTBP2 ?

Parmi les différents critères dont la combinaison permet d’évaluer le diagnostic de syndrome de Marfan (selon Loeys et al, 2010), l’ectopie des cristallins (anomalie d’insertion, subluxation, luxation) est sans doutes, le plus spécifique, prédictif d’une variation délétère dans le gène FBN1.

Nous avons réalisé l’analyse rétrospective des 729 familles analysées pour le diagnostic moléculaire du syndrome de Marfan et des syndromes apparentés depuis 2011 sur le CHU de Nîmes. Parmi celles-ci, 74 cas index/familles une ectopie des cristallins était rapportée par le médecin prescripteur. Parmi ces 74 familles, nous avons identifié un variant (probablement) délétère (classe 4 ou 5, selon l’ACMG) pour 64 d’entre elles (86%) avec la répartition suivante : FBN1= 55 (86%, dont faux-sens= 36 ; épissage= 10 ; non-sens ou tronquantes= 5 ; délétions en phase= 3 ; allèles complexes= 2), ADAMTSL4= 7 (11%, homozygote ou hétérozygote composite) et LTBP2= 2 (3%, homozygote ou hétérozygote composite). En présence d’une ectopie isolée des cristallins les gènes FBN1 et ADAMTSL4 peuvent être indifféremment impliqués. Nos données concernant les variants délétères de FBN1 confirme les corrélations génotype/phénotype avec une majorité de variant prédisant un effet dominant négatif. De manière plus surprenante, deux patients fortement suspects de Marfan et présentant en plus du critère majeur oculaire des critères squelettiques et cutanés, sans atteinte aortique (scores systémiques de 6 et 7) ont en fait, un variant délétère homozygote ou hétérozygote composite dans ADAMTSL4. Les deux cas d’ectopie des cristallins en rapport avec LTBP2 sont associés à une microsphérophakie. Enfin, pour 10 patients, la cause moléculaire n’a pu être identifiée par nos analyses (3 ont un variant de signification inconnue dans FBN1), sans toutefois disposer à ce jour de renseignement sur la présence d’une éventuelle homocystinurie, voire d’un déficit en sulfites (diagnostic différentiel).

Cette étude rétrospective, confirme que les bases moléculaires des anomalies d’insertion des cristallins sont hétérogènes, montrant l’intérêt d’une analyse moléculaire la plus complète possible pour permettre le diagnostic différentiel et le diagnostic de précision d’affections parfois peu distinguables cliniquement mais très différentes en terme de complications, de pronostic et de conseil génétique.


Guillaume ROLLAND, Aurélie PLANCKE, Caroline BEUGNET, Bertrand CHESNEAU, Thomas EDOUARD, Yves DULAC, Sophie JULIA, Julie PLAISANCIE, Christine COUBES, Lucile PINSON, Marjorie WILLEMS, Radka STOEVA, Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI, Dominique BONNEAU, Alban ZIEGLER, Benjamin DAURIAT, Marc PLANES, Salima EL CHEHADEH, Juliette PIARD, Jocelyne LAURENT, Marine LEBRUN, Damien HAYE, Thierry LAVABRE-BERTRAND, Philippe KHAU VAN KIEN (Nîmes)
10:30 - 11:30 #27870 - P050 Description d’un modèle de prise en charge multidisciplinaire des patients atteints de sclérose tubéreuse de Bourneville.
P050 Description d’un modèle de prise en charge multidisciplinaire des patients atteints de sclérose tubéreuse de Bourneville.

Introduction: La sclérose tubéreuse de Bourneville (STB) est une maladie génétique autosomique dominante rare. En raison des diverses manifestations de la STB et de leurs complications potentielles, une approche multidisciplinaires est recommandée pour la prise en charge des patients.

 

Objectif: L’objectif de notre étude était de réaliser une description précise de notre cohorte de patients adultes atteints de STB et d’évaluer notre modèle d’évaluation personalisée et de prise en charge pluridisciplinaire.

 

Méthodes: L’ensemble des patients atteint d’une STB étaient inclus, l’ensemble de leurs données cliniques, biologiques et radiologiques étaient collectées. Une prise en charge pluridisciplinaire annuelle était réalisée pour ces patients sous forme d’une hospitalisation de jour (HDJ).

 

Résultats: 90 patients adultes du CHU de Bordeaux présentant une STB ont été inclus entre janvier 2000 et septembre 2018. L'âge médian des patients à l'inclusion était de 37 ans (27-47). 97% des patients présentaient des lésions cutanées, 89% des manifestations neurologiques, 83% des manifestations rénales et 100% des lésions dentaires avec des puits amélaires. Plus de la moitié des patients avaient des lésions osseuses ostéocondensantes (68%),  des troubles neuropsychiatriques associés à la STB (64%) et une lymphangioleiomyomatose (59%). Une approche multidisciplinaire de la STB a été développée, en HDJ avec un suivi personnalisé de l’ensemble des atteintes d’organe permettant un respect des recommandations pour le suivi des patients. L’évaluation de la qualité de vie des patients montre une détérioration de la santé mentale à 47% mais également physique à 43%. Les résultats étaient similaires chez leurs aidants. La satisfaction des patients était de 100%.

 

Conclusion: Nous avons obtenu une description précise d'une cohorte de patients adultes atteints de STB ainsi qu’une évaluation de la qualité de vie des patients et des aidants. Notre modèle d'évaluation permet une approche multidisciplinaire et personnalisée des patients avec un haut niveau de satisfaction.


Pierre PFIRMANN (Bordeaux), Jerome AUPY, Eva JAMBON, Christian COMBE, Claire RIGOTHIER
10:30 - 11:30 #28352 - P055 Déficit thyréotrope isolé : IGSF1 cause génétique principale, 6 nouveaux variants pathogènes.
P055 Déficit thyréotrope isolé : IGSF1 cause génétique principale, 6 nouveaux variants pathogènes.

Introduction

Le déficit hypophysaire thyréotrope (TSHD) est une pathologie rare. Il peut être isolé (ITSHD), secondaire à des anomalies de gènes impliqués dans la biosynthèse de la TSH (TRHR, TSHB), ou associé à d’autres déficits hypophysaires (déficit combiné CPHD). Le gène IGSF1 est devenu la cause génétique identifiée la plus fréquente, mais les phénotypes décrits sont variables : le TSHD constant mais de profondeur variable chez les hémizygotes est fréquemment associé à d’autres déficits hypophysaires et une macrorchidie ; les hétérozygotes présentant des traits biochimiques d’ITSHD dans une minorité des cas. Les mutations de TBL1X peuvent induire un ITSHD associé à une surdité.

Objectifs et méthodes

L’objectif principal était de déterminer dans une large cohorte du réseau Genhypopit (1500 cas index des déficits hypophysaires) la prévalence des causes génétiques d’ITSHD  et de TSHD associés à un déficit somatotrope (TSHDGHD)  par analyse NGS en panel (gènes TSHB, TRHR, IGSF1, TBL1X, ainsi que 12 gènes impliqués dans les CPHD). Les variants retrouvés ont été classés selon la classification ACMG et NGS-Diag. Les variants SNV de classe 3, 4 et 5 ont été contrôlés par séquençage Sanger et les CNV par MLPA. L’objectif secondaire était de déterminer les variations phénotypiques des patients présentant des variants d’IGSF1.

Résultats

Un total de 64 cas index (22 ITSHD et 42 TSHDGHD) ont été inclus dans cette cohorte. Une cause génétique a été identifiée chez 26,5 % des patients dont 36,3 % dans le groupe des ITSHD (TSHβ et IGSF1) et 21,4 % dans les TSHDGHD (IGSF1, TSHβ, TRHR, GH1, POU1F1 et PROP1). Dans 42 % des cas au total (75%  pour ITSHD) des variants pathogènes du gène IGSF1 sont impliqués (6/7 nouveaux). La transmission est récessive liée à l’X. Tous les hommes présentaient un phénotype, les femmes porteuses sont indemnes.

Conclusion

Nous rapportons ici les résultats d’analyse génétique d’une large cohorte d’ITSHD et TSHDGHD non syndromiques. Les mutations d’IGSF1 représentent la cause génétique majoritaire des ITSHD et contribuent de façon significative au TSHDGHD. Si le TSHD est le trait constant, l’âge de diagnostic est variable, notamment avec une présentation néonatale possible, et la macroorchidie est absente chez les patients d’âge pédiatrique. Par ailleurs, un GHD est associé chez des patients présentant des variants pathogènes de  gènes « classiques »  d’ITSHD (TSHB et TRHR), posant la question de l’adaptation du panel des gènes pour les CPHD. Aucun variant n’a été identifié dans le gène TBL1X.


Rachel FOURNEAUX, Morgane PERTUIT, Sarah CASTETS, Rachel REYNAUD, Anne BARLIER, Thierry BRUE, Frederic CASTINETTI, Alexandru SAVEANU (MARSEILLE)
10:30 - 11:30 #28203 - P060 Altérations bi-alléliques du gène PLXND1 dans 4 familles avec cardiopathies complexes.
P060 Altérations bi-alléliques du gène PLXND1 dans 4 familles avec cardiopathies complexes.

Le tronc artériel commun (TAC) est une cardiopathie congénitale rare résultant d’un défaut de septation de la voie d’éjection du cœur et associée à une morbidité et une mortalité importante. Nous rapportons une cohorte de 7 patients issus de 3 familles indépendantes présentant une récidive de TAC, associé à d’autres anomalies cardio-vasculaires : retour veineux pulmonaire anormal, interruption de l’arche aortique ou hypoplasie du ventricule gauche. Des variations faux-sens ou perte de fonction, bi-alléliques, du gène PLXND1 ont été identifiées dans ces 3 familles par séquençage d’exome. De plus, un variant faux-sens homozygote de PLXND1 a été identifié chez 2 fœtus d’une même famille qui présentaient un ventricule unique avec voie d’éjection unique pour l’un et une hypoplasie d’un ventricule pour l’autre fœtus.

PLXND1 est un récepteur transmembranaire des sémaphorines de classe 3 fortement exprimé dans les cellules endothéliales vasculaires et cardiaques. Ainsi, en accord avec la publication de Ta-Shma et al, en 2013, rapportant une famille avec récidive de TAC isolé et mutation faux-sens homozygote de PLXND1, et avec le modèle murin plexinD1-/- qui présente une malformation de la voie d’éjection du cœur avec un TAC et anomalies des arcs aortiques, cette cohorte confirme le rôle causal des altérations bi-alléliques de  PLXND1 dans les cardiopathies congénitales et élargit le spectre de ces malformations du TAC au ventricule unique.

Des variants faux-sens de novo de PLXND1 ont été rapportés par Tomas-Roca et al, en 2015 comme responsables d’un syndrome de Moebius sans malformation cardiaque. Aucun des parents hétérozygotes pour les variants identifiés de notre cohorte ne présente de syndrome de Moebius, remettant en cause l’implication de PLXND1 dans cette pathologie.

Enfin, sur le plan morphogénétique,  le TAC est une cardiopathie conotroncale connue pour résulter d’un défaut de migration, survie et/ou prolifération des cellules de la crête neurale cardiaque. Cependant, le modèle murin knockout (KO) conditionnel de plexinD1 dans les cellules de la crête neurale n’entraine pas de malformation cardiaque, alors que les souris KO conditionnel dans les cellules endothéliales reproduisent  le phénotype du KO complet avec un TAC associé à des anomalies vasculaires et squelettiques (Zhang et al, 2009).

L’ensemble de ces données souligne l’importance de la voie plexin-semaphorine dans le développement cardio-vasculaire chez l’homme et le rôle de l’endothélium dans la morphogénèse de la voie d’éjection du cœur.


Anne GUIMIER (PARIS), Stephen BRADDOCK, Erin TORTI, Luis A. PEREZ-JURADO, Patricia MUNOZ CABELLO, Karen STALS, Sally Ann LYNCH, Sian ELLARD, Cecile MULLER, Christine BOLE-FEYSOT, Patrick NITSCHKE, Myriam OUFADEM, Fanny BAJOLLE, Damien BONNET, Stanislas LYONNET, Loic DE PONTUAL, Jeanne AMIEL, Chris GORDON
10:30 - 11:30 #28698 - P065 Caractérisation phénotypique d’une cohorte de patients porteurs de variants SMAD4 : une association de maladie de Rendu-Osler, de polypose juvénile et d’anomalies du tissu conjonctif.
P065 Caractérisation phénotypique d’une cohorte de patients porteurs de variants SMAD4 : une association de maladie de Rendu-Osler, de polypose juvénile et d’anomalies du tissu conjonctif.

Objectif :

Description de la cohorte du centre de référence pour la maladie de Rendu-Osler (HCL) de patients porteurs de variants dans le gène SMAD4 afin de caractériser le phénotype de ces patients.

 

Méthode : Etude observationnelle à partir de l’extraction des données issues de la base de données CIROCO.

 

Résultats : 

33 patients issus de 15 familles, sur les 1104 patients atteints de la maladie Rendu-Osler suivis dans le centre et porteurs d’une variation génétique identifiée, sont porteurs d’un variant SMAD4 (3,0%). L’âge moyen de ces patients est de 39,6 ans (min = 14, max = 73).

Concernant la maladie de Rendu-Osler, 26 patients sur 33 (78.8%) remplissent les critères cliniques. La fréquence des complications est la suivante : épistaxis n = 29/33 (87.9%), télangiectasies n = 22/33 (66.7%), malformations artério-veineuses pulmonaires n = 17/31 (54,8%), malformations artério-veineuses hépatiques n = 10/26 (38,5%), angiodysplasies digestives n = 8/31 (25,8%), malformations artério-veineuses cérébrales n = 0/12 (0,0%).

Concernant la polypose juvénile, 29 patients sur les 31 évalués (93,5%) par endoscopie digestive remplissent les critères cliniques. n = 6/31 (19,4%) patients ont subi une gastrectomie préventive devant une polypose gastrique étendue rendant la surveillance compliquée. Un patient a subi une gastrectomie suite à la découverte d’un adénocarcinome gastrique. n = 4/31 (12,9%) patients ont développé un cancer digestif, dont un patient 3 tumeurs distinctes. Les tumeurs correspondent à 4 adénocarcinomes coliques, 1 adénocarcinome de l’intestin grêle, 1 adénocarcinome du pancréas, 1 adénocarcinome de l’estomac.

Sur le plan du tissu conjonctif, 4 patients sur les 26 (15,4%) investigués par échographie cardiaque trans-thoracique présentent une dilatation de l’aorte. n = 5/33 (15,2%) patients évalués cliniquement présentent des anomalies morpho-squelettiques (pectus excavatum, scoliose …).

Au niveau moléculaire, 2 délétions complètes du gène ont été retrouvées, dont une associée à d’autres anomalies en ACPA, 4 microdélétions ou duplications entrainant un décalage du cadre de lecture (dont une présente dans 5 familles distinctes), et 3 variants faux-sens (dont un présent dans 3 familles distinctes).

 

Conclusion : 

Il s’agit de la description de la plus grande cohorte de sujets porteurs de variants SMAD4, qui rapporte notamment des anomalies du tissu conjonctif élargissant le spectre phénotypique jusqu’à présent rattaché à ce gène. Un dépistage systématique des dilatations aortiques doit être réalisé afin de prévenir d’éventuelles complications. L’importance du suivi endoscopique digestif haut et bas tous les 2 ans est soulignée par la fréquence des complications digestives et la particularité de l’atteinte gastrique diffuse, précoce et sévère. Concernant le phénotype relatif à la maladie de Rendu-Osler, l’atteinte viscérale pulmonaire et hépatique est fréquente et parfois sévère, et le dépistage doit être réalisé dans tous les cas.


Claire CAILLOT (Bron), Jean-Christophe SAURIN, Valérie HERVIEU, Marjolaine BEAUDOIN, Marie FAOUCHER, Julie REVERSAT, Evelyne DECULLIER, Gilles PONCET, Sabine BAILLY, Sophie GIRAUD, Sophie DUPUIS-GIROD
10:30 - 11:30 #28474 - P070 Panorama génétique, clinique et biologique de la maladie de Niemann-Pick type C en France : synthèse des 230 familles étudiées au laboratoire de référence de Lyon de 1975 à 2021.
P070 Panorama génétique, clinique et biologique de la maladie de Niemann-Pick type C en France : synthèse des 230 familles étudiées au laboratoire de référence de Lyon de 1975 à 2021.

Parmi les maladies de surcharge lysosomale, la maladie de Niemann-Pick type C (NPC) résulte non d’un déficit enzymatique mais d’une anomalie de protéines (NPC2 ou NPC1), impliquées de façon coordonnée et séquentielle dans le transport endo-lysosomal du cholestérol non estérifié d’origine lipoprotéinique. La transmission est autosomique récessive. Les manifestations cliniques neuro-viscérales sont hétérogènes et le pronostic de cette affection neurodégénérative sévère est principalement corrélé à l’âge de début des signes neurologiques.

 Notre laboratoire a réalisé depuis 1975 le diagnostic biologique de maladie de NPC pour les hôpitaux français, avec un recrutement quasi-exhaustif jusqu’à récemment. La stratégie, d’abord fondée sur des études de biologie cellulaire sur cellules en culture (test à la filipine, …), a évolué.  Grâce à l’avènement des techniques de spectrométrie de masse en tandem, le diagnostic phénotypique d’orientation a été facilité depuis 2015, grâce, à l’étude de biomarqueurs plasmatiques: oxysterols, palmitoyl-phosphocholineserine/lyso-sphingomyéline509, lyso-sphingomyéline. Il est complété par l’étude des gènes NPC1 et NPC2 permettant de confirmer le diagnostic.

Depuis 1975, 269 patients appartenant à 230 familles ont été étudiés, dont 95% ont pu être génotypés. Sur cette cohorte, le gène NPC1 est impliqué dans 94% des familles, avec des variants hétérozygotes composites dans 74% des cas. Le gène NPC2 est impliqué dans 6% des familles, avec un variant homozygote dans 85% des cas.  En prenant en compte les cas où des données suffisantes ont pu être obtenues, la répartition des formes cliniques est actuellement la suivante : 9% de formes néonatales rapidement létales, 17% de formes neurologiques infantiles précoces, 23% de formes neurologiques infantiles tardives, 23% de formes neurologiques juvéniles, 28% de formes neurologiques adultes. Le nombre de cas à début neurologique dans l’adolescence et à l’âge adulte a augmenté notablement à partir de 2009, en lien avec une meilleure reconnaissance de cette forme depuis la disponibilité d’un traitement spécifique (miglustat), et la simplification du diagnostic. Les formes cliniques neurologiques étaient relativement homogènes au sein d’une même fratrie (29 familles multiplex).  Huit variants NPC2 différents ont été identifiés (2 non-sens, 3 faux-sens, dont un affectant le site de liaison du cholesterol, 3 affectant un site d’épissage). Pour NPC1, 204 variants différents ont été identifiés dont 27% de variants non-sens, 61% de variants faux-sens, 9% de variants affectant un l’épissage, 3% de réarragements géniques. Seuls 27% des variants identifiés sont récurrents dans plusieurs familles ; les variants les plus fréquents sont NPC1: p.Ile1061Thr (10% des allèles) et NPC1: p.Pro1007Ala (5% des allèles).

Cette synthèse souligne la variabilité des formes cliniques de la maladie de Niemann-Pick type C et l’importante diversité du spectre mutationnel en France.


Cécile PAGAN (LYON), Philippe LATOUR, Gilles MILLAT, Magali PETTAZZONI, Nathalie GUFFON, Yann NADJAR, Bénédicte HERON, Marie T VANIER
10:30 - 11:30 #27774 - P075 Identification de gènes de prédisposition à la granulomatose éosinophilique avec polyangéite par l'étude pangénomique de formes familiales.
P075 Identification de gènes de prédisposition à la granulomatose éosinophilique avec polyangéite par l'étude pangénomique de formes familiales.

La granulomatose éosinophilique avec polyangéite (GEPA) est une maladie rare dont l’incidence est évaluée de 2 à 4 par million d’habitant, se caractérisant par un asthme, une hyperéosinophilie sanguine et tissulaire, une vascularite nécrosante des vaisseaux de petit calibre, dont les mécanismes sont mal connus. Elle fait partie des vascularites associées aux anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA), avec la granulomatose avec polyangéite et la polyangéite microscopique. Le présence ou non de ces ANCA dans une étude Européenne d'association génomique (GWAS) portant sur 676 cas sporadiques de GEPA et 6809 témoins a permis de montrer que la GEPA comprenait deux syndromes génétiquement et cliniquement distincts. Dans ce travail collaboratif, nous rapportons pour la première fois l’analyse pangénomique de 5 formes familiales de GEPA avec deux sujets atteints par famille. L’étude de l’exome des 10 sujets (4 femmes et 6 hommes) atteints ainsi que 23 apparentés sains (père, mère, frère, sœur, oncle, tante) a permis d’identifier une douzaine de gènes (4 sur Chr.11, 2 Chr.4, 1 Chr.1, 1 Chr.2, 1 Chr. 5, 1 Chr.7, 1 Chr. 8, 1 Chr.10) porteurs de variants très rares (1 variant non-sens, 2 variants causant un décalage du cadre de lecture, 2 variants affectant l’épissage, et 10 variants faux-sens) potentiellement pathogènes codant pour des protéines impliquées dans le système immunitaire et l’auto-immunité. Un haplotype commun dans la région 11q12.3 incluant 53 gènes a notamment été identifié chez 4 patients appartenant à deux de ces familles indépendantes. Un variant rare prédit comme pathogène a été identifié dans l’un des gènes de cette région. L’étude de cohortes de cas sporadiques devrait permettre de confirmer l’implication de certains de ces gènes dans la survenue de ce syndrome.


Camille VEREBI (Paris), Nicolas LEBRUN, Christine BOLE, Benjamin TERRIER, Thierry BIENVENU
10:30 - 11:30 #27886 - P080 Variation tronquante homozygote du gène TRAPPC11 révélant une disomie uniparentale segmentale du chromosome 4 à l’origine d'une dystrophie musculaire des ceintures.
P080 Variation tronquante homozygote du gène TRAPPC11 révélant une disomie uniparentale segmentale du chromosome 4 à l’origine d'une dystrophie musculaire des ceintures.

Introduction : TRAPP est un complexe protéique impliqué dans le transport du réticulum endoplasmique vers l'appareil de Golgi. À ce jour, seuls 20 patients avec 13 variants génétiques pathogènes différentes du gène TRAPPC11 (5 variants au niveau de sites d'épissage, 1 délétion tronquante de petite taille et 7 faux-sens) ont été rapportées. La variation TRAPPC11 NM_021942.5:c.1287+5G > A présente un effet fondateur dans la communauté huttérite, avec une fréquence de 7 % à l'état hétérozygote dans la population huttérite. Cette variation entraîne une délétion en phase de 58 acides aminés (Ala372_Ser429del) dans le domaine foie gras.

Méthodes : Un jeune garçon de 15 mois, issu d’une famille sans de notion de consanguinité, a été adressé pour bilan étiologique. Il présentait un retard de développement, une faiblesse musculaire des 4 membres et prédominante au niveau de la ceinture pelvienne, une microcéphalie sévère (-5DS) sans dysmorphie faciale, une dysmétrie légère des membres supérieurs, des convulsions contrôlées sous Lévétiracétam, un corps calleux fin et complet à l’IRM cérébrale et une légère augmentation des CPK à 670 UI/L. A l’âge de 4 ans, une aggravation de l’épilepsie a été observée sur EEG de sommeil avec apparition de poly-pointes ondes du sommeil, d’où l’ajout de valproate de sodium et clobazam. Il persistait une faiblesse musculaire avec la même distribution topographique, une microcéphalie sévère ( < -5DS), un retard de développement global et un corps calleux fin persistant mais complet.

Résultats : Le séquençage haut débit d’exome (ES) en trio a identifié une variation pathogène homozygote du site d'épissage (NM_021942.5:c.1287+5G > A) dans l'intron 12 du gène TRAPPC11, hérité uniquement du père. La cartographie sur les données d’ES a identifié une disomie uniparentale segmentale paternelle (DUP) du chromosome 4 incluant le locus TRAPPC11.

Discussion : Cette variation pathogène du gène TRAPPC11 avait été précédemment rapportée à l'état homozygote chez 5 cas avec microcéphalie, retard psychomoteur précoce, mouvements hyperkinétiques, ataxie tronculaire, mais sans faiblesse musculaire dans trois cas sur cinq ou, au plus, une faiblesse musculaire légère pour un cas. Cependant, notre patient présentait une faiblesse des 4 membres et une faiblesse prédominante des muscles de la ceinture pelvienne. Il n’existait pas d'autres gènes candidats ni dans l'intervalle et ni en dehors pouvant expliquer la sévérité phénotypique musculaire plus importante. Ce premier cas de dystrophie musculaire des ceintures récessive de type R18 (OMIM #615356), en lien avec une DUP paternelle segmentale, met également en évidence l'avantage de l’ES en trio pour le diagnostic moléculaire précoce d’enfants présentant un retard de développement sévère, résultant de mécanismes moléculaires inhabituels. Par ailleurs, ces résultats se sont avérés rassurants pour le conseil génétique, au regard le risque de récidive lors de futures grossesses.


Nawale HADOUIRI (Dijon), Quentin THOMAS, Veronique DARMENCY, Veronique DULIEU, Ange-Line BRUEL, Yannis DUFFOURD, François LECOQUIERRE, Benoit COLOMB, Stéphanie PEREZ-MARTIN, Paul ORNETTI, Arthur SORLIN, Christophe PHILIPPE, Laurence FAIVRE, Antonio VITOBELLO, Christel THAUVIN-ROBINET
10:30 - 11:30 #28026 - P085 Next Generation Sequencing leads to genotype/phenotype correlations enlightening Amelogenesis Imperfecta classification.
P085 Next Generation Sequencing leads to genotype/phenotype correlations enlightening Amelogenesis Imperfecta classification.

Amelogenesis imperfecta (AI) is a heterogeneous group of genetic rare diseases disrupting enamel development (Smith et al., 2017). The clinical phenotypes can be described as hypoplastic, hypomineralized or hypomature enamel and serve as a basis, together with the mode of inheritance, to Witkop’s classification (Witkop, 1988). AI can be observed in isolation or associated with others symptoms in syndromes. The occurrence of the pathology was estimated to range from 1/700 to 1/14000 (Crawford et al., 2007). More than 44 genes have been currently described as causative.

OBJECTIVES: We analyzed using next generation sequencing (NGS) a heterogeneous cohort of AI patients in order to determine the molecular etiology of the pathology and to improve diagnosis and disease management.

METHODS: Patients presenting with so called isolated or syndromic AI were enrolled and phenotyped at the Reference Centre for Rare Oral and Dental Diseases (O-Rares) using D4/phenodent protocol (www.phenodent.org). Families gave a written informed consent for the molecular analysis and diagnosis using a dedicated NGS panel called GenoDENT containing 516 genes (Prasad et al., 2016; Rey et al., 2019).

RESULTS: 200 AI patients were proposed a diagnostic genetic test using the GenoDENT panel. 74% were diagnosed with non-syndromic amelogenesis imperfecta and 26% with syndromic amelogenesis imperfecta. In 62,5% pathogenic variants were identified. The most frequently discovered modified genotypes concerned FAM83H, MMP20, COL17A1 genes. Patients negative to the panel were resolved with exome sequencing unravelling for example ACPT mutations or digenic inheritance.

CONCLUSION: NGS GenoDENT panel is a validated and cost-efficient technique offering new perspectives to understand underlying molecular mechanisms of AI. Discovering mutations in genes involved in syndromic AI (CNNM4, WDR72, FAM20A…) transformed patient overall care. Unravelling the genetic basis of AI shed light on Witkop’s AI classification.

FUNDING: This work was financed by the project No. 1.7 “RARENET: a trinational network for education, research and management of complex and rare disorders in the Upper Rhine” co-financed by the European Regional Development Fund (ERDF) of the European Union in the framework of the INTERREG V Upper Rhine program as well as to the ERN (European reference network) CRANIO initiative. This work was also supported by grants from the French Ministry of Health (PHRC 2008 N°4266 Amelogenesis imperfecta), the University Hospital of Strasbourg (HUS, API, 2009–2012, ‘Development of the oral cavity: from gene to clinical phenotype in Human’ and the grant ANR-10-LABX-0030-INRT, a French State fund managed by the Agence Nationale de la Recherche under the frame programme Investissements d’Avenir labelled ANR-10-IDEX-0002-02. This work is a part of the Projet E-GENODENT financed by the Fonds d’Intervention Régionale (FIR) of the Agence Régionale de Santé Grand Est (2019-2022).


Agnès BLOCH-ZUPAN, Tristan REY, Alexandra JIMENEZ ARMIJO, Marzena KAWCZYNSKI, Corinne STOETZEL, Hélène DOLLFUS, Bénédicte GÉRARD, Marie-Cécile MANIÈRE, Virginie HAUSHALTER (Strasbourg)
10:30 - 11:30 #28405 - P090 Raccourcissement significatif de la longueur des télomères en période prénatale en cas de malformation congénitale et d'hypotrophie fœtale.
P090 Raccourcissement significatif de la longueur des télomères en période prénatale en cas de malformation congénitale et d'hypotrophie fœtale.

Les télomères coiffent l’extrémité des chromosomes et sont constitués d’une répétition de une à quelques dizaines de kilobase(s) d’une séquence répétée de type TTAGGG. À chaque division cellulaire, les modalités de la réplication de l’ADN rendent inéluctables le raccourcissement des télomères aboutissant à la sénescence cellulaire. Le rôle de la longueur des télomères (LT) a été largement étudié chez l’homme en cancérologie et dans plusieurs pathologies regroupées sous le terme de « téloméropathies » mais reste peu connu en période prénatale. Au cours du développement embryonnaire, les télomères doivent être suffisamment longs pour assurer une croissance cellulaire extrêmement rapide. Les cellules embryonnaires sont capables de limiter le raccourcissement des télomères grâce à l’expression d’une enzyme appelée télomérase. Le maintien d’une LT suffisante étant indispensable à la poursuite des divisions cellulaires, nous émettons l’hypothèse qu’un raccourcissement anormal des télomères pourrait favoriser la survenue d’anomalies du développement.

Dans cette étude nous avons mesuré la longueur des télomères (LT) par PCR quantitative (Light cycler 480, technique SYBR Green I),  à partir d’ADN extrait en direct sur des prélèvements de liquide amniotique (LA, N=220) et de villosités choriales (VC, N=65). Nous avons comparé les LT dans les deux types de prélèvements, en fonction du sexe fœtal, de l’âge gestationnel et de la présence ou non d’anomalie du développement (retard de croissance intra-utérin < 3ème percentile et différents types de malformations). Les analyses statistiques ont été faites avec le logiciel Sem (Kwiatkowski, 2000).

Nos résultats montrent que la LT est beaucoup plus élevée dans le LA que dans les VC. La LT ne semble pas influencée par le terme de la grossesse ni par le sexe fœtal. Nous observons un raccourcissement significatif des télomères dans les amniocytes de fœtus malformés et hypotrophes. Ce raccourcissement est moins net dans les VC. Le LA, plus représentatif de l’embryon, semble être plus approprié que les VC pour étudier la LT en période prénatale. En cas de syndrome polymalformatif, la LT est encore plus basse qu'en cas de malformation unique. Elle semble donc corrélée à la sévérité du phénotype fœtal et pourrait avoir une valeur pronostique.

Plusieurs études ont constaté un raccourcissement des télomères dans les VC en cas de retard de croissance intra-utérin 1–3. Notre étude montre que ce raccourcissement télomérique est également présent dans le LA. Chez l’homme, des malformations des membres et cérébrales ont été retrouvées chez des patients présentant des télomères courts 4,5. Nos résultats viennent renforcer l’hypothèse d’un lien entre raccourcissement télomérique et survenue de malformations congénitales par limitation de la capacité réplicative des cellules, altérant l’organogenèse, principalement pour les organes dont la formation nécessite d’importantes divisions cellulaires.


Carole GOUMY (CLERMONT FERRAND CEDEX 1), Lauren VÉRONÈSE, Rodrigue STAMM, Kamil HADJAB, Farida GODEAU, Delphine VOISIN, Laetitia GOUAS, Gaëlle SALAUN, Céline PEBREL, Philippe VAGO, Andrei TCHIROV
10:30 - 11:30 #27697 - P095 Données incidentes dans une série de 2500 panels oncogénétiques : Résultats et impact sur les patients.
P095 Données incidentes dans une série de 2500 panels oncogénétiques : Résultats et impact sur les patients.

Avec le développement du séquençage de nouvelle génération, les médecins sont confrontés à des données de plus en plus complexes et incertaines, en particulier les données incidentes. Des directives sur le rendu de ces données ont été publiées par plusieurs sociétés savantes. Cependant, on sait peu de choses sur la façon dont les patients sont affectés par ces résultats dans un contexte de tests oncogénétiques.

Sur une période de 4 ans, 2500 patients ayant une indication pour un test génétique ont bénéficié d’un panel de gènes de prédisposition aux cancers. Si une donnée incidente était détectée, les patients étaient contactés par un médecin/conseiller en génétique et invités à participer à un entretien semi-structuré afin d'évaluer leur compréhension du résultat, le changement de prise en charge médicale, l'impact psychologique, et la transmission du résultat à leurs apparentés.

Quatorze patients (0,56%) ont reçu une donnée incidente dans un gène de prédisposition au cancer (RAD51C, PMS2, SDHC, RET, BRCA2, CHEK2, CDKN2A, CDH1, SUFU). Deux patients n'ont pas récupéré leur résultat et deux sont décédés avant le rendu de résultat. Parmi les 10 patients recontactés, la plupart d'entre eux ont fait part de leur surprise à la remise de la donnée incidente, mais aucun n’a rapporté de l’anxiété. La majorité d'entre eux ont estimé qu'ils avaient choisi d'obtenir ce type de résultat et qu’ils avaient suffisamment d'informations pour le comprendre. Ils ont tous initié le suivi recommandé et n'ont pas regretté leur choix. Les informations concernant la donnée incidente a été transmise à leur descendance, mais la fratrie, mes parents et apparentés au second degré n'ont pas été systématiquement informés. Aucun événement psychologique indésirable majeur n'a été constaté dans notre expérience. La découverte de données incidentes sera inhérente au développement du séquençage génétique, et concerne même les panels de gènes restreints. Il est donc important d'accroître nos connaissances sur l'impact de ces résultats dans différents contextes.


Sophie NAMBOT (DIJON), Caroline SAWKA, Geoffrey BERTOLONE, Elodie COSSET, Vincent GOUSSOT, Valentin DERANGERE, Romain BOIDOT, Amandine BAURAND, Marion ROBERT, Charles COUTANT, Catherine LOUSTALOT, Christel THAUVIN-ROBINET, Francois GHIRINGHELLI, Alan LANCON, Celine POPULAIRE, Alexandre DAMETTE, Marie Agnes COLLONGE-RAME, Nicolas MEUNIER-BEILLARD, Catherine LEJEUNE, Juliette ALBUISSON, Laurence FAIVRE
10:30 - 11:30 #28226 - P100 Etude de COségrégation familiale des VARiants nucléotidiques des gènes issus des panels de gènes de prédisposition aux cancers pour valider leur utilisation en conseil génétique.
P100 Etude de COségrégation familiale des VARiants nucléotidiques des gènes issus des panels de gènes de prédisposition aux cancers pour valider leur utilisation en conseil génétique.

Les tests de prédisposition aux cancers du sein et de l’ovaire sont maintenant entrés dans la pratique médicale. Si l’identification d’un Variant pathogène (VP) BRCA1 ou BRCA2 permet de faire des recommandations de suivi et de prévention ou de retenir un traitement par PARP inhibiteur, l’identification d’un Variant de Signification inconnue (VSI) ne le permet pas. Tout autant, voir plus de VSI que de VP sont quotidiennement identifiés: 1,677 VSI différents contre 1,134 VP pour BRCA1 et 3,039 VSI différents contre 1,392 VP pour BRCA2, données de la base de données nationale FrOG (voir communication). L’interprétation des VSI est donc devenue un enjeu médical majeur.

Les éléments de classification sont l’histoire familiale, les caractéristiques tumorales et la co-occurrence rapportée ou non du VSI avec un variant pathogène sur le même gène. Un élément essentiel et quantifiable pour la classification des VSI est la coségrégation dans les familles présentant le même variant avec l’atteinte mammaire ou ovarienne.

Nous avons montré la pertinence de l’utilisation de la coségrégation avec la classification de 101 VSI de BRCA1 et BRCA2 en VP, VLP ou VB, VLB retrouvés chez 1,624 familles. L’étude a reposé sur le réseau de consultations et de laboratoires du Groupe Génétique et Cancer-UNICANCER (Caputo et al, Am J Hum Genet, 2021)

Nous proposons d’élargir les études de coségrégation aux VSI des autres gènes de prédisposition aux cancers. En septembre 2021, nous avons inclus 2,900 patients dans 1,083 familles pour les gènes BRCA1, BRCA2, PALB2, RAD51C et RAD51D.


Sandrine CAPUTO (PARIS), Lisa GOLMARD, Noémie BASSET, Nadia BOUTRY-KRYZA, Laurent CASTERA, Olivier CARON, Céline GARREC, Mathilde GAY-BELLILE, Marine GUILLAUD-BATAILLE, Christine LASSET, Mélanie LEONE, Maud PRIVAT, Audrey REMENIERAS, Françoise REVILLION, Etienne ROULEAU, Mathias SCHWARTZ, Unicancer Genetic Group COVAR, Dominique STOPPA-LYONNET
10:30 - 11:30 #28426 - P105 Evaluation de la sensibilité de détection des variants pathogènes constitutionnels des gènes HBOC sur tumeurs congelées de l’ovaire et du sein.
P105 Evaluation de la sensibilité de détection des variants pathogènes constitutionnels des gènes HBOC sur tumeurs congelées de l’ovaire et du sein.

Introduction

Les gènes BRCA1/2 sont les deux gènes majeurs de prédisposition aux cancers du sein (CS) et de l’ovaire (CO) lorsque les variants pathogènes (VP) sont constitutionnels, mais environ 1/3 des VP sont somatiques (uniquement au niveau tumoral). Les CS et CO sont sensibles aux inhibiteurs de PARP lorsqu’il existe un VP constitutionnel ou somatique, ce qui peut conduire à des analyses redondantes : (i) BRCA1/2 sur tumeur fixée au formol et incluse en paraffine (FFPE) pour ne pas méconnaitre de VP somatique dans une perspective théranostique, et (ii) lorsqu’il existe une suspicion de prédisposition, panel HBOC (Hereditary Breast and Ovarian Cancer) constitutionnel pour analyser sur de l’ADN leucocytaire, moins dégradé que l’ADN FFPE, les 13 gènes recommandés par le Groupe Génétique et Cancer. Les ADN extraits de tumeurs cryopréservées étant de meilleurs qualité que ceux extrait de tumeurs FFPE, l’objectif de cette étude est d’évaluer si un panel HBOC réalisé sur tumeur congelée est suffisamment sensible pour détecter tout type de VP constitutionnel dans les différents gènes du panel.

Méthodes

Le panel HBOC a été réalisé sur 47 échantillons congelés (25 CO et 22 CS) de patientes porteuses hétérozygotes de VP constitutionnels connus dans différents gènes de prédisposition (21 BRCA1, 8 BRCA2, 4 PALB2, 4 RAD51C, 3 RAD51D, 3 TP53, 3 MSH6, et 1 PTEN) : 22 petites insertions/délétions (1 à 29 paires de bases), 16 substitutions, 4 grandes délétions, 2 grandes duplications, 2 delins, et 1 insertion de séquence Alu.

Résultats

Au total, 46 des 47 VP ont été détectés. Une duplication des exons 3 à 8 de BRCA1 n’a pas été vue dans un CS car les réarrangements de grande taille (RGT) n’étaient pas interprétables. Le ratio allélique des substitutions et petites insertions/délétions était évocateur d’une perte d’hétérozygotie dans 27/40 (67,5%) échantillons. Le ratio allélique d’un variant RAD51C hétérozygote était effondré (14%) dans un CS en raison d’une amplification de l’autre allèle. De plus, 34 variants ponctuels strictement somatiques de classe 4 ou 5 ont été identifiés : 28 dans TP53, 1 dans BRCA1, 1 dans PTEN, 2 dans PALB2 (dont un « second hit » dans un CS), et 2 « seconds hits » dans MSH6 (dans un CO et un CS). De nombreux RGT somatiques ont également été détectés.

Conclusion

La sensibilité de détection de VP constitutionnels sur tumeur congelée semble suffisante pour envisager de la substituer à l’analyse initiale sur ADN leucocytaire. Cependant, les critères de confirmation des variants ponctuels et des RGT par une seconde technique doivent être adaptés. Cette approche ne pourra toutefois pas s’affranchir d’autres études tumorales : recherche de cibles théranostique en dehors du panel HBOC et/ou de signature de déficit en recombinaison homologue (HRD, Homologous Recombination Deficiency) permettant aussi d’orienter le traitement et d’aider à la classification des variants identifiés.


Mathias SCHWARTZ (Paris), Virginie MONCOUTIER, Adrien PEYTRAL, Jessica LE GALL, Voreak SUYBENG, Mélanie PAGÈS, Julien MASLIAH-PLANCHON, Olfa TRABELSI-GRATI, Samia MELAABI, Céline CALLENS, Ivan BIECHE, Hélène DELHOMELLE, Antoine DE PAUW, Claire SAULE, Emmanuelle MOURET-FOURME, Marion GAUTHIER-VILLARS, Bruno BUECHER, Chrystelle COLAS, Dominique STOPPA-LYONNET, Lisa GOLMARD
10:30 - 11:30 #28616 - P110 Recommandations de surveillance dans le syndrome DICER1 par les groupes de travail SIOPE Host Genome et CanGene-CanVar Clinical Guidelines.
P110 Recommandations de surveillance dans le syndrome DICER1 par les groupes de travail SIOPE Host Genome et CanGene-CanVar Clinical Guidelines.

Le syndrome DICER1 est un syndrome rare de prédisposition héréditaire à un large spectre de tumeurs bénignes et malignes incluant le pleuropneumoblastome, le néphrome kystique, les tumeurs ovariennes non-épithéliales, principalement de type Sertoli-Leydig, le goitre multinodulaire et le cancer de la thyroïde, et des tumeurs cérébrales. Cependant, les variants pathogènes constitutionnels de DICER1 sont associés à une pénétrance modérée. Il est difficile d’établir un protocole de surveillance adapté étant donnée l’incertitude sur l’efficacité de la surveillance et sa balance bénéfice/risques. C’est pour prendre en compte cette problématique et harmoniser les programmes de surveillance en Europe que se sont réunis le groupe de travail européen de la Société Internationale d’Oncologie Pédiatrique (SIOPE) et le groupe britannique de guidelines cliniques du projet CanGene-CanVar, en se basant sur une revue des stratégies de surveillance actuelles et des données récentes de la littérature. Le consensus a été atteint pour proposer un nouveau protocole de surveillance des individus porteurs d’un variant pathogène constitutionnel de DICER1 et un livret d’information destiné aux patients pour leur indiquer les symptômes potentiels des tumeurs associées à ce syndrome de prédisposition. Le protocole de surveillance comprend un programme minimum et une version étendue à considérer. Les recommandations principales du programme minimum sont : examen clinique annuel de la naissance à 20 ans, radio thoracique et échographie rénale tous les 6 mois de la naissance à 6 ans, et échographie thyroïdienne tous les 3 ans de 8 à 40 ans. Le programme de surveillance étendu comprend des procédures de surveillance additionnelles, et des recommandations de suivi à des intervalles d’âge plus larges. Le choix du programme de surveillance peut être adapté selon l’histoire personnelle et familiale, l’information des patients sur les bénéfices/risques de ces protocoles, et varier selon les pays. Une évaluation prospective de l’efficacité de la surveillance et du ressenti des patients est nécessaire pour optimiser des protocoles de surveillance. Ces recommandations ont fait l’objet d’une publication (PMID : 34170462).


Lisa GOLMARD (PARIS), Marion GAUTHIER-VILLARS, Franck BOURDEAUT, Philippe DENIZEAU, Léa GUERRINI, Sfce COMITÉ ONCOGÉNÉTIQUE, Host Genome Working Group SIOPE, Clinical Guideline Working Group CANGENE-CANVAR
10:30 - 11:30 #28758 - P115 Recommandations pour la surveillance des syndromes de prédisposition aux tumeurs rhabdoïdes: consensus d'experts du groupe SIOPe Host Genome Group.
P115 Recommandations pour la surveillance des syndromes de prédisposition aux tumeurs rhabdoïdes: consensus d'experts du groupe SIOPe Host Genome Group.

Les syndromes de prédisposition aux tumeurs rhabdoïdes (RTPS1 et 2) sont des maladies rares associés à un risque accru de tumeurs hautement malignes affectant les reins, divers tissus des parties molles, le foie et le système nerveux central (Tumeurs tératoïdes rhabdoïdes atypiques, ATRT). Les RTPS1 et 2 sont dus à des variants pathogènes (PV) dans les gènes codant pour les constituants du complexe de remodelage de la chromatine BAF, à savoir SMARCB1 (RTPS1) et SMARCA4 (RTPS2). Contrairement à d'autres troubles génétiques liés aux PV dans SMARCB1 et SMARCA4 tels que le syndrome de Coffin-Siris, les syndromes RTPS1 & 2 se caractérisent par une prédominance de PV tronquants. La pénétrance du syndrome RTPS1 est élevée et associée à une faible survie en raison d’un diagnostic le plus souvent avant l’âge d’un an de tumeurs peu curables. Cependant, de rares porteurs non affectés peuvent être rencontrés, et des survivants à long terme sont rapportés en cas de diagnostic à un stade opérable. Au-delà des tumeurs rhabdoïdes, le spectre tumoral peut être plus large qu'initialement suspecté, et la surveillance du cancer offerte aux porteurs non affectés (frères et sœurs ou parents) et aux survivants à long terme après tumeurs rhabdoïdes reste mal codifiée. En plus des tumeurs rhabdoïdes précoces mais avec une pénétrante semble-t-il plus faible que le RTPS1, le syndrome RTPS2 expose les femmes porteuses à un risque, de pénétrance mal définie, de carcinome à petites cellules des ovaires, de type hypercalcémique (SCCOHT); ces cancers agressifsi peuvent apparaître chez les individus prépubères dès l’âge de 8 ans voire avant. 

Les protocoles de surveillance du risque de cancer n'ont pas été établis. Pour tenter de combler ce manque et proposer des directives de surveillance appropriées pendant l'enfance, le groupe de travail européen "SIOPe Host Genome working group"  a invité des oncologues pédiatres et des généticiens à participer à une réunion d'experts. Les propositions de surveillance, reprises par le SFCE, portent sur les variants de SMARCB1 et SMARCA4 devant  être considérés comme associés à un sur-risque de développer un cancer, ainsi que des propositions de surveillance. Ces recommandations reposent sur des IRM corps entier rapprochées dans les 3 premières années de vie, compte-tenu du développement rapide des tumeurs rhabdoïdes et de l’impact pronostique d’un diagnostic précoce; une alternative par IRM cerébrale et échographie abdominale est proposée. La surveillance s’espace ensuite avec la diminution importante du risque après 3 ans. La surveillance des ovaires pour le RTPS2 est proposée à partir de 8 ans chez les filles, par échographie tant que la corpulence le permet. Ces recommandations de surveillance mériteront d’être évaluées sur le plan médical et psychologique, tant sur leur faisabilité que sur le bénéfice qu’elles apporteraient; elles tendent au minimum à homogénéiser les pratiques pour des situations rares et particulièrement complexes.


Michael FRUHWALD, Karolina NEMES, Evans GARETH, Julien MASLIAH-PLANCHON, Lea GUERRINI-ROUSSEAU, Philippe DENIZEAU, Marion GAUTHIER-VILLARS, Christian KRATZ, Franck BOURDEAUT (Paris)
10:30 - 11:30 #28723 - P120 Expérience et efforts de l'Institut Gustave Roussy pour explorer la fréquence et l’impact des variants non codants conservés dans les gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C.
P120 Expérience et efforts de l'Institut Gustave Roussy pour explorer la fréquence et l’impact des variants non codants conservés dans les gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C.

Les patients atteints de cancer du sein et de l'ovaire, prostate et pancréas ont de plus en plus d’analyses génétiques à la fois pour la prédisposition et pour la prise en charge thérapeutique. L’identification de variant pathogène est compris entre 10 à 20 %; ces variants se situant dans les régions codantes principalement des gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C. Ces analyses génétiques peuvent aussi générer de nombreuses données dans les régions non codantes d’une part dans les régions d’épissage et d’autre part dans les régions non traduites et introniques profondes. Ces variants de signification inconnue (VSI) pourraient expliquer l’héritabilité manquante dans certaines familles et l’absence de variants actionnables dans certaines tumeurs.

Nous avons réalisé une étude rétrospective entre septembre 2015 et février 2021. Notre cohorte comportait, initialement 2044 tumeurs et 10535 prélèvements constitutionnels, avec des variants en régions non codantes (en amont du codon ATG, les régions introniques et en aval du codon Stop) dans 3 gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C. Différents filtres ont été appliqués à savoir la récurrence intra-run; fréquence allélique; régions conservées et phénotypes spécifiques pour chaque gène. Les prédictions in-silico étaient basées sur (Alamut et SPiP) pour les variants d'épissage et les données ENCODE pour les régions introniques profondes et non traduites. Nous avons sélectionné 50 cas soit 38 variants non codants conservés : 15 variants pathogènes, un variant probablement pathogène et 22 VSI. L'âge moyen était de 57 ans. Le phénotype était : cancer de l'ovaire (CO n=22), cancer du sein (CS n=23), CO+CS (n=2), cancer du pancréas (n=2) et cancer de la prostate (n=1). Pour confirmer l’impact de ces variants, nous avons choisi de travailler sur le matériel tumoral de ces patients.  Nous avons pu rapatrier 9 échantillons tumoraux pour lesquels une stratégie basée sur le RNASeq, la OneStep RT-PCR/Sanger et la ddPCR sera appliquée.

Il s’agit de la première grande étude française rapportant les données moléculaires tumorales et constitutionnelles dans les régions conservées des gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C. Nous soulignons l'intérêt croissant d'étudier les échantillons tumoraux pour valider la pathogénicité des variants. Nos perspectives sont d’étendre cette approche aux autres gènes du panel HBOC, et d’inclure cette étude dans le cadre d’un projet multicentrique sur ces régions non codantes.


Hela SASSI (Villejuif), Odile CABARET, Alice FIÉVET, Sophie COTTERET, Roseline TANG, Brigitte BRESSAC-DE PAILLERETS, Marine GUILLAUD BATAILLE, Johny BOMBLED, Marie-Aude ROBERT DE RANCHER, Damien VASSEUR, Aurelie STOURM, Najat AHMED ECHRIF, Celine MONOT, Nolwenn LUCAS, Cassandre FRANÇOIS, Shengul Celine KARA, Yahia ADNANI, Sofiane BENKAFOUF, Victor GONDRAN TELLIER, Mohamed Amine BANI, Catherine GENESTIE, Magali LACROIX-TRIKI, Veronica GOLDBARG, Olivier CARON, Jean-Yves SCOAZEC, Ludovic LACROIX, Etienne ROULEAU
10:30 - 11:30 #27856 - P125 Le bilan d’activité du plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG 2025) dans le cadre du soin.
P125 Le bilan d’activité du plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG 2025) dans le cadre du soin.

La France s’est dotée depuis 2016 d’un plan national de mise en œuvre de la Médecine Génomique pour intégrer le séquençage du génome complet dans le parcours de soins des patients (PFMG2025) qui s’appuie sur 3 piliers principaux : un Centre national de collecte et d’analyse des données (CAD), un réseau de laboratoires de séquençage génomique (LBM-FMG pour Laboratoire de Biologie Médicale France Médecine Génomique), et un Centre de Référence, d’Innovation, d’eXpertise et de transfert (CRefIX). En 2019, les deux premiers LBM-FMG, SeqOIA et AURAGEN, ont démarré leur activité, couvrant l’ensemble du territoire métropolitain et Outre-Mer, pour 61 préindications validées par la HAS dans le champ des maladies rares (MR) de l’oncogénétique et de la cancérologie.

Nous présentons l’organisation mise en place dans le cadre du soin au niveau national et territorial. Le PFMG2025 s’organise autour du patient, depuis la prescription médicale d’un examen de Séquençage à Très Haut Débit (STHD) jusqu’à la restitution des résultats au patient par le médecin prescripteur. Un parcours de soins générique est adapté aux spécificités de chacune des préindications, s’appuyant en particulier sur la mise en place de réunions de concertation pluridisciplinaires du PFMG2025 en amont et en aval du STHD (RCP-FMG d’amont et d’aval) et de Réunions d’Interprétation Clinico-Biologique (RICB-FMG).

Un travail majeur de structuration et d’organisation réalisé puisque près d’une centaine RCP-FMG d’amont locales, (inter)régionales ou nationales ont été créées. Plus de 1600 prescripteurs ont maintenant accès aux logiciels de e-prescription des LBM-FMG, et sont ainsi en mesure de prescrire un examen de STHD dans le cadre du PFMG2025. Plus de 500 biologistes se sont portés volontaires pour interpréter les données génomiques. A ce jour, la quasi-totalité des préindications sont actives, à l’exception de la préindication déficience intellectuelle qui s’ouvre progressivement sur le territoire selon l’avancement des inclusions dans le projet pilote DEFIDIAG.

Depuis une année, l’activité des LBM-FMG est en croissance constante. La montée en charge se poursuit sur une très bonne dynamique en 2021 par rapport à 2020 (+77%)), à la fois pour les maladies rares (+80%) et les cancers (+74%). Alors que 2.855 familles avaient bénéficié d’une prescription de STHD au 31/12/2020, 3603 en ont bénéficié au cours des 8 premiers mois de l’année 2021. Au total, environ 4.000 dossiers complets ont été reçus par les LBM-FMG, dont 83% ont été séquencés.

Nous présentons les chiffres d’activité jusqu’à la fin de l’année 2021 du PFMG 2025, en particulier le nombre total de dossiers séquencés, et le nombre de comptes-rendus remis aux prescripteurs.

LE PFMG va poursuivre sa dynamique par l’organisation d’une troisième vague de validation de préindications en fin d’année 2021, en vue d’une phase de validation par le GT de la HAS début 2022.


Diane GOZLAN, Damien SANLAVILLE (LYON), Michel VIDAUD, Jean-Yves BLAY, Pierre LAURENT-PUIG, Christel THAUVIN, Frédérique NOWAK, Franck LETHIMONNIER
10:30 - 11:30 #27876 - P130 Recherche de nouvelles expansions de séquences répétées dans des données de séquençage de génome au sein d’une cohorte d’invidivus présentant des anomalies du développement et/ou de déficience intellectuelle.
P130 Recherche de nouvelles expansions de séquences répétées dans des données de séquençage de génome au sein d’une cohorte d’invidivus présentant des anomalies du développement et/ou de déficience intellectuelle.

Les microsatellites (STR) constituent une classe d’éléments répétés, représentant l'une des sources les plus abondantes de variations dans le génome humain. Ils sont formés de motifs courts, de 1 à 9 nucléotides, et sont répétés de manière contiguë le long du génome. Les STR impliqués en pathologie humaine possèdent un seuil variable selon le locus au-delà duquel le nombre de répétitions est considéré comme pathologique.

Ces expansions pathologiques sont associées à des troubles neuropathologiques, souvent reliées à des retards de développement et/ou déficience intellectuelle. Un des principaux facteurs de gravité de ces expansions est le nombre de répétitions.

Afin d’améliorer la recherche de marqueurs génétiques associés à des troubles neuropathologiques nous souhaitons inclure la détection de STR rares et pathologiques dans le génome. Grâce à l’essor récent des technologies de séquençage et le développement d’outils bioinformatiques performants de détection de STR, nous pouvons ainsi cibler des expansions de STR rares et encore inconnues.

Pour cela, nous avons testé deux outils bioinformatiques, ExpansionHunter de novo et GangSTR. Ils ont été utilisés sur des données de séquençage de génomes (GS) d’une cohorte de 645 individus présentant tous des anomalies du développement. Les résultats ont ensuite été agrégés par une combinaison du motif répété et de la position génomique de celui-ci. Pour chaque STR identifié, nous avons classé les individus en sous-populations selon leur nombre de répétitions et extrait le sous-groupe avec la valeur la plus élevée.

Les premiers résultats nous ont permis d’identifier une moyenne de 8812 combinaisons au sein des 645 individus. Chaque site candidat a été annoté à l’aide de l’outil SNPEff, utilisant notamment la base de données OMIM afin de faciliter l’identification des STR rattachés à des gènes associés à des pathologies connues. Considérant la forte variabilité des résultats et dans un contexte de maladie rare, un premier filtre basé sur cette annotation nous a permis de retenir une moyenne de 3 combinaisons par individu avec un maximum à 94.

Les résultats seront interprétés par des généticiens selon la pertinence de l’association de la localisation et du phénotype du patient étudié. Les combinaisons retenues devront ensuite être confirmées en laboratoire, par PCR – analyse de fragments par fluorescence pour une taille totale inférieure à 100 répétitions, dans le cas contraire une TP-PCR devra être utilisée.

Les résultats sont encore préliminaires, ainsi nos filtres devront être affinés, et nous souhaiterions inclure de nouveaux individus, dont une centaine de contrôles positifs. A terme ce projet s’inscrivant dans une collaboration avec le consortium européen SolveRD, le pipeline sera utilisé afin de réanalyser les données de séquençage des patients inclus dans ce projet, et pour finalement fournir de nouveaux moyens pour lutter contre l’errance et l’impasse diagnostique.


Marine BERGOT (Dijon), Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Philippe CHRISTOPHE, Antonio VITOBELLO, Hana SAFRAOU, Frédéric TRAU-MAU-THEM, Ange-Line BRUEL, Paul KUENTZ, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET, Yannis DUFFOURD
10:30 - 11:30 #28224 - P135 La classification des tumeurs du cerveau et des sarcomes à partir de données de méthylation d’ADN par séquençage Nanopore.
P135 La classification des tumeurs du cerveau et des sarcomes à partir de données de méthylation d’ADN par séquençage Nanopore.

En raison de la complexité du développement cérébral, les tumeurs du système nerveux central (SNC), présentent des profils très variés. Récemment, le profil de méthylation de l'ADN de ces tumeurs a été utilisé pour les sous-classer de manière robuste en 91 classes sur la base d'un classifieur construit à partir d’une cohorte de référence accessible au public de 2 800 tumeurs cérébrales [1], en utilisant les puces Illumina 450k et EPIC comme référence absolue. Une approche similaire a été réalisée pour sous-classer les tumeurs des tissus mous et des os en 62 classes sur la base d'un classifieur formé sur 1 077 tumeurs [2]. Nous présentons un autre test de méthylation de l'ADN basé sur un séquençage à longue lecture utilisant la technologie Oxford Nanopore (ONT) pour un sous-groupement rapide, moins cher et fiable des tumeurs du SNC et des sarcomes. Le séquençage du génome entier à très faible profondeur (WGS) permet la détection simultanée du profil global du nombre de copies et de l'amplification focale de gènes cliniquement pertinents (tels que MYC et MYCN dans les MB) et l'état de méthylation de suffisamment de CpG à comparer avec le précédent classifieurs décrits.

35 séries de 6 échantillons congelés multiplexés (n = 204) ont été analysés sur un appareil de séquençage portable MinION. Une moyenne de 72 800 lectures en single-end d'environ 5 400 pb ont été générées par échantillon. Le basecalling et le démultiplexage ont été effectués en temps réel à l'aide de guppy [4] et les données brutes ont été alignées sur le génome de référence hg19 à l'aide d'un mappeur dédié à la lecture longue, minimap2 [5]. Malgré un pourcentage élevé de lectures alignées (95 %), la profondeur de couverture moyenne du génome n'était que de 0,16X [0X-0,82X]. En utilisant une approche combinée dédiée à la détection peu profonde du nombre de copies WGS à l'aide du package R ACE [6] et d'une normalisation du signal 1x, tous les réarrangements précédemment validés à l'aide de puces EPIC ou CGH ont été identifiés. Le score de méthylation des CpG calculé à l'aide de nanopolish [7] a été binarisé par échantillon et comparé à l'ensemble de données de référence sur les sondes (n = 44 000) en utilisant l'algorithme de forêt aléatoire (R package ranger [8]) en utilisant 50 000 arbres. Avec une moyenne de respectivement 26% et 9 % de votes (proportion d'arbres votant pour une classe) pour un taux d'erreur de respectivement 5,7% et 2,3 % pour les tumeurs du SNC et pour les sarcomes, nous avons obtenu la classification correcte d'une proportion élevée de nos échantillons, validée par des technologies croisées. En conclusion, nous confirmons la fiabilité totale du séquençage par nanopore en tant que nouveau test rapide et bon marché pour la classification des tumeurs du SNC et des sarcomes basée sur la méthylation et les résultats sont très prometteurs pour une future mise en œuvre dans le diagnostic de routine.


Elodie GIRARD, Elodie GIRARD (Paris), Christine BOURNEIX, Abderaouf HAMZA, Philipp EUSKIRSCHEN, François DOZ, Franck BOURDEAUT, Olivier DELATTRE, Nicolas SERVANT, Julien MASLIAH-PLANCHON
10:30 - 11:30 #27975 - P140 Réinterprétation des CNV de signification inconnue : résultat d'une analyse rétrospective de huit ans portant sur 371 CNV.
P140 Réinterprétation des CNV de signification inconnue : résultat d'une analyse rétrospective de huit ans portant sur 371 CNV.

Purpose: Array-CGH is the first-tier genetic test both in pre- and postnatal disorders worldwide. Variants of uncertain significance (VUS) represent around 10% of detected copy number variants (CNVs). Even though VUS's reanalysis has become usual in practice, to-date no long-term study regarding CNV reinterpretation has been reported.

Methods: We collected and analyzed CNVs of unknown significance identified in all patients (N=1641) addressed by a clinical geneticist in Nancy University Hospital over eight years (2010-2017). Array-CGH was performed for each sample, and relevant CNVs were confirmed either by qPCR or FISH.

Results: We present a retrospective study on 371 CNVs initially reported as CNVs of unknown significance. Using the American College of Medical Genetics (ACMG) criteria and our current knowledge, 12 (3.2%) of these CNVs were reclassified pathogenic or probably pathogenic, 10 (2.7%) of which were considered causative or partially implicated in the phenotype of the patient. Moreover, the classification of 112 (30.2%) CNVs was changed to benign/probably benign.

Conclusions: This study highlights the complexity of the interpretation of CNV and the importance of annually repeated interpretation of the VUS.


Jean-Marie RAVEL (Nancy), Mathilde RENAUD, Jean MULLER, Thomas REMEN, Geneviève LEFORT, Aurélie BECKER, Mylène DEXHEIMER, Philippe JONVEAUX, Bruno LEHEUP, Céline BONNET, Laëtitia LAMBERT
10:30 - 11:30 #28394 - P145 Quand le séquençage d’exome et le partage des données permet d'identifier le gène majeur d’un syndrome microdélétionnel: l’exemple d’HMGB1.
P145 Quand le séquençage d’exome et le partage des données permet d'identifier le gène majeur d’un syndrome microdélétionnel: l’exemple d’HMGB1.

Le syndrome de microdélétion 13q12.3 est une cause rare de déficience intellectuelle syndromique pour lequel deux gènes candidats étaient jusqu’alors proposés pour expliquer le phénotype associé dans une région critique de 300 Kb (KATNAL1 et HMGB1). Cependant, à ce jour aucune mutation ponctuelle ou délétion unique d’un de ces gènes n’avait été décrite chez des patients. Grâce au séquençage d’exome et au partage de données via la plateforme GeneMatcher, nous rapportons ici 6 cas de patients présentant des variations de novo perte de fonction (n=5, délétion ou variation tronquante), ou faux-sens (n=1) dans le gène HMGB1. Les signes cliniques retrouvés chez ces patients sont concordants avec ceux de la microdélétion 13q12.3, à savoir une déficience intellectuelle, un retard de langage, une microcéphalie, une dysmorphie caractéristique, une obésité et une dermatite atopique. Les données in silico en faveur de l’intolérance à la perte de fonction du gène et les études in vitro précédemment réalisées montrant l’importance de ce gène dans le neurodéveloppement sont autant d’arguments en faveur de l’implication de ces variations dans le phénotype neurodéveloppemental des patients. Le rôle du gène HMGB1 dans le processus inflammatoire pourrait quant à lui expliquer les signes cutanés tels que la dermatite atopique. Enfin, l’interaction prédite entre HMGB1 et d’autres gènes impliqués dans des troubles du neurodéveloppement (SMARCA4, SMARCA2, SMARCD1), soulève l’hypothèse d’une signature épigénétique commune1. 

Ainsi, comme pour beaucoup de syndromes microdélétionnels, la recherche des bases génétiques et des gènes responsables de la pathologie a été grandement facilitée grâce au séquençage haut débit d’exome et de génome. En effet, cette cohorte permet de proposer HMGB1 comme gène majeur du syndrome de microdélétion 13q12.3 et comme nouveau gène de déficience intellectuelle. Enfin, cette étude montre une nouvelle fois l’importance du partage de données à l’international dans le contexte des maladies rares2

1.    Aref-Eshghi, E. et al. Evaluation of DNA Methylation Episignatures for Diagnosis and Phenotype Correlations in 42 Mendelian Neurodevelopmental Disorders. Am. J. Hum. Genet. 106, 356–370 (2020).

2.    Uguen, K. et al. Heterozygous HMGB1 loss-of-function variants are associated with developmental delay and microcephaly. Clin Genet 100, 386–395 (2021).


Kévin UGUEN (Brest), Kilannin KRYSIAK, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Sylvia REDON, Caroline BENECH, Eleonore VIORA DUPONT, Frédéric TRAN MAU-THEM, Sophie RONDEAU, Ibrahim ELSHARKAWI, Jorge L GRANADILLO, Julie NEIDICH, Celia AZEVEDO SOARES, Natalia TKACHENKO, Shivarajan M AMUDHAVALLI, Kendra ENGLEMAN, Anne BOLAND, Jean-François DELEUZE, Stéphane BEZIEAU, Sylvie ODENT, Annick TOUTAIN, Dominique BONNEAU, Brigitte GILBERT-DUSSARDIER, Laurence FAIVRE, Marlène RIO, Cédric LE MARÉCHAL, Claude FEREC, Elena REPNIKOVA, Yang CAO
10:30 - 11:30 #28755 - P150 Etude rétrospective du diagnostic génétique de l’IOP au CHU Amiens-Picardie.
P150 Etude rétrospective du diagnostic génétique de l’IOP au CHU Amiens-Picardie.

L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) concernerait 1 à 2% des femmes avant l’âge de 40 ans. Une contribution génétique est bien décrite dans la littérature avec, à l’heure actuelle, une étiologie génétique retrouvée dans 20 à 25% des cas d’IOP. Cependant, l’IOP reste idiopathique chez environ 80% des patientes. Les étiologies génétiques fréquemment retrouvées sont notamment des anomalies de nombre ou de structure du chromosome X et la prémutation du gène FMR1. Récemment, l’utilisation du Séquençage Haut Débit (SHD) dans l’IOP a permis la mise en évidence de nombreux gènes candidats. Les étiologies génétiques de l’IOP sont donc nombreuses et hétérogènes et il est probable qu’à l’avenir des IOP considérées aujourd’hui comme idiopathiques puissent être expliquées par une cause génétique. L’enjeu diagnostic d’une IOP d’origine génétique est très important pour permettre un conseil génétique adapté et une prise en charge précoce des apparentés. Afin d’améliorer la prise en charge de nos patientes en IOP, nous avons réalisé une étude rétrospective pour évaluer le diagnostic génétique de l’IOP au laboratoire de Génétique Constitutionnelle du CHU Amiens-Picardie. Les données de 432 patientes adressées pour IOP entre 2013 et 2021 ont été recueillies.

Etiologies chromosomiques : 343 patientes de la cohorte ont été étudiées, une étiologie chromosomique a été identifiée chez 10,5% des patientes.

Prémutation du gène FMR1 : 217 patientes de la cohorte ont été étudiées, une prémutation a été identifiée chez 2,3% des patientes.

ACPA : 39 patientes de la cohorte ont été étudiées, un remaniement pathogène considéré responsable de l’IOP a été retrouvé pour 5,13% des patientes. Au total, l’implication d’un remaniement chromosomique déséquilibré a été évoquée chez 15,39% des patientes.

NGS : 34 patientes de la cohorte ont été étudiées avec un panel de 163 gènes validés ou candidats dans l’IOP. Un variant pathogène ou probablement pathogène considéré responsable de l’IOP a été retrouvé pour 14,71% des patientes. Des variants dont la causalité reste incertaine ont été détectés chez 32,35% des patientes. Au total, l’implication d’un variant génique dans l’IOP a été évoquée chez 47% des patientes. 37,5% des patientes sont porteuses de variants d’intérêt dans des gènes distincts.

Notre étude montre que le rendement diagnostique de l’ACPA et du NGS est non négligeable chez les patientes en IOP. Toutes les patientes devraient pouvoir bénéficier du séquençage des principaux gènes impliqués dans l’IOP, au même titre que le caryotype ou la recherche de prémutation FMR1. Néanmoins, il est probable que l’IOP ne soit pas toujours une pathologie monogénique mais qu’un digénisme ou un oligogénisme contribue à la pathologie avec un phénotype résultant de l’association de plusieurs altérations génétiques. L’interprétation des variants identifiés est donc complexe et des études complémentaires, fonctionnelles et de ségrégation, sont indispensables.


Mathilde PUJALTE (Amiens), Claire COZETTE, Tom MOUTONNET, Moncef BENKHALIFA, Henri COPIN, Rosalie CABRY, Dorian BOSQUET, Elodie LEFRANC, Noémie CELTON, Florence SCHEFFLER, Guillaume JEDRASZAK
10:30 - 11:30 #28208 - P155 De l’intérêt d’un panel de référence de séquences ancré sur le territoire pour imputer les génotypes à partir de données de puces de SNPs.
P155 De l’intérêt d’un panel de référence de séquences ancré sur le territoire pour imputer les génotypes à partir de données de puces de SNPs.

Imputation of missing genotypes is widely performed to enrich datasets of genotyped individuals. For this practice, advances in software capabilities have been rapid, enormous haplotype reference panels have been assembled, and dedicated computation servers have been created. It has been widely shown that the panel of reference haplotypes must be appropriately chosen for the target individuals whose genotypes are to be imputed.

France has a population with extensive internal fine-structure; and while public reference panels contain an abundance of European genomes, few are French. A reference panel of French genomes would intuitively be expected to improve the accuracy of imputation. To demonstrate this, we imputed 550 French individuals who have both array and whole-exome sequencing data from six different regions in France, using either the University of Michigan imputation server with the Haplotype Reference Consortium (HRC) panel, or in-house imputation using a panel of 850 whole-genome sequenced French individuals.

With approximate geo-localization of both our target and reference panel individuals we are able to pinpoint the relevance of the proposed French reference panel for different groups of target individuals. This helped to illustrate the different scenarios where this population-specific imputation would be preferred over server-based imputation or vice-versa. Furthermore, this highlighted the importance of future sequencing projects in France in order to fully capture the entire genetic diversity of the population.

Previous studies have shown the benefits of combining cosmopolitan public reference panels with population specific panels. Getting the best out of both resources is unfortunately impractical. This is because the largest public panels are only accessible through external servers; limiting possibilities for the amalgamation of data. We put forward a pragmatic solution where server-based and population specific (performed in-house) imputation outcomes can be combined based on comparing posterior genotype probabilities. Using this technique to combine the strengths of our whole-genome sequenced French individuals with the resource of the HRC provided a significant improvement in imputation accuracy compared to that which would have otherwise been attainable.


Anthony Francis HERZIG (Brest), Lourdes VELO‐SUÁREZ, Christian DINA, Richard REDON, Jean-François DELEUZE, Consortium FREX, Consortium FRANCEGENREF, Emmanuelle GÉNIN
10:30 - 11:30 #28154 - P160 L'acide ascorbique est un facteur essentiel pour préserver le profil de méthylation des régions soumises à empreinte dans les cellules souches pluripotentes induites humaines.
P160 L'acide ascorbique est un facteur essentiel pour préserver le profil de méthylation des régions soumises à empreinte dans les cellules souches pluripotentes induites humaines.

L'empreinte parentale est un mécanisme épigénétique conduisant à l'expression monoallélique d'un sous-ensemble de gènes en fonction de leur origine parentale. Les pathologies de l'empreinte (ID), causés par des perturbations des gènes soumis à empreinte, sont un ensemble de maladies congénitales rares affectant principalement la croissance et le métabolisme. A ce jour, il n'existe pas de modèle probant pour étudier la physiopathologie des ID ou pour tester des stratégies thérapeutiques. Les cellules souches pluripotentes induites humaines (iPSCs) sont un modèle cellulaire prometteur pour modéliser les maladies humaines et les pathologies génétiques complexes. Cependant, une hypermétyhlation de la région de contrôle de l’empreinte (ICR) peut apparaître au cours du processus de reprogrammation et de la culture ultérieure des iPSC. Par conséquent, nous avons testé différentes conditions de reprogrammation et de culture d'iPSC avec une analyse approfondie de la méthylation au niveau des ICR dans les iPSC afin de développer un modèle cellulaire pouvant être utilisé pour l’étude des ID.

Les niveaux de méthylation ont été déterminés à huit loci soumis à empreinte dans les iPSC à différents passages de la culture cellulaire et au cours de la différenciation chondrogénique. Des niveaux de méthylation anormaux ont été trouvés, avec une hyperméthylation en 11p15 H19/IGF2:IG-DMR (ICR1) et en 14q32 MEG3/DLK1:IG-DMR, indépendamment de la méthode de reprogrammation et des cellules d'origine utilisées. Ces hyperméthylations en 11p15 et en 14q32 ont conduit à une perte de l'empreinte parentale (LOI), avec une expression biallélique des gènes IGF2 et DLK1 soumis à empreinte, respectivement. L'ajout d'acide ascorbique (50 µg/mL) dans le milieu de culture a empêché l'hyperméthylation des loci H19/IGF2:IG-DMR (ICR1) et 14q32 MEG3/DLK1:IG-DMR.

Avec une analyse approfondie et quantitative des niveaux de méthylation des ICR dans les iPSC, nous avons trouvé une hyperméthylation de certains ICR dans les iPSC humains, en particulier les ICR méthylés paternellement, et la LOI subséquente de certains gènes soumis à empreinte. L'ajout d'acide ascorbique dans le milieu de culture a empêché l'hyperméthylation des ICR dans les iPSC. Comme une méthylation équilibrée est maintenue pendant la reprogrammation et la culture des iPSC en présence d'acide ascorbique, les iPSC humaines peuvent être utilisées comme modèle cellulaire pour étudier la physiopathologie des ID et pour tester des thérapies dans les cellules d'intérêt.


Aurélie PHAM, Céline SELENOU (Paris), Vincent FONTAINE, Sybille MARTEAU, Frédéric BRIOUDE, Delphine MITANCHEZ, Eloise GIABICANI, Laurent DAVID, Marie-Laure SOBRIER, Irène NETCHINE
10:30 - 11:30 #28200 - P165 Test génétique prédictif dans les maladies cardiaques héréditaires : étude de l’influence de l’organisation des consultations sur l’impact psycho-social du résultat génétique (Etude PREDICT).
P165 Test génétique prédictif dans les maladies cardiaques héréditaires : étude de l’influence de l’organisation des consultations sur l’impact psycho-social du résultat génétique (Etude PREDICT).

Les maladies cardiaques héréditaires exposent à un risque de mort subite et/ou d’insuffisance cardiaque. Elles ont habituellement une transmission autosomique dominante avec une expression cardiaque retardée à l’âge adulte. L’impact psycho-social du test génétique prédictif (TGP) chez les apparentés est cependant mal connu. L’étude PREDICT vise à étudier cet impact psycho-social et les résultats initiaux ont été rapportés (Bordet et al.2020, PMID: 32384747). L’impact de l’organisation des consultations (constitution des équipes, délai de réflexion avant le prélèvement) n’a pas encore été étudié.

L’objectif de ce travail est de recenser les modalités d’organisation en France des consultations de TGP pour une maladie cardiaque héréditaire, et d’évaluer l’influence de cette organisation sur l’impact psycho-social de la révélation du statut génétique.  

Il s’agit d’une étude multicentrique (20 centres). L’avis et le vécu des consultants ont été recueillis via des auto-questionnaires (échelle d’anxiété STAI, impact d’évènement IES, impact sur le changement de vie). Dans l’étude prospective (PRO), 3 auto-questionnaires ont été remplis à différents moments de la démarche et dans l’étude rétrospective (RETRO) 1 seul à distance du rendu de résultat.

Au total, 517 consultants majeurs (42.3±16.7 ans, 60.6% femmes) ont été inclus (PRO : N=264 ; RETRO : N=253). Les consultants ont bénéficié d’une consultation pluridisciplinaire dans 83.6% (PRO) et 73.0% (RETRO) des cas. Une majorité des consultants a bénéficié d’une consultation avec une psychologue (PRO : 89.6%, RETRO : 68.1%).  La majorité des consultants juge le fait de rencontrer différents intervenants comme « nécessaire » ou « plutôt utile » (PRO : 87.3%, RETRO : 87.8%).  Néanmoins le fait de bénéficier d’une consultation pluridisciplinaire n’est pas associé de façon significative à une diminution de l’anxiété  ni à une différence du score de l’IES ou des changements de vie. Lorsqu’ils en avaient le choix, seul 8.5% des consultants ont pris un délai de réflexion avant le TGP (PRO). Parmi ceux n’ayant pas pris de délai de réflexion, seul 1.7% estiment à posteriori qu’il aurait été utile (PRO). Parmi ceux ayant pris un délai de réflexion, 50.0% estiment que cela a été utile (PRO). Le fait de prendre ou pas un délai de réflexion n’était cependant pas associé statistiquement à une diminution de l’anxiété à la fin de la démarche ni à une différence du score de l’IES ou de changement de vie (PRO & RETRO).

Nos résultats montrent que malgré une organisation hétérogène dans les différents centres, la majorité des consultants bénéficie d’une consultation pluridisciplinaire et notamment d’un entretien avec une psychologue. Si l’organisation ne semble pas significativement modifier l’impact psycho-social du TGP, la grande majorité des consultants trouvent la prise en charge pluridisciplinaire nécessaire ou utile. Le délai de réflexion ne parait pas devoir être imposé mais il semble important de le proposer.


Céline BORDET (Paris), Sophie TEZENAS DU MONTCEL, Estelle GANDJBAKHCH, Carole MAUPAIN, Bertrand ISIDOR, Aurelien PALMYRE, Alexandre MOERMAN, Annick TOUTAIN, Linda AKLOUL, Anne Claire BREHIN, Caroline SAWKA, Caroline ROORYCK THAMBO, Elise SCHAEFER, Karine NGUYEN, Delphine DUPIN DEGUINE, Cecile ROUZIER, Gipsy BILLY, Krystelle SENE, Isabelle DENJOY, Bruno LEHEUP, Marc PLANES, Jean Michael MAZZELLA, Claire Cecile MICHON, Marie Lise BABONNEAU, Angelique CURJOL, Stephanie STARACI, Amine BEKHECHI, Rafik MANSOURI, Jean François PRUNY, Véronique FRESSART, Flavie ADER, Pascale RICHARD, Marcela GARGIULO, Philippe CHARRON
10:30 - 11:30 #28346 - P170 Données additionnelles en diagnostic prénatal ou données primaires à phénotype non détectable en échographie : de nouveaux défis à l’heure des révisions des lois de bioéthique.
P170 Données additionnelles en diagnostic prénatal ou données primaires à phénotype non détectable en échographie : de nouveaux défis à l’heure des révisions des lois de bioéthique.

Dans la mise en place du séquençage haut débit d’exome (ES) et de génome (GS), l’un des défis majeurs est l’interprétation d’un grand nombre de variations génétiques, et en particulier les données additionnelles. Ces données regroupent les données secondaires (recherchées volontairement sur une liste de gènes) et incidentes (non recherchées). Suite à la révision récente des lois de bioéthique, nos pratiques actuelles pourraient évoluer.

Notre équipe coordonne le projet pilote ANDDI-PRENATOME qui réalise une analyse d’ES-trio en urgence en diagnostic prénatal chez des fœtus avec anomalies échographiques. Seules les variations classe 5, 4 et 3+ en lien avec le phénotype échographique sont rendues au clinicien.

A ce jour, 100 grossesses (15 centres) ont été inclues avec un diagnostic étiologique identifié chez 39/100 grossesses. Pour deux d’entre elles avec consanguinité parentale(grossesse 1 à 30SA: rétrognathisme, hypoplasie des organes génitaux externes, cardiopathie complexe et aorte dilatée et tortueuse ; grossesse 2 à 17SA: hygroma isolé persistant), un diagnostic primaire et une donnée additionnelle ont été identifiés. Les deux diagnostics primaires ont conduit à une interruption de grossesse devant la sévérité du pronostic. Les 2 données additionnelles (variants de classe 5) concernaient des pathologies graves en postnatal (un déficit immunitaire (RAG1) et un syndrome de Joubert (CSPP1)), de transmission récessive, avec un risque de récidive pour une nouvelle grossesse de 25%. Ces 2 gènes sont absents de la liste ACMG, habituellement retenue pour retenir le caractère actionnable des pathologies en post-natal. L’absence de description anténatale ou la précocité de la grossesse de ces deux pathologies pouvaient permettre d’expliquer l’absence d’expression échographique spécifique de ces deux pathologies dont la pénétrance est complète en postnatal avec un pronostic sévère attendu. La question de savoir s’il faut les considérer comme des données incidentes ou des données primaires asscoiées à phénotype non détectable en anténatal est à débattre.

Notre pratique en diagnostic prénatal n’était pas en faveur du rendu des variations additionnelles dans le cadre d’une grossesse en cours. Mais est-il éthique de ne pas rendre ces variations dont l’impact sur l’enfant est fort probable, et dont les conséquences pour le conseil génétique sont majeures pour de futures grossesses ? Peut-on les considérer comme des données incidentes à un stade si précoce ? L’objectif de « non malfaisance » est-il respecté ? Faut-il rendre ces données au prescripteur ? Comment ? ...

Toutes ces questions nous amènent à ouvrir des réflexions sur la place de ce type de données en prénatal, ce qui apparait crucial avec l’arrivée de l’ES/GS dans cette pratique. Nous présenterons nos questionnements, éléments de discussion et pistes de réflexion afin d’aider la communauté clinico-biologique à définir ensemble ses pratiques concernant la place de ces données en diagnostic prénatal.


Frédéric TRAN MAU-THEM (DIJON), Antonio VITOBELLO, Julian DELANNE, Rodolphe DARD, Hana SAFRAOU, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Ange-Line BRUEL, Mylene THARREAU, Victor COUTURIER, Valentin BOURGEOIS, Martin CHEVARIN, Charlotte POE, Yannis DUFFOURD, Christophe PHILIPPE, Christel THAUVIN, Laurence FAIVRE
10:30 - 11:30 #28024 - P175 Diagnostic préimplantatoire pour la mutation m.8344A>G MERRF de l’ADN mitochondrial : challenge et succès.
P175 Diagnostic préimplantatoire pour la mutation m.8344A>G MERRF de l’ADN mitochondrial : challenge et succès.

Les mutations de l’ADN mitochondrial (ADNmt) sont responsables de nombreuses maladies génétiques sévères, de mode d’hérédité maternelle. L’une des plus fréquentes est la mutation m.8344A > G du gène MT-TK, responsable du syndrome MERRF (Myoclonic Epilepsy with Ragged-Red Fibers). L’hétérogénéité phénotypique de ces affections est liée à la variabilité de distribution tissulaire des copies sauvages et mutées de l’ADNmt (hétéroplasmie), avec l’existence d’un effet seuil, soit un taux en deçà duquel le risque de développer une atteinte sévère parait faible. 

En raison du risque élevé de transmission à la descendance et de l’absence de traitement, de nombreux couples souhaitent bénéficier d’un diagnostic prénatal (DPN) ou préimplantatoire (DPI). Ces procédures sont basées sur la mesure du taux d’hétéroplasmie sur du tissu fœtal (DPN), ou des blastomères (DPI). Cependant les facteurs qui déterminent la ségrégation des molécules mutantes et sauvages d’ADNmt durant le développement embryo-foetal humain sont encore peu connus, et peuvent varier selon les mutations. De plus, la probabilité d’obtenir au moins un embryon transférable porteur d’un taux faible de mutation est inconnue.

Deux patientes, porteuses asymptomatiques de la mutation m.8344A > G du gène MT-TK à un taux de 75% dans le sang, ont bénéficié d’un diagnostic pré-implantatoire (DPI) dans notre centre. Les taux d’hétéroplasmie ont été mesurés sur 56 cellules issues de 30 embryons au 3eme jour du développement (J3). 

Au stade J3 du développement embryonnaire, à l’exception d’un embryon où les taux d’hétéroplasmie semblent variable d’une cellule à l’autre, le taux d’ADN mutant est stable dans les différents blastomères issus d’un même embryon (+/-2%), ce qui valide le recours au DPI pour la prévention des maladies par mutation m.8344A > G. Les embryons sont tous hétéroplasmiques, avec une hétérogénéité importante du pourcentage de mutation allant de 10 à 97%, suggérant une ségrégation aléatoire de l’ADN muté au cours de l’ovogenèse maternelle. Nous montrons cependant qu’une femme porteuse d’un taux élevé de mutation m.8344A > G peut avoir des embryons porteurs de taux faible ( < 30% ; n=3/30) candidats pour un transfert, et des embryons porteurs de taux intermédiaires ( > 30% et < 70% ; n=7/30), pour lesquels 3 transferts embryonnaires ont été réalisés donnant lieu à une grossesse et à la naissance d’un enfant en bonne santé. De plus, 8 embryons surnuméraires ont été congelés en l’attente de transfert utérin ultérieur.

Ces données 1/valident la faisabilité technique du DPI à J3 pour la prévention de la récurrence de la mutation m.8344A > G, technique déjà utilisée dans notre laboratoire pour d’autres mutations de l’ADNmt, et 2/démontrent l’intérêt clinique du recours au DPI y compris pour des patientes porteuses d’un fort taux d’hétéroplasmie. Ces données ont un impact important en terme de conseil génétique pour les patientes porteuses de mutation de l’ADNmt.


Sophie MONNOT (paris), Nadine GIGAREL, Anne MAYEUR, Joana BENGOA, Kalliopi CHATZOVOULOU, Charlotte SONIGO, Benoit FUNALOT, Jean-Paul BONNEFONT, Nelly FRYDMAN, Julie STEFFANN
10:30 - 11:30 #28719 - P180 Rôle du site fragile FRA10B dans l’excès de délétions 10qter identifiées lors du dépistage de la trisomie 21 par test sur ADN libre circulant.
P180 Rôle du site fragile FRA10B dans l’excès de délétions 10qter identifiées lors du dépistage de la trisomie 21 par test sur ADN libre circulant.

L’utilisation de tests pangénomiques sur ADNlc pour le dépistage de la trisomie 21 rend possible la détection d’autres anomalies chromosomiques déséquilibrées. Les connaissances acquises de longue date sur la cytogénétique prénatale et les mosaïques confinées au placenta ont permis à l’ACLF d’établir des premières recommandations. Ainsi est-il recommandé, sous réserve de consentement de la patiente, de rapporter, en plus des trisomies 13,18 et 21, les trisomies 2, 8, 9, 14, 15, 16 et 22. L’ACLF a également proposé de rapporter les remaniements de structure compatibles avec une mécanique chromosomique connue (dérivé de translocation par exemple).

Depuis fin 2019, le CHU de Lyon a réalisé environ 3000 tests ADNlc avec la technologie Illumina VeriSeq v2 en appliquant la stratégie de rendu proposée par l’ACLF s’agissant des aneuploïdies sans rapporter de remaniements de structure. Sur les 18 résultats avec une anomalie de structure, 4 gains complets du bras 11q, une délétion centromérique du 5, deux gains presque complets du chromosome 1 et un profil avec anomalies multiples ont été jugés incompatibles avec une anomalie fœtale.

Sur les 10 profils restants, nous avons été surpris d’identifier une anomalie récurrente : 3 pertes télomériques du bras long du chromosome 10 de tailles comprises entre 12Mb et 25Mb. La délétion 10qter est responsable d’un syndrome associant une déficience intellectuelle habituellement modérée à une dysmorphie faciale, des malformations urogénitales et cardiaques. En anténatal, la présence de valves de l’urètre postérieur chez le garçon est évocatrice. Dans la littérature plus de 10 délétions d’environ 25Mb de cette région ont été identifiées par test ADNlc (Huijsdens-van Amsterdam et al. 2018, Van der Bogaert et al. 2021) sans qu’aucune n’ait pu être confirmée chez le fœtus. Huijsdens-van Amsterdam et al. ont pu démontrer dans leurs 4 observations la présence chez les mères d’une expansion constitutionnelle du site fragile FRA10B en 10q25 probablement responsable d’une perte maternelle en mosaïque faussement attribuée au fœtus lors du test ADNlc. L’expansion de ce site fragile dont la fréquence est estimée à 2,5% dans la population n’a jamais été impliquée en pathologie. Sur nos trois observations, l’une correspond au site FRA10B sans que la résolution de la technologie ne puisse l’exclure dans les deux autres. L’issue de grossesse est connue favorable pour l’une des patientes alors que les deux autres sont toujours en cours.

La décision de ne pas rapporter a priori les pertes à ce locus fait courir le risque de manquer une véritable délétion 10qter fœtale. De nouveaux développements bioinformatiques sont donc nécessaires pour espérer pouvoir distinguer ces deux situations et ainsi améliorer la valeur prédictive positive du test. En attendant pour investiguer l’origine maternelle de remaniement vu sur ADNlc, la question d’une ACPA maternelle reste posé avec le risque d’une mosaïque maternelle trop faible pour être identifiée.


Nicolas CHATRON (LYON), Marianne TILL, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Damien SANLAVILLE

11:30
11:30-12:30
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

A43
CONFERENCE INVITE 03

CONFERENCE INVITE 03

Modérateur : Sylvie ODENT (PU-PH Chef de service) (RENNES)
11:30 - 12:30 Le travail en réseau à l’échelle européenne (voix des patients, ERN). Virginie BROS-FACHER

12:45 ATELIERS DEJEUNERS DE L'INDUSTRIE
12:45-13:45
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

B44
ATELIER DEJEUNER BIONANO GENOMICS
La technologie Optical Genome Mapping de Bionano Genomics

ATELIER DEJEUNER BIONANO GENOMICS
La technologie Optical Genome Mapping de Bionano Genomics

Intervenants : Aïcha BOUGHALEM (Biologiste médical) (Saint-Ouen l'Aumone), Yannick DELPU (Etats-Unis), Detlef TROST (Cytogénéticien) (St Ouen l'Aumône)
12:45 - 13:45 Introduction technique de la technologie OGM et de ses capacités pour la détection de variants de structures dans le génome.
12:45 - 13:45 Revue des applications et littérature en hemato-oncologie et génétique constitutionnelle.
12:45 - 13:45 Résolution en direct d’un cas de déficience intellectuelle (whole exome sequencing negatif) en analyse Trio et présentation de la stratégie d’analyse par une équipe indépendante.
12:45 - 13:45 Salle - Belvédère (niveau +2).

12:45-13:45
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

C44
ATELIER DEJEUNER ILLUMINA
NGS: Innovations et Applications 2022

ATELIER DEJEUNER ILLUMINA
NGS: Innovations et Applications 2022

12:45 - 13:45 Salle - Nef (rez-de-chaussée).

ATELIERS DEJEUNERS DE L'INDUSTRIE
13:45 - 14:15 PAUSE CAFE DANS L'EXPOSITION
14:15
14:15-15:00
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

A45
Table ronde PFMG2025/ PNMR3 et Plan Cancer
Interface Plan France Médecine Génomique 2025/ Plan Maladies rares 3 et Plan Cancer

Table ronde PFMG2025/ PNMR3 et Plan Cancer
Interface Plan France Médecine Génomique 2025/ Plan Maladies rares 3 et Plan Cancer

Conférenciers : Philippe BERTA (Marseille), Anne Sophie LAPOINTE (Chargée de mission) (Paris), Frédérique NOWAK (professeure HES) (Sion, Suisse), Christel THAUVIN ROBINET (PU-PH) (DIJON)

15:00
15:00-15:45
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

A46
SESSIONS SIMULTANEES 13
Epidémiologie génétique, génétique des populations, maladies complexes

SESSIONS SIMULTANEES 13
Epidémiologie génétique, génétique des populations, maladies complexes

Modérateurs : Emmanuelle GENIN (Directrice de Rechercges) (BREST), Paul ROLLIER (Interne en génétique) (Rennes)
15:00 - 15:15 #28023 - SS073 Estimation à partir de données familiales de la pénétrance de la maladie d'Alzheimer chez les porteurs de variants perte de fonction du gène SORL1, ajustée sur le génotype APOE, suggérant un déterminisme di-génique.
SS073 Estimation à partir de données familiales de la pénétrance de la maladie d'Alzheimer chez les porteurs de variants perte de fonction du gène SORL1, ajustée sur le génotype APOE, suggérant un déterminisme di-génique.

La maladie d’Alzheimer (MA) est une maladie complexe pour laquelle l'allèle E4 du gène APOE est le principal facteur de risque (fréquence allélique ~14%, Odds Ratio (OR)=3,4 et 14, pour les porteurs hétérozygotes et homozygotes, respectivement). Récemment, des variants rares entraînant une perte de fonction du gène SORL1 (SORL1-LoF) ont été associés à un risque élevé de développer la MA (OR > 7), avec un risque fort parmi les malades jeunes (début ≤65 ans). L'estimation de la pénétrance liée à l'âge des variants SORL1-LoF est essentielle afin d’améliorer le conseil génétique et envisager des essais thérapeutiques préventifs. Cependant, la rareté de ces variants et leur co-occurrence avec APOE-E4 rendent difficile l’estimation de la pénétrance.  

 

Nous avons développé une méthode basée sur des données familiales pour estimer la pénétrance de la MA chez les porteurs d’un variant SORL1-LoF ajustée sur APOE-E4. Notre modèle de survie combine : (i) une estimation du risque de base pour les non porteurs de variant SORL1-LoF, stratifié par APOE-E4 et obtenue à partir d’une large cohorte publiée précédemment (Rotterdam study) (ii) un effet additif des variants SORL1-LoF estimé à partir des données familiales incluant 27 familles (334 individus) dont le cas index est porteur d’un variant SORL1-LoF (variant tronquant ou faux sens avec preuve in vitro de perte de fonction) et atteint de MA ≤75 ans. Afin de tenir compte des génotypes manquants, nous avons intégré notre modèle dans un algorithme espérance-maximisation (EM). Pour corriger le biais de sélection, le cas index n’a pas été inclus dans le calcul de la pénétrance. Les intervalles de confiance ont été calculés par bootstrap.  

 

Nous proposons des courbes de pénétrance associées aux variants SORL1-LoF au niveau di-génique. Parmi les porteurs d’un variant SORL1-LoF, nous estimons que seuls les porteurs homozygotes d’APOE-E4 atteignent une pénétrance complète de la MA dès l'âge de 70 ans, tandis que la pénétrance est de respectivement 56% [40%-72%] et 37% [26%-51%] chez les porteurs hétérozygote d’APOE-E4 et chez les non porteurs d’APOE-E4. La pénétrance atteint 100% chez les porteurs hétérozygotes d’APOE-E4 à l’âge de 80 ans, et plus tard pour les non porteurs d’APOE-E4. Nous avons confronté ces estimations à la distribution des âges des porteurs de variants SORL1-LoF détectés par des données de séquençage (exomes/génomes) de 13,007 cas et 10,182 contrôles, en fonction de leur génotype APOE. L’âge de début des cas et l’âge des contrôles étaient pleinement compatibles avec nos estimations.

 

Nous concluons que le conseil génétique des variants SORL1-LoF, qui ont d’abord été décrits dans des familles potentiellement autosomiques dominantes, devrait tenir compte du génotype APOE.  

Notre méthode pourrait être appliquée à d'autres maladies pour lesquelles des estimations de pénétrance sont nécessaires afin d’améliorer le conseil génétique et la prise en charge des porteurs de tels variants.


Catherine SCHRAMM (Rouen), Camille CHARBONNIER, Aline ZARÉA, Morgane LACOUR, David WALLON, Collaborators CNRMAJ, Anne BOLAND, Jean-François DELEUZE, Robert OLASO, Consortium ADES, Flora ALARCON, Dominique CAMPION, Grégory NUEL, Gaël NICOLAS
15:15 - 15:30 #27708 - SS074 L’impact de la variabilité du nombre de copies sur les traits complexes.
SS074 L’impact de la variabilité du nombre de copies sur les traits complexes.

La variabilité du nombre de copies (CNVs) est associée avec plusieurs syndromes génomiques, mais son impact sur les traits complexes dans la population générale reste peu étudié. Pour estimer cet effet, nous avons déterminé les CNVs dans le génome de 331’522 Britanniques caucasiens non-apparentés et effectué des études GWASs entre le nombre de copies et 57 traits continus. Cette approche a révélé 131 signaux indépendants. Nos résultats non seulement récapitulent des associations connues comme celles entre la région 16p11.2 et le poids, mais ils mettent en lumière l’extrême pléiotropie de certains CNVs récurrents. Par exemple, 26 et 16 traits sont associés avec le nombre de copies en 16p11.2-BP4-BP5 et 22q11.21, respectivement. Quarante associations (31%) corroborent des associations GWAS déjà rapportées. Par exemple, la délétion de PDZK1, un transporteur de l’urate, diminue les niveaux d’urate (bdel = -48.3 µmol/L, p = 5.8e-13), avec un effet 2.6-fois plus fort chez les hommes (pdiff = 2.1e-3). Plusieurs associations sont trouvées dans des régions précédemment associées à des maladies rares, suggérant une expressivité variable, et un large impact de ces loci également sur la population générale. La délétion hétérozygote de la région qui code pour le transporteur hépatique OATP1B1/3 est associé avec un taux augmenté de bilirubine (bdel = 3.1 µmol/L, p = 2.2e-13), alors que les porteurs homozygotes sont malades du syndrome de Rotor caractérisé par une sévère hyperbilirubinémie. Notre approche découvre également de nouvelles fonctions: le nombre de copies de l’intervalle comprenant MARF1, un gène essentiel à l’oogenèse murine, corrèle négativement avec l’âge à la ménarche (bmirror = -0.6 ans, p = 8.5e-15) et à la ménopause (bdup = -1.8 ans, p = 1.7e-6), ce qui suggère un conservation de la fonction de ce gène.

Nous avons également estimé le fardeau génétique que représentent les CNVs. Nous avons trouvé que la somme des CNVs (taille/nombre de gènes) d’un individu impactait négativement 35 des 57 traits mesurés. Elle était associée à une augmentation de l’adiposité et des marqueurs de dommages au foie/reins et à une diminution de l’intelligence et des capacités physiques. Trente traits restaient associés même après correction pour l’impact des CNVs significativement associés, ce qui est compatible avec un modèle polygènique et suggère la présence d’autres associations qui sont pour l’instant au-dessous de notre seuil de détection. Le fardeau génétique en CNVs d’un individu était négativement associé avec la durée de vie (bburden = -0.18 years/Mb, p = 1.1e-7) et l’âge de ses parents (proxy de la capacité de survie; bburden = -0.21 years/Mb, p = 1.4e-5), attestant que l’effet délétère des CNVs diminue la longévité.

Nos résultats et les nombreuses associations que nous avons mises à jour nous persuadent que les CNVs jouent un rôle important dans la modulation du phénotype et que leur étude peut nous révéler de nouvelles fonctions biologiques.


Chiara AUWERX, Marie SADLER, Eleonora PORCU, Zoltan KUTALIK, Alexandre REYMOND (Lausanne, Suisse)
15:30 - 15:45 #28682 - SS075 La structure de la population de la Bretagne fournit de nouvelles informations sur l'introduction de l'ascendance des populations des steppes en Europe occidentale.
SS075 La structure de la population de la Bretagne fournit de nouvelles informations sur l'introduction de l'ascendance des populations des steppes en Europe occidentale.

Present-day France lies at the confluence of the three migration waves that mostly contributed to the genetic ancestry of modern Europeans. However, little is known about the interaction between the edges of those population movements and how it gave rise to modern population structure. 

To address this question, we generated genome-wide data for > 3,000 present-day individuals and ~850 high-coverage full genomes from the northern half of France and incorporated them into a panel containing 100s of publicly available modern and ancient Europe-wide samples. Due to the complete absence of French samples from the two last millenia, we also present, for the first time, ancient DNA from six Medieval individuals (300-1100 CE) from France.

Patterns of haplotype and rare allele sharing revealed extensive fine-scale population structure in Northwestern France. Our analyses show relatively large differentiation of Western Brittany relative to the rest of the country, and an overall increased population differentiation between the northern and southern sides of the river Loire. We observe that both sides of the river are characterized by different proportions of northwestern European- versus Mediterranean-related ancestry, with Western Brittany individuals carrying unique levels (~75%) of Irish-related ancestry.

At a finer level data revealed extensive fine-scale population structure in the regions of Brittany and Pays-de-la-Loire, despite the overall low levels of differentiation (fst = 0.00043). Within Brittany, for intermediate levels of resolution, clustering patterns broadly overlap both with geographical features (e.g., rivers) and/or ancient political divisions (dioceses boundaries before the 18th century). Such divisions are also in agreement with the accruing geolinguistic evidence for a bipartition of Breton varieties into two groups - northwestern and southeastern varieties.

 

Within France, individuals from Northern regions and, in particular, Western Brittany show the largest levels of SP ancestry (~42-46%) but as well consistent levels of EF and WHG ancestry. Alhtough no prehistoric individuals have been analysed in the studied area, these individuals tend to share levels of ancestry with Bell Beakers-associated individuals only comparable with those found in other populations lying on the Northwestern edges of Europe

In sum, we provide evidence that the Pontic steppe gene flow may have reached as far as present-day Brittany during the Bronze Age or later and have significantly reshaped the genetic makeup of Europeans living on the shores of the Channel and the North Sea.

The addition of Medieval ancient individuals helps comparing the scenario in which Medieval population movements along the English Channel like Western Britons in Brittany (4-6th century CE or the Viking incursions ~8-9th century CE) and the scenario of a long-history of shared ancestry between the North-Western fringes of Europe.

 


Isabel ALVES, Joanna GIEMZA, Michael G. BLUM, Carolina BERNHARDSSON, Véronique GALLIEN, Elodie CABOT, Martial MONTEIL, Ashot MARGARYAN, Fernando RACIMO, Eske WILLERSLEV, Yves COATIVY, Hélène BLANCHÉ-KOCH, Daniel LE BRIS, Yvan PAILLER, Mael JÉZÉQUEL, Clément NICOLAS, Robert OLASO, Anne BOLAND, Pierre DARLU, Mattias JAKOBSSON, Emmanuelle GÉNIN, Jean-François DELEUZE, Richard REDON, Christian DINA (Nantes)

15:00-15:45
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

B46
SESSIONS SIMULTANEES 14
Maladies cardio-vasculaires

SESSIONS SIMULTANEES 14
Maladies cardio-vasculaires

Modérateurs : Karine NGUYEN (MCU-PH génétique médicale) (MARSEILLE), Caroline ROORYCK THAMBO (PU-PH) (BORDEAUX)
15:00 - 15:15 #28150 - SS076 Genome-wide association analyses identify novel Brugada syndrome risk loci and highlight a new mechanism of sodium channel regulation in disease susceptibility.
SS076 Genome-wide association analyses identify novel Brugada syndrome risk loci and highlight a new mechanism of sodium channel regulation in disease susceptibility.

Brugada syndrome is a cardiac arrhythmia disorder associated with sudden death in young adults. The disorder was initially described as a monogenic primary cardiac electrical disease. However, with the exception of SCN5A, encoding the cardiac sodium channel NaV1.5, susceptibility genes remain largely unknown. Furthermore SCN5A mutations are associated with low penetrance. Based on a previous GWAS conducted on 312 BrS patients and the discovery of the unexpected strong effect of 3 common variants, we proposed that the BrS may comprise a more complex inheritance model. The aim of our study was to uncover additional genetic loci that modulate susceptibility to BrS, to characterize further the BrS genetic architecture and to uncover new molecular mechanisms. Here we performed a genome-wide association meta-analysis comprising 2,820 unrelated cases with Brugada syndrome and 10,001 controls and identified 21 association signals at 12 loci (10 novel). SNP-heritability estimates indicate a strong polygenic influence. Polygenic risk score analyses based on the 21 susceptibility variants demonstrate varying cumulative contribution of common risk alleles among different patient sub-groups, as well as genetic associations with cardiac electrical traits and disorders in the general population. The predominance of cardiac transcription factor loci indicates that transcriptional regulation is a key feature of Brugada syndrome pathogenesis. Furthermore, functional studies conducted on MAPRE2, encoding the microtubule plus-end-binding protein EB2, point to microtubule-related trafficking effects on NaV1.5 expression as a novel underlying molecular mechanism. Taken together, these findings broaden our understanding of the genetic architecture of Brugada syndrome and provide new insights into its molecular underpinnings.


Julien BARC (Nantes), Rafik TADROS, Charlotte GLINGE, David CHIANG, Mariam JOUNI, Floriane SIMONET, Sean JURGENS, Manon BAUDIC, Consortium INTERNATIONAL BRUGADA, Calum MACRAE, Paul BURRIGDE, Christian DINA, Vincent PROBST, Arthur WILDE, Jean-Jacques SCHOTT, Richard REDON, Connie BEZZINA
15:15 - 15:30 #28196 - SS077 Exploration du spectre mutationnel somatique des malformations artérioveineuses superficielles et corrélation génotype-phénotype.
SS077 Exploration du spectre mutationnel somatique des malformations artérioveineuses superficielles et corrélation génotype-phénotype.

Les malformations artério-veineuses (MAV) sont des anomalies vasculaires congénitales rares caractérisées par une communication directe entre les artères et les veines. La plupart des MAV se forment dans le cerveau, mais elles peuvent également être superficielles et se produire n'importe où dans le corps, avec une prédilection pour la tête et le cou. Les manifestations cliniques apparaissent principalement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elles sont variables allant de déformations cutanées, hémorragies, nécrose jusqu’à parfois des atteintes plus graves comme l’insuffisance cardiaque ou le décès. Le traitement est difficile et nécessite une embolisation et/ou une résection chirurgicale et une récidive n’est pas rare. La majorité des MAV superficielles sont sporadiques et des études récentes ont montrées que des variants somatiques dans les gènes de la voie de signalisation RAS/MAPK pouvaient être à l’origine de ces malformations.

Nous avons caractérisé le profil moléculaire génétique somatique d’une cohorte de 23 patients atteints de MAV superficielles dans le but de déterminer les anomalies génétiques présentes et de corréler ces informations avec le phénotype des patients.

Nous avons réalisé une analyse NGS ciblée sur du tissu congelé provenant patients traités chirurgicalement, en utilisant un panel de gènes incluant des gènes connus dans les maladies vasculaires et des gènes connus en oncologie moléculaire. Nous avons identifié un variant somatique pathogène dans 17 des 23 échantillons (73.9%), majoritairement dans les gènes MAP2K1 (n=7) et KRAS (n=6). Des variants pathogènes ont également été identifiés dans les gènes BRAF (n=2) et RASA1 (n=2). Nous avons montré que les variants KRAS sont statistiquement associés à des MAV étendues, localisées au niveau de la face, d’un stade clinique sévère et pour lesquelles une récidive après résection chirurgicale est fréquemment observée alors que les variants MAP2K1 sont associés à des MAV limitée, localisée au niveau de la lèvre, d’un stade clinique moins sévère.

Notre étude met en évidence une prévalence élevée de variants somatiques pathogènes dans les MAV superficielles, principalement dans les gènes MAP2K1 et KRAS. De plus notre étude met en évidence une corrélation statistique entre le genotype et la sévérité clinique des MAV. Les variants identifiés sont connus dans les tumeurs malignes et il existe des molécules ciblant ces voies de signalisation, déjà utilisées dans les traitements anti-cancéreux. L'identification de ces anomalies génétiques conduit donc à envisager de nouvelles options thérapeutiques pour améliorer la prise en charge des patients atteints de MAV superficielles.


Mélanie EYRIES, Franck EL SISSY (Paris), Michel WASSEF, Benoit FAUCON, Didier SALVAN, Sophie NADAUD, Florence COULET, Homa ADLE-BIASSETTE, Anne LEROY, Florent SOUBRIER, Annouck BISDORFF
15:30 - 15:45 #28620 - SS078 Les variants bi-alléliques d’IPO8 entrainent une dysplasie du tissu conjonctif avec anomalies cardiovasculaires, squelettiques et une dérégulation immunitaire.
SS078 Les variants bi-alléliques d’IPO8 entrainent une dysplasie du tissu conjonctif avec anomalies cardiovasculaires, squelettiques et une dérégulation immunitaire.

Les dysplasies du tissu conjonctif, comme le syndrome de Marfan et les syndromes apparentés, forment un groupe de pathologies touchant à des degrés variables les organes majoritairement constitués de tissu conjonctif en particulier les vaisseaux, le squelette et les tendons.

Le syndrome de Marfan est, par exemple, caractérisé par la survenue d’anévrysmes de l’aorte associés à des anomalies sévères de l’œil et du squelette. On retrouve des symptômes similaires dans les syndromes de Loeys-Dietz et de Shprintzen-Goldberg.

Ces maladies génétiques se transmettent sur le mode autosomique dominant et sont toutes associées à une dérégulation de la voie de signalisation du TGF-béta une cytokine contrôlant la prolifération et la différenciation cellulaires et ayant un rôle dans la modulation de la réponse immunitaire.

Nous décrivons ici une dysplasie conjonctive sévère consécutive à des variants bi-alléliques d’IPO8 et montrons grâce à un modèle de poisson zèbre l’implication de ce gène dans la voie du TGF-béta.

Une collaboration internationale regroupant 47 chercheurs de 8 pays  a permis d’identifier 12 individus, issus de 9 familles non-apparentées porteuses de mutations bialléliques (homozygote ou hétérozygote composite) d’IPO8.

Le modèle de poisson zèbre KO pour ipo8 a été établi par CRISPR/Cas9. Son système vasculaire a été évalué macroscopiquement et les gènes de la voie du TGF-béta ont été étudiés par une combinaison de techniques (RNA-seq, immuno-histochimie).

Les patients de la cohorte présentent une atteinte cardiovasculaire (malformation du septum interventriculaire, dilatation de l’aorte et tortuosité artérielle), une hyperlaxité articulaire, une scoliose et une dérégulation du système immunitaire. D’autres signes inhabituels dans les dysplasies du tissu conjonctif, tels que la déficience intellectuelle ou des malformations rénales sont par ailleurs retrouvés dans une fraction des individus atteints.

 

Le modèle de poisson zèbre présente une dérégulation de la voie TGF-béta entraînant des anomalies cardiovasculaires et squelettiques très proches de celles constatés chez l’homme.

Ce gène code pour l’importine 8, principalement connue pour son rôle dans le transport des microARNs du cytoplasme vers le noyau par l’intermédiaire de la protéine Argonaute 2.

Cette étude montre l’implication d’IPO8 dans la régulation de la voie de signalisation du TGF-béta et que les signes présents dans la cohorte chevauchent partiellement ceux décrits dans les autres dysplasies du tissu-conjonctif.


Alban ZIEGLER (Angers), Rémi DUCLAUX-LORAS, Céline REVENU, Dominique BONNEAU, Nadine CERF BENSUSSAN, Marianna PARLATO, Filippo DEL BENE

15:00-15:45
Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris

C46
SESSIONS SIMULTANEES 15
Syndromes malformatifs

SESSIONS SIMULTANEES 15
Syndromes malformatifs

Modérateurs : Nicolas GRUCHY (MCU-PH) (CAEN), Chloé QUÉLIN (PH Génétique) (Rennes)
15:00 - 15:15 #28079 - SS079 Les variants de novo du gène TCF4 avec un mécanisme de gain de fonction sont responsables d'un nouveau syndrome malformatif sans déficience intellectuelle.
SS079 Les variants de novo du gène TCF4 avec un mécanisme de gain de fonction sont responsables d'un nouveau syndrome malformatif sans déficience intellectuelle.

Les variants perte de fonction du gene TCF4 sont responsables du syndrome de Pitt-Hopkins (PTHS), associant une déficience intellectuelle (DI), une bouche large, des traits du visage caractéristiques et une hyperventilation intermittente suivie d'apnée. Les variants faux-sens pathogènes sont principalement regroupés dans le domaine HLH C-terminal requis pour la dimérisation et la liaison à l'ADN. Des variants situées ailleurs sur la protéine peuvent être associées à une DI non syndromique légère. En utilisant le séquençage de l'exome, nous avons identifié des variants faux-sens de novo dans le gène TCF4 chez trois individus qui ne présentaient pas les caractéristiques typiques du PTHS. Les variants affectent des acides aminés ultra-conservés dans ou à proximité du domaine HLH C-terminal. Ces individus présentaient des caractéristiques phénotypiques sembables associant une dysmorphie cranio-faciale, des anomalies des membres et un retard de croissance sans DI. Les principales caractéristiques faciales comprennent une forme de crâne anormale, un front large, des sourcils clairsemés, un épicanthus, des narines antéversées, une columelle courte, une micrognathie, des oreilles basses avec une malformation du pavillon de l'oreille. Tous les individus ont une obstruction du canal lacrymal. Les malformations des membres comprennent une camptodactylie des doigts et des orteils, une clinodactylie du 5e doigt, une syndactylie et une hypo/dysplasie unguéale. Chez deux individus, un retard de croissance a nécessité un traitement par hormone de croissance. L'examen neurologique et le bilan psychométrique étaient normaux. Afin d'étudier in vivo le rôle des variants faux-sens de novo de TCF4, nous avons étudiés deux modèles animaux : Xenopus laevis et Danio rerio (poisson zèbre). Nous avons tout d'abord confirmé la conservation du profil d'expression génique de tcf4 dans le développement craniofacial du Xénope et du poisson zèbre. Les résultats préliminaires dans les embryons de Xénope et chez le poisson zèbre de type sauvage et dans les formes mutées de TCF4 indiquent un effet sur le développement du cartilage. En outre, nous avons effectué également des modélisations in silico, une étude de méthylation de l'ADN, des études d'immunoprécipitation de la chromatine ainsi que le séquençage d'ARNm dans des échantillons dérivés de patients.

Nous rapportons une nouvelle entité phénotypique, associée à des variants gain de fonction du gène TCF4, distinct du PTHS, avec dysmorphie faciale et des membres, retard de croissance et absence de DI. La description d'autres individus aidera à délimiter davantage la description phénotypique. La génération de données in silico, in vitro et de modèles in vivo pour les variants de TCF4 nous permettra de définir leur rôle au cours du développement et de générer une nouvelle plateforme pour les approches de criblage de médicaments.


Estelle COLIN (ANGERS), Miriam DE SARLO, Julien PACCAUD, David GENEVIÈVE, Daniel WEGNER, Marwan SHINAWI, Julian DELANNE, Frédéric TRAN MAU-THEM, Mariëlle ALDERS, Leonie MENKE, Sophie NAMBOT, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Ange-Line BRUEL, Julien THEVENON, Jean-Baptiste RIVIÈRE, Aidin FOROUTAN, Haley MCCONKEY, Kerkhof JENNIFER, Martin CHEVARIN, Yannis DUFFOURD, Christophe PHILIPPE, Kimberly LEBLANC, Christel THAUVIN-ROBINET, Patrick BLACKBURN, The Solve-Rd Consortium THE SOLVE-RD CONSORTIUM, Bekim SADIKOVIC, Laurence FAIVRE, Michela ORI, Antonio VITOBELLO
15:15 - 15:30 #27900 - SS080 Nouveau phénotype cliniquement reconnaissable associé aux variants tronquants du gène FOSL2 : description d'une série internationale de 10 patients.
SS080 Nouveau phénotype cliniquement reconnaissable associé aux variants tronquants du gène FOSL2 : description d'une série internationale de 10 patients.

Nous décrivons une cohorte de 10 patients présentant des variants tronquants dans le dernier exon du gène FOSL2 et un phénotype similaire, grâce à une collaboration européenne.

Les patients rapportés présentent une aplasie du scalp, une dysplasie de l’émail dentaire, un trouble du neuro-développement de sévérité variable et un retard de croissance intra-utérin. Dans certains cas s’y associent une cataracte congénitale, une épilepsie et un trouble du spectre de l’autisme. Certains patients présentent des anomalies du système immunitaire à expression clinique ou biologique, impliquant la voie des lymphocytes B ou T, pour lesquelles des investigations immunitaires sont en cours. Les anomalies immunitaires ont déjà en partie été décrites chez la souris surexprimant le gène FOSL2.

FOSL2 est un gène membre de la famille Fos, et participe à la formation du complexe ubiquitaire AP1 impliqué dans de nombreuses fonctions cellulaires et dans certains processus inflammatoires.

Huit variants de novo, frameshift ou non-sens, tous dans le dernier exon du gène ont été mis en évidence par analyse d’exome. Deux sœurs partagent le même variant, faisant suspecter une mosaïque germinale.

Une analyse de l’ARNm par RT-qPCR a été réalisée afin de confirmer l’hypothèse principale d’un mécanisme d’échappement à la dégradation (NMD, Nonsense Mediated Decay) des ARNm porteurs de variations. Celle-ci met en évidence un taux égal d’ARNm mutés et sauvage chez ces patients, en faveur d’un effet dominant négatif de la protéine mutée sur le complexe AP1.

En conclusion, nous décrivons un syndrome cliniquement reconnaissable associant une aplasie du scalp, une dysplasie de l’émail dentaire et un trouble du neurodéveloppement à des variants non-sens ou frameshift dans le dernier exon du gène FOSL2. Des analyses complémentaires permettront de préciser les désordres immunitaires mis en évidence chez certains patients.


Auriane COSPAIN (Rennes), Guillaume JOURET, Blanca GENER, Bertrand ISIDOR, Carole BREWER, Wim WUYTS, Isabelle MEYTS, Leen MOENS, Selket DELAFONTAINE, Wayne Wing Keung LAM, Kris VAN DEN BOGAERT, Anneleen BOOGAERTS, Emmanuel SCALAIS, Thomas BESNARD, Benjamin COGNE, Wilfrid CARRE, Christèle DUBOURG, Marie FAOUCHER, Régis BOUVET, Erwan DUMONTET, Karin TARTE, Ana RIVERA-BARAHONA, Ricardo GÓMEZ-CARMONA, Víctor L. RUIZ-PÉREZ, Pablo LAPUNZINA, Luis A. PÉREZ JURADO, Sylvie ODENT, Koen DEVRIENDT, Laurent PASQUIER
15:30 - 15:45 #28817 - SS081 Séquençage d’exome en diagnostic prénatal pour syndrome malformatif : performance identique avant et après examen foetopathologique.
SS081 Séquençage d’exome en diagnostic prénatal pour syndrome malformatif : performance identique avant et après examen foetopathologique.

Introduction : Des anomalies congénitales isolées ou multiples surviennent dans 2 à 5 % des grossesses et sont la principale cause de décès périnatal (20 à 25 %). Leur diagnostic étiologique est l'un des plus grands défis en période anténatale. En France, le bilan génétique en routine s’appuie actuellement sur le caryotype standard et l’ACPA (Analyse Chromosomique par Puce à ADN), voire l’analyse de panels de gènes ciblés. Au cours des dernières années, plusieurs études rapportent la contribution du séquençage d’exome (ES) dans le diagnostic fœtal postmortem avec un rendement global d'environ 20-30 %, plus faible que pour d'autres indications postnatales. La réalisation de tests génétiques prénataux permet aux parents d'obtenir des informations supplémentaires sur la maladie et le pronostic, et peut influencer l'issue de la grossesse. Cependant, la mise en œuvre d’ES en pratique clinique au cours de la grossesse pourrait être limitée par plusieurs éléments, notamment l'interprétation des données d’ES basée sur un phénotype fœtal « partiel », en l’absence des données autopsiques. Cette étude a pour objectif de comparer, à partir d’une même cohorte fœtale de syndromes polymalformatifs, les performances de l’ES en cours de grossesse, analysé uniquement sur les données anténatales, et de l’ES analysé avec les informations issues de l’examen foetopathologique.

Méthode : Nous avons conduit une étude rétrospective sur les données de l’étude FOETEX (cohorte de 95 fœtus avec syndrome malformatif et ACPA normale, étudiés par ES après examen foeatopathologique). Nous avons ré-analysé, en aveugle, les données d’ES des 95 fœtus en utilisant uniquement les données phénotypiques prénatales. Nous avons également évalué son utilité clinique et son impact sur la prise en charge périnatale

Résultats : Le diagnostic génétique a été retrouvé chez 24 fœtus, avec une concordance étiologique de 100% entre l’ES analysé en utilisant uniquement les données phénotypiques prénatales et l’ES analysé après examen foeatopathologique, aussi bien en solo qu’en trio. L’intégration des données d’ES aurait modifié certains éléments du pronostic fœtal dans 14/24 cas (58%).  Le lieu de naissance et la prise en charge périnatale elle-même auraient été modifiés chez 4/24 fœtus (16%).

Conclusion : Malgré des données phénotypiques limitées, l’ES s’avère un outil très performant en diagnostic prénatal, qui permet d’améliorer l'évaluation du pronostic fœtal, le conseil génétique et d’aboutir à une médecine fœtale personnalisée. Même si l’examen foetopathologique n’a pas permis de modifier le taux diagnostique, il peut s’avérer utile pour optimiser le phénotypage réverse. 


Nicolas BOURGON (Dijon), Mathilde LEFEBVRE, Ange-Line BRUEL, Fréderic TRAN MAU-THEM,