Vendredi 17 mai
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SMO
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SÉANCE MÉDECINE ORALE

Modérateurs : Sarah MILLOT (MCU PH) (Montpellier), Loredana RADOI (PU-PH) (Paris)
09:00 - 10:00 Evolution des recommandations françaises et européennes sur la prophylaxie de l'endocardite. Le point de vue du cardiologue et du chirurgien oral. Philippe LESCLOUS (PU-PH) (Nantes), Gilbert HABIB (Marseille)
Amphithéâtre

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SPMB
09:00 - 12:30

SÉANCE PATHOLOGIE DE LA MUQUEUSE BUCCALE DPC
GEMUB DPC: RECOMMANDATIONS LICHEN PLAN

Modérateurs : Jean-Christophe FRICAIN (Bordeaux), Sarah COUSTY (PU-PH) (Toulouse)
09:00 - 10:10 Réaction lichénoides et lichen plan: deux entités clinique et histologique différentes? Sabine MARES DE METZ, Francois LE PELLETIER
09:00 - 10:10 Lichen plan induit. Fabrice CAMPANA (mcu/ph) (Marseille)
09:00 - 10:10 Lichen plan et hépatites virales. Céline GIRARD (Montpellier)
10:40 - 12:30 Manifestation extra-orales du lichen plan. Renaud LAURANS
10:40 - 12:30 Parondontologie et implantologie chez des patients atteints de lichen plan. Anne-Laure EJEIL (MCU-PH) (Montrouge)
09:00 - 12:30 Transformation maligne du lichen plan. Juliette ROCHEFORT (MCU PH) (paris)
10:40 - 12:30 Traitements du lichen plan. Jean-Christophe FRICAIN (Bordeaux)
Espace Milhaud
10:30

Vendredi 17 mai

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CMO
10:30 - 12:00

Communications libres Médicine orale

Modérateurs : Fabrice BORNET, Géraldine LESCAILLE (Professeur des universités) (Paris)
10:30 - 10:40 #17498 - COS501 Etude des manifestations buccodentaires sur une série de patients acromégales (AcroDent).
COS501 Etude des manifestations buccodentaires sur une série de patients acromégales (AcroDent).

Objectif :
Les manifestations maxillo-faciales de l’acromégalie sont bien connues (anomalies faciales caractéristiques avec prognathisme mandibulaire, saillance des pommettes et des arcades orbitaires, etc…)(Chanson and Salenave, 2008), les manifestations plus spécifiquement dentaires et parodontales le sont beaucoup moins. La littérature scientifique sur ce sujet est d’ailleurs pauvre, avec de nombreuses controverses. L’objectif principal de cette étude est de faire un état des lieux le plus précis possible de l’état bucco-dentaire de ces patients. 

Méthodes :
A été évalué prospectivement l'état bucco-dentaire de patients acromégales, guéris ou non. Après recueil des caractéristiques de leur maladie, les patients ont répondu au questionnaire GOHAI évaluant leur qualité de vie liée à la santé orale, au questionnaire EPICES évaluant leur précarité, puis bénéficié d'un examen clinique odontologique complet et radiologique (par panoramique dentaire systématique, puis en fonction des points d’appel cliché rétro-alvéolaire ou CBCT) par le même spécialiste expérimenté. (Référence CPP : DC-2015-2462)

Résultats / Discussion :
29 patients de 59,1 ±16,0 ans, ont été inclus, 52% avaient une acromégalie contrôlée. Seul un malade avait des difficultés d’accès aux soins dentaires en lien avec une précarité sociale. L'indice CAO global était de 19,0 ±7,8. 55% des patients présentaient une gingivite et 62% une parodontite chronique, mais aucun cas de parodontite chronique sévère n'a été constaté, probablement parce que la fréquence d'un biotype gingival épais protecteur était augmentée (9/29; 31%). Aucun cas d'hypertrophie gingivale généralisée ni d'hypercémentose diffuse n'a été observé, contrairement à la littérature (Çapoglu et al., 2002; Kashyap et al., 2011). Selon le score Add-GOHAI, seulement 30% des patients avaient une qualité de vie liée à la santé orale satisfaisante, contrastant avec un état bucco-dentaire plutôt satisfaisant et comparable à la population générale. Ce paramètre était corrélé à la qualité de vie liée à l'acromégalie selon le score AcroQol. Enfin 11 patients (37.8%) avaient de volumineuses exostoses intra-buccales, maxillaires et/ou mandibulaires supérieures à 3 mm, caractéristique qui n’a jamais été décrite dans la littérature jusqu’à maintenant.

Conclusions :
1/ Les exostoses maxillaires et mandibulaires pourraient être un point d'appel pour le diagnostic d'acromégalie.
2/ Ces résultats incitent à proposer aux patients acromégales un suivi buccodentaire identique à celui de la population générale. 

Références bibliographiques:

Chanson P and  Salenave S. Acromegaly.Orphanet J Rare Dis. 2008;3:17. 

Çapoglu I et al. Gingival Enlargement in Acromegaly. Endocrine. 2002;18, 207–10.

Kashyap RR et al. Dental patient with acromegaly: a case report. Journal of Oral Science. 2011;53, 133–6.

Julia CAILLET (Clermont ferrand), Sylvain ROUMEAU, Joannice THEVENON, Lemlih OUCHCHANE, Salwan MAQDASY, Marie BATISSE-LIGNIER, Christian DUALE, Igor TAUVERON, Laurent DEVOIZE
10:40 - 10:50 #17499 - COS502 Une pelvi-péritonite causée par une infection par campylobacter rectus : A propos d’un cas.
COS502 Une pelvi-péritonite causée par une infection par campylobacter rectus : A propos d’un cas.

Campylobacter rectus (CR) est une bactérie exclusivement orale, gram-négative, anaérobie et mobile, avec un large éventail de facteurs de virulence, notamment le flagellum, les protéines de la couche superficielle, les toxines de type RTX, les protéines GroELlike et le lipopolysaccharide [1]. CR est impliqué comme agent pathogène direct ou associé des maladies parodontales. CR est également retrouvé dans les canaux dentaires radiculaires nécrotiques [2]. CR a été isolé dans des cas d'appendicites, chez les patients souffrant de d’endobrachyoesophage et d'abcès extra oraux [3].

Nous rapportons le cas d’une pelvi-péritonite à CR secondaire à un abcès tubo-ovarien CR chez une femme de 41 ans. La prise en charge a été associée d’abord à une antibiothérapie probabiliste à large spectre puis ciblée après l’identification de CR par une spectrométrie de masse de type Matrix Assisted Laser Desorption Ionisation-Time of Flight (MALDI TOF).

Une quinzaine de cas d’infections extra orales à CR ont été rapportés dans la littérature. Les facteurs de risques associés à une infection extra orales à CR sont la présence d’une mauvaise hygiène orale, une gingivite, une parodontite, ou un abcès dentaire. Une immunodépression induite par des causes pouvant se potentialiser telles un diabète, un éthylisme chronique, une pathologie cancéreuse ou une neutropénie est un facteur aggravant.  Enfin, la réalisation d’un acte invasif réalisé à proximité d’un site infecté par CR favorise une dissémination hématogène. Dans notre cas, l’hypothèse d’une infection focale par CR d’origine parodontale est la plus probable. Par ailleurs, il n’a pas été retrouvé d’arguments biologiques en faveur d’une contamination croisée par le conjoint de la patiente.

L’incidence des infections focales d’origine bucco-dentaire à CR est probablement sous-estimée, en raison de leur recherche occasionnelle, des conditions de culture et du coût. L’introduction de la biologie moléculaire en pratique courante devrait mettre en avant un nombre de cas plus important d’infections focales à CR mais plus généralement de germes d’origine buccale.

1-LaGier MJ, Threadgill DS. Identification of novel genes in the oral pathogen Campylobacter rectus. Oral Microbiol. Immunol. 2008;23(5):406–412.

2-Ihara H, Miura T, Kato T, Ishihara K, Nakagawa T, Yamada S, Okuda K. Detection of Campylobacter rectus in periodontitis sites by monoclonal antibodies. J. Periodont. Res. 2003;38(1):64–72.

3-Mahlen SD, Clarridge JE. Oral abscess caused by campylobacter rectus: case report and litterature review. J. microbiol. 2009; 47 (3): 848-851.

Anaëlle VEYRINE (Tours), Aude-Sophie ZLOWODZSKI, Julie STURQUE, Tom SOURIMANT, Maina LE GAL, Frederic DENIS
10:50 - 11:00 #17513 - COS503 Le syndrome paranéoplasique auto-immun multi-organe : au sujet d’un cas.
COS503 Le syndrome paranéoplasique auto-immun multi-organe : au sujet d’un cas.

Introduction : La pemphigoïde cicatricielle (PC), fait partie des dermatoses bulleuses auto-immunes (DBAI) sous épidermiques1. L’atteinte cutanée est inconstante et la forme la plus fréquente touche les muqueuses, notamment orale et oculaire. Les autoanticorps se trouve à la zone de jonction dermo-épidermique avec des dépôts d'IgG, d'IgA et/ou de C32. Le traitement repose sur les antiinflammatoires et les immunosuppresseurs, l’enjeu étant de limiter l’évolution synéchiante de la pathologie1. Bien que très rare, la PC peut être paranéoplasique3 et regroupée dans l’entité de Syndrome Paranéoplasique Multi-organe Auto-immun (SPAM)4.

Observation : il s’agit d’un homme de 69 ans aux antécédents de cancers rénal, gastrique et adénome prostatique, et exérèses de carcinomes épidermoïdes cutanés. A l’examen il était constaté des lésions bulleuses multiples palatines, ainsi qu’une lésion oculaire, pas d’adénopathie ni anomalie biologique. Une biopsie réalisée a objectivé un décollement jonctionel, avec immunofluorescence négative. Apres échec par traitement topique, puis par Disulone, sont apparues des bulles cutanées, avec altération de l’état général, perte de poids, et asthénie. Un bilan d’imagerie est alors réalisé retrouvant des adénopathies diaphragmatiques et sus claviculaire gauche dont un prélèvement a révélé la présence de cellules adénocarcinomateuses de primitif restant inconnu confirmant le diagnostic de PC paranéoplasique.

Discussion : C’est au sein des 400 SPAM rapportés dans la littérature, que l’on retrouve les rares cas recensés de PC paranéoplasiques5. Elles sont le plus souvent liées à un lymphome non Hodgkinien (38,6%)6 et exceptionnellement à une tumeur solide d’adénocarcinome7. Les critères diagnostics des SPAM sont des éruptions cutanéo-muqueuses polymorphes, une stomatites persistante, une atteinte respiratoire, et la présence d’une néoplasie. Les atteintes orales sont souvent sévères, récalcitrantes, et généralement de première manifestation8. Plusieurs sous-ensembles de SPAM ont été décrits, ceux ressemblant à une PC5,9, ou au pemphigus10, à un érythème polymorphe12, ou à un lichen plan13. Il existe une implication des immunités humorale et cytotoxique avec des dépôts d’IgG polyclonales; des anticorps anti- molécules kératinocytaires13, des CTL, NK, et macrophages4. Le traitement du SPAM est celui de la néoplasie primaire et des lésions cutanéomuqueuses associées10.

Conclusion : L’hypothèse diagnostique d’une PC paranéoplasique est donc complexe face à sa rareté et ses critères peu spécifiques. Les patients sont en général mal orientés, les toxidermies étant les diagnostics le plus souvent retenus11. Il parait donc important d'effectuer un bilan complet, dont la réalisation d’un Tep Scan, chez des patients aux antécédent de cancers, présentant une pathologie auto immune atypique et persistante, recherchant une néoplasie solide ou une hémopathie maligne sous-jacentes potentielles.

Benoit DE CHARGÈRES (PARIS), Geneviève HERVÉ, Stéphane BARETE, Aurelien GOBERT, Vianney DESCROIX, Juliette ROCHEFORT
11:00 - 11:10 #17522 - COS504 Lymphomes non hodgkiniens mandibulaires: à propos de deux cas cliniques.
COS504 Lymphomes non hodgkiniens mandibulaires: à propos de deux cas cliniques.

Introduction :

Les lymphomes sont des proliférations malignes intéressant le tissu lymphoïde, représentés principalement par les lymphomes non hodgkiniens (LMNH). La cavité orale avec le tube digestif constitue le principal site des lymphomes non hodgkiniens extra-ganglionnaires (LMNHE) [3].

Objectifs :

Le but de ce travail est de présenter deux cas cliniques de LMNH à localisation mandibulaire en détaillant leurs différents aspects cliniques, radiologiques, histologiques ainsi que la démarche suivie pour conclure au diagnostic et la prise en charge thérapeutique. 

Observations cliniques:

Le premier cas clinique rapporté est celui d'une patiente âgée de 72 ans qui est venue consulter pour des douleurs localisées au niveau de la région mandibulaire droite. L’examen clinique a révélé une lésion gingivale ulcéro-bourgeonnante en rapport avec la 45 mobile. Une biopsie a été réalisée dont l’examen a permis de conclure qu'il s'agit  d’un lymphome B à grandes cellules de la gencive mandibulaire. La patiente a été adressée au service d’hématologie et un traitement à base de chimiothérapie a été instauré.

Le deuxième cas clinique rapporté est celui d’un jeune patient âgé de 16 ans hospitalisé au service de chirurgie générale pour l’exploration d’une masse tumorale de la fosse iliaque droite et adressé pour la prise en charge d’une tuméfaction mandibulaire gauche. L’examen clinique a révélé une masse gingivale allant de la 34 jusqu’à la 37 avec des mobilités dentaires terminales évoluant depuis 3 semaines. A l’examen radiologique, on a décelé une atteinte de la furcation des dents et une lyse osseuse. L’examen anatomo-pathologique a permis de conclure qu’il s’agit d’un lymphome de Burkitt.

Discussion:

Les lymphomes constituent le deuxième cancer de la tête et du cou, après les carcinomes épidermoïdes [1]. Le type histologique le plus fréquent (60% des cas) est le lymphome diffus à grandes cellules B touchant les patients de plus de 60 ans comme le premier cas rapporté [3]. Le lymphome de Burkitt correspondant à la deuxième observation est une tumeur à haut grade d’agressivité représentant 30 à 40% des LMNH de l’enfant [2]. Les localisations mandibulaires sont rares et ne représenteraient que 0,6 % des cas [1] ce qui fait l’originalité de ces observations. Les aspects clinique et radiologique de ces lésions malignes sont non spécifiques et peuvent induire en erreur le clinicien. Ceci rappelle que la biopsie est un examen indispensable pour arriver à un diagnostic de certitude. Le traitement est médical par l’instauration d’une poly-chimiothérapie.

Conclusion :

Le chirurgien-dentiste a un rôle indispensable dans le diagnostic précoce de ces pathologies et l’orientation du patient vers une prise en charge spécialisée.

Références:

  1. J. Poitier et al. Med Buccale Chir Buccale 2016;22:59-62.
  2. L. Kissi et al. The Pan African Medical Journal. 2017;26:63.
  3. V. Ahossi et al. Med Buccale Chir Buccale 2006; 12: 21-29.
Yassine WESLATI (Sousse, Tunisie), Raouaa BELKACEM, Iyadh ABIDI, Lamia OUALHA, Badreddine SRIHA, Nabiha DOUKI
11:10 - 11:20 #17559 - COS505 Difficultés diagnostiques dans un cas d’améloblastome mandibulaire.
COS505 Difficultés diagnostiques dans un cas d’améloblastome mandibulaire.

Introduction : L’améloblastome (AB) est une tumeur odontogène bénigne à potentiel localement invasif et destructeur. Cette tumeur rare (incidence de 1% des tumeurs orales), d’origine épithéliale, touche généralement les sujets entre 30 et 40 ans, avec un sex ratio de 1:1 et se situe généralement en postéro-mandibulaire [1]. Malgré un risque élevé de récidive, les AB ne métastasent que très rarement  et ne se transforment qu’exceptionnellement. Leur traitement consiste en l’exérèse précoce avec marges ainsi qu’un suivi rigoureux.

Observation : Le cas proposé est celui d’un patient de 16 ans, chez qui la dent 47 n’avait pas évolué. Un orthodontiste a demandé un orthopantomogramme (OPT) qui a révélé la présence d’une lacune osseuse mandibulaire ovalaire d’environ 2,5 cm de grand axe, située au-dessus de la couronne de la 47 et du germe de 48. Le plan de traitement proposé consistait à énucléer la lésion et avulser la 47 située dans le rebord basilaire. Lors de l’intervention, le chirurgien a toutefois considéré qu’il était préférable de conserver 47 en raison d’un risque de fracture de la mandibule. La lésion avait un aspect kystique. Son analyse anatomopathologique a évoqué un kyste bénin d’origine apico-dentaire.

Deux mois après l’intervention, un nouvel OPT a été réalisé. La 47 avait évolué de 3 mm environ, mais on notait une augmentation du volume de la lésion lacunaire (environ 5 cm), qui semblait nettement se raccorder au collet de 48. Le chirurgien a adressé le patient au CHU.

A l’examen clinique, une cuspide de 47 était visible au fond d’une dépression de la crête alvéolaire. Il n’y avait pas d’adénopathie. Une biopsie a été pratiquée, au cours de laquelle la lésion a semblé pleine, sans collection liquidienne. Son compte rendu retient un aspect d’AB folliculaire, avec prolifération BRAF positive [2]. L’exérèse de la lésion a été programmée.

 

Commentaire :

Dans un premier temps, l’aspect radio-clinique évoquait un kyste mandibulaire, sans précision. Les caractéristiques histologiques de la pièce opératoire n’ont pas conduit au diagnostic d’AB. Quant à l’aspect du second OPT, il évoquait nettement un kyste dentigère sur 48. Mais les données cliniques (cuspide de 47 en communication avec le milieu buccal, masse pleine) étaient en contradiction avec un diagnostic de kyste. Devant ce tableau, un diagnostic d’AB a été suggéré par les cliniciens. C’est ce qui a conduit les pathologistes à rechercher une prolifération BRAF, la seule histologie du prélèvement leur paraissant insuffisante pour affirmer un diagnostic d’AB.

Ce cas illustre les difficultés diagnostiques devant une pathologie tumorale des mâchoires, tant sur le plan clinique que radiologique. Il met aussi l’accent sur la nécessité d’un dialogue entre cliniciens et pathologistes.

 

[1] Masthan K et al. J Pharm Bioall Sci, 2015,7:S167-70

[2] Do Canto AM et al. Clin Oral Investig. 2018, DOI: 10.1007/s00784-018-2494-y

Romane MATTEI (Paris), Marjorie MURET, Jacques Henri TORRES, Eve MALTHIERY
11:20 - 11:30 #17571 - COS506 Mucocèle de la face ventrale de la langue, à propos d’un cas.
COS506 Mucocèle de la face ventrale de la langue, à propos d’un cas.

Introduction

Les mucocèles sont des lésions bénignes communes de la muqueuse buccale dues à l’extravasation de mucus par interruption d’un conduit excréteur salivaire (pseudo-kyste) ou plus rarement par rétention intra canalaire (kyste rétentionnel). Ce sont des tuméfactions fluctuantes, indolore, touchant le plus souvent l’enfant ou l’adulte jeune sur la muqueuse labiale inférieure (81,9 %). La face ventrale de la langue ne représenterait que 5 % des lésions [1].
Elles viennent des glandes salivaires mineures de Blandin et Nuhn, situées majoritairement à la face ventrale [2]. Le mécanisme de formation n’est pas totalement compris mais une composante traumatique est mise en avant. Elle n’est pas toujours retrouvée à l’anamnèse car souvent de caractère minime. Le traitement de référence est chirurgical, soit à l’aide d’un bistouri froid ou électrique, par cryochirurgie ou par laser CO2. Il est important d’atteindre la couche musculaire sous-jacente [3].

Observation

Le cas d’un enfant de 4 ans est rapporté ici. Il présentait une tuméfaction de 2cm de la face ventrale de la langue gênant l’alimentation et la parole depuis une semaine. Le diagnostic de mucocèle a été posé sur les données cliniques.
Une évacuation du contenu sous anesthésie locale a d’abord été tentée. Après récidive à J1 et compte tenu de l’âge le patient a été repris sous anesthésie générale : une incision de la face ventrale de la langue a permis la dissection de la lésion et son exérèse en monobloc. Les suites ont été favorables et la cicatrisation bonne. Un kyste salivaire de 3 mm est toutefois apparu à la partie proximale de l’incision mais sans signes fonctionnels. L’examen anatomopathologique a confirmé le diagnostic de un kyste rétentionnel canalaire salivaire retiré en totalité.

Discussion

Ce cas apparaît comme une localisation rare de mucocèle, peu de cas ayant été décrits.
Le choix de l’exérèse totale chirurgicale se justifie ici par plusieurs points : l’échec du premier traitement et la récidive rapide, la gêne fonctionnelle occasionnée et la difficulté de l’anesthésie locale chez un enfant de 4 ans. Enfin la marsupialisation n’était pas possible car l’observance des consignes postopératoires à cet âge est illusoire ; elle reste réservée aux lésions multi-récidivantes ou dont l’exérèse serait trop délabrante.
Le bénéfice de la chirurgie doit être net pour le patient car comme illustré ici elle peut être le facteur déclenchant d’une nouvelle mucocèle.

Conclusion

Le cas présenté ici illustre le bénéfice de l’exérèse chirurgicale d’une mucocèle de la face ventrale de la langue sous anesthésie générale chez un jeune enfant. Celle-ci reste réservée aux lésions réellement gênantes car le risque de mucocèle induite n’est pas nul.

[1] Chi et al. J Oral Maxillofac Surg, 2011 ; 69 : 1086-1093
[2] Khalekar et al. J Indian Acad Oral Med Radiol, 2016 ; 28 : 462-464
[3] Minguez-Martinez et al. J Oral Maxillofac Surg, 2010 ; 68 : 2468-2471

Quentin LEGENDRE (Perpignan), Eric MALADIÈRE, Rabé ANDRIANAIVO, Jacques-Henri TORRES
11:30 - 11:40 #17591 - COS507 Gestion d'une sténose post opératoire du conduit submandibulaire.
COS507 Gestion d'une sténose post opératoire du conduit submandibulaire.

Introduction :

Les lithiases salivaires concernent principalement la glande submandibulaire. La sialendoscopie en constitue le traitement de choix [1]. Toutefois, lorsque le calcul est antérieur, le traitement classique chirurgical par voie endo-buccale est préférable, en particulier car il nécessite moins de moyens [2]. Après chirurgie, le flux salivaire s'oppose à la formation d'un caillot et guide la cicatrisation fonctionnelle du conduit. La sténose est donc une complication rare de cette intervention.

 

Observation :

Le cas clinique rapporté est celui d’une patiente de 14 ans qui présentait un calcul asymptomatique de 13mm de longueur du tiers antérieur du conduit submandibulaire asymptomatique, découvert fortuitement sur un orthopantomogramme passé dans le cadre d’un traitement orthodontique. L’exérèse du calcul a été conduite sous anesthésie locale, après incision longitudinale du plancher. Un flux salivaire ayant été constaté, la partie antérieure de la plaie n’a pas été suturée. A 2 jours post opératoire la patiente a éprouvé une tension de la glande avec gonflement, surtout au moment des repas. Son médecin généraliste a prescrit 10 jours d’antibiothérapie. En quelques jours, la tuméfaction a diminué et la sensation de tension a disparu. A l’examen clinique, aucun flux salivaire n’était retrouvé. Deux attitudes ont été proposées aux parents : soit laisser la glande involuer, soit cathétériser le conduit, ce qu’ils ont jugé préférable.

Une nouvelle intervention a été pratiquée 1 mois et demi après la première. Le conduit submandibulaire a été retrouvé sous la forme d’une dilatation borgne du canal. Un cathéter a été mis en place et fixé à la muqueuse buccale par des sutures de polypropylène monobrin 5/0. Un écoulement salivaire a été observé par le cathéter en peropératoire. Ce dernier a été maintenu dans cette position pendant 12 jours, afin de conduire la cicatrisation du conduit salivaire. Aucune complication n’a été observée dans les suites.

 

Commentaire :

Avant la prmière intervention, du fait de la présence de ce calcul ancien, le flux salivaire était très réduit. Il a été surévalué par les opérateurs, et un cathéter aurait dû être posé d’emblée. Aucun signe infectieux n’ayant été noté dans les suites de la première intervention, le traitement antibiotique prescrit était probablement inutile, l’obturation du conduit suffisant à expliquer la tuméfaction submandibulaire et la sensation de tension majorées lors des repas.

 

1-    Gallo A et al. Acta Otorhinolaryngol Ital. 2015;35:217-33

2-    Fabie JE et al. Head Neck. 2018;14. doi: 10.1002/hed.25560

Brendan GUEGAN (Montpellier), Eve MALTHIERY, Jacques Henri TORRES
11:40 - 11:42 #17488 - COS508P Lithiase d’une glande salivaire accessoire : à propos d’un cas.
COS508P Lithiase d’une glande salivaire accessoire : à propos d’un cas.

Les lithiases  font partie des pathologies communes des glandes salivaires. Leur symptomatologie se traduit par un phénomène inflammatoire localisé à la glande salivaire atteinte, ainsi que par un blocage du flux salivaire (3). Si leur étiologie reste aujourd’hui encore mal comprise (1) leur incidence est néanmoins évaluée entre 1/30 000 et 1/10 00. Les glandes submandibulaires sont les plus propices à développer des lithiases (80-90%), suivies par les parotides (6-12%), les glandes sublinguales et enfin par les glandes salivaires accessoires (2%) (2). 

Un patient de 30 ans se présente en consultation pour une tuméfaction localisée sur la face interne de la lèvre inférieure. L’interrogatoire révèle une récurrence de cette lésion depuis plusieurs mois. L’hypothèse diagnostique évoque un probable mucocèle. Une exérèse chirurgicale est  programmée sous anesthésie locale. Au cours de l’intervention, une lithiase est mise en évidence au niveau d’un des canalicules appendu à la glande salivaire accessoire. L’examen anatomopathologique confirme l’hypothèse diagnostique ainsi que la présence d’un calcul salivaire. 

Le diagnostic des lithiases des glandes salivaires accessoires repose sur une symptomatologie frustre, marquée par une réaction inflammatoire qui s’accompagne d’une tuméfaction de la glande, le plus souvent spontanément résolutive (1, 2, 3). La forme clinique d’un mucocèle par rétention est similaire à celle d’une sialolithiase mineure des glandes salivaires. 

Les lithiases des glandes salivaires mineures restent une pathologie peu fréquente. Les localisations les plus communes sont la lèvre supérieure (49,2%), la face interne des joues (37,3%), la lèvre inférieure (5,5%), le vestibule (4,7%) ainsi que le palais et la langue (1,6%) (2).

 

 

1.   Binar M, Gokgoz MC, Aydin U, Yavan I, Karahatay S. Chronic sialadenitis due to the stone inside the accessory duct of submandibular gland. Surgical and Radiologic Anatomy. oct 2017;39(10):1165‑8. 

2.   Lagha NB, Alantar A, Samson J, Chapireau D, Maman L. Lithiasis of minor salivary glands: Current data. Oral Surgery, Oral Medicine, Oral Pathology, Oral Radiology, and Endodontology. sept         2005;100(3):345‑8. 

3. Wang W-C, Chen C-Y, Hsu H-J, Kuo J-H, Lin L-M, Chen Y-K. Sialolithiasis of minor salivary       glands: A review of 17 cases. Journal of Dental Sciences. juin 2016;11(2):152‑5.

Alizée MOURARET, Philippine CALLIES (Levallois), Eric GERARD, Rémi CURIEN
11:42 - 11:44 #17497 - COS509P Labellisation et mise en place du centre de compétence des maladies rares orales et dentaires O-RARES au sein du CHU de Bordeaux.
COS509P Labellisation et mise en place du centre de compétence des maladies rares orales et dentaires O-RARES au sein du CHU de Bordeaux.

INTRODUCTION :

Entre 2005 et 2008, le 1er Plan National Maladies Rares a été mis en place afin de structurer l’organisation de l’offre de soins pour les patients atteints de maladies rares. Pour cela, une labellisation des centres de référence et une identification de centres de compétences régionaux ou inter-régionaux pour les maladies rares a été réalisée. Parmi les 23 filières, la filière tête et cou dispose de cinq réseaux dont un dédié à la prise en charge des maladies rares orales et dentaires (O-RARES).

En 2016, 104 patients présentant une maladie rare ont été pris en charge au sein du service d’odontologie et de santé buccale de bordeaux. À Bordeaux, le centre a reçu sa labellisation en avril 2017 par le ministère de la santé pour une durée de 5 ans en tant que centre de compétence des maladies rares orales et dentaires.

L’objectif de ce travail était de décrire la mise en place du centre de compétence au sein de notre service.

MATERIELS ET METHODES :

Une équipe de praticiens a d’abord été constituée pour permettre une prise en charge pluridisciplinaire des patients atteints de maladies rares.

L’organisation d’une vacation dédiée aux premières consultations est apparue nécessaire : la fréquence et le nombre de patients vus par vacation ont été déterminés.

RESULTAT :

L'équipe pluridisciplinaire de praticiens référents s'est constituée autour de 7 praticiens et comprend : 3 chirurgiens oraux dont 1 praticien spécialisé en pathologie de la muqueuse buccale, 1 praticien spécialisé en orthodontie, 1 praticien en odontologie pédiatrique et 2  praticiens en médecine bucco-dentaire (OCE et prothèses). Notre équipe collabore également avec la consultation odontogénétique du service de Génétique du CHU de Bordeaux. Depuis Septembre 2018, une demi-journée par semaine est dédiée aux premières consultations de patients atteints de maladies rares. Les missions de cette vacation sont de confirmer ou établir un diagnostic d'anomalie dentaire/orale isolée ou associée et de réaliser un bilan pluridisciplinaire dans le but de proposer ou coordonner une prise en charge thérapeutique. Lors de cette consultation, nous accompagnons également les familles dans leurs démarches administratives. Entre septembre et décembre 2018, 24 patients ont été vus en première consultation au sein du centre de compétence. Parmi eux : 6 patients ont consulté pour des agénésies multiples, deux patients étaient atteints d’amélogenèse imparfaite, deux autres de dentinogenèse imparfaite, deux patients ont été vus dans le cadre de fente labio-palatine et une patiente présentait un défaut primaire d’éruption.

DISCUSSION-CONCLUSION :

Les patients présentant des maladies rares orales et dentaires sont souvent amenés à consulter plusieurs praticiens avant qu’un diagnostic puisse être posé. La labellisation de centres de compétences régionaux pour les maladies rares permet d’améliorer la lisibilité pour les patients des différents acteurs et des structures impliqués dans cette prise en charge.

Mathilde FÉNELON (BORDEAUX), Elsa GAROT, Raphael DEVILLARD, Adrien NAVEAU, Didier GRIFFITH, Jean-Christophe FRICAIN, Marie-Josée BOILEAU
11:44 - 11:46 #17502 - COS510P Lésions maxillo faciales liées aux violences domestiques conjugales : étude rétrospective.
COS510P Lésions maxillo faciales liées aux violences domestiques conjugales : étude rétrospective.

Introduction : La majorité des violences domestiques chez les adultes sont d’ordre conjugale. La violence conjugale est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « tout acte de violence au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles aux personnes qui en font partie ». Selon les estimations mondiales de l’OMS, près d’un tiers des femmes indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part d’un membre de leur entourage proche, le plus souvent du partenaire intime. Au moins 38% des meurtres de femmes sont commis par leur partenaire intime. [1] Face à ce problème majeur de santé publique, ce travail a pour objectif d’étudier les caractéristiques des lésions maxillo-faciales des violences domestiques conjugales.

Matériel et méthodes : Une étude rétrospective unicentrique a été menée au Centre Hospitalier Intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) entre mai 2015 et avril 2017. Tous les patients qui se sont présentés aux urgences en déclarant être victimes de violences domestiques ont été inclus. Les paramètres étudiés étaient l’âge et le sexe de la victime présumée, la relation agresseur-agressé, le jour de l’agression, la topographie et la typologie des lésions des structures osseuses et des parties molles observées.

Résultats : 92 patients ont été inclus (85 femmes, 7 hommes) de 18 à 64 ans. Les jeunes âgés de 20-30 ans étaient les plus concernés par les violences domestiques (45%). Les conjoints étaient les principaux auteurs (90%). Une prédominance des violences domestiques a été notée le week-end, avec un maximum le dimanche et les jours fériés (34%). Les lésions maxillo-faciales étaient essentiellement localisées au tiers médian de la face (70%) tant pour les lésions osseuses (27,5%) que pour les lésions des parties molles (49%). Les fractures osseuses les plus fréquentes concernaient les os propres du nez (53,8%), le plancher de l’orbite (23%) et les fractures sous condyliennes (15,4%). Les lésions des parties molles étaient des contusions, hématomes, dermabrasions et hémorragies sous conjonctivales.

Discussion : Peu d’études ont étudié spécifiquement les lésions maxillo-faciales secondaires à des violences domestiques conjugales. La majorité des victimes de violences domestiques conjugales présentaient des lésions maxillo-faciales (81%) [2]. Les lésions étaient principalement observées dans le tiers moyen de la face (69%), avec une prévalence supérieure pour les parties molles (61%) par rapport aux fractures osseuses (30%)[2] ce qui corrobore nos résultats. Le chirurgien oral et maxillo-facial est en première ligne diagnostique des violences domestiques conjugales. Il doit être préparé à la prise en charge de ces traumatismes sur le plan technique et psycho-social.

 

[1] Organisation Mondiale de la Santé. La violence à l’encontre des femmes. 2017

[2] Le Bach T, et al. J Oral Maxillofac Surg. 2001. 59:1277-83

Margaux FRICAIN (PARIS 05), Jordan BOUCHET, Gilles DUFOUR, Gaoussou TOURE
11:46 - 11:48 #17504 - COS511P Granulomatose de Wegener maxillo-faciale : à propos d’une observation clinique.
COS511P Granulomatose de Wegener maxillo-faciale : à propos d’une observation clinique.

La granulomatose de Wegener (GW) est une vascularite nécrosante systémique des vaisseaux de petit calibre, selon la nomenclature de Chapel Hill (1994), typiquement associée à la présence, dans le sérum de 90 % des patients, d’autoanticorps dirigés contre le cytoplasme des polynucléaires neutrophiles à renforcement cytoplasmique en immuno-fluorescence indirecte (cANCA), et de spécificité antiprotéinase 3 (PR3) [Pagnoux et Teixeira 2007]. Le cas rapporté est celui d’un jeune homme âgé de 39 ans qui a consulté pour fistule palatine. Le patient était sans antécédents généraux particuliers, ancien alcoolo-tabagique, sevré depuis 6ans. L’examen exobuccal a retrouvé un état général altéré avec fébricule à 38°C. L’examen endobuccal a retrouvé des polycaries, des racines résiduelles et une fistule palatine productive de pus. Le patient a été hospitalisé au service d’Oto-rhino-laryngologie (ORL) où une antibiothérapie a été instaurée et des bilans complémentaires réalisés. La rhinoscopie antérieure a révélé une inflammation de la muqueuse nasale, une hypertrophie des cornets avec perforation septale. La nasofibroscopie a révélé une perforation septale subtotale, la présence de croûtes blanchâtres au niveau de la fosse nasale gauche et d’une perforation du plancher nasal. La tomodensitométrie a objectivé une opacité en cadre du sinus maxillaire droit et une opacité totale du sinus maxillaire gauche et des cellules ethmoïdales avec destruction septale et lyse osseuse du palais gauche. Les sinus frontaux et sphénoïdaux étaient partiellement voilés. La protéine C réactive était positive à 26,46 mg/l. L’étude cyto-bactériologique a identifié des streptocoques. La sérologie, la recherche de bacilles de Koch et des cANCA étaient négatives. La réponse anatomopatholgique après biopsie palatine est revenue en faveur d’une vascularite granulomateuse. Le patient a été orienté au service de Médecine Interne où un traitement à base de corticoïdes et de cyclophosphamide a été instauré. La GW est une maladie rare et touche surtout l’adulte, âgé de 45 à 60 ans. Cliniquement, la GW se caractérise par les atteintes ORL, pulmonaires et/ou rénales. La maladie se présente sous des formes diffuses/systémiques et des formes plus limitées/localisées, les premières étant davantage liées à des phénomènes “vascularitiques” et les secondes à de l’inflammation granulomateuse. Le diagnostic repose sur la combinaison des signes cliniques et de la détection de cANCA anti-PR3 dans le sérum, mais il est préférable, d’obtenir une preuve histologique. Le traitement repose sur la corticothérapie et les immunosuppresseurs tel que le cyclophosphamide [Pagnoux et Teixeira 2007]. Odontostomatologistes et l’ORL devraient être capables d’identifier les manifestations de cette maladie afin de poser un  diagnostic précoce de GW,tel que dans le présent cas, permettant d’instaurer une thérapeutique adaptée chez des patients susceptibles de développer une maladie grave et potentiellement mortelle.                                      

Cherifa Faiza TABETI-BENTAHAR (Oran Algérie, Algérie), Nora OUFRIHA, Kaddour MEBARKI, Souad BENAOUF, Moussa KHELIFA, Kawther NIATI, Moulay Salah RAHEM, Nasreddine OUSLIM, Fatma BOUZOUINA
11:48 - 11:50 #17510 - COS512P Kyste odontogène calcifiant ou kyste de Gorlin : à propos de 2 cas.
COS512P Kyste odontogène calcifiant ou kyste de Gorlin : à propos de 2 cas.

Les lésions osseuses kystiques des maxillaires sont fréquentes. Les kystes odontogènes calcifiants (KOC) ou kystes de Gorlin sont des lésions rares puisqu’elles représentent environ 0,3% (1)de l’ensemble des pathologies orales diagnostiquées et moins de 1 % de l’ensemble des kystes odontogènes (2). Elles ne doivent pas être confondues avec la tumeur ontogénique calcifiante ou tumeur de Pinborg.

Un patient de 62 a consulté en 2013 pour une lésion mandibulaire post-extractionnelle évoluant depuis 1 an. Cliniquement il existait un défaut de cicatrisation en regard de l’alvéole. L’examen radiologique révélait une lésion ostéolytique d’allure mixte. L’exérèse de la lésion a été réalisée sous anesthésie locale. L’analyse histologique a mis en évidence une tumeur odontogénique kystique calcifiante ou tumeur à cellule fantôme. Une surveillance clinique et radiologique a été réalisée tous les 3 mois. Aucune récidive n’a été observée à un an puis le patient a été perdu de vue.

Une patiente de 17 ans, a consulté en 2018 pour la prise en charge d’un odontome complexe mandibulaire droit. Cliniquement il existait une voussure vestibulaire s’étendant de la dent 41 à 43 évoluant depuis 6 mois. Le bilan radiologique montrait une image mixte de 41 à 45.Une énucléation sous anesthésie locale a été réalisée. Les suites opératoires ont été simples. Le contrôle clinique à 15 et 30 jours post-opératoire ne montrait aucune douleur, ni de mobilités dentaires. La vitalité des dents était maintenue. L’examen histologique a permis de poser le diagnostic de kyste odontogène calcifiant. Un contrôle radio clinique est prévu à 6 mois.

Le KOC est une lésion rare, le plus souvent asymptomatique. Radiologiquement, il se présente le souvent sous la forme d’une lésion radio-claire uniloculaire bien limitée avec la présence de radio-opacités de taille et de nombre variables (2).

Histologiquement, la paroi du KOC est tapissée d’un épithélium odontogène constitué de cellules à différentiation améloblastique. On retrouve des cellules fantômes correspondant à des cellules épithéliales momifiées par une kératinisation massive. Ces cellules fantômes peuvent se calcifier. Le traitement repose principalement sur une énucléation chirurgicale ou décompression initiale par marsupialisation suivie secondairement d’une énucléation (2). Le risque de récidive est faible (entre 3 et 11%) mais nécessite un suivi radio-clinique à 6 mois post-opératoire puis annuellement pendant 5 ans.

Les kystes odontogènes calcifiants sont des tumeurs rares, le plus souvent asymptomatiques. Le traitement repose sur une exérèse complète. Un suivi clinique et radiologique est nécessaire jusqu’à l’obtention d’une cicatrisation osseuse complète. L’examen anatomopathologique est indispensable car le diagnostic repose sur la confrontation radio-clinique et histologique. 

 

1 Arruda J-A et al. J Cli Exp Dent. 2018 Jun 1 ;10(6) :e542-7

2 Tomich CE. Oral Maxillofac Surg Clin N Am.2004 Aug ;16(3) :391-7

Xavier LAGARDE (Bordeaux), Julie STURQUE, Mathilde FENELON, Jean Marie MARTEAU, Jean Christophe FRICAIN, Sylvain CATROS
11:50 - 11:52 #17555 - COS513P Un cas de lipome à cellules fusiformes du plancher buccal.
COS513P Un cas de lipome à cellules fusiformes du plancher buccal.

Les lipomes ne sont pas fréquents dans la cavité buccale. Ils ne représentent que 0,1 à 5% des tumeurs buccales [1]. Ils se manifestent généralement sous la forme de légers gonflements nodulaires jaunâtres recouverts par une muqueuse normale. Les lipomes buccaux sont asymptomatiques la plupart du temps. Les lipomes de taille importante peuvent toutefois entraîner une gêne esthétique (gonflement de la glande submandibulaire) ou fonctionnelle (instabilité d’une prothèse mandibulaire) [2]. Plusieurs types histopathologiques de lipomes ont été décrits parmi lesquels le lipome à cellules fusiformes (LCF), également appelé lipome pléomorphe. Le LCF survient classiquement chez l’homme de plus de 40 ans, dans les tissus mous superficiels de la nuque, des épaules ou du dos [3]. Très peu de cas de LCF ont été rapportés au plancher de la bouche.

 

Observation

Le cas clinique rapporté concerne une patiente de 70 ans qui avait remarqué l’apparition d’une masse sur son plancher buccal, du côté droit, sans aucune conséquence fonctionnelle. La patiente souffrait d'ostéoporose, d'hypothyroïdie et d'une dépression légère. Elle suivait des traitements médicamenteux par acide alendronique (depuis 16 mois), lévothyroxine et fluoxétine. L’échographie et l’IRM ont toutes deux suggéré un diagnostic de grenouillette. En revanche, la palpation de la lésion retrouvait plutôt une masse pleine. La lésion a été excisée sous anesthésie locale. Une masse jaune encapsulée de 37 x 32 mm a été retirée. Ses caractéristiques histologiques (adipocytes matures et cellules fusiformes CD34+) ont permis de poser le diagnostic de LCF.

 

Commentaire

Dans le cas de cette lésion du plancher buccal, l’interprétation de l’imagerie pourrait avoir été influencée par la grande fréquence des grenouillettes. A noter que ce lipome était asymptomatique, malgré sa taille. Enfin, ce cas de LCF apparait exceptionnel du fait de sa localisation (sublinguale), de sa taille (supérieure à 3,5 cm) et du genre du patient (féminin).

 

 

 

Références :

 

[1]       Fregnani ER et al, Int J Oral Maxillofac Surg 2003;32:49–53.

[2]       Anavi Yet al, J Oral Rehabil 1995;22:83–5.

[3]       Billings SD et al, Am J Dermatopathol 2006;28:28–31.

Théo CASENAVE (Montpellier)
11:52 - 11:54 #17581 - COS514P Choristome lingual néonatal: à propos d'un cas.
COS514P Choristome lingual néonatal: à propos d'un cas.

Introduction

Les malformations congénitales du plancher buccal sont fréquentes et se présentent le plus souvent sous la forme de lésion kystiques de type lymphangiome, hémolymphangiome, hémangiome ou tératome. Le choristome lingual est une malformation congénitale bénigne et rare [1]. Il touche préférentiellement le nouveau-né ou le jeune enfant. C’est une tumeur embryonnaire bénigne définie par la présence de tissu normal ayant une localisation anormale. Sa pathogénie n’est pas connue, bien que l’hypothèse d’une anomalie lors du développement embryologique soit la plus envisageable [2].

 

Observation

Le cas rapporté concerne la prise en charge chez un nouveau-né d’une masse intrabuccale de diagnostic anténatal. A l’échographie de 22 semaines d’aménorrhée (SA), la découverte d’une masse pelvi-linguale avec un large développement extra-buccal a conduit à la réalisation d’une IRM fœtale. Celle-ci a retrouvé une masse d’origine buccale mesurant 55 mm dans son plus grand axe. Un diagnostic de tératome ou lymphangiome buccal a été évoqué. A la naissance, le nouveau-né présentait une masse uniloculaire, kystique extériorisée par la bouche et de consistance rénitente.

Devant le risque d’obstruction haute des voies respiratoires, une chirurgie d’exérèse complète, ainsi qu’une glossoplastie partielle de remodelage ont été pratiquées immédiatement après l’accouchement. L’examen histologique a conclu à un choristome lingual d’une taille de 5 cm de longueur, 3,5 cm de largeur et 2 cm d’épaisseur, avec présence d’un épithélium respiratoire associé à un épithélium gastrique.

 

Commentaire

Des tissus variés peuvent être retrouvés dans le choristome lingual. Cependant, l’association d’épithélium respiratoire et gastrique est relativement rare. La localisation linguale de cette tumeur est tout aussi singulière. Les choristomes sont en effet retrouvés plus fréquemment au niveau gastro-intestinal [1].

L’IRM anténatal est l’examen de choix pour caractériser ces lésions mais le diagnostic reste histologique [3].

Une énucléation chirurgicale systématique et précoce de tout kyste lingual congénital doit être pratiquée en prévention des complications obstructives et infectieuses. Le risque de récidive ainsi que la prise en charge des séquelles morphologiques liées à la lésion et à la chirurgie nécessitent un suivi régulier du patient.

 

1-      Jorquera JPC et al. Ann Maxillofac Surg. 2016 ; 6:311‑313.

2-       Vered M et al. J Oral Maxillofac Surg. 1998 ; 56:9‑13.

3-       Knowles KJ et al. Am J of Otolaryngol. 2016 ; 37: 6-7

 

Flavie KLEINPOORT (MONTPELLIER), Ambre DE BERAIL, Carle FAVRE DE THIERRENS, Philippe GALINIER, Fréderique LAUWERS
11:54 - 11:56 #17599 - COS515P Exostose mentonnière atypique : à propos d’un cas.
COS515P Exostose mentonnière atypique : à propos d’un cas.

Introduction : Contrairement aux exostoses maxillo-mandibulaire dont les étiologies sont nombreuses, les exostoses mentonnières sont rares. L’hypothèse du traumatisme tend à être l’étiologie la plus largement acceptée. En 1951, Olech et al. ont introduit cette hypothèse qui avance l’idée que, après un traumatisme osseux chez des sujets jeunes chez lesquels l’os spongieux est riche en moelle hématopoïétique, une hémorragie intramédullaire se produit. Un défaut initial d’organisation de l’hématome osseux, la liquéfaction de celui-ci et la résorption osseuse induite par l’activation des ostéoclastes pourraient expliquer la formation d’un kyste traumatique.
Observation clinique : Nous rapportons le cas d’un individu de 32 ans sans antécédent. Le patient présentait à la consultation un nodule ferme, indolore, bien limité et mobile du menton gauche, asymptomatique, apparue il y a 2 ans de manière fortuite, sans évolution rapportée, mais ayant récemment augmenté. Au vu des éléments clinico-radiologiques, les hypothèses diagnostiques évoquées étaient celles d’un hématome ossifiant post-traumatique (bien qu’aucun épisode traumatique rapporté par le patient) et un ganglion calcifié. L’indication d’exploration chirurgicale et d’exérèse était posée à visée diagnostic pour analyse anatomopathologique, esthétique et fonctionnelle du fait de blessures lors du rasage. L’intervention chirurgicale sous anesthésie locale consistait en un abord cutané direct sous mentonnier. Le résultat anatomopathologique relevait un prélèvement osseux néoformé probablement réactionnel montrant un tissu spongieux bien différencié dépourvu d’image suspect de malignité évoquant une ossification périosté floride.
Discussion : À ce jour le patient n’a présenté aucune récidive. L’hypothèse clinique d’ossification périostée floride post-traumatique a été confirmée par les résultats anatomopathologiques. Parmi la multitude de théories sur l’étiologie de ces lésions retrouvées dans la littérature, quatre principales ont été évoquées : la dégénérescence tumorale, l’ischémie osseuse, le traumatisme et les anomalies de croissance osseuse. A notre connaissance, il n’existe peu de données dans la littérature rapportant le développement d’une ossification périosté floride du menton.

Conclusion : L’exostose de type ossification périosté floride du menton a une présentation clinique et radiologique atypique pouvant conduire à des confusions de diagnostic avec certaines tumeurs bénignes et induire des attitudes thérapeutiques inappropriées alors que le simple abord chirurgical, en cas de demande esthétique ou traumatique lors des mesures d’hygiène, avec curetage de l’os, suffisent à sa guérison.

Harnet JC et al. Solitary bone cyst of the jaws: a review of the etiopathogenic hypotheses. J Oral Maxillofac Surg. 2008 Nov;66(11):2345-8
Olech E et al. Traumatic mandibular bone cysts. Oral Surg Oral Med Oral Pathol. 1951 Sep;4(9):1160-72.

Stéphane HAMMOUTENE, Stéphane HAMMOUTENE (Marseille), Romain LAN
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RP
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Remise du prix SFCO poster - Giestlich Pharma

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SYMPOSIUM GEISTLICH PHARMA FRANCE
Régénération Osseuse Des limites des membranes collagène à l'utilisation des grilles en titane 3D personnalisées.

Conférencier : Pierre MARIN
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GESTION DES TISSUS MUCO-GENGIVAUX PÉRI-IMPLANTAIRES

Modérateurs : Sylvie BOISRAME, Romain LAN (MCU-PH) (Marseille)
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14:40 - 15:15 Jusqu'où peut-on repousser les limites de la reconstruction gingivale péri-implantaire ? Ronald YOUNES
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SDOF
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SÉANCE DOULEURS ORO-FACIALES

Modérateurs : Cyrille Marie CHOSSEGROS, Jean-Daniel ORTHLIEB
14:00 - 14:30 Indications et contre-indications des gabapentinoides en Médecine et chirurgie orale : mise au point pharmacologique et clinique. Nathan MOREAU (MCU-PH en Médecine et Chirurgie orale) (Paris)
14:30 - 15:00 les douleurs oro-faciales en cancerologie de la cavite buccale. Nathalie PHAM DANG (PH) (CLERMONT-FERRAND)
Espace Milhaud
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CD
15:00 - 15:40

Communications libres

Modérateurs : Cyrille Marie CHOSSEGROS, Jean-Daniel ORTHLIEB
15:00 - 15:10 #17496 - COS801 Evaluation de la prise en charge de la douleur aiguë dans le cadre des consultations d’urgence de l’UF de chirurgie orale de l’hôpital Max Fourestier (92) : résultats préliminaires d’une étude observationnelle.
COS801 Evaluation de la prise en charge de la douleur aiguë dans le cadre des consultations d’urgence de l’UF de chirurgie orale de l’hôpital Max Fourestier (92) : résultats préliminaires d’une étude observationnelle.

 

L’évaluation de la douleur est une priorité pour les établissements de santé qui doivent démontrer leurs actions, notamment lors de la certification par la HAS (Boisseau et al. 2015). La prise en charge de la douleur fait partie des pratiques exigibles prioritaires (PEP) de cette certification. Le but de cette enquête est d’évaluer la prise en charge de la douleur aiguë dans le cadre des consultations d’urgences de l’UF de chirurgie orale de  l’hôpital Max Fourestier (92). La baisse de l’intensité douloureuse (exprimée en %) évaluée sur une échelle numérique repose sur la fiche de la HAS: « Evaluation et suivi de la douleur du patient » (F.DS.17.A Réf :314). Le critère de jugement est une baisse d’au moins 50% de la douleur sur une échelle numérique (Demant et al. 2014), après traitement de première intention. L’étude a été déclarée à l’ANSM (ID RCB: 2018-A02429-46). Les critères d’inclusion sont  les patients de plus de 18 ans des deux sexes consultant pour une douleur oro-faciale aiguë. Les critères de non inclusion sont les patients: (i) de moins de 18 ans, (ii) ayant pris un traitement antalgique dans les 48 dernières heures précédant la consultation, (iii) présentant une douleur chronique  et (iiii) les patients du Carcéral. L’intensité de la douleur est évaluée lors de la première consultation indiquant un traitement antalgique initial. Il peut être associé à une antibiothérapie et/ou une hospitalisation, selon l’examen radio-clinique  et les ATCD. La valeur contrôle est recueillie à la seconde consultation ou en cas d’impossibilité par téléphone. Ce contrôle permet d’adapter si nécessaire le traitement initial. La comparaison des rangs est faite à l’aide d’un test de Wilcoxon (p=90%) et l’analyse des données en intention de traiter. Une stratification distingue le groupe ayant reçu une anesthésie locale en traitement de première intention. 50 patients des deux sexes (H/F=1:1) ont été inclus. Ils sont âgés de 39±6 ans. 10% (5/50) ont été adressés par un Service spécialisé de l’Hôpital; 90% (43/50) ont été adressés par des praticiens ou ont consulté spontanément. 92% (46/50) ont bénéficié d’un traitement initial médicamenteux-74%  (37/50) d'un traitement médicamenteux seul-10% (5/50) d'un traitement médicamenteux associé à une AL et une extraction-2% (1/50) d’une AL associée à un traitement médical et 2% (1/50) d’un traitement médicamenteux avec extraction. La diminution de l’intensité douloureuse est de 52,7%±48,6 (n=34, H/F=5/6) correspondant au critère d’efficacité antalgique (≥50%). L’anesthésie locale indiquée en cas de douleurs intenses (EN ≥ 7) a permis une rémission transitoire de la douleur assurant un relais médicamenteux dans les meilleurs délais. L’intérêt de cette enquête observationnelle est d’évaluer le traitement de la douleur aiguë permettant des correctifs pour améliorer les protocoles en vigueur dans les établissements. 

Boisseau et al.  Douleurs. 2015,16 : 179-89

Demant et al. Pain,155, 2014 : 2263-73

Alp ALANTAR, Elisabeth FLIPON (Nanterre), Martin GAUDINAT, Patrick GUEZ, Adel HAMDANI, Hafida OUARDANI, Lisa SOTO
15:10 - 15:20 #17549 - COS802 Traitement des douleurs neuropathiques oro-faciales par concentré leucocytaire et cellules souches plasmatiques. Aurgumentaire pour un protocole d'essai clinique.
COS802 Traitement des douleurs neuropathiques oro-faciales par concentré leucocytaire et cellules souches plasmatiques. Aurgumentaire pour un protocole d'essai clinique.

L’incidence des douleurs neuropathiques (DN) dans la littérature varie de 1% à 11 % 1. Celle des DN oro-faciales est mal évaluée car largement sous-estimée. Pourtant ces douleurs constituent un problème de santé publique avec des traitements mal supportés.

Les mécanismes impliqués dans la genèse et le maintien d’une DN sont biochimiquement complexes et impliquent de nombreuses voies enzymatiques mais une altération des interactions entre les neurones et leur environnement (cellules gliales et immunocompétentes) est un facteur déterminant.

Considérant cette hypothèse cellulaire de nombreux travaux ont été publiés rapportant l’usage de cellules souches ou de facteurs de croissance dérivés des plaquettes. Malgré la disparité des modèles animaux, des essais cliniques et des préparations cellulaires, les résultats sont encourageants. En particuliers ceux-ci semblent durables dans le temps et cet effet est maintenant rapporté à l’effet neuro et immuno-modulateur des cellules souches sur l’environnement plutôt qu’une transformation phénotypique.

Les cellules souches plasmatiques circulantes ne sont pas aussi abondantes que dans le tissu adipeux mais d’un accès facile. Une centrifugation lente du sang total permet d’obtenir un concentré leucocytaire (iPRF = Injectable Platelet Rich Fibrin) sans perdre ces cellules souches2. L’utilisation du PRF est classée en acte de soin et doit répondre aux principes des bonnes pratiques. Les directives ont été publiées en 2006 par la Direction Générale de la Santé dans le Guide de prévention des infections liées aux soins réalisés en chirurgie dentaire et stomatologie.

Leur usage sur des douleurs neuropathiques de la cavité buccale pourrait avoir un effet bénéfique par un mécanisme neuro et immuno-modulateur.

Cette communication rapporte les bons résultats obtenus avec un petit nombre de cas cliniques (6 patients) et propose un essai clinique randomisé en double aveugle dont le protocole a été soumis pour approbation au CPP (Comité de Protection des Personnes) et à l’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du Médicament). Sa particularité sera d’acquérir pour chaque injection une quantification et un profil immunologique des cellules souches injectées par cytométrie de flux où les principaux marqueurs des cellules souches seront étudiés : CD34+, CD31-, CD45-, CD73+, CD90+. La réponse au traitement sera corrélée aux caractéristiques de la population cellulaire injectée mais aussi aux facteurs épidémiologiques habituels (âge, comorbidités, étiologie de la DN).

Cette étude devrait permettre d’associer au traitement des DN par iPRF une valeur prédictive grâce à la traçabilité de la cytométrie de flux.

Enfin, le caractère peu coûteux, rapide d’exécution et indolore de ce traitement permettrait d’avoir une alternative significative aux traitements habituels des douleurs neuropathiques.

1Lewis M et al. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod, 2007; 103: S32.e1 – e24

2Choukroun et al. Eur J Trauma Emerg Surg, 2018; 44: 87-95

Samuel HUANG (Paris), Guy MARTI
15:20 - 15:30 #17569 - COS803 Névralgie trigéminale atypique révélatrice d’une Sclérose en Plaques Rémittente-Récurrente : A propos d’un cas.
COS803 Névralgie trigéminale atypique révélatrice d’une Sclérose en Plaques Rémittente-Récurrente : A propos d’un cas.

Introduction :

Les douleurs chroniques oro-faciales peuvent être de diagnostic complexe, tant par la multiplicité des étiologies douloureuses que de la symptomatologie qui en résulte. Le diagnostic est d’autant plus complexe lorsque le tableau clinique rapporté par le patient varie de consultation en consultation. 

 

Observation :

Il est rapporté le cas d’un homme de 35 ans, s’étant présenté en consultation douleur pour avis et prise en charge de douleurs chroniques secteur 4 secondaires à l’avulsion de 48 deux ans auparavant.

Initialement, il rapportait des démangeaisons gingivales secteur 4 et une sensation de chaleur suivie ultérieurement de l’apparition de décharges électriques en regard de 48 irradiant au secteur 1 et dans la région temporale droite. Les douleurs étaient aggravées par le sucre et calmées par le chaud. De multiples hypothèses diagnostiques avaient été émises auparavant (myalgies, arthralgies, parotidite bactérienne, ostéite…) sans qu’aucun traitement n’apporte de soulagement au patient.

L’examen clinique initial n’objectivait aucune anomalie notable hormis une discrète hyperesthésie droite (V3) et une racine résiduelle de 48 à proximité du nerf alvéolaire inférieur droit. L’avulsion de celle-ci permit une courte rémission de la symptomatologie pendant 2 semaines suivie d’une récidive rapide. L’hypothèse d’une neuropathie trigéminale douloureuse post-traumatique fut émise et un traitement par prégabaline (150 mg/jour) a été instauré. En l’absence d’efficacité et devant la modification du tableau clinique (décharges électriques régulières le long du V3, avec un fond douloureux intercritique à type de brûlures), il a été émis une nouvelle hypothèse de névralgie trigéminale atypique. Un traitement d’épreuve par carbamazépine (400mg/jour) a permis une amélioration notable de la symptomatologie clinique la première semaine avec un échappement rapide et une réapparition de la symptomatologie les semaines suivantes.

Le bilan étiologique (avis neurologique et IRM cérébrale) permit la découverte d’une Sclérose en Plaques de forme Rémittente-Récurrente (SEP-RR) méconnue. Le patient a été hospitalisé à plusieurs reprises en service de neurologie pour bilan et prise en charge de sa SEP-RR.

 

Discussion :

Les manifestations oro-faciales des SEP sont nombreuses, variées, mais non spécifiques. Dans le cas présent, la variabilité de la symptomatologie douloureuse peut être expliquée par les phases de rémission et récurrence qui caractérisent cette forme de SEP. La névralgie trigéminale secondaire à une SEP est une entité clinique spécifique, bien individualisée dans la classification ICHD-3. Elle peut être la manifestation inaugurale d’une SEP et se caractérise par une moins bonne réponse aux traitements pharmacologiques et neurochirurgicaux comparativement à une névralgie trigéminale classique.

 

Conclusion :

Toute névralgie trigéminale chez un homme jeune doit être considérée comme secondaire jusqu’à preuve du contraire.

Arek SULUKDJIAN (Paris), Salomé MASCARELL, Diane NGUYEN, Vanina LUCIANI, Audrey CHANLON, Nathan MOREAU
15:30 - 15:32 #17596 - COS804P Douleurs neuropathiques post chirurgicales : pertinence d'une prise en charge précoce.
COS804P Douleurs neuropathiques post chirurgicales : pertinence d'une prise en charge précoce.

Introduction

Les pathologies algiques chroniques de la sphère oro-faciale sont pour la plupart très complexes et parfois frustrantes pour le praticien comme pour le patient. Elles regroupent plusieurs entités. Certaines d’entre elles sont stéréotypées et de diagnostic aisé. D’autres le sont moins, notamment les douleurs oro-faciales neuropathiques dont le diagnostic est plus difficile et le traitement plus laborieux.  C’est le cas des odontologies atypiques ou des douleurs neuropathiques post opératoires dont les multiples examens cliniques et complémentaires ne confirment aucune étiologie organique alors que les patients en souffrent et sont amenés à consulter plusieurs spécialistes.

On rassemble sous le terme de « douleur neuropathique » les douleurs consécutives à une lésion du système nerveux central ou périphérique. L’Association  Internationale d’Étude de la Douleur (IASP) définit la douleur neuropathique comme « une douleur liée à une lésion ou à une maladie affectant le système somato-sensoriel ».

Observation

Deux observations de douleurs oro-faciales post-opératoires sont présentées. Dans les deux cas, les douleurs ont été diagnostiquées comme douleurs neuropathiques. Le premier cas est consécutif à l’avulsion de dents de sagesse. Sa prise en charge a été rapide et a donné des résultats positifs à savoir la guérison complète du patient. Dans le deuxième cas, les douleurs sont consécutives à la pose d’un implant. La régression de la douleur n’a pu être obtenue malgré la dépose de celui-ci. En revanche, la prise en charge de la douleur par une thérapie antalgique conventionnelle, inappropriée et inefficace dans ce cas, n’a pas pu améliorer la situation de la patiente. Au contraire, elle a été à l’origine d’une errance diagnostique et médicale. Les prescriptions recommandées dans de telles situations, tardive dans ce cas, n’ont pu apporter une quelconque amélioration. La patiente devra bénéficier d’une thérapeutique à vie, sans pour autant pouvoir se satisfaire d’une disparition complète de la douleur.

Conclusion

Devant un patient présentant une douleur post-opératoire, inexpliquée soit-elle, il est donc nécessaire de toujours évoquer une étiologie neuropathique et la traiter en tant que telle. Le questionnaire DN4, qui présente une grande sensibilité et une grande spécifié, est un outil d’aide au diagnostic non négligeable. La prise en charge thérapeutique de première intention fait appel à des antidépresseurs tricycliques ou à des anti-épileptiques, parfois en association aux thérapeutiques alternatives. La guérison sera obtenue plus facilement en cas de prise en charge précoce.

 

Said KIMAKHE, Léonie QUÉNEL (Nantes), Philippe LESCLOUS
Espace Milhaud
15:15

Vendredi 17 mai

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15:15 - 15:45

Communications libres Implantologie

Modérateurs : Sylvie BOISRAME, Romain LAN (MCU-PH) (Marseille)
15:15 - 15:25 #17594 - COS601 Développement d'un modèle d'intelligence artificielle pour identifier la marque et le modèle d'un implant dentaire à partir d'une radiographie.
COS601 Développement d'un modèle d'intelligence artificielle pour identifier la marque et le modèle d'un implant dentaire à partir d'une radiographie.

Introduction

En novembre 2018, une enquête journalistique internationale a révélé de graves lacunes dans le contrôle et la traçabilité des dispositifs médicaux implantables (DMI). Ce manque de contrôle se traduit dans notre exercice quotidien par des difficultés à pouvoir identifier la marque et le modèle d'un implant dentaire mis en place par un confrère chez un nouveau patient, notamment en contexte de consultation d'urgence. Avec l'avènement et la démocratisation des outils d'intelligence artificielle (IA) appliqués à la médecine, il paraît désormais possible de répondre à cette problématique. L'objectif de notre travail était de créer un modèle informatique capable d'identifier la marque et le modèle d'un implant dentaire à partir d'une radiographie rétro-alvéolaire ou d'un orthopantomogramme en utilisant un réseau de neurones artificiels.

Matériels et méthodes

Une liste de plus de 2200 références pour environ 300 marques d’implants a été établie à partir de la base de données publique de l'ANSM et du site http://osseosource.com. Des radiographies (rétro-alvéolaires et orthopantomogrammes) de chaque implant ont été recherchées à partir de différentes bases de données publiques. Un réseau de neurones artificiels a été développé en langage Python via le réseau de neurones convolutifs Inception-v3 de TensorFlow™, puis entraîné à partir d'un échantillon de clichés radiographiques. La précision et la fonction d’efficacité du récepteur (courbe ROC) du modèle ont été calculées. Celui-ci a ensuite été déployé afin d'être utilisé sur différents supports (ordinateur, tablette et smartphone).

Discussion

Ce travail était le premier à notre connaissance à utiliser l'IA en chirurgie orale dans le but d'identifier un DMI à partir d'une radiographie. Les résultats préliminaires obtenus semblent s'exprimer cliniquement par une sécurité accrue pour les patients et un gain de temps dans l'identification des implants dentaires pour le praticien. Les forces de notre modèle portent la possibilité de l'utiliser à partir de différents supports via une interface accessible, et par la capacité d'auto-entraînement du réseau de neurones artificiels.

Conclusion

Notre modèle pourra être amélioré en augmentant la quantité et la diversité des radiographies utilisées pour son entraînement, et aussi par son auto-entrainement engendré par les requêtes des utilisateurs. Il pourra dans un second temps être étendu à l'identification d'autres DMI (plaque d'ostéosynthèse, mini-vis, prothèse totale de hanche ?).

Mehdi HADJ SAÏD (Marseille), Marc-Kévin LE ROUX, Arthur VAROQUAUX, Jean-Hugues CATHERINE, Romain LAN
15:25 - 15:35 #17606 - COS602 Mise en place d’implant dentaire au travers de dents incluses : Revue de la littérature.
COS602 Mise en place d’implant dentaire au travers de dents incluses : Revue de la littérature.

Introduction : La canine maxillaire possède un taux relativement élevé d’inclusion allant de 1 à 3%.

Lorsque la solution par traction orthodontique est difficilement envisageable ou se trouve en situation d’échec, l’alternative est alors implantaire.

Une des stratégies chirurgicales « non-conventionnelle » s’affranchit de la nécessité d’extraire la dent incluse et propose la mise en place de l’implant au travers de celle-ci. L’objectif principal de cette revue de littérature était d’étudier les données disponibles actuelles pour identifier l’intérêt et le taux de succès à long terme de cette technique en comparaison aux autres techniques de réhabilitation conventionnelle (implants courts et extraction/implantation).

Matériels et méthode : Une revue systématique de littérature portant sur les techniques implantaires au travers des dents incluses a été réalisée par deux lecteurs indépendants selon les critères PRISMA portant sur les bases de données Pumed et Google Scholar (1950 -). Des mots clés ont été prédéfinis et utilisé à l’aide des opérateurs boléens, en Mesh Terms (« impacted teeth » AND « dental implant »), ou « libres » afin d’être le plus exhaustif possible.

Résultats : Après élimination des doublons, 5 articles publiés entre 2009 et 2015 et référençant 21 patients ont été retenus après lecture des résumés et répondaient aux critères d’inclusions.

Les articles ne traitant pas spécifiquement de dents incluses ont été écartés. Après lecture des manuscrits, certains cas étant plusieurs fois recensés dans différents articles, seul 14 patients et 23 implants mis en place avec cette technique ont été analysés. La totalité des articles trouvés étaient l’œuvre de deux auteurs : Davarpanah Mithridade et Szmukler-Moncler Serge.

L’indication de cette technique concernait le plus souvent une demande de remplacement d’une ou plusieurs canines maxillaires (n=8, 57,14%) dont 3 patients avaient pour cause une canine temporaire devenue mobile (37.5%). Deux patients demandaient la réhabilitation d’un édentement plural maxillaire incluant une ou plusieurs canines maxillaires (14,29%). Dans deux autres cas, une réhabilitation totale maxillaire était indiquée (14,29%) et les deux derniers cas concernaient une réhabilitation mandibulaire (14,29%). Le taux de succès implantaire dans cette série était de 95%.

Discussion – conclusion :

Cette revue systématique montre une littérature relativement pauvre, car seuls deux auteurs publient sur cette technique. Le taux de succès implantaire est satisfaisant et comparable aux autres techniques « conventionnelles ».

Ce protocole semble séduisant car il réunit les avantages d’un traitement rapide et peu invasif.

En revanche, pour évaluer cette solution implantaire, il semble intéressant de réaliser une étude prospective et multicentrique pour une évaluation du taux de survie à long terme.

Ivan ROMANET (Aix-en-Provence), Lisa SAIB, Emilie QUINQUE, Jean-Hugues CATHERINE, Romain LAN
15:35 - 15:37 #17506 - COS603P L’hyperhomocystéinémie : Une cause silencieuse d’échec implantaire ?
COS603P L’hyperhomocystéinémie : Une cause silencieuse d’échec implantaire ?

L’hyperhomocystéinémie (HHCy) est une pathologie liée à des désordres métaboliques causée par des carences nutritionnelles ou  par des mutations et se traduisant par une accumulation plasmatique et tissulaire importante d’homocystéine (HCy), un acide aminé non protéogénique. Cette accumulation est à l’origine d’altérations structurales et fonctionnelles des réseaux collagéniques et élastiques. Ces anomalies expliqueraient ainsi les malformations vasculaires, les thromboses répétées et  les défauts d’angiogénèse (Skovierova 2016).

Dans ce cadre, une Femme âgée de 45 ans  atteinte d’une HHCy liée à une mutation homozygote du gène de la méthylène-tétrahydrofolate réductase (MTHFR) enzyme indispensable à la reméthylation de l’HCY en méthionine (OMIM 236250), s’est présentée à la FMD-USJ pour la pose d’implants suite à deux échecs antérieurs dans le même quadrant mandibulaire gauche.

La radio de la patiente révèle des images ostéocondensantes centrales du maxillaire et de la mandibule et même palatines prenant les deux corticales linguale et palatine doublées  d’un épaississement du périoste surtout aux sites d’édentements.

Lors d’une intervention palliative une carotte osseuse ainsi qu’une biopsie gingivale ont été prélevées du site mandibulaire gauche afin d’études histologiques. Les coupes osseuses colorées par l’Hématoxiline éosine et le Thrichrome de Masson montrent une nécrose osseuse aseptique, avec un dépôt excessif de fibres de collagène tandis que les colorations au rouge de picrosirius (RS) et à la (+)catéchine fuschine (CF) permettent d’observer une gencive dont les fibres de collagène sont courtes, épaissies et mal distribuées (RS), ainsi qu’un réseau élastique se distinguant par la présence des fibres élastiques particulièrement épaisses et denses (CF).

Ces lésions réactionnelles en zones gingivo-osseuses sont jusqu’à présent les premières à avoir été décrites chez une patiente atteinte d’HHCy. De nombreuses études montrent que les accumulations de l’HCy sont à l’origine d’altérations du tissu conjonctif impliquant des modifications structurelles de la fibrilline-1 et de sa capacité à réguler la biodisponibilité du TGFb (Hubmacher 2005). Ces altérations structurales du réseau élastique s’accompagnent d’un déséquilibre entre les métalloprotéases matricielles et leurs inhibiteurs spécifiques (TIMPs) conduisant à des dégradations tissulaires (Samouillan 2009). Ces altérations du remodelage tissulaire expliqueraient dans le cas rapporté la mauvaise qualité de cicatrisation. Concernant la patiente, la pose d’implants semblerait écartée de facto. Les résultats obtenus sont des éléments en faveur des échecs répétitifs de l’ostéointégration des implants. Une réhabilitation par une prothèse amovible serait une sage décision en attendant une meilleure connaissance de la pathogénie.

Škovierová H et al. Int J Mol Sci, 2016: 17.1710-1733

Hubmacher D et al. J Bio Chem 2005: 280.34946-34955

Samouillan V et al, J Biomed Mater Res A 2009: 93A.696-703

Bachar HUSSEINI (BEYROUTH, Liban), Ronald YOUNES, Karim SENNI, Edgard NEHMÉ
15:37 - 15:39 #17520 - COS604P Augmentation de volume tissulaire au niveau d'un pontique inter-implantaire à l'aide d’un substitut gingival collagénique xénogène.
COS604P Augmentation de volume tissulaire au niveau d'un pontique inter-implantaire à l'aide d’un substitut gingival collagénique xénogène.

Les techniques d’augmentation de volume des tissus mous ont été bien décrites dans la littérature. Elles sont variées et peuvent inclure des greffes d’origine autogène (greffes conjonctive ou épithélio-conjonctive) ou des substituts gingivaux d’origine animale ou synthétique. Les greffes autogènes demeurent le «gold standard» en matière de gain et de stabilité du volume (Thoma 2014). Cependant elles présentent des inconvénients et des limitations, telle la morbidité au niveau du second site opératoire, ainsi que les variations qualitative et quantitative du greffon prélevé. Afin d’y remédier, différents substituts gingivaux ont été introduits. Parmi ceux-ci, une matrice xénogénique de collagène réticulé à volume stable (VCMX) a été développée récemment et évaluée dans le cadre de plusieurs études in-vitro, précliniques et cliniques (Mathes 2010, Zeltner 2017).

Actuellement, aucune donnée n'est disponible sur l'utilisation de substituts gingivaux pour l’augmentation tissulaire au niveau des pontiques inter-implantaires. D’où l’intérêt de ce cas clinique chez un patient présentant un édentement de 3 dents. Deux implants enfouis ont été posés, associés à la pose d’une matrice de collagène xénogénique (Geistlich Fibro-Gide®) au niveau du pontique. Une empreinte optique du site a été prise en pré-opératoire, ainsi qu’à 1 mois et 3 mois en post-opératoire. Un conditionnement tissulaire a été de même exécuté à l’aide de provisoires remodelant graduellement l’excès de volume obtenu. Après la pose de la prothèse définitive, des mesures linéaires et volumétriques ont été retirées à partir d’une nouvelle empreinte optique.

La superposition des 3 modèles digitaux pré-prothétiques a permis d’évaluer, grâce à un logiciel, le gain tissulaire jusqu’à 3 mois au niveau du pontique. Les «Patient-Reported Outcome Measures» enregistrés ont servi à mettre en évidence les suites opératoires réduites. Le résultat esthétique a été évalué grâce à plusieurs indices: «Pink Esthetic Score», «Papilla Index», «White Esthetic Score» et «Pontic Height».

Le succès de la réhabilitation dentaire ne repose pas uniquement sur la restauration prothétique mais aussi sur sa complémentarité avec l’architecture gingivale sous-jacente. Cette harmonie est particulièrement difficile à restituer au niveau des bridges implantaires fixes à cause d’une déficience du volume de la zone de pontique. Ce cas clinique a démontré l’amélioration du profil d’émergence des restaurations implanto-portées grâce à l’utilisation d’un substitut tissulaire permettant de rétablir l’architecture naturelle.

Le substitut tissulaire xénogénique a prouvé, à moyen terme, une stabilité volumétrique permettant une réhabilitation dentaire fonctionnelle et esthétique. Des études supplémentaires permettront de comparer ce substitut aux greffes gingivales autogènes.

Sanz Martin I et al. Clin. Oral Impl. Res. 2016; 27: 969–974

Zeltner M et al. J Clin Periodontol 2017; 44: 446–453

Thoma D et al. J Clin Periodontol 2017; 44: 185–194

Ralph WAK (Beyrouth, Liban), Ronald YOUNES
15:39 - 15:41 #17533 - COS605P Présentation d’un cas d’emphysème thoraco-facial : une complication rare en implantologie.
COS605P Présentation d’un cas d’emphysème thoraco-facial : une complication rare en implantologie.

L'emphysème sous-cutané( ESC) est la présence d'air dans les tissus sous-cutanés. Cette complcation iatrogène peut survenir au niveau de la face lors des soins bucco-dentaires. On rapporte un cas d'ESC facial massif après la pose d'implants maxillaires avec mise en charge immédiate d'un bridge complet.

Le cas rapporté est celui d'une patiente de 72 ans qui a bénéficié à titre externe sous anesthésie locale d'avulsions multiples puis de la pose de six implants avec mise en fonction immediate d'un bridge complet provisoire. En peropératoire,lors de la mise en charge , elle a présenté un oedème palpébro-jugal dans un contexte d'éternuements et d'utilisation de la turbine. Pris pour une reaction allergique au début et malgé l'administration de la loratadine, l'évolution a été marquée par une diffusion généralisée de l'oedeme au niveau facial et vers les régions cervico-thoraciques. A l'admission aux urgences la patiente présente une bouffissure du visage avec un oedème périorbitaire g^enant l'ouverture spontanée des yeux prédominant du coté droit. aucune détresse respiratoire n'est constatée et son état hémodynamique est stable. Le diagnostic  d'empysème a été confirmé plus tard avec la palpation cutanée d'une tumefaction douloureuse froide mobilisable , de consistance molle avec des crépitations neigeuses audibles des régions thoraco-cervico-faciales. Des ponctions évacuatrices réalisées à l'aiguille a permis de diminuer le volume gazeux au niveau palpébral. la tomodensitométrie a mis en évidence de multiples images radio-claires étendues aux loges profondes cervico-faciales et en intraorbitaire responsable de phosphènes par compression du nerf optique. L'évolution a été favorable  après huit jours sous antalgique associé à une couverture antibiotique  et de corticoide .

L'ESC facial, secondaire à une pose d'implants dentaires , n'a jamais été rapporté jusque-là dans la litterature . Dans l'observation rapportée , il y'a eu des éternuements en peroperatoire mais aussi l'utilisation de turbine lors de la mise en charge. Avec le decollement du lambeau muco-périosté, l'air est passé entre la muqueuse et le périoste puis a franchi l'espace infraorbito-jugal pour atteindre voire diffuser à travers les fasciasprofonds des loges cervico-faciales et médiastinales. Le principal diagnostic différentiel est la reaction allergique typique d'oedème de Quincke ( Sakakibara A 2015). Les complications graves sont rares :dyspnée, détresse respiratoire, dysphagie, une defaillance hémodynamique par pneumo-péricarde compressif, une embolie gazeuse et des infections sévères telles que la cellulite ou médiastinite d'évolution fatale (Cheol-Hée J 2018). Notre patiente a présenté une dysphagie et des phosphènes en rapport avec son pneumorbite par compression du nerf optique. Le traitement est fonction de l'évolution de l'emphysème ( Adouko-Aka JA 2015).

L'ESC facial est une affection impressionnante cependant bénigne , qui doit etre prise en charge de façon adéquate .  

Abibou NDIAYE (chambery)
15:41 - 15:43 #17587 - COS606P Thérapeutique implantaire dans la réhabilitation des malformations artério-veineuses mandibulaires.
COS606P Thérapeutique implantaire dans la réhabilitation des malformations artério-veineuses mandibulaires.

Introduction : Les malformations artério-veineuses (MAV) sont des malformations congénitales rares se caractérisant par la présence d’un shunt artério-veineux à flux rapide, sans réseau capillaire. Elle représente 1,5% des malformations vasculaires, 50% de ces MAV ont une localisation oro-faciale. La majorité (70%) des MAV maxillo-faciale concernent les tissus mous du visage et du cuir chevelu (1). La localisation intra-osseuse représente souvent une localisation péjorative, associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité. Le traitement des MAV est pluri-disciplinaire. Il dépend du stade de la MAV. Il associe le plus souvent une embolisation associée ou non à une chirurgie d’exérèse. La perte de substance dans les localisations maxillo-mandibulaire est souvent importante, intéressant l’os alvéolaire voire basilaire et les dents. La réhabilitation implantaire de ces pertes de substance représente un défi thérapeutique.

Observation : Un patient de 24 ans était pris en charge pour une réhabilitation implantaire mandibulaire droite. Ce dernier avait présenté un antécédent de MAV de la mandibule droite diagnostiqué sur une hémorragie massive et traité en 9 ans auparavant.

Discussion : La localisation intra-osseuse maxillo-mandibulaire des MAV est rare, elle représente moins de 5% de l’ensemble des MAV (1). L’aspect radiologique n’est pas pathognomonique. Un thrill, un battement peut être retrouver à l’examen clinique et orienter le diagnostic, cependant, la pathologie est souvent révélée par une hémorragie massive, pouvant mettre en jeu le pronostic vital (2). Les signes d’appels de ces malformations doivent être connus afin d’orienter le diagnostic et limiter le risque d’hémorragie iatrogène lors d’intervention chirurgicale. La reconstruction osseuse des MAV est largement décrite, la littérature est pauvre concernant les réhabilitations prothétiques associées. Le cas clinique présenté permet de mettre en évidence des problématiques spécifiques aux MAV. Un bilan d’imagerie préopératoire exhaustif (echo-doppler, angio-IRM) serait capital afin d’éliminer une récidive ou un reliquat de MAV rendant dangereux tout geste implantaire (3). La planification implantaire peut être rendue difficile par la présence d’artéfacts radiologiques liés au produite d’embolisation. Le défaut de vascularisation lié à l’embolisation et la présence de matériel d’embolisation endo-osseux pourrait interférer avec l’ostéo-intégration des implants.

 

Bibliographie

 

1 - Collin A-C et al., Intraosseous arteriovenous malformations. Rev Stomatol Chir Maxillofac. févr 2010;111(1):11‑8

 

2 - Kaderbhai J, et al., High-flow paediatric mandibular arteriovenous malformations: case reports and a review of current management. Int J Oral Maxillofac Surg. déc 2017;46(12):1650‑5

 

3- Qu X et ai., Two-year follow-up of osseointegration and rehabilitation in a patient with oral and maxillofacial arteriovenous malformations. Int J Oral Maxillofac Surg. sept 2013;42(9):1079‑82

Romain LAN (Marseille), Ugo ORDIONI, Fanny PRINCE, Eric LOYER, Jean-Hugues CATHERINE, Gérald MAILLE
15:43 - 15:45 #17600 - COS607P Réhabilitation secondaire d'une atrophie osseuse mandibulaire postérieure péri-implantaire : réflexions à propos d'un cas.
COS607P Réhabilitation secondaire d'une atrophie osseuse mandibulaire postérieure péri-implantaire : réflexions à propos d'un cas.

Introduction : Les pertes osseuses péri-implantaires tardives constituent des situations fréquentes auxquelles doivent faire face les praticiens. Si la dépose de ces implants constitue dans la majorité des cas la réponse au problème posé,en raison de la faiblesse de l’ancrage restant, l’existence d’une ostéointégration résiduelle satisfaisante pose la question la conservation de l’implant.

Observation : Le cas d’une patiente de 58 ans porteuse initialement de deux implants de large diamètre en 36 et 37 est rapporté afin d’illustrer cette problématique ; l’atrophie squelettique en lieu et place de 36,préalablement perdu, et partielle en lieu et place de 37, toujours présent sur l’arcade nécessitant selon le plan de traitement initial une reconstruction secondaire avec dépose simultanée de l’implant distal. Malgré l’importance de la lyse préimplantaire objectivée sur les clichés rétroalvéolaires orthogonaux, la reconstruction globale de la branche horizontale incluant 37 est, en raison d’une ostéointégration résiduelle satisfaisante choisie pré-opératoirement.

Discussion : La dépose des implants en particulier de large diamètre n’est en effet dénuée de complications iatrogènes notamment dans la région mandibulaire postérieure où la prévalence d’atteinte du pédicule vasculo-nerveux et de destruction squelettique, malgré l’usage de la piezo chirurgie, ne peut être sous-estimée. Ce cas illustre, en raison d’un ancrage résiduel satisfaisant et en absence de péri implantite le choix difficile d’une conservation éventuelle de tels implants atteints avec reconstruction in situ.

Conclusion : L’objectif de cette communication consiste, en se basant sur un cas représentatif, à analyser les critères per-opératoires qui ont amenés à choisir la conservation d’un implant en région mandibulaire postérieure et à reconstruire le volume squelettique in situ. Une étude de la bibliographie complète l’arbre décisionnel.

Kinz BAYET (PARIS), Benoit PHILIPPE
Amphithéâtre
16:15

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CIM
16:15 - 17:15

Communications libres chirurgie orale

Modérateurs : Yordan BENHAMOU (Attaché hospitalier, pratique privée) (NICE), Bruce PLAUT (PH / libéral) (Marseille-Nîmes)
16:15 - 16:25 #17486 - COS701 Gestion d’un volumineux kyste dentigère dans une mandibule atrophique : quelle prise en charge ?
COS701 Gestion d’un volumineux kyste dentigère dans une mandibule atrophique : quelle prise en charge ?

Les kystes dentigères sont des kystes d’origine odontogénique qui sont associés à la couronne d’une dent incluse ou enclavée. Ce sont les deuxièmes kystes les plus fréquents au niveau des mâchoires.

La mandibule édentée subit un processus de résorption, avec disparition de l’os alvéolaire et diminution progressive du volume osseux basal. La population étant vieillissante, les patients avec des mandibules atrophiques sont de plus en plus fréquents et la prise en charge de différentes pathologies (kystes, fractures) deviendra moins rare.

Le cas clinique rapporté est celui d’une patiente de 85 ans qui présentait un volumineux kyste dentigère mandibulaire, dans un contexte de mandibule atrophique. Elle présentait par ailleurs un diabète de type II équilibré et une démence débutante. L’examen CBCT mettait en évidence des corticales résiduelles soufflées et rompues par endroit. L’exérèse de la dent et du kyste sous anesthésie générale a été effectuée, avec mise en place d’une plaque de reconstruction de type « load bearing » compte tenu du risque majeur de fracture de la mandibule.

Le traitement des kystes volumineux au sein d’une mandibule atrophique avant que la fracture n’ait eu lieu n’a pas été retrouvé dans la littérature.

Les fractures pathologiques de la mandibule dans le cadre d’une tumeur bénigne sont rares. Le traitement le plus souvent retrouvé est l’énucléation kystique et la mise en place de matériel d’ostéosynthèse (Boffano 2013). Plusieurs approches thérapeutiques sont possibles dans le cadre de ce type de lésion, et notamment la marsupialisation (ou décompression). Chez une patiente démente, ce type de thérapeutique est contre indiqué.

L’abord endobuccal permet d’effectuer l’exérèse kystique et l’avulsion dentaire de façon optimale. La mandibule ne s’étant pas fracturée, la mise en place de la plaque de reconstruction s’est également faite par cette voie. Cependant, cela peut entraîner une contamination salivaire du site et un risque d’atteinte des nerfs alvéolaires inférieurs majoré.

Plusieurs types de plaques d’ostéosynthèses sont utilisables. Du fait de l’atrophie mandibulaire, ce cas a été traité comme une fracture de mandibule atrophique, avec mise en place de plaque de reconstruction de type « load-bearing ». Les miniplaques d’ostéosynthèse qui fonctionnent en « load sharing » sont plus aisées à mettre en place mais présentent un risque important de fracture et de débricolage. (Madsen 2009)

Il a été décidé de ne pas combler la cavité après l’énucléation. Une bonne cicatrisation osseuse après énucléation de kystes des mâchoires, même de grande taille, sans comblement ni greffe a été retrouvé dans la littérature (Ettl 2012). La préservation du périoste et des parois osseuses sont les critères les plus importants pour une bonne cicatrisation osseuse.

Boffano P. Dent Traumatol Off Publ Int Assoc Dent Traumatol. 2013;29:185‑96.

Madsen MJ. Oral Maxillofac Surg Clin N Am. 2009; 21:175‑183, v

Ettl T. J Cranio-Maxillofac Surg. 2012; 40:485‑93.

Mélanie LE DONNE (Lyon), Robin JOUAN
16:25 - 16:35 #17492 - COS702 Kystes dentigères bilatéraux chez une patiente non syndromique : à propos d'un cas.
COS702 Kystes dentigères bilatéraux chez une patiente non syndromique : à propos d'un cas.

Introduction : Les kystes dentigères (péricoronaires ou folliculaires) appartiennent au groupe des kystes odontogéniques liés au développement. Issus de résidus épithéliaux de la lame dentaire, ils se développent à la jonction émail-cément d'une dent incluse. Ces kystes représentent environ 21% des kystes odontogéniques, soit les 2èmeskystes les plus fréquents.1Ils sont souvent uniques et associés à une 3èmemolaire incluse. Des localisations multiples ont été rarement rapportés chez des patients non syndromiques.2, 3 Observation : Une femme de 25 ans consultait pour des douleurs du secteur 4, intenses (EVA 80/100), toutes les dents étaient vivantes et avaient une mobilité physiologique. L’orthopantomogramme montrait des lésions radioclaires homogènes, à bords nets et irréguliers, s’étendant des angles mandibulaires aux racines distales des 36 et 46, et du rebord alvéolaire jusqu’à la basilaire. Les lésions s’inséraient aux collets des 3èmes molaires incluses, la 48 étant refoulée vers la branche montante mandibulaire. L’examen CBCT montrait l’amincissement des corticales et le refoulement du nerf alvéolaire inférieur. Le diagnostic présomptif était celui de kystes dentigères bilatéraux, avec une complication infectieuse à droite. 

Les deux kystes ont été énucléés et les dents de sagesse avulsées sous anesthésie générale. L'analyse anatomo-pathologique confirmait le diagnostic. La patiente consultait deux mois après pour une cellulite génienne basse suite à la nécrose de 47 ; la nécrose de la 37 était également constatée. Après la prise en charge de la cellulite, le traitement endodontique des 37 et 47 a été réalisé avec une obturation par monocône et ciment tricalcique (Bioroot®) indiqué pour sa biocompatibilité et son étanchéité. 

Un suivi tous les 3 mois a été instauré afin de contrôler la réparation osseuse et la vitalité des 36 et 46.

Discussion : Les kystes dentigères sont généralement uniques et concernent des sujets jeunes1. Des localisations multiples ont été exceptionnellement décrites chez des patients en bonne santé. En effet, ces formes surviennent dans certains syndromes (Maroteaux-Lamy, dysplasie cléido-crânienne…), ou lors de la prise de médicaments (ciclosporine, bloquants de calcium…).3Une revue récente de la littérature n'a relevé que 30 cas de kystes dentigères multiples non syndromiques.3Dans le cas rapporté, une maladie générale et la prise de médicaments ont été écartées après entretien avec la patiente et examen général pratiqué par son médecin.

Conclusion : Les kystes dentigères bilatéraux non syndromiques sont rares. La chirurgie des lésions volumineuses comporte le risque de complications dont il faut informer le patient. Le suivi régulier permet de contrôler la cicatrisation osseuse et de traiter les complications éventuelles.

  1. Bilodeau EA et al. Surg Pathol Clin2017; 10(1): 177–222.

  2. Dhupar A et al. J Stomatol Oral Maxillofac Surg2017; 118(1): 45–48. 

  3. Khandeparker RV et al. Case Rep Dent2018: 7583082

Soufiane BOUSSOUNI (Paris), Martin GAUDINAT, Loredana RADOI, Thông NGUYEN
16:35 - 16:45 #17540 - COS703 Etude pilote en France sur l’infiltration d’anesthésiques locaux en pré- et per opératoire pour des actes de chirurgie orale réalisés sous anesthésie générale et revue narrative de la littérature.
COS703 Etude pilote en France sur l’infiltration d’anesthésiques locaux en pré- et per opératoire pour des actes de chirurgie orale réalisés sous anesthésie générale et revue narrative de la littérature.

RESUME

Introduction : Les arguments divergent concernant la combinaison : anesthésie locale (AL) et anesthésie générale (AG). Le but de ce travail est d’évaluer les pratiques en France concernant l’AL en per-opératoire pour des actes de chirurgie orale réalisés sous AG.                                                                       

Patients et méthode : Une enquête prospective a été réalisée auprès de 250 praticiens pratiquant la chirurgie orale (CNIL-2045135v0 e). Une revue de la littérature sur le moteur de recherche MEDLINE (PubMed) couvrant la période de janvier 2000 à septembre 2017 avec les mots clefs « local anaesthesia, general anaesthesia, nerve block, oral surgery, otorhinolaryngological surgery, dental surgery or maxillofacial surgery”. Nous avons adressé par mail un questionnaire à 250 chirurgiens oraux participant au congrès de la SFCO 2017 à Rouen.  Il comportait onze interrogations. Les habitudes anesthésiques du chirurgien pour leur patient sous AG étaient questionnées ainsi que leurs justifications.

Résultats : Parmi les 77 praticiens ayant participé, 88.3% sont issus de la filière odontologique et sont majoritairement issus de la classe d’âge 25-34 ans. Plus de la moitié (59%) infiltre le site opératoire, 46% d’entre eux en pré-opératoire, 24% en per-opératoire et 11% en post-opératoire. 11% d’entre eux n’utilisent jamais d’AL sous AG. A l’issue de notre procédure de sélection de la revue de la littérature, 9 articles en rapport avec les critères de sélections ont été retenus et expliqués.                                                              

Discussion : L’AL sous AG semble présenter des avantages pour la gestion de la douleur post-opératoire, la dissection du premier plan muqueux et la gestion de l’hémostase par diminution de la pression artérielle. Elle aurait aussi un intérêt pour lutter contre le reflexe trigéminocardiaque, les nausées et les vomissements post-opératoires. Les contres indications restent les mêmes que chez un patient à l’état vigile. Chez l’enfant elle serait à utiliser avec modération pour limiter le risque de morsure au réveil.

Conclusion : Les indications de l’AL sous AG sont opérateurs-dépendantes et l'analyse de la littérature ne nous permet pas de trancher sur une recommandation de l’AL en per-opératoire en fonction des actes de chirurgie buccale réalisés sous AG. Elle présente cependant des avantages divers et les risques sont rares.

Charlotte DE VERBIZIER, Sébastien LAURENCE, Hafian HILAL, Sahar MOUSSA BADRAN, Clara BRETAUDEAU, Fréderic DENIS, Charlotte DE VERBIZIER (Metz)
16:45 - 16:55 #17556 - COS704 Décompression des « grands » kératokystes odontogènes : illustration par deux cas cliniques.
COS704 Décompression des « grands » kératokystes odontogènes : illustration par deux cas cliniques.

Introduction

Rare et bénin, le kératokyste odontogène (KO) présente un taux de récurrence supérieur à 60% après chirurgie initiale (1). Il se caractérise par un épithélium pavimenteux stratifié kératinisé et une vitesse de croissance importante. Depuis la quatrième édition de la classification de l’OMS des tumeurs de la tête et du cou (2017), les KO ne sont plus considérés comme des tumeurs mais comme des kystes. En effet, les néoplasmes ne peuvent régresser spontanément ; en revanche les KO peuvent complètement régresser par décompression (2,3).

 

Observations 

Le premier cas proposé est celui d’une femme de 36 ans consultant pour une déformation du sinus maxillaire droit. Le cone beam montrait une lacune plurilobée maxillaire droite de 52 mm de grand axe. L’IRM évoquait un améloblastome, mais, l’anatomopathologie a posé le diagnostic de KO. Les dents maxillaires droites, dont les racines étaient à l’intérieur de la lésion, avaient conservé leur vitalité. Une canule de décompression en résine autopolymérisable a été mise en place sous anesthésie locale (AL). La patiente a poursuivi un protocole d’irrigation et une hygiène stricte. A setp mois, le volume de la lésion ayant considérablement diminué, les dents concernées ont été obturées, puis l’exérèse kystique a été pratiquée sous anesthésie générale. Aucune dent n’a été perdue. 

Le second cas est celui d’une femme de 20 ans consultant pour douleurs mandibulaires droites lancinantes et irradiantes. L’orthopantomogramme mettait en évidence une lacune plurilobée s’étendant de l’apex de la racine distale de la 47 jusqu’au processus coronoïde droit (grand axe de la lésion sur le cone beam : 56 mm). L’examen d’anatomopathologie a conclu à un KO. Une canule thermoformée de décompression a été mise en place sous AL. La patiente a suivi un protocole d’irrigation, avec hygiène rigoureuse. La canule a été déposée à trois mois, la décompression étant obtenue. A huit mois, l’imagerie retrouvait une nette ré-ossification des zones lacunaires périphérique avec persistance d’une lésion bilobée de 28 mm au centre de la branche mandibulaire. Une intervention a été programmée pour procéder à l’ablation du kyste résiduel.

 

Commentaire

Ces deux cas illustrent l’intérêt de la décompression dans la prise en charge chirurgicale des KO de grande taille. Les KO de petite taille font en effet généralement l’objet d’une exérèse complète et le diagnostic histologique se fait sur la pièce, tandis que les plus grands menacent souvent des structures anatomiques sensibles (ici, les dents, les nerfs infra-orbitaire et mandibulaire, l’artère maxillaire …). Une biopsie est d’abord indispensable pour préciser le diagnostic. La décompression constitue alors une option chirurgicale plus conservatrice que l’exérèse totale en un seul temps.

 

1. Chemli H et al. Rev Stomatol Chir Maxillofac, 2010;111:189-92.

2. Pogrel MA et al. J Oral Maxillofac Surg, 2004;62:651–5.

3. Wright J. Head and Neck Pathol, 2017;11:68–77

Marjorie MURET (Montpellier), Eve MALTHIERY, Jacques-Henri TORRES, Louis CRAMPETTE
16:55 - 16:57 #17516 - COS705P Quelles marges choisir lors de l’exérèse d’un adénome pléomorphe ?
COS705P Quelles marges choisir lors de l’exérèse d’un adénome pléomorphe ?

Les tumeurs des glandes salivaires représentent 3% des tumeurs de la tête et du cou. La majorité est de type épithélial (95%) et les deux tiers de ces tumeurs sont bénignes. Dans ce sous-groupe de lésion épithéliale bénigne, la plus fréquente est l’adénome pléomorphe. Il se développe majoritairement au niveau des glandes salivaires principales, en particulier la parotide. Mais dans 30% des cas, il atteint les glandes salivaires accessoires, et plus fréquemment les glandes présentent au palais dur (S. Boisramé-Gastin et al., Pathologie des glandes salivaires, 2011).

Le cas rapporté concerne une jeune femme albanaise de 33 ans. La patiente consulte pour une tuméfaction palatine droite, indolore et évoluant lentement depuis 4 ans. A l’examen clinique, la masse est ferme et bien délimitée au niveau du palais dur et ne présente pas d’ulcération. L’IRM cervico-faciale injectée est un argument supplémentaire pour définir le caractère bénin de la tumeur. La cytoponction à visée diagnostique retrouve du matériel bénin avec une composante épithéliale et myoépithéliale en faveur d’un adénome pléomorphe. Néanmoins une analyse histologique définitive est nécessaire.

La transformation maligne de cette tumeur est observée dans 5% des cas (I. Achour et al, Revue de stomatologie, de chirurgie maxillo-faciale et de chirurgie orale, 2005). Malgré un traitement chirurgical bien conduit, comprenant une exérèse totale de la lésion, il y a un risque de récidive tumorale chez une faible proportion de patients. Les récidives surviennent principalement lorsqu’une effraction capsulaire est présente.  

Devant une lésion avec des arguments cliniques, radiologiques et cytologiques faisant suspecter un adénome pléomorphe, il est nécessaire de réaliser l’exérèse complète de cette tumeur. Le risque de récidive étant décrit, les marges de sécurité de l’exérèse sont importantes à déterminer lors du geste chirurgical. En prenant en compte les marges d’exérèse et la taille tumorale, la perte de substance mesurée peut être grande, par rapport à la surface du palais. Il faut donc impérativement évaluer les solutions de couverture possibles avant l’exérèse pour reconstruire la zone excisée.

Marie COSSIEZ (Strasbourg), Eric GÉRARD, Rémi CURIEN
16:57 - 16:59 #17529 - COS706P Le laser vasculaire Nd-YAG : une alternative thérapeutique pour les grands lacs veineux de la muqueuse buccale.
COS706P Le laser vasculaire Nd-YAG : une alternative thérapeutique pour les grands lacs veineux de la muqueuse buccale.

Les lacs veineux sont des anomalies vasculaires bénignes situées fréquemment au niveau des lèvres et de la muqueuse buccale. Leur traitement n’est pas systématique, il est indiqué en fonction de leur retentissement sur la qualité de vie des patients (esthétique, saignements lors de traumatismes répétés). Les modalités de prise en charge sont multiples : chirurgie, cryochirurgie à l’azote liquide, sclérothérapie, photocoagulation laser. Il n’existe, actuellement, aucun traitement standardisé. Les cas de deux patientes présentant des lacs veineux intra-oraux traités efficacement après une seule séance de laser Nd-YAG long pulse sont rapportés.

La première patiente, âgée de 67 ans, présentait depuis plusieurs années deux lacs veineux : l'un au niveau de la muqueuse jugale, de 20 mm de diamètre, l'autre localisé à la face dorsale de la langue, de 18 mm de diamètre. Les deux lésions étaient source de gêne fonctionnelle pour la patiente. Chez la seconde patiente, âgée de 68 ans, un lac veineux de 15 mm de diamètre était localisé au niveau de la face interne de la lèvre supérieure droite. Cette patiente présentait comme antécédents un traumatisme balistique facial majeur, avec de multiples chirurgies de reconstruction maxillofaciales. Pour les deux patientes, un traitement par laser vasculaire Nd-YAG long pulse a été proposé et conduit avec les paramètres suivants : PAM de 7 mm, 100 J/cm2 et 20 ms. Le chevauchement du faisceau laser était évité ;  l’apparition d’un léger endurcissement de la lésion, d’un aspect grisâtre central et la survenue d’un claquement audible marquaient la fin de l’intervention. Le contrôle post-opératoire à 1 mois objectivait la disparition totale des lésions. À 5 mois et 1 an aucune récidive ni cicatrice n’étaient observées.

Il existe peu de publications portant sur les lacs veineux de la muqueuse buccale et leur traitement. Pour les grands lacs veineux des lèvres ( > 10 mm), la chirurgie et la sclérothérapie sont souvent décrites. Cependant, ces techniques sont invasives et peuvent induire des cicatrices résiduelles, ce qui représente un inconvénient potentiel pour des patients multi-opérés comme le deuxième cas présenté. Le traitement laser semble être une alternative efficace et moins invasive pour ces malformations veineuses. Dans les deux cas présentés, le laser vasculaire Nd-YAG long pulse a été utilisé, avec de bons résultats à 1 an. L’efficacité de ce laser dans le traitement des lacs veineux repose sur le fait que la lumière émise est partiellement absorbée par l’hémoglobine et pénètre assez profondément dans la peau et les muqueuses (de 4 à 7 mm), permettant le ciblage spécifique de lésions veineuses profondes ou épaisses. La procédure est rapide, bien tolérée par les patients, génère peu d’inconfort per et post-opératoire et offre des résultats stables dans le temps. 

Le laser Nd-YAG long pulse semble être un traitement simple, non invasif et efficace pour les grands lacs veineux de la muqueuse buccale.

Leonor COSTA MENDES (Toulouse), Sara LAURENCIN-DALICIEUX, Paul CARLE, Cristina BULAI LIVIDEANU, Sarah COUSTY
16:59 - 17:01 #17536 - COS707P Enquête sur la prise en charge des patients sous antithrombotiques en chirurgie orale en France.
COS707P Enquête sur la prise en charge des patients sous antithrombotiques en chirurgie orale en France.

Introduction

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité et de mortalité en France. La prévention et le traitement des évènements thromboemboliques représentent donc un enjeu majeur de santé publique, et reposent le plus souvent sur la prescription d’antithrombotiques. Ces médicaments sont associés à un risque hémorragique augmenté qui concerne directement le chirurgien-dentiste. En effet, la prise en charge de ces patients en chirurgie orale varie en fonction du traitement anti-thrombotique et du risque hémorragique inhérent à l’acte thérapeutique. Les modalités de cette prise en charge sont décrites dans les recommandations émises et actualisées en 2015 par la Société Française de Chirurgie Orale. Ce guide de bonnes pratiques présente des algorithmes précis de prise en charge des patients sous antithrombotiques en chirurgie orale. L’objectif principal de cette étude était de décrire les connaissances, les attitudes et pratiques des chirurgiens-dentistes concernant la gestion péri-opératoire des patients sous anti-thrombotiques en chirurgie orale en France. Les objectifs secondaires étaient de savoir quelle proportion des praticiens avaient eu connaissance des recommandations de 2015 et si celles-ci avaient modifié leur exercice en chirurgie orale.

Matériels et méthodes :

Afin d’évaluer la mise en application de ces recommandations, une enquête nationale a été réalisée en 2018 auprès des chirurgiens-dentistes. Il s’agissait d’une étude transversale menée sur la base d’un questionnaire diffusée sous format électronique.

Résultats :

Trois mois après la diffusion, 185 réponses ont été recueillies, la majorité des répondants étaient des femmes diplômées depuis moins de 15 ans. Les résultats de cette étude ont montré globalement une bonne mise en pratique des recommandations et 2/3 des répondants déclaraient en avoir eu connaissance. Cependant, un nombre non négligeable de praticiens prescrivaient encore des bilans d’hémostase chez des patients sous anticoagulants directs (25%) ou sous agents antiplaquettaires (16%). Seulement 47% des praticiens ayant eu connaissance des recommandations prescrivaient correctement les bilans d’hémostase avant un acte de chirurgie orale chez un patient sous antithrombotiques. On notait également un nombre relativement important de complications hémorragiques rapportées par les praticiens (40%) qui pourraient être en rapport avec un défaut d’application des mesures d’hémostase locales conseillées.

Discussion-Conclusion :

Cette enquête nous a permis d’établir qu’il est encore nécessaire de poursuivre la diffusion de ces recommandations et les actions de formation continue pour que les patients soient pris en charge selon les recommandations actuelles.  

Marion TOUNY (Bordeaux), Jean-Christophe FRICAIN, Sylvain CATROS, Mathilde FÉNELON
17:01 - 17:03 #17576 - COS708P Gestion ortho-chirurgicale des kératokystes odontogènes dans la nævomatose baso-cellulaire.
COS708P Gestion ortho-chirurgicale des kératokystes odontogènes dans la nævomatose baso-cellulaire.

La prise en charge des kératokystes odontogènes est non consensuelle. Le comportement physiopathologique de ces lésions diffère selon leur nature sporadique ou syndromique dans le cadre de la nævomatose baso-cellulaire (NBC). Le caractère plus agressif, invasif et récidivant des kératokystes associés à la NBC entretient des réticences pour les thérapeutiques conservatrices. Ainsi, la majorité des cas rapportés dans la littérature sont traités par chirurgie d’énucléation radicale ou d’ostéotomie segmentaire. Ces approches permettent d’éliminer l’intégralité de la lésion et de minimiser la récidive. A l’inverse, elles peuvent engendrer des séquelles lourdes et altérer l’intégrité des tissus péri-lésionnels.

Ce travail se focalise sur une thérapeutique conservatrice en alternative aux traitements radicaux. Elle est illustrée par le cas d’un jeune patient atteint de NBC. L’originalité repose sur le choix, dans un kératokyste syndromique, d’une décompression chirurgicale associée à une traction orthodontique de 2 dents définitives incluses et refoulées par la lésion. Cette approche permet de sauvegarder et de positionner les dents sur l’arcade et ont pour but d’obtenir, en fin de traitement, une occlusion favorable permettant d’optimiser le traitement de la dysmorphose dento-squelettique.

La première partie de ce travail se consacre aux principales manifestations de la NBC. Les critères des kératokystes odontogènes sont ensuite rappelés en distinguant les caractéristiques des lésions sporadiques et syndromiques. Enfin, la prise en charge des kératokystes est abordée, suivie de la présentation détaillée du cas clinique en insistant sur les critères de choix de la technique originale employée.

Romain CASTRO (Marseille), Ugo ORDIONI, Jean-Hugues CATHERINE, Thomas QUILICHINI, Romain LAN
17:03 - 17:05 #17588 - COS709P Arthrocentèse de l’ATM : 5 cas.
COS709P Arthrocentèse de l’ATM : 5 cas.

Introduction : Le traitement des dysfonctions temporo-mandibulaire est encore controversé1. La prise en charge fait appel classiquement à quatre domaine thérapeutique : la physiothérapie, la thérapie occlusale, la pharmacologie et la prise en charge psycho-sociale2. Dans environ 10 à 20% selon les auteurs, une absence d’amélioration ou une amélioration partielle sera observée malgrè cette prise en charge conservatrice. Le clinicien se trouvant alors confronter à une douleur chronique. Plusieurs techniques chirurgicales sont décrites pour le traitement des DTM résistantes au traitement conservateur : Discopexie, condyloplastie, arthroscopie et arthrocentèse. En dehors de l’arthrocentèse, ces techniques chirugicales ont montré peu de bénéfice à long terme avec un risque non négligeable de complication : nerf facial, trouble de l’occlusion post-opératoire. L’arthrocentèse de l’articulation temporo-mandibulaire est une technique minimalement invasive décrite par Nitzan en 19903. Elle consiste en un lavage du compartiment supérieur de la capsule articulaire à l’aide de deux aiguilles sous anesthésie locale ou générale.

Observations : Nous rapportons 5 cas de DTM qui ont bénéficié de cette technique. Les 5 cas rapportés ont beneficié d’une prise en charge conservatrice en première intention. L’indication de l’arthrocentèse est : persistance des douleurs localisées à l’articulation temporo-mandibulaire et une limitation de l’ouverture buccale ( OB ) inférieure à 35 mm. Toutes les arthrocentèses sont réalisées par le même chirurgien sous anesthésie générale selon le protocole de Nitzan. Les mesures de l’OB, de l’EVA et de la qualité de vie sont évalués en pré-opératoire. Un suivi est réalisé à J15 et 6M post-opératoire avec des mesures de l’OB, une évaluation de douleur et un questionnaire sur la qualité de vie. Durant le suivi, un patient a été exclu pour non présentation aux consultations post-opératoires. Les autres patients ont présenté en moyenne une majoration de l’ouverture buccale de 7,75mm et une diminution de 7 point sur l’EVA à 6 mois post-opératoire. Aucune complication post-opératoire n’est rapportée dans notre série et elles sont en générales transitoires lorsqu’elles sont observées.

Discussion : Ces résultats sont en accord avec la littérature. L’arthrocentèse est une technique chirurgicale peu invasive permettant une amélioration de la fonction manducatrice et des douleurs dans les DTM résistantes au traitement conservateur avec un faible risque complication. Le soulagement des patients est constaté immédiatement au réveil de l’anesthésie générale. Cette technique est méconnue et peu pratiquée en France. La caisse d’assurance maladie a relevé sur l’année 2017 : 259033 orthèses occlusales et 289 arthrocentèses réalisées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel MASSON REGNAULT, Adrien COQUILHAT (Angouleme), Sylvain CATROS, Jean Christophe FRICAIN
17:05 - 17:07 #17595 - COS710P Améloblastome périphérique : traitement chirurgical assisté par caméra thermique infrarouge : A propos d’un cas.
COS710P Améloblastome périphérique : traitement chirurgical assisté par caméra thermique infrarouge : A propos d’un cas.

Introduction

Les tumeurs odontogènes sont habituellement de siège intra-osseux, les formes extra-osseuses (gingivales) étant plus rares voire extrêmement rares selon l’entité histologique, représenteraient moins de 0.05% des tumeurs de la cavité orale et 4% des tumeurs odontogènes (1). Malgré les particularités clinico-radiologiques orientant parfois le diagnostic, c’est l’anatomopathologie qui permet le diagnostic positif. Peu de données existent sur la physiopathologie et la prise en charge thérapeutique de ces tumeurs odontogènes à point de départ gingival.

Observation

Le cas clinique rapporté est celui d’un patient âgé de 71 ans suivi dans le cadre d’une réhabilitation prothétique. L’examen clinique révèle un nodule ≈2cm, rouge, dur, situé sur la gencive attachée vestibulaire entre la 33 et la 34 évoluant depuis plusieurs semaines. Les examens radiographiques conventionnels sont sans particularité. L’examen par CBCT objective des calcifications extra-osseuses ( 2mm) vestibulaire de la 34 et une érosion de la corticale vestibulaire. Les principaux diagnostics différentiels évoqués sont un épulis, un granulome pyogénique et le fibrome périphérique. Une biopsie est réalisée. L’examen anatomopathologique rapporte la présence de deux ilots d’épithélium odontogénique au sein d’un tissu conjonctif banal lâche. Les cellules basales en périphérie des ilots tumoraux sont cylindriques, agencées en palissade, avec une polarité nucléaire inversée. Quelques cellules sont positives au Ki-67. Au centre des îlots, des cellules étoilées disjointes rappelant le réticulum étoilé de l’organe de l’émail sont identifiées. Des métaplasies malpighiennes avec la production de kératine et des micro-calcifications sont également retrouvées. Au final, le diagnostic d’améloblastome périphérique (AP) de type folliculaire et acanthosique est posé. Compte tenu de la nature histologique de la lésion, un bilan d’extension tumorale avec recherche de foyers pulmonaire et ganglionnaire au niveau cervical a été réalisé. Afin de limiter le risque de récidive locale, une exérèse chirurgicale sous-périostée complète de la lésion avec des marges de 0,5cm sera pratiquée, assisté d’une caméra thermique infra-rouge sous anesthésie locale. Un suivi clinique et radiologique biannuel sera instauré.

Discussion Un faible taux de récidive est rapporté pour les AP (16-19%) comparativement aux améloblastomes intra-osseux (entre 60-80% selon le type histologique), l’atteinte de l’os cortical et une exérèse incomplète sont les deux principaux facteurs de mauvais pronostic (2).ConclusionCompte-tenu de la taille de la lésion, une analyse topographique par une IRM est de faible utilité. Les avantages de la thermographie infrarouge en peropératoire sont double : 1-préciser la cartographie de la lésion, 2- contrôler si l’exérèse est complète (3).

(1) Buchner A et al. J Oral Pathol Med. 2006; 35:385-91.

(2) Philipsen HP et al. Oral Oncol. 2001; 37:17-27.

(3) Polidori G et al. Int J Surg Case Rep. 2017;34:56-9.

Maxime DELARUE (REIMS), Stéphane DERRUAU, Paul TROYON, Philippe BIREMBAUT, Guillaume POLIDORI, Benoît LEFÈVRE, Sébastien LAURENCE, Cédric MAUPRIVEZ
17:07 - 17:09 #17611 - COS711P Repositionnement de la lèvre supérieure Une pratique novatrice pour le traitement du sourire gingival : A propos d’un cas.
COS711P Repositionnement de la lèvre supérieure Une pratique novatrice pour le traitement du sourire gingival : A propos d’un cas.

Un sourire gingival «Gummy smile» est le résultat d'une relation inappropriée entre la position du maxillaire, les dents, le bord inférieur de la lèvre supérieure, d'une part, et la position des festons gingivaux en relation avec les couronnes dentaires, d'autre part.

Il correspond, selon Philippe à «un sourire dans lequel la lèvre supérieure découvre trop de muqueuse gingivale au point qu'il apparaît autant, voir plus de fibro-muqueuse que de dents».

Quant à Allen (1988), il trouve que le sourire est dit gingival si plus de 3 mm de gencive sont visibles pendant un sourire retenu.

Dans la littérature, il a été admis que «le sourire gingival, induit par une ligne de sourire haute, se caractérise, lors du sourire posé et/ou spontané, par une exposition de la gencive supérieure estimée entre 2 à 3mm au minimum».

Cette « disgrâce » gingivo-dentaire constitue une préoccupation affectant un grand pourcentage de la population avec une prévalence allant de 10.5% à 29% selon certaines études ce qui les amène à consulter. Cela incite le chirurgien dentiste à proposer des traitements centrés sur les plaintes du patient tout en respectant les normes actuels de la beauté dans le but d’atteindre un compromis esthétique et fonctionnel satisfaisant.

Différente thérapeutiques peuvent être proposées dont la chirurgie de repositionnement des lèvres.

Le cas clinique rapporté est celui d’une jeune patiente âgée de 25 ans ayant subi un traitement orthodontique et dont le diagnostic de sourire gingival a été posé. L’hyper-mobilité de la lèvre supérieure étant en cause.

Dans ce travail, on décrit une technique chirurgicale de repositionnement de la lèvre supérieure associée à une freinectomie du frein labial médian supérieur.

Cette intervention a limité la quantité d‘exposition gingivale et a augmenté la largeur de la lèvre supérieure qui est devenue plus pulpeuse.

Cette procédure présente moins moins de complications post-opératoires et donne des résultats prédictibles et satisfaisants à court terme.

 

 

Monaco A et al. J. Clin. Pediatr. Dent 2004. 29:19-25.

Ribeiro‑Junior NV et al. Int J Periodontics Restorative Dent 2013;33:309‑14.

Simon, Z. et al. Journal of Cosmetic Dentistry 2007; 23, 100–108.

Hana ADOUANI (Paris, Tunisie), Habib HAMDI, Jamil SELMI
Amphithéâtre

Vendredi 17 mai

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CDO
16:15 - 18:00

Communications Pathologies de la muqueuse

Modérateurs : Laurent DEVOIZE (PU-PH) (Clermont-Ferrand), Julie GUILLET-THIBAULT (MCU-PH) (NANCY)
16:15 - 16:25 #17528 - COS901 lichen bulleux-lichen pemphigoide (L’errance diagnostique et les difficultés thérapeutiques).
COS901 lichen bulleux-lichen pemphigoide (L’errance diagnostique et les difficultés thérapeutiques).

Le lichen plan est une dermatose inflammatoire d’évolution chronique et récidivante, généralement bénigne.

Le lichen plan bulleux est une variante rare du lichen plan, caractérisé par l’apparition de bulles ou de vésicules sur des lésions typiques de lichen préexistant. Le principal diagnostic différentiel étant le lichen plan pemphygoїde, dont la distinction est histologique.

 La présentation se propose de rapporter l’observation d’un patient âgé de 84 ans, qui présente des lésions bulleuses et des érosions étendues sur toute la muqueuse buccale, douloureuses et gênant l’alimentation.

L’examen histologique fait discuter le diagnostic de lichen pemphigoïde et le lichen bulleux, l’examen en IFD confirme le diagnostic de lichen bulleux

La corticothérapie systémique a été instaurée devant la non réponse à la corticothérapie locale.

Nous discutons les difficultés diagnostiques et l’intérêt de l’examen histologique et l’IFD, et nous mettons en exergue l’intérêt de la corticothérapie systémique dans la prise en charge de ces lésions et l’amélioration du confort du patient, avec un suivie de deux ans sans récidives.  

    

 

Habib BAKHOUCHE, Yasmina MEZGHICHE, Aida OUSSALAH (alger, Algérie), Zahia BOUDAOUD
16:25 - 16:35 #17530 - COS902 Lichen plan oral et syndrome de Gougerot-Sjögren: étude prospective de 30 cas.
COS902 Lichen plan oral et syndrome de Gougerot-Sjögren: étude prospective de 30 cas.

Objectif :

L’objectif de cette étude était d’étudier la prévalence et les particularités du lichen plan oral (LPO) et des lésions lichénoïdes orales (LLO) chez les patients atteints du syndrome de Gougerot Sjogren (SGS).

Matériel et méthodes :

On a conduit une étude prospective dans le département de médecine et chirurgie buccales à l’hôpital universitaire de SAHLOUL sur une période de sept ans allant de janvier 2012 au juin 2018. On a suivi les patients atteints du SGS diagnostiqués selon les critères de l’AECG (American-European consensus group) de 2002. Pour eux, on a recherché les lésions de lichen plan oral suivant les critères diagnostiques de l’organisation mondiale de la santé de 2003. Différentes variables ont été étudiées comme l’âge, le sexe, les antécédents médicaux, les médications en cours, le type du SGS (primaire ou secondaire) ainsi que la forme clinique et le traitement du LPO. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS.

Résultats:

Au total, on a évalué 30 patients (27 femmes et 3 hommes) diagnostiqués avec SGS (24 ayant SGS primaire) avec une moyenne d’âge de 55 ans et 11 mois (+/-11,714). 9 patients avaient des lésions orales (30%). Deux patients avaient un LPO associé à un SGS secondaire (25 %). Parmi les patients ayant un SGS primaire, six avaient des lésions de LPO et un patient présentait une lésion lichénoïde érythémateuse. Les lésions de LPO étaient érosives chez 8 patients dont deux souffraient d’un syndrome vulvo-vagino-gingival. Les lésions de LPO évoluaient favorablement sous traitement corticoïde topique ou général alors que la LLO ne s’est améliorée que sous traitement antibiotique.

Conclusion:

Les résultats de notre étude ont montré une prévalence de 30% des lésions de LPO et des LLO chez les patients atteints de SGS. Nous soulignons l’importance de rechercher tout signe de syndrome sec chez les patients consultant pour un LPO ou une LLO. Le traitement est basé sur les corticoïdes par voie topique ou générale associés ou non a un traitement antifongique pour prévenir ou traiter une éventuelle infection candidosique associée. 

Lamia OUALHA (Sousse, Tunisie), Raouaa BELKACEM, Yassine WESLATI, Dorsaf TOUIL, Nabiha DOUKI
16:35 - 16:45 #17538 - COS903 Un cas clinique de gingivite ligneuse.
COS903 Un cas clinique de gingivite ligneuse.

Introduction :

Le déficit en plasminogène est une anomalie congénitale rare, plus fréquente dans la population turque. Elle provoque l’apparition de lésions pseudomembraneuses, ophtalmologiques le plus souvent (conjonctivite ligneuse), mais aussi buccales (gingivite ligneuse). Des manifestations respiratoires, génitales et neurologiques peuvent plus rarement être observées (1). Ces lésions correspondent à des dépôts de fibrine extra-vasculaire. Du fait de sa grande rareté, la gingivite ligneuse est une maladie peu connue et très difficile à diagnostiquer à partir de ses seuls symptômes cliniques. L’excision des lésions pseudomembraneuses provoque une aggravation de leur formation. Le traitement est basé sur les anticoagulants, voire une supplémentation en plasminogène (2).

Observation :

Le cas d’une femme caucasienne de 35 ans est rapporté, chez qui étaient apparues plusieurs mois auparavant des lésions gingivales en relief dont certaines étaient blanchâtres, sans douleur associée. Ces lésions étaient localisées principalement sur les papilles des secteurs incisivo-canins. Elle avait consulté initialement pour saignement au brossage et pour le caractère inesthétique de son sourire. L’aspect clinique permettait d’éliminer une parodontite ulcéro-nécrotique. Plusieurs biopsies ont été pratiquées ; les dernières ont montré la présence d’un dépôt amorphe éosinophile pouvant être de la fibrine. Des dosages du fibrinogène (niveau d’activité 44%) ont confirmé l’hypothèse de gingivite ligneuse. Pour des raisons familiales, les recherches d’autres cas de déficit en plasminogène n’ont pas pu être menées. La patiente a été adressée en consultation d’ophtalmologie, où quelques irritations conjonctivales, attribuées jusqu’ici à un phénomène allergique, ont pu être rattachées au déficit en plasminogène. Un traitement par rivaroxaban a été institué.

Commentaire :

Ce cas apparait comme un diagnostic très rare de gingivite ligneuse, sans réelle conjonctivite associée, chez une personne atteinte d’un déficit modéré en plasminogène. La reconnaissance précoce d’une gingivite ligneuse a permis de rechercher au plus tôt d’autres manifestations extra-buccales plus graves de la maladie. La mise en place précoce d’un traitement adapté pourrait les contrôler, voire prévenir leur apparition.

(1) Baithun et al. Haemophilia. 2018, 24, 359-365

(2) Fine et al. J. Periodontol 2009, 107, 77-80

Thomas VANDEPUTTE (Pierre bénite), Eve MALTHIERY, Jacques Henri TORRES, Valérie COSTES-MARTINEAU, Marie-Alix FAUROUX
16:45 - 16:55 #17542 - COS904 Leucoplasie verruqueuse proliférative : à propos d’un cas.
COS904 Leucoplasie verruqueuse proliférative : à propos d’un cas.

La leucoplasie verruqueuse proliférative (LVP) est une entité rare d’étiologie inconnue, faisant partie des lésions blanches buccales. Elle se caractérise par son évolution agressive, multifocale et quasi-inéluctable vers un carcinome verruqueux, épidermoïde ou les deux (Hansen 1985) et peut mener au décès dans 80% des cas.Les lésions initiales se présentent sous forme de plaques kératosiques fines et isolées, d’aspect banal, intéressant préférentiellement la gencive, la muqueuse jugale et la langue (Abadie 2015). Elles évoluent vers un aspect verruqueux exophytique pour atteindre toute la muqueuse buccale, rendant le diagnostic initial difficile et méconnu. Une évolution d’au moins 5 ans est retenue parmi les critères diagnostiques (Cerero-Lapiedra 2010). L’aspect histologique variant d’une simple hyperkératose à une présentation compatible avec un carcinome épidermoïde n’est pas spécifique à la lésion. Il n’existe actuellement aucune méthode de diagnostic précoce. 

   Le cas clinique présenté est celui d’un homme de 71 ans, diabétique, hypertendu, coronarien traité. Le tabagisme, estimé à 60 paquets-années est sevré depuis 30 ans. La consommation alcoolique est régulière. Le patient a consulté aux urgences odontologiques pour hémorragie jugale suite à une morsure secondaire à une égression de la 17. Lors de cette consultation, une leucoplasie d’aspect verruqueux du bord latéral droit de la langue a été fortuitement découverte. L’examen clinique a montré une lésion inhomogène, d’environ 3 cm, évoluant depuis 5 ans et gênante uniquement au plan esthétique. D’autres lésions kératosiques, planes, inférieures à 1 cm de diamètre, ont été retrouvées dans d’autres secteurs. La biopsie réalisée a montré un aspect de leucokératose avec hyperplasie d’allure verruqueuse, sans signes de malignité. A J14 post-opératoire, l’aspect blanchâtre de la lésion est réapparu au site biopsié. A 4 mois, une augmentation de la surface et de l’épaisseur de la lésion linguale a été notifiée, ainsi qu’une extension à d’autres secteurs. Au vu de tous ces éléments le diagnostic de LVP a été posé. 

   La LVP est une entité dont la principale problématique est son diagnostic rétrospectif. En effet, la lésion se présentant initialement comme une simple plaque kératosique sans particularités histologiques et sans cause apparente, évoque une leucoplasie idiopathique. Une surveillance rigoureuse permet de poser le diagnostic. D’autres critères diagnostiques ont été proposés, notamment la présence d’au moins deux lésions, leur extension progressive, l’aspect verruqueux, la récidive d’un site traité. Le traitement doit être radical et précoce par exérèse complète (lame froide ou laser CO2). La photothérapie dynamique est également proposée. 

La LVP reste donc une pathologie au diagnostic difficile, avec une évolution quasi certaine vers des carcinomes agressifs. La recherche de critères diagnostiques précoces et d’un traitement efficace constitue l’enjeu principal des prochaines années

Katarzyna CZARNY (Paris), Frederic MENDY, Théo POUJOIS, Ihsene TAIHI
16:55 - 17:05 #17570 - COS905 Intérêt de l’hypnose dans le traitement des glossodynies.
COS905 Intérêt de l’hypnose dans le traitement des glossodynies.

Utilisée dès l'Antiquité, l'hypnose à visée thérapeutique s'est développée et démystifiée dès la fin du 19ème siècle où ont été démontrées ses premières vertus dans l'inhibition des sensations de douleur. Aujourd'hui, cette méthode est mentionnée dans le plan d'amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010 et est officiellement reconnue comme moyen de lutte antidouleur.

La glossodynie est une dysesthésie buccale induisant des sensations de brûlures de la langue1 et s'accompagne souvent d'un retentissement psychologique conséquent pour la qualité de vie du patient2. Cette pathologie est un des diagnostics les plus fréquemment rencontrés dans les consultations spécialisées de pathologies de la muqueuse buccale. Elle peut s'inscrire dans un contexte de sensations de brûlures généralisées de la cavité orale sous le nom de stomatodynie.

Aujourd'hui aucun protocole de prise en charge de la glossodynie n'est standardisé et seul une publication porte sur ce sujet en tapant les mots clés "hypnosis" et "glossodynia" sur PubMed. L'hypnose est actuellement sous-utilisée en tant que thérapie alternative ou complémentaire, notamment en dermatologie buccale3.

L'objectif de l'étude est d'évaluer l'intérêt de l'hypnose dans le traitement des glossodynies afin de mesurer l'impact de cette thérapie alternative dans l'amélioration des symptômes cliniques et psychiques retrouvés dans ce trouble somatoforme.

30 patients sont inclus de janvier à décembre 2019 au Centre Hospitalier du Mans et sont divisés en deux groupes homogènes. Chaque patient est vu en consultation conjointe avec un praticien en hypnose, un dermatologue et un chirurgien oral. Le premier groupe de patients bénéficie d'une à plusieurs séances d'hypnose selon les résultats observés et l'amélioration des symptômes. Le deuxième groupe de patients présente une prise en charge classique (psychothérapie de soutien et/ou médicamenteuse). Le patient remplit un formulaire avant la première consultation puis après chaque séance afin de recueillir le critère de jugement principal, à savoir l'intensité de la douleur de 0 à 10, via l'Echelle Visuelle Analogique (EVA). Le degré d'anxiété du patient (pas anxieux; anxieux; très anxieux) et la sensation de bien-être (détendu; peu stressé; très stressé) sont évalués en tant que critères de jugement secondaires et mesurent l'impact de la thérapie sur le confort de vie du patient. La poursuite ou non d'un éventuel traitement médicamenteux est également appréciée afin d'en comparer les bénéfices avec ou sans hypnose associée. L'ensemble des résultats fera l'objet d'une analyse qui permettra de mettre en évidence ou non une différence significative entre les deux types de prises en charge.

1H. Szpirglas, S. Zucca-Quesemand. Glossodynies. EMC-AKOS (Traité de Médecine) 2011:1-4

2S.-G. Consoli, R. Malet. Approche psychologique des dermatoses. EMC-AKOS (Traité de Médecine) 2010:1-5

3Shenefelt PD. Hypnosis in dermatology. Arch Dermatol. 2000 Mar;136(3):393-9.

Servane MAIZERAY (BREST), Hervé MAILLARD, Jean DENIS, Frédérique CHOUET-GIRARD
17:05 - 17:15 #17586 - COS906 Accroissements gingivaux médicamenteux : présentation de cas et revue de littérature.
COS906 Accroissements gingivaux médicamenteux : présentation de cas et revue de littérature.

Introduction

La iatrogénie médicamenteuse est une ériologie fréquente d’accroissement gingival. Les trois drogues les plus fréquemment incriminées sont les immunosuppresseurs, la phénytoïne et les inhibiteurs calciques.

Cliniquement, les accroissements gingivaux médicamenteux concernent plutôt les secteurs antérieurs et vestibulaires. Ils épargnent généralement les secteurs édentés, régressent après arrêt du medicament et récidivent si le medicament est réintroduit.

Néanmoins, cette complication est souvent méconnue des professionnels de santé, aboutissant à un retard diagnostique et à des complications fonctionnelles et esthétiques.

Observation

Un patient de 56 ans a consulté pour un accroissement gingival survenu après deux ans d’utilisation de l’Amlodipine (un inhibiteur calcique) à 10 mg par jour. L’examen clinique retrouvait un accroissement gingival touchant à la fois les versants vestibulaire et lingual/palatin, les secteurs antérieurs et postérieurs mais predominant en antérieur. La panoramique dentaire réalisée retrouvait une parodontite terminale. L’examen histologique réalisé à des fins diagnostiques retrouvait des signes non spécifiques d’inflammation.

L’arrêt de l’inhibiteur calcique a permis dès le mois suivant l’arrêt une très nette regression de la symptomatologie mais n’a pas permis d’éviter les pertes dentaires multiples. Plus d’un an après l’arrêt de l’inhibiteur calcique, aucune récidive n’a été décelée.

 

Discussion

Ce cas clinique montre l’importance d’un diagnostic précoce des accroissements gingivaux médicamenteux afin d’entreprendre une prise en charge adaptée la plus précoce possible et de limiter ainsi les conséquences parodontales voire dentaires, source d’incofort esthétique et fonctionnel à l’origine d’un impact négatif majeur sur la qualité de vie des patients.

Parmi les médicaments inducteurs d’accroissement gingivaux, les inhibiteurs calciques et les immunosuppresseurs sont d’usage courant à l’inverse de la phénytoïne.  Il apparaît necessaire d’informer les patients bénéficiant de ces traitements et les professionnels de santé les prescrivant afin de dépister au plus tôt leurs effets indésirables gingivaux pour mettre en place rapidement les thérapeutiques adaptées et en limiter les conséquences fonctionnelles.

 

1.         Sibaud V, Vigarios E, Tavitian S, Cougoul P, de Bataille C, Campana F, et al. [Gingival enlargement: Practical management]. Ann Dermatol Venereol. juill 2016;143(6‑7):467‑81.

2.         Livada R, Shiloah J. Calcium channel blocker-induced gingival enlargement. Journal of Human Hypertension. janv 2014;28(1):10‑4.

3.         Bondon-Guitton E, Bagheri H, Montastruc J-L. Drug-induced gingival overgrowth: a study in the French Pharmacovigilance Database. J Clin Periodontol. juin 2012;39(6):513‑8.

Léonie QUÉNEL (Nantes), Philippe LESCLOUS, Pierre KERIBIN
17:15 - 17:25 #17589 - COS907 Intérêt du signe de la pince dans le diagnostic des dermatoses bulleuses auto-immunes buccales.
COS907 Intérêt du signe de la pince dans le diagnostic des dermatoses bulleuses auto-immunes buccales.

Introduction : Les dermatoses bulleuses auto-immunes (DBAI) forment un spectre nosologique de maladies caractérisées par la formation de bulles jonctionnelles ou intra-épithéliales provoquées par des auto-anticorps. Au niveau buccal, il est cliniquement difficile de les différentier et le diagnostic repose le plus souvent sur les examens paracliniques immunologiques. Le signe de la pince, consistant à décoller l'épithélium à l'aide d'une précelle, est parfois considéré comme le pendant buccal du signe cutané de Nikolsky. Il pourrait être une aide clinique au diagnostic d'une DBAI buccale. L'objectif principal de cette revue de littérature était d'étudier les données de la littérature sur la sensibilité et la spécificité de ce signe dans le diagnostic des DBAI buccales.

Matériels et méthode : Une revue systématique de la littérature a été réalisée par deux lecteurs indépendants selon les critères PRISMA portant sur les bases de données Pubmed et Google Scholar (1950 -). Des mots clés ont été prédéfinis, répondant à la question de recherche selon la méthode PICO, en "Mesh terms" ou "libres" afin d'être le plus exhaustif possible.

Résultat :Après élimination des doublons et présélection avec le titre des articles, 5 articles ont été retenus, et seulement 2 répondaient aux critères d'inclusion après lecture des résumés. "Nikolsky's sign on the gingival mucosa : a clinical tool for oral health practitioners" J Periodontol, décembre 2008 de Mignona et al, étude unicentrique sur une période de 13 ans, a conclut sur 566 patients présentant des pathologies buccales auto-immunes que la spécificité du signe de Nikolsky était plus importante (96,3%) que sa sensibilité (46,7%). L. Vaillant et al dans son étude " Le syndrome gingivite érosive chronique : étude rétrospective de 33 cas" annales de Dermatologie, 2000, a mis en évidence que le signe de la pince était positif sur 12 cas sur 13 de pemphigoïde cicatricielle. L'utilisation ou le résultat de ce signe ne sont pas précisés chez les malades atteints de pemphigus ou de lichen plan.

Discussion : Cette étude montre l'absence de données robustes pour affirmer ou infirmer la valeur prédictive du signe de la pince. Dans ce contexte, il pourrait être intéressant de réaliser une étude prospective multicentrique qui évaluerait la sensibilité et la spécificité du signe de la pince dans le diagnostic des DBAI buccales. 

Estelle DEMES, Fabrice CAMPANA (Marseille), Romain LAN
17:25 - 17:35 #17507 - COS908 Le syndrome de Good.
COS908 Le syndrome de Good.

Le syndrome de Good est définit comme un déficit immunitaire primitif, qui associe: thymome, hypogammaglobulinémie portant sur les différentes classes d’immunoglobulines, presque dans tous les cas une lymphocytopénie B et de manière variable, des maladies auto-immunes comme : la myasthénie, le vitiligo ou plus rarement un lichen plan.

L’association d’un lichen plan buccal érosif à un syndrome de Good est rare, Seulement 11 observations ont été rapportées dans la littérature,  avec une mortalité globale de 46%.

Le cas clinique rapporté est celui d’une femme âgée de 58 ans qui présente un lichen plan buccal érosif associé à un vétiligo, une myasthénie et une hypogammaglobulinémie apparu après l’exérèse d’une tumeur thymique réalisée 03 ans auparavant.

L’association du thymome avec l’hypogammaglobulinémie et des maladies auto-immunes nous a permis de diagnostiquer le syndrome de good chez notre patiente.

Devant la myasthénie qui contre indique le traitement par la corticothérapie systémique et les immunosuppresseurs, l’attitude thérapeutique s’est limitée à la prescription de traitement topique pour soulager la symptomatologie mais surtout d’assurer une surveillance clinique et histologique régulière a fin de dépister à temps une éventuelle transformation maligne du lichen buccal.

 

M. Blanchard et al, La Revue de médecine interne, 2010 ; 31-498–501

Jianjun Qiao et al, Journal of the Neurological Sciences, 2011 ;  308 - 177–179

Y. Jamilloux et al, La Revue de médecine interne, 2018 ; 39-17–26

Aida OUSSALAH (alger, Algérie), Yasmina MEZGHICHE, Zahia BOUDAOUD
17:35 - 17:37 #17489 - COS909P La glossite exfoliatrice marginée: proposition d'un algorithme diagnostique.
COS909P La glossite exfoliatrice marginée: proposition d'un algorithme diagnostique.

La glossite exfoliatrice marginée fait partie des pathologies bénignes de la muqueuse linguale et touche environ 2% de la population mondiale. Il s’agit d’une affection inflammatoire et transitoire intéressant principalement le dos et les faces latérales de la langue. Elle se manifeste sous la forme de plaques érythémateuses, irrégulières, circinées, multifocales entourées par des lignes kératosiques blanchâtres, légèrement surélevées et bien définies (Goswami 2012). Ces plaques érythémateuses résultent de l’atrophie et/ou de la perte des papilles filiformes. La glossite exfoliatrice marginée est le plus souvent asymptomatique et est caractérisée par des périodes d’exacerbation et de rémission avec guérison des lésions sans formation de cicatrices résiduelles (Nandini 2016). Une autre particularité de cette pathologie est son changement de taille, d’apparence et de localisation lors d’un même épisode mais également lors d’épisodes différents (Picciani 2016). Ce dernier aspect est caractéristique et explique sa dénomination alternative de « glossite migratoire bénigne ».

Relativement fréquente et pourtant souvent méconnue du corps médical, la glossite exfoliatrice marginée suscite un grand nombre de questionnements autant sur son étiopathogénie, ses critères de diagnostic que sur sa prise en charge. Il n’est donc pas rare de voir des patients errer pendant des mois ou des années en quête d’un diagnostic définitif, passant de praticien en praticien et de traitement inefficace en traitement inadapté, avec une augmentation perpétuelle de leur anxiété.

Le diagnostic positif de la glossite marginée est simple, se basant sur l’aspect des lésions et surtout sur leur caractère migratoire. Toutefois, l’existence de multiples pathologies, parfois graves (syphilis secondaire, kératose inhomogène, lichen plan) et ayant un tableau clinique voisin de celui de la glossite exfoliatrice marginée, rend fondamentale la connaissance et l’examen de tout un panel de diagnostics différentiels. C’est dans cette optique que la réalisation d’un algorithme diagnostique sous forme d’arbre décisionnel a été envisagée. Tous les diagnostics différentiels possibles y sont passés en revue, et le cas échéant éliminés, par un choix de signes cliniques et paracliniques simples mais décisifs.

Le but final est d’apporter une certitude diagnostique, de confirmer le diagnostic de glossite exfoliatrice marginée afin de rassurer le patient, ou a contrario d’établir un diagnostic différentiel afin d’orienter le patient vers le spécialiste concerné et proposer au patient une prise en charge adaptée.

 

 

Goswami M et al. J Indian Soc Pedod Prev Dent 2012 ;30(2):173-5

Nandini DB et al. J Clin Diagn Res 2016 ;10(2):ZE05-09

Picciani BLS et al. An Bras Dermatol 2016 ;91(4):410-21

Laure PEREIRA (Nancy), Rémi CURIEN
17:37 - 17:39 #17503 - COS910P Mycose buccale révélatrice d’une infection à virus de l’immunodéficience humaine : à propos d’une observation clinique.
COS910P Mycose buccale révélatrice d’une infection à virus de l’immunodéficience humaine : à propos d’une observation clinique.

Depuis l'avénement de la pandémie de l'infection à virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les manifestations buccales ont été bien documentées comme marqueurs précoces de l'infection au VIH et prédicteurs de la progression de la maladie. La candidose buccale et la leucoplasie chevelue sont des lésions associées aux agents pathogènes fongiques et viraux, respectivement et comptent parmi les manifestations buccales liées au VIH les plus fréquentes [Sroussi et Epstein 2007]. Le cas rapporté est celui d'un homme âgé de 46 ans orienté par un confrère pour mycose buccale. Le patient était sans antécédents généraux particuliers, alcoolotabagique. Le début de la maladie remontait à 6 mois par l'apparition de brûlures palatines. L'examen somatique a objecctivé un exanthème maculo-papuleux des quatre membres. L'examen exobuccal a retrouvé une sécheresse labiale. l'examen endobuccal a révélé un édentement total du maxillaire et subtotal de la mandibule; le patient était porteur d'une prothèse maxillaire en résine acrylique stable. Les muqueuses jugales, labiales et palatine étaient le siège d'un érythème diffus avec des dépôts blanc-crémeux détachables faisant évoquer une mycose chronique. Les bords de la langue étaient le siège de lésions blanches striées, voires chevelues, non détachables au grattage, plus accentuées à gauche et compatibles avec une leucoplasie villeuse. Un prélèvement a été réalisé par écouvillonage des lésions palatines et un grattage au niveau de la langue avec demande d'un examen mycologique et d'un antifongigramme. Le patient a été mis sous fluconazole 50mg/jour per os pendant 14 jours et bains de bouche à base d'amphotéricine B. Un bilan sanguin et une sérologie ont été damandés, revenus en faveur d'une lymphopénie et d'une sérologie HIV (1-2) positive, classant ainsi le patient dans la catégorie B de l'infection à VIH. L'examen mycologique a retrouvé des pseudofilaments et la culture a mis en évidence le candida sp. Le patient a été présenté au service d'Infectiologie pour prise en charge thérapeutique spécialisée. Les manifestations buccales de l'infection à VIH sont fréquentes et variées au cours des stades symptomatiques de la maladie. Ces manifestations sont en relation avec la chute des lymphocytes et représentent souvent les premiers symptômes de l'infection à VIH ou de son évolution ; elles ont ainsi une double valeur diagnostique et pronostique, recherchée par le thérapeute. Leur dépistage, leur diagnostic précoce et leur traitement sont mieux assurés s'il existe une collaboration étroite entre médecins et odontostomatologistes. Ceci est essentiel tant pour identifier une séropositivité ignorée que pour prévenir l'aggravation de l'état général d'un patient connu comme contaminé, voire pour orieter les décisions thérapeutiques, améliorant ainsi l'efficacité de celles-ci et le confort physique et psychique du maalde [Lazare et al. 2005].       

Cherifa Faiza TABETI-BENTAHAR (Oran Algérie, Algérie), Kaddour MEBARKI, Souad BENAOUF, Fiala GUEDDA - ALMI, Moussa KHELIFA, Imane OUALI, Fatma BOUZOUINA
17:39 - 17:41 #17508 - COS911P Les lésions buccales dans la réaction du greffon contre l’hôte (GVHD).
COS911P Les lésions buccales dans la réaction du greffon contre l’hôte (GVHD).

La maladie du greffon contre l’hôte ou GVHD (Graft Versus Host Disease) est une complication fréquente, presque spécifique de la greffe de moelle osseuse allogénique.

La GVHD demeure toujours d’actualité malgré les manipulations immunologiques actuelles qui tentent de préserver l’effet protecteur de la greffe.

Dans la GVHD, le lichen plan représente une dermatose inflammatoire chronique, fréquente, qui comporte des localisations cutanées et muqueuses. Ces dernières étant les plus préoccupantes au niveau de la sphère buccale. Il est retrouvé quasi systématiquement dans les différentes poussées de GVHD chronique.

Ce travail rapporte l’observation de trois cas cliniques qui présentent un lichen plan buccal associé à une GVHD, dont un cas de transformation maligne au niveau  lingual. 

L’objectif de la prise en charge est de soulager les malades et améliorer la qualité de vie, mais surtout de suivre l’évolution de ces lésions sur le plan clinique et anatomopathologique afin de dépister précocement une  transformation maligne.

 

J.-c. fricain et al Ann Dermatol Venereol 2005;132:1017-25

Sylvie boisrame-gastrin et al Med Buccale Chir Buccale 2006 ; 12 : 47-56

Joseph depalo et al, Oral Oncology, 2015 ; 51- 944–949

Hamid MOUHOUN (alger, Algérie), Yasmina MEZGHICHE, Zahia BOUDAOUD
17:41 - 17:43 #17511 - COS912P Syndrome de Gougerot-Sjögren et stomatodynie : mieux connaître le diagnostic.
COS912P Syndrome de Gougerot-Sjögren et stomatodynie : mieux connaître le diagnostic.

Syndrome de Gougerot-Sjögren et stomatodynie : mieux connaître le diagnostic

 

Le syndrome de Gougerot-Sjögren et la stomatodynie sont deux maladies souvent mal prises en charge par les professionnels de santé en raison de la méconnaissance des symptômes et de la difficulté à en poser le diagnostic.

Le syndrome de Gougerot-Sjögren est une maladie auto-immune caractérisée par une infiltration lymphocytaire des glandes exocrines provoquant, entre autres, un syndrome sec (xérophtalmie, xérostomie, …) ainsi que par la production d'auto-anticorps. La stomatodynie est, elle, définie par une sensation de brûlure sur une muqueuse buccale cliniquement saine, où aucune autre cause médicale ou dentaire ne peut être retrouvée. Ces deux maladies concernent majoritairement les femmes d’âge moyen, ménopausées avec des plaintes au niveaux de la sphère orale de type xérostomie, picotements/brûlures de la muqueuse buccale, dysgueusie, .... Le tableau clinique de ces deux maladies est sensiblement similaire dans les premières années, ce qui rend le diagnostic difficile et entraîne souvent un retard de prise en charge (1). Or, le syndrome de Gougerot-Sjögren altère grandement, à terme, la qualité de vie des patients et son évolution, en l’absence de traitement adapté, peut se compliquer d’atteintes pulmonaires, rénales, neurologiques, en plus d’un risque accru de développer un lymphome (2) ; il est donc primordial de détecter cette maladie dès que les premiers symptômes apparaissent. Dans un article récent, Lee et coll. proposent un test sanguin pour rechercher la présence d’anticorps spécifiques (anticorps anti-nucléaires, anti-SSA/Ro, anti-SSB/La), de facteurs rhumatoïdes ainsi qu’une vitesse de sédimentation augmentée afin d’orienter plus facilement le diagnostic du syndrome de Gougerot-Sjögren (3).

Le présent travail propose de détailler le diagnostic différentiel du syndrome de Gougerot-Sjögren et de la stomatodynie selon les dernières données de la littérature, afin de favoriser leur dépistage précoce pour une prise en charge optimale.

 

 

Références bibliographiques

  1. Aljanobi H, Sabharwal A, Krishnakumar B, Kramer JM. Is it Sjögren's syndrome or burning mouth syndrome? Distinct pathoses with similar oral symptoms. OralSurg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol. 2017;123(4):482-495

  2. Liang Y, Yang Z, Qin B, Zhong R. Primary Sjogren's syndrome and malignancy risk: a systematic review and meta-analysis. Ann Rheum Dis. 2014;73(6):1151-1156.

  3. Lee YC, Song R, Yang YJ, Eun YG. Prevalence and predictors of Sjögren's Syndrome in patients with burning mouth symptoms. J Oral Facial Pain Headache. 2018;32(1):91–96

Marie ORLIAGUET (Brest), Emilie HASCOET, Heloise HERRY, Celine BODÉRÉ, Jacques-Olivier PERS, Sylvie BOISRAMÉ
17:43 - 17:45 #17519 - COS913P Syphilis secondaire orale : à propos d'un cas.
COS913P Syphilis secondaire orale : à propos d'un cas.

La syphilis est une infection sexuellement transmissible causée par Treponema pallidum. Sa prévalence mondiale est estimée à 0,5% (Newman 2012) et son incidence est en augmentation ces dernières années (Kojima 2018). Si elle concerne les deux sexes quelle que soit l'orientation sexuelle, la proportion de cas est plus importante chez les hommes homosexuels (58%) et co-existe dans 34% des cas avec une infection par le VIH (Kojima 2018). Un homme de 58 ans a été adressé au service d'odontologie du CHRU par le service de maladies infectieuses pour bilanter ses lésions orales évoluant depuis plusieurs semaines. Ce patient est porteur du VIH depuis 2004, traité par emtricitabine et est suivi de façon régulière par son praticien du service des maladies infectieuses. Il ne présente pas d'autres antécédents ni d'intoxication tabagique. Le patient a décrit l'apparition des lésions il y a plusieurs semaines, sans symptomatologie douloureuse. Il nous a signalé par ailleurs avoir consulté un ORL pour des vertiges d'apparition récente sans cause identifiée. A l'examen clinique exobuccal, des adénopathies cervicales bilatérales, fermes, non indurées, non inflammatoires sont palpées. L'examen endo-buccal retrouve la présence de deux lésions en cocarde du palais dur, vaguement symétriques, au centre opalin et aux bords érythémateux. Par ailleurs, sont retrouvées des lésions exophytiques rougeâtres, indolores, de la face dorsale postérieure de la langue, accompagnées d’un érythème de la loge amygdalienne droite. Du premier interrogatoire du patient, ne ressortait aucun facteur de risque puisque ce patient signalait être en couple hétérosexuel, marié et sans partenaire extraconjugual. Néanmoins, au vu du tableau clinique faisant suspecter une syphilis et de la présence d'une autre infection sexuellement transmissible chez ce patient, un deuxième interrogatoire délicat a finalement permis de mettre en lumière un rapport homosexuel non protégé il y a 6 mois, et un épisode d'éruptions maculaires rosées sur le torse il y a 4 mois, spontanément résolutif. Un bilan sérologique avec VDRL/TPHA a été demandé et est revenu fortement positif pour les deux marqueurs. Le diagnostic de syphilis secondaire avec atteinte neurologique a été posé, suivi de l'instauration d'une antibiothérapie intraveineuse par pénicillines G pendant15 jours et d'un soutien psychologique. La syphilis, primaire avec son chancre, secondaire avec des lésions orales imitant des ulcérations ou des plages kératosiques (Paulo 2015), et tertiaire avec ses gommes, est en recrudescence en France. De symptomatologie parfois frustre, son diagnostic doit être évoqué face à tout patient sexuellement actif notamment s'il présente des antécédents d'autres infections sexuellement transmissibles, malgré un interrogatoire délicat à mener dans notre spécialité.

Charlene KICHENBRAND (Nancy), Julie GUILLET
17:45 - 17:47 #17531 - COS914P Ulcérations buccales isolées révélant une syphilis secondaire : à propos d’un cas.
COS914P Ulcérations buccales isolées révélant une syphilis secondaire : à propos d’un cas.

La syphilis, infection sexuellement transmissible (IST) due au Treponema pallidum, est en recrudescence depuis les années 2000.

La présentation clinique est polymorphe. La cavité orale comporte des lésions dans 35 % des cas (1), il peut s’agir de chancre lors d’une syphilis primaire, de syphilides lors d’une syphilis secondaire ou de gommes lors d’une syphilis tertiaire. Lors des stades secondaires ou tertiaires, il est toutefois exceptionnel que les lésions buccales soient isolées. Un diagnostic et une prise en charge précoce permettent de limiter la transmission et d’éviter l’évolution vers les complications systémiques.

 

Le cas clinique rapporté est celui d’un homme de 30 ans adressé par son médecin traitant pour une « aphtose ». Il présentait depuis quatre mois des épisodes récidivants de lésions endo-buccales, peu douloureuses.

A l’interrogatoire, aucune prise médicamenteuse récente n’était retrouvée, aucune relation sexuelle à risque n’était recensée, aucun signe digestif n’était signalé. L’examen clinique retrouvait de multiples macules érythémateuses ou érosives, superficielles, de la face latérale de langue et de la face interne de joue. Le reste de l’examen clinique était normal.

Devant ce tableau clinique d’érosions multiples, un bilan biologique comportant NFS, CRP, un bilan carentiel (ferritine, vitamine B9, vitamine B12, zinc) ainsi qu’un bilan IST (PCR herpès sur écouvillon buccal, sérologie VIH, sérologie TPHA-VDRL) ont été réalisés. La sérologie TPHA-VDRL était fortement positive et une PCR sur écouvillonnage des lésions confirmait la présence de T. pallidum, en faveur d’une syphilis secondaire. Un traitement par Pénicilline G retard 2,4 millions d’unités en une injection intramusculaire était réalisé (2). La surveillance de la décroissance du VDRL a été programmée. Un bilan systématique ne retrouvait pas d’autres IST associées.

 

Le polymorphisme des lésions de la syphilis rend le diagnostic difficile (3). Le diagnostic de syphilis secondaire est souvent porté sur l’association de signes généraux, cutanéomuqueux, parfois ophtalmologiques ou neurologiques. Les syphilides buccales sont rarement isolées : il s’agit de lésions maculopapuleuses, arrondies, à limites nettes, indolores qui peuvent devenir érosives ou végétantes. L’absence d’halo érythémateux ainsi que le caractère indolore permet le plus souvent de les distinguer des aphtes.

 

Ce cas illustre les difficultés diagnostiques rencontrées par les soignants. Les patients étant hautement contagieux pendant la phase primaire et secondaire, tout retard de traitement comporte un risque de transmission et d’évolution vers des complications ophtalmologiques ou neurologiques. Le praticien doit savoir évoquer le diagnostic y compris devant des lésions buccales isolées.

  1. Leuci et al. Oral Diseases 2013;19(8):73846
  2. Janier M et al. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology. 2014;28(12):15819
  3. Schuch et al. International Journal of Oral&Maxillofacial Surgery In Press 2018
Agathe LOUISY (ST GERMAIN EN LAYE), Aude-Sophie ZLOWODZKI, Philippe LANOTTE, Mahtab SAMIMI
17:47 - 17:49 #17532 - COS915P Carcinome épidermoïde lingual chez une patiente jeune. A propos d’un cas.
COS915P Carcinome épidermoïde lingual chez une patiente jeune. A propos d’un cas.

Le carcinome épidermoïde représente 90% des cancers de la cavité orale. Il survient principalement chez l’homme après 60 ans et présentant une intoxication éthylo-tabagique. Parmi les adultes jeunes, la survenue de carcinome épidermoïde buccal est rare.

Le cas clinique rapporté est celui d’une femme de 24 ans adressée pour une lésion persistante de la langue, évoluant depuis plusieurs mois. L’anamnèse ne retrouvait pas d’antécédent médico-chirurgical particulier. Un tabagisme sevré depuis 1 an a été estimé à 4 paquets années, sans intoxication éthylique associée. L’examen exobuccal ne retrouvait pas d’adénopathie palpable. L’examen endobuccal mettait en évidence une lésion linguale, ulcérée, latéralisée à gauche, de 15 mm de grand axe. Elle prenait un aspect fissuré, non hémorragique, sur une plage érythémateuse avec des plages de kératose. A la palpation, une induration dépassant les limites de la lésion était retrouvée. Dans ce contexte, une biopsie a été pratiquée. L’examen histologique révélait un carcinome épidermoïde infiltrant bien différencié, kératinisant. La recherche d’HPV par biologie moléculaire s’est révélée négative. Les analyses immunohistochimiques étaient négatives pour p53, p16 et l’Herpes. Au cours du bilan d’extension, l’IRM a confirmé le processus lésionnel au niveau du bord latéral gauche de la langue mobile, à distance de la ligne médiane. Le scanner cervico-thoracique ne retrouvait pas de localisation secondaire ou de métastase. Le traitement a été chirurgical, avec une glossectomie latérale gauche associée à un curage ganglionnaire cervical homolatéral. L’exérèse du processus tumoral a été complète, toutes les recoupes histologiques en extemporané étaient saines. Aucune métastase ganglionnaire n’a été individualisée. A l’examen microscopique, une muqueuse malphigienne, ulcérée, dont la partie superficielle du chorion était le siège d’une infiltration tumorale, a été observée. La lésion a été classée pT1 N0 M0 R0 selon la classification de l’UICC 2017. Les suites opératoires ont été simples, avec instauration d’une auto-rééducation linguale et une surveillance à 2 mois.

Les études épidémiologiques récentes ont montré une augmentation de l’incidence des carcinomes épidermoïdes chez les sujets jeunes, et principalement les femmes âgées de moins de 30 ans, sans exposition éthylo-tabagique. D’autres étiologies ont été suggérées comme l’infection virale ou les marqueurs génétiques. Comme pour tous les patients éthylo-tabagiques, une lésion suspecte ulcéro-bourgeonnante de la cavité buccale chez le sujet jeune nécessite une biopsie. Elle permet de contribuer de manière significative au diagnostic précoce d’un processus malin. Un élément de l’examen clinique d’importance réside dans l’induration sous lésionnelle, d’un diamètre dépassant les limites visuelles.  

1)Siegel RL et al, CA Cancer J Clin 2018;68(1)7–30

2)d’Elbée JM et al, Méd Bucc Chir Bucc 2013;19(1):39-43

3)Paderno A et al, Acta Otorhinolaryngol Ital juin 2018;38(3):175‑80

Margaux CHATELET (REIMS), Johan SERGHERAERT, Louis BAILLEUL, Cédric MAUPRIVEZ, Benoît LEFÈVRE, Sébastien LAURENCE
17:49 - 17:51 #17546 - COS916P Intérêt des photos prises via Smartphone dans le diagnostic des lésions en médecine orale.
COS916P Intérêt des photos prises via Smartphone dans le diagnostic des lésions en médecine orale.

INTRODUCTION : Un nombre croissant de patients se présentent en consultation avec une photographie de leur lésion buccale présentée sur Smartphone. L’objectif de cette étude était de déterminer les facteurs pour lesquels les photographies issues de Smartphone influencaient le diagnostic en médecine orale.

MATERIEL ET METHODE : Une étude transversale, multicentrique, incluant 100 patients se présentant en consultation avec une photo sur smartphone a été réalisée de juin 2017 à aout 2017, dans des consultations spécialisées en médecine orale. Un questionnaire standardisé était complété par le praticien effectuant la consultation. Il permettait d’évaluer l’apport de la photographie dans le diagnostic en fonction de différents paramètres (qualité de la photo, absence de lésion…). Les données ont été recueillies et analysées par un même investigateur. La qualité des photos était évaluée selon des critères communs pour les différents investigateurs. L’analyse statistique des données a été effectuée par des tests de KHI 2 avec un seuil de significativité fixé à 5%.

RESULTATS: L’intérêt de la photographie sur Smartphone est majeur lorsque la lésion est absente au moment de la consultation, lorsque l’aspect clinique est différent de la photographie et lorsque la photo apporte des données supplémentaires à l’examen clinique (P < 0,05). La qualité de la photo ne modifie pas l’intérêt diagnostic de celle-ci.

DISCUSSION : Cette étude met en évidence trois facteurs pour lesquels la photographie issue de Smartphone influence le diagnostic. Une étude de 2016, similaire,réalisée au niveau cutané avait donné des résultats semblables (1), mais n’abordait pas les spécificités de la cavité buccale et de ses muqueuses. Les Smartphones sont aujourd’hui une nouvelle source de données médicales pour le praticien (2). Il existe de multiples applications médicales consacrées à la dermatologie (3) mais aucune en lien avec la médecine orale. Par ailleurs, les Smartphones sont très largement utilisés comme outil de télémédecine. Ainsi, les photos de Smartphone peuvent être considérées comme une nouvelle forme d’examen complémentaire à disposition du praticien.

CONCLUSION: Cette étude met en évidence l’influence des photos de lésions prises par les patients via leur Smartphone sur le diagnostic en dermatologie buccale. L’amélioration constante de la technologie des Smartphones permettra sans doute à l’avenir d’élargir les domaines d’utilisation possibles en médecine.

1) Hubiche T et al. JAMA Dermatol. 2016;152(1):95-7
2) Mosa AS et al. BMC Med Inform Decis Mak. 2012;12:67
3) Ann Chang B et al. JAMA Dermatol. 2013;149(11):1300-1304

Cédric ALANDE (Bordeaux), Juliette ROCHEFORT, Mathilde FENELON, Fabrice CAMPANA, Jean-Christophe FRICAIN
17:51 - 17:53 #17577 - COS917P Leucoplasie, facteurs étiologiques et carcinogéniques.
COS917P Leucoplasie, facteurs étiologiques et carcinogéniques.

L’infection au virus du papillome humain (HPV) est la maladie sexuellement transmissible la plus répandue.On distingue plus de 200 génotypes différents, divisés en HPV à risque élevé et à faible risque (1). Au cours des dernières décennies plusieurs autorités scientifiques ont confirmé l’imputabilité de certains virus dans le processus carinogénique parmis eux,les HPV16 et 18 à risque élevé dans certains types de cancers ano-génitaux ainsi que des sous-ensembles de carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou, en particulier le cancer de l’oropharynx (2).

Les lésions papillomateuses de la cavité buccale liées à l’HPV, uniques ou multiples, vont des infections asymptomatiques aux lésions verruqueuses bénignes à faible risque (HPV 6,11) à haut risque oncogénique (HPV 16,18).

Après le tabagisme, le HPV 16  est un  facteur étiologique majeur des leucoplasies orales homogènes et inhomogènes, et de la leucoplasie verruqueuse proliférative (3).

Une femme de 61ans, tabagique à 6 PA, présentait cliniquement de multiples lésions blanches homogènes gingivales antéro-inférieure, linguale secteur 44 à 46, vestibulaire en regard de la dent 36, vestibulaire en regard de la dent 16 et une plaque palatine bilatérale.

Cinq mois après l’arrêt du tabac, une bonne régression des lésions a été constatée. Deux  spécimens sont alors prélevés de la gencive linguale en regard de la dent 44 et de la fibro-muqueuse postérieure droite. L’histopathologie confirme la présence d’une leucokératose avec absence d’atypie.

Une photothérapie au laser Er:YAG (FOTONA®) a été réalisée dans les secteurs antéro-inférieur, palatin et  postérieur, suivie 2 semaines plus tard d’une 2e application. On note à 3 mois la persistance de quelques plaques palatines droites, gingivo-vestibulaires antéro-inférieures et sur le versant lingual dans le secteur 44-46 nécessitant une troisième séance de laser. Trois mois plus tard, aucune récidive au niveau du palais et du secteur antéro-inférieure contrairement aux lésions dans le secteur 44-46.

Sept mois plus tard, l’apparition d’une lésion érythémateuse sur le pli glosso-amygdalien droit évoluant vers l’oropharynx postérieur et contiguë à une zone linéaire pigmentée impose une troisième biopsie en milieu hospitalier révélant une  dysplasie modérée associée à une mélanose réactionnelle.

Le tabac reste le facteur étiologique majeur des leucoplasies. Dans les formes résistantes ou réfractaires aux traitements, l’infection HPV doit être envisagée, surtout après l’arrêt définitif de la consommation de tabac. L’espoir reste grand de voir se concrétiser la vaccination contre ce type d’infections orales.

 

1. Tommasino et al. Semin. Cancer Biol., 26, :13-2.

2. V. Bouvard et al. The Lancet Oncol., 10(4), :321-22.

3. L. Feller et al. Int J .Dent., 2012, :1-7.

Edgard NEHME, Antoine MELKANE, Nicolas EL KHOURY, Rasha HAJJ (Beyrouth, Liban)
Espace Milhaud