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EP06
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Eposters affichés thèmes EPISSAGE

00:00 - 00:00 #49063 - P745 Identification fonctionnelle de multiples évènements d’épissage aberrant liés à une variation intronique du gène PKD1.
Identification fonctionnelle de multiples évènements d’épissage aberrant liés à une variation intronique du gène PKD1.

Introduction : L'interprétation des variations introniques est l'un des défis de l'ère post-génomique. Les outils de prédiction de l'épissage in silico permettent d'identifier des variations d'intérêt, mais seule la caractérisation fonctionnelle permet une classification adaptée à un usage diagnostique. Pour cela, l'étude de l'ARNm du patient dans un tissu accessible exprimant le gène d’intérêt permet de caractériser l'impact de la variation d'épissage. Nous rapportons l'étude d'une variation intronique du gène PKD1. Méthode : Une étude par séquençage de panel a été réalisée chez une patiente présentant des kystes rénaux et une histoire familiale de polykystose rénale. Les outils de prédiction d’épissage in silico indiquent une diminution de l'utilisation du site d'épissage canonique donneur, l'utilisation d'un site d'épissage accessoire exonique et une rétention intronique. L’étude de l’ARNm de la patiente par séquençage haut-débit a été effectuée pour explorer l’impact de cette variation. Résultats : L’exploration génétique par panel a mis en évidence une variation hétérozygote de l’intron 18 du gène PKD1 (NM_001009944.3:c.7489+5G>A). L'analyse par cDNA-Seq de l'ARNm de notre patient a modifié les résultats (rétention intronique) obtenus dans une étude ultérieure par séquençage Sanger en démontrant la présence de cette rétention intronique chez les témoins, sur l'allèle WT de notre patient ainsi qu’une surreprésentation de cette rétention sur l'allèle mutant. Elle a, en plus, démontré l'utilisation d'un site d'épissage accessoire exonique, en position c.7470, entraînant un décalage du cadre de lecture. Discussion : Cette étude a permis de nuancer les résultats obtenus précédemment tout en approfondissant l'impact fonctionnel grâce à l'identification d'un deuxième transcrit aberrant. Nos résultats permettent de reclasser cette variation de signification incertaine et de poser un diagnostic de certitude. Nous confirmons la nature pathogène par haplo-insuffisance de cette variation et renforçons la notion que l'étude de l'ARNm par séquençage à haut débit est plus exhaustive. Ces résultats renforcent, dans le cadre du diagnostic moléculaire, l’importance des tests fonctionnels lors de l’interprétation des variations introniques de signification incertaine mais également des variations rapportées dans la littérature. De plus, l’identification et la caractérisation des conséquences des variations d’épissage peut désormais permettre l’accès à des essais cliniques grâce au développement des thérapies par oligonucléotide antisens.
Aurélien CAUX (Paris), Jessica KACHMAR, Joana BENGOA, Manon MAUTRET-GODEFROY, Pauline PLANTE-BORDENEUVE, Vincent MORINIERE, Laurence HEIDET, Guillaume DORVAL
00:00 - 00:00 #49273 - P746 RNAseq ciblé pour le diagnostic des maladies neurosensorielles : exemples de variants d’épissage.
P746 RNAseq ciblé pour le diagnostic des maladies neurosensorielles : exemples de variants d’épissage.

Le séquençage haut débit de panel de gènes ou de génomes identifie continuellement des variants candidats d’épissage de signification incertaine pour lesquels des analyses fonctionnelles restent indispensables afin de valider leur caractère pathogène. Pour répondre à ces demandes de caractérisation de variants, notre stratégie de diagnostic moléculaire comporte des analyses de transcrits basées sur des techniques de RT-PCR ou de constructions minigènes couplées à des séquençages classiques ou long read. Bien que ces analyses soient efficientes elles restent néanmoins contraintes au choix de la région étudiée et des mises au point qui peuvent être chronophages. Afin de restreindre ces limites, nous avons donc choisi d’intégrer à nos analyses fonctionnelles une approche RNAseq ciblée sur un panel de 157 gènes impliqués dans des maladies neurosensorielles. Le workflow suivi pour cette approche comporte une étape d’extraction des ARNs totaux, manuelle ou robotisée, une étape de construction de librairie avec multiplexage de 5 échantillons, une étape de séquençage short read, une étape de traitement informatique et une analyse manuelle des données visualisées avec le logiciel Integrative Genomics Viewer. Cette approche a dans un premier temps été testée sur des transcrits issus de personnes non atteintes pour établir un état des lieux de l’expression de nos gènes d’intérêt dans différents tissus, puis elle a été appliquée aux patients porteurs de variants candidats d’épissage. Nous avons choisi de présenter ici des résultats de RNAseq ciblé qui illustrent les effets de plusieurs altérations typiques sur le mécanisme d’épissage; il s’agit des substitutions en position c.2424-23, c.248-16, c.2930-1, c.5187, c.422+5, c.1374+608 des gènes NBAS, RPGR, SLC12A2, CDH23, ABHD12 et d’un rétrotransposon SVA inséré en position c.7482+145 dans le gène CDH23. Les effets observés ont été des sauts d’exon(s) constitutif(s), des modifications de ratio d’inclusion d’exon alternatif, des rétentions introniques ou des diminutions de taille d’exon liés à l’utilisation de sites d’épissage cryptiques ou nouveaux, des inclusions de pseudo-exons et des combinaisons entre ces différents éléments. Au niveau de notre offre de tests fonctionnels, l’analyse par RNAseq est maintenant priorisée quand un accès au tissu exprimant le gène est possible. Quand le gène d’intérêt est trop faiblement exprimé pour une telle analyse, alors des essais de RT-PCRs nichées sont réalisées, et quand celui-ci n’est pas exprimé, ce sont des constructions minigènes qui sont proposées. Ces analyses fonctionnelles sont essentielles à la compréhension des mécanismes en jeu en contexte pathogène et participent à l’élaboration d’un diagnostic moléculaire exhaustif pour les patients.
Christel VACHÉ (MONTPELLIER), Corinne BAUDOIN, David BAUX, Luke MANSARD, Isabelle MEUNIER, Audrey PUTOUX, Laëtitia LAMBERT, Justine WOURMS, Anne-Marie GUERROT, Consortium AURAGEN, Mireille COSSÉE, Anne-Françoise ROUX
00:00 - 00:00 #49574 - P747 Caractérisation par analyse RNAseq ciblée d’un nouveau variant synonyme pathogène dans le gène SLC2A2 responsable d’une atteinte rénale isolée du syndrome de Fanconi-Bickel.
P747 Caractérisation par analyse RNAseq ciblée d’un nouveau variant synonyme pathogène dans le gène SLC2A2 responsable d’une atteinte rénale isolée du syndrome de Fanconi-Bickel.

Introduction : Le syndrome de Fanconi-Bickel (SFB) est une maladie rare à début précoce caractérisé par une accumulation de glycogène au niveau hépatorénal, une dysfonction tubulaire rénale proximale liée à défaut de transport du glucose et du galactose. Il est de transmission autosomique récessive et causé par des variants pathogènes bi-alléliques dans le gène SLC2A2, qui code le transporteur GLUT2 responsable du transport du glucose et du galactose dans les reins, le pancréas et le foie. Case report : Ici, nous rapportons un nouveau variant synonyme dont la pathogénicité a été confirmée par une analyse RNAseq à partir d’ARN extrait de cellules urinaires, identifiée chez quatre patients appartenant à trois familles non apparentées, tous présentant une forme rénale isolée du SFB. Tous les patients présentaient une atteinte du transport rénal proximal isolé, caractérisé par une glycosurie, une protéinurie de faible poids moléculaire et une acidose métabolique, non associé à une atteinte hépatique clinique, biologique ou échographique. Une analyse génétique a été réalisée chez un patient et ses parents sains par séquençage de génome et chez les trois autres patients par analyse d’un panel de gène impliqués dans les tubulopathies proximales par séquençage de nouvelle génération. L’analyse moléculaire a permis d’identifier le variant synonyme c.1374G>A; p.(Ala458=) à l’état homozygote dans le gène SLC2A2 (NM_000340.2) chez les quatre patients. L'analyse des transcrits SLC2A2 par séquençage d'ARN à partir de cellules urinaires a montré un saut de l'exon 10, un défaut d'épissage qui n'était pas totalement prédit par les outils d'épissage in silico. Discussion : Cette étude souligne l’intérêt de penser au SFB même en cas d’atteinte rénale proximale isolée, en diagnostic différentiel du syndrome de Toni-Debré-Fanconi. De plus, elle rappelle que les outils de prédiction d'épissage in silico doivent toujours être utilisés avec prudence, et leurs résultats systématiquement complétés par une analyse de transcrit pour confirmer ou infirmer tout impact délétère sur l'épissage normal. Conclusion : Étant donné les avancées dans les technologies de séquençage et l’augmentation croissante de l’identification de variants de signification incertaine, l'accès aux techniques de séquençage d'ARN pourra améliorer considérablement la précision diagnostique et, par conséquent, le conseil génétique pour les patients et leur famille.
Amal ABD MOULEH (Paris), Astrid RAMAHEFASOLO, Hélène BOYER, Zaina AIT ARKOUB, Pierre BLANC, Laurence DERAIN DUBOURG, Jordan DESENCLOS, Aurelia BERTHOLET THOMAS, Rosa VARGAS POUSSOU, Laurence HEIDET, Marguerite HUREAUX
00:00 - 00:00 #49626 - P748 Prédiction in silico de l’impact d’une variation d’épissage affectant un site accepteur canonique du gène CTNS sur la structure et la fonction de la cystinosine dans un cas de cystinose infantile.
P748 Prédiction in silico de l’impact d’une variation d’épissage affectant un site accepteur canonique du gène CTNS sur la structure et la fonction de la cystinosine dans un cas de cystinose infantile.

La cystinose est une maladie lysosomale autosomique récessive, principalement caractérisée par une accumulation de cystine dans les lysosomes. Elle affecte préférentiellement le rein et évolue fréquemment vers l’insuffisance rénale terminale. Les trois formes cliniques (infantile, juvénile et adulte) sont causées par des mutations du gène CTNS, codant pour la cystinosine, un transporteur lysosomal de cystine. Une corrélation entre génotype et phénotype a été établie, les mutations entraînant une perte complète de fonction étant généralement associées à la forme infantile sévère. Dans cette étude, nous avons réalisé une analyse in silico de l’effet d’une variation intronique nouvellement identifiée au sein du site accepteur canonique de l’intron 7 du gène CTNS, afin d’élucider les mécanismes moléculaires sous-tendant le phénotype observé. Le patient, âgé de six ans, présentait un tableau clinique évocateur de cystinose infantile incluant diarrhée chronique, retard staturo-pondéral, hypokaliémie et dépôts cristallins de cystine. Le séquençage Sanger a mis en évidence une substitution au niveau du site accepteur d’épissage de l’intron 7. L’analyse prédictive de l’impact de cette variation a été réalisée à l’aide du logiciel Alamut Visual Plus, permettant d’envisager différents scénarios d’épissage anormaux. Les cadres de lecture ouverts ont été déterminés via ExPASy, et la prédiction des domaines transmembranaires a été effectuée avec PSIPRED. La modélisation structurelle de la protéine a été réalisée à l’aide de Phyre2 et PyMOL, et la localisation subcellulaire a été inférée par comparaison avec les données UniProt. Nos résultats indiquent que cette variation altère non seulement le site accepteur canonique, mais pourrait également activer un site accepteur cryptique situé en début d’exon 8. Deux transcrits anormaux sont ainsi prédits : l’un résultant en un saut complet de l’exon 8, et l’autre en une rétention partielle de ce dernier. Ces événements conduiraient à la synthèse de deux protéines tronquées, respectivement de 164 et 347 acides aminés. La forme la plus courte ne contiendrait qu’un seul domaine transmembranaire au lieu de sept, et les deux formes présenteraient des altérations structurales majeures, affectant notamment les motifs fonctionnels et la localisation lysosomale. La forme tronquée de 164 acides aminés, dépourvue des signaux de ciblage lysosomal, est probablement non fonctionnelle et pourrait expliquer le phénotype sévère du patient. Ces résultats soulignent l’importance des approches in silico pour l’interprétation des variants d’épissage, mais nécessitent une validation fonctionnelle ultérieure.
Temim DELI (Tunis, Tunisie), Mariem ELYOUNSI, Ahlem ACHOUR, Amira ZENATI, Maher KHARRAT, Taha SAYARI, Tahar GARGAH, Médiha TRABELSI, Ridha M'RAD
00:00 - 00:00 #49698 - P749 Analyse fonctionnelle in vitro d’une nouvelle variation intronique identifiée au niveau du gène CYP11B1.
P749 Analyse fonctionnelle in vitro d’une nouvelle variation intronique identifiée au niveau du gène CYP11B1.

Le déficit en 11β-hydroxylase, deuxième cause d’hyperplasie congénitale des surrénales, est lié à des variations du gène CYP11B1. Dans le cadre de la caractérisation du spectre mutationnel de ce gène, nous avons identifié une nouvelle variation intronique c.1200+5G>C, jamais rapportée dans la littérature, et ce chez plusieurs membres d’une famille tunisienne. La confirmation de sa pathogénicité nécessite des analyses fonctionnelles afin d’affiner le diagnostic clinique et d’orienter la prise en charge thérapeutique. L’objectif de ce travail était de mettre en place des méthodes d’analyse in vitro permettant la caractérisation fonctionnelle de cette nouvelle variation. Tout d’abord, nous avons réalisé une analyse in silico afin d’évaluer l’impact de la variation sur l’épissage de l’ARNm et sur l’activation éventuelle de sites cryptiques. Sur la base de ces prédictions, nous avons réalisé une modélisation moléculaire 3D afin de comparer la protéine mutée à la protéine sauvage et d’explorer les conséquences potentielles de la variation sur la structure et la conformation de la protéine. Par la suite, nous avons réalisé une étude fonctionnelle in vitro moyennant l’approche « Exon-Trapping » qui permet d’exprimer un mini-gène portant la variation dans des cellules eucaryotes et d’analyser son effet sur l’épissage de l’ARNm. L’analyse in silico a suggéré que cette variation résulterait en une rétention de l’intron 7 conduisant au décalage du cadre de lecture et à l’apparition d’un codon stop prématuré, ce qui altérerait la conformation ainsi que la fonction de la protéine mutée. En revanche, les études fonctionnelles in vitro ont révélé que la variation aurait plutôt comme conséquence l’excision de l’exon 7, situé en amont de la variation, confirmant ainsi son rôle pathogène. Par conséquent, la divergence entre les résultats de la prédiction in silico et l’analyse fonctionnelle in vitro souligne les limites des outils bioinformatiques, qui bien que prédictifs, doivent systématiquement être validés par des approches expérimentales.
Asma TAJOURI (Tunis, Tunisie), Abir JEBALI, Nasreddine RAJOUA, Temim DELI, Ons AZAIEZ, Ridha M'RAD, Lilia KRAOUA, Médiha TRABELSI, Maher KHARRAT
00:00 - 00:00 #49705 - P750 Un scénario d'épissage peut en cacher un autre : le RNA-seq révèle le paysage transcriptionnel complexe d'un variant du gène POGZ.
P750 Un scénario d'épissage peut en cacher un autre : le RNA-seq révèle le paysage transcriptionnel complexe d'un variant du gène POGZ.

Introduction : L'interprétation des variants introniques non canoniques représente un défi diagnostique majeur. Les prédictions in silico, bien qu'utiles, restent limitées pour anticiper la complexité réelle de l’épissage alternatif des transcrits. Nous présentons un variant d’épissage de novo dans le gène POGZ NM_015100.4:c.2570+3A>T dans l’intron 18 identifié par séquençage haut débit (SHD) de génome, chez une patiente présentant un trouble neurodéveloppemental syndromique. Ce variant est prédit pour induire uniquement un saut complet de l’exon 18 par les outils prédictifs in silico (Splice AI et SPiP). Le séquençage d’ARN (RNA-seq) a permis de montrer un effet délétère beaucoup plus complexe que les prédictions in-silico et de reclasser ce variant de signification incertaine (VSI) en pathogène Méthodes : À partir d'ARN leucocytaire de la patiente, du cDNA double brin a été généré (Second Strand Cdna synthesis, Invitrogen). Une librairie a été préparée par capture d’Exome (Agilent V8 XT-HS2) et séquencée par la technologie NextSeq500 Illumina. L'analyse bio-informatique (alignement hg19, visualisation IGV, Sashimi plots et annotation) a été réalisée grâce à la plateforme Polyweb de l’Institut Imagine. Résultats : L'analyse RNA-seq ciblée du gène POGZ a révélé un paysage d'épissage anormal et complexe, bien au-delà du simple effet attendu sur les sites canoniques d’épissage de l’exon 18. Le variant est responsable simultanément de quatre anomalies transcriptionnelles distinctes sur le même allèle : 1. Rétention probablement complète de l'intron 17 (avec un taux élevé). 2. Saut de l'exon 18 (à un taux d’environ 30%). 3. Utilisation d'un site donneur cryptique en amont, entraînant l'insertion d'un pseudo-exon de 33 pb (taux de 8%). 4. Rétention probablement complète de l'intron 18 (avec un taux élevé). Conclusion : Ce cas démontre qu'un variant unique peut orchestrer plusieurs mécanismes d'épissage pathogènes concomitants. L’étude par RNA-seq est indispensable pour dépasser les limites de la prédiction in silico et révéler la complexité des effets des variations des sites non canoniques d’épissage. Elle a permis la reclassification définitive du variant c.2570+3A>T en variant pathogène, un diagnostic moléculaire indispensable pour la prise en charge de la patiente dont le phénotype est compatible avec les signes associés aux variants pathogènes dans POGZ ainsi qu’un un conseil génétique pour la famille . Cette approche doit être systématiquement envisagée pour l'interprétation des variants introniques non canoniques.
Hamza HADJ ABDALLAH, Lamisse HENDILI-MANSOUR, Thomas COURTIN, Ilyas CHALLET, Guillaume DORVAL, Emmanuelle OLLIVIER, Patrick NISTSCHKE, Julie STEFFAN, Valérie CORMIER-DAIRE, Lucile BOUTAUD (paris)
00:00 - 00:00 #49900 - P751 Etude comparative des extractions ARN pour les analyses fonctionnelles en laboratoire de génétique moléculaire.
P751 Etude comparative des extractions ARN pour les analyses fonctionnelles en laboratoire de génétique moléculaire.

Contexte L’analyse de l’expression génique à partir d’ARN total est devenue incontournable pour interpréter certains variants de signification inconnue (VSI) détectés par NGS et pouvant affecter l’épissage. Cependant, la qualité et la quantité d’ARN dépendent fortement des conditions pré-analytiques et des méthodes utilisées. Les principaux obstacles restent l’instabilité des transcrits, les pertes liées aux manipulations, la contamination par l’ADN génomique et des délais techniques peu compatibles avec un diagnostic rapide. Les laboratoires doivent donc évaluer les méthodes disponibles afin d’optimiser et simplifier l’extraction d’ARN. Objectifs Comparer les performances des tubes S-Monovette® RNA Exact (Sarstedt), permettant une extraction semi-automatisée, à une méthode de référence standardisée à partir de tubes PAXgene® (Becton Dickinson). Méthodes Seize patients ont été inclus. Deux protocoles ont été comparés : (1) Extraction de référence à partir de 2,5 ml de sang dans un tube PAXgene® avec protocole standard : plusieurs étapes manuelles (centrifugations, lavages, resuspension), puis extraction automatisée avec l’automate MagnetaPure (Macherey Nagel). (2) Extraction alternative à partir de 1,5 ml de sang dans un tube S-Monovette® RNA Exact : extraction automatisée directe sur le même automate. Les ARN ont été évalués par : quantification (Qubit), qualification (Tapestation®-BioAnalyzer), mesure de l’ADN génomique résiduel, et détection des évènements d’épissage (NGS et bioinformatique). Résultats Malgré un volume sanguin inférieur, les S-Monovette® ont fourni un rendement équivalent à la méthode standard (80,2 vs 73,6 ng/µL). La qualité des ARN était supérieure avec S-Monovette® (RIN moyen 8,2 vs 6,9 ; p=0,02). La contamination par l’ADN génomique était nettement réduite (3,4 vs 89,6 ng/µL ; p=0,006), améliorant la fiabilité des analyses ultérieures. Sur le plan médico-technique, le protocole standard nécessitait 3–4 h avec de nombreuses étapes manuelles, tandis que l’extraction S-Monovette® était réalisable en environ 1h30, réduisant de moitié le temps technicien. Conclusion Le système S-Monovette® RNA Exact constitue une alternative robuste et efficiente à l’extraction ARN standard. Il permet d’obtenir une quantité équivalente mais une qualité supérieure d’ARN, tout en réduisant la contamination par l’ADN génomique et le temps de manipulation. Il simplifie aussi la logistique : les prélèvements restent stables jusqu’à 5 jours à température ambiante (vs 2 h pour PAXgene®). L’étude médico-économique a montré un gain en temps, en coût global, et une diminution des déchets biologiques. L’adoption de cette méthode pourrait ainsi améliorer la prise en charge diagnostique des maladies génétiques nécessitant l’étude des transcrits.
Zaïna AIT ARKOUB (Paris), Fabienne SAINT JALMES, Brian SEPRELAKIS-BEEDHAM, Guillaume DORVAL, Julie STEFFANN
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Eposters affichés thèmes JAUNE
01 - Pathologies du neurodéveloppement - 06 - Neurogénétique - 20 - Pathologies Neurosensorielle/sensorielle - 21 - Maladies Métaboliques

01 - Pathologies du neurodéveloppement - 10- Syndromes malformatifs - 15- Génétique chromosomique constitutionnelle - 20- Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 22 - Troubles de la reproduction
00:00 - 00:00 #49697 - P454 Extension du spectre phénotypique des variants liés à SMARCC1.
Extension du spectre phénotypique des variants liés à SMARCC1.

Introduction : SMARCC1, code pour BAF155, est impliqué dans le développement embryonnaire et la régulation des progéniteurs neuronaux. Depuis 2018, moins de 20 familles porteuses de variants pathogènes (VP), majoritairement type perte de fonction et hérités des parents sains, ont été rapportées. Le gène est actuellement annoté dans OMIM (601732) comme prédisposant à l’hydrocéphalie, mais le phénotype, les corrélations phénotype–génotype et la pénétrance demeurent imparfaitement définies. Objectifs : Mieux caractériser le spectre clinique et radiologique associé aux variants ma, préciser la variabilité inter- et intrafamiliale et documenter la transmission familiale. Patients et Méthodes : Description clinique détaillée et imagerie pré et post-natale des 4 familles multigénérationnelles. Deux familles, déjà partiellement décrites par Rive Le Gouard et al. en 2023, font l’objet d’une caractérisation élargie et approfondie. Deux autres familles sont rapportées pour la première fois. Résultats : Les cas-index sont 4 fœtus et 2 enfants issue de 4 familles avec le diagnostic a été établi par séquençage du génome, soit après une interruption de grossesse entre 19 et 25 SA pour anomalies sévères de l’imagerie prénatale, soit après la naissance. Dans la famille 1, 2 fœtus présentaient une ventriculomégalie sévère et une macrocrânie; l’un avec anomalies de gyration et rupture septale et l’autre dysmorphie des cornes frontales. Ils portaient un VP, p.Asn479Lysfs*18 hérité d’une mère saine. Dans la famille 2, 1 fœtus présentait une hydrocéphalie avec atrésie de l’aqueduc, une agénésie du corps calleux et une macrocéphalie. Le VP p.Asn557Ter transmis par le père et la grand-mère sains. Dans la famille 3, une IMG a été réalisée pour hydrocéphalie tri-ventriculaire majeure. Le VP p.Lys89* était hérité par la mère présentant une ventriculomégalie avec dysmorphie des cornes occipitales. Son fils de 12 ans, portait également la variant, sans anomalie à l’IRMc. Dans la famille 4, le garçon de 11 ans présentait une agénésie partielle du corps calleux (splénium) et une dilatation ventriculaire, portait le VP p.Val265Phefs*3, hérité d’une mère asymptomatique. Discussion/Conclusion : Les variants de SMARCC1, gène considéré comme prédisposant à l’hydrocéphalie, sont associés à un spectre plus large de malformations cérébrales, incluant anomalies du corps calleux, macrocéphalie et anomalies de la gyration. Le phénotype neuro-développemental est variable, et doit être précisé par des études plus larges. La pénétrance incomplète, illustrée par des porteurs sains chez les parents pourrait s’expliquer par un second évènement dans les formes fœtales sévères. Cette étude enrichit la compréhension du spectre clinique des variants SMARCC1 et fournit des données supplémentaires pour l’interprétation des variants et le conseil génétique. Néanmoins, à l’heure actuelle, ces données sont encore insuffisantes pour préciser le pronostic en prénatal, qui reste dépendant de l’imagerie cérébrale.
Thi Thu Huyen LE, Cristina PEDUTO (Paris), Nicolas RIVE LE GOUARD, Boris KEREN, Lisa FRUGERE, Romain DUQUET, Anna-Gabriella GERASIMENKO, Stéphanie VALENCE, Solveig HEIDE, Tania ATTIE-BITACH, Delphine HERON
00:00 - 00:00 #49875 - P455 Co-occurrence de syndrome de Joubert et de syndrome d’Usher révélée par séquençage de l’exome chez un patient Tunisien.
Co-occurrence de syndrome de Joubert et de syndrome d’Usher révélée par séquençage de l’exome chez un patient Tunisien.

Introduction : Les progrès des technologies de séquençage de haut débit ont amélioré le rendement diagnostique en génétique médicale. Cependant, ces progrès révèlent aussi un nombre croissant de diagnostics moléculaires multiples, estimés dans la littérature entre 2 et 5 %, ce qui pose davantage de défis dans l’interprétation des variants. Dans ce travail, nous rapportons une co-occurrence de deux pathologies autosomiques récessives révélées par séquençage de l’exome (SE). Méthodes : Nous rapportons l’observation d’un patient Tunisien adressé pour trouble neuro-développemental (TND). Un SE a été réalisé avec la technologie short-read d’Illumina, avec la recherche concomitante de CNV. Résultats : Il s’agit d’un nourrisson âgé de 13 mois, issu d’un mariage consanguin, présentant un retard sévère sur le plan moteur et langagier. A l’examen, une dysmorphie faciale a été objectivée avec un nystagmus rotatoire et une hypotonie axiale. L’IRM cérébrale a montré une hypoplasie vermienne avec un aspect en "dent molaire" évocateur d’un syndrome de Joubert. L’électrorétinogramme a montré une dystrophie des cônes. Le caryotype était normal. Le SE a mis en évidence 3 anomalies : 1. Un variant homozygote dans le gène AHI1 (NM_001134831.2:c.1550G>A, p.Trp517Ter), de type non-sens, entraînant un codon stop prématuré. Ce variant est classé pathogène dans ClinVar. Le gène AHI1 code pour la Jouberin, protéine impliquée dans le développement du cervelet et du tronc cérébral et les variants délétères de ce gène sont associés au syndrome de Joubert de type 3, ce qui est concordant avec le phénotype observé. 2. Un variant homozygote intronique profond dans le gène USH2A (NM_206933.4:c.784+14389G>T, p ?). Ce variant est rapporté comme probablement pathogène dans ClinVar, chez des patients atteints du syndrome d’Usher de type IIA, ou de rétinite pigmentaire isolée, chacun de transmission autosomique récessive. Des études fonctionnelles ont montré qu’il induit l’insertion d’un pseudo-exon dans l’ARNm, entraînant un décalage du cadre de lecture et un codon stop prématuré (p.Gly262Aspfs*26), confirmant son caractère délétère. Un bilan électrophysiologique auditif et un examen ophtalmologique ont été demandés afin de préciser l’expression phénotypique liée à ce variant, et d’orienter le diagnostic moléculaire. 3. Une microduplication homozygote au niveau du bras court du chromosome 8 (8p11.21p11.1), de taille minimale 273,8 kb et contenant les deux gènes POMK et HGSNAT impliqués dans des maladies autosomiques récessives n’expliquant pas le phénotype de notre patient. Elle a été classée comme de signification incertaine. Conclusion : Ce cas illustre l’intérêt du SE dans le diagnostic étiologique des TND et des syndromes malformatifs. Le SE a permis d’instaurer une prise en charge multidisciplinaire ciblée et de prodiguer un conseil génétique adapté. Également, ce cas souligne les défis posés par les diagnostics multiples et les variants de signification incertaine.
Feriel AGREBI (Bron), Syrine HIZEM, Imen REJEB, Yasmina ELARIBI, Manel LAAJIMI, Mariem MKADMINI, Ichraf KRAOUA, Houweyda JILANI, Lamia BEN JEMAA
00:00 - 00:00 #49701 - P456 Variant gain-de-fonction du gène UBE3A responsable d’un trouble du développement intellectuel avec macrocéphalie.
Variant gain-de-fonction du gène UBE3A responsable d’un trouble du développement intellectuel avec macrocéphalie.

Les anomalies de la région 15q11.2q13.3, soumise à empreinte parentale, sont impliquées dans plusieurs troubles du neurodéveloppement (TND) syndromiques, en particulier les syndromes bien connus de Prader-Willi et d'Angelman, respectivement causés par un défaut d'expression de l'allèle paternel et maternel. Au sein de cette région, c'est plus précisément la perte de l'expression maternelle du gène UBE3A, qui code une E3 ubiquitine ligase favorisant la dégradation des protéines par le protéasome, qui est responsable du syndrome d’Angelman, caractérisé par un trouble du développement intellectuel sévère, une épilepsie avec aspect évocateur à l'EEG, des troubles moteurs, une dysmorphie et un comportement agité et joyeux. Si les conséquences phénotypiques de la perte d'expression d’UBE3A sont très connues, celles d'un excès d’activité d'UBE3A sont beaucoup moins documentées. Elles ont été suspectées en raison du phénotype de TND avec troubles du spectre autistique, distinct du syndrome d’Angelman, associé aux gains du nombre de copies d’origine maternelle (duplication et triplication) de la région 15q11q13, UBE3A étant le seul gène de la région dont l’expression dans les neurones matures soit exclusivement d’origine maternelle. En 2021, la caractérisation fonctionnelle de variants faux-sens du gène UBE3A identifiés chez des patients ayant un TND a permis de montrer que les variants activateurs étaient habituellement d’origine maternelle et associés à un phénotype de trouble du développement intellectuel avec ou sans épilepsie, distinct du syndrome d’Angelman (Weston et al., 2021). Nous rapportons une patiente avec une déficience intellectuelle légère et une macrocéphalie porteuse d'un variant faux-sens du gène UBE3A hérité de sa mère asymptomatique. Les tests fonctionnels utilisés pour évaluer l’activité de la protéine UBE3A ont montré un gain d’activité de 80% par rapport à la protéine sauvage. Le séquençage du génome en long read a montré que la mère de la patiente portait le variant sur son allèle paternel, ce qui explique l’absence de manifestations cliniques chez elle. Ces résultats sont en faveur de la pathogénicité du variant et de son implication dans le phénotype de la patiente. La macrocéphalie, décrite chez certains patients porteurs d’une duplication 15q11q13, semble compatible avec un gain de fonction d’UBE3A, en miroir de la microcéphalie modérée du syndrome d’Angelman. Cette observation souligne la complexité de l’interprétation des variants dans les gènes soumis à empreinte et les limites des arguments habituellement invoqués (ségrégation, présence ou absence en population générale) pour estimer la pathogénicité d’un variant.
Oriane MERCATI (Paris), Caroline NAVA, Adèle BARBOT, Julien BURATTI, Thierry BIENVENU, Jason YI, Hélène MAUREY, Boris KEREN, Cyril MIGNOT
00:00 - 00:00 #49555 - P457 Interprétation d’un génotype incertain dans le gène YARS1 : apport du phénotype clinique et du dialogue clinico-biologique.
Interprétation d’un génotype incertain dans le gène YARS1 : apport du phénotype clinique et du dialogue clinico-biologique.

Introduction Le gène YARS1 code pour la tyrosyl-ARNt synthétase, une enzyme essentielle à la traduction protéique et la réponse au stress cellulaire. Des variations bialléliques pathogènes de ce gène sont associées à une forme récessive de maladie multisystémique neurologique, endocrine et pancréatique (syndrome IMNEPD2, OMIM #619418). À ce jour, plus de 30 cas présentant un déficit en YARS1 ont été rapportés dans la littérature. Nous décrivons un nouveau cas dont le diagnostic a pu être établi sur la base de la spécificité des données cliniques, indépendamment des critères de l’ACMG. Patient et méthodes Nous rapportons le cas d’un nourrisson de 6 mois, hospitalisé pour une hypotonie néonatale, malnutrition, hypoglycémie, hypertriglycéridémie, insuffisance pancréatique exocrine, hépatomégalie et particularités morphologiques. Le bilan biologique a révélé une hypoalbuminémie, un effondrement global des acides aminés plasmatiques et un hypométabolisme médullaire par déficit en érythropoïétine. Un avis spécialisé en maladies métaboliques orientait vers un défaut de transport des acides aminés. Une analyse du génome en trio (cas index et parents) a été réalisée sur la plateforme Auragen dans le but d’identifier la cause moléculaire. Résultats Dans un premier temps, l’étude in silico des gènes impliqués dans ce mécanisme s’est révélée non contributive. L’analyse élargie des données de génome a ensuite permis d’identifier deux variations faux-sens dans le gène YARS1 à l’état hétérozygote composite. Les éléments cliniques rapportés étaient compatibles avec le syndrome IMNEPD2. Toutefois, conjointement, les arguments cliniques et moléculaires (localisation, scores de prédiction in silico, fréquence, bases de données) conduisent à classer ces variations tout au plus comme étant de signification incertaine d’après les critères de l’ACMG. Une discussion clinico-biologique a permis d’intégrer des éléments cliniques complémentaires, notamment un petit poids pour l’âge gestationnel, un placenta recouvrant, une microcéphalie et une régression psychomotrice. Ces échanges ont également permis de confronter les données clinico-biologiques du nourrisson à celles de la littérature rapportant des cas porteurs de variations bialléliques pathogènes dans ce gène. Une forte concordance phénotypique a ainsi pu être établie avec le syndrome IMNEPD2. Discussion Sur la seule base de la concordance clinico-biologique particulièrement spécifique, le génotype associant ces deux variations de séquence a été considéré comme probablement pathogène et susceptible d’expliquer le phénotype complexe observé chez ce nourrisson, indépendamment des critères de l’ACMG. Conclusion Cette observation illustre l’importance des données cliniques dans l’interprétation génomique des variations. Elle souligne également le rôle fondamental du dialogue clinico-biologique dans l’établissement du diagnostic, particulièrement dans les situations où les données moléculaires sont peu ou ne sont pas contributives.
Oussama KETTANI, Richard BELMONTE (Dijon), Ange-Line BRUEL, Julian DELANNE, Hana SAFRAOU, Antonio VITOBELLO, Consortium AURAGEN, Christel THAUVIN, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON
00:00 - 00:00 #49731 - P458 Syndrome d’Allgrove au Maroc : variabilité clinique et analyse de la mutation récurrente c.1331+1G>A du gène AAAS.
Syndrome d’Allgrove au Maroc : variabilité clinique et analyse de la mutation récurrente c.1331+1G>A du gène AAAS.

Introduction : Le syndrome d’Allgrove ou syndrome des 3A, est une maladie autosomique récessive rare, caractérisée par la triade clinique : alacrymie, achalasie et insuffisance surrénalienne. Le gène impliqué, AAAS, code pour l’ALADIN, une protéine du complexe du pore nucléaire. Depuis sa première description par J. Allgrove en 1978, plusieurs mutations ont été rapportées. Certaines variations géographiques suggèrent des effets fondateurs, mais les données restent limitées au Maroc. Matériel et méthodes : Nous rapportons une série de six patients marocains non apparentés issus de mariages consanguins, pris en charge dans un contexte multidisciplinaire entre février et juin 2024. Les données clinico-biologiques ont été analysées. Une recherche ciblée de la mutation récurrente c.1331+1G>A du gène AAAS par séquençage Sanger a été réalisé. Résultats : Tous les patients présentaient une alacrymie, décrite dès la naissance, constituant le signe d’alerte majeur. L’insuffisance surrénalienne est survenue chez cinq patients entre 5 mois et 7 ans, plus tardivement chez un autre. L’achalasie œsophagienne a été confirmée chez quatre patients, suspectée chez un et absente chez un autre. Les troubles neuropsychiatriques (anxiété, agressivité, déficit intellectuel, retard scolaire) étaient présents chez quatre patients. Cinq présentaient un retard staturo-pondéral ou pubertaire. L’étude moléculaire a identifié la mutation c.1331+1G>A du gène AAAS : homozygote chez quatre patients, hétérozygote chez un, absente chez un autre. Ces derniers profils suggèrent la nécessité d’un séquençage élargi afin de rechercher d’autres variants pathogènes. Discussion et Conclusion : Cette série illustre plusieurs aspects essentiels du syndrome d’Allgrove : l’alacrymie est le signe précoce le plus constant et doit orienter le clinicien, l’âge variable de survenue de l’insuffisance surrénalienne peut retarder le diagnostic, et l’achalasie n’est pas systématique, rendant parfois incomplète la triade classique. La récurrence de la mutation c.1331+1G>A chez nos patients confirme son importance dans la population marocaine et renforce l’hypothèse d’un effet fondateur, déjà évoqué dans la littérature. Toutefois, la présence de cas hétérozygotes ou négatifs souligne l’intérêt d’approches moléculaires plus larges. Ces résultats plaident pour un dépistage précoce de l’alacrymie et un diagnostic génétique systématique, afin d’optimiser la prise en charge multidisciplinaire et prévenir les complications vitales.
Houda JELTI (Tanger, Maroc), Khaoula ZERROUKI, Sabrine BOURESSAS, Abdelhaq LAMAIBDEL, Farah HACHT, Mariame BENKACEM, Mariam TAJIR, Afaf LAMZOURI
00:00 - 00:00 #49415 - P459 Identification du gène CSNK1A1 responsable d’un trouble du neurodéveloppement.
Identification du gène CSNK1A1 responsable d’un trouble du neurodéveloppement.

Les troubles du neurodéveloppement (TND) se caractérisent par un déficit dans l’un des domaines du développement (langage, motricité, habilités sociales…) et incluent la déficience intellectuelle, les troubles du spectre autistique, les troubles du langage oral et les troubles du comportement. Ils affectent 1 individu sur 6 en France. L’identification de nouveaux gènes impliqués dans les TND rares s’avère un défi majeur face à l’hétérogénéité clinique et moléculaire de ce groupe de pathologies. Dans cette étude, nous rapportons 26 individus issus de 24 familles présentant une variation hétérozygote pathogène dans le gène CSNK1A1 incluant 21 variations de novo, trois variations héritées d’un parent atteint et une variation dont la transmission n’est pas connue. La majorité des variations sont localisées dans le domaine conservé protéine kinase (22/24) incluant 14 variations faux-sens, 7 variations non-sens ou frameshift et une délétion en phase. Deux délétions à l’origine d’un décalage du cadre de lecture et de l’apparition d’un codon stop prématuré sont également identifiées en dehors du domaine protéine kinase. Les individus présentent des anomalies cranio-faciales et musculo-squelettiques variables. Tous les individus présentent un retard global du développement incluant un retard de langage (21/23) et un retard moteur (21/22). Une déficience intellectuelle légère à sévère (17/18), une épilepsie (13/25) et un trouble du spectre autistiques (14/19) ont également été notés. Des anomalies urogénitales (8/22), gastrointestinales (8/23), cardiaques (6/21), et/ou rénales (2/20) sont observées de façon inconstante. Le gène CSNK1A1 code pour une protéine kinase de la superfamille CK1, paralogue des CK2, impliquée dans de nombreux processus cellulaires (apoptose, trafic cellulaire, régulation, voies de signalisation…). Plusieurs membres de cette famille avec des fonctions similaires ont précédemment été décrits ou suspectés dans les TND (TTBK2, CSNK2A1). Les études fonctionnelles en cours permettront de mieux caractériser l’impact des variations faux-sens du gène CSNK1A1. En conclusion, nous avons mis en évidence un nouveau gène responsable d’un TND possiblement syndromique. L’identification de ce gène, paralogue de CSNK2A1 précédemment impliqué dans le syndrome Okur-Chung, démontre une nouvelle fois la tendance à identifier de nouveaux gènes de TND au sein d’une même famille de gène, notamment dans les régions hautement conservées au cours de l’évolution.
Ange-Line BRUEL (DIJON), Yannis DUFFOURD, Pascal JOSET, Nour GAZZAZ, Yline CAPRI, Bryn WEBB, Motti SHOHAT, Lorraine POTOCKI, Julia BAPTISTA, Angelika RIESS, Ana COHEN, Bertrand ISIDOR, Benjamin COGNÉ, Ellen ELIAS, Marco TARTAGLIA, Seema LALANI, Tobias HAACK, Cyril MIGNOT, Konrad PLATZER, Ina SHANZE, Elena PARRINI, Renzo GUERRINI, Andrea ACCOGLI, Julia BROABENT, Xi LUO, Anja KOVANDA, Katharina STEINDL, Nicola FOULDS, Isabelle TIFFAULT, Emily BLAND, Boris KEREN, Thea GIACOMINI, Susan M WHITE, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET
00:00 - 00:00 #49711 - P460 CTDSPL2 : nouveau gène candidat associé à un trouble du développement intellectuel.
CTDSPL2 : nouveau gène candidat associé à un trouble du développement intellectuel.

1) Contexte : Grâce au Plan France Médecine Génomique 2025, les patients atteints de trouble du développement intellectuel peuvent bénéficier d’un séquençage de génome entier (SGE) dans le cadre de leur parcours de soin. Cette technique qui permet de détecter les SNV et les variants de structure (VS) équilibrés et déséquilibrés de très petite taille, a permis d’obtenir un rendement diagnostique d’environ 50% chez ces patients. Cette approche pangénomique est d’autant plus utile dans les troubles du neurodéveloppement qu’il existe une très grande hétérogénéité clinique et génétique chez les patients atteints de TDI. Elle permet également d’identifier des CNV comprenant des potentiels gènes candidats responsables du tableau clinique de ces patients. Grâce au SGE, nous avons détecté chez deux frères atteints de TDI une délétion 15q15q21 comprenant le gène CTDSPL2 qui code une phosphatase nucléaire impliquée dans la régulation transcriptionnelle. Bien que non décrit en pathologie humaine, son profil d’expression cérébrale et son caractère contraint à la perte de fonction (pLI = 1, pLOEUF = 0,18) nous ont conduit à collecter d’autres patients porteurs d’un CNV à type de délétion impliquant CTDSPL2 ou porteurs de variants perte de fonction dans ce gène. 2) Méthodes : Grâce à GeneMatcher et au réseau AchroPuce, dix patients porteurs de délétions hétérozygotes du gène CTDSPL2 (6/10 patients) ou de variants tronquants (4/10 patients) ont été inclus dans notre étude. Les données cliniques et génétiques (ACPA, SGE) ont été analysées rétrospectivement. 3) Résultats : Les patients présentent un retard global du développement, une déficience intellectuelle associés le plus souvent à un retard du langage et parfois à une microcéphalie. Les troubles du comportement, notamment TSA ou TDAH sont également fréquents retrouvés. D’autres signes neurologiques peuvent être associés comme une hypotonie ou une épilepsie. Il est à noter que certains patients présentent également des anomalies visuelles et squelettiques. Parmi les patients, six sont porteurs d’une délétion 15q, de taille variable (7,3 Kb à 7 Mb), comprenant entièrement ou partiellement le gène CTDSPL2, survenue de novo ou présente en mosaïque chez un parent. Deux patientes sont porteuses d’un variant non-sens, hérité pour chacune de leur mère. 4) Conclusion : Notre étude suggère que CTDSPL2 constitue un gène candidat des troubles du développement intellectuel, probablement selon un mécanisme d’haploinsuffisance. Des analyses fonctionnelles, associées à l’identification de nouveaux patients porteurs de variants perte de fonction, permettront de mieux définir le spectre phénotypique lié à CTDSPL2 et de préciser le mécanisme de pathogénicité sous-jacent.
Hamza HADJ ABDALLAH, Marlène RIO, Andrée DELAHAYE, Cédric LE CAIGNEC, Nathalie DOUET-GUILBERT, Gina O'GRADY, Jonathan LEVY, Pierre BLANC, Valérie MALAN (PARIS)
00:00 - 00:00 #49918 - P461 Encéphalopathie développementale et épileptique liée à un variant synonyme du gène CNKSR2 : à propos d’un cas.
Encéphalopathie développementale et épileptique liée à un variant synonyme du gène CNKSR2 : à propos d’un cas.

Introduction Le gène CNKSR2, joue un rôle essentiel dans les voies de signalisation intracellulaire et le développement neuronal. Les variants pathogènes de ce gène sont responsables du syndrome lié à CNKSR2, une encéphalopathie développementale et épileptique rare. Le tableau clinique se caractérise principalement par un retard global du développement, des troubles du langage sévères, des crises épileptiques précoces souvent pharmaco-résistantes, et, dans certains cas, des troubles du comportement. Objectif Rapporter un nouveau cas d’épilepsie pharmacorésistante associée à un retard global du développement, et potentiellement lié à un nouveau variant Synonyme du gène CNKSR2. Méthodologie Une évaluation clinique complète a été réalisée. Les explorations paracliniques incluaient un EEG, une IRM cérébrale et un caryotype standard. Un Whole Genome Sequencing (WGS) a été réalisé afin d’identifier une éventuelle anomalie génétique. Résultats Nous rapportant le cas d’un enfant, âgé de 9 ans,issu d’un mariage non consanguin et qui présente des antécédents familiaux d’épilepsie (un oncle maternel et un oncle paternel du père). La grossesse et l’accouchement ont été sans incident. Le développement psychomoteur a montré un retard global du développement. Sur le plan neurologique, l’épilepsie est apparue à l’âge de 2 ans et 10 mois, rapidement pharmacorésistante, compliquée par des états de mal épileptiques. À l’examen clinique, la croissance staturo-pondérale et le périmètre crânien étaient dans les limites basses de la normale, avec un faciès peu dysmorphique (sourcils fournis, fentes palpébrales horizontales, pointe nasale bulbeuse, columelle saillante, incisives centrales larges, oreilles légèrement décollées). Les examens complémentaires ont montré un EEG comportant une activité paroxystique centro-temporale bilatérale majorée au sommeil, une IRM cérébrale normale et un caryotype 46,XY. Un séquençage du génome entier (WGS) a été réalisé, révélant un nouveau variant synonyme du gène CNKSR2 à l’état hémizygote (NM_014927.5:c.519G>A), initialement classé comme variant de signification incertaine (VUS) selon les critères de l’ACMG. Toutefois, compte tenu de son impact délétère prédit sur l’épissage et de la concordance phénotypique observée chez notre patient avec les atteintes décrites dans le cadre des variants CNKSR2, une reclassification en probablement pathogène peut être envisagée. Par ailleurs, une étude fonctionnelle complémentaire est envisageable afin de confirmer son rôle pathogène. Conclusion Ce cas met en évidence l’intérêt du séquençage génomique dans l’épilepsie pharmacorésistante et les troubles neurodéveloppementaux. L’identification de ce variant du gène CNKSR2 élargit le spectre mutationnel connu et contribue à une meilleure caractérisation des phénotypes associés, ouvrant la voie à un conseil génétique plus précis et à une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques.
Mortadha CHERIF, Imen REJEB, Syrine HIZEM, Yasmina ELARIBI, Houweyda JILANI, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49700 - P462 Vers une nouvelle forme atypique de trouble du langage écrit : « la dysgnosie des signes conventionnels », description phénotypique et recherche de bases moléculaires.
Vers une nouvelle forme atypique de trouble du langage écrit : « la dysgnosie des signes conventionnels », description phénotypique et recherche de bases moléculaires.

Introduction : Les troubles du neurodéveloppement (TND) sont l’un des principaux motifs de consultation en génétique. Pourtant, les descriptions du phénotype fonctionnel demeurent souvent limitées et ne permettent pas de rendre compte de la variabilité des profils cliniques observés. Le recours à des termes diagnostiques généraux (TND, troubles des apprentissages, ...), trop imprécis, complique la constitution de cohortes cliniquement homogènes, indispensables pour progresser dans l’identification des bases moléculaires de certains phénotypes particuliers ou pour caractériser précisément les phénotypes cliniques associés à la découverte de nouvelles bases moléculaires. Certains phénotypes fonctionnels atypiques sont en outre particulièrement difficiles à explorer et nécessitent des évaluations pluridisciplinaires répétées. Patients et méthodes : Nous rapportons la description phénotypique et moléculaire d’une famille présentant un profil atypique d’accès au langage écrit, avec des difficultés à reconnaître les lettres et chiffres, des stratégies de contournement, rendant l’accès au langage écrit très coûteux. Des difficultés d’évocation à l’oral sont également retrouvées. Cette présentation clinique, se rapprochant d’une forme d’alexie développementale, a été explorée par des évaluations neuropsychologique, orthophonique, ergothérapique, en raison d’un retentissement majeur sur le quotidien, alors que les efficiences intellectuelle et sensorielles sont préservées. La terminologie « d’alexie », issue de la sémiologie lésionnelle neurologique, ne traduit pas pleinement la réalité clinique, nous proposons donc d’utiliser le terme de « dysgnosie des signes conventionnels ». Résultats : Les évaluations pluridisciplinaires tendent à montrer une spécificité de l’atteinte sur les signes conventionnels avec un manque d’automatisation de la reconnaissance de lettres et nombres, une grande difficulté à identifier des pseudomots parmi de vrais mots, une écriture phonétique. Les explorations génétiques réalisées dans cette famille ont compris une analyse en CGH array et un séquençage de l’exome, retrouvent une duplication en 15q12q13.1 et une variation faux sens hétérozygote dans le gène GABBR2 (gamma-aminobutyric acid type B receptor subunit 2), toutes deux classées de signification incertaines, et héritées du père symptomatique. Le gène GABBR2 a déjà été rapporté chez quelques patients avec TND beaucoup plus sévère (Neurodevelopmental disorder with poor language and loss of hand skills, MIM#617903). Discussion : Les classifications actuelles (DSM-5, CIM-11) ne reconnaissent pas ce type de description phénotypique, qui ne correspond à aucune des catégories existantes. Nous proposons d’utiliser le terme de « dysgnosie des signes conventionnels » pour la décrire. L’identification d’autres patients présentant ce profil permettrait de consolider sa reconnaissance en tant qu’entité clinique et d’évaluer une éventuelle association avec le gène GABBR2.
Noémie RELIN, Julie BERTRAND, Sophie CHANCENOTTE, Lucie-Agnès COMBRET, Arthur SORLIN, Eléonore VIORA-DUPONT, Caroline RACINE, Aurore GARDE, Marie BOURNEZ, Benoit MAZEL, Sophie NAMBOT, Véronique LOUIS DARMENCY, Patricia PLUMET, Audrey COTINAUD-RICOU, Chloé GRECO, Delphine MELET, Margot VANDANGEOT, Raphaëlle MOTTOLESE, Jenny CORNATON, Quentin THOMAS, Hana SAFRAOU, Christophe PHLIPPE, Laurent COHEN, David GERMANAUD, Christel THAUVIN-ROBINET, Laurence FAIVRE, Julian DELANNE (Dijon)
00:00 - 00:00 #49259 - P463 ATP9A, un gène impliqué dans la schizophrénie et les psychoses.
ATP9A, un gène impliqué dans la schizophrénie et les psychoses.

Contexte L'ATP9A appartient à la famille des protéines P4-ATPase et jouerait un rôle dans le transport vésiculaire de l'appareil de Golgi vers la membrane plasmique, ainsi que dans la libération des vésicules extracellulaires des cellules humaines. En 2021, un variant de perte de fonction de ce gène a été associé à un trouble neurodéveloppemental de transmission récessive caractérisé par un déficit cognitif sévère, un retard moteur, des troubles du langage, de la motricité fine et du comportement (trouble de l'attention avec hyperactivité et agressivité). En 2025, un variant faux-sens de novo dans ce même gène a par ailleurs été identifié comme étant associé à un trouble neurodéveloppemental de transmission dominante présentant un phénotype très similaire. Objectif Nous avons séquencé le génome complet d'un groupe de 38 patients atteints de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif et leurs parents. Résultats : Nous avons identifié trois nouveaux variants de novo dans le gène ATP9A chez deux patients non apparentés. Un individu présentant une psychose sévère a été identifié comme porteur d'un variant synonyme de novo, c.2113C>T (p.(Leu705=)), dans le gène ATP9A. Ce variant a été prédit par tous les logiciels comme altérant le site d'épissage 5' de l'intron 9 et a été confirmé comme perturbant l'épissage normal du gène dans un test in vitro minigène. Le deuxième individu, qui présentait une schizophrénie réfractaire, s'est révélé être porteur de deux variants du gène ATP9A : un variant non-sens de novo (c.1740C>G ; p.(Tyr580*)) et une grande délétion de novo incluant les exons 18 et 19 du gène ATP9A (GRCh38 : g.51517885_51628972del). Discussion Nos résultats montrent que les personnes porteuses de variants du gène ATP9A peuvent présenter de graves troubles psychiatriques, quel que soit le mode de transmission héréditaire. Dans notre cohorte, 5 % des patients étaient porteurs d'un variant de novo dans ce gène. Cela suggère que l'ATP9A, qui joue un rôle dans le développement neuronal, pourrait être impliqué dans le développement de troubles psychiatriques, et qu'il faudrait accorder une attention particulière aux personnes hétérozygotes. Pour renforcer nos observations, la plus grande méta-analyse d'exome réalisée par le consortium SCHEMA a révélé que les variants tronqués et pathogènes du gène ATP9A étaient significativement associés à la schizophrénie (p = 0,000372 ; OR = 5,48).
Camille VEREBI, Cecile LOUVEAU, Bertrand DIEBOLD, Natacha GAITCH, Sophie GEORGIN LAVIALLE, Boris CHAUMETTE, Thierry BIENVENU (Paris)
00:00 - 00:00 #49059 - P464 Etude de cas et revue de la littérature du syndrome neurodéveloppemental lié aux variations du gène DOT1L.
Etude de cas et revue de la littérature du syndrome neurodéveloppemental lié aux variations du gène DOT1L.

Introduction : En 2023, les variations faux-sens du gène DOT1L ont été rapportées dans un syndrome de transmission autosomique dominante associant troubles du neurodéveloppement avec une atteinte prédominant sur le langage et des anomalies congénitales dans une cohorte post-natale de neuf patients. Le mécanisme physiopathologique rapporté dans cette étude est de type gain de fonction. Récemment, une nouvelle cohorte de 16 patients a été publiée. Cette étude complète la description phénotypique et implique pour deux patients des variations tronquantes avec un mécanisme physiopathologique de type perte de fonction. Nous rapportons le vingt-sixième patient présentant ce phénotype. Méthode : Une étude par séquençage de génome entier (WGS) en trio a été réalisée chez une patiente de 10 ans présentant un retard de développement global affectant principalement le langage et le comportement. Résultats : L’examen clinique a révélé une hypotonie, des anomalies ophtalmologiques et musculo-squelettiques et des éléments morphologiques particuliers. L’IRM encéphalique a révélé la présence d’hypersignaux de la substance blanche. L’étude par WGS a mis en évidence une variation hétérozygote faux-sens de novo de l’exon 4 du gène DOT1L (c.161C>T; p.(Ala54Val)) qui est rapportée pour la première fois comme responsable d’un phénotype avec retard de développement et anomalies congénitales. Discussion : Nous présentons la première revue de la littérature relative aux variations connues du gène DOT1L et discutons brièvement de la corrélation génotype-phénotype entre les variations perte de fonction et celles gain de fonction, ainsi qu'une description complète du phénotype de notre patiente. Les signes les plus constants rapportés chez les patients, y compris le nôtre, sont un retard global du développement associé à des effets prédominants sur le langage et le comportement et éventuellement des caractéristiques faciales.
Aurélien CAUX (Paris), Florence JOBIC, Boris KEREN, Alexis BILLES, Virginie MAGRY, Anaïs L'HARIDON, Walaa DARWICHE, Guillaume JEDRASZAK, Gilles MORIN
00:00 - 00:00 #49428 - P465 Au-delà de l’haplo-insuffisance de MED13L: à propos de 3 individus porteurs d’un faux-sens récurrent au codon Pro866.
Au-delà de l’haplo-insuffisance de MED13L: à propos de 3 individus porteurs d’un faux-sens récurrent au codon Pro866.

Introduction: MED13L code pour une sous-unité du module CDK8-kinase du complexe Mediator. Son haplo-insuffisance entraîne un trouble du neurodéveloppement syndromique caractérisé par une hypotonie, une déficience intellectuelle avec atteinte sévère du langage et des troubles du comportement. Une dysmorphie avec des fentes palpébrales courtes et/ou orientées vers le haut, et une bouche large, souvent ouverte avec langue protruse est décrite. Une épilepsie, des malformations musculo-squelettiques, cardiaques et également fente palatine postérieure/ séquence de Pierre Robin sont également rapportées. Il s’agit le plus souvent d’altérations tronquantes. Néanmoins, plusieurs variants faux-sens ont été rapportés, dont certains récurrents, et localisés principalement dans les exons 15 à 17 et 25 à 31. Des données cliniques et photographiques sont disponibles dans la littérature pour un individu porteur du variant p.Pro866Leu et pour trois individus porteurs du variant p.Pro869Ser (tous deux situés dans l’exon 15, ne correspondant pas à un domaine protéique connu). Ces individus présentent un phénotype plus sévère que ceux porteurs de variants tronquants. Méthodes/Résultats : Nous rapportons ici trois individus non apparentés porteurs du variant récurrent p.Pro866Leu, survenu de novo, et présentant un tableau clinique remarquablement similaire incluant une microcéphalie progressive pré- et/ou post-natale, un trouble du développement intellectuel modéré à sévère prédominant sur le langage, une atteinte musculo-squelettique avec hyperlaxité, brachytéléphalangie, fetal pads, scoliose sévère, coxa valga, os graciles, ostéoporose et fractures. La morphologie faciale se caractérise par un aspect de « masque facial » avec saillie de la métopique, des paupières effilées et éversées et, une lèvre supérieure fine. De façon intéressante, les individus précédemment rapportés dans la littérature avec les variants aux codon Pro866 et Pro869 partagent ces mêmes traits morphologiques qui se distinguent de ceux des patients porteurs de variants tronquants. De plus, la microcéphalie et l’habitus gracile observé chez les individus avec variant aux codons 866 et 869 contrastent avec le morphotype trapu observé chez la majorité des patients présentant le syndrome d’haplo-insuffisance de MED13L. Conclusion : Ces trois cas renforcent l’hypothèse d’un mécanisme dominant-négatif ou gain de fonction pour ce cluster de variants faux-sens touchant des résidus hautement conservés (Pro866 et Pro869), responsables d’un phénotype reconnaissable et distinct du syndrome associé à l’haplo-insuffisance de MED13L.
Anne GUIMIER (PARIS), Charlotte GUILLOUET, Thomas COURTIN, Caroline MICHOT, Marie HULLY, Sophie RONDEAU, Giulia BARCIA, Christopher T. GORDON, Jeanne AMIEL
00:00 - 00:00 #49442 - P466 Implication de l’autophagie dans la déficience intellectuelle : étude du gène RMC1.
Implication de l’autophagie dans la déficience intellectuelle : étude du gène RMC1.

Les troubles du développement intellectuel (TDI) sont l’un des principaux troubles du neurodéveloppement (TND). Ils concernent près de 3 % de la population générale et sont souvent associés à d'autres troubles du neurodéveloppement, comme l’épilepsie ou les troubles du spectre autistique. Les causes de ces affections sont diverses et plus de 40 % des cas demeurent encore inexpliqués. Récemment, notre équipe a identifié un variant homozygote dans le gène RMC1 (Regulator of Mon1 Ccz1) chez deux frères atteints d’un TDI syndromique avec une absence de langage, des anomalies hépatiques, une peau atypique ainsi qu’un retard de maturation cérébrale à l’IRM et, pour l’un d’eux, un syndrome de West. Le gène RMC1 code une protéine impliquée dans la voie de l’autophagie, mécanisme d’autodigestion des composants intracellulaires ayant un rôle physiologique essentiel pour l’homéostasie cellulaire. Ce processus est encore plus important dans les neurones qui sont des cellules post-mitotiques et nécessitent une élimination des protéines et organites non fonctionnels rapide. La protéine RMC1 stabilise le complexe MON1-CCZ1 qui permet le recrutement de Rab7, une petite GTPase indispensable à la maturation des autophagosomes et à leur fusion avec les lysosomes. Nos résultats obtenus sur les fibroblastes des patients montrent une perturbation du flux autophagique. L’expression des protéines p62 et LC3B, principaux marqueurs de dérèglement de cette voie, est plus importante chez le patient après inhibition de l’autophagie comparée au contrôle. De plus, les structures Lc3B positives sont plus larges et il y a une augmentation du nombre de structures p62 positives. En parallèle, nous avons mesuré une diminution de l’expression de la protéine MON1 chez le patient ce qui pourrait suggérer une instabilité du complexe et un défaut de maturation. L’étude de la colocalisation de CD63 et de Rab7 confirme un taux de vésicules matures plus faible chez les patients. Enfin, la mesure de la fusion avec le plasmide ptfLC3 montre un taux d’autolysosomes plus faible chez le patient après 4h de déplétion en sérum comparé au contrôle. Ces résultats montrent que la voie de l’autophagie est perturbée chez les patients présentant un variant dans le gène RMC1 et appuient son implication dans leur pathologie. Une étude des neurones dérivés de cellules iPS de ces patients nous permettra de mieux comprendre le rôle de RMC1 dans les neurones et l’importance de cette voie au niveau du développement cérébral.
Aliénor DE LA CHAPELLE, Victoria GINIAUX, Cécile MIGNON-RAVIX, Sabine SIGAUDY, Laurent VILLARD, Mathieu MILH, Florence MOLINARI (Marseille)
00:00 - 00:00 #49404 - P467 Étude de l’effet fondateur : datation et analyse de la variation du gène DOCK6 dans le syndrome d’Adams-Oliver sur l’Ile de La Réunion.
Étude de l’effet fondateur : datation et analyse de la variation du gène DOCK6 dans le syndrome d’Adams-Oliver sur l’Ile de La Réunion.

Le syndrome d'Adams-Oliver (SAO) est une affection héréditaire multisystémique rare, caractérisée par une aplasia cutis congénitale, des anomalies terminales des membres et des malformations cardiaques congénitales. Elle est fréquemment associée à d’autres anomalies, notamment cutanées, hépatiques et neurologiques. Six gènes sont impliqués : les formes autosomiques dominantes sont liées à des variants pathogènes dans ARHGAP31, DLL4, NOTCH1 et RBPJ, et les formes autosomiques récessives à DOCK6 et EOGT. Parmi eux, DOCK6 joue un rôle crucial dans la stabilité vasculaire, l’organisation du cytosquelette d’actine et l’adhésion endothéliale. Ses variants pathogènes peuvent être associés à des malformations cérébrales et à la déficience intellectuelle. Nous décrivons un nouveau variant bi-allélique de DOCK6 (c.1833_1G>T, NM_020812.4) identifié chez trois familles réunionnaises non apparentées. Cette variation était présente à l’état hétérozygote chez 25 des 2228 individus issus de la base d’exomes locale, soit une fréquence de 1 %. Aucun individu n’était homozygote. Cliniquement, les personnes atteintes présentaient une hétérogénéité phénotypique marquée. Certaines avaient la triade classique du SAO, d'autres présentaient surtout des atteintes neurologiques, notamment anomalies de migration neuronale et lésions vasculaires. Cette variabilité complique le diagnostic, en particulier en l'absence de caractéristiques majeures. La fréquence et la récurrence de ce variant pourraient faire suspecter un effet fondateur à La Réunion. Le but de notre étude est de répertorier le tableau clinique les patients présentant cette variation génétique, afin de pouvoir évaluer, dans le futur, la possibilité d’un effet fondateur pour ce gène sur l'ile de La Réunion.
Léa COSME (Paris), Marta SPODENKIEWICZ, Perrine BRUNELLE, Thomas HUBY, Tiphany LAURENS, Marion ROBERT, Marie-Line JACQUEMONT, Tristan CELSE, Pauline MARZIN, Patrick MUNIER, Jean-Luc ALESSANDRI, Godelieve MOREL, Fanny FERROUL
00:00 - 00:00 #49949 - P468 Etude du syndrome Argonaute, causé par des mutations dabs les gènes AGO, à l'aide de modèles in vitro 2D et 3D de developpement cérébral.
Etude du syndrome Argonaute, causé par des mutations dabs les gènes AGO, à l'aide de modèles in vitro 2D et 3D de developpement cérébral.

Les protéines Argonaute (AGO) sont impliquées dans la régulation post-transcriptionnelle de l’expression des ARN messagers par les petits ARN non codants via le complexe RISC. Des variants faux-sens de novo et des délétions en phase dans les gènes AGO sont associés à un trouble du neurodéveloppement (NDD), caractérisé par une déficience intellectuelle, de l’autisme, des anomalies cérébrales et de l’épilepsie, appelé syndrome Argonaute. À ce jour, plus de cinquante individus atteints de NDD et portant un variant pathogène dans AGO1 ont été rapportés, les plus récurrents étant Gly199Ser et Phe180del. Chez C Elegans, ces deux variants affectent le développement et la survie du ver. De manière à pouvoir étudier comment ces variants affectent le développement du cerveau, nous avons introduit la variation Gly199Ser dans des cellules pluripotentes induite que nous avons différencié en progéniteurs neuronaux. Une analyse transcriptomique a permis de détecter plusieurs centaines de transcrits codant et plus d'une cinquantaine de microARN dont l'expression est affectée par la variation. Ces variations sont confirmées également lors de l'analyse de single cell RNAseq réalisée sur un modèle de différentiation 3D en organoides cerebraux. Cette analyse a également révélé des changements dans les proportions de neurones et progéniteurs neuronaux obtenus dans les organoïdes mutés comparés à leurs isogéniques. Dans l’ensemble, ce travail contribue à élucider comment les variants d’AGO1 perturbent les étapes clés du développement cérébral, conduisant à des troubles du neurodéveloppement, et pourrait faciliter l’identification de cibles thérapeutiques potentielles.
Clarisse DELVALLEE, Sarah BAER (Strasbourg), Valérie SKORY, Damien PLASSARD, Amélie PITON
00:00 - 00:00 #49420 - P469 Syndrome CDG type IIc : reclassement de variants de classe 3 du gène SLC35C1, arguments clinico-biologiques.
Syndrome CDG type IIc : reclassement de variants de classe 3 du gène SLC35C1, arguments clinico-biologiques.

Contexte et objectifs Le syndrome CDG type IIc (OMIM #266265, déficit en GDP-fucose transporter 1, gène SLC35C1) est une maladie autosomique récessive rare entraînant un trouble du neurodéveloppement syndromique avec anomalies osseuses, infections répétées, hypotonie, troubles alimentaires, dysmorphie lié à un déficit de fucosylation. La fucosylation joue un rôle majeur dans la structure des glycoprotéines, l’adhésion leucocytaire, l’immunité, la biosynthèse des antigènes de groupes sanguins (ABH, LEWIS). Le diagnostic est complexe du fait de la variabilité clinique, du faible nombre de cas décrits (<10) et de la subtilité des anomalies biochimiques et génétiques. Nous rapportons un cas atypique illustrant les défis diagnostiques et le rôle du suivi clinique, de la génétique moléculaire, des analyses biochimiques et du phénotypage sanguin. Observation Un patient de 15 ans, né à 41 SA, eutrophe après une grossesse marquée par des fémurs courts, os propres du nez courts, et discordance des biométries céphaliques. Le caryotype foetal était normal. Il présente depuis la naissance un retard staturo-pondéral (-3DS) avec radiographies osseuses normales, hypotonie, retard global de développement et TSA, dysmorphie (traits grossiers). L’IRM cérébrale montre des kystes de l’antéhypophyse et hypersignaux diffus de la substance blanche temporale stables dans le temps. Un panel de gènes impliqués dans les anomalies de la substance blanche et une CGH-array, étaient sans anomalie significative. En 2017, un panel de 456 gènes impliqués dans les troubles du développement intellectuel a identifié deux variants faux sens du gène SLC35C1, hérités chacun d’un parent, de classe 3. Le séquençage du génome complet en trio (2023) confirme ces variants sans autre anomalie causale. Leur reclassement a reposé sur des analyses biochimiques spécialisées qui ont révélé une hypofucosylation des protéines sériques et un marquage très diminué des fibroblastes par la lectine AAL. Le phénotypage sanguin a d’abord montré un groupe Oh (phénotype Bombay) puis des analyses immuno-hématologiques montrent une présence de la substance H mais en faible quantité. Un phénotypage lymphocytaire a révélé une lymphocytose. Discussion Le diagnostic de déficit en GDP-fucose transporter 1 reste complexe, même avec les outils génétiques modernes, du fait de la variabilité phénotypique et de la subtilité des anomalies biochimiques. Ici, l’étude de fucosylation a fourni un indice secondaire utile au reclassement et à la prise en charge du patient. Ce parcours souligne l’importance d’une approche multidisciplinaire, l’apport déterminant des analyses de fucosylation, du phénotypage érythrocytaire, et de la génétique moléculaire dans l’identification d’un syndrome CDG IIc. Un traitement ciblé par L-fucose oral existe et pourrait permettre une amélioration clinique, en empruntant une voie métabolique alternative.
Candice SAURIN (Rouen), Rebecca MORE, Arnaud BUTEUX, Patrick VOLLE, Arnaud BRUNEEL, Btissam CHAMI, Sandrine VUILLAUMIER BARROT, François FENAILLE, Mireille CASTANET, Amélie PITON, Claude HOUDAYER, Marie MOREL, Pascale DE LONLAY, François FOULQUIER, François LECOQUIERRE, Alice GOLDENBERG
00:00 - 00:00 #49959 - P470 Description de CNV dans une série d'enfants et d'adolescents atteints de Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Foetale à La Réunion.
Description de CNV dans une série d'enfants et d'adolescents atteints de Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Foetale à La Réunion.

Contexte : Les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) sont la cause la plus fréquente de troubles neurocognitifs et d’inadaptation sociale, affectant une naissance sur 100. Le diagnostic reste difficile en France en raison du manque de connaissances des critères diagnostiques parmi les professionnels de santé. Depuis 2016, La Réunion étant devenue une région pilote pour l’identification, le diagnostic et la prise en soins des TSAF en France, le diagnostic a considérablement progressé, permettant la constitution d’une large série de patients. Une évaluation génétique systématique a été réalisée pour compléter le diagnostic étiologique. Objectif : Cette étude avait pour objectifs d’évaluer la prévalence et les types de variations du nombre de copies (CNV) chez les patients atteints de TSAF. Méthodes : Une analyse rétrospective des dossiers de 115 patients diagnostiqués avec un TSAF au Centre de référence pour les anomalies du développement et au Centre de diagnostic des TSAF du CHU a été réalisée. Les dossiers de tous les patients ont été examinés afin de recueillir leurs antécédents médicaux, leurs antécédents familiaux, leur phénotype clinique et les examens complémentaires, y compris les tests génétiques (CGH ou SNP array). Résultats : Des CNV ont été identifiés chez 23 % (27/115) de nos patients, répartis en 54 % (14/27) de variants pathogènes et 35 % (9/27) de variants de signification incertaine (VUS). Certains de ces CNV impliquent des gènes de la machinerie épigénétique tels que SH2B1 ou PRDM8. Conclusion : Un nombre particulièrement élevé de CNV a été retrouvé dans notre série (supérieur aux fréquences rapportées dans la littérature). Le phénotype clinique de nos patients pourrait donc être dû aux effets directs de l’exposition prénatale à l’alcool, mais aussi à la présence du CNV lui-même, ou aux deux. Le concept de vulnérabilités croisées doit être pris en compte : si l’alcool est connu pour affecter l’expression des gènes impliqués dans le développement embryo-fœtal, la perte ou le gain de certains gènes, dont certains impliqués dans la machinerie épigénétique, doit également influencer le phénotype clinique. De plus, nos résultats soulèvent une dernière question : l’association entre les TSAF et les CNV est-elle une coïncidence, ou l’alcool pourrait-il favoriser l’apparition de microremaniements via des cassures chromosomiques favorisées
Bérénice ROY-DORAY, Laëtitia SENNSFELFER (Saint-Denis), Meïssa NEKAA, Thomas HUBY, Tristan CELSE, Frédérique PAYET, Godelieve MOREL, Jean-Luc ALESSANDRI, Silvia IACOBELLI
00:00 - 00:00 #49810 - P471 Diversité phénotypique du syndrome de DeSanto-Shinawi : description de trois individus porteurs de variants dans le gène WAC et perspectives d’un appel à collaboration international.
Diversité phénotypique du syndrome de DeSanto-Shinawi : description de trois individus porteurs de variants dans le gène WAC et perspectives d’un appel à collaboration international.

Le syndrome de DeSanto-Shinawi (DESSH, OMIM #616708) est une affection neurodéveloppementale syndromique rare due à des variants pathogènes du gène WAC, codant une protéine impliquée dans la régulation transcriptionnelle, l’organisation de la chromatine et le développement neuronal. Ce syndrome se caractérise classiquement par un retard global du développement, une hypotonie néonatale, des troubles du comportement, une déficience intellectuelle variable et des particularités morphologiques spécifiques tels que l’hypertélorisme, l’hypoplasie du segment moyen de la face et des fentes palpébrales obliques vers le bas. La rareté des individus rapportés rend le spectre clinique incomplet, compliquant le diagnostic et la prise en charge. Nous décrivons trois individus porteurs de variants classés pathogènes (classe 5) ou de signification incertaine (classe 3) dans WAC. - Le premier individu, âgé de 9 ans, présente un retard global, une hypotonie néonatale, des troubles du comportement (intolérance à la frustration), des particularités morphologiques caractéristiques et un bilan malformatif normal (IRM cérébrale, échographies cardiaque et abdominale). Il souffre également de troubles digestifs, du sommeil, dentaires et ophtalmologiques (constipation chronique, caries et chevauchements, myopie, astigmatisme). - Le deuxième individu, âgé de 5 ans, a été adressé précocement pour hypotonie néonatale. Il partage un phénotype similaire, avec retard psychomoteur et troubles digestifs et du sommeil, sans anomalies paracliniques. - Le troisième individu est une fille âgée de 10 ans. Elle présente un phénotype élargi incluant trouble de l’attention sans hyperactivité, hyperlaxité articulaire, antéversion fémorale, hyperlordose, troubles digestifs atypiques, troubles visuo-spatiaux associés à un strabisme, implantation basse des cheveux et pilosité cervicale postérieure marquée. Son bilan abdominal révèle une dilatation pyélocalicielle gauche, les autres examens sont normaux. Un variant de classe 3 a été identifié avec une étude fonctionnelle en cours. Ces individus et leurs tableaux cliniques illustrent la grande variabilité phénotypique du DESSH à des âges différents, compliquant non seulement un diagnostic souvent tardif malgré l’accessibilité au séquençage génomique, mais aussi l’interprétation et la classification de variants génétiques moins caractérisés. Au regard de la diversité clinique et de probable sous-estimation de la prévalence du DESSH, nous avons lancé un un appel à collaboration international collectant des données cliniques, paracliniques et génétiques standardisées via REDCap. Les réponses à cet appel à collaboration permettent d’envisager une série d’environ 60 individus enfants et adultes porteurs de variants pathogènes ou probablement pathogènes de WAC. L’objectif final est d’améliorer le diagnostic précoce, le conseil génétique et la qualité de vie des individus atteints de DESSH.
Marie-Gabrielle DELORME GUINAND (Clermont-Ferrand), Fanny LAFFARGUE, Ganaelle REMERAND, Caroline JANEL, Zangbéwendé Guy OUEDRAOGO, Isabelle CREVEAUX, Florian CHERIK
00:00 - 00:00 #49660 - P472 Incidences médicales et éthiques du séquençage du génome entier chez un adolescent atteint d'épilepsie pharmacorésistante.
Incidences médicales et éthiques du séquençage du génome entier chez un adolescent atteint d'épilepsie pharmacorésistante.

Le séquençage du génome entier (WGS) est devenu un outil essentiel dans l’exploration des troubles neurodéveloppementaux complexes et des épilepsies résistantes. Au-delà des résultats primaires, il peut révéler des variants secondaires ayant des implications médicales et éthiques majeures. Nous rapportons le cas d’un adolescent de 16 ans présentant un trouble neurodéveloppemental complexe, une diplégie spastique, des traits autistiques et une épilepsie pharmacorésistante. Les explorations initiales (CGH-array, analyse de l’X fragile) étaient non contributives. Un WGS en trio a permis d’identifier deux variants hétérozygotes hérités du père ont été identifiés : - Un variant faux-sens du gène TSC2 (c.5074G>C, p.Glu1692Gln), classé comme variant de signification incertaine (VOUS), mais absent des bases de données de population et situé sur un résidu conservé. - Un variant tronquant du gène CDH1 (c.1942G>T), pathogène et responsable du syndrome de cancer gastrique diffus héréditaire (HDGC) selon the International Gastric Linkage Consortium (IGCLC) Le variant TSC2 pourrait contribuer au phénotype neurologique malgré l’absence de manifestations extracérébrales typiques. Le variant CDH1, découvert fortuitement, représente une donnée secondaire actionnable au sens des recommandations ACMG. Sa restitution soulève toutefois des enjeux éthiques majeurs liés à la minorité du patient et à l’absence du père, principal concerné, n’ayant pas participé à la consultation d’annonce. Ce cas illustre le double apport du WGS : - Médical, en élargissant le spectre diagnostique des épilepsies complexes via l’identification de variants candidats. - Éthique, en posant la question de la restitution des résultats secondaires chez l’enfant et des difficultés de communication familiale. Il souligne la nécessité d’un cadre adapté pour la gestion intergénérationnelle et éthique des données génomiques.
Sofiane DJEBIEN (Paris, Guadeloupe), Kara RANGUIN, Aauragen AURAGEN, Marilyn LACKMY
00:00 - 00:00 #49819 - P473 Evaluation de RFX7 et TMEM107 comme gènes candidats expliquant la microcéphalie observée dans des syndromes liés à des défauts du splicéosome mineur.
Evaluation de RFX7 et TMEM107 comme gènes candidats expliquant la microcéphalie observée dans des syndromes liés à des défauts du splicéosome mineur.

L’épissage constitue un processus essentiel de maturation de l’ARN et mobilise deux machineries : le spliceosome majeur, bien connu, qui assure l’excision de plus de 200 000 introns majeurs/U2, et le spliceosome mineur, responsable de l’excision d’environ 1 000 introns mineurs/U12 répartis dans 835 gènes (U12) chez l’Homme. Ces deux spliceosomes sont composés de cinq snRNPs, chacun constitué d’un snRNA et de protéines associées. Des mutations du gène RNU4ATAC, transcrit en U4atac intervenant dans le spliceosome mineur, sont à l’origine de syndromes neurodéveloppementaux rares, caractérisés principalement par une microcéphalie, une ostéodysplasie et un retard de croissance. Afin de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques des RNU4ATAC-opathies, nous avons généré des modèles de poisson-zèbre déficients en u4atac par morpholino (MO) et exprimé U4atac humain, sauvage ou muté. Nous avons mis en évidence que la perte de fonction (LOF) d’u4atac (par MO ou mutation) induit des anomalies du développement liées aux cils, en plus d’une sévère microcéphalie. Pour identifier les gènes U12 contribuant le plus à ces phénotypes, nous avons réalisé un séquençage ARN à partir de têtes d’embryons de poisson-zèbre âgés de 2 jours post-fécondation. Nous avons observé que 60 à 96 % des introns U12 des gènes exprimés sont significativement retenus dans les transcrits d’ARNm en conditions de déficit en u4atac, plus de la moitié présentant une forte rétention d’intron (IR) (ΔIRratio > 10 %), tandis que les niveaux globaux d’expression génique restent inchangés. En croisant ces données avec celles obtenues à partir de cellules de patients, nous avons identifié 90 gènes communs présentant une rétention d’intron U12. Nous avons choisi de nous concentrer sur deux gènes liés à la genèse des cils, RFX7 et TMEM107. Nous avons validé l’expression des orthologues de RFX7 et TMEM107 au cours du développement du poisson-zèbre, ainsi que les défauts d’épissage des introns U12 dans les modèles déficients en U4atac, aussi bien chez le poisson-zèbre que dans des progéniteurs neuronaux et neurones dérivés d’iPSC humaines. De plus, la perte de fonction de rfx7b et tmem107l, induite par CRISPR ou MO chez le poisson-zèbre, conduit à une microcéphalie et une hydrocéphalie sévères, ainsi que d’autres caractéristiques observées chez les morphants u4atac. Des expériences d’épistasie confirment l’implication de ces gènes, conjointement à u4atac, dans l’apparition de la microcéphalie. Ces résultats désignent RFX7 et TMEM107 comme contributeurs à la microcéphalie des RNU4ATAC-opathies, et ils pourront potentiellement être utilisés comme cibles thérapeutiques à l’avenir. Des expériences de sauvetage du morphant u4atac par des ARNs correctement épissés issus de ces deux gènes candidats sont en cours, et finiront d’établir TMEM107 et RFX7 comme contributeurs majeurs à la microcéphalie observée chez les patients.
Cyril JOVANI (Bron), Alexia RABEC, Anne MEILLER, Marianne GAUBERT, Alicia BESSON, Sylvie MAZOYER, Marion DELOUS
00:00 - 00:00 #49968 - P474 Diagnostic par ACPA d’une forme autosomique récessive rare du syndrome CDG.
Diagnostic par ACPA d’une forme autosomique récessive rare du syndrome CDG.

Les troubles congénitaux de la glycosylation constituent un groupe génétiquement et cliniquement hétérogène de plus de 130 maladies causées par des anomalies survenues à diverses étapes des voies de modification des glycanes avec des manifestations multisystémiques. Le trouble congénital de glycosylation COG5 (COG5-CDG, anciennement connu sous le nom de trouble congénital de glycosylation de type IIi) est une maladie héréditaire autosomique récessive qui provoque des symptômes neurologiques et d'autres troubles. Les individus atteints de COG5-CDG développent généralement une hypotonie, un retard de développement, une déficience intellectuelle modérée à sévère, un retard d'élocution, des troubles de la coordination et de la marche. Les autres caractéristiques cliniques du COG5-CDG sont une petite taille, une microcéphalie, une dysmorphie faciale, une perte auditive et une déficience visuelle Nous rapportons le cas d'un enfant marocain âgé de 6 ans, consanguin premier degré, adressé à l'unité de génétique médicale pour retard psychomoteur et comportement autistique. L'examen clinique révèle une microcéphalie, une dysmorphie faciale et une hypoplasie du corps calleux à l'IRM cérébrale. Le caryotype standard était normal. Une ACPA a été réalisée et a révélé une duplication homozygote de la région 7q22.3. Cette anomalie est le résultat de deux duplications trans héritées de chaque parent. Les deux parents portent une duplication hétérozygote de cette région. Cette duplication (CNV) est localisée au sein du gène COG5 impliqué dans la maladie : Trouble congénital de glycosylation de type IIi. Cette CNV est considérée comme probablement pathogène (classe IV) et responsable du phénotype du patient. Un conseil génétique de maladie autosomique récessive a été prodigué à la famille La prise en charge reste symptomatique et implique une thérapie psychomotrice et orthophonique avec un suivi neuropédiatrique et ophtalmologique. Cette observation représente une situation particulière où l’ACPA peut poser le diagnostic d'une maladie monogénique autosomique récessive chez une famille consanguine.
Wafaa JDIOUI (Rabat, Maroc), Maria ZERKAOUI, Asmae MDAGHRI ALAOUI, Amal THIMOU IZGUA, Pascale KLEINFINGER, Ilham RATBI
00:00 - 00:00 #49257 - P475 Réévaluation diagnostique en génétique métabolique : quand le phénotype et l’avancée des connaissances conduisent à revisiter un diagnostic établi.
Réévaluation diagnostique en génétique métabolique : quand le phénotype et l’avancée des connaissances conduisent à revisiter un diagnostic établi.

Résumé – Réévaluation diagnostique en génétique métabolique : quand le phénotype et l’avancée des connaissances conduisent à revisiter un diagnostic établi Les avancées récentes du séquençage haut débit (exome, génome) et de l’interprétation des variants permettent de réinterroger certains diagnostics anciens, en particulier dans les maladies métaboliques héréditaires. En effet, des anomalies biochimiques détectées lors du dépistage néonatal ou d’explorations systématiques peuvent parfois être retrouvées chez des individus asymptomatiques, remettant en question la pathogénicité initialement attribuée. Dans ce contexte, une réévaluation diagnostique, croisant phénotype détaillé et données génétiques actualisées, devient indispensable. Deux observations illustrent cette démarche : Patient 1 : initialement diagnostiqué avec une hyperprolinémie de type I, affection longtemps considérée pathogène. L’évolution des connaissances a montré que cette anomalie pouvait être isolée, sans impact clinique significatif. La réévaluation, via séquençage du génome, a révélé une mutation de novo du gène TRPM3, bien corrélée au phénotype et ayant conduit à un ajustement du conseil génétique. Patient 2 : supposé atteint de galactosémie, mais dont les manifestations cliniques divergeaient du tableau attendu. Une nouvelle analyse a mis en évidence une mutation homozygote du gène ROGDI, responsable d’un phénotype en bien meilleure adéquation avec la présentation du patient. Ces investigations ont donc permis d’identifier deux pathologies génétiques distinctes, plus cohérentes avec les signes observés, et d’adapter la prise en charge ainsi que le conseil familial. Ces cas soulignent l’importance de questionner un diagnostic métabolique ancien dès lors qu’il n’explique pas complètement le phénotype ou que les profils biochimiques apparaissent atypiques. Le recours au séquençage haut débit s’impose comme un outil majeur pour affiner ou corriger le diagnostic, optimiser le conseil génétique et ajuster le suivi médical. À la lumière de ces expériences, d’autres dossiers similaires sont actuellement en cours de réévaluation.
Romain DUQUET (Paris), Anna GERASIMENKO, Laurent BAILLY, Yann NADJAR, Perrine CHARLES
00:00 - 00:00 #49688 - P476 Variant dans la région 3’UTR du gène TCF4 : de la caractérisation chez un patient atteint de trouble du neurodéveloppement à l’hypothèse diagnostique de syndrome de Pitt-Hopkins.
Variant dans la région 3’UTR du gène TCF4 : de la caractérisation chez un patient atteint de trouble du neurodéveloppement à l’hypothèse diagnostique de syndrome de Pitt-Hopkins.

Le diagnostic étiologique des troubles du neurodéveloppement (TND) d’origine génétique peut être difficile en raison d’une grande diversité des présentations cliniques et d’une hétérogénéité génétique. Le séquençage génomique permet l’identification de variations génétiques, mais l’affirmation de leur rôle pathologique est une étape critique dans l’examen diagnostique en génétique. Malgré l’amélioration des outils bio-informatiques, l’interprétation des variants situés dans les régions 5’UTR et 3’UTR des gènes est souvent difficile et requiert parfois des tests fonctionnels. Nous rapportons le cas d’un garçon de 2 ans et 7 mois, présentant un retard global du développement, initialement moteur, associé à une microcéphalie progressive apparue dès 6 mois. Les premiers examens réalisés (IRM cérébrale, analyse du gène FMR1, ACPA) n’ayant pas permis de poser le diagnostic étiologique, un examen de génome en trio (cas index et parents) a été réalisé. Il a mis en évidence le variant NM_001083962.2(TCF4):c.*1A>G à l’état hétérozygote, survenu de novo dans la région 3'UTR du gène TCF4. Ce variant, absent de gnomAD v4, avait été rapporté une fois comme VSI dans ClinVar. L’analyse in silico (SpliceAI, RNA Splicer, MaxEntScan) a noté qu’il pourrait altérer l’épissage avec diverses conséquences fonctionnelles possibles. Ce variant avait été par ailleurs rapporté chez un autre patient (en Chine) présentant des TND et les analyses avaient retrouvé chez ce patient-là l’existence d’un produit d’épissage aberrant, conséquence d’une délétion des 8 derniers nucléotides codant la protéine TCF4 qui entraînerait la perte du codon stop et un allongement de la protéine. Les connaissances sur l’effet fonctionnel de ce variant sont pour le moment limitées pour affirmer son rôle causal dans la genèse de TND. Nous poursuivons donc l’étude de cette variation identifiée pour la deuxième fois chez un patient atteint de TND. Le gène TCF4 code un facteur de transcription clé du développement cérébral. Ses variants pathogènes sont impliqués dans le syndrome de Pitt-Hopkins (OMIM #610954) et d’autres formes de TND à mode de transmission autosomique dominant. Le phénotype de notre patient (microcéphalie, particularités morphologiques, astigmatisme, retard global de développement) rentre dans ce spectre clinique. Les résultats de notre étude permettront probablement une reclassification de ce variant dont le rôle causal reste encore incertain. Ce dossier clinique souligne la difficulté de l’interprétation des variations génétiques identifiables dans les régions 3’UTR. Malgré l’amélioration des prédictions bio-informatiques, la classification de tels variants nécessite la réalisation de tests fonctionnels pouvant être complexes.
Marie-Gabrielle DELORME GUINAND (Clermont-Ferrand), Zangbéwendé Guy OUEDRAOGO, Laetitia GOUAS, Sarah LANGLAIS, Auragen CONSORTIUM, Fanny LAFFARGUE, Gaëlle SALAUN, Caroline JANEL, Catherine SARRET, Isabelle CREVEAUX
00:00 - 00:00 #49646 - P477 Analyse rétrospective des résultats du séquençage pangénomique (ES et GS) réalisé chez 151 patients avec une mégalencéphalie.
Analyse rétrospective des résultats du séquençage pangénomique (ES et GS) réalisé chez 151 patients avec une mégalencéphalie.

Contexte. L’excès de croissance cérébrale (mégalencéphalie, MEG) est une cause habituelle de macrocéphalie chez des personnes avec ou sans trouble du développement intellectuel (TDI). Elle peut être isolée ou syndromique. Il en existe plus de 70 causes génétiques rares, la plupart étant de découverte récente. Il n’existe pas d’étude rapportant le résultat du séquençage de l’exome ou du génome dans ce groupe de patients. Objectifs. Décrire les résultats du séquençage pangénomique réalisé chez les patients avec une MEG examinés dans notre unité de génétique clinique. Méthodes. Les dossiers des patients avec une macrocéphalie 1) ayant un périmètre crânien (PC) atteignant ou dépassant +3 déviations standards (DS), 2) avec une IRM cérébrale prouvant une MEG, ont été sélectionnés à partir de la base des comptes-rendus de l’unité avec les mots-clés « macrocéphalie » et « mégalencéphalie ». Les patients ont tous été examinés dans le service entre 2015 et 2025 et ont bénéficié d’un séquençage d’exome local et/ou du génome au laboratoire SeqOIA. Résultats. Nous avons retrouvé les dossiers de 151 individus répondant aux critères d’inclusion et ayant bénéficié d’un séquençage d’exome (ES, n=77), du génome (GS, n=51) ou des deux (n=23). Ces examens ont permis 1) d’établir le diagnostic étiologique de la MEG dans 73 cas (48%), que le patient ait ou n’ait pas un TDI, 2) d’établir celui du TDI dans 5 cas sans expliquer la MEG, 3) de révéler un variant dans un gène candidat chez 5 individus. Des variants pathogènes ou probablement pathogènes (VP/PP) ont été identifiés dans 53 gènes. La plupart étaient dominants survenus de novo (70%), 10% étaient dominants hérités, 10% récessifs. Les gènes les plus représentés (n≥5) étaient PTEN, CHD8 et DNMT3A. Seize des 73 MEG d’étiologie résolue étaient expliquées par un VP/PP dans un gène codant la voie PI3K-AKT-mTOR. La proportion de VP/PP du gène PTEN est très sous-estimée car la majorité des patients avec une maladie de Cowden, la cause la plus fréquente, avaient été identifiés lors d’études ciblées du gène. Quarante-six (63% des diagnostics) étaient attribuées à des VP/PP dans des gènes codant pour des protéines régulant l’expression d’autres gènes. Parmi ces gènes, 16 interviennent dans le remodelage de la chromatine, 10 sont des facteurs régulateurs de la transcription, 3 interagissent avec les ARN. Conclusion. Le rendement du séquençage pangénomique à la recherche de l’étiologie des MEG est aussi élevé que celui des TDI, y compris lorsque l’on retranche de l’analyse les patients avec une maladie de Cowden. Notre étude confirme l’importance des gènes de la voie PI3K-AKT-mTOR bien connus comme facteurs de survie et de croissance cellulaire impliqués dans le développement cérébral. Les autres facteurs impliqués dans la croissance cérébrale sont moins connus. Les résultats indiquent de nombreux gènes modulateurs de l’expression génique laissant envisager un ou des effecteurs biologiques communs à plusieurs de ces gènes de MEG.
Maxime MAZIOWIECKI, Boris KEREN, Delphine HÉRON, Solveig HEIDE, Sarah GROTTO, Daphné LEHALLE, Jean-Madeleine DE SAINTE-AGATHE, Thomas COURTIN, Kévin JOUSSELIN, Anna GERASIMENKO, Caroline NAVA, Perrine CHARLES, Romain DUQUET, Mach CORINNE, Julien BURATTI, Claude ESTRADE, Laetitia NGUYEN, Anne FAUDET, Aurélie WAERNESSYCKLE, Fabienne RAJHONSON, Valérie VALÉRIE OLIN, Cyril MIGNOT (Paris)
00:00 - 00:00 #49834 - P478 De nouveaux variants de ZNHIT3 perturbant l’assemblage des snoRNPs sont responsables d’un syndrome PEHO prénatal avec hydrops isolé.
De nouveaux variants de ZNHIT3 perturbant l’assemblage des snoRNPs sont responsables d’un syndrome PEHO prénatal avec hydrops isolé.

ZNHIT3 (zinc finger HIT type containing protein 3) est une protéine conservée au cours de l’évolution, nécessaire à la biogenèse des ribosomes en médiant l’assemblage des petits ARN nucléolaires (snoARNs) de classe C/D dans des complexes ribonucléoprotéiques (snoRNPs). Des mutations faux-sens du gène codant la protéine ZNHIT3 ont déjà été rapportées comme cause du syndrome PEHO, un trouble neurodéveloppemental sévère apparaissant typiquement après la naissance. Nous rapportons ici le cas de deux fœtus issus d’une même famille, présentant un hydrops isolé au début du deuxième trimestre de grossesse, aboutissant à un décès in utero. L’autopsie n’a révélé aucune malformation associée. Grâce à une analyse par génome en quatuor, nous avons identifié deux nouveaux variants dans le gène ZNHIT3, hérités chacun d’un parent sain, et présents sous forme d’hétérozygotes composites chez les deux fœtus. Le variant p.Cys14Arg provenait du père, tandis que le variant p.Glu84Alafs*8 était d’origine maternelle. L’analyse de ces variants dans des modèles de culture cellulaire humaine montre qu’ils réduisent tous deux la croissance cellulaire, bien que de manière différente, et altèrent la stabilité et la fonction de la protéine selon des mécanismes distincts. Le variant p.Glu84Alafs*8 conduit à la production d’une forme stable de ZNHIT3 dépourvue d’un domaine requis pour la biogenèse des snoRNPs, tandis que le variant p.Cys14Arg se comporte de façon similaire aux variants associés au PEHO déjà décrits, qui déstabilisent la protéine. Les deux variants entraînent d’importantes modifications de l’expression génique, aboutissant à une diminution marquée des niveaux de certains snoARNs de type C/D, à une réduction de la traduction cellulaire et à une hypométhylation 2’-O-méthyl spécifique de certains sites de l’ARNr. En résumé, ce travail élargit le spectre phénotypique du syndrome PEHO en y incluant des manifestations anténatales, et décrit les défauts moléculaires induits par deux nouveaux variants du gène ZNHIT3.
Adeline Alice BONNARD (PARIS), Md Lutfur RAHMAN, Feng WANG, Lyse RUAUD, Fabien GUIMIOT, Yangping LI, Inès DEFER, Yilin WANG, Virginie MARCHAND, Yuri MOTORIN, Bing YAO, Séverine DRUNAT, Homa GHALEI
00:00 - 00:00 #49477 - P479 Variants de novo dans le gène PURA associés à un phénotype atypiquement peu sévère.
Variants de novo dans le gène PURA associés à un phénotype atypiquement peu sévère.

Les variants hétérozygotes pathogènes dans le gène PURA sont responsables du syndrome d'hypotonie-épilepsie-encéphalopathie sévère néonatale associé à PURA (MIM#616158), caractérisé par une hypotonie néonatale sévère, des difficultés alimentaires et respiratoires potentiellement létales, une épilepsie réfractaire et une absence d'acquisition de la marche et du langage. Récemment, un phénotype beaucoup plus modéré a été rapporté. Il s’agit d’une patiente et sa mère porteuses d’un variant faux-sens pathogène dans le gène PURA qui présentaient un tableau de trouble du langage réceptif et expressif avec QI borderline. Les 2 patientes ont suivi un cursus scolaire classique avec soutien (Hildebrand et al., 2024). Nous rapportons trois nouveaux patients porteurs de variants faux-sens de novo dans le gène PURA présentant également un phénotype de trouble de développement plus modéré que le phénotype classique. Les patients ont acquis la marche (entre 20 et 36 mois) et le langage (retard variable). Une patiente présente un QI borderline et est scolarisée en école classique avec soutien. Les deux autres ont une déficience intellectuelle modérée. Un patient présente une épilepsie bien contrôlée. Deux patients sont porteurs du même variant p.(Arg171Gly) et l’autre porteuse du variant p.(Arg164Cys)). Ces variations avaient été initialement classés comme variants de signification incertaine (VSI) puisque le phénotype clinique n’était pas concordant avec la littérature, avant d’être reclassés en pathogène. Nos données confirment un spectre phénotypique plus large associé aux variants pathogènes dans le gène PURA. La connaissance de ce phénotype est essentielle pour une meilleure interprétation des variants et fournir un pronostic et un conseil génétique adaptés aux familles.
Mario ABAJI (Marseille), Johanna LAURENT, Victor MOREL, Lucie ROUAUX, Valentin RUAULT, Valentine MARQUET, Benjamin DAURIAT, Chantal MISSIRIAN, Tiffany BUSA, Svetlana GOROKHOVA
00:00 - 00:00 #49258 - P480 Association entre mutations DNMT3A gain de fonction et paragangliomes : A propos d’un cas clinique.
Association entre mutations DNMT3A gain de fonction et paragangliomes : A propos d’un cas clinique.

Résumé – Association entre mutations DNMT3A gain de fonction et paragangliomes : à propos d’un cas clinique Le gène DNMT3A, acteur clé de la méthylation de l’ADN, est généralement associé au syndrome de Tatton-Brown–Rahman par des mutations perte de fonction. Récemment, des variants activateurs localisés dans le domaine PWWP ont été décrits : ils augmentent l’activité méthyltransférase, entraînent une hyperméthylation aberrante de gènes du développement (notamment les homeobox) et favorisent la survenue de paragangliomes. Nous rapportons une patiente adulte suivie pour un trouble des apprentissages, chez laquelle ont été diagnostiqués des paragangliomes cervicaux. Le séquençage a identifié une mutation hétérozygote du domaine PWWP de DNMT3A, interprétée comme un gain de fonction. Ce cas vient renforcer l’association déjà décrite entre mutations activatrices de DNMT3A et prédisposition aux paragangliomes. Il met aussi en évidence un chevauchement phénotypique entre atteinte neurodéveloppementale et susceptibilité tumorale, suggérant un continuum entre maladies du développement et oncogénétique. Cette observation souligne la nécessité d’une vigilance clinique particulière chez les patients porteurs de mutations DNMT3A gain de fonction. Elle appelle à la mise en place d’études collaboratives et prospectives pour mieux définir le spectre tumoral associé, préciser la pénétrance et établir des recommandations de surveillance adaptées.
Romain DUQUET (Paris), Boris KEREN, Alexandre BUFFET, Charlotte LUSSEY
00:00 - 00:00 #49408 - P481 Profil neuropsychologique d’enfants atteints de la maladie de Cowden sans TDI ni TSA associé – Etude ancillaire de l’étude COSEA.
Profil neuropsychologique d’enfants atteints de la maladie de Cowden sans TDI ni TSA associé – Etude ancillaire de l’étude COSEA.

Introduction: La maladie de Cowden est une maladie génétique rare liée à des mutations du gène PTEN, associée à des manifestations somatiques et neurologiques hétérogènes. L’étude COSEA a montré que 40% des enfants présentent un trouble du développement intellectuel (TDI) et/ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA). L’objectif de cette étude ancillaire est de caractériser le profil neuropsychologique des enfants qui en sont atteints et qui n’ont ni TDI ni TSA associé. Méthodologie: Parmi les enfants avec une maladie de Cowden ayant bénéficié d’une évaluation neuropsychologique dans notre service, 13 d’entre eux n’ont ni TDI ni TSA. Nous rapportons les données de l’analyse des évaluations neuropsychologiques standardisées de ces 13 enfants (âgés de 6 à 17 ans) couvrant le développement précoce, la scolarité, les fonctions instrumentales, exécutives, attentionnelles, la cognition sociale et les comportements. Résultats: Un retard de langage est retrouvé chez 8/13 enfants et un retard de marche chez 9/13. Les difficultés de motricité fine sont fréquentes (10/13). Sur le plan scolaire, 10/13 nécessitent une adaptation et tous bénéficient de prises en charge rééducatives. Les relations sociales sont fragiles chez 8/13. Les fonctions instrumentales montrent une atteinte de la perception visuelle (12/13). Sur le plan exécutif, l’inhibition est déficitaire chez 3/13, la flexibilité chez 5/11, tandis que la planification est préservée. En cognition sociale, 6/12 présentent une conscience de soi faible, 4/13 une théorie de l’esprit altérée, et 4/13 une reconnaissance des affects déficitaire. Les troubles de l’attention sont très fréquents (6/8 au Conners), tout comme l’anxiété (6/11 au CBCL). Conclusion: Chez les enfants avec une maladie de Cowden sans TDI ni TSA, les difficultés scolaires, attentionnelles et instrumentales sont fréquentes et souvent associées à des difficultés d’interactions sociales et de l’anxiété. Ces résultats confirment les publications récentes et soulignent la nécessité d’un dépistage précoce, d’un bilan neuropsychologique systématique et d’une prise en charge pluridisciplinaire.
Fanny PHELIPPEAU (Paris), Anne-Claire GELINEAU, Barbara CHIARONI, Coralie RASTEL, Emmanuelle LACAZE, Cécilia GALBIATI, Fanny TESSIER, Laurent PASQUIER, Vincent DES PORTES, Cyril MIGNOT
00:00 - 00:00 #49457 - P482 Apport du génome dans le diagnostic d’une forme familiale d’un trouble neurodéveloppemental syndromique lié à un réarrangement intra génique du gène ZMIZ1.
Apport du génome dans le diagnostic d’une forme familiale d’un trouble neurodéveloppemental syndromique lié à un réarrangement intra génique du gène ZMIZ1.

Introduction : Nous rapportons le cas d’une fratrie, un garçon né en 2015 et une fille née en 2018, présentant tous les deux un trouble du neurodéveloppement syndromique associant un retard psychomoteur, des traits autistiques, une surdité bilatérale, une cardiopathie et un rétrognatisme. La fille avait de plus une tâche hyperpigmentée étendue avec une syndactylie partielle droite 2-3ème orteils. Son frère présentait un phénotype Noonan-like avec des fentes palpébrales orientées en bas, en dehors, un ptosis gauche et une cryptorchidie bilatérale. L’analyse chromosomique sur puce à ADN était normale chez les deux enfants, tout comme le panel RASopathie chez le garçon. Il a été donc complété par une analyse du génome en quatuor dans le cadre du Plan France Médecine Génomique. Résultat : Mise en évidence chez les 2 enfants d’une duplication intragénique hétérozygote de 47819pb, de l’intron 7 jusqu’au début de l’intron 15 du gène ZMIZ1. La duplication du gène ZMIZ1 n’a pas été retrouvée chez les parents mais la récurrence suggère un mosaïcisme chez un des parents. Discussion/Conclusion: Cette duplication probablement pathogène explique une grande partie du phénotype observé. En effet, des variants perte de fonction du gène ZMIZ1 ont été décrits chez des patients présentant un retard global du développement syndromique de transmission autosomique dominante. Les phénotypes décrits chez ces patients sont variables même en intrafamilial. Les anomalies de la pigmentation ne sont en revanche pas décrites. Il s’agit d’un premier cas de réarrangement intragénique du gène ZMIZ1 dont le phénotype associé est de plus en plus décrit depuis 2019. Le rôle de ZMIZ1 comme co-régulateur transcriptionnel de récepteurs nucléaires sensibles aux hormones et du neurodéveloppement reste à explorer. Afin de mieux préciser le conseil génétique, une analyse sur d’autres tissus que le sang est nécessaire pour prouver le mosaïcisme chez les parents.
Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI (Nice), Christine CHIAVERINI, Christel BARA, Christian RICHELME, AURAGEN CONSORTIUM, Natalie JONES, Bruno FRANCOU
00:00 - 00:00 #49729 - P483 Aicardi-Goutières syndrome type 2 : à propos d’une famille marocaine.
Aicardi-Goutières syndrome type 2 : à propos d’une famille marocaine.

Introduction : Le syndrome d'Aicardi-Goutières (SAG) est une encéphalopathie héréditaire rare à début précoce caractérisée par une leucodystrophie, une atrophie cortico-sous-corticale, des calcifications des noyaux gris centraux ainsi qu’une lymphocytose et des taux élevés d'interféron alpha (IFN-α) dans le liquide céphalorachidien (LCR). Il est généralement causé par des mutations dans des gènes impliqués dans la réponse immunitaire innée et le métabolisme ou la réparation de l’ADN, notamment TREX1, RNASEH2 et SAMHD1. Compte tenu de la diversité du diagnostic différentiel, la confirmation moléculaire est essentielle. Nous rapportons le cas d'une famille marocaine originaire de Tanger atteinte du SAG type 2. Matériel et méthodes : Il s’agit d’une patiente de quatre ans et demi, issue d’un mariage consanguin au premier degré, présentant un retard de développement global, une microcéphalie, une spasticité et une épilepsie. L’IRM cérébrale a montré une atrophie cortico sous corticale et des calcifications intracrâniennes, y compris au niveau des noyaux gris centraux. Sa sœur aînée présente les mêmes manifestations cliniques. Un séquençage de l’exome complet (WES) a été réalisé. Résultat : Le WES a identifié un variant probablement pathogène au niveau du gène RNASEH2B à l’état homozygote : p.A177T (c.529G>A), ce qui confirme le diagnostic de syndrome d'Aicardi-Goutières de type 2. Les deux parents étaient porteurs hétérozygotes de ce variant. Un conseil génétique a été proposé à la famille, qui a opté pour un diagnostic préimplantatoire ou prénatal pour les futures grossesses. Discussion et Conclusion : Le syndrome d'Aicardi-Goutières, bien que rare, doit être suspecté devant une régression développementale associée à une spasticité et des calcifications intracrâniennes. Ce cas s’ajoute aux données récentes rapportant la mutation p.A177T du gène RNASEH2B chez plusieurs familles marocaines (Ouhenach et al., 2025). Sa mise en évidence dans notre observation renforce l’hypothèse d’un possible effet fondateur au Maroc et souligne l’importance de l’intégrer en première ligne du diagnostic moléculaire en cas de suspicion de l’AGS.
Houda JELTI (Tanger, Maroc), Sabrine BOURESSAS, Farah HACHT, Abdelhaq LAMAIBDEL, Kaoutar KHABBACHE, Afaf LAMZOURI
00:00 - 00:00 #49573 - P484 Génération et caractérisation de lignées d’iPS issues de frères jumeaux monozygotes et discordants pour la Trisomie 21 dans le cadre de l’étude COLIBRI (NCT05767216).
Génération et caractérisation de lignées d’iPS issues de frères jumeaux monozygotes et discordants pour la Trisomie 21 dans le cadre de l’étude COLIBRI (NCT05767216).

Introduction : Les jumeaux monozygotes discordants pour la trisomie 21 (T21) sont extrêmement rares, avec une incidence estimée à moins d’une grossesse sur 7 millions. Ils partagent un patrimoine génétique quasiment identique, à l’exception du chromosome 21 surnuméraire, permettant d’isoler l’effet spécifique de ce chromosome sur l’expression génique et l’épigénome. L’étude COLIBRI suit depuis fin 2022 deux paires de frères jumeaux discordants pour la T21 : l’une monozygote et l’autre dizygote, respectivement âgées de 4 et 9 à l’inclusion. Son objectif est de mettre en place une approche intégrée combinant analyses multi-omiques et modélisation cellulaire afin de mieux comprendre l’impact de la T21 sur les réseaux moléculaires et ses conséquences cliniques. Dans ce cadre, des cellules souches pluripotentes induites (iPS) ont été générées à partir de cellules somatiques des jumeaux monozygotes. Les iPS, cellules capables de se maintenir à l’état pluripotent et de se différencier en tous types cellulaires, permettent ainsi de modéliser des maladies et de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les iPS de jumeaux monozygotes discordants pour la T21 offrent des perspectives uniques pour étudier les mécanismes moléculaires de la T21, modéliser ses comorbidités et explorer de nouvelles approches thérapeutiques.Méthodes : Une première série d’analyses multi-omiques a été réalisée sur sang : séquençage complet du génome, transcriptome, protéome, méthylome et microbiome. Ces analyses seront répétées cinq ans post inclusion ou en cas d’évènement clinique. Parallèlement, les iPS ont été générées à partir de fibroblastes via les facteurs de Yamanaka et le virus Sendai non intégratif. La pluripotence a été vérifiée par cytométrie en flux (FACS), montrant une forte expression des marqueurs SSEA4, SSEA5, TRA-1-60 et NANOG, et une absence d’expression détectable du marqueur CD15, confirmant une population largement pluripotente et indifférenciée. La capacité de différenciation a été confirmée par formation de corps embryonnaires et immunofluorescence détectant Nestin (ectoderme), β-catenine (endoderme) et SMA (mésoderme). L’intégrité génomique a été vérifiée à l’aide de la méthode iCS-digital™, qui permet la détection de variations du nombre de copies (CNVs) sur 24 positions récurrentes du génome et l’identification statistique d’anomalies.Résultats et conclusion : Les iPSC dérivées ont été générées et caractérisées avec succès. La lignée T21 est déjà disponible, et la lignée non-T21 poursuit les tests de caractérisation et sera également mise à disposition prochainement. Ces lignées constituent un modèle unique pour étudier l’impact du chromosome 21 sur la pluripotence, la différenciation et la régulation épigénétique. Le CRB BioJeL propose ces ressources à la communauté scientifique afin de favoriser les collaborations et de développer la recherche sur la trisomie 21, et ses comorbidités, ainsi que d’explorer de nouvelles approches thérapeutiques.
Marie VILAIRE (Paris), Clotilde MIRCHER, Louise MAILLEBOUIS, Marie-Anne CAILLAUD, Eva FARINEL, Ségolène FALQUERO, Laurence CUREL, Cécile CIEUTA-WALTI, Pierre-Yves MAILLARD, André MÉGARBANÉ
00:00 - 00:00 #49824 - P485 Déficit biallélique en CYP51A1 (lanostérol 14α-déméthylase) : un nouveau gène à connaître dans le bloc de synthèse en amont du cholestérol.
Déficit biallélique en CYP51A1 (lanostérol 14α-déméthylase) : un nouveau gène à connaître dans le bloc de synthèse en amont du cholestérol.

Le gène CYP51A1 code la lanostérol 14α-déméthylase, enzyme clé de la biosynthèse du cholestérol. Le déficit en CYP51A1 est responsable d’un syndrome autosomique récessif extrêmement rare associant une cataracte congénitale bilatérale à une atteinte hépatique et/ou développementale variable. À ce jour, seuls six patients ont été rapportés dans la littérature (Patel et al., Hum Genet, 2017 ; Colonna et al., Mol Genet Metab, 2025). Nous décrivons ici le premier cas français de déficit en CYP51A1. L’enfant âgé de 4 ans, né à terme, eutrophe de parents non apparentés, présentait dès la période néonatale une cholestase avec GGT et acides biliaires sériques élevés, selles décolorées, hépatomégalie et insuffisance hépatocellulaire modérée initiale. La biopsie hépatique réalisée à l’âge d’un mois montrait une cholestase sévère, une discrète stéatose microvacuolaire et une fibrose portale et lobulaire disséquante. Il présentait également une cataracte bilatérale congénitale, et, au cours de l’évolution, un retard de croissance staturo-pondérale avec microcéphalie (-3,3 DS), un retard psychomoteur global ainsi que des crises convulsives fébriles. Les explorations diagnostiques incluant un bilan métabolique complet, une CGH-array et des panels NGS étaient négatives. Un séquençage génomique en trio a permis d’identifier deux nouveaux variants hétérozygotes en trans du gène CYP51A1 : une délétion de 1 402 pb emportant l’exon 5, héritée du père, probablement pathogène, et un variant faux-sens rare (c.1349C>T), transmis par la mère, initialement de signification indéterminée, et secondairement reclassé probablement pathogène du fait de la compatibilité phénotypique et de la présence du variant pathogène en trans. Le dosage du lanostérol sanguin, qui a montré une nette accumulation, a permis de conforter le déficit en lanostérol 14α-déméthylase. À titre de comparaison, le déficit en 7-déshydrocholestérol réductase (DHCR7), responsable du syndrome de Smith-Lemli-Opitz (SLOS), est beaucoup plus fréquent et donc mieux connu, tandis que le déficit en stérol-C5 désaturase (SC5D), à l’origine de la lathostérolose, reste rare mais mieux documenté que celui en CYP51A1. Ces trois enzymes interviennent toutes dans le bloc de synthèse en amont du cholestérol, et leurs déficits entraînent des phénotypes convergents, tels que la cataracte congénitale associée ou non à une atteinte neurodéveloppementale et/ou hépatique. Ces manifestations semblent liées à l’accumulation toxique d’intermédiaires stéroliques (lanostérol, 7-déhydrocholestérol, lathostérol) et possiblement à une réduction de la disponibilité en cholestérol, essentielle au développement du cristallin et du système nerveux, et au maintien de l’homéostasie hépatique. En conclusion, le déficit en CYP51A1 doit être évoqué en cas de cataracte congénitale, en particulier lorsqu’elle s’accompagne d’une atteinte hépatique et/ou neurologique.
Tânia GONÇALVES (Le Kremlin-Bicêtre), Oanez ACKERMANN, Coumba SOW, Elise YAZBECK, Antonin LAMAZIÈRE, Pauline GAIGNARD, Anne SPRAUL, Emmanuel GONZALES
00:00 - 00:00 #49540 - P486 Un locus, deux diagnostics : co-ségrégation de mutations XPA et SECISBP2 révélée par la réanalyse du génome.
Un locus, deux diagnostics : co-ségrégation de mutations XPA et SECISBP2 révélée par la réanalyse du génome.

Contexte : Les familles consanguines présentent un risque accru de maladies autosomiques récessives. L’essor du séquençage à haut débit permet désormais de mieux caractériser des phénotypes atypiques ou combinés, liés à la co-occurrence de pathologies rares. Si l’héritabilité multilocus impliquant des loci indépendants est bien documentée, les situations de variants pathogènes distincts mais localisés dans une même région homozygote restent exceptionnelles. Méthodes : Nous rapportons deux enfants issus d’un couple tunisien apparenté au premier degré, adressés pour l’exploration d’un trouble du neurodéveloppement syndromique. Un séquençage du génome a été réalisé. Les données de séquençage ont fait l’objet d’une réanalyse en raison de particularités cliniques et biologiques non expliquées par le diagnostic initial. Résultats cliniques : Les deux patients présentaient un retard global des acquisitions, une microcéphalie, une photosensibilité modérée et une surdité neurosensorielle bilatérale. L’évolution du proband a été marquée par l’apparition d’une hypotonie musculaire, une adipomastie, un retard de croissance et des anomalies thyroïdiennes, avec élévation persistante de la T4 libre alors que la T3 et la TSH étaient normales. Résultats moléculaires : Le séquençage génomique a initialement identifié un variant homozygote pathogène dans XPA, expliquant les manifestations cutanées et neurologiques compatibles avec un xeroderma pigmentosum. Cependant, ce diagnostic ne rendait pas compte de l’ensemble des signes cliniques et biologiques observés chez le proband, ce qui a motivé une réanalyse du génome. Celle-ci a permis d’identifier un second variant homozygote pathogène dans SECISBP2, gène clé de la biosynthèse des sélénoprotéines. Les deux variants étaient situés dans la même région homozygote, suggérant une co-héritabilité sur un haplotype partagé. Conclusion : Il s’agit, à notre connaissance, du premier cas rapporté de co-ségrégation de variants pathogènes dans XPA et SECISBP2, générant un phénotype combiné associant xeroderma pigmentosum et déficit en sélénoprotéines. Ce cas illustre l’importance de la réanalyse des données génomiques lorsqu’un tableau clinique excède le cadre d’un diagnostic unique. Il met également en lumière la possibilité, encore rarement décrite, de variants pathogènes liés dans un locus commun, élargissant ainsi le spectre des mécanismes génétiques contribuant aux phénotypes complexes observés en contexte consanguin.
Marlene RIO (Paris), Clothilde ORMIÈRES, Dinane SAMARA BOUSTANI, Athanasia STOUPA, Tania ATTIE BITACH
00:00 - 00:00 #48941 - P487 Formes cliniques atténuées de tubulinopathies chez l’enfant et l’adulte : série de 24 cas.
Formes cliniques atténuées de tubulinopathies chez l’enfant et l’adulte : série de 24 cas.

INTRODUCTION Les tubulinopathies constituent un groupe hétérogène de troubles neurodéveloppementaux liés à des variants pathogènes dans les gènes codant pour la tubuline. Elles se caractérisent classiquement par un ensemble d’anomalies radiologiques récurrentes : malformations du cortex cérébral (de la lissencéphalie à la dysgyrie), noyaux gris centraux dysmorphiques ou hypertrophiques associés à un tractus corticospinal ectopique, anomalies du corps calleux, ainsi qu’hypoplasie ou dysplasie du cervelet et du tronc cérébral. Cliniquement, la majorité des cas décrits présentent un retard global du développement sévère, une déficience intellectuelle modérée à sévère, des troubles moteurs et une épilepsie réfractaire. Si la plupart des formes connues sont de novo et sévères, des observations récentes mettent en évidence des phénotypes cliniques et radiologiques plus modérés, incluant des formes familiales avec symptômes neurologiques atténués. MÉTHODES Dans le cadre d’une collaboration internationale, nous avons recueilli des données cliniques, d’imagerie cérébrale et moléculaires chez 24 individus (≥ 4 ans) issus de 16 familles, porteurs de variants pathogènes ou probablement pathogènes dans TUBA1A, TUBB2B, TUBB3, TUBB ou TUBB2A. Les patients présentaient une IRM cérébrale disponible et ne présentaient pas de déficience intellectuelle. Les modes de transmission et les corrélations génotype-phénotype ont été étudiés. RÉSULTATS Parmi les 24 patients, 15 ont été identifiés par imagerie fœtale ou pédiatrique, et 9 lors d’analyses familiales. Aucun cas ne présentait d’anomalies corticales sévères de la gyration. TUBB3 était le gène le plus fréquemment impliqué (12/24 ; 50 %). Parmi les 14 variants identifiés, 7 étaient hérités. Deux variants récurrents — TUBB3 p.(Pro357Leu) et TUBB p.(Asn52Ser) — étaient systématiquement associés à l’absence de déficience intellectuelle, aussi bien dans notre cohorte que dans la littérature. CONCLUSIONS Nos résultats élargissent le spectre phénotypique des tubulinopathies, en y incluant des formes radiologiques modérées et des manifestations cliniques atténuées chez l’enfant et l’adulte. L’absence de malformations corticales majeures, la présence de variants hérités et certains variants spécifiques pourraient constituer des marqueurs pronostiques plus favorables. Ces données apportent des éléments utiles pour le conseil génétique, notamment dans un contexte prénatal.
Meghane DURIZOT, Stéphanie VALENCE (PARIS), Lydie BURGLEN, Alexandra AFENJAR, Catherine GAREL, Eléonore BLONDIAUX, Audrey RIQUET, Vincent DESPORTES, Valentine FLORET, Maria HÄÄNPAA, Valenzuela MARIA IRENE, Pinto ANNA, Allessandra RENIERI, Michiel VANNESTE, Koen DEVRIENDT, Liesbeth DE WAELE, Lucie GUILBAUD, Jean Marie JOUANNIC, Madeleine HARION, Diana RODRIGUEZ, Emmanuelle LACAZE, Mathieu MILH, Delphine HERON, Cyril MIGNOT
00:00 - 00:00 #49494 - P488 Quand l’association de 2 anomalies moléculaires distinctes mime un déficit en ornithine transcarbamylase : intérêt du séquençage simultané des génomes nucléaire et mitochondrial.
Quand l’association de 2 anomalies moléculaires distinctes mime un déficit en ornithine transcarbamylase : intérêt du séquençage simultané des génomes nucléaire et mitochondrial.

Une fillette présente à 14 mois des crises convulsives conduisant à un diagnostic d’épilepsie, traitée par acide valproïque. A 21 mois, au décours d’un coma hyperammoniémique, le bilan métabolique est caractéristique de déficit en ornithine transcarbamylase (OTC), déficit du cycle de l’urée de transmission liée à l’X : élévation importante de l’excrétion d’acide orotique avec hypocitrullinémie. Un traitement spécifique est mis en place : épurateur de l’ammoniac, régime hypoprotidique, supplémentation en citrulline. L’enquête familiale montre chez la mère et l’oncle maternel, des anomalies biochimiques similaires. La mère asymptomatique est considérée comme porteuse hétérozygote alors que l’oncle présente un déficit intellectuel avec troubles du comportement, compatibles avec un déficit en OTC. L’étude du gène OTC par séquençage haut-débit incluant la région promotrice et la recherche de CNV ne permet pas d’identifier de variant pathogène ou probablement pathogène. Dans ce contexte, l’étude familiale a été réalisée par approche biochimique associant dosage des acides aminés plasmatiques et de l’acide orotique urinaire : la grand-mère maternelle est considérée comme porteuse hétérozygote et le demi-frère et la demi-sœur côté maternel, explorés en période néonatale, ont été considérés comme à risque de décompensation hyperammoniémique, avec une expression clinique pouvant être gravissime chez le garçon. Ces explorations ont ainsi conduit chez ces 2 enfants à mettre en place le traitement du déficit en OTC dès la période néonatale. Pour approfondir l’étude moléculaire, l’indication de séquençage de génome en quatuor incluant le cas index, ses parents et l’oncle maternel a été retenue dans la préindication Maladies Héréditaires du Métabolisme pour une exploration approfondie du gène OTC incluant les régions introniques profondes et la totalité de la région promotrice. Devant l’absence de variants identifiés (SNV, CNV, SV), une analyse étendue du génome, incluant l’analyse de l’ADNmt, a été réalisée mettant en évidence 2 anomalies indépendantes : un variant hétérozygote probablement pathogène dans le gène UMPS expliquant l’élévation de l’excrétion d’acide orotique, anomalie sans conséquence clinique, le déficit en UMPS étant de transmission autosomique récessive et un variant de l’ADNmt, m.9176T>G à l’état homoplasmique chez le cas index, hétéroplasmique à 83 % chez la mère et à 98% chez l’oncle maternel, pouvant expliquer l’hypocitrullinémie. L’étude familiale élargie est en cours. Ces résultats, soulignant l’importance de l’analyse de ADNmt via le PFMG, ont permis de réfuter le diagnostic de déficit en OTC avec des conséquences majeures sur la prise en charge et le conseil génétique pour cette famille : arrêt du régime hypoprotidique, des épurateurs de l’ammoniac et de la supplémentation en citrulline en restant toutefois prudent sur la pathogénicité potentielle du variant mitochondrial, qui bénéficiera de l’expertise du réseau national Mitodiag.
Karla CIFUENTES (Bron), Gaelle HARDY, Denia AZZI, David CHEILLAN, Louis JANUEL, Caroline MEGUERDITCHIAN, Alain FOUILHOUX, Cécile ACQUAVIVA
00:00 - 00:00 #49601 - P489 Intérêt du rétro-phénotypage dans l’interprétation des données de séquençage haut débit : confirmation moléculaire d’un cas de Syndrome de Dias-Logan.
Intérêt du rétro-phénotypage dans l’interprétation des données de séquençage haut débit : confirmation moléculaire d’un cas de Syndrome de Dias-Logan.

L’interprétation des exomes et des génomes pour le diagnostic moléculaire des maladies rares est complexe. Un rétro-phénotypage peut permettre à la fois d’affiner la description clinique et renforcer les critères du diagnostic biologique. Nous présentons le cas d’un patient ayant un trouble du neurodéveloppement dont l’exploration moléculaire a conduit au diagnostic du syndrome de Dias-Logan (OMIM#617101) grâce à une collaboration clinico-biologique ayant permis une recherche ciblée de manifestations cliniques particulières (rétro-phénotypage) suite à l’identification d’un variant dans le gène BCL11A. Ce dossier concerne un enfant de 4 ans, exploré dans le cadre du diagnostic étiologique de troubles du neurodéveloppement associant un retard global de développement avec des troubles du comportement et du sommeil, une épilepsie, une microcéphalie et un surpoids. L’examen de l’exome réalisé en duo a retrouvé le variant NM_022893.4(BCL11A):c.2437_2441del ; [p.(Ser813Profs*11] et le variant NM_000335.5(SCN5A):c.361C>T ; [p.(Arg121Trp)], tous deux présents à l’état hétérozygote chez le cas index et absents chez la mère. Concernant la variation BCL11A:c.2437_2441del, il s’agit d’un variant tronquant dans le dernier exon du gène impliqué dans le Syndrome de Dias-Logan. Il est absent des bases de données populationnelles (gnomAD) et des bases de patients (ClinVar et LOVD) et n’a jamais été rapporté dans la littérature. Le Syndrome de Dias-Logan associe une persistance de l’hémoglobine fœtale à des troubles du neurodéveloppement et peut comporter des caractéristiques morphologiques particulières. La découverte de ce variant a suscité un rétro-phénotypage ayant notamment mis en évidence un taux élevé d’hémoglobine fœtale. Ce variant a finalement été classifié comme probablement pathogène (classe 4), confortant alors le diagnostic du syndrome de Dias-Logan. L’analyse du variant du gène SCN5A a conduit à le considérer comme une variation probablement pathogène pour les tachyarythmies ventriculaires de type Brugada ; cela constitue une découverte incidente jugée utile. Le rétro-phénotypage a permis de compléter les arguments cliniques du diagnostic de syndrome de Dias-Logan. Il a ainsi renforcé les critères biologiques et conforté le diagnostic moléculaire. La variation identifiée NM_022893.4:c.2437_2441del constitue le plus distal des variants tronquants dans le gène BCL11A à ce jour connus. Elle affecterait uniquement l’isoforme XL de la protéine BCL11A, la plus longue des 3 isoformes identifiées. Cette découverte revêt un intérêt majeur pour une éventuelle corrélation clinico-biologique dans la mesure où les variants pathogènes rapportés à ce jour affecteraient plusieurs des isoformes. Ce cas souligne l’importance du dialogue entre cliniciens et biologistes lors de l’analyse des données de séquençage génomique à but diagnostique. Cette collaboration permet de mieux caractériser les patients et de mieux classifier les variations identifiées.
Zangbéwendé Guy OUEDRAOGO, Aurélien JUVEN (Clermont-Ferrand), Sarah LANGLAIS, Sarah BARRIERE, Marie-Gabrielle DELORME GUINAND, Fanny LAFFARGUE, Gaëlle SALAUN, Caroline JANEL, Isabelle CREVEAUX
00:00 - 00:00 #49870 - P490 A la pêche au diagnostic avec AURAmatcher : JKAMP un nouveau gène dans les troubles du neurodéveloppement.
A la pêche au diagnostic avec AURAmatcher : JKAMP un nouveau gène dans les troubles du neurodéveloppement.

Il était une fois un biologiste en génétique moléculaire qui parcourait en ligne les abstracts de l’ESHG 2025 à la recherche des nouveautés. Son attention fut attirée par un abstract d’une équipe italienne qui décrivait une cohorte de 11 patients présentant un trouble du neurodéveloppement lié à des variants bi-alléliques perte de fonction sur un gène nouvellement décrit : JKAMP. Convaincu par cette cohorte internationale rassemblée via GeneMatcher, il partit à la pêche aux variants parmi les milliers de génomes du laboratoire AURAGEN grâce à la requête AURAmatcher. Quelle ne fut pas sa surprise d’identifier en quelques secondes un patient avec un variant d’épissage JKAMP homozygote. Ce génome d’un enfant de 18 mois, analysé dans la pré-indication Maladies mitochondriales, venait d’être rendu négatif. Aussitôt contactés, biologistes et médecins en charge du patient s’accordèrent sur l’intérêt de la découverte et sur la similitude du patient français avec la cohorte décrite. Les éléments phénotypiques communs comprenaient une déficience intellectuelle, un retard de développement, une hypotonie, des anomalies cérébrales, une microcéphalie, des crises d’épilepsies et des traits dysmorphiques (nez, philtrum, yeux, oreilles). Les études fonctionnelles sur fibroblastes montraient un dysfonctionnement du réticulum endoplasmique avec rétention de GPR37, un récepteur spécifique du système nerveux central, impliqué dans la différentiation en oligodendrocyte et la myélinisation. Les échanges avec l’équipe italienne confirmèrent rapidement l’intérêt de ce variant JKAMP et les conduisirent à ajouter in extremis le patient à la cohorte déjà constituée avant la soumission d’un article. Dans l’attente des études fonctionnelles pour ce patient français et de la publication de ce nouveau gène en pathologie humaine, ce variant d’épissage JKAMP fit l’objet d’un nouveau compte-rendu AURAGEN et fut classé comme étant un Variant de Signification Incertaine avec arguments de pathogénicité (ACMG classe 3+). Pour la famille, cette découverte fit naitre l’espoir qu’un futur diagnostic prénatal puisse dans un avenir proche être proposé pour prévenir la récurrence de cette pathologie. Peut-être un jour verra-t-on à l’œuvre une requête AURAmatcher automatique, qui telle une sentinelle infatigable, interrogera systématiquement les données du PFMG à chaque nouveau gène identifié en pathologie humaine, et qui, en un éclair, révélera aux biologistes concernés la clé de diagnostics restés non résolus.
Gaëlle HARDY, Frederic TRAN-MAU-THEM, Eva FEIGERLOVA, Francois FEILLET, Manuela MORLEO, Consortium AURAGEN, Samira AIT-EL-MKADEM SAADI (Nice)
00:00 - 00:00 #49508 - P491 Redéfinition du spectre phénotypique lié à RBM10: Exemple d’une série Niçoise.
Redéfinition du spectre phénotypique lié à RBM10: Exemple d’une série Niçoise.

Le gène RBM10 (OMIM #300160) code pour une protéine de liaison à l’ARN impliquée dans la régulation de l’épissage alternatif de nombreux gènes. Des variants de type perte de fonction de ce gène sont responsables du syndrome TARP (OMIM #311900), une maladie à transmission récessive liée à l’X. L’effet des variants faux-sens est en revanche peu décrit et semble être associé à un phénotype plus modéré que le syndrome de TARP classique. Nous rapportons trois familles différentes suivies dans le service de génétique médicale du CHU de Nice dans le cadre d’un trouble du neuro-développement avec des particularités phénotypiques variables pour lesquels l’analyse par exome a mis en évidence des variants faux-sens dans RBM10 jusque-là non décrits. Ces cas ont pu être intégrés dans un effort collaboratif plus vaste mené par une équipe Danoise visant à redéfinir le spectre phénotypique associé aux variants RBM10 à travers des études fonctionnelles notamment par l’analyse de l’impact des variants sur les mécanismes d’épissage. Notre série niçoise est un parfait exemple du spectre phénotypique étendu causé par les variants RBM10, qui ne peut être défini par un seul syndrome. En effet, 2 groupes distincts émergent : le syndrome TARP (TARPS) incluant le TARP classique (TARPc) et le TARP-like (TARPL) ainsi que le syndrome de retard intellectuel associé à RBM10 (RAID). Un phénotype intermédiaire avec des caractéristiques à la fois du RAID et du TARPS fait partie du continuum phénotypique lié à RBM10.
Véronique DUBOC, Jeanne M. V. BANG, Christina R. FAGERBERG, Houda KARMOUS-BENAILLY, Morgane PLUTINO, Brage S. ANDRESEN, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI (Nice)
00:00 - 00:00 #49896 - P492 From clinical suspicion to molecular confirmation: a moroccan pitt-hopkins syndrome case.
From clinical suspicion to molecular confirmation: a moroccan pitt-hopkins syndrome case.

From clinical suspicion to molecular confirmation: A Moroccan Pitt-Hopkins syndrome case SABKY Z. 1,2 , LYAHYAI J. 1,2 , SEFIANI A. 1,2 1Research Team in Genomics and Molecular Epidemiology of Genetic Diseases, Genopath Centre, Faculty of Medicine and Pharmacy, Mohamed V University, Rabat, Morocco, 2Department of Medical Genetics, National Institute of Health, Rabat, Morocco. Background: Pitt-Hopkins syndrome (PTHS) is a rare neurodevelopmental disorder characterized by severe developmental delay, absent speech, distinctive facial dysmorphism, stereotypic hand movements, and variable additional features. It is caused by heterozygous pathogenic variants or deletions involving the TCF4 gene located on chromosome 18q21.2. Case presentation: We report a 3-year-old boy, born to non-consanguineous Moroccan parents, who presented with severe global developmental delay. He was unable to walk, had only recently achieved sitting position, did not speak, and failed to respond to his name. Clinical examination revealed persistent axial hypotonia, absent speech, poor eye contact, and stereotypic hand movements. Dysmorphic features were subtle but recognizable, including wide mouth, thin upper lip, long philtrum, deep-set eyes, epicanthus and thickened partially folded ears helices. No macrocephaly, paroxysmal breathing anomalies, or seizures were observed. Using clinical exome sequencing with CNV detection based on depth-of-coverage analysis, we identified a heterozygous 1 Mb microdeletion on chromosome 18q21.2 encompassing ~20 genes, including TCF4. This finding is consistent with partial monosomy 18q21.2 and confirms the molecular diagnosis of Pitt-Hopkins syndrome. Conclusion: Our report highlights the diagnostic value of CNV analysis combined with high-throughput sequencing for establishing accurate « genotype–phenotype correlations » in patients with global neurodevelopmental delay and subtle dysmorphic features. To our knowledge, this is among one of the first molecularly confirmed cases of Pitt-Hopkins syndrome reported in a Moroccan patient.
Zineb SABKY (rabat, Maroc), Jaber LYAHYAI, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #49212 - P493 Variation faiblement activatrice HRAS p.Ala59Thr : meilleure définition du spectre phénotypique à partir d’une série internationale.
Variation faiblement activatrice HRAS p.Ala59Thr : meilleure définition du spectre phénotypique à partir d’une série internationale.

Les RASopathies associent atteintes cranio-faciales, cardiaques, cutanées et risques tumoraux. Les variants constitutionnels du gène HRAS sont classiquement rapportés dans le syndrome de Costello. Le séquençage à haut débit et le partage international des données contribuent à élargir le spectre phénotypique de gènes connus, en mettant en évidence des bases moléculaires qui n’auraient pas été suspectées sur la seule évaluation clinique, fondée sur les connaissances issues de la littérature. A partir de l’observation d’une patiente atypique, nous avons colligé une série de cas avec la même variation pour mieux décrire le spectre phénotypique associé. La patiente index, âgée de 64 ans, est venue consulter pour une malformation artério-veineuse (MAV) du genou, une hypertrophie du membre et un angiome. L’étude d’un panel de gènes impliqués dans les malformations vasculaires (ACVRL1, ENG, SMAD4, EPHB4, RASA1, GDF2) à partir d’ADN leucocytaire s’est révélée normale. L’étude d’un second panel de gènes impliqués dans les pathologies en mosaïque à expression cutanée à partir d’ADN extrait d’une biopsie cutanée, a identifié une variation HRAS (c.175G>A ; p.Ala59Thr) à l’état hétérozygote. Un prélèvement sanguin a confirmé son origine constitutionnelle. Un rétro-phénotypage a retrouvé quelques traits évocateurs de RASopathie, comprenant une peau pigmentée, des cheveux crépus, une macrocéphalie et des fentes palpébrales obliques en bas et en dehors, mais sans aucun trouble du neurodéveloppement (TND). Des traits phénotypiques identiques ont été retrouvés par l’étude de photographies d’archives familiales chez deux membres de sa lignée maternelle, mais pas sa mère, pouvant suggérer une éventuelle pénétrance incomplète, ne pouvant être démontrée compte tenu du décès des personnes impliquées. Devant ce tableau clinique très modéré, et en l’absence de données dans la littérature, nous avons lancé un appel à collaboration aux 3 équipes rapportant le même variant dans la base de données Clinvar. Deux retours ont été obtenus. Le même variant a été retrouvé dans une famille de 5 membres atteints, avec un diagnostic de syndrome cardio-facio-cutané (CFC) sans TND. Il a aussi été retrouvé chez un autre patient ayant un phénotype également modéré de type CFC. Un article dans la littérature a rapporté une famille avec un variant situé sur le même codon (c.176C>G ; p.Ala59Gly), présentant également un phénotype atténué avec des cheveux fins et éparses sans TND, en faveur de variants faiblement activateurs. Les MAV, porte d’entrée pour notre patiente, sont exceptionnellement décrites en lien avec les variants constitutionnels HRAS. L’hypothèse d’un 2ème événement non identifié, ou une modulation de l’expression via des mécanismes épigénétiques restent possibles. La publication d’observations supplémentaires, associant variants HRAS et pénétrance incomplète et/ou MAV, permettront d’enrichir les connaissances sur le spectre phénotypique en lien avec le gène HRAS.
Lucie DAUVER (Dijon), Paul KUENTZ, Pierre VABRES, Géraldine JEUDY, Béatrice TERRIAT, Yline CAPRI, Hélène CAVE, Alain VERLOES, Heather MASON-SUARES, Stephanie WALLACE, Laurence FAIVRE, Bertille BONNIAUD
00:00 - 00:00 #49695 - P494 Présentation d'un nouveau cas d’encéphalopathie développementale associée à UFC1.
Présentation d'un nouveau cas d’encéphalopathie développementale associée à UFC1.

La voie de l’UFMylation est une modification post-traductionnelle impliquant les enzymes UBA5, UFC1, et UFM1. Des variants bialléliques dans UBA5, UFM1 et UFC1 ont été associés à des encéphalopathies précoces. À ce jour, seuls quatre familles (8 patients) et deux variants faux-sens dans le gène UFC1 ont été décrits. Nous présentons ici un nouveau patient porteur à l’état hétérozygote composite d’un variant non-sens et d’un variant intronique dans UFC1. Cette observation confirme l’association de UFC1 avec ce phénotype neurodéveloppemental et élargissant le spectre moléculaire. Le patient, âgé de 7 ans, présente un trouble du développement intellectuel sévère, une hypotonie axiale précoce, une hypertonie des quatre membres, une microcéphalie post-natale, des troubles de l’oralité, et un retard staturo-pondéral marqué. L’IRM cérébrale a montré un retard de myélinisation associé à des hypersignaux diffus de la substance blanche. L’EEG est normal. Le séquençage de génome a identifié deux variants dans UFC1 : c.163C>T, p.(Arg55*), variant non-sens d’origine paternelle, et c.255+17G>A, variant intronique maternel. Ce dernier n’avait initialement pas été retenu comme causal, car observé une fois à l’état homozygote dans la base de données deCAF. Cependant, l’analyse transcriptomique, avec notamment l’outil OUTRIDER, a montré une réduction significative d’expression d’UFC1, compatible avec un effet perte de fonction, en cohérence avec le mécanisme physiopathologique déjà rapporté. Cette observation clinique est en cohérence avec les phénotypes décrits pour UFC1. Elle confirme l’association entre les variants bialléliques dans ce gène et les troubles du neurodéveloppement. Ce cas illustre l’apport des analyses fonctionnelles dans l’interprétation de variants rares. Ici, l’analyse transcriptomique, compatible avec un effet hypomorphe du variant intronique, concorde avec les données obtenues chez le modèle murin, où le knock-out de UFC1 est létal. Ainsi, ce variant pourrait être pathogène uniquement lorsqu’il est présent en trans avec un allèle porteur d’un variant entraînant une perte complète de fonction. En perspective, la collecte de nouvelles observations sera essentielle pour mieux préciser le spectre phénotypique associés à la voie de l’UFMylation.
Rémi KIRSTETTER (Paris), Boris KEREN, Giulia BARCIA, Caroline NAVA, Julien BURATTI, Julie BOGOIN, Aurélie WAERNESSYCKLE, Christine BARNERIAS, Nathalie BODDAERT, Marlène RIO, Brian SPERELAKIS-BEEDHAM
00:00 - 00:00 #49492 - P495 Combos diagnostiques : quand le séquençage de routine du génome en trio révèle l’imprévu. L'expérience de Robert DEBRE.
Combos diagnostiques : quand le séquençage de routine du génome en trio révèle l’imprévu. L'expérience de Robert DEBRE.

Depuis 2022, le PFMG a introduit le séquençage du génome en trio dans la pratique clinique de routine pour 70 pré-indications, dont les syndromes malformatifs (MCA), la déficience intellectuelle (DI) et les troubles du neurodéveloppement (TND). Entre 2022 et septembre 2025, plus d’un millier de trios ont été prescrits pour des malformations multiples ou des TND lorsque le diagnostic clinique n’était ni évident ni totalement couvert par les panels ciblés existants. Aucune enquête préliminaire n’était requise : la majorité des patients ont été testés en première intention ou après une ACPA normale. Des tests FMRX ont été réalisés en parallèle en parallèle lorsqu’ils étaient jugés cliniquement pertinents (DI). En septembre 2025, sur 1 003 patients analysés en trio pour les préindications MCA, DI ou TND (variants de séquence, déséquilibres génomiques, expansions de répétitions), un diagnostic moléculaire a été obtenu chez 476 patients (48 %). Parmi eux, 428 (90 %) présentaient au moins un variant pathogène dans l’un des 357 gènes pour lesquels au moins un variant avait été identifié ; le gène le plus commun (ANKRD11) était représenté 7 fois (1,5%). 68 patients (14 %) avaient un réarrangement chromosomique, 20 combinaient anomalies chromosomiques et monogéniques. 386 patients (90 %) avaient un variant pathogène dans un seul gène, 30 présentaient des variants ACMG classe 4 ou 5 dans 2 gènes et 6 patients dans 3 gènes. Phénotypiquement, ces diagnostics combinés relèvent de quatre situations : (a) phénotype équivalent (phénotype combiné identique à celui attendu avec un seul variant) ; (b) phénotype additif (plus sévère qu’attendu pour chaque variant considéré séparément) (c) phénotype combiné/hybride; (d) phénotype "nouveau". Ces résultats illustrent l’intérêt du séquençage du génome comme approche de première intention en routine dans les anomalies du (neuro)développement et l’importance des diagnostics combinés qui auraient pu être manqués par des panels ciblés, conduisant à un conseil génétique inapproprié. Nous recommadons de réévaluer tout patient ayant reçu un diagnostic moléculaire par approche ciblée lorsque le phénotype n’est pas parfaitement concordant avec le tableau « classique » (présentation atypique ou sévérité inhabituelle).
Alain VERLOES (Paris), Yline CAPRI, Laurence PERRIN, Antoine POUZET, Emilie SERRANO, Jonathan LEVY, Nathalie COUQUE, Yoann VIAL, Séverine DRUNAT, Anne-Claude TABET, LE RÉSEAU DES BIOLOGISTES MOLÉCULAIRES
00:00 - 00:00 #49589 - P496 Le Centre de Ressources Biologiques BioJeL, une plateforme unique en France dédié à la déficience intellectuelle d’origine génétique : 25 000 échantillons au service de la recherche.
Le Centre de Ressources Biologiques BioJeL, une plateforme unique en France dédié à la déficience intellectuelle d’origine génétique : 25 000 échantillons au service de la recherche.

Introduction Face au nombre limité de CRB spécialisés dans la déficience intellectuelle d’origine génétique, l’Institut Jérôme Lejeune a créé en 2008 le CRB-BioJeL. Certifié ISO 20387 et ISO 9001, il collecte, traite et distribue des échantillons biologiques issus de la consultation pour soutenir la recherche nationale et internationale. Méthodes Le CRB prélève des échantillons de sang et de peau, chez des enfants et des adultes lors des consultations cliniques de l’Institut Jérôme Lejeune auquel il est adossé. Ces patients sont atteints en majorité de trisomie 21 ou d’autres déficiences intellectuelles d’origine génétique (syndromes de l’X fragile, de Williams-Beuren, de Smith Magenis, de delétion 22q11, de Rett, et d'autres maladies plus rares encore). Les prélèvements sont transformés en plasmas, ADN, PBMC, LCL et fibroblastes, puis conservés à très basse température (-80 °C ou -150 °C). Depuis 2023, le CRB développe la génération de cellules souches pluripotentes induites (iPS) et propose désormais ses premières lignées d’iPS issues d’un cas extrêmement rare de jumeaux monozygotes discordants pour la trisomie 21. Ces échantillons sont mis à disposition de la communauté scientifique et peuvent être associés à des données cliniques et neuropsychologiques issues de l’entrepôt de données de santé de l’institut. Résultats et conclusion :Depuis sa création, plus de 25 000 ressources biologiques ont été collectées auprès de plus de 2 500 patients, dont 70 % atteints de T21. Des milliers de ressources ont été cédées pour des recherches sur des gènes spécifiques (DYRK1A, CBS), des profilages méthylomiques, la COVID- 19, ainsi que pour des études cliniques sur la maladie d’Alzheimer, la cognition et les comorbidités associées à la T21. Les échantillons collectés au sein de BioJeL et les données cliniques associées sont des ressources précieuses pour la recherche, permettant de mieux comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la déficience intellectuelle d’origine génétique.
Marie VILAIRE (Paris), Louise MAILLEBOUIS, Eva FARINEL, Aude PINARD LEGRY, Thibaut DEGREEF, Laurence CUREL, Clotilde MIRCHER
00:00 - 00:00 #50003 - P497 Le syndrome d’hyperphosphatasie mentale (syndrome de Mabry) : à propos d’un cas.
Le syndrome d’hyperphosphatasie mentale (syndrome de Mabry) : à propos d’un cas.

Le syndrome d’hyperphosphatasie mentale (syndrome de Mabry) est une maladie autosomique récessive rare. Nous rapportons le cas d’un garçon âgé de 1 an, originaire de Guyane, porteur d’un déficit en Phosphatidylinositol-glycan biosynthesis class O protein (PIGO), causé par deux variants hétérozygotes composites du gène PIGO. Sur le plan clinique, le patient présentait un retard global du développement, une hyperphosphatasie, des convulsions, une dysmorphie faciale typique, une hypoplasie des phalanges, une hernie inguinale ainsi qu’une dysplasie osseuse caractérisée par un retard de maturation osseuse et des anomalies métaphysaires. Le séquençage de l’exome en trio, associé à l’analyse des CNV, a mis en évidence deux variants hétérozygotes du gène PIGO, hérités respectivement du père et de la mère : c.839T>C (p.Met280Thr) et c.590C>T (p.Pro197Leu). L’enzyme PIGO joue un rôle clé dans la biosynthèse du glycosylphosphatidylinositol (GPI), indispensable à l’ancrage membranaire de nombreuses protéines. Les variants pathogènes bi-alléliques de PIGO entraînent un trouble congénital de la glycosylation (CDG) caractérisé par un retard global du développement, une élévation du taux sérique de phosphatase alcaline et des anomalies congénitales touchant notamment le système anorectal, génito-urinaire et les membres. Ce phénotype est connu sous le nom de « syndrome de Mabry » ou d’« hyperphosphatasie avec déficit intellectuel 2 ». À notre connaissance, il s’agit du premier cas rapporté de syndrome de Mabry diagnostiqué chez un patient originaire de Guyane. Les variants du gène PIGO identifiés, ainsi que les manifestations cliniques observées, contribuent à élargir le spectre génotypique et phénotypique de ce syndrome.
Mody DIOP, Narcisse ELENGA (Cayenne)
00:00 - 00:00 #49846 - P498 Apport de l’analyse des CNV par séquençage de l’exome dans le diagnostic des troubles du neurodéveloppement : à propos de deux cas.
Apport de l’analyse des CNV par séquençage de l’exome dans le diagnostic des troubles du neurodéveloppement : à propos de deux cas.

Introduction Les variations de nombre de copies (CNVs) pathogènes représentent 15 à 20% des causes génétiques des troubles du neurodéveloppement et des anomalies congénitales. Bien que l’analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) soit la méthode de référence pour les détecter, l’analyse combinée des CNVs et SNVs (single nucleotide variant) au séquençage de l’exome a significativement amélioré le rendement diagnostique. Matériels et méthodes Nous rapportons l’étude clinique et génétique de deux patientes (P1 et P2) suivies au service de génétique de l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis pour trouble du neurodéveloppement. Un caryotype standard a été réalisé chez P1. Un séquençage de l’exome entier (WES) et un complément d’étude par hybridation in situ en fluorescence (FISH) ont été réalisés chez les deux patientes. Résultats P1 nous a été initialement adressée à l’âge de 3 mois pour dysmorphie faciale, retard de croissance intra-utérin, microcéphalie et cardiopathie congénitale. Un caryotype standard réalisé en première intention n’a pas montré d’anomalies. Au cours de son suivi, un retard psychomoteur sévère et un déficit immunitaire ont été notés. Le WES a identifié une duplication 19p13.3 de taille de 1,94 Mb comportant 80 gènes codants, classée comme pathogène selon la classification ACMG/ClinGen. Ce résultat est compatible avec le tableau clinique de notre patiente. La FISH réalisée avec la sonde subtélomérique 19pter a permis de confirmer la présence de la duplication ainsi que sa survenue de novo. P2 nous a été adressée à l’âge de 6 ans pour dysmorphie faciale et retard global de développement. L’examen a objectivé un poids à +4 DS et une dysmorprhie faciale faite de front large, hypertélorisme, nez bulbeux et grande bouche. Le WES a mis en évidence une délétion interstitielle faisant 106kb en 9q34.3 emportant le gène EHMT1, compatible avec le diagnostic de syndrome de Kleefstra. Un complément d’étude par FISH n’a pas pu confirmer la délétion vu sa petite taille. Une confirmation par une PCR quantitative ou par ACPA a été indiquée. Conclusion Bien que le WES nous ait permis de détecter deux CNVs pathogènes pouvant expliquer les manifestations cliniques de nos patientes. Une confirmation par une deuxième technique reste nécessaire mettant ainsi l’accent sur l’importance de la complémentarité entre les différentes techniques en génétique.
Wissal TERGUI (Tunis, Tunisie), Hela BELLIL, Ahlem ACHOUR, Mortadha CHERIF, Faouzi MAAZOUL, Myriam CHAABOUNI, Mohamed Ali KSENTINI, Ridha MRAD, Lilia KRAOUA, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49899 - P499 Implication du gène QARS1 dans les épilepsies pharmaco-résistantes précoces : Encore un VUS !!
Implication du gène QARS1 dans les épilepsies pharmaco-résistantes précoces : Encore un VUS !!

Les épilepsies constituent un groupe hétérogène de maladies neurologiques chroniques. On estime que 15 à 30% des épilepsies sont pharmaco résistantes et que 70 à 80 % des épilepsies précoces et pharmaco résistantes sont d’origine génétique. L’avènement du séquençage haut débit (NGS) a révolutionné leur exploration étiologique, permettant d’identifier plus de 900 gènes impliqués à ce jour avec la découverte de nouveaux variants non préalablement reportés. L’objectif de ce travail est de discuter les implications clinique et scientifique d’un variant du gène QARS1 dans l’épilepsie pharmaco résistante précoce. Nous rapportons le cas d’un patient, âgé de 8mois, issu d’un mariage entre apparentés (Cf=1/32), présentant une épilepsie d’apparition néonatale (H40 de vie) à types de crises focales faciale, hémi corporelles et généralisées pharmaco résistantes nécessitant le recours à la sédation. Ce tableau compliqué de retard psychomoteur sévère était associé à un retard statural, une microcéphalie -4.5DS et une dysmorphie faciale. L’IRM cérébrale réalisée à J6 de vie n’a pas révélé d’anomalies. L’EEG a montré des pointes et pointes lentes multifocales sur un tracé désorganisé. Le bilan métabolique était sans anomalies. Un séquençage de l’exome entier (WES) a été réalisé d’emblée. Un seul variant du gène QARS1 de signification incertaine (VUS) a été retenu après application des critères et de la pondération selon les recommandations de l’ACMG. Ce gène est associé au phénotype: Microcéphalie progressive, convulsions et atrophie cérébrale et cérébelleuse (OMIM#615760), tandis que le variant NM_005051(QARS1):c.40G>A (p.Gly14Ser), présent à l’état homozygote, n’a été rapporté qu’une seule fois dans la littérature chez une patiente de deux ans. Le phénotype partagé par les patients se caractérise par une épilepsie pharmaco résistante à début néonatal, des myoclonies, un retard psychomoteur sévère, une évolution vers l’hypertonie ainsi qu’une microcéphalie à début prénatal aggravée en post natal. Les anomalies à l’IRM cérébrale ont pu être discernées à l’âge de deux ans. Les deux critères de pathogénicités retenus étaient PM2 pour sa rareté dans les bases de données de population et PM3_faible pour sa présence en état homozygote chez un patient atteint. Un génome entier a été indiqué en deuxième intention afin d’étudier les régions introniques et de vérifier l’absence de CNV montrant un autre variant VUS à l’état hétérozygote: (NM_197968.4):c.1851+977A>G p.? du gène ZMYM2(OMIM#619522). Ce cas met en lumière, d’une part, l’apport du NGS dans la mise à jour de nouveaux variants dans des gènes peu étudiés dans les épilepsies pharmaco résistantes précoces et souligne d’autre part les défis majeurs liés à l’interprétation des variants identifiés compliquant le conseil génétique et la prise en charge personnalisée des patients. La collecte des cas similaires peut être d’un grand apport pour affiner la classification de tels variants et leur signification clinique.
Emna KOUBAA, Ahlem ACHOUR, Ikhlas BEN AYED, Fatma MEJDOUB, Hadhami FRAY, Mahdi KAMOUN, Tergui WISSAL (Tunis, Tunisie), Med Ali KSENTINI, Fatma CHARFI, Ichraf KRAOUA, Faouzi MAAZOUL, Ridha MRAD, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49837 - P500 Nouveau variant du gène FOXG1 : une cause rare d’encéphalopathie épileptique avec microcéphalie.
Nouveau variant du gène FOXG1 : une cause rare d’encéphalopathie épileptique avec microcéphalie.

Introduction : Les mutations du gène FOXG1, initialement associées à la forme congénitale du syndrome de Rett (OMIM : 613454), ont vu leur spectre phénotypique s’élargir grâce aux nouvelles techniques de séquençage à haut débit. Les manifestations cliniques varient d’une encéphalopathie modérée à sévère caractérisée par un retard psychomoteur, une déficience intellectuelle, une microcéphalie, une épilepsie pharmaco-résistante et des anomalies cérébrales. Objectif : Nous rapportons l’étude clinique et moléculaire d’une patiente adressée au service de génétique de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis pour exploration génétique d’une encéphalopathie épileptique avec microcéphalie. Observation : Il s’agit d’une fille âgée de 3 ans, née d’une grossesse sans particularités, issue de parents consanguins, et quatrième enfant du couple. L’histoire familiale est marquée par le décès d’un frère à l’âge de 5 ans, atteint d’une encéphalopathie infantile. L’anamnèse a révélé une acquisition de la tenue de la tête à l’âge de 1 an, l’absence d’acquisition de la marche et de la parole et une épilepsie à début précoce (6 mois) bien équilibrée. L’examen a montré une microcéphalie à - 4 DS, une dysmorphie faciale caractérisée par une énophtalmie, un nez bulbeux, des joues pleines, de grandes oreilles, un rétrognatisme, une clinodactylie bilatérale du 5ème doigt, un strabisme et une hypotonie axiale. L’IRM cérébrale a montré un retard de myélinisation. L’analyse d’un panel de 205 gènes associés aux microcéphalies a mis en évidence le variant c.244_248del ; p.(Pro82AlafsTer37) dans le gène FOXG1 à l’état hétérozygote. Il s’agit d’un variant décalant le cadre de lecture non précédemment décrit, classé probablement pathogène selon les critères ACMG. Les variants pathogènes au niveau du gène FOXG1 sont responsables d’une encéphalopathie épileptique de sévérité variable, généralement débutant au cours des premiers mois de vie, transmise selon un mode autosomique dominant. Une corrélation génotype-phénotype est bien établie, les variants décalant le cadre de lecture étant associés à des formes plus sévères. Conclusion : Le variant identifié est compatible avec les manifestations cliniques observées chez notre patiente et explique la sévérité de l’atteinte neurologique. L’étude des parents est en cours, mais il s’agit le plus souvent de mutations de novo. Le conseil génétique s’avère rassurant. Toutefois, en raison du risque de mosaïcisme germinal, un diagnostic prénatal pourra être proposé à la famille en cas de grossesse.
Mahdi KAMOUN, Lilia KRAOUA, Wissal TERGUI (Tunis, Tunisie), Razène GREISHA, Aïcha KALFAT, Ichraf KRAOUA, Severine DRUNAT, Ridha M'RAD, Madiha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49938 - P501 Duplication partielle du gène FAAH2 associée à un phénotype neurodéveloppemental et psychiatrique : observation familiale et perspectives diagnostiques.
Duplication partielle du gène FAAH2 associée à un phénotype neurodéveloppemental et psychiatrique : observation familiale et perspectives diagnostiques.

Les troubles neurodéveloppementaux et les atteintes psychiatriques sévères présentent fréquemment une intrication phénotypique, pouvant se manifester simultanément chez un même individu ou au sein d’une même famille. Cette convergence clinique traduit à la fois une hétérogénéité génétique importante et une complexité physiopathologique encore incomplètement élucidée. Malgré les avancées majeures de la génétique, un grand nombre de patients demeure en impasse diagnostique. De plus, plusieurs gènes candidats sont régulièrement identifiés dans ces contextes, sans que des preuves formelles de leur implication causale ne soient établies, ce qui limite leur intégration en pratique clinique. Nous présentons l’observation d’un garçon âgé de 8 ans présentant un phénotype neurodéveloppemental complexe associant un retard cognitif, des troubles du langage oral, des troubles attentionnels, une anxiété majeure avec besoin constant de réassurance, troubles de la coordination, des troubles sensoriels, des traits du spectre autistique et des troubles du sommeil. L’examen clinique ne montre pas de dysmorphie faciale particulière, ni d’obésité. L’enfant est issu de parents non consanguins. Du côté maternel, plusieurs membres de la famille présentent des troubles psychiatriques sévères: schizophrénie, troubles du comportement majeurs avec retrait social, photophobie invalidante, hétéro-agressivité et des accès colériques et dépressifs suggérant une composante génétique forte. L’ACPA a identifié une duplication partielle du gène FAAH2, d’une taille de 215 kb. La ségrégation familiale montre que cette duplication co-ségrège avec le phénotype, compatible avec une transmission récessive liée à l’X. Le séquençage de l’exome n’a révélé aucune variation ponctuelle pouvant expliquer les manifestations cliniques. Une analyse complémentaire par séquençage long read est en cours pour caractériser finement la duplication. FAAH2 code une enzyme clé de la dégradation des endocannabinoïdes. Son isozyme FAAH est impliqué dans la modulation de l’humeur, de la douleur, du métabolisme énergétique et de l’inflammation. Les données animales, notamment chez le poisson-zèbre, montrent qu’une perte de fonction de FAAH2a (paralogue de FAAH2) réduit les comportements liés au stress, renforçant le rôle potentiel de FAAH2 dans le neurodéveloppement. Ce qui suggère que des réarrangements structurels interrompant FAAH2 peuvent contribuer à des phénotypes neurodéveloppementaux complexes. Ce travail apporte un nouvel argument en faveur du rôle potentiel de FAAH2 comme gène candidat impliqué dans des phénotypes associant troubles neurodéveloppementaux et atteintes psychiatriques, ouvrant ainsi la voie à des investigations fonctionnelles complémentaires.
Sana KAROUI (Orléans), Sandra PAJON, Dominique BONNEAU, Olivier PERCHE, Sylvain BRIAULT
00:00 - 00:00 #48958 - P502 Caractéristiques cognitives, comportementales et psychiatriques du syndrome de Smith-Magenis : revue de la littérature, illustration clinique et focus sur les troubles du sommeil.
Caractéristiques cognitives, comportementales et psychiatriques du syndrome de Smith-Magenis : revue de la littérature, illustration clinique et focus sur les troubles du sommeil.

Introduction Le syndrome de Smith-Magenis (SMS) se caractérise par un phénotype neurodéveloppemental complexe associant fréquemment trouble du développement intellectuel, comportements auto- et hétéroagressifs, troubles du sommeil et psychopathologie souvent atypique. Malgré une meilleure connaissance génétique du syndrome, les spécificités cognitives et comportementales des patients restent encore mal reconnues dans les parcours diagnostiques et de prise en charge. Cette communication vise à dresser un panorama actualisé des manifestations cognitives, comportementales et psychiatriques du SMS à partir de trois sources complémentaires. Méthode & Résultats Premièrement, une revue systématique de la littérature (selon les recommandations PRISMA) a été réalisée afin d’évaluer la prévalence des troubles du neurodéveloppement (TND) dans le SMS, incluant le Trouble du Développement Intellectuel (TDI), le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA), le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), les troubles des apprentissages. Cette revue montre que les phénotypes TSA et TDAH sont souvent observés dans le syndrome, les porteurs du gène RAI1 étant encore plus fréquemment touchés malgré un niveau cognitif plus élevé. Deuxièmement, nous illustrerons ces données par un cas clinique détaillé d’un garçon de 12 ans porteur d’un variant d’épissage de classe 4 du gène RAI1 survenu de novo, identifié par séquençage d’exome trio et dont l’impact a été confirmé par analyse de l’ARN. L’enfant présente un profil cognitif préservé sans TDI et un TDAH associé à des comportements-défis. La dimension psychiatrique est marquée par une labilité émotionnelle et une anxiété invalidante. Ce cas met en évidence la complexité de l’expression neurodéveloppementale et psychiatrique du SMS dans ses formes non délétées et l’importance d’une approche multidisciplinaire pour la prise en charge. Enfin, nous présenterons les résultats d’une étude récente consacrée aux troubles du sommeil chez les enfants dans le SMS, qui constituent un symptôme quasi-constant et précoce du syndrome. Leur identification précoce associée à une prise en charge adaptée représente un levier important pour améliorer la qualité de vie des enfants et de leur entourage. Discussion En conclusion, cette communication souligne la nécessité d’une reconnaissance plus fine des caractéristiques neuropsychiatriques du SMS, en particulier dans les formes liées aux mutations ponctuelles de RAI1, et plaide pour une meilleure articulation entre génétique, pédopsychiatrie et neuropsychologie dans les parcours de soin.
Marie-Noëlle BABINET, Pauline BOIROUX (Lyon), Albin BLANC, Marion COMAJUAN, Caroline DEMILY
00:00 - 00:00 #49976 - P503 Troubles neurodéveloppemental lié à ADCY5 en transmission récessive : premier cas familial marocain.
Troubles neurodéveloppemental lié à ADCY5 en transmission récessive : premier cas familial marocain.

Les formes autosomiques récessives (AR) des maladies liées à l’adénylate cyclase 5 (ADCY5) sont extrêmement rares. Leur phénotype est associé à un trouble du neurodéveloppement avec mouvements hyperkinétiques et dyskinésie. Dans la littérature, les formes AR ont été rapportées dans quatre cas seulement, parmi plus de 70 publications décrivant des variants de ce gène. La plupart des mutations d’ADCY5 surviennent de novo ou sont transmises selon un mode autosomique dominant, et sont associées à la dyskinésie familiale, à la chorée et à la dystonie à début précoce, ainsi qu’à la chorée héréditaire bénigne. Dans ce contexte, nous rapportons le premier cas familial décrit au Maroc, présentant une maladie liée à ADCY5 de transmission AR, suivi en consultation de génétique médicale au CHU Ibn Rochd de Casablanca. Le présent travail décrit deux sœurs, nées de parents sains et consanguins de deuxième degré. Elles présentent une symptomatologie similaire, comprenant un déficit intellectuel sévère, une hyperammoniémie, des crises épileptiques, une déficience globale du développement, un retard staturo-pondéral, des troubles du langage, une microcéphalie, un strabisme, une arthrogrypose, une hypotonie axiale et hypertonie périphérique, ainsi qu’une atrophie du corps calleux et cortico-sous-corticale, accompagnée d’une cachexie. la sœur aînée est décédée à l’âge de 23 ans. L’exome de séquençage entier a mis en évidence une mutation homozygote du gène ADCY5 (NM_183357.3). Le variant identifié : NC_000003.12:g.(?_123318020)(123331016_?)dup, affecte et s’étend sur les exons 5 à 11 du gène est actuellement classé comme variant de signification incertaine (VUS) selon l’ACMG. Le gène ADCY5 (OMIM 600293) code pour une enzyme membranaire qui fait partie de la famille des adénylate cyclases. Ces derniers transforment l’ATP en AMPc, un second messager clé des voies de signalisation intracellulaires. Le variant identifié affecte le domaine catalytique C1, dont l’intégrité est cruciale avec C2 pour la formation de la poche catalytique et la liaison à l’ATP. Compte tenu de l’ampleur de la duplication (exons 5–11) et de sa localisation dans le domaine catalytique C1, une altération de la protéine ADCY5 est hautement probable. Si la duplication est hors cadre, elle entraînera un décalage du cadre de lecture avec apparition d’un codon stop prématuré en amont de la dernière jonction exon–exon, déclenchant une dégradation des ARNm médiée par non-sens et conduisant à une perte de fonction ; si elle est en cadre, elle est susceptible de perturber la conformation de la poche catalytique et d’altérer l’activité enzymatique. Ce cas illustre une forme autosomique récessive rare de maladie liée à ADCY5, associée à un phénotype neurologique sévère. Bien que classé VUS, ce variant apparaît cohérent avec la sévérité clinique et le contexte de consanguinité. Des analyses complémentaires permettront de consolider la reclassification et d’affiner le conseil génétique.
Wafaa BOUZROUD, Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Bouchaïb GAZZAZ, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49724 - P504 Fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs : découverte d’un variant pathogène du gène TUBB3 chez un enfant marocain.
Fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs : découverte d’un variant pathogène du gène TUBB3 chez un enfant marocain.

INTRODUCTION : Les variants pathogènes du gène TUBB3 (tubulin beta-3 class III), sont impliqués dans un spectre de tubulinopathies touchant le neurodéveloppement, la migration neuronale et le développement oculaire. Ces mutations, affectant la dynamique des microtubules, sont à l’origine de phénotypes complexes associant retard neurodéveloppemental, anomalies structurelles cérébrales et signes dysmorphiques. Deux entités pathologiques sont associées à ce gène incluant la fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs et la dysplasie corticale complexe avec d’autres malformations cérébrales. Le séquençage de l’exome représente une approche diagnostique efficace pour identifier ces variants dans des contextes cliniques imprécis ou atypiques. L’objectif de notre travail est de rapporter un cas marocain présentant une fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs liée à des variants pathogènes du gène TUBB3 identifiés par séquençage d’exome. PATIENT ET METHODE : Il s’agit d’un garçon âgé de 10 ans, non consanguin, adressé à la consultation de génétique médicale du centre hospitalo-universitaire Mohammed VI d’Oujda pour un retard des acquisitions psychomotrices et une dysmorphie faciale faite de fentes palpébrales orientées en haut et en dehors, des cils denses, un nez bulbeux, un philtrum long et effacé, une lèvre supérieure fine, une bouche entrouverte, un chevauchement dentaire et des oreilles décollées et bas implantées. L’enfant présente également des anomalies à l’examen ophtalmologique représentées par une ophtalmoplégie, une baisse de l’acuité visuelle, un regard limité et une exotropie. Le reste de l’examen trouve une hyperlordose et un micropénis. Une analyse moléculaire de l’exome par NGS a été réalisé sur une plateforme NovaSeq6000(Illumina). RESULTAT ET DISCUSSION : Un variant hétérozygote pathogène a été identifié au niveau du gène TUBB3 : c.1228G>A (p.Glu410Lys). Ce gène code pour la protéine beta-tubuline isotype 3 qui joue un rôle important dans la formation des microtubules neuronaux, et le développement neuronal. Dans notre cas le variant retrouvé est déjà décrit dans la littérature comme associé à un spectre d’anomalies neurogénétiques incluant la fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs avec ou sans atteinte extra-oculaire et la dysplasie corticale complexe avec d’autres malformations cérébrales. Le tableau clinique de notre patient nous oriente vers la fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs. Cette pathologie est de transmission autosomique dominante. L’absence du phénotype chez les parents suggère que la survenue est de novo chez l’enfant. CONCLUSION : Notre cas rapporté illustre l'intérêt du NGS dans l’identification de variants rares responsables de tableaux cliniques complexes et non spécifiques. La mise en évidence du variant TUBB3 c.1228G>A permet de retenir le diagnostic de la fibrose congénitale des muscles oculo-moteurs facilitant ainsi la compréhension du phénotype et orientant le conseil génétique.
Amina EL AMMARI (OUJDA, Maroc), Jihane AHMIDI, Kaoutar AHMIDOUCH, Fatima Ezzahra AOUNI, Oussama EL HILALI, Mariam TAJIR
00:00 - 00:00 #49549 - P505 Violences sur enfants et troubles du neurodéveloppement.
Violences sur enfants et troubles du neurodéveloppement.

Les troubles du neurodéveloppement (TND) sont souvent secondaires à des causes génétiques, toutefois d’autres facteurs jouent un rôle dans le développement cérébral, et le généticien se doit de les rechercher afin de déterminer la pertinence de la prescription d’analyses génétiques. Il est d’usage de questionner sur la prise de toxiques ou de médicaments au cours de la grossesse, sur les antécédents périnataux, ou les modalités d’accouchement, et plus récemment sur l’exposition à des polluants environnementaux comme les pesticides. La question des violences, pourtant très fréquentes au sein des familles suivies en génétique, est plus rarement posée dans la quête d’un diagnostic différentiel. Pourtant, des études ont montré l’impact de violences subies par les enfants sur le développement cérébral, notamment sur l’axe hypothalamo-hypophysaire, sur la sécrétion de cortisol et sur le développement de structures cérébrales comme l’hippocampe, les amygdales, la microglie ou le cortex cingulaire antérieur. Par ailleurs, des « marques » épigénétiques avec profils de méthylation particuliers ont été identifiées chez des enfants ayant subi des traumatismes précoces. Ces violences peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques, de l’ordre de la négligence, ou du fait d’être témoin de violences conjugales. Il est observé des altérations cérébrales durables liées aux traumatismes, d’autant plus importantes que ceux-ci sont précoces et non traités. La maltraitance des enfants concerne environ 20% de la population, et les violences sexuelles 10% des petites filles. Celles-ci sont le plus souvent intrafamiliales et commises par des auteurs de sexe masculin dans 99% des cas. Les enfants porteurs d’un handicap ont 3 fois plus de risque d’être victimes de maltraitance, en particulier les filles avec un trouble cognitif (6,7 fois plus de risque). En effet 9 femmes autistes sur 10 ont été victimes de violences sexuelles, dont 30% avant l’âge de 9 ans. Il n’est pas toujours simple de savoir si la présence d’un handicap a favorisé la survenue de violences ou si celles-ci sont à l’origine des difficultés cognitives ou comportementales. Bien souvent malheureusement les deux sont intriqués, et aux violences peut s’ajouter la maladie génétique. Ainsi, il existe un lien très fort entre violences et TND ; distinguer la cause de la conséquence n’est pas aisé ni indispensable car l’un n’empêche pas l’autre. Les pédiatres et généticiens ont souvent peur de passer à côté de la maladie rare, mais il est grave également de ne pas repérer la maltraitance. Il paraît important d’introduire de manière systématique la question des violences pendant la consultation. Par ailleurs, il est primordial de prévenir les parents de patients porteurs de handicap, en particulier les filles avec troubles cognitifs, du risque élevé de violences sexuelles.
Marie VINCENT (Nantes), Elsa LORINO
00:00 - 00:00 #49965 - P506 Délétion hétérozygote partielle du gène de la chaîne lourde de la ferritine FTH1 avec neuroferritinopathie à début précoce et neuropathie démyélinisante : un rapport de cas.
Délétion hétérozygote partielle du gène de la chaîne lourde de la ferritine FTH1 avec neuroferritinopathie à début précoce et neuropathie démyélinisante : un rapport de cas.

Contexte : La neurodégénérescence cérébrale avec accumulation de fer (neurodegeneration with brain iron accumulation ou NBIA) est un groupe de pathologies rares, principalement héréditaires, impliquant une accumulation anormale de fer dans les ganglions de la base du cerveau. Des variantes hétérozygotes de FTL, codant pour la chaîne légère de la ferritine, ont été rapportées dans la neuroferritinopathie héréditaire, caractérisée par des symptômes cérébraux et cérébelleux progressifs et des dépôts de fer principalement dans les ganglions de la base. Récemment, une mutation non-sens récurrente dans le dernier exon de FTH1, codant pour la chaîne lourde de la ferritine, a été trouvée chez cinq enfants présentant des caractéristiques typiques de NBIA, appelée NBIA3. Objectif : Nous présentons une fille avec une NBIA3 liée à FTH1 et une neuropathie démyélinisante périphérique associée comme nouvelle caractéristique clinique. Méthodes : Nous avons effectué un examen clinique et génétique approfondi, incluant une évaluation neuropsychologique (WISCV). EEG, EMG, IRM, TDM, dépistage biologique extensif, micro-array chromosomal et séquençage du génome entier (WGS) ont été réalisés. Résultats : Nous avons identifié une délétion hétérozygote de novo en 11q12.3 de 0,6 kb, englobant l'exon 4/4 de FTH1 et le 3'UTR de BEST1. Aucun autre variant suspect n’a été retenu sur l’analyse génomique. L'électromyoneurographie a montré une vitesse de conduction motrice et sensitive sévèrement et homogènement diminuée. Discussion : Contrairement à la mutation récurrente de type stop de FTH1, la suppression partielle de FTH1 étend le spectre clinique de la NBIA3 à la neuropathie démyélinisante et donc aux lésions de la substance blanche centrale et périphérique.
Alicia Marie MILOT (Grenoble), Véronique BOURG, Elena MORO, Martial MALLARET, Céline BIBOULET BRUNEAU, Agnès RÖTIG, Charles COUTTON, Klaus DIETERICH
00:00 - 00:00 #49181 - P507 Molecular Modelling and Dynamics Study of nsSNP in STXBP1 Gene in Early Infantile Epileptic Encephalopathy Disease.
Molecular Modelling and Dynamics Study of nsSNP in STXBP1 Gene in Early Infantile Epileptic Encephalopathy Disease.

Early Infantile Epileptic Encephalopathy (known as Ohtahara Syndrome) is one of the most severe and earliest forms of epilepsy, characterized by early seizures onset. It affects newborns and children between two and six years old. Among the genes that have been associated with early infantile epileptic encephalopathy, the STXBP1 gene, which encodes the Syntaxin binding protein1a that is involved in SNARE complex formation, contributes to synaptic vesicles exocytosis. The aim of this study was to identify the most pathogenic polymorphisms of STXBP1 gene and determine their impact on the structure and stability of Stxbp1 protein. The high-risk nonsynonymous single nucleotide polymorphisms (nsSNPs) in the STXBP1 gene were predicted using 13 bioinformatics tools. The conservation analysis was realized by CONSURF web server. The analysis of the impact of the pathogenic SNPs on the structure of Stxbp1 protein was realized using YASARA software, and the molecular dynamics simulation was performed using GROMACS software. Out of 245 nsSNPs, we identifed 11 (S42P, H103D R190W, R235G, D238E, L256P, P335S, C354Y, L365V, R406C, and G544D) as deleterious using in silico prediction tools. Conservation analysis results revealed that all these nsSNPs were located in conserved regions. The comparison of the hydrogen and hydrophobic interactions in the wild type Stxbp1 structure and its mutant forms showed that all these nsSNPs affect the protein structure on different levels. The molecular dynamics simulations revealed that the total of nsSNPs affect the protein stability, residual fluctuation, and the compaction at different levels. This study provides helpful information on high risk nsSNPs that may affect the Stxbp1 protein structure and function. Thus, these variants should be taken into consideration during the genetic screening of patients suffering from early infantile epileptic encephalopathy.
Al Mehdi KRAMI, Fouad BENHNINI, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Boutaina BELKADY, Yassine NAASSE, Chaimaa AIT EL CADI, Najat SIFEDDINE, Hassan ROUBA, Rachida ROKY, Abdelhamid BARAKAT, Halima NAHILI
00:00 - 00:00 #49850 - P508 Validation fonctionnelle des nouveaux gènes candidats associés aux formes récessives de la maladie de Parkinson chez la drosophile.
Validation fonctionnelle des nouveaux gènes candidats associés aux formes récessives de la maladie de Parkinson chez la drosophile.

La maladie de Parkinson (MP) est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente affectant des personnes âgées de plus de 65 ans. Environ 15% des cas parkinsoniens présentent une histoire familiale de MP, à transmission autosomique dominante ou récessive. Les gènes les plus fréquemment impliqués dans les formes récessives sont PRKN, PINK1 et PARK7 caractérisées par un début précoce. Cependant, il existe une grande proportion de formes récessives non expliquées par ces gènes connus. Le but de cette étude est d’identifier de nouveaux gènes associés aux formes récessives précoces (<50 ans) de la MP et de valider les gènes candidats par modélisation dans des organismes simples (drosophile). L’intégration des données de cartographie par homozygotie et de séquençage à haut débit, ainsi que des études de réplication génétiques dans des cohortes indépendantes de milliers de patients parkinsoniens (consanguins ou de transmission autosomique récessive) a permis d’identifier plus de 300 gènes candidats dont une trentaine retrouvée chez au moins 2 familles. La première étape de validation de gènes candidats de la MP met à profit le réflexe de géotaxie négative. Les gènes candidats sont sous-exprimés par ARN interférence (ARNi) spécifiquement dans les neurones. La sous-expression des gènes connus (PRKN, PINK1 et PARK7) induit un trouble locomoteur qui peut être reversé par la prise de Ldopa. Plusieurs gènes candidats (PTPA, PSMF1) ont pu être validés grâce à l’apparition de troubles locomoteurs dans ce test lors de leurs inhibition dans les neurones (Fevga et al. 2022) (Magrinelli et al, 2025). La seconde étape vise à déterminer si les troubles locomoteurs chez la drosophile sont en lien avec des dysfonctionnements des fonctions nécessaires à la survie cellulaire, mitophagie et/ou autophagie. Pour cela, nous avons entrepris de créer de nouvelles lignées stables exprimant des sondes fluorescentes : mito-keima pour la mitophagie, et pHluorin pour l’autophagie. Chaque lignée sera croisée avec des lignées exprimant un ARNi ciblé contre l’un des gènes candidats, spécifiquement dans les neurones à l’aide du système UAS/Gal4 et d’un promoteur neuronal. L’analyse sera faite par microscopie confocale sur les cerveaux de drosophiles adultes, à plusieurs temps post-éclosion, pour observer l’impact de cette inhibition au cours du temps. Un traitement au paraquat, induisant un stress neurotoxique sera fait afin d’observer la réponse au stress dans les neurones. Certains gènes connus de MP induisent (PINK1, PRKN) une diminution de la mitophagie et/ou de l’autophagie chez la drosophile lors de leur inhibition (Liu et al, 2021). Nous pourrons ainsi déterminer si les mêmes fonctions sont perturbées par l’inhibition de l’expression de nouveaux gènes candidats. Ce projet a pour but de comprendre le lien entre les troubles locomoteurs et la perturbation d’importantes fonctions cellulaires (mitophagie, autophagie) dans la drosophile pour de nouveaux gènes associés à la MP.
Chloé PINON (Paris Cedex), Christelle TESSON, Guillaume COGAN, Suzanne LESAGE, Alexis BRICE
00:00 - 00:00 #49857 - P509 Variant hétérozygote du gène MAST1 associé à des malformations cérébrales et un retard neurodéveloppemental : rapport de cas avec syndrome Mega-corpus-callosum.
Variant hétérozygote du gène MAST1 associé à des malformations cérébrales et un retard neurodéveloppemental : rapport de cas avec syndrome Mega-corpus-callosum.

Introduction Le gène MAST1 (Microtubule Associated Serine/Threonine Kinase 1) code pour une kinase sérine/thréonine associée aux microtubules, impliquée dans le développement neuronal et l’organisation cérébrale. Depuis 2018, des variants pathogéniques de MAST1 ont été associés à un syndrome rare appelé syndrome Mega-corpus-callosum (MCC), caractérisé par un corps calleux hyperplasique, des malformations corticales variables (pachygyrie, polymicrogyrie, hypoplasie cérébelleuse), des troubles moteurs et cognitifs, une épilepsie variables. Objectif Nous décrivons les caractéristiques cliniques, radiologiques et moléculaires d’une enfant porteuse d’un variant pathogénique hétérozygote de MAST1, et discutons des implications pour le diagnostic, la prise en charge et le conseil génétique. Méthodologie L’évaluation a reposé sur un suivi clinique longitudinal intégrant des bilans cliniques neurologiques, complétés par une IRM cérébrale et des investigations génétiques dont une analyse génomique en trio. Résultats La patiente, âgée de 2 ans et 4 mois, présentait un retard neurodéveloppemental global sévère. Elle présentait initialement une hypotonie avec retard de station assise, la station debout était acquise à 2 ans 4 mois. Le langage oral restait limité à quelques syllabes associé à une communication non verbale gestuelle adaptée. Elle n’avait pas développé d’épilepsie. Les courbes montraient une croissance staturopondérale à + 2DS et un périmètre crânien légèrement supérieurs à la moyenne. Il n’était pas retrouvé d’élément dysmorphologique notable. L’IRM cérébrale révélait une pachygyrie pariéto-occipitale bilatérale, un corps calleux hyperplasique, ainsi qu’une dilatation modérée des ventricules latéraux et du troisième ventricule. Le cervelet était de dimension normale. L’analyse du génome par séqeunçage au débit révélait un variant hétérozygote de novo c.844_846del (p.Ile282del) dans le gène MAST1, classé pathogénique (classe 5). Discussion Ce nouveau cas confirme le rôle pathogénique des variants MAST1 dans les malformations cérébrales et le retard neurodéveloppemental. La délétion in-frame (p.Ile282del) affecte une région conservée du domaine N-terminal, perturbant la fonction de la kinase. Le tableau clinique observé recoupe le spectre décrit dans le syndrome MCC, avec présence d’un corps calleux hyperplasique et d’une dilatation modérée des ventricules latéraux associée aux anomalies cérébrales mais sans anomalie du cervelet, et avec dilatation du troisième ventricule. Une variabilité des manifestations IRM est possible mais l’hyperplasie du corps calleux reste un signe très évocateur qui peut guider les cliniciens. Conclusion Les variants pathogéniques de MAST1, encore rarement décrits sont toutefois responsables d’un syndrome cliniquement et radiologiquement identifiable, le syndrome MCC. Un suivi longitudinal reste essentiel afin de surveiller le risque épileptique, le développement pubertaire et les acquisitions neurodéveloppementales.
Nadejda BIRLADEANU, Fanny LAFFARGUE, Catherine SARRET, Nadejda BIRLADEANU (Paris), Louis JANUEL
00:00 - 00:00 #49842 - P510 Variant de signification incertaine du gène OPA1 : enjeux diagnostiques et implications cliniques.
Variant de signification incertaine du gène OPA1 : enjeux diagnostiques et implications cliniques.

Introduction : Les neuropathies optiques héréditaires constituent un groupe hétérogène de maladies rares, souvent liées à des mutations des gènes impliqués dans la fonction mitochondriale. Le gène OPA1, principalement associé à l’atrophie optique dominante, peut être impliqué dans des formes syndromiques plus sévères lorsqu’il existe des mutations récessives. Observation : Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 9 mois, issu d’un mariage entre apparentés, adressé pour un retard psychomoteur sévère. L’interrogatoire a révélé le décès d’un frère à l’âge de 2 ans qui souffrait d’une cécité néonatale associée à un retard psychomoteur. L’examen a retrouvé un retard staturo-pondéral, une discrète dysmorphie faciale (bouche en chapeau de gendarme, hypertélorisme) ainsi qu’une hypotonie axiale. Les explorations révélaient un potentiel évoqué visuel pathologique, un électrorétinogramme normal, et une IRM cérébrale montrant des anomalies bilatérales symétriques des pédoncules cérébelleux moyens et des faisceaux tegmentaux pontiques. Une étude génétique par séquençage de l’exome a identifié une variation faux sens homozygote du gène OPA1 (NM_130837.3:c.1575C>A), classée de signification incertaine selon les critères de l’ACMG (PM1 faible, PP3 moyen, PM2 modéré). Cette variation est en pleine cohérence avec le phénotype observé chez notre patient. Une étude fonctionnelle sur l’ARN est envisagée afin de confirmer son effet délétère sur l’expression génique et d’appuyer sa reclassification en variant probablement pathogène. Conclusion : Le séquençage de l’exome, associé à une interprétation rigoureuse des variants, représente un outil clé pour l’établissement des corrélations génotype-phénotype dans les neuropathies optiques héréditaires. Néanmoins, l’intégration de différentes approches omiques (génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique) apparaît indispensable afin d’affiner la classification des variants et de renforcer l’accès à un véritable diagnostic de précision.
Wiem ESSALAH (Tunis, Tunisie), Yasmina ELARIBI, Imen REJEB, Syrine HIZEM, Manel LAJIMI, Abir JEBALI, Houweyda JILANI, Lamia BEN JEMAA
00:00 - 00:00 #49575 - P511 Diagnostic moléculaire d’une leucodystrophie autosomique dominante associée au gène CST3 : apport de l’expertise radio-clinique combinée à la réanalyse ciblée des données d’exome.
Diagnostic moléculaire d’une leucodystrophie autosomique dominante associée au gène CST3 : apport de l’expertise radio-clinique combinée à la réanalyse ciblée des données d’exome.

Plusieurs formes de leucodystrophies autosomiques dominantes (ADLD, autosomal dominant leukodystrophies) ont été décrites depuis la description de la duplication du gène LMNB1 en 2006 (PMID: 16951681). En 2024, Bergner et al. ont identifié des variants tronquants du gène CST3, ne conduisant pas à une dégradation des ARNm non-sens (NMD, nonsense mediated decay), chez des individus présentant une ADLD associée à un taux abaissé de cystatine C sérique. Nous avons évalué une famille présentant une ADLD sur 3 générations. Le père âgé de 66 ans, présente une leucodystrophie cérébrale sévère et diffuse impliquant également le bras postérieur de la capsule interne et les pédoncules cérébelleux moyens, associées à une atrophie du corps calleux et un déclin cognitif progressif après 60 ans. Sa fille souffre de migraines avec aura depuis l’enfance. A l’âge de 34 ans, elle a présenté une migraine accompagnée d’une confusion aigüe et d’une prosopagnosie. L’IRM cérébrale a révélé des lésions en hypersignal T2/FLAIR dans le cortex cérébelleux droit, ainsi que des anomalies de la substance blanche impliquant le corps calleux, le lobe frontotemporal droit, le bras postérieur de la capsule interne et le pédoncule cérébelleux moyen gauche. Des lésions similaires ont été mises en évidence chez le fils du cas index, lors d’une crise convulsive. Deux sœurs du cas index présentent des migraines et un déclin cognitif, tandis que leur mère, décédée, avait été internée pour « folie ». En 2021, un séquençage de l’exome réalisé en trio (fille du cas index + parents) n’avait pas permis de mettre en évidence de variant pathogène expliquant la pathologie familiale. En 2025, la famille a été présentée à un panel d’expert·es en leucodystrophies (« RCP LEUKOFRANCE Adulte »). Les images de l’IRM cérébrale ont fait suspecter une leucodystrophie liée au gène CST3, codant pour la cystatine C, publié récemment dans le cadre d’ADLD. La réanalyse des données d’exome a mis en évidence un variant probablement pathogène (classe 4) au sein du gène CST3 (NM_000099.4:c.358-3C>G) à l’état hétérozygote chez le cas index, sa fille et son fils (confirmé par Sanger). Ce variant est absent gnomAD. SpliceAI prédit une perte ou un gain du site accepteur d’épissage avec un score de 0.93 et 0.98 respectivement (échelle 0-1, un score élevé étant associé à une haute probabilité de défaut d’épissage). L’absence de détection de cystatine C sérique chez les deux enfants est en faveur de l’implication du gène CST3 dans la pathologie familiale (PMID: 38489591). Une étude d’ARN est en cours pour vérifier l’impact du variant sur l’épissage et la présence ou non de NMD. La réanalyse des données de séquençage d’exome sur base des imageries cérébrales évocatrices d’une ADLD liée à CST3 a donc permis d’établir un diagnostic moléculaire, de clore une errance diagnostique de plus de 40 ans, et d’assurer un conseil génétique approprié à la famille.
Florence ARTS, Vito TOTA, Isabelle MAYSTADT, Tanguy DEMARET (Gosselies, Belgique)
00:00 - 00:00 #49486 - P512 Rédaction d'un PNDS pour les maladies mitochondriales liées aux mutations du gène POLG en 2025.
Rédaction d'un PNDS pour les maladies mitochondriales liées aux mutations du gène POLG en 2025.

Le Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) pour les maladies mitochondriales liées aux mutations POLG est en cours de rédaction en 2025. Ce PNDS est nouveau et s’intéresse aux maladies mitochondriales liées aux mutations POLG, causées par des variants pathogènes du gène POLG codant pour l’ADN polymérase gamma mitochondriale. La polymérase gamma est responsable de la réplication du génome mitochondrial. Ce groupe représente la cause la plus fréquente de maladies mitochondriales, avec une prévalence estimée à 1/10 000, mais aussi la cause la plus fréquente d'épilepsie mitochondriale à tous les âges, 10-25% des cas d’ophtalmoplégie externe progressive et >10% des cas d'ataxie d’origine génétique. Il constitue un continuum de phénotypes définis cliniquement avant la découverte de leurs bases moléculaires génétiques. On les considère aujourd’hui comme un spectre de maladies qui se chevauchent, se manifestant de la petite enfance à l'âge adulte. Les PNDS sont des référentiels de bonne pratique portant sur les maladies rares. L’objectif d’un PNDS est d’expliciter aux professionnels concernés la prise en charge diagnostique et thérapeutique optimale et le parcours de soins d’un patient atteint d’une maladie rare donnée. Le PNDS POLG est rédigé par des acteurs des centres de référence Carammel et Calisson, soutenus par la filière Filnemus. Une équipe constituée de soixante-dix médecins référents issus de huit spécialités pédiatriques ou adultes et répartis sur tout le territoire, de professionnels de santé paramédicaux et de représentants d'association de patients est actuellement réunie autour de la thématique. Les principales associations décrites sont le Syndrome d'Alpers-Huttenlocher ; Myo-cérébro-hépatopathie infantile ; MNGIE-like ; Syndrome MEMSA ; Syndrome SANDO ; Ophtalmoplégie externe progressive autosomique dominante/récessive. Les premières mutations POLG ont été décrites en 2004. On compte aujourd’hui plus de 300 variants pathogènes rapportés (HGMD). La discussion permet l'échange des pratiques au sein du territoire et la mise en commun de données. Un diagnostic précoce, une prise en charge coordonnée et un suivi par des professionnels avertis semblent d'autant plus importants qu'à l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement curatif ces maladies. Ce PNDS rappellera certaines clés comme la contre-indication stricte au traitement par valproate de sodium en raison du risque d’insuffisance hépatique fulminante. La rédaction de ce PNDS permet d'établir des recommandations françaises pour le spectre phénotypique des maladies mitochondriales liées aux mutations POLG, des formes pédiatriques précoces aux formes adultes tardives. Si vous souhaitez participer à la rédaction du PNDS POLG, merci d'écrire aux contacts référencés.
Sylvia ROSE (Paris), Claire-Marine BERAT, Agnès ROTIG, Manuel SCHIFF, L'ensemble Des Participants Au Pnds Polg (LISTÉS SUR LE POSTER)
00:00 - 00:00 #49796 - P513 Analyse de l’expansion de l’hexanucléotide G4C2 du gène C9orf72 par PCR vs Long-read.
Analyse de l’expansion de l’hexanucléotide G4C2 du gène C9orf72 par PCR vs Long-read.

Au cours de la dernière décennie, de nombreuses connaissances ont été accumulées sur la génétique des maladies neurodégénératives, notamment sur le rôle des expansions répétées du gène C9orf72 dans les maladies du motoneurone, la démence fronto-temporale, mais également dans d’autres pathologies avec atteinte cognitive ou motrice. L’objectif de cette étude est d’analyser les principaux aspects cliniques et génétiques des phénotypes liés à l’expansion de l'hexanucléotide GGGGCC (G4C2)n du gène C9orf72. Principalement les atteintes neurodégénratives. Par la suite, une mise au point et description des deux principales méthodes de détection et d’analyse de la taille de l’expansion a été effectué; il s’agit de la PCR et le séquençage long-read, avec des exemples des technologies actuellement disponibles, tel le kit AmplideX PCR/CE C9orf72 d’Asuragen, et le Target repeat expansion panel de PacBio. La mise au point de techniques d’étude du gène C9orf72 ciblant l’expansion de l'hexanucléotide GGGGCC va permettre d’améliorer la prise en charge des patients atteints de troubles neurodégénératifs, de fournir un conseil génétique et éventuellement un diagnostic pré-symptomatique. Par ailleurs, l’identification de nouveaux gènes comme le gène C9orf72 dans les maladies neurodégénératives permet de reconnaître de nouveaux mécanismes pathogéniques et d’orienter la thérapeutique vers de nouvelles cibles thérapeutiques.
Fatima Zahra OUTTALEB (Casablanca, Maroc), Mohamed EL ALAOUI EL ABEDELLAOUI, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #49781 - P514 Dystroglycanopathie infantile liée à de nouveaux variants du gène FKTN révélés par séquençage d’exome.
Dystroglycanopathie infantile liée à de nouveaux variants du gène FKTN révélés par séquençage d’exome.

Introduction : Les dystrophies musculaires-dystroglycanopathies représentent un groupe rare et hétérogène de myopathies liées à un défaut de glycosylation de l’α-dystroglycane, avec une variabilité phénotypique allant de formes congénitales sévères à des formes plus modérées. Le gène FKTN (9q31) est impliqué dans plusieurs sous-types. L’objectif de ce travail est de rapporter un cas de dystroglycanopathie liée à des variants du gène FKTN, en soulignant l’apport du séquençage de l’exome dans le diagnostic précoce et le conseil génétique. Matériel et méthodes : Nous rapportons le cas d’une fille âgée de 2 ans, non consanguine, présentant un retard de la marche. L’examen clinique a révélé une hypotonie des membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’une hypertrophie des mollets. Il n’y a pas de cas similaires dans la famille. Son bilan complémentaire a été marqué par une élévation importante des CPK et un aspect de dystrophie musculaire non systématisée avec régénération et fibrose à la biopsie musculaire. Une analyse moléculaire par séquençage de l’exome complet a été réalisée sur une plateforme Aviti (Element Biosciences). Résultats et discussion : Deux variants probablement pathogènes du gène FKTN ont été identifiés, c.183_193dup (p.Thr65delinsIleLeuCysTer) et c.1135A>C (p.Asn379His) à l’état hétérozygote composite. L’étude de ségrégation familiale a montré que chacun des parents était porteur hétérozygote d’un variant distinct, confirmant le génotype de la patiente. Il s’agit de nouveaux variants qui n’ont pas été décrits auparavant dans les bases de données de référence. Leur association avec le phénotype clinique soutient fortement le diagnostic de dystroglycanopathie de type C4. Sur le plan pratique, la famille a bénéficié d’un conseil génétique adapté, permettant d’expliquer le mode de transmission autosomique récessif, le risque de récurrence dans la fratrie et les options de prise en charge, notamment en matière de suivi multidisciplinaire. Conclusion : Le recours au séquençage de l’exome dans notre cas a permis d’identifier des variants du gène FKTN, confirmant le diagnostic d’une dystroglycanopathie. Cette approche génomique constitue un élément essentiel à la prise en charge diagnostique et au conseil génétique dans les formes pédiatriques des maladies neuromusculaires.
Jihane AHMIDI (Oujda, Maroc), Kaoutar AHMIDOUCH, Sara MEZIANE, Yassine MEBROUK, Mariam TAJIR
00:00 - 00:00 #49425 - P515 Neuropathie sensorielle et atrophie optique liées au gène FDXR : premier cas rapporté au Maroc.
Neuropathie sensorielle et atrophie optique liées au gène FDXR : premier cas rapporté au Maroc.

Introduction : Les pathologies liées au gène FDXR, impliqué dans la fonction mitochondriale, demeurent rares et peu documentées. Ce gène code pour la ferrédoxine réductase mitochondriale, une enzyme clé dans la biosynthèse des agrégats fer-soufre et de l’hème, éléments essentiels aux fonctions cellulaires. Des mutations bialléliques de FDXR sont associées à des neuropathies sensorielles, des atrophies optiques, ainsi que des troubles auditifs. Nous rapportons ici le premier cas marocain chez qui deux variants pathogènes ont été identifiés, dont l’un n’a jamais été décrit à ce jour. Matériels et méthodes : Il s’agit d’un patient de 30 ans, issu d’un mariage non consanguin mais avec notion d’endogamie, présentant depuis l’âge de 24 ans une neuropathie sensorielle débutant par des paresthésies et dysesthésies des membres inférieurs, suivie d’une baisse marquée de l’acuité visuelle. L’IRM cérébrale a révélé un amincissement des nerfs optiques. Un séquençage de l’exome complet (WES) a été réalisé dans le cadre du bilan étiologique. Résultats : Le WES a mis en évidence deux variants pathogènes à l’état hétérozygote composite sur le gène FDXR : l’un extrêmement rare, l’autre inédit dans la littérature, ce qui a permis de confirmer le diagnostic. L’analyse de ségrégation familiale est actuellement en cours. Discussion et conclusion : Les atteintes liées à FDXR sont rares, avec environ une cinquantaine de cas décrits à ce jour, essentiellement hors du Maroc. L’atteinte ophtalmologique est habituellement précoce, parfois dès la petite enfance. Dans notre cas, la survenue tardive des signes visuels souligne la variabilité phénotypique de ces pathologies. Ce cas met en évidence la diversité clinique associée à FDXR et renforce l’intérêt du séquençage génétique, notamment le WES, dans le diagnostic des neuropathies sensorielles d’étiologie indéterminée. Il illustre également la nécessité de mieux documenter les variants rares ou inédits, en particulier dans les populations sous-représentées telles que la population marocaine.
Sabrine BOURESSAS (Nice, Maroc), Houda JELTI, Afaf LAMZOURI
00:00 - 00:00 #49581 - P516 Utilité diagnostique du séquençage du génome pour le diagnostic moléculaire des dystrophies rétiniennes héréditaires (DRHs): retour d’expérience des plateformes AURAGEN et SEQOIA.
Utilité diagnostique du séquençage du génome pour le diagnostic moléculaire des dystrophies rétiniennes héréditaires (DRHs): retour d’expérience des plateformes AURAGEN et SEQOIA.

Les DRHs constituent un ensemble de maladies avec une forte hétérogénéité clinique, dont les bases physiopathogéniques sont diverses, conduisant à une dégénérescence rétinienne. Elles se manifestent sous une forme isolée ou syndromique, à tout âge, rendant difficile leur classification nosologique qui repose désormais sur la génétique. Le diagnostic moléculaire des DRHs est un véritable défi, impliquant plus de 300 gènes avec tous les modes de transmissions, mais a considérablement progressé grâce au séquençage de nouvelle génération. Néanmoins, 40% des cas restent non conclusifs. Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique (PFMG), le séquençage du génome a été évalué comme un outil diagnostique de première ou deuxième intention sur une cohorte nationale pédiatrique/adulte avec présentations cliniques variées de DRHs. Cinq ans après l’inclusion du premier patient dans le Plan France Médecine Génomique (PFMG), 1 312 dossiers ont été rendus (650 via SeqOIA, 662 via AURAGEN). Au total, 699 dossiers sont conclusifs avec des variants pathogènes/probablement pathogènes dans 189 gènes (les plus fréquents : ABCA4 (n=86), USH2A (n=67) et RPGR (n=42)), assurant un rendement global de 53,3 % variable selon les sous-groupes phénotypiques. Le génome est un atout pour la détection de variants introniques (n=24) ou promoteurs (n=12), de variants structuraux (n=54), d’expansions de triplets (n=2) et anomalies affectant des gènes non codants (petits ARN nucléaires, n=9). Il a aussi permis d’élargir le spectre phénotypique de certaines ciliopathies, initialement décrites comme syndromiques, désormais reconnues comme DRHs non syndromiques. De plus, 192 dossiers sont partiellement résolus avec un variant significatif d’intérêt (VSI) conforme au phénotype et au mode de transmission, en attente d'investigation complémentaires dans les laboratoires de référence (ségrégation familiale, analyse fonctionnelle). Leur validation porterait le rendement à 68 %, particulièrement élevé dans les cas séquencés en première intention. Près de 30 % des cas demeurent non résolus. Les explications possibles incluent des causes non génétiques, l’implication de gènes encore inconnus, des variants complexes non détectables par short-read ou des variants non codants dont la validation fonctionnelle reste un défi majeur, notamment concernant les insertions d’éléments mobiles. En conclusion, le séquençage du génome en trio, en première intention et enrichi par une description clinique précise, constitue la stratégie la plus performante. Elle permet d’identifier en une même analyse des variants de natures diverses, et de réduire considérablement l’errance diagnostique. De surcroît, la médecine personnalisée, notamment la thérapie génique (RPE65), imposant « des fenêtres temporelles thérapeutiques spécifiques » justifie les efforts d’identification du génotype causal le plus précocement possible. Les auteurs réunis en "Consortium des Biologistes IMR0027" remercient l'ensemble des prescripteurs
Luke MANSARD (Montpellier), Chloé AUGAGNEUR, Consortium AURAGEN, Virginie BERNARD, Thibaut BENQUEY, Cyril BURIN DES ROZIERS, Tristan CELSE, Bertrand CHESNAUD, Claire-Marie DHANENS, Olivier GRUNEWALD, Eulalie LASSEAUX-ROBINE, Hippolyte MENOU, Jean MULLER, Francis RAMOND, Anne-Françoise ROUX, Julien THEVENON, Sophie SCHEIDECKER, Frédéric TRAN-MAU-THEM, Christel VACHE, Sophie VALLEIX
00:00 - 00:00 #49792 - P517 L’encéphalopathie héréditaire lié au syndrome d'Aicardi-Goutièrs dans la population marocaine.
L’encéphalopathie héréditaire lié au syndrome d'Aicardi-Goutièrs dans la population marocaine.

Le syndrome d'Aicardi-Goutièrs (AGS) est une encéphalopathie héréditaire caractérisée par une grande variabilité clinique, principalement des calcifications cérébrales, une atrophie cérébrale et une leucodystrophie. L’évolution clinique peut être fatale. À ce jour, 7 gènes sont impliqués, cependant, la mutation p.A177T(c.529G>A) du gène RNASEH2B a été décrite comme la mutation la plus récurrente dans plusieurs populations. Notre objectif était de résumer les caractéristiques cliniques des patients marocains atteints d'AGS et de proposer une stratégie de diagnostic génétique. L’étude a concerné 7 patients marocains issus de 4 familles différentes. Le premier patient est un garçon âgé d'un 1 an et demi atteint de leucodystrophie, et les 6 autres patients (un garçon âgé de 2 ans et demi, 3 sœurs âgées de 14, 12 et 10 ans, deux sœurs âgées de 5 et 3 ans et un garçon de 2 ans et demi) présentant une symptomatologie évocatrice du syndrome d'Aicardi-Goutièrs. Nous avons effectué un séquençage de l'exome sur notre premier patient, puis une réaction de PCR et un séquençage Sanger ont été utilisés pour détecter la variante pathogène récurrente p.A177T (c.529G>A) du gène RNASEH2B chez les autres patients dans le cadre d'un test génétique de première ligne. Sur les 7 patients, 5 étaient homozygotes pour la variante pathogène p.A177T (c.529G>A) du gène RNASEH2B. Ces résultats démontrent la diversité phénotypique de l'AGS, et indiquent que la première étape de la stratégie de diagnostic devrait être le test génétique de la mutation récurrente du gène p.A177T (c.529G>A) du gène RNASEH2B.
Fatima Zahra OUTTALEB (Casablanca, Maroc), Mouna OUHENNACH, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #49342 - P518 Maladies neurogénétiques liées au gène CACNA1A : un éventail de phénotypes et de génotypes.
Maladies neurogénétiques liées au gène CACNA1A : un éventail de phénotypes et de génotypes.

Introduction : Les variants pathogènes dans le gène CACNA1A incluent une expansion de CAG, associée à l’ataxie spinocérébelleuse de type 6 (SCA6), ainsi que des variants ponctuels et structuraux affectant les domaines fonctionnels du canal calcique. Ces variants sont impliqués dans un large spectre clinique, allant des troubles paroxystiques (migraines hémiplégiques familiales (FHM) et ataxie épisodique de type 2) aux troubles du neurodéveloppement (NDD) et encéphalopathies épileptiques (EE). Certains variants sont retrouvés chez des individus asymptomatiques, suggérant une pénétrance incomplète. Méthodes : Nous avons analysé les patients porteurs d’un variant pathogène, non liée à l’expansion CAG, dans le gène CACNA1A, issus des cohortes SCANOP et SPATAX/BIOMOV de l’Institut du Cerveau de Paris (ICM). Résultats : La cohorte comprenait 272 patients (147 hommes, 123 femmes, 2 non renseignés). La majorité des variants étaient faux sens (70%), suivis de variants stop (21%), variants d’épissage (5.5%) et délétions (2.9%). L’âge de début médian était de 12 ans [0-73]. 18.4% des patients avaient une forme congénitale (0 -1 an), 14.7% un début dans la petite enfance (2-5 ans), 15.8% un début à l’âge scolaire (6-12 ans), 9.6% un début dans l’adolescence (13-17 ans), 33.8% un début adulte (>18 ans) et 7.7% un âge de début inconnu. Les NDD et l’épilepsie étaient principalement associés aux débuts très précoces (congénital et petite enfance), tandis que l’ataxie épisodique prédominait chez les enfants d’âge scolaire. Aucune corrélation génotype-phénotype n’a pu être établie dans cette cohorte. Les analyses spécifiques des ataxies CACNA1A à début adulte ont révélé un âge moyen de début de 34.5 ± 14 ans, avec une progression très lente. Ces formes étaient plus fréquemment associées à un nystagmus battant en bas (53%) qu’à un nystagmus induit par le regard (34%). Une dysarthrie cérébelleuse était présente chez 51% des patients, et une ataxie épisodique chez 30%. L’atrophie cérébelleuse était rare et généralement discrète. Pour cette forme, le diagnostic différentiel doit principalement inclure FGF14/SCA27B et SCA6, qui se caractérisent par un début plus tardif, la présence de tremblements cérébelleux et une diplopie plus fréquente, ainsi qu’une atrophie cérébelleuse plus marquée à l’IRM. Conclusion : Les variants ponctuels et structuraux dans le gène CACNA1A sont responsable d’un spectre étendu de maladie, dont les manifestations cliniques peuvent être partiellement prédites en fonction de l’âge de début des symptômes. Toutefois, une variabilité phénotypique importante persiste, y compris au sein d’une même famille et pour un même variant génétique. Cette hétérogénéité suggère l’implication de modificateurs génétiques, qui pourrait influencer l’expression clinique. Une meilleure compréhension de ces mécanismes permettrait d’affiner le conseil génétique mais également de mieux stratifier les patients au sein des études cliniques.
Charlotte MOURAUX, Jean-Loup MÉREAUX, Florence RIANT, Rania HILAB, Emilien PETIT, Alexis BRICE, Alexandra DURR, Consortium SCANOP, Giulia COARELLI (Paris)
00:00 - 00:00 #49440 - P519 Corrélations phénotype/génotype dans les amyotrophies spinales de type II et III : intérêt des gènes NAIP et SMN2.
Corrélations phénotype/génotype dans les amyotrophies spinales de type II et III : intérêt des gènes NAIP et SMN2.

Introduction Les amyotrophies spinales proximales ou SMA pour spinal muscular atrophy sont des affections neuromusculaires de transmission autosomique récessive, caractérisées par une dégénérescence progressive des motoneurones de la corne antérieure de la moelle épinière et souvent des motoneurones du bulbe à l’origine d’une atrophie et d’une faiblesse musculaire des muscles proximaux. Sur le plan moléculaire, les SMA sont liées dans 98 % des cas à une délétion homozygote des exons 7 et ou 8 du gène SMN1. Objectifs : - Confirmer le diagnostic des patients présentant un phénotype SMA de type II et III par la recherche de la délétion de l’ exons 7 du gène SMN1, -Évaluer l’apport de l’analyse du gène NAIP et du nombre de copies de SMN2 dans la détermination du phénotype des SMA II et III, afin d’explorer leur rôle potentiel en tant que modulateur de la sévérité clinique. Patients et Méthodes : Tous nos patients répondaient aux critères définis par le consortium international de 1992. L‘étude génétique a comporté l‘analyse des gènes SMN1 et NAIP par PCR/RFLP et PCR multiplex respectivement et le dosage du nombre de copies de SMN2 par PCR en temps réel. Résultats : Nos patients étaient répartis en 16 SMA de type II et 53 de type III. La délétion homozygote de l’exon 7 du gène SMN1 était de 43 .75 % dans les SMA de type II et de 45.28 % dans le type III. La délétion dans le gène NAIP a été retrouvée dans les deux types de SMAII et III , avec une fréquence un peu plus élevée chez les patients SMA de type II (16.68 %) que de type III (12.50 %). L’analyse quantitative du nombre de copies SMN2 a mis en évidence une corrélation qui semble vraie mais non absolue entre le nombre de copies SMN2 et la sévérité du phénotype. En effet dans le groupe de SMA de type II, 16.16 % des patients portaient deux copies, 58.33 % 3 copies et 25% 4 copies alors que dans le groupe de type III seuls 15,15% des patients portaient 3 copies, 81.81% portaient 4 copies et 3.03% portaient 5 copies. Conclusion Les résultats de notre étude se rapprochent de ceux de nombreuses données de la littérature.
Karima SIFI (Constantine, Algérie), Sabah HANACHI, Yamina SIFI, Salima ZEKRI, Karima BENMEBAREK, Noredine ABADI
00:00 - 00:00 #49730 - P520 Rôle du séquençage de nouvelle génération dans le diagnostic des myopathies: Cas cliniques marocains.
Rôle du séquençage de nouvelle génération dans le diagnostic des myopathies: Cas cliniques marocains.

Les myopathies héréditaires sont un groupe de maladies neuromusculaires caractérisées par une faiblesse musculaire progressive. Elles peuvent affecter les muscles cardiaques et squelettiques.Elles reposent sur une forte hétérogénéité génétique influencée par plusieurs gènes. Parmi ceux -ci, TTN, SYNE1 et TNNI3 codent pour des protéines structurales nécessaires à l'intégrité et au fonctionnement des muscles ,dont leurs variations pathogènes sont liées aux maladies cardiaques et neuromusculaires . Cette diversité a été démontrée dans notre étude à travers l’analyse de trois familles suspectées de myopathies d’origine génétique .Dans la première famille étudiée, le séquençage de l’exome (WES) a permis d'identifier deux mutations hétérozygotes du gène TTN : c.105946G>T (p.Glu35316*) et c.98716del (p.Val32906Tyrfs4). l’analyse de ségrégation par séquençage Sanger a montré que la mutation c.105946G>T est transmise par le père , tandis que la délétion c.98716del est héritée par la mère .Dans la deuxième famille, la séquence de l'exome a révélé deux substitutions rares de type faux-sens dans le gène SYNE1 (p.Glu6031Lys et p.Val7010Glu). Des analyses structurales et des simulations de dynamique moléculaire ont révélé des variations de la stabilité structurale et des interactions intraprotéiques de la nesprine-1, indiquant un impact fonctionnel de ces variants et renforçant leur rôle potentiel dans le phénotype clinique observé .Enfin, dans la troisième famille, une analyse ciblée de 206 gènes liés aux cardiomyopathies a révélé une mutation non-sens dans le gène TNNI3 (c.292C>T ; p.Arg98*) localisé dans l'exon 6. Dans notre observation , les parents consanguins étaient porteurs hétérozygotes sains, tandis que leurs deux filles , atteintes de cardiomyopathie dilatée. étaient supposées homozygotes .Ensemble, ces résultats démontrent la grande variabilité génétique et clinique des myopathies héréditaires et soulignent la valeur des approches intégratives qui combinent le séquençage de nouvelle génération, l'annotation bioinformatique, la modélisation structurelle et la dynamique moléculaire pour améliorer la précision diagnostique.
Faiza CHBEL (cannes, Maroc), Wiam FAYED, Hicham CHAROUTE, Salaheddine REDOUANE, Majida CHARIF
00:00 - 00:00 #49787 - P521 Nouveaux variants composites du gène PLA2G6 révélées chez un patient marocain atteint de dystrophie neuroaxonale infantile.
Nouveaux variants composites du gène PLA2G6 révélées chez un patient marocain atteint de dystrophie neuroaxonale infantile.

Introduction : La dystrophie neuroaxonale infantile (INAD), également connue sous le nom de maladie de Seitelberger, est une maladie neurodégénérative autosomique récessive très rare. Elle est considérée comme la forme la plus caractéristique de neurodégénérescence avec accumulation de fer dans le cerveau. Cette affection est causée par des variants pathogènes bialléliques dans le gène PLA2G6, qui code pour la phospholipase A2 indépendante du calcium (iPLA2-VI). Nous rapportons le cas d'un enfant marocain présentant un tableau clinique compatible avec l'INAD, chez qui une combinaison inédite de deux variants pathogènes connus du gène PLA2G6 a été identifiée. Patient et méthodes : Nous rapportons le cas d'un enfant marocain âgé de 3 ans, né de parents sains non apparentés, sans antécédents familiaux significatifs. Le développement psychomoteur initial était dans les limites de la normale. Toutefois, vers 16 mois, il a présenté une régression des acquisitions motrices (affectant la marche, puis la capacité à maintenir la position assise). Cette régression s’est accompagnée d’une amyotrophie observée au niveau de la musculature des membres inférieurs. L’IRM cérébrale a mis en évidence une atrophie cérébelleuse et vermienne et les potentiels évoqués auditifs ont montré une surdité bilatérale légère à modérée. Un séquençage de l’exome entier a été réalisé par NGS sur la plateforme Illumina NextSeq2000. Résultats et discussion : Deux variants ont été identifiés au niveau du gène PLA2G6. Le premier variant, c.1547_1548dupCG (p.Gly517fs) au niveau de l’exon 11 est répertorié dans Clinvar et classé comme pathogène ou probablement pathogène. Le deuxième variant, c.2070_2072delTGT (p.Val691del) au niveau de l’exon 15. Ce variant a été rapporté chez plusieurs patients atteints et est classé comme pathogène. L’analyse de ségrégation a montré que le variant c.1547_1548dupCG avait été hérité de la mère, tandis que le variant c.2070_2072delTGT provenait du père, ce qui est compatible avec un état hétérozygotie composite. Ces deux variants expliquent le phénotype clinique observé et confirment le diagnostic de la dystrophie neuroaxonale infantile liée au gène PLA2G6. Un conseil génétique adapté a été prodigué à la famille et une prise en charge orienté du patient a été instaurée. Conclusion : L’identification précise des variants en cause de la dystrophie neuroaxonale infantile chez notre patient améliore la compréhension des corrélations génotype-phénotype dans les formes liées au gène PLA2G6 et met en lumière l’importance du conseil génétique dans la prise en charge familiale.
Sara MEZIANE (Oujda, Maroc), Khawla ZERROUKI, Fatimazahra SMAILI, Fatima Ezzahra AOUNI, Jihane AHMIDI, Kaoutar AHMIDOUCH, Mariam TAJIR
00:00 - 00:00 #49602 - P522 Variant pathogène dans DPYSL5 : nouveau phénotype ?
Variant pathogène dans DPYSL5 : nouveau phénotype ?

DPYSL5 est un gène récemment impliqué (2021) chez des individus présentant une malformation cérébrale (agénésie du corps calleux +/- anomalie de la fosse postérieure) associée à une déficience intellectuelle constante. A ce jour seulement 9 individus issus de 8 familles non apparentés sont rapportés. Tous les variants sont de novo, sauf pour une famille avec deux enfants ou un mosaïsme parental est suspecté. Nous décrivons une patiente de 7 ans, issue d’une grossesse gémellaire avec diagnostic anténatal d’agénésie partielle du corps calleux, isolée sur le plan morphologique, dans un contexte de retard de croissance intra utérin, et dont l’amniocentèse pour ACPA n’a pas été souhaitée. Naissance à 32SA +5j, hypotrophe (PN :1.23kg, <3ème percentile ; T :39cm, <3ème percentile ; PC :29cm, <3ème percentile ). Les suites néo-natales ont été simple. Son développement psychomoteur a été marqué par un retard d’acquisition à la marche à 28 mois, pas de retard de langage et une scolarité actuelle ordinaire, en CE1, sans difficultés et avec un examen neuromoteur normal. L’IRM post natale, réalisée à l’âge de 3 mois, a confirmé une agénésie partielle du corps calleux en association à un lipome péricalleux, sans autre anomalie. Le séquençage de génome en trio, réalisé dans le cadre de la malformation cérébrale et retard moteur, a révélé un variant pathogène dans DPYSL5, de novo. L'absence de déficience intellectuelle chez notre patiente, associée à la présence d'un lipome péricalleux, sans atteinte de la fosse postérieure contrastent avec les données de la littérature et suggère un nouveau phénotype possible associé à ce gène. Ce cas clinique soulève les difficultés de rendu, de conseil génétique et nous invite à réfléchir quant à la possibilité de large variabilité phénotypique notamment pour les nouveaux gènes impliqués dans les malformations cérébrales. Le meilleur moment pour réaliser des études génétiques chez des patients asymptomatiques porteurs d'une malformation cérébrale de diagnostic anténatal, doit être réfléchi afin de ne pas réaliser un diagnostic pré symptomatique de déficience intellectuelle qui peut être erroné avec des conséquences désastreuses pour l'individu et sa famille. Nous rappelons par cet exemple, que l’information pronostique, que ce soit en anténatal lorsque des variants pathogènes sont diagnostiqués dans des gènes connus pour donner un phénotype variable, ou en postnatal immédiat, peut s’avérer un véritable challenge, en absence de phénotype clinique. Le suivi clinique des patients s'avère alors indispensable afin de mieux connaitre les histoires naturelles des anomalies génétiques.
Thibault TRUTTMANN, Delphine HERON, Boris KEREN, Catherine GAREL, Madeleine HARION, Stéphanie VALENCE (PARIS)
00:00 - 00:00 #49627 - P523 Analyse de la méthylation de l’ADN et étude d’une épisignature chez des patients atteints du syndrome CHARGE et d’hypogonadisme hypogonadotrope congénital, associés à des variants du gène CHD7.
Analyse de la méthylation de l’ADN et étude d’une épisignature chez des patients atteints du syndrome CHARGE et d’hypogonadisme hypogonadotrope congénital, associés à des variants du gène CHD7.

Introduction : Le diagnostic des maladies génétiques rares reste complexe en raison de l’hétérogénéité phénotypique et de la présence fréquente de variants de signification incertaine (classe 3). L’analyse de la méthylation de l’ADN représente une nouvelle approche pour améliorer la classification de ces variants. Des profils spécifiques de méthylation, appelés épisignatures, ont été décrits dans plusieurs syndromes de développement. Le gène CHD7, impliqué dans le syndrome CHARGE et dans l’hypogonadisme hypogonadotrope congénital (HHC), avec ou sans anosmie, constitue un bon modèle pour évaluer l’intérêt de ces épisignatures. Méthode : Nous avons étudié une cohorte de 42 patients porteurs de variants classe 3, 4 ou 5 de CHD7, incluant des cas de CHARGE (N=7), d’HHC (avec anosmie, syndrome de Kallmann N=12 ou sans anosmie N=15), 2 patients « CHARGE-like » sans variant CHD7, des apparentés HHC (N=6) ainsi que 36 témoins HHC sans variant CHD7 et associés à des mutations des gènes GNRHR/GNRH1. L’ADN extrait à partir du sang a été traité au bisulfite puis analysé par séquençage haut débit Illumina après amplification par PCR spécifique. Les 42 CpG analysés afin de créer les profils de méthylation ont été sélectionnés à partir de ceux publiés dans la littérature (Butcher et al. Am J Hum Genet.2017) et les données ont été analysées par clustering hiérarchique. Résultats : L’analyse confirme que l’épisignature permet d’identifier, en regroupant au sein d’un cluster, l’ensemble des patients CHARGE par variant CHD7 (7/7 patients) avec une distinction nette par rapport aux 36 témoins. Les 2 patients « CHARGE-like » sans variant CHD7 ont un profil de méthylation différent des CHARGE, suggérant qu’il faut rechercher un autre gène. Parmi les HHC porteurs de variants CHD7, seuls 2 patients ont un profil de méthylation type CHARGE, ce qui permet de reclasser ces 2 variants CHD7 « probablement pathogène » (classe 4). Un de ces variants CHD7 est déjà associé au CHARGE d’après la littérature alors que le second est identifié chez un patient avec des signes possiblement évocateurs de CHARGE (atteinte cardiaque de type CIA). Ces deux patients nécessitent donc une exploration phénotypique plus aboutie. De façon intéressante, les CpG les plus informatifs pour l’identification des patients CHARGE se retrouvent dans des régions du génome impliquant des gènes connus comme jouant un rôle dans le neurodéveloppement embryonnaire, laissant entrevoir la possibilité de simplifier encore le test et de limiter le nombre de CpG à analyser dans le cadre du diagnostic. Conclusion : Ce travail confirme l’intérêt des épisignatures comme biomarqueurs fonctionnels, notamment dans les pathologies liées à CHD7, gène complexe à interpréter et ne possédant pas de test fonctionnel. Le laboratoire poursuit des tests en vue de simplifier cette méthodologie dérivée d’une épisignature déjà publiée afin de la rendre robuste en vue d’une application diagnostique en routine.
Caroline BERTHOT (Le Kremlin Bicêtre), Nisrine BOUBTANE, Luigi MAIONE, Claire BOUVATTIER, Sylvie SALENAVE, Alexis PROUST, Lilia LADDADA, Jacques YOUNG, Jérôme BOULIGAND
00:00 - 00:00 #49620 - P524 SCA27B et ségrégation familiale : un cas inédit d’expansion FGF14 paternelle.
SCA27B et ségrégation familiale : un cas inédit d’expansion FGF14 paternelle.

L’expansion pathologique, supérieure à 250 triplets GAA, dans l’intron 1 du gène FGF14 est responsable de l’ataxie spino-cérébelleuse 27B (SCA27B) de transmission autosomique dominante. Il est décrit une instabilité intergénérationnelle pouvant aller jusqu’à une centaine de répétitions : les transmissions paternelles sont associées à des évènements de contractions tandis que les transmissions maternelles sont associées à des expansions de l’amplification. Nous décrivons ici un cas inédit d’expansion d’un allèle d’origine paternelle. En effet nous avons identifié chez un patient symptomatique depuis l’âge de 36 ans un allèle pathogène à 339 répétitions GAA, tandis que son père symptomatique depuis l’âge de 61 ans présente un allèle plus petit à 321 répétitions GAA. Il est à noter que la sœur de ce patient, suivie pour une pathologie ophtalmologique sans atteinte cérébelleuse, est porteuse traditionnellement d’un allèle contracté à 303 répétitions GAA par rapport à celui de son père. Le génotypage au locus FGF14 de la mère de ces deux patients (9/22 GAA) ainsi que l’étude des haplotypes ont permis d’exclure une transmission d’origine maternelle et de vérifier la génocompatibilité entre les deux patients et leur père. Cette observation est une exception à la tendance classique d’instabilité intergénérationnelle observée dans la SCA27B et est intéressante à prendre un compte dans le discours à tenir aux patients notamment dans le cadre du diagnostic présymptomatique
Virginie ROTH, Fabienne ORY-MAGNE, Francis RAMOND, Stéphanie CACCIATORE, Florent GIRADIER, Clément ROBIN, Frédéric WEBER, David PELLERIN, Bernard BRAIS, Mathilde RENAUD, Céline BONNET, Marion WANDZEL (Nancy)
00:00 - 00:00 #49950 - P525 Spectre génétique et corrélations phénotypiques des malformations du corps calleux dans une cohorte tunisienne.
Spectre génétique et corrélations phénotypiques des malformations du corps calleux dans une cohorte tunisienne.

Les malformations du corps calleux (MCC) sont des anomalies neurodéveloppementales fréquentes, survenant dans environ 1 naissance sur 4000. Leur grande variabilité phénotypique et génétique rend souvent le diagnostic et la prise en charge complexes. 107 patients tunisiens présentant une MCC adressés au service de Génétique entre 2010 et 2025 ont fait l’objet de cette étude. Les phénotypes observés comprenaient une agénésie totale (23,4 %), une agénésie partielle (10,3 %), une hypoplasie (33,6 %) et des formes non spécifiées (29 %). La quasi-totalité des cas étaient syndromiques (95,6 %), contre seulement 4,4 % de MCC isolées. L’évaluation génétique a inclut le caryotype chez tous les patients, complété, selon les indications, par FISH et/ou MLPA et/ou CGH-array et/ou séquençage de l’exome. Des anomalies pathogènes ou probablement pathogènes ont été identifiées chez un sous-groupe, incluant des variations du nombre de copies (CNV) et des variants de séquence. Les CNV pathogènes regroupaient des pertes (14q12, 4p, 1q43q44, 1p32, 5p14.3, 5q35, 16q, 18p) et des gains (4q, 18p isochromosome, 2p23.3). Trois patients présentaient simultanément des variants pathogènes et des variants de signification incertaine (VUS) : des variants WLS en hétérozygotie composite responsables du syndrome de Zaki ; un variant homozygote ERCC8 causant un syndrome de Cockayne associé à un gain 1q31.1 ; un variant homozygote VPS39 chez deux fratries associé à un gain en 20q11.22 et un variant hétérozygote MID1 associé à une perte 9p21. Ces résultats illustrent la complémentarité des approches génomiques combinées pour optimiser le rendement diagnostique et affiner les corrélations génotype–phénotype. Des VUS supplémentaires ont été identifiés en 15q11.2, 15q13.1 et 12q12. Globalement, cette cohorte met en évidence l’implication récurrente de gènes déjà associés aux MCC (ZNF238, FOXG1, NFIA) ainsi que de nouveaux candidats (BRINP3, FMN2, PLD5, PRKD1, VPS39), impliqués dans la migration neuronale, le développement des axones calleux (SPOCK3, CTNND2, SEMA5A, LAMA1) et la formation des structures médianes et gliales (MID1, FOXG1, NFIA). En conclusion, cette étude souligne l’extrême hétérogénéité génétique des MCC. L’intégration des analyses CNV et du séquençage améliore significativement le rendement diagnostique, précise les corrélations génotype–phénotype et contribue à une meilleure prise en charge clinique et au conseil génétique.
Bochra KHADIJA, Najla SOYAH, Ayda BENNOUR, Wafa SLIMANI, Khouloud RJIBA, Hamza HADJ ABDALLAH, Ichrak KRAOUA, Imen HADJ HMIDA, Wafa DAHLEB, Molka KAMMOUN, Raoudha KEBAILI, Amira BENZARTI, Hanen HANNECHI, Hela BEN KHELIFA, Neziha GOUIDER-KHOUJA, Lamia BOUGHAMMOURA, Chahnaz TRIKI, Amel TEJ, Jihen MATHLOUTHI, Aida GUITH, Saoussen ABROUG, Mohamed Ali BOUAZIZ, Habib SOUA, Essia SBOUI, Samir HADDAD, Randa ZIADI, Kamel MONASTIRI, Hayet BEN HAMIDA, Monji GHANMI, Sayda HASSAYOUN, Mohamed Taher SFAR, Ali SAAD, Christel DEPIENNE, Soumaya MOUGOU-ZERRELI (Sousse)
00:00 - 00:00 #49971 - P526 Mutation de FAM126A et leucodystrophie hypomyélinisante-cataracte : premier cas familial marocain.
Mutation de FAM126A et leucodystrophie hypomyélinisante-cataracte : premier cas familial marocain.

Le syndrome d’hypomyélinisation-cataracte congénitale, également connu sous le nom d’Hypomyelinating leukodystrophy-5 (OMIM #610532), est une leucodystrophie héréditaire rare caractérisée par une cataracte congénitale bilatérale, des troubles du développement, une ataxie, une spasticité et un déficit cognitif léger à modéré. D’autres manifestations incluent une hypotonie axiale, une dysarthrie, des signes cérébelleux, une neuropathie périphérique et l’épilepsie. Sur le plan radiologique, une hypomyélinisation avec anomalies de la substance blanche périventriculaire est typiquement observée. Ce syndrome est transmis selon un mode autosomique récessif et résulte de mutations du gène FAM126, impliqué dans la différenciation des oligodendrocytes et la myélinisation. Nous rapportons le premier cas familial décrit au Maroc, observé chez deux frères issus d’un mariage consanguin et suivis en consultation de génétique médicale au CHU Ibn Rochd de Casablanca. L’aîné, âgé de 11 ans, présentait une cataracte congénitale bilatérale, une régression psychomotrice à partir de 2 ans, une paraparésie spastique, une cyphose et un retard statural. Le cadet, âgé de 7 ans, porteur également d’une cataracte congénitale, présentait une régression psychomotrice associée à des crises tonico-cloniques fébriles. L’IRM montrait une atteinte bilatérale, symétrique et diffuse de la substance blanche sus-tentorielle, suspectant une leucodystrophie métachromatique. L’EEG objectivait une encéphalopathie épileptogène. Le séquençage de l’exome entier a identifié une mutation homozygote du gène FAM126A (NM_: c.414+G>T). Ce variant affecte le site donneur canonique d’épissage, entraînant un saut d’exon. Déjà rapporté dans la littérature, il est classé comme probablement pathogène. Le gène FAM126A/HYCCIN (OMIM 610531) code pour une protéine constituante d’un complexe régulant la synthèse du phosphatidylinositol-4-phosphate, essentielle à la différenciation et au développement des oligodendrocytes. Son rôle dans la myélinisation du système nerveux central et périphérique explique les manifestations neurologiques progressives. FAM126 pourrait également intervenir dans la voie de signalisation β-caténine/Lef, cruciale pour le développement embryonnaire. Ce premier cas marocain élargit le spectre clinique et génétique du syndrome d’hypomyélinisation-cataracte congénitale, tout en soulignant l’importance du séquençage de l’exome pour un diagnostic précis et la nécessité d’une approche individualisée pour la prise en charge des patients.
Wafaa BOUZROUD, Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Bouchaïb GAZZAZ, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49935 - P527 Identification des variants bi-alléliques dans IGHMBP2 en cause dans une neuropathie de type SMARD1 par séquençage combiné du génome et du transcriptome à haut-débit.
Identification des variants bi-alléliques dans IGHMBP2 en cause dans une neuropathie de type SMARD1 par séquençage combiné du génome et du transcriptome à haut-débit.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est le groupe le plus fréquent de maladies neuromusculaires. Cette maladie qui touche le système nerveux périphérique (SNP) se caractérise par une forte hétérogénéité génétique et phénotypique, avec plus de 100 gènes connus à ce jour. Nous avons étudié deux patientes, d’une même famille non consanguine libanaise, présentant une forme sévère de neuropathie axonale, à transmission autosomique récessive. L’une de deux sœurs est décédée à l’âge de 12 ans de détresse respiratoire. Un premier séquençage à haut-débit de l’exome a permis d’identifier, chez les deux sœurs, un variant faux-sens c.1328G>A (p.Arg443His) hétérozygote dans l’exon 9 du gène IGHMBP2 (NM_002180). Les mutations bi-alléliques dans IGHMBP2 sont responsables de formes sévères à extrêmement sévères de neuropathies motrices associée à une détresse respiratoire, parfois appelées amyotrophie spinale autosomique récessive avec détresse respiratoire (SMARD1, MIM 604320), pour les cas les plus sévères. En raison de la proximité des signes cliniques entre nos deux patientes et le spectre phénotypique des neuropathies liées à IGHMBP2, nous avons suspecté la présence d’une seconde mutation hétérozygote dans des régions introniques non séquencées dans le WES chez nos patientes. Afin d’identifier ce deuxième variant, nous avons séquencé le génome entier (WGS) de la sœur encore vivante par séquençage Illumina short-read. En parallèle, en vue d’interpréter la pathogénicité d’un possible variant intronique profond, nous avons réalisé un séquençage des transcrits (mRNA-Seq) à haut-débit. Nous avons réalisé ce séquençage à partir d’ARN total extrait de la lignée lymphoblastoide immortalisée de la patiente, vu l’expression ubiquitaire de IGHMBP2. L’analyse du WGS a permis d’identifier, dans l’intron 8 de IGHMBP2 (NM_002180), un second variant c.1236-1051G>T, dont l’analyse de ségrégation familiale a montré qu’il était bien en trans avec la mutation faux-sens précédemment identifiée chez les patientes, et que chaque variant était transmis par chaque parent. L’analyse du mRNA-Seq a mis en lumière un épissage anormal au niveau de la jonction exon 8-exon 9, suggérant une rétention d’une partie de l’intron 8 et l’inclusion d’un pseudo-exon. Néanmoins, il est difficile, sur un séquençage short-read, à partir d’un tissu non atteint, donc « pollué » par l’épissage alternatif, de précisément identifier le transcrit aberrant causé par la mutation intronique profonde. Un séquençage long-read Oxford Nanopore est en cours, à partir d’ARN extrait de motoneurones dérivés de cellules souches pluripotentes induites. Le séquençage des transcrits sur toute leur longueur, nous permettra de caractériser avec précision les transcrits mutants par rapport aux transcrits alternatifs et de présenter l’intérêt de l’analyse du génome couplée à un séquençage des transcrits en long-read pour résoudre ces cas de variants bi-alléliques dont un est situé dans une région « sombre » du génome.
Coralie PROVOST (Marseille), Christel CASTRO, Camille HUMBERT, Nathalie ROECKEL-TRÉVISIOL, Natacha BROUCQSAULT, Claire EL YAZIDI, Andre MEGARBANE, Valérie DELAGUE
00:00 - 00:00 #49352 - P528 Un domaine fonctionnel insoupçonné révélé par les variants de PARS2 et étude du spectre clinique associé.
Un domaine fonctionnel insoupçonné révélé par les variants de PARS2 et étude du spectre clinique associé.

Objectif : Peu de patients présentant une déficience en PARS2 ont été rapportés, et l’interprétation des variants identifiés reste difficile en l’absence d’une compréhension approfondie des protéines impliquées. Méthodes : Afin d’évaluer la pathogénicité du nouveau variant p.(Pro293Ala) du gène PARS2, identifié chez deux patients atteints d’encéphalopathie épileptique, nous avons réalisé une modélisation comparative et une analyse de conservation des séquences. De plus, nous avons mené une étude phénotypique d’une cohorte de 22 patients précédemment rapportés. Résultats : Nous avons montré que ce variant, prédit bénin par les outils conventionnels, est en réalité localisé dans un domaine fonctionnel de liaison au zinc (ZBD) jusque-là non reconnu au sein de la ProRS mitochondriale des mammifères, structurellement analogue au ZBD bien caractérisé de la ProRS cytosolique. Le phénotype des patients était pleinement cohérent avec celui des patients décrits avec une déficience en PARS2. Conclusion : Au-delà de la caractérisation clinique et de la confirmation de la pathogénicité du variant p.(Pro293Ala), ce travail a conduit à la découverte d’un nouveau domaine fonctionnel de liaison au zinc dans la ProRS mitochondriale. Cette découverte remet en question l’hypothèse précédente selon laquelle la séquence résiduelle des mt-ProRSs ne serait qu’une cicatrice évolutive, et suggère au contraire un rôle critique dans la fonction enzymatique. De plus, cette étude met en évidence la complexité de l’interprétation des données de prédiction in silico basées sur la conservation inter-espèces. Enfin, nous avons réalisé une étude détaillée du spectre phénotypique associé aux variants pathogènes de PARS2.
Camille ENGEL, Claire-Marine BERAT, Annabelle CHAUSSENOT, Nathalie BODDAERT, Brigitte CHABROL, Samira AIT-EL-MKADEM, Konstantina FRAGAKI, Silvia PEREIRA, Alice LEPELLEY, Lucile RIERA NAVARRO, Sylvie BANNWARTH, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Manuel SCHIFF, Marie SISSLER, Cécile ROUZIER (Nice)
00:00 - 00:00 #49349 - P529 Variant de novo du gène KLF7 et encéphalopathie épileptique infantile précoce et dégénérative : description d’un cas.
Variant de novo du gène KLF7 et encéphalopathie épileptique infantile précoce et dégénérative : description d’un cas.

Introduction KLF7 code un facteur de transcription à doigt de zinc impliqué dans la prolifération et la différenciation cellulaires. Des troubles du neurodéveloppement (TND) ont été rapportés (Courtens 1997, Jang 2015, Powis 2017) chez des patients porteurs de délétions 2q33.3q34 incluant KLF7, suggérant son rôle de gène candidat aux TND. Observation Nous décrivons un nourrisson porteur d’une variation classe 4 de novo hétérozygote de KLF7 (NM_003709.4, c.790G>A, p.Asp264Asn), identifiée par génome. Né à terme après RCIU dysharmonieux, il présentait à la naissance pieds varus, ectopies testiculaires, ombilications mamelonnaires, hypertrophie des boules de Bichat, plagiocéphalie, microcéphalie (-3 DS), petite taille (-3 DS), faible poids (-1 DS). Dès 2 mois, révulsions oculaires, spasmes infantiles et hypotonie globale sévère apparaissent. Une encéphalopathie épileptique infantile précoce pharmacorésistante (échec TOPIRAMATE, VIGABATRINE, VALPROATE, régime cétogène) est diagnostiquée à 6 mois. À 14 mois, surviennent des épisodes de blockpnées avec désaturations centrales, bradycardies profondes et arrêts cardio-respiratoires récupérés. Après 3 mois d’hospitalisation marqués par des malaises itératifs, le patient décède à 19 mois d’un arrêt respiratoire. Les IRMc à 8, 14 et 16 mois montrent une atrophie cortico-sous-corticale évolutive, une hypomyélinisation globale sévère et des anomalies T2, FLAIR et diffusion du tronc cérébral, des globus pallidus et du thalamus, évoquant une pathologie neurodégénérative. Nous notons aussi une agénésie des bulbes olfactifs. État actuel des connaissances Quarante-cinq variations de KLF7 ont été rapportées via GeneMatcher. Certaines sont associées à des encéphalopathies épileptiques avec atrophie cérébrale, dont au moins une proche de la nôtre (c.793G>C). Powis et al. décrivent trois variations, dont l’une (c.790G>A) est identique à notre cas, rapportée une seule fois. Elle est associée à un phénotype partiellement similaire (RCIU, petit poids de naissance, microcéphalie, apnées, hypotonie axiale, paralysie cérébrale). Les autres variations décrites concernent surtout des TND sans épilepsie avec parfois des anomalies cérébrales aspécifiques. Discussion Les variations associées aux encéphalopathies épileptiques se situent dans la région C-terminale de KLF7, contenant des domaines à doigt de zinc responsables de la liaison à l’ADN, notamment à l’activateur de TrkA, codant pour un récepteur du facteur de croissance nerveuse NGF. Son altération pourrait donc perturber les voies du NGF, essentielles au développement neurologique. Les variations N-terminales ne semblent pas être associées à l’épilepsie. Conclusion Ces cas soutiennent l’implication de KLF7 dans les encéphalopathies épileptiques, en particulier lorsqu’une variation affecte le domaine C-terminal, suggérant une région critique pour la fonction du gène. L’évolution clinique et radiologique observée souligne une atteinte neuroévolutive encore peu décrite pour KLF7.
Lila SALVAN, Lila SALVAN (Nancy), Hélène VINCENT, Emmanuelle SCHMITT, Laëtitia LAMBERT, Céline BONNET, Gaetan LESCA, Tom ALIX, Mylène DEXHEIMER, Aurélie BECKER, Marion WANDZEL, Virginie ROTH, Mathilde RENAUD
00:00 - 00:00 #49590 - P530 Identification d’un variant rare du gène XPR1 chez deux apparentés atteints d’une maladie de Fahr : vers une meilleure compréhension des formes génétiques rares de calcifications cérébrales.
Identification d’un variant rare du gène XPR1 chez deux apparentés atteints d’une maladie de Fahr : vers une meilleure compréhension des formes génétiques rares de calcifications cérébrales.

La maladie de Fahr, ou calcifications cérébrales familiales primaires (PFBC, Primary Familial Brain Calcification), est une affection neurodégénérative rare caractérisée par des dépôts calciques symétriques notamment au niveau des noyaux gris centraux, pouvant entrainer une large gamme de symptômes comprenant déclin cognitif, troubles du mouvement et symptômes neuropsychiatriques. Sur le plan génétique, des mutations pathogènes dans sept gènes ont été identifiées à l'origine des PFBC : MYORG, JAM2 et NAA60 pour les formes autosomiques récessives, SLC20A2, PDGFB, PDGFRB et, plus rarement, XPR1 pour les formes autosomiques dominantes. À ce jour, peu de publications décrivent des variants de XPR1 associés aux PFBC, ce qui limite la connaissance du spectre phénotypique et génotypique lié à ce gène. Nous présentons ici le cas de deux apparentés présentant des calcifications cérébrales bilatérales révélées par l’imagerie, associées à des signes neurologiques compatibles avec la maladie PFBC. L’analyse de l’exome a identifié chez les deux patients un variant hétérozygote de signification clinique incertaine (classe 3, selon les critères ACMG) au sein du gène XPR1 (NM_004736.4, GRCh38) : c.1358G>A p.(Cys453Tyr). Cette substitution faux-sens, non référencée dans la population générale (gnomAD v4.1.0) et non décrite dans la littérature scientifique, impacte un acide aminé fortement conservé. Les prédictions bio-informatiques soutiennent un possible effet délétère. Le gène XPR1 code pour un exportateur de phosphate inorganique. D’un point de vue structural, le résidu C453 est localisé dans le segment transmembranaire 6 (TM6) de la protéine XPR1, à proximité du segment TM7. TM6 et TM7 participant structurellement à la formation du tunnel d’export du phosphate, la substitution C453Y pourrait altérer l’interface entre TM6 et TM7, et potentiellement affecter la stabilité conformationnelle du tunnel ou son fonctionnement. L’altération de l’export de phosphate intracellulaire est un mécanisme pathogène bien établi, systématiquement mise en évidence lors de l’évaluation fonctionnelle de variants XPR1 retrouvés chez les patients PFBC. Afin d’affiner la classification de ce variant particulièrement suspect, des analyses de ségrégation familiale sont en cours, de même que des tests fonctionnels visant à caractériser la capacité de ce mutant à exporter le phosphate intracellulaire dans des lignées cellulaires déficientes pour XPR1. Ce travail apporte un nouvel argument en faveur de l’implication de XPR1 dans les calcifications cérébrales d’origine génétique, et souligne l’intérêt d’inclure ce gène dans le dépistage génétique des formes familiales inexpliquées de la maladie PFBC. En documentant un variant rare dans un gène encore peu étudié, cette étude participe à l’élargissement des connaissances sur les bases moléculaires de cette pathologie encore mal comprise.
Deniz KARADURMUS (Charleroi, Belgique), Jean-Luc BATTINI, Isabelle MAYSTADT, Tanguy DEMARET
00:00 - 00:00 #49664 - P531 Ataxie à début très précoce d’allure non progressive comme premier symptôme de maladie métabolique.
Ataxie à début très précoce d’allure non progressive comme premier symptôme de maladie métabolique.

Les ataxies congénitales non progressives (ACNP) constituent un groupe hétérogène de maladies rares d’origine essentiellement génétique dont le dénombrement est toujours en cours. L’amélioration des techniques de génétique moléculaire a permis l’identification de nombreux gènes. Les ACNP se présentent dans les premiers mois de vie par une hypotonie et un retard de développement psychomoteur avant l’apparition secondaire des symptômes cérébelleux classiques. Elles peuvent toutefois être difficiles à distinguer de certaines ataxies dégénératives d’origine métabolique à début très précoce et d’évolution très lente. Entre 2014 et 2025, 842 patients présentant une ataxie congénitale ou à début très précoce ont été adressés à notre centre de référence des Malformations et Maladies Congénitales du cervelet ou à notre laboratoire de référence, pour exploration et identification d’une cause génétique de leur pathologie. Tous les patients présentaient des symptômes cliniques de syndrome cérébelleux avant l’âge de 2 ans. Nous avons exclu de l’analyse les patients présentant une ataxie clairement progressive au moment du diagnostic, ainsi que les patients dont l’IRM cérébrale était évocatrice d’une cause spécifique (syndrome de Joubert, lésion cérébelleuse acquise…). Les patients ont été explorés initialement par un panel ciblé comportant 247 gènes, puis si les résultats étaient négatifs, un séquençage d’exome ou de génome a été réalisé. Cette stratégie a permis d’identifier un variant pathogène dans 35% des cas avec le panel ciblé et jusqu’à 46% des cas en incluant les patients explorés en exome ou génome. Parmi ces patients, nous avons identifié 16 cas index porteurs de variants causals dans des gènes impliqués dans des maladies métaboliques. Ces gènes sont tous présents sur le panel ciblé des ataxies congénitales ou très précoces de notre laboratoire de référence. 8 patients présentaient une forme de céroïde lipofuscinose neuronale (gène CLN6 : 4 patients, gène TPP1 (CLN2) : 3 patients, gène CLN8 : un patient). 1 fratrie (2 patients) présentait une forme atypique de syndrome de Menkes (gène ATP7A). 2 patients présentaient une forme de maladie mitochondriale avec myopathie et ataxie (gène MSTO1). Enfin 5 patients avaient une maladie de de Vivo (gène SLC2A1). De plus, à l’heure où les études biochimiques ne sont plus réalisées systématiquement avant les analyses génétiques, l’ajout récent du gène PMM2 dans le panel, nous a permis d’identifier 3 patients adultes qui présentaient un CDG syndrome. Nos résultats mettent donc en évidence l’importance de maintenir ces gènes de maladies métaboliques dans les panels d’exploration d’ataxie congénitale ou très précoce, en particulier CLN6. Le diagnostic rapide de ces pathologies potentiellement accessibles à une prise en charge voire un traitement spécifique, est important également pour le conseil génétique des familles.
Chloé WARGNY (Paris), Lydie BURGLEN, Ariane MAHIEUX, Malek LOUHA, Madeleine HARION, Stéphanie VALENCE, Alexandra AFENJAR
00:00 - 00:00 #49565 - P532 Étude in vitro de variants d’épissage dans les troubles du mouvement liés à ADCY5.
Étude in vitro de variants d’épissage dans les troubles du mouvement liés à ADCY5.

Les troubles moteurs mixtes hyperkinétiques liés à ADCY5 (MxMD-ADCY5) constituent une maladie génétique rare, caractérisée par une combinaison de mouvements involontaires, souvent associés à des accès paroxystiques nocturnes et à une atteinte faciale. Les variants pathogènes touchant le gène ADCY5, qui code pour l’adénylate cyclase AC5, entraînent des altérations des voies de signalisation intracellulaire modulant le métabolisme de l’adénosine monophosphate cyclique (AMPc) dans les neurones de projection striataux. La majorité de ces variants sont autosomiques dominants et quelques variants récessifs ont été aussi rapportés, avec une grande variabilité dans la sévérité du phénotype et la réponse aux traitements. À ce jour, cinq variants dominants non tronquants ont été rapportés comme étant des gains de fonction, tandis que deux variants affectant l’épissage, l’un dominant et l’autre récessif, ont été proposés comme perte de fonction. Cependant, le spectre complet des variants ADCY5, en particulier récessifs, reste peu étudié, et la corrélation entre le type de variant, ses conséquences fonctionnelles, la sévérité du phénotype et la réponse thérapeutique reste inexplorée. Nous avons étudié par test minigène les conséquences de 12 variants d’épissage ADCY5 (dont 2 récessifs), impactant directement les sites consensus (6) ou localisés à proximité (5 faux-sens et 1 délétion en phase). Nous avons ensuite prédit leurs effets potentiels sur la fonction de la protéine AC5 in silico et recherché une éventuelle corrélation génotype-phénotype. Nos résultats montrent que les variants faux-sens et la délétion n’altèrent pas l’épissage, même lorsque les prédictions in silico suggéraient un effet. À l’inverse, les 6 variants touchant les sites consensus perturbent l’épissage et tous conduisent à la formation de plusieurs transcrits. Parmi eux, 4 devraient induire une perte de fonction, tandis que les 2 autres demeurent ambigus car ils génèrent différents transcrits aux conséquences potentiellement opposées. Ces observations suggèrent qu’un variant d’épissage ADCY5 responsable d’un MxMD-ADCY5 peut conduire soit à un gain, soit à une perte de fonction d’AC5. Des investigations complémentaires sur l’expression et l’activité enzymatique d’AC5, dans le cas de variants faux-sens et délétions en phase, sont nécessaires pour mieux comprendre les altérations de la voie striatale de l’AMPc dans le MxMD-ADCY5, et ouvrir la voie à une médecine de précision pour ces patients.
Oriane TROUILLARD (Paris), Claudio DEGUSMAO, Fernando KOK, Emilie RETAILLEAU, Aurélie MÉNERET, Mohamed DOULAZMI, Estelle CONABADY, Caroline DUBACQ, Emmanuel FLAMAND-ROZE
00:00 - 00:00 #49182 - P533 Prediction of the Impact of Deleterious Nonsynonymous Single Nucleotide Polymorphisms on the Human RRM2B Gene: A Molecular Modeling Study.
Prediction of the Impact of Deleterious Nonsynonymous Single Nucleotide Polymorphisms on the Human RRM2B Gene: A Molecular Modeling Study.

RRM2B gene encodes ribonucleoside-diphosphate reductase subunit M2 B, the p53-inducible small subunit (p53R2) of ribonucleotide reductase (RNR), an enzyme catalyzing dNTP synthesis for mitochondrial DNA. Defects in this gene may cause severe mitochondrial disease affecting mainly the nervous system. This study is aimed at examining the effect of deleterious nonsynonymous SNP (nsSNP) on the structure of the RRM2B protein, using a variety of prediction tools followed by a molecular modeling analysis. After using 13 algorithms, 19 nsSNPs were predicted deleterious. Among these variants, 18 decreased the protein stability and 16 were localized in very highly conserved regions. Protein 3D structure analysis showed that 18 variants changed amino acid interactions. These results concur with what has been found in experimental trials; 7 deleterious nsSNPs were previously reported in patients suffering from genetic disorders affecting the nervous system. Thus, our study will provide useful information to design more efficient and fast genetic tests to find RRM2B gene mutations.
Chaimaa AIT EL CADI, Al Mehdi KRAMI, Hicham CHAROUTE, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Najat SIFEDDINE, Hamid LAKHIARI, Hassan ROUBA, Abdelhamid BARAKAT, Halima NAHILI
00:00 - 00:00 #49992 - P534 A novel homozygous PIGO mutation associated with severe infantile epileptic encephalopathy, profound developmental delay and psychomotor retardation.
A novel homozygous PIGO mutation associated with severe infantile epileptic encephalopathy, profound developmental delay and psychomotor retardation.

The PIGO gene encodes the GPI-ethanolamine phosphate transferase 3, which is crucial for the final synthetic step of the glycosylphosphatidylinositol-anchor serving to attach various proteins to their cell surface. These proteins are intrinsic for normal neuronal and embryonic development. In the current research work, a clinical investigation was conducted on a patient from a consanguineous family suffering from epileptic encephalopathy, characterized by severe seizures, developmental delay, hypotonia, ataxia and hyperphosphatasia. Molecular analysis was performed using Whole Exome Sequencing (WES). The molecular investigation revealed a novel homozygous variant c.1132C > T in the PIGO gene, in which a highly conserved Leucine was changed to a Phenylalanine (p.L378F). To investigate the impact of the non-synonymous mutation, a 3D structural model of the PIGO protein was generated using the AlphaFold protein structure database as a resource for template-based tertiary structure modeling. A structural analysis by applying several bioinformatic tools on both variants 378L and 378F models predicted the pathogenicity of the non-synonymous mutation and its potential functional and structural effects on PIGO protein. We also discussed the phenotypic and genotypic variability associated with the PIGO deficiency. Our findings, therefore, widen the genotype and phenotype spectrum of GPI anchor deficiencies and broaden the cohort of patients with PIGO associated epileptic encephalopathy with an elevated serum alkaline phosphatase level.
Faiza FAKHFAKH (SFAX, Tunisie), Ameni AGUECH, Lamia SFAIHI, Ahmed FENDRI
00:00 - 00:00 #49208 - P535 USP48, UN NOUVEAU GENE RESPONSABLE DE SURDITE LIEE A L’AGE.
USP48, UN NOUVEAU GENE RESPONSABLE DE SURDITE LIEE A L’AGE.

La presbyacousie ou perte auditive liée à l’âge, représente aujourd’hui la déficience neurosensorielle la plus répandue dans la population adulte, avec des impacts sociaux et cognitifs majeurs. À l’échelle mondiale, on estime que plus de 320 millions de personnes âgées de 65 et plus souffrent actuellement d’une déficience auditive. La surdité liée à l’âge se caractérise par une surdité progressive et d’apparition tardive, survenant généralement autour de 40 ans, et affecte le plus souvent la perception des sons de haute fréquence. Elle résulte d’un ensemble complexe de facteurs génétiques et environnementaux, et sa composante héréditaire a récemment été caractérisée. Dans une publication antérieure, nous avons révélé l’implication de variants ultra-rares, portés par 35 gènes de surdité précoce à transmission autosomique dominante à l’origine de formes monogéniques de surdité liée à l’âge. Compte tenu de l’élargissement continu du panel des gènes impliqués dans la surdité depuis 2020, nous avons procédé à une réanalyse exhaustive de nos cas familiaux non élucidés afin d’identifier de nouveaux gènes responsables de surdité liée à l’âge.. La réanalyse a permis l’identification d’un variant rare et prédit délétère NM_032236.8:c.2215_2216delinsTT dans le gène USP48 (DFNA85) chez 5 membres atteints d’une même famille présentant une surdité neurosensorielle progressive liée à l’âge, avec, dans certains cas, des manifestations vestibulaires (troubles de l’équilibre). Il est à noter que ce variant a déjà été identifié comme impliqué dans une forme de surdité précoce. Le gène USP48 est rapporté ici comme responsable de surdité liée à l’âge à transmission autosomique dominante.
Salim AICHE (Paris)
00:00 - 00:00 #49733 - P536 Diagnostic après 55 ans : quand un diagnostic d’infirmité motrice cérébrale d’origine néonatale hypoxique est remis en cause.
Diagnostic après 55 ans : quand un diagnostic d’infirmité motrice cérébrale d’origine néonatale hypoxique est remis en cause.

Introduction : Ce cas clinique souligne que, chez les patients présentant une déficience intellectuelle, un diagnostic d’hypoxie périnatale ne doit pas être considéré comme définitif en l’absence d’une réévaluation diagnostique approfondie et actualisée. L’étiquetage précoce d’une cause présumée peut masquer une pathologie sous-jacente génétique potentiellement identifiable, même plusieurs décennies après le diagnostic initial. Description du cas clinique : Un patient âgé de 55 ans, suivi pour déficit intellectuel attribué à une hypoxie périnatale, a été adressé en consultation de neurologie en raison d’hallucinations visuelles à recrudescence progressive. L’examen clinique neurologique a révélé une dystonie cervicale et laryngée, une dystonie segmentaire des membres, un syndrome extrapyramidal ainsi qu’un syndrome cérébelleux. Un bilan ophtalmologique récent a mis en évidence une rétinite pigmentaire. Le patient avait par ailleurs présenté des antécédents de thromboses veineuses profondes des membres inférieurs. Ces nouvelles données cliniques, peu compatibles avec un antécédent isolé d'hypoxie néonatale, ont conduit à une réévaluation diagnostique et à l’orientation du patient vers une consultation en neurogénétique. A l’anamnèse, il n’y avait pas d’antécédents familiaux de déficit intellectuel, de symptômes neurologiques et/ou de rétinite pigmentaire ; pas de consanguinité rapportée entre les parents du patient. Les analyses moléculaires ont permis d’exclure les principales causes génétiques d’ataxie (SCA1, SCA2, SCA3, SCA6, SCA7), l’ataxie de Friedreich, ainsi que le syndrome de l’X fragile. Un panel de gènes liés aux troubles du mouvement a permis d’identifier un variant pathogène (classe V selon les critères ACMG) c.563A>G,p.(Asp188Gly) dans le gène PMM2 (NM_000303.3), à l’état homozygote. Le diagnostic de trouble congénital de la glycosylation de type 1a (PMM2-CDG1a) a ainsi été établi. Ce trouble, connu pour associer ataxie, déficience intellectuelle, rétinite pigmentaire et des événements thrombotiques veineux et/ou artériels, correspond au phénotype observé chez notre patient. Conclusion : À notre connaissance, ce patient est le cas le plus âgé décrit à ce jour avec un diagnostic confirmé de PMM2-CDG1a. Ce cas illustre l’importance de ne pas accepter trop rapidement un diagnostic d’hypoxie périnatale comme étiologie définitive devant une déficience intellectuelle, surtout en présence de signes neurologiques progressifs ou atypiques. Une réévaluation clinique et génétique, même tardive, peut permettre d’identifier des pathologies rares mais spécifiques, offrant ainsi une meilleure compréhension du parcours du patient, des implications pour la famille, et ouvrant parfois des perspectives de prise en charge adaptées.
Sybille COLLIN, Sabrina BERTOLI (Liège, Belgique), Zayd JEDIDI, Saskia BULK, Jean-Hubert CABERG
00:00 - 00:00 #49910 - P537 Etude des troubles cognitifs dans une cohorte de 20 patients atteints de paraplégie spastique héréditaire de type 4 (SPG4) : atteinte fronto-temporale modérée avec hypométabolisme à la TEP au 18 F-FDG.
Etude des troubles cognitifs dans une cohorte de 20 patients atteints de paraplégie spastique héréditaire de type 4 (SPG4) : atteinte fronto-temporale modérée avec hypométabolisme à la TEP au 18 F-FDG.

La paraplégie spastique autosomique dominante de type 4 (SPG4, gène SPAST) est généralement décrite comme un phénotype pur, avec une faiblesse spastique progressive des membres inférieurs. Certains troubles cognitifs ont été rapportés, mais restent difficiles à caractériser. La TEP cérébrale au 18F-FDG est un biomarqueur sensible du métabolisme glycolytique et montre la perte d'activité neuronale. Notre objectif était de décrire les troubles cognitifs des patients porteurs du variant SPG4, étayés par la TEP cérébrale au 18F-FDG, afin de caractériser le profil cognitif et sa localisation. 20 sujets du Grand Est, porteurs d'un variant pathogène du gène SPAST, ont été inclus. Chaque patient a bénéficié d'une évaluation neuropsychologique, d'une TEP cérébrale au 18F-FDG et d'une évaluation clinique SPATAX-EuroSpa, incluant l'échelle d'évaluation de la paraplégie spastique (SPRS). La TEP cérébrale au 18F-FDG a été analysée semi-quantitativement après comparaison avec des sujets témoins appariés selon l'âge et le sexe. La population étudiée était composée à 65 % (13/20) de femmes, avec un âge moyen de 50 ans (19-75 ans). Le score SPRS médian était de 15/52 (12-45). 44% (7/16) des patients avaient un score déficient à l'évaluation cognitive de Montréal (MoCa) (score < 26) sans aucune déficience grave (score < 10). Les évaluations avec un score pathologique de < 1,65 écart type ou au 5e percentile comprenaient la mémoire épisodique verbale dans le rappel libre et indicé de 16 items (RL/RI-16 ; 63 %, 10/16), la reconnaissance des émotions faciales (56 %, 9/16) et les fonctions exécutives (Trail Making Test A et B ; 47 %, 7/15 ; le Stroop ; 47 %, 7/15 ; WAIS-4; 38 %, 6/16). Comparées à celles des sujets témoins, les images TEP au 18-FDG du cerveau des sujets SPG4 ont révélé un hypométabolisme frontotemporal et du précunéus, principalement au niveau du cortex préfrontal, et plus spécifiquement mésial (valeur p voxel < 0,001, corrigée de la taille du cluster FWE, k = 1464). L'hypométabolisme frontal était corrélé à l'âge d'apparition (k = -0,475, p = 0,046) et au délai de réalisation du test TMT B (k = -0,597, p = 0,019). En conclusion : nous décrivons ici cliniquement un trouble cognitif léger chez les patients SPG4, associé à un hypométabolisme à l'imagerie TEP au 18F-FDG, correspondant principalement à une localisation frontotemporale. Un dysfonctionnement cognitif léger doit être dépisté chez les patients SPG4, car il peut avoir un impact significatif sur la vie socioprofessionnelle. La TEP cérébrale au 18F-FDG, associée à une évaluation neuropsychologique. semble être un bon examen de dépistage et de suivi de ces troubles cognitifs.
Raphaël MIROGLIO, Armand HOCQUEL, Jean-Marie RAVEL, Guillemette CLEMENT, Salomé PUISIEUX, Mylene MEYER, Laura LAVIGNE, Celine DILLIER, Liang LIAO, Emmanuelle SCHMITT, Lucie HOPES, Maud MICHAUD, Sophie PITTION-VOUYOVITCH, Laetitia LAMBERT, Marine GUILLAUD-BATAILLE, Guillaume BANNEAU, Carine BOSSENMEYER-POURIE, Celine BONNET, Antoine VERGER, Mathilde RENAUD (NANCY)
00:00 - 00:00 #49708 - P538 Quelles prescriptions devant un syndrome extra-pyramidal primaire ou iatrogène dans la délétion 22q11 ?
Quelles prescriptions devant un syndrome extra-pyramidal primaire ou iatrogène dans la délétion 22q11 ?

Contexte Le syndrome de délétion 22q11 est le syndrome microdélétionnel le plus fréquent avec une incidence de 1/5000 à 1/3000 naissances. Le phénotype clinique est variable et bien décrit dans le syndrome de DiGeorge et le syndrome vélo-cardiofacial connus de longue date, dont la prise en charge pédiatrique est bien définie. Le suivi à l’âge adulte a permis de décrire l’évolution naturelle de ce syndrome et de montrer que ces patients sont à risque de développer des complications neurologiques et psychiatriques. La fréquence des syndromes parkinsoniens varie selon les études (jusqu’à 25%) de même que la fréquence des troubles psychotiques en particulier de schizophrénie (10%). Depuis la fin des années 90, différentes études ont décrit les troubles moteurs associés, mais se sont heurtées à la fréquence élevée de prescription de traitements anti psychotiques susceptibles d’aggraver les symptômes d’une maladie de Parkinson pré-existante ou d’entraîner l’apparition d’un syndrome parkinsonien. Une récente étude de grande ampleur, réalisée sur 856 adultes porteurs d'une microdéletion 22q11.2, a conclu à une prévalence de 3,4 % de syndromes parkinsoniens, tous âges confondus, et de 23,7 % chez les plus de 50 ans. L’âge médian d’apparition des symptômes moteurs était de 45 ans. Dans cette cohorte, la prévalence de la maladie de Parkinson vraie était d’au moins 1,8 % tous âges confondus, et d’au moins 14 % chez les plus de 50 ans, contre 0,3 % et 3 % en population générale, respectivement (von Scheibler et al., 2025) mais sans précision sur les traitements antiparkinsoniens prescrits. Objectifs et méthodes Nous avons recueilli de façon rétrospective chez 130 patients adultes (>18 ans) suivis dans le département de génétique, à l’aide de la base de données Cohorte 360 de l’APHP, les données cliniques (en particulier l’existence d’un syndrome parkinsonien et ou de troubles psychotiques), les traitements prescrits (antiparkinsoniens et/ou psychotropes), les données de l’imagerie (DATscan). Les objectifs sont de : - caractériser la nature et la sévérité des troubles moteurs, l’existence de troubles psychiatriques - déterminer l’origine, iatrogène ou non, des symptômes moteurs - recenser les traitements antiparkinsoniens prescrits (posologie, fréquence d’administration) et les traitements psychotropes (neuroleptiques classiques ou atypiques) - évaluer la réponse des troubles moteurs aux traitements (Dopa sensibilité) Conclusion Cette étude permettra de préciser les habitudes de prescription des traitements antiparkinsoniens et anti psychotiques chez les patients porteurs d’une microdélétion 22q11.2, de recenser les prescriptions hors AMM, d’évaluer la réponse aux traitements dans l’objectif d’adapter la prise en charge de ces patients, d’établir des recommandations de prescriptions, des règles de bonnes pratiques du traitement des syndromes parkinsoniens et d’obtenir éventuellement le repositionnement de certaines molécules ou leur prescription compassionnelle.
Oriane MERCATI (Paris), Romain DUQUET, Anna GERASIMENKO, Daphné LEHALLE, Cristina PEDUTO, Solveig HEIDE, Perrine CHARLES
00:00 - 00:00 #49747 - P539 Dystrophie neuroaxonale infantile: nouveau variant de signification incertaine dans le gène PLA2G6.
Dystrophie neuroaxonale infantile: nouveau variant de signification incertaine dans le gène PLA2G6.

La dystrophie neuroaxonale infantile (INAD) est une affection neurodégénérative rapidement progressive, se manifestant précocement dans la vie et conduisant à un décès prématuré. Elle est causée par des variants pathogènes du gène PLA2G6, qui code pour une phospholipase A2 indépendante du calcium. Nous rapportons le cas d’une fillette de 6 ans, née d’un mariage consanguin, présentant une régression motrice débutant à l’âge de 18 mois, associée à une ataxie et à une puberté précoce dès l’âge de 5 ans. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a montré une hyperplasie hypophysaire avec atteinte de la post-hypophyse. Le séquençage de l’exome entier (WES) a identifié un variant faux-sens homozygote de signification incertaine dans le gène PLA2G6 (NM_001349864.1: c.1046 A>C). Le dépistage chez les parents a révélé la présence de ce variant à l’état hétérozygote. Il s’agit d’un nouveau variant classe 3, jamais rapporté dans les bases de données (ClinVar, GenomeAD). L’analyse in silico (MutationTaster) suggère qu’il est probablement pathogène. Cette mutation pourrait être responsable du phénotype observé. Compte tenu de la forte incidence des mariages consanguins dans la population marocaine, la famille a consenti à un conseil génétique concernant les mutations du gène PLA2G6 afin de prévenir la survenue de maladies apparentées.
Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Fatima MAAROUF, Zineb FAKIR, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49218 - P540 Questionnement sur l’expressivité clinique de variants hypomorphes dans un gène classiquement impliqué dans des pathologies autosomiques dominantes : Cas d’une patiente homozygote pour une variation dans CACNA1C.
Questionnement sur l’expressivité clinique de variants hypomorphes dans un gène classiquement impliqué dans des pathologies autosomiques dominantes : Cas d’une patiente homozygote pour une variation dans CACNA1C.

Le gène CACNA1C code une sous-unité d’un canal calcique exprimé notamment dans le cœur, le système nerveux et le muscle. Des variants pathogènes hétérozygotes sont responsables de pathologies à transmission autosomique dominante telles que le syndrome de Timothy (OMIM#601005) ou des troubles du neurodéveloppement avec ou sans anomalies cardiaques (NEDHLSS, OMIM#620029). Nous rapportons le cas d’une patiente porteuse à l’état homozygote d’une variation de séquence de signification incertaine (VUS) posant la question d’un effet hypomorphe cliniquement significatif en situation récessive. La patiente présente un retard psychomoteur global avec déficience intellectuelle, une diparésie spastique des membres inférieurs, des dyskinésies, des tremblements, des convulsions fébriles et une hypothyroïdie. Le bilan cardiologique réalisé en 2021 était normal. L’analyse de l’exome a identifié la variation c.4183C>T [p.(Arg1395Trp)] dans CACNA1C à l’état homozygote (ségrégation confirmée, parents hétérozygotes). Ce variant, extrêmement rare en population générale (2 occurrences hétérozygotes gnomADv4), est rapporté une fois dans ClinVar comme VUS dans un contexte de QT long. Il entraîne le remplacement d’une arginine (polaire, chargée positivement) par un tryptophane (hydrophobe) sur une position plutôt intolérante à la substitution sur la face cytoplasmique (entre les segments S4 et S5) de la 4ème répétition du domaine transporteur d'ions du canal. Les prédictions in silico (SIFT, Polyphen-2, REVEL, + modèles structuraux Miztli/Mobidetails) suggèrent un effet délétère. À ce jour, seules des transmissions dominantes sont rapportées pour les variants pathogènes identifiés dans CACNA1C. La mise en évidence d’une variation de séquence homozygote dans ce gène interroge sur la possibilité d’un effet récessif pour certains variants. L’hypothèse d’un allèle hypomorphe — peu ou pas délétère à l’état hétérozygote mais cliniquement pertinent à l’état homozygote — mérite d’être considérée. Chez notre patiente, le phénotype est moins sévère que dans les syndromes classiques liés à CACNA1C : sans manifestations cardiaques, mais compatible avec une atteinte neurodéveloppementale. De façon intéressante, un modèle animal récent de syndrome de Timothy (zebrafish) met en évidence un phénotype aggravé chez les homozygotes porteur de variations pathogènes [Semenova S.A. et al., bioRxiv, preprint 2025]. Ce cas illustre l’importance de documenter les situations rares où des variants dans des gènes dominants peuvent exprimer un effet pathogène uniquement en situation d’homozygotie. La poursuite de la ségrégation familiale, en particulier chez les collatéraux, sera essentielle pour affiner l’interprétation. Ce variant, de signification incertaine selon les recommandations actuelles, ne peut à lui seul guider la prise en charge clinique, mais il souligne la nécessité d’intégrer ces situations atypiques dans la réflexion diagnostique et la recherche en génétique médicale.
Caroline JANEL, Ganaëlle REMERAND, Gaëlle SALAUN, Fanny LAFFARGUE (CLERMONT FERRAND)
00:00 - 00:00 #49022 - P541 Diagnostic moléculaire de forme isolée ou syndromique de neuropathies périphériques héréditaires : à propos d’un cas.
Diagnostic moléculaire de forme isolée ou syndromique de neuropathies périphériques héréditaires : à propos d’un cas.

INTRODUCTION : Les neuropathies périphériques héréditaires représentent un groupe hétérogène de pathologies également appelées maladie de Charcot-Marie-Tooth. Ces pathologies peuvent être évoquées devant un interrogatoire et un examen clinique évocateurs de troubles neurologiques d’ordre moteurs, sensitifs, ou autonomes. Cet examen est généralement suivi d’un électroneuromyogramme afin de préciser le type d’atteinte (axonale, démyélinisante ou intermédiaire). Le diagnostic précis et la détermination du caractère héréditaire de ces maladies reposent sur l’analyse par panel de gènes en biologie moléculaire. OBJECTIF : Nous proposons ici l’étude d’un cas clinique dont le diagnostic de pathologie syndromique a pu être posé à la suite d’une analyse moléculaire par panel de gènes des neuropathies périphériques héréditaires. METHODES : Nous avons réalisé une analyse par Next Generation Sequencing (NGS) du panel de 167 gènes neuropathies périphériques héréditaires dans notre laboratoire. RESULTATS : Le patient a été suivi initialement pour une maladie de Crohn sévère. Il a ensuite été adressé en consultation de neurologie devant l’apparition d’une neuropathie périphérique démyélinisante d’évolution rapide. Ce tableau était consécutif à la prise de TNFalpha, évoquant toutefois une possible pathologie neurologique sous-jacente face à la rapidité de son apparition. L’analyse NGS a identifié la présence d’un variant faux-sens pathogène (classe V d’après la classification ACMG) dans le gène TYMP : c.1282G>A, p.(Gly428Ser) à l’état homozygote. Cette mutation n’a jamais été rapportée dans la littérature, toutefois une mutation du même codon a été rapportée en lien avec le phénotype que présente ce patient. DISCUSSION : L’analyse moléculaire a permis de poser le diagnostic de MNGIE (Mitochondrial NeuroGastroIntestinal Encephalopathy) chez ce patient. Il s’agit d’une maladie métabolique rare, de transmission autosomique récessive, qui se caractérise par l’association d’une atteinte gastro-intestinale, d’une atteinte neurologique et parfois d’une atteinte endocrinologique. Cette analyse a donc permis de connaître la cause des différents symptômes gastriques et neurologiques de ce patient, d’améliorer sa prise en charge et de lui délivrer un conseil génétique. CONCLUSION : Ce résultat souligne l’importance d’inclure des gènes responsables de pathologies syndromiques dans le panel des neuropathies périphériques afin d’améliorer la prise en charge des patients et de leurs apparentés.
Olivia BETTAIEB (Marseille), Amandine BOYER, Martin KRAHN, Thibault LALU, Nathalie BONELLO-PALOT
00:00 - 00:00 #49186 - P542 Association study of leptin receptor polymorphisms in women with obesity and their impact on protein domains: a case-control study and in silico analyse.
Association study of leptin receptor polymorphisms in women with obesity and their impact on protein domains: a case-control study and in silico analyse.

Leptin receptor (LEPR) is a member of the class I cytokine receptor family that receives and transmits leptin signals. It is primarily involved in the regulation of energy expenditure and food intake. This study aimed to evaluate the association of LEPR gene polymorphisms, Lys109Arg, Gln223Arg and Lys656Asn, with obesity in Moroccan women and to explore the structural and functional consequences of these SNPs. The variants were genotyped using the Sanger sequencing method. The threedimensional structures of LEPR extracellular domains were determined using a template-based tertiary structure modeling web server and the protein variants were generated using in silico mutagenesis. The amino acids conservation analysis in the variants region was performed based on a protein’s evolutionary profile. The molecular dynamics simulations of the wild-types and variants N-terminal, cytokine receptor homology I and fibronectin type III domains of LEPR protein were performed to investigate their impact on the domain structures. We identified that only Lys656Asn polymorphism is associated with obesity in Moroccan women (P¼0.024). In silico analyses revealed that Lys109, Gln223 and Lys656 are exposed residues and their substitution leads to changes in protein structure through loss or gain of hydrogen bonds and hydrophobic interactions. Lys656Asn increases the stability and decreased flexibility of the fibronectin type III domain. Lys109Arg highly decreases the stability and increases flexibility and the overall dimension of N-terminal and cytokine receptor homology I domains. Gln223Arg increases the stability and the compaction level of these domains. These results provide insight into the involvement of LEPR variants in obesity development.
Meriem EL FESSIKH, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Delphine FLATTERS, Anne-Claude CAMPROUX, Hakim BELGHITI, Hassania GUERINECH, Youssef BAKRI, Nadia DAKKA, Jamila EL BAGHDADI
00:00 - 00:00 #49185 - P543 Identification of p.Met215Ile mutation of the MC4R gene in a Moroccan woman with obesity.
Identification of p.Met215Ile mutation of the MC4R gene in a Moroccan woman with obesity.

Background: The melanocortin-4 receptor (MC4R) is a key component of the leptin–melanocortin pathway and plays a central role in the regulation of energy homeostasis. Genetic variants in MC4R are among the most frequent monogenic causes of severe obesity. Methods: We screened 63 Moroccan patients with obesity for MC4R mutations and compared them with 96 healthy individuals and 333 healthy population controls. The MC4R coding region was sequenced, and detected variants were further analyzed using in silico prediction tools (PolyPhen-2, SIFT, PredictSNP) and structural modeling approaches. Results: A rare missense variant, p.Met215Ile (rs768687497), was identified in one patient with morbid obesity (BMI = 40.03 kg/m²) characterized by hyperphagia. This variant was absent in all other obese patients, healthy controls, and population controls. In GnomAD, it has been reported in only 2 heterozygous alleles out of 251,254 from non-Finnish Europeans (AF = 0.000007960) and is described in Ensembl with a MAF < 0.01. Functional predictions consistently indicated a deleterious effect. Structural modeling revealed that the Met215Ile substitution disrupts hydrophobic interactions within the transmembrane domain, suggesting altered receptor conformation and function. Conclusion: The identification of the rare p.Met215Ile MC4R variant in a Moroccan patient provides new insights into the genetic basis of severe obesity. Given its rarity and predicted functional consequences, this variant may contribute to obesity pathogenesis in select individuals and could have implications for genetic counseling and therapeutic strategies.
Meriem EL FESSIKH, Hakim BELGHITI, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Hassania GUERINECH, Nadia DAKKA, Jamila EL BAGHDADI
00:00 - 00:00 #49843 - P544 Variant incertain dans un gène incertain : le double défi diagnostique du DDX23.
Variant incertain dans un gène incertain : le double défi diagnostique du DDX23.

Introduction: L’avènement du séquençage à haut débit a profondément transformé l’exploration des maladies rares et du retard du développement. Toutefois, cette avancée s’accompagne de nouveaux défis, notamment l’identification de variants de signification incertaine, parfois localisés dans des gènes dont le rôle pathogène lui-même reste incertain (GUS). Observation: Nous rapportons le cas d’un nourrisson âgé de 21 mois, issu d’un couple apparenté, et qui présentait un retard psychomoteur sévère avec hypotonie axiale et périphérique et absence d’acquisition de la position debout, associés à une dysmorphie faciale (racine du nez haute, oreilles légèrement décollées, philtrum court bombé, cou court). Les explorations ont également révélé des calculs caliciels droits, un reflux gastro-œsophagien et une myopie isolée. L’EEG, l’IRM cérébrale, le bilan osseux et le caryotype standard étaient sans anomalies. Le séquençage de l’exome a identifié un variant hétérozygote VUS du gène DDX23 : NM_004818.3: c.2085C>A (p.(His695Gln)), absent des bases de données de population (gnomAD, dbSNP) et non rapporté dans ClinVar. DDX23 code pour une hélicase nucléaire du complexe spliceosomal, jouant un rôle dans l'épissage du pré-ARNm, mais dont l’implication pathogène dans les maladies humaines reste indéterminée. Des études complémentaires (fonctionnelle, étude de ségrégation familiale) sont requises afin de déterminer de manière plus précise le rôle éventuel de ce variant dans le profil clinique de notre patient. Conclusion: Cette observation souligne les limites actuelles de la médecine génomique et la nécessité d’une approche intégrative. L’expertise du médecin demeure essentielle pour interpréter les variants, relier génotype et phénotype, et assurer un conseil génétique éclairé aux familles.
Wiem ESSALAH (Tunis, Tunisie), Yasmina ELARIBI, Imen REJEB, Syrine HIZEM, Manel LAJIMI, Boutheina BOURAOUI, Houweyda JILANI, Lamia BEN JEMAA
00:00 - 00:00 #49347 - P545 Le syndrome de Pendred : Un dysfonctionnement thyroïdien rare d’origine génétique.
Le syndrome de Pendred : Un dysfonctionnement thyroïdien rare d’origine génétique.

Introduction : Le syndrome de Pendred est une MAR, due à une mutation du gène SLC26A4 également responsable de surdité isolée (DFNB4). Ce gène code pour une protéine qui est la Pendrine exprimée au niveau de l’oreille interne et la thyroide où elle participe à la synthèse des hormones thyroïdiennes .Cette maladie est caractérisée par une surdité neurosensorielle congénitale et des anomalies de fonctionnement de la glande thyroïde responsable d’un goitre hypothyroïdien. Matériels et méthodes :30 familles ayant au moins un cas de surdité congénitale sont recrutées dans le service ORL du CHU de Blida. Tous les membres des familles ont subi un prélèvement sanguin, l’ADN en est par la suite extrait au niveau du laboratoire central du CHU Frantz Fanon. L’étude génétique a été faite au niveau du laboratoire de biochimie génétique du CHU Babeloued et l’institut Pasteur de Paris par le séquençage de l’exome Résultats et discussion : Le diagnostic génétique a retrouvé une nouvelle mutation faux sens Homozygote du gène SLC26A4 chez une famille ayant 2 cas de surdité avec goitre et une hypersécrétion de TSH. La mutation a été retrouvée à l’état hétérozygote chez les parents Conclusion : le dysfonctionnement hypophysaire du syndrome de Pendred est curable par de la thyroxine à vie, traitement non démuni de complications. Le conseil génétique est primordial pour décourager les mariages consanguins qui augmentent le risque des MAR.
Samia ABDI, Salem BENNOUAR (Blida, Algérie), Mohamed MAKRELOUF, Akila ZENATI, Christine PETIT, Crystel BONNET
00:00 - 00:00 #49917 - P546 Étude de l’implication des variations du nombre de copies (CNVs) dans l’étiologie moléculaire des surdités génétiques en Tunisie : exploration du gène de la stéréociline (STRC).
Étude de l’implication des variations du nombre de copies (CNVs) dans l’étiologie moléculaire des surdités génétiques en Tunisie : exploration du gène de la stéréociline (STRC).

La surdité est le trouble neurosensoriel le plus fréquent, touchant 1 à 3 nouveau-nés sur 1 000 et plus de 5 % de la population mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la santé, d’ici 2050, 2,5 milliards d’individus seront concernés, dont plus de 700 millions nécessiteront une réhabilitation auditive. Près de 50 % des cas de surdité sont d’origine génétique, et les variations du nombre de copies (CNVs) en représentent environ 18,7 à 20 %. En Tunisie, comme dans d’autres pays de la région MENA, la forte consanguinité accroît la prévalence des formes autosomiques récessives, conférant à cette population l’un des paysages cliniques et mutationnels les plus hétérogènes d’Afrique. Toutefois, le dépistage génétique en pratique clinique reste limité au criblage de la mutation c.35delG du gène GJB2, responsable d’environ 35 % des cas de surdité autosomique récessive non syndromique, tandis que l’analyse des CNVs reste restreinte en raison de contraintes technologiques. Dans ce contexte, nous avons évalué la contribution des CNVs à l’étiologie moléculaire de la surdité chez des patients tunisiens négatifs pour la mutation GJB2, en ciblant le gène STRC (locus DFNB16), deuxième gène le plus fréquemment impliqué après GJB2, caractérisé par la présence d’un pseudogène hautement homologue (STRCP). Une cohorte de patients GJB2-négatifs ayant une surdité modérée à sévère a été étudiée. Le séquençage de l’exome entier (WES) a été réalisé chez dix individus. Une analyse bioinformatique des données WES a d’abord été effectuée afin d’explorer d’éventuels variants nucléotidiques simples dans une liste de 298 gènes prioritaires. Ensuite, les CNVs ont été détectés à l’aide d’un pipeline R optimisé, puis filtrés à travers une liste actualisée de 38 gènes de surdité associés à des CNVs. Les CNVs identifiés ont été validés expérimentalement par Touchdown-PCR et séquençage de Sanger. Nos résultats révèlent la présence d’au moins un CNV potentiellement pathogène chez chaque individu. Deux délétions homozygotes majeures impliquant STRC ont été confirmées : l’une de 90,3 Kb englobant également CATSPER2, suggérant un syndrome surdité-infertilité, et l’autre de 24,2 Kb incluant CKMT1B, associée à une perte auditive autosomique récessive 16. Par ailleurs, un événement complexe a été observé chez un troisième patient, combinant une duplication hétérozygote de 12,5 Kb touchant STRC et CKMT1B, ainsi qu’une délétion hétérozygote de 18,8 Kb affectant STRCP et CKMT1A. Cette étude démontre, pour la première fois en Tunisie, l’implication des CNVs liés à STRC dans l’étiologie moléculaire de la surdité. Elle souligne l’importance d’intégrer systématiquement l’analyse des CNVs, et en particulier le criblage du locus DFNB16, dans les approches diagnostiques de routine pour les cas GJB2-négatifs. De telles stratégies permettront d’améliorer le rendement diagnostique et de mieux caractériser le paysage moléculaire complexe de la surdité héréditaire dans les populations à forte consanguinité.
Siwar HICHRI (Tunis, Tunisie), Rahma MKAOUAR, Jihene MARRAKCHI, Rym ZAININE, Shiraz MBAREK, Crystel BONNET, Ridha MRAD, Christine PETIT, Madiha TRABELSI, Sonia ABDELHAK, Cherine CHARFEDDINE
00:00 - 00:00 #49905 - P547 Génération de cellules souches pluripotentes induites à partir de patients homozygotes pour la variation c.123del, p.Gly42Glufs*11 du gène BBS5.
Génération de cellules souches pluripotentes induites à partir de patients homozygotes pour la variation c.123del, p.Gly42Glufs*11 du gène BBS5.

Les dégénérescences rétiniennes héréditaires (DRH) constituent un groupe hétérogène de maladies génétiques rares, responsable d’une malvoyance sévère. Environ 30% de ces pathologies sont attribuables à des variants pathogènes de gènes impliqués dans la biologie du cil primaire des photorécepteurs (PR). Ce sont donc également des ciliopathies associées la plupart du temps à des atteintes multi-systémiques dont le syndrome de Bardet-Biedl (BBS) est un modèle emblématique. L’analyse des mécanismes physiopathologiques des tissus rétiniens humains reste un défi majeur, en raison de leur accessibilité extrêmement limitée. Dans ce contexte, les cellules souches pluripotentes induites (iPSC) grâce à leurs capacités de différenciation apparaissent comme un outil révolutionnaire. A partir de la cohorte COBBALT, 2 frères porteurs de la même variation à l’état homozygote (c.123del, p.Gly42Glufs*11) dans le gène BBS5 ont été sélectionnés et des iPSC ont été générées à partir de fibroblastes de peau. La reprogrammation de ces fibroblastes a été effectuée à l’aide du cocktail de facteurs de Yamanaka (Klf4–Oct3/4–Sox2, cMyc et Klf4) ainsi que des particules de virus Sendai. Ces 2 lignées ont été soumises à un processus rigoureux de caractérisation et de validation, conformément aux recommandations internationales de l’ISSCR (International Society for Stem Cell Research). Ainsi, nous présenterons une morphologie validée des colonies (bords francs) et la confirmation de la pluripotence par l’augmentation de l’expression relative des gènes tel NANOG, LIN28A et OCT3/4 par RT-qPCR ainsi que l’expression protéique de NANOG, SOX2 et OCT3/4 par immunofluorescence. La capacité de différenciation en trois feuillets embryonnaires par la formation de corps embryonnaires, l’analyse de l’intégrité génomique par caryotype et ddPCR, et la vérification de l’identité cellulaire par profilage STR. Les deux lignées sont en mesures de se différencier en corps embryonnaire exprimant les 3 feuillets embryonnaires : AFP et FOXA2 pour l’endoderme ; NESTIN et GFAP pour l’ectoderme ainsi que SMA et VIMENTIN pour le mésoderme. L’intégrité génomique est confirmée par le caryotype et la ddPCR. L’identité cellulaire a pu être vérifiée par analyse de marqueurs STR et la présence de la variation dans les lignées iPSC. Toute trace de contamination par des mycoplasmes a été confirmée. Pour conclure, 2 lignées de patients issus de la même fratrie porteurs de la même variation ont pu être générés et correspondent aux critères de l’ISSCR. Ceci permet d’assurer l’aptitude des lignées générées à être différenciées en divers types cellulaires d’intérêt comme des organoïdes rétiniens (mimant la complexité des PR) , et l’épithélium pigmentaire rétinien (cellules de soutien des PR). Ceci offre un accès inédit aux mécanismes moléculaires et cellulaires responsables des ciliopathies rétiniennes.
Samira SECULA (Strasbourg), Nejla ERKILIC, Cathy OBRINGER, Catherine JAEGER, Jean MULLER, Vasiliki KALATZIS, Hélène DOLLFUS
00:00 - 00:00 #49924 - P548 Nouveau variant fondateur du gène WFS1 suggéré par des cas Tunisiens de syndrome de Wolfram.
Nouveau variant fondateur du gène WFS1 suggéré par des cas Tunisiens de syndrome de Wolfram.

Introduction Le syndrome de Wolfram de type 1 (WS1) est une maladie neurodégénérative héréditaire caractérisée par un diabète insipide, un diabète sucré, une atrophie optique, des manifestations neurologiques et une surdité. Ce syndrome est très rare, avec une prévalence de 1/770 000 individus selon la première étude épidémiologique rapportée. À ce jour, plus de 740 mutations ont été enregistrées pour le WS1, situées dans la plupart des cas dans le huitième exon du gène WFS1, cependant aucune corrélation génotype-phénotype évidente n'a été observée. Objectif L’objectif de ce travail était de décrire trois nouveaux cas Tunisiens de syndrome de Wolfram, porteurs du même variant rapporté pour la première fois par notre équipe chez un autre patient Tunisien, suggérant l’existence d’un effet fondateur pour ce variant. Nous discutons également la corrélation génotype-phénotype pour ce variant. Patients et Méthodes Nous rapportons les observations cliniques de quatre patients adressés pour suspicion d’un syndrome de Wolfram. L’exploration génétique s’est basée sur un séquençage ciblé de l’exon huit du gène WFS1. Résultats Tous nos patients ont été adressés pour un diabète de type 1 associé à une atrophie optique. Les patients P1 et P2 étaient originaires du centre de la Tunisie. P3 et P4 étaient une fratrie originaire de la région du Nord. Tous nos patients présentaient des antécédents familiaux de diabète de type 1 associé à une atrophie optique, avec la présence de cas similaires dans la fratrie. L’âge de début du diabète de type 1 variait entre 10 ans et 12 ans dans notre série. L’atrophie optique a été diagnostiquée à 23 ans pour P1, à 20 ans pour P2, à 33 ans chez P3 et à 40 ans chez son frère P4. Les chiffres glycémiques étaient mal contrôlés chez P1 et P3 avec des épisodes fréquents d’hypoglycémie. P1 (âgé de 26 ans) a développé une rétinopathie diabétique sévère. P1 et P3 (37 ans) présentaient une hypoacousie neurosensorielle. Des manifestations neurologiques ont été retrouvées chez P3 (AVC ischémique à 33 ans) et P4 (41 ans, ataxie et vessie neurologique). L’analyse moléculaire de l’exon 8 du gène WFS1 a mis en évidence la même variation NM_006005.3(WFS1):c.1901A>T (p.(Lys634Met) à l’état homozygote chez les quatre patients, classée comme probablement pathogène selon les critères de l’ACMG. L’identification récurrente de cette nouvelle variation du gène WFS1 chez nos trois familles non apparentés mais originaires de régions différentes suggère fortement l’existence d’un effet fondateur pour ce variant dans la population Tunisienne. Conclusion La variabilité phénotypique inter et intrafamiliale en rapport avec le variant récurrent dans notre série met en difficulté l’établissement d’une corrélation génotype-phénotype. La recherche ciblée de ce variant chez les apparentés asymptomatiques à risque permettra un diagnostic et une prise en charge précoces afin de prévenir les complications du WS1.
Mortadha CHERIF, Syrine HIZEM, Imen REJEB, Houweyda JILANI, Rahma KCHAOU, Meyssa IDOUDI, Rym MAAMOURI, Hajer KANDARA, Samira SAADI, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Yasmina ELARIBI, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49614 - P549 Diagnostic rétrospectif par interrogation transversale des données génomiques : identification d’un variant non-codant récurrent du gène TMEM216 dans les cohortes de dystrophie rétinienne non syndromique (laboratoires Auragen et SeqOIA).
Diagnostic rétrospectif par interrogation transversale des données génomiques : identification d’un variant non-codant récurrent du gène TMEM216 dans les cohortes de dystrophie rétinienne non syndromique (laboratoires Auragen et SeqOIA).

Les dystrophies rétiniennes sont des pathologies dont les bases moléculaires ont été bien caractérisées à partir de plusieurs cohortes mondiales impliquant plus de 300 gènes grâce à une approche NGS ou exome. Néanmoins, de nombreux cas restent inexpliqués, suggérant l’implication, pour une part, de variants situés dans les régions non-codantes qu’une approche de séquençage du génome serait susceptible de résoudre. Ici, nous rapportons des données de relecture du génome dans le cadre de la pré-indication dystrophies rétiniennes du Plan France Médecine Génomique 2025 qui a permis de valider des cas initialement rendus non conclusifs (soit aucun gène d’intérêt, soit 1 seul allèle pathogène/probablement pathogène identifié). Cette relecture s’est reposée sur la base d’une étude récente rapportant deux substitutions nucléotidiques rares (c.−69G>T et c.−69G>A) dans le promoteur du gène TMEM216, associées à des ciliopathies du spectre Joubert-Meckel de transmission autosomique récessive et dont l’effet fonctionnel sur la transcription de TMEM216 a été validé (PMID:39191256). Méthodes Les variations nucléotidiques (c.−69G>T ; c.−69G>A) de TMEM216 ont été recherchés rétrospectivement dans les bases de données de séquençage de génome des laboratoires SeqOIA et Auragen. Résultats La variation c.−69G>T de TMEM216 a été retrouvée rétrospectivement chez 8 patients issues de 7 familles indépendantes, à l’état homozygote chez 5 patients et à l’état hétérozygote composite en trans d’un variant classé pathogène selon les critères ACMG: c.341T>G p.(Leu114Arg) et c.253C>T p.(Arg85*) chez 3 patients. Aucun patient c.−69G>A de TMEM216 n’a été identifié. Sur le plan clinique, les patients présentaient une dystrophie rétinienne de type bâtonnets-cônes avec un début des symptômes dans la première/deuxième décennie de vie (3/8 et 4/8 respectivement). Les patients rapportaient une héméralopie (5/8), une photophobie (3/8), une perte du champ visuel périphérique (7/8), avec une hypoautofluorescence diffuse périphérique avec anneau hyperautofluorescent central et un remaniement de l’épithélium pigmentaire. L’ERG montrait un dysfonctionnement modéré à sévère du système scotopique et photopique avec un ERG plat chez 6/8 patients. On note également que trois patients, parmi les plus âgés de la cohorte, présentent une cataracte précoce. Aucun des patients ne présentait des signes systémiques de ciliopathie. L’ensemble de ces données phénotypiques est conforme à la présentation clinique des patients rapportés dans la publication princeps. Par ailleurs, l’analyse des SNPs du locus TMEM216 montre que les patients porteurs de la variation c.−69G>T partagent un même haplotype d’une taille de 170kb, conformément à celui rapporté chez les patients d’ascendance Africaine, supportant l’hypothèse d’un effet fondateur. Conclusion Ces résultats illustrent le bénéfice d’une ré-analyse transversale des bases de données génomiques dans la pré-indication dystrophies rétiniennes héréditaires du PFMG.
Hippolyte MENOU (Paris), Francis RAMOND, Cyril BURIN DES ROZIERS, Raphaël ATIA, Sylvie ODENT, Rabia BENKORTEBI, Stanislas LYONNET, Isabelle AUDO, Isabelle MEUNIER, Julien THEVENON, Hélène DOLLFUS, Frederic TRAN-MAU-THEM, Sophie VALLEIX
00:00 - 00:00 #49908 - P550 Une acuité visuelle trop basse : chercher l’allèle en trans.
Une acuité visuelle trop basse : chercher l’allèle en trans.

Une enfant de 7 ans est adressée en consultation dans le cadre du suivi d’une ésotropie précoce. Dans ses antécédents, on note un trouble du neuro-développement, en lien avec une délétion de 1,96 Mb sur le locus 15q13.2-q13.3, survenue de novo. L’examen ophtalmologique montre un nystagmus attribué à son ésotropie précoce, ainsi qu'une acuité visuelle corrigée plafonnant à 3/10. De plus, l'examen clinique met en évidence la présence d'un syndrome du nystagmus précoce associé au nystagmus de type latent, une myopie axile moyenne, une rétine peu pigmentée, mais aucune autre anomalie ni clinique ni de l'imagerie multimodale de la rétine ou du nerf optique. L'interrogatoire est repris ; il révèle une absence d'héméralopie, mais une photophobie modérée. Un électrorétinogramme global met en évidence des réponses issues du système des cônes dans la norme, une diminution des amplitudes des réponses issues du système des bâtonnets et une électronégativité des réponses mixtes. Ce profil est évocateur de cécité nocturne congénitale stationnaire (CSNB) de type 1 complète. Compte tenu de la délétion connue sur le chromosome 15, une exploration génétique a été menée afin d’explorer un lien potentiel avec la CSNB. Parmi les sept gènes inclus dans la délétion, le gène TRPM1, localisé en 15q13.3, est connu pour être impliqué dans la CSNB de type 1 selon un mode autosomique récessif. Une étude en panel des dysfonctions rétiniennes a été réalisée et a mis en évidence deux variants en trans altérant le gène TRPM1 : la délétion hétérozygote déjà connue, emportant l’ensemble des exons codants, et un variant non-sens pathogène de classe 5 également à l’état hétérozygote, c.2629C>T, p.(Arg877*). Cette substitution nucléotidique, héritée du père asymptomatique, entraîne l’apparition d’un codon Stop prématuré et est déjà répertoriée comme étant responsable de CSNB à transmission autosomique récessive. L’ensemble aboutit donc à une perte de fonction bi-allélique du locus TRPM1. Ces résultats confirment le diagnostic de CSNB1 complète secondaire à un double événement mutationnel en trans sur TRPM1, l’un des allèles étant délété dans le cadre de la délétion 15q13.2-q13.3 déjà connue dans le cadre d’un trouble du neuro-développement et survenue de novo ; l’autre sous la forme d’une mutation ponctuelle non-sens héritée.
Priscille DE LAAGE DE MEUX, Rabia BENKORTEBI (Paris), Cyril BURIN DES ROZIERS, Sophie VALLEIX, Stanislas LYONNET, Dominique BREMOND-GIGNAC, Matthieu ROBERT
00:00 - 00:00 #50002 - P551 Diabète néonatal lié à deux nouvelles mutations hétérozygotes composites du gène ABCC8.
Diabète néonatal lié à deux nouvelles mutations hétérozygotes composites du gène ABCC8.

Contexte : Le diabète néonatal (NDM) est une maladie rare liée à des mutations dans plus de 30 gènes monogéniques. Il se caractérise par une carence insulinique apparaissant précocement après la naissance. Les mutations affectant le canal potassique ATP-dépendant des cellules β pancréatiques en sont parmi les causes les plus fréquentes, le gène ABCC8 étant l’un des principaux gènes impliqués. Observation clinique : Nous rapportons le cas d’une fillette de 3 mois, née de parents non apparentés, présentant un diabète néonatal révélé par un syndrome polyuro-polydipsique, avec un développement psychomoteur normal. L’analyse moléculaire du gène ABCC8 a identifié une nouvelle mutation hétérozygote composite (Chr11:g.17496498C>A et Chr11:g.17414028C>A). Le traitement a débuté par une perfusion continue d’insuline sous-cutanée avec surveillance glycémique en continu, puis a été relayé par la glibenclamide per os. L’équilibre glycémique s’est stabilisé, la prise pondérale est devenue progressive et la croissance staturo-pondérale ainsi que le développement psychomoteur se sont maintenus dans les normes. Conclusions : Ce cas souligne l’importance d’un diagnostic moléculaire précoce pour une prise en charge optimale du diabète néonatal. Nous décrivons une nouvelle mutation du gène ABCC8 responsable de NDM, élargissons le spectre phénotypique connu et mettons en évidence les défis liés à la prise en charge clinique. Ces résultats apportent de nouvelles perspectives sur le rôle de ABCC8 dans la physiopathologie du diabète néonatal.
Narcisse ELENGA, Mody DIOP (CAYENNE), Roosler TELCIDE
00:00 - 00:00 #49813 - P552 Le diagnostic des maladies mitochondriales en France : apport du séquençage de génome.
Le diagnostic des maladies mitochondriales en France : apport du séquençage de génome.

Contexte : Les maladies mitochondriales sont définies comme des troubles affectant la fonction de la chaîne respiratoire mitochondriale, dus à des mutations de gènes du génome nucléaire (ADNn) ou mitochondrial (ADNmt). Leur diagnostic est complexe en raison d’une grande hétérogénéité clinique et génétique, et repose sur une évaluation approfondie incluant des examens cliniques, biochimiques, histologiques et de neuroimagerie. Le séquençage ciblé des gènes associés aux maladies mitochondriales a un rendement diagnostique d’environ 35 %. Néanmoins, deux tiers des patients restent sans diagnostic génétique, soulignant les limites de cette approche ciblée. Depuis l’introduction du Plan France Médecine Génomique, le séquençage du génome (WGS) est disponible pour les patients chez lesquels une maladie mitochondriale est suspectée. Méthodes : Nous avons évalué rétrospectivement les résultats du séquençage de génome réalisé chez 267 patients recrutés dans les deux Centres Nationaux de Référence pour les maladies mitochondriales (CARAMMEL et CALISSON). Les données de WGS ont été analysées par des biologistes moléculaires du réseau français de laboratoires diagnostiques des maladies mitochondriales (MITODIAG). Nous avons également évalué le nombre de WGS réalisés dans d’autres préindications du Plan France Médecine Génomique pour lequels un diagnostic de maladie mitochondrial a été posé. Résultats : Le séquençage du génome a permis d’établir un diagnostic chez 96 des 267 patients (36 %). Les variants de classe 4 ou 5 identifiés sont localisés dans 55 gènes différents : 60 % sont des gènes nucléaires codant pour des fonctions mitochondriales, et 40 % sont des gènes « non mitochondriaux » impliqués dans des phénotypes mimant les maladies mitochondriales. Chez 7 patients (5 %), le WGS a permis d’identifier des variants introniques profonds, incluant 4 délétions intragéniques et 3 inversions, qui n’auraient pas pu être détectés par un panel. Concernant les autres pré-indications du Plan France Médecine Génomique, un diagnostic de maladie mitochondriale a été établi chez 221 patients, principalement inclus dans les préindications « neuropathies périphériques", "ataxies du sujet jeune", "leucodystrophies" et "troubles cognitifs neurodégénératifs". Conclusions : Avec un rendement diagnostique de 36 %, le WGS s’avère être une stratégie efficace pour le diagnostic moléculaire des maladies mitochondriales. Cette approche permet l’identification de variants introniques profonds et de réarrangements complexes non détectables par les panels, ainsi que de variants impliqués dans les diagnostics différentiels des maladies mitochondriales. Depuis 2025, l’accès aux données de l’ADNmt est possible sur les deux plateformes, ce qui permettra d’augmenter ultérieurement le rendement diagnostique. Une collaboration étroite entre cliniciens et biologistes experts des maladies mitochondriales reste essentielle pour une interprétation précise des résultats du WGS.
Giulia BARCIA (Paris), Pauline GAIGNARD, Gaëlle HARDY, Céline BRIS, Elise LEBIGOT, Pierre-Hadrien BECKER, Aurélien TRIMOUILLE, Brian SPERELAKIS-BEEDHAM, Magalie BARTH, Damien STERNBERG, Stéphane ALLOUCHE, Cécile ACQUAVIVA-BOURDAIN, Anne-Sophie LEBRE, Claire-Marine DUFEAU-BERAT, Marie-Thérèse ABI-WARDE, Caroline SEVIN, Marie Laure MARTIN NEGRIER, Kevin JOUSSELIN, Virginie BERNARD, Samira SAADI AIT EL MKADEM, Julie STEFFANN, Annabelle CHAUSSENOT, Caroline ESPIL, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Manuel SCHIFF, Vincent PROCACCIO, Cécile ROUZIER
00:00 - 00:00 #49885 - P553 Characterization of a new mitochondrial disease associated with SLC25A5/ANT2 loss of function.
Characterization of a new mitochondrial disease associated with SLC25A5/ANT2 loss of function.

More than 900 genes have been identified as monogenic causes of developmental delays associated with epilepsies. A genetic etiology can now be established in nearly 50% of patients through next-generation sequencing technologies. However, a significant proportion of patients remain undiagnosed, highlighting persistent gaps in our understanding of these syndromes. Here, we report the case of a male patient who presented in early childhood with severe absence epilepsy, followed by features consistent with autism spectrum disorder, mild psychomotor delay (delayed walking and speech), and intellectual disability. Brain MRI was unremarkable, and there was no relevant family history or consanguinity. Genetic investigations identified a 232 kb deletion at Xq24, encompassing the entire SLC25A5 gene, which encodes ANT2, a mitochondrial adenine nucleotide translocase involved in ADP/ATP exchange across the inner mitochondrial membrane. Family screening revealed that the patient's mother and sister are asymptomatic carriers of the deletion, with skewed X-inactivation (91–8% and 79–21%, respectively), whereas other maternal relatives tested negative. The contribution of the SLC25A5 deletion to the observed phenotype remains to be characterised. The objective of this study is to elucidate its biological impact. Given the known role of ANT2 in mitochondrial energy metabolism, we hypothesize a link between SLC25A5 deletion and mitochondrial dysfunction contributing to the observed neurodevelopmental phenotype. To explore this, we performed western blot analyses of mitochondrial respiratory complexes. Seahorse assays, 13C-glucose-based NMR spectroscopy for metabolic flux analysis and ATP/ADP quantification will also be performed. Our findings support a role for SLC25A5 as a novel candidate gene involved in neurodevelopmental disorders. ANT2 deficiency may impact brain energy metabolism, potentially contributing to the underlying pathophysiological mechanism.
Camille BERGES (Bordeaux), Juliette PREUDHOMME, Chloé ANGELINI, Nivea DIAS AMADEO, Jeanny LAROCHE, Anne-Karine BOUZIER-SORE, Elodie DUMON, Cyril GOIZET, Caroline ROORYCK-THAMBO, Vincent MICHAUD, Claire BAR, Aurélien TRIMOUILLE, Sarah COURTOIS
00:00 - 00:00 #49982 - P554 Double atteinte génétique dans la maladie de Fabry : apport des panels NGS de cardiomyopathies hypertrophiques.
Double atteinte génétique dans la maladie de Fabry : apport des panels NGS de cardiomyopathies hypertrophiques.

La maladie de Fabry est une maladie génétique liée à l’X, due à des variants pathogènes du gène GLA, responsable d’un déficit en α-galactosidase A lysosomale. Dans sa forme classique comme sa forme de révélation tardive, l’hypertrophie ventriculaire est une manifestation clinique fréquente. Une variabilité phénotypique inattendue doit faire envisager l’implication de mécanismes additionnels parmi lesquels la possibilité d’un variant pathogène dans un autre gène de CMH. Patients et méthodes. Treize patients suivis dans le centre de référence (www.centre-geneo.com) ont bénéficié d’un panel NGS de gènes des CMH en raison d’une symptomatologie cardiaque importante. Les variants identifiés ont été interprétés selon les recommandations ACMG et confrontés aux données cliniques. Résultats Quatre patients présentaient un « double hit » constitué d’un variant pathogène dans GLA et d’un second variant dans un gène sarcomèrique ou apparenté et un cinquième un variant pathogène de GLA et un variant de signification indéterminé. La patiente #1 (67 ans, hétérozygote) présentait une CMH résistante malgré un traitement enzymatique substitutif bien conduit. Le panel NGS a identifié, en plus du variant GLA c.154T>C, p.Cys52Arg (classe 5), un variant pathogène de MYH7 c.4589G>A, p.Arg1530Glu (classe 4). Son apparentée porteuse du même double génotype présentait un phénotype sévère suggérant une contribution de MYH7. La patiente #3 hétérozygote suivie pour une maladie de Fabry due au variant GLA c.658C>T, p.Arg220Ter (classe 5) présentait une CMH très sévère, nécessitant l’implantation d’un défibrillateur. Le panel a mis en évidence un variant pathogène de MYH7 c.2608C>T, p.Arg870Cys (classe 5). Le patient #4, hémizygote porteur d’un variant GLA c.545A>G, p.Asp182Gly (classe 4), présentait un phénotype sévère, avec CMH et AVC itératifs. Le panel a identifié un variant de MYBPC3 c.3619A>G, p.Ser1207Gly de signification indéterminée. Chez la patiente #5 hétérozygote pour un variant GLA c.1073A>G, p.Glu358Gly (classe 5), le panel a identifié un variant dans TTR c.424G>A, p.Val142Ile (classe 5), responsable d’amylose cardiaque. Discussion Nous illustrons la possibilité d’une double atteinte génétique chez des patients atteints d’une maladie rare, avec des conséquences cliniques notables : phénotype sévère ou association de manifestations atypiques. Les variants de MYH7 expliquent la sévérité accrue de la cardiopathie de 3 patientes. Si la pathogénicité du variant de MYBPC3 ne peut être affirmée, son association à des AVC justifie une réanalyse régulière. La découverte d’un digénisme GLA et ATTRv complexifie la prise en charge de l'atteinte cardiaque. Conclusion L’hypothèse d’un second variant pathogène doit faire partie de la réflexion génétique, afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients porteurs de maladies rares complexes. L’existence de 2 variants pathogènes n’est pas exceptionnelle et doit être envisagée en cas de discordance génotype-phénotype.
Dominique P. GERMAIN (Paris), Lynda BARACHE, Jean-Pierre RABES
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02 - Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 07 - Syndromes malformatifs - 08 - Génétique chromosomique constitutionnelle - 09 - Troubles de la reproduction

01 - Pathologies du neurodéveloppement - 10- Syndromes malformatifs - 15- Génétique chromosomique constitutionnelle - 20- Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 22 - Troubles de la reproduction
00:00 - 00:00 #48933 - P399 Un cas de Pseudohypoparathyroïdie type 1A de découverte anténatale.
Un cas de Pseudohypoparathyroïdie type 1A de découverte anténatale.

Un cas de Pseudohypoparathyroïdie type 1A de découverte anténatale R. Ben Mefteh1, M. Didier-Defrasne1, S. Bacrot2, M-A. Joly1, H. Devlamynck1, F. Forestier1, E. Houot1, F. Moreau1, D. Buzas1, C. Veluppillai1, S. Bouba3. 1- Service de diagnostic anténatal, hôpital NOVO-Site de Pontoise. 2- Laboratoire Cerba, Saint-Ouen-l’Aumône. 3- Service de Gynécologie-Obstétrique, hôpital NOVO-Site de Pontoise Introduction : La pseudohypoparathyroïdie de type 1A est caractérisée par une résistance à la parathormone. Il s’agit d’une maladie à transmission autosomique dominante due à une mutation du gène GNAS rentrant dans le cadre des pathologies de l’inactivation de la signalisation PTH/PTHrP (iPPSD2). Le gène GNAS est soumis à l’empreinte parentale avec une pénétrance et une expressivité variables en fonction de l’allèle parental atteint, une empreinte génomique parentale de la maladie plus sévère si l’allèle maternel est atteint avec un tableau de pseudohypoparathyroïdie type 1A se caractérisant cliniquement par des signes d’ostéodystrophie héréditaire d’Albright avec un risque de 70% de troubles du neurodéveloppement et un tableau de pseudopseudohypoparathyroïdie si la variation survient sur l’allèle paternel et dans ce cas l’atteinte neurodéveloppementale est exceptionnelle sauf que le retard de croissance est plus sévère. Observation : Nous vous présentons le cas d‘une patiente âgée de 32 ans, G2PO ayant eu une fausse couche spontanée en 2024, un couple non apparenté. A l’échographie T1, CN : 3.2 mm, >99% percentiles avec présence de logettes cervicales. Elle a été adressée au DAN de l’hôpital de Pontoise, une biopsie de trophoblaste lui a été réalisée, le caryotype a montré une formule chromosomique à 46, XY, l’ACPA est revenue sans déséquilibre pathogène. L’évolution de la grossesse était marquée par la régression des logettes et par une nuque fine à l’échographie de 18 SA mais par l’installation d’un retard de croissance avec des fémurs courts au 2 ème percentile et un retard de deux semaines pour tous les autres os longs. Un séquençage d’exome en trio a été réalisé à 23SA2J mettant en évidence un variant pathogène classe IV du gène GNAS, c.134T>G p.(Leu45Arg) de novo pouvant être impliqué dans la pseudohypoparathyroïdie type 1A ou la pseudopseudohypoparathyroïdie selon la localisation de la variation sur l'allèle maternel ou paternel. La patiente a été adressée pour un avis spécialisé au centre de référence du Kremlin Bicêtre, nos collègues ont confirmé l’impossibilité actuelle en anténatal de déterminer la localisation parentale du variant. Conclusion : Etant donné le fait qu’on ne peut pas exclure une forme sévère de pseudohypoparathyroïdie de type 1a qui pourrait s'accompagner de troubles neurocognitifs importants, le couple a décidé d’interrompre la grossesse, leur demande a été acceptée par notre CPDPN. L’évolution des techniques de détection des anomalies de la méthylation en anténatal permettra un conseil génétique plus précis de ces maladies.
Rania BEN MEFTEH (Île de France), Milena DIDIER-DEFRASNE
00:00 - 00:00 #49172 - P400 Identification of deleterious missense variants of human Piwi like RNA-mediated gene silencing 1 gene and their impact on PAZ domain structure, stability, flexibility and dimension: in silico analysis.
Identification of deleterious missense variants of human Piwi like RNA-mediated gene silencing 1 gene and their impact on PAZ domain structure, stability, flexibility and dimension: in silico analysis.

PIWLI1 protein is an endoribonuclease that play a central role in postnatal germ cells by repressing transposable elements and preventing their mobilization, which is essential for germline integrity. The aim of the present study is to identify the most pathogenic nsSNPs of PIWIL1 gene and evaluate their impact on PAZ domain structure and function. Thus, we predicted the functional effects of all nsSNP using eight bioinformatic tools, analyzed the amino acid conservation level with Consurf server and compared their impact on PAZ domain structure with YASARA viewer. In addition, we compared the stability, flexibility and dimension level of wild type PAZ domain and variants PAZ domain after their dynamic simulations by Gromacs software. As a result, eighteen nsSNPs PIWIL1 gene (R146C, L150P, T194M, K272N, G305S, Y317C, Y346C, S583R, R701C, Y731C, V740M, V740G, P761H, Y794C, R827C, R827H, A835T and V842L) were predicted as deleterious by all bioinformatics tools used. Three of them (G305S, Y317C, Y346C) were localized in PAZ domain and affect their stability, flexibility and compaction level. The present study showed for the first time the most deleterious nsSNP of PIWIL1 gene. The presence of these variants may affect the repressing transposable elements process and consequently DNA integrity in the male germline.
Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Lamiae ELKHATTABI, Hicham CHAROUTE, Imane MORJANE, Abdellatif ERROUAGUI, Francis CAREY, Boubker NASSER, Abdelhamid BARAKAT, Hassan ROUBA
00:00 - 00:00 #49174 - P401 Chromosomal abnormalities in couples with recurrent spontaneous miscarriage: a 21-year retrospective study, a report of a novel insertion, and a literature review.
Chromosomal abnormalities in couples with recurrent spontaneous miscarriage: a 21-year retrospective study, a report of a novel insertion, and a literature review.

Purpose The aim of this study is to evaluate the frequency and nature of chromosomal abnormalities in Moroccan couples with recurrent spontaneous miscarriage (RSM). In addition, the data were compared with those reported elsewhere in order to give a global estimation of chromosomal abnormalities frequencies. Methods The study was performed for all couples with RSM who were referred to the cytogenetic department, Pasteur Institute of Morocco, from different hospitals in Morocco between 1996 and 2016. Cytogenetic analysis was performed according to the standard method. Results Among 627 couples with RSM, the chromosomal abnormalities were identified in 11.00% of couples, with chromosomal inversions in 4.30%, reciprocal translocations in 2.71%, Robertsonian translocations in 1.43%, and deletion, isochromosome, and insertion in 0.15% each. The insertion identified [46,XX,ins(6)(p24q21q27)] is new, and is the fourth reported in association with RSM. The mosaic karyotypes were observed in 0.64%, polymorphic variants were identified in 1.27%, and numerical aneuploidy was observed in 0.15%. In regrouping our results with those in 27 other studies already published in 21 different countries, we obtained the frequency of chromosomal abnormalities in couple with RSMto be 5.16% (991/19197 couples). The reciprocal translocation was the most frequent with 2.50%, followed by Robertsonian translocation 0.83% and inversions 0.77%. The other types of chromosomal abnormalities were present with 0.98% in the world. Conclusion This data showed that the frequency of chromosomal abnormalities in Moroccan couples with RSM is 11.00%, and in regrouping our results with other studies, the frequency changes to 5.16%.
Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Zineb KINDIL, Latifa ZAROUF, Lunda RAZOKI, Jamila ABOULFARAJ, Chadli ELBAKAY, Sanaa NASSEREDDINE, Boubker NASSER, Abdelhamid BARAKAT, Hassan ROUBA
00:00 - 00:00 #49326 - P402 Trisomie 21 d’apparence libre ou dérivé de translocation ? Apport de la CGH-array et de la qfPCR.
Trisomie 21 d’apparence libre ou dérivé de translocation ? Apport de la CGH-array et de la qfPCR.

Nous rapportons un cas de diagnostic prénatal d’un dérivé déséquilibré issu d’une translocation impliquant le chromosome 21 : t(2;21)(q37.1;q22.12). Le couple n’est pas apparenté. Une précédente grossesse avait été interrompue sur une trisomie 21 (T21) libre et homogène. La grossesse actuelle a été obtenue par FIV avec gamètes parentaux. Une ponction de liquide amniotique (LA) a été faite à 22 SA + 5 devant un RCIU sévère et précoce chez le fœtus. Une recherche d’aneuploïdie des chromosomes 13, 18, 21 sur noyaux interphasiques réalisée avec le Kit Fast-FISH n’a pas retrouvé d’anomalie. Le caryotype fœtal sur LA a identifié un chromosome surnuméraire faisant évoquer une récidive de T21 libre et homogène. L’ACPA réalisée en parallèle a décelé un gain d'une copie de 11.2Mb en 2q37.1q37.3 associé à un gain d'une copie de 22.3Mb en 21p11.2q22.12. Le chromosome surnuméraire correspond donc à un dérivé déséquilibré de translocation (2;21). La négativité de la Fast-FISH s’explique par la localisation de la sonde 21 du kit Fast-FISH (CytoCell®) en 21q22.13, en dehors du segment dupliqué. Une IMG a été réalisée à la demande du couple devant ce remaniement chromosomique pathogène. L’étude familiale par cytogénétique conventionnelle a mise en évidence une translocation réciproque cryptique apparemment équilibrée maternelle : t(2;21)(q37.1;q22.12). Ce fœtus, et probablement le 1er fœtus, ont donc hérité du dérivé 21 de la t(2;21) selon une ségrégation de type 3:1. Le tétravalent de pachytène formé par cette translocation est très asymétrique. Avec un facteur supérieur à trois de taille entre la taille des deux fragments centriques, un facteur 3 de taille entre les segments transloqués, un fragment transloqué plus grand qu’un fragment centrique et l’implication d’un chromosome acrocentrique, cette translocation présente tous les facteurs de risque connus de ségrégation 3:1 (Jalbert et al. 1980). Ce cas souligne la nécessité de rechercher systématiquement un dérivé de translocation devant une T21 d’apparence libre et homogène en cas de discordance entre la Fast-FISH et le caryotype. La QF-PCR, désormais utilisée en remplacement de la Fast-FISH dans notre laboratoire, aurait détecté une T21 partielle grâce aux multiples marqueurs répartis sur le chromosome. Sur les 6 marqueurs disponibles dans le kit Devyser Compact® (2 en 21q21.1, 2 en 21q21.3, 1 en 21q22.13 et 1 en 21q22.3), 4 auraient été inclus dans la région dupliquée et auraient permis de suspecter une T21 partielle sans permettre cependant d’en affirmer le mécanisme. Pour cette famille, la réalisation de l’ACPA a permis de rectifier le diagnostic qui aurait été fait sur le caryotype à savoir le diagnostic de la transmission d‘un dérivé de translocation selon une ségrégation de type 3:1 aboutissant à un gain partiel du chromosome 21 et un gain partiel du bras long du chromosome 2 et non d’une T21 libre et homogène. L’étude familiale va être poursuivie et un conseil génétique approprié a pu être donné.
Selma DOUMER (Lyon), Charline CARTELLIER, Marianne TILL, Nicolas CHATRON, Audrey PUTOUX, Damien SANLAVILLE, Mathilde PUJALTE
00:00 - 00:00 #49360 - P403 Premier cas d'hydrocéphalie fœtale régressive associée à un variant pathogène du gène SMARCC1.
Premier cas d'hydrocéphalie fœtale régressive associée à un variant pathogène du gène SMARCC1.

Introduction : Le gène SMARCC1, qui code pour une sous-unité du complexe SWI/SNF, a été impliqué dans l'hydrocéphalie congénitale autosomique dominante à pénétrance incomplète. À ce jour, seuls quatre fœtus, issus de trois familles non apparentées, ont été rapportés dans la littérature. Les quatre grossesses ont mené à une interruption médicale de grossesse suite à la demande des couples. Méthodes : Un couple sans antécédent a été orienté en échographie de référence à 20+4 semaines d’aménorrhée (SA) en raison d'une hydrocéphalie isolée chez JA dans le cadre d'une grossesse monochoriale biamniotique, tandis que JB n'était pas affecté. Le suivi échographique jusqu'à 34+4 SA a montré une régression complète de l'hydrocéphalie, confirmée par une IRM cérébrale fœtale. L’ACPA et un séquençage d'exome en trio ont été réalisés sur le liquide amniotique natif de JA. Résultats : L’ACPA est normale. Le séquençage de l'exome en trio a mené à l’identification d’un variant pathogène hétérozygote, hérité paternel, dans SMARCC1 (NM_003074.4:c.1597G>T, p.(Gly533Ter)). Le variant a été retrouvé chez JB par séquençage Sanger ciblé. Après conseil génétique, le couple a choisi de poursuivre la grossesse. Un suivi du neurodéveloppement postnatal jusqu'à l'âge de 6 ans est prévu dans le cadre du Réseau Grandir Ensemble. Conclusion : Il s'agit du premier cas rapporté d'hydrocéphalie régressive associée à un variant pathogène du gène SMARCC1 chez des jumeaux monochoriaux. Cette variabilité phénotypique complique encore davantage le conseil génétique.
Alice BOURGES, Françoise BOUSSION, Antonio VITOBELLO, Yannis DUFFOURD, Hana SAFRAOU, Clarisse BATTAULT, Randa BENARBIA, Florence BIQUARD, Céline BRIS, Antoine CIVIT, Benoit DELORME, Clara HOUDAYER, Louis LEGOFF, Magalie LODIN PASQUIER, Didier LOISEL, Mathilde PACAULT, Vincent PROCACCIO, Patrick VAN BOGAERT, Agnès GUICHET, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET, Estelle COLIN (ANGERS)
00:00 - 00:00 #49406 - P404 Caractérisation moléculaire de l’inversion péricentrique récurrente inv(5)(p13q13) par FISH et OGM et conduite à tenir dans un contexte de DPI.
Caractérisation moléculaire de l’inversion péricentrique récurrente inv(5)(p13q13) par FISH et OGM et conduite à tenir dans un contexte de DPI.

Contexte : L’inversion péricentrique dite récurrente inv(5)(p13q13) est considérée de longue date comme un polymorphisme chez l’Homme (cf guide de bonne pratique de l’ACLF (p62-V2011)). Il a été rapporté qu’elle est transmise sur plusieurs générations sans conséquences reproductives mais les publications sont très rares. La question du diagnostic anténatal peut se poser en cas de découverte de cette inversion. Nous avons étudié précédemment 3 familles indépendantes pour identifier le ou les points de cassure des inversions du chromosome 5 de ces patients. Les points de cassure du bras p étaient similaires pour le bras p et très proches pour le bras q. Nous avons étudié récemment une quatrième famille non apparentée avec une inv(5)(p13q13) dont nous présentons les résultats. Méthode Nous avons découvert fortuitement une inv(5)(p13q13) chez une patiente en attente de Diagnostic Préimplantatoire pour une translocation réciproque chez son conjoint. Cette patiente a un phénotype normal elle a une sœur qui va bien et ses parents n’ont pas eu de trouble de la reproduction. La découverte a eu lieu pendant la mise au point des sondes de DPI Cytogénétique. Cette inversion a été identifiée ensuite chez sa sœur alors enceinte. Nous avons étudié cette inversion inv(5)(p13q13) par la technique de FISH et la technique de cartographie optique du génome (OGM-Bionano) suivant le protocole du fournisseur. Résultat : Les sondes de FISH ont été choisies avec les résultats de la caractérisation précédente des points de cassure, notamment les sondes RP11-767K03 et RP11-765G09 (5p13.1), et RP11-97L02 and RP11-157L21 (5q13.3). Les 2 techniques de FISH et OGM ont ainsi confirmé les points de cassure en 5p13.1 et 5q13.3. Les points de cassure sur les bras p et q sont similaires voir identiques aux précédents. L’intervalle [GRCh38] est (38 649 440 - 38 650 858) en 5p13 et (74 648 249 - 74 663 536) en 5q13.3. Les résultats de cette inversion inv(5)(p13q13) dans cette 4ème famille permet de la qualifier de récurrente. Conclusion: A notre connaissance il s’agit de la première description d’une inversion péricentrique du 5 récurrente dans un contexte de DPI. Nous avons montré que les points de cassure sont similaires ou très proches par rapport aux points de cassure de l’inversion péricentrique considérée comme polymorphique et jusque la non publiée sur le plan moléculaire. Dans ce contexte nous n’avons pas proposé de DPI pour cette inversion, le diagnostic prénatal pourra cependant être discuté.
Martine DOCO-FENZY (NANTES), Aurélien GAUTEUL, Guesh LEILA, Olivier PICHON, Alice YVARD, Emilie LANDAIS, Valérie KOUBI, Anne-Laure BAUDUIN, Tony YAMMINE, Nicolas GRUCHY, Marta SPODENKIEWICZ, Lucas HÉRISSANT, Philippe PILOQUET, Damien SANLAVILLE, Nicolas CHATRON, Stéphane BEZIEAU
00:00 - 00:00 #49423 - P405 Evaluation d’une stratégie sur les rebiopsies embryonnaires en DPI cytogénétique par FISH: revue de la littérature et expérience Nantaise.
Evaluation d’une stratégie sur les rebiopsies embryonnaires en DPI cytogénétique par FISH: revue de la littérature et expérience Nantaise.

Contexte : En cas d’échec de DPI cytogénétique au 3ème jour, une rebiopsie embryonnaire peut être effectuée au 5ème jour (J5). Celles-ci se pratiquent sur des embryons au stade de blastocystes nécessitant une congélation de l’embryon équilibré. Cette pratique nécessite une organisation contraignante tant au niveau du service d’AMP que du service de cytogénétique DPI. De nombreuses études dans la littérature montrent que ces rebiopsies sont le plus souvent positives augmentant le taux de naissance vivante chez les couples concernés. Cependant, certaines études démontrent que les processus de vitrification/revitrification et de double biopsie des embryons peuvent impacter leur développement et donc avoir un effet négatif notamment sur le taux de grossesse (études réalisées uniquement sur des blastocystes). Cependant aucun effet négatif n’a été noté sur la santé de l’enfant à naitre. Dans notre centre, nous ne procédons pas à des doubles vitrifications dans plus de 98% de nos cas, contrairement aux études publiées dans la littérature sur l’impact de celles-ci. À l’heure actuelle, aucune recommandation n’est établie en France sur la place et les indications des rebiopsies, peu d’études ont été rapportées sur le DPI cytogénétique par FISH et aucune requête n'est demandée dans les rapports annuels de l’ABM. Méthode : Notre centre a réalisé 4000 biopsies d’embryons pour un DPI cytogénétique de 2016 à 2024. Nous présentons les résultats d’une étude sur les 160 rebiospies réalisées au CHU de Nantes sur cette période, analysant : les indications de ces rebiopsies, leur impact sur le pourcentage de sauvetage, de naissances vivantes et sur l’organisation des services de cytogénétique et d’AMP. Nous avons procédé à une analyse rétrospective de l’ensemble des indications des rebiopsies et de leurs résultats de 2016 à 2024, puis une étude prospective depuis 2025 avec la définition de nouveaux critères d’indications de rebiopsie . Résultats : 50% des rebiospies étaient dues à l’absence de FISH sur J3, seulement 33% étaient équilibrés avec 13 transferts et aucune grossesse biochimique. Les autres motifs de rebiopsies étaient les embryons « non interprétables ». Il a été observé plus de 60% de sauvetage (embryons équilibrés) sur ces autres indications donnant lieu à 4 naissances et une grossesse clinique en cours. En conséquence nous avons décidé de ne plus proposer de rebiospie en cas de « no-FISH » à J3 étant donné leur faible impact positif sur les grossesses. Conclusion : Notre étude a permis de confirmer l’impact positif des rebiopsies embryonnaires en DPI cytogénétique par FISH et de préciser les contextes dans lesquels elles doivent être réalisées afin d’optimiser le nombre d’embryons disponibles pour un transfert. Cela permet la reclassification d’embryons initialement non diagnostiqués, tout en assurant une meilleure organisation entre les services d’AMP et de cytogénétique et en respectant nos délais et la qualité de nos résultats.
Valerie KOUBI (Nantes), Anne-Laure BAUDUIN, Aurélien GAUTEUL, Gaelle MELAYE, Thomas FREOUR, Jenna LAMMERS, Stephane BEZIEAU, Martine DOCO-FENZI
00:00 - 00:00 #49468 - P406 Syndrome de Rubinstein-Taybi : premier cas marocain portant un variant rare pathogène du gène CREBBP.
Syndrome de Rubinstein-Taybi : premier cas marocain portant un variant rare pathogène du gène CREBBP.

Le syndrome de Rubinstein-Taybi (SRT) est une maladie génétique rare, dont la prévalence à la naissance est estimée entre 1/100 000 et 1/125 000 nouveau-nés. Il se caractérise par une dysmorphie faciale distinctive, des pouces et orteils élargis, ainsi qu’un retard de croissance et du développement. Dans la majorité des cas, il est lié à des mutations du gène CREBBP, impliqué dans les mécanismes d’acétylation et jouant un rôle clé dans la régulation de l’expression génétique. Nous présentons ici le profil clinique et génétique d’un nouveau cas marocain atteint de SRT. Il s’agit d’un garçon de 7 ans, sans antécédents familiaux particuliers, présentant une dysmorphie faciale typique, un retard global du développement psychomoteur et du langage, des troubles du comportement, des malformations squelettiques et une cryptorchidie. L’analyse par séquençage de l’exome complet (WES) a mis en évidence un variant non-sens pathogène à l’état hétérozygote (NM_004380.3:c.1270C>T) du gène CREBBP. Ce dernier est associé au syndrome de Rubinstein-Taybi de type 1, de transmission autosomique dominante (OMIM : 180849). Le SRT présente une hétérogénéité génétique et aucune démarche diagnostic n’est établi. Chez notre patient, il s’agit d’un variant rare probablement d’origine germinal de novo, déjà décrit (ClinVar, Lovd), qui altère la fonction protéique (p.Arg424Ter). Sur le plan clinique, le patient présente un tableau typique. Une étude de ségrégation chez les parents a été proposé mais n’a pas été réalisée. Le Syndrome de Rubinstein Taybi étant hérité selon un mode autosomique dominant, un conseil génétique a été réalisé. À notre connaissance, il s’agit du premier cas de ce variant rare décrit au Maroc. Ce travail aidera dans la mise en place d’une démarche diagnostique de cette condition sous-estimée et sous-déclarée au Maroc.
Zineb FAKIR, Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49469 - P407 Premier cas marocain de duplication de la région 15q11-13 : profil clinique et génétique.
Premier cas marocain de duplication de la région 15q11-13 : profil clinique et génétique.

Le syndrome de duplication 15q11.2-q13 est une affection neurodéveloppementale rare, à transmission autosomique dominante. La région chromosomique 15q11-q13 renferme des gènes soumis à empreinte parentale, impliqués notamment dans les syndromes d’Angelman et de Prader-Willi. Sa prévalence est estimée entre 1/30 000 et 1/60 000 naissances. Nous rapportons ici le premier cas décrit au Maroc. Il s’agit d’une fillette de huit ans, sans antécédents familiaux particuliers, présentant un phénotype complexe associant dysmorphie faciale, retard staturo-pondéral, retard du développement psychomoteur, absence de langage, trouble du spectre autistique et déficience intellectuelle. L’analyse par séquençage de l’exome a mis en évidence une duplication hétérozygote pathogène de 9,0 Mb, localisée en 15q11.2q13.3 (NC_000015.10:g.(?_23129470)(32101347_?)), correspondant au syndrome de duplication 15q11-q13 (OMIM 608636). Cette région inclut un cluster de gènes soumis à empreinte, impliqués dans les syndromes d’Angelman (OMIM 105830) et de Prader-Willi (OMIM 176270). Ce syndrome présente une grande hétérogénéité clinique et génétique, avec une expressivité variable, ce qui rend l’établissement d’une démarche diagnostique standardisée difficile. Des duplications de novo ou héritées d’un parent ont été rapportées ; dans notre cas, une étude de ségrégation parentale pour déterminer l’origine et orienter le conseil génétique a été proposée mais n’a pas été réalisée. Notre observation contribue à enrichir les données cliniques et moléculaires disponibles, et souligne l’importance du diagnostic génétique dans l’orientation et la prise en charge des patients.
Zineb FAKIR, Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49489 - P408 Syndrome d’Alazami : nouvelle série de 22 patients et effet fondateur à La Réunion.
Syndrome d’Alazami : nouvelle série de 22 patients et effet fondateur à La Réunion.

Syndrome d’Alazami : nouvelle série de 22 patients et effet fondateur à La Réunion Introduction. Le syndrome d’Alazami (SA, MIM 615071) est une maladie autosomique récessive rare due à des variants pathogènes de LARP7, composant clé du complexe 7SK snRNP qui régule la pause transcriptionnelle de l’ARN polymérase II. Il associe classiquement un retard global de développement sévère, une microcéphalie, une petite taille, des particularités morphologiques et une dysplasie squelettique, avec des atteintes multisystémiques. Le rôle de la biologie des télomères dans le SA reste mal élucidé, avec un cas rapporté de télomères courts dans une famille. Nous présentons ici la plus grande cohorte de patients afin d’affiner le spectre phénotypique et moléculaire et d’explorer l’implication de la longueur télomérique dans le SA. Méthode. Dans le cadre d’une collaboration multicentrique, nous avons identifié 22 nouveaux individus issus de plusieurs familles avec le SA confirmé génétiquement par séquençage de l’exome (WES) ou du génome entier (WGS). Les données cliniques, radiographiques et moléculaires ont été recueillies de manière systématique. L’analyse de la longueur des télomères a été réalisée par qPCR et cytométrie en flux. Résultats. Tous les individus présentaient les caractéristiques communes du SA, incluant un déficit intellectuel sévère, une petite taille, et des anomalies craniofaciales typiques telles que la microcéphalie, un front proéminent et un rétrognatisme. Les anomalies squelettiques, en particulier un retard d’âge osseux, des malpositions des orteils et une scoliose, étaient fréquentes. Des signes additionnels comprenaient des difficultés alimentaires, des infections respiratoires récurrentes et des anomalies génito-urinaires. Les évaluations neurodéveloppementales ont montré une atteinte cognitive sévère avec un développement du langage absent ou très limité chez la majorité des patients, associé à des troubles du comportement chez tous sauf un, notamment des traits autistiques et une hyperactivité. Dix-sept variants différents ont été mis en évidence : 1 non sens, 1 faux sens, 2 variants d’épissage, 13 frameshift. Nous avons identifié l’existence d’un variant pathogène récurrent avec effet fondateur à La Réunion, L’analyse de la longueur des télomères n’a pour l’instant été réalisée que chez quatre individus et leurs parents, et n’a pas mis en évidence d’anomalies significatives. Conclusion. Cette étude élargit le spectre phénotypique du syndrome d’Alazami et fournit une caractérisation complète de ses manifestations cliniques. Les résultats soulignent l’atteinte multisystémique du SA, mettant en avant l’importance d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge multidisciplinaire.
Océane COUDRIEU (Clermont-Ferrand), Valentin RUAULT, Jean-Luc ALESSANDRI, Godelieve MOREL, Marie-Line JACQUEMONT, Marta SPODENKIEWICZ, Anaïs CALAYA, Caroline KANNENGIESSER, Thibaut BENQUEY, Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI, Frédéric TRAN-MAU-THEM, Véronique DUBOC, Pauline LE TANNO, Nicolas BRUNETTI-PIERRI, Élodie LAINEY, Valérie CORMIER DAIRE, Roseline CAUMES, Boris KEREN, Benjamin DAURIAT, Christophe PHILIPPE, Julien THEVENON, Isabelle CREVEAUX, Anne GUIMIER, Christelle DUBOURG, Paul ROLLIER, William DUFOUR, Gwenaël DR LE GUYADER, Pascaline LETARD, Marjolaine WILLEMS
00:00 - 00:00 #49504 - P409 Présentation clinico-biologique d’une patiente avec une délétion rare en 16q22.2q23.1.
Présentation clinico-biologique d’une patiente avec une délétion rare en 16q22.2q23.1.

Nous présentons le cas d’une patiente porteuse d’une délétion chromosomique rare impliquant la région 16q22.2q23.1. La patiente a été adressée en consultation de génétique à l’âge de 6 mois devant la persistance et l’aggravation de mouvements anormaux lors de l’alimentation, présents dès les premiers jours de vie. Une insuffisance cardiorespiratoire sur canal artériel associé à 2 CIA avait conduit à une hospitalisation en réanimation. Un retard psychomoteur était présent. Elle a, par la suite, été revue en consultation de génétique dans le cadre de son suivi, à 4 ans et 10 mois. Son évolution est marquée par un retard psychomoteur, avec une marche acquise à 2 ans, un retard de langage, des difficultés alimentaires, un retard de croissance et des particularités phénotypiques. L’ACPA a révélé une délétion d'environ 6.5 Mb, qui emporte une quarantaine de gènes répertoriés dans la base internationale OMIM. On ne retrouve pas de cas similaires dans les bases de données ni dans la littérature. D’autres délétions dans la même région ont été rapportées, mais certaines sont soit chevauchantes soit plus importantes que la sienne. Le syndrome de microdélétion 16q22 est répertorié dans OMIM (# 614541); il est associé à un retard de croissance chez le nourrisson, une croissance insuffisante, un retard du développement psychomoteur, une hypotonie et des caractéristiques dysmorphiques. Les caractéristiques phénotypiques et la taille des délétions du bras long du chromosome 16 sont variables, mais la délétion de la région 16q22 semble être déterminante pour les manifestations du syndrome. De nombreux cas ont été décrits avant l’avènement des techniques de caryotype moléculaire. Ainsi, la description de cas plus précis sur le plan moléculaire permet d’étayer la description phénotypique et ce, dans le but d’améliorer le conseil génétique et surtout la prise en charge des patients.
Houda KARMOUS-BENAILLY (nice), Véronique DUBOC, Alice VIEIRA, Agnès ANGELOZZI, Annabelle CHAUSSENOT, Véronique PAQUIS, Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI
00:00 - 00:00 #49521 - P410 Pathologies liées au gène UBE2A : de la déficience intellectuelle syndromique au syndrome polymalformatif.
Pathologies liées au gène UBE2A : de la déficience intellectuelle syndromique au syndrome polymalformatif.

Lors de sa première description en 2006 par Nascimento et son équipe, le phénotype lié au gène UBE2A associe une déficience intellectuelle avec épilepsie, anomalie de la substance blanche, dysmorphie, atteinte ectodermique et micropénis. Par la suite, des atteintes cardiaques, immunitaires et auditives, ophtalmologiques sont rapportées. Au total, il y a 62 patients porteurs de variant pathogène dans le gène UBE2A dans la littérature. A La Réunion, 2 patients ont un syndrome polymalformatif de révélation prénatale et un variant de signification incertaine dans le gène UBE2A. Le patient 1 est un nouveau-né masculin à 33SA + 3 jours dont l’histoire anténatale est marquée par une hyperclarté nucale, un fémur court, une fente labio-palatine, une cardiopathie, une atteinte rénale et un hydramnios. A la naissance, il est rapporté entre autres une dysmorphie, un micropénis, une cryptorchidie et des reins en fer à cheval. Son décès brutal à J13 de vie n’est pas expliqué. L’autopsie retrouve une hypoplasie de la fosse postérieure et une dysplasie cérébelleuse avec agénésie partielle du corps calleux. Un génome en trio post-mortem est réalisé. La mère du patient 2 a un antécédent de 5 fausse-couches spontanées. Le patient 2 est un fœtus masculin dont les échographies anténatales ont mis en évidence une hyperclarté nucale, un retard de croissance sévère et précoce, une cardiopathie, un corps calleux hypoplasique et des reins en fer à cheval. Le couple a souhaité faire un exome prénatal puis a finalement demandé une interruption médicale de grossesse faite à 21SA. L’examen foetoplacentaire permet d'apprécier de plus une dysmorphie et une fente vélaire. Ces patients portent le même variant de signification incertaine c.82C>T (p.Pro28Ser) du gène UBE2A situé sur le chromosome X, hérité de leurs mères asymptomatiques chez qui des analyses complémentaires ont montré un biais d'inactivation majeur du chromosome X. Nous décrivons pour la première fois 2 patients dont le diagnostic de pathologie liée à UBE2A n’a pas éte posé sur des inquiétudes neurodéveloppementales mais sur un syndrome polymalformatif de révélation prénatale. Dans la littérature, 5 patients sont décédés subitement de cause inexpliquée et une patiente a un antécédent de 6 fausse-couches en lien avec une délétion du gène UBE2A (de fœtus féminin sans biais d’inactivation de l’X ou de fœtus masculin). Il s’agit de la première description d’une hyperclarté nucale, d’un hydramnios, d’une fente labio-palatine et vélaire, d’un retard de croissance intra-utérin et d’une dysplasie cérébelleuse. Tous les autres signes ont déjà été rapportés chez un ou plusieurs autres patients. Ces deux observations ainsi que la revue de la littérature de 62 patients publiés permettent d’étendre le phénotype malformatif en lien avec UBE2A. De plus, cette pathologie semble être associée à un risque de mort subite et de fausse-couches spontanées.
Godelieve MOREL (La Réunion - St Denis), Jean-Luc ALESSANDRI, Marie-Line JACQUEMONT, Asma OMARJEE, Fanny FERROUL, Renaud TOURAINE, Sarah SNANOUDJ, Radoslava SARAEVA-LAMRI, Pauline MARZIN
00:00 - 00:00 #49560 - P411 Rencontre entre la génétique et l'immunologie : quand variant génétique et allo-immunisation plaquettaire expliquent un phénotype fœtal sévère et précoce.
Rencontre entre la génétique et l'immunologie : quand variant génétique et allo-immunisation plaquettaire expliquent un phénotype fœtal sévère et précoce.

La thrombopénie allo-immune fœtale et néonatale (TAFN) est une affection rare qui survient lorsqu’une femme enceinte développe une allo-immunisation contre des antigènes paternels exprimés par les plaquettes fœtales. Cette pathologie se caractérise par une sévérité clinique très variable, allant de simples manifestations cutanées à des hémorragies intracrâniennes sévères, potentiellement responsables de décès ou de séquelles neurologiques majeures. Les formes les plus graves concernent environ une naissance vivante sur 11.000 et dans ce cas, entraînent un décès périnatal dans près de 59% des cas. Nous rapportons ici le cas d’une interruption médicale de grossesse chez un fœtus masculin, adressé pour hydrocéphalie majeure secondaire à de multiples hémorragies intracrâniennes mises en évidence à l’IRM cérébrale (22 SA). L’examen fœtopathologique a montré une thrombose Sylvienne, une atteinte corticale diffuse avec de nombreux lacs hémorragiques récents et des stigmates d’hémorragies anciennes, accompagnée de foyers de nécrose prédominants en périventriculaires, ainsi que des signes d’ischémie dans certains organes. Devant ce phénotype, la principale hypothèse diagnostique était une forme sévère d’incompatibilité plaquettaire materno-fœtale. Le bilan immunologique parental a révélé une incompatibilité materno-fœtale au locus HPA-1, compatible avec une thrombopénie allo-immune. En l’absence d’analyses biochimiques effectuées sur le sang fœtal, la recherche du SNP c.176T>C du gène ITGB3 a été réalisée sur les données de l’exome en trio afin de confirmer cette hypothèse. Cette analyse a permis de montrer que le fœtus avait un génotype identique à celui de son père, incompatible avec celui de la mère, confirmant ainsi le diagnostic de TAFN. Face à ce phénotype fœtal sévère et peu classique, une investigation supplémentaire des gènes COL4A1 et COL4A2 a également été demandée. Le variant probablement pathogène (classe 4) c.1889G>A a été identifié au sein du gène COL4A1. Cette substitution faux-sens, survenue de novo, concerne une glycine conservée durant l’évolution et est prédite pathogène par les logiciels. En effet, les variants pathogènes de COL4A1, transmis sur un mode autosomique dominant, sont connus pour conférer une fragilité vasculaire importante, responsable d’anévrismes et/ou d’hémorragies cérébrales. En conclusion, l’association d’une TAFN liée à une incompatibilité HPA-1 et d’un variant probablement pathogène de COL4A1 rend compte du phénotype fœtal observé, en particulier de la sévérité et de la précocité des manifestations cliniques. Ce cas illustre l’intérêt d’une approche collaborative entre généticiens cliniciens, biologistes et fœtopathologistes, permettant d’affiner le diagnostic prénatal et d’orienter le conseil génétique.
Gladys BATTISTI (GOSSELIES, Belgique), Benjamin DASSY, Deniz KARADURMUS, Florence ARTS, Geoffroy SENTERRE, Aude TESSIER
00:00 - 00:00 #49568 - P412 Hémihypertrophie associée à un variant postzygotique dans MTOR.
Hémihypertrophie associée à un variant postzygotique dans MTOR.

Les variants pathogènes postzygotiques du gène MTOR sont responsables d’anomalies de pigmentation cutanée et d’anomalie du neurodéveloppement. La majorité des patients présentent une déficience intellectuelle (80%), une épilepsie (67%), des anomalies cérébrales à type de dysplasie corticale focale ou mégalencéphalie (1). Nous rapportons le cas d’une patiente de 3 ans adressée dans notre service pour une suspicion de syndrome de Beckwith Wiedemann devant une hémihypertrophie du membre inférieur droit isolée. L’examen des téguments montrait des lésions hypopigmentées de disposition segmentaire et ne suivant pas les lignes de Blaschko à la face postérieure du tronc. Son développement psychomoteur est normal pour l’âge et son IRM cérébrale ne montre aucune anomalie corticale ou anatomique. On note chez elle un retard de croissance statural à -2DS. Une analyse génétique sur biopsie cutanée en lésion hypopigmentée a mis en évidence le variant c.5930C>T, p.(Thr1977Ile) dans le gène MTOR en mosaïque sur 14,4% des lectures. Nous décrivons donc une présentation clinique atypique associée à un variant postzygotique du gène MTOR responsable d’une hémihypertrophie et des hypopigmentations sans anomalie cérébrale. Ce variant a été rapporté plusieurs fois en mosaïque entre 11% et 55% dans la peau chez des patients avec anomalies cérébrales (polymicrogyrie, mégalencéphalie, anomalie de myélinisation), déficience intellectuelle et/ou épilepsie (1) (2)(3). Cette description souligne l’importance de rechercher des anomalies en mosaïque, et d’analyser un autre tissu que le sang en cas d’atteinte unilatérale ou asymétrique. Elle permet également d’élargir le spectre phénotypique en rapportant une forme très modérée associé à la présence d’un variant postzygotique dans MTOR. (1) Carmignac V, Mignot C, Blanchard E et al. Clinical spectrum of MTOR-related hypomelanosis of Ito with neurodevelopmental abnormalities. Genet Med. 2021 Aug;23(8):1484-1491. doi: 10.1038/s41436-021-01161-6. Epub 2021 Apr 8. PMID: 33833411; PMCID: PMC8354853 (2) Handoko M, Emrick LT, Rosenfeld JA et al. Recurrent mosaic MTOR c.5930C > T (p.Thr1977Ile) variant causing megalencephaly, asymmetric polymicrogyria, and cutaneous pigmentary mosaicism: Case report and review of the literature. Am J Med Genet A. 2019 Mar;179(3):475-479. doi: 10.1002/ajmg.a.61007. Epub 2018 Dec 19. PMID: 30569621. (3) Mirzaa GM, Campbell CD, Solovieff N et al. Association of MTOR Mutations With Developmental Brain Disorders, Including Megalencephaly, Focal Cortical Dysplasia, and Pigmentary Mosaicism. JAMA Neurol. 2016 Jul 1;73(7):836-845. doi: 10.1001/jamaneurol.2016.0363. PMID: 27159400; PMCID: PMC4979321.
Cécile COURDIER (Bordeaux), Paul KUENTZ, Fanny MORICE-PICARD, Pascal BARAT, Chloé ANGELINI
00:00 - 00:00 #49585 - P413 Une maladie génétique peut en cacher une autre.
Une maladie génétique peut en cacher une autre.

Il s'agit du troisième enfant d'un couple non apparenté, né à terme par césarienne après une grossesse sans particularité. L’examen néonatal montre un poids à -3 DS, une taille à -2 DS, des particularités morphologiques (hypertélorisme, fontanelle antérieure large, microcéphalie, tâche mongoloïde étendue, une fente vélo-palatine. Le dépistage néonatal de la surdité est anormal. Le bilan malformatif montre des formations multikystiques corticales bilatérales au niveau des reins. À 2 mois, il existe une hypotonie axiale et le bilan auditif conclut à une surdité de transmission bilatérale liée à une probable otite séromuqueuse dans un contexte de fente vélaire sans pouvoir exclure une légère atteinte perceptive. Cette situation conduit à réaliser une analyse chromosomique par puce à ADN (CGH-array), qui met en évidence une délétion de 5,8 Mb en 4p16.3p16.2, responsable d'un syndrome de Wolf-Hirschhorn. Les caryotypes parentaux sont sans particularité. L’évolution clinique est marquée par un retard des acquisitions, le développement d’une cyphoscoliose à partir de l’âge de 6 mois, une crise convulsive en contexte fébrile à l’âge de 9 mois conduisant à instaurer un traitement par Lévétiracétam en raison d’un EEG anormal. Malgré la pose d’aérateurs trans-tympanniques, les manifestations ORL s’intensifient pour devenir permanentes (rhinorrhée avec otites à répétition, ronchopathie avec ronflement nocturne, troubles du sommeil). A l’âge de 18 mois lors de la réalisation d’un hémogramme, le frottis sanguin montre la présence de lymphocytes de Gasser, ces lymphocytes sont souvent associés à l’existence de maladies de surcharge lysosomale notamment les mucopolysaccharidoses (MPS). Après étude de la délétion présente chez l’enfant il apparait que le gène IDUA responsable de la MPSI est inclus dans cette délétion. Les analyses biochimiques (mucopolysaccharides urinaires, activité enzymatique alpha L-iduronidase) permettent le diagnostic de MPSI. S’agissant d’une maladie de transmission récessive autosomique, le séquençage du gène IDUA est effectué montrant une délétion totale de novo et la présence du variant pathogène c.1598C>G p.(Pro533Arg) d’origine paternelle. La mise en place du traitement enzymatique substitutif spécifique de la MPSI va permettre d’améliorer rapidement les manifestations ORL. La présence de la MPSI explique les manifestations ORL, la tâche mongoloïde étendue, la cyphoscoliose. Le SWH explique le RCIU à la naissance, la microcéphalie, le fente vélo-palatine, les kystes rénaux, l’épilepsie. Les 2 pathologies partagent la surdité, la petite taille et le trouble du neurodéveloppement. Cette observation rappelle l’importance de l’analyse du phénotype clinique pour ne pas négliger un diagnostic concomitant. De plus lorsqu'une délétion est mise en évidence, il est nécessaire d’analyser les possibilités de la présence d’une autre affection de transmission récessive autosomique.
Karla CIFUENTES URIBE (Bron), Fouilhoux ALAIN, Roseline FROISSART, Magali PETTAZZONI, Marianne TILL, Nathalie GUFFON
00:00 - 00:00 #49591 - P414 Syndrome de Beals diagnostiqué en anténatal : quand l’exome rassure le généticien mais inquiète le couple.
Syndrome de Beals diagnostiqué en anténatal : quand l’exome rassure le généticien mais inquiète le couple.

L’analyse de l’exome est aujourd’hui réalisée en routine en anténatal, permettant de poser plus de diagnostics, de donner des informations plus précises sur les conséquences cliniques à attendre et ainsi de laisser la liberté au couple de poursuivre ou non la grossesse. Toutefois, on peut se demander si ce type d’information est toujours bénéfique pour les futurs parents. Nous rapportons l’observation d’un couple reçu au cours de leur première grossesse à 26 semaines d’aménorrhée (SA) suite à la découverte chez le fœtus de mains crispées avec pieds en talus, d’une communication interventriculaire musculaire, d’une artère ombilicale unique et d’un shunt porto-ombilical extrahépatique. L’exome en trio a retrouvé le variant c.3467G>C dans le gène FBN2, survenu de novo, de classe IV, identifié à 31 SA. Les patients porteurs de variants dans FBN2 présentent un syndrome d’arachnodactylie congénitale avec contractures (OMIM 121050) appelé aussi syndrome de Beals. Ce syndrome de transmission autosomique dominante est un diagnostic différentiel du syndrome de Marfan néonatal sur la morphologie du nouveau-né, mais n’implique pas de risque cardio-vasculaire ou ophtalmologique majeur. Les principales complications sont une camptodactylie persistante, une dysplasie des oreilles, une scoliose et une possible dilatation aortique modérée mais avec risque de dissection faible. Il n’y a habituellement pas d’atteinte intellectuelle et la qualité de vie est préservée. D’après les quelques cas rapportés et selon notre propre expérience, l’évolution est plutôt favorable au long cours avec une amélioration globale, même s’il peut persister une gène fonctionnelle liée aux contractures. Il existe une grande variabilité d’expression clinique voire même une pénétrance incomplète. Il est possible que les formes néonatales soient susceptibles d’être plus sévères. En dépit d’une information considérée rassurante donnée au couple, celui-ci s’est orienté vers une interruption médicale de grossesse, acceptée du fait de la variabilité d’expression et du shunt extra-hépatique associé. Cet exemple illustre la complexité de l’information médicale à donner aux parents suite à l’identification d’un syndrome génétique de pronostic considéré comme « favorable ». La découverte d’une maladie génétique incurable associée au possible handicap résiduel était pour ce couple d’une particulière gravité. L’influence des informations disponibles au grand public et les incertitudes sur le phénotype échographique ont contribué au climat d’anxiété et à leur décision. L’apport diagnostique indiscutable de l’exome en anténatal (et ultérieurement du génome) nous interroge légitimement sur la possibilité de rassurer un couple en cas de syndrome de pronostic considéré favorable. L’atteinte intellectuelle semblant déterminante dans le pronostic n’est finalement pas le seul facteur de décision.
Romain GONFREVILLE-ROBERT (Nantes), Emilie AWAZU, Claudine LE VAILLANT, Bénédicte ROMEFORT, Dominique CALDARI, Sylvia REDON, Marie VINCENT
00:00 - 00:00 #49595 - P415 Caractérisation clinique des délétions interstitielles 12q14 : 8 nouveaux cas et revue de la littérature.
Caractérisation clinique des délétions interstitielles 12q14 : 8 nouveaux cas et revue de la littérature.

Les délétions interstitielles au locus 12q14 ont été initialement décrites en 2007 chez trois individus présentant une ostéopoecilie, une petite taille ainsi qu’un retard de développement. Par la suite, 22 individus avec des délétions impliquant au moins les régions 12q14.2 ou 12q14.3 ont été rapportés dans la littérature. La plupart d’entre eux présentaient un retard de croissance pré et postnatal, une déficience intellectuelle, des difficultés d’alimentation, une dysmorphie faciale, ainsi qu’une macrocéphalie relative chez certains faisant évoquer un syndrome Silver-Russel like. Notre étude vise à décrire le phénotype des individus présentant une microdélétion 12q14 afin d’identifier une éventuelle corrélation génotype-phénotype. Ainsi, une collaboration européenne nous permet de rapporter 8 nouveaux patients présentant une microdélétion chevauchante de cette région. De plus, nous avons réalisé une revue des patients décrits dans la littérature. Chez ces 33 patients, 84% des individus rapportés présentent un retard de croissance pré et/ou post natal compris entre -5 et -2DS avec une sensibilité variable au traitement par hormone de croissance. Les microcéphalies sont rapportées chez 50% et les macrocéphalies chez 9%. Cependant, une macrocéphalie relative est décrite chez environ un tiers. Un retard de développement psychomoteur prédominant sur le langage ainsi que des troubles du comportement sont fréquemment rapportés. Enfin, les individus semblent présenter des caractéristiques morphologiques communes comprenant un visage triangulaire, un front haut, un hypertélorisme ainsi qu’une lèvre supérieure fine. Ainsi, certains gènes candidats ont été rapportés tels que le gène HMGA2 (MIM#600698) associé au phénotype Silver-Russel like. Tous les individus porteurs d’une délétion de ce gène présentent un retard staturo-pondéral. Le gène USP15 (MIM#604731) est candidat pour les macrocéphalies. Cependant, nous rapportons le premier individu présentant une délétion de USP15 associée à une microcéphalie. Les délétions du gène LEMD3 (MIM#607844) sont décrites comme associées aux ostéopoecilies, des variations ponctuelles ayant par ailleurs déjà été rapportées. Concernant le retard de développement et les difficultés d’apprentissage, nous ne mettons pas en évidence de région minimale critique bien que les délétions impliquant la région d’USP15 soient fréquemment retrouvées chez des individus présentant des troubles du neurodéveloppement. Enfin, nous faisons l’hypothèse d’une région minimale critique de 0.9Mb, incluant 6 gènes OMIM, qui pourrait être impliquée dans les caractéristiques morphologiques communes chez certains patients. Au total, ces données précisent le phénotype des patients présentant une délétion 12q14.2q14.3 afin de permettre un suivi plus adapté chez ces individus. La description d’autres cas pourrait permettre de mieux définir une corrélation génotype-phénotype associée aux délétions de cette région.
Anaïs COUASNON (Caen), Nicolas GRUCHY, Elise SCHAEFER, Antonio Federico MARTÍNEZ MONSENY, Gema ESCRIBANO SERRANO, Jonathan LEVY, Xenia LATYPOVA, Neus BAENA DIEZ, Jana DRÁBOVÁ, Paul ROLLIER, Aline VINCENT
00:00 - 00:00 #49609 - P416 À la recherche des bases moléculaires du syndrome de Wildervanck.
À la recherche des bases moléculaires du syndrome de Wildervanck.

Le syndrome de Wildervanck, ou dysplasie cervico-oculo-acoustique, est une maladie congénitale ultra-rare, caractérisée par l’association de trois (ou deux) manifestations principales suivantes : une fusion des vertèbres cervicales (anomalie de Klippel-Feil), une paralysie externe bilatérale avec rétraction oculaire (syndrome de Duane) et une surdité neurosensorielle ou mixte. Les bases moléculaires du syndrome demeurent encore mal élucidées. Un excès de filles a été rapporté, faisant discuter d’une hérédité dominante liée à l’X. Le gène FGF13 localisé sur le chromosome X a été proposé comme gène candidat à partir d’un garçon présentant une microdélétion Xq26.3 en 2014, non confirmé sur une plus large cohorte. Dans le cadre du projet européen Solve-RD (Solving the Unsolved Rare Diseases), qui vise à identifier les bases moléculaires de syndromes cliniquement définis après séquençage de l’exome négatif, notre équipe a été en charge de coordonner l’étude du syndrome de Wildervanck au sein de la cohorte « Ultra-Rare ». L’analyse du génome (GS) a été réalisée pour de sept patients recrutés au sein des pays européens partenaires, atteints de syndrome de Wildervanck. Trois présentaient la triade complète et quatre une dyade, 3 garçons et 4 filles, avec un âge moyen de 12 ans. L’analyse du génome suivant les approches classiques n’a pas permis d’identifier de gène candidat. En particulier, nous n’avons pas identifié de variants dans le gène FGF13, ni dans les gènes impliqués dans le syndrome de Klippel-Feil (GDF6, GDF3, MEOX1 et MYO18B) ou le syndrome de Duane (CHN1, MAFB, SALL4, HOXA1, KIF21A et TUBB3). Il s’agit de la seule étude rapportant un séquençage du génome dans cette pathologie rare. La négativité de ces résultats pourrait justifier la poursuite des investigations par des analyses multi-omiques.
Joe MSALLEM (DIJON), Laurence FAIVRE, Lisenka VISSERS, Vicente YEPEZ, Holm GRAESSNER, Machteld OUD, Julien GAGNEUR, German DEMIDOV, Alice GOLDENBERG, Florence PETIT, Estelle COLIN, Ausra MATULEVICIENE, Laurence PERRIN, Leslie MATALONGA BORREL, Anddi-Solve-Rd CONSORTIUM, Yannis DUFFOURD, Ange-Line BRUEL, Christel THAUVIN, Antonio VITOBELLO, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON
00:00 - 00:00 #49610 - P417 Observatoire du diagnostic : mise à profit des nouvelles connaissances scientifiques et des progrès technologiques pour sortir de l’errance diagnostique.
Observatoire du diagnostic : mise à profit des nouvelles connaissances scientifiques et des progrès technologiques pour sortir de l’errance diagnostique.

La mise en place de l'observatoire du diagnostic au sein des Filières de Santé Maladies Rares (FSMR) a constitué une action majeure du Plan National Maladies Rares 3 (PNMR3), ayant pour ambition de réduire l'errance et l'impasse diagnostique. Le PNMR4 renforce cette dynamique en maintenant les actions des FSMR, avec la poursuite de l'observatoire et une demande accrue concernant le remplissage optimisé des données dans BaMaRa. Au cours du PNMR3, AnDDI-Rares a mis en œuvre 2 actions majeures dans ce cadre : la mise en place (i) du SDM-Génomique dans BaMaRa, permettant un recueil d'informations génomiques plus détaillées en lien avec les évolutions des technologies et (ii) un projet de recherche ciblé (divisé en 3 WP) pour identifier les patients en impasse diagnostique et candidats à la reprise des investigations : WP1 - étude rétrospective et prospective pour évaluer l’évolution des situations d’errance et d’impasse diagnostique au sein de la filière entre 2012 et 2022 sur une semaine de consultations tirée au sort, au regard de l’intégration des nouvelles technologies dans le soin, et des attentes des patients et des familles. Les inclusions sont terminées, les données en cours d’analyse et font l’objet d’une publication et d’une soutenance de thèse de médecine; WP2 - réévaluation des variations du nombre de copies (CNV) de signification inconnue sporadiques (VSI) (>1 Mb) identifiées par ACPA (en partenariat avec les laboratoires de l’ACLF et du réseau AChroPuce). Les inclusions sont terminées, les derniers résultats sont attendus pour finaliser l’analyse. Ce volet fait l'objet d’une thèse de médecine ; WP3 - sortir de l’errance diagnostique les patients présentant des syndromes emblématiques avec diagnostic clinique certain mais étude moléculaire négative via une analyse génomique et transcriptomique, en partenariat avec l’ANPGM. À ce jour, 14 patients ont été inclus sur les 30 attendus. Les projets WP1 et WP2 touchent à leur fin et dans le cadre du PNMR4 la filière AnDDI-Rares prévoit : un amendement au CPP pour finaliser le WP3; - L’extension du WP2 à des CNV VSI hérités d’un parent dit asymptomatique (>2 Mb en perte, >3 Mb en gain); - Un projet d’évaluation des patients adultes dans les centres ESSMS (établissements sociaux et services médico-sociaux). L’objectif est de démontrer l’intérêt de réaliser les bilans même à l’âge adulte, notamment sur la prise en charge et l’orientation/projet de vie du patient ; - Une optimisation du SDM-Génomique par la reprise en rétrospectif des patients sans diagnostic, en particulier ceux ayant bénéficié d’un examen pangénomique ces dernières années (période 2020-2023). À travers l’Observatoire du diagnostic, la filière AnDDI-Rares œuvre pour une médecine translationnelle et personnalisée. Elle associe expertise clinique, outils génomiques innovants tout en intégrant les dimensions éthiques et médico-économiques, dans le respect des besoins et préférences des patients et des familles.
Céline DAMPFHOFFER, David GENEVIEVE, Pascale SAUGIER-VEBER, Damien SANLAVILLE, Amélie PITON, Nicolas CHATRON, Valérie MALAN, Martine DOCO-FENZY, Estelle COLIN, Julien MARAVAL (Dijon), Laurent DEMOUGEOT, Helene CAVE, Laetitia LAMBERT, Elise SCHAEFER, Juliette PIARD, Yline CAPRI, Sandra WHALEN, Andrée DELAHAYE-DURIEZ, Marie-Line LACKMY-PORT-LIS, Odile BOUTE, Florence JOBIC, Benedicte DEMEER, Anne-Marie GUERROT, Aline VINCENT-DEVULDER, Marta SPODENKIEWICZ, Sylvie ODENT, Annick TOUTAIN, Bertrand ISIDOR, Céline POIRSIER, Dominique BONNEAU, Rodolphe DARD, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Radka STOEVA, Florence DEMURGER, Pauline MONIN, Patrick EDERY, Sabine SIGAUDY, Isabelle MAREY, Christine FRANCANNET, Renaud TOURAINE, Maude GRELET, Didier LACOMBE, Gwenaël LE GUYADER, Frederic BILAN, Olivier PATAT, Philippe KHAU VAN KIEN, Jeanne AMIEL, Judith MELKI, Pauline BOIROUX, Laura FEYEREISEN, Fatou NGOM, Julie SERVEL, Thi Thu CREUSVAUX, Sofiane KORCHI, Mathilde LAUBERT, Laurence BELLENGIER, Khouloud DOUZI, Maud CARPENTIER, Niki SABOUR, Aurore PELISSIER, Christine BINQUET, Réseau ACHROPUCE, Réseau ANPGM, Crmr Et Ccmr FILIÈRE DE SANTÉ ANDDI-RARES, Laurence FAIVRE
00:00 - 00:00 #49637 - P418 Bilan à 6 ans de la préindication « Maladies constitutionnelles du globule rouge » du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG 2025).
Bilan à 6 ans de la préindication « Maladies constitutionnelles du globule rouge » du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG 2025).

Introduction La préindication « Maladies constitutionnelles du globule rouge » concerne les impasses diagnostiques pour deux grandes entités physiopathologiques : (i) l’anémie et/ou l’hémolyse inexpliquée et (ii) la polyglobulie vraie. Après validation en RCP nationale, le séquençage du génome (WGS) est préférentiellement réalisé en trio (cas index, père, mère) sur l’une des 2 plateformes de séquençage au débit SeqOIA ou AURAGEN. L’objectif de ce travail est de dresser le bilan d’activité du STHD pour cette pré-indication après 6 ans de fonctionnement (2020-2025). Résultats Au total, 56 demandes ont été adressées, 18 pour SeqOIA et 38 pour AURAGEN. Elles se répartissaient en 33 dossiers d’anémie et/ou hémolyse inexpliquée et 23 dossiers de polyglobulie. Treize (10 d’anémie/hémolyse et 3 de polyglobulie) ont pu être résolus grâce au WGS. Parmi ces 13 dossiers, 4 auraient pu être résolus avant d’aller au génome (variant faux-sens sur des gènes des panels de 1ère intention : JAK2, HBB x2 et EPB42) mais 9 correspondaient en revanche à de « vraies victoires » du WGS: quatre cas d’anémie syndromique pédiatrique (gènes YARS1 x2, VPS4A et SARS2), une anémie sidéroblastique congénitale (gène TRNT1), deux cas de sphérocytoses héréditaires (variations introniques profondes ANK1), une anémie hypochrome avec splénomégalie (gène XIAP) et un cas de thrombose cérébrale multiple dans un contexte de polyglobulie (gène F2). Parmi les 43 résultats non conclusifs (i.e. sans diagnostic), 5 d’entre eux correspondaient à une recherche de facteur de gravité additionnel (anomalie génétique principale déjà caractérisée) tandis que des variations de signification indéterminée (VSI) ont été découvertes sur de nouveaux gènes-candidats dans 8 dossiers (3 cas d’anémie/hémolyse et 5 cas de polyglobulie dont un candidat intronique profond JAK2). Conclusion Après une montée en charge progressive des prescriptions, notre préindication a atteint sa vitesse de croisière et est désormais en capacité de rendre des résultats de génome en 3 à 6 mois, délai tout à fait acceptable pour les patients et les cliniciens. On note de francs succès sur le versant « anémie / hémolyse » avec les deux premiers cas de sphérocytose héréditaire causée par une variation intronique profonde. Très souvent cependant, l’anémie s’inscrivait dans un cadre syndromique plus large et n’était pas purement corpusculaire. Le bilan est plus mitigé concernant les polyglobulies pour lesquelles l’origine génétique est beaucoup plus difficile à établir en RCP. Le panel polyglobulie de base étant très exhaustif, seuls des VSI sur de nouveaux gènes-candidats de polyglobulie ont ainsi pu être retrouvés. Le bilan est néanmoins très encourageant avec un taux diagnostique global d’environ 20%. Ce rendement et le délai de l’errance diagnostique pourraient encore être améliorés si, après un premier panel ciblé négatif, le passage direct au séquençage du génome devenait systématique.
Philippe JOLY, Ariane LUNATI-ROZIE, Julian BOUTIN, Céline RENOUX (LYON), Louis LEBRETON, Victor MARIN, Serge PISSARD, Catherine POUZAT, Pablo BARTOLUCCI, Valentine BROUSSE
00:00 - 00:00 #49665 - P419 Description phénotypique du syndrome LUMBAR chez 5 nouveaux patients.
Description phénotypique du syndrome LUMBAR chez 5 nouveaux patients.

Contexte : Le syndrome LUMBAR (Lower body infantile hemangioma, Urogenital anomalies/hemangioma Ulceration, spinal cord Malformation, Bony deformity, Anorectal/Arterial anomalies, Renal anomalies) est un syndrome malformatif rare, également connu sous les acronymes SACRAL ou PELVIS, défini comme l’association d’un hémangiome infantile (HI) segmentaire et de malformations en regard, notamment urogénitales, médullaires, squelettiques, anorectales, et artérielles. Tous les cas décrits sont sporadiques. Le syndrome LUMBAR est considéré comme appartenant au spectre phénotypique du syndrome PHACE (Posterior fossa brain malformations, facial infantile Hemangioma, Arterial, Cardiac and Eye abnormalities), plus fréquent, qui associe un HI et des malformations du pôle céphalique. Aucune base génétique n’a, à l’heure actuelle, été identifié dans ces entités. Sur la base de chevauchements phénotypiques, il a récemment été suggéré que le syndrome LUMBAR puisse faire partie du groupe des « constellation récurrente de malformations embryonnaires », qui partagent une épisignature commune. Méthodes : Nous décrivons les caractéristiques phénotypiques de 5 patients présentant un syndrome LUMBAR, recrutés via le service de Neurochirurgie de l’hôpital Trousseau. Résultats : Il s’agit de 4 filles et 1 garçon, âgés de 18 mois à 17 ans. Une patiente a des antécédents familiaux notables (scoliose chez la mère et angiome plan hémifacial chez l’oncle maternel) ; par ailleurs, des jumeaux monozygotes sont rapportés dans deux familles. Concernant la période anténatale, on note une grossesse obtenue par FIV, un diabète gestationnel, deux diagnostics anténataux de dysraphisme. A l’examen, tous les patients présentaient un HI de la région lombosacrée et, plus ou moins, d’un membre inférieur (3/5). Une deuxième anomalie cutanée était décrite chez 3/5 patients (angiome plan ou pertuis lombaire). Tous les patients présentaient un lipome du cône médullaire, associé chez un patient à un angiolipomyélocystocèle. Une malformation rénale était présente chez 2/5 patients (dilatation des cavités pyélocalicielles, agénésie rénale unilatérale). 3 patients présentaient une anomalie squelettique vertébrale, sacrée et/ou iliaque (scoliose, anomalie de segmentation complexe, hypoplasie iliaque, hémi-agénésie sacrée). Des malformations des organes génitaux externes concernaient 2/5 patients (ectopie testiculaire, hypoplasie d’une grande lèvre). Tous les patients avaient un développement psychomoteur et intellectuel normal. Au total, cette série permet de mettre en lumière les caractéristiques cliniques et d’anamnèse du syndrome LUMBAR. Des prélèvements sanguins et tissulaires effectués dans le cadre de la prise en charge neurochirurgicale permettront la poursuite des explorations génétiques (méthylome, séquençage haut débit de génome) dans l’optique d’une meilleure compréhension des causes et mécanismes physiopathologiques sous-jacents.
Chloé WARGNY, Timothée DE SAINT DENIS, Hina SIMONNET, Delphine HERON, Paul KUENTZ, Antonio VITOBELLO, Daphné LEHALLE (PARIS)
00:00 - 00:00 #49667 - P420 Variant faux-sens hérité dans le gène ACTG1 causant un syndrome de Baraitser-Winter avec omphalocele chez mère et fille.
Variant faux-sens hérité dans le gène ACTG1 causant un syndrome de Baraitser-Winter avec omphalocele chez mère et fille.

Le syndrome de Baraitser-Winter (BRWS1-2; OMIM #243310, #614583) est un syndrome caractérisé par une dysmorphie faciale, une déficience intellectuelle de degré variable et malformations congénitales. BRWS1 est causé par des mutations faux-sens dans le gène ACTB (OMIM *102630) et BRWS2 dans le gène ACTG1 (OMIM *102560). Variants hétérozygotes pathogènes dans le gène ACTG1 causent également une hypoacusie progressive isolée (Deafness, Autosomal Dominant 20, OMIM #604717). Les deux gènes codent pour deux isoformes des types d'actine (Beta-actine et Gamma-actine, respectivement) exprimées de manière ubiquitaire. Les deux isoformes sont conservées et presque identiques : elles diffèrent par quatre acides aminés biochimiquement similaires dans les 10 résidus N-terminaux. Phénotypes variables chez des patients présentant les mêmes variants ont été décrits. Dans la littérature un défet de la paroi abdominale e a été observé chez une minorité des patients (diastase recti n=1, omphalocele n=1). Nous rapportons deux patients, mère et fille, âgés de 42 et 6 ans respectivement, avec omphalocèle. La fille a été référée pour une histoire en époque prénatale de pyélectasie monolatérale et omphalocèle en région épigastrique opéré en époque postnatale (3 cm), retard psychomoteur (marche à 15 mois, premiers mots à 17 mois) avec retard de langage. Le bilan neuropsychologique réalisé à 5 ans montrait de troubles spécifiques mixtes du développement. Au niveau dysmorphique elle présente facies triangulaire, sourcils arqués, strabisme convergent, hypertélorisme, dystopie des cantus internes, paupières allongées et orientées vers le haut, narines antéversées, filtrum allongé, columelle courte, lèvre supérieure fine, diastèmes dentaires multiples, laxité ligamentaire, télétélie, pectus excavatum. Une IRM cérébrale est en programme. La mère présentait hirsutisme, hypoacousie bilatérale appareillée et trait dysmorphiques subtiles: facies triangulaire, sourcils arqués, filtrum allongé, lèvre supérieure fine. Au niveau familiale maternelle, il n’y a pas d’autres anomalies rapportées. L’analyse chromosomique traditionnelle et sur puce ADN (SNParray) n’a pas retrouvé de déséquilibre génomique chez la fille. Le séquençage d’exome (Clinical Exome Sequencing) en duo a mis en évidence un variant hétérozygote faux-sens hérité de la mère: NM_001614.5(ACTG1):c.1003C>T (p.Arg335Cys), prédit délétère et classifié comme probablement pathogène. Une substitution d'acide aminé différente dans le même résidu (c.1004G>A, p.Arg335His de novo) dans le gène ACTG1 a été rapportée chez un patient avec BRWS2 et dans le gène ACTB chez un fetus présentant hygroma kystique et omphalocèle (c.1004G>A, p.Arg335His de novo) avec diagnostic post-mortem de BRWS1. Ces deux cas (mère et fille avec AGTC1-BRWS2), présentant omphalocèle en époque prénatale, montrent un signe rare et atypique du BRWS. Ce syndrome doit être considéré devant un omphalocèle apparemment isolé en époque anténatale.
Enrica MARCHIONNI (Rome, Italie), Chiara MINOTTI, Nunzia PIUMELLI, Valentina FERRADINI, Cinzia GALASSO, Luigi MAZZONE, Federica SANGIUOLO, Giuseppe NOVELLI
00:00 - 00:00 #49676 - P421 Variabilité intrafamiliale de RASA1 : de l’anasarque fœtale à la MAV cérébrale, un diagnostic révélé uniquement par génome.
Variabilité intrafamiliale de RASA1 : de l’anasarque fœtale à la MAV cérébrale, un diagnostic révélé uniquement par génome.

Le gène RASA1 (OMIM *139150) code la protéine p120-RasGAP qui régule négativement la voie de signalisation RAS/MAPK en interaction avec le récepteur EPHB4 dans l’endothélium vasculaire (Henkemeyer et al., 1995). Les variants pathogènes de RASA1 sont responsables du syndrome CM-AVM1 (Capillary Malformation – ArterioVenous Malformation 1), une maladie autosomique dominante à expressivité clinique variable, souvent héritée de parents pauci-symptomatiques (Revencu et al., 2008). Ce syndrome se caractérise typiquement par des malformations capillaires multifocales associées à des malformations artérioveineuses (MAV) de haut débit touchant la peau, la moelle épinière ou le système nerveux central (Eerola et al., 2003). Nous rapportons le cas d’une famille porteuse d’un variant hétérozygote pathogène de RASA1 (NM_002890.3:c.1075C>T; p.(Gln359Ter)) identifié grâce au séquençage du génome en trio. Deux cas index de cette famille avaient bénéficié d’un séquençage de l’exome réalisé dans deux laboratoires différents et interprétés non conclusifs. Le premier cas index a présenté à 32SA+4 un tableau d’anasarque fœtale nécessitant la pose d’un drain thoracique fœtal, sans variant causal identifié par analyse de l’exome anténatal avec stratégie en trio. La patiente a évolué vers une forme sévère néonatale avec chylothorax récidivant malgré drainage thoracique et introduction de somatostatine, associé à une ascite. Dans ce contexte réanimatoire, un FAST génome a été réalisé mettant en évidence un variant pathogène hétérozygote de RASA1 hérité de la mère. Ce variant est compatible avec le spectre des atteintes lymphatiques et vasculaires rarement décrites dans CM-AVM1 d’expression prénatale à savoir des chylothorax, des ascites ou des anomalies du drainage lymphatique central (Mologousis et al., 2023). Sa cousine, fille de la tante maternelle était suivie pour une malformation artérioveineuse cérébrale pariétale droite symptomatique ayant nécessité une embolisation. L’analyse de l’exome réalisée dans un autre laboratoire diagnostique chez cette patiente n’avait pas été contributive. La relecture a posteriori des deux exomes a retrouvé le variant RASA1 avec une mauvaise couverture. Cette discordance s’explique d’une part par la faible couverture locale de la région cible lors de la capture, qui a conduit à une profondeur de lecture insuffisante. D’autre part, la faible valeur allélique (VAF à 9% chez le premier cas index) liée à un déséquilibre d’amplification et à un bruit de fond élevé qui a rendu l’appel du variant peu fiable. Les séquençages Sanger ont confirmé la présence des variants et le rétro phénotypage chez les mères retrouve des angiomes cutanés discrets. Cette observation illustre la variabilité intrafamiliale majeure des CM-AVM1 et l’importance du séquençage du génome lorsque l’exome est non contributif, en raison de défauts de couverture selon les techniques utilisées pour le séquençage, particulièrement devant ce type de présentation clinique.
Amel BOUCHATAL - BERRAHOU (bordeaux), Camille PORTERET, Fanny MORICE-PICARD, Gwenael LEGUYADER, Lucile CEJUDO, Tanguy NICLASS, Caroline ROORYCK THAMBO
00:00 - 00:00 #49679 - P422 Diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) : état de l’art et questions éthiques.
Diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) : état de l’art et questions éthiques.

La révision de la loi de bioéthique de 2021 a (ré)ouvert la question de l’autorisation du DPI-A dans le parcours d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP). Si le cadre juridique est finalement demeuré inchangé, la Fédération Française de Génétique Humaine a décidé de mettre en place un groupe de réflexion sur cette question. Rappelons que le DPI-A est une technique complémentaire à la technique de fécondation in vitro. Elle a pour objet d'identifier les embryons euploïdes, considérés, a priori, comme plus aptes à donner lieu à une grossesse évolutive et une naissance vivante. Interdite en France, la technique est au contraire largement disponible à l’étranger, de manière toutefois très hétérogène. En effet, dans certains pays, aucun cadre légal n’existe quant à son utilisation alors qu’elle est réglementée voire interdite dans d’autres. Selon les pays, l’accès au DPI-A peut être proposé à l’ensemble des patients ou restreint à certaines populations. Enfin, certains Etats financent tout ou partie des analyses tandis qu’ailleurs elles sont exclusivement à la charge des patients. Lors de la révision de la loi bioéthique, plusieurs parties prenantes ont soutenu la légalisation du DPI-A. Notamment, le collectif BAMP! souhaitait une ouverture du DPI-A principalement pour des raisons d’efficacité technique et de non-malfaisance. Les travaux parlementaires révèlent toutefois que des interrogations sur l’efficacité réelle du DPI-A subsistent. Par exemple, la question du mosaïcisme embryonnaire, qui est au cœur du débat scientifique sur le DPI-A et pour lequel les recommandations des sociétés savantes ont beaucoup évolué. Ces interrogations ont convaincu les parlementaires de ne pas modifier le cadre légal et d’attendre les résultats de la recherche. En effet, un projet hospitalier de recherche était alors en cours. Mais, la fondation Jérôme Lejeune, qui estime que le DPI-A pose des problèmes scientifiques et éthiques a par la suite entamé des poursuites judiciaires contre ce projet et obtenu l’annulation des autorisations délivrées précédemment. Sur le plan scientifique, le DPI-A fait l’objet d’un grand nombre de publications mais beaucoup de travaux présentent des limites importantes. A ce jour, seules deux études prospectives randomisées sont considérées comme faisant référence par les sociétés savantes. Celles-ci n’ont pas mis en évidence d'amélioration significative des taux de grossesses évolutives et de naissances vivantes. Les études portant sur les femmes d’âge maternel avancé ne montrent pas non plus de différence significative en termes de naissance vivant. Elles montrent, par contre, une amélioration du délai d’obtention d’une naissance vivante. Enfin, il n’y a pas, à ce jour, de bénéfice démontré chez les patientes ayant présenté des fausses couches à répétition. Cet état de l’art repose sur un travail bibliographique de la littérature scientifique et juridique ainsi que sur les prises de position du milieu associatif.
Marie-Laure MAURIN (Paris), Guillaume COGAN, Radu HARBUZ, Gaelle MELAYE, Elsa SUPIOT
00:00 - 00:00 #49699 - P423 Première description anténatale d’une variation pathogène du gène KDM5C chez un fœtus de sexe féminin.
Première description anténatale d’une variation pathogène du gène KDM5C chez un fœtus de sexe féminin.

Introduction : Les variations pathogènes du gène KDM5C représentent l’une des principales causes de déficience intellectuelle (DI) modérée à sévère. Il s’agit d’une forme rare de DI liée à l’X, avec seulement 35 variants pathogènes rapportés à ce jour. Chez les hommes atteints, le tableau clinique associe généralement un retard intellectuel modéré à sévère, une épilepsie, des troubles du comportement, une dysmorphie faciale spécifique, ainsi qu’une petite taille. En revanche, chez les femmes porteuses, le phénotype clinique et la pénétrance sont plus variables, en lien avec le mécanisme d’inactivation aléatoire du chromosome X. En raison de ce phénotype majoritairement neurodéveloppemental, le diagnostic de cette pathologie est habituellement postnatal en l’absence d’antécédents familiaux. Résultats : Nous rapportons ici à notre connaissance la première description anténatale d’une variation du gène KDM5C, identifiée par un exome en trio chez un fœtus de sexe féminin, dans un contexte d’hydramnios sévère et de malposition des pieds en hyperflexion avec une camptodactylie observés à partir du terme de 32 semaines d’aménorrhée et 4 jours. Il s’agit d’une variation faux-sens de novo, non répertoriée dans les bases de données de populations contrôles, et localisée dans un domaine catalytique de la protéine. Cette variation a été classée comme probablement pathogène (classe 4), sur la base des arguments moléculaires. Discussion : Chez un fœtus de sexe féminin, le risque de DI associé à cette variation est estimé à 50 %. Les femmes porteuses symptomatiques peuvent également présenter des troubles endocriniens, des troubles du langage expressif, ainsi que des troubles de l’identité. Le couple a formulé une demande d’interruption médicale de grossesse (IMG), qui a été jugée recevable. L’examen fœtopathologique a mis en évidence en plus de la malposition des pieds observés par les échographies, des traits dysmorphiques, ainsi qu’une hypoplasie de la moelle épinière, éléments soutenant l’hypothèse d’un phénotype syndromique lié à la variation identifiée. Conclusion : Cette observation permet d’élargir le spectre phénotypique associé aux variations du gène KDM5C, en intégrant des anomalies pouvant être détectées en période prénatale.
Malek BOUASSIDA (Poissy), Bénédicte GÉRARD, Igor DERYABIN, Thibaud QUIBEL, Fairouz KORAICHI, Athanasios XERRAS, Christel THAUVIN, Denise MOLINA-GOMES
00:00 - 00:00 #49706 - P424 De l’intérêt des remaniements des régions non codantes : présentation d'un cas et revue de la littérature des délétions des régions promotrices de MEF2C.
De l’intérêt des remaniements des régions non codantes : présentation d'un cas et revue de la littérature des délétions des régions promotrices de MEF2C.

Introduction : Les variants mono-alléliques pathogènes de « type perte de fonction » du gène MEF2C (5q14.3), facteur de transcription crucial pour le développement cérébral, sont responsables de troubles sévères du neurodéveloppement (TND) (OMIM#613443). Alors que l’impact des variants tronquants et des délétions impliquant la région codante est bien caractérisé, le rôle pathogène des remaniements des régions régulatrices en amont du gène est un mécanisme émergent encore à élucider (Redin et al., 2017 ; D'Haene et al., 2019). Méthode : Le séquençage du génome en trio a été réalisé sur de l’ADN lymphocytaire au laboratoire SeqOIA après recrutement du patient dans la pré-indication « déficience intellectuelle ». Résultat : Notre patient est âgé de 14 ans et issu de parents non apparentés, avec des antécédents familiaux de maladie de Parkinson chez le grand-père paternel. Il a comme antécédent néonatal la découverte d’une cardiopathie congénitale. L’évolution est marquée par l’apparition d’un retard du langage et de crises convulsives, avec un diagnostic d’un trouble du spectre autistique (TSA) associé à une déficience intellectuelle (DI) modérée. L’examen clinique a montré un strabisme, une scoliose et un périmètre cranien à +2.3 DS. L’IRM cérébrale a montré une leucomalacie occipitale. Les explorations génétiques (CGH-array, séquençage ciblé du gène SCN1A) n’ont pas mis en évidence d’anomalies notables. L’analyse du génome a montré la présence d'une délétion de la région génomique 5q14.3 à l’état hétérozygote d'une taille d’environ 8.3 kb. Cette délétion est survenue de novo. Elle est absente des bases de données de polymorphismes (DGV, gnomAD SV V4) et chevauche partiellement la région promotrice du gène MEF2C. Discussion : Notre cas représente le 3ème cas et la plus petite délétion de la région promotrice MEF2C. La revue de la littérature identifie deux cas similaires porteurs de délétions comprenant le promoteur et la région 5'UTR du gène MEF2C et présentant un tableau TND. Cette délétion du promoteur altère l'expression du gène, potentiellement en perturbant l'architecture chromatinienne (TADs) ou l'activité transcriptionnelle. Pour confirmer définitivement son impact, une analyse fonctionnelle par séquençage d'ARN sur sang périphérique est en cours afin de quantifier l'effet de la délétion sur les niveaux d'expression des transcrits de MEF2C et les éventuelles modifications de son épissage alternatif. Ce cas clinique souligne l'importance de l'analyse des régions régulatrices dans le diagnostic des TND.
Hamza HADJ ABDALLAH, Thomas COURTIN, Zaina AIT ARKOUB, Ilyas CHALLET, Julie STEFFAN, Valérie CORMIER-DAIRE, Giulia BARCIA (Paris)
00:00 - 00:00 #49714 - P425 Syndrome de Van Den Ende-Gupta : nouveau variant du gène SCARF2 chez un patient marocain.
Syndrome de Van Den Ende-Gupta : nouveau variant du gène SCARF2 chez un patient marocain.

Introduction : Le syndrome de Van Den Ende-Gupta (VDEGS, OMIM : 600920) est une affection héréditaire autosomique récessive extrêmement rare, décrite pour la première fois en 1992. Ce syndrome présente une incidence estimée à environ 1 cas pour 1 000 000 de naissances vivantes. Il se caractérise principalement par des anomalies crâniofaciales et squelettiques, avec une croissance et un développement normal. Le VDEGS est dû à des variants homozygotes du gène SCARF2 qui code un récepteur Scarvenger impliqué dans le développement de divers tissus. Ce travail décrit le cas d’un patient porteur d’un nouveau variant du gène SCARF2. Il s'agit du premier cas de syndrome VDEG rapporté au Maroc et en Afrique du Nord. Observation : Nous présentons le cas d'un enfant de 12 ans, fils unique de parents non apparentés, sans antécédents familiaux de maladies héréditaires, suivi au service de génétique médicale du CHU Mohammed VI d’Oujda pour un syndrome dysmorphique caractéristique (scaphocéphalie, visage triangulaire, blépharophimosis, microrétrognathie…), associé à des anomalies squelettiques. Son développement psychomoteur était normal. Les radiographies du squelette ont objectivé un défaut du remodelage osseux. L’analyse moléculaire par séquençage nouvelle génération a identifié un nouvel variant du gène SCARF2(NM_182895.5): c.1306+1G>A(p.?) à l’état homozygote. L’étude de la ségrégation familiale a montré la présence de ce variant à l’état hétérozygote chez les deux parents, ce qui explique la symptomatologie présentée par le patient et confirme le diagnostic. Discussion : Le syndrome de Van Den Ende-Gupta est une maladie génétique monogénique rare, à transmission autosomique récessive, caractérisée par des manifestations crâniofaciales et squelettiques, notamment un blépharophimosis, une hypoplasie malaire et maxillaire, un nez caractéristique, une arachnocamptodactylie et des os longs et fins des mains et des pieds. Il est associé à une mutation homozygote du gène SCARF2 (Scarvenger Receptor Class F Member 2), un gène à 11 exons, situé sur le chromosome 22 en q11.21. Le gène SCARF2 code une protéine transmembranaire impliquée dans le développement embryonnaire, notamment du squelette et des tissus conjonctifs. Le diagnostic de ce syndrome repose sur une combinaison de signes cliniques caractéristiques et de confirmations génétiques. Nous rapportons le premier cas marocain de syndrome de Van Den Ende-Gupta avec une nouvelle variante intronique homozygote du gène SCARF2, classée probablement pathogène (classe 4 selon les critères de l’ACMG). Ce cas souligne l’importance d’un examen clinique minutieux et de l’analyse moléculaire dans l’identification des maladies génétiques dysmorphiques rares. Conclusion : Ce cas illustre l’apport de l’analyse génétique dans la confirmation diagnostique des syndromes dysmorphiques rares et enrichit le spectre mutationnel connu du gène SCARF2, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du syndrome de Van Den Ende-Gupta.
Kaoutar AHMIDOUCH (Oujda, Maroc), Khawla ZERROUKI, Jihane AHMIDI, Fatima Ezzahra AOUNI, Ayad GHANAM, Mariam TAJIR
00:00 - 00:00 #49715 - P426 Syndrome de Myhre révélé par le scanner des rochers : une présentation atypique évoquant une otospongiose juvénile.
Syndrome de Myhre révélé par le scanner des rochers : une présentation atypique évoquant une otospongiose juvénile.

Le syndrome de Myhre est une affection génétique très rare (<1/1 000 000), en lien avec des variants pathogènes mono-alléliques du gène SMAD4. Le phénotype associe typiquement une petite taille, une dysmorphie faciale caractéristique, une brachydactylie, une peau épaissie d'aspect cartonné, des anomalies squelettiques, une pseudo-hypertrophie musculaire, une raideur articulaire, une hypoacousie et une déficience intellectuelle de sévérité variable. Son évolution est progressive, les maladies respiratoires restrictives ou obstructives, la péricardite et l’atteinte laryngotrachéale constituent les principales causes de morbidité. Nous rapportons le cas d’un patient adressé pour le bilan d’une surdité bilatérale mixte. Le scanner des rochers montrait une déminéralisation importante de la capsule otique, interprétée comme une otospongiose juvénile. Nous avons reçu ce patient au CRMR surdités génétiques. Cliniquement, ce jeune homme présentait une petite taille (−2 DS), une dysmorphie crânio faciale, un morphotype pseudo-athlétique, une peau cartonnée, une brachydactylie et des clinodactylies, sans difficulté scolaire, laissant suspecter un syndrome de Myrhe. L’analyse d’un panel de gènes impliqués dans les surdités (CHRU Lille) a identifié une variation probablement de novo dans SMAD4 c.1486C>T p.(Arg496Cys) (non héritée de la mère ; père non disponible au moment de la rédaction de cet abstract). Ce variant pathogène est bien documenté dans ClinVar et dans plusieurs cohortes, et constitue l’un des plus fréquents du syndrome de Myhre (≈38 % des cas, Lin 2024). Dans la littérature, la surdité dans le syndrome de Myrhe est fréquente (≈ 55–70 %), bilatérale, de type transmissionnelle ou mixte, parfois neurosensorielle, apparaissant le plus souvent dans l’adolescence (Yang 2022 ; Lin 2024). Son mécanisme est souvent incertain, les données radiologiques disponibles dans la littérature sont rares. Chez notre patient, l’évolution auditive montre une aggravation progressive jusqu’à une surdité mixte, sévère et bilatérale sur le dernier contrôle en 2025. Les déminéralisations se sont accentuées sur le scanner des rochers de contrôle. Il bénéficie désormais d’un suivi multidisciplinaire incluant généticien, ORL, cardiologie, pneumologie et rhumatologie. Ce cas relate un parcours atypique menant au diagnostic de syndrome de Myrhe, avec comme point d’appel majeur une surdité avec déminéralisation massive péri-labyrinthique. Il souligne l’importance du bilan génétique dans la surdité, du recours à l’imagerie dans leur exploration et l’intérêt d’un diagnostic précoce permettant un suivi multidisciplinaire adapté. Références : Yang J, Duan H, Zuo Y, et al. Natural history of Myhre syndrome: a multicenter study of 56 patients. Orphanet J Rare Dis. 2022;17(1):80. doi:10.1186/s13023-022-02219-7 Lin AE, Garavelli L, Williams MS, et al. Emergence of the natural history of Myhre syndrome. Genet Med. 2024;26(1):100005. doi:10.1016/j.gim.2023.100005
Pauline NIETO, Olivier GRUNEWALD, Marie Noelle CALMELS, Victoria GRANIER, Delphine DUPIN-DEGUINE (TOULOUSE)
00:00 - 00:00 #49727 - P427 BRCA2 : un train peut en cacher un autre….
BRCA2 : un train peut en cacher un autre….

La maladie de Fanconi est une maladie génétique rare multisystémique caractérisée par une insuffisance médullaire progressive associée à des malformations congénitales et un risque élevé d'hémopathies myéloïdes et de tumeurs solides. Elle est hétérogène sur le plan génétique, pouvant être causée notamment par des variants bialléliques dans plusieurs gènes de réparation de l’ADN, dont BRCA2. Nous rapportons le cas d’une récurrence d’un syndrome polymalformatif chez deux fœtus issus d’un couple originaire du Cap-Vert. L’analyse du génome réalisée dans le cadre du plan France Médecine Génomique chez le premier fœtus sur ADN conservé d'une interruption médicale de grossesse en 2018 a révélé un variant pathogène homozygote c.632-3C>G du gène BRCA2, responsable de la maladie de Fanconi, compatible avec le phénotype foetal. Le diagnostic a été posé alors que la patiente était à nouveau enceinte, avec une récidive d’anomalies malformatives. Nous avons pu réaliser une analyse ciblée sur liquide amniotique, confirmant la récidive de la maladie de Fanconi et permettant ainsi au couple de prendre une décision éclairée concernant une nouvelle interruption médicale de grossesse. Ce cas illustre l’importance du séquençage du génome dans l’amélioration de la prise en charge diagnostique en prénatal. En effet, le phénotype fœtal n’étant pas très spécifique d’un Fanconi notamment en l’absence d’anomalie radiale associée, le dossier était en errance diagnostique avant la réalisation du génome. Il souligne également les enjeux du conseil génétique en raison de « la donnée incidente » qui découle du diagnostic primaire. En effet, le couple est porteur hétérozygote du variant dans BRCA2, en plus de leur risque de récurrence de 25 % d'avoir un enfant atteint, ils sont également prédisposés à développer des cancers (sein, ovaire et prostate). Il est également nécessaire d’élargir l’enquête dans leurs deux familles respectives. L’interrogatoire repris à posteriori a révélé des antécédents de cancers du sein dans la famille maternelle de la patiente. Enfin, nous mettons en avant l’apport de l’examen fœtopathologique couplé à l’analyse génomique pour optimiser le rendement diagnostique des syndromes malformatifs fœtaux.
Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI (Nice), Morgane PLUTINO, Floriane SCHNEIDER, Laetitia D'ANGELO, Sara HALAWI, Amandine BOUREAU-WIRTH, Houda KARMOUS-BENAILLY, Véronique DUBOC, Melanie PAGES, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER
00:00 - 00:00 #49748 - P428 Deux variants pathogènes chez un couple consanguin avec antécédents d’enfants décèdés avec hydrocéphalie.
Deux variants pathogènes chez un couple consanguin avec antécédents d’enfants décèdés avec hydrocéphalie.

L’hydrocéphalie malformative de l’enfant est une affection relativement fréquente, souvent diagnostiquée dès la période néonatale, caractérisée par une présentation clinique variable et un pronostic inconstant. Cependant, elle ne représente qu’un signe d’appel de processus physiopathologiques divers correspondant à des étiologies variées, acquises ou génétiques. Nous rapportant le profil génétique d’un couple avec antécédent d’enfants décèdés dans un tableau d’hydrocéphalie létale. Il s’agit d’un couple consanguin au 1ére degré qui a eu deux décès de deux enfants après leur naissance (à 7 jours de vie et 5 mois de vie) suite à un tableau clinique similaire dominé par l’hydrocéphalie triventriculaire asymétrique laminant le parenchyme cérébral, d’origine passive. Un whole exome sequencing a été réalisé chez le couple avec le même résultat : deux variantes à l’état hétérozygote pathogène : le gène POMGNT2 (NM_032806.6 :c.7779-2A>G), ainsi que le gène LAMA1 (NM_005559.4 :c.7779-2A>G). Le variant pathogène sur le gène POMGNT2 provoque une dystrophie musculaire congénitale-dystroglycanopathie de type A, 8 [OMIM : 614830]. Le variant pathogène sur le gène LAMA1 provoque un syndrome de Poretti-Boltshauser syndrome [OMIM : 615960]. Les deux syndromes sont à transmission autosomique récessif et à présentation clinique malformatif congénital. Devant cette complexité du profil génétique un dépistage prénatal est obligatoire lors des prochaines grossesses avec recherche ciblé des deux variants pour une prise en charge en anténatal est un conseil génétique approprié.
Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Fatima MAAROUF, Zineb FAKIR, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49749 - P429 Premier cas rapporté de monosomie partielle du chromosome 21 au Maroc.
Premier cas rapporté de monosomie partielle du chromosome 21 au Maroc.

La monosomie du chromosome 21 est une anomalie chromosomique rare, étant donné la létalité d’une forme complète. Elle se manifeste principalement par une déficience intellectuelle, un retard de croissance, une microcéphalie et des traits faciaux caractéristiques. Nous rapportant le cas d’un garçon de 6 ans avec une dysmorphie faciale caractéristique, une déficience intellectuelle profonde ainsi que des malformations organiques. Une hybridation chromosomique comparative a été réalisée révélant une micro délétion de 3,1 Mb au niveau du bras long du chromosome 21 arr(GRCh38/hg38) 21q22.12q22.2(37234957-40686480)x1, une confirmation par FISH a été réalisé( ish del(21)(q22.13q22.13)(RP11-98013-)dn[26]/21q22.13(RP11-98013x2)[4] ). La recherche de ce variant chez les parents est sorti négatif. Le gène DYRK1A peut être considéré comme responsable du phénotype. Il est recommandé de poursuivre le suivi cardiologique, orthopédique et neuropsychiatrique infantile ainsi que les thérapies de rééducation selon les délais et les schémas prescrits par les spécialistes concernés.
Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Fatima MAAROUF, Zineb FAKIR, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49755 - P430 Le rôle du dysfonctionnement des télomères dans l’incidence des trisomies.
Le rôle du dysfonctionnement des télomères dans l’incidence des trisomies.

Contexte Les facteurs influençant les maladies génétiques liées à des aberrations chromosomiques de nombre, telles que les trisomies, ne sont pas encore complètement connus. Dans cette étude, nous avons analysé les télomères, véritables horloges biologiques des cellules, l’instabilité chromosomique associée dans les lymphocytes de patients atteints de trisomies pré-zygotiques et post-zygotiques, ainsi que dans les lymphocytes circulants de leurs parents. Matériel et méthodes Des préparations cytogénétiques de 10 patients atteints de trisomie 21 ou 18, ainsi que de lymphocytes sanguins périphériques de leurs parents, ont été analysées. Nous avons utilisé une technique automatisée à haut débit basée sur l’hybridation in situ en fluorescence (FISH), avec des sondes spécifiques des télomères et des centromères, ainsi que des sondes permettant l’identification individuelle de chaque chromosome. Cette approche a permis de cribler un grand nombre de cellules afin de détecter les aberrations télomériques (perte de télomères, délétions terminales, télomères doublets), et d'évaluer les variations de la longueur des télomères entre les échantillons. Une cohorte de 100 sujets, âge et sexe comparable sans pathologie déclarée a servi de contrôle. Résultats L’analyse des télomères chez les enfants porteurs d’une trisomie, qu’elle soit pré- ou post-zygotique, a révélé un raccourcissement significatif de la longueur des télomères ainsi qu’une fréquence élevée d’aberrations télomériques (perte de télomères, télomères doublets). Une clonalité des aberrations télomériques a également été observée. Ce dysfonctionnement télomérique était associé à une fréquence accrue d’aberrations chromosomiques non clonales et à la formation de micronoyaux. Chez les parents, les caryotypes étaient normaux. Toutefois, un raccourcissement des télomères et des taux élevés d’aberrations télomériques ont été observés chez un ou les deux parents. La clonalité des aberrations télomériques a également été confirmée, touchant préférentiellement le chromosome impliqué dans la trisomie de l’enfant. Une fréquence élevée des aberrations chromosomiques non clonale a été détectée chez les parents. Nos résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle l’instabilité télomérique pourrait contribuer à la mal-ségrégation chromosomique, à une accumulation d’aberrations chromosomiques, et par conséquent, à la survenue d’aneuploïdies telles que les trisomies. Conclusion Notre étude montre que la longueur et les aberrations des télomères sont des traits héritables. L’implication du dysfonctionnement télomérique dans la genèse des aberrations chromosomiques de nombre est un élément important à approfondir pour aider au conseil génétique et préciser un éventuel risque de récurrence.
Radhia M'KACHER, Pierre-Yves MAILLARD (Paris), Bruno COLICCHIO, Valentine MARQUET, Jeanne TOULAS, Wala NAJAR, Leonhard HEIDINGSFELDER, Nadège WILHELM-MURER, Marguerite MIGUET, Alain DIETERLEN, Steffen JUNKER, Philippe VOISIN, Patrice CARDE, Clotilde MIRCHER, Eric JEANDIDIER, Catherine YARDIN
00:00 - 00:00 #49765 - P431 Coexistence de deux anomalies chromosomiques à l’origine d’une dysplasie mésomélique de Langer.
Coexistence de deux anomalies chromosomiques à l’origine d’une dysplasie mésomélique de Langer.

Le gène SHOX (Short Stature Homeobox) est localisé dans la région pseudo-autosomale 1 (PAR1), en Xp22.33 et Yp11.32. SHOX code le facteur de transcription du même nom exprimé au niveau des plaques de croissance et impliqué dans la croissance des os longs (Marchini et al. 2016). L’haplo-insuffisance du gène SHOX s’étend de la dyschondrostéose de Léri-Weill à des patients de taille normale, en passant par des patients présentant une petite taille idiopathique (Fukami et al. 2016). A l’état pseudo-autosomal récessif, les variants délétères de SHOX sont associés à la dysplasie mésomélique de Langer. Il s’agit d’une maladie osseuse constitutionnelle sévère avec un retard de croissance entre -6 et -9 DS lié à un raccourcissement mésomélique et rhizomélique des membres (Cormier-Daire et al. 1999). Nous rapportons une observation prénatale illustrant l’interaction entre une délétion hétérozygote de SHOX héritée et un mosaïcisme gonosomique de type Turner. Un fœtus de sexe masculin, issu d’une grossesse spontanée, présentait à l’échographie morphologique de 23 SA une eutrophie pondérale (25ᵉ percentile) mais des os longs très courts avec un raccourcissement mésomélique prédominant sur l’ulna et la fibula. Le suivi par imagerie fœtale retrouvait par la suite un début d'incurvation de la partie supérieure des deux tibias en faveur d'une dysplasie mésomélique de type Langer au scanner. Un diagnostic prénatal par amniocentèse a été réalisé. L’analyse par CGH-array a identifié une délétion hétérozygote terminale d’environ 1 Mb apparemment homogène en Xp22.33 ou Yp11.32 incluant le gène SHOX associée à une délétion hétérozygote terminale de 58 Mb en Yp11.32q12 correspondant au reste du chromosome Y, en mosaïque (environ 33%). Le caryotype constitutionnel a confirmé la présence de deux lignées cellulaires sur les 22 cellules analysées : une lignée de cellules 46,XY (50% des cellules analysées) et une lignée de cellules avec une monosomie X (45,X, 50% des cellules examinées). Les techniques complémentaires d'hybridation in situ réalisées ont montré que le chromosome X est porteur d'une délétion terminale de son bras court impliquant le locus portant le gène SHOX, avec pour conséquence dans les cellules 45,X une absence complète du locus SHOX, confirmant la dysplasie mésomélique de type Langer. L’étude parentale a montré que cette délétion était héritée de la mère, mesurant 156 cm (-1,5 DS). Les radiographies des avant-bras n’ont pas retrouvé de franche déformation de Madelung mais une inclinaison articulaire radiale inférieure discrètement augmentée pouvant faire évoquer l’implication de l’haplo-insuffisance SHOX chez elle. La coexistence d’une délétion SHOX hétérozygote et d’une monosomie X induite par une perte du chromosome Y constitue un mécanisme original conduisant à un déficit complet du gène SHOX dans une proportion significative de cellules et au diagnostic de dysplasie mésomélique de Langer.
Camille PORTERET (BORDEAUX), Julien VAN GILS, Perrine PENNAMEN, Amel BOUCHATAL, Jérôme TOUTAIN, Caroline ROORYCK-THAMBO, Sophie NAUDION
00:00 - 00:00 #49766 - P432 Variations bialléliques de TMEM17 et ciliopathies : validation fonctionnelle et spectre phénotypique.
Variations bialléliques de TMEM17 et ciliopathies : validation fonctionnelle et spectre phénotypique.

Les ciliopathies sont des pathologies rares du développement caractérisées par une grande variabilité génétique et phénotypique, touchant de nombreux organes, en particulier le cerveau, la rétine, les reins, le foie et le squelette. Plus de 140 protéines localisées dans les cils primaires, organelles sensorielles essentielles au développement des vertébrés, sont impliquées dans les ciliopathies. Parmi elles, TMEM17, une protéine transmembranaire située dans la zone de transition ciliaire et codée par le gène du même nom (TMEM17) a récemment été liée au syndrome orofaciodigital de type 6 (OFD6) et au syndrome de Joubert (JS), chez deux individus, issus de deux familles différentes. Le JS et le syndrome OFD6 sont des pathologies pédiatriques, caractérisées par l’association d’un trouble du neurodéveloppement avec hypotonie et une déficience intellectuelle très fréquente mais de sévérité variable, et d’une malformation particulière du mésencéphale et du rhombencéphale connue sous le nom de « signe de la dent molaire ». Des atteintes pluri-organiques sont variablement présentes (atteintes rénales, hépatiques, squelettiques…) ainsi qu’une ataxie, une apraxie oculomotrice, des troubles respiratoires (JS) ou des anomalies oro-faciales (OFD6). Nous rapportons ici deux cas de fœtus non apparentés présentant une encéphalocèle occipitale, une polydactylie et des kystes rénaux, chez lesquels le séquençage de l'exome a identifié une variation homozygote (Arg94Trp) dans TMEM17, affectant un résidu hautement conservé. Cette association élargit le spectre phénotypique lié aux mutations de TMEM17 pour inclure le syndrome de Meckel (MKS), une ciliopathie extrêmement sévère, létale en période anténatale ou néonatale. Les analyses fonctionnelles réalisées montrent un mécanisme de perte de fonction de toutes les variations connues du gène TMEM17, in vitro sur tissus et cellules de patients ainsi qu’in vivo chez un modèle C. elegans. Notre étude révèle ainsi d’importantes conséquences fonctionnelles de ces variations, notamment la déstabilisation et la localisation anormale de TMEM17, des anomalies dans la composition et la fonction des cils primaires, et l'abrogation de la signalisation Sonic Hedgehog. Ces expériences confirment la pathogénicité de toutes les variations de TMEM17 identifiées à ce jour et soulignent son rôle essentiel dans la zone de transition du cil primaire. Collectivement, nos résultats établissent définitivement TMEM17 comme gène de ciliopathie associé à un large spectre phénotypique allant de syndromes viables (OFD6 et JS) à un syndrome létal en anténatal (MKS).
Lucile BOUTAUD (paris), Chunmei LI, Candice MONCLER, Laure VERLIN, Meriem GARFA-TRAORÉ, Nicolas BOURGON, Dhruvin AKBARI, Jeanne PORÉE, Valentina SERPIERI, Marine PANZA, Lynda HADDAD, Patrick NITSCHKE, Jacqueline AZIZA, Cristina MATT, Enza Maria VALENTE, Patricia GARGALLO, Charlotte DUBUCS, Tania ATTIÉ-BITACH, Michel R LEROUX, Sophie THOMAS
00:00 - 00:00 #49771 - P433 Gestion des variants de signification incertaine en prénatal : l’expérience d’un centre.
Gestion des variants de signification incertaine en prénatal : l’expérience d’un centre.

Il est désormais établi que le séquençage d’exome en prénatal (SEp) permet d’améliorer l’évaluation pronostique et de préciser le conseil génétique en cas de signes d’appel échographiques (SAE) évocateurs d’une pathologie d’origine génétique. Cependant, la détection de variants de signification incertaine (VSI) dans le contexte urgent de la grossesse, avec un accès incomplet au phénotype fœtal est un défi, menant à une gestion différente selon les centres. Nous rapportons ici l’expérience de 4 ans de SEp dans notre centre. Entre novembre 2019 et décembre 2024, 268 fœtus ont été inclus via les CPDPN de Cochin-Port Royal et Necker-Enfants Malades pour SAE. Les indications retenues ont permis d’obtenir un diagnostic dans 33% des cas mais dans 13% des cas la présence d’un VSI a nécessité une discussion clinico-biologique et/ou la réalisation d’examens complémentaires d’imagerie ou biologique pour conclure. En effet, ces variants ne sont pas indiqués dans le compte-rendu car ils ne permettent pas d’aider à la prise de décision, et leur reclassement dans le temps de la grossesse est un défi majeur. Dans 17% des cas (n=6) un séquençage de l’ARN des amniocytes (RNAseq) ou un complément d’imagerie a permis d’écarter la responsabilité du variant dans le phénotype fœtal avant la fin de la grossesse (classe II). Mais la réalisation de ces examens complémentaires pose la question de l’inquiétude générée. Après la naissance, quatre VSI ont été reclassés probablement pathogènes, trois devant une clinique compatible et un VSI après analyse placentaire (11%) . Six VSI (17%) ont été reclassés probablement bénins devant une absence d’argument clinico-biologique compatible avec le variant (n=4), après RNAseq (n=1) ou ségrégation familiale (n=1). Dans le reste des cas, les VSI sont toujours en cours d’exploration (n=5 ; 14%) ou non reclassés, en attente d’une évaluation phénotypique d’un enfant jeune ou sans réévaluation possible (refus d’autopsie après une IMG, couple perdu de vue) (n=15 ; 43%). Dans 2 cas seulement le VSI a été indiqué dans le compte rendu (CR), alors que la grossesse était en cours, devant la nécessité d’un accouchement en maternité de niveau 3 (ODAD4) ou un risque de perte de contact avec le couple (SALL1). Dans les 2 cas les VSI ont été reclassés classe IV après la naissance. Enfin, et bien que le VSI n’ait pas été indiqué sur le CR, 2 familles ont été informées par oral au cours de la grossesse lors de la consultation post-test, car la connaissance du VSI ne modifiait pas le pronostic déjà défavorable par imagerie (PSID) ou était de bon pronostic (SLC34A1) Cette expérience soulève la question de la révélation des VSI au couple pendant la grossesse dans certaines situations particulières et l’importance de pouvoir recourir à des avis spécialisés (Centre de Référence Maladie Rare -CRMR), de disposer d’outils rapides (intégration de données multi-omiques : RNAseq, imagerie de référence) mais aussi du suivi prospectif en postnatal ou postmortem.
Lucile BOUTAUD (paris), Anne GUIMIER, Ducreux STÉPHANIE, Roxana BORGHESE, Joana BENGOA, Nicolas BOURGON, Aurélie COUSSEMENT, Ilyas CHALLET, Clémence MOLAC, Adele BARILLEC, Olivia ANSELEM, Sophie RONDEAU, Giulia BARCIA, Sperelakis-Beedham BRIAN, Véronique PINGAULT, Guillaume DORVAL, Caroline MICHOT, Genevève BAUJAT, Sarah GROTTO, Thomas COURTIN, Emmanuelle PANNIER, Vassili TSATSARIS, Philippe ROTH, Yves VILLE, Marie-Laure MAURIN, Valerie MALAN, Marie-Paule BEAUJARD, Patrick NITSCHKE, Cécile FOURRAGE, Sylvain HANEIN, Laurence HEIDET, Amale ACHAIAA, Sophie CHUON, Lynda HADDAD, Valerie BOCCIO, Ghislaine ROYER, Elisa ZANELLI, David GREVENT, Diala KHRAICHE, Valérie CORMIER-DAIRE, Jeanne AMIEL, Tania ATTIÉ-BITACH
00:00 - 00:00 #49773 - P434 Diagnostic de précision en situation pédiatrique critique : expérience bordelaise de l’apport du séquençage de l’exome ou du génome en urgence.
Diagnostic de précision en situation pédiatrique critique : expérience bordelaise de l’apport du séquençage de l’exome ou du génome en urgence.

Le développement continu du séquençage d’exome (WES), puis du génome (WGS) en pratique courante pour le diagnostic des pathologies génétiques permet aujourd’hui une utilisation en urgence chez des patients pédiatriques critiques, parfois même en première intention. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’apport du WES et du WGS réalisés en urgence pour le diagnostic et la prise en soins de patients pédiatriques en situation critique au CHU de Bordeaux. Un total de 414 patients ont bénéficié d’un WES ou d’un WGS réalisé en situation d’urgence au CHU de Bordeaux entre le 01/09/2021 et le 01/09/2025. Pour 388 d’entre eux, l’indication était la réalisation d’une analyse prénatale, une grossesse en cours, un conseil génétique, ou non précisée, et sont donc non concernés par cette étude. Les 26 patients restants ont ainsi bénéficié d’une analyse réalisée en urgence, indiquée en raison d’une situation critique, avec possible impact du diagnostic moléculaire sur la prise en charge. 16 cas concernaient un WES et 10 un WGS (dont 1 avait eu auparavant un WES). 25 patients ont été analysés par stratégie en trio, et 1 patient par stratégie en duo. Les indications étaient en majorité des patients présentant un syndrome polymalformatif et/ou hospitalisés en réanimation ou soins intensifs pédiatriques (19/26), puis des patients atteints d’encéphalopathie (6/26) et un patient présentant une hépatomégalie d’aggravation rapide (1/26). Le rendement diagnostic est de 42% (11/26). Le séquençage en urgence a permis de mettre fin rapidement à l’errance diagnostique dans près de la moitié des cas. Le rendement diagnostique était plus performant pour le WGS (70%, 7/10) que pour le WES (25%, 4/16). Pour l’un des patients avec WGS positif, un WES anténatal avait été non contributif en raison d’un défaut de capture sur la région concernée. Pour deux patients en réanimation, le diagnostic a aidé les parents à envisager plus sereinement l’arrêt des soins curatifs. A l’inverse, un diagnostic avec une évolution favorable a permis de poursuivre les soins pour une autre patiente. Concernant les patients présentant des pathologies neurologiques sévères, le diagnostic a orienté le suivi et renforcé la prise en soins complexe. Un geste invasif a pu également être évité chez un autre patient. Une donnée incidente de prédisposition héréditaire au cancer a permis d’instaurer une surveillance spécifique chez le parent concerné. Les résultats de notre étude confortent la nécessité d’un circuit rapide dédié à ces patients pédiatriques, permettant une prise de décision plus éclairée et sereine lorsqu’un diagnostic est identifié. Ils soulèvent néanmoins des questions sur l’impact du diagnostic précoce, parfois établi avant l’apparition de certains signes cliniques, ainsi que sur la gestion de son annonce dans des situations complexes incluant le décès du patient et nécessitant un suivi rapproché des parents après cette annonce.
Camille PORTERET (BORDEAUX), Cécile COURDIER, Vincent MICHAUD, Ouarda ABDOUS, Chloé ANGELINI, Consortium AURAGEN, Camille BERGES, Amel BOUCHATAL, Anais CALAYA, Manon DEGOUTIN, Louis DOMENACH, Samuel FENNELLY, Patricia FERGELOT, Cyril GOIZET, Gaelle HARDY, Guillaume JEDRASZAK, Didier LACOMBE, Louis LEBRETON, Marine LEGENDRE, Henri MARGOT, Victor MARIN, Sophie NAUDION, Clément SAUVESTRE, Julien VAN GILS, Claire BENETEAU, Aurélien TRIMOUILLE, Caroline ROORYCK-THAMBO
00:00 - 00:00 #49780 - P435 Infertilité masculine et défaut de maturation chromatinienne : apport du séquençage de haut débit chez une famille Tunisienne.
Infertilité masculine et défaut de maturation chromatinienne : apport du séquençage de haut débit chez une famille Tunisienne.

Introduction : La maturité nucléaire des spermatozoïdes constitue un facteur déterminant de la fertilité masculine. Des anomalies de la spermatogenèse peuvent perturber la compaction de la chromatine, entraînant des dommages à l’ADN spermatique et une altération de la fonction des gamètes. Le gène C14orf39 joue un rôle majeur dans la formation du complexe synaptonémal (SC), structure indispensable à la méiose, et interagit avec plusieurs protéines impliquées dans la compaction de la chromatine. Nous rapportons ici l’identification d’une nouvelle variation pathogène du gène C14orf39 chez un patient infertile issu d’une famille présentant un défaut de maturation chromatinienne des spermatozoïdes. Matériel et méthodes : L’étude a porté sur deux frères issus d’un mariage consanguin, tous deux consultant pour une infertilité primaire. L’évaluation spermatique comprenait un spermogramme standard et un test au bleu d’aniline pour analyser la maturité nucléaire. Un séquençage complet de l’exome (WES) a été réalisé chez l’un des frères afin de détecter d’éventuelles variations génétiques. Résultats et discussion : Le premier patient présentait une oligo-asthéno-tératospermie sévère, tandis que son frère montrait une tératospermie isolée. Le test au bleu d’aniline a mis en évidence une proportion élevée de spermatozoïdes à chromatine immature. Le WES a révélé un nouveau variant dans le gène C14orf39, classé pathogène selon ACMG. L’altération ou l’absence du SC compromet la méiose, perturbe la compaction de la chromatine et entraîne une infertilité masculine. Conclusion : Plusieurs mutations de C14orf39 ont été associées à l’infertilité masculine en raison de leur rôle clé dans la méiose et la maturation spermatique. La présence de cette nouvelle mutation souligne l’importance fonctionnelle de ce gène dans la compaction de la chromatine et la spermatogenèse, et ouvre des perspectives pour le diagnostic génétique des infertilités idiopathiques.
Maha CHABCHOUB, Aména SAADALLAH, Marwa BEN AMOR, Olfa ABDELKEFI, Salima DAOUD, Tarak REBAI, Hassen KAMMOUN, Afifa SELLAMI, Leila KESKES, Fatma ABDELHEDI (TUNISIE, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49790 - P436 Le syndrome de Patau de révélation post-natale au Maroc.
Le syndrome de Patau de révélation post-natale au Maroc.

Le syndrome de Patau, ou trisomie 13, est une maladie chromosomique constitutionnelle, due à la présence d'un chromosome 13 surnuméraire, et parfois à des réarrangements chromosomiques impliquant ce chromosome. Cette maladie génétique rare se caractérisent par des malformations d’évolution létale dans l’ensemble des cas. Nous rapportons les résultats d’une étude descriptive transversale, clinique et cytogénétique, réalisée sur une période de 15 ans, allant de mai 2011 à avril 2025, et qui a concerné les patients avec suspicion clinique, puis confirmation cytogénétique, du syndrome de Patau. Au total, deux patients de sexe masculin ont été identifié, âgés respectivement au moment du diagnostic de 5 jours et de 8 jours. Les signes cliniques évocateurs étaient les syndromes dysmorphique et malformatif, principalement la fente labio-palatine, la polydactylie, l’artère ombilicale unique, et les malformations cardio-pulmonaire, compliquées de détresse respiratoire et d’insuffisance cardiaque. Le caryotype a confirmé le diagnostic de trisomie 13 libre et homogène dans un cas, et de trisomie 13 par translocation robertsonienne dans le 2ème cas. L’évolution a été fatale chez les 2 patients. Le syndrome de Patau de révélation post-natale est devenu exceptionnel, grâce aux avancées du diagnostic prénatal, notamment du diagnostic prénatal non-invasif sur sang maternel. Le risque de récurrence d'une trisomie 13 est de l'ordre de 1 %. Cependant, dans les familles où la trisomie 13 est associée à une translocation robertsonienne, le risque de récurrence est plus élevé si l'un des parents est porteur de cette translocation.
Fatima Zahra OUTTALEB (Casablanca, Maroc), Mohamed EL ALAOUI EL ABEDELLAOUI, Aziza SBITI, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #49806 - P437 Syndrome de synostose spondylocarpotarsienne récessif (CPSFS1B) associé à une hétérozygotie composite du gène MYH3, incluant un variant de signification incertaine : premier cas rapporté en Afrique du Nord.
Syndrome de synostose spondylocarpotarsienne récessif (CPSFS1B) associé à une hétérozygotie composite du gène MYH3, incluant un variant de signification incertaine : premier cas rapporté en Afrique du Nord.

Introduction Le syndrome CPSFS1B (contractures, ptérygions et synostose spondylocarpotarsienne de type 1B) est une affection génétique récessive extrêmement rare, liée à des mutations bialléliques du gène MYH3, codant pour la myosine embryonnaire. Ce syndrome se caractérise par des ptérygions multiples, des contractures articulaires, ainsi que des synostoses vertébrales, carpiennes et tarsiennes, avec une expressivité clinique variable. Moins de 20 cas ont été rapportés à ce jour, rendant sa prévalence inconnue et compliquant souvent le diagnostic, notamment dans les formes partielles ou atypiques. Matériel et Méthodes Nous rapportons le cas d’une fillette de 3 ans et 8 mois, issue d’un mariage non consanguin avec notion d’endogamie familiale. Elle a été adressée pour évaluation d’un tableau dysmorphique associant un ptérygium colli marqué, des oreilles basses implantées, des mamelons écartés et un pied plat. Le caryotype était normal. En l’absence d’étiologie évidente, un séquençage de l’exome entier (WES) a été réalisé. Résultats Deux variants du gène MYH3 ont été identifiés, dont un classé pathogène et un de signification incertaine (VUS). Une étude de ségrégation familiale est en cours. Discussion et Conclusion Le tableau clinique, associé à la présence de deux variants MYH3, dont un VUS, suggère une forme récessive de CPSFS1B. L’étude de ségrégation familiale, en cours, pourrait contribuer à l’évaluation de la pathogénicité du VUS. Ce cas illustre la complexité du diagnostic génétique dans les syndromes rares à expression variable et souligne l’intérêt du séquençage de l’exome dans l’identification précoce de ces pathologies. Une meilleure compréhension des variants génétiques et de leur corrélation phénotypique demeure essentielle pour optimiser la prise en charge et le conseil génétique des patients concernés.
Sabrine BOURESSAS (Nice, Maroc), Houda JELTI, Afaf LAMZOURI
00:00 - 00:00 #49812 - P438 Syndrome associé à DOHH : un nouveau cas avec déficience intellectuelle légère et expansion du phénotype à la cardiomyopathie et l'hypoparathyroïdie.
Syndrome associé à DOHH : un nouveau cas avec déficience intellectuelle légère et expansion du phénotype à la cardiomyopathie et l'hypoparathyroïdie.

Le gène de la déoxyhypusine hydroxylase (DOHH) code pour une enzyme impliquée dans la modification post-traductionnelle du facteur d'initiation de la traduction eucaryote eIF5A1. Des variants bi-alléliques de DOHH ont récemment été rapportés chez cinq patients et associaient des troubles du développement ; retard neurodéveloppemental global, cardiopathie congénitale et retard de croissance (OMIM 620066_NEDMVIC). Nous présentons un patient de 10 ans, porteur d'un variant faux-sens homozygote de DOHH, caractérisé par une augmentation de la clarté nucale prénatale, le développement postnatal d'une cardiomyopathie, d'une hypoparathyroïdie et d'une déficience intellectuelle légère. Durant la première année de vie, une puce CGH-array et un panel in silico pour les RASopathies ont été initialement réalisés, tous deux donnant des résultats non conclusifs. Le variant DOHH a finalement été identifié lors d'une seconde analyse des données de séquençage d'exome entier effectuée pendant le suivi clinique. Une comparaison avec la littérature suggère que notre patient présente une atteinte neurodéveloppementale et une déficience intellectuelle plus légères que précédemment décrites, et aucun retard de croissance. Il est intéressant de noter qu'il s'agit du deuxième cas - sur six - d'augmentation de la clarté nucale prénatale chez un patient avec des variants DOHH. La cardiomyopathie et l'hypoparathyroïdie étant rapportées pour la première fois dans cette pathologie, des cas supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ou réfuter leur association. Dans le contexte des maladies rares, rapporter les descriptions cliniques et le suivi à long terme des patients avec des troubles nouvellement identifiés est essentiel pour la prise en charge médicale, le conseil génétique, et une meilleure caractérisation et compréhension de la maladie. Cela souligne également la nécessité de révisions périodiques des données de séquençage d'exome disponibles.
Elise DAIRE, Sabine DIRANI, Karine BRAUN, Segolene DELMAS LANTA, Guillaume JEDRASZAK, Hélène CAVE, Adeline Alice BONNARD, Bénédicte DEMEER (Amiens)
00:00 - 00:00 #49821 - P439 Quand un variant en cache un autre : apport du séquençage à haut débit.
Quand un variant en cache un autre : apport du séquençage à haut débit.

Introduction En génétique médicale, certains patients présentent un tableau clinique complexe qui ne peut être expliqué qu’en considérant l’association de deux variants distincts. Les techniques de séquençage à haut débit (NGS), en analysant simultanément un grand nombre de gènes, ont considérablement amélioré la démarche diagnostique, permettant d’éviter une longue « odyssée diagnostique » et d’expliquer, en une seule analyse, des phénotypes atypiques. Notre objectif était de souligner l’importance du recours au NGS dans l’identification de diagnostics moléculaires multiples chez des patients présentant une association phénotypique. Patients et Méthodes Nous rapportons deux patients P1 et P2 adressés à notre consultation pour suspicion d’une maladie génétique. Un séquençage à haut débit par whole exome sequencing (WES) a été réalisé. Les variants ont été classés selon les critères de l’ACMG. Observations P1, âgé de 3 ans, présentait une avance staturo-pondérale, une dysmorphie faciale évocatrice d’un syndrome de Sotos, un retard du langage, des convulsions et des polyarthrites fébriles. P2, âgé de 8 ans, présentait un retard global du développement, un déficit intellectuel profond, des convulsions, une ichtyose modérée, des anomalies squelettiques et des traits dysmorphiques. Le WES a mis en évidence deux variants hétérozygotes probablement pathogènes : c.2522delinsTTT (p.P506Ffs5) dans NSD1 et c.2843T>A (p.L948) dans NLRP12, confirmant le syndrome de Sotos associé à une fièvre périodique héréditaire, chez P1, et deux variants homozygotes dans ALDH3A2 (c.551C>G, p.Thr184Arg) et NPR2 (c.266T>C, p.Leu89Pro) responsables du syndrome de Sjögren-Larsson associé à une dysplasie acromésomélique de type Maroteaux, chez P2. Dans les deux cas, la combinaison de ces variants expliquait le phénotype complexe et a permis d’instaurer une prise en charge adaptée. Conclusion Chez les patients présentant un tableau clinique atypique, le séquençage à haut débit s’impose comme un outil diagnostique incontournable. Il permet non seulement d’identifier des diagnostics moléculaires multiples, mais aussi d’éviter l’errance diagnostique et d’orienter rapidement la prise en charge médicale et le conseil génétique.
Salwa BEN YAHIA (Leiden, Pays-Bas), Cyrine ADHOUM, Ahlem ACHOUR, Faouzi MAAZOUL, Sana SKOURI, Mohamed Ali KSENTINI, Zohra FITOURI, Soumeya BEKRI, Anne GUIMIER, Genevieve BAUJAT, Ridha M'RAD, Lilia KRAOUA, Madiha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49822 - P440 Première description prénatale du syndrome de malformation cardiaque congénitale-dysplasie ectodermique-brachydactylie-télangiectasie lié à une nouvelle variation probablement pathogène de PRKD1.
Première description prénatale du syndrome de malformation cardiaque congénitale-dysplasie ectodermique-brachydactylie-télangiectasie lié à une nouvelle variation probablement pathogène de PRKD1.

Introduction : Le syndrome de malformation cardiaque congénitale-dysplasie ectodermique-brachydactylie-télangiectasie (CHDED) OMIM#617364, est une maladie génétique autosomique dominante d’expressivité variable, pouvant être pourvoyeuse d’anomalies du neuro-développement, peu décrite dans la littérature (seul 8 cas rapportés dans 3 études) et uniquement en situation post-natale. Nous évoquons ici le cas d’un diagnostic prénatal sur le seul point d’appel échographique d’une microcéphalie d’allure isolée. Cas clinique: Le fœtus de sexe féminin, était issu de parents bien-portants et non-apparentés. Grossesse initialement marquée par une tentative infructueuse d’IVG médicamenteuse. Dépistage combiné de la trisomie 21 au 1er trimestre avec un risque inférieur à 1/10 000. Les sérologies maternelles au VHB, VHC, et à la toxoplasmose étaient négatives. La sérologie maternelle au cytomégalovirus (CMV) était positive (IgG et IgM augmentées). Une microcéphalie (PC et BIP < 1er percentile) fut échographiquement mise en évidence à 23SA+1j. Une amniocentèse avait ainsi été demandée, selon le souhait du couple, pour analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA), exome en trio, et recherche de CMV. La PCR CMV était négative sur liquide amniotique, rendant peu probable l’hypothèse d’une infection cytémagalovirale fœtale. L’ACPA ne montrait pas d’anomalie. L’exome en trio mettait en évidence la variation probablement pathogène (classe 4 ACMG) de novo de PRKD1 NM_002742.3(PRKD1):c.2334C>G, p.(Ser778Arg), décrite in-silico comme pathogène, jamais décrite dans la littérature ou dans les bases de données de variations pathogènes, ni dans les bases des variations portées dans la population générale. Cette variation de PKRD1, fut considérée comme en lien avec le phénotype fœtal et les parents avaient demandé une interruption médicale de grossesse (effectuée à 29 SA + 5j) pour suspicion d’une maladie incurable d’une particulière gravité. A l’examen fœtopathologie, le fœtus présentait une importante autolyse. Etait exempt d’anomalies macroscopique particulières faciales ou des extrémités. Les radiographies squelettiques ne retrouvaient pas de trouble de maturation ou minéralisation osseuse, une fracture suspectée radiographiquement avait pu être infirmée lors de l’examen fœtopathologie. Une analyse histologique microscopique du système nerveux central était impossible du fait de l’autolyse. Les organes analysables en microscopie ne présentaient pas d’anomalie. Le placenta était hypoplasique. L’examen fœtopathologie concluait à une microcéphalie isolée sous réserve de remaniements autolytiques majeurs. Conclusion : Les variations pathogènes et probablement pathogènes du gène PRKD1 peuvent induire des microcéphalies fœtales d’allure isolée. La variation Ser778Arg de PKRD1 peut être considérée comme probablement pathogène dans cette pathologie. Le phénotype anténatal de ce syndrome reste à étoffer via d’autres observations échographiques et fœtopathologies.
Alexis BILLES (AMIENS), Florence JOBIC, Guillaume JEDRASZAK, Walaa DARWICHE, Gilles MORIN, Henri HOOTON, Lucija DUNDEK, Marianne PERRIERE, Isaure MICHAUD, Kahia MESSAOUDI, Virginie MAGRY, Ségolène LANTA, Emmanuelle LOURDEL, Estelle TREDEZ, Aurélien CAUX
00:00 - 00:00 #49838 - P441 Translocations réciproques apparemment équilibrées avec phénotype anormal : à propos de 3 cas.
Translocations réciproques apparemment équilibrées avec phénotype anormal : à propos de 3 cas.

Introduction Les translocations chromosomiques réciproques apparemment équilibrées (TRAE), sont observées chez environ 1 individu sur 500. Elles sont le plus souvent sans conséquence phénotypique. Toutefois, dans environ 6 % des cas, les TRAE de novo peuvent être associées à un phénotype anormal. Les manifestations cliniques observées pourraient résulter de différents mécanismes, tels que l’interruption d’un gène important au niveau d'un ou des deux points de cassure, un effet de position ou la présence d’un microremaniement déséquilibré. Objectif Nous rapportons l’étude clinique et cytogénétique de trois patients (P1, P2 et P3) porteurs de TRAE de novo, associées à un retard du développement syndromique chez P1 et P3 et un syndrome malformatif chez P2. Méthodes Les trois patients ont été examinés par un médecin généticien dysmorphologue. Un caryotype sanguin a été indiqué en première intention pour les trois patients et un complément d’étude par hybridation in situ fluorescente (FISH) a été réalisé chez P3. Résultats P1 nous a été adressée à l’âge de 4 ans pour retard psychomoteur et dysmorphie faciale. Un syndrome Tricho-Rhino-Phalangien a été suspecté. Le bilan radiologique a révélé un aspect en cônes des phalanges de tous les orteils. Le caryotype sanguin a montré une translocation réciproque de novo entre le bras court d’un chromosome 1 en 1p33 et le bras long d’un chromosome 8 en 8q24, impliquant très probablement le gène TRPS1 localisé en 8q23.3. P2, aux antécédents de retard de fermeture de la fontanelle antérieure, nous a été adressé à l’âge de 19 ans pour dysmorphie faciale, micromélie et hypoplasie des clavicules. Le diagnostic de dysplasie cléidocrânienne a été évoqué et le caryotype sanguin a montré une translocation réciproque de novo entre le bras court d’un chromosome 6 en 6p21 et le bras long d’un chromosome 14 en 14q31, impliquant très probablement le gène RUNX2 (6p21.1). P3, âgé de 2 ans, nous a été adressé pour retard psychomoteur, dysmorphie faciale, macrocrânie et avance staturo-pondérale. Le diagnostic de syndrome de Sotos a été évoqué. Le caryotype sanguin a montré une translocation réciproque entre le bras long d’un chromosome 5 en 5q35 et le bras long d’un chromosome 16 en 16q22. La FISH utilisant la sonde NSD1 a mis en évidence trois signaux : deux en place sur les chromosomes 5 et un transloqué sur le bras long du chromosome 16. Ainsi, le point de cassure en 5q35 aurait interrompu le gène NSD1 (5q35.3). Conclusion Les TRAE identifiées seraient associées à une interruption de gènes connus impliqués dans les syndromes suspectés, renforçant ainsi notre orientation diagnostique. Toutefois, un complément d’étude génétique est nécessaire pour confirmer cette hypothèse et préciser le mécanisme moléculaire en cause.
Wissal TERGUI (Tunis, Tunisie), Lilia KRAOUA, Hela BELLIL, Mahdi KAMMOUN, Faouzi MAAZOUL, Sameh TRABELSI, Olfa SMATI, Fadhila OUEDERNI, Ridha MRAD, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49847 - P442 Itinéraire d’un homme avec un utérus : de l’anomalie génétique à la paternité dans le suivi à long terme d’un patient Réunionnais avec syndrome de persistance des canaux de Müller.
Itinéraire d’un homme avec un utérus : de l’anomalie génétique à la paternité dans le suivi à long terme d’un patient Réunionnais avec syndrome de persistance des canaux de Müller.

Le syndrome de persistance des canaux de Müller (PMDS) est un syndrome rare avec moins de 300 cas décrits à ce jour dans la littérature scientifique. Il s’agit d’une variation du développement génital causée par l’inactivation de l’AMH, se manifestant chez les garçons normalement virilisés par la présence de dérivés müllériens, trompes de Fallope, utérus et partie supérieure du vagin. Sur le plan génétique, les variations des gènes AMH et AMHR2 codant respectivement pour l’hormone anti-müllerienne (AMH) et son récepteur sont décrites dans ce syndrome selon un mécanisme de transmission autosomique récessif. Nous rapportons ici le cas d’un patient adulte atteint de PMDS découvert fortuitement à l’âge de 5 mois lors d’une prise en charge chirurgicale d’ectopie testiculaire bilatérale. La chirurgie réalisée a permis le maintien partiel des dérivés müllériens dans le but de conserver la vascularisation testiculaire. L’analyse moléculaire du gène AMHR2 a mis en évidence une délétion récurrente homozygote de 27pb dans l’exon 10, c.1332_1358del ; p.(Gly445_Leu453del), considérée comme pathogène. Cette variation est rapportée chez près d’un quart des patients mutés AMHR2 avec un effet fondateur décrit dans les populations d’Europe du Nord. Il s’agit de l’un des premiers patients atteints de PMDS décrits dans la littérature et pour lequel nous bénéficions aujourd’hui d’un suivi à long terme. Le suivi de ce patient reprend à l’âge adulte dans un contexte d’azoospermie avec une prise en charge en procréation médicalement assistée. La réalisation d’une biopsie testiculaire permet l’obtention de spermatozoïdes et la réalisation d’une fécondation in vitro qui aboutira à une grossesse évolutive. Au-delà du suivi du patient, l’étude familiale a permis la détection de cette variation à l’état homozygote chez les sœurs asymptomatiques du cas index. Par ailleurs les enjeux de conseil génétique particuliers sur l’île de la Réunion dans le contexte d’une variation présentant un effet fondateur ont conduit à rechercher cette délétion chez les conjoint(e)s du cas index et de ses sœurs. Ce travail nous permet de discuter de la prise en charge chirurgicale initiale avec maintien partiel des dérivés müllériens dans le but de conserver la vascularisation testiculaire grâce au suivi à long terme du patient et au regard des troubles de la fertilité associés au PMDS. Nous détaillons également les enjeux et modalités du suivi de l’ensemble de cette famille Réunionnaise dans le contexte particulier d’un syndrome rare de transmission autosomique récessive mais d’expression uniquement masculine au sein d’une population dont le mode de peuplement influe directement sur les caractéristiques des pathologies génétiques décelées.
Pauline BEUVAIN (SAINT-DENIS REUNION, Réunion), Marie-Line JACQUEMONT, Tiphany LAURENS, Hélène LHEUREUX, Joffrey MONS, Bérénice ROY-DORAY, Jean-Yves PICARD, Tristan CELSE
00:00 - 00:00 #49855 - P443 Deux variants distincts de DNMT3A dans le syndrome de Tatton-Brown-Rahman : comparaison phénotypique et mécanistique.
Deux variants distincts de DNMT3A dans le syndrome de Tatton-Brown-Rahman : comparaison phénotypique et mécanistique.

Introduction : Le syndrome de Tatton-Brown-Rahman (TBRS) est lié à des variants constitutionnels généralement de novo de DNMT3A, gène codant une méthyltransférase de l’ADN. Les mécanismes pathogéniques diffèrent selon le type de variant et le domaine fonctionnel atteint : pertes de fonction (LoF) par haploinsuffisance, gain de fonction, ou effet dominant négatif en cas d’atteinte de la région catalytique. Nous rapportons l’observation 2 nouveaux individus porteurs d’un variant pathogène du gène DNMT3A, illustrant cette corrélation génotype-phénotype. Observation 1 : individu de sexe masculin, âgé de 37 ans, porteur du variant pathogène c.783_798dup (p.Ser267Alafs*2) localisé dans le domaine PWWP du gène DNMT3A. Le mécanisme pathogénique correspond à une haploinsuffisance. Tableau clinique : grande taille, habitus marfanoïde avec hyperlaxité, macrocéphalie, trouble du neurodéveloppement avec hypotonie néonatale, déficience intellectuelle légère et manifestation psychiatrique (trouble anxieux généralisé), et particularités morphologiques. Observation 2 : Individu de sexe masculin, âgé de 5 ans, porteur du variant c.2654G>A (p.Arg882His), situé dans le domaine Mtase du gène DNMT3A. Cette substitution conserve la capacité de dimérisation mais altère l’activité catalytique. Le mécanisme est de type dominant négatif. Tableau clinique : avance staturo-pondérale et macrocéphalie, hyperlaxité importante, retard psychomoteur et trouble du développement intellectuel sévères, épilepsie, cryptorchidie, hernie ombilicale et communication inter-atriale. Discussion : Ces deux observations illustrent l’importance du domaine impacté et du mécanisme moléculaire associé : • Le variants LoF dans le domaine PWWP (comme c.783_798dup) induit un décalage du cadre de lecture, générant une protéine tronquée ou absente, et conduit à un mécanisme d’haploinsuffisance. • Les variants dominants-négatifs du domaine MTase (comme p.Arg882His) perturbent fortement la méthylation par interaction avec la protéine sauvage, ciblant préférentiellement les régions régulatrices des gènes de différenciation hématopoïétique, expliquant leur rôle central dans la leucémogenèse, et probablement la présentation plus sévère. Conclusion : La comparaison entre ces deux patients souligne la dualité des mécanismes pathogéniques de DNMT3A. La localisation du variant dans un domaine fonctionnel spécifique détermine non seulement le mécanisme moléculaire (haploinsuffisance versus effet dominant négatif), mais aussi la balance entre phénotype syndromique de croissance excessive et risque de leucémie. Ces observations renforcent la nécessité d’un suivi différencié des patients selon le type de variant identifié. Lors de l’évaluation des variants, nous avons également cherché à corréler les phénotypes cliniques observés avec les caractéristiques moléculaires des variants identifiés.
Nadejda BIRLADEANU (Paris), Fanny LAFFARGUE, Océane COUDRIEU, Marie-Gabrielle DELORME GUINAND, Caroline JANEL, Laurent VILLARD, Gaetan LESCA, Florian CHERIK
00:00 - 00:00 #49876 - P444 Une variante chromosomique très rare du syndrome de Turner: Isochromosome Xp en mosaïque, à propos d’un cas.
Une variante chromosomique très rare du syndrome de Turner: Isochromosome Xp en mosaïque, à propos d’un cas.

Introduction : Le syndrome de Turner (ST) est une maladie chromosomique rare, touchant environ une naissance féminine vivante sur 2500. Il résulte d’une monosomie totale ou partielle du chromosome X et se caractérise par une grande variabilité phénotypique. Les anomalies chromosomiques responsables du ST comprennent la monosomie (45,X), les formes mosaïques (45,X/46,XX), les variants structuraux tels que l’isochromosome X, le chromosome en anneau ou les délétions partielles du chromosome X, ainsi que les mosaïques associées à ces variants. La formule classique 45,X représente environ 45 % des cas, tandis que les autres formes sont plus rares et souvent associées à des présentations cliniques atypiques. Dans notre observation, nous rapportons l’étude clinique et génétique d’une forme rarement décrite du syndrome de Turner en mosaïque impliquant l’isochromosome Xp. Matériel et méthodes : Il s’agit d’une patiente âgée de 12 ans et demi, adressée en consultation de génétique pour retard staturo-pondéral, déficience intellectuelle légère et dysmorphie faciale. L’examen clinique a objectivé un poids à –3 DS, une taille à –5 DS et un périmètre crânien à –1,4 DS. Elle présentait des fentes palpébrales orientées en bas et en dehors, un hypertélorisme, des sourcils arqués, un blépharoptosis, des cils longs, des narines antéversées, un philtrum court, un microrétrognathisme, ainsi qu’un cou court et large associé à un pterygium colli. Un pectus excavatum, des foetal pads et une hypertrichose ont également été retrouvés.Un caryotype en bande R sur lymphocytes sanguins périphériques et une analyse par hybridation in situ fluorescente (FISH) ont été réalisés. Résultats : Le caryotype a révélé une mosaïque composée de deux lignées cellulaires : 45,X et 46,Xi(X)(p), traduisant la présence d’un isochromosome Xp. Cette formule chromosomique, faite de cellules monosomiques X dans plus de 75 % et de cellules avec isoXp dans près d’un quart des métaphases, a été confirmée par FISH: 45,X[13]/ 46,Xi(X)(p10)[5].nuc ish(DXZ1x1,tel Xp x 1)[94]/(DXZ1x2,tel Xp x3)[6]. Conclusion : L’anomalie chromosomique présentée par notre patiente a été rarement décrite dans le ST. Notre observation contribue à la caractérisation phénotypique de cette anomalie chromosomique peu fréquente.
Rasene GEREISHA (Paris), Hend DRIDI, Hadhami FRAY, Dalel NASRALLI, Sameh MABROUK, Soumaya MOUGOU, Ramzi ZEMNI
00:00 - 00:00 #49878 - P445 Délétion familiale de 3 Mb dans la région Xq28 terminale contribuant à l’identification d’une région critique associée à l’insuffisance ovarienne prématurée.
Délétion familiale de 3 Mb dans la région Xq28 terminale contribuant à l’identification d’une région critique associée à l’insuffisance ovarienne prématurée.

Introduction : La région Xq28 terminale comprend plusieurs gènes impliqués dans le neurodéveloppement. Des variations ponctuelles ou des délétions intragéniques affectant ces gènes peuvent être responsables de syndromes associés à une déficience intellectuelle liée à l’X. Parmi eux, le gène MECP2, impliqué dans le syndrome de Rett, est bien connu. La bande Xq28 inclut également une région récurrente encadrée par les duplications segmentaires int22h-1 et int22h-2, dont les délétions sont généralement létales in utero chez les fœtus de sexe masculin, mais asymptomatiques chez les femmes en raison d’un biais d’inactivation de l’X. En revanche, les délétions larges de la région terminale Xq28 sont très peu décrites dans la littérature. Patients et méthodes : Nous rapportons une délétion familiale de la région Xq28 terminale, de 3,12 mégabases, emportant 29 gènes morbides répertoriés dans la base de données OMIM, dont MECP2, L1CAM, ABCD1, GDI1 et RAB39B. Cette délétion a été initialement identifiée sur caryotype constitutionnel et caractérisée par analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) chez le cas index, dans le cadre d’un bilan d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). L’étude familiale a révélé que cette délétion avait été transmise par la mère, ménopausée à l’âge de 45 ans, et retrouvée également chez la sœur du cas index, qui présente une diminution de la réserve ovarienne. À notre connaissance, aucune des femmes concernées ne présente d’anomalie neurodéveloppementale. Discussion et conclusion : Certaines délétions de taille variable, situées entre les bandes Xq26 et Xq28, ont été rapportées dans la littérature comme associées à une IOP, permettant de définir une seconde région critique. La délétion ici décrite, bien qu’elle chevauche partiellement cette région, est de taille plus petite, avec un point de cassure proximal situé plus distalement. Elle est, par ailleurs, rarement décrite à ce jour. Cette observation familiale suggère l’existence potentielle d’autres gènes critiques pour l’IOP au sein de cet intervalle, et permet d’affiner la délimitation de la région critique précédemment définie. Toutefois, la description d’autres cas similaires est nécessaire pour confirmer cette hypothèse. Enfin, l’absence de phénotype neurodéveloppemental dans cette famille s’explique vraisemblablement par un biais d’inactivation de l’X chez les femmes porteuses.
Malek BOUASSIDA (Poissy), Géraldine VIOT, Romain VILLENEUVE, Luc DRUART, Denise MOLINA-GOMES
00:00 - 00:00 #49884 - P446 Agénésie isolée du corps calleux révélant une translocation équilibrée de novo impliquant FOXG1 : apport du séquençage du génome prénatal.
Agénésie isolée du corps calleux révélant une translocation équilibrée de novo impliquant FOXG1 : apport du séquençage du génome prénatal.

Le syndrome FOXG1 est une encéphalopathie développementale sévère, caractérisée par un retard neurodéveloppemental précoce, une déficience intellectuelle constante, des troubles du comportement (anomalies des interactions sociales, troubles du sommeil, stéréotypies motrices), des mouvements anormaux (dyskinétiques et hyperkinétiques), une épilepsie et une microcéphalie post-natale. Les anomalies du corps calleux, fréquentes et parfois associées à des anomalies de la gyration, constituent un signe d’appel radiologique. Ce tableau est parfois désigné sous le terme de « syndrome de Rett congénital », en raison de la similitude clinique, bien qu’il s’en distingue par l’absence de régression marquée. La majorité des cas sont dus à des variants pathogènes intragéniques ou à des délétions entraînant une perte de fonction de FOXG1. Plus rarement, des réarrangements intergéniques touchant des régions régulatrices situées à distance mais dans un même domaine topologiquement associé (TAD) ont été décrits. Ces réarrangements perturbent des éléments régulateurs agissant en cis et entraînent un effet de position pathogène. Nous rapportons le cas d’une grossesse marquée par la découverte d’une agénésie isolée du corps calleux au deuxième trimestre (22+3 SA). Les antécédents parentaux étaient non contributifs et les IRM cérébrales parentales normales. Une amniocentèse suivie d’une analyse chromosomique par ACPA et d’un séquençage d’exome prénatal n’a révélé aucune anomalie. Les parents ont finalement opté pour une interruption médicale de grossesse à 30+6 SA. L’examen fœtopathologique a montré un excès de croissance, une microcéphalie relative, une hypertrophie placentaire, une avance d’âge osseux et une dysmorphie faciale (dolichocéphalie, étroitesse bi-temporale, hypertélorisme, racine nasale proéminente et nez bulbeux). L’examen cérébral confirmait l’agénésie du corps calleux, avec présence de bandelettes de Probst. Le séquençage du génome en trio a révélé une translocation équilibrée de novo entre les chromosomes 13 et 14 : t(13;14)(q13.3;q12)dn. Le point de cassure du chromosome 14 est situé entre FOXG1 et sa région régulatrice distale, suggérant une séparation fonctionnelle entre le gène et ses éléments régulateurs. Ce mécanisme correspond à un effet de position à longue distance entraînant probablement une haplo-insuffisance de FOXG1. Ce cas illustre l’intérêt du séquençage du génome entier en diagnostic prénatal. Contrairement à l’exome, qui ne permet pas d’identifier des anomalies équilibrées de type translocation, le génome met en évidence des variants structurels cryptiques et éclaire des mécanismes pathogènes complexes. Actuellement, l’exome est le test prénatal le plus largement utilisé en France. Toutefois, la présente observation plaide en faveur de l’intégration progressive du séquençage de génome entier dans le diagnostic prénatal, en particulier dans les agénésies du corps calleux.
Louise LECAT (Paris), Thomas COURTIN, Challet ILYAS, Philippe ROTH, David GREVENT, Tania ATTIÉ-BITACH, Lucile BOUTAUD-DE LA COMBE
00:00 - 00:00 #49911 - P447 ETUDE CYTOGENETIQUE CHEZ 622 HOMMES INFERTILES AVEC ANOMALIES DU SPERMOGRAMME.
ETUDE CYTOGENETIQUE CHEZ 622 HOMMES INFERTILES AVEC ANOMALIES DU SPERMOGRAMME.

ETUDE CYTOGENETIQUE CHEZ 622 HOMMES INFERTILES AVEC ANOMALIES DU SPERMOGRAMME Rabeh N, Bellil H, Ben Yahia S, Ouedrani F, Smati O,Trabelsi S, Yahyaoui L, Maazoul F, Mrad R, Kraoua L, Trabelsi M. Service de Génétique, Hôpital Charles Nicolle, Tunis, Tunisie Introduction : L'infertilité touche environ 15 % des couples en âge de procréer. Dans 50% des cas, les causes sont d'origine masculine et sont associées à une altération de la spermatogenèse. Des causes cytogénétiques sont identifiées chez 15% des hommes infertiles. Matériels et méthodes : Nous rapportons les résultats de l’étude cytogénétique réalisée chez 622 hommes infertiles présentant une anomalie du spermogramme colligés au Service de Génétique de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis, pendant une période de 11 ans allant de janvier 2011 à février 2023. Un caryotype standard sur sang périphérique a été réalisé pour tous les patients. Résultats : Le nombre de patients infertiles avec anomalies du spermogramme colligés était de 622. Le caryotype sanguin a montré la présence d’une anomalie chromosomique chez 81 patients (13%) dont 69/81 avaient une azoospermie, 9/81 avaient une oligoasthénotératospemrie, 2/81 avaient une cryptozoospermie et un patient avait une dégradation du sperme. L’âge moyen à la première consultation en génétique était de 38 ans. Les anomalies chromosomiques identifiées étaient à type de syndrome de Klinefelter (47,XXY) chez 56/81 patients (homogène chez 50/56 patients et en mosaïque chez 6/56 patients), une formule associant une population 45,X et une population comportant un chromosome Y normal ou remanié chez 4/81 patients , une formule XYY chez 3/81 patients et une délétion Yq chez 3/81 patients, un chromosome marqueur surnuméraire chez 1/81 patient, un remaniement de structure équilibré chez 12/81 patients (4 translocations robertsoniennes, 5 translocations réciproques et 3 inversions) et une formule 46,XX chez 2/81 patients avec phénotype masculin et dysgénésie gonadique. Conclusion : Le taux élevé d'anomalies chromosomiques identifiées chez les hommes infertiles de notre étude (13%) souligne l’importance de réaliser un caryotype en cas d’anomalie du spermogramme afin de rechercher une cause chromosomique et d’orienter la prise en charge. Mots-clés : Infertilité masculine, Spermogramme, Caryotype sanguin, anomalie chromosomique, Klinefelter.
Nadia REBAH EP MELLOULI (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49941 - P448 Anomalies chromosomiques et moléculaires chez des enfants atteints de différences de développement sexuel.
Anomalies chromosomiques et moléculaires chez des enfants atteints de différences de développement sexuel.

Les différences/troubles du développement sexuel (DSD) sont des anomalies congénitales caractérisées par un développement atypique du sexe chromosomique, gonadique et/ou anatomique. Le diagnostic des DSD reste particulièrement difficile en Afrique subsaharienne en raison d’un plateaux technique limité et du manque d’outils de diagnostic avancés, malgré une incidence croissante. Afin de mieux comprendre les bases génétiques des DSD au Sénégal, nous avons mené des analyses cytogénétiques et moléculaires complémentaires. Matériels et méthodes : Les lymphocytes du sang périphérique de 35 patients (âge moyen : 3,3 ans, de 0 à 18 ans) ont été analysés à l'aide de techniques cytogénétiques conventionnelles, de coloration des télomères et des centromères, de FISH multiplex et de sondes spécifiques du gène SRY, avec 150 donneurs sains comme témoins. En parallèle, un séquençage ciblé de nouvelle génération (NGS) a été réalisé sur 13 patients atteints de DSD. L'interprétation des variants et leurs effets fonctionnels sur les protéines ont été effectués à l'aide du pipeline bio-informatique MobiDL. Résultats : L'analyse cytogénétique a révélé des caryotypes principalement normaux. 46,XY (n = 19) et 46,XX (n = 13), ainsi que deux cas de syndrome de Turner en mosaïque : 46,XX[12]/45,X[5] et 45,X[28]/46,XY[20] et un cas de syndrome de Klinefelter en mosaïque : nuc ish(DXZ1x2,SRYx1)[85/200]. Des aberrations chromosomiques structurelles ont été détectées chez 22 % (8/35) des patients. Les études sur les télomères ont montré des télomères significativement plus courts chez les patients atteints de DSD (6,99 kb [4,33-9,85 kb]) par rapport aux témoins (10,5 kb [5,2-13,9 kb]), associés à une augmentation des anomalies télomériques (pertes, doublets). L'analyse moléculaire a été réalisée chez 13 patients (P.1 à P.13). Un diagnostic moléculaire définitif a été établi chez 8 des 13 patients (61 %). Des variants pathogènes ont été identifiés dans sept gènes : AR, NR5A1, HSD3B2, DHX37, AKR1C2, UBR1 et CYP21A2. Des variants du gène AR : c.1789G>A ; p.(Ala597Thr) et c.2191G>A ; p.(Val731Met) ont été identifiés chez le patient P.4. Une délétion avec décalage du cadre de lecture du gène NR5A1 : c.398del ; p.(Pro133LeufsTer163) a été observée chez P.6, et une variante HSD3B2 : c.464C>T ; p.(Pro155Leu) chez P.8. Les variations du nombre de copies comprenaient des réarrangements au niveau du gène AKR1C2 (P.1 et P.12), UBR1 (P.7 et P.11) et une grande délétion du gène CYP21A2 chez P.3. Conclusions : Cette étude met en évidence le dysfonctionnement des télomères comme une nouvelle caractéristique des DSD et démontre l'intérêt d'intégrer les approches cytogénétiques et moléculaires. Dans la plupart des cas, l'établissement d'un diagnostic génétique ou cytogénétique améliore la prise en charge clinique et souligne l'importance des tests avancés pour les enfants atteints de DSD en Afrique subsaharienne.
Haifaou YOUNOUSSA (Nîmes), Macoura GADJI, Mamadou SOUMBOUNDOU, Babacar NIANG, Anne BERGOUGNOUX, Radhia M'KACHER, Françoise PARIS
00:00 - 00:00 #49953 - P449 Môle hydatiforme récurrente associée à un nouveau variant biallélique du gène NLRP7.
Môle hydatiforme récurrente associée à un nouveau variant biallélique du gène NLRP7.

INTRODUCTION: Les môles hydatiformes (MH) représentent une entité rare de maladie trophoblastique gestationnelle caractérisée par une néoplasie trophoblastique entraînant un développement embryonnaire défectueux et un avortement spontané en raison d’une surexpression du génome paternel. Les MH récurrentes (MHR) sont rapportées dans 1 à 4% des cas, et sont associées à des variants délétères au niveau de l’un des sept gènes à effet maternel décrits à ce jour. Le gène NLRP7, jouant un rôle crucial dans l’empreinte génomique et la régulation du développement et de la différenciation placentaires, est impliqué chez 55% des patientes présentant au moins 2 MH, avec une grande hétérogénéité allélique (plus de 200 variants rapportés). Nous rapportons un nouveau variant identifié par séquençage de l’exome (SE) au niveau du gène NLRP7 associé à des MHR . METHODES: Nous rapportons l’observation d’un couple exploré pour infertilité avec des antécédents de MHR. L’étude moléculaire a été réalisée sur l’ADN lymphocytaire des deux partenaires par SE utilisant la technologie short-read (Illumina), avec la recherche concomitante de variations de nombre de copie (CNV). RESULTATS: Il s’agit d’un couple non apparenté (37 ans et 40 ans) suivi pour infertilité secondaire. L’enquête génétique était négative. La patiente, G3P0A3, a eu trois grossesses môlaires consécutives. La première grossesse, diagnostiquée comme MH partielle, a été prise en charge par aspiration et par traitement par méthotrexate, avec évolution favorable. La deuxième et la troisième grossesses ont été diagnostiquées comme MH complètes ayant nécessité un traitement par chimiothérapie (méthotrexate, actinomycine). La patiente a finalement eu une tentative de fécondation in-vitro qui a échoué avec arrêt embryonnaire précoce au stade J3. Le caryotype du couple était sans anomalie. Le SE n’a pas identifié de variant pathogène chez l’époux. Chez la patiente, un nouveau variant a été mis en évidence à l’état homozygote au niveau du gène NLRP7 (NM_001127255.1): c.818G>A (p.Trp273Ter). Ce variant non rapporté dans ClinVar, a été classé comme probablement pathogène selon les critères de l’ACMG (PM2, PVS1). Il entraînerait une perte de fonction par nonsense-mediated decay, pouvant expliquer le phénotype des produits de conception observés. CONCLUSION: Cette observation illustre le rôle central du gène NLRP7 dans la régulation de la différenciation trophoblastique, la décidualisation et l’implantation embryonnaire. L’identification moléculaire par SE a permis de prodiguer un conseil génétique adapté et d’orienter la prise en charge reproductive notamment devant le risque de choriocarcinome associé aux MHR.
Sameh ARFAOUI, Syrine HIZEM, Yasmina ELARIBI, Houweyda JILANI, Imen REJEB, Abir FEDHILA, Meyssa MERIDA, Boutheina BOURAOUI, Marouen BRAHAM, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49956 - P450 Un syndrome polymalformatif rare confirmé par quatre nouveaux cas français porteurs du variant récurrent de novo RARA p.(Arg276Trp).
Un syndrome polymalformatif rare confirmé par quatre nouveaux cas français porteurs du variant récurrent de novo RARA p.(Arg276Trp).

Le gène RARA (Récepteur de l’Acide Rétinoïque α) est impliqué dans la voie de signalisation de l’acide rétinoïque, essentielle à la morphogenèse embryonnaire des vertébrés (Mark et al. 2009). Une patiente porteuse du variant survenu de novo c.826C>T, p.(Arg276Trp) (NM_000964) et présentant un syndrome polymalformatif avait été décrite (Jakubiuk-Tomaszuk et al. 2019). Nous décrivons ici 4 nouveaux patients français présentant un tableau clinique similaire et porteurs du variant récurrent p.(Arg276Trp) du gène RARA. Les cinq patients présentaient des anomalies cardiaques, incluant deux communications interauriculaires, deux valvulopathies mitrales et deux anomalies du tronc veineux pulmonaire. Quatre patients avaient des malformations rénales, et une patiente présentait une agénésie utérine. Trois patients présentaient un métatarsus varus bilatéral. L’imagerie cérébrale, réalisée chez tous, montrait un élargissement ventriculaire chez trois patients. Deux patientes avaient des malformations vertébrales et une présentait une hypercyphose thoracique. Tous les patients avaient des difficultés alimentaires, dont trois nécessitant une sonde nasogastrique ou une gastrostomie ; une patiente présentait une laryngomalacie sévère. Deux patients avaient une atteinte mésentérique. Parmi les traits morphologiques, un philtrum long était observé chez trois patients et une microstomie chez deux. Quatre patients présentaient des anomalies ophtalmologiques, dont deux colobomes bilatéraux. Quatre patients présentaient une hypotonie axiale. Le développement psychomoteur a pu être décrit pour quatre d’entre eux, une patiente étant décédée à l’âge de cinq mois. Les enfants ont marché entre 18 et 27 mois et prononcé leurs premiers mots vers l’âge d’un an. Les deux patientes les plus âgées ont rattrapé leur retard psychomoteur initial. Ces observations confirment que le variant de novo récurrent p.(Arg276Trp) dans RARA est responsable d’un syndrome polymalformatif distinct, touchant plusieurs systèmes (cardiaque, génito urinaire, squelettique, ophtalmologique et cérébral). L’atteinte colobomateuse n’est pas systématique, et le développement psychomoteur, bien qu’initialement retardé, peut s’améliorer significativement avec l’âge. Ces nouvelles données élargissent le spectre phénotypique associé à RARA et permettront d’orienter un suivi ciblé pour la détection complète des manifestations de ce syndrome.
Camille PORTERET, Lucie DUFOUR (Bordeaux), Elise SCHAEFER, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Amélie PITON, Aurore GARDE, Hana SAFRAOU, Christophe PHILIPPE, Boris KEREN, Alexandra AFENJAR, Caroline ROORYCK-THAMBO
00:00 - 00:00 #49958 - P451 Deux délétions distinctes dans une fratrie : découverte d’un mécanisme mutationnel rare responsable de délétions mosaïques adjacentes transmissibles séparément.
Deux délétions distinctes dans une fratrie : découverte d’un mécanisme mutationnel rare responsable de délétions mosaïques adjacentes transmissibles séparément.

Introduction : Les SVs (structural variations) constituent une classe d’événements génétiques mutationnels dont la compréhension des mécanismes complexes d’apparition constitue un intérêt à la fois scientifique et diagnostique majeur. L’essor du séquençage en génome entier permet aujourd’hui la détection d’un grand nombre de ces événements structurels avec une précision permettant de mieux comprendre leur survenue. Méthode : Deux cas de double délétion à l’état de mosaïque ont été identifiés en séquençage de génome entier en technique Illumina et colligés dans le cadre du groupe de travail bioinformatique du laboratoire SeqOIA. Un séquençage long fragment a été réalisé pour phaser les allèles mutés. Résultats : Un séquençage de génome entier en trio a identifié deux délétions de 3kb et 4kb emportant chacune un fragment de l’exon 2 de ZBTB18 et présentes dans deux lignées cellulaires mosaïques distinctes chez une enfant atteinte d’un trouble du neurodéveloppement sévère. Un séquençage de génome entier en quatuor a identifié une délétion de 5kb emportant les exons 13-14 et une délétion de 3kb emportant l’exon 15 de SMARCA2 à l’état de mosaïque chez une femme, mère de deux enfants ayant hérité chacun d’un seul de ces deux événements, à l’état hétérozygote. Dans les deux cas, les délétions ont pu être identifiées comme apparues sur le même allèle, de part et d’autre d’un point de cassure commun d’une dizaine de paire de bases. Conclusion : Cette découverte et celle de quelques cas évocateurs au sein du groupe de travail et dans la littérature pose la question d’un mécanisme mutationnel non décrit à ce jour et commun à ces événements distincts, évoquant une cassure double-brin résolue dans chaque sens par microhomology-mediated break-induced replication (MMBIR) lors de la phase S (réplication) d’une cellule à un stade embryonnaire très précoce. L’identification d’un tel mécanisme présente un intérêt scientifique mais aussi diagnostique du fait du risque spécifique de transmission d’une même maladie par deux remaniements distincts au sein d’une même famille.
Jean-Serene LALOY (Paris), Marion LESIEUR-SEBELLIN, Adèle BARBOT, Boris KEREN, Julien BURATTI, Aurélie WAERNESSYCKLE, Richard DELORME, Claire LEBLOND, Freddy CLIQUET, Alexandre MATHIEU, Thomas COURTIN, Thomas BOURGERON, Hamza HADJ ABDALLAH, Valérie MALAN, Pierre BLANC, Julie STEFFANN, Valérie CORMIER-DAIRE, Jean-Madeleine DE SAINTE AGATHE
00:00 - 00:00 #49994 - P452 Le diagnostic prénatal d’une rare tétrasomie 9p confirmé par les explorations cytogénétiques postnatales.
Le diagnostic prénatal d’une rare tétrasomie 9p confirmé par les explorations cytogénétiques postnatales.

La tétrasomie 9p partielle ou totale est une anomalie chromosomique rare caractérisée par la présente de 4 copies d’une partie ou de la totalité du bras court du chromosome 9. Le diagnostic cytogénétique peut être fait en pré-ou post-natal. Plusieurs malformations peuvent être associées à cette anomalie selon la taille de la région 9p impliquée et la présence ou pas d’anomalies chromosomiques associées. Nous rapportons le cas d’une grossesse de 24SA et 3jours, au cours de laquelle un caryotype sur liquide amniotique (LA) a été demandé dans le cadre de l’exploration d’un tableau polymalformatif : une dysmorphie faciale (rétrognathisme, protrusion de la lèvre supérieure, oreilles bas implantées), un fémur court, pyélectasie droite. Une mosaïque chromosomique prénatale a été mise en évidence avec un marqueur chromosomique caractérisée par FISH (hybridation in-situ fluorescente) montrant du matériel chromosomique issu du chromosome 9. La présence d’une tétrasomie 9p homogène sur lymphocytes sanguins a été confirmée en post-natal. La térasomie 9p est une anomalie de structure secondaire dans la majorité des cas à une non- disjonction au cours de la méiose II maternelle. Elle peut être secondaire à une non-disjonction mitotique. Des mécanismes de recombinaison, duplication avec délétion 9q ont également été mis en cause. Le diagnostic est généralement fait en période prénatale devant un tableau polymalformatifs associant: un retard de croissance intra-utérin (57%), anomalies du système nerveux central (59%), anomalies squelettiques (29%), anomalies urogénitales (29%) et cardiaques (29%),… La tétrasomie 9p homogène sur lymphocytes sanguins s’explique chez notre cas index par la meilleure tolérance de cette anomalie de structure par les lymphocytes sanguins par rapport aux fibroblastes, aux amniocytes et aux villosités choriales. La sévérité de phénotype est variable selon le taux de mosaïque, les tissus atteints et la taille de la région impliquée. Une caractérisation par CGH array est indiquée chez notre patient pour une meilleure corrélation génotype-phénotype.
Sarra DIMASSI (Sousse, Tunisie), Ahmed BEN SMIDA, Mariem BARKA, Rihab DAHLEB, Kawther OUNISS, Mariem HENI, Ines MRABET, Ali SAAD, Nebiha MAHDHAOUI, Sassi BOUGUIZANE, Soumaya MOUGOU
00:00 - 00:00 #50005 - P453 Synostose radio-ulnaire sans trouble hématologique liée à une variation du gène MECOM : à propos d’un cas en Guyane.
Synostose radio-ulnaire sans trouble hématologique liée à une variation du gène MECOM : à propos d’un cas en Guyane.

La synostose radio-ulnaire avec thrombopénie amégacaryocytaire (RUSAT) de type 2, causée par des mutations du gène MECOM (MDS1 and EVI1 complex locus), est un syndrome d’insuffisance médullaire héréditaire rare (IBMFS) associé à des anomalies squelettiques. Elle se caractérise par une présentation variable incluant une thrombopénie congénitale évoluant vers une pancytopénie, une synostose radio-ulnaire proximale bilatérale et d’autres anomalies osseuses. Le diagnostic clinique est souvent difficile en raison de la grande hétérogénéité phénotypique et du caractère encore limité des connaissances sur ce syndrome. Nous rapportons le cas d’une fillette de 9 ans, originaire de Guyane et de descendance chinoise, présentant une synostose radio-ulnaire proximale, une communication interauriculaire (CIA, opérée), une communication interventriculaire (CIV découverte secondairement), un retard du langage et une surdité. Le séquençage de l’exome entier en trio, associé à l’analyse des CNV, a révélé une variation hétérozygote de novo, perte de fonction, classée 4, située dans l’exon 8 du gène MECOM. À ce jour, la patiente ne présente aucun signe d’atteinte hématologique. Le spectre phénotypique associé aux mutations de MECOM reste incomplètement défini. Certaines variations sont associées à une hypertension artérielle pulmonaire, même en l’absence de malformations cardiaques, ce qui en fait un point de surveillance important. La présence d’une CIV, même minime, pourrait en outre aggraver l’évolution d’une telle complication, du fait du shunt gauche-droite. Ce cas contribue à élargir le spectre génotypique et phénotypique associé aux mutations de MECOM, et souligne l’importance d’une surveillance multidisciplinaire, incluant le suivi hématologique et cardiologique.
Mody DIOP (CAYENNE), Narcisse ELENGA
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05 - Oncogénétique - 14 - Génétique tumorale

01 - Pathologies du neurodéveloppement - 10- Syndromes malformatifs - 15- Génétique chromosomique constitutionnelle - 20- Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 22 - Troubles de la reproduction
00:00 - 00:00 #49974 - P555 Dysfonctionnement des télomères et détection précoce des formes agressives des pathologies hématologiques.
Dysfonctionnement des télomères et détection précoce des formes agressives des pathologies hématologiques.

Contexte : Le dysfonctionnement des télomères, résultant de leur raccourcissement ou de mutations germinales affectant les gènes télomériques, joue un rôle majeur non seulement dans l’initiation des maladies, mais également dans leur progression et leur agressivité. Dans cette étude, nous avons évalué le dysfonctionnement télomérique dans les lymphocytes circulants « non tumoraux » par comparaison avec les cellules tumorales de patients atteints de pathologies hématologiques, afin de proposer un biomarqueur précoce des formes agressives. Matériels et méthodes : Des cohortes rétrospectives de patients atteints de pathologies hématologiques avant traitement ont été analysées : 200 lymphomes de Hodgkin, 150 lymphomes non hodgkiniens, 10 leucémies aiguës lymphoblastiques et 20 leucémies myéloïdes chroniques. Le dysfonctionnement des télomères (longueur et aberrations) a été évalué à l’aide d’une technique de cytogénétique haut débit (Next Generation Cytogenetics, NGC), permettant de distinguer les lymphocytes tumoraux des lymphocytes « sains ». Les résultats ont été comparés à ceux d’un groupe témoin constitué de 200 donneurs sains. Le suivi moyen des patients était supérieur à 12 ans. Résultats : L’analyse des lymphocytes circulants des patients a révélé un dysfonctionnement télomérique significativement différent de celui observé chez les témoins sains. Ce dysfonctionnement se caractérise principalement par un raccourcissement des télomères, mais certains patients présentaient également des télomères anormalement longs. La présence d’aberrations télomériques dans les lymphocytes non tumoraux (telles que la perte d’un télomère ou la formation de doublets) était corrélée à des formes agressives et à une réduction de la survie. À l’inverse, les patients dont le taux d’aberrations télomériques était comparable à celui des témoins présentaient une survie significativement prolongée. Conclusion : Ces résultats mettent en évidence, pour la première fois, l’importance des variations de la longueur et des aberrations des télomères comme biomarqueurs précoces des formes agressives de pathologies hématologiques. Ces paramètres pourraient constituer des outils précieux pour le suivi des patients et la prédiction de l’évolution de la maladie.
Radhia M'KACHER (Évry-Courcouronnes), Bruno COLICCHIO, Claire BORIE, Wala NAJAR, Steffen JUNKER, Noufissa OUDRHIDI, Leonhard HEIDINGSFELDER, Andreas PLESCH, Alain DIETERLEN, Philippe VOISIN, Annelise BENNACEUR-GRISCELLI, Eric JEANDIDIER, Patrice CARDE
00:00 - 00:00 #49713 - P556 Délétions totales des gènes BRCA1 et BRCA2 récurrentes en population polynésienne : une caractérisation par séquençage à lecture longue.
Délétions totales des gènes BRCA1 et BRCA2 récurrentes en population polynésienne : une caractérisation par séquençage à lecture longue.

Les réarrangements de grande taille des gènes BRCA1 et BRCA2 sont des altérations connues, impliquées dans les prédispositions aux cancers du sein et de l’ovaire. Les délétions totales de ces gènes sont plus rares. Leur identification en récurrence dans différentes familles d’origine polynésienne suggère un effet fondateur. Pour le confirmer, nous proposons de caractériser ces variants de structure (SV) par séquençage en longue lecture, en déterminant les points de cassure et les haplotypes correspondant aux allèles délétés. Les SV de BRCA1 et BRCA2 ont été détectés initialement sur de l’ADN lymphocytaire chez des cas index par panel Next Generation Sequencing (NGS) ou chez des apparentés par Multiplex Ligand Probe Amplification (MLPA), adressés par la consultation d’oncogénétique de Polynésie française au service de génétique des tumeurs de l’institut Gustave Roussy. La caractérisation des SV a été réalisée par séquençage longue lecture sur PromethION P48 (Oxford Nanopore Technologies) avec enrichissement ciblé sur les régions contenant les gènes d’intérêt. La délétion de BRCA2 a été retrouvée chez 23 individus appartenant à 3 familles distinctes, dont 11 femmes atteintes de cancers du sein (moyenne d’âge au diagnostic : 40 ans), un cancer du sein chez un homme à 85 ans, un cancer de l’ovaire à 76 ans, et 10 porteurs sains ou hors phénotype. La très grande famille F1 comportait 19 porteurs du SV ainsi que 16 individus atteints non testés (10 cancers du sein, 5 cancers de la prostate, un cancer de l’ovaire). Les familles F2 et F3 comptaient chacune deux porteurs, F2 comprenant en plus deux cancers du sein non explorés. La caractérisation de ce SV chez un des porteurs a montré une délétion de 201 kb en 13q13.1 (Hg38 ; 13:32286601-32487603) n’emportant comme gène morbide que BRCA2. Cette altération n’est pas rapportée dans la base de Copy Number Variation (CNV) pathogènes Decipher et n’a pas d’association syndromique connue. L’altération de BRCA1 a été mise en évidence chez 11 patients : 3 cancers du sein, 3 cancers de l’ovaire, 1 association sein/ovaire, et 4 individus sains, répartis dans 5 familles. La famille F4 comptait en plus 5 cancers du sein et 2 cancers de l’ovaire, et les familles F5, F6 et F8 un cancer de l’ovaire chacune, tous non explorés. La confirmation des points de cassure et la recherche du haplotype associé au SV de BRCA2 chez les autres porteurs, ainsi que la caractérisation du SV de BRCA1, sont en cours. Ces résultats préliminaires soulignent d’une part le rôle complémentaire du séquençage à lecture longue dans l’exploration des altérations génétiques constitutionnelles en oncologie, et son apport pour l’épidémiologie moléculaire. D’autre part, ils mettent en évidence l’importance de la collaboration avec des centres en lien avec des populations au génotype peu étudié, pour la détermination des risques spécifiques et l’adaptation des prises en charge.
Walid BEN YEDDER (Villejuif), Voreak SUYBENG, Roseline TANG, Marie-Aude ROBERT DE RANCHER, Odile CABARET, Alice FIÉVET, Abir TALBI, Brigitte BRESSAC-DE PAILLERETS, Rojbin GUNDUZ, Henintsoa RATSIMIALA, Orlane DUBREUIL, Aurélie STOURM, Ida EWU, Clémentine GABILLAUD, Najet AHMED-ECHRIF, Nathalie DROIN, Delphine LUTRINGER, Etienne ROULEAU
00:00 - 00:00 #49422 - P557 Expérience de l’analyse en panel de gènes ciblant les patients suspects d’une prédisposition génétique à l’adénocarcinome pancréatique.
Expérience de l’analyse en panel de gènes ciblant les patients suspects d’une prédisposition génétique à l’adénocarcinome pancréatique.

Les adénocarcinomes pancréatiques surviennent dans un contexte de prédisposition génétique suspectée ou avérée dans 5 à 10 % des cas. Le NCCN (National Comprehensive Cancer Network) et l'ASCO (American Society of Clinical Oncology) recommandent actuellement l’analyse systématique d’un panel de gènes au niveau constitutionnel pour tout patient atteint d’un adénocarcinome du pancréas. Cette analyse était auparavant réservée aux patients présentant des critères personnels et/ou familiaux suggérant une prédisposition héréditaire. Nous présentons les résultats de cette approche « sélective » appliquée à l’Institut Curie de janvier 2018 à juin 2023. L’analyse constitutionnelle d'un panel de 13 gènes « cliniquement exploitables » (APC, ATM, BRCA1, BRCA2, CDKN2A, MLH1, MSH2, MSH6, PALB2, PMS2, RAD51C, RAD51D et STK11) a été réalisée chez 496 patients atteints d'un adénocarcinome pancréatique et chez lesquels une prédisposition génétique pouvait être suspectée sur la base de la validation de critères cliniques et familiaux prédéfinis. Un variant pathogène (VP) ou probablement pathogène (VPP) constitutionnel de l'un de ces gènes a été identifié chez 49 patients, soit 9,9 % de la population étudiée. Les gènes ATM et BRCA2 étaient les deux gènes les plus fréquemment impliqués (18 et 16 cas respectivement) et la prévalence des VP et VPP de ces gènes était significativement plus élevée que dans la population contrôle gnomAD. La contribution globale des gènes du système de réparation de l'ADN par recombinaison homologue était de 83,7 %, tandis que celle du système de réparation des mésappariements était de 10,2 %. Une approche exploratoire consistant à dévoiler les résultats de l'analyse NGS (Next Generation Sequencing) de 123 gènes « de recherche » impliqués dans la carcinogenèse a été appliquée aux 447 patients chez lesquels aucun VP/VPP n’avait été retrouvé dans notre panel diagnostique. Cette approche n'a pas permis d'identifier d'autres gènes de susceptibilité aux adénocarcinomes pancréatiques. Ainsi, nos résultats confirment l’importance de proposer une analyse génétique en panel chez les patients atteints d’adénocarcinome pancréatique ayant des critères personnels ou familiaux évocateurs d’une prédisposition héréditaire. Cela permet d’identifier de manière pertinente les principales prédispositions héréditaires et d’orienter la prise en charge thérapeutique et familiale. La question de l’élargissement à l’ensemble des patients atteints d’adénocarcinome pancréatique reste posée.
Bruno BUECHER (PARIS), Mathilde WARCOIN, Emilie ROLLAND, Rukhshona ABDULLAZODA, Aurélia LE GUILLEVIC, Chrystelle COLAS, Lisa GOLMARD
00:00 - 00:00 #49219 - P558 Premier cas de lymphome diffus à grandes cellules B dans le syndrome FoxP1.
Premier cas de lymphome diffus à grandes cellules B dans le syndrome FoxP1.

Forkhead box P1 (FoxP1) est un facteur de transcription agissant comme activateur et répresseur de nombreux gènes impliqués dans le développement, la différenciation et la pluripotence cellulaire (notamment OCT4, NANOG). Il fonctionne seul ou en hétérodimère avec FoxP2 et FoxP4. FoxP1 participe au développement des poumons, du cœur, du thymus et du système immunitaire. Il contrôle l’expression cérébrale de CNTNAP2, essentielle à la connectivité neuronale. Des mutations germinales de novo de FoxP1 causent un syndrome neurodéveloppemental caractérisé par une déficience intellectuelle, des troubles du langage, du spectre autistique, du comportement et une instabilité émotionnelle souvent associés à une dysmorphie (OMIM : 613670). FoxP1 est exprimé de façon prédominante dans les lymphomes diffus à grandes cellules B (LDGCB), de sous type ABC, à haut potentiel agressif, avec mutations somatiques gain de fonction. Il maintient et amplifie l’activation de la voie NFKB, favorise la prolifération, l’inhibition de l’apoptose et l’instabilité génique. Dans notre série de 27 cas de syndrome FoxP1 à début précoce (24 variants germinaux pathogènes faux sens ou non-sens, 3 délétions de grande taille), 4 présentaient un variant de novo faux sens récurrent c.1541G>A (p. Arg541His). Parmi eux, une patiente de 26 ans, sous tutelle, a présenté un lymphome LDGCB stade IV (atteinte ganglionnaire, pulmonaire et SNC) avec altération de l’état général (PS=3), perte de poids, détresse respiratoire nécessitant la ventilation mécanique et fébricule. Les sérologies montraient une immunité EBV et CMV ancienne, VIH négatif. Un traitement de sauvetage par chimiothérapie a permis une évolution favorable avec retour à l’état clinique antérieur, extubation rapide et régression des images pulmonaires et des adénopathies. Après 6 cures de Rituximab-CHOP et Méthotrexate (y compris intrathécale), la patiente est en rémission complète à plus d’un an de suivi. L’analyse du LDGCB montrait qu’il était non GC (de type ABC), sans surexpression de Myc/Bcl2 ni EBV avec un caryotype complexe sans anomalies spécifiques ni réarrangement de MYC mais des mutations somatiques CARD11 D230N, MYD88 S219C, NOTCH1 Q2416, activatrices de la voie NFKB. Dans ce premier cas de LDGCB dans un syndrome FOXP1, la coexistence de mutations somatiques favorisant l’apparition de lymphomes B avec une mutation germinale de FoxP1 suggère un rôle de cette dernière dans la présentation atypique pulmonaire et agressive du lymphome avec instabilité génétique. Cette observation soulève la question du risque accru de LDGCB chez les porteurs de variants germinaux de Foxp1 et des modalités de surveillance à adopter. Une analyse moléculaire systématique des LDGCB agressifs ou avec atteinte pulmonaire permettrait d’identifier les variants germinaux hypomorphes FoxP1 avec formes syndromiques atténuées et d’adapter au mieux le suivi et le traitement de ces patients.
Khawla ALJABALI (PARIS), Giulia BARCIA, Sophie KALTENBACH, Thierry MOLINA, Moise ASSOULINE, Arnold MUNNICH, Olivier HERMINE
00:00 - 00:00 #49942 - P559 Prévalence et impact clinique des prédispositions génétiques constitutionnelles chez les femmes atteintes d’un cancer du sein avant l’âge de 30 ans.
Prévalence et impact clinique des prédispositions génétiques constitutionnelles chez les femmes atteintes d’un cancer du sein avant l’âge de 30 ans.

Contexte : En France, environ 20% des cancers du sein sont diagnostiqués avant l’âge de 50 ans, les diagnostics avant l’âge de 30 ans sont rares. Néanmoins, l’incidence des cancers du sein augmente dans toutes les tranches d’âge y compris pour les femmes de moins de 40 ans. Les facteurs influençant l’augmentation d’incidence d’une façon générale et plus particulièrement pour les femmes jeunes ne sont pas déterminés à l’heure actuelle. Des projets de recherche multidimensionnels ciblant les femmes jeunes (moins de 30 ans) sont mis en place à l’Institut Curie afin d’identifier de nouveaux facteurs génétiques héréditaires, de nouveaux facteurs de risque, et de caractériser des spécificités tumorales et/ou du microenvironnement tumoral. Ces projets sont développés notamment dans le cadre de l’IHU (Institut des cancers des femmes). Méthodes : Dans ce contexte, nous présentons une large série (N=592) de patientes atteintes d’un cancer du sein avant l’âge de 31 ans prises en charge à l’Institut Curie et ayant bénéficié d’une analyse génétique constitutionnelle entre 1996 et 2024. Objectifs : Cette cohorte ambispective unicentrique de 592 femmes jeunes au moment du diagnostic a pour objectifs d’estimer la prévalence de prédisposition génétique constitutionnelle dans cette tranche d’âge, de préciser les caractéristiques clinico-biologiques et les modalités de prise en charge et le pronostic. Ces éléments seront comparés en fonction de la présence ou pas d’une prédisposition génétique identifiée et de son type. Résultats : Le taux d’identification d’une prédisposition génétique constitutionnelle est de 26% (152/592) dans notre étude. Ce taux se situe entre 5 et 10% sur l’ensemble des cas index. Les altérations génétiques les plus fréquemment mises en évidence dans cette tranche d’âge concernent le gène BRCA1 dans 52% des cas (79/152) puis BRCA2 dans 33.5% (51/152), les altérations du gène TP53 ont été retrouvées chez 10% des cas. D’autres altérations ont été identifiées sur les gènes PTEN, CDH1 et PALB2 de façon beaucoup plus exceptionnelle. Nous présenterons les caractéristiques clinico-biologiques, les facteurs de risque et le suivi des femmes porteuses d’une prédisposition génétique constitutionnelle comparées à ceux des femmes chez qui aucune altération génétique n’a été identifiée. Conclusion : Dans un contexte d’augmentation de l’incidence des cancers du sujet jeune, ces résultats contribuent à faire un bilan et à mieux caractériser les cancers du sein dans cette tranche d’âge. Le taux élevé et attendu de prédispositions génétiques constitutionnelles permet dans un quart des cas d’expliquer la survenue précoce de pathologie tumorale. Dans cette classe d’âge, on note un enrichissement attendu d’altérations du gène TP53. Pour explorer d’autres pistes de prédisposition héréditaire méconnues, nous avons pu proposer des analyses en génome entier à 50 patientes de notre cohorte dans le cadre de PFMG2025.
Marion GAUTHIER-VILLARS, Emmanuelle MOURET-FOURME (Paris), Bruno BUECHER, Sophie FRANK, Claire SAULE, Victoire MONTECALVO, Hélène DELHOMELLE, Antoine DE PAUW, Mathilde WARCOIN, Sigama FATOUMATA, Ophélie PORQUET-BERTRAND, Marine LEMENTEC, Lisa GOLMARD, Jessica LE GALL, Elise PIERRE-NOEL, Mélanie PAGÈS, Mathias SCHWARTZ, Lea VEYRUNE, Dominique STOPPA-LYONNET, Eric PASMANT, Anne VINCENT-SALOMON, Chrystelle COLAS
00:00 - 00:00 #49613 - P560 Approches fonctionnelles pour le diagnostic du syndrome CMMRD au laboratoire national de référence : un outil de routine indispensable.
Approches fonctionnelles pour le diagnostic du syndrome CMMRD au laboratoire national de référence : un outil de routine indispensable.

Le syndrome CMMRD (Constitutional Mismatch Repair Deficiency) est un syndrome rare qui prédispose aux cancers pédiatriques. Il est dû à des variants pathogènes constitutionnels bi-alléliques dans les gènes du système de réparation des mésappariements (MMR) tels que MLH1, MSH2, MSH6 ou PMS2. Les patients atteints présentent un risque élevé de développer des hémopathies, des tumeurs cérébrales ainsi que des tumeurs du spectre de Lynch et ce, dès un très jeune âge. Nous faisons ici le bilan des tests fonctionnels complémentaires réalisés dans le cadre de la routine dans notre laboratoire pour le diagnostic du CMMRD pris en charge par les cliniciens du Groupe Génétique et Cancer. En effet, depuis mars 2021, notre laboratoire est le seul en France à proposer en routine des tests fonctionnels spécifiques pour le diagnostic du CMMRD, permettant ainsi un dépistage unique et essentiel. Le premier test implémenté est le gMSI (germinal MSI), décrit par Ingham et al. (2013), qui évalue l’instabilité des microsatellites sur l’ADN constitutionnel à l’aide de trois marqueurs dinucléotidiques (D17S250, D17S791, D2S123). Sur 89 tests réalisés, 6 % étaient en faveur d’un CMMRD, 45 % permettaient d’exclure ce diagnostic (sauf en cas d’atteinte de MSH6), mais 49 % étaient non contributifs. Il est essentiel de noter que ce caractère non contributif ne traduit pas une défaillance technique liée à la qualité de l’ADN, mais reflète les limites intrinsèques du test. En effet, ce dernier n’est pas adapté à la détection d’anomalies du gène MSH6, et les marqueurs hétérozygotes avec un écart allélique <6 pb ne sont pas interprétables. Le second test mis en place est le test fonctionnel cellulaire ex-vivo sur lignées lymphoblastoïdes de patients, selon le protocole de Bodo et al. (2015). Il associe deux volets : un test de tolérance à la méthylation, évaluant la réponse cellulaire à un agent méthylant et un test evMSI (ex-vivo MSI), qui mesure l’instabilité microsatellitaire sur l’ADN des lignées lymphoblastoïdes (après au moins 120j de culture post-immortalisation par EBV), comparée à l’ADN germinal du patient, via trois marqueurs mononucléotidiques (NR21, NR27, BAT26).Parmi les 50 tests ex-vivo réalisés, 100 % se sont révélés contributifs : 24 % ont confirmé un CMMRD, tandis que 76 % l’ont exclu. Notre expérience confirme l’intérêt de coupler ces deux approches complémentaires (gMSI et tests fonctionnels ex-vivo) pour un diagnostic fiable du syndrome CMMRD. Cette analyse est indispensable dans les cas où les critères cliniques et/ou phénotypiques sont évocateurs d’un CMMRD sans que le génotype n’ait pu être démontré du fait de la présence de variants de signification incertaine ou de difficultés techniques (exemple : pseudogène, variants complexes). Cette stratégie diagnostique est essentielle pour confirmer ou écarter un syndrome CMMRD, garantissant ainsi une prise en charge adaptée et précoce des patients.
Erell GUILLERM (Paris), Nawel MALOUCHE, Brigitte LITRA, Luis CHAN, Noémie BASSET, Alexandre PERRIER, Alex DUVAL, Antoine DARDENNE, Patrick BENUSIGLIO, Martine MULERIS, Florence COULET
00:00 - 00:00 #49723 - P561 Contribution du gène ERCC2 dans la prédisposition aux cancers : analyse rétrospective des données de 21 217 panels constitutionnels.
Contribution du gène ERCC2 dans la prédisposition aux cancers : analyse rétrospective des données de 21 217 panels constitutionnels.

Introduction ERCC2 a un rôle dans le maintien de l’intégrité génomique en intervenant dans la réparation de l’ADN par la voie Nucleotide Excision Repair (NER). Les altérations constitutionnelles bialléliques d’ERCC2 sont responsables de syndromes rares, notamment le Xeroderma pigmentosum (XP) groupe D, associé à un surrisque marqué de cancers cutanés. Néanmoins, l’implication des altérations monoalléliques en prédisposition aux cancers n’est pas documentée. En somatique, environ 5 % des tumeurs sont mutées ERCC2, notamment les tumeurs de la vessie, avec signatures moléculaires spécifiques. L’objectif de ce travail est d’évaluer le rôle d’ERCC2 dans la prédisposition au cancer. Méthodes Nous avons réalisé une analyse rétrospective d’ERCC2 chez tous les patients ayant bénéficié entre 2018 et 2025, à l’Institut Curie, d’une analyse constitutionnelle par séquençage haut débit d’un panel de gènes dans le cadre d’une suspicion de prédisposition aux cancers du sein, de l’ovaire, de la prostate, digestifs, du pancréas et au mélanome uvéal. Les variants retenus étaient les variants constitutionnels pathogènes/probablement pathogènes (cVP/VPP), les variants constitutionnels faux-sens rares de signification incertaine prédits délétères (CADD≥20) (cVSI+) et les variants introniques et synonymes rares associés à des prédictions d’impact sur l’épissage (SPIP≥80% ou ≥50% si SpliceAI>0,1) (cVSI+). Les fréquences observées ont été comparées à celles de la cohorte de référence gnomAD v4.1.0 (test exact de Fisher). Les données cliniques et tumorales ont été collectées. Résultats Au total, 21 217 panels constitutionnels ont été analysés : 59 cVP/VPP et 290 cVSI+ ont été identifiés chez des patients atteints de cancers. Parmi les 59 cVP/VPP, 42 (71%) étaient identifiés chez des patients atteintes d’un cancer du sein, 8 (13%) présentaient une co-occurrence avec un cVP/VPP dans un des gènes de prédisposition dans les cancers associés aux panels diagnostiques étudiés. L’analyse d’association réalisée sur les porteurs de cVP/VPP montre une augmentation modeste mais statistiquement significative du risque de cancer (OR = 1,31 [1,10–1,59], p < 0,00004). Toutefois, l’ampleur de cet effet, bien que robuste statistiquement, reste faible et ne suggère pas que les altérations monoalléliques d’ERCC2 constituent un facteur de prédisposition majeur. Cette absence d’effet marqué est confirmée lorsque l’analyse est stratifiée par type tumoral, sans signal spécifique pour un cancer donné. Des données tumorales étaient disponibles pour 7 des patients porteurs d’un cVP/VPP ; aucun second hit tumoral n’a été identifié. Conclusion Ce travail mené sur une large cohorte ne plaide pas en faveur de l’implication des altérations monoalléliques d’ERCC2 dans la prédisposition aux cancers étudiés à l’Institut Curie. Des études complémentaires sont nécessaires pour préciser la contribution d’ERCC2, en particulier dans une cohorte de personnes atteintes de cancers urothéliaux et de la vessie.
Adèle GRUBER, Samia MELAABI, Kévin MERCHADOU, Elise PIERRE-NOËL, Eric PASMANT, Lisa GOLMARD, Mélanie PAGÈS (Paris)
00:00 - 00:00 #49370 - P562 Apport d’un test fonctionnel pour l’analyse des variants faux sens du gène CDH1.
Apport d’un test fonctionnel pour l’analyse des variants faux sens du gène CDH1.

Introduction : Les mutations constitutionnelles dans le gène CDH1 peuvent être responsables de formes familiales de cancers gastriques de type adénocarcinome gastrique diffus à cellules peu cohésives et de cancers mammaires de type lobulaire infiltrant. L’identification de variants tronquants est sans équivoque en terme de pathogénicité. Cependant, l’identification de variants faux sens conduit souvent à classer ces derniers en variants de signification biologique incertaine (classe 3). Il existe cependant des histoires familiales évocatrices chez qui on retrouve seulement un variant CDH1 de classe 3. Il serait donc crucial d’être capable de reclasser ces variants pour apporter une prise en charge adaptée à ces familles. Matériel et Méthode : En partenariat avec le laboratoire portugais IPATIMUP (Instituto de Patologia e Imunologia Molecular da Universidade do Porto) nous avons mis en place au laboratoire de l’institut Paoli-Calmettes, Marseille, France, des tests fonctionnels pour évaluer l’effet biologique des variants de CDH1. Pour cela, nous avons réalisé de la mutagenèse dirigée pour intégrer le variant d’intérêt faux sens V252E (porté par une famille suivie à l’IPC) dans des cellules CHO (Chinese Hamster Ovary cells) grâce à un plasmide pIRES2-EGFP. Nous avons par la suite analysé l’effet de ce variant en réalisant des tests d’expression et de localisation protéique ainsi que des tests d’agrégation cellulaire que nous avons comparés aux cellules CHO non transfectées et transfectées avec le gène CDH1 sauvage. Résultats : Les cellules CHO transfectées avec le plasmide contenant le variant V252E ont un comportement qui s’apparente aux cellules CHO non transfectées et qui est différent des cellules CHO transfectées avec le gène CDH1 sauvage. En effet, alors que les Western blots indiquent que les cellules expriment bien le plasmide qui a été transfecté, on s’aperçoit que les tests d’agrégation montrent l’absence d’agrégation des CHO transfectées V252E tout comme les cellules non transfectées alors que les cellules transfectées avec le CDH1 sauvage agrègent. Pour ce qui est des tests d’immunofluorescence, les cellules CDH1 sauvages expriment la E-cadhérine à leur membrane lorsqu’elles sont en contact avec d’autres cellules alors que les cellules CHO V252E montrent un marquage cytosolique de la E-cadhérine. Discussion : Les tests fonctionnels mis en place permettent d’évaluer les conséquences au niveau cellulaire des variants CDH1 et ils seront une aide précieuse pour aider à caractériser les variations faux sens dans ce gène. Nous espérons qu’ils aideront à améliorer la reclassification des variants classe 3 en variants probablement pathogènes (classe 4) afin de proposer une prise en charge et un suivi améliorés pour les patients et les familles porteuses de ces variations notamment pour la famille que nous suivons dans notre institut. Il serait en outre intéressant de pouvoir intégrer ces tests au sein du groupe de curation CDH1/FrOG.
Nicolas PONS (Marseille), Frédéric ANDRÉ, Véronique RIGOT-ANDRÉ, Sébastien LETARD, Sébastien GERMAIN, Catherine NOGUES, Paulo DE SEPULVEDA, Hagay SOBOL, Joana FIGUEIREDO, Audrey REMENIERAS
00:00 - 00:00 #49533 - P563 Évaluation fonctionnelle des effets sur l’ARN et/ou la protéine provoqués par des variations localisées au niveau d’un exon terminal : le modèle du gène MSH2 impliqué dans le syndrome de Lynch.
Évaluation fonctionnelle des effets sur l’ARN et/ou la protéine provoqués par des variations localisées au niveau d’un exon terminal : le modèle du gène MSH2 impliqué dans le syndrome de Lynch.

L’interprétation des variations génétiques localisées dans les exons terminaux ou leurs régions introniques adjacentes représente un défi majeur en génétique médicale, notamment dû à la difficulté à évaluer leurs effets sur l’ARN et/ou la protéine. Ce challenge concerne, entre autres, l’exon 16 (ex16) du gène MSH2, impliqué dans le syndrome de Lynch (LS). L’identification de la variation causale est essentielle pour poser le diagnostic de LS et adapter la prise en charge des patients et de leur famille. Toutefois, de nombreuses variations situées dans l’ex16 de MSH2 sont encore classées comme de signification incertaine (VSI), en partie dû à l’absence de données expérimentales, freinant ainsi le diagnostic. Nous reportons ici les résultats d’études fonctionnelles sur des variations localisées dans l’ex16 ou dans sa région intronique adjacente (in15). Nos méthodes sont basées sur des analyses : (i) sur l’épissage de l’ARN (tests-minigène et validation par RT-qPCR et/ou RT-ddPCR sur l’ARN de patients quand disponible) et (ii) pour certaines variations tronquantes, sur la fonction de la protéine MSH2 (évaluation de la tolérance à la méthylation présentée par des cellules MSH2-/- exprimant de façon transitoire l’ADNc de MSH2 muté ou non). Parmi les 70 variations analysées dans le test-minigène, une fraction étonnamment élevée (45/70, 64%) a provoqué des défauts d’épissage de l’ex16 conduisant à une diminution/perte des transcrits de référence. Le caractère splicéogénique ou non de 12/70 variations, a pu être confirmé sur l’ARN de patients. De façon importante, nous avons aussi observé que, sur l’ARN des patients, la diminution de l’épissage canonique ex15-ex16 était associée à une augmentation de l’épissage alternatif ex15-ex17. Ces résultats suggèrent que l’ex17 (un exon terminal alternatif de MSH2, physiologiquement très faiblement exprimé) peut être utilisé comme rapporteur pour révéler la présence de variations splicéogéniques dans la région in15/ex16. De plus, pour certaines variations tronquantes, y compris les variations non-sens les plus terminales identifiées dans l’ex16 actuellement classées VSI, nous avons effectué un test de tolérance à la méthylation afin de mieux appréhender leur impact protéique. Ces analyses ont permis (i) d’identifier les variations qui altèrent l’activité de réponse aux dommages de l’ADN de MSH2 et (ii) d’apporter des pistes de compréhension quant à la séquence C-terminale minimale nécessaire à la fonction de la protéine. Cette étude souligne l’importance d’utiliser des approches expérimentales complémentaires, au niveau de l’ARN et de la protéine, pour mieux interpréter des variations localisées au niveau d’un exon terminal. Nous collectons actuellement des données cliniques, tumorales et familiales relatives aux patients porteurs des variations d’intérêt afin d’agréger les arguments permettant de les classer cliniquement selon les recommandations ACMG/NGS-Diag.
Nawel MALOUCHE (PARIS), Laetitia MEULEMANS, Eva KIRASIC, Anna SMIRNOVA, Aurélie DROUET, Brigitte LITRA, Luis CHAN, Marie-Pierre BUISINE, Julie LECLERC, Lisa GOLMARD, Khadija ABIDALLAH, Voreak SUYBENG, Sophie KRIEGER, Mélanie GIRARDI, Omar SOUKARIEH, Odile CABARET, Pierre DEVULDER, Ahmed BOURAS, Qing WANG, Martine MULERIS, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Pascaline GAILDRAT, Florence COULET, Alexandra MARTINS
00:00 - 00:00 #49615 - P564 Casse-tête : Quand l’étude d’un gène est compliquée par la présence d’un pseudogène. Evaluation du séquençage Devyser_LynchFAP™ et du logiciel Amplicon Suite pour l’étude du gène PMS2.
Casse-tête : Quand l’étude d’un gène est compliquée par la présence d’un pseudogène. Evaluation du séquençage Devyser_LynchFAP™ et du logiciel Amplicon Suite pour l’étude du gène PMS2.

Le gène PSM2 comporte 15 exons, dont seulement 4 exons spécifiques du gène (exon 6 , 7, 8 et 10). En 5’ de ce gène, 12 et 15 pseudogènes, sont des copies inactives des régions exons 1-5 du gène PMS2. Alors qu’en 3’ de ce gène, le pseudogène PSM2CL, constitue une copie inactive des régions exon 9 et exons 11-15 du gène PMS2, avec une très forte homologie (98%) entre PMS2 et PMS2CL. Ainsi la présence d’allèles hybrides (ou conversion génique) PMS2-PMS2CL est fréquente. Dans la pratique clinique pour le diagnostic du Syndrome de Lynch ou du CMMRD (syndrome de déficience constitutionnelle des gènes MMR), il est crucial de s’assurer qu’un variant pathogène se trouve dans le gène actif de PMS2. Afin de répondre à ce défi, nous avons évalué les performances pour l’étude du gène PMS2, du kit de préparation de librairie NGS : Devyser LynchFAP™, et du logiciel d’analyse associé : Amplicon Suite. Cet outil, analyse 10 gènes par technologie d’enrichissement par PCR multiplex, précédé d’une PCR longue ciblant spécifiquement les exons 10 à 15 du gène PMS2. Le logiciel d’analyse Amplicon Suite, permet, à partir des fichiers Fastq, une analyse des critères de qualités (couverture…), une analyse des SNVs, des CNV ainsi qu’une analyse des conversions géniques dans la région C-terminale du gène PMS2 (exons 13-15). Nous rapportons l’analyse de 30 variants génétiques sur le gène PMS2, ou sur le pseudogène PMS2CL (28 patients) : 17 SV (61%), 8 CNV (28%), 5 conversions géniques (20%), initialement identifiés par les stratégies diagnostiques conventionnelles (capture, MLPA, PCR longue). Cette technique a permis l’identification de l’ensemble des SV spécifique de PMS2 en une seule étape technique. Les 5 conversions géniques ont été confirmées également et de nouvelles ont été détectées nécessitant des explorations approfondies. L’analyse de CNV a permis de confirmer l’absence de CNV spécifique de PMS2 dans 4 cas, d’alerter sur la présence de CNV dans 3 cas alors que les exons concernés ne sont pas strictement spécifiques surtout en 3’, et d’identifier un faux négatif (CNV) dans la région 3’. Cette technologie permet une analyse spécifique du gène PMS2 par une approche de séquençage haut débit applicable facilement dans nos laboratoires de routine, combinant analyse de SV, CNV et conversion génique. Cependant à ce stade, concernant les CNV, la technique ne permet pas de s’affranchir d’une confirmation par la technique de MLPA. Les conversions géniques sont en cours de confirmation par séquençage long read (Nanopore). Cette approche originale, intégrant PCR longue et enrichissement par PCR multiplex, permet un séquençage spécifique de gène présentant de fortes homologies avec des pseudogènes tel que PMS2.
Noemie BASSET (PARIS), Nawel MALOUCHE, Patrick BENUSIGLIO, Veronique BOCLY, Antoine DARDENNE, Marjorie JODAR, Jean Samuel LOGER, Florence COULET
00:00 - 00:00 #49881 - P565 Implication d’un nouveau variant du gène APC dans la polypose adénomateuse familiale : étude clinique et moléculaire chez une famille tunisienne.
Implication d’un nouveau variant du gène APC dans la polypose adénomateuse familiale : étude clinique et moléculaire chez une famille tunisienne.

Introduction: La polypose adénomateuse familiale (PAF, OMIM 175100) est une affection autosomique dominante rare. Elle est caractérisée par le développement de centaines à des milliers de polypes adénomateux colorectaux avec un risque important de dégénérescence en absence de prise en charge. Sur le plan moléculaire, elle est causée par des variants pathogènes au niveau du gène APC (Adenomatous Polyposis Coli), gène suppresseur de tumeur, impliqué dans la régulation de la voie Wnt/β-caténine. En Tunisie, peu d'études se sont intéressées à l'étude génétique du gène APC. Observation: Dans ce contexte, nous rapportons le cas d’une patiente adressée au service de Génétique de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis pour suspicion de PAF. L'enquête génétique a révélé des antécédents familiaux de polypose colique, de cancers colorectaux et d'atrophie optique dans la branche maternelle. Elle avait comme antécédents personnels une polypose colique (>100 polypes) découverte à l'âge de 43 ans. L’évolution a été marquée par la survenue d’une tumeur desmoïde intra abdominale à l'âge de 46 ans et d' un cancer du colon à l'âge de 52 ans. Un séquençage haut débit (NGS) par panel de gènes de cancers a été réalisé, et a permis d'identifier un nouveau variant à l’état hétérozygote au niveau du gène APC. Il s’agit d’un variant frameshift entraînant la synthèse d’une protéine tronquée. Cette perte de fonction se traduit par la perte de plusieurs domaines fonctionnels impliqués dans la régulation de la β-caténine et la stabilisation du cytosquelette. Une analyse bioinformatique a été réalisée afin d’évaluer l’impact fonctionnel potentiel du variant identifié sur la protéine APC et la voie Wnt/β-caténine. Ce variant a pu être classé comme probablement pathogène en s’appuyant sur les critères de l'American College of Medical Genetics and Genomics (ACMG) ainsi que les résultats de l’étude bioinformatique. L’identification de ce variant a permis d’adapter la stratégie de prise en charge chez cette famille. Un conseil génétique a été donné et un test présymptomatique a été proposé aux apparentés à risque. Ce dernier a permis de confirmer la prédisposition héréditaire au cancer colorectal chez un fils et un neveu. Conclusion: Cette étude illustre l’importance du diagnostic moléculaire dans la prise en charge personnalisée des syndromes de prédisposition héréditaires au cancer colorectal et ouvre la voie à l’exploration de thérapies ciblées visant à améliorer le pronostic des patients atteints de PAF.
Rasene GEREISHA (Paris), Sana GABTENI, Rym MEDDEB, Ikhlas BEN AYED, Lilia GABTENI, Tasnim MHIRI, Haithem ZAAFOURI, Dalila GARGOURI, Ridha MRAD, Neila BELGUITH, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49680 - P566 Etude de l’association entre la présence des variants somatiques du promoteur de TERT et la taille des télomères dans une cohorte de fibrose pulmonaire.
Etude de l’association entre la présence des variants somatiques du promoteur de TERT et la taille des télomères dans une cohorte de fibrose pulmonaire.

Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la taille des télomères et d’une hématopoïèse clonale (HC), définie par la présence d’une ou plusieurs variations somatiques dans les cellules hématopoïétiques et donc observable dans le sang. Les téloméropathies ou TBD pour Telomere Biology Disorders sont des maladies du vieillissement précoce pour lesquelles on identifie une/des anomalie(s) constitutionnelle(s) dans un gène impliqué dans la maintenance des télomères associées le plus souvent à une diminution de la taille des télomères dans le sang. La fibrose pulmonaire est l’atteinte la plus fréquemment décrite dans les téloméropathies. Les variants du promoteur du gène TERT (pTERT) codant la télomérase entrainent une augmentation de l’expression du gène TERT. La présence des pTERT ont été rapportées dans le sang de certains patients TBD présentant une variation pathogène constitutionnelle, en dehors de tout contexte tumoral. Cela a été décrit comme un mécanisme de sauvetage somatique (Somatic Genetic Rescue, SGR), afin de contrebalancer le défaut germinal du complexe télomérase. Au sein de notre LBMR, depuis 2022 nous avons implémenté la recherche des 3 variations récurrentes (en position c.-57, c.-124 et c.-146) pTERT en PCR digitale dans la stratégie diagnostique des patients suspectés de téloméropathie. Dans une cohorte de patients atteints de fibrose pulmonaire (n = 150), nous observons la présence d’un ou plusieurs variants pTERT chez des patients en l’absence de variation pathogène constitutionnelle. Notre hypothèse de travail était que la présence des variants somatiques pTERT pourrait être associée à une taille de télomères plus basses. Nous avons mesuré la taille des télomères sur ADN leucocytaire par une technique innovante d’ADN branché (kit « QuantiGene Plex DNA » sur intrument Luminex). Nos résultats explorent la taille des télomères dans un contexte de fibrose pulmonaire avec suspicion de téloméropathie monogénique et en particulier chez les patients sans variation pathogène constitutionnelle. Ces résultats permettent une meilleure compréhension de la génétique somatique des patients atteints de fibrose pulmonaire.
Ibrahima BA (Paris), Hélène MOREL, Patrick REVY, Sylvie AGLAVE, Fabrizio CENZI, Malika CHELBI, Christelle MENARD, Claire OUDIN, Cécile MASSON, Quentin PHILIPPOT, Bruno CRESTANI, Raphael BORIE, Caroline KANNENGIESSER
00:00 - 00:00 #50004 - P567 Le syndrome de Cowden (SC) et la polypose juvénile en Guyane : à propos d’un cas.
Le syndrome de Cowden (SC) et la polypose juvénile en Guyane : à propos d’un cas.

Le syndrome de Cowden (SC), ou syndrome tumoral hamartomateux lié à PTEN (STH), est une affection rare à transmission autosomique dominante, causée par des variants germinaux pathogènes. Il se caractérise par la présence de lésions hamartomateuses multiples touchant divers organes et tissus, notamment le tube digestif, la peau, les muqueuses, le sein, la thyroïde, l’endomètre et le cerveau. Une macrocéphalie et des lésions mucocutanées caractéristiques apparaissent souvent à l’âge adulte jeune, mais le diagnostic peut être posé dans l’enfance en cas de polypes gastro-intestinaux multiples, de troubles du spectre autistique ou de déficience intellectuelle. La polypose juvénile (PJ) est également une affection rare, précancéreuse, de transmission autosomique dominante, associée à un risque accru de cancers gastro-intestinaux. Elle doit être évoquée après exclusion des autres syndromes de polypose hamartomateuse (Peutz-Jeghers, Cowden), en présence de polypes juvéniles multiples, notamment coliques et rectaux. Nous rapportons le cas d’une fillette d’origine guyanaise présentant une macrocéphalie, de multiples polypes gastro-intestinaux et un retard du développement psychomoteur. Le séquençage d’exome en trio associé à l’analyse des CNV a révélé une délétion hétérozygote d’environ 2 Mb en 10q23.1-q23.31. Cette région contient à la fois le gène PTEN, impliqué dans le syndrome de Cowden, et le gène BMPR1A, impliqué dans la polypose juvénile. Cette délétion explique le phénotype observé chez la patiente. PTEN code pour une phosphatidylinositol-3,4,5-trisphosphate 3-phosphatase, régulant les voies AKT/PI3K et MAPK en tant que suppresseur tumoral. BMPR1A code pour un récepteur du facteur de croissance BMP. Ces deux gènes occupent une place centrale dans plusieurs voies de signalisation (MAPK, BMP, WNT, β-caténine), essentielles au maintien de la pluripotence des cellules souches intestinales. Leur dérégulation favorise les désordres de la prolifération cellulaire et de l’apoptose. Une surveillance clinique et paraclinique rapprochée est indispensable, compte tenu du risque élevé de cancers (sein, thyroïde, colorectal, endomètre, rein) chez ces patients. Ce cas illustre l’importance du diagnostic génétique en Guyane pour optimiser la prise en charge et la surveillance des patients atteints de syndromes de prédisposition tumorale tels que le SC et la PJ.
Mody DIOP (CAYENNE), Narcisse ELENGA
00:00 - 00:00 #48970 - P568 Mosaïque du gène FH dans un contexte de multiples léiomyomes utérins.
Mosaïque du gène FH dans un contexte de multiples léiomyomes utérins.

Les variants pathogènes hétérozygotes du gène FH entrainent la léimyomatose cutanée et utérine familiale (HLRCC). Ce syndrome associe des léimyomes cutanées (70%), des léimyomes utérins (près de 100% des femmes), des cancers du rein (20%) et un faible sur-risque de paragangliome/phéochromcyome. Si initialement le syndrome était recherché en cas de cancer du rein papillaire de type II ou en cas de lésion cutanée évocatrice, il est maintenant recommandé de le rechercher en cas léimyomes utérins avec un déficit en FH. Dans ce contexte, nous avons reçu en consultation d’oncogénétique une femme qui a développé de multiples léimyomes utérins dont la prise en charge a fini par nécessiter une hystérectomie à l’âge de 33 ans. Il a été détecté une perte en immunohistochimie de FH sur deux léiomyomes utérins distincts. La consultante ne présentait pas d’autres atteintes (cutané ou rénale) ou d’histoire familiale évocatrice. L’analyse génétique constitutionnelle réalisée par NGS à partir d’une prise de sang n’a pas identifié de variant pathogène sur le gène FH. Nous avons donc analysé 4 léiomyomes distincts provenant de deux opérations différentes. Il a été détecté sur chaque léimyome le variant probablement pathogène c.712G>T p.(Asp238Tyr) du gène FH (NM_000143.4). Afin d’écarter un variant constitutionnel hétérozygote qui n’aurait pas été vu par NGS, un dosage enzymatique de FH a été réalisé à partir d’une prise de sang et n’a pas identifié d’anomalie, ce qui est cohérent avec l’absence de variant pathogène ou probablement pathogène dans l’analyse constitutionnelle. Nous avons finalement conclu à une mosaïque de FH qui explique la présence du même variant dans les différents léiomyomes. Une surveillance du syndrome HLRCC a donc été mis en place. Il s’agit du deuxième cas décrit de mosaïque du gène FH. Cela incite, en cas de phénotype évocateur, à poursuivre les investigations par des analyses tumorales appropriées et un dosage enzymatique.
Mathis LEPAGE (Clermont ferrand), Mathilde GAY-BELLILE, Yannick BIDET, Maud PRIVAT, Nancy UHRHAMMER, Flora PONELLE
00:00 - 00:00 #49726 - P569 Rôle du gène ATM dans la prédisposition au cancer du sein : étude de familles tunisiennes et réflexion sur la pénétrance.
Rôle du gène ATM dans la prédisposition au cancer du sein : étude de familles tunisiennes et réflexion sur la pénétrance.

Le gène ATM est un gène suppresseur de tumeur impliqué dans la réparation des cassures double-brin de l’ADN. Il constitue un gène de prédisposition au cancer du sein (CS) avec une pénétrance considérée moyenne et un risque absolu estimé à 30%. Le spectre de tumoral inclut également le pancréas, la prostate, le côlon et l’ovaire. L’objectif de notre travail est de souligner l’importance de ce gène dans la prédisposition du cancer du sein et la probabilité d’une pénétrance élevée des variants récurrents dans la population tunisienne. Trois patientes (P1,P2,P3) issues de trois familles non apparentées (F1,F2 et F3) ont été adressées en consultation d’oncogénétique. Une enquête génétique et un prélèvement d’ADN ont été réalisés. Un séquençage par le panel TruSight hereditary Cancer (Illumina) a été effectué sur le NextSeq 550, suivi d’une confirmation par le séquençage Sanger pour les variants identifiés. P1 a développé un cancer du rectum à 52 ans, tandis que P2 et P3 ont eu chacune un cancer du sein, à l’âge de 46 et 40 ans respectivement. Elles avaient toutes une histoire familiale chargée de CS (9 cas chez chacune des familles F1 et F2, et 5 cas chez F3). L’âge moyen de survenue était à 49 ans (31 à 69 ans). D’autres types de cancer ont été observés essentiellement dans les familles F1 et F2 (estomac, prostate, du poumon, cerveau, et gynécologique). Tandis que F3 n’a pas présenté d’autres cancers à part celui du sein. L’analyse génétique a mis en évidence deux variants au niveau du gène ATM (NM_000051): c.6115G>A (p.Glu2039Lys) probablement pathogène chez P1 et P2, récurrent dans la population tunisienne, et le variant c.5716C>T(p.Gln1906Ter) pathogène chez P3 à l’état hétérozygote. Nos observations illustrent la variabilité de la pénétrance et du spectre tumoral liés aux variations délétères du gène ATM et soulignent son importance dans la prédisposition au cancer du sein. Ainsi la prise en charge thérapeutique, prophylactique et les mesures de surveillance devraient être discutées selon le contexte familial et le variant identifié.
Emna KOUBAA, Rym MEDDEB, Sana GABTENI, Salwa BEN YAHIA, Tergui WISSAL (Tunis, Tunisie), Tasnim MHIRI, Amira ZANATI, Nabil MATHLOUTHI, Lamia NAIJA, Henda RAIES, Ridha M’RAD, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #48947 - P570 Impact pronostique du dépistage à haut risque pour les femmes porteuses d’une altération constitutionnelle des gènes BRCA1/BRCA2.
Impact pronostique du dépistage à haut risque pour les femmes porteuses d’une altération constitutionnelle des gènes BRCA1/BRCA2.

Les femmes porteuses d’une altération constitutionnelle des gènes BRCA1 ou BRCA2 présentent un risque accru de cancer du sein. Les recommandations françaises et internationales préconisent un suivi clinique et radiologique spécifique à partir de 25/30 ans. Le dépistage mammaire à haut risque, incluant une IRM mammaire annuelle, permet une avance significative au diagnostic, et une amélioration de certains facteurs pronostiques. Néanmoins, la transposition en bénéfice clinique à long terme est toujours en cours d’évaluation dans des études observationnelles. Méthodes : Nous avons évalué l’impact du dépistage à haut risque incluant l’IRM mammaire chez 520 femmes porteuses d’un variant pathogène BRCA1/BRCA2, traitées pour un cancer du sein à l’Institut Curie entre 2000 et 2016. La comparaison a porté sur les caractéristiques tumorales au diagnostic, les traitements, les chirurgies préventives et le pronostic à long terme de patientes dont le statut génétique était connu avant le diagnostic de cancer du sein (ayant bénéficié d’un dépistage à haut risque (cancers incidents « CI ») ; n= 124) avec des patientes dont le statut génétique a été identifié au moment (ou après) le diagnostic (cancers prévalents « CP ») (n=396). Résultats : Globalement, 55% des patientes sont porteuses d’une altération du gène BRCA1. L’âge médian au diagnostic est de 42.3 ans (CI) et de 41.2 ans (CP). 68% des patientes ayant connaissance de leur statut génétique avant le diagnostic ont bénéficié d’une mastectomie controlatérale prophylactique au cours du suivi versus 40% dans l’autre groupe. Les cancers du sein du groupe CI ont été diagnostiqués à un stade plus précoce T0 : 64% versus 19% dans le groupe CP (p-value < 0.00001), plus fréquemment sans envahissement ganglionnaire N0 : 90% dans le groupe CI versus 75% dans le groupe CP (p-value < 0.00001). En revanche, il n’a pas été mis en évidence d’effet sur le grade et le phénotype tumoral. Les critères pronostiques plus favorables dans le groupe CI ont conduit à une réduction significative de chimiothérapie néoadjuvante (7.1% versus 28.5%) et adjuvante (47.7% versus 61.9%). Après un suivi médian de 12 ans, le risque de rechute à distance est significativement réduit dans le groupe CI (p value = 0.015) qui se traduit par une réduction de la mortalité spécifique par cancer du sein (p value = 0.05). Cet avantage pronostique est retrouvé pour les patientes BRCA1 et BRCA2 et quel que soit l’âge au diagnostic. L’impact pronostique de la connaissance du statut génétique doit encourager la réalisation des tests génétiques en cascade dans les familles concernées. La mise en place d’un dépistage à haut risque adapté impacte favorablement le pronostic pour les femmes porteuses d’une altération constitutionnelle de BRCA1 ou BRCA2 qui ne souhaitent pas recourir à la chirurgie mammaire préventive. Ces résultats ont été présentés au BRCA Symposium mai 2025 Montréal
Emmanuelle MOURET-FOURME (Paris), Claire SAULE, Sylvain DUREAU, Marion GAUTHIER-VILLARS, Victoire MONTECALVO, Antoine DE PAUW, Hélène DELHOMELLE, Sophie FRANK, Mathilde WARCOIN, Sigama FATOUMATA, Ophélie PORQUET-BERTRAND, Marine LEMENTEC, Toussaint AULLENE, Bruno BUECHER, Lea VEYRUNE, Cecile MARGALIDA, Valérie GALLOT, Jessica LE GALL, Elise PIERRE-NOEL, Mélanie PAGÈS, Lisa GOLMARD, Mathias SCHWARTZ, Dominique STOPPA-LYONNET, Eric PASMANT, Chrystelle COLAS
00:00 - 00:00 #48957 - P571 Premières estimations des risques tumoraux utilisant la méthode Genotype-Restricted Likelihood (GRL) dans la prédisposition liée à BAP1.
Premières estimations des risques tumoraux utilisant la méthode Genotype-Restricted Likelihood (GRL) dans la prédisposition liée à BAP1.

Introduction: Les variants constitutionnels (probablement) pathogène V(P)P du gène BAP1 (BRCA1-associated protein 1) sont associés à une prédisposition aux cancers, augmentant notamment le risque d’apparition de mélanomes uvéaux (MU), mélanomes cutanés (MC), cancers rénaux à cellules claires (CRCC) et les mésothéliomes malins (MM). Jusqu’ici, aucune méthode corrigeant les biais de sélection n’avait été utilisée pour estimer ces risques. Matériel et méthode: Nous avons inclus 26 familles avec 90 porteurs d’un V(P)P BAP1 constitutionnel identifiés au laboratoire de l’Institut Curie entre 2011 et 2024. Les risques cumulés et relatifs comparés à la population générale pour les MU, MC, CRCC, MM, cancers du poumon et cancers du sein ont été estimés avec la méthode Genotype-Restricted Likelihood qui corrige les biais de sélection. Résultats: Les risques cumulés à 80 ans pour les porteurs constitutionnels d’une V(P)P BAP1 sont 7.3% (IC 95%: 1.3-37.9) pour les MU, 16.1% (2.9-74.4) pour les MC, 49.4% (6-83.9) pour les CRCC, 8.5% (2.5-73.8) pour les MM, 9.8% (6.5-55.9) pour le poumon et 58.6 (19-91.8) pour le sein. Les risques relatifs comparés à la population générale à 50 et 80 ans sont respectivement 383.4 (72.4-779.1) et 95.9 (17.3501) pour les MU, 5.7 (1-24.4) et 8.2 (1.537.9) pour les MC, 61.1 (11.7-157) et 29.9 (3.750.8) pour les CRCC, 7.5 (1.1-1530.7) et 55.7 (16.5482) pour les MM, 1.4 (1-26.4) et 1.7 (1.19.6) pour le poumon et 7.4 (1-17.2) et 4.7 (1.57.4) pour le sein. Conclusion: Il s’agit des premières estimations utilisant la méthode GRL pour les risques tumoraux chez les porteurs constitutionnels de V(P)P de BAP1. D’autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats. Ces estimations permettront d’adapter au mieux le conseil génétique et les stratégies de surveillance.
Victoria LAMURE (Montpellier), Léa VEYRUNE, Lisa GOLMARD, Antoine DE PAUW, Sephora CAMPOY, Youenn DROUET, Chrystelle COLAS
00:00 - 00:00 #49617 - P572 Etat des lieux des pratiques en Oncogénétique en France quant à la possibilité de réaliser une analyse en panel chez une personne indemne.
Etat des lieux des pratiques en Oncogénétique en France quant à la possibilité de réaliser une analyse en panel chez une personne indemne.

Partant du constat que nous sommes de plus en plus sollicités pour recevoir en consultation d’Oncogénétique, en vue de la réalisation d’une analyse en panel, des personnes indemnes ayant des antécédents familiaux de cancer, pour lesquelles une recommandation de test génétique a été formulée pour l’un de leurs apparentés également indemne par un autre service d’Oncogénétique, nous avons souhaité questionner les différentes équipes d’Oncogénétique sur leurs pratiques. Pour cela, nous avons transmis un questionnaire en ligne aux conseillers en Génétique exerçant une activité en Oncogénétique, par le biais de l’Association Française des Conseillers en Génétique. Nous avons pu obtenir 48 réponses, correspondant à 38 lieux d’exercice différents (11 CLCC, 21 CHU, 5 CH et une clinique). Ce questionnaire s’intéressait aux modalités de validation et de critères pour la prescription d’une analyse en panel chez une personne indemne, dans une première partie pour les agrégations familiales de cancer du sein et/ou de l’ovaire et dans une seconde pour les agrégations familiales de cancers colorectaux ou de l’estomac. A la question « en l’absence de cas index accessible, une analyse en panel peut-elle être proposée à la personne indemne ? », la quasi-totalité des réponses est « au cas par cas », à l’exception de 2 qui répondent « oui, systématiquement » pour les agrégations familiales de cancer du sein. Pour les agrégations familiales de cancers digestifs, la discussion « au cas par cas » est également majoritaire, cependant 3 centres ne le proposent « jamais » dans cette situation et un a répondu « oui, systématiquement ». La nécessité de la documentation des atteintes tumorales familiales, de la réalisation d’un calcul de risque, d’une validation en RCP, ainsi que la possibilité d’une analyse tumorale des gènes d’intérêt et le degré de parenté avec les personnes atteintes, obtiennent des réponses variables en fonction des centres, et parfois également des retours différents de professionnels exerçant au sein d’une même structure, illustrant le manque d’homogénéité. Bien que chaque situation familiale soit unique et nécessite une évaluation individualisée, rendant difficilement superposables les pratiques dans les différents centres, cette étude ouvre le débat sur l’harmonisation des prises en charges possibles sur le territoire, à titre individuel pour un patient, mais également pour des apparentés issus d’une même famille consultant dans différentes régions. Pour poursuivre cet état des lieux, ce questionnaire pourra être transmis plus largement, notamment dans les sites de consultations ne disposant pas de conseillers en Génétique, pour l’obtention d’un plus grand nombre de réponses et une vision plus exhaustive des pratiques en France.
Virginie DORIAN (BORDEAUX), Camille PORTERET, Julie TINAT
00:00 - 00:00 #49509 - P573 Impact de l'exposition aux fongicides SDHi sur le risque de paragangliome chez les sujets à risque de paragangliome héréditaire SDH-déterminé: étude de faisabilité.
Impact de l'exposition aux fongicides SDHi sur le risque de paragangliome chez les sujets à risque de paragangliome héréditaire SDH-déterminé: étude de faisabilité.

Contexte : Les paragangliomes (PGL) SDHx dépendants ont une pénétrance incomplète dont le mécanisme n’est pas actuellement connu. Des facteurs environnementaux comme les fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHi) pourraient jouer un rôle dans leurs émergences. Objectifs : Nous avons cherché à évaluer la faisabilité d'une étude épidémiologique cas-témoins portant sur le lien entre les pesticides, en particulier les fongicides SDHi, et le risque de PGL héréditaire SDH-déterminé. Méthodes : Les cas étaient des patients porteurs d’une mutation SDHx et ayant un PGL, les témoins des sujets porteurs d’une mutation SDHx mais sans PGL. Des données sur l'utilisation domestique de pesticides, l'historique résidentiel et professionnel ont été recueillies. La qualité du géocodage des adresses a été évaluée. L'exposition résidentielle aux pesticides agricoles a été estimée, ainsi que l’exposition professionnelle aux SDHi. Résultats : 101 patients ont été inclus dans l'étude et 82 ont réalisé l’entretien (42 cas, 40 témoins). Le pourcentage de données manquantes sur l'exposition domestique aux pesticides était beaucoup plus élevé pour les adresses anciennes. En revanche, la qualité du géocodage restait élevée même pour les adresses anciennes. Dans une zone tampon d'un rayon de 1500 mètres, les terres arables étaient présentes pour 55% des adresses des sujets. Deux sujets ont pu être exposés aux SDHi dans le contexte professionnel. Conclusion : Notre étude a montré un taux de participation élevé et une bonne évaluation de l’exposition aux pesticides. Cette étude pilote a permis de valider l’extension de ce projet au niveau national (PGL.EXPO-2).
Astrid COSTE, Alexandre BUFFET (Paris), Duboeuf MARGAUX, Sabrina BOUDIF, Lény GRASSOT, Boutheina OUELAA, Annabelle SUEUR, Timgad LOUNIS, Olivia PEROL, Béatrice FERVERS, Anne-Paule GIMENEZ-ROQUEPLO
00:00 - 00:00 #49920 - P574 Étude Clinique et génétique de la Néoplasie endocrinienne multiple type 2 :A propos de 13 familles tunisiennes.
Étude Clinique et génétique de la Néoplasie endocrinienne multiple type 2 :A propos de 13 familles tunisiennes.

Introduction : La néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM2) est une maladie génétique rare (OMIM : 171400). Sa prévalence est estimée entre 1/30000 et 1/50000. Cliniquement, Elle se manifeste par une association de tumeurs endocrines affectant principalement la thyroïde, les glandes surrénales et les glandes parathyroïdes. Sur le plan moléculaire, il s’agit d’une affection autosomique dominante, causée par des variations pathogènes au niveau du gène RET (NM_020630.5), proto-oncogène codant pour un récepteur transmembranaire a activité tyrosine kinase. L’objectif de notre travail est d’étudier les caractéristiques cliniques et génétiques de la NEM2 et d’établir une corrélation génotype-phénotype chez les cas confirmés. Matériel et méthodes: Il s’agit d’une étude rétrospective menée sur 13 patients (P1-P13) tunisiens adressés à la consultation d’oncogénétique de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis pour suspicion de NEM2. Une enquête génétique, un examen clinique et un séquençage ciblé des exons les plus fréquemment mutés (10, 11, 13,14, 15 et 16) du gène RET ont été réalisés. Résultats : L’étude a porté sur 13 patients appartenant à 13 familles tunisiennes non apparentées. Le motif de consultation était un carcinome médullaire de la thyroïde (CMT) chez tous les patients. L’âge moyen de survenue de CMT était de 38,7 ans. 2/13 patients avaient une association CMT- phéochromocytome. L’enquête génétique a révélé des antécédents familiaux de CMT chez 3/13 patients. L’analyse moléculaire du gène RET a mis en évidence deux variations pathogènes à l’état hétérozygote : c.1900T>C (p.Cys634Arg) chez P1 et c.1901 G>A (p.Cys634Try) chez P4. La confirmation diagnostique de la NEM2 chez deux familles nous a permis de donner un conseil génétique et de réaliser un test pré-symptomatique chez deux filles de P1. Une thyroïdectomie totale a été réalisée chez la fille de P1 qui était porteuse de la variation familiale. Conclusion : Nos résultats soulignent l’importance de l’onco-généticien dans l’évaluation et la prise en charge des familles atteintes de NEM2. L’étude moléculaire demeure un élément clé pour confirmer le diagnostic et orienter le suivi des apparentés à risque. Pour le reste des patients, le recours à des panels de séquençage à haut débit (NGS) est recommandé afin de garantir une analyse plus exhaustive et une optimisation du rendement diagnostique.
Mahdi KAMOUN, Sana GABTENI, Rym MEDDEB, Wissal TERGUI (Tunis, Tunisie), Amira ZANATI, Tasnim M'HIRI, Ibtissem BEN NACEF, Maher KHARRAT, Ridha M'RAD, Neila BELGHITH, Madiha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49409 - P575 Préparation de librairies wgs pcr-free sur adn ffpe pour le diagnostic des cancers : performances du kit neb ultrashear ffpe.
Préparation de librairies wgs pcr-free sur adn ffpe pour le diagnostic des cancers : performances du kit neb ultrashear ffpe.

Les tissus FFPE (Formalin Fixed Paraffin Embedded), contrairement aux tissus frais congelés (Frozen Fresh, FF), sont traités dans le but de préserver à long terme, à température ambiante et à moindre coût, les échantillons issus de pathologies chirurgicales. Ces prélèvements représentent une ressource précieuse en génétique médicale et en oncologie, mais leur exploitation est limitée par la dégradation de l’ADN : rendement d’extraction faible, fragmentation importante, dommages chimiques irréversibles (dus au formol) et artefacts de variants fréquents lors du séquençage. L’objectif de notre étude était d’identifier un protocole de préparation de librairies WGS PCR-Free adapté à l’ADN FFPE, avec un input faible, une rapidité d’exécution (<1 jour), une quantité de librairie suffisante et la capacité à réparer l’ADN endommagé. Un protocole de librairie PCR Free permet de réduire les biais de PCR et le taux de duplicats observé avec un protocole PCR. Nous avons évalué le kit NEB UltraShear FFPE DNA Library Prep (input 250 ng) en comparaison avec les kits TruSeq DNA PCR-Free (Illumina, 1000 ng) et Illumina DNA Prep PCR-Free (100 ng). Les extractions d’ADN ont été effectués avec les kits QIAamp DNA FFPE tissue kit (Qiagen) et Maxwell RSC FFPE Plus DNA kit (Promega+). Des tests manuels sur des échantillons de 5 patients atteints de cancer du poumon ont révélé que 2/5 échantillons échouaient avec le kit TruSeq (quantité de librairie insuffisante malgré 1000 ng d’input), le nombre de copeaux FFPE nécessaires étant trop important. Le kit Illumina DNA Prep PCR-Free produisait aussi une quantité de librairie insuffisante avec un taux de duplicats >14 % (N<10%°). À l’inverse, le kit NEB UltraShear a permis la réussite complète (5/5) avec des librairies de quantité optimale, un insert de ~300 pb, une réduction significative des artefacts. Sur cette base, nous avons optimisé ce protocole sur l’automate MAGELIA (INOREVIA) à 250 ng, 100 ng et 50 ng. L’input de 50 ng sur MAGELIA a permis de générer une librairie équivalente à celle obtenue manuellement à 250 ng. Des tests sont actuellement en cours sur l’automate FIREFLY (SPTlabtech) afin de valider la réduction d’input et de volume de réaction dans une optique de standardisation et de baisse des coûts. Le kit NEB s’est ainsi révélé particulièrement adapté aux contraintes de l’ADN FFPE, dès 50 ng, avec une compatibilité démontrée sur plateformes automatisées à faible volume. Ce protocole ouvre la voie à la préparation de librairies WGS PCR-Free à haut débit, jusqu’à 384 échantillons par plaque, avec un impact direct en diagnostic génétique des cancers.
Ahouefa Printil Sterne AHO GLELE (Evry)
00:00 - 00:00 #49673 - P576 Tumeurs surrénaliennes et syndrome de Birt-Hogg-Dubé.
Tumeurs surrénaliennes et syndrome de Birt-Hogg-Dubé.

Le syndrome de Birt-Hogg-Dubé (BHD) correspond à une prédisposition génétique aux tumeurs du rein bénignes et malignes liée à une altération constitutionnelle du gène FLCN, se transmettant sur le mode autosomique dominant. Cette affection se caractérise par la présence de lésions cutanées typiques bénignes appelées fibrofolliculomes et de kystes pulmonaires favorisant la survenue de pneumothorax. La prise en charge du risque tumoral rénal repose sur la réalisation d’une imagerie abdominale annuelle (recommandations réseau national PREDIR). D’autres types de tumeurs extra-rénales (cancer colorectal, thyroïde) ont été décrites bien que leur association reste débattue dans la littérature du fait d’une prévalence non négligeable en population générale. Nous rapportons ici deux cas français de tumeurs extra-rénales rares, affectant la corticosurrénale, survenues chez des patients atteints d’un syndrome de BHD. Le diagnostic génétique n’était pas connu pour ces deux patients au diagnostic de tumeurs surrénalienne. Le patient A a été initialement adressé en consultation de dermatologie au sein du Centre de Référence Neurofibromatoses (CHU Nantes) avec suspicion de phéochromocytome à l’âge de 57 ans. L’examen cutané complet révéla de multiples fibrofolliculomes typiques, conduisant au diagnostic de syndrome de BHD. L’analyse moléculaire constitutionnelle a permis d’identifier le variant pathogène c.1157_1169del p.(Ser386fs) du gène FLCN. L’expertise anatomo-pathologique décrit une tumeur surrénalienne de morphologie très inhabituelle dont les immunomarquages peuvent orienter vers un carcinome corticosurrénalien de bas grade. L’évolution est favorable avec un recul de 5 ans. De façon surprenante, l’histoire familiale du patient A a révélé secondairement un autre cas de carcinome corticosurrénalien à l’âge de 35 ans chez un frère décédé en 1997 à l’âge de 39 ans. L’analyse moléculaire réalisée sur la tumeur du patient A a détecté la présence du variant pathogène du gène FLCN à une fréquence allélique en faveur d’une perte d’hétérozygotie au locus FLCN, suggérant ainsi un lien entre FLCN et la tumorigenèse. La patiente B a été prise en charge pour un carcinome corticosurrénalien diagnostiqué à l’âge de 40 ans, avec évolution métastatique un an après le diagnostic initial. Elle avait un antécédent personnel de cancer de la thyroïde et de deux épisodes de pneumothorax. Le diagnostic de syndrome de BHD a été réalisé suite à l’analyse du génome dans le cadre du plan France Médecine Génomique sur l’indication du cancer rare, identifiant le variant pathogène c.1379_1380del p.(Leu460fs) du gène FLCN. A notre connaissance, nous décrivons les premiers cas français de carcinomes corticosurrénaliens chez des patients porteurs d’un syndrome de BHD avec des arguments tumoraux évocateurs d’un potentiel lien entre FLCN et la tumorigenèse.
Caroline ABADIE (NANTES), Stéphane PINSON, Hélène LASOLLE, Karine RENAUDIN, Christelle NICOL, Odile CABARET, Anne-Paule GIMENEZ-ROQUEPLO, Stéphane RICHARD
00:00 - 00:00 #49703 - P577 Carcinomes tubaires séreux intra-épithéliaux et risque de cancer du péritoine après annexectomie bilatérale préventive dans un contexte de prédisposition liée à BRCA1 ou 2.
Carcinomes tubaires séreux intra-épithéliaux et risque de cancer du péritoine après annexectomie bilatérale préventive dans un contexte de prédisposition liée à BRCA1 ou 2.

Les femmes porteuses d’un variant pathogène (VP) des gènes BRCA1 ou BRCA2, présentent un risque augmenté de cancer de l’ovaire au cours de leur vie, raison pour laquelle il leur est recommandé une annexectomie bilatérale préventive (ABP) dès 40 ans dans un contexte BRCA1 et 45 ans pour BRCA2. Ces cancers de l’ovaire correspondent dans la majorité des cas à un adénocarcinome séreux de haut grade. Lors des APB des carcinomes invasifs tubaires ou ovariens occultes peuvent être identifiés ainsi que des lésions tubaires appelées carcinome tubaire intra-épithélial (STIC) décrites comme précurseurs de ces carcinomes. Ces femmes ont également un risque de développer un cancer du péritoine après une ABP. Nous avons conduit une étude visant à évaluer l'incidence des carcinomes invasifs occultes, des STIC et des carcinomes péritonéaux chez les femmes porteuses de VP de BRCA1/2 et ayant eu une APB à Curie entre janvier 1997 et octobre 2021. Au total, 947 femmes ont été incluses, 521 porteuses d'un VP de BRCA1 et 426 d'un VP de BRCA2, avec un suivi cumulé de 7 433,25 années-femmes. Une relecture par des anatomopathologistes experts a été réalisée pour toutes les pièces opératoires qui rapportaient dans les comptes rendus des anomalies histologiques autres que des lésions infiltrantes (n=67). Au cours de l’ABP, 13 carcinomes invasifs tubaires ou ovariens occultes ont été identifiés (1,3 %) ainsi que 12 STIC. Au cours du suivi, quatre cas de carcinomes péritonéaux ont été diagnostiqués. Pour les femmes n’ayant pas eu d’anomalie sur la pièce opératoire de l’ABP, l'incidence cumulée sur cinq ans du carcinome péritonéal est de 0,5 %. En revanche pour celles- qui avait des lésions de STIC identifiés lors de l’ABP, le risque de cancer péritonéal est fortement augmenté ; à 11.1% à 5 ans. L’âge tardif à l’ABP est un facteur de risque de STIC ou d’infiltrant : âge médian à 55 ans pour le carcinome infiltrant, 54 ans pour le STIC (p< 0.001). De plus, les femmes porteuses d’un VP de BRCA1 ont un risque significativement plus élevé de carcinome infiltrant occulte ou de STIC que les femmes porteuses d’un VP de BRCA2 (p < 0,039). Ces données soulignent l’importance d'une d’ABP précoce pour les femmes porteuses d’un VP de BRCA1/2 et d’une étude exhaustive de la pièce opératoire. L’identification d’un STIC doit faire proposer une prise en charge adaptée au risque de carcinome péritonéal. La chirurgie de stadification actuellement retenue présente une morbidité certaine. Il est nécessaire de mettre en place des études pour évaluer l'efficacité d'un suivi régulier par exemple à l'aide de marqueurs tels que le Ca125.
Claire SAULE (paris), Enora LAAS FARON, Nina WEBER, Guillaume BATAILLON, Véronique BECETTE, Julie PERLBARG-SAMSON, Nicolas POUGET, Anne DONNADIEU, Aullène TOUSSAINT, Anne VINCENT-SALOMON, Sophie FRANK, Eric PASMANT, Dominique STOPPA-LYONNET, Virginie FOURCHOTTE, Chrystelle COLAS, Emmanuelle MOURET-FOURME
00:00 - 00:00 #49852 - P578 Etude clinique et génétique de la polypose atténuée liée au gène MUTYH à propos de 12 familles tunisiennes.
Etude clinique et génétique de la polypose atténuée liée au gène MUTYH à propos de 12 familles tunisiennes.

Introduction La polypose liée au gène MUTYH est un syndrome de prédisposition héréditaire au cancer colorectal (CCR), caractérisé par la présence de nombreux polypes digestifs avec un risque accru de dégénérescence. Il s’agit d’une affection autosomique récessive, dûe à des variations germinales au niveau du gène MUTYH, gène impliqué dans la réparation de l’ADN. L’objectif de notre travail était de contribuer à une meilleure compréhension du profil phénotypique et mutationnel de cette polypose à partir d’une série de patients tunisiens adressés pour suspicion d’une prédisposition héréditaire au CCR. Matériels et méthodes Nous rapportons l’étude clinique et génétique de patients tunisiens, adressés à la consultation d’oncogénétique à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis pour polypose adénomateuse colorectale. Une étude moléculaire par séquençage Sanger du gène MUTYH et/ou par panel de gène de prédisposition aux cancers ont été réalisés chez ces patients. Résultats Notre étude a porté sur 13 patients issus de 12 familles non apparentées, originaires du Nord-Ouest (7/12), du Centre-Ouest (1/12) et de Médenine (4/12). Une consanguinité a été notée chez 11/12 familles. L’enquête génétique a révélé une histoire familiale de CCR chez tous les patients. Parmi les cas index, 12 ont été adressés pour CCR sur polypose dégénérée avec un âge moyen de survenue de 44 ans. La coloscopie a objectivé plus de 100 polypes chez 3/13 patients. L’étude moléculaire a révélé la présence de deux variants à l’état homozygote au niveau du gène MUTYH (NM_001048174.2) : le variant 1227_1228dup (12/13) et le variant c.1143_1144dup (1/13). Un conseil génétique a été donné et un test pré-symptomatique a été proposé aux apparentés à risque. Conclusion Nos résultats soulignent le rôle de l’oncogénéticien dans l’orientation du diagnostic et l’importance de l’étude moléculaire dans la prise en charge des cancers colorectaux héréditaires. La confirmation du diagnostic permet d’adapter la stratégie de surveillance selon les recommandations internationales.
Wissal TERGUI (Tunis, Tunisie), Sana GABTENI, Rym MEDDEB, Alaa ZIADI, Mortadha CHERIF, Ahlem ACHOUR, Nesrine KERKENI, Lilia GABTENI, Tasnim MHIRI, Hajer BEN MANSOUR, Dalila GARGOURI, Ridha MRAD, Neila BELGUITH, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49623 - P579 Un nouveau mécanisme d’inactivation des gènes SDHx indétectable par les technologies classiques de séquençage.
Un nouveau mécanisme d’inactivation des gènes SDHx indétectable par les technologies classiques de séquençage.

Introduction : Les paragangliomes (PGL) sont des néoplasies neuroendocrines rares, fréquemment associées à des altérations des gènes codant les sous-unités de la succinate déshydrogénase (SDHx). Toutefois, certains cas familiaux demeurent inexpliqués à l’issue des investigations génétiques conventionnelles, soulignant la nécessité d’approches diagnostiques élargies. Observation : Nous rapportons ici l’étude d’une famille présentant des paragangliomes multiples cervicaux chez un père et son fils. L’analyse immunohistochimique tumorale objectivait une perte d’expression de la protéine SDHB, fortement évocatrice d’une altération d’un gène SDHx. Cependant, les analyses moléculaires classiques allant jusqu’au séquençage de génome en trio étaient restées négatives. Dans ce contexte, un séquençage du génome longs fragments (Technologie Oxford Nanopore sur séquenceur PromethION) a été réalisé dans cette famille. Cette analyse a permis d’identifier l’insertion d’un rétrotransposon de type SVA (SINE-VNTR-Alu) d’environ 2700 pb au sein de l’intron 3 du gène SDHD dont la ségrégation familiale est concordante. L’analyse génomique et transcriptomique des tissus tumoraux a mis en évidence une prédominance de l’allèle muté en faveur d’une perte d’hétérozygotie et la présence d’ARN messagers anormaux du gène SDHD, confirmant l’anomalie de l’épissage prédite par les outils in silico. Discussion : C’est la première fois que l’insertion d’un élément transposable de grande taille est mise en évidence dans un gène de susceptibilité au PGL. Cet évènement, non détectable par les outils diagnostiques usuels, souligne l’intérêt du séquençage longs fragments pour la mise en évidence de variations structurales complexes, notamment chez les patients ayant une forte suspicion de forme génétiquement déterminée sans diagnostic étiologique moléculaire.
Timothée MOYRET (Paris), Charlotte LUSSEY, Karine AURIBAULT, Judith FAVIER, Nelly BURNICHON, Anne-Paule GIMENEZ-ROQUEPLO, Alexandre BUFFET
00:00 - 00:00 #49490 - P580 Amélioration du diagnostic du syndrome de Peutz-Jeghers par séquençage Long-read Nanopore.
Amélioration du diagnostic du syndrome de Peutz-Jeghers par séquençage Long-read Nanopore.

Le séquençage à haut débit long-read (LR) permet de lire de longs fragments d’ADN de plusieurs kb facilitant la détection de variants de structure (SV) complexes et l’analyse précise des régions répétées. Cette technologie reste peu implémentée dans les laboratoires diagnostiques plus habitués aux technologies short-read (SR), bien validées mais basées sur des fragments de 300pb au maximum. Nous exposons ici comment le LR a pu résoudre une errance diagnostique et améliorer le conseil génétique chez 2 patients présentant un syndrome de Peutz-Jeghers, une prédisposition génétique rare, liée à une altération du gène STK11, associant polypes hamartomateux gastro-intestinaux, lentigines péri-orificiels et risque accru de cancers digestifs et extra-digestifs. La technologie Oxford Nanopore avec enrichissement en temps réel des régions de 157 gènes d’oncogénétique +/- 40kb nous a permis d’obtenir, en moyenne, des fragments de 8kb et une profondeur de 30X. Chez un premier patient, dont l’atteinte, isolée sur le plan familial, consistait en des hamartomes digestifs multiples et une lentiginose buccale et palmaire à 27 ans, le SR (panel « digestif » explorant exons et introns à une profondeur >1000X), initié en 2016, n’avait identifié aucune anomalie à la fois sur le sang et sur un hamartome. L’analyse de l’ARN par SEALigHTS (PMID: 40712994) avait détecté un saut des exons 2-3 de STK11, alors sans point d’appel génomique. Le LR a mis en évidence une délétion en mosaïque des exons 2-3 de STK11 (5 reads/29) avec des bornes situées dans des séquences répétées Alu (AluJb dans l’intron 1 et AluY dans l’intron 3). Ce résultat, validé par MLPA et RNAseq, permet de codifier la surveillance chez ce patient et sa famille. Chez une seconde patiente, atteinte à 13 ans de lentigines labiales et digitales associées à des polypes gastro-intestinaux, une délétion hétérozygote de novo des exons 2–3 de STK11 avait été détectée par QMPSF. Un projet de diagnostic préimplantatoire, a nécessité une caractérisation précise des bornes de la délétion afin de réaliser une PCR ciblée sur cellule unique. Le SR n’avait pas permis de capturer les points de cassure, malgré l’exploration des introns, contrairement au LR qui a permis d’identifier précisément les bornes de ce SV, dont l’une également située dans la séquence répétée AluY de l’intron 3. Ces résultats illustrent l’intérêt d’approfondir les investigations pour les patients sans diagnostic atteints d’un syndrome associant un phénotype très spécifique et un rendement diagnostique élevé (>80% pour STK11). Ils montrent la puissance du LR dans la caractérisation des SV médiés par des séquences répétées qui échappent aux captures et pipelines bioinformatiques classiques, notamment en contexte de mosaïque. Enfin, le LR fournit des informations précieuses de mécanique moléculaire car la récurrence du point de cassure observé dans la séquence AluY du gène STK11 suggère une susceptibilité particulière de cette région aux réarrangements.
Edwige KASPER (ROUEN), Julie AMIOT, Corentin LEVACHER, Olivier QUENEZ, Sandrine MANASE, Stéphanie VASSEUR, Steeve FOURNEAUX, Nell DAUSSE, Emmanuelle KIEFFER, Clementine LEGRAND, Céline MOUTOU, Magalie PEYSSELON, Estelle ROUSSELET, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Claude HOUDAYER
00:00 - 00:00 #49931 - P581 Variant constitutionnel en mosaïque ou métastases multiples : explorations chez une patiente présentant 6 tumeurs iléo-coliques synchrones.
Variant constitutionnel en mosaïque ou métastases multiples : explorations chez une patiente présentant 6 tumeurs iléo-coliques synchrones.

Nous rapportons le cas d’une patiente prise en charge à l’âge de 56 ans pour une carcinose péritonéale secondaire à un adénocarcinome du côlon droit. Le statut MMR (MisMatch Repair) réalisé sur la tumeur colique a révélé une instabilité microsatellitaire (phénotype MSI MicroSatellite Instability) avec perte d’expression des protéines MLH1 et PMS2, sans hyperméthylation somatique du promoteur du gène MLH1, faisant suspecter un syndrome de Lynch. L’enquête familiale n’a pas révélé d’antécédent carcinologique du spectre de syndrome de Lynch. L’analyse constitutionnelle des gènes de prédisposition aux cancers digestifs et aux polyposes colorectales a mis en évidence un réarrangement touchant le gène PMS2 (duplication des exons 13 à 15) ou le pseudogène PMS2CL (duplication des exons 4 à 6), les techniques de routine actuelles (NGS short-reads et MLPA) ne permettant pas de faire la distinction entre les deux. Pour aider à l’interprétation, une analyse somatique des gènes MMR a été réalisée mettant en évidence deux évènements pathogènes du gène MLH1. Ce résultat, concordant avec le résultat de l’immunohistochimie des protéines MMR, permettait donc d’expliquer le phénotype tumoral et apportait un argument en faveur d’une tumeur sporadique. Etant donné le statut MSI de la tumeur, la patiente a pu être traitée par immunothérapie et a présenté une bonne réponse avec régression des lésions. Néanmoins, au décours d’un contrôle coloscopique, deux ans après le premier diagnostic, de nouvelles lésions coliques ont été identifiées. L’examen anatomopathologique réalisé sur la pièce d’iléo-colectomie a mis en évidence six nouvelles lésions distinctes correspondant toutes à un adénocarcinome bien différencié. Il s’agissait de tumeurs intraluminales situées dans l’iléon pour deux d’entre elles et sur le côlon droit pour les quatre autres. Il n’existait pas de polypose colorectale associée. L’analyse du statut MMR réalisée sur ces six lésions a révélé un phénotype MSI avec perte d’expression des protéines MLH1 et PMS2, sans hyperméthylation somatique du promoteur du gène MLH1. Dans ce contexte, l’hypothèse de métastases multiples intraluminales issues d’une première tumeur colique est d’abord évoquée, bien que ce mécanisme soit rare (Simmer et al., Gastroenterology, 2021). Une autre hypothèse est celle d’un variant du gène MLH1 en mosaïque, non détectée dans le sang lors de l’analyse constitutionnelle. Des analyses complémentaires, réalisées sur le tissu sain et les différentes tumeurs, ont donc été nécessaires afin d’élucider ce cas.
Ramzi BADAOUI (Lille), Lauriane BRIOIS, Nora BOUCETTA, Mélanie SEYNAEVE, Sophie LEJEUNE, Emmanuelle LETEURTRE, Aurelien GROSSEMY, Marie-Pierre BUISINE, Catherine VERMAUT, Julie LECLERC
00:00 - 00:00 #49467 - P582 Variations au niveau des exons 9 et 10 de BRCA1 : impact sur l’épissage de l’ARN et sauvetage potentiel par des transcrits alternatifs Delta9-10.
Variations au niveau des exons 9 et 10 de BRCA1 : impact sur l’épissage de l’ARN et sauvetage potentiel par des transcrits alternatifs Delta9-10.

BRCA1 est un gène majeur impliqué dans la prédisposition héréditaire aux cancers du sein, de l’ovaire et du pancréas. L’identification d’une variation pathogène de BRCA1 permet de poser le diagnostic moléculaire de ce syndrome et d’optimiser la prise en charge des patients et de leurs apparentés. Cependant, la pathogénicité de certaines variations est parfois remise en question. C’est le cas de BRCA1 c.[594-2A>C;641A>G], variation initialement classée pathogène du fait de son impact drastique sur l’épissage de l’ARN (saut de l’exon 10, Delta10, hors phase) conduisant à la perte apparemment totale des transcrits pleine-longueur (PL) de BRCA1. De façon inattendue, des données d’études de co-ségrégation et de cas/témoins, entre autres, ont révélé que cette variation n’est pas associée à un risque accru de développer un cancer, ce qui a conduit à sa reclassification comme bénigne en 2016. Afin de concilier ces informations a priori contradictoires, il a été proposé que l’expression physiologique de transcrits BRCA1 alternatifs, dépourvus des exons 9 et 10 (Delta9-10, en phase), pourrait préserver l’activité suppresseur de tumeurs de BRCA1. Si l’hypothèse de ce mécanisme de sauvetage se confirme, cela aura des implications importantes pour la reclassification de la majorité des variations identifiées au niveau de ces exons, la plupart étant aujourd’hui de signification incertaine (VSI). Ici, nous avons caractérisé l’impact sur l’épissage de 135 variations situées au niveau des exons 9 et 10 de BRCA1 en réalisant des tests-minigène et/ou des analyses sur l’ARN de patients, celles-ci à l’aide d’approches complémentaires : RT-PCR fluorescente semi-quantitative pour tous les échantillons disponibles, mais aussi RT-ddPCR, expression allèle-spécifique et RNA-seq ciblé pour certains d’entre eux. Cette étude a mis en évidence une grande proportion (~52%) de variations avec des effets négatifs sur l’épissage conduisant à une perte totale ou partielle de transcrits PL (sans diminution de Delta9-10), certaines de sévérité similaire à c.[594-2A>C;641A>G]. Le potentiel mécanisme de sauvetage par Delta9-10 pourrait donc être également mis en jeu pour ces variations qui restent encore aujourd’hui classées VSI. De façon intéressante, nous avons aussi identifié des variations avec des effets positifs (augmentation de PL avec diminution de Delta9-10), pour lesquelles un tel mécanisme pourrait, au contraire, ne pas s’appliquer. Pour l’instant, nous ne nous prononçons pas sur l’interprétation des variations de notre cohorte sauf pour les introniques sans effet sur l’épissage, qui pourraient être classées comme bégnines. Des données cliniques/familiales/tumorales sont en cours de collecte pour évaluer la pathogénicité des autres variations de notre cohorte, surtout les splicéogéniques. Enfin, nous envisageons des tests fonctionnels additionnels pour vérifier si la présence de transcrits alternatifs Delta9-10 est suffisante pour expliquer la neutralité de c.[594-2A>C;641A>G].
Mélanie GIRARDI (ROUEN), Aurélie DROUET, Manon QUILAN, Laëtitia MEULEMANS, Hélène TUBEUF, Camille AUCOUTURIER, Raphael LEMAN, Sophie KRIEGER, Virginie MONCOUTIER, Nadia BOUTRY-KRYZA, Maud PRIVAT, Odile CABARET, Claude HOUDAYER, Lisa GOLMARD, Sandrine M. CAPUTO, Pascaline GAILDRAT, Alexandra MARTINS
00:00 - 00:00 #49583 - P583 Bilan du GGC-CDH1, groupe de curation des variants identifiés dans le gène CDH1, après 5 ans d’expertise nationale.
Bilan du GGC-CDH1, groupe de curation des variants identifiés dans le gène CDH1, après 5 ans d’expertise nationale.

Le gène CDH1 code pour la protéine d’adhésion intercellulaire E-cadhérine qui est une glycoprotéine transmembranaire des cellules épithéliales. Elle exerce un rôle dans l’adhésion intercellulaire. La perte de fonction de la protéine induit une perte d’adhésion entre les cellules épithéliales, une perte de la polarité cellulaire, une dysrégulation des voies de signalisation impliquées dans la prolifération cellulaire, et une invasion des tissus adjacents. Les variants pathogènes constitutionnels monoalléliques de CDH1 prédisposent au carcinome gastrique diffus (CGD), aussi appelé cancer gastrique à cellules indépendantes, un sous-type histologique minoritaire des cancers gastriques à cellules peu cohésives selon la classification OMS 2019. Ils prédisposent également aux cancers du sein dont principalement le carcinome lobulaire infiltrant (CLI) chez les femmes. C’est pour cela qu’il a été sélectionné par le Groupe Génétique et Cancer pour faire partie des panels diagnostiques dans les prédispositions aux cancers du sein et de l’ovaire ainsi que celui sur les pathologies digestives. De nombreux laboratoires ont alors mis en évidence dans leurs panels des variants génétiques CDH1 sans pouvoir apporter une expertise sur leur classification. Début 2020, un groupe national composé de sept laboratoires historiques a été mis en place pour palier à cette problématique. Le rôle du groupe est avant tout de réaliser la curation des variants avant leur mise à disposition en ligne dans la base nationale de variants FrOG (French OncoGenetics). Il s’agit de reprendre les données cliniques ainsi que les données biologiques sur des variants en rétrospectif ou en prospectif à la demande des laboratoires français. A ce jour, parmi les 400 variants évalués, 67 ont été classés en variant pathogène ou probablement pathogène et 121 en variant bénin ou probablement bénin. D’autres missions incombent au groupe, comme la mise à jour régulière des conduites à tenir et de la veille bibliographique avec l’aide de cliniciens ou encore d’anatomo-pathologistes. Des discussions sont en cours avec des équipes de recherche quant au poids des tests fonctionnels pouvant aider à la classification de ces variants ainsi que l’adaptation des critères ACMG au gène CDH1.
Audrey REMENIERAS (marseille), Ayman AL SAATI, Marie-Pascale BEAUMONT, Florence COULET, Lisa GOLMARD, Jessica LE GALL, Etienne ROULEAU, Benoit RUCHETON, Hagay SOBOL
00:00 - 00:00 #49523 - P584 Sur le tapis rouge de l’épigénétique : BRCA1 sous les projecteurs du long-read Revio (ou Pacbio).
Sur le tapis rouge de l’épigénétique : BRCA1 sous les projecteurs du long-read Revio (ou Pacbio).

L’inactivation des gènes suppresseurs de tumeur par méthylation de leur promoteur est fréquente en génétique tumorale. La méthylation constitutionnelle du promoteur, ou épimutation, est beaucoup plus rare et rapportée dans quelques cas seulement, dont MLH1 est l’exemple prototypique. Les épimutations du promoteur de BRCA1 font l’objet d’un débat croissant : la méthylation tumorale du promoteur de BRCA1 aurait une origine embryonnaire avec évolution clonale à partir d’une cellule unique. Il s’agirait donc d’une épimutation initiale déclenchant la tumorigénèse, détectable au niveau constitutionnel [1]. La fraction d’allèle épimuté (VEF) varie considérablement mais des épimutations faibles (VEF < 1%) auraient déjà un impact sur le risque de cancer du sein triple négatif [2]. La situation est complexe car ces épimutations de BRCA1 se retrouveraient dans 5% de la population générale et les techniques classiquement employées, necessitant la conversion bisulfite des cytosines non méthylées et ciblant certains ilots CpG, n'autorisent pas une vue exhaustive du promoteur. Le séquençage long read, en revanche, est une approche puissante qui permet d’obtenir la méthylation du promoteur sans la transformation chimique de la séquence, et ce en un seul fragment. Nous avons ainsi cherché à clarifier le patron de méthylation du promoteur de BRCA1 dans un contexte « non cancer ». Les données ont été extraites de génomes long read séquencés en PacBio Revio et provenant d’une cohorte de 106 patient.es Alzheimer jeunes sans histoire connue de cancer. La zone promotrice de BRCA1 a été définie entre g. 43 124 504_g.43 126 161 (hg38) soit c.-19-389_ c.-910 (NM_007294.4). Le graphique des niveaux de méthylation en fonction de la position génomique sur le promoteur donne une courbe en U, avec une méthylation moyenne à distance du site d'initiation de la transcription de 51.8%, SD 27.8 (positions c.-910_c.-703) et une méthylation plus faible et hétérogène avec une moyenne de 5.3%, SD 9.72 au niveau proximal (positions c.-19-508_c.-19-389). Entre ces extrémités et comme attendu, la méthylation moyenne est faible (1,25%) et la médiane est nulle. Cependant, 3 cas montrent une méthylation de l’ensemble du promoteur (VEF entre 2.7% et 56% le long de la séquence). De plus, en restreignant l’analyse au « core » promoteur (c.-133_c.-96), classiquement testé par approches ciblées, des VEF entre 2,9% et 15% sont observées pour 24 individus soit 22.8% de la cohorte. Les résultats dans cette population « non cancer » montrent donc que la méthylation du promoteur de BRCA1 n’est pas un phénomène localisé et que des valeurs importantes peuvent être atteintes aux extrémités. Ces données incitent donc à la prudence dans le dessin et l’interprétation des approches ciblées en population « cancer » et participent à une meilleure cartographie du promoteur par définition fine des régions non méthylées. 1. Lonning et al., JAMA Oncol 2022 2. Schwartz et al., Clinical Epigenetics 2025
Olivier QUENEZ (Rouen), Sophie COUTANT, Steeve FOURNEAUX, Crystal RENAUD, Lucas DUCROT, Stéphane ROUSSEAU, Myriam VEZAIN, Françoise CHARBONNIER, Corentin LEVACHER, Laurent CASTERA, Edwige KASPER, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Céline DERAMBURE, Gaël NICOLAS, Claude HOUDAYER
00:00 - 00:00 #49841 - P585 Le syndrome de Peutz-Jeghers : A propos d’un cas.
Le syndrome de Peutz-Jeghers : A propos d’un cas.

Le syndrome de Peutz-Jeghers est une affection autosomique dominante caractérisée par l’association de polypes hamartomateux gastro-intestinaux et de lentiginoses muco-cutanées, liée à des mutations germinales du gène STK11. Au-delà des manifestations digestives et cutanées, il confère un risque significativement accru de cancers gastro-intestinaux et extra-digestifs, ce qui justifie une surveillance précoce et individualisée. Nous rapportons le cas d’une fillette âgée de 3 ans, présentant une hyperpigmentation muco-cutanée typique localisée aux lèvres. L’exploration digestive a révélé la présence de quelques polypes gastro-intestinaux. Devant ce tableau clinique évocateur, un séquençage de nouvelle génération d’un panel de 113 gènes (Panel Trusight) a été réalisé et a mis en évidence une délétion étendue des exons 2 à 10 du gène STK11 à l’état hétérozygote. Ce résultat a été confirmé sur un second prélèvement par la technique de MLPA, consolidant ainsi le diagnostic moléculaire. Ce cas illustre l’importance de l’association entre données cliniques et analyses moléculaires dans le diagnostic précoce du SPJ. L’identification précise de l’anomalie génétique permet d’instaurer un suivi adapté et d’initier un dépistage familial ciblé. Elle souligne également la complémentarité du séquençage de nouvelle génération et MLPA dans la détection des délétions de grande taille. Une prise en charge multidisciplinaire précoce est essentielle afin de prévenir les complications digestives et de réduire la morbi-mortalité liée à la carcinogenèse dans ce syndrome rare.
Souhir GUIDARA (Sfax, Tunisie), Rania ABDELMAKSOUD-DAMMAK, Nihel AMMOUS-BOUKHRIS, Hend DRIDI, Fatma MEJDOUB, Hassen KAMOUN, Raja MOKDAD-GARGOURI
00:00 - 00:00 #49546 - P586 LUCID : une étude française prospective multicentrique d’évaluation du risque d’hémopathies malignes liées au gène DDX41.
LUCID : une étude française prospective multicentrique d’évaluation du risque d’hémopathies malignes liées au gène DDX41.

Introduction. Un variant pathogène ou probablement pathogène (VP/VPP) constitutionnel à l’état hétérozygote du gène DDX41 est identifié chez 5-6% des patients atteints de leucémie aigüe myéloïde (LAM), de syndrome myélodysplasique (SMD) ou de cytopénie idiopathique. Contrairement aux principaux syndromes de prédisposition oncogénétique, les diagnostics d’hémopathies malignes dans ce contexte ne sont pas précoces (âge médian entre 65 et 69 ans). La majorité des études portant sur DDX41 concernent des séries de patients atteints d’hémopathies, ainsi le risque de développer une hémopathie pour les apparentés porteurs sains hétérozygotes de VP/VPP de DDX41 n’est pas connu avec précision. De fait, la stratégie de leur dépistage et de leur suivi n’est pas homogène et des données prospectives sont nécessaire afin d’établir de telles recommandations. Participants et Méthodes. LUCID (LeUkemia in Carriers of germlIne DDX41 mutation) est une étude française dont le but est d’évaluer le risque d’hémopathies malignes en fonction de l’âge des porteurs de VP/VPP constitutionnels de DDX41. Une cohorte multicentrique de familles est en cours de constitution. Les cas index (présentant une hémopathie myéloïde et chez qui un VP/VPP constitutionnel de DDX41 est avéré ou suspecté) sont inclus en consultation de génétique (questionnaire de santé +/- prélèvement salivaire). Leurs apparentés de premier, deuxième et troisième degrés sont invités par courrier, de manière centralisée par la cellule de gestion de LUCID (IUCT-Oncopole, Toulouse), pour prendre part à l’étude (questionnaire, prélèvement salivaire et hémogramme). La participation de 910 patients est attendue pour une durée totale d’étude de 74 mois. Résultats. Nous décrivons ici les résultats des 23 mois de la première phase de faisabilité du projet (5 centres participants) qui a permis l’inclusion de plus de 260 participants (≥45 familles). Une analyse intermédiaire des données des 209 premiers participants (dont 46% sont porteurs du VP/VPP familial) est en cours. Conclusion. Le protocole d’inclusion est opérationnel, l’étude LUCID sera donc poursuivie en l’ouvrant à la collaboration d’autres centres investigateurs.
Pierre VANDE PERRE (Toulouse), Alexandre PERANI, Julie TINAT, Léa VEYRUNE, Pascal PUJOL, Julie ROBBE, Nathalie GACHARD, Catherine NOGUES, Norbert LIGNON, Lam RÉSEAU FILO, - GROUPE LUCID, Christine TOULAS, Sébastien LAMY, Ayman AL SAATI, Laetitia LARGEAUD
00:00 - 00:00 #49683 - P587 Polypose adénomateuse familiale à expression digestive précoce : quel âge pour le diagnostic prés-symptomatique ?
Polypose adénomateuse familiale à expression digestive précoce : quel âge pour le diagnostic prés-symptomatique ?

La polypose adénomateuse familiale (PAF) est un des grands syndromes de prédisposition génétique au cancer du côlon, notamment chez le sujet jeune. Elle se caractérise par la formation de multiples polypes nécessitant un suivi coloscopique dès l’âge de 10-12 ans et une colectomie prophylactique. Sans prise en charge, la probabilité de développer un cancer colorectal est de 100% à un âge médian compris entre 35 et 45 ans. Les variants pathogènes du gène APC sont responsables de la PAF dont la transmission est autosomique dominante. Un diagnostic présymptomatique (DPS) est proposé chez l’enfant dès l’âge de 10-12 ans. Nous décrivons ici une fratrie concernée par une PAF, héritée du père, avec un âge d’apparition des polypes et de cancer extrêmement précoce. Le père est porteur à l’état hétérozygote d’un variant pathogène du gène APC (NM_000038.6 : c.2547_2550del p.(Asp849Glufs*11)), a priori non corrélé à une polypose profuse. Il a lui-même été colectomisé à l’âge de 15 ans. La fratrie est composée de 4 enfants issus de la même mère. Le frère ainé a réalisé sa première coloscopie à 13 ans pour bilan de rectorragies. Il est identifié une polypose avec adénocarcinome colique. Le deuxième fils a bénéficié d’un DPS à l’âge de 12 ans, et est non porteur de la variation familiale. La première fille, asymptomatique, a bénéficié, à l’âge de 8 ans, du fait de l’histoire familiale, d’une coloscopie retrouvant une polypose profuse sans adénocarcinome. Le test génétique a confirmé sur le plan moléculaire le diagnostic de PAF. La seconde fille, âgée de 4 ans, serait en théorie trop jeune pour bénéficier d’un DPS. Néanmoins, du fait de l’histoire familiale, les parents sont demandeurs d’un DPS précoce, et ce d’autant que l’équipe de pédiatrie envisage le bilan endoscopique avant 8 ans. L’un des intérêts du DPS dans la PAF étant de pouvoir éviter notamment la réalisation d’examens invasifs chez les mineurs, nous avons retenu pour cette famille la réalisation d’un DPS à l’âge de 5-6 ans devant l’expression phénotypique particulièrement précoce. Un DPS aussi précoce complexifie la préparation de l’enfant aux deux résultats possibles et l’élaboration avec lui de l’impact à moyen terme de ces derniers. Fort de cette expérience et de par le manque de données dans la littérature scientifique, nous pensons qu’il serait intéressant de mener une étude plus large sur ces formes précoces de PAF, permettant de préciser l’âge le plus adapté pour la réalisation du DPS en fonction des corrélations génotype/phénotype et/ou de l’histoire familiale afin d’améliorer le parcours de soins pour ces familles avec expression clinique digestive particulièrement précoce.
Henri HOOTON (Amiens), Emilie LACOT-LERICHE, Alexis BILLES, Djamal DJEDDI, Marie-Pierre BUISINE, Catherine VERMAUT, Florence AMRAM, Bénédicte BONTE, Florence JOBIC, Gilles MORIN, Emma LACHAIER
00:00 - 00:00 #48897 - P588 Analyse de la série de patients atteints de la maladie de von Hippel-Lindau issue de la database du réseau national PREDIR (PREDIspositions héréditaires aux tumeurs du Rein).
Analyse de la série de patients atteints de la maladie de von Hippel-Lindau issue de la database du réseau national PREDIR (PREDIspositions héréditaires aux tumeurs du Rein).

La maladie de von Hippel-Lindau (VHL) est une affection génétique de transmission autosomique dominante touchant environ 1 personne sur 36 000 à la naissance, due à des anomalies constitutionnelles du gène VHL. Elle se manifeste par le développement de tumeurs bénignes ou malignes touchant de multiples organes (système nerveux central (SNC), rétine, reins, surrénales, pancréas) et représente la principale cause de cancer du rein héréditaire. On distingue le VHL de type 1 qui se caractérise par un risque élevé d’hémangioblastomes (HB) et de carcinomes rénaux (RCC) sans phéochromocytome, et le type 2 qui inclut, en plus, un risque important de développer des phéochromocytomes. Les patients français sont pris en charge par le Réseau National de Référence pour Cancers Rares de l'Adulte PREDIR (PREDIspositions héréditaires aux tumeurs du Rein) créé en 2009 et labellisé depuis 2014 par l’INCa. Dans la base de données nationale de PREDIR, 428 familles avec maladie de VHL prouvée génétiquement et comprenant 1157 individus (535 hommes, 622 femmes ; 1 à 25 patients par famille) ont été inclus entre 1990 et 2024. Parmi ces patients, 901 présentent une variation pathogène ou probablement pathogène (VP/VPP) de type substitution ou indel du gène VHL et 256 portent une délétion d’un ou plusieurs exons. Chez les patients avec VHL type 1 (74%) la majorité des VP/VPP conduisent à une protéine absente ou tronquée, la plus fréquente étant p.Arg161Ter. Dans le VHL type 2 (26%), les variations faux-sens prédominent, les plus fréquentes touchant le codon 167. Au total, 1078 patients (93%) ont développé des manifestations cliniques : 61% ont présenté un HB du SNC et 40% un HB rétinien (âge moyen de survenue respectivement à 30,5 et 26,5 ans), 37% un RCC (âge moyen 37,5 ans), 26% un phéochromocytome (âge moyen 28 ans), 44% des kystes du pancréas (âge moyen 33 ans), 13% une tumeur neuroendocrine du pancréas (TNEP) (âge moyen 37,5 ans) et 4% une tumeur du sac endolymphatique (âge moyen 31 ans). L’âge moyen au diagnostic de la première lésion était de 27 ans (3 à 80 ans). Les lésions les plus souvent révélatrices de la maladie étaient l’HB du SNC (39% des patients), suivi de l’HB rétinien (24%), du phéochromocytome (17%), des kystes du pancréas (7,4%) et du RCC (7,3%). Au cours du suivi, 321 décès ont été recensés dont 229 liés à la maladie (142 secondaires à un HB du SNC, 71 à un RCC, 16 à un phéochromocytome ou une TNEP). Cette étude porte sur l’une des plus importantes séries internationales de patients porteurs de VP/VPP du gène VHL. Elle permet de mieux préciser la pénétrance globale de l’affection, la fréquence des différentes tumeurs et le type de variations génétiques portées par les patients. Ces données pourraient également permettre d’anticiper le risque de survenue d’un type de lésion au sein d’une même famille, assurant une prise en charge plus adaptée des individus à risque. Pour le Réseau PREDIR.
Sophie GAD (VILLEJUIF), Nelly BURNICHON, Sophie GIRAUD, Caroline ABADIE, Brigitte BRESSAC-DE PAILLERETS, Isabelle COUPIER, Julie TINAT, Catherine CARDOT-BAUTERS, Virginie VERKARRE, Betty GARDIE, Stéphane RICHARD, Sophie FERLICOT
00:00 - 00:00 #49020 - P589 Activité d’oncogénétique du laboratoire du Centre Antoine Lacassagne de Nice.
Activité d’oncogénétique du laboratoire du Centre Antoine Lacassagne de Nice.

Le laboratoire de biologie du CLCC de Nice Antoine Lacassagne (CAL) est devenu le 27e laboratoire académique autorisé pour la réalisation des analyses d’oncogénétique (autorisation de l’ARS PACA en décembre 2022). Son activité biologique a commencé en juillet 2023, en lien avec les consultations d’oncogénétique (au CAL et avancées en PACA-Est, en public et en privé) coordonnées par le Dr Véronique Mari. Cette activité est placée sous la responsabilité du Dr François Petit, biologiste médical autorisé pour les analyses de génétique constitutionnelle. Initialement, l’offre biologique couvrait les prédispositions héréditaires aux cancers du sein et de l’ovaire (panel GGC), digestifs hors pancréas (panel GGC), de la prostate, du pancréas et la néoplasie endocrinienne multiple de type 2. Elle a ensuite été étendue fin 2024 aux prédispositions héréditaires aux cancers cutanés et du rein (panel GGC), aux syndromes de Li-Fraumeni, de Cowden et BAP1. Les analyses en panel sont réalisées à partir d’un panel unique, filtré bio-informatiquement selon l’indication, permettant une recherche des variations de séquence et la détermination de variations du nombre de copies (panel à façon Agilent, plateforme NextSeq1000 Illumina, bio-informatique SeqONE). Cette dernière est complétée par une analyse en digitalMLPA (panel D001, MRC Holland). Les analyses ciblées sont réalisées par séquençage Sanger à façon (SeqStudio, AB), MLPA ou PCR quantitative (QuantStudio5, AB) à façon selon l’anomalie à rechercher. Les anomalies en mosaïque sont confirmées en PCR digitale (QX200, Bio-Rad). Entre juillet 2023 et août 2025, 1208 demandes d’analyses en panel ont été traitées avec 906 demandes (75,0%) pour une indication « sein/ovaire », 147 demandes (12,2%) pour une indication « digestif », 60 demandes (5%) pour une indication « cutané » et 29 demandes (2,4%) pour une indication « rein » pour les quatre principales indications. L’âge moyen des patient(e)s était de 56 ans (de 4 à 96 ans) et les femmes - du fait de la grande prévalence des demandes « sein/ovaire » - représentaient 85% de l’ensemble des patients. Le taux de positivité du panel « sein/ovaire » était de 7,7% et du panel « digestif » de 17,8%. Sur la même période, 1149 analyses ciblées ont été réalisées avec 990 apparentés en Sanger, 56 apparentés pour variation du nombre de copies, 3 apparentés en NGS pour des anomalies complexes, 10 en PCR digitale pour des mosaïques et enfin 90 pour des confirmations d’anomalies identifiées en panel. L’âge moyen des patient(e)s était plus bas à 47 ans (de 3 à 88 ans) et le sex-ratio était plus équilibré avec 29% d’hommes et 71% de femmes. L’activité d’oncogénétique du laboratoire du CAL suit une progression constante depuis son internalisation. La complémentarité entre la biologie et la clinique en oncogénétique permet une offre de soins disponible sur l’ensemble de la région PACA-Est, de Draguignan à Menton en passant par Fréjus, Grasse, Mougins, Nice, Cannes et Antibes.
Logan BALDINI, Véronique MARI, Hédi BEN YAHIA, Béatrice DE CLERCQ, Axelle BERTHON, Francois PETIT (NICE)
00:00 - 00:00 #49893 - P590 Prédispositions héréditaires rares au cancer du rein : deux grandes familles normandes porteuses d’un variant pathogène constitutionnel du gène MET.
Prédispositions héréditaires rares au cancer du rein : deux grandes familles normandes porteuses d’un variant pathogène constitutionnel du gène MET.

Prédispositions héréditaires rares au cancer du rein : deux grandes familles normandes porteuses d’un variant pathogène constitutionnel du gène MET BERTHET Pascaline1,2,3, NOGUES Catherine3,4, NEVIERE Zoé1,2, THIBAUT Louise-May1,2, ROTTIER Pauline1, DEVULDER Pierre1,2, SALOMON Joris1, COSSET Elodie1, GIRAUD Sophie3,5, RICHARD STEPHANE3,6, BURNICHON Nelly3,7. Le cancer du rein (CR) est le 5ème cancer le plus fréquent en France, derrière les cancers du sein, de la prostate, du poumon et les cancers colorectaux. 17141 nouveaux cas ont été recensés en France en 2023. Données agrégées registres Francim, service de bio statistique des Hospices civils de Lyon, Santé publique France et Institut national du cancer. Les prédispositions au CR de l'adulte représentent environ 5 % de l'ensemble des CR. Des variants pathogènes (VP) du gène MET ont été rapportés dans des formes familiales de CR papillaires (WHO classification 2022), formes qui représentent 15 à 20 % de l'ensemble des CR et également dans un sous-type histologique rare (biphasique squamoïde alvéolaire). Il s’agit souvent de lésions multifocales et/ou bilatérales. Il n’y a pas d’atteintes extrarénales associées. Le gène MET est un proto oncogène (mesenchymal epithelial transition) qui code pour le récepteur tyrosine kinase de l’HGF (hepatocyte growth factor), il s’agit donc de mutations activatrices. Au niveau tumoral, les VP de ce gène sont présents dans environ 15 % des cas de CR papillaires, anciennement dénommés de type 1. Ils sont associés à de nombreuses anomalies chromosomiques (gains, transcrits), ce qui induit une altération de la fonction du gène MET dans plus de 80 % des cas. En revanche, au niveau constitutionnel, les VP de ce gène sont très rarement rapportés, que ce soit dans études génomiques larges ou dans des séries de CR. Une seule étude publiée en 1998 sur un petit nombre de patients a évalué le risque de développer un CR mais plusieurs études estiment la prévalence des mutations chez des patients atteints de CR papillaire. L’étude française de Sebai (2021) présente une revue des familles qui présentent un VP du gène MET (158 cas dont 153 cas index) avec un taux de VP de 12,4% essentiellement en présence d’antécédents familiaux. Un récent groupe de travail multidisciplinaire, sous l’égide du Groupe Génétique et Cancer et du réseau national PREDIR (PREDIspositions aux tumeurs du Rein) a défini le panel de gènes à analyser en cas de suspicion de prédisposition héréditaire au CR ainsi que les recommandations de surveillance adaptées à chaque situation. Ce travail a mis en évidence le manque de données notamment sur les risques et c’est dans ce contexte que ces deux familles sont rapportées pour enrichir la base de données PREDIR avec un enregistrement systématique de ces familles et permettre la mise en place d’études épidémiologiques nationales.
Pascaline BERTHET (CAEN)
00:00 - 00:00 #49345 - P591 Analyse fonctionnelle des variants de signification inconnue du gène PALB2.
Analyse fonctionnelle des variants de signification inconnue du gène PALB2.

Le produit du gène PALB2 est un facteur impliqué dans la réparation des cassures double brin de l’ADN par la voie de la recombinaison homologue (RH) cruciale pour le maintien de l’intégrité du génome. Les altérations constitutionnelles de ce gène sont responsables d’un syndrome de prédisposition au cancer du sein et des ovaires, rendant nécessaire la mise en place de surveillance spécifique chez les patients porteurs. À ce jour, une majorité des variants dans le gène PALB2 mis en évidence par les laboratoires de biologie moléculaire/diagnostic du cancer sont des variants contenant des variants faux-sens classés de signification inconnue (VSIs). Cette classification est due à la difficulté d’évaluer l’impact de la mutation du variant faux-sens sur la fonction de la protéine. Une caractérisation claire de ces VSIs est un enjeu majeur dans le diagnostic et le suivi des patients et de leur famille. L’objectif de ce projet est la mise en place de tests fonctionnels cellulaires permettant d’évaluer l’effet des mutations présentes dans ces VSIs du gène PALB2 sur les différentes fonctions de la protéine, afin d’obtenir des arguments pour orienter leur classification. Nous avons mis au point une stratégie d’inactivation du gène PALB2 en utilisant la technologie CRISP-Cas9 d’édition du génome. Un premier crible pour obtenir un Knock-Out du gène PALB2 a été réalisé dans une lignée U2OS (dérivée d’ostéosarcome) contenant un rapporteur de la RH (DR-GFP), permettant ainsi une analyse des VSIs par complementation fonctionelle. Un clone mutant, dans lequel l’absence de production de la protéine PALB2 a été validée par analyse western blot, a été isolé et caractérisé, retrouvant une croissance plus faible, un défaut sévère en RH démontré par cytométrie de flux et une sensibilité plus grande aux agents cytotoxique. En parallèle une liste de VSIs de classe 3 a été sélectionnée en collaboration avec le laboratoire de biologie moléculaire. Afin d’exprimer ces VSIs dans les cellules KO pour les tester dans notre modèle cellulaire, nous avons d’abord construit un vecteur plasmidique qui permet l’expression du gène normal à un niveau proche du niveau physiologique, et qui permet aussi l’intégration stable de ce vecteur dans le génome par transposition. Ensuite, par mutagenèse dirigée, les mutations correspondantes aux VSIs sélectionnés ont été systématiquement introduites dans ce vecteur ce qui permettra d’obtenir des clones stables ce qui facilitera l’analyse quantitative de l’impact des mutations de notre liste de VSIs sur la RH, et sur d’autres fonctions. Cette étude permet de confirmer l’importance du rôle de PALB2 dans la survie de la cellule et notamment dans la fonction de réparation de l’ADN par RH. Nous souhaitons créer des tests fonctionnels pouvant apporter des arguments forts dans la classification des VSIs de PALB2 et pouvant être utilisés directement en collaboration avec les services de diagnostic.
Julie ROBBE (Marseille), Alexandre ASTIER, Mathilde BEAUFILS, Cornel POPOVICI, Hagay SOBOL, Catherine NOGUÈS, Mauro MODESTI
00:00 - 00:00 #49584 - P592 Carcinome rénal papillaire héréditaire : cas de mosaïcisme constitutionnel du gène MET.
Carcinome rénal papillaire héréditaire : cas de mosaïcisme constitutionnel du gène MET.

Le carcinome rénal papillaire héréditaire (HPRC) est une maladie monogénique rare à transmission autosomique dominante et à forte pénétrance caractérisée par le développement de carcinomes rénaux papillaires bilatéraux et multifocaux. L’âge médian d’apparition des tumeurs est de 41 ans. La majorité des tumeurs sont de bas grade, mais certaines peuvent être de haut grade avec un potentiel métastatique. Des adénomes papillaires sont souvent associés au sein du parenchyme rénal. L'HPRC est causé par des variations constitutionnelles faux-sens activatrices du proto-oncogène MET (7q31) qui code un récepteur à activité tyrosine kinase transmembranaire. Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 45 ans qui s‘est vu diagnostiquer de multiples masses rénales bilatérales lors d’un bilan d’hématurie. Une néphrectomie bilatérale a été réalisée en deux temps. L’examen anatomopathologique a retrouvé à gauche une vingtaine d’adénomes papillaires et de carcinome papillaire de bas grade de 0,1 à 3,7 cm et à droite deux carcinomes papillaires rénaux de haut grade (8 et 1,6 cm) associés à 13 adénomes papillaires et carcinomes papillaires de bas grade (le plus gros : 4,8 cm). Le patient est rapidement devenu métastatique. L’analyse de l’ADN leucocytaire par séquençage NGS d’un panel ciblé ‘Rein’ a mis en évidence la présence d’une variation probablement pathogène du gène MET (NM_001127500.3) : c.3736G>A, p.(Asp1246Asn) avec une fréquence allélique de 13%, suggérant un état de mosaïque constitutionnelle. L’analyse NGS somatique de quatre tumeurs rénales distinctes du patient a permis de retrouver cette variation au sein du tissu tumoral avec une fréquence allélique comprise entre 37% et 65% selon la tumeur, confirmant que la variation mise en évidence n’était pas un artefact technique. Aucune autre variation d’intérêt n’a été identifiée lors de ces analyses, tant au niveau constitutionnel que somatique. Ainsi, nous rapportons, pour la première fois à notre connaissance, le cas d’un patient présentant un phénotype de carcinome rénal papillaire héréditaire et porteur d’une variation probablement pathogène du gène MET à l’état de mosaïque constitutionnelle. Cette description met en évidence l’intérêt de ne pas négliger la possibilité d’identifier des variations du gène MET à l’état de mosaïque constitutionnelle dans le cadre du diagnostic génétique de l’HPRC. Les rechercher activement permettrait d’optimiser le diagnostic chez les patients et d’améliorer le conseil génétique dans les familles.
Jessica MARTINEZ (PARIS), Lucija DUNDEK, Alexandre BUFFET, Bénédicte BONTE, Florence AMRAM, Pascaline BERTHOME, Terry GRANCHON RIOLZIR, Dominique PINEAU, Florence JOBIC, Alexis BILLES, Emilie LACOT LERICHE, Gilles MORIN, Nelly BURNICHON, Emma LACHAIER
00:00 - 00:00 #49209 - P593 Cancer du sein masculin et prédisposition héréditaire : analyse rétrospective de 61 cas strasbourgeois et réflexion autour de la chirurgie de réduction de risque.
Cancer du sein masculin et prédisposition héréditaire : analyse rétrospective de 61 cas strasbourgeois et réflexion autour de la chirurgie de réduction de risque.

Introduction : Le cancer du sein masculin est une entité clinique rare, représentant environ 1 % des cas de cancer du sein. Il existe une relative disparité quant à son incidence à l’échelle mondiale mais il représenterait à l’heure actuelle 600 cas par an en France. L'étiologie génétique est reconnue comme prépondérante. Dans les familles à haut risque de cancer du sein, les variants pathogènes de BRCA2 sont responsables de 60-70% des cas de cancer du sein chez l'homme et le risque cumulé est évalué à environ 8% à 80 ans. En outre, il n'existe que peu d'études sur les hommes avec des disparités dans les stratégies préventives proposées par les différentes sociétés savantes. La chirurgie mammaire de réduction du risque, non recommandée chez l’homme en France actuellement, n’a été décrite qu’occasionnellement dans la littérature. Méthodes : Au travers d’une analyse rétrospective de cas établie à partir de nos bases de données, nous avons notamment pu préciser le taux de détection mutationnel et les gènes en cause parmi 61 hommes ayant été pris en charge pour un cancer du sein et ayant bénéficié d’une consultation d’oncogénétique au sein du centre strasbourgeois entre 1993 et 2024. Résultats : Parmi les 61 cas de cancer du sein masculin, sept individus (7/61) étaient porteurs d’un variant délétère dans un gène de prédisposition aux cancers du sein, soit un taux mutationnel de 11.5%. Parmi les gènes impliqués, on retrouvait principalement le gène BRCA2 (4/7, 57%), et une unique itération (1/7, 14%) pour les gènes BRCA1, PALB2 et ATM. L’âge moyen au diagnostic était de 65,3 (± 12,7) ans pour les patients sans variant délétère contre 68,4 (± 7,7) ans pour les sept porteurs de variant délétère. Les cancers étaient majoritairement de grade SBR2 avec expression des récepteurs hormonaux et absence d’expression d’HER2. Nous rapportons également le cas d'un homme de 59 ans, indemne de pathologie tumorale, porteur du variant délétère familial du gène BRCA2, avec quatre antécédents familiaux de cancer du sein dont deux masculins au 1er degré et dont l’examen anatomopathologique réalisé à l’issue d’une chirurgie mammaire bilatérale de réduction de risque a révélé un carcinome canalaire in situ de grade intermédiaire dans le sein droit. Conclusion : Malgré une littérature limitée et des données contradictoires, ces résultats sont globalement en accord avec ce qui a déjà pu être décrit par le passé. Il convient d’apporter une attention aux autres gènes de prédisposition héréditaire au cancer du sein comme ATM ou PALB2. Le suivi des hommes à risque ne passe pas nécessairement par l’imagerie et rares sont les hommes qui demandent une chirurgie bilatérale de réduction du risque. En l’absence de réel consensus, les professionnels de santé ont un rôle important dans la prise de décision du patient.
Nicolas TARIS, Manon CHRÉTIEN (Strasbourg), Nile DUFLOS DE SAINT AMAND, Carole HILD, Carole MATHELIN
00:00 - 00:00 #49735 - P594 Co-occurrence de mutations pathogènes BRCA1 et MSH6 : à propos d’une famille tunisienne.
Co-occurrence de mutations pathogènes BRCA1 et MSH6 : à propos d’une famille tunisienne.

La coexistence de deux prédispositions génétiques au cancer est de plus en plus identifiée grâce au séquençage haut débit mais reste encore rarement rapportée. Les plus fréquentes concernent les gènes BRCA. La co-occurrence de deux variations pathogènes au niveau des gènes BRCA et MMR est rarement décrite. L’objectif de notre travail est de souligner le rôle de l’onco-généticien dans l’orientation du diagnostic et la prise en charge d’une double prédisposition génétique au cancer à travers une famille ayant une association des syndromes sein-ovaire et Lynch. Le cas index de notre famille a été adressé en consultation d’oncogénétique pour suspicion d’une prédisposition au cancer du sein (CS). Une enquête génétique et un prélèvement d’ADN ont été réalisés. Un séquençage par le panel TruSight hereditary Cancer de 113 gènes (Illumina) a été effectué sur le NextSeq 550, suivi d’une analyse ciblée par séquençage Sanger des variants identifiés chez la mère. La patiente a développé un CS droit triple négatif et multifocal à 38 ans traité par mastectomie totale. L’enquête génétique a retrouvé au niveau de la branche maternelle deux autres cas de CS , deux cas de cancer de l’endomètre dont un chez la mère à 59 ans, et un cas pour chacun des cancers du rein et estomac. Devant l’hétérogénéité du spectre tumoral familial, l’analyse par le panel de gènes cancer a été fait d’emblée chez la patiente montrant deux variations pathogènes à l’état hétérozygote : une au niveau du gène MSH6(NM_000179.3):c.3697delA (p.K1233fs) pathogène et l’autre au niveau du gène BRCA1(NM_007294.4):c.1459delG (p.V487fs) non rapportée dans la littérature, classée probablement pathogène selon les classifications ACMG (PVS1+PM2). La patiente a bénéficié d’une mastectomie controlatérale, une hystérectomie avec salpingo-ovariectomie et une surveillance digestive. L’analyse ciblée faite chez la mère a retrouvé ces deux variations. Une surveillance mammaire et digestive a été indiquée. Notre observation illustre l’importance de la consultation d’oncogénétique notamment de l’enquête génétique afin de définir le spectre tumoral familial, prescrire une analyse moléculaire adéquate et prodiguer un conseil génétique approprié. Le diagnostic d’une double prédisposition au cancer liée aux gènes BRCA1 et MSH6 nécessite une prise en charge thérapeutique et préventive adaptée.
Emna KOUBAA, Rym MEDDEB, Sana GABTENI, Tergui WISSAL (Tunis, Tunisie), Tasnim MHIRI, Amira ZANATI, Malek BOUHANI, Ridha M’RAD, Neila BELGUITH, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49524 - P596 Maxwell XtractAll FFPE DNA/RNA Kit : une chimie polyvalente et automatisée pour l'extraction séquentielle de l'ADN et de l'ARN ou des acides nucléiques totaux à partir de tissus FFPE.
Maxwell XtractAll FFPE DNA/RNA Kit : une chimie polyvalente et automatisée pour l'extraction séquentielle de l'ADN et de l'ARN ou des acides nucléiques totaux à partir de tissus FFPE.

Contexte Les tissus fixés au formol et inclus dans la paraffine (FFPE) sont largement utilisés dans le diagnostic et la recherche, mais l'extraction d'acides nucléiques intacts reste difficile en raison de la fragmentation et du crosslinking. Le kit ADN/RNA FFPE Maxwell® XtractAll est une solution semi-automatisée multimodale innovante permettant d’extraire séquentiellement l'ADN puis l'ARN, les acides nucléiques totaux (TNA) ou l'ADN et l'ARN à partir d'un seul échantillon de tissu. L'objectif de cette étude est de démontrer l’efficacité, la flexibilité et la compatibilité de cette technique avec les tests moléculaires courants par rapport aux autres méthodes commerciales existantes. Méthode La performance a été évaluée à l'aide de plusieurs types et quantité de tissus FFPE et des volumes d'élution variables. Quatre flux de travail (ADN, ARN, TNA, ADN/ARN séquentiel) ont été testés. Le rendement a été évalué à l'aide de méthodes de quantification basées sur la fluorescence et l'amplification. La TapeStation a été utilisée pour l'évaluation de la qualité et de l'intégrité des acides nucléiques extraits. Les performances ont été évaluées par PCR digitale et NGS avec le panel TruSight Oncology 500. Les résultats ont été comparés à ceux des kits d'extraction concurrents. Résultats Le kit Maxwell® XtractAll a constamment produit des rendements en acides nucléiques supérieurs ou équivalents avec une dégradation réduite par rapport aux concurrents. L'amplification de fragments d'ADN et d'ARN plus longs a confirmé une meilleure intégrité. La quantification basée sur la fluorescence a montré une plus grande précision et une plus grande cohérence par rapport aux contrôles basés sur l'amplification. En PCR digitale, l'ARN extrait a permis la détection des fusions EML4-ALK, tandis que les éluats d'ADN ont permis le génotypage du HPV avec une concordance de 94 % avec les méthodes de référence. Les résultats NGS ont démontré de solides performances, avec une profondeur de lecture, un alignement et une détection des variants comparables ou supérieurs à ceux des kits concurrents. Conclusion Le kit d'ADN/ARN Maxwell® XtractAll FFPE offre une approche rapide, flexible et automatisée pour récupérer de l'ADN et de l'ARN de haute qualité à partir de tissus FFPE. En unifiant le prétraitement et en maximisant l'utilisation d'échantillons précieux, il simplifie les flux de travail des laboratoires, améliore la qualité des acides nucléiques pour améliorer la robustesse des analyses en aval. Cette chimie offre une solution efficace et fiable pour les laboratoires de recherche et de diagnostic travaillant en oncologie.
Mary Friedli MALONE, Isabelle PROST (), Rachel ELORANTA, Abby KENNEDY, Christine NEWTON, Christopher COWAN
00:00 - 00:00 #49707 - P597 Caractérisation de la signature de méthylation d’un panel de 12 gènes et corrélations clinico-pathologiques dans le cancer du sein chez des patientes tunisiennes.
Caractérisation de la signature de méthylation d’un panel de 12 gènes et corrélations clinico-pathologiques dans le cancer du sein chez des patientes tunisiennes.

La méthylation aberrante de l’ADN constitue un événement épigénétique précoce et fréquent dans la carcinogenèse mammaire. L’identification de gènes hyperméthylés pourrait fournir des biomarqueurs pertinents pour le diagnostic et le pronostic. Nous avons évalué, par pyroséquençage, le statut de méthylation des promoteurs de 12 gènes (notamment HIN-1, SOX17, RASSF1A, APC, GSTP1, CCND2 et DAPK1) dans des échantillons tumoraux provenant de 63 patientes tunisiennes atteintes de cancer du sein. Les niveaux de méthylation ont été dichotomisés à 15 %, puis corrélés aux paramètres clinico-pathologiques. Sept gènes se sont révélés fréquemment méthylés, en particulier HIN-1 (100 %), SOX17 (95,2 %) et RASSF1A (73 %). La méthylation de SOX17, RASSF1A et GSTP1 était associée à un âge < 50 ans ; celle de SOX17, RASSF1A, CCND2 et DAPK1 à la taille tumorale ; et celle de SOX17, DAPK1, CCND2 et HIN-1 au stade tumoral. De plus, HIN-1, RASSF1A, APC, GSTP1 et DAPK1 étaient liés à un statut hormonal positif. En conclusion, cette étude menée sur une cohorte tunisienne met en évidence une signature de méthylation impliquant sept gènes, corrélée à l’âge, aux caractéristiques tumorales et au statut hormonal. Ces résultats suggèrent que ces gènes pourraient représenter des biomarqueurs prometteurs pour le pronostic et la stratification du cancer du sein, tout en soulignant la nécessité de confirmer ces observations sur des cohortes plus larges.
Hayet-Radia ZEGGAR, Alexandre HOW-KIT, Antoine DAUNAY, Ilhem BETTAIEB, Mourad SAHBATOU, Khaled RAHAL, Olfa ADOUNI, Amor GAMMOUDI, Jean-François DELEUZE, Maher KHARRAT (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49793 - P598 Analyses chez des cas index indemnes de cancer en Oncogénétique : quel bénéfice ?
Analyses chez des cas index indemnes de cancer en Oncogénétique : quel bénéfice ?

L’oncogénétique étudie le champ des prédispositions aux cancers dans toutes leurs dimensions. Les analyses de biologie moléculaire cas index (CI) sont réalisées chez des personnes dont l'histoire personnelle, souvent associée à une histoire familiale, est évocatrice de l'existence d'une prédisposition. Le rendement de ces analyses, défini comme la proportion de résultats positifs pour l'identification d'un variant pathogène (VP), est de l’ordre de 8 à 9% dans cette population. Cependant, dans certaines situations cliniques, notamment lorsque la personne est décédée ou inaccessible, les analyses peuvent être réalisées chez des apparentés indemnes, après validation en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire. Cette approche pose plusieurs problématiques, tant sur le plan du rendement diagnostique que sur l’interprétation des données et la pertinence des résultats obtenus hors contexte carcinologique. Notre étude consiste à évaluer et comparer le rendement des analyses faites au laboratoire du Centre François Baclesse entre le 30/12/2023 et le 30/06/2025 chez des CI indemnes par rapport au rendement observé pour ces mêmes analyses chez des CI atteints. Dans cette intervalle, environ 1200 analyses ont été réalisées à la recherche de d’une prédisposition héréditaire au cancer du sein et de l'ovaire et au cancer colorectal. Ce travail consistera donc à analyser la fréquence des VP retrouvés et le contexte familial associé afin d’estimer le bénéfice et les limites de cette stratégie de tests indirects.
Louise May THIBAUT (CAEN), Zoé NEVIERE, Elodie COSSET, Laurent CASTERA, Sophie KRIEGER, Agathe RICOU, Flavie BOULOUARD, Raphaël LEMAN, Camille AUCOUTURIER, Pierre DEVULDER, Joris SALOMON, Pascaline BERTHET
00:00 - 00:00 #49829 - P599 RNASeq ciblé pour explorer des tumeurs de l’ovaire avec des variants non codants dans les gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C.
RNASeq ciblé pour explorer des tumeurs de l’ovaire avec des variants non codants dans les gènes BRCA1, BRCA2 et RAD51C.

Introduction: La prise en charge des cancers de l’ovaire nécessite des analyses tumorales systématiques à la recherche d’une éventuelle déficience(HRD) du système de recombinaison homologue (RH). L’approche « séquençage de l’ADN tumoral » permet d’identifier des variants pathogènes dans les gènes RH. Les méthodes usuelles se concentrent essentiellement sur les régions codantes et sont parfois d’interprétation complexe au niveau des sites d’épissage, des régions UTRs et introniques profondes. Nous avons évalué l’apport d’investigations complémentaires en cas de détection de ces variants. Hypothèse: Un variant non codant pourrait impacter l’Epissage, l’Expression et la composition des Isoformes (EEI) du gène muté. En l’absence d’impact sur le gène muté d’une tumeur HRD, l’analyse EEI a été étendue aux autres gènes non mutés de la voie RH. Méthodes: Une étude rétrospective, couvrant la période de septembre 2015 à février 2021, a permis d’identifier des tumeurs de l’ovaire FFPE, séquencées à l’aide d’un panel large de gènes, présentant un variant non codant non caractérisé dans BRCA1 ou BRCA2 ou RAD51C. Les lignées tumorales HRD OVCAR4 et OVCAR8 ont été utilisées comme contrôles positifs (CP) pour l’analyse comparative (cas vs CP). La méthylation du promoteur de BRCA1 a été évaluée par ddPCR (Stilla Nio®) après conversion au bisulfite chez une patiente avec des tumeurs avant et après rechute et les CP. Le score d’instabilité génomique a été calculé avec GIScar ou sWGS. Un RNASeq ciblé sur 64 gènes (Agilent SureSelect XTHS2 Capture) a été réalisé sur les échantillons disponibles. L’approche bioinformatique comparative quantifie les événements d’épissage alternatif (ASE), les variations d’expression des 64 gènes ainsi que les isoformes des gènes RH. Résultats: Huit tumeurs et deux CP disponibles ont été séquencés par RNASeq ciblé. Nous avons pu conclure à une classe 5 pour 4 variants (RAD51C c.146-3C>G, BRCA2 c.1909+2dup, BRCA1 c.4986+1566A>G et BRCA1 c.*1194T>G), associés à des tumeurs HRD. Le variant BRCA2 c.9256+4679A>G a été reclassé en 2 dans une tumeur HRP. Enfin, chez une patiente non répondeuse aux anti-PARPs malgré un statut HRD, le variant BRCA1 c.-1125-1093del, identifié uniquement lors de la rechute, a induit un déséquilibre des isoformes de BRCA1. Une surexpression significative de l’isoforme BRCA1-014 (exon 11 court, log2FC+9,3, padj 0,005) a été retrouvée lors de la rechute par rapport à la tumeur initiale, suggérant un statut HRP au niveau de l’ARN. Conclusions: Le RNAseq ciblé permet de mieux caractériser l’impact transcriptionnel des variants non codants dans les tumeurs de l’ovaire. Compte tenu de la cicatrice génomique définitive au niveau de l'ADN, cette approche suit mieux la dynamique clinique et pourrait mener à la découverte de nouveaux mécanismes transcriptionnels sous-jacents. L’intégration des EEI dans des modèles pronostiques pourrait mieux stratifier les patientes.
Hela SASSI (Villejuif), Felix BLANC DURAND, Damien VASSEUR, Veronica GOLDBARG, Olivier CARON, Kaissa OUALI, Benjamin VERRET, Mohamed Amine BANI, Catherine GENESTIE, Cécile BADOUAL, Ludovic LACROIX, Roseline TANG, Alexandra LEARY, Etienne ROULEAU
00:00 - 00:00 #49814 - P600 Les cartes d’identité génomiques, épi-génomiques et transcriptomiques des lignées tumorales de l’ovaire séreux de haut grade.
Les cartes d’identité génomiques, épi-génomiques et transcriptomiques des lignées tumorales de l’ovaire séreux de haut grade.

Introduction: Le cancer de l’ovaire séreux de haut grade est une pathologie caractérisée par une diversité clinique et moléculaire. L’exploitation des données produites sur les lignées tumorales ovariennes commerciales(HGSOCTL) pourrait servir à mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents et optimiser le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. Leurs cartes d’identité(CI) regroupent un ensemble d’informations cliniques, histologiques, des profils morphologiques, génomiques épi-génomiques et transcriptomiques et enfin des données de sensibilité thérapeutiques utiles pour la recherche translationnelle et les criblages pharmacologiques. Objectif: Caractériser les HGSOCTL issues de sites primaire(P) et métastatique(M) sur les plans génomique, épigénomique et transcriptomique. Méthodes: Sur les données WES de 27 HGSOCTL disponibles, nous proposons d’évaluer le TMB et les signatures mutationnelles, rechercher les régions densément mutées(kataegis) et générer les segments de CNA statistiquement significatifs. Sur les données de bulk WTS, une analyse de l’expression différentielle(DEA) et une analyse d'enrichissement des gènes(GSEA) ont été réalisées. À partir des données de méthylome, nous rapportons la fraction de méthylation d’une sélection de 139 gènes impliqués dans les voies de réparation de l’ADN. Les corrélations ont été évaluées à l’aide d’un test non paramétrique(r Spearman). Résultats: Parmi les 8P et 19M, les moyennes observées étaient: TMB 8,1, ploïdie 2,6 et signature SBS03 28%. Aucun kataegis n’a été détecté. Concernant les altérations de la voie de réparation homologue, 6 variants délétères ont été identifiés au niveau de BRCA1(JHOS2, UWB1.289, COV362, JHOS3) et BRCA2(PEO1, KURAMOCHI) et 5 hyperméthylations des promoteurs de BRCA1 et NBR2(OVCAR8, OVCAR4 et SNU119), BRCA2(SNU8) et RAD51C(COV504). OVCAR8 et SNU119 présentaient une méthylation conjointe des promoteurs BRCA1 α et β vs α seulement pour OVCAR4. Les segments significativement amplifiés concernaient MIR4436A MECOM TERC et MYC dans les P et CCNE1 ciblable dans les M. Les délétions significatives impliquaient CDKN2A et CDKN2B dans P et CCL4 TET2 et SMARCAD1 dans M. La DEA retrouve une baisse de l’expression de BRCA2 de -1,6log2FC(padj0,0002) dans M. Le GSEA retrouve un Hallemark E2F targets enrichi dans P vs Hedgehog signaling dans M. Pour 107/168 régions promotrices d’intérêt variables, un fort cluster de corrélation a été noté pour COV362, NIHOVCAR3, ONCODG1, OVSAHO. Un sous-type probablement mucineux a pu être réattribué pour TYKNU et OAW42. De même pour OVCAR5 qui semble provenir du tube digestif. Conclusion: Il s’agit de la 1ère analyse multi-omique HGSOCTL. L’établissement d’une CI moléculaire pour chaque lignée représente une référence précieuse pour la recherche biomédicale. Plusieurs cibles potentiellement actionnables ont été mises en évidence, ouvrant la voie à des modèles expérimentaux mieux adaptés au développement des approches personnalisées.
Hela SASSI (Villejuif), Felix BLANC DURAND, Roseline TANG, Kaissa OUALI, Catherine GENESTIE, Benjamin VERRET, Veronica GOLDBARG, Patricia PAUTIER, Olivier CARON, Cécile BADOUAL, Ludovic LACROIX, Alexandra LEARY, Etienne ROULEAU
00:00 - 00:00 #49625 - P601 Mise en place de l’analyse de l’ADN circulant tumoral à l’Institut Paoli-Calmettes.
Mise en place de l’analyse de l’ADN circulant tumoral à l’Institut Paoli-Calmettes.

CONTEXTE : A l’automne 2024, le laboratoire d’Oncogénétique Moléculaire de l’IPC a décidé de compléter son offre de monitoring des patients en recherchant les variations de très faible fréquence allélique (VAF) dans l’ADN circulant tumoral (ADNct). Ce matériel libre étant relargué de la tumeur, la biopsie liquide (BL) permet de complémenter ou même de s’affranchir de la biopsie tissulaire dans de nombreux cas et d’analyser les variations présentes au niveau tumoral de manière non biaisée. En effet, l’hétérogénéité des différents clones moléculaires au niveau de la tumeur primitive et/ou des métastases peut entrainer des résultats différents. METHODES : La mise en place de la BL a été réalisée en priorité sur la thématique pulmonaire pour la recherche des mutations de résistance à la rechute. Nous avons collaboré avec la société Hedera Dx sur leur kit Hedera Profiling 2 ctDNA test panel (HP2) contenant 32 gènes avec de nombreux marqueurs ESCAT I et II. L’examen HP2 a été accrédité suivant la norme EN ISO15189V22 en décembre 2024 nous permettant de passer rapidement à la mise en place du panel Hedera Profiling 3 ctDNA test panel (HP3) comprenant une dizaine de gènes supplémentaires dont BRCA1, BRCA2, PALB2. Les thématiques mammaire, ovarienne et prostatique ont donc pu être prises en compte que ce soit au diagnostic ou pour le suivi. RESULTATS : A ce jour, l’IPC a pu analyser environ 140 patients en utilisant HP2 dont un patient avec atteinte méningée pour lequel l’ADNct a été analysé à partir du LCR à la recherche de variations dans le gène EGFR. La variation de sensibilité potentielle au traitement identifiée au diagnostic a pu être retrouvée dans le surnageant du LCR composé de seulement quelques cellules tumorales. Cinquante-sept patients ont été analysés avec HP3 mettant en évidence des variations dans les gènes BRCA1 et BRCA2 chez 2 patients. Les VAF étaient élevées et la présence de ces variations a été confirmée sur un autre matériel biologique indiquant leur origine constitutionnelle. CONCLUSION : La mise en place à l’IPC de la BL avec les kits de la société Hedera Dx pour la détection des SNVs et fusions permet actuellement le suivi de plusieurs types de cancers avec en particulier les cancers pulmonaires, mammaires, ovariens et prostatiques ainsi que le diagnostic pour les patients non biopsiables. PERSCEPTIVES : L’analyse de l’ADNct doit être optimisée, en associant à la recherche des SNPs et fusions, la recherche de l’instabilité des micro-satellites ainsi que la recherche des CNVs également disponibles dans les kits commerciaux de Hedera Dx. Le suivi du statut tumoral pourrait permettre un monitoring des patients prédisposés au syndrome HNPCC. Une réflexion et la publication de recommandations sur les bonnes pratiques de rendu de résultats dans la BL sont nécessaires pour homogénéiser ces tests au niveau national et international.
Audrey REMENIERAS (marseille), Anes HADJADJ AOUL, Violaine BOURDON, Mathilde HEVERS, Christelle BREST, Quentin DA COSTA, Benoit GOUTORBE, Ghislain BIDAUT, Romain PARILLAUD, Hagay SOBOL
00:00 - 00:00 #49447 - P602 Amélioration significative de l'extraction de l'ADN tumoral circulant plasmatique par le kit automatisé Maxwell® RSC Rapid ccfDNA Kit.
Amélioration significative de l'extraction de l'ADN tumoral circulant plasmatique par le kit automatisé Maxwell® RSC Rapid ccfDNA Kit.

Introduction : Les performances des analyses de biologie moléculaire sur ADN circulant (ADNc) pour la détection de mutations tumorales dépendent fortement du choix de la méthode d’extraction. Nous avons comparé les performances de deux kits d’extraction Promega : le nouveau kit Maxwell® RSC Rapid ccfDNA Kit (Rapid) et le kit d’extraction Maxwell® RSC ccfDNA LV Plasma Kit (LV), majoritairement utilisé en France. Matériel et méthodes : Ont été inclus 37 échantillons de sang total Cell-Free DNA BCT (Streck), prélevés dans le cadre du soin chez des patients atteints de cancer bronchopulmonaire (n = 22), prostatique (n = 6), mammaire (n = 6), colorectal (n = 2) et pancréatique (n = 1). Le plasma de chaque échantillon a été décanté et divisé en deux aliquots de volume identique (de 2,75 à 4 mL). L’ADNc des deux aliquots a été extrait avec chacune des méthodes d’extraction LV ou Rapid, élué dans 75 µL et 60 µL respectivement, puis dosé par méthode fluorimétrique (Qubit dsDNA High Sensitivity, Invitrogen), qualifié en électrophorèse (Cell-free DNA ScreenTape, Agilent) et analysé par paires, en NGS ciblé sur un panel de 44 gènes (103 kb). Résultats : Les concentrations d’ADNc obtenues étaient en moyenne 74% plus élevées en extraction Rapid qu’en extraction LV (médiane : Rapid = 0,95 ng/µL vs LV = 0,34 ng/µL). Le kit Rapid permettait l’extraction très préférentielle de fragments d’ADNc de petite taille, en comparaison du kit LV (%ADN 50-700pb moyen : Rapid = 96,0% vs LV = 74,3%). La couverture NGS des régions d’intérêt était plus homogène avec l’extraction Rapid (coefficient de variation de la profondeur moyenne par exon : Rapid = 20,4% vs LV = 32,0%). Au total, les deux méthodes d’extraction permettaient la détection des 21 variants tumoraux attendus sur les 37 échantillons, sans biais de VAF (r² = 0,988). En revanche, l’extraction Rapid était associée à une meilleure spécificité, avec nettement moins d’erreurs de séquençage que l’extraction LV (nombre moyen de variants avant filtrage : Rapid = 1009 vs LV = 1301 ; après filtrage : Rapid = 7 vs LV = 26). Conclusion : Le nouveau kit d’extraction Maxwell® RSC Rapid ccfDNA Kit (Promega) améliore significativement la qualité des résultats des analyses sur ADN circulant par rapport au kit Maxwell® RSC ccfDNA LV.
Guillaume HERBRETEAU (PARIS), Etienne MULLER, Marie-Magdelaine COUDÉ, Martine OLIVI
00:00 - 00:00 #49622 - P603 Epidirect®, technologie innovante pour l’analyse de la méthylation du promoteur MGMT dans les tumeurs cérébrales : évaluation monocentrique à l’hôpital Pitié-Salpêtrière.
Epidirect®, technologie innovante pour l’analyse de la méthylation du promoteur MGMT dans les tumeurs cérébrales : évaluation monocentrique à l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

La méthylation du promoteur de MGMT (O6-methylguanine-DNA methyltransferase) est un biomarqueur prédictif de la réponse au Témozolomide, traitement standard des gliomes malins de l’adulte. La perte d’expression de MGMT, consécutive à la méthylation, accroît la sensibilité tumorale à ce traitement. Plusieurs techniques basées sur la PCR spécifique de méthylation (MS-PCR) permettent de déterminer le statut de méthylation de MGMT. Les techniques de références validées cliniquement sont actuellement le pyroséquençage (MS-PSQ) ou la q-PCR (MS-qPCR). Ces techniques nécessitent un prétraitement des ADN au bisulfite, qui convertit les cytosines non méthylées en uraciles. Ce prétraitement est consommateur de temps et peut entrainer des biais dans les résultats (dégradation de l’échantillon, conversion incomplète…). L’objectif de cette étude est d’évaluer les performances analytiques d’Epidirect®MGMT, une nouvelle technologie de qPCR spécifique de la méthylation ne nécessitant pas de traitement au bisulfite, en comparaison au pyroséquençage. La technologie Epidirect® repose sur la capacité de primers spécifiques, intégrant des Acides Nucléiques Intercalants, à discriminer les cytosines méthylées et non méthylées. Les performances analytiques d’Epidirect® ont été évaluées sur une cohorte mono-centrique prospective de 104 tissus FFPE (biopsies et pièces opératoires). En MS-PSQ, une tumeur est méthylée lorsque le seuil est strictement > 9% Un total de 104 ADN, majoritairement des glioblastomes (80), ont été analysés en qPCR Epidirect®MGMT et MS-PSQ, sans échec technique. Le pourcentage moyen de cellules tumorales est de 58%. La concentration d’ADN moyenne est de 47,9 ng/µL. En MS-PSQ, 47 ADN sont non méthylés (1 à 8% de méthylation) et 57 sont méthylés (9.6 à 73% de méthylation). La concordance est de 93% (97/104). La sensibilité et la spécificité sont de 88% et 100% respectivement ; la valeur prédictive positive et négative est de 1 et 0.87 respectivement. Sept cas discordants, jugés méthylés en pyroséquençage (9,6–22,4 %), étaient non méthylés en Epidirect® (0,8–2,8  %). Ces cas présentent des profils de méthylation intermédiaire, nécessitant des investigations complémentaires. La détermination d’un seuil de méthylation pertinent cliniquement pour la technique Epidirect®MGMT est un défi et pourrait comprendre une zone grise comme cela est débattu pour les techniques de références. La qPCR Epidirect®MGMT est une méthode rapide, fiable et facile à mettre en place en laboratoire, permettant de déterminer le statut de méthylation du promoteur MGMT sans prétraitement au bisulfite.. Le marquage CE-IVD de la technologie est un atout pour les aspects réglementaires à venir. Une évaluation multi-centrique serait nécessaire afin de réaliser une validation clinique de ces résultats qui permettrait qu’elle devienne la technique de référence, pour un gain en temps, en fiabilité et pour s’affranchir de l’obsolescence de certains équipements tels que les pyroséquenceurs.
Loetitia FAVRE, Franck BIELLE, Karima MOKHTARI, Marjorie JODAR, Eric FERNANDEZ, Sylvain HUGONIN, Mehdi TOUAT, Marc SANSON, Florence COULET, Erell GUILLERM (Paris)
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10 - Conseil génétique, sciences humaines et sociales - 11 - De la pathologie à la thérapie - 12 - Médecine personnalisée et maladies neuromusculaires - 17 - Epidémiologie génétique, génétique des populations, maladies complexes - 19 - Pédagogie

01 - Pathologies du neurodéveloppement - 10- Syndromes malformatifs - 15- Génétique chromosomique constitutionnelle - 20- Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 22 - Troubles de la reproduction
00:00 - 00:00 #49112 - P251 Renforcer la collaboration centrée sur le patient et stimuler l’innovation dans la prise en charge des maladies rares : enseignements de l’atelier du Patient Advisory Board de l’ERN ITHACA 2024 à Bucarest, une innovation centrée sur le patient.
Renforcer la collaboration centrée sur le patient et stimuler l’innovation dans la prise en charge des maladies rares : enseignements de l’atelier du Patient Advisory Board de l’ERN ITHACA 2024 à Bucarest, une innovation centrée sur le patient.

Le Conseil des Patients de l’ERN ITHACA (Patient Advisory Board, composé de plus de 60 Associations de Patients) s’est réuni à Bucarest le 12 décembre 2024, rassemblant 60 participants, dont des représentants des groupes européens de défense des patients (ePAGs) et des cliniciens, en présentiel et en ligne. Cet atelier a marqué une étape clé dans le renforcement de la collaboration au sein de la communauté des maladies rares. L’objectif était de partager les bonnes pratiques, d’explorer les parcours patients et de promouvoir la collaboration interdisciplinaire. L’atelier s’est articulé autour de deux volets principaux : Apprendre les uns des autres : des présentations ont mis en lumière des pratiques innovantes en matière de prise en charge des maladies rares, telles que les modèles de cliniques multidisciplinaires, les lignes directrices élaborées par les patients, et des approches novatrices de collecte de données (registres, portails de recherche). Neuf présentations ont été sélectionnées à partir de résumés soumis, et des interventions flash ont illustré des initiatives réussies, notamment en matière de coordination des soins ou de registre mondial pour un syndrome. Le parcours patient : ce volet a abordé les défis diagnostiques, le deuil et la santé mentale à travers des discussions et des témoignages. Des groupes de travail parallèles ont exploré la résilience familiale et les stratégies de gestion du deuil, favorisant un échange dynamique entre patients, familles et professionnels. Résultats et impact : les retours des participants ont révélé un haut niveau de satisfaction, avec une note globale de 4,68/5. Les participants ont particulièrement apprécié les enseignements pratiques issus du partage d’expériences (4,57/5) et la profondeur émotionnelle des discussions sur le parcours patient (4,68/5). L’atelier a été salué pour sa contribution à une prise en charge centrée sur le patient, grâce à une collaboration interdisciplinaire et des échanges en présentiel. Les suggestions d’amélioration incluent davantage d’exercices interactifs, une diversification des sujets abordés et l’intégration de nouveaux témoignages de patients. Cet événement a souligné l’importance des initiatives inclusives et collaboratives pour relever les défis des personnes atteintes de malformations congénitales rares et de troubles intellectuels. Il a démontré la puissance de l’apprentissage collectif et de l’engagement, posant les bases d’une collaboration continue en 2025 et au-delà. Les enseignements tirés orienteront les futurs ateliers, notamment celui prévu à Bergen, Norvège (décembre 2025), qui portera sur les perspectives internationales en matière de soins et de soutien du parcours de vie. Informations complémentaires L’ERN ITHACA est financé par l’Union européenne dans le cadre de la convention de subvention n°101156387.
Anne HUGON (Paris), Tanja ZDOLŠEK DRAKSLER, Dorica DAN
00:00 - 00:00 #49923 - P300 Limites du séquençage face aux phénotypes complexes: A propos d’un cas.
Limites du séquençage face aux phénotypes complexes: A propos d’un cas.

Introduction Le gène CUBN code pour la cubiline, une glycoprotéine multifonctionnelle exprimée dans l’intestin et le tubule proximal rénal. Des mutations de ce gène sont responsables de deux phénotypes distincts : (i) le syndrome d’Imerslund-Gräsbeck, caractérisé par une anémie mégaloblastique précoce due à une malabsorption de la vitamine B12, associée à une protéinurie de faible poids moléculaire, et (ii) une protéinurie chronique bénigne isolée, sans déficit en vitamine B12 ni altération notable de la fonction rénale. Observation Nous rapportons le cas d’un adolescent de 17 ans, adressé pour déficience intellectuelle. Né de parents non apparentés, il présentait un retard du langage avec traits autistiques dès l’âge de 4 ans, ainsi qu’une épilepsie apparue à 8 ans. L’anamnèse familiale révélait une surdité parentale. À l’examen clinique, le patient avait une taille au seuil inférieur de la normale (-2,7 DS), quelques traits dysmorphiques (faciès allongé, racine nasale haute, pointe bulbeuse avec narines antéversées, oreilles décollées, lèvre inférieure épaisse et éversée) et un pli palmaire unique bilatéral. Sur le plan neurocomportemental, il présentait une hyperactivité avec déficit attentionnel. Les explorations paracliniques montraient une protéinurie modérée, tandis que le bilan métabolique, l’IRM cérébrale, l’EEG, ainsi que la NFS avec dosage de vitamine B12 étaient normaux. Le séquençage du génome entier a mis en évidence deux variants hétérozygotes du gène CUBN : un variant exonique NM_001081.4:c.9053A>C, classé comme probablement pathogène, et un variant intronique NM_001081.4:c.6125-2A>C, de signification incertaine selon les critères ACMG, déjà rapporté dans la littérature. L’étude de ségrégation familiale a montré que le frère du cas index, initialement asymptomatique, présentait une protéinurie isolée. Comme le cas index, il avait hérité du variant c.9053A>C de son père et du c.6125-2A>C de sa mère. Ces résultats suggèrent que le génotype identifié, bien que contributif, ne suffit pas à expliquer à lui seul l’ensemble du tableau clinique, évoquant une étiologie multifactorielle : génétique, épigénétique ou environnementale. Conclusion Cette observation illustre les limites de l’étude moléculaire dans l’interprétation de phénotypes complexes. Elle souligne l’intérêt d’approches complémentaires, intégrant notamment les analyses multi-omiques, afin de mieux comprendre la contribution réelle des variants identifiés et progresser vers un diagnostic de précision.
Wiem ESSALAH (Tunis, Tunisie), Imen REJEB, Yasmina ELARIBI, Houweyda JILANI, Mayssa IDOUDI, Abir JEBALI, Syrine HIZEM, Lamia BEN JEMAA
00:00 - 00:00 #49450 - P604 Tiers-veilleur dans un projet de recherche action participative sur l’expérience des parcours de santé et de vie avec une maladie génétique rare : l’exemple de Tous Chercheurs dans le projet ExPaParM-ACTION (EXpérience PAtient des PARcours Mucoviscidose).
Tiers-veilleur dans un projet de recherche action participative sur l’expérience des parcours de santé et de vie avec une maladie génétique rare : l’exemple de Tous Chercheurs dans le projet ExPaParM-ACTION (EXpérience PAtient des PARcours Mucoviscidose).

Introduction La recherche ExPaParM-ACTION développe une approche participative pour tester l’implémentation d’un outil de recueil de l’expérience patient des parcours de santé et de vie avec la mucoviscidose sur différents terrains d’étude (TE). Elle associe chercheurs, patients/parents co-chercheurs et Vaincre la mucoviscidose dans un groupe de recherche (GR) national, et professionnels de santé et patients/parents partenaires dans les différents TE. La participation des patients/parents est accompagnée par un acteur clé, le Tiers-veilleur (TV), figure requise et financée par une ANR (SAPS-RA-RP1). Méthode Le TV du projet est une association impliquée dans des actions d’éducation à la recherche et à la santé, et est co-porteur ou facilitateur de projets de recherche participative. Non impliquée dans la recherche elle-même, la posture autonome du TV a été celle d’un observateur extérieur au GR et aux TE, participant aux réunions nationales et sur invitation aux réunions des TE, et animant des ateliers lors de séminaires et une formation à la recherche participative. La perception de son rôle a été interrogée auprès des GR et TE, au début et en fin de recherche, par questionnaire et entretiens. Résultats La mission d’observation dévolue au TV a permis de documenter, tout au long du projet, la construction du collectif de recherche, les liens de travail et la place de chaque personne au sein du GR et des TE, notamment celle des patients/parents. Les entretiens et les observations réalisés par les représentantes du TV ont ainsi révélé le travail long et minutieux pour mettre en œuvre la collaboration et l’engagement nécessaire des professionnels comme des patients/parents dans un contexte de fortes contraintes organisationnelles des TE et de la recherche. Les données collectées auprès des différents acteurs ont également mis en évidence d’autres apports essentiels liés à la présence du TV. Flou au départ, son rôle s’est précisé et a été crédité d’importance à mesure que se construisait la confiance avec les différents acteurs, qui l’ont alors sollicité de façon croissante. Sa position d’interface, la posture neutre et bienveillante de ses représentantes, ont été reconnus comme fluidifiant la communication entre toutes les parties, ainsi que comme garanties éthiques et participatives du projet. Conclusion L’implication des patients/parents dans ExPaParM-ACTION a été essentielle, variée et évolutive, selon les étapes du projet et en fonction du moment de leur arrivée dans la recherche. L’approche participative a été confortée par le rôle déterminant d’observateur extérieur et de tiers de confiance du TV, veillant aux conditions d’implication des personnes concernées par la mucoviscidose à une recherche sur leurs parcours. Cette expérimentation du TV peut servir à préciser ses missions et les ressources propres nécessaires à ce rôle, en marge de la coordination du projet, pour des projets de recherche en santé, notamment sur les maladies génétiques rares.
Magali CONESA (Marseille), Maylis FERRY, Paola DE CARLI, Dominique POUGHEON BERTRAND, Marion MATHIEU
00:00 - 00:00 #49580 - P605 Le gène ALAS2 et le conseil génétique : plusieurs maladies et focus sur les formes dominantes liées à l’X.
Le gène ALAS2 et le conseil génétique : plusieurs maladies et focus sur les formes dominantes liées à l’X.

Le gène ALAS2 est impliqué dans la première étape de biosynthèse de l'hème au niveau des mitochondries. L’expression phénotypique des variants constitutionnels d’ALAS2 est extrêmement variable en fonction du type, de la localisation du variant et du sexe du patient ; ils sont responsables de maladies distinctes comme l’anémie sidéroblastique et la porphyrie liée à l’X. La majorité des variants pathogènes rapportés dans ce gène sont des variants faux-sens ; des délétions, des insertions et des variants impactant l’épissage sont également rapportés. Les variants tronquants sont très rares. Les variants responsables de porphyrie sont tous situés dans le domaine C-terminal d’ALAS2. Il s’agit de variants non-sens ou entrainant un décalage du cadre de lecture de type gain de fonction, entraînant une hyperactivité de l’enzyme. Les variants associés à l’anémie sidéroblastique sont majoritairement des variants faux sens perte de fonction localisés le long du gène. Cette forme clinique est caractérisée par une utilisation anormale du fer pendant l’érythropoïèse et une réduction de la production d’hème. Les anémies sidéroblastiques liées à l’X (XLSA) sont caractérisées par la présence de sidéroblastes en couronne à la coloration de Perls : il s’agit des dépôts de fer non héminique dans les mitochondries des précurseurs érythroïdes, qui forment un anneau distinctif autour du noyau. Dans les XLSA de transmission récessive liée à l’X, les patients sont majoritairement des hommes jeunes hémizygotes avec une anémie microcytaire et une surcharge en fer. Les femmes sont vectrices, mais peuvent être symptomatiques dans le cas d’une inactivation de l’X en trans. Dans les formes dominantes lié à l’X, les femmes avec variant hétérozygote d’ALAS2 se présentent avec une anémie macrocytaire parfois décrite avec une dysérythropoïèse ; les fœtus de sexe masculin décèdent in utero. La forme récessive liée à l’X est historiquement la première forme décrite et la mieux connue avec plus d’une centaine de variants rapportés. Nous allons faire une revue des formes dominantes liée à l’X pour laquelle très peu de cas sont décrits. La forme dominante liée à l’X est mal connue (3 cases reports d’équipes japonaises) et nous avons au laboratoire également 3 cas. Nous décrivons la complexité du conseil génétique pour les femmes atteintes d’anémie porteuses de variants d’ALAS2, en fonction des formes récessives liées à l’X où elles sont vectrices ou vectrices extrêmes ; et des formes dominantes liées à l’X où elles sont symptomatiques et peuvent vivre plusieurs fausses-couches de fœtus males. De plus, les variants génétiques sont à interpréter en fonction de la présentation clinique (symptomatique ou non, anémie ou porphyrie).
Ophélie EVRARD, Loïc GARÇON, Caroline KANNENGIESSER (PARIS)
00:00 - 00:00 #49399 - P606 L’amyotrophie spinale infantile à l’ère du dépistage néonatal : évolution des pratiques de conseil génétique.
L’amyotrophie spinale infantile à l’ère du dépistage néonatal : évolution des pratiques de conseil génétique.

L’amyotrophie spinale infantile (SMA) est une maladie neuromusculaire sévère de transmission autosomique récessive, dont l’incidence est estimée à 1/6000 naissances. Elle résulte d’une dégénérescence des motoneurones de la corne antérieure de la moelle épinière. Jusqu’à récemment, la prise en charge reposait uniquement sur le traitement symptomatique et la prévention des complications respiratoires et nutritionnelles, avec un pronostic vital et fonctionnel très sombre. L’émergence de thérapies innovantes, qu’il s’agisse de la modulation de l’épissage du gène SMN2 ou de la thérapie génique apportant le gène SMN1, a profondément transformé le paysage clinique et génétique de cette pathologie, en permettant pour la première fois de freiner, voire d’empêcher, la dégénérescence neuronale. Trente ans après l’identification du gène responsable, l’introduction du dépistage néonatal de la SMA dans plusieurs pays européens, dont la France, constitue une véritable révolution. Elle ouvre la voie à l’instauration de traitements en période présymptomatique, où le bénéfice clinique est maximal. Ces évolutions modifient en profondeur les pratiques de conseil génétique. Nous observons : (1) une réduction des demandes de diagnostic prénatal dans les couples ayant déjà un enfant atteint, la perspective thérapeutique modifiant la perception de la maladie ; (2) une diminution des demandes d’interruption médicale de grossesse (IMG) en cas de fœtus atteint chez des couples dépistés hétérozygotes dans le cadre du conseil génétique ; (3) une augmentation des sollicitations pour diagnostic présymptomatique des aînés d’enfants dépistés en période néonatale. Ces transformations imposent au laboratoire d’adapter ses pratiques et ses outils. Deux axes se dessinent : (1) le développement de méthodes robustes de quantification du nombre de copies de SMN2 in utero, paramètre essentiel à la stratification pronostique et à l’orientation thérapeutique ; (2) la mise en place de circuits de diagnostic ultra-rapides, intégrés à des parcours de soins pluridisciplinaires, afin de répondre aux impératifs d’une médecine de précision dans un contexte d’urgence théranostique. Ces avancées s’accompagnent aussi de difficultés. Les incertitudes pronostiques liées à la variabilité du nombre de copies de SMN2, ainsi que l’absence de corrélation parfaite entre génotype et phénotype, limitent la précision du conseil génétique. Certaines situations familiales, notamment lors de diagnostics présymptomatiques d’apparentés, soulèvent des dilemmes éthiques et organisationnels. Enfin, ces évolutions soulignent la nécessité d’une coordination étroite entre généticiens, neuropédiatres et structures de dépistage. Malgré les progrès thérapeutiques et l’intégration du dépistage néonatal, la prise en charge génétique de la SMA reste un domaine en construction, nécessitant une adaptation continue des pratiques.
Séverine DRUNAT, Marie Pierre REBOUL, Nadège CALMELS, Valerie BIANCALANA, Cécile ROUZIER, Bruno FRANCOU, Corinne COLLET, Brian SPERELAKIS-BEEDHAM, David CHEILLAN, Caroline ESPIL TARIS, Didier LACOMBE, Vincent LAUGEL, Pascale SAUGIER VEBER (Rouen)
00:00 - 00:00 #49387 - P607 Personnalisation du parcours oncogénétique pour les patients atteints de déficience intellectuelle.
Personnalisation du parcours oncogénétique pour les patients atteints de déficience intellectuelle.

L’accès à la consultation en oncogénétique est peu adapté aux personnes présentant une déficience intellectuelle (DI). En raison de difficultés de compréhension des enjeux et d’adaptation au contexte d’une consultation et/ou d’un acte d’imagerie, ces personnes sont souvent éloignées des démarches de conseil génétique, de dépistage et de prévention. Dans ce contexte, un projet collaboratif est en cours au Centre Oscar Lambret afin de développer un parcours spécifique. Nous proposons la création d’un carnet de liaison destiné à faciliter la communication, l’anticipation et la continuité des soins entre le patient, les aidants ainsi que les professionnels de santé. Ce carnet permettra également de documenter les adaptations nécessaires à chaque individu et d’assurer une prise en charge éthique et individualisée. Il contribuera à personnaliser les consultations d’oncogénétique et à faciliter la mise en œuvre des actes de dépistage et de prévention en cas d’identification d’un variant pathogène. Il rassemble plusieurs fiches clés, organisées selon les différentes étapes du parcours : Fiche de pré-consultation : recense les informations et coordonnées personnelles et des référents médico-sociaux, les besoins spécifiques et les moyens de communication adaptées à la DI. Fiche d’évaluation post-première consultation : documente la situation clinique et pratique du patient (cas index ou apparenté, gène(s) analysé(s)), données médicales pertinentes (suivi en cours, examens antérieurs, ressenti). Fiche de préparation à l’annonce des résultats : organise la consultation (aménagement, mode de consultation, accompagnement), maintient la continuité relationnelle, prévoit la communication adaptée (mots ou expressions à privilégier ou à éviter). Fiche de déroulement de la prise de sang : consigne les difficultés rencontrées et permet d’ajuster les méthodes et le temps nécessaires pour chaque patient. Fiche post-résultat : formalise les modalités de surveillance spécifiques adaptées aux capacités et préférences du patient en cas de variant pathogène identifié. À chaque étape, des documents Facile à Lire et à Comprendre (FALC) sont proposés pour renforcer la compréhension et l’implication active du patient. Le carnet de liaison favorise l’anticipation et la personnalisation des consultations, tout en soutenant la continuité des soins. Il facilite également la mise en œuvre d’actes de dépistage et de prévention adaptés aux besoins spécifiques des patients. L’impact du carnet sur la qualité du parcours, la satisfaction des personnes concernées et de leurs aidants et la pertinence des adaptations mises en place sont en cours d’évaluation au Centre Oscar Lambret. Ce travail souligne l’importance de l’individualisation du parcours oncogénétique pour garantir un accès concret, éthique et adapté aux personnes présentant une déficience intellectuelle, contribuant ainsi à renforcer l’équité d’accès au dépistage et à la prévention.
Mélyna MONICHON (Lille), Julie BOONE, Sophie COPPENS, Axelle HUGUES, Florence LE TINIER, Audrey MAILLIEZ
00:00 - 00:00 #49225 - P608 Impact de la mise en évidence de variations de séquence dans un gène du métabolisme médicamenteux (CYP3A4) : de l’exclusion d’une maladie de Fanconi à l’adaptation thérapeutique et au suivi pharmacologique d’un patient atteint de lymphome de Hodgkin.
Impact de la mise en évidence de variations de séquence dans un gène du métabolisme médicamenteux (CYP3A4) : de l’exclusion d’une maladie de Fanconi à l’adaptation thérapeutique et au suivi pharmacologique d’un patient atteint de lymphome de Hodgkin.

Les bénéfices de la pharmacogénétique sont actuellement reconnus pour l’adaptation posologique (prédiction de la réponse thérapeutique et/ou de la survenue d’effets indésirables). Cependant, la prise en compte de variants dans des gènes impliqués dans le métabolisme des médicaments dans l’interprétation d’un résultat de génétique peut avoir un impact sur la prise en charge clinique au sens large. Nous présentons le cas d’un patient atteint de lymphome de Hodgkin dont l’exploration moléculaire a conduit à exclure un diagnostic différentiel ce qui a eu un impact décisif sur les choix thérapeutiques. Un adolescent a présenté une aplasie sévère et précoce après la première cure de chimiothérapie d’induction (OEPA). Cette toxicité inattendue a conduit à rechercher une maladie de Fanconi qui aurait contre-indiqué la radiothérapie. L’analyse d’un panel couvrant >95 % des gènes impliqués dans ce syndrome (GeneReviews, Mehta & Ebens, 2021) n’a révélé aucun variant pathogène. Néanmoins, en dehors du panel initial, deux variations de séquence dans le gène CYP3A4 ont été identifiées à l’état hétérozygote composite : c.746T>A [p.(Leu249*)], d’origine paternelle considéré pathogène et c.167G>A [p.(Gly56Asp)], d’origine maternelle correspondant à l’allèle CYP3A4*7 considéré comme « de signification incertaine » au vu de la discordance des données de la littérature quant à son impact sur l’activité enzymatique. Compte tenu de l’implication connue de CYP3A4 dans le métabolisme de nombreuses molécules cytotoxiques (Kivistö et al., 1995 ; Ramos et al., 2021), la présence de ces deux variants a été interprétée comme responsable de la toxicité hématologique observée. Ce résultat a permis d’écarter définitivement le diagnostic de maladie de Fanconi et ainsi d’autoriser la mise en place d’une radiothérapie, nécessaire pour le contrôle du lymphome de Hodgkin. Il souligne l’importance de considérer les gènes du métabolisme médicamenteux non seulement dans la perspective d’une personnalisation des posologies, mais aussi comme des informations pertinentes dans des contextes diagnostiques complexes. L’identification des variants à l'état hétérozygote composite CYP3A4 pose par ailleurs la question de l’enquête familiale. Cette enzyme intervenant dans la biotransformation d’un large spectre de médicaments (anticancéreux, immunosuppresseurs, antiépileptiques …), la présence de variants non fonctionnels pourrait exposer les porteurs à un risque accru d’effets indésirables graves. Une vigilance particulière et une information adaptée semblent donc justifiées, tant pour le suivi du patient que pour ses collatéraux. Ce cas illustre la pertinence de l’interprétation transverse des résultats disponibles en génétique constitutionnelle prenant en compte aussi bien le contexte clinique que thérapeutique et ouvrant à une approche multidisciplinaire intégrant des notions de pharmaco-toxicologie via la pharmacogénétique.
Caroline JANEL, Damien RICHARD, Marie Gabrielle DELORME GUINAND, Sarah LANGLAIS, Zangbéwendé Guy OUEDRAOGO, Charline PEGON, Gaëlle SALAUN, Isabelle CREVEAUX (CLERMONT-FERRAND), Fanny LAFFARGUE
00:00 - 00:00 #49308 - P609 Une mallette pédagogique pour mieux comprendre les mécanismes génétiques des maladies rares : le design objet au service du parcours patient.
Une mallette pédagogique pour mieux comprendre les mécanismes génétiques des maladies rares : le design objet au service du parcours patient.

Dans le cadre de consultations ou d’ateliers d’éducation thérapeutique (ETP) autour des maladies rares du neurodéveloppement, les équipes des Centres de Référence de la Filière DéfiScience sont amenées à clarifier des notions complexes de génétique aux patients et à leurs proches. Une meilleure compréhension de la génétique peut réduire l’anxiété face à une consultation, faciliter la prise de décisions éclairées et ainsi offrir aux patients la possibilité d’être acteurs de leur parcours de santé et de soin. Suite à une collaboration menée en 2023, avec les étudiants de la section « design objet » de l’école des Arts Décoratifs de Paris et une période d’expérimentation en service de soins, deux kits pédagogiques ont été validés par les professionnels et des patients. Un outil complémentaire permettant d’expliquer les concepts clés autour de la cellule et son contenu, noyau, chromosomes et ADN, a été identifié comme nécessaire. Notre objectif est donc de proposer un ensemble d’outils permettant d’assurer, par la cohérence du design, une continuité pédagogique et ce, de la salle d’attente à la manipulation en consultation ou en ateliers d’ETP. A partir de ce constat, la réflexion s’est poursuivie en collaboration avec l’entreprise Burlat spécialisée dans l’impression 3D. Le parcours pédagogique envisagé commence par un panneau d’activités interactif « La Fabrique du Vivant » installé en salle d’attente. Il est source d’échanges entre adultes, enfants et professionnels autour de l’implication de la génétique dans le fonctionnement du corps humain. Par la suite, en consultation ou en atelier d’ETP, le professionnel dispose d’une cellule en 3D qui s’ouvre permettant d’expliquer et manipuler le noyau, un chromosome et une chaine d’ADN. Pour affiner les explications, une quinzaine de chromosomes en 3D articulés à manipuler permet d’illustrer les anomalies génétiques d’origine chromosomique ou génique. Enfin les fiches du livret « Mon parcours en génétique », transmises en fonction des besoins, soutiennent la compréhension en abordant des points clés : l’intérêt de la consultation de génétique, les différents modes de transmission, les tests et leurs résultats … Le livret sera disponible également en Facile A Lire et à Comprendre (FALC). Tous ces outils seront réunis dans une mallette pensée pour faciliter leur usage et leur rangement. Les outils seront conçus dans une approche d’accessibilité universelle, nous espérons ainsi contribuer à renforcer la communication entre professionnels de santé et patients, en rendant concrètes avec des outils innovants certaines notions abordées de façon récurrente. D’autre part, cela devrait également contribuer à soutenir les patients vivant avec une maladie rare du neurodéveloppement à la prise en considération de la dimension génétique de leur maladie dans leur choix de vie et leur suivi médical.
Caroline IMMESOETE (Lyon), Sophie GALLAS -LEMONNIER,, Henri BURLAT, Samuel MONNET
00:00 - 00:00 #49416 - P610 Livret-jeu à destination des enfants reçus en consultation de génétique.
Livret-jeu à destination des enfants reçus en consultation de génétique.

Les enfants reçus en génétique peuvent parfois trouver les consultations longues et complexes. Nous manquons souvent de support ludique pour que l’enfant puisse prendre part le mieux possible à son rendez-vous. Il existe des supports vidéo disponibles en ligne, mais pas de support papier pouvant être utilisé au cours de la consultation. L’objectif de notre travail a été de créer un livret-jeu pouvant à la fois être un support explicatif au cours de la consultation et un support ludique permettant de distraire l’enfant ou sa fratrie. Nous avons constitué une équipe pluridisciplinaire comprenant un médecin généticien, une conseillère en génétique, une psychologue et une attachée de recherche clinique. Nous avons obtenu un budget par la filière AnDDI-rares pour la conduite de ce projet et avons choisi de travailler avec la société VideoTelling pour le graphisme, l’illustration et la mise en page. Ce livret de 16 pages s’articule autour de plusieurs thèmes, avec des jeux faciles et accessibles. Les pages explicatives comprennent les thèmes suivants : la génétique, les maladies génétiques, le déroulé de la consultation de génétique et le rôle de la psychologue dans la prise en charge. Les pages ludiques comprennent un arbre généalogique à compléter, un coloriage, un message codé, un jeu des 7 différences et des mots mêlés. Nous avons imaginé que ce support papier pourrait être remis à l’enfant à la première consultation, au cours de laquelle les explications sur la génétique et les différentes étapes de la consultation pourront être illustrées par les pages explicatives correspondantes. La page concernant la maladie génétique peut être personnalisée en fonction des organes concernés et du plan de soins et servir notamment au cours des consultations de suivi. Le format papier permet à l’enfant de repartir avec son livret personnalisé afin qu’il puisse être utilisé à la maison pour reprendre les explications avec sa famille, éventuellement sa fratrie. Ce support pourra également être utilisé au cours d’ateliers d’éducation thérapeutique du patient. La diffusion du livret sera nationale via la filière Anddi-rares dès le premier trimestre 2026.
Nelly DEWULF (TOULOUSE), Coralie RUBECK, Julie LESUEUR, Clémence VANLERBERGHE
00:00 - 00:00 #49808 - P611 Dépistage néonatal des hémoglobinopathies en Tunisie : A propos de 76650 cas.
Dépistage néonatal des hémoglobinopathies en Tunisie : A propos de 76650 cas.

Le dépistage néonatal des hémoglobinopathies est un programme de santé qui vise à détecter les pathologies de l’hémoglobine. Il est réalisé sur un prélèvement au talon du bébé, permettant de recueillir quelques gouttes de sang sur un papier buvard, généralement dans les 3 jours suivant la naissance. Les objectifs de ce présent travail est la détection précoce des hémoglobinopathies qui , sans traitement, peuvent entrainer des handicaps sévères et la prise en charge médicale précoce pour limiter ou éviter les manifestations et les complications de ces pathologies. Depuis février 2005,un programme pilote de dépistage néonatal des hémoglobinopathies a été installé dans notre laboratoire en collaboration avec le centre de maternité et de néonatologie de Tunis, la maternité de l’hôpital Aziza Othmana et en Février 2008 les maternités du gouvernorat de Béja.76650 nouveau-nés ont été prélevés. Trois gouttes de sang sont prélevées au talon du nouveau-né, par une infirmière et déposés sur papier buvard ( Test de GUTHRIE) pour être analysées par iso-électrolocalisation. Sur les 74870 prélèvements nous avons identifiés 1757 cas suspects soit 2.34%.Les résultats positifs (715 cas de porteurs) ont été confirmés par chromatographie liquide à haute performance (HPLC) répartis en 0.54% de trait S,0.043 de trait O,0.08 de trait C, 0.007 de trait D et 0.0039 de trait thalassémique. L’ étude familiale de confirmation a été réalisée pour quelques cas seulement pour des raisons socio-économiques. Par ailleurs 650 prélèvements sont en cours d’étude. Le dépistage néonatal des hémoglobinopathies constitue un volet très important de la prévention de ces pathologies et l’analyse de ce test de Guthrie permet de mettre en place un traitement précoce et un accompagnement adapté, offrant aux enfants concernés l’opportunité de se développer normalement et d »éviter les complications graves
Imen BACCHOUCHE, Jalila BERGAOUI, Rym OTHMANI, Leila BEN SALEM, Faida OUALI, Mariem OTHMANI, Siwar CHELBI, Sondess HADJ FREDJ, Hédi REZUIGA, Sadok MERIAH, Slaheddine FATTOUM, Rym DABBOUBI, Taieb MESSAOUD (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49338 - P612 Évaluation de la compréhension du consentement éclairé a un examen génétique : étude pilote observationnelle.
Évaluation de la compréhension du consentement éclairé a un examen génétique : étude pilote observationnelle.

La réalisation d’un examen des caractéristiques génétique d’une personne (ECGP) n’est possible que si le patient et/ou ses représentants légaux ont signé un consentement écrit et éclairé à la réalisation de l’examen. La complexité de l'information et les émotions liées à la consultation peuvent limiter la compréhension du patient et de ses représentants légaux, posant la question du caractère réellement éclairé du consentement. Afin de mieux cerner cet enjeu, nous avons conduit une étude pilote, monocentrique, observationnelle, descriptive visant à évaluer le niveau de compréhension des patients ayant consenti à la réalisation d’un ECGP, à l’issue de leur consultation de génétique. Les données de 60 patients ayant consenti à un ECGP ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire distribué après leur consultation, au sein du service de génétique des HCL. Les variables socio-démographiques (niveau d'éducation, langue maternelle, etc.) ont été également recueillies. Les résultats montrent que 98 % des patients se déclarent satisfaits des explications fournies par le généticien et ont exprimé un fort sentiment d’autonomie pour la réalisation d’un test génétique à visée diagnostique. Les objectifs du test ont été bien compris par 95 % des participants, qui ont également déclaré être conscients du risque d’identification de données incidentes. Trente-sept pour cent des patients disent avoir reçu des supports visuels, jugés utiles par 90 % d'entre eux. Les personnes non francophones (20 %) ont montré une compréhension limitée, en particulier concernant les notions complexes comme l’épigénétique. En conclusion, les résultats soulignent que la majorité des patients disent être satisfaits de l’information délivrée au cours de la consultation de génétique et autonomes pour la prise de décision de la réalisation de l’ECGP. Toutefois, des barrières linguistiques et la complexité de certaines notions peuvent restreindre leur compréhension. L’amélioration de l’accessibilité de l’information, notamment par des supports visuels adaptés au niveau de compréhension des patients et de leur famille, et rédigés dans leur langue native est vivement recommandée. Cette étude pilote sera prolongée par une étude multicentrique sur une plus large population en tentant de limiter d’éventuels biais.
Zakia HAFDI-NEJJARI (LYON), Juliette QUIGNON, Clara PARIS, Anna NICOLAEVA, Gaetan LESCA, Pauline MONIN, Carine ABEL, Amandine GADIER, Coline POIZAT-AMAR, Jessica BENARROUS, Viviana LUPO, Sophie DUPUIS-GIROD, Massimiliano ROSSI, Audrey PUTOUX, Patrick EDERY, Damien SANLAVILLE
00:00 - 00:00 #49516 - P613 Transmission d’une information génétique à la parentèle dans le cas d’un accouchement sous le secret : à propos d’un cas clinique.
Transmission d’une information génétique à la parentèle dans le cas d’un accouchement sous le secret : à propos d’un cas clinique.

En France, depuis 2011, toute personne concernée par un test génétique est informée au préalable de l’obligation légale, en cas d’identification d’une anomalie génétique, de transmettre cette information à ses apparentés dès lors que des mesures de prévention ou de soins peuvent leur être proposés (loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011). Le décret n°2013-527 du 20 juin 2013 viendra préciser les modalités de transmission de l’information à la parentèle. Il faudra toutefois attendre le décret n°2023-1426 du 30 décembre 2023 pour avoir les modalités de transmission de cette information aux enfants nés sous le secret. Nous rapportons ici le cas d’une patiente de 57 ans, porteuse d’une mutation sur le gène BRCA2 prédisposant aux cancers du sein et des ovaires, ayant accouché sous X pour sa seconde grossesse. Cette patiente, sous curatelle, a eu un premier fils né avec un déficit intellectuel, un handicap moteur et décédé à l’âge de 28 ans d’une tumeur cérébrale. Elle a ensuite eu un second fils, né sous X, actuellement âgé de 26 ans. Cet enfant de sexe masculin présenterait donc un risque modéré de développer un cancer du sein ou de la prostate s’il était porteur de la mutation familiale. Egalement, selon la patiente, cet enfant serait porteur d’un handicap important peu compatible avec un projet parental. Nous nous sommes donc posés la question de l’intérêt de transmettre cette information à cet enfant de sexe masculin né sous le secret, afin d’éviter et prévenir toute malfaisance envers lui. Cette information pourrait être source d’inquiétude et d’incompréhension, pour une prise en charge médicale personnelle qui reste limitée. Après discussion en réunion pluridisciplinaire, il nous est apparu important de transmettre cette information parce que d’une part, il nous a été impossible de confirmer son handicap dans ce contexte d’accouchement sous X et d’autre part, nous sommes tenus de respecter les principes éthiques tels que, son droit à l’information, le respect de son autonomie plutôt que de présupposer de son incapacité à y prendre part, et de lui permettre l’accès à une éventuelle surveillance. Également, nous avons été confrontés aux modalités de transmission de cette information. Dans le cas d’un accouchement sous X, le parent porteur d’une mutation peut autoriser le prescripteur à saisir le Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) afin d’identifier cet enfant. Si la personne ainsi informée (ou le tuteur) souhaite connaître l’anomalie génétique en cause, elle transmet au CNAOP les coordonnées du médecin qualifié en génétique qu’elle a choisi. Le CNAOP transmet alors à ce médecin les coordonnées du prescripteur de l’examen, afin qu’il puisse lui communiquer ladite anomalie. Ce cas clinique a pour objectif de mettre en lumière les questions éthiques de transmission de l’information génétique aux enfants nés sous le secret et de sensibiliser le corps médical au processus de transmission.
Estelle ROUSSELET (Grenoble), Charlotte MARION, Clémentine LEGRAND
00:00 - 00:00 #49848 - P614 Etude génétique : de l’ombre à la lumière du diagnostic.
Etude génétique : de l’ombre à la lumière du diagnostic.

Depuis la découverte de l’ADN en 1953, la génétique n’a cessé de progresser. Du séquençage Sanger aux technologies à haut débit, elle a bouleversé l’exploration des maladies rares et des phénotypes complexes. L’objectif de ce travail est de mettre en lumière cet apport à travers une étude rétrospective descriptive clinique et génétique de cinq familles présentant des maladies génétiques rares confirmées par étude moléculaire. Les familles F1 et F2 étaient deux couples en détresse, adressées pour le décès de leurs enfants à un âge très précoce dans un tableau de détresse neurologique. Il s’agissait pourtant de grossesses bien suivies couronnées par une naissance sans incidents. L’étude moléculaire par Whole exome sequencing (WES), sur un prélèvement d’ADN réalisé en pré mortem chez F1, a révélé un variant homozygote pathogène au niveau du gène ASL:c.478 C>G , confirmant le diagnostic d’une acidurie arginosuccinique. Devant la présence d’une excrétion accrue d’acide 3-hydroxybutyrique chez les deux enfants de la famille F2, un séquençage Sanger du gène OTC a été proposé. La présence du variant c.674C>T à l’état hémizygote, hérité de la mère, leur a permis d’accéder au diagnostic prénatal et, même après un long parcours marqué par sept grossesses de voir naître enfin des enfants sains. La famille F3 était composée de deux enfants issus d’un couple non apparenté. Ils présentaient un tableau inflammatoire systémique compliqué d’une atteinte neurologique. Les patients ont alterné les cures de gammaglobulines et de corticothérapie sans amélioration. Le WES a identifié un variant, homozygote, au niveau du gène CECR1: c.1458_1459insTTG chez les deux frères, cadrant avec le diagnostic du déficit en ADA2. Ce diagnostic précis nous a permis d’adapter leur prise en charge thérapeutique et de contribuer à une amélioration clinique et fonctionnelle. La famille F4 était suivie depuis 30 ans pour une cardiomyopathie dilatée entraînant plusieurs morts subites. Un WES réalisé chez un cas index, a révélé un variant hétérozygote, probablement pathogène, au niveau du gène LMNA:c.1A>T. Ce résultat nous a permis de proposer un test présymptomatique aux membres consentants de la famille, offrant une prise en charge adaptée aux porteurs asymptomatiques. La famille F5 était constituée d’un couple apparenté, parents de deux enfants présentant une régression psychomotrice associée à une acidurie glutarique. Le séquençage du gène GCDH a révélé le variant:c.635+1G>A, probablement pathogène, chez les deux cas index, ouvrant la voie à une prise en charge adaptée pour ces enfants, ainsi qu’au diagnostic prénatal, offrant ainsi à la famille l’espoir de voir naître des enfants sains. En conclusion, ces cas illustrent non seulement l'importance de l’étude génétique dans le diagnostic précis et rapide des maladies génétiques rares, mais aussi son impact profond sur la psychologie des familles affectées en leur apportant des réponses, de l'espoir et un soutien crucial.
Wiem ESSALAH (Tunis, Tunisie), Ahlem ACHOUR, Malek TRIGUI, Salwa BEN YAHIA, Sana SKOURI, Mjv HOFFER, Ivan DIMOV, Neirouz GHANNOUCHI, Mouna ZRIBI, Ms ABDELMOULA, Ichraf KRAOUA, Faouzi MAAZOUL, Lilia KRAOUA, Ridha MRAD, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49543 - P615 Découverte de pathologies génétiques dans le contexte d’un don de gamètes : Quelles informations donner aux couples et aux donneurs ?
Découverte de pathologies génétiques dans le contexte d’un don de gamètes : Quelles informations donner aux couples et aux donneurs ?

Le service de génétique clinique du CHU de Nantes réalise des consultations de génétique dans le cadre des dons de gamètes (spermatozoïdes et ovocytes). Le caryotype est le seul examen génétique réalisé en systématique. Dans le cadre de la loi de bioéthique de 2021, lorsqu’une anomalie génétique est découverte chez un tiers donneur, l’information doit être transmise à l’enfant issu du don, ou à son/ses parent(s) s’il est mineur, et à l’inverse, l’information doit être transmise au tiers donneur si l’anomalie génétique est identifiée chez un enfant issu du don. Nous présentons ici trois situations suite à la découverte d’une pathologie génétique, dans un contexte de don de spermatozoïdes. La première situation est la découverte durant une grossesse avec don de spermatozoïdes, de signes échographiques pouvant être évocateurs de la Mucoviscidose. L’étude du gène CFTR suite à l’amniocentèse met en évidence la présence, à l’état hétérozygote, d’une variation chez le fœtus, non retrouvée chez la femme enceinte. Le donneur est informé, et son statut génétique confirmé. Pour les deux autres enfants issus de ce même donneur (nés en 2019 et 2020), ils ont bénéficié du dépistage néonatal ce qui est très rassurant quant à leur risque d’être atteint de la Mucoviscidose. Par contre, l’information doit leur être transmise pour un futur conseil génétique. La deuxième situation fait suite au diagnostic de l’Ataxie de Friedreich, à l’âge de 7 ans, chez un enfant issu d’un don de spermatozoïdes. Le donneur doit être recontacté pour l’informer (don réalisé en 2011). Si son statut d’hétérozygote est confirmé, il devra informer ses enfants, âgés de 18 et 25 ans, et ses apparentés. Il nous revient également d’informer les parents des trois autres enfants issus du don (nés entre 2013 et 2017) de leur risque, faible, d’être atteints de cette pathologie. Le troisième cas est le diagnostic de la maladie de Steinert, à l’âge de 14 ans, chez l’enfant d’un donneur de spermatozoïdes. Le donneur, asymptomatique, est porteur d’une expansion anormale du gène DMPK. Il convient à présent d’informer les parents des cinq enfants issus de ses dons, nés entre février 2024 et Mai 2025, du risque de 50% pour leur enfant d’être porteurs d’une expansion, éventuellement de plus grande taille. Ces trois situations illustrent la complexité de l’information aux donneurs, et aux enfants ou parents d’enfants issus du don, selon le contexte de découverte, le mode de transmission et le risque vis-à-vis de la pathologie. Ces situations pourraient se généraliser avec l’augmentation du nombre de recours au don, depuis 2021, pour les femmes seules et couples de femmes. Il ne sera jamais possible d’exclure totalement le risque de survenue d’une maladie génétique chez l’enfant issu d’un don, quelques soient les précautions ou tests en amont. Il est fondamental que les receveuses en soient informées dans le cadre de leur prise en charge.
Laura GUYON (Nantes), Bertrand ISIDOR, Alice YVARD, Sandra MERCIER, Solene CONRAD
00:00 - 00:00 #49677 - P616 Conseil génétique des hémoglobinopathies : création d’outils d’aide à la prescription et à l’interprétation.
Conseil génétique des hémoglobinopathies : création d’outils d’aide à la prescription et à l’interprétation.

Introduction : La drépanocytose est une des maladies génétiques les plus fréquentes en France et de nombreux couples sont à risque de transmettre une forme majeure d’hémoglobinopathie,le plus souvent sans que cette situation ne soit identifiée en amont ou au début de la grossesse. Le diagnostic de statut hétérozygote reste souvent tardif et établi pendant une grossesse, même en présence d’un contexte géographique/familial évocateur . Objectif : Mener une enquête auprès des conseillers en génétique (CG) sur la prescription des études de l’hémoglobine et faire un état des lieux sur le conseil génétique de la drépanocytose sur un échantillon de patientes. Méthode : Un questionnaire « google forms » a été transmis par mail à l’ensemble des CG par l’intermédiaire de l’Association Française des Conseillers en Génétique. En parallèle, une analyse monocentrique, rétrospective (10/2024 - 04/2025) de 50 patientes enceintes, reçues à l’hôpital Henri-Mondor, a été menée afin de recueillir pour chaque consultation plusieurs paramètres (terme de la grossesse, gestité, parité, présence d’antécédent personnel ou familial, demande de diagnostic prénatal …) Résultat : 41 CG ont répondu au questionnaire. 18 CG ne prescrivent pas simultanément NFS, bilan martial et étude de l’hémoglobine et 24 déclarent avoir des difficultés d’interprétation, surtout pour les thalassémies. L’étude rétrospective révèle que la moitié des patientes (25/50) sont adressées après 16SA (dont 20 après 20SA). Avant 12SA, le recours au DPN avec demande d’IMG était fréquent (9/10); après 20SA le DPN n’est pas demandé (12/12). Avant 12SA, 53% des patientes avaient déjà un enfant S/S ou A/S contre seulement 25% des patientes adressées après 20SA. Discussion : l’étude de l’hémoglobine est une analyse mettant en évidence des caractéristiques génétiques de l’individu. Cette analyse pourrait donc rentrer dans le champ de prescription d’un conseiller en génétique mais la loi sur la délégation de prescription du CG manque de précision à ce sujet. Cela pourrait freiner le dépistage des personnes à risques, 75% des couples découvrant leur statut et étant adressés après 20SA. Par ailleurs, la majorité des conseillers en génétique rapportent des difficultés d’interprétation. Nous avons développé deux outils concrets pour répondre à ces enjeux : une fiche d’aide à la prescription des examens nécessaires et une fiche d’aide à l’interprétation des profils biologiques courants. Leur finalité est double : harmoniser les pratiques professionnelles et améliorer l’orientation précoce et équitable des patients vers le conseil génétique. Ces outils ont été plébiscités par les professionnels interrogés (83 % estiment qu’ils seraient utiles en consultation) et sont destinés à être diffusés via la filière FilRougE/MCGRE et dans les formations. Ce travail s’inscrit dans une dynamique d’optimisation du parcours de soins des hémoglobinopathies.
Eloise REY, Clara NATIVELLE, Ariane LUNATI-ROZIE, Camille BERGER, Serge PISSARD, Frederic GALACTEROS, Benoît FUNALOT, Bérénice HEBRARD (CRETEIL)
00:00 - 00:00 #49284 - P617 Reclassification d’une délétion inédite du gène DMD : quand l’étude familiale éclaire le conseil génétique.
Reclassification d’une délétion inédite du gène DMD : quand l’étude familiale éclaire le conseil génétique.

Nous présentons le cas d’une patiente identifiée comme porteuse d’une délétion "in frame" dans le gène DMD : c.(7200+1_7201-1)_(8217+1_8218-1)del, p.? (NM_004006), correspondant à la délétion des exons 50 à 55, découverte dans le cadre d’un étude de dépistage préconceptionnel des porteurs réalisé avec son partenaire. Cette variante n’est pas présente dans les bases de données publiques et a été initialement classée comme probablement pathogène. Étant donné que le principal mécanisme de pathogénicité du gène DMD repose sur la délétion ou la duplication d’exons, et que cette variante a été identifiée chez une patiente féminine asymptomatique souhaitant concevoir, il était nécessaire d’évaluer sa pathogénicité potentielle. Le gène DMD, situé sur le chromosome X, est associé aux dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker, selon les manifestations cliniques observées et les variantes rencontrées. Afin d’évaluer les risques pour la descendance et de tenter une classification de la variante, une étude familiale a été menée. Celle-ci a révélé que la mère de la patiente, asymptomatique, était également porteuse. L’étude a donc été étendue à l’oncle maternel de la patiente, asymptomatique à l’âge de 63 ans, chez qui la délétion a été détectée à l’état hémizygote. Une évaluation clinique complète a été réalisée afin de rechercher des signes de la maladie : • Évaluation clinique par un spécialiste en pathologie musculaire : aucun signe clinique détecté. • Dosage de la créatine kinase (CK) : résultats normaux (124 U/L). • Biopsie musculaire : immunohistochimie et western blot avec modifications non spécifiques. • IRM musculo-squelettique corps entier : anomalies non spécifiques. L’ensemble des données cliniques, biochimiques et familiales a permis de reclasser la variante comme probablement bénigne. Ce cas illustre l’importance d’une approche multidisciplinaire et familiale dans la classification des variantes génétiques rares, en particulier dans les gènes associés à des pathologies sévères telles que les dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker, afin de permettre un conseil génétique précis. D’autre part, cela met en évidence les défis et les découvertes inattendues pouvant souvenir lors d’un test de préconception des porteurs réalisé sur un couple sain, car cela peut finalement avoir un impact sur la vie et santé des relatifs.
Ariadna BELLÉS (Barcelone, Espagne), Aurora SÁNCHEZ, Míriam POTRONY, Juan José GUILLÉN, Celia BADENAS, José César MILISENDA, Maria Isabel ÁLVAREZ, Daniel MATARÓ, Amelia RODRÍGUEZ
00:00 - 00:00 #49596 - P618 Assistance médicale à la procréation chez les femmes seules hétérozygotes pour une maladie récessive : Enjeux du dépistage génétique du donneur.
Assistance médicale à la procréation chez les femmes seules hétérozygotes pour une maladie récessive : Enjeux du dépistage génétique du donneur.

Lorsqu’une pathologie génétique est identifiée au sein d’une famille, un dépistage est proposé aux apparentés afin de déterminer leur statut génétique et d’apporter un conseil génétique adapté. Dans le cas d’une maladie à transmission autosomique récessive dont la fréquence des hétérozygotes peut être élevée dans la population générale, une analyse génétique est également recommandée chez le ou la conjointe, afin d’évaluer le risque de transmission à la descendance. Chez une femme hétérozygote pour une pathologie récessive ayant un projet parental avec don de spermatozoïdes, se pose la question d’un dépistage génétique ciblé chez le donneur. En France, le caryotype est l'examen génétique systématiquement pratiqué pour dépister les anomalies chromosomiques transmissibles à l’enfant issu d’un don. Toutefois, certains centres peuvent proposer des examens complémentaires, notamment en fonction de l’origine ethnique du donneur ou de protocoles spécifiques. Cependant, lorsqu'une patiente est identifiée comme hétérozygote pour une maladie génétique fréquente (mise en évidence par ses antécédents familiaux), il peut être pertinent de proposer un dépistage ciblé chez le donneur, afin de sélectionner un donneur n’étant pas lui-même hétérozygote, réduisant ainsi le risque de naissance d’un enfant atteint de la pathologie. Nous avons été confrontés au CHU de Dijon à deux demandes d’assistance médicale à la procréation pour des femmes seules hétérozygotes - l’une pour l’ataxie de Friedrich (tante atteinte, fréquence des hétérozygotes 1/111) et l’autre pour la leucodystrophie métachromatique (nièce atteinte, fréquence des hétérozygotes 1/350). Après information par l’institut de la fertilité, une consultation de génétique a été proposée à un donneur, qui a accepté la recherche d’hétérozygotie pour ces deux pathologies, malgré la difficulté de préserver un anonymat complet. En amont de cette consultation, plusieurs questionnements ont émergé dont l’information à la parentèle et la gestion de la confidentialité relative du donneur, avec des pratiques différentes des laboratoires concernés pour le maintien, ou non, de l’anonymat. En l’absence de procédure clairement définie pour ces situations, nous allons déployer une enquête nationale – par questionnaire adressé aux CECOS et aux services de génétique - qui permettra d’établir un état des lieux des pratiques, optimiser la prise en charge de ces cas complexes, et, à terme, proposer un protocole harmonisé.
Juliette SANTENARD (DIJON), Léa GAUDILLAT, Camille LENELLE, Léa PATAY, Amandine BAURAND, Clarisse THOMAS, Camille MONTAGNE, Elsa LIONNET, Lucie REY, Julie BARBERET, Mathilde CAVALIERI, Laurence FAIVRE, Caroline RACINE
00:00 - 00:00 #49862 - P619 L’étrange récurrence des anomalies des plis palmaires dans les œuvres picturales de l’École caravagesque d'Utrecht (1580-1630).
L’étrange récurrence des anomalies des plis palmaires dans les œuvres picturales de l’École caravagesque d'Utrecht (1580-1630).

Introduction : L’école d’Utrecht correspond à la production, dans les premières décennies du XVIIe siècle, dans le centre artistico-culturel d’Utrecht (Pays-Bas), d’œuvres picturales affiliées au mouvement caravagiste. Elle est principalement représentée par trois peintres : Hendrick ter Brugghen (1588-1629), Gerard van Honthorst (1590-1656) et Dirck van Baburen (1591-1624). Les anomalies des plis palmaires ne sont pas rares en population générale, néanmoins elles sont souvent retrouvées dans le cas d’anomalies du développement d’origine génétiques ou environnementales. Par l'étude systématique des œuvres de ces trois peintres, nous avons mis en évidence une récurrence intrigante d’anomalies des plis palmaires de leurs personnages dépeints. A notre connaissance cette observation n’a jamais été rapportée dans la littérature. Résultat : Nous avons retrouvé 15 personnages avec anomalies des plis palmaires dans les œuvres étudiées (Hendrick ter Brugghen : 2 ; Gerard van Honthorst : 6; Dirck van Baburen : 7). Les anomalies représentées sont en majorité des plis palmaire transverses uniques ou ébauches de plis palmaire transverse uniques chez des individus de sexe masculins ou féminins. Discussion : Ces observations laissent envisager une possible convention canonique esthétique dans l’art des peintres de l’école d’Utrecht concernant la représentation des plis palmaires. Nous n’avons pas encore pu faire de lien avec une symbolique particulière en rapport avec des croyances populaires du XVIe-XVIIe siècle. Certains individus dépeints, porteurs de plis palmaires anormaux, présentent également des particularités morphologiques faciales (i.e. plis épicanthiques bilatéraux, philtrum lisse, …) pouvant laisser imaginer que les modèles étaient potentiellement atteints d’une anomalie du développement d’origine génétique ou consécutive à une exposition à un agent environnemental tératogène en période anténatale. Il est également à noter qu’une paume de main présentant un plis transverse palmaire unique apparait dans l’œuvre du Caravage (Mise au tombeau, 1602-1604), laissant aussi envisager l’hypothèse d’une simple référence au maître instigateur du Caravagisme. Les anomalies des plis palmaires ne sont par ailleurs quasiment jamais représentées dans les autres écoles picturales du XVIIe siècle. Dans tous les cas, des investigations complémentaires restent à effectuer pour mieux cerner l’étonnante récurrence de ces anomalies des plis palmaires.
Alexis BILLES (AMIENS), Marie-Florence REVENEAU
00:00 - 00:00 #49319 - P620 Projet PREDISMARCA4, un appel à collaboration pour l’étude des corrélations génotypes-phénotypes et l’évaluation des risques tumoraux chez les personnes porteuses d’un variant constitutionnel du gène SMARCA4.
Projet PREDISMARCA4, un appel à collaboration pour l’étude des corrélations génotypes-phénotypes et l’évaluation des risques tumoraux chez les personnes porteuses d’un variant constitutionnel du gène SMARCA4.

Les variants pathogènes tronquants constitutionnels du gène SMARCA4 prédisposent à des pathologies tumorales : tumeurs rhabdoïdes, SCCOHT (Small Cell Carcinoma Of Hypercalcemic Type) et probablement au neuroblastome. Bien qu'un risque de cancer plus élevé soit évident chez les porteurs de variants du gène SMARCA4, aucune évaluation de ce risque n’est disponible car le nombre de familles publiées est très faible. Ce manque d'estimations du risque tumoral rend difficile le conseil génétique et l'établissement de recommandations de surveillance. Dans les familles concernées, le type de tumeur semble homogène : il est observé soit des cas de tumeurs rhabdoïdes, soit des cas de SCCOHT, soit des cas de neuroblastomes. Cette observation mérite d’être étudiée plus en détail. A l’inverse, les variants pathogènes faux-sens constitutionnels sont responsables d’un tableau syndromique avec une déficience intellectuelle (DI) variable. Cependant cette corrélation génotype-phénotype n’est pas parfaite puisque des variants tronquants sont identifiés chez des patients avec une DI et sans antécédent de pathologie tumorale, et inversement. L’objectif du projet PREDISMARCA4 est de décrire de manière plus complète les phénotypes associés aux variants pathogènes constitutionnels de ce gène, de mettre en place des outils prédictifs du phénotype et des outils permettant de prédire le risque tumoral chez les personnes porteuses d’un variant pathogène. La cohorte est en cours de constitution et concerne toute personne porteuse d’un variant constitutionnel de SMARCA4 (variant de classe 3, 4 ou 5), quel que soit le phénotype : asymptomatique, atteinte de cancer, syndromique avec ou sans DI, etc. Les données sont colligées dans l’observatoire PREDCAP (Prédisposition aux Cancers Pédiatriques) après signature d’un consentement spécifique pour les patients vivants. Les personnes décédées peuvent être incluses sur la base d’une non opposition déclarée par leur médecin. Les données recueillies, sont cliniques, familiales, moléculaires constitutionnelles et tumorales. Les données familiales serviront à estimer la pénétrance. Les échantillons collectés dans le cadre du soin seront étudiés. Au niveau constitutionnel, il est prévu de réaliser des épisignatures et de rechercher les variants susceptibles d'influencer le phénotype. Les échantillons tumoraux sont recueillis pour étudier le statut du second allèle de SMARCA4 et étudier les altérations secondaires acquises au cours du processus tumoral. Ce projet a débuté en décembre 2023 pour une durée de 3 ans minimum. Un financement dédié a été obtenu. Nous encourageons toutes les équipes de génétique à nous signaler leurs patients porteurs de variants du gène SMARCA4 pour étoffer cette cohorte. Contact : Mme Fatoumata SIMAGA – fatoumata.simaga@curie.fr
Fatoumata SIMAGA (Paris), Julien MASLIAH-PLANCHON, Mathilde FILSER, Pauline HOARAU, Léa GUERRINI-ROUSSEAU, Valerie MARECHAL, Sahra BODO, Marion GAUTHIER-VILLARS, Chrystelle COLAS, Franck BOURDEAUT
00:00 - 00:00 #49510 - P621 Difficultés du conseil génétique dans l’hyperinsulinisme : entre variant de novo et VSI populationnel.
Difficultés du conseil génétique dans l’hyperinsulinisme : entre variant de novo et VSI populationnel.

Contexte L’hyperinsulinisme congénital (CHI) est caractérisé par une sécrétion inappropriée d’insuline au niveau des cellules bêta-pancréatiques conduisant à des hypoglycémies de sévérité variable. Une prise en charge rapide et adaptée est primordiale pour éviter toute complication neurologique. Celle-ci dépend de la réponse au traitement (forme sensible/résistante) et de l’histopathologie (forme focale/diffuse), avec à la clé une grande diversité d’évolution, entre résolution spontanée et nécessité d’une pancréatectomie ciblée de la lésion. Si les étiologies moléculaires sont multiples, les formes les plus sévères sont majoritairement associées à des variants des gènes ABCC8 et KCNJ11 codant pour le canal potassique des cellules bêta-pancréatiques. L’évaluation d’un variant sur l’un de ces gènes requiert une expertise fine afin d’apprécier le caractère pathogène, si le variant cause un gain de fonction (associé à un diabète) ou une perte de fonction alors responsable d’un CHI de transmission dominante ou bien récessive. Le conseil génétique doit aussi prendre en compte que les formes focales sont causées par la présence d’un variant paternel du canal et la perte somatique de l’allèle maternel. Etude de cas Une nouveau-née d’origine turque issue de parents non consanguins présentait un CHI sévère, résistant aux traitements et nécessitant d’importants apports glucidiques. L’analyse du panel des gènes du CHI mit en évidence un VSI du gène KCNJ11, c.136C>G p.(His46Asp), et un variant pathogène du gène HNF1A, c.526+1G>A. Ce gène est responsable de diabète monogénique mais quelques rares cas de CHI ont été rapportés, sensibles au traitement et évoluant secondairement vers un diabète. L’exploration en TEP scan concluant à une possible forme focale, le variant du canal était à ce stade l’hypothèse favorisée. L’analyse familiale révéla que le variant KCNJ11 était transmis par la mère cliniquement asymptomatique (éliminant le diagnostic de forme focale) et que le variant HNF1A était survenu de novo. La naissance d’un cousin paternel du cas index présentant un CHI modéré nécessita un nouvel examen du dossier. Ce cousin présentait lui aussi le VSI de KCNJ11, également transmis par sa mère asymptomatique. L’analyse du panel complet ne put mettre en évidence aucun autre variant d’intérêt. Aucun lien de parenté ne put être établi entre les deux mères mais elles partageaient le même haplotype qui s’avéra être également commun à celui d’autres patients CHI d’origine turque également porteurs du variant KCNJ11. Conclusion A ce jour le variant de KCNJ11 est toujours considéré de signification incertaine. S’il est associé à l’hyperinsulinisme ce serait sur un mode dominant avec une pénétrance très incomplète. Le seul diagnostic certain ici est celui selon lequel le cas index développera un diabète monogénique de type HNF1A. Cette famille illustre la difficulté du diagnostic et du conseil génétique dans le cadre des CHI.
Cécile SAINT-MARTIN (Paris), Séverine CLAUIN, Eléonore VIORA-DUPONT, Delphine BOUVET, Candace BENSIGNOR, Benoît MAZEL, Bertrand SOTO, Jean-Baptiste ARNOUX, Christine BELLANNÉ-CHANTELOT
00:00 - 00:00 #49506 - P622 Diagnostic étiologique d’une déficience intellectuelle à l’âge adulte : quels enjeux, quel accompagnement ?
Diagnostic étiologique d’une déficience intellectuelle à l’âge adulte : quels enjeux, quel accompagnement ?

Introduction : Les avancées technologiques en génétique médicale, notamment le séquençage haut débit d’exome ou de génome, ont profondément modifié l’approche du diagnostic étiologique des troubles du neurodéveloppement, permettant d’identifier des causes rares longtemps méconnues. Lorsque les diagnostics sont posés à l’âge adulte, ils peuvent remettre en cause des représentations du handicap, voire des diagnostics posés dans l’enfance. Les enjeux familiaux de ces diagnostics tardifs ne doivent pas être négligés, et nécessitent un accompagnement adapté. Objectifs : Analyser comment les diagnostics tardifs, ou les changements de diagnostic d’une déficience intellectuelle, influencent le vécu, les représentations et les dynamiques familiales. Méthodes : Une réflexion menée à partir d’un cas clinique et mise en perspective par une revue de la littérature, intégrant les aspects cliniques, génétiques et psychosociaux. Résultats : Monsieur X a bénéficié, sur près de quarante ans, de l’ensemble des techniques disponibles (du caryotype au séquençage du génome), pour le diagnostic étiologique d’une déficience intellectuelle. Le diagnostic posé dans la toute petite enfance de syndrome de Prader-Willi a longtemps structuré la compréhension familiale et guidé l’engagement associatif. Le passage tardif à un diagnostic lié à un variant pathogène du gène FOXP1, a apporté une explication génétique, mais aussi un bouleversement pour la famille en l’absence de repères cliniques ou sociaux clairement établis. Discussion/conclusion : Le diagnostic génétique, au-delà de sa valeur médicale, constitue un point d’ancrage symbolique, tant identitaire que social. Lorsqu’il évolue, il peut générer une perte de repères mais aussi ouvrir de nouvelles perspectives pour la prise en charge et le conseil génétique. Le cas clinique présenté souligne un enjeu éthique de taille. Une réflexion sur l’accompagnement des familles face à ces évolutions est donc essentielle, afin de soutenir leur cheminement au gré des évolutions techniques. De même, l’évolution du diagnostic génétique suscite des bouleversements au sein de la communauté médicale qui doit retravailler l’annonce initiale, prise dans sa temporalité, ainsi que les nouvelles annonces permises par ces évolutions techniques majeures.
Capucine ROSSI (Paris), Mélanie HEBERT, Boris KEREN, Caroline NAVA, Boris CHAUMETTE, Perrine CHARLES, Delphine HERON
00:00 - 00:00 #49337 - P623 Parcours et lien ville–hôpital des maladies rares en Occitanie : détails des parcours et demandes en fonction des acteurs.
Parcours et lien ville–hôpital des maladies rares en Occitanie : détails des parcours et demandes en fonction des acteurs.

Introduction Maladies Rares Occitanie (MRO) est le dispositif régional de ressources et d’appui aux professionnels en Occitanie concernant les maladies rares. Les actions de MRO vise à réduire l’errance diagnostique; informer et orienter les professionnels ; former les professionnels de santé, médico-sociaux et sociaux à mieux identifier et prendre en charge les personnes atteintes de maladies rares (MRAR). Contexte & objectif. Étude rétrospective interne, à partir de données nominatives anonymisées, visant à décrire les besoins exprimés à MRO selon le profil du demandeur et à en déduire des priorités d’action (formation, orientation). Methode Analyse des demandes d’appui du dispositif MRO (n=449) de janvier 2022 à juin 2024. L’objectif principal est d’évaluer quelles sont les demandes spécifiques des différentes catégories de professionnels qui accompagnent les personnes avec maladies rares par rapport à la question du parcours de soin et de vie, et ainsi identifier des profils de demandes par métier. Résultats Les demandeurs sont issus de différentes catégories (libéraux 26,2 %), Centre experts maladies rares CRMR/CCMR et services hospitaliers 195 (24,1 %), établissements sociaux et services médicaux sociaux (ESSMS 23,5 %), dispositifs d’appui (DAC) (15,0 %), personnes/proches (11,2 %). Les motifs les plus fréquents sont l’appui au parcours de soins (25,7 %), l’accès aux droits (17,7 %), la recherche de diagnostic (10,6 %), puis la recherche d’un service/centre expert (9,5 %). La recherche de diagnostic est demandée en priorité par les médecins libéraux. Les CRMR/CCMR recherchent le plus des places dans les ESSMS et un appui à la scolarité, la formation et l’emploi. Enfin, les ESSMS ont une demande accrue d’information sur les MRAR par rapport aux autres demandeurs. Interprétation & implications. 1) Former en priorité sur le parcours de soins (coordination, repérage des centres) et les droits (MDPH, AESH, compensation) ; 2) Outiller les libéraux pour raccourcir l’errance diagnostique (critères pour identifier et adresser vers les CRMR/CCMR par téléexpertise par ex) ; 3) Renforcer les liens CRMR/CCMR–ESSMS sur l’inclusion scolaire/emploi et les places en médico-social ; 4) Proposer des contenus “prêts-à-l’emploi” pour ESSMS (référentiels maladies rares, accès à l’expertise, annuaires). Conclusion L’analyse du profil demandeur–motif met en évidence des besoins différenciés et actionnables ; MRO se positionne comme hub d’orientation entre premiers recours, centres experts, ESMS et dispositifs d’appui — avec des leviers immédiats sur la formation ciblée, la standardisation des réponses et la fluidification des parcours.
Julie VERNET (Montpellier), Kevin YAUY, Hélène DE CHATEAU-THIERRY, David GENEVIÈVE
00:00 - 00:00 #49661 - P624 Efficience du conseil génétique pour une maladie héréditaire avec mesures de surveillances et de soins : l’ amylose cardiaque ATTR.
Efficience du conseil génétique pour une maladie héréditaire avec mesures de surveillances et de soins : l’ amylose cardiaque ATTR.

L’amylose cardiaque ATTR héréditaire est une maladie rare caractérisée par une cardiomyopathie infiltrante de l’adulte, pouvant évoluer vers l’insuffisance cardiaque, parfois associée à une neuropathie. La pénétrance est variable selon la mutation. Le dépistage précoce des apparentés permet une surveillance adaptée et l’initiation rapide de traitements ralentissant la progression. Cependant, la majorité des apparentés à risque ne demande pas de diagnostic présymptomatique (DPS). OBJECTIF : Déterminer la proportion d’apparentés du 1er degré ayant initié un DPS parmi l’ensemble des apparentés du 1er degré du cas index (CI). MÉTHODES : Étude rétrospective monocentrique (01/2018-12/2022) au GH H. Mondor (Créteil). Les apparentés vus en conseil génétique ont été identifiés via le croisement des données de consultations et du laboratoire de référence. Le CI et ses apparentés ont été dénombré selon l’arbre généalogique. Un conseil génétique était considéré réalisé s’il était mentionné dans le dossier, l’arbre généalogique ou les bases de données. Les apparentés du 1er degré incluent parents, fratrie, demi-frères/sœurs et enfants. Le taux de recours au conseil génétique correspond au rapport entre le nombre d’apparentés ayant consulté et le nombre théorique d’apparentés. RÉSULTATS : Sur les arbres généalogiques, 87 CI et 505 apparentés du 1er degré ont été identifiés ; 190 apparentés ont bénéficié d’un conseil génétique (152 au GH Mondor, 38 en dehors). Parmi les 87 CI (âge moyen 73 ans, 61% hommes, 70% d’origine afro-antillaise), le variant p.Val142Ile du gène TTR était majoritaire (N=65). Le nombre moyen d’apparentés par CI ayant consulté était de 2,2 pour un théorique de 5,8, générant un rendement global de 38%. DISCUSSION : Cette étude originale met en évidence un rendement du conseil génétique dans l’ATTR héréditaire supérieur à celui observé pour la maladie de Huntington (une des 1ère maladie à possibilité de DPS). Cette différence peut s’expliquer par les mesures de surveillance et de soins existantes. Cependant, le chiffre reste bas, pouvant être lié à la pénétrance incomplète et l’âge de début de la maladie ; l’appréhension du diagnostic, un défaut de communication intra-familiale et l’éloignement géographique, notamment pour les patients afro-antillais. Ces résultats incitent à renforcer le suivi et l’information à la parentèle, via le réseau de génétique hors métropole et à l’étranger, et à accompagner le cas index dans l'information à la parentèle. Il serait pertinent de réévaluer l’indice dans quelques années, après mise en place de mesures d’accompagnement et selon le type de mutation.
Bérénice HEBRARD (CRETEIL), Ariane LUNATI-ROZIE, Marina KONYUKH, François SAUER, Sophie MALLET, Thibaud DAMY, Benoît FUNALOT
00:00 - 00:00 #49466 - P625 L'optimisation et l'évolution de la prescription de génome-MR à Nice.
L'optimisation et l'évolution de la prescription de génome-MR à Nice.

Le Plan France Médecine Génomique (PFMG) a été mis en place en 2020 dans le but de rendre la médecine génomique plus accessible sur le territoire français, et pour permettre l’intégration de l’analyse de génome dans le parcours de soin des patients. Ayant pris le rôle de Chargée de parcours génomique (CPG) en début de l’année 2023 -en plus d’être Conseillère en génétique (CG)- dans le service de génétique médicale du Pr Véronique PAQUIS, deux problématiques se sont distinguées concernant la prise en charge des demandes de génome pour les maladies rares (MR) sur le territoire niçois : le nombre faible de prescripteurs en dehors du service de génétique ; les délais d’attente de traitement des demandes prescrites par les généticiens. Plusieurs méthodes ont donc été mises en place afin d’optimiser la prescription des génomes et d’apporter une flexibilité d’intervention dans le parcours des patients : la création de plusieurs supports informatiques à destination des spécialistes, résumant le parcours, le rôle de chaque intervenant, et l’organisation mise en place au CHU de Nice, pour la prescription de génome ; des diffusions et rappels électroniques aux représentants de toutes les filières au CHU de Nice / à l’Hôpital de Lenval (hôpital pédiatrique), ainsi qu’à leurs collègues intéressés, proposant des rencontres afin d’apporter des explications sur la prescription du génome et de mettre en place une organisation optimale pour chacun selon leurs besoins ; des déplacements vers les spécialistes ; la création d’un flyer « physique » donné en main propre aux spécialistes ; un accompagnement des spécialistes par appel téléphonique ou en présentiel lors des premières prescriptions ; la réalisation de consultations déplacées dans les services spécialisés, si besoin en binôme avec certains spécialistes ; une délégation par les généticiens pour la saisi des prescriptions informatiques des génomes dans le cadre du rôle de CPG, de même pour les consultations qui sont réalisables grâce au rôle de CG. Avant l’année 2023, depuis 2019, le nombre total était de 60 prescriptions. En 2023, 56 dossiers ont été soumis, et 109 en 2024, soit 195% du nombre annuel réalisé en 2024 par rapport à l’année 2023. Un grand engagement des spécialistes, autres que généticiens, a également été observé : ils soumettaient 13% des prescriptions entre 2019 et 2023, 21% en 2023, 32% en 2024 avec l’implication de plus d’une douzaine de spécialités. Nous allons présenter l’évolution de la prescription de génome pour les maladies rares sur le territoire niçois, ainsi que son optimisation avec l’engagement direct auprès des prescripteurs spécialisés, et grâce à la fluidité du parcours facilité par le double rôle de CG et de CPG chez un même intervenant.
Sara HALAWI (Nice), Annabelle CHAUSSENOT, Khaoula ZAAFRANE KHACHNAOUI, Cécile ROUZIER
00:00 - 00:00 #49934 - P626 Nouveau variant du gène SLC16A2 associé au syndrome d’Allan-Herndon-Dudley : apport du séquençage de l’exome dans deux cas familiaux.
Nouveau variant du gène SLC16A2 associé au syndrome d’Allan-Herndon-Dudley : apport du séquençage de l’exome dans deux cas familiaux.

Introduction Le syndrome d’Allan-Herndon-Dudley (AHDS) est une encéphalopathie développementale rare, liée à l’X, due à des mutations du gène SLC16A2, codant un transporteur essentiel des hormones thyroïdiennes. Il se caractérise par un retard psychomoteur sévère, une hypotonie, et une grande hétérogénéité phénotypique. Observation Nous rapportons deux cas familiaux, issus d’un mariage non consanguin. Le premier enfant, de sexe masculin, présentait une hypotonie néonatale, un retard psychomoteur, associés à une cardiopathie congénitale complexe (CIA, double CIV) et à une anomalie digitale (pouces triphalangés). Il est décédé à l’âge de 9 mois sans diagnostic génétique. Son frère cadet, âgé de 7 mois, avait un retard psychomoteur, une hypotonie axiale, une dysmorphie faciale mineure (strabisme, pointe nasale bulbeuse) et un angiome cervical. L’IRM cérébrale était normale L’analyse par séquençage de l’exome (WES) a révélé une nouvelle variation frameshift du gène SLC16A2 (NM_006517.5:c.764del, p.(Asp255ValfsTer12)) classée probablement pathogène selon les critères de l'ACMG. Ce variant n’est répertorié ni dans les bases de données gnomAD, ni dans ClinVar. Il confirme le diagnostic de syndrome d’Allan-Herndon-Dudley, mais n'explique pas la cardiopathie ni l’anomalie du pouce observées chez le frère du propositus. Conclusion Ces observations illustrent l’intéret d’un diagnostic moléculaire précoce devant tout retard psychomoteur inexpliqué chez le garçon, surtout en présence d’antécédents familiaux. L’identification de ce nouveau variant du gène SLC16A2 contribue à enrichir le spectre mutationnel du gène SLC16A2 et souligne son impact direct sur le conseil génétique et la prise en charge.
Nouha BEN CHEIKH AMOR, Yasmina ELARIBI, Houweyda JILANI, Syrine HIZEM, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie), Imen REJEB, Maysa MERIDA, Manel LAJIMI
00:00 - 00:00 #49298 - P627 Être conseillère en génétique à l’ère du séquençage d’exome : réflexions autour de la restitution des données incidentes en néphrogénomique Adulte.
Être conseillère en génétique à l’ère du séquençage d’exome : réflexions autour de la restitution des données incidentes en néphrogénomique Adulte.

Introduction : Le séquençage de l’exome s’est imposé ces dernières années comme un outil diagnostique important en génétique médicale, notamment dans le cadre des maladies rares. Cependant, cette technologie, en analysant l’ensemble des régions codantes du génome, permet également la mise en évidence de données incidentes : des variations génétiques découvertes fortuitement, sans lien avec le motif initial de la prescription, mais présentant une utilité clinique potentielle pour le patient ou ses apparentés. L’apparition de ces résultats non sollicités soulève des questions éthiques, légales et scientifiques complexes. Matériel et méthodes : Au sein de la consultation de néphrogénomique de Sorbonne Université (Hôpital Tenon et Hôpital de la Pitié Salpêtrière) à Paris, l’analyse d’exome est la meilleure option diagnostique. En effet, étant donné qu’il existe plus de 800 gènes associés aux pathologies rénales, le séquençage d’exome s’est avéré comme la technique la plus cohérente et efficace en médecine d’Adulte. Dans ce contexte, dans 3% des cas des données incidentes sont identifiées (122 sur 4000 exomes). Résultats : En revenant sur les 49 données incidentes pour des gènes à transmission autosomique dominante retrouvées entre 2019 et 2025, nous analysons la restitution de ces résultats incidents et le suivi qui en a découlé pour les patients concernés. Nous retrouvons 22 données incidentes concernant des prédispositions aux cancers (BRCA, ATM, syndromes de Lynch…), 14 données incidentes se rapportant à des gènes associés à des pathologies cardiaques (DSP, MYBPC3, SCN5A…), et 11 autres données incidentes à transmission autosomique dominante, concernant diverses pathologies. Parmi tous ces résultats, 29 données incidentales ont été restituées aux patients. Les résultats non rendus avaient pour la plupart été identifiés avant 2021 ou bien avant l’arrivée de conseillères en génétique dans le service. Conclusion : Le rendu des données incidentales a permis aux patients concernés de pouvoir bénéficier de consultations spécialisées adaptées, dans la mesure où ils avaient donné leur accord pour en être informés avant l’analyse génétique. Le rôle des conseillers en génétique dans le parcours patient est primordial en permettant des rendus de résultats organisés plus efficacement, en adressant les patients de manière adaptée, et en ayant une perception plus poussée des enjeux éthiques et psychologiques. En guise de perspectives, il serait intéressant d’inclure au moment du rendu ou a posteriori une consultation de psychologie. Il parait aussi nécessaire d’harmoniser les pratiques de rendu au niveau national afin de garantir une égalité d’accès à une information pertinente et aux soins préventifs pour les patients concernés. Ainsi, la restitution des données incidentes est un acte médical qui relie le soin, la prévention et l’éthique, et le rôle du conseiller en génétique y est essentiel.
Estelle ROMERO, Nadia OULD OUALI, Melanie EYRIES, Marine SERVEAUX DANCER, Enzo VEDRINE, Cyril MOUSSEAUX, Laurent MESNARD (Paris)
00:00 - 00:00 #49379 - P628 Création d’une vidéo innovante d’information sur les données incidentes afin de soutenir le consentement éclairé en consultation.
Création d’une vidéo innovante d’information sur les données incidentes afin de soutenir le consentement éclairé en consultation.

L’essor du séquençage pangénomique transforme profondément le diagnostic des maladies génétiques, ouvrant de nouvelles perspectives médicales tout en soulevant des enjeux éthiques inédits. Parmi ceux-ci, la question des données incidentes (DI), découvertes fortuites sans lien direct avec la pathologie initiale mais révélant un risque accru d’une autre affection génétique, constitue un défi majeur. L’information sur les DI est complexe. En particulier, les implications médicales et familiales de ces DI sont particulièrement difficiles à appréhender par les patients. Ce déficit de compréhension fragilise leur capacité à exprimer un consentement véritablement éclairé avant la prescription de l’analyse pangénomique et ainsi à se prononcer sur leur souhait d’accéder ou non à ces DI, d’autant plus que la consultation génétique se déroule dans un temps limité et dans un contexte émotionnellement chargé. Afin d'améliorer la littératie en génétique et de favoriser l’autonomie décisionnelle des patients, le groupe éthique de la Fédération Française de Génétique Humaine (FFGH) a élaboré un projet de deux courtes vidéos éducatives (5 et 20 mn), sous la forme d’une pièce théâtrale filmée, spécifiquement consacrée aux DI. Ce format narratif et incarné vise à rendre l’information plus accessible et engageante, en proposant au patient une identification à des situations concrètes plutôt qu’en adoptant un registre purement didactique. Le scénario mettra en scène diverses situations emblématiques rencontrées lors de la découverte et de l’annonce de DI : signature d’un consentement sans compréhension de l’enjeu, confusion entre données incidentes et données primaires, manque de temps pour la réflexion, appréhension de l’impact familial ou au contraire, absence d’anticipation de l’impact familial, droit de revenir sur sa décision, difficultés d’appréhension du risque et de la pénétrance, divergences dans la définition de l’actionnabilité entre médecins et patients, ou encore annonce de DI chez un mineur. Le projet bénéficie de l’expertise pluridisciplinaire du groupe éthique de la FFGH (généticiens, conseillers en génétique, biologistes, psychologue, juriste, philosophes, association de patients), en partenariat avec des professionnels du théâtre et de l’audiovisuel. La vidéo courte sera diffusée en consultation, en amont de la prescription d’analyses pangénomiques, tandis que la version longue est destinée aux formations. Ce support innovant vise à promouvoir une pratique de la génomique centrée sur le patient, en renforçant leur autonomie lors de la prise de décision. Elle sera complémentaire du nouveau modèle de consentement en cours d’élaboration par l’Agence de la biomédecine.
Françoise ROBERT, Eleonore VIORA-DUPONT, Nicolas CHASSAING, Myrtille SPENTCHIAN, Sarah CARVALLO, Morgane PLUTINO, Xavier BROUTIN, Laurence PERRIN, Elodie SCHAERER, Emmanuelle RIAL-SEBBAG, Céline BORDET, Christine BELLANNÉ-CHANTELOT, Paul-Loup WEIL-DUBUC, Marie-Bérengère TROADEC, Eric BIETH, Damien SANLAVILLE, Pascale SAUGIER-VEBER (Rouen)
00:00 - 00:00 #49890 - P629 Impact du séquençage du génome complet sur la satisfaction parentale dans le parcours de soins en génétique pédiatrique : retour d’expérience de la RCP de Jean Verdier.
Impact du séquençage du génome complet sur la satisfaction parentale dans le parcours de soins en génétique pédiatrique : retour d’expérience de la RCP de Jean Verdier.

Cette étude évalue l’impact du séquençage du génome complet (WGS) sur la satisfaction parentale dans le cadre du parcours de soins d’enfants atteints de maladies rares, vus en RCP à l’hôpital Jean Verdier. Un questionnaire a été envoyé à l’ensemble des familles vues en RCP et dont les résultats ont été rendus depuis le premier dossier traité en mars 2020 jusqu'au 31 mai 2025 compris, avec un taux de réponse de 38,2% (N = 73). Des indices quantitatifs de satisfaction et de compréhension ont été construits à partir des réponses, puis analysés statistiquement en les croisant avec les données cliniques. Les analyses ne montrent aucune corrélation significative entre le type de résultat du WGS (positif/négatif/incertain) et le niveau de satisfaction global (p = 0.55). En revanche, des effets significatifs sont observés pour la langue maternelle et le délai d’obtention des résultats. Les parents non-francophones présentent un indice de satisfaction moyen inférieur de 2 points sur une échelle de 24 points (p = 0.013). Le délai d’attente des résultats bien qu’identifié comme axe prioritaire d’amélioration, est paradoxalement associé à une satisfaction moyenne plus élevée (p = 0.031). Les demandes les plus fréquentes chez les répondants insatisfaits concernent la mise en place d’un accompagnement psychologique pendant le parcours (24.7 % des répondants), et un suivi renforcé après le rendu des résultats (31.5 %). L’indice de compréhension des parents est fortement influencé par la langue. Les non-francophones présentent un niveau de compréhension significativement plus bas (p = 0.041), mettant en lumière l’importance des services d’interprétariat. De plus, les parents d’enfants vus pour déficience intellectuelle (DI) ont un niveau de compréhension significativement inférieur aux autres (p = 0.003). Une analyse par clustering suggère un enrichissement en diagnostics concluants dans le groupe à compréhension élevée chez ces patients, sans atteindre la significativité (p = 0.28). Ces résultats soulignent le rôle central de l’accompagnement humain dans le vécu du parcours génétique. L’instauration d’un suivi psychologique des aidants, d’une prise en charge post-résultats structurée et l’amélioration de l’accessibilité linguistique via des interprètes apparaissent comme les axes majeurs d’amélioration. Une composante polygénique ou environnementale est par ailleurs suggérée dans les cas de DI, nécessitant des études complémentaires sur une cohorte plus large.
Tanguy MAREAU, Anitha SATKUNAVEL, Mathilde HEULIN, Marine HOULIER, Neli LEMORVAN, Claire ROUMEGOUX, Eva PIPIRAS, Loic DE PONTUAL, Andrée DELAHAYE-DURIEZ (Paris)
00:00 - 00:00 #49929 - P630 Déficit immunitaire combiné sévère lié à une mutation du gène CD3E.
Déficit immunitaire combiné sévère lié à une mutation du gène CD3E.

Introduction Les déficits immunitaires combinés sévères (DICS) sont des maladies monogéniques rares, d’apparition précoce et rapidement létales en l’absence de diagnostic et de prise en charge. Le gène CD3E, codant une sous-unité essentielle du complexe CD3 impliqué dans le développement et la signalisation des lymphocytes T, est rarement en cause. Nous rapportons un cas familial illustrant l’intérêt du séquençage de l’exome dans l’identification des formes génétiques de DICS. Observation Nous rapportons le cas d’un nouveau-né de 5 mois issu d’un mariage consanguin décédé suite à une pneumocystose révélant un DICS sévère. Les antécédents familiaux rapportaient également le décès d’une sœur à 4 mois suite à une bronchite post-vaccinale, ainsi qu’une mort in utero au 9ᵉ mois. Le séquençage de l’exome réalisé chez le cas index a identifié un variant non-sens homozygote dans l’exon 6 du gène CD3E : c.269T>A (p.Leu90Ter), classé comme probablement pathogène. L’analyse par Sanger a confirmé le statut hétérozygote des deux parents. Conclusion Ce cas met en évidence l’importance du diagnostic moléculaire précoce dans les DICS, en particulier devant des antécédents familiaux évocateurs. L’identification de ce variant CD3E a permis d’affiner le conseil génétique et ouvre la voie à un diagnostic prénatal lors de futures grossesses.
Nouha BEN CHEIKH AMOR, Imen REJEB, Houweyda JILANI, Syrine HIZEM, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie), Yasmina ELARIBI
00:00 - 00:00 #49513 - P631 Mosaïcisme de TNFRSF1A : élargissement du spectre moléculaire et clinique du TRAPS.
Mosaïcisme de TNFRSF1A : élargissement du spectre moléculaire et clinique du TRAPS.

Introduction Le syndrome périodique associé au récepteur du facteur de nécrose tumorale (TRAPS) est une maladie autoinflammatoire rare, autosomique dominante, liée à des variations hétérozygotes du gène TNFRSF1A (Tumor Necrosis Factor Receptor Super Family Member 1A). La plupart de ces variations sont germinales, faux-sens et concernent les résidus cystéine des domaines riches en cystéines (CRD), ce qui altère la structure protéique. Objectifs • Déterminer l’origine moléculaire d’un phénotype évocateur de TRAPS chez deux patients non apparentés • Évaluer la contribution du mosaïcisme somatique de TNFRSF1A à la maladie Méthodes L’ADN génomique a été analysé par séquençage Sanger des exons 2 à 4 de TNFRSF1A ainsi que par séquençage d’un panel NGS (600X) de maladies autoinflammatoires. Résultats Le premier patient, un homme de 89 ans présentait des épisodes fébriles récurrents (38–40°C) d’une durée de 2 à 3 semaines, des arthralgies, des polyarthrites, des myalgies et un érythème maculaire. Il était symptomatique depuis l’âge de 60 ans. La seconde patiente, une fille de 13 ans symptomatique depuis l’âge de 4 ans, présentait des crises fébriles similaires, associées à un purpura cutané, à des douleurs abdominales, à des diarrhées et à des vomissements. Pour les deux patients la CRP était très élevée (200 mg/l) lors des crises. Aucune variation de TNFRSF1A n’a été détectée par séquençage Sanger. Le NGS a révélé chez les deux patients la même délétion en mosaïque située dans l’exon 3 de TNFRSF1A : c.291_302del, p.(Arg97_Leu100del). La fréquence allélique de la délétion (VAF) était très faible (~3 %) chez les deux patients. Cette délétion en phase n’a jamais été rapportée, ni à l’état hétérozygote, ni en mosaïque, chez des patients atteints de TRAPS. Elle est absente de la base de données gnomAD. Elle emporte quatre acides aminés du domaine CRD2, dont la cystéine 99, impliquée dans un pont disulfure et déjà observée dans les variations faux-sens des formes germinales de TRAPS. À ce jour, seules cinq variations en mosaïque de TNFRSF1A ont été rapportées, dont la délétion c.291_302del, p.(Arg97_Leu100del), identifiée chez deux patients. Les autres ont été identifiées chacune chez un seul patient. Le taux de mosaïcisme, qui varie d’un patient à l’autre (entre 1,3 et 30 % dans le sang), n’est pas corrélé à l’âge de début des symptômes, qui varie de l’enfance à 60 ans. Conclusion Les maladies autoinflammatoires monogéniques peuvent se manifester à tout âge et être dues à des variations germinales ou somatiques. La détection de faibles niveaux de mosaïcisme requiert un séquençage NGS à forte profondeur. La plupart des variations mosaïques de TNFRSF1A sont localisées dans le domaine CRD2, soulignant son rôle clé dans la pathogenèse du TRAPS. Enfin, les délétions en phase, comme celle décrite ici, semblent spécifiques de l’état mosaïque, contrairement aux variations faux-sens qui ont été observées à la fois à l’état germinal et somatique.
Aphrodite DASKALOPOULOU, Eman ASSRAWI, Farah DIAB, Alexis MATHIAN, Anne-Cécile RAMEAU, William PITERBOTH, Sonia-Athina KARABINA, Serge AMSELEM, Irina GIURGEA (PARIS)
00:00 - 00:00 #49105 - P632 Démarrage de l’essai clinique ESALIT (Efficacy-Safety-Lithium-TBR1) : évaluation du 1er traitement médicamenteux des troubles neurocognitifs liés à TBR1.
Démarrage de l’essai clinique ESALIT (Efficacy-Safety-Lithium-TBR1) : évaluation du 1er traitement médicamenteux des troubles neurocognitifs liés à TBR1.

L’essai ESALIT débutera officiellement le 12 septembre 2025, marquant une étape décisive dans l’évaluation du carbonate de lithium pour une indication ultra-rare, les troubles neurocognitifs liés à TBR1. Cinq années de préparation jalonnées de défis chronophages, ont été nécessaires après l’obtention du financement par le PHRC-N 2021. Défi scientifique, avec de multiples consultations d’experts nationaux et internationaux pour déterminer la dose cible de lithémie (0,8–1,2 mEq/L) en l’absence de données publiées robustes et avec la contrainte d’un index thérapeutique étroit du lithium. Défi logistique et règlementaire, avec l’absence de formulation commerciale existante (gélules de 62,5mg) pour les patients pédiatriques de faible poids, ce qui a nécessité d’une part l’établissement d’une convention et d’un circuit de production avec la pharmacie de l’hôpital Robert-Debré, déjà impliquée dans l’essai Lisphem (Effet du Lithium chez les patients porteur d’un variant SHANK3 - NCT04623398), et d’autre part de multiples dossiers successifs pour les autorités, tant sur le protocole que sur le dossier pharmaceutique de cette formulation de lithium. Ce parcours a toutefois permis l’obtention de la désignation de médicament orphelin (EU/3/22/2632) pour le carbonate de lithium à 62.5mg dans cette indication, auprès de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), ce qui facilitera son accès en cas de résultat positif. Les autorisations du CPP (18/11/2024) et de l’ANSM (11/12/2024) ont validé ce processus. Quatre patients de 12 ans ou plus seront d’abord inclus avant une analyse de sécurité qui permettra ensuite l’inclusion des patients de moins de 12 ans. Le préscreening des patients, initié via un appel à collaboration national et une réunion Familles-Cliniciens-Chercheurs de la filière AnDDI-Rares, a permis d’identifier 13 patients éligibles dans 8 centres français. Après des entretiens individuels en visioconférence, 11/13 patients (5 hommes, 6 femmes ; âge moyen : 16 ans [âge du plus vieux-36], dont 6 de plus de 12 ans) ont déjà confirmé leur participation. Un parent a décliné en raison de l’âge avancé de son fils (41 ans), et une famille a finalement renoncé face aux contraintes logistiques et aux risques d’effets indésirables. Inspirés par les retours de l’essai Lisphem, nous avons enrichi le protocole d’une analyse qualitative. Celle-ci reposera sur des entretiens pré- et post-traitement avec les parents et/ou éducateurs réalisés par une psychologue clinicienne, et analysés via un logiciel dédié. Cette dimension permettra d’affiner l’évaluation de l’efficacité thérapeutique et d’identifier des spécificités selon la sévérité des patients. L’essai ESALIT est l’illustration que les essais thérapeutiques dans les maladies ultra-rares, bien que très complexes à concevoir et préparer peuvent être conduits grâce à une synergie entre familles, cliniciens, chercheurs et autorités réglementaires.
Sophie NAMBOT (DIJON), Marc BARDOU, Maud CARPENTIER, Anne ROUAULT, Amelie CRANSAC, Roberjot NOEMIE, Marie BENIER, Thomas STORME, Richard DELORME, Anna MARUANI, John RUBENSTEIN, Siavash FAZEL DARBANDI, Camille FLECK, Alice GOLDENBERG, Patrick EDERY, Massimiliano ROSSI, Nadia BAHI-BUISSON, Florence PETIT, Mathilde NIZON, Julien VAN GILS, Annabelle CHAUSSENOT, Francis RAMOND, Claire NICOLAS, Maxime LUU, Laurence FAIVRE
00:00 - 00:00 #49373 - P633 Six ans de suivi sur plateforme d’analyse du mouvement d’un patient présentant une MPS2 très atténuée traité par Idursulfatase.
Six ans de suivi sur plateforme d’analyse du mouvement d’un patient présentant une MPS2 très atténuée traité par Idursulfatase.

La mucopolysaccharidose de type II (MPS2), ou syndrome de Hunter, est une maladie lysosomale rare de transmission liée au chromosome X, causée par un déficit en iduronate-2-sulfatase. La présence ou l’absence d’atteinte du système nerveux central distinguent les formes sévères (MPS2a) et atténuées (MPS2b). Bien que l’enzymothérapie substitutive par Idursulfase ait démontré des bénéfices dans les formes sévères et atténuées, les données sur son impact fonctionnel à long terme chez les adultes présentant des formes très atténuées, moins documentées dans la littérature, restent limitées. Par ailleurs, l’analyse instrumentale de la marche n’a été utilisée qu’une seule fois pour le suivi des patients atteints de MPS2. Nous présentons une étude longitudinale de six ans chez un individu atteint d’une forme très atténuée de MPS2b, diagnostiquée à l’âge adulte, confirmée sur le plan moléculaire. Ce patient présente une atteinte articulaire et cardiaque de la maladie. Le patient a bénéficié d’une analyse instrumentale annuelle de la marche sur plateforme d’analyse du mouvement, avec recueil de la vitesse et des paramètres spatiaux et temporels de la marche, en parallèle d’évaluations cliniques, d’échelles de qualité de vie (SF-36, PHQ9) et de tests de marche de six minutes (TM6). Avant l’initiation de l’enzymothérapie, le patient présentait une marche asymétrique et douloureuse, malgré un TM6 normal (101 % de la distance théorique). Sous enzymothérapie, une amélioration significative des paramètres de marche a été observée durant les quatre premières années : augmentation de la longueur du pas, de la cadence et de la vitesse de marche, avec une stabilisation ensuite de ces paramètres pendant deux ans. Le TM6 est resté dans les normes, mais le patient a rapporté une réduction de la douleur et une amélioration de son périmètre de marche. Les scores de qualité de vie ont montré une amélioration de la perception de la santé physique (amélioration du score SF-36), mais une aggravation des symptômes dépressifs. Cette étude met en évidence des bénéfices fonctionnels prolongés de l’enzymothérapie substitutive chez un adulte atteint de MPS2b, avec une amélioration objective et subjective des paramètres de marche, malgré un TM6 initialement normal. L’analyse instrumentale de la marche s’est révélée plus sensible que le TM6 pour mettre en évidence cette amélioration, suggérant son utilité pour le suivi des patients atteints de MSP2.
Manon DEGOUTIN (Bordeaux), Camille PORTERET, Claire DELLECI, Nicolas POURSAC, Nadia MEHSEN-CETRE, Steeve BROUSSEAU, Etienne GUILLAUD, Emilie DOAT, Cyril GOIZET, Julien VAN GILS
00:00 - 00:00 #49961 - P634 Alvérine citrate: une thérapie prometteuse dans les déficits du complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale.
Alvérine citrate: une thérapie prometteuse dans les déficits du complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale.

Les maladies mitochondriales constituent un groupe de pathologies rares, hétérogènes sur le plan clinique et génétique causées par des dysfonctionnements des mitochondries, organites responsables de la production d’énergie. Ces maladies touchent principalement des organes à forte demande énergétique et ne disposent pas de traitement curatif à ce jour. Plus de 30 % de ces pathologies sont associées à un déficit du complexe I de la chaîne respiratoire mitochondriale, liée notamment à des mutations du gène nucléaire NDUFV1 responsables de syndromes de Leigh et/ou de leucodystrophies mitochondriales. Dans un 1er temps, nous avons analysé différents fibroblastes mutants NDUFV1 et mis en évidence des corrélations génotype/phénotype robustes, reliant la sévérité clinique aux différents paramètres mitochondriaux: dynamique mitochondriale, degré d’assemblage du complexe I, ou l’expression génique associant un profil inflammatoire. Cette production accrue de cytokines pro-inflammatoires a pu être confirmé en culture. Dans un 2e temps, nous avons exploré le repositionnement de banques de molécules avec AMM à l’aide de plusieurs modèles in vitro mimant un déficit du complexe I allant du champignon Podospora anserina et nématode C. elegans jusqu’aux fibroblastes de patients, modèles porteurs de mutations pathogènes du gène NDUFV1. Ces criblages ont permis pour ces différents modèles in vitro d’identifier l’Alverine citrate (ALV) comme une molécule candidate capable de restaurer l’activité enzymatique du complexe I. Ce médicament est utilisé communément comme antispasmodique dans le traitement des troubles fonctionnels du système digestif. Nous avons confirmé l’efficacité de l’ALV avec l’exposition de cardiomyocytes mutants dérivés d’iPSc de patients NDUFV1 en démontrant la restauration des principaux paramètres mitochondriaux (respiration mitochondriale, réduction de la production de ROS mais aussi la diminution significative des marqueurs de l’inflammation associés à la dysfonction mitochondriale). Ce processus inflammatoire est par ailleurs considéré comme un mécanisme clé des pathologies mitochondriales, notamment associé à la sévérité clinique des déficits du complexe I. Nous avons généré ensuite un nouveau modèle murin KI NDUFV1 porteur de la mutation récurrente introduite par la technologie CRISPR/CAS9 avec 2 génotypes KIKIR386C et KIKOR386C/- de sévérité variable. L’analyse phénotypique des modèles murins reproduit les atteintes cliniques observées chez les patients. Une étude préclinique de ces souris KI est en cours afin de confirmer l’efficacité in vivo de l’ALV. Enfin, des approches multi-OMICS de ces différents modèles NDUFV1 montrent que les effets positifs observés avec l’ALV impliqueraient plusieurs mécanismes d’action à visée mitochondriale et anti-inflammatoire. Nos travaux ouvrent donc la voie à des solutions thérapeutiques pour les maladies mitochondriales liées au complexe I, avec la perspective à terme de futurs essais cliniques.
Nolwenn BOUNAIX (ANGERS), Jeremy RICHARD, Jordan RIVRON, Yeranuhi HOVHANNISYAN, Naig GUEGUEN, Valerie DESQUIRET-DUMAS, Arnaud CHEVROLLIER, Celine BRIS, Aurelie RENAUD, Guillaume BECKER, Laurent MONASSIER, Guy LENAERS, Stephane AZOULAY, Veronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Deborah TRIBOUILLARD-TANVIER, Olivier BARIS, Onnik AGBULUT, Nathalie BONNEFOY, Carole SELLEM, Vincent PROCACCIO
00:00 - 00:00 #49247 - P635 Déploiement du séquençage pangénomique à partir de prélèvements FFPE en Guadeloupe : une organisation territoriale innovante au service des patients atteints de cancers avancés en échec thérapeutique.
Déploiement du séquençage pangénomique à partir de prélèvements FFPE en Guadeloupe : une organisation territoriale innovante au service des patients atteints de cancers avancés en échec thérapeutique.

Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025, l’accès au séquençage pangénomique reste limité dans les territoires ultramarins, en raison notamment de contraintes logistiques liées au stockage de tissus congelés. Nous décrivons une organisation innovante en Guadeloupe basée sur l’utilisation d’échantillons fixés et inclus en paraffine (FFPE), visant à élargir l’accès à la médecine de précision en cancérologie. Ce séquençage pangénomique permet une analyse approfondie des altérations somatiques et constitutionnelles de l’ADN et de l’ARN tumoraux. Une collaboration opérationnelle étroite a été instaurée entre l’Unité de Génétique du CHU et les laboratoires d’anatomopathologie du territoire, assurant un acheminement coordonné et sécurisé des échantillons FFPE vers la plateforme génomique AURAGEN. Dans ce cadre, les blocs FFPE tumoraux sont sélectionnés, préparés et acheminés selon un protocole rigoureux. Ce circuit repose sur une coordination interdisciplinaire entre oncologues, anatomopathologistes, biologistes moléculaires, chargée de parcours génomique, bio-informaticiens, et généticiens. Malgré certaines limites techniques inhérentes à la qualité variable des prélèvements FFPE, cette stratégie a permis de lever les contraintes logistiques associées au tissu congelé, tout en garantissant l’accès à la médecine de précision pour les patients ultramarins. Ce dispositif a d’ores et déjà démontré sa valeur clinique. Un cas emblématique concerne une patiente atteinte d’un cancer colique réfractaire, orientée vers un essai clinique de phase I "START0I" à Lyon grâce à la découverte d’une altération ciblable. Pour conclure, cette initiative marque une avancée significative en santé publique, en réduisant les inégalités d’accès au diagnostic moléculaire dans les territoires d’Outre-mer, tout en favorisant une meilleure efficience thérapeutique et une optimisation des ressources de santé. La réussite de cette phase pilote, rendue possible grâce à un circuit désormais opérationnel, permet déjà l’inclusion de plusieurs patients dans le dispositif, et en pose les bases pour un déploiement élargi à l’échelle du territoire. L’étape suivante consistera à mettre en place un circuit de congélation tumorale au sein du nouveau CHU de Guadeloupe. Cela ouvrira la voie à des analyses génomiques plus complexes, jusqu’ici difficilement accessibles localement.
Kara RANGUIN (GUADELOUPE), Sofiane DJEBIEN, Vincent LETHONGSAVARN, Cynthia JERMIDI, Abdoulaye DIEDHIOU, Léah MICHINEAU, Webert LAFRANCE, Eustache JANKY, Consortium AURAGEN, Aurélie STREICHENBERGER, Marilyn LACKMY
00:00 - 00:00 #49895 - P636 NF1-deficiency in human Schwann cells induces actionable mitochondrial metabolic reprogramming.
NF1-deficiency in human Schwann cells induces actionable mitochondrial metabolic reprogramming.

La neurofibromatose de type 1 (NF1) est un syndrome de prédisposition tumorale causé par des variants perte-de-fonction du suppresseur de tumeur NF1, régulateur négatif de la voie de signalisation RAS-MAPK. Les cellules de Schwann présentant une perte biallélique de NF1 constituent le composant néoplasique des neurofibromes, tumeurs bénignes des gaines nerveuses pour lesquelles il n’existe aucun traitement pharmacologique curatif chez l’adulte. Afin d’identifier des vulnérabilités thérapeutiques spécifiques aux cellules de Schwann humaines déficientes pour NF1, nous avons intégré des criblages d’inactivation génome-entier par CRISPR-Cas9 avec des analyses transcriptomiques et métabolomiques, dans des cellules de Schwann humaines isogéniques de type sauvage et NF1-/-. Cette approche a révélé une reprogrammation métabolique spécifique à la perte-de-fonction complète de NF1, caractérisée par une augmentation de l’activité mitochondriale et une dépendance à la phosphorylation oxydative (OxPHOS) et à la voie des mévalonates. Ce phénotype était absent dans les cellules de Schwann NF1+/- ou NF2-/-, mais était reproduit par l’expression de KRAS^G12V. L’inhibition pharmacologique de l’OxPHOS ou de la voie du mévalonate a altéré sélectivement la viabilité des cellules de Schwann NF1-/-, mais pas celle d’autres types cellulaires déficients pour NF1 ; de plus, le double ciblage de ces voies a produit des effets synergiques. Dans un modèle de xénogreffe murine orthotopique (nerf sciatique), la combinaison de ces inhibitions a réduit la croissance tumorale, sans toxicité détectable, confortant la pertinence in vivo de cette dépendance métabolique pour potentiellement cibler les neurofibromes. Nos résultats mettent en évidence une vulnérabilité métabolique spécifique des cellules de Schwann, induite par l’activation de RAS dans le contexte de la déficience en NF1, et fournissent une base rationnelle pour explorer plus avant l’inhibition combinée des voies mitochondriale et du mévalonate comme stratégie thérapeutique potentielle.
Manuela YE, Aurélien BORE, Ingrid LAURENDEAU, Mikael HIVELIN, Raphaël MARGUERON, Eric PASMANT (PARIS)
00:00 - 00:00 #49366 - P637 Développement de modèles cellulaires complexes pour explorer la physiopathologie du syndrome progéroïde MADaM.
Développement de modèles cellulaires complexes pour explorer la physiopathologie du syndrome progéroïde MADaM.

Les syndromes de vieillissement prématuré sont des maladies génétiques rares débutant précocement et reproduisant de façon accélérée plusieurs traits cliniques et moléculaires du vieillissement physiologique. Le plus étudié, la progéria de Hutchinson-Gilford (HGPS), est un syndrome autosomique dominant dû à une mutation de novo du gène LMNA, codant les protéines nucléaires lamines A et C. Sur le plan clinique, les complications cardiovasculaires constituent la principale cause de morbidité et de mortalité. Des atteintes mitochondriales secondaires sont observées dans cette maladie. Récemment, notre équipe a identifié un nouveau syndrome progéroïde appelé MADaM (pour MandibulAcral Dysplasia associated with MTX2) causé par des mutations autosomiques récessives perte de fonction de MTX2. Ce gène code la protéine mitochondriale métaxine 2, dont la perte d’expression est associée à celle de son partenaire, la métaxine 1 (MTX1). Les patients atteints du syndrome MADaM présentent des manifestations cliniques proches de celles de la progéria, notamment un retard de croissance, une résorption osseuse, des calcifications artérielles et une hypertension sévère et, au niveau cellulaire, des altérations du réseau mitochondrial accompagnées d’anomalies nucléaires secondaires. La physiopathologie du syndrome MADaM reste mal connue, avec peu de données sur les mécanismes moléculaires sous-jacents. Cela s’explique par la rareté des cas rapportés, l’hétérogénéité entre patients et l’accès restreint aux cellules primaires de patients. Notre projet vise à développer, à partir de cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC) génétiquement modifiées, plusieurs modèles cellulaires de complexité croissante, représentatifs de la pathologie. Nous avons généré des lignées iPSC KO pour les gènes MTX2 ou MTX1, permettant d’étudier les conséquences directes de l’inactivation de l’un ou l’autre gène. Nous voulons créer un modèle cellulaire simple permettant une caractérisation exhaustive des déficits du réseau mitochondrial et des marqueurs de vieillissement. Étant donné que le syndrome MADaM touche principalement des tissus d’origine mésenchymateuse (os, tissu adipeux, vaisseaux sanguins), les iPSC seront différenciées en cellules souches mésenchymateuses (MSC). Nos résultats préliminaires montrent que nous sommes capables de différencier des iPSC MTX2 KO en MSC, dans lesquelles nous observons un déficit de respiration mitochondriale et une accumulation de dommages à l’ADN. Finalement, nous développerons un modèle vasculaire 3D biomimétique, qui reproduira le microenvironnement complexe de la paroi artérielle humaine soumise à un flux continu. Ce système permettra d’évaluer l’impact des mutations de syndromes progéroïdes sur l’homéostasie vasculaire. Le développement et la caractérisation de ces modèles représentent une étape clé pour une meilleure compréhension de la physiopathologie du syndrome MADaM et l’identification de cibles thérapeutiques.
Sara NAEL (Marseille), Diane FRANKEL, Elise KASPI, Stefano TESTA, Zaffran STEPHANE, Annachiara DE SANDRE-GIOVANNOLI, Frédérique MAGDINIER, Patrice ROLL, Ali BADACHE
00:00 - 00:00 #49356 - P638 miR-140-5p, nouvel acteur clé dans la physiopathologie de la Progeria Hutchinson-Gilford via la répression de la voie antioxydante NRF2/KEAP1/HO-1.
miR-140-5p, nouvel acteur clé dans la physiopathologie de la Progeria Hutchinson-Gilford via la répression de la voie antioxydante NRF2/KEAP1/HO-1.

La Progeria de Hutchinson-Gilford (HGPS) est une maladie génétique extrêmement rare causée par la production d’une lamine A anormale, la progérine, qui s’accumule dans le noyau des cellules et induit leur sénescence prématurée, contribuant au vieillissement accéléré des patients. Les premiers symptômes apparaissent dès l’âge d’un an et la progression de la maladie conduit au décès vers 14 ans. Les patients présentent de multiples signes cliniques de vieillissement, dont des raideurs articulaires, des atteintes osseuses sévères et une athérosclérose précoce. Par séquençage haut débit (NGS), nous avons identifié deux microARNs (miARNs) dérivés d’un même précurseur, miR-140-5p et miR-140-3p, surexprimés dans les fibroblastes dermiques issus de patients HGPS. Parmi les cibles connues du miR-140-5p, certaines régulent la différenciation chondrocytaire et ostéoblastique, ainsi que la réponse au stress oxydatif via la voie NRF2/KEAP1/HO-1. Le miR-140-5p cible directement le transcrit de NRF2, régulateur majeur de la réponse antioxydante. Nous montrons que sa surexpression induite dans des fibroblastes dermiques de sujets sains entraîne l’inhibition de la voie NRF2/KEAP1/HO-1, une augmentation de la production d’espèces réactives de l’oxygène (ROS), une altération de la respiration mitochondriale et l’apparition de marqueurs cellulaires du vieillissement (« Hallmarks of aging »). A l’inverse, l’inhibition du miR-140-5p dans les fibroblastes HGPS restaure partiellement les niveaux de NRF2 et de HO-1, réduit le stress oxydatif, améliore la phosphorylation oxydative et atténue les marques du vieillissement cellulaire. Nous montrons par ailleurs une élévation des miR-140-5p et miR-140-3p dans les cellules musculaires lisses vasculaires (VSMC) de jeunes souris HGPS (modèle KI LmnaG609G/G609G). Au-delà du contrôle du stress oxydatif, miR-140-5p régule d’autres cibles impliquées dans la sénescence, la différenciation adipocytaire et le développement osseux. Son rôle pléiotrope pourrait contribuer aux multiples phénotypes cliniques de la Progeria, tels que les anomalies squelettiques, la lipoatrophie et les atteintes cardiovasculaires. En conclusion, cette étude identifie le miR-140-5p comme un nouvel acteur clé de la physiopathologie de la Progeria. En réprimant la voie NRF2, il aggrave le stress oxydatif et les fonctions mitochondriales, deux marques majeures du vieillissement. La modulation de miR-140-5p représente ainsi une piste thérapeutique prometteuse, susceptible non seulement de restaurer l’activité antioxydante mais également d’améliorer certains aspects systémiques de la maladie.
Léa TOURY, Diane FRANKEL, Sara NAEL, Mario ABAJI, Léa LE GOFF, Marie BASSET, Coraline AIRAULT, Bertrand VERNAY, Elva-María NOVOA-DEL-TORO, Catherine BARTOLI, Anaïs BAUDOT, Frederique MAGDINIER, Elise KASPI, Patrice ROLL (MARSEILLE)
00:00 - 00:00 #49684 - P639 Etude de l’activité antitumorale des extraits d’une plante du genre Asteriscus contre le cancer du sein triple négatif.
Etude de l’activité antitumorale des extraits d’une plante du genre Asteriscus contre le cancer du sein triple négatif.

Introduction : Le cancer du sein triple négatif (CSTN) demeure un défi thérapeutique majeur en raison de l’absence de récepteurs hormonaux ainsi que du récepteur HER2. Ce type de cancer mammaire, hautement métastatique, est fortement résistant aux différents traitements conventionnels actuels. Face à l’échec des thérapies classiques, les scientifiques se penchent de plus en plus vers la phytothérapie afin d’exploiter les plantes pour leurs vertus médicinales. Les plantes apparaissent comme une source intéressante de biomolécules à potentiel anticancéreux. Le genre Asteriscus, connu pour ses propriétés biologiques, reste cependant peu étudié en oncologie. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’activité antitumorale, in-vitro, des extraits d’une plante autochtone du genre Asteriscus sur un modèle cellula du CSTN (la lignée MDA-MB-231). Méthodes : L'activité cytotoxique et antiproliférative d'extraits aqueux et éthanoliques de fleurs et de feuilles a été évaluée moyennant le test de cytotoxicité par cristal violet et le test clonogénique sur des cellules MDA-MB-231 traitées pendant 24, 48 et 72 heures. Le type de mort induit (apoptose, nécrose, autophagie), l’arrêt du cycle cellulaire ainsi que la dégradation de l’ADN ont été caractérisés par cytométrie en flux (Annexine V-FITC, DiOC6(3), acridine orange, IP). Le potentiel anti-métastatique a été analysé par des tests de migration et d'invasion cellulaire (transwell). Résultat : Les extraits éthanoliques ont montré une forte activité cytotoxique et antiproliférative. L'analyse en cytométrie en flux a révélé qu'ils induisaient principalement une mort cellulaire par autophagie, accompagnée de perforation membranaire et de dégradation de l'ADN. Leur effet anti-métastatique est resté limité. À l'inverse, les extraits aqueux ont démontré une activité anti-métastatique significative, inhibant fortement la migration et l'invasion des cellules, bien que leur cytotoxicité soit moindre. Conclusion : Nos résultats révèlent pour la première fois que la plante étudiée du genre Asteriscus possède une double activité antitumorale contre le CSTN : les extraits éthanoliques induisent l'autophagie tandis que les extraits aqueux inhibent les processus métastatiques. Cette action bimodale en fait une piste prometteuse pour la découverte de nouveaux agents thérapeutiques. Les études futures viseront à identifier les molécules actives et à élucider leurs mécanismes d'action moléculaires et leur impact sur les voies de signalisation oncogéniques.
Yasmine TOUATI, Hayet DOUIK, Ohsen HANANA, Ons AZAIEZ, Mohamed JEMAA, Maher KHARRAT (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49894 - P640 Comprendre les défauts mitochondriaux conduisant à une atteinte du muscle cardiaque associée aux mutations de CHCHD10.
Comprendre les défauts mitochondriaux conduisant à une atteinte du muscle cardiaque associée aux mutations de CHCHD10.

Les maladies mitochondriales sont des maladies rares qui présentent un spectre clinique extrêmement large, incluant des atteintes cardiaques dans 30% des cas chez les enfants et les adultes. Notre équipe a décrit une famille présentant une myopathie mitochondriale et un phénotype neurologique complexe. Nous avons identifié le variant S59L présent à l’état hétérozygote dans le gène CHCHD10 chez les patients. Depuis, des variants de CHCHD10 ont notamment été identifiés dans des cardiomyopathies. CHCHD10 est une protéine mitochondriale localisée dans l’espace intermembranaire au niveau de la jonction des crêtes. Notre équipe a généré le premier modèle murin knock-in pour une mutation du gène Chchd10. Les souris Chchd10S59L/+ reproduisent la myopathie mitochondriale présentée par les patients. Ces animaux développent aussi une cardiomyopathie entrainant leur mort vers 12 mois. Dans le cœur, le variant S59L déclenche une cascade moléculaire activant la protéase OMA1, impliquée dans l’activation de la réponse intégrée au stress mitochondrial (mtISR) et dans la dynamique du réseau via le clivage des protéines DELE1 et OPA1, respectivement. Chez les souris Chchd10S59L/+, l’inactivation d’OMA1 a permis une amélioration partielle des fonctions cardiaques et mitochondriales dans le cœur à 6 mois. Cependant, à 12 mois l’inactivation d’OMA1 n’a eu aucun impact sur les mêmes paramètres. Ces résultats indiquent que l’inactivation d’OMA1 à un rôle cardioprotecteur dans les premiers mois de vie seulement. En parallèle, dans un nouveau modèle de cardiomyocytes dérivés à partir de cellules de patients portant la même mutation, nous avons observé des anomalies au niveau de la morphologie et du flux calcique ainsi qu’au niveau des fonctions mitochondriales. Ces résultats suggèrent que le variant S59L entraine des dysfonctions mitochondriales responsables de la cardiomyopathie observée dans le modèle murin et chez les patients, pour lesquels OMA1 pourrait être une cible pharmacologique. L’utilisation d’inhibiteurs des deux voies dépendantes d’OMA1 permettra de déterminer si l’amélioration cardiaque partielle observée chez les souris dépend du mtISR, de la dynamique mitochondriale ou des deux.
Mélanie ABOU-ALI (Nice), Marcio CAMPOS RIBEIRO, Yeranuhi HOVHANNISYAN, Gaëlle AUGÉ, Konstantina FRAGAKI, Emmanuelle GENIN, Sylvie BANNWARTH, Loan VAILLANT-BEUCHOT, Onnik AGBULUT, Timothy WAI, Véronique PAQUIS
00:00 - 00:00 #49410 - P641 La thérapie génique de remplacement médiée par ultrasons focalisés comme piste thérapeutique dans le syndrome de Rett.
La thérapie génique de remplacement médiée par ultrasons focalisés comme piste thérapeutique dans le syndrome de Rett.

Le syndrome de Rett (RTT) est une encéphalopathie génétique rare (1/10 000 à 15000 naissances). Cette pathologie neurodéveloppementale touche principalement les filles et se caractérise par une perte progressive des acquisitions motrices et cognitives après une période de développement initialement normal. Le RTT est causé par des variants pathogènes du gène MECP2 localisé sur le chromosome X (Sandweiss et al. , 2020). Ce gène code une protéine ubiquitaire, finement régulée, essentielle au développement et au maintien des fonctions neuronales. L’inactivation aléatoire d’un des deux chromosomes X dans chaque cellule entraîne une expression en mosaïque du variant pathogène, complexifiant le tableau clinique et son traitement chez les patientes. À ce jour, aucun traitement curatif n’est disponible. La thérapie génique de remplacement médiée par des vecteurs viraux adéno-associés (AAV) a montré des résultats encourageants dans les modèles expérimentaux du RTT, mais plusieurs obstacles majeurs persistent : le franchissement limité de la barrière hémato-encéphalique (BHE), la toxicité liée à une surexpression de Mecp2, et le large tropisme des vecteurs utilisés pour des tissus périphériques comme le foie, engendrant des effets secondaires indésirables. Ce projet vise à développer une stratégie de thérapie génique plus sûre et plus efficace en agissant sur trois leviers pour surmonter ces limites. D’abord, nous explorons une stratégie innovante reposant sur l’ouverture transitoire de l’ensemble de la BHE par ultrasons focalisés associés à des microbulles, ce qui permet d’améliorer l’infection neuronale (Felix et al. , 2021). Par ailleurs, nous utilisons l’AAV.CAP-B10, dérivé de l’AAV9/2, qui présente un tropisme renforcé pour le système nerveux central (SNC) et limite l’infection des organes périphériques comme le foie (Goertsen et al. , 2022). Enfin, afin de réduire les effets toxiques d’un surdosage protéique, la séquence thérapeutique inclut un shRNA régulateur, en plus de la séquence Mecp2, pour contrôler le niveau d’expression dans les cellules non pathologiques infectées. Les premières expérimentations sont en cours et les résultats obtenus seront présentés lors du congrès. Cette approche combinée pourrait non seulement améliorer la sécurité et l’efficacité de la thérapie génique du RTT, mais également ouvrir des perspectives pour d’autres pathologies du SNC. En permettant une meilleure pénétration cérébrale et un ciblage plus spécifique, elle offre la possibilité de réduire les doses thérapeutiques administrées et, donc, de limiter les effets secondaires liés à la réponse immunitaire ou à la toxicité génique. Felix et al., Pharmaceutics. 2021 Goertsen et al., Nat Neurosci. 2022 Sandweiss et al., Lancet Neurol. 2020
Léna BOURCIN, Léna BOURCIN (Marseille), Marie-Solenne FELIX, Laurent VILLARD, Jean-Luc GAIARSA, Jean-Christophe ROUX
00:00 - 00:00 #49293 - P642 Atteinte bi-allélique du gène TTN dans un cas de myopathie congénitale.
Atteinte bi-allélique du gène TTN dans un cas de myopathie congénitale.

Nous rapportons ici le cas d’une famille au sein de laquelle, lors d’une première grossesse, le fœtus a été identifié porteur de deux variants hétérozygotes composites du gène TTN (MIM 188840), responsables d’une arthrogrypose liée à une myopathie congénitale. Les parents, hétérozygotes, ne présentaient ni myopathie ni cardiomyopathie. Le couple, en bonne santé, d’origine européenne, ne rapportait aucun antécédent familial particulier. Une amniocentèse a été réalisée à 23+6 SA devant des anomalies échographiques (immobilité fœtale, pieds bots oedématiés, mains crispées). Le caryotype et l’ACPA étaient normaux, pour un fœtus de sexe masculin. L’analyse de l’exome en trio a permis d’identifier deux variations jamais décrites, en trans, sur le métatranscrit de la titine (NM_001267550.2) : 1. Une variation c.103082T>G (p.Leu34361Ter), héritée du père, conduisant à un codon stop prématuré, classée comme probablement pathogène (classe 4 ACMG) ; 2. Une variation c.35713+27A>G, héritée de la mère, prédite comme impactant l’épissage, initialement classée comme variant de signification incertaine (classe 3 ACMG). Une étude de l’ARN (RT-PCR et séquençage Sanger) réalisée sur un prélèvement musculaire fœtal obtenu immédiatement après l’IMG a confirmé l’impact sur l’épissage de cette 2eme variation : création d’un nouveau site donneur, ajout de 26 pb dans l’exon 161 du métatranscrit, induisant un décalage du cadre de lecture et un codon stop prématuré. Cette variation a été reclassée probablement pathogène (classe 4 ACMG). L’analyse moléculaire sur du muscle prélevé lors de l’autopsie (H15) a échoué du fait de la dégradation des ARN de la TITINE. L’histologie musculaire montrait un certain degré de processus dystrophique, mais pas d’anomalie de position des noyaux ni de vacuoles intra-cytoplasmiques. Les atteintes bi-alléliques de TTN sont associées à des formes variables de myopathie, souvent congénitales et sévères. Dans le cas présent, cela explique l’atteinte fœtale et permet de donner un conseil génétique pour les futures grossesses. En outre on a considéré le variant paternel à risque de développement d’une cardiomyopathie dominante. Cette observation illustre une nouvelle fois l’intérêt des analyses pan-génomiques, et aussi l’importance, pour les études de transcrits, de disposer de prélèvements congelés immédiatement au décours de l’IMG.
Daria ONITIU (ST ETIENNE), Francis RAMOND, Marine LEBRUN, Anna SUCHET-DECHAUD, Sana SKOURI, Caroline VERONESSE, Mathilde ENTRESANGLE, Leonard FEASSON, Renaud TOURAINE
00:00 - 00:00 #49901 - P643 Renforcer le diagnostic moléculaire dans les maladies neuromusculaires rares : les actions de la sous-commission génétique moléculaire de la filière FILNEMUS.
Renforcer le diagnostic moléculaire dans les maladies neuromusculaires rares : les actions de la sous-commission génétique moléculaire de la filière FILNEMUS.

FILNEMUS fait partie des 23 Filières de Santé Maladies Rares (FSMR) sélectionnées par le Ministère des Solidarités et de la Santé. Les affections relevant de la filière FILNEMUS incluent les maladies du muscle (myopathies), les maladies de la jonction neuromusculaire, les maladies rares du nerf périphérique et les amyotrophies spinales infantiles. La sous-commission « génétique moléculaire » de la commission « outils diagnostiques », coordonne l’activité de diagnostic liée au développement des nouvelles techniques de NGS. Après s’être investie dans l’unification des listes de gènes et des stratégies diagnostiques, actions primordiales dans le contexte actuel des plateformes de séquençage très haut débit PFMG2025 (Plan France Médecine Génomique), la sous-commission développe un certain nombre d’actions permettant l’amélioration de l’harmonisation de l’offre diagnostique. Afin de faire un état des lieux sur l’évolution des stratégies diagnostiques dans le cadre de l’implémentation de l’analyse de génome, des actions sont menées pour : - Evaluer l’apport du WGS en termes de rendement diagnostic - Réévaluer les difficultés rencontrées lors de la mise en place du PFMG, notamment en amont (RCP, impact sur les cliniciens, prescription…) et lors de l’interprétation des résultats (impact sur les biologistes…). Récemment, la Fédération Française de Génétique Humaine a élaboré des recommandations concernant les tests des partenaires de porteurs hétérozygotes pour les maladies graves et incurables de transmission autosomique récessive. En conséquence, les groupes de travail de la sous-commission génétique moléculaire ont adapté ces recommandations et rédigé une lettre de consensus sur les bonnes pratiques de dépistage de statut hétérozygote dans le cadre des myopathies rares à transmission autosomique récessive. Dans le cadre du projet PERIGENOMED, les laboratoires de la filière FILNEMUS participent à l’intégration du séquençage génomique dans le dépistage néonatal, afin de diagnostiquer précocement des maladies neuromusculaires rares traitables. Des gènes d’intérêt ont été sélectionnés pour la phase clinique en cours. Les laboratoires de la filière participent également au projet TREATABOLOME, qui vise à rapprocher diagnostic génétique et traitement en recensant les thérapies disponibles par gène ou variant. L’intégration des gènes actionnables identifiés dans les myopathies contribuera à enrichir cette base de données, outil clé pour accélérer l’accès aux traitements. Une étroite collaboration entre les commissions recherche et diagnostic de la filière a permis la création d’un GT post-génomique pour lutter contre l’impasse diagnostique. La visibilité de la filière et des actions de la sous-commission génétique moléculaire s’appuie sur le développement du site web et la création d’un onglet dédié au diagnostic moléculaire, qui intègre des annuaires des laboratoires de diagnostic et de recherche, ainsi qu’un annuaire récent des tests fonctionnels.
Emmanuelle PION (MONTPELLIER)
00:00 - 00:00 #49909 - P644 Un phénotype atténué et d'apparition tardive d'un déficit en complexe I mitochondrial dû à un variant nouvellement rapporté dans le gène ACAD9.
Un phénotype atténué et d'apparition tardive d'un déficit en complexe I mitochondrial dû à un variant nouvellement rapporté dans le gène ACAD9.

Le déficit en acyl-CoA déshydrogénase 9 est considéré comme un syndrome neuromusculaire rare à transmission autosomique récessive. La protéine ACAD9 présente deux fonctions essentielles, à savoir celle d'enzyme limitante de la voie de β-oxydation des acides gras et celle de composant du complexe impliqué dans l'assemblage du complexe I de la chaîne respiratoire. Ainsi, les mutations avec perte de fonction sont connues pour entraîner des cytopathologies mitochondriales. Un patient présentant un phénotype léger et à apparition tardive, souffrant d'intolérance à l'effort et de cardiomyopathie hypertrophique, a été diagnostiqué comme hétérozygote composé du gène ACAD9. La première variante c.1240C> T p.Arg414Cys a déjà été signalée et est connue pour être responsable du déficit en ACAD9. Cependant, la deuxième variante c.1636G> A p.Val546Met n'a jamais été décrite. L'objectif était d'étudier la pathogénicité éventuelle de cette nouvelle variante génétique. À cette fin, un clonage moléculaire a été réalisé pour exprimer le gène ACAD9 avec la variante V546M dans une lignée cellulaire (ACAD9mut) et comparé à des cellules exprimant le gène ACAD9 de type sauvage. Ensuite, la respiration mitochondriale, la production d'ATP, le réseau mitochondrial et la composition de la phosphorylation oxydative ont été étudiés afin de révéler les effets de la variante V546M. Tout en évitant d'affecter la quantité des complexes de la chaîne respiratoire, la nouvelle variante ACAD9 était entièrement responsable de la réduction de plus de 50 % de l'activité du complexe I mitochondrial.
Anna-Gaëlle GIGUET-VALARD (Fort-de-France), Nadège BELLANCE, Samira AIT-EL-MKADEM SAADI, Sophie DUCLOS, Rémi BELLANCE, Didier LACOMBE
00:00 - 00:00 #49717 - P645 Caractérisation de variants récurrents du gène CAPN3 chez des familles marocaines atteintes de LGMD R1.
Caractérisation de variants récurrents du gène CAPN3 chez des familles marocaines atteintes de LGMD R1.

La dystrophie musculaire des ceintures de type R1 (LGMD R1), due à des mutations du gène CAPN3, est l’une des myopathies héréditaires autosomiques récessives (AR) les plus fréquentes. Elle se caractérise par une faiblesse progressive et symétrique des muscles proximaux des ceintures pelvienne et scapulaire, avec un âge d’apparition variable et une expressivité clinique hétérogène. Dans le contexte marocain, la LGMD R5, associée à la mutation récurrente SGCG:c.525delT, reste la forme la plus répandue des AR-LGMD et est systématiquement recherchée en première intention dans notre laboratoire par séquençage Sanger de l’exon 6. Nous rapportons ici sept familles marocaines chez lesquelles le diagnostic de LGMD R1 a été établi. Parmi un total de 70 patients ayant bénéficié d’un séquençage de nouvelle génération (NGS), après exclusion préalable des mutations récurrentes par des techniques ciblées, le gène CAPN3 figure parmi ceux pour lesquels nous avons identifié le plus grand nombre de variants. L’analyse moléculaire a révélé différents variants pathogènes du gène CAPN3. Un variant inédit, CAPN3:c.2192G>A, a été retrouvé de manière récurrente chez trois familles distinctes, suggérant un allèle possiblement spécifique à notre population. Un second variant, CAPN3:c.2242C>T, déjà décrit dans la littérature, a été détecté chez deux familles non apparentées, renforçant l’hypothèse de mutations récurrentes ou d’effets fondateurs. Ces données enrichissent le spectre moléculaire de la LGMD R1 au Maroc et suggèrent l'intérêt d’intégrer le gène CAPN3 dans les stratégies diagnostiques de routine.
Yasmina RAHMUNI (Rabat, Maroc), Jaber LYAHYAI, Imane CHERKAOUI JAOUAD, Ourayna BATTA, Omar ASKANDER, Rchiad ZINEB, Abdelaziz SEFIANI, Ilham RATBI
00:00 - 00:00 #49926 - P646 Correction des principaux facteurs de risque épidémio-génétiques : le manque d'activité physique et d'apport quotidien en fibres dans un contexte clinique génétique.
Correction des principaux facteurs de risque épidémio-génétiques : le manque d'activité physique et d'apport quotidien en fibres dans un contexte clinique génétique.

Introduction: Le manque d'activité physique (AP < 150 minutes/semaine) et d'apport en fibres alimentaires (AF < 25 g/jour) sont des facteurs de risque modifiables majeurs. Le format des consultations de génétique médicale (2 consultations systématiquement en cas de prescription, la seconde pour remise du résultat, habituellement à plusieurs mois d’intervalle) permet d’évaluer l’impact de recommandations faite en consultation initiale. Notre objectif était d'évaluer l'impact de recommandations personnalisées suite à une évaluation standardisée de l'AP et de l'AF. Patients & Méthodes: Les patients adultes en consultation ont été évalués systématiquement (durée totale : 5 minutes) sur l'activité physique par le questionnaire IPAQ (international physical activity questionnaire) et sur l'apport en fibres par un questionnaire élaboré avec l’Unité de recherche à l’initiative du Nutriscore (U1153-INSERM-INRAE-CNAM-Université Sorbonne Paris Nord), pour les périodes 2019-2024 et 2021-2024, respectivement. La « sévérité » était définie par AP < 75 minutes/semaine et AF < 15 g/jour. Une recommandation personnalisée a été formulée pour les patients avec AP et/ou AF inférieure à l'objectif de l'OMS en consultation initiale (prescription de test génétique). Ces patients ont été réévalués lors de la consultation suivante (résultat de test génétique). Pour les patients en manque « sévère », sortir du manque sévère était considéré comme une amélioration (que la cible OMS soit atteinte ou non). Resultats: L'évaluation en consultation initiale a révélé que 40,2 % (n = 1134) pour l’AP et 51,4 % (n = 800) pour l’AF des individus étaient en dessous de la cible de l’OMS. Parmi ceux-ci, 55,9 % et 38,2 %, respectivement, ont été réévalués après une durée médiane de 268 jours (de 92 à 1036 jours) : 45,8 % et 33,8 %, respectivement, avaient alors atteints la cible OMS. Pour le sous-groupe des manques « sévères », nous avons observé une amélioration pour 65,4 % et 51,2 %, respectivement. Les résultats dans les sous-groupes de personnes à risque de cancer colorectal (CCR), multifactoriel ou syndrome de Lynch, étaient similaires aux résultats globaux. Conclusion: Chez les personnes en manque d’AP et/ou d’AF, une recommandation personnalisée en consultation de génétique a un fort impact pour corriger ces facteurs de risque modifiables majeurs, notamment chez les individus à risque élevé de CCR.
Anatole MALOIGNE (Clermont-Ferrand), Anna SEROVA-ERARD, Laury NICOLAS, Marie-Gabrielle DELORME GUINAND, Noémie DEMARE, Simon REY, Jacques-Olivier BAY, Johan GAGNIÈRE, Denis PEZET, Marine JARY, Morgane HELYON, Igor TAUVERON, Sylvain ROUMEAU, Sandrine MANSARD, Jacques ROUANET, Michel D'INCAN, Julien SCANZI, Armand ABERGEL, Martine DUCLOS, François CORNÉLIS
00:00 - 00:00 #49117 - P647 Etude de la relation génotype – phénotype et des impacts fonctionnels de variants du gène PLOD1 dans une cohorte de 15 patients atteints du syndrome d’Ehlers-Danlos cyphoscoliotique.
Etude de la relation génotype – phénotype et des impacts fonctionnels de variants du gène PLOD1 dans une cohorte de 15 patients atteints du syndrome d’Ehlers-Danlos cyphoscoliotique.

Le syndrome d’Ehlers-Danlos cyphoscoliotique (kEDS) appartient à un groupe cliniquement et génétiquement hétérogène de maladies du tissu conjonctif. Il est caractérisé par une hypotonie musculaire congénitale associée à une atteinte cyphoscoliotique, une hyperlaxité articulaire, ainsi qu’une fragilité accrue de la peau et des parois vasculaires. Le gène PLOD1 est un gène majeur du kEDS, qui code pour la lysyl hydroxylase 1 (LH1 ou PLOD1) impliquée dans l’hydroxylation post-traductionnelle de résidus lysine du procollagène. LH1 agit sur la résistance de la matrice extracellulaire en contrôlant la réticulation des fibres de collagène. A ce jour, seule une cinquantaine de variants – tous de transmission récessive – est rapportée responsable du kEDS-PLOD1 qui est caractérisé, outre les critères de kEDS précédemment cités, par une dysmorphie crâniofaciale et une fragilité accrue de la sclérotique. Bien que le kEDS-PLOD1 représente le premier sous-type dont les mécanismes de déficience protéique ont été décrits, l’absence de cohortes étendues de patients limite l’avancement des connaissances cliniques, relatives à l’évolution de la maladie et aux mécanismes physiologiques sous-jacents. Nous décrivons ici les caractérisations clinique, moléculaire et biochimique d’une cohorte internationale regroupant 14 cas index et 1 apparenté kEDS-PLOD1. Nous précisons ainsi les atteintes majoritaires (hypotonie musculaire, cyphoscoliose, hyperlaxité articulaire distale, fragilité artério-veineuse) et sporadiques. Les études de séquençage de l’ADN en exome ou panel de gènes mettent en évidence 12 variants différents (faux-sens, délétions exoniques, délétions/duplications nucléotidiques avec décalage du cadre de lecture, variants d’épissage) présents à l’état homozygote ou hétérozygote composite, dont 5 non publiés à ce jour. L’impact physiologique de plusieurs de ces variants est évalué par des tests fonctionnels complémentaires : effet sur l’épissage (RNAseq), dosages urinaires des marqueurs lysylpyridinoline/hydroxylysylpyridinoline impliqués dans la réticulation du collagène, études protéiques quantitatives (Slot blot et western blot sur milieux de culture et extraits protéiques) et qualitatives (immunomarquages), étude de l’impact sur le métabolisme (Seahorse®) et la capacité contractile (gels de collagène) de cultures de fibroblastes. L’analyse des données cliniques, génétiques et fonctionnelles de cette cohorte de patients kEDS-PLOD1 permet d’apporter de nouveaux éléments dans la corrélation génotype-phénotype, dans les mécanismes fonctionnels à l’origine du kEDS-PLOD1 et dans l’évolution des atteintes phénotypiques au cours de l’âge. Cette étude, basée sur la plus grande cohorte kEDS-PLOD1 jamais décrite, servira à l’amélioration du diagnostic génétique et à la prise en charge des patients. L’analyse des mécanismes physiopathologiques impliqués dans le développement et la progression de la maladie permettra le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Pierre BOBIN (Paris), Clarisse BILLON, Julien BURATTI, Agathe FOUILLAT, Elodie LEJEUNE, Boris KEREN, Cecilia GIUNTA, Malika FOY, Karelle BÉNISTAN, Pascale RICHARD, Valérie ALLAMAND, Corinne MÉTAY
00:00 - 00:00 #49807 - P648 Syndrome néphrotique cortico-résistant lié au polymorphisme non neutre p.R229Q du gène NPHS2 : étude clinique, histologique et génétique d’une cohorte rétrospective européenne de 92 patients.
Syndrome néphrotique cortico-résistant lié au polymorphisme non neutre p.R229Q du gène NPHS2 : étude clinique, histologique et génétique d’une cohorte rétrospective européenne de 92 patients.

Introduction : Le polymorphisme non neutre p.R229Q du gène NPHS2, codant pour la podocine, est impliqué dans de nombreux cas de syndrome néphrotique cortico-résistant (SNCR) à début tardif. Ce variant n’est pathogène que lorsqu’il est associé à certains variants sur l’allèle en trans, constituant le génotype [p.R229Q ; mut]. Les données concernant cette entité sont encore limitées. Objectif : Décrire les caractéristiques cliniques, histologiques et génétiques des patients atteints de podocytopathie liée au génotype [p.R229Q ; mut] et identifier les facteurs pronostiques d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale (IRT). Méthodes : Étude rétrospective multicentrique incluant 92 patients [p.R229Q ; mut], comparés à 138 patients [mut ; mut]. Les données cliniques, anatomopathologiques et génétiques ont été analysées, ainsi que la survie rénale. Résultats : Les patients [p.R229Q ; mut] présentent un âge médian au diagnostic significativement plus élevé (6,4 ans vs 1,6 ans) et une progression vers l’IRT plus lente (âge médian : 18,1 ans vs 8,7 ans) que les patients [mut ; mut]. Les circonstances diagnostiques étaient variées, mais une proportion importante des patients a été identifiée dans le cadre du dépistage de la protéinurie (médecine scolaire, médecine du travail, médecine militaire notamment). Plusieurs facteurs étaient associés à un mauvais pronostic rénal : âge de début précoce, lésions glomérulaires minimes ou prolifération mésangiale à la biopsie, insuffisance rénale initiale et taux élevé de glomérulosclérose. Une corrélation génotype-phénotype a été mise en évidence pour la première fois à notre connaissance, en particulier pour trois variants. Par ailleurs, une étude d’enrichissement a permis de redéfinir la pathogénicité de certains variants jusqu’alors considérés comme bénins ou probablement bénins. Conclusion : Cette étude confirme l’hétérogénéité phénotypique des podocytopathies liées à NPHS2 et souligne l’importance d’un génotypage précis pour affiner le pronostic et guider le conseil génétique. Trois variants antérieurement décrits comme bénins ou probablement bénins en association à p.R229Q pourraient finalement s’avérer pathogènes, mais des études fonctionnelles seraient souhaitables pour appuyer ces données.
Alice CHIMON, Guillaume DORVAL (Paris)
00:00 - 00:00 #49505 - P649 Caractéristiques cliniques et évolutives de patientes porteuses d’une Dystrophie Musculaire de Duchenne symptomatique dans l’enfance.
Caractéristiques cliniques et évolutives de patientes porteuses d’une Dystrophie Musculaire de Duchenne symptomatique dans l’enfance.

Contexte : La Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie récessive liée à l’X qui affecte principalement les garçons. Les femmes conductrices sont dans la majorité des cas asymptomatiques mais peuvent présenter des symptômes cliniques musculaires. Ces symptômes débutent le plus souvent à l’âge adulte mais dans de rares cas peuvent débuter à l’âge pédiatrique. Il existe peu d’études dans la littérature décrivant ces formes cliniques. Méthodes : Cette étude monocentrique au CHU de Grenoble a inclus les patientes présentant une DMD symptomatique à l’âge pédiatrique afin de décrire leurs caractéristiques cliniques initiale et leur évolution. Résultats : Six patientes ont été inclues, l’âge moyen au début des symptômes était de 7,8 ans. Le premier symptôme était dans la majorité des cas une difficulté à la marche ou à la course. La durée moyenne d’évolution à la dernière évaluation était de 11 ans. Une patiente nécessitait l’utilisation d’un fauteuil roulant électrique en extérieur lors de la dernière évaluation mais aucune n’avait perdu la marche. Deux patientes présentaient une atteinte cardiaque et une patiente une atteinte respiratoire. Deux patientes ont bénéficié d’un traitement par corticoïdes. Conclusion : Dans cette étude, les symptômes cliniques moteurs initiaux et le suivi évolutif des patientes est comparable à ce qui est décrit dans la littérature. Cependant il y a peu de descriptions de ces patientes et le suivi au long terme est indispensable pour affiner les prises en charge.
Céline BIBOULET BRUNEAU, Vincent FARIGOULE, Sophie VALOIS, Stéphanie DOUCHIN, Véronique BOURG, Hervé TESTARD, Klaus DIETERICH (GRENOBLE)
00:00 - 00:00 #49187 - P650 Cohorte française des patients avec déficit en TK2 : analyse des caractéristiques cliniques et génétiques.
Cohorte française des patients avec déficit en TK2 : analyse des caractéristiques cliniques et génétiques.

Introduction : Le déficit en thymidine kinase 2 (TK2), est une maladie mitochondriale autosomique récessive très rare, qui provoque une forme myopathique de syndrome de déplétion/délétion multiple de l'ADN mitochondrial. L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques cliniques et génétiques des patients avec déficit en TK2, qui ont été diagnostiqués en France, au cours des dernières années. Méthode : Les données ont été récoltées de manière rétrospective, via un questionnaire standardisé, auprès du réseau de laboratoire Mitodiag et des médecins prescripteurs. Résultats : Au total, 17 patients ont été diagnostiqués : 3 patients avec forme précoce (début < 1 an), 7 patients avec forme juvénile (début entre 1 et 12 ans), 7 patients avec forme tardive (début > 12 ans). Parmi tous les patients, 41% (n = 7) ont présenté un tableau de myopathie des ceintures, avec fatigabilité à la marche et apparition progressive d'un déficit moteur proximal ; 23,5% (n = 4) ont débuté par une insuffisance respiratoire aigue ; et 23,5% (n = 4) présentaient un ptosis avec déficit facial. Les formes précoces, étaient caractérisées par une hypotonie généralisée avec détresse respiratoire et des troubles graves de la déglutition. Dans les formes tardives, une atteinte faciale était présente dans 85% des cas (n = 6), avec parfois des signes extra-musculaires associés : neuropathie périphérique (n = 1), cardiomyopathie dilatée (n = 1), surdité neurosensorielle (n = 3). La biopsie musculaire retrouvait de nombreuses fibres "ragged red" et COX négatives, dans 100% des cas. L'analyse moléculaire, a permis l'identification des variants : p. Lys202del, p. Thr108Met, p. His121Asn, déjà décrits dans la littérature et concordants avec le phénotype de nos patients (n = 3). Discussion : Très récemment, 2 larges études de cohorte ont été publiées. La cohorte espagnole (Ceballos et al. 2024) est constituée en majorité, par des patients avec forme tardive (60%). La cohorte brésilienne (Moreno et al. 2025), présente une majorité de patients avec forme juvénile (59%). La cohorte française, présente une répartition plus équilibrée : 41% de forme tardive, 41% de forme juvénile, et 18% de forme précoce. Ces résultats sont à interpréter avec précaution, en raison d’un écart important concernant le nombre total de patients (3 fois plus élevé en Espagne, 2 fois plus élevé au Brésil). Conclusion : Le déficit en TK2 est une maladie potentiellement grave, très certainement sous-diagnostiquée, notamment au vu de l’hétérogénéité clinique et aussi de certaines présentations atypiques, comme l’atteinte respiratoire inaugurale et isolée, ou l’association surdité-cardiomyopathie.
Maxime BECKER (Marseille), Annabelle CHAUSSENOT, Marco SPINAZZI, Anthony BEHIN, Sarah TOUATI, Marine LEGENDRE, Mickael JOKIC, Veronique MANEL, Emmanuelle CAMPANA-SALORT, Isabelle DESGUERRES, Andoni ECHANIZ-LAGUNA, Léonard FEASSON, Elisabeth WALLACH, Olivier PATAT, Sylvie BANNWARTH, Bruno FRANCOU, Samira SAADI, Konstantina FRAGAKI, Véronique PAQUIS, Vincent PROCACCIO, Cecile ROUZIER
00:00 - 00:00 #49960 - P651 PAOLO2 - étude de la physiopathologie des anomalies autosomiques dominantes PIEZO2.
PAOLO2 - étude de la physiopathologie des anomalies autosomiques dominantes PIEZO2.

Contexte : Dans le sous-groupe arthrogryposes distales des arthrogryposes multiples congénitales, on peut distinguer les formes avec défaut de relâchement musculaire (sarcomériques, PIEZO2) de celles avec un défaut de contraction (neurogènes ou myogènes) ou une anomalie du tissu conjonctif (FBN2). L'arthrogrypose distale par mutation gain de fonction (GoF) du gène PIEZO2 est une forme plutôt fréquente. Objectif : Evaluer les caractéristiques morphologiques, fonctionnelle et métaboliques des individus atteint d’Arthrogrypose Multiples Congénitales porteurs de mutations gains de fonction du gène PIEZO2. Méthode : Douze individus atteints d’AMC ont été évalués cliniquement et ont bénéficié d’examens complémentaires dans le cadre d’une étude monocentrique à recrutement national. Seuls les individus porteurs de mutations gains de fonction du gène PIEZO2 étaient éligibles. Les données ont été recueillis et analysées à partir des dossiers médicaux des patients suivis dans notre centre (registre PARART NCT 05673265). Résultats : Les individus atteints d’AMC et porteurs de mutations GoF du gène PIEZO2 présentent un phénotype reconnaissable, avec petite taille (distribution de -1,2 SD à -6,6 SD), indice de masse corporelle (IMC) faible (moyenne 19 ; distribution de IOTF de 15 à 22), hypertonie musculaire diffuse avec tonus musculaire ferme, fossettes articulaires, camptodactylie, déformations rachidiennes et une apparence faciale distinctive. Certains individus présentaient un dépôt adipeux abdominal sous-cutané relativement prononcé malgré un IMC globalement faible (n = 4/12) et une dépense énergétique au repos élevée dans certains cas (n = 3/4 ayant eu une calorimétrie indirecte). Cette répartition de la graisse abdominale était associée à une résistance à l’insuline modérée à sévère sur le score HOMA chez certains sujets (n = 4/5). Les données biologiques ont révélé une altération de la fonction thyroïdienne, avec des taux élevés de T3 libre malgré des niveaux normaux ou faibles de TSH. L’évaluation musculaire a montré une hypertonie persistante avec une fermeté accrue à la palpation, tandis que les résultats de l’électromyographie (EMG) étaient normaux. L’IRM musculaire a révélé un volume musculaire préservé avec une infiltration graisseuse n’excédant jamais 30% (score Mercuri 2/4). Parmi les autres observations figuraient une motricité oculaire altérée. Des profils respiratoires restrictifs ont été observés lors des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR). Conclusion : Cette étude apporte de nouvelles connaissances cliniques et métaboliques sur le phénotype associé aux mutations GoF de PIEZO2. Les résultats soulignent la nécessité d’une exploration complète de l’axe thyroïdien ainsi que d’une analyse approfondie de la répartition de la graisse abdominale afin de compléter le profil métabolique et d’évaluer le lien avec la résistance à l’insuline.
Clara CARTAL, Cécile BETRY, Martial MALLARET, Marjolaine GAUTHIER, Frédérique NUGUES, Karine PALOMBI, John RENDU, Klaus DIETERICH (GRENOBLE)
00:00 - 00:00 #49052 - P652 La centralisation des collections françaises en population générale CONSTANCES, E3N-Générations, ELFE, EPIPAGE2 et GAZEL au CRB du CEPH dans le cadre du projet BioCF : un avantage stratégique pour la recherche médicale en France.
La centralisation des collections françaises en population générale CONSTANCES, E3N-Générations, ELFE, EPIPAGE2 et GAZEL au CRB du CEPH dans le cadre du projet BioCF : un avantage stratégique pour la recherche médicale en France.

Le projet BioCF, Biobanque Cohortes Françaises, financé par l’ANR dans le cadre des Equipex+ 2020, vise à créer une ressource nationale centralisée pour la collecte, le stockage et l'exploitation d'échantillons biologiques issus de cinq cohortes généralistes en population françaises. BioCF s'appuie sur le savoir-faire technique et scientifique du Centre de Ressources Biologiques de la Fondation Jean Dausset-CEPH à Paris, premier CRB européen certifié ISO20387 en mars 2020, où ont les collections biologiques ont été regroupées. Les cinq cohortes participantes (Constances, E3N-Générations, Elfe, Epipage2 et Gazel) comprennent au total près de 400 000 volontaires français avec un suivi actif continu allant de quelques années à plusieurs décennies (E3N et Gazel). 130 000 volontaires ont déjà consenti à donner des échantillons biologiques pour la recherche biomédicale, et environ 50 000 d’entre eux ont déjà donné plusieurs types d'échantillons (par exemple, sang, urine, salive). Ces chiffres continuent d'augmenter avec les collectes en cours/prévues. Un total de 1,57 million d’échantillons, conservés initialement aux EFS d’Annemasse, de Dijon, de Bois-Guillaume et à l’IBBL au Luxembourg a été rapatrié au CRB du CEPH en quatre grandes phases comprenant des transferts en azote liquide et en carboglace. L’ADN de 42000 buffy-coat et 43000 salives collectées sur les kits OG-500 (DNA-Genotek) a été extrait sur les automates ChemagicPrime (Revvity). Après le contrôle de leur qualité (quantification en fluorimétrie, intégrité, sexe), 62000 ADN ont été transférés pour être génotypés sur la puce GSA-V4-MD au CNRGH. Le génotypage de l’ADN de 40000 individus a déjà été effectué à ce jour avec un taux de succès supérieur à 99 %. Les données génotypiques sur l’ensemble du génome générées, ainsi que les très nombreuses données associées concernant un large éventail de maladies, des facteurs environnementaux, d’anthropométrie, des facteurs reproductifs et hormonaux, les modes de vie, des facteurs socio-économiques et professionnels, des données sur les soins et la consommation de médicaments rendra BioCF unique et permettra aux chercheurs académiques et privés de mener une large gamme d'analyses, notamment par GWAS, des études sur les interactions gène-environnement ou sur les interactions gène-médicament. Cette nouvelle ressource d’échantillons annotés avec des données de génotypage, constituée par BioCF, comblera le fossé actuel avec d'autres pays en Europe, avec les États-Unis et la Chine qui ont déjà mis en place de très grandes biobanques intégrées dans des cohortes en population.
Jean-Christophe BEAUDOIN, Laetitia GRESSIN, Valérie MOREL, Morgane MONCOMBLE, Jean-Marc SEBAOUN, Nandhinie ZANEGUY, Delphine BACQ, Céline BESSE, Francis ROUSSEAU, Marylène BAYLET, Pascale GERBOUIN-REROLLE, Elodie SPEYER, Marie-Aline CHARLES, Marie ZINS, Gianluca SEVERI, Robert OLASO, Jean-François DELEUZE, Hélène BLANCHÉ (Paris)
00:00 - 00:00 #49461 - P653 Contribution de la génétique à la prévention de précision du cancer colorectal en CHU : recensement supervisé des apparentés et organisation anatomo-centrée.
Contribution de la génétique à la prévention de précision du cancer colorectal en CHU : recensement supervisé des apparentés et organisation anatomo-centrée.

Environ 47 000 nouveaux cancers colorectaux (CCR) surviennent chaque année en France, dont 1 400 syndrome de Lynch (SL, 3 %) et 7 000 cas familiaux multifactoriels (CFM, 15 % : précédés d’un CCR chez un apparenté du 1er degré). Plus de 80 % des CCR / SL ou CFM sont évitables par un suivi coloscopique adapté. Cependant, seulement 12 % des adultes porteurs d’un variant pathogène du SL sont actuellement identifiés (20 000 / 173 000) et bénéficient d’une prévention de précision. Par ailleurs, plus de 90 % des CFM sont dus à un défaut de surveillance coloscopique. L’objectif de ce travail était d'évaluer l’efficience de dispositifs pilotés en génétique pour améliorer la prévention des CCR / SL ou CFM. L’étude a porté sur 389 patients CCR du Service d’Oncologie digestive du CHU de Clermont-Ferrand en 2019-2024. Le temps RH (ressources humaines) requis a été précisé. Dispositifs évalués : SL (1) approche cliniquement centrée (entretien / recueil des antécédents familiaux, récupération de comptes-rendus anatomo-pathologiques (40% hors CHU), demandes d’analyses complémentaires (immunohistochimie (IHC) / NGS), multiples relances) et (2) approche anatomo-pathologiquement-centrée (recensement annuel en anatomie-pathologique / CCR du CHU, avec IHC et NGS) ; recensement, pour les patients atteints de CCR, des apparentés relevant d'une coloscopie de prévention familiale (CPF) : (3) questionnaire libre remis par l’infirmière du Service d’Oncologie digestive ou (4) recueil systématique par le service de génétique. SL : (1) le dispositif cliniquement centré a permis d’identifier 18 suspicions de SL pour 12 SL attendus (3% des CCR), au moyen de 4 journées (j) RH/mois. (2) L’approche anatomo-centrée a permis d’identifier 24 suspicions de SL pour 9 SL attendus (293 pièces anatomopathologiques), au moyen d' 1/2 j RH/mois. CFM : (3) le questionnaire libre a permis le recensement des apparentés relevant d’une CPF pour 47 % des patients, requérant 1 heure (h) RH/mois. (4) Le recueil systématique a recensé les apparentés pour 100% des patients, requérant 30 h RH/mois. Pour le dépistage du SL, le dispositif anatomo-centré est très économe en RH (1/2 j / mois), mais 25 % des SL restent à dépister ; le dispositif cliniquement centré a le potentiel d’approcher de l’exhaustivité, mais le coût RH est 8 fois plus élevé (4 j / mois). Pour le recensement des apparentés devant bénéficier d’une CPF, le recueil systématique est exhaustif, mais avec un coût RH élevé (30 h / mois) ; le questionnaire libre est très économe en RH (1h / mois), mais plus de la moitié des apparentés restent à recenser. Au total, ces évaluations apportent des indications utiles aux services de génétiques motivés par une organisation structurée de la prévention de précision du CCR. L’organisation optimale serait une combinaison des différentes approches. Le développement de ces dispositifs mis au point en CHU peut s'envisager pour les autres centres hospitaliers publics et privés.
Laury NICOLAS (CLERMONT FERRAND), Anna SEROVA-ERARD, Marine JARY, Simon REY, Jeanne SOCQUET, Anne-Sophie JARROUSSE, Claude DARCHA, Johan GAGNIERE, Denis PEZET, François CORNELIS
00:00 - 00:00 #49462 - P654 Facteurs environnementaux et occurrence d’adénocarcinome pancréatique chez les porteurs de variants pathogènes BRCA2 : étude rétrospective monocentrique.
Facteurs environnementaux et occurrence d’adénocarcinome pancréatique chez les porteurs de variants pathogènes BRCA2 : étude rétrospective monocentrique.

Introduction Les facteurs de risque classiques de l’adénocarcinome du pancréas (ADK) incluent l’âge, le sexe masculin, le tabac, l’obésité, l’alcool et les antécédents familiaux. Les porteurs de variants pathogènes (VP) de BRCA2 présentent un sur-risque d’ADK. L’objectif de ce travail était de rechercher si les facteurs classiques sont impliqués dans la survenue d’ADK chez des porteurs de VP BRCA2. Patients et Méthodes Étude rétrospective monocentrique incluant 20 porteurs d’un VP BRCA2 (classe 4 ou 5, germinal ou familial) : 3 atteints d’ADK (1 femme (F), 2 hommes (H)) et 17 indemnes (11 F, 6 H). Les données recueillies par fiche standardisée comprenaient : âge, sexe, indice de masse corporelle (IMC), tabagisme (paquets-années [PA]), consommation d’alcool (<5 verres/sem versus (vs) ≥5) et antécédents familiaux d’ADK. Analyses descriptives avec médianes, interquartile-range [IQR] et effectifs absolus. Résultats L’âge médian à la consultation (équivalant à l’âge de survenue pour les cas) était de 65 ans [51–68] chez les cas vs 46 ans [43–62] chez les indemnes. L’IMC médian était de 30 [25–35] chez les cas vs 24 [23–28] chez les indemnes ; une obésité était observée chez 2 cas /3 contre 3/17 indemnes. Le tabagisme concernait 2/3 cas (20 PA [0–29]) contre 5/17 indemnes (0 [0–17]). Une consommation d’alcool d’au moins 5 verres/semaine était retrouvée chez 2/3 cas vs aucun chez les 17 personnes indemnes. Un antécédent familial d’ADK était présent chez 1/3 cas et 4/17 indemnes. Conclusion Tous les facteurs de risque classiques de l’ADK étaient retrouvés chez les cas porteurs de VP BRCA2, et chacun était plus fréquent que chez les indemnes, sans atteindre la significativité sur ce faible effectif. Ces résultats soulignent l’importance de la prévention de précision, visant de corriger les facteurs modifiables (obésité, tabac, alcool) dès l’identification d’un VP BRCA2, en particulier chez les hommes. Une étude multicentrique est initiée afin de confirmer ces résultats, explorer d’autres facteurs environnementaux et rechercher des corrélations génotype-phénotype, notamment selon le caractère tronquant ou non des variants BRCA2.
Laury NICOLAS (CLERMONT FERRAND), Anna SEROVA-ERARD, Marine JARY, Claude DARCHA, Johan GAGNIERE, Denis PEZET, François CORNELIS
00:00 - 00:00 #49376 - P655 Séquençage du gène TTR depuis l'avènement des biothérapies en France : enquête rétrospective nationale entre 2018 et 2023.
Séquençage du gène TTR depuis l'avènement des biothérapies en France : enquête rétrospective nationale entre 2018 et 2023.

Contexte : L’amylose héréditaire à transthyrétine (ATTRv) est une maladie génétique rare causée par des variants du gène TTR. Associée à divers phénotypes cliniques comme la polyneuropathie et la cardiomyopathie, l’ATTRv était historiquement associée à un mauvais pronostic. Les récentes avancées en biothérapies ont significativement amélioré ces perspectives. Cette étude visait à évaluer l’évolution du dépistage des variants génétiques du gène TTR depuis l’introduction des biothérapies en France en 2018. Méthodes : Cette étude rétrospective nationale a analysé les données et les résultats génétiques de patients ayant bénéficié d’un séquençage du gène TTR entre 2018 et 2023. Résultats : 16 640 patients ont été testés pendant la période étudiée. Le nombre de séquençages du gène TTR effectués chaque année a augmenté de 108 % entre 2018 et 2023. Le taux de résultats positifs est resté stable malgré l’augmentation du nombre de tests (7,09 % sur la période). Au cours de ces six années, 1 179 patients ont été diagnostiqués porteurs d’un variant pathogène du gène TTR. Conclusions : L’étude met en évidence une augmentation significative du dépistage génétique de TTR en France, probablement liée à la mise à disposition des biothérapies. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer le séquençage du gène TTR dans les procédures diagnostiques standard, en particulier compte tenu de l’efficacité des traitements et de la stabilité des taux de positivité.
Abd El Kader AIT TAYEB, Pauline CHAZELAS, Vianney POINSIGNON, David ADAMS, Caroline BERTHOT, Cécile CAUQUIL, Claire-Marie DHAENENS, Bruno FRANCOU, Guillaume JEDRASZAK, Céline LABEYRIE, Clara LAFFITTE REDONDO, Anne-Sophie LIA, Maureen LOPEZ, Franck STURTZ, Lucie TOSCA, Céline VERSTUYFT, Andoni ECHANIZ-LAGUNA, Jérôme BOULIGAND (LE KREMLIN BICETRE)
00:00 - 00:00 #49265 - P656 Etude du risque familial de sclérose en plaques au sein de l’Observatoire Français de la sclérose en plaques.
Etude du risque familial de sclérose en plaques au sein de l’Observatoire Français de la sclérose en plaques.

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune (MAI) touchant le système nerveux central, débutant habituellement entre 20 et 50 ans. Les MAI atteignent 4% de la population française, dont 0,15% de SEP (femmes = 0,21%, hommes = 0,089%), avec un sex-ratio en faveur des femmes. Aucune évaluation récente du risque en France des apparentés d’une personne atteinte de SEP n’est disponible. Si la physiopathogénie de la SEP reste inconnue, plusieurs facteurs de risques environnementaux (virus d’Epstein-Barr, tabac, obésité, manque de vitamine D) et génétiques (plus de 200 loci, le principal étant le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH)) ont été identifiés. Notre objectif était de préciser le risque familial de SEP et de MAI en France, dans la période récente. Nous avons recueilli par entretien téléphonique les antécédents familiaux de SEP et de MAI chez 460 volontaires inclus dans l’Observatoire Français de la SEP (OFSEP), entre 2015 et 2023, suivis au CHU de Nantes. Parmi 2 655 apparentés au premier degré, nous avons identifié 40 personnes atteintes de SEP (26 femmes et 14 hommes), dans 36 familles et 63 personnes atteintes d’autres MAI (dont 19 de thyroïdite de Hashimoto et 13 de polyarthrite rhumatoïde), dans 46 familles. La prévalence de la SEP au 1er degré d’un individu atteint est de 1,69% (IC95% [1,08-2,62]) pour les femmes et 0,99% pour les hommes (IC95% [0,54-1,81]), significativement supérieures à celle de la population générale (P = 2,3.10-27 et 8,6.10-22). Elle est la plus élevée chez les sœurs où elle atteint 2,83% (IC95% [1,66-4,78]). Le risque au 1er degré de développer une SEP avant 50 ans est de 1,99% (IC95% [1,23-3,21]) pour les femmes et de 1,04% (IC95% [0,53-2,03]) pour les hommes. Les risques sont similaires, que le volontaire OFSEP soit une femme ou un homme. Concernant les autres MAI, leur prévalence au 1er degré est de 3,02% (IC95% [2,17-4,19]) chez les femmes et 1,48% (IC95% [0,9-2,43]) chez les hommes. Nous apportons ici une estimation actuelle du risque familial de SEP et d’autres MAI en France par analyse de 2655 apparentés, issus de 460 familles atteintes de SEP : le risque de SEP est multiplié par 8,1 chez les femmes du 1er degré et par 11,1 chez les hommes. En revanche, aucune augmentation significative du risque d’autres MAI n’a été observée, à la différence de la plupart des MAI, comme la polyarthrite rhumatoïde. Cela suggère une spécificité des mécanismes auto-immuns dans la SEP. Les risques de SEP observés permettent d’envisager de définir une population cible, en tenant compte du génotype du CMH et des facteurs environnementaux, pour une éventuelle action de prévention et/ou de dépistage. Il serait utile d’étendre l’étude au sein de l’OFSEP pour préciser les évaluations de risque familial.
Anna SEROVA-ERARD (Clermont-Ferrand), Alexandra SENDRANE, Raphaelle BOYER, Emma POURRET, Sonia BOURGUIBA-HACHEMI, Laureline BERTHELOT, Pierre-Antoine GOURRAUD, Nicolas VINCE, François CORNELIS, David-Axel LAPLAUD
00:00 - 00:00 #49639 - P657 Méthylation de l’ADN et risque de cancer du sein : étude d’association épigénomique au sein de la cohorte E3N-Generations.
Méthylation de l’ADN et risque de cancer du sein : étude d’association épigénomique au sein de la cohorte E3N-Generations.

Les altérations de la méthylation de l’ADN sanguin sont considérées comme des biomarqueurs prometteurs du risque de cancer du sein. Cependant, les résultats des études d’association épigénomique à grande échelle (EWAS) publiées à ce jour présentent des résultats hétérogènes avec un chevauchement limité des sites CpG identifiés entre les études. Ces divergences pourraient s’expliquer par différents facteurs tels que la taille limitée des échantillons, l’absence de réplication ou encore la possibilité d’une causalité inverse. Ainsi, des analyses prospectives de grande ampleur restent nécessaires pour clarifier le rôle de la méthylation de l’ADN dans le développement du cancer du sein. Nous avons conduit une étude cas-cohorte nichée au sein de la cohorte française E3N-Générations, incluant 2037 femmes indemnes de cancer au moment du prélèvement sanguin (1995–1999) et suivies jusqu’à fin novembre 2014. Au cours du suivi, 1054 cas incident de cancer du sein ont été identifiés. La méthylation a été mesurée à l’aide de deux générations de puces Illumina HumanMethylationEPIC BeadChip (version 1 : 866 553 CpG ; version 2 : 937 690 CpG). Les données des deux plateformes ont été harmonisées grâce à une stratégie multi-étapes, suivie de procédures de prétraitement, de normalisation et de correction des effets de lot. Des modèles de Cox pondérés ont été appliqués afin d’identifier les sites CpG associés au risque de cancer du sein. Ces CpG ont ensuite été annotés aux gènes et nous avons mis en évidence les voies biologiques pertinentes via des analyses d’enrichissement de gènes (GSEA). Par ailleurs, l’accélération de l’âge épigénétique a été estimée à l’aide de plusieurs horloges de méthylation, puis comparée entre les cas et les non-cas, et analysée selon le délai entre le prélèvement et le diagnostic afin d’évaluer une éventuellement influence de la proximité du diagnostic sur les signatures observées. Les analyses complètes seront finalisées prochainement et présentées lors du congrès. Ces travaux pourraient mettre en évidence de nouveaux marqueurs et voies biologiques impliqués liés au cancer du sein. L’identification de signatures robustes de méthylation pourrait améliorer la prédiction du risque, le dépistage ciblé et les stratégies de prévention.
Yazdan ASGARI (Paris), Dzevka DRAGIC, Fanny ARTAUD, Gianluca SEVERI, Thérèse TRUONG
00:00 - 00:00 #49597 - P658 Corrélations phénotype-génotype et implications génétiques du variant HBA2:c.*94A>G dans les alpha-thalassémies.
Corrélations phénotype-génotype et implications génétiques du variant HBA2:c.*94A>G dans les alpha-thalassémies.

La chaîne alpha-globine qui entre dans la composition de toutes les hémoglobines (Hb) fœtale ou adultes, est codée par 2 gènes homologues HBA1 et HBA2. Les déficits quantitatifs en chaîne alpha-globine secondaires à l’altération de ces gènes définissent les alpha-thalassémies dont le degré de sévérité est habituellement corrélé au nombre de gènes (1 à 4) atteints. Les variants altérant le site de polyadénylation du gène HBA2 font exception à cette règle. Parmi les cinq variants recensés dans les bases de données HbVar et Ithanet, un seul est fréquent dans les populations du Moyen-Orient et sud de l’Europe: HBA2:c.*94A>G aussi connu sous le nom de variant « Saudi ». Nous avons étudié les corrélations phénotype-génotype et leurs implications pour le conseil génétique des porteurs de ce variant diagnostiqués dans notre centre. Nous avons recensé 19 patients dont 12 cas index porteurs du variant HBA2:c.*94A>G dans la cohorte des alpha-thalassémies génotypées dans notre laboratoire entre 2000 et 2025. Les données phénotypiques (hémogramme et électrophorèse de l’hémoglobine) ont été collectées, si possible à différentes époques de la vie. Trois patients étaient homozygotes pour le variant HBA2:c.*94A>G, douze hétérozygotes composites avec la délétion alpha-3.7, et quatre hétérozygotes. Comme attendu, nous observons une sévérité phénotypique croissante avec la diminution du nombre résiduel de gènes alpha-globine fonctionnels. Toutefois, les simples hétérozygotes HBA2:c.*94A>G dont un seul gène alpha sur les 4 est affecté ont un tableau d’alpha-thalassémie mineure qui correspond habituellement à l’atteinte de deux gènes alpha-globine. Les patients homozygotes pour ce variant ont un phénotype d’hémoglobinose H qui correspond à une thalassémie intermédiaire (moyenne d'Hb H:15.6%), alors que l’hémoglobinose H s’observe habituellement lorsque 3 gènes alpha sont altérés. Ces résultats sont cohérents avec les données de la littérature. Le variant HBA2:c.*94A>G altère le site de polyadénylation du gène HBA2 qui contribue à l'expression majoritaire des chaines alpha globines (60-70% des ARNm), entraînant un défaut de maturation de l’ARNm. Moins connue est l’évolution avec l’âge du phénotype hétérozygote composite alpha-3.7 et HBA2:c.*94A>G. Ce phénotype est intermédiaire par rapport aux 2 groupes précédents, avec une Hb Bart (équivalent de l'Hb H à la naissance) inférieure à celle du groupe homozygote mais supérieure aux très faibles valeurs des hétérozygotes, les valeurs du taux d’Hb étant similaires à celles du groupe hétérozygote. La présence d’une quantité significative d’Hb Bart chez les nouveaux-nés hétérozygotes composites peut faire évoquer à tort une évolution vers une hémoglobinose H, comme c’est le cas chez les homozygotes (HBA2:c.*94A>G). Compte tenu de la grande fréquence de la délétion alpha-3.7 dans la population mondiale, l’étude génétique est indispensable pour préciser le génotype qui conditionne le pronostic et l’évolution clinique des patients.
Quentin RADZIEJEWSKI, Anne-Françoise SERRE-SAPIN, Corinne FAVIER, Muriel GIANSILY-BLAIZOT (Montpellier), Patricia AGUILAR-MARTINEZ
00:00 - 00:00 #49930 - P659 Nouvelle mutation mucoviscidosique 1104delC: impact clinique sévère.
Nouvelle mutation mucoviscidosique 1104delC: impact clinique sévère.

Introduction et Objectif : La mucoviscidose est une maladie autosomique récessive causée par des mutations du gène CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator), dont plus de 2000 variants ont été décrits à ce jour, avec une grande variabilité clinique. Dans ce présent travail, nous décrivons une nouvelle mutation 1104delC chez un patient tunisien présentant un phénotype clinique sévère. Patients et méthodes : Notre étude a porté sur un patient fortement suspect de la mucoviscidose. Le test de la sueur a été réalisé par iontophorèse à la pilocarpine par la méthode de l’Exsudose. L’étude moléculaire des 27 exons du gène CFTR a été menée par séquençage direct. Résultats et Discussion : Sur le plan clinique, le patient présente un phénotype sévère, associant une atteinte respiratoire précoce et progressive, marquée par des infections broncho-pulmonaires récurrentes, une obstruction bronchique sévère et un retard staturo-pondéral malgré une prise en charge nutritionnelle adaptée. Le test de la sueur a confirmé le diagnostic avec des valeurs élevées de chlorures sudoraux. L’analyse moléculaire a révélé une mutation délétère à l’état homozygote 1104delC, identifiée au niveau de l’exon 7 du gène CFTR. Elle est responsable d’un décalage du cadre de lecture entraînant un codon stop prématuré et une absence quasi complète de protéine CFTR fonctionnelle. Ce cas illustre l’importance du génotypage dans la mucoviscidose, non seulement pour confirmer le diagnostic, mais également pour prédire l’expression clinique et guider la prise en charge personnalisée Conclusion: La mutation 1104delC semble être associée à une forme sévère de la maladie, en raison de la perte totale de fonction de la protéine CFTR. Son identification enrichit le spectre mutationnel du gène CFTR et contribue à mieux définir les corrélations génotype-phénotype.
Sondess HADJ FREDJ, Chayma SAHLI, Rym OTHMANI, Mariem OTHMANI, Siwar CHELBI, Faida OUALI, Fatma KHALSI, Samia HAMMOUDA, Khedija BOUSSETTA, Rym DABBOUBI, Taieb MESSAOUD (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49758 - P660 Annotations gène-maladie d’Orphanet : une fenêtre sur le paysage génétique et thérapeutique des maladies rares.
Annotations gène-maladie d’Orphanet : une fenêtre sur le paysage génétique et thérapeutique des maladies rares.

Orphanet est une ressource unique, qui rassemble et enrichit les connaissances sur les maladies rares afin de faciliter le diagnostic, le soin et le traitement des patients atteints de maladies rares. Structurée autour de la Nomenclature des maladies rares, la base de connaissances Orphanet recense notamment les relations gène-maladies, un inventaire des projets de recherche préclinique et de thérapie génique, ainsi que les médicaments approuvés pour les maladies rares. Les annotations gène-maladie sont issues d’une veille documentaire systématique et validées manuellement selon des procédures standardisées. Les gènes sont aussi alignés à des ressources génétiques externes telles qu’OMIM, HGNC, Ensembl et Reactome. Les maladies rares sont également classées par domaine médical, permettant l’analyse de la distribution des gènes en fonction des spécialités cliniques et offrant un aperçu de l’état actuel des connaissances génétiques dans le champ des maladies rares. Le poster présentera la répartition des maladies génétiques rares selon qu’une cause moléculaire soit connue ou non, ainsi que leur distribution à travers les différents domaines médicaux. Il mettra également en évidence le nombre moyen de gènes associés par maladie dans les différents domaines médicaux, afin d’évaluer la densité des connaissances génétiques dans chaque champ médical. L’analyse inclura également les maladies génétiques rares faisant l’objet d’une recherche pré-clinique en thérapie génique, ainsi que celles pour lesquelles une thérapie génique est déjà approuvée, permettant de relier la cartographie génétique à des perspectives thérapeutiques concrètes. Environ 70% des maladies génétiques répertoriées dans Orphanet disposent d’au moins une association gène-maladie connue, illustrant l’importance des avancées réalisées dans l’identification des bases moléculaires. Les anomalies rares du développement embryonnaire et les maladies neurologiques rares constituent les catégories où la distribution des maladies génétiques est la plus importante. Les annotations gène-maladie d’Orphanet, combinées à la classification par domaine médical et aux informations sur le développement de thérapies, constituent une ressource essentielle pour explorer le paysage génétique des maladies rares et identifier les opportunités thérapeutiques émergentes, notamment en thérapie génique.
Mickaël DE CARVALHO, Mariane ESPITALIE, Julie BRUYERE-ZRELLI, Perrine RENARD, Caterina LUCANO (Paris), Ana RATH
00:00 - 00:00 #49803 - P661 Identification des modificateurs génétiques de l’âge d’apparition de la maladie de Parkinson causée par la variante G2019S du gène LRKK2.
Identification des modificateurs génétiques de l’âge d’apparition de la maladie de Parkinson causée par la variante G2019S du gène LRKK2.

La maladie de Parkinson (MP) est une affection neurodégénérative due à la perte de neurones dopaminergiques dans la substance noire. Elle est influencée par des facteurs environnementaux et génétiques, la majorité des cas étant sporadiques. La variante LRRK2 G2019S est le facteur génétique le plus fréquent, représentant 1–2 % de tous les cas chez les Caucasiens et jusqu’à 30–40 % chez les populations arabo-berbères. Cette variante présente une pénétrance incomplète et un âge d’apparition (AAO) variable. Notre étude visait à identifier des modificateurs génétiques de l’AAO chez les porteurs de G2019S par une étude d’association pangénomique. Nous avons d’abord analysé notre cohorte locale (Institut du Cerveau). Les ADN ont été génotypés avec la puce OmniExpress, imputés via le serveur TOPMed et soumis à un contrôle qualité (R² > 0,3, MAF > 0,01). L’AAO a été analysé comme un trait binaire (précoce < 52 ans, tardif > 52 ans) par un modèle logistique mixte et comme un trait continu par un modèle linéaire mixte. Les deux modèles ont été ajustés pour le sexe, les composantes principales (PCA) et incluaient une matrice de parenté génétique (GRM) afin de contrôler la structure et la parenté de la population. Nous avons analysé 248 patients atteints de la MP, non apparentés, porteurs de la mutation LRRK2 G2019S, après imputation de 9 millions de variants. Trois SNPs situés dans un locus du chromosome 13 (rs306675, rs306677, rs306679) ont été identifiés. Le modèle binaire a montré une association significative (p-valeur = 7,1×10⁻⁸, 7,1×10⁻⁸et 8,3×10⁻⁸, respectivement). Aucun SNP n’a atteint le seuil de significativité avec le modèle linéaire, bien que les mêmes variants aient montré les associations les plus suggestives (p-valeur = 1,3×10⁻⁷, 1,3×10⁻⁷ et 4,3×10⁻⁷, respectivement). Nos résultats mettent en évidence un locus intergénique situé entre les gènes Glypican-5 et Glypican-6, dont les produits sont impliqués dans la régulation de processus cellulaires essentiels (croissance, différenciation et division cellulaires). Afin de consolider ces observations, nous avons intégré des données issues de collaborations internationales et de bases publiques, élargissant ainsi la cohorte à 2100 porteurs supplémentaires (1500 MP+, 600 MP−). Une analyse de survie par modèle de Cox (Cox proportional hazards model) sur l’ensemble des porteurs (MP+ et MP−), ainsi que des analyses spécifiques par population (européenne, nord-africaine, juive ashkénaze), sont en cours pour évaluer d’éventuels effets populationnels. Si ces résultats se confirment, ce locus pourrait devenir une cible prioritaire pour des études fonctionnelles visant à mieux comprendre la physiopathologie de la maladie de Parkinson associée à LRRK2.
Gatepe Cedoine KODJOVI (Paris), Thomas COURTIN, Christelle TESSON, Guillaum COGAN, Aymeric LANORE, Suzanne LESAGE, Alexis BRICE, Consortium International SUR LES MODIFICATEURS LRRK2
00:00 - 00:00 #49432 - P662 Mésappariements familiaux identifiés au sein du laboratoire AURAGEN : analyse génétique et facteurs associés.
Mésappariements familiaux identifiés au sein du laboratoire AURAGEN : analyse génétique et facteurs associés.

Contexte : Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique, le laboratoire AURAGEN réalise des analyses de séquençage afin d’identifier des variants responsables de maladies rares. Au cours de ces analyses, certains dossiers révèlent des mésappariements familiaux, correspondant à des discordances entre la filiation biologique et la filiation déclarée. Ces situations incluent notamment les cas de fausse paternité, de non-maternité, d’enfant non apparenté au couple déclaré ou de discordances techniques. Méthodes : En septembre 2025, une extraction des non-conformités de KaliLab à l’aide des mots-clés « mésappariement », « père », « paternité », « parentalité », « cluster* » et « mismatch » a permis d’identifier les dossiers concernés. Chaque dossier a fait l’objet d’une revue génétique afin de confirmer le mésappariement, d’en préciser l’origine et de recueillir des variables contextuelles (dates de naissances, position dans la fratrie). Les cas ont été regroupés selon les catégories explicatives : fausse paternité, fausse maternité, enfant non apparenté au couple, adoption ou substitution. Résultats : Sur un total de 13’498 dossiers analysés, 56 cas de mésappariements familiaux ont été identifiés (0.41%). La répartition par type de mésappariement est la suivante : fausse paternité 89,3%, fausse maternité 1,78%, enfant non apparenté 1,78 %. Une prévalence plus importante a été observée dans les dossiers pour lesquels les mères appartenaient à la tranche 25-34 ans (37%). L’enfant concerné était plus fréquemment l'aîné. Conclusion : La fréquence des mésappariements familiaux dans un contexte diagnostique génétique reste faible mais son impact sur le temps de traitement est non négligeable, ce sont des dossiers délicats qui demandent une collaboration renforcée avec les prescripteurs. L’identification de facteurs associés permet de mieux comprendre les déterminants de ces situations et d’améliorer les pratiques de gestion.
Lucas W. GAUTHIER (Lyon), Laure SAPEY-TRIOMPHE, Anne THOMAS, Virginie BERNARD, Julien THEVENON, Eulalie LASSEAUX, Christine VINCIGUERRA, Consortium AURAGEN
00:00 - 00:00 #49554 - P663 Paysage génétique de NAT2 dans la population marocaine : Vers des stratégies de dosage de l'isoniazide guidées par le génotype dans une région endémique de tuberculose.
Paysage génétique de NAT2 dans la population marocaine : Vers des stratégies de dosage de l'isoniazide guidées par le génotype dans une région endémique de tuberculose.

Objectif : Plusieurs facteurs physiopathologiques et génétiques influencent la susceptibilité à l'hépatotoxicité induite par les médicaments antituberculeux (ATDH), notamment avec l'isoniazide (INH). L'un des principaux gènes de susceptibilité à l'ATDH est le gène N-acétyltransférase 2 (NAT2), qui détermine le statut d'acétylation d'un individu (rapide, intermédiaire ou lent) pour le métabolisme des médicaments et des xénobiotiques. Cette étude vise à déterminer les fréquences des différents profils d'acétylation dans la population marocaine et leur impact sur l'efficacité et les effets indésirables du traitement antituberculeux, en particulier l'hépatotoxicité. Méthodes : Cette étude a utilisé une analyse in silico dans une base de données d'exomes interne comprenant 240 individus marocains afin de déterminer les fréquences des profils d'acétylation, prédire l'efficacité du traitement et les effets indésirables, en particulier l'hépatotoxicité. Résultats : Parmi les 14 variants du gène NAT2 identifiés, trois étaient prédominants : NAT2*5 (c.341T>C; p.Ile114Thr) et NAT2*6 (c.590G>A; p.Arg197Gln), associés à un profil d'acétylation lent, avec des fréquences alléliques respectives de 50,20% et 25,41%, et NAT2*4 (c.803G>A; p.Arg268Lys), associé à un profil d'acétylation rapide, avec une fréquence allélique de 48,75%. Conclusion : La population marocaine semble hétérogène, présentant à la fois des acétyleurs lents et rapides. Cette variabilité génétique doit être prise en compte dans la médecine personnalisée. Un ajustement posologique basé sur le génotype NAT2 pourrait être nécessaire pour déterminer la dose optimale d'INH pour le traitement de la tuberculose, réduisant ainsi les effets indésirables et améliorant l'efficacité du traitement.
Nada BENYAHYA (RABAT, Maroc), Mohsine-Ali EL-HAMRI, Jaber LYAHYAI, Ilham RATBI, Imane CHERKAOUI, Zineb RCHIAD, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #49741 - P664 Réseau NGS-Diag : présentation et objectifs.
Réseau NGS-Diag : présentation et objectifs.

Depuis plus de dix ans, le séquençage haut débit (NGS) transforme les pratiques diagnostiques, en soulevant des enjeux majeurs en bioinformatique, veille technologique, éthique, assurance qualité, validation de méthodes et mise en place de panels au sein des réseaux et filières. Porté par le plan France Médecine Génomique 2025 avec l’intégration du génome dans le parcours de soin, le réseau NGS Diag s’est constitué afin de favoriser le partage de réflexions entre les laboratoires autour de ces différentes problématiques. Il a été officiellement lancé le 20/12/2017 lors de la première journée scientifique du réseau. Le board de NGS Diag est constitué de membres représentant des sociétés savantes et autres réseaux (ANPGM, ACLF, GGC, réseau AChro-Puce et BioinfoDiag). L’objectif du réseau est de renforcer la cohésion entre les laboratoires de génétique, en interaction avec les filières maladies rares et les réseaux clinico-biologiques d’oncogénétique reconnus par l’INCa. Cette coopération favorise l’élaboration et la diffusion de recommandations professionnelles transversales et de guides de bonnes pratiques dans le cadre de l’accréditation ISO15189. Elle contribue également à l’harmonisation nationale des stratégies diagnostiques et à une meilleure visibilité sur la scène internationale. Il entend également participer à la diffusion de ces recommandations au travers de workshops en lien avec les sociétés savantes sus-citées. Depuis sa création, le réseau a organisé six journées scientifiques, réunissant entre 200 et 350 participants, dont la dernière en 2024 était consacrée à la méthylation de l’ADN. Plusieurs groupes de travail ont abouti à des recommandations transversales, notamment sur l’interprétation des variants issus des analyses NGS, ainsi qu’à des formations dédiées. Ces recommandations sont mises à disposition sur le site web de la FFGH. Enfin, le réseau accompagne de manière pragmatique la réflexion collective autour de l’évolution des modalités de facturation des actes NGS (RIHN), en lien avec les sociétés savantes.
Cécile ROUZIER (Nice), Laila EL KHATTABI, Nicolas SEVENET, Nicolas CHATRON, Sylvie JAILLARD, Florence COULET, Valérie MALAN, Claude HOUDAYER, Sylvie BOURTHOUMIEU, Le Béchec ANTHONY, Laurent CASTÉRA, Catherine YARDIN, Eulalie LASSEAUX, Jean MULLER
00:00 - 00:00 #49552 - P665 Observatoire du traitement et Groupe de Travail thérapeutique de la filière AnDDI-Rares : de la mise en place au déploiement.
Observatoire du traitement et Groupe de Travail thérapeutique de la filière AnDDI-Rares : de la mise en place au déploiement.

Dans le cadre du PNMR4, chaque filière doit mettre en place un observatoire des traitements, couvrant les médicaments, dispositifs médicaux, autres produits et interventions hors produits de santé. Ses missions sont d’identifier l’ensemble des traitements utilisés, de repérer les innovations et de garantir un accès équitable à tous les patients. Dès 2020, une enquête auprès des CRMR et CCMR AnDDI-Rares a recensé des prescriptions hors AMM. Elle a conduit en 2021 à la création d’un groupe de travail pluridisciplinaire et à la sélection de deux traitements prioritaires (mélatonine et méthylphénidate). Des documents de synthèse ont ensuite été rédigés, rassemblant les indications AMM et hors-AMM pour alimenter les données de l’observatoire des traitements. À la demande de la DGOS, un nouveau recensement, élargi aux dispositifs médicaux et autres thérapeutiques, sera mené d’ici septembre 2025. Les résultats permettront de créer une base en ligne, disponible dès l’automne sur le site de la filière. Parallèlement, la BNDMR a lancé un appel à projets visant à collecter des données en vie réelle sur les prescriptions hors AMM pour étayer les demandes de Cadre de Prescription Compassionnelle. AnDDI-Rares a soumis deux projets : l’évaluation de la clozapine dans le syndrome de Smith-Magenis (avec GenoPsy) et l’étude de la mélatonine chez l’adulte avec troubles du neuro-développement d’origine rare (avec DéfiScience). Les résultats sont attendus en octobre 2025. L’observatoire s’investit également dans une étude descriptive, en partenariat avec le centre référent et la BNDMR, sur l’usage des antipsychotiques et antiparkinsoniens dans le syndrome de délétion 22q11. Il collabore aussi avec GenoPsy pour organiser une RCP nationale consacrée à la prise en charge pharmacologique des troubles du neuro-développement rares. La filière contribue par ailleurs à un DIU intitulé « Maladies rares – Comprendre les particularités de la conception et de la conduite d’un essai thérapeutique », destiné à former les professionnels de santé aux spécificités des essais dans les maladies rares et ultra-rares. En parallèle, AnDDI-Rares développe AnDDI-Treat, un réseau national de plateformes d’essais thérapeutiques visant à accroître la visibilité des centres auprès de l’industrie, du monde académique et des familles. Une actualisation des données et du site est prévue en septembre 2025. Enfin, la filière renforce la diffusion d’informations thérapeutiques via AnDDI-PharmActu, une lettre trimestrielle et une page web régulièrement mise à jour. Ce dispositif couvre la veille réglementaire, les accès dérogatoires, ainsi que les tensions d’approvisionnement ou arrêts de commercialisation touchant les pathologies de la filière. À travers ces actions complémentaires, AnDDI-Rares répond aux exigences fixées par la DGOS, tout en améliorant l’accès, la sécurité et la qualité de la prise en charge des patients atteints de maladies rares.
Julia BERTHOD, Laurence FAIVRE (DIJON), Marc BARDOU, Candace BEN SIGNOR, Marie BOURNEZ, Céline DAMPFHOFFER, Patrick EDERY, Clémence FAUCONNIER-FATUS, David GENEVIEVE, Nolwenn JEAN-MARCAIS, Didier LACOMBE, Julie MARTINEZ, Massimiliano ROSSI, Maxime LUU, Amelie CRANSAC
00:00 - 00:00 #49536 - P666 Sensibilisation aux maladies rares, production de supports vidéos : simulation d'annonce.
Sensibilisation aux maladies rares, production de supports vidéos : simulation d'annonce.

Les maladies rares, bien qu’individuellement peu fréquentes, concernent collectivement près de 4 millions de personnes en France et représentent un enjeu majeur de santé publique. Environ 80 % sont d’origine génétique, avec une expression souvent précoce chez l’enfant, ce qui confère à la génétique médicale un rôle central. Malgré la mise en place de Centres de Référence Maladies Rares (CRMR) et de filières de santé pour améliorer la prise en charge et la formation, l’enseignement de la génétique reste limité dans les cursus médicaux. Ce travail avait pour objectif d’évaluer les attentes pédagogiques des étudiants en médecine concernant l’annonce des maladies génétiques graves, en particulier dans un contexte prénatal, et de développer des outils pédagogiques adaptés. Un questionnaire a été diffusé auprès de 84 étudiants de 2ᵉ et 3ᵉ cycles afin d’explorer leurs connaissances et besoins en formation. Les résultats montrent que, bien que la majorité ait déjà été confrontée à un patient atteint de maladie rare, plus de la moitié considère ses connaissances insuffisantes. Trois quarts des répondants expriment le souhait de bénéficier de formations complémentaires. En réponse, un scénario d’Examen Clinique Objectif Structuré (ECOS) centré sur l’annonce prénatale d’une mucoviscidose a été élaboré. Deux vidéos pédagogiques, illustrant les bonnes et mauvaises pratiques de communication, ont été produites à partir de ce scénario. Ce dispositif constitue une première étape pour renforcer l’enseignement de la génétique médicale et intégrer les enjeux éthiques, relationnels et communicationnels liés aux maladies rares dans la formation initiale des futurs médecins.
Amandine BOUREAU-WIRTH, Adeline CHABEUF (NICE), Chloé PROSPER, Cécile ROUZIER
00:00 - 00:00 #49599 - P667 Apprendre à faire ensemble : un dispositif pédagogique pour former chercheurs, patients et proches-aidants à la co-construction des savoirs et à leur co-mise en œuvre.
Apprendre à faire ensemble : un dispositif pédagogique pour former chercheurs, patients et proches-aidants à la co-construction des savoirs et à leur co-mise en œuvre.

Depuis sa création, l’Institut Imagine, premier centre européen de recherche et de soins sur les maladies génétiques, a la volonté d’intégrer les patients et personnes concernées par la maladie dans la vie de l’Institut - en plus des liens naturels préexistants entre laboratoires de recherche et certaines associations de patients. Ainsi, à partir de 2019, plusieurs représentantes ont progressivement été conviées à rejoindre le comité de pilotage (copil) du programme stratégique « Sciences Humaines et Sociales et Rôle Sociétal de l’Institut Imagine ». En 2023, quatre d’entre elles en faisaient partie. Grâce à leur intégration, est née, au sein du copil, l’idée d’une collaboration plus étroite entre l’Institut Imagine et les patients, au travers du développement d’un programme de « Partenariat Patient en Recherche » (PPR), pour des raisons éthiques et démocratiques. Avec ce projet, l’objectif est de définir un cadre clair, une méthodologie et des outils, notamment pédagogiques, dont pourront se saisir les équipes de recherche et les patients pour travailler ensemble, au bénéfice d’une meilleure recherche. Une des représentantes d’association de patients faisant partie du copil susmentionné, Mme Célia Cardoso, présidente fondatrice de Tintamarre – Grandir avec une malformation ano-rectale, formée au partenariat patient et à la démocratie en santé, a été missionnée dès 2023 pour : i) réaliser un état des lieux de l’existant en termes de recherche participative et partenariale en France et à l’étranger, ii) mener des entretiens auprès des acteurs de l’Institut Imagine et de personnalités qualifiées, iii) formaliser un plan d’action et iv) co-animer une taskforce pluridisciplinaire. À la suite de quoi, la création d’un poste de coordinatrice a été décidée, et en mars 2024, Mme Cardoso a rejoint l’Institut Imagine en tant que salariée, suivie en juin par Mme Mélissa Cassard, fondatrice de l’association KCNB1 France, elle aussi membre du copil susmentionné. Toutes deux conçoivent et développent le programme PPR, accompagnées par la task-force initiale, laquelle a évolué en comité de suivi. Elles pilotent plusieurs groupes de travail, constitués de membres dudit comité, mais aussi d’autres professionnels experts dans leurs domaines respectifs. Ces groupes de travail dédiés aux thématiques suivantes : statut & rémunération, éthique, déontologie & intégrité scientifique, évaluation et formation contribuent à co-construire le programme PPR, à définir un parcours d’intégration de futurs patients partenaires et à sensibiliser et accompagner les équipes de recherche dans la démarche partenariale. Le programme PPR, qui a vocation à être reproductible, sera lancé en novembre prochain avec une mise en place progressive des différentes étapes. Celles-ci permettront, à horizon 2027, à une première promotion pilote de « patients partenaires en recherche » d’être opérationnelle afin de rendre les projets de recherche de l’Institut Imagine plus participatifs.
Celia CARDOSO (Paris), Melissa CASSARD, Maura SAMARANI, Sandrine MARLIN, Laure BOQUET, Guillaume HUART, Bana JABRI
00:00 - 00:00 #49285 - P669 Un carnet de santé dédié aux maladies rares : un outil innovant pour améliorer la coordination des soins - Un futur dispositif d’éducation thérapeutique au service des familles, intégré au programme GénÉthic’Up du CRMR Clad Idf,.
Un carnet de santé dédié aux maladies rares : un outil innovant pour améliorer la coordination des soins - Un futur dispositif d’éducation thérapeutique au service des familles, intégré au programme GénÉthic’Up du CRMR Clad Idf,.

Les maladies rares, bien qu’elles concernent un faible nombre de patients, impliquent un suivi médical complexe et multidisciplinaire. Face à la dispersion des informations médicales et à la difficulté pour les familles de gérer les documents liés à la prise en charge, le projet « Carnet de Santé Maladie Rare » (CSMR) propose une solution innovante et pragmatique. Inspiré du carnet de santé classique, le CSMR est conçu comme un outil physique et évolutif, adapté aux spécificités des pathologies rares. Il permet la centralisation des données médicales et paramédicales, facilite la communication entre les professionnels de santé, et accompagne les familles dans la gestion quotidienne de la maladie. Ce carnet devient un véritable compagnon de santé, garantissant la continuité des soins et renforçant l’autonomie des patients. Le projet, porté par quatre Centres de référence et de Compétences, en collaboration avec deux Associations de patients, la Plateforme Maladie Rares, vise à concevoir, tester et diffuser le CSMR auprès de 500 patients. Il s’inscrit dans une démarche d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP), notamment au sein du programme Genetic UP du centre, avec des modules dédiés à l’appropriation du carnet et à la gestion active de la pathologie. Les résultats attendus incluent une amélioration de la coordination des soins, une meilleure appropriation du dossier médical par les familles, et une fluidification du parcours patient. À terme, le CSMR pourrait être intégré à l’échelle nationale, en complément du carnet de santé classique, pour tous les patients atteints de maladies rares. Ce projet répond aux recommandations du PNMR 4 en matière de coordination et d’accompagnement, et propose une réponse concrète aux défis du suivi des maladies rares. [Lauréat de l’Appel à projets Plateforme d’expertise Maladies Rares Paris Nord 2025 – APHP Robert Debré]
Anne HUGON (Paris), Yline CAPRI, Anna MARUANI, Laurence PERRIN, Nicholas MITHIEUX, Serge ARNOULET, Ioel DETON
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03 - Bio-informatique, nouvelles approches technologiques - 04 - Maladies osseuses et dentaires - 13 - Maladies dermato + tissu conjonctif - 15 - Autisme; Maladie des organes - 16 - Maladies cardio-vasculaires

01 - Pathologies du neurodéveloppement - 10- Syndromes malformatifs - 15- Génétique chromosomique constitutionnelle - 20- Diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, dépistage prénatal non invasif - 22 - Troubles de la reproduction
00:00 - 00:00 #49474 - P670 ARRAN: un pipeline nextflow pour l’automatisation d’analyses GWAS et de variants rares, incluant le chromosome X.
ARRAN: un pipeline nextflow pour l’automatisation d’analyses GWAS et de variants rares, incluant le chromosome X.

Lors des analyses d’association pangénomiques (GWAS) le chromosome X est très souvent exclu. Entre 2010 et 2011, seulement 33% des GWAS ont inclus le chromosome X, et en 2021, ce nombre a chuté à 25%. En effet, sa prise en compte nécessite des étapes de contrôle qualité spécifiques et des tests statistiques ajustés pour la différence du nombre de chromosomes entre les hommes et les femmes. Pour répondre, entre autres, à ce problème, nous avons développé : ARRAN (Automatic and Reproducible Rare variants and gwas Analyses in Nextflow) (https://github.com/HCL-HUBL/ARRAN), un pipeline Nextflow pour automatiser le lancement d’analyses GWAS et de variants rares. Le pipeline accepte des phénotypes continus ou binaires et comporte des étapes spécifiques pour l’analyse du chromosome X. Le pipeline inclut les étapes classiques de GWAS : (i) contrôle qualité et filtre des données de génotypage (ii) test d’association par variant (iii) test d’association de variants rares, par région. Il est possible de régler différents paramètres et seuils pour chaque étape à l’aide du fichier de configuration. En plus de ces étapes « cœurs » d’analyse, des graphiques sont produits (ACP, Manhattan, QQplot) afin d’avoir un retour visuel rapide de la bonne conduite des différentes analyses. Les détails concernant chaque étape sont écrits dans des logs tout au long du pipeline. ARRAN a été testé avec succès sur plusieurs projets de recherche aux Hospices Civils de Lyon, à partir de données issues de puces de génotypage, de séquençage (WES) ainsi que d’analyse rétrospective de données de diagnostic (panels). Notamment, ARRAN a été lancé sur une cohorte de 1872 patients atteints de dyslipidémies (1617 hypercholestérolémies et 255 hypocholestérolémies). Le pipeline a retrouvé des associations significatives en GWAS et en analyse de variants rares sur les gènes canoniques LDLR, APOE ainsi que ABCG5/ABCG8. Les développements à venir concernant ARRAN sont (i) l’inclusion de variants structuraux, complémentaires des variants nucléotidique, afin d’essayer de combler le problème de l'héritabilité manquante et (ii) l’inclusion de modèles prenant en compte l’inactivation du X. Le but de ARRAN est de faciliter la réalisation et la reproductibilité d’analyses GWAS et de variants rares. Le fichier de configuration se veut le plus simple possible et le pipeline est détaillé étape par étape dans un wiki (disponible sur le site du dépôt sur GitHub).
Corentin MOLITOR (Lyon), Mathilde DI-FILIPPO, Claire BARDEL
00:00 - 00:00 #49480 - P671 RNA-Seq et maladies rares : quelle taille de cohorte pour une sensibilité optimale ?
RNA-Seq et maladies rares : quelle taille de cohorte pour une sensibilité optimale ?

Dans le contexte des maladies rares, le séquençage du génome permet d’aboutir à un diagnostic chez 30 à 50 % des patients. Pour les cas non résolus, l’intégration d’approches transcriptomiques constitue une stratégie complémentaire pertinente. Elle permet la mise en évidence des conséquences fonctionnelles non détectées par l’analyse génomique seule, telles que des anomalies d’expression génique ou des défauts d’épissage. Afin de rendre cette approche applicable en diagnostic, nous avons développé un protocole se basant sur la culture lymphocytaire permettant une meilleure homogénéité cellulaire que le sang en tube PAXgene tout en étant moins contraignant que la culture de fibroblastes, évitant ainsi des prélèvements invasifs et des temps de culture plus long. En nous appuyant sur ce protocole et sur un séquençage RNA-seq par capture exonique, nous avons évalué la performance de deux outils utilisés dans l’analyse transcriptomique en maladies rares : OUTRIDER (pour la détection d’aberrations d’expression) et FRASER (pour la détection d’aberrations d’épissage). Nous avons sélectionné 10 variants pathogènes impactant l’expression et 9 variants impactant l’épissage. L’objectif était d’étudier l’impact de la taille de cohorte sur la sensibilité de détection, en réalisant un sous-échantillonnage progressif (25 à 200 échantillons). Pour chaque outil, nous avons suivi l’évolution des p-valeurs, des p- valeurs ajustées (FDR), du rang des événements attendus et du nombre total d’évènements détectés. Les résultats montrent qu’à partir de 50 échantillons, les événements les plus francs sont détectés avec un seuil de p-valeur de 10^-4 (OUTRIDER 3/10, FRASER 8/9). En revanche, la mise en évidence d’événements partiels ou plus subtils nécessite une cohorte plus large. Un seuil critique est observé autour de 150 échantillons (OUTRIDER 8/10, FRASER 9/9), où les p-valeurs passent en dessous du seuil de 10^-4, les FDR deviennent significatifs, et les événements attendus sont classés parmi le top 10 des évènements les plus significatifs. L’augmentation de la taille de cohorte améliore la robustesse des détections, mais aussi la priorisation des événements pathogènes. Les tendances observées sont cohérentes entre les deux outils, bien que la détection des événements d’épissage partiels nécessite une puissance statistique supérieure. Ces résultats soulignent l’importance de disposer de cohortes suffisamment dimensionnées, même en maladies rares. Une taille d’environ 150 échantillons apparaît comme un seuil optimal pour garantir une performance diagnostique satisfaisante, pour les anomalies d’épissage complexes. Toutefois, les anomalies les plus franches (perte d’expression totale d’un allèle ou évènement d’épissage total) peuvent être détectées dès 50 échantillons. Ce travail fournit ainsi des repères pour orienter les stratégies d’analyse RNA-seq et guider les approches bioinformatiques en maladies rares, en s’appuyant sur un protocole basé sur la culture lymphocytaire.
Laura DO SOUTO FERREIRA (NANTES), Thomas BESNARD, Wallid DEB, Delphine QUINQUIS-LEROUX, Patricia TALARMIN, Gaëlle LANDEAU-TROTTIER, Stéphane BÉZIEAU, Benjamin COGNÉ
00:00 - 00:00 #49243 - P672 Analyse du signal de méthylation issu de séquençage ONT pour les signatures épigénétiques.
Analyse du signal de méthylation issu de séquençage ONT pour les signatures épigénétiques.

Mots clés : Méthylation de l’ADN, Signatures épigénétiques, Séquençage longue lecture (ONT), Maladies rares, Human Phenotype Ontology (HPO) ,Régions différentiellement méthylées (DMR), Machine learning, Pipeline bioinformatique L’identification de signatures épigénétiques constitue une approche prometteuse pour améliorer le diagnostic des maladies rares, en particulier celles associées à des anomalies du développement. Dans ce travail, nous avons évalué la capacité du séquençage longue lecture par Oxford Nanopore Technologies (ONT) à détecter des signatures de méthylation de l’ADN exploitables pour l’inférence de phénotypes décrits par l’ontologie HPO (Human Phenotype Ontology). À partir d’un jeu de données de 65 individus (40 non atteints, 25 atteints d’une maladie rare non encore diagnostiquée), nous avons mis en place un pipeline complet allant du basecalling (Dorado) à l’annotation fonctionnelle des régions différentiellement méthylées (DMR). L’analyse a montré que le signal global de méthylation est de bonne qualité (mapping ~95 %, couverture >98 % des CpG, distribution bimodale attendue des beta-values). Une première classification binaire a confirmé la présence d’un signal discriminant entre atteints et non atteints, même après correction des biais liés à l’âge et au nombre de flowcells. En revanche, les analyses non supervisées et les approches de prédiction multilabel n’ont pas permis d’identifier de signatures HPO robustes, probablement en raison de la taille réduite et de l’hétérogénéité de la cohorte. L’approche DMP/DMR a révélé 3 454 régions uniques, enrichies en promoteurs et gènes annotés OMIM, et a mis en évidence des signaux encourageants pour certains phénotypes neurologiques. Ces résultats démontrent la faisabilité technique de l’approche et ouvrent la voie à des études à plus grande échelle. L’élargissement et l’homogénéisation des cohortes, ainsi que la correction de la composition cellulaire, seront essentiels pour confirmer la pertinence clinique des signatures identifiées et envisager des applications diagnostiques en épigénétique.
Théo SERRALTA (Dijon), Marlène MALBOS, Valentin VAUTROT, Anne-Sophie BRIFFAUT, Edris SHARIFRAHMANI, Anthony AUCLAIR, Emilie TISSERANT, Laurence FAIVRE, Antonio VITOBELLO, Christel THAUVIN, Yannis DUFFOURD
00:00 - 00:00 #49313 - P673 Dérégulations épigénétiques mises en évidence chez les patients atteints de laminopathies multi-systémiques : mécanismes physiopathologiques communs?
Dérégulations épigénétiques mises en évidence chez les patients atteints de laminopathies multi-systémiques : mécanismes physiopathologiques communs?

Les laminopathies sont un groupe de maladies génétiques rares, causées par des mutations dans des gènes codant pour des lamines (LMNA, LMNB2 par exemple) ou des protéines nécessaires à leur maturation (ZMPSTE24). Elles entraînent des atteintes plus ou moins sévères, pouvant être tissu-spécifiques ou multi-systémiques. La progeria de Hutchinson-Gilford (HGPS), liée à la mutation du gène LMNA c.1824C>T (p.G608G), est une forme multi-systémique caractérisée par un vieillissement prématuré et accéléré. D’autres syndromes progeria-like, progéroïdes atypiques, ainsi que certaines lipodystrophies et syndromes métaboliques sévères, partagent des caractéristiques cliniques avec la progeria, notamment le vieillissement accéléré et la lipoatrophie. Les microARNs miR-376a-3p et miR-376b-3p sont surexprimés dans les fibroblastes dermiques de HGPS, entrainant des altérations dans le cycle cellulaire, la sénescence et l’autophagie. L’objectif de cette étude était de déterminer si la surexpression des miR-376a/b-3p est spécifique à la progeria ou si elle est également retrouvée dans d’autres laminopathies. Nous avons également cherché à évaluer si des modifications épigénétiques à l’échelle du génome pouvaient être responsables de cette surexpression des miR-376, notamment par l’étude du méthylome. L’expression des miR-376a/b-3p a été mesurée par RT-qPCR à partir d’ARN extraits de fibroblastes dermiques primaires de 10 patients atteints de laminopathies, et de 3 contrôles. L’analyse du profil de méthylation de l’ADN a été réalisée sur l’ADN de 15 patients et 3 contrôles, par la technologie Infinium Methylation EPIC v2.0 (Illumina), et les données ont été analysées avec le package ChAMP (RStudio). Une surexpression des miR-376a/b-3p a été observée respectivement pour 4 et 5 des 6 patients étudiés en triplicat. L’analyse des données du méthylome a révélé des profils de méthylation spécifiques aux laminopathies. La surexpression des miR-376 ne semble pas dépendre de modifications de méthylation de l’ADN. Cependant, cette étude a mis en évidence une hypométhylation du gène TBX15 dans les syndromes étudiés. Ce gène est impliqué dans la différenciation adipocytaire, le métabolisme musculaire et les anomalies mitochondriales qui sont des mécanismes défaillants dans les laminopathies. Nos résultats révèlent, pour la première fois, des mécanismes de dérégulation communs aux différentes laminopathies étudiées, notamment la surexpression des miR-376a/b observée au-delà de la progeria, ainsi qu’un profil de méthylation caractéristique de ces pathologies. Ces données soulignent le rôle central des modifications épigénétiques dans les laminopathies.
Léa LE GOFF, Mario ABAJI, Sara NAEL, Elise KASPI, Catherine BADENS, Patrice ROLL, Camille DESGROUAS, Diane FRANKEL (Marseille)
00:00 - 00:00 #49987 - P674 Spectre clinique, épidémiologique et moléculaire actuel des ichtyoses héréditaires en Tunisie : impact sur le diagnostic et la prise en charge des patients.
Spectre clinique, épidémiologique et moléculaire actuel des ichtyoses héréditaires en Tunisie : impact sur le diagnostic et la prise en charge des patients.

Les ichtyoses héréditaires (ICH) sont des maladies génétiques rares de la cornification, caractérisées par une desquamation et une altération de la fonction barrière de l’épiderme. Leur hétérogénéité clinique et génétique complique le diagnostic, plus de 50 gènes étant impliqués, souvent avec une variabilité allélique importante. Dans certaines populations, les taux élevés de consanguinité contribuent à une prévalence accrue. Les traitements actuels demeurent essentiellement symptomatiques. Un diagnostic moléculaire précis est essentiel pour établir le pronostic et offrir un conseil génétique approprié, notamment dans les populations consanguines où les formes rares de génodermatoses sont fréquentes. Cette étude vise à explorer la fréquence des phénotypes cliniques et l’étiologie moléculaire des ICH, tout en utilisant des approches in silico pour évaluer l’impact des mutations sur la structure et la fonction des protéines, afin de mieux orienter la prise en charge des patients. Nous avons mené des études multicentriques, rétrospectives et prospectives, entre 2017 et 2024, incluant 132 patients atteints d’ICH. Les données cliniques et démographiques ont été recueillies, et le séquençage d’exome entier (WES) a permis d’identifier les causes moléculaires, complétées par des analyses computationnelles évaluant l’impact des mutations sur la structure protéique. Nos résultats ont montré que 70 % des cas étaient non syndromiques et 30 % syndromiques, soulignant l’importance des études épidémiologiques. Le type le plus fréquent était l’ichtyose congénitale autosomique récessive (ARCI), suivie de l’ichtyose lamellaire et de l’érythrodermie ichtyosiforme congénitale. Les mutations du gène TGM1 étaient les plus fréquentes (18,2 % des patients), suivies de mutations privées dans CYP4F22, PNPLA1 et NIPAL4. Le WES a amélioré la précision diagnostique, identifiant des mutations causales chez 19 % des patients. L’analyse structurale a mis en évidence des mécanismes physiopathologiques clés impliquant la synthèse, le transport et le métabolisme des acylcéramides, ainsi que la formation de l’enveloppe lipidique des cornéocytes. Cette étude élargit le spectre génétique, mutationnel et phénotypique des ICH en Tunisie, et souligne le rôle central des lipides dans la fonction barrière cutanée. Ces résultats soutiennent le développement de stratégies diagnostiques adaptées aux populations ainsi que d’approches thérapeutiques guidées par la physiopathologie.
Rakia MERDASSI (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49532 - P675 Une nouvelle approche de séquençage très haut débit : vers une normalisation efficiente.
Une nouvelle approche de séquençage très haut débit : vers une normalisation efficiente.

Le séquençage à très haut débit de génome entier, dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025, requiert une profondeur minimale fixé à 30X pour garantir la qualité d’interprétation. La normalisation est une des étapes clefs qui permet d’obtenir cette profondeur. Les approches de normalisation reposent sur des dosages fluorimétriques ou qPCR, mais ces méthodes se sont révélées limitées, car elles ne prennent pas en compte les biais liés aux index utilisés lors de la préparation de librairies. Ceci conduit à une hétérogénéité de répartition des librairies au sein du pool et, après séquençage, à l’apparition de librairies avec une profondeur inférieure à 30X, nécessitant un reséquençage, générant des coûts supplémentaires, des retards de rendu et impactant l’organisation du flux du laboratoire. Afin de surmonter ces contraintes, tout en maitrisant le coût, nous avons implémenté une étape de pré-séquençage avec une normalisation basée sur un séquençage à très faible profondeur (<1X) sur deux générations de séquenceurs (NovaSeq 6000 et NovaSeq X Plus). Les librairies d’ADN génomique sont préparées à partir d’échantillons sanguins en utilisant le kit Illumina DNA PCR-Free Prep. Le pré-séquençage est effectué actuellement sur une Flow Cell 1.5B et ses données sont analysées via DRAGEN sur le NovaSeq X Plus. L’impact du pré-séquençage a été évalué en comparant à partir d’une même plaque de 96 librairies, la normalisation issue du pré-séquençage et celle issue d’un dosage fluorimétrique individuel. Le pré-séquençage permet une normalisation robuste et reproductible, avec une homogénéité de répartition des librairies, évitant l’apparition de librairies avec une faible profondeur. L’utilisation de ce processus avant le séquençage du génome entier sur les Flow Cells 25B a aussi permis une optimisation du chargement de celles-ci : nous séquençons désormais 64 librairies supérieur à 30X par Flow Cell 25B. L’introduction du pré-séquençage a profondément amélioré notre flux de séquençage en standardisant la qualité des librairies, en limitant les reséquençages et en optimisant le chargement des Flow Cells 25B. Ce gain se traduit par une réduction significative des coûts de séquençage par librairie, avec une économie d’une Flow Cell 25B par série de 192 échantillons, ainsi qu’une diminution des délais de rendu grâce au faible taux de reséquençages. Cette stratégie appliquée en routine depuis quatre ans, sur plus de 40 000 génomes, démontre qu’une étape de normalisation basée sur un séquençage réel est plus performante que les approches classiques de dosage. Bien que limitées actuellement aux échantillons du domaine des Maladies Rares, ces améliorations soulignent l’intérêt du pré-séquençage comme outil de normalisation pour des plateformes de séquençage à grande échelle et offrent une perspective de standardisation pour d’autres applications génomiques.
Olivier CHENAVIER, Nicolas PONS (Lyon), Carole FERRARO-PEYRET, Christine VINCIGUERRA, Anne THOMAS
00:00 - 00:00 #49530 - P676 Apport du séquençage de longs fragments par nanopore dans le diagnostic génétique de la cardiomyopathie amyloïde liée au gène TTR.
Apport du séquençage de longs fragments par nanopore dans le diagnostic génétique de la cardiomyopathie amyloïde liée au gène TTR.

Introduction La cardiomyopathie amyloïde liée au gène TTR est une cause émergente d’insuffisance cardiaque, notamment chez les patients âgés. Plus de 130 variants pathogènes du gène TTR ont été décrits, dont certains fortement prévalents, avec des conséquences pronostiques et thérapeutiques majeures. Le diagnostic moléculaire repose traditionnellement sur le séquençage ciblé par technique Sanger ou, plus rarement, par NGS à courts fragments, permettant de détecter efficacement les variants ponctuels pathogènes. Toutefois, ces méthodes présentent plusieurs limites en pratique : délais de rendu parfois longs (multiplication des étapes analytiques), coûts cumulés des réactifs, et absence d’accès direct à l’haplotype complet. Le séquençage d’une PCR de grande taille par technologie Oxford Nanopore, capable de couvrir l’intégralité du gène TTR en une seule lecture, représente une alternative innovante et pragmatique, adaptée aux contraintes des laboratoires de diagnostic moléculaire. Objectifs Le projet visait à comparer l’apport du séquençage d’une PCR long-range par Nanopore sur MinION aux approches classiques (Sanger ciblé et NGS à courts fragments), en termes de performance diagnostique, de rapidité, de délai de rendu et de coût analytique. Matériel & Méthodes Une cohorte de patients adressés pour analyse du gène TTR a été analysée par deux approches : panel ciblé NGS et séquençage Nanopore. L’analyse bioinformatique a été réalisée à l’aide d’un pipeline interne combinant Minimap2 (2.30) pour l’alignement et la combinaison de Clair3 (v1.0.5), DeepVariant (v1.6.1-gpu) et bcftools mpileup (v1.21-0) pour l’appel de SNP. L’ensemble des résultats est haplotypé par Whatshap (v2.2-0). Les résultats ont été comparés selon quatre critères : concordance analytique pour les patients analysés en double, temps de préparation et de séquençage, délai global de rendu du résultat, et coût estimé des réactifs. Résultats Le séquençage Nanopore a montré une concordance parfaite pour l’identification des variants. Il a permis d’obtenir un délai de rendu significativement réduit grâce à une préparation simplifiée, à une diminution du temps technique et à l’absence d’étapes intermédiaires. Le coût en réactifs par patient s’est révélé inférieur à celui du séquençage NGS et compétitif par rapport au séquençage Sanger. Enfin, la possibilité d’obtenir directement les haplotypes constitue un avantage supplémentaire pour l’interprétation. Conclusion Le séquençage de longs fragments par Nanopore représente une alternative rapide, économique et robuste aux approches classiques pour le diagnostic moléculaire de la cardiomyopathie amyloïde liée au gène TTR. Il permet également de réaliser rapidement l’analyse d’un nombre important de patients. Son intégration dans la routine permet d’améliorer l’accessibilité et l’efficacité du dépistage génétique, notamment pour les autres pathologies amyloïdes, dans un contexte où un diagnostic précoce conditionne l’accès à des traitements innovants.
Valérie CHANAVAT, Quentin TESTARD, Marie LUCAIN, Kahia MESSAOUDI, Guillaume JEDRASZAK, Cécile CAZENEUVE, Gilles MILLAT, Alexandre JANIN (LYON)
00:00 - 00:00 #49728 - P677 Evaluation du kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit pour le séquençage par Oxford Nanopore Technologies du gène CFTR.
Evaluation du kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit pour le séquençage par Oxford Nanopore Technologies du gène CFTR.

Contexte/Objectifs : Le séquençage d’ADN short reads est la principale approche technique utilisée en diagnostic moléculaire. Cependant, pour certains gènes de grande taille ou difficiles à séquencer, des approches successives ou complémentaires restent nécessaires. Afin de simplifier l’approche dans les laboratoires de diagnostic, le gène CFTR a été inclus dans un nouveau kit Asuragen. Dans ce projet, nous avons étudié des échantillons porteurs de variants pathogènes dans le gène CFTR et comparé la concordance des génotypes obtenus avec les méthodes classiques. Patients et Méthodes : 63 échantillons porteurs de variants pathogènes ont été fournis par des laboratoires français référents pour la mucoviscidose. Nous avons évalué le kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit, combinant la technologie d’enrichissement par PCR longue et le séquençage Oxford Nanopore Technologies (ONT). Les régions codantes ainsi que les jonctions exon-intron du gène CFTR ont été amplifiées par des PCR longues de 2kb. Les librairies ONT ont été préparées, barcodées et multiplexées puis chargées sur une flowcell MinION R10.4.1. L’analyse bioinformatique automatisée a été réalisé à l’aide du logiciel Asuragen AmplideX Reporter. Résultats : Nous avons comparé les résultats obtenus avec le kit Asuragen pour les 63 échantillons. Nous disposions de 21 échantillons comportant 2 variants pathogènes, 38 échantillons pour lesquels le 2e variant manquait et 4 échantillons sans variant pathogène détecté. Les méthodes orthogonales ont permis la détection de 80 variants qui ont été recherchés : SNVs (51) dont 3 variants introniques profonds, CNVs (17), polyT-TG T3 ou T5 (6) et séquences Alu (3). Le kit Asuragen a permis d’obtenir des résultats fiables avec une concordance élevée ainsi que des données additionnelles pour les séquences Alu et les variants introniques profonds. L’haplotype des variants, la zygosité, la précision du séquençage et le taux d’erreur moyen du séquençage ONT ont été évalués. Compte tenu de la grande taille du gène CFTR (230 kb) et le séquençage par amplicons de 2 kb, la détermination de la phase et des allèles complexes a rarement été possible. Concernant l’analyse CNV, la qualité de détection semble impactée par le type d’extraction utilisé. Enfin les autres kits de séquençage du gène CFTR disponibles sur le marché ont été évalués (Devyzer, 4Bases). Conclusion : L’utilisation de ce nouveau kit Asuragen et ses performances, incluant la préparation de librairies et le logiciel dédié, est satisfaisante et permet l’obtention des génotypes en 3 jours. Nous anticipons que ce test permettra de simplifier les analyses effectuées par les laboratoires de diagnostic. Une approche d’enrichissement du gène CFTR par adaptive sampling en ONT pourra être utilisée en cas de besoin d’une étude plus exhaustive. Financements : Asuragen : réactifs, logiciel d’analyse et ordinateur portable ; ONT : flow cells, réactifs
Charlotte VASSY-CHARIGNON, Tony YAMMINE, Feyereisen LAURA, Hélène MORET, Emilie LANDAIS, Marie-Pierre AUDREZET, Girodon EMMANUELLE, Caroline RAYNAL, Nadège CAMELS, Anne-Sophie LEBRE (Reims)
00:00 - 00:00 #49576 - P678 Amélioration des prédictions in silico pour les variants dans les gènes non-codants chez les patients atteints de troubles neurodéveloppementaux.
Amélioration des prédictions in silico pour les variants dans les gènes non-codants chez les patients atteints de troubles neurodéveloppementaux.

Les troubles neurodéveloppementaux (TND) touchent environ 1 à 2 % des nouveaux-nés. Bien que plus de 1 500 gènes soient associés à des formes monogéniques rares de TND et que le séquençage complet du génome ait accéléré leur identification, de nombreux patients restent sans diagnostic précis. En effet, si la majorité des variants peuvent désormais être détectés, l’interprétation de leur pathogénicité reste un défi majeur. Les outils de prédiction in silico manquent de fiabilité en particulier pour les gènes non codants, souvent exclus des pipelines cliniques ou classés comme incertains en raison du coût et de la complexité des analyses fonctionnelles. Pourtant, des études récentes ont démontré l’implication d’ARN non codants dans les TND (ex. : RNU4-2, RNU2-2, CHASERR). L’expression de ces gènes est hautement spécifique des tissus et le cerveau en développement, bien que difficile à étudier, est le tissu le plus pertinent pour les TND. Les modèles in vitro, comme les cellules souches neurales humaines (hNSC) dérivées de cellules pluripotentes, offrent une alternative pertinente. Cellules progénitrices à l’origine de la formation du cortex, elles présentent à la fois une importante capacité d’auto-renouvellement et de différenciation en neurones corticaux. Elles expriment également davantage de gènes associés aux TND que le sang ou les fibroblastes. Notre projet vise à améliorer l’annotation spécifique au cerveau en développement des gènes non codants en intégrant de larges jeux de données publiques et des données multi-omiques issues de hNSC, afin de développer un score TND-spécifique. L’objectif de ce score est de prioriser les variants situés dans les ARN non codants fortement exprimés dans le cerveau, et ceux situés dans les régions non codantes de gènes codants qui pourraient être régulés par ces ARN. Pour cela, nous avons tout d’abord défini une liste de gènes non codants. Pour chacun de ces transcrits nous collectons plusieurs caractéristiques clés comme leur expression spécifique dans les tissus cérébraux (développementaux et adultes, via GTEx et BRAINSPAN), leur expression dans les hNSC par rapport à d’autres tissus de patients (sang ou fibroblastes), leur localisation à proximité de gènes de TND, leurs cibles de régulation connues ou prédites dans ces gènes, mais aussi des scores pré-existants plus généralistes (ex CADD v1.7). Ce score, appliqué à des données de séquençage complet du génome issues d’une vingtaine de trios TND, a déjà permis d’identifier un variant candidat dans un ARN non codant. Après validation et optimisation par des approches d’apprentissage automatique sur les données ClinVar, nous utiliserons le score sur 1 500 nouveaux trios issus du Plan France Médecine Génomique (projet denovoRank). Il permettra de sélectionner quelques gènes non codants spécifiques au cerveau, qui feront ensuite l’objet de tests fonctionnels afin d’évaluer l’impact des variants sur leur activité biologique.
Tatiana MAROILLEY (Strasbourg), Clarisse DELVALLÉE, Damien PLASSARD, Sarah BAER, Amélie PITON
00:00 - 00:00 #49316 - P679 Le séquençage du génome long-read : vers un test unique intégratif en routine diagnostique.
Le séquençage du génome long-read : vers un test unique intégratif en routine diagnostique.

Introduction L’exploration génétique repose classiquement sur une succession de techniques (caryotype, ACPA, exome, tests ciblés FMR1/AZF, MLPA/QMPSF). Ce parcours est souvent à l’origine de délais pour les patients. Le séquençage long-read du génome permet de détecter avec un test unique SNV, indels, CNV, SV, expansions nucléotidiques, mosaïques et méthylation. Matériels et méthodes Vingt échantillons représentatifs de la pratique diagnostique (infertilité, maladies constitutionnelles, prédispositions au cancer) ont été analysés par séquençage du génome long-read sur Oxford Nanopore PromethION. L’interprétation a été réalisée via un pipeline interne et des outils commerciaux (VarSome), puis comparée aux résultats obtenus au préalable par les techniques conventionnelles (caryotype/ACPA, tests ciblés, exome). Résultats Parmi les 20 analyses réalisées, 19 résultats ont été interprétables (1 échec technique). La série illustre l’étendue des explorations permises par ce test unique couvrant des anomalies relevant aussi bien de la cytogénétique que de la génétique moléculaire : - Expansions de triplets au locus FMR1 : 4 dossiers avec un cas normal, un en zone grise, une prémutation, et une mutation complète - CNV : une microdélétion AZFc, une del15q11, une del22q11, délétion hétérozygote des exons 6 à 10 du gène PMS2 - Anomalie de nombre : 47,XXY - Marqueurs chromosomiques surnuméraires (sSMC) : un marqueur du chromosome 16 en mosaïque, et un du chromosome 1 - SV impliquant des chromosomes sexuels : deux der(15)t(Y;15) et un remaniement complexe du X (dup/del), une inversion du Y - Remaniement chromosomique complexe équilibré : der(4)ins(4;7)(q21.1;q31.2q36),t(4;11)(q33;q22) - Chromosome en anneau r(9) - Variant simple nucléotide (SNV) dans COL3A1 c.2959G>A (p.Gly987Ser) L’analyse en échec correspond à un prélèvement adressé pour un caryotype où un marqueur surnuméraire en mosaïque d’origine indéterminée avait été vu. L’hypothèse de l’échec serait une contamination de l’ADN à l’héparine, un nouveau prélèvement EDTA est prévu. Conclusion Le séquençage du génome long-read permet d’agréger les approches classiques avec une grande précision, incluant la détection de mosaïques et de réarrangements complexes difficilement détectées. Ces résultats soutiennent son intégration comme test de première intention pour des indications sélectionnées, compte tenu des perspectives d’optimisation actuelles et à venir (coûts, délais, automatisation). Il s’agit de la première mise en pratique du séquençage de génome long-read couvrant un spectre aussi large d’indications en France. Au-delà de l’intérêt technique, cette approche pourrait transformer les pratiques en réduisant l’errance diagnostique, en simplifiant le parcours patient.
Abdelali ZRHIDRI (Clermont Ferrand), Emilie PAGE, Stephan KEMENY, Victor PILLAY, Grégory EGEA
00:00 - 00:00 #49365 - P680 Détection de variants de très faible fréquence en exome profond adaptée aux maladies rares mosaïques.
Détection de variants de très faible fréquence en exome profond adaptée aux maladies rares mosaïques.

Contexte/Objectifs : Les mutations mosaïques dans les maladies rares se caractérisent par des fréquences alléliques très variables, pouvant être extrêmement faibles, ainsi que par une distribution tissulaire hétérogène. Cela compromet souvent la détection de nouvelles mutations et, de ce fait, la grande majorité des protocoles de diagnostic hospitaliers recherchent principalement des mutations déjà connues, en utilisant le séquençage ciblé par panels ou la digital PCR. En conséquence, le Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025) a mis en évidence la nécessité d’un protocole standardisé pour la découverte de nouvelles mutations mosaïques dans les maladies rares. En réponse à cette demande, le Centre de Référence, d’Innovation, d’eXpertise et de transfert (CRefIX) met en place et teste différents protocoles pour l’identification de mutations à faible fréquence par du séquençage d’exome complet (WES) à grande profondeur (> 600X). Matériels et méthodes : Nous avons conçu des échantillons de mosaïcisme in vitro à partir de la lignée cellulaire HAP-1, en diluant deux lignées cellulaires knockout pour deux gènes connus générées par CRISPR dans la lignée isogénique wild type. Nous avons ainsi obtenu des échantillons portant ces deux mutations connues à des fréquences de 10 %, 5 %, 1 %, 0,5 %, ainsi que les témoins non dilués pour chaque mutation et pour le wild type. L’exome complet de tous les échantillons a été capturé avec les kits Agilent (V6+UTR) et Twist (Exome 2.0 Plus Comprehensive Exome Spike-in) et séquencés respectivement sur NovaSeq 6000 et X+, avec un objectif de profondeur de 600X. L’appel de variants a été réalisé avec Mutect2 (GATK v4.5.0.0), et la visualisation du bruit de fond de séquençage avec samtools mpileup (samtools v1.18). Résultats et conclusions : A l’aide de l’analyse ciblée des positions des mutations, les deux mutations connues ont été détectées jusqu’à au moins les fréquences de 1% voir de 0,5 %. Cependant, Mutect2 ne parvient le plus souvent pas à les identifier en deçà des fréquences de 5%. De plus, la détection des mutations semble plus efficace avec le kit Twist qu’avec le kit Agilent car la profondeur de séquençage est plus homogène. Ce défaut de détection de Mutect2 est dû à un important bruit de fond de séquençage. Ce bruit de fond de séquençage qui est la somme des erreurs dues aux amplifications par PCR lors des étapes de préparation des librairies et des erreurs causées par le séquenceur, est le principal verrou technique qui bloque la détection des mutations de faible fréquence. Pour répondre à ce problème nous allons prochainement tester le séquenceur Aviti qui promet d’atteindre de meilleurs qualités d’assignation des bases et d’autres outils de variant calling plus adaptés au filtrage de ce bruit de fond. Financements : ANR-18-INBS-0001 (French National Research Agency)
Jules LEPONT--RICHEZ (Evry), Mélanie LETEXIER, Ahouefa Printil AHO GLELE, Alain VIARI, Violette TURON, Thomas EYCHENNE, Jean-François DELEUZE
00:00 - 00:00 #49778 - P681 Analyses structurales des variations faux-sens des sous-unités du complexe Mediator.
Analyses structurales des variations faux-sens des sous-unités du complexe Mediator.

Le complexe Mediator est un régulateur central de la transcription, reliant les facteurs de transcription à l’ARN polymérase II. Organisé en modules fonctionnels (core Mediator, Head, Middle, Tail et module kinase), il contribue à la formation du complexe de pré-initiation, au recrutement de l’ARN polymérase II et à l’intégration des signaux régulateurs nécessaires à l’expression des gènes. Des variants pathogènes affectant ses sous-unités sont associés à des troubles neurodéveloppementaux ainsi qu’à divers syndromes du développement. Les variations faux-sens peuvent perturber la structure, les propriétés électrostatiques ou les interfaces protéiques essentielles à l’activité du complexe. Nous avons recensé l’ensemble de ces variants décrits dans la littérature et dans les bases de données, puis nous les avons modélisés à l’aide de ChimeraX. Différents niveaux de perturbations peuvent expliquer l’effet délétère des variants : perte de liaisons hydrogène, altérations locales de conformation ou encore modifications électrostatiques de surface. Par exemple, les variants R611Q et R611W de MED23 entraînent une perte de liaisons hydrogène et une réorganisation locale, aboutissant secondairement à une dérégulation de l’expression de Fos et Jun. Les variants localisés dans le domaine N-HEAT modifient l’environnement électrostatique de la région d’interaction avec MED24, suggérant une altération des contacts inter-sous-unités. Dans MED25, plusieurs variants se regroupent dans un domaine impliqué dans l’ancrage au core Mediator. Le variant Y39C modifie l’environnement électrostatique et l’hydrophobicité locales, pouvant compromettre la stabilité de cette interaction. Enfin, les variants de la sous-unité CDK8 se concentrent autour de la cavité catalytique, ce qui laisse envisager un impact sur son activité kinase et la régulation transcriptionnelle. Des mutations dans la T-loop perturbent également les charges électrostatiques locales, suggérant une altération de son interaction avec MED12. Dans ce travail, nous avons recensé l’ensemble des variants faux-sens identifiés dans les gènes codant les sous-unités du complexe Mediator afin d’élaborer une cartographie des mécanismes délétères associés aux MEDopathies. L’utilisation d’une nouvelle approche technologique de modélisation permet de mieux caractériser l’impact de ces variants et de préciser les mécanismes responsables des effets pathogènes observés dans les MEDopathies.
Jéromine CARRET, Frédéric FRENOIS, Thomas SMOL, Jamal GHOUMID (Lille)
00:00 - 00:00 #49176 - P682 In Silico Analysis of Coding/Noncoding SNPs of Human RETN Gene and Characterization of Their Impact on Resistin Stability and Structure.
In Silico Analysis of Coding/Noncoding SNPs of Human RETN Gene and Characterization of Their Impact on Resistin Stability and Structure.

Resistin (RETN) is a gene coding for proinflammatory adipokine called resistin secreted by macrophages in humans. Single nucleotide polymorphisms (SNPs) in RETN are linked to obesity and insulin resistance in various populations. Using dbSNP, 78 nonsynonymous SNPs (nsSNPs) were retrieved and tested on a PredictSNP 1.0 megaserver. Among these, 15 nsSNPs were predicted as highly deleterious and thus subjected to further analyses, such as conservation, posttranscriptional modifications, and stability. The 3D structure of human resistin was generated by homology modeling using Swiss model. Root-mean-square deviation (RMSD), hydrogen bonds (h-bonds), and interactions were estimated. Furthermore, UTRscan served to identify UTR functional SNPs. Among the 15 most deleterious nsSNPs, 13 were predicted to be highly conserved including variants in posttranslational modification sites. Stability analysis predicted 9 nsSNPs (I32S, C51Y, G58E, G58R, C78S, G79C, W98C, C103G, and C104Y) which can decrease protein stability with at least three out of the four algorithms used in this study. These nsSNPs were chosen for structural analysis. Both variants C51Y and C104Y showed the highest RMS deviations (1.137 Å and 1.308 Å, respectively) which were confirmed by the important decrease in total h-bonds. The analysis of hydrophobic and hydrophilic interactions showed important differences between the native protein and the 9 mutants, particularly I32S, G79C, and C104Y. Six SNPs in the 3′UTR (rs920569876, rs74176247, rs1447199134, rs943234785, rs76346269, and rs78048640) were predicted to be implicated in polyadenylation signal. This study revealed 9 highly deleterious SNPs located in the human RETN gene coding region and 6 SNPs within the 3′UTR that may alter the protein structure. Interestingly, these SNPs are worth to be analyzed in functional studies to further elucidate their effect on metabolic phenotype occurrence.
Lamiae ELKHATTABI, Imane MORJANE, Hicham CHAROUTE, Soumaya AMGHAR, Hind BOUAFI, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Rachid SAILE, Hassan ROUBA, Abdelhamid BARAKAT
00:00 - 00:00 #49809 - P683 Evaluation de la solution devyser thalassemia v2 dans le diagnostic moléculaire des thalassémies.
Evaluation de la solution devyser thalassemia v2 dans le diagnostic moléculaire des thalassémies.

Les syndromes thalassémiques sont des maladies génétiques caractérisées par un défaut de synthèse partiel ou total des chaines alpha et/ou bêta de l’hémoglobine. Sur le plan moléculaire, les alpha-thalassémies sont principalement liées à des délétions au niveau du locus HBA, alors que les bêta-thalassémies résultent majoritairement de variations ponctuelles du gène HBB. Le diagnostic moléculaire de ces pathologies repose traditionnellement sur une stratégie dite « en cascade » impliquant différentes techniques (GAP-PCR, MLPA, Séquençage Sanger). Cette approche multiple nécessite des ressources humaines et techniques importantes. Face à ces contraintes, de nouvelles technologies ont été développées permettant de détecter efficacement ces anomalies tout en allégeant les processus analytiques. Ce travail a pour but d’évaluer l’efficacité de la solution Devyser Thalassemia v2 (Dvysr®) basée sur le séquençage haut débit qui promet de détecter simultanément les grands réarrangements génomiques et les variations ponctuelles. Nous avons évalué ses performances diagnostiques et son efficacité opérationnelle en les comparant aux techniques utilisées dans notre laboratoire. Le workflow comporte (1) une PCR long-range conçue pour cibler les délétions les plus fréquemment associées aux alpha-thalassémies (délétions α3.7 et 4.2), (2) une PCR multiplex permettant d’amplifier les clusters des gènes de globine ainsi que certains gènes « modifiers », (3) une préparation de librairies pour séquençage haut débit (Illumina®), (4) une solution d’analyse bio-informatique pour l’identification et l’interprétation des anomalies détectées. Des échantillons de génotype connu ont été analysés par les deux approches et comparés sur la base de concordance analytique et de temps technique requis. Cette validation a porté sur un spectre de variations incluant des délétions et des variations ponctuelles du locus HBB, des délétions (délétion HS40, HbH) et une triplication du locus HBA. La solution Devyser Thalassemia v2 a permis d’identifier l’intégralité des anomalies recherchées. Cependant, la délétion βHS1-4 n’a été que partiellement détectée (identifiée en tant que del βHS1-3) nécessitant ainsi une analyse complémentaire. L’intérêt majeur de cette seconde version du kit réside dans l’utilisation d’une PCR long-range et la détection directe qui permettent l’identification des délétions α3.7 présentes à hauteur de 33% dans notre cohorte. Plusieurs options d’analyse bio-informatique contribuent à optimiser la normalisation et l’appel des grands réarrangements. L’utilisation de cette approche permet de réduire significativement le temps technique par rapport aux méthodes classiques aux multiples analyses. Ces résultats préliminaires montrent que la solution Devyser Thalassemia v2, en cours de marquage CE-IVDR, est une approche prometteuse, fiable et rapide pouvant être facilement implémentée dans les laboratoires de diagnostic moléculaire spécialisés dans les hémoglobinopathies.
Kahia MESSAOUDI (AMIENS), Walaa DARWICHE, Didier HERENT, Alizée SERGENT, Ophélie EVRARD, Loïc GARÇON, Guillaume JEDRASZAK, Estelle CADET
00:00 - 00:00 #49214 - P684 Prescriptions et rendement diagnostique du séquençage génomique dans le cadre des maladies rares en Guadeloupe : état des lieux 2023–2025.
Prescriptions et rendement diagnostique du séquençage génomique dans le cadre des maladies rares en Guadeloupe : état des lieux 2023–2025.

Les maladies rares d’origine génétique résultent d’altérations du génome, héritées ou de novo, qui perturbent des fonctions biologiques essentielles. Elles affectent divers organes ou systèmes, et leur diagnostic est souvent complexe en raison de symptômes peu spécifiques. Bien que les options thérapeutiques restent limitées, les avancées en génomique, notamment le séquençage de l’ADN, permettent d’identifier les mutations causales et ouvrent la voie à des approches ciblées. L'objectif est d'établir un état des lieux des prescriptions de séquençage du génome entier (WGS) en Guadeloupe dans le cadre du Plan France Médecine Génomique (PFMG), et analyser les premiers résultats diagnostiques obtenus. Pour cela, une étude descriptive rétrospective portant sur les prescriptions de WGS adressées à la plateforme AURAGEN depuis la Guadeloupe entre 2023 et 2025. Les données collectées incluent le nombre de familles incluses, les indications cliniques, le nombre d’échantillons transmis, ainsi que les comptes rendus validés. Sur la période étudiée, 241 familles ont été incluses, représentant un total de 629 échantillons. À ce jour, 118 résultats génétiques ont été édités. Le déploiement du PFMG en Guadeloupe améliore l’accès au diagnostic génétique des maladies rares dans un contexte ultramarin. L’analyse des données locales permet d’évaluer l’efficacité du dispositif et de renforcer son intégration dans les parcours de soins spécialisés.
Kara RANGUIN (GUADELOUPE), Aude ABRIAL, Sofiane DJEBIEN, Véronique ATALLAH, Consortium AURAGEN, Hugo CHAUMONT, Gérard COTELLON, Frédérique DELION, Carine JEAN BAPTISTE, Lazslo KOVACIC, Jean Marc ROSENTHAL, Plateforme KARUKERARES, Krystelle SENE, Pierre-Yves WACHTER, Simon TOURNIER, Jean Christophe HEBERT, Marilyn LACKMY
00:00 - 00:00 #49865 - P685 Nouvelles perspectives diagnostiques et mécanistiques dans le syndrome ATRX grâce au profilage de la méthylation de l’ADN.
Nouvelles perspectives diagnostiques et mécanistiques dans le syndrome ATRX grâce au profilage de la méthylation de l’ADN.

Les maladies rares, souvent d’origine génétique, représentent un enjeu majeur de santé publique, avec une errance diagnostique moyenne de plusieurs années. Si le séquençage génomique a permis l’identification de nombreux variants pathogènes, l’interprétation de nombreux variants reste incertaine. L’étude de la méthylation de l’ADN chez les patients apporte une information complémentaire et l’identification d’épisignatures spécifiques facilite l’interprétation de nouveaux variants, contribue au diagnostic et affine la compréhension mécanistique. Le syndrome d’alpha-thalassémie et de déficience intellectuelle liée au chromosome X (ATRX-S), causé par des mutations du gène ATRX, a été associé à une signature épigénétique distincte, dont la robustesse et l’utilité clinique demeurent encore peu explorées et évaluées. À l’aide de puces Illumina EPIC, nous avons analysé la méthylation de l’ADN de patients atteints d’ATRX-S en développant un pipeline bioinformatique robuste. Celui-ci s’appuie sur les fonctionnalités de bases de ChAMP comme socle, mais a été enrichi de contrôles qualité multi-niveaux (ACP, t-SNE, estimation de la composition cellulaire, horloge épigénétique) et de filtres stricts, afin de renforcer la robustesse des analyses. Ce pipeline a permis l’identification de sites différentiellement méthylés (DMPs) puis leur comparaison avec les données de la littérature et l’évaluation de leur pertinence diagnostique. Nous démontrons qu’une signature épigénétique robuste discrimine les patients atteints d’ATRX-S des témoins, indépendamment du tissu analysé. L’intégration de données de ChIP-seq (ATRX, H3.3, H3K9me3) a fourni un éclairage mécanistique supplémentaire et mis en évidence des processus biologiques liés aux cellules neuronales, en cohérence avec le phénotype clinique. Cette étude met en évidence à la fois le potentiel et les limites des épisignatures pour le diagnostic des maladies rares et propose un cadre pour une meilleure intégration des données épigénomiques en recherche et en clinique.
Nicolas DOLDI (Paris), Fatou CAMARA, Marlène RIO, Anne GUIMIER, Catherine BADENS, Stanislas LYONNET, Camille CHARBONNIER, Valérie CORMIER-DAIRE, Matthieu DEFRANCE, Emilia Maria PUIG LOMBARDI, Maud DE DIEULEVEULT
00:00 - 00:00 #49871 - P686 Détection bio-informatique des insertions d’éléments génétiques mobiles pour le diagnostic des maladies rares au laboratoire SeqOIA.
Détection bio-informatique des insertions d’éléments génétiques mobiles pour le diagnostic des maladies rares au laboratoire SeqOIA.

Contexte : Le Plan France Médecine Génomique (PFMG) déploie le séquençage génomique à haut débit pour le diagnostic des maladies rares, avec un rendement d’environ 30.6 % toutes préindications confondues (Abadie et al. 2025). Les pipelines actuels sur données Illumina short-reads détectent efficacement SNV, petits indels et la plupart des CNV, mais restent limités pour d’autres catégories ou régions génomiques complexes. Or, près d’un variant pathogène sur sept correspond à une anomalie « techniquement difficile » (Lincoln et al. 2021). Parmi elles, les insertions d’éléments génétiques mobiles (MEI) constituent un défi majeur : représentant plus de 50 % du génome, présentes en milliers à millions de copies et encore actives pour certaines familles (Alu, SVA, LINE1), elles génèrent une insertion de novo environ toutes les dix naissances. De nombreux cas pathogènes ont ainsi déjà été rapportés. Leur grande taille et leur caractère hautement répétitif expliquent cependant la faible sensibilité des outils classiques de détection de variants structuraux. Méthodes : Trois outils dédiés à la détection des MEI sur short-reads (MEGAnE v1.0, SCRAMBLE v1.0, MELT v2.2) ont été évalués sur quatre génomes de référence (NA12878, HG002, NA19238, NA19239), chacun séquencé à plusieurs reprises au laboratoire SeqOIA. Leur contenu exact en MEI a été caractérisé par séquençage long-reads dans le cadre du Human Genome Structural Variation Consortium (Ebert et al. 2021), avec entre 1000 et 2000 MEI absents du génome de référence par échantillon. Les performances ont été comparées selon la sensibilité la valeur prédictive positive, la reproductibilité et le coût computationnel. Les variants identifiés ont été annotés et confrontés à trois bases populationnelles (gnomAD-SV, HMEID, HGDP) via des scripts dédiés. Résultats : MEGAnE et MELT ont montré les meilleures performances, avec une sensibilité moyenne de 0.82 [0.81-0.83] pour MEGAnE et 0.79 [0.77-0.82] pour MELT, et une précision moyenne de 0.73 [0.69-0.75] et 0.76 [0.74-0.77]. SCRAMBLE présentait des résultats inférieurs (sensibilité 0.68 [0.61-0.71], précision 0.45 [0.43-0.47]). MEGAnE s’est distingué par un coût computationnel dix fois moindre que MELT, justifiant son choix pour une intégration en routine. Le pipeline a permis de retrouver trois insertions pathogènes connues (PTEN, ATM, ANLN). Son application à un cas d’exostoses multiples sévères, resté négatif lors de l’analyse initiale, a révélé une insertion de novo dans l’exon 1 de EXT1. Conclusions : Les pipelines NGS conventionnels présentent une sensibilité limitée pour la détection des MEI. L’intégration d’outils spécialisés, en particulier MEGAnE, améliore significativement la détection, augmente le rendement diagnostique et réduit l’errance diagnostique. Ces résultats plaident pour leur adoption systématique dans le cadre du PFMG, afin d’élargir le spectre des variants détectables et renforcer l’impact médical du séquençage génomique.
Arnaud MAILLARD (Paris), Nicolas DERIVE, Pierre MARIJON, Audrey BRIAND-SULEAU, Pierre BLANC, Alban LERMINE
00:00 - 00:00 #49550 - P687 Prot_Orthologues : un serveur web pour visualiser l’alignement de 25 protéines orthologues de chacune des > 19 000 protéines humaines MANE Select.
Prot_Orthologues : un serveur web pour visualiser l’alignement de 25 protéines orthologues de chacune des > 19 000 protéines humaines MANE Select.

Introduction : l’interprétation de variants faux-sens est une difficulté quotidienne. Un des critères essentiels est le degré de conservation inter-espèce des acides aminés. Il est donc essentiel d’accéder facilement à un serveur web qui affiche instantanément la conservation interespèce d’un acide aminé d’une protéine humaine. C’est ce que réalise le serveur Prot-Orthologues. Méthodes : Toutes les protéines MANE select ont été incluses dans le projet. Trois bases de données ont été utilisées pour identifier les protéines orthologues : ENSEMBL, NCBI et OMA de 25 espèces différentes choisies pour leur éloignement progressif de l’espèce humaine. Pour chacune des 25 espèces, la protéine orthologue la plus similaire à la protéine humaine a été sélectionné après un alignement 1 pour 1. Finalement, un alignement incluant la protéine humaine et les orthologues non-humains a été obtenu pour chacune des protéines humaines MANE Select. Les logiciels d'alignement utilisés sont tcoffee et clustalo. Les alignements des > 19 000 protéines humaines MANE Select ont été introduit dans une base de données SQLite. L’ensemble des scripts ont été écrits en Python3.8. Le site web utilise pyWebIO. Résultat : à l’accueil, il est nécessaire d’entrer la position de l’acide aminé et un des 6 identifiants possibles : nom abrégé du gène (ex. : DMD), N° ENSEMBL du gène, du transcript, de la protéine, N° NCBI du transcrit ou de la protéine. Le site affiche alors l’alignement avec toutes les protéines disponibles parmi les 25 espèces animales ainsi que les 12 acides aminés avant et après l’acide aminé cible. Il est possible de changer le jeu de couleur, de diminuer le nombre espèces à présenter, d’obtenir la liste des N° d’identification des protéines alignées et d’obtenir une image de l’alignement. Il est aussi possible de continuer en choisissant un autre acide aminé ou une autre protéine. Conclusion : ce site web met à disposition des internautes un outil simple et flexible permettant en un clic de visualiser le niveau de conservation inter-espèce d’un acide aminé, un élément essentiel pour aider à prioriser les variants faux-sens observés lors des séquençages d’ADN.
Patrice BOUVAGNET (Lyon)
00:00 - 00:00 #49220 - P688 Séquençage des gènes GBA1 et GBAP1 : évaluation du kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit utilisant le séquençage par Oxford Nanopore Technologies.
Séquençage des gènes GBA1 et GBAP1 : évaluation du kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit utilisant le séquençage par Oxford Nanopore Technologies.

Contexte/Objectifs : Le séquençage d’ADN short-reads est la principale approche technique utilisée en diagnostic moléculaire. Cependant, pour certains gènes difficiles à séquencer, des approches successives ou complémentaires restent nécessaires. Afin de simplifier l’approche dans les laboratoires de diagnostic, les gènes GBA1 et son pseudogène GBAP1 ont été inclus dans un nouveau kit Asuragen. Dans ce projet, nous avons étudié des échantillons porteurs de variants pathogènes dans le gène GBA1 et comparé la concordance des génotypes obtenus avec les méthodes classiques. Patients et Méthodes : 17 échantillons porteurs de variants pathogènes ont été fournis par des laboratoires français (laboratoires référents pour maladies de Gaucher, Parkinson et démence à corps de Levy). Nous avons évalué le kit AmplideX® Nanopore Carrier Plus Kit, combinant la technologie d’enrichissement par PCR longues et le séquençage Oxford Nanopore Technologies (ONT). Les régions codantes ainsi que les jonctions exon-intron des gènes GBA1 et GBAP1 ont été amplifiées par deux PCR (6,4 et 7,3 kb). Les librairies ONT ont été préparées, barcodées et multiplexées puis chargées sur une flowcell MinION R10.4.1. Le séquençage a été réalisé à l’aide du logiciel MinKnow (ONT), la déconvolution pour obtenir la phase a été réalisée, puis l’analyse bioinformatique automatisée des variants a été faite à l’aide du logiciel AmplideX One Reporter (Asuragen). L’annotation automatique s’appuie sur les données ClinVar. Résultats : Plusieurs types de variants ont été évalués (SNV, indel, CNV et SV/allèles recombinants) ainsi que la zygosité des variants et la précision du séquençage ONT. Compte tenu de la taille de la région amplifiée, la détermination de la phase a été possible dans tous les cas. Tous les variants ont été détectés, y compris un variant Indel de 55pb (c.1265_1319del) non détecté en exome short-reads. La zygosité des variants est concordante avec les données orthogonales. Tous les variants (automatiquement annotés par le logiciel) ont été correctement annotés à l’exception du variant Indel de 55pb annoté ici comme deux évènements de 50pb+5pb et d’un CNV de type délétion homozygote, lequel a été détecté mais mal annoté. Trois échantillons étaient porteurs d’allèles recombinants RecNcil ou RecTL, lesquels ont été annotés manuellement. Conclusion : L’utilisation de ce nouveau kit et ses performances, incluant la préparation de librairies et le logiciel dédié est satisfaisante et permet l’obtention des génotypes GBA1 en 3 jours. Nous anticipons que ce test permettra de simplifier les analyses effectuées par les laboratoires français référents permettant ainsi une étude exhaustive du gène GBA1. Ce kit développé pour le carrier screening devra être éprouvé pour le diagnostic. Financements : Asuragen : réactifs PCR, logiciel d’analyse et ordinateur portable, réactifs de préparation de librairies ; ONT : Mk1B, flow cells, réactifs de préparation de librairies.
Gabriel BRETON, Tony YAMMINE, Laura FEYEREISEN, Hélène MORET, Nadège CALMELS, Soumeya BEKRI, Roseline FROISSART, Anne-Sophie LEBRE (Reims)
00:00 - 00:00 #49491 - P689 Enjeux techniques et organisationnels pour un laboratoire de biologie médicale liés à la mise en place d’un projet pilote de dépistage néonatal génomique.
Enjeux techniques et organisationnels pour un laboratoire de biologie médicale liés à la mise en place d’un projet pilote de dépistage néonatal génomique.

Le dépistage néonatal (DNN) vise à détecter, dès la naissance et avant l’apparition des symptômes, certaines maladies rares et graves, d’origine génétique pour la plupart. Il permet ainsi de mettre en œuvre le plus rapidement possible les mesures thérapeutiques ou préventives appropriées pour limiter l’impact de ces maladies sur la santé des nouveau-nés. Compte tenu des progrès thérapeutiques de plus en plus rapides dans les maladies rares, l’ajout des nouvelles pathologies traitables une à une dans le DNN ne sera plus un modèle efficient à l’avenir. Il devenait donc indispensable de réfléchir à l’utilisation de nouvelles technologies permettant d’augmenter facilement et régulièrement le nombre de maladies rares dépistées en fonction de ces progrès thérapeutiques. Le séquençage haut débit pangénomique semble une option tout à fait adaptée notamment avec la mise sur le marché récente d’instruments permettant de séquencer plusieurs centaines de génomes par semaine, ouvrant ainsi la voie à la mise en place d’un dépistage néonatale génomique (DNNg). Parallèlement à de nombreux pays, le projet PERIGENOMED, vise à évaluer notamment la faisabilité, l’efficacité et la pertinence du DNNg en France. Il est construit en deux phases : la 1ère phase pilote (PGC1) évalue la faisabilité de rendre par 2 laboratoires (Dijon, Nantes) un résultat de DNNg en moins de 4 semaines (2 semaines pour certaines maladies métaboliques) pour 2500 naissances dans 5 CHU. Une 2ème phase préfiguratrice (PGC2) est prévue pour poursuivre cette évaluation en vie réelle à une échelle territoriale en Bourgogne Franche-Comté pour 19 000 naissances. L'analyse in silico des gènes responsables de maladies génétiques précoces et traitable est réalisée à partir de données de séquençage de génome entier. Une organisation technique solide et précise permettant d’absorber le débit d’analyse de milliers de génome par an avec un délai de rendu de résultat compatible avec le DNN a dû être mise en place dans le laboratoire de génomique médicale du CHU Dijon Bourgogne au sein du centre NEOMICS. Le dispositif repose sur une articulation fluide entre les volets pré-analytiques (logistique de réception et traitement des prélèvements, extraction d’ADN à partir des buvards), analytique (préparation de libraires et séquençage sur un instrument Illumina NovaSeq X plus) et post-analytique (pipeline bio-informatique optimisé, filtrage des variation et génération de rapports standardisés). Nous présentons ici les investissements (robotisation, automatisation), les développements techniques (séquençage sur sang de buvard, uniformisation de la quantité de données génomiques générées) et l’organisation (circuits urgents) mis en place au centre NEOMICS du CHU Dijon Bourgogne pour la réalisation du DNNg et un retour d’expérience sur les 600 premières inclusions de la première phase du projet PERIGENOMED.
Martin CHEVARIN (Dijon), Valentin BOURGEOIS, Claire RISSE, Clarisse DONDON, Hana SAFRAOU, Ange-Line BRUEL, Frédéric HUET, Laurent PASQUIER, Stéphane BEZIEAU, Virginie GUIBERT, Christine BINQUET, Laurence FAIVRE, Yannis DUFFOURD
00:00 - 00:00 #49354 - P690 Lutte contre l’impasse diagnostique : Amélioration de l’interprétation des variants du gène WFS1 grâce à l’IA.
Lutte contre l’impasse diagnostique : Amélioration de l’interprétation des variants du gène WFS1 grâce à l’IA.

Le gène WFS1, codant pour la protéine wolframine, est impliqué dans des maladies rares telles que le syndrome de Wolfram (forme récessive) ainsi que dans certaines pathologies dominantes (surdité, atrophie optique, diabète). La classification des variants faux-sens de WFS1 demeure un défi majeur. Distinguer les variants récessifs (généralement associés à une perte de fonction) des variants dominants (souvent liés à un effet dominant négatif ou à un gain de fonction) est en effet essentiel pour affiner le diagnostic et l’orientation des patients. Les outils prédictifs actuels reposent principalement sur des critères de conservation ou d’impact physicochimique, mais négligent les aspects structuraux et dynamiques de la protéine. Pour dépasser ces limites, nous développons une approche innovante intégrant modélisation 3D, bioinformatique structurale et apprentissage profond géométrique afin de mieux caractériser et prédire la pathogénicité des variants de WFS1. La première étape a consisté à établir un jeu de données validé comprenant 135 variants bénins, 80 récessifs et 30 dominants, annotés cliniquement et positionnés structurellement à l’aide d’outils tels qu’AlphaFold, STRING et Spectraldom. Nous avons ensuite appliqué des méthodes de classification supervisée et non supervisée pour évaluer la capacité des prédicteurs classiques à distinguer les mécanismes d’action. Le travail se poursuit avec l’intégration de caractéristiques structurales (flexibilité, environnement local, domaines) dans un modèle d’apprentissage sur graphes, visant une classification fonctionnelle plus précise. Une analyse des interfaces protéine-protéine de la wolframine par amarrage moléculaire est également prévue afin de corréler les surfaces d’interaction avec les effets cliniques des mutations. À ce jour, seuls des résultats préliminaires sont disponibles, mais nous présenterons les premiers modèles de prédiction et lancerons un appel à collaboration pour élargir notre cohorte de variants validés.
Edoardo SARTI, Annabelle CHAUSSENOT, Samira AIT-EL-MKADEM, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Marco LORENZI, Cécile ROUZIER (Nice)
00:00 - 00:00 #49332 - P691 Réévaluation des VUS en oncogénétique par apprentissage automatique : un outil d'aide au diagnostic des prédispositions au cancer.
Réévaluation des VUS en oncogénétique par apprentissage automatique : un outil d'aide au diagnostic des prédispositions au cancer.

Corps du résumé : Contexte : L'interprétation des variants de signification incertaine (VUS) est un défi majeur en oncogénétique, laissant patients et cliniciens dans l'incertitude. Environ 10 à 20% des variants identifiés dans les gènes de prédisposition au cancer sont classés comme VUS, ce qui complique la prise en charge. Objectif : Développer et valider un algorithme d'apprentissage automatique (Machine Learning) pour réévaluer objectivement et à grande échelle les VUS dans les principaux gènes d'intérêt en cancérologie héréditaire. Méthodes : Nous avons constitué une base de données d'entraînement à partir de variants des gènes BRCA1, BRCA2, MLH1, MSH2, MSH6, PMS2 et PALB2, issus de bases de données publiques (ClinVar, gnomAD) et d'une cohorte de 15 000 patients. Seuls les variants classés "pathogènes/probablement pathogènes" (n=2 500) et "bénins/probablement bénins" (n=8 000) ont été retenus. Pour chaque variant, plus de 30 caractéristiques ont été extraites (scores de prédiction in silico, fréquence allélique, données de conservation, etc.). Un modèle de type Gradient Boosting (XGBoost) a été entraîné pour discriminer ces deux classes. La performance du modèle a été évaluée par validation croisée et sur une cohorte de validation indépendante. Résultats : Le modèle final a démontré une excellente performance avec une aire sous la courbe ROC (AUC) de 0.97 (IC 95% : 0.96-0.98) sur la cohorte de validation. Appliqué à une liste de 1 250 VUS uniques de notre cohorte clinique, l'algorithme a permis de proposer une réévaluation pour 480 VUS (38,4%). Parmi eux, 110 (8,8% du total) ont été reclassés en "probablement pathogène" et 370 (29,6%) en "probablement bénin" avec une forte probabilité (score > 0.9). Ces réévaluations ont eu un impact clinique direct pour plus de 85 familles, permettant d'ajuster le suivi et de réduire une anxiété injustifiée. Conclusion : L'intelligence artificielle, via des modèles d'apprentissage automatique robustes, est un outil puissant pour aider à la réévaluation des VUS en oncogénétique. Notre algorithme réduit significativement l'incertitude diagnostique, améliore le conseil génétique et optimise la prise en charge personnalisée des patients et de leurs familles. Son intégration dans les pipelines d'analyse de routine pourrait transformer la pratique clinique.
Yahia Mahdi Seddik CHERIFI (Alger, Algérie)
00:00 - 00:00 #49527 - P692 Apport des technologies innovantes au diagnostic moléculaire de la SMA: caractérisation d’une délétion partielle atypique de SMN1.
Apport des technologies innovantes au diagnostic moléculaire de la SMA: caractérisation d’une délétion partielle atypique de SMN1.

L’amyotrophie spinale proximale (SMA) est une maladie neuromusculaire grave dont l’histoire naturelle a été profondément modifiée ces dernières années grâce à l’émergence de nouveaux traitements. Leur efficacité est d’autant plus importante qu’ils sont administrés précocement, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic rapide et fiable. Dans la majorité des cas, la SMA est causée par une délétion homozygote du gène SMN1, mais des cas plus rares impliquent des variants ponctuels ou des réarrangements complexes. La détection de ces évènements rares est particulièrement difficile, du fait de la complexité génomique de la région du chromosome 5 où se trouvent le gène SMN1 et son gène copie SMN2, qui lui est quasiment identique. Nous rapportons ici le cas d’une patiente atteinte de SMA type I et porteuse d’une délétion de l’exon 7 du gène SMN1 à l’état hétérozygote. Le second évènement porté par l’enfant est une délétion étendue emportant les exons 1 à 6 du gène SMN1 dont la détection et la caractérisation a nécessité une combinaison de techniques innovantes dont le séquençage de génome long read (Nanopore) et la cartographie optique (Bionano). Ces résultats sont en accord avec les données issues de l’analyse de l’expression de SMN1, montrant une quasi-absence de transcrit. La confirmation diagnostique a permis de délivrer un conseil génétique approprié suite au décès de cet enfant qui présentait d’emblée un phénotype très sévère. Les cas de délétion non classique n’impliquant pas l’exon 7 de SMN1 sont exceptionnels. Ce type de réarrangement, jusque-là indétectable par les techniques classiques, pourrait donc être sous-estimé en fréquence. Ce cas, résolu grâce à l’utilisation combinée de plusieurs approches, illustre les limites des stratégies diagnostiques conventionnelles et souligne l’intérêt d’intégrer des technologies avancées dans la routine diagnostique, en particulier lorsque la présentation clinique est très évocatrice, permettant à la fois d’accéder aux traitements et à un conseil génétique adapté.
Brian SPERELAKIS-BEEDHAM, Sylvia ROSE (Paris), Lilian GREAU, Cécile MASSON, Maryse MAGEN, Zaina AIT ARKOUB, Arnold MUNNICH, Judite MELKI, Christine BOLE, Patrick NITSCHKE, Lucile COURONNÉ, Sophie KALTENBACH, Myriam VEZAIN, Pascale SAUGIER VEBER, Séverine DRUNAT, Julie STEFFANN, Christine BARNERIAS, Corinne COLLET
00:00 - 00:00 #49943 - P693 Semi-automatisation et standardisation des comptes rendus génétiques : une solution simple et accessible à tous.
Semi-automatisation et standardisation des comptes rendus génétiques : une solution simple et accessible à tous.

L’outil open source Espanso (https://espanso.org/) est un logiciel d’expansion de texte (ou text expander) multiplateforme puissant qui permet d’automatiser la saisie de contenus répétitifs via des raccourcis configurables. Nous présentons son application pour la rédaction rapide de comptes rendus d’analyses d’exome et de génome, utilisant un fichier de configuration que nous proposons, disponible sur GitHub (https://github.com/Oodnadatta/Genetics-reports), contenant des modèles textuels de comptes rendus d'analyses génomiques standardisés pour faciliter et accélérer leur rédaction. Cette approche a permis de générer des centaines de comptes rendus en moins de 5 minutes chacun (hors bibliographie), améliorant significativement la productivité et réduisant la charge de travail liée à la saisie manuelle. La configuration proposée (en fichier YAML) prête à l'emploi rend l’outil facile à mettre en place et ne requiert pas de compétences bioinformatiques particulières. Le catalogue est également facilement adaptable, y compris à d’autres types de comptes rendus biologiques ou cliniques. Espanso fonctionne sur Windows, macOS et Linux. Ainsi, nous proposons un catalogue adapté pour l'outil Espanso, efficace et accessible pour standardiser et accélérer la production de comptes rendus d'analyses, tout en laissant la possibilité d’adaptation personnalisée selon les besoins.
Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON (Dijon), Christophe PHILIPPE
00:00 - 00:00 #49797 - P694 Nouvelles approches technologiques et bio-informatiques pour décrypter les formes monogéniques du diabète : expérience tunisienne.
Nouvelles approches technologiques et bio-informatiques pour décrypter les formes monogéniques du diabète : expérience tunisienne.

Le diabète sucré est une maladie métabolique chronique caractérisée par une hyperglycémie persistante, secondaire à un défaut de sécrétion ou d’action de l’insuline. Sa prévalence croissante et ses complications en font un enjeu majeur de santé publique mondiale. Si la majorité des cas correspond au diabète de type 1 ou de type 2, environ 1 à 5 % relèvent de formes spécifiques de diabète (FSD), liées à des mutations dans un gène unique affectant la fonction des cellules bêta ou la régulation de l’insuline. Ces formes comprennent notamment le diabète néonatal, le diabète de type MODY (Maturity-Onset Diabetes of the Young) et certaines formes syndromiques. Malgré leur rareté, les FSD revêtent un intérêt clinique considérable, car leur identification permet d’instaurer une prise en charge thérapeutique personnalisée. Leur diagnostic reste toutefois complexe, en raison d’un chevauchement clinique et biologique avec les formes communes de diabète, entraînant un sous-diagnostic fréquent. Dans ce contexte, le test génétique constitue l’outil de choix pour un diagnostic précis. En Tunisie, les études moléculaires restent limitées. Notre objectif est d’identifier les loci génétiques et mutations causales chez des patients tunisiens suspects de FSD en recourant au séquençage de l’exome entier (Whole Exome Sequencing, WES), associé à des analyses bio-informatiques avancées. Au total, 11 patients tunisiens présentant une suspicion clinique de FSD ont été recrutés. Le séquençage WES a été effectué, suivi d’un filtrage et d’une annotation bio-informatique des variants. L’outil en ligne ORVAL a permis d’explorer les interactions entre variants et d’estimer la probabilité de combinaisons pathogènes. Les variants retenus ont été validés par séquençage de Sanger, accompagné d’analyses de ségrégation familiale. L’analyse a révélé 15 variants potentiellement pathogènes répartis dans 14 gènes associés aux FSD. Les résultats incluaient des cas de MODY-3, des formes isolées de diabète à faible pénétrance liées au syndrome de Wolfram, ainsi que des formes syndromiques telles que les lipodystrophies familiales partielles de type 2 et 4. Cinq patients présentaient des caractéristiques compatibles avec des formes non spécifiés de diabète. Notre analyse génétique a eu un impact clinique direct en permettant d’adapter la stratégie thérapeutique pour quatre patients. Nos résultats confirment l’hétérogénéité clinique et génétique des FSD en Tunisie et démontrent les limites des panels ciblés face à la pertinence du séquençage haut débit. L’utilisation du WES, associée à des approches bio-informatiques, permet d’affiner la classification des patients et d’améliorer la compréhension des mécanismes pathogéniques. Son intégration en pratique clinique représente une avancée vers la médecine de précision, offrant un diagnostic fiable et une prise en charge personnalisée, particulièrement adaptée aux pays à ressources limitées.
Rym KEFI, Nadia KHERIJI (Tunis, Tunisie), Hamza DALLALI, Mariem GHARBI, Asma KRIR, Afef BAHLOUSS, Melika BEN AHMED, Faten MAHJOUB, Abdelmajid ABID, Henda JAMOUSSI
00:00 - 00:00 #49682 - P695 Identito-vigilance en pratique : une solution bio-informatique flexible pour tout type d'analyses NGS.
Identito-vigilance en pratique : une solution bio-informatique flexible pour tout type d'analyses NGS.

[Contexte] L’identito-vigilance représente un enjeu central dans les laboratoires de diagnostic utilisant le séquençage à haut débit (NGS). Garantir l’intégrité et la traçabilité des échantillons est essentiel pour éviter les erreurs d’identification, qui peuvent avoir des conséquences majeures sur la prise en charge des patients, ainsi que sur la qualité des données à visée de recherche. Bien que des kits commerciaux existent pour confirmer l’identité des échantillons, leur utilisation implique des manipulations techniques supplémentaires et le séquençage de régions génomiques identifiantes spécifiques à cet usage. Ces approches soulèvent des questions éthiques, notamment en matière de confidentialité génétique, et génèrent des coûts additionnels non négligeables. Dans un contexte marqué par la diversification des analyses, la multiplication des panels de gènes, l’hétérogénéité des plateformes de séquençage et le suivi longitudinal des patients, les laboratoires font face à un véritable mille-feuille technologique. Le variant génétique devient alors le dénominateur commun permettant de relier l’ensemble des analyses. Nous avons développé et mis en œuvre une solution bio-informatique innovante, reposant exclusivement sur les données de séquençage générées lors de l’analyse principale dans le but d’identifier de potentielles confusions d’échantillons. [Résultats] Notre algorithme sélectionne des polymorphismes présents dans toutes les régions analysées et calcule une empreinte génétique pour chaque échantillon. Ces empreintes sont ensuite comparées entre échantillons, à la fois pour un même panel, mais aussi entre panels distincts. Le système génère des alertes automatiques en cas d’anomalies : lorsque deux échantillons d’un même patient présentent des empreintes différentes, ou lorsque deux échantillons de patients distincts partagent la même empreinte. Nous avons analysé plus de 20 000 échantillons, à travers 3 panels techniques, ce qui a permis de lever 6 alertes concernant de vrais évènements de confusion d’échantillons, et une qui concernant l’analyse de sœurs jumelles. Dans la version actuelle de l’algorithme, environ une fausse alerte est générée pour 100 analyses, principalement à cause d'artefacts de séquençage ou d'altérations génétiques acquises au cours de l’évolution tumorale, pour les suivis longitudinaux en oncologie somatique. [Conclusions] L’approche proposée a démontré sa fiabilité et son utilité sur des données de vie réelle, confirmant sa pertinence dans un contexte clinique. Sa flexibilité constitue un avantage majeur : elle s’adapte aux différents panels, plateformes de séquençage et matrices biologiques (ADN/ARN), et convient pour l’analyse rétrospective des données déjà produites. Des travaux de développement sont en cours afin d’optimiser les performances algorithmiques et de faciliter l’intégration de cette solution dans les infrastructures informatiques déjà en place dans les laboratoires.
Benoit GOUTORBE (Marseille), Cornel POPOVICI, Quentin DA COSTA, Ghislain BIDAUT, Tetsuro NOGUCHI, Violaine BOURDON, Anes HADJADJ AOUL, Maylis ADI WIJIYANTO, Nicolas PONS, Laetitia RABAYROL, Anne-Sophie ALARY, Audrey REMENIERAS, Hagay SOBOL
00:00 - 00:00 #49340 - P696 Méthode de traçabilité et de sécurisation d’échantillons NGS à l’aide de données encodées sur ADN synthétique.
Méthode de traçabilité et de sécurisation d’échantillons NGS à l’aide de données encodées sur ADN synthétique.

Les données génomiques issues du séquençage à haut débit sont une ressource extrêmement précieuse tant pour les soins que pour la recherche, mais aussi des marqueurs de l’identité de chacun qu’il faut traiter avec prudence et éthique. Avec la multiplication des campagnes de séquençage et les avancées de l’IA en traitement de données se posent plusieurs questions : (1) les procédés, à toutes les étapes, sont-ils suffisamment fiables et sécurisés pour assurer l’origine d’un prélèvement de manière absolue ? (2) les architectures de données permettent elles d’assurer la sécurisation et la structuration pour l’IA d’une grande quantité de données ? Dans le même temps les méthodes d’archivage des données sur ADN synthétique sont en expansion, reposant sur le principe d’encodage de données sur ADN. De la même manière que les ordinateurs fonctionnent grâce à des bits de données qui peuvent être dans deux états différents (0 ou 1), on peut voir une séquence d’ADN comme un enchainement de bits, pouvant cette fois ci être dans 4 états différents (A, T, C, G). La société Genaro propose d’utiliser ce principe pour apporter une nouvelle solution de traçabilité et de sécurisation pour les procédés de séquençage à haut débit. Nous avons développé un algorithme nommé NATAN permettant la création de séquence d’ADN synthétique contenant des informations, comme une référence unique, des instructions informatiques ou une coordonnée GPS par exemple. Grâce à une méthode d’extraction développée spécifiquement, nous pouvons extraire l’ADN génomique d’un échantillon en même temps que l’étiquette ADNs et l’emporter tout au long du procédé de préparation d’échantillon, jusqu’au séquençage à haut débit, marquant donc l’échantillon directement grâce à une étiquette soluble sans ajouter de biais altérant la qualité du séquençage. En conjonction avec un système informatique type LIMMS, nous pouvons assurer la traçabilité des échantillons ainsi qui faire le suivi d’éventuelles contaminations et détecter, par exemple, l’inversion des prélèvements de deux patients. Lors du traitement bio-informatique nous pouvons décoder les informations stockées dans l’échantillon et s’en servir pour automatiser des analyses, aider à la structuration de données... L’un des enjeux de ce procédé est de contrôler la possibilité de découvertes fortuites, des découvertes non demandées lors de l’analyse génomique et pouvant parfois porter atteinte aux droits fondamentaux de chacun.
Gabriel FINA (Marseille), Pascal ASSENS, Abigaelle GROS, Alain BIANCOTTO, Férédric FINA
00:00 - 00:00 #49451 - P697 GALACS : détecter des CNV et SV en quelques secondes grâce aux GPU.
GALACS : détecter des CNV et SV en quelques secondes grâce aux GPU.

L’explosion des données issues du séquençage génomique rend cruciale l’accélération des analyses. Identifier rapidement les variations du nombre de copies (CNV) et les réarrangements structuraux (SV) sur des cohortes entières reste aujourd’hui un réel goulet d’étranglement. Les outils existants, qui utilisent majoritairement des CPU, peinent à tenir la cadence. Nous présentons GALACS ((Gpu AcceLerated Analysis of CNV and SV)), un nouvel outil qui exploite toute la puissance combinée des processeurs multi-cœurs et des GPU. L’idée est simple : les calculs lourds mais hautement parallélisables – comme le contenu en GC, la mappabilité ou les moyennes de profondeur par fenêtres glissantes – sont déportés sur le GPU, capable de traiter des millions de fenêtres simultanément, tandis que le CPU gère la logique de parsing des BAM et l’organisation des données. Résultat : une accélération par un facteur 5 à 10 par rapport à une approche purement CPU, sans perte de précision. Concrètement, GALACS se base sur une combinaison d’approches classiques de détection des évènements. Il lit les fichiers BAM en multithreading avec htslib, découpe le génome en fenêtres et calcule les métriques locales (profondeur, GC, mappabilité), normalise les signaux de profondeur pour détecter les CNV. Et enfin, pour détecter les SV, il exploite à la fois les anomalies d’appariement des paires de lectures et les « split reads » pour une robustesse maximale. Pensé pour la pratique, l’outil est paramétrable (taille de fenêtres, seuils statistiques, fichiers de référence) et génère différents niveaux de sortie sous la forme de fichiers standards, facilitant l’intégration dans les pipelines existants. Les premiers tests sur des génomes humains (profondeur moyenne 30x) montrent que des étapes autrefois chronophages, comme la normalisation de la profondeur, passent de plusieurs dizaines de minutes (> 2h) sur 48 coeurs CPU (Xeon Gold 6126 à 2,6 GHz) à quelques secondes (~ 180 secondes) sur un serveur équipé d’un seul GPU H100. Un article est en cours de rédaction afin de présenter en détail l’architecture, les résultats de benchmark et les perspectives cliniques et opérationnelles offerte par ce logiciel. En bref, GALACS démontre qu’exploiter le GPU, c’est changer d’échelle. Ce qui prenait des heures devient une affaire de minutes : (>3h à ~10 minutes au total), ouvrant la voie à une détection des CNV/SV fiable et scalable pour la génétique de demain. GALACS est un logiciel open source, et sera accessible librement après publication.
Serralta THÉO, Emilie TISSERANT, Anthony AUCLAIR, Valentin VAUTROT, Anne-Sophie BRIFFAUT, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN, Yannis DUFFOURD (Dijon)
00:00 - 00:00 #49752 - P698 Étude bioinformatique des mutations associées à la bisalbuminémie et de leurs effets sur le transport des acides gras.
Étude bioinformatique des mutations associées à la bisalbuminémie et de leurs effets sur le transport des acides gras.

Introduction : La bisalbuminémie héréditaire est une affection rare, causée par des mutations du gène codant pour l'albumine sérique humaine. Ces altérations génétiques entraînent des modifications structurales et fonctionnelles susceptibles de perturber les fonctions biologiques de l’albumine. L’objectif de cette étude était d’analyser l’effet de ces variants sur la fonction de transport des acides gras par l’albumine. Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 59 mutations ponctuelles impliquées dans la bisalbuminémie, collectées à partir des bases de données Albumin.org et UniProt. Une modélisation in silico des variants mutants, basée sur la structure 1A06.pdb de l’albumine humaine, a été réalisée à l’aide de Swiss-PdbViewer. Les simulations de docking, effectuées avec AutoDock Vina, ont permis d’évaluer l’affinité de liaison entre l’albumine et les acides gras, notamment l’acide stéarique. Les résultats, exprimés par des Z-scores, ont révélé l’impact des mutations sur l’interaction avec les acides gras par rapport à l’albumine sauvage. Résultats Une modification significative de l’affinité de l’albumine pour l’acide stéarique a été retrouvée dans 14 mutations. Parmi celles-ci, 7 mutations ont entraîné une diminution de l'affinité, avec la mutation p.Arg218His montrant l'effet le plus marqué (Z=-3,48). À l'inverse, 7 mutations ont renforcé cette interaction, avec des Z scores allant de 2,28 (variant Yanomama-2) à 4,55 (variant Niigata). Les variants identifiés ont affecté majoritairement des domaines clés de la protéine. En particulier, le sous-domaine IIIB, était le plus souvent affecté (38,1%). Il est suivi du sous-domaine IIA (23,81%) et du sous-domaine IIIA (14,29%). Les sous-domaines IA et IIB (9,52% chacun), ainsi que le sous domaine IB (4,76%), étaient moins fréquemment touchés. Conclusion : Cette étude in silico revêt une importance capitale pour le suivi des patients atteints de bisalbuminémie, en offrant la possibilité de prédire l'impact des mutations sur leur profil lipidique. Elle permet ainsi d'anticiper les risques de dyslipidémie et de perturbations dans le transport des acides gras, permettant d'adapter la stratégie thérapeutique au profil moléculaire du patient.
Dorra JEMAL (Sfax, Tunisie), Yessine AMRI, Sondess HADJ FREDJ, Siwar CHELBI, Mariem OTHMANI, Taieb BEN MESSAOUD, Rym DABBOUBI
00:00 - 00:00 #49979 - P699 WECC : outil de détection de CNV sur des données WES pour le diagnostic de maladies rares.
WECC : outil de détection de CNV sur des données WES pour le diagnostic de maladies rares.

Contexte Le séquençage d’exome complet (Whole Exome Sequencing, WES) permet, outre l’identification de variants ponctuels, la détection de variations du nombre de copies (Copy Number Variants, CNV) par analyse de la profondeur de lecture.
Depuis 2016, l’Unité Fonctionnelle « Génomique du développement et de la reproduction » de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière utilise le WES en routine diagnostique. Dès 2018, nous avons évalué plusieurs outils bioinformatiques pour la détection de CNV, mais les performances restaient limitées, notamment en termes de détection et d’interprétation. Méthode Nous avons donc commencé à développer en interne un outil dédié, nommé WECC (Whole Exome CNV Caller). En 2020, un benchmarking sur 6 logiciels de détection de CNV (incluant WECC), réalisé à partir de cas confirmés par puce ADN ou panel de gènes, a validé la robustesse de notre approche. Le développement s’est poursuivi avec des tests sur contrôles positifs. En Août 2023, WECC a été intégré à notre nouveau pipeline WES. Résultats Entre Août 2023 et Août 2025, 116 runs WES ont été analysés avec WECC, permettant l’identification de : 1 CNV de type PIEV (pénétrance incomplète et/ou expressivité variable) 2 CNV de classe 3 (signification incertaine) 5 CNV de classe 4 (probablement pathogènes) 12 CNV de classe 5 (pathogènes) La méthode détecte des événements de tailles variées, de l’ordre de 100 pb à plus de 50 Mb. Conclusion WECC est un outil complet prenant en entrée des fichiers BAM issus de WES. Il permet la détection de CNV (via notre algorithme maison ainsi que SMOOVE pour l’identification de points de cassure), leur visualisation dans IGV (web et stand-alone) et leur annotation grâce à plusieurs bases de données (Gencode, PanelApp, OMIM, HPO, ClinVar, DGV, LOEUF), ainsi que par l’analyse des occurrences intra-run et de la récurrence inter-runs. Cet outil facilite l’interprétation des CNV dans un contexte de diagnostic des maladies rares.
Julien BURATTI (Paris), Julie BOGOIN, Jean-Madeleine DE SAINTE-AGATHE, Mathieu GEORGET, Caroline NAVA, Corinne MACH, Valérie OLIN, Elodie LEJEUNE, Aurélie WAERNESSYCKLE, Claude ESTRADE, Fabienne RAJHONSON, Boris KEREN
00:00 - 00:00 #49177 - P700 Computational Analysis of nsSNPs of ADA Gene in Severe Combined Immunodeficiency Using Molecular Modeling and Dynamics Simulation.
Computational Analysis of nsSNPs of ADA Gene in Severe Combined Immunodeficiency Using Molecular Modeling and Dynamics Simulation.

Severe combined immunodeficiency (SCID) is the most severe form of primary immunodeficiency (PID), characterized by fatal opportunistic infections. The ADA gene encodes adenosine deaminase, an enzyme that catalyzes the irreversible deamination of adenosine and deoxyadenosine in the catabolic pathway of purine. Mutations of the ADA gene have been identified in patients with severe combined immunodeficiency. In this study, we performed a bioinformatics analysis of the human ADA gene to identify potentially harmful nonsynonymous SNPs and their effect on protein structure and stability. Using eleven prediction tools, we identified 15 nsSNPs (H15D, H15P, H17Q, H17Y, D19N, T26I, G140E, C153F, A183D, G216R, H258Y, C262Y, S291L, S291W, and K34OE) as harmful. The results of ConSurf’s analysis revealed that all these nsSNPs are localised in the highly conserved positions and affect the structure of the native proteins. In addition, our computational analysis showed that the H15D, G140E, G216R, and S291L mutations identified as being associated with severe combined immunodeficiency affect protein structure. Similarly, the results of the analyses of Rmsd, Rmsf, and Rg showed that all these factors influence protein stability, flexibility, and compaction with different levels of impact. This study is the first comprehensive computational analysis of nsSNPs of the ADA gene. However, functional analyses are needed to elucidate the biological mechanisms of these polymorphisms in severe combined immunodeficiency.
Soukaina ESSADSSI, Al Mehdi KRAMI, Lamiae ELKHATTABI, Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Ghita AMALOU, Houria ABDELGHAFFAR, Hassan ROUBA, Abdelhamid BARAKAT
00:00 - 00:00 #49957 - P701 Mise au point de techniques de capture pour le séquençage ciblé en long read Oxford Nanopore appliquées aux loci SORD et RFC1 dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth.
Mise au point de techniques de capture pour le séquençage ciblé en long read Oxford Nanopore appliquées aux loci SORD et RFC1 dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Au sein des neuropathies Périphériques Héréditaires (IPN), la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), une des maladies neuromusculaires les plus fréquentes, est caractérisée par une forte hétérogénéité génétique, avec plus de 100 gènes connus à ce jour, qui rendent son diagnostic complexe. Les formes récessives CMT-SORD et CANVAS, liées à des mutations dans les gènes SORD et RFC1 respectivement, présentent des particularités qui rendent son diagnostic moléculaire, par les technologies classiques de NGS short-read (SRS), moins sensibles et ainsi participent à l’errance diagnostique dans ces groupes de maladies. Pour CMT-SORD, le gène SORD est organisé en tandem avec son pseudogène SORD2P, entrainant des difficultés d’alignement correct des reads sur SORD, et pour CANVAS, les mutations majoritaires sont des expansions de pentanucléotides mal détectées en SRS. Le séquençage long read (LRS) Oxford Nanopore (ONT), puisqu’il séquence de longs fragments d’ ADN natif, est une solution efficace pour contourner ces écueils. Néanmoins, le séquençage complet du génome (WGS) reste couteux. Même si ONT propose une méthode simple de programmation des régions à cibler (Adaptive Sampling, AS), qui permet un enrichissement de ces régions, la technique limite très fortement les capacités de multiplexage et donc de réduction des couts du séquençage ciblé en LRS ONT. De plus, il existe de fortes contraintes sur la taille minimale des régions cibles. Ainsi, nous proposons de mettre au point une technique de capture des régions cibles à l’aide de sondes (Twist Biosciences), sur de l’ADN non fragmenté, sans amplification PCR, en adaptant un protocole mis au point pour le séquençage long read PacBio (et nécessitant une amplification par PCR). Nous espérons pouvoir capturer, avec un bon rendement, les régions cibles, et grâce à l’absence d’amplification PCR, également pouvoir analyser la méthylation des gènes ciblés. Nous comparerons le séquençage ciblé de 187 gènes d’IPN, incluant nos deux régions d’intérêt. Cela permettra de tester l’AS en général pour le diagnostic des CMT. Seules les régions SORD et RFC1 seront analysées. Nous testerons un petit groupe de 10 patients, pour lesquels nous avons une forte suspicion de CMT-SORD ou CANVAS, mais chez qui un seul un variant a pu être détecté par les méthodes classiques : ils sont donc hétérozygotes simples pour la mutation majoritaire de chaque pathologie. Nos résultats permettront d’évaluer la faisabilité et le cout de cette technique dans le cadre d’une stratégie diagnostique, en plus ou en remplacement des techniques short-read. Si la solution de capture donne de bons résultats, cela permettra de développer un technique fiable, sensible et peu coûteuse pour séquencer de nombreux échantillons. Elle pourra être appliquée à tout panel à séquencer en LRS. Le développement est en cours et nous serons en mesure de présenter nos premiers résultats en Janvier.
Christel CASTRO (Allauch), Coralie PROVOST, Bertaux KARINE, Shahram ATTARIAN, Nathalie BONELLO-PALOT, Valérie DELAGUE
00:00 - 00:00 #49464 - P702 Réduction du temps d’analyse génomique à une heure : une approche intégrée combinant GPU, automatisation et optimisation logicielle pour le diagnostic clinique.
Réduction du temps d’analyse génomique à une heure : une approche intégrée combinant GPU, automatisation et optimisation logicielle pour le diagnostic clinique.

Le diagnostic des maladies génétiques rares et des cancers héréditaires exige une analyse rapide des données de séquençage en lectures courtes (srGS), particulièrement en contexte prénatal ou oncogénétique où la théranostique nécessite une réactivité optimale. Les pipelines traditionnels, basés sur des CPU, imposent des délais de plusieurs jours, incompatibles avec ces urgences cliniques. Nous présentons ici une approche intégrée combinant optimisations matérielles (GPU NVIDIA H100), logicielles (parallélisation, GALACS) et organisationnelles (automatisation, MongoDB) pour réduire le temps d’analyse d’un génome humain complet à moins d’une heure, tout en minimisant les coûts énergétiques et infrastructurels. Accélération matérielle : L’étape d’alignement, historiquement limitante, a été optimisée en remplaçant les CPU Intel® Xeon® Gold 6442Y (48 cœurs) par des GPU NVIDIA H100 (18 432 cœurs CUDA) via Parabricks, permettant une parallélisation massive et une réduction drastique des temps de traitement. Cela a permis de réduire le temps de l’alignement de 124 heures (CPU) à 30 minutes (GPU + Parabricks). Automatisation : Un autolauncher en Python a été développé pour surveiller en continu un répertoire dédié et déclencher automatiquement le pipeline dès la détection de fichiers FASTQ, éliminant ainsi les temps morts liés à l’absence d’opérateur (nuits, week-ends, jours fériés). Optimisation des entrées/sorties : Les bases d’annotation, auparavant dispersées, ont été centralisées dans MongoDB, supprimant les goulots d’étranglement liés aux multiples accès et accélérant significativement l’annotation des CNV. Parallélisation logicielle : Le génome a été découpé en segments traités en parallèle pour les étapes d’appel et d’annotation des variants. Cette stratégie, couplée à l’utilisation de GALACS (outil maison dédié à l’appel des CNV/SV sur GPU), a permis une accélération majeure de ces étapes critiques. L’ensemble de ces optimisations ont réduit la durée de l’analyse des SNV/Indels (parallélisation par segments) de 18 heures à 40 minutes et l’analyse des CNV (GALACS + MongoDB) de 12 heures à 15 minutes. D’un point de vue global, le temps d’analyse est passé de plusieurs jours à une heure, avec certaines étapes améliorées d’un facteur supérieur à 10. Cette approche intégrée démontre qu’il est possible de concilier rapidité, précision et durabilité dans l’analyse génomique. En réduisant les délais à une heure, elle facilite l’intégration en routine clinique, améliorant la prise en charge des patients et augmentant leurs chances grâce à un diagnostic plus précoce. De plus, en réduisant grandement le temps de calcul et la consommation énergétique (2500 kWh contre 21000 kWh), elle contribue significativement à limiter l’impact environnemental des infrastructures de calcul. Ces résultats ouvrent la voie à une adoption plus large de l’analyse génomique rapide, tout en minimisant l’empreinte carbone.
Anthony AUCLAIR (Dijon), Emilie TISSERANT, Valentin VAUTROT, Théo SERRALTA, Anne-Sophie BRIFFAUT, Edris SHARIF RHAMANI, Anne-Sophie DENOMME-PICHON, Ange-Line BRUEL, Hana SAFRAOU, Antonio VITOBELLO, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN, Yannis DUFFOURD
00:00 - 00:00 #49915 - P703 PhenoDiag : une évaluation hiérarchique et multi‑références de l’extraction de phénotypes à partir de textes médicaux.
PhenoDiag : une évaluation hiérarchique et multi‑références de l’extraction de phénotypes à partir de textes médicaux.

L'extraction automatique de phénotypes à partir de textes médicaux bruts constitue un enjeu central en bio-informatique, notamment pour l'aide au diagnostic et la recherche clinique. Actuellement, l'évaluation des outils d'extraction repose majoritairement sur des métriques binaires (exact match), qui ne considèrent que la correspondance parfaite entre le phénotype extrait et une référence annotée. Cette approche présente toutefois plusieurs limites majeures. D'une part, les phénotypes sont organisés au sein d'ontologies hiérarchiques telles que le Human Phenotype Ontology (HPO), où un phénotype parent peut être cliniquement pertinent même s'il ne correspond pas exactement à la cible annotée. D'autre part, l'annotation manuelle par des cliniciens est soumise à une variabilité intrinsèque : deux experts peuvent légitimement annoter des phénotypes différents pour une même phrase, en fonction de leur expérience et de leur connaissance de l'ontologie, sans qu'aucune de ces annotations ne soit incorrecte. Nous proposons PhenoDiag, une nouvelle méthodologie d'évaluation qui exploite la structure hiérarchique de l'ontologie cible. Notre approche attribue un score pondéré aux phénotypes extraits en fonction de leur distance par rapport à la cible dans l'ontologie, permettant ainsi de valoriser les réponses partiellement correctes (par exemple, un parent ou un enfant du phénotype cible). Par ailleurs, cette approche permet de remplacer la référence unique par une liste de phénotypes cibles, reflétant la diversité des annotations cliniques possibles. Cette méthodologie permet de mieux représenter la réalité de l'usage clinique et de réduire les biais liés à l'évaluation binaire classique. De manière remarquable, PhenoDiag a également révélé que les jeux de données annotés traditionnellement utilisés pour l'évaluation ne constituent pas toujours des références fiables, mettant en évidence des incohérences et des limitations dans les annotations de référence. Nos résultats démontrent que cette approche offre une évaluation plus nuancée et plus équitable des outils d'extraction de phénotypes, en adéquation avec les pratiques cliniques réelles et la complexité des ontologies médicales. Nous discuterons les implications de cette méthodologie pour le développement et la validation futurs des outils d'extraction de connaissances en santé.
Thomas LABBE (Rennes), Moussa BADDOUR, Axel BONESTEVE, Majd SALEH, Olivier DAMERON, Paul ROLLIER, Marie DE TAYRAC
00:00 - 00:00 #49616 - P704 De la cytogénétique à la bioinformatique : décrypter l’impact oncogénique des délétions constitutionnelles.
De la cytogénétique à la bioinformatique : décrypter l’impact oncogénique des délétions constitutionnelles.

Les délétions chromosomiques constituent des altérations génomiques récurrentes, susceptibles de contribuer à la cancérogenèse en perturbant l’intégrité des gènes suppresseurs de tumeurs ou d’oncogènes. Si les délétions somatiques ont été largement caractérisées dans les cancers, à l’état constitutionnel, bien qu’elles puissent avoir des implications cliniques majeures, elles demeurent insuffisamment étudiées. Cette étude tend à explorer l’impact de la taille, de la localisation et du contenu génique des délétions germinales sur la susceptibilité individuelle au développement tumoral. Nous avons analysé 17 patients tunisiens porteurs de délétions chromosomiques constitutionnelles précédemment explorés par hybridation génomique comparative sur puce à haute résolution (array-CGH) et de la FISH. Pour enrichir l’interprétation, nous avons mobilisé plusieurs outils bio-informatiques : COSMIC pour l’annotation des gènes du cancer, g:Profiler pour l’enrichissement fonctionnel, STRING pour l’analyse des réseaux, ainsi que les données multi-omiques de TCGA pour contextualiser l’expression et les mutations associées. Nos résultats montrent que les délétions observées englobent de nombreux gènes liés au cancer et convergent vers des processus oncogéniques majeurs tels que la régulation du cycle cellulaire, la réparation de l’ADN et l’apoptose (FDR < 0,05). Certains gènes (TP53AIP1, SDHA, CHEK1, PALB2, TERT) apparaissent haplo-insuffisants, où la perte d’un seul allèle perturbe l’homéostasie cellulaire et favorise la tumorigenèse. L’intégration avec TCGA confirme une sous-expression constante de ces gènes dans divers cancers (mélanome, carcinome hépatocellulaire et cancer du sein), renforçant leur rôle fonctionnel. Par ailleurs, l’analyse des interactions protéiques a identifié des gènes « hub » (JUN, CHEK1, BRAF, TERT, entre autres) connectant plusieurs voies oncogéniques, suggérant que ces délétions dosage-dépendantes perturbent des réseaux critiques de communication cellulaire. Ces observations élargissent le spectre des événements oncogéniques associés aux délétions constitutionnelles et suggèrent qu’elles pourraient, même en dehors de syndromes connus, prédisposer à certaines malignités. Du coté clinique, elles ouvrent des perspectives en matière d’évaluation personnalisée du risque, de pronostic et de suivi thérapeutique. Enfin, l’intégration des données cytogénétiques avec des approches bio-informatiques avancées illustre le potentiel de ces analyses pour révéler des risques oncologiques cachés et soutenir le développement de stratégies de surveillance génomique individualisée.
Najla ZIDANI, Soumaya MOUGOU (Sousse), Amira BENZARTI, Ahlem ATIGUE, Sarra DIMASSI, Karima CHOUCHENE, Molka KAMOUN, Yassmine EL AYEB, Dorra HMIDA, Asma GUEDRIA, Mohamed Taher SFAR, Ali SAAD
00:00 - 00:00 #49825 - P705 Modélisation structurale et fonctionnelle des variants de l’albumine humaine dans la bisalbuminémie héréditaire et leurs interactions médicamenteuses.
Modélisation structurale et fonctionnelle des variants de l’albumine humaine dans la bisalbuminémie héréditaire et leurs interactions médicamenteuses.

Introduction : La bisalbuminémie héréditaire est une anomalie rare, causée par des mutations altérant la structure et la fonction de l’albumine, notamment son rôle de transport des médicaments. L’objectif de cette étude était d’évaluer les conséquences structurales, dynamiques et fonctionnelles de ces variations génétiques. Matériel et méthodes : Cette étude rétrospective a porté sur 59 mutations ponctuelles associées à la bisalbuminémie, collectées à partir des bases de données Albumin.org et UniProt. Une modélisation in silico des variants mutants, basée sur la structure 1A06.pdb de l'albumine humaine, a été réalisée avec Swiss-PdbViewer. Les effets structuraux des mutations ont été prédits par des outils bioinformatiques, notamment AutoMute, DynaMut, Missense3D et ConSurf. Les simulations de docking, réalisées avec CB-Dock2 et AutoDock Vina, ont évalué l’affinité de liaison entre l’albumine et trois médicaments (diazépam, ibuprofène et warfarine). Résultats : Les résultats ont montré une prédominance des mutations au niveau des sous-domaines IIB et IIIB de l’albumine (59,3%), ainsi qu’une localisation majoritairement enfouie dans la structure. Cette disposition a perturbé la stabilité protéique en altérant les interactions intramoléculaires, l'accessibilité au solvant, la charge et l’entropie vibrationnelle. Par ailleurs, 58 % des mutations ont altéré la dynamique des domaines de fixation, affectant leur flexibilité ou leur rigidité. Ces altérations structurales ont entraîné des conséquences fonctionnelles significatives. Les variants Niigata (p.Asp269Gly) et Liprizzi (p.Arg410Cys) ont été associés à une augmentation significative de l'affinité de l'albumine pour l'ibuprofène, tandis que huit mutations ont entraîné une diminution notable de son affinité pour la warfarine. Concernant le diazépam, sept mutations présentant une affinité significativement modifiée ont été identifiées, parmi celles-ci, quatre ont montré une affinité accrue, tandis que trois ont présenté une affinité réduite. Conclusion : Ce travail contribue à une meilleure compréhension des bases moléculaires de la bisalbuminémie et illustre les mécanismes modulant l’interaction de l’albumine avec les médicaments, notamment le diazépam, l’ibuprofène et la warfarine.
Dorra JEMAL (Sfax, Tunisie), Yessine AMRI, Sondess HADJ FREDJ, Siwar CHELBI, Mariem OTHMANI, Taieb BEN MESSAOUD, Rym DABBOUBI
00:00 - 00:00 #49995 - P706 repertoire_profiler A convenient bioinformatic tools with proof of concept results regarding the repertoire profile of mice and human patients allergic to anesthetic agents.
repertoire_profiler A convenient bioinformatic tools with proof of concept results regarding the repertoire profile of mice and human patients allergic to anesthetic agents.

The immune system generates a vast repertoire of antibodies in response to infection or immunization. Exploration of such repertoire is made possible by sorting antigen-specific memory B cells by FACS, or, as recently published by our group, by sorting antigen-specific antibody-secreting plasmablasts and plasma cells by droplet-based microfluidic sorting (drop-seq). Such technologies allow to pair antigen specificity with antibody gene sequences (VH-JH and VL-JL) but imply to tackle ever growing datasets for the bioinformatic analysis of antibody repertoires. In agreement with the Adaptive Immune Receptor Repertoire (AIRR) standards and recommendations, we have developed several bioinformatic tools for analyzing the output of such repertoires, freely accessible to the scientific community and upgraded to integrate the complexity of VH-VL pairing in the analyses, tree generation and antibody maturation analyses. The one currently in development of the version 2 is Repertoire Profiler (https://github.com/gael-millot/repertoire_profiler). It benefits from the R immcantation solution (https://immcantation.readthedocs.io/en/stable/index.html) and performs: (1) annotation of mRNA sequencing of the immunoglobulin heavy (VH) or light variable (VL) region, (2) clustering of the annotated sequences into clonal groups, (3) visualization of the clonal groups in trees integrating potential metadata, like affinities for the antigen, (4) statistical description of the repertoire. Output files include the matrix count of the V and J allele usage (repertoire), that can be analyzed with our Comat tool (https://gitlab.pasteur.fr/gmillot/comat). Comat performs the 2 by 2 statistical comparison of repertoires of same dimension in batch and regroup the results of the batch into a multidimensional scale analysis. 1. Dejoux A, Zhu Q, Ganneau C, Goff OR, Godon O, Lemaitre J, Relouzat F, Huetz F, Sokal A, Vandenberghe A, Pecalvel C, Hunault L, Derenne T, Gillis CM, Iannascoli B, Wang Y, Rose T, Mertens C, Nicaise-Roland P; NASA Study Group; England P, Mahévas M, de Chaisemartin L, Le Grand R, Letscher H, Saul F, Pissis C, Haouz A, Reber LL, Chappert P, Jönsson F, Ebo DG, Millot GA (co-last), Bay S, Chollet-Martin S, Gouel-Chéron A, Bruhns P. Rocuronium-specific antibodies drive perioperative anaphylaxis but can also function as reversal agents in preclinical models. Sci Transl Med. 2024 Sep 11;16(764):eado4463. doi: 10.1126/scitranslmed.ado4463. Epub 2024 Sep 11. PMID: 39259810 .
Gael MILLOT (Paris)
00:00 - 00:00 #49694 - P707 Apport du séquençage de l’exome entier dans la réorientation du diagnostic clinique des troubles du développement sexuel.
Apport du séquençage de l’exome entier dans la réorientation du diagnostic clinique des troubles du développement sexuel.

Les troubles du développement sexuel (DSD) sont caractérisés par une discordance entre le sexe chromosomique, gonadique et phénotypique. En raison de la forte hétérogénéité génétique des DSDs, un grand nombre de gènes peuvent être responsable de cette pathologie. Devant l'absence de diagnostic moléculaire après séquençage Sanger des gènes associés au profile clinique observé chez 15 patients présentant des manifestations cliniques évocatrices de DSD, le WES a été entrepris afin d’explorer de manière exhaustive les régions codantes du génome. L’objectif de ce travail était de confirmer le diagnostic moléculaire des DSDs et d’affiner le diagnostic clinique, tout en classant les variants identifiés selon les recommandations ACMG. Nous avons mis en place un pipeline bio-informatique basé sur le workflow GATK pour analyser les données issues du séquençage de l’exome entier. A l’issu de ce pipeline, nous avons appliqué une série de filtres indépendants reposant sur des critères de qualité des données, de fréquence allélique dans les bases de données de population, ainsi que sur l’impact fonctionnel des variants qui permettent la sélection de variants associées aux DSDs. Enfin, nous avons classé ces variants en appliquant les recommandations ACMG afin de déterminer leur degré de pathogénicité. Cette approche permet d’identifier des variants pathogènes, y compris rares ou non encore décrits, dans un vaste éventail de gènes déjà connus ou potentiellement impliqués dans le développement sexuel, offrant ainsi une couverture génique et une sensibilité diagnostique supérieures à celles des méthodes ciblées classiques L’application de ce pipeline a permis de mettre en évidence une étiologie génétique potentiellement responsable de DSDs chez 7 parmi les 15 patients étudiés. La classification ACMG a ensuite permis de qualifier 3 variants en tant que VUS, trois comme probablement pathogènes et un comme pathogène. L’implémentation et l’optimisation de ce pipeline bio-informatique ont permis d’établir un diagnostic moléculaire pour la majorité des patients, tout en révisant le diagnostic clinique initial établi par les cliniciens chez trois d’entre eux ce qui a permis d’identifier le véritable diagnostic clinique de ces patients.
Abir JEBALI, Asma TAJOURI, Nasreddine RAJOUA, Ons AZAIEZ, Ridha M'RAD, Médiha TRABELSI, Maher KHARRAT (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49441 - P708 Analyse en temps réel du séquençage du génome entier pour une santé de précision intégrant la génomique.
Analyse en temps réel du séquençage du génome entier pour une santé de précision intégrant la génomique.

L’achèvement du Projet Génome Humain et les progrès des technologies de séquençage haut débit ont rendu le séquençage du génome entier (WGS) accessible, avec une intégration attendue à la pratique clinique courante. Le traitement rapide et efficient des vastes quantités de données génomiques générées demeure toutefois un défi. La médecine de précision nécessitera à terme l’intégration des données de séquençage du génome entier aux dossiers médicaux et phénotypes cliniques, soulignant l’importance des outils ou systèmes capables d’une (ré)analyse immédiate en temps réel. Afin de répondre à ce besoin, nous avons développé Magic Bison, une plateforme d’analyse fondée sur l’intelligence artificielle (IA) permettant une interprétation en temps réel du génome, délivrant les résultats en moins de 10 secondes. Cette capacité rend la plateforme adaptée à l’usage clinique et permet une réanalyse continue de la naissance aux différents âges de la vie en parallèle de l’évolution des bases de données génomiques. Magic Bison propose actuellement sept modules d’analyse : l’analyse diagnostique des maladies génétiques en lien avec un phénotype, l’analyse des variants selon les recommandations du Collège Américain de Génétique Médicale (ACMG), l’analyse du risque constitutionnel pour les maladies complexes fréquentes, l’analyse pharmacogénomique pour la sécurité des traitements, l’analyse proactive des variants pathogènes rapportés, le dépistage des hétérozygotes pour le conseil préconceptionnel, et le typage HLA. Nous avons également développé Strata Finder, une plateforme de prédiction du risque génomique fondée sur l’IA pour les maladies complexes. Les études préliminaires montrent que les modèles d’IA entraînés et validés sur des pathologies telles que l’asthme, les accidents vasculaires cérébraux, l’infarctus du myocarde ou les thromboses atteignent une précision allant jusqu’à 96 %. Ces résultats suggèrent que la combinaison de données génomiques massives et d’IA avancée peuvent étendre la médecine de précision permettant une prédiction des risques de maladies, une prévention, des sélections thérapeutiques optimisées et des stratégies de soins personnalisées intégrant la génétique et la génomique dans une « santé de précision »
Dau-Ming NIU (Taipei, Taïwan), Yung-Hsiu LU, Yun-Ru CHEN, Chih-Ya CHENG, Yu-Ting CHIANG, Liu CHUAN-KUN, Chiu YAO-TE, Hsiao FANG-CHIH, Germain DOMINIQUE
00:00 - 00:00 #49984 - P709 Étude clinique et classification des anomalies congénitales des membres supérieurs à travers une étude Tunisienne.
Étude clinique et classification des anomalies congénitales des membres supérieurs à travers une étude Tunisienne.

Introduction : Les anomalies congénitales des membres supérieurs constituent un motif fréquent de consultation. Sa prévalence est estimée à 1,5‰ chez les nouveau-nés et 3‰ parmi les décès néonataux. Plusieurs classifications internationales ont été proposées pour les classer parmi lesquelles la classification Oberg, Feenstra, Manske et Tonkin (OMT) qui a été adoptée depuis 2013 par les chirurgiens de la main dans le but d’introduire un langage commun entre les différents spécialistes. L’objectif de notre travail était de décrire le profil clinique et radiologique de ces anomalies et de les classer. Méthodes : Nous avons mené une étude descriptive, rétrospective, portant sur 122 patients recrutés sur une période de 13 ans qui présentaient une anomalie congénitale des membres supérieurs et dont les dossiers étaient complets. Résultats : Nos patients avaient un âge moyen de 03 ans et 03 mois. Une prédominance masculine a été observée dans 54,9% des cas. Les atteintes étaient sporadiques dans 80% des cas. Elles étaient bilatérales dans 57,6% des cas, unilatérales droites dans 24,7% des cas et unilatérales gauches dans 17,7% des cas. L’association avec des anomalies des membres inférieurs était observée chez 59 patients. Elles étaient identiques chez 23 patients et différentes chez les 36 restants. Nous avons décrit 170 anomalies des membres supérieurs chez les 122 patients : 154 malformations (I avec 24 atteintes de tout le membre IA et 130 atteintes de la main IB), une déformation (II), 15 dysplasies (III) et 57 syndromes(V). L’anomalie de tout le membre la plus fréquemment retrouvée était la déficience radiale longitudinale dans six cas suivis par l’anomalie de Poland, la luxation de la tête radiale et l’anomalie de Sprengel dans quatre cas chacune. La syndactylie et la polydactylie ulnaire étaient les anomalies des mains les plus fréquentes avec un pourcentage respectif de 19,8% et 17,4%. Nous avons observé un total de 19 syndromes chez 40 patients et 17 syndromes poly malformatif non étiquetés. Le syndrome de Bardet Biedl était le plus fréquent avec neuf patients. Une analyse cytogénétique a été réalisée chez 25 patients qui avait montré une anomalie chromosomique dans cinq cas. Deux patients avaient bénéficié d’un WES revenu normal. Conclusion : Nos résultats étaient concordants avec ceux rapportés dans la littérature sauf pour les syndromes qui étaient plus fréquents. La classification de ces anomalies nous a permis de proposer un diagnostic et une prise en charge précoce. D’où la nécessité d’une mise en place de registre de malformations et d’un réseau de soins pluridisciplinaire.
Imen CHELLY, Sana SKOURI (Saint Etienne), Abir MANSOURI, Lilia KRAOUA, Mediha TRABELSI, Ahmed MSAKNI, Ridha M'RAD
00:00 - 00:00 #49517 - P710 Approche génomique pour délimiter les pathologies osseuses constitutionnelles parmi les arthrogryposes multiples congénitales.
Approche génomique pour délimiter les pathologies osseuses constitutionnelles parmi les arthrogryposes multiples congénitales.

Introduction : Les arthrogryposes multiples congénitales (AMC) sont un groupe de pathologies rares caractérisées par la présence d'au moins deux limitations articulaires dans différentes zones du corps, à la naissance. Notre étude s'est spécifiquement concentrée sur les pathologies osseuses dans ce contexte. Notre objectif principal était d'identifier des gènes associés à la fois à l'AMC et aux pathologies squelettiques, à travers une revue de la littérature et une analyse computationnelle. Méthodes : Dans un premier temps, nous avons identifié tous les gènes associés soit à l'AMC soit aux pathologies osseuses par une curation manuelle utilisant PubMed et le Human Phentotype Ontology (HPO). Ensuite, nous avons identifié les gènes chevauchant les deux conditions. Nous avons étudié leurs interactions à l'aide de ClueGO afin de mettre en évidence des interactions de niveau supérieur. Pour mettre en œuvre nos résultats génomiques, nous avons comparé des données phénotypiques d'un nombre limité de patients présentant des variants de séquence dans deux gènes associés aux deux conditions. Résultats : Nous avons identifié 571 gènes associés à l'AMC et 604 gènes associés aux pathologies osseuses. Nous avons trouvé 120 gènes associés à la fois à l'AMC et aux troubles squelettiques, dont 57 % étaient impliqués dans le développement du système squelettique embryonnaire. Notre analyse comparative sur FBN2 et NSD1 a mis en évidence des caractéristiques phénotypiques partagées en dehors de l’AMC, comme l'arachnodactylie. Pour autant, elle n'a pas réussi à identifier un mécanisme commun pour expliquer les corrélations génotype - phénotype. Discussion : En utilisant une approche génomique par le biais d'une curation manuelle et computationnelle, nous avons confirmé notre hypothèse selon laquelle une proportion significative de gènes associés à l'AMC sont principalement impliqués dans les anomalies osseuses. Les comparaisons cliniques entre les phénotypes associés à FBN2 et NSD1 ont souligné la complexité de la corrélation avec le génotype, tant pour un gêne donné qu’entre les gènes.
Eda AKKAS, Xenia LATYPOVA, Isabelle MAREY, William DUFOUR, Pauline LE TANNO, Klaus DIETERICH (GRENOBLE)
00:00 - 00:00 #49503 - P711 Oligodontie par agénésie du bloc incisif maxillaire : une nouvelle dysplasie fronto-nasale ?
Oligodontie par agénésie du bloc incisif maxillaire : une nouvelle dysplasie fronto-nasale ?

Introduction : L’agénésie dentaire désigne l’absence complète de développement d’un ou plusieurs germes dentaires. Il s’agit de l’anomalie dentaire la plus fréquente, touchant 1,6 à 9,6% de la population générale. L’oligodontie, définie par l’agénésie de 6 dents temporaires et/ou permanentes ou plus, est beaucoup plus rare, touchant 0,14% de la population générale. Les agénésies concernent plus fréquemment les dents permanentes. L’incisive latérale maxillaire est la dent la plus souvent absente, tandis que l’anomalie entrainant une incisive médiane unique est ultra-rare. Nous rapportons un cas exceptionnel d’oligodontie chez un enfant de 4 ans présentant une agénésie des incisives maxillaires temporaires et permanentes (soit 8 dents) avec hypomaxillie associée. Observation : Il est le deuxième d’une fratrie de deux de parents non apparentés, bien portant et sans antécédents médicaux et né au terme d’une grossesse sans complications. Le développement staturo-pondéral, moteur et cognitif est normal. Le diagnostic d’oligodontie a été posé à 22 mois devant l’absence des incisives maxillaires temporaires malgré l’éruption physiologique des autres dents temporaires. L’hypothèse d’un traumatisme facial a été écartée à l’anamnèse. Il n’y pas de fente faciale. Le visage est symétrique. Le front, les ailes du nez, le philtrum sont normaux et les os propres du nez sont présents. L’IRM cérébrale à 2 ans a écarté l’hypothèse d’une holoprosencéphalie lobaire. A 4 ans, toutes les autres dents temporaires sont présentes et la gencive est normale. Le palais primaire est court et le frein labio-maxillaire est inséré au niveau du palais et non au niveau alvéolaire en antérieur. On note un inversé d’articulé antérieur par hypomaxillie. Le scanner crânio-encéphalique à 2 ans confirme l’absence des incisives temporaires maxillaires et des germes des incisives permanentes et montre une lame osseuse très fine avec hypoplasie du palais primaire. La CGH réalisée est sans déséquilibre pathologique avec une résolution de 400 kb. Un séquençage de génome long-read en trio est en cours. Discussion : Le cas clinique rapporté est une présentation ultra-rare d’oligodontie. Un seul cas sporadique d’agénésie des 4 incisives maxillaires permanentes et des 2 incisives latérales temporaires est rapporté dans la littérature chez une patiente de 10 ans sans investigation génétique. D’un point de vue embryologique, les incisives maxillaires et le palais primaire dérivent du processus fronto-nasal. Ses autres dérivés (front, os propres du nez, philtrum, choanes) sont normaux chez notre patient. Il présente une hypoplasie du palais primaire et des agénésies suggérant une anomalie du développement de l’extrémité antérieure du bourgeon fronto-nasal. Cette nouvelle oligodontie pourrait faire partie du spectre des dysplasies fronto-nasales.
Charlotte GUILLOUET (Paris), Bothild KVERNELAND, Amandine BAN, Patrick NITSCHKE, Christine BOLE, Roman Hossein KHONSARI, Chris GORDON, Jeanne AMIEL
00:00 - 00:00 #49556 - P712 Pathologies rares du métabolisme phospho-calcique : bilan de la préindication en 2026 (laboratoires Seqoia et Auragen).
Pathologies rares du métabolisme phospho-calcique : bilan de la préindication en 2026 (laboratoires Seqoia et Auragen).

Introduction Cette communication propose un bilan de la préindication « Pathologies rares du métabolisme phospho-calcique » à partir des génomes analysés dans le cadre du plan France Médecine Génomique. Soixante-douze et trente-sept dossiers ont été rendus respectivement par les laboratoires SeqOIA et Auragen entre 2020 et septembre 2025. Résultats Les contextes cliniques concernaient des hyper- et hypoparathyroïdies, hypophosphatémies, hypercalcémies infantiles, troubles de l’amélogenèse, néphrocalcinoses, rachitismes vitamino-résistants et atteintes syndromiques. Le rendement diagnostique global était de 39 % pour Auragen et 18 % pour SeqOIA. La différence s’explique en partie par la prise en compte, à Auragen, des hétérozygotes SLC34A1 et SLC34A3 comme cas « positifs », bien qu’il s’agisse de facteurs de susceptibilité non mendéliens mais établis (PMID: 39461557). Sans ces cas, le rendement d’Auragen tombe à 28 %. Les rendements variaient selon les pathologies, élevés dans les hypophosphatémies avec rachitisme (11 diagnostics) et faibles pour les hyper- et hypoparathyroïdies. La présentation détaillera ces résultats selon les indications et selon la réalisation préalable d’un panel ou exome. Le gène PHEX (rachitisme hypophosphatémique) était le plus fréquent, avec plusieurs variants introniques profonds et remaniements structuraux complexes, soulignant l’intérêt du génome. L’échelle d’analyse a aussi permis d’identifier des gènes inattendus : un cas de cholestase héréditaire liée à SLC51A révélé par une carence en vitamine D, traité par acide urodésoxycholique, et un syndrome de Rubinstein-Taybi (EP300) associé à une hypoparathyroïdie. Les autres gènes des cas positifs appartenaient au champ classique de ces pathologies : AIRE, CASR, ORAI1, ALPL, MMP20, GNA11, STX16, CDC73, SLC34A1, SLC34A3, WNT10A, ENPP1, DLX3. Par ailleurs, un total de 7 dossiers (6,5%) ont été rendus avec un variant de signification indéterminée. Perspectives Le génome a permis des diagnostics supplémentaires par rapport aux techniques ciblées, en détectant des variations complexes ou introniques profondes, et en révélant des gènes non attendus. L’analyse complète de PHEX présente un intérêt particulier, comme rapporté dans la littérature (PMID: 37454963, 39877728, 39512182). Certaines indications, notamment les hypo- et hyperparathyroïdies, gardent un rendement faible, probablement du fait du recours au génome en seconde intention après panels. Cette recherche a été possible grâce aux données du Plan France Médecine Génomique 2025.
Louis LEBRETON, Audrey BRIAND-SULEAU, Victor MARIN, Marine SERVEAUX-DANCER, Maureen LOPEZ, Consortium AURAGEN, Arnaud MOLIN, Nicolas RICHARD, Céline GAUCHER, Jérôme BOULIGANT, Laurence PACOT (PARIS)
00:00 - 00:00 #49972 - P713 Variant du gène FGFR3 dans un tableau de chondrodysplasie et d'épilepsie : à propos d’un cas.
Variant du gène FGFR3 dans un tableau de chondrodysplasie et d'épilepsie : à propos d’un cas.

Introduction : Les mutations monoalléliques du gène FGFR3 sont responsables de plusieurs types de chondrodysplasies, incluant l’achondroplasie, l’hypochondroplasie, le syndrome SADDAN (achondroplasie sévère avec retard du développement et acanthosis nigricans) et la dysplasie thanatophore. Le gène FGFR3, exprimé dans les chondrocytes et les ostéoblastes matures, joue un rôle clé dans la régulation de la croissance osseuse. Observation : Nous rapportons le cas d’une fille âgée de 9 ans issue d'union entre apparentés , adressée pour retard statural, épilepsie, surdité et dysmorphie faciale. Pendant la période anténatale, elle présentait un retard de croissance intra-utérin avec des os longs courts et un caryotype fœtal normal (46,XX). À l’interrogatoire, nous avons noté une surdité non prise en charge, une épilepsie débutant à l’âge de 7 ans, un retard du langage et une baisse unilatérale de l’acuité visuelle. L’examen clinique retrouvait un retard staturo-pondéral, une dysmorphie faciale évocatrice d'une hypochondroplasie (front large, hypertélorisme, base du nez large) ainsi qu’un raccourcissement rhizomélique des membres. Le bilan étiologique du retard statural était normal. L’analyse par séquençage haut débit (WES) a révélé une mutation hétérozygote du gène FGFR3 (NM_000142.5:c.1620C>G, exon 12) et classée pathogène selon les critères de l'ACMG. Conclusion : Ce cas illustre l’importance du séquençage haut débit dans l’exploration des retards staturaux avec anomalies squelettiques et signes neurologiques associés. L’identification d’une mutation pathogène du gène FGFR3 permet de confirmer le diagnostic, d’affiner le pronostic et d’orienter le conseil génétique pour la prise en charge et le suivi multidisciplinaire.
Nouha BEN CHEIKH AMOR, Houweyda JILANI, Imen REJEB, Yasmina ELARIBI, Abir JBALI, Syrine HIZEM, Lamia BEN JEMAA (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #49856 - P714 Syndrome de Stüve-Wiedemann de type 1 : description d’un nouveau variant pathogène de découverte anténatale sur signe d’appel fracturaire dans une grossesse gémellaire.
Syndrome de Stüve-Wiedemann de type 1 : description d’un nouveau variant pathogène de découverte anténatale sur signe d’appel fracturaire dans une grossesse gémellaire.

Introduction : Le syndrome de Stuve-Wiedemann de type 1 OMIM#601559 (STWS1) est une maladie osseuse constitutionnelle rare (prévalence d’environ 1/20 000 naissances) de transmission autosomique récessive, lié au gène LIFR. Les patients atteints présentent une dysmorphie faciale, une petite taille et une hypotonie ainsi que des anomalies osseuses, une ostéoporose et des fractures spontanées. Une dysautonomie et des anomalies de la thermorégulation ainsi que de trouble de la sensibilité algique sont également décrites et également une détresse respiratoire néonatale souvent létale en période néonatale. Le neurodéveloppement n’est classiquement pas impacté. Au moins 13 cas prénataux ont été rapportés dans la littérature, avec des premiers signes échographiques visibles dès 17 semaines de grossesse. Nous présentons ici le cas d’un fœtus, issu d’une grossesse gemellaire, dont le diagnostic moléculaire prénatal a pu être effectué devant des anomalies échographiques à type d’os longs courts au profil anormaux et suspicion de fracture fémorale. Cas clinique: Le fœtus (jumeau A, sexe masculin) est issu d’une grossesse gémellaire bi-choriale et bi-amniotique, de parents non-apparentés, d’origine ouest européenne. Dès 21 semaines d'aménorrhée et 5 jours de terme il présentait un poids fœtal inférieur au 1er percentile ainsi que des os longs courts et trapus avec un aspect fortement irrégulier du fémur droit laissant suspecter une possible fracture anténatale. Le jumeau B était exempt d’anomalie particulière. Devant ce phénotype une ponction de liquide amniotique pour analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) et exome prénatal ne trio avait été demandés. L’ACPA n’avait pas retrouvé d’anomalie. L’exome en trio prénatal avait mis en évidence deux variations pathogènes (classe 5 ACMG) dans le gène LIFR : La variation paternelle NM_001127671.2:c.142_142+1del, p.( ?) déjà rapportée dans la littérature et touchant la jonction intron-exon 2 du gène, et la variation maternelle non-sens NM_001127671.2:c.970G>T, p.(Gly324*) encore non-décrite. Seul le jumeau A présenté ici était porteur simultanément de ces deux variations. Suivant le souhait des parents, une interruption médicale de grossesse avait pu être effectuée au terme de 27 semaines d’aménorrhée et 3 jours. Un examen fœtopathologie était impossible du fait de la méthode d’interruption médicale de grossesse. Conclusion : La variation c.970G>T du gène LIFR est nouvellement décrite et considérée comme pathogène pour le phénotype de STWS1. Le STWS1, bien que particulièrement rare, doit être envisagé comme une étiologie possible de retard de croissance intra-utérin avec des os longs courts et d’aspect échographique inhabituel évocateur de fracture anténatale. Ce syndrome est potentiellement pourvoyeur de fractures anténatales ; d’autres études complémentaires permettraient d’étoffer le phénotype fœtal des patients atteints.
Alexis BILLES (AMIENS), Laurent TOUZART, Gilles MORIN, Ségolène LANTA, Isaure MICHAUD, Aurélien CAUX, Marianne PERRIERE, Henri HOOTON, Lucija DUNDEK, Guillame JEDRASZAK, Kahia MESSAOUDI, Walaa DARWICHE, Florence JOBIC, Virginie MAGRY
00:00 - 00:00 #49654 - P715 Le panel GenoDENT, un outil de diagnostic moléculaire : variation dans le gène CTSK, étude d’un cas de pycnodysostose.
Le panel GenoDENT, un outil de diagnostic moléculaire : variation dans le gène CTSK, étude d’un cas de pycnodysostose.

Les maladies rares, définies selon leur prévalence, représentent actuellement plus de 7000 affections. Ces maladies aux manifestations cliniques très variées ont majoritairement des causes génétiques. Plus de 1650 syndromes connus comportent des atteintes oro-dento-faciales, positionnant ces signes cliniques comme des critères accessibles et importants dans l’orientation diagnostique de ces syndromes rares. En effet, de nombreuses variations génétiques perturbant le développement de divers organes vont aussi impacter l’odontogenèse, les gènes atteints étant impliqués dans des voies de signalisation et régulation partagées. Les anomalies dentaires, plus particulièrement, sont fortement associées aux syndromes ectodermiques. Le réseau O-rares et le laboratoire de diagnostic génétique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg co-développent le projet GenoDENT qui vise à fournir un diagnostic génétique dans le cadre spécifique des maladies rares à expressions bucco-dentaires via des approches NGS. Plus de 1000 individus ont ainsi pu être séquencés jusqu’à maintenant, principalement via le panel GenoDENT permettant le séquençage de plus de 600 gènes liés au développement oro-dento-facial. Grâce à cette approche, nous avons par exemple identifié deux variations bialléliques pathogènes dans le gène CTSK chez un patient présentant de multiples signes cliniques, dont une craniosténose, un retard de croissance osseuse, une brachydactylie, une déviation septale, une endognathie maxillaire et des lésions carieuses. Le gène CTSK code pour la cathepsine K, une peptidase C1 lysosomale secrétée par les ostéoclastes permettant le remodelage et la résorption osseuse. Des variations dans le gène CTSK sont connues pour causer la pycnodysostose (OMIM #265800), une ostéochondrodysplasie très rare (<1/100 000) de transmission autosomique récessive, caractérisée par des ostéoscléroses, dysplasies cleidocrâniennes, acro-ostéolyses des phalanges et/ou des atteintes dentaires. Le patient, hétérozygote composite, porte une variation faux-sens (NM_000396.4:c.830C>T:p.(Ala277Val)) et non-sens (NM_000396.4:c.721C>T:p.(Arg241*)) dans le gène CTSK, toutes deux déjà rapportées comme pathogènes (classe 5 - ACMG). La sœur du patient, atteinte, porte les mêmes variations. Le diagnostic de cette maladie va permettre une prise en charge adaptée pour ces patients et leurs apparentés, tel qu’une surveillance orthopédique, de la statique vertébrale ou suivi des fractures. Cette étude de cas souligne d’une part l’importance de l’identification des signes dentaires dans les maladies rares, et d’autres part l’intérêt des outils de biologie moléculaire tel que le NGS dans le diagnostic de ces maladies ou syndromes rares à anomalies oro-dentaires. Le diagnostic est la première étape d’une bonne prise en charge d’un patient. Notre projet souligne aussi l’intérêt d’acquérir des connaissances supplémentaires sur les composantes oro-dento-faciales des maladies rares et sur leurs causes génétiques.
Cédric VERRIEZ (Strasbourg), Gaétan CARAVELLO, Marzena KAWCZYNSKI, Aurélie GOURONC, Manuela ANTIN, Khadija OUMENSOUR, Samira ELARABI, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Agnès BLOCH-ZUPAN
00:00 - 00:00 #49973 - P716 Épidermolyse bulleuse dystrophique récessive due à COL7A1 p.(Arg185*) homozygote : première observation au Maroc.
Épidermolyse bulleuse dystrophique récessive due à COL7A1 p.(Arg185*) homozygote : première observation au Maroc.

L’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive (EBD-R) est une génodermatose rare et sévère due à des mutations bialléliques de COL7A1 (OMIM 120120), condant pour le collagène VII (C7). Le clivage siège sous la lamina densa par atteinte des fibrilles d’ancrage, essentielles à l’adhésion derme-épiderme. Le C7, fortement exprimé par les kératinocytes (faiblement par les fibroblastes), se localise à la jonction dermo-épidermique et constitue le principal composant des fibrilles d’ancrage. Plus de 730 mutations pathogènes de COL7A1 ont été décrites dans la littérature. Nous rapportons un cas marocain d’EBD-R lié au variant COL7A1 p.Arg185* à l’état homozygote suivi en consultation de génétique médicale au CHU Ibn Rochd de Casablanca. Il s’agit d’une fille de 6 ans, issue d’un mariage consanguin du premier degré, sans antécédents similaires. La maladie débute à la naissance par une aplasie cutanée de la main gauche et des deux pieds, ensuite étendue à la main droite. À 3 mois, des bulles diffuses apparaissent spontanément ou après traumatismes minimes ; à 4 ans survient une œsophagite. L’examen montre une dysmorphie faciale, une onycholyse bilatérale et une aplasie cutanée acrale. Le séquençage identifie un variant non-sens du gène COL7A1 NM_000094.4:c.553C>T (p.Arg185*) à l’état homozygote, classé pathogène selon les recommandations d’ACMG. Ce variant est décrit dans des formes généralisées sévères d’EBD-R, y compris à l’état homozygote ; il s’agit, à notre connaissance, du premier cas homozygote rapporté au Maroc. Le variant p.Arg185* introduit un codon stop prématuré au sein du cartilage matrix protein (CMP) contenu dans le ndomaine non collagénique NC-1 du collagène VII. Une telle troncature expose à deux scénarios complémentaires, une dégradation de l’ARNm par NMD, réduisant fortement l’expression de C7 ou à la synthèse d’une protéine tronquée dépourvue de modules NC-1 indispensables aux interactions d’adhérence et à l’assemblage des fibrilles d’ancrage. La perte fonctionnelle qui en résulte explique la sévérité clinique observée et s’inscrit dans la corrélation phénotype-génotype des formes généralisées d’EBD-R dues à des variants tronquants de COL7A1. Enfin, la consanguinité du premier degré dans ce cas illustre le rôle de l’homozygotie dans l’expression des formes récessives et souligne l’intérêt du diagnostic moléculaire pour le conseil génétique et l’orientation thérapeutique. La confirmation génétique d’une EBD-R due au variant homozygote p.Arg185* élargit les données nationales et renforce l’association entre mutations tronquantes de COL7A1 et formes sévères. Le dépistage précoce, le conseil génétique et l’inclusion dans des registres/essais thérapeutiques sont essentiels pour améliorer le pronostic.
Wafaa BOUZROUD, Sarah BERRADA, Amal TAZZITE, Bouchaïb GAZZAZ, Hind DEHBI (Maroc, Maroc)
00:00 - 00:00 #49874 - P717 Arthrogrypose évolutive et signes cutanés révélant une fibromatose hyaline : étude clinique et génétique.
Arthrogrypose évolutive et signes cutanés révélant une fibromatose hyaline : étude clinique et génétique.

Le syndrome de fibromatose hyaline (HFS, OMIM : 228600) est une affection autosomique récessive exceptionnelle, avec moins de 70 cas décrits à ce jour. Il associe des manifestations cutanées papulo-nodulaires, une hyperplasie gingivale, des rétractions articulaires progressives et des lésions ostéolytiques. Sur le plan moléculaire, le HFS est lié à des variants pathogènes bialléliques du gène ANTXR2/CMG2, codant pour un récepteur transmembranaire impliqué dans l’homéostasie de la matrice extracellulaire. Ces anomalies entraînent un dépôt pathologique de substance hyaline amorphe dans les tissus conjonctifs. Le spectre phénotypique est hétérogène, allant des formes sévères à révélation néonatale, souvent associées à une morbidité et une mortalité précoces, aux formes plus modérées permettant une survie prolongée jusqu’à l’âge adulte. Nous rapportons le cas d’un nourrisson de 5 mois, issu de parents cousins au premier degré, avec un antécédent familial d’un cousin paternel décédé en bas âge dans un contexte d’arthrogrypose évolutive et de diarrhées fébriles récidivantes sans diagnostic étiologique. La fratrie compte deux enfants indemnes. Les antécédents personnels incluaient une hypotonie néonatale et un retard du développement psychomoteur, suivis d’hospitalisations pour diarrhées fébriles récidivantes. L’examen clinique a révélé un retard pondéral (–2 DS), une dysmorphie faciale, une peau claire avec miliaire sudorale, une arthrogrypose, des doigts boudinés, un flessum des genoux, une raideur articulaire, ainsi qu’un hydrocèle bilatéral et une hernie inguinale. Le séquençage d’exome a identifié un variant homozygote faux-sens pathogène du gène ANTXR2, confirmant le diagnostic de HFS. Ce diagnostic a également été évoqué rétrospectivement chez le cousin décédé. Un conseil génétique a été donné pour la famille. La mère était enceinte à 24 semaines d’aménorrhée et le diagnostic prénatal n’a malheureusement pas pu être proposé vu le terme avancé de la grossesse. Une étude moléculaire ciblée, réalisée par séquençage Sanger, a confirmé le diagnostic chez la sœur à sa naissance. Devant une arthrogrypose évolutive avec des signes cutanés et une diarrhée fébrile récurrente, le syndrome de fibromatose hyaline est un diagnostic à évoquer.Grâce au séquençage d’exome, ce diagnostic a été établi, ce qui a permis d’assurer une prise en charge multidisciplinaire adaptée et d’anticiper l’évolution clinique.Il a été également possible de prodiguer un conseil génétique à la famille.
Rasene GEREISHA (Paris), Hend DRIDI, Salsabil NOUIR, Safa HANNACHI, Ramzi ZEMNI
00:00 - 00:00 #49675 - P718 Description phénotypique d’une famille avec variant ponctuel sur TAB2, initialement diagnostiquée avec un Syndrome d’Ehlers-Danlos.
Description phénotypique d’une famille avec variant ponctuel sur TAB2, initialement diagnostiquée avec un Syndrome d’Ehlers-Danlos.

L’hypermobilité articulaire est un symptôme clinique retrouvé dans plus de 450 maladies génétiques différentes, dont les Syndromes d’Ehlers-Danlos (SED). Les SED sont des maladies héréditaires du tissu conjonctif, avec une hétérogénéité clinique et génétique, caractérisées par une triade clinique : hypermobilité articulaire, hyperextensibilité cutanée et fragilité tissulaire. Ils sont essentiellement dus à des anomalies de biosynthèse et/ou de structure de protéines de la matrice extracellulaire. La classification internationale de 2017 des SED comporte 13 types, dont seul le SED hypermobile (SEDh), reste sans cause génétique identifiée. Le diagnostic du SEDh repose sur une grille de critères cliniques qui comprend l’exclusion de diagnostics différentiels dont les autres pathologies du tissu conjonctif. Nous rapportons le cas d’une patiente présentant une hypermobilité articulaire, une hyperextensibilité cutanée, des complications ostéoarticulaires et des anomalies cardiaques, initialement adressée pour suspicion de SEDh. Ce diagnostic était évoqué dans la famille, chez son père décédé, son fils et sa fille. Le panel « Hyperlaxité » ne retrouvait aucun variant pathogène sur les gènes liés aux SED. Devant l’hypermobilité majeure de son fils, et les anomalies cardiaques familiales associées, cette famille a bénéficié de l’étude génomique dans le cadre du PFMG2025. Un variant ponctuel sur le gène TAB2 a été retrouvé chez la patiente et ses 2 enfants. TAB2 (TGF-béta activated kinase 1 (TAK1) - binding protein 2) est une protéine adaptatrice qui relie les signaux provenant du récepteur TNFR1 et d'autres récepteurs au complexe de signalisation TAK1. C’est un régulateur clé de l'apoptose et de la nécroptose dont la déficience est connue pour entrainer des cardiopathies congénitales. Dans la littérature, quelques descriptions montrent que les syndromes liés à une déficience en TAB2 peuvent associer hypermobilité articulaire et anomalies cardiaques (prolapsus de la valve mitrale, communication interauriculaire ou autres cardiopathies congénitales…). Ces malades semblent parfois présenter d’autres anomalies du tissu conjonctif partagées avec les SED (atteintes cutanées, musculosquelettiques, hypotonie, myopie, etc…). La présentation clinique de cette famille est cohérente avec les descriptions phénotypiques de la littérature. Les 3 individus porteurs du variant présentent tous au minimum une atteinte cardiaque, une hypermobilité articulaire et d’autres atteintes musculosquelettiques et/ou cutanées. L’histoire de cette famille illustre l’intérêt de réaliser au cas par cas un génome pour écarter un diagnostic différentiel avant de poser un diagnostic de SEDh. De plus, en cas d’hypermobilité articulaire associée à des complications cardiaques, il semble important de savoir rechercher des anomalies sur le gène TAB2.
Baptiste VIERNE, Clarisse BILLON, Fanny MORICE-PICARD, Philippe DE MAZANCOURT, Malika FOY, Camille JARNET, Fabrice GILLAS, Marjolaine WILLEMS, Corinne METAY, Karelle BENISTAN (Garches)
00:00 - 00:00 #49456 - P719 Ichtyose épidermolytique par mutation récessive de KRT10 : une forme rarissime d’ichtyose au pronostic incertain.
Ichtyose épidermolytique par mutation récessive de KRT10 : une forme rarissime d’ichtyose au pronostic incertain.

L’ichtyose épidermolytique est caractérisée par une érythrodermie généralisée et des bulles/érosions cutanées congénitales évoluant vers une hyperkératose. Elle est due à des mutations autosomiques dominantes de KRT1 et KRT10. Seules 5 formes récessives par mutations du domaine 2B de KRT10 ont été décrites dans la littérature. Nous rapportons un 6ème cas avec une évolution précoce très favorable. Un nouveau-né de sexe féminin, premier né d’un couple consanguin originaire du Sénégal, était adressé en soins intensifs de néonatologie pour un décollement cutané étendu à plus de 50% de la surface corporelle, apparu à 2 heures de vie, en linge mouillé. L’évolution était marquée par une surinfection à staphylocoque doré (SA) résolutive sous antibiothérapie intraveineuse et une cicatrisation des lésions en 3 semaines sous soins locaux. L’étude en immunohistochimie montrait une dystrophie des kératinocytes granuleux avec une pseudo-fente. L’analyse moléculaire montrait une mutation originale homozygote de KRT10: p.(Glu278Ter) héritée des 2 parents. A l’âge de 4 mois, l’enfant ne présentait plus qu’une fragilité cutanée minime et un érythème diffus. Le tableau clinique de nouveau-né ébouillanté avec larges décollements en linge mouillé, sans fièvre, apparaissant dans les premières heures de vie, doit faire suspecter une anomalie d’une kératine et en particulier de KRT1 ou KRT10. Le principal diagnostic différentiel est l’infection par SA producteur d’une toxine exfoliante mais qui apparait plus tardivement à partir d’un foyer cutané. Les kératines fonctionnent par paires spécifiques, qui forment des hétérodimères en se liant par leur domaine central, première étape à la synthèse de filaments intermédiaires, nécessaires à la stabilité des kératinocytes. La plupart des mutations de KRT10 rapportées dans la littérature sont de transmission autosomique dominante avec de nombreux tableaux cliniques décrits (ichtyose épidermolytique, hystrix, arciforme, en confetti). Notre patiente est exceptionnelle du fait du caractère récessif de sa mutation, avec un tableau clinique initial sévère puis une amélioration rapide de la symptomatologie limitée à un érythème discret, ce qui n’a jamais été décrit. Cette mutation n’a jamais été rapportée, il s’agit comme dans les autres cas publiés d’une mutation non-sens située dans le domaine central de la protéine. L’absence probable de synthèse de la protéine explique que les parents hétérozygotes soient asymptomatiques (pas d’effet dominant négatif possible) et la liaison possible de KRT1 avec KRT14, une autre kératine épidermique, l’amélioration progressive du phénotype. Ce cas illustre un phénotype rare mais classique d’ichthyose épidermolytique néonatale avec aspect de « bébé ébouillanté » lié à une nouvelle mutation de KRT10 à transmission récessive, qui est exceptionnelle, mais de bon pronostic malgré le tableau initial.
Christine CHIAVERINI, Laurence FAYOL, Stéphanie MALLET, Marjorie HEIM, Meri TULIC, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Thomas HUBICHE, Bruno FRANCOU (NICE)
00:00 - 00:00 #49453 - P720 Phénotype cutané atypique lié à une double mutation KRT1 et NECTIN4 : un gène peut en cacher un autre.
Phénotype cutané atypique lié à une double mutation KRT1 et NECTIN4 : un gène peut en cacher un autre.

Introduction Le gène NECTIN4, codant une protéine d’adhésion cellulaire et le gène KRT1, codant la kératine 1, une protéine structurale de l’épiderme, sont respectivement impliqués dans la syndactylie ectodermique et l’ichtyose épidermolytique. Différents variants de ces gènes ont été décrits, avec une pénétrance variable et des expressions cliniques hétérogènes selon les individus. Observations Un homme de 35 ans, aux antécédents de retard d’ossification dentaire, de kératodermie palmo-plantaire débutant dans l’enfance et de dermatose bulleuse néonatale non étiquetée était adressé pour suspicion d’épidermolyse bulleuse. L’examen clinique retrouvait une kératodermie palmoplantaire (KPP) sévère, une hypotrichose diffuse, une microdontie, une dystrophie unguéale, une hyperkératose localisée aux reliefs osseux et plis, une ichtyose avec de petites squames blanches et des zones de décollement superficiel et de desquamation aux zones de frottement, sans bulles. Il n’y avait pas d’atteinte muqueuse ou de manifestation systémique. Les parents du patient étaient asymptomatiques, sans consanguinité connue mais originaires de la même région. L’analyse génétique a identifié chez le patient deux variants faux-sens homozygotes de NECTIN4 c.899T>C p.(Leu300Ser) et de KRT1 c.1502T>A p.(Val501Glu), retrouvés à l’état hétérozygote chez les parents. Discussion Le patient présentait un tableau clinique atypique mêlant une symptomatologie d’ichtyose, de fragilité cutanée et de dysplasie ectodermique sans entrer dans un cadre nosologique connu. L’analyse moléculaire a identifié 2 mutations homozygotes dans 2 gènes différents pouvant expliquer ce phénotype. Le variant NECTIN4 identifié chez notre patient, localisé dans le domaine Ig-like de la protéine, n’a jamais été rapporté dans la littérature. L’analyse de la dizaine de cas publiés, montre une transmission autosomique récessive et un tableau combinant anomalies dentaires, hypotrichose et parfois syndactylie, comme présenté par notre patient. Cependant, aucun des cas n’avait d’ichtyose, de fragilité cutanée ou de KPP sévère. La présence concomitante d’un variant KRT1, gène classiquement impliqué dans les kératinopathies épidermolytiques, pourrait expliquer ces éléments cliniques atypiques. Le variant porté par le patient à l’état homozygote n’a jamais été décrit et se trouve dans une zone pouvant altérer l’épissage. La transmission est habituellement dominante mais des cas de formes récessives issus de parents hétérozygotes asymptomatiques ont été décrits. Conclusion Ce cas illustre un phénotype combiné rare, résultant de la coexistence de deux mutations homozygotes dans deux gènes impliqués dans deux génodermatoses distinctes, soulignant l’importance de l’interprétation intégrée des données cliniques et génétiques.
Valentine SALVESTRINI, Bruno FRANCOU (NICE), Marjorie HEIM, Thomas HUBICHE, Gwenael NADEAU, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Christine CHIAVERINI
00:00 - 00:00 #49764 - P721 Rôle du NGS dans le diagnostic des erreurs innées de l’immunité : description d’une mutation inédite du gène REL (IMD92).
Rôle du NGS dans le diagnostic des erreurs innées de l’immunité : description d’une mutation inédite du gène REL (IMD92).

Les erreurs innées de l’immunité (IEI) représentent un ensemble hétérogène de déficits immunitaires primitifs liés à des mutations germinales monogéniques. L’immunodéficience-92 (IMD92), correspondant au déficit en c-Rel, constitue une entité nosologique extrêmement rare, récemment caractérisée. Elle résulte de mutations bialléliques du gène REL, codant la protéine c-Rel, acteur clé de la voie de signalisation NF-κB. À ce jour, seuls deux cas confirmés de mutations pathogènes du gène REL ont été rapportés. Nous décrivons ici un nouveau variant homozygote (NM_001291746.4) REL:c.24del p.(Tyr9Ilefs*2), identifié par séquençage clinique de l’exome (CES) chez un patient marocain âgé de 5 ans, présentant une diarrhée chronique et des infections opportunistes récurrentes. Cette observation illustre la contribution essentielle du séquençage de nouvelle génération (NGS) dans le diagnostic des IEI. Elle participe à affiner leur classification et ouvre la voie à des stratégies thérapeutiques mieux adaptées, améliorant ainsi la prise en charge de ces patients.
Mohsine-Ali EL-HAMRI (Temara, Maroc), Nada BENYAHYA, Zineb SABKY, Jaber LYAHYAI
00:00 - 00:00 #49237 - P722 Les variants de SFTPA1 et SFTPA2 associées à une pneumopathie interstitielle ne sont pas toujours des faux-sens.
Les variants de SFTPA1 et SFTPA2 associées à une pneumopathie interstitielle ne sont pas toujours des faux-sens.

Introduction Les protéines du surfactant (SP)-A1 et SP-A2, deux protéines très homologues de 248 acides aminés, sont codées par les gènes SFTPA1 et SFTPA2. Elles sont sécrétées dans l’espace alvéolaire et participent au métabolisme du surfactant pulmonaire. Les variants hétérozygotes de ces deux gènes sont associés au développement de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) et d’adénocarcinome pulmonaire chez l’adulte avec pénétrance incomplète. A ce jour seuls des variants faux-sens ont été rapportés pour ces deux gènes, tous localisés au niveau du domaine de reconnaissance des carbohydrates (CRD). L’objectif de cette étude était de caractériser de nouvelles variations autres que faux-sens. Méthodes Les variants p.(Arg213*) (SP-A1), p.(Tyr212Serfs*17), p.(Cys238*) et p.(Tyr240del) (SP-A2) et les protéines normales (WT) ont été étudiés dans les cellules HEK293T par transfection transitoire. Après extraction des protéines du lysat cellulaire et du milieu de culture, l’expression et la sécrétion ont été analysées par western blot. La localisation subcellulaire des protéines a été étudiée par immunofluorescence. Résultats Cinq patients non apparentés âgés de 0 mois (p.(Arg213*)), 3 mois (p.(Cys238*)), 7 ans (p.(Tyr212Serfs*17)), 16 ans (p.(Tyr240del)) et 45 ans au début des symptômes respiratoires et présentant un variant hétérozygote SFTPA1 ou SFTPA2 ont été inclus. Tous les variants étaient localisés dans le dernier exon de SFTPA1 ou SFTPA2, et dans le domaine CRD au niveau protéique. Aucun patient ne présentait une histoire familiale de PID ou d’adénocarcinome. Après étude de ségrégation familiale des variants, une pénétrance incomplète était identifiée dans trois familles (p.(Arg213*), p.(Tyr212Serfs*17) et p.(Cys238*)) et un patient présentait un variant de novo (p.(Tyr240del)). In vitro, l’étude par immunofluorescence a montré un défaut de localisation subcellulaire des différentes protéines mutées. Une diminution significative de l’expression des protéines mutées, associée à une absence de sécrétion, ont été observées pour l’ensemble des protéines mutées par rapport aux protéines WT. Cette baisse de l’expression était associée à une demi-vie plus courte des protéines mutées. Un défaut de glycosylation a également été observé pour l’ensemble des protéines mutées. Conclusions Cette étude fonctionnelle a permis de caractériser pour la première fois trois variations tronquantes et une délétion en phase, toutes localisées dans le domaine fonctionnel de la protéine. Elle a ainsi mis en évidence la pathogénicité de ces variations, qui semble de mécanisme similaire aux variations faux sens habituellement rapportées. Ces résultats invitent également à considérer les variants de SFTPA1 et SFTPA2 dans un contexte de PID de l’enfant.
Tifenn DESROZIERS (Paris), Yohan SOREZE, Valérie NAU, Bruno CRESTANI, David DRUMMOND, Clairelyne DUPIN, Raphaël BORIE, Martine REYNAUD-GAUBERT, Kilian HURLEY, Mari OZAKI, Florence DASTOT LE MOAL, Serge AMSELEMN, Marie LEGENDRE, Nadia NATHAN, Camille LOUVRIER
00:00 - 00:00 #49587 - P723 European Autism GEnomics Registry (EAGER) : Une étude de cohorte multicentrique et un registre sur l’autisme en Europe.
European Autism GEnomics Registry (EAGER) : Une étude de cohorte multicentrique et un registre sur l’autisme en Europe.

L’autisme est un trouble neurodéveloppemental, à l’étiologie génétique complexe, impliquant à la fois des facteurs monogéniques et polygéniques. De nombreuses personnes autistes présentent des besoins de santé non satisfaits et des défis importants pour leur qualité de vie, auxquels la recherche et les essais cliniques fondés sur la génomique pourraient répondre. C’est pour répondre à ces besoins et mieux comprendre les bases génétiques de l’autisme que le registre européen de génomique de l’autisme (European Autism GEnomics Registry, EAGER) a été mis en place, mobilisant 13 centres européens et associant étroitement personnes autistes, leurs proches et représentants de maladies génétiques rares. L’objectif principal d’EAGER est dans un premier temps de constituer une base de données de 1 500 participants ayant reçu un diagnostic d’autisme et/ou d’une maladie génétique rare associée, avec séquençage complet du génome. Les données collectées — génétiques et cliniques— sont anonymisées et partagées avec la communauté scientifique, afin de faciliter le recrutement pour de futurs essais cliniques et études de recherche ciblées. Un objectif complémentaire est d’explorer les liens entre santé mentale et physique et profils génétiques des participants. À ce jour, plus de 1 200 individus sont inclus. L’extraction d’ADN et le séquençage du génome entier sont en cours de réalisation en collaboration avec la Banque ADN & Cellules-ICM et le CNRGH en France. Les analyses en cours constituent la base permettant de relier les profils génétiques aux caractéristiques cliniques et phénotypiques des participants, ouvrant ainsi la voie à une meilleure compréhension des différentes formes d’autisme. Le consentement éclairé d’EAGER permet le recontacte des participants afin de les inclure dans des essais cliniques ciblés. Mieux comprendre les différentes formes génétiques et leurs profils cliniques qui leurs sont associés devrait ouvrir la voie à une approche plus personnalisée de l’autisme, favorisant à terme des interventions adaptées aux besoins spécifiques des personnes concernées. Référence: Bloomfield M, Lautarescu A, Heraty S, Douglas S et al. European Autism GEnomics Registry (EAGER): protocol for a multicentre cohort study and registry. BMJ Open. 2024 Jun 4;14(6):e080746. doi: 10.1136/bmjopen-2023-080746. PMID: 38834317; PMCID: PMC11163653.
Claire LEBLOND (PARIS), Freddy CLIQUET, Alexandre MATHIEU, Gaëlle BOTTON-AMIOT, Chloé LEHOUCQ, Ana VERGNON, Stéphanie AUTOUN, Anna MARUANI, Anne-Claude TABET, Richard DELORME, Consortium EAGER, Thomas BOURGERON
00:00 - 00:00 #49832 - P724 Cas rare d’une patiente avec un syndrome d’hyperferritinémie-cataracte lié à une double variation pathogène en cis du locus IRE du gène FTL.
Cas rare d’une patiente avec un syndrome d’hyperferritinémie-cataracte lié à une double variation pathogène en cis du locus IRE du gène FTL.

Introduction : Le syndrome d’hyperferritinémie-catarcate (HHCS) OMIM#600886 est une maladie génétique rare, autosomique dominante à pénétrance forte et à expressivité variable. Il associe classiquement une hyperferritinémie biologique sans hypersidérémie et une possible cataracte bilatérale pouvant être d’apparition juvénile, voire congénitale. Ce syndrome est causé par des variations pathogènes récurrentes ponctuelles et uniques du locus IRE (iron responsive element) du gène FTL. Nous présentons ici le cas d’une patiente atteinte par l’HHCS et porteuse de deux variations pathogènes récurrentes en cis sur le locus IRE d’un de ses allèles du gène FTL (c.-168G>A et c.-167C>T). Cette situation, particulièrement rare, n’a auparavant été décrite, qu’une seule fois dans la littérature à propos de deux autres mutations. Description clinique: La patiente a été diagnostiquée génétiquement à 19 ans. Elle présentait une cataracte bilatérale opérée dans l’enfance (âge précis d’intervention chirurgicale et des premiers signes cliniques inconnu). Sa ferritinémie au diagnostic d’HHCS était anormalement élevée (1328 µg/L), mais associée à un coefficient de saturation de la transferrine normal à 25%. Elle ne présentait pas d’hépatomégalie ou signes cliniques en lien avec une possible hémochromatose. Ses antécédents familiaux sont peu renseignés, sa mère était présentée comme ayant une hyperferritinémie et comme suspecte d’hémochromatose. Il n’y avait pas d’hépatopathie ni de maladie de surcharge rapportée dans la famille. Analyses génétiques : La recherche des mutations récurrentes européennes d’hémochromatose du gène HFE (p.C282Y ; p.H63D ; p.S65C) était négative. Le séquençage du gène FTL par NGS avait mis en évidence deux variations hétérozygotes pathogènes récurrentes (NM_000146.3:c.-168G>A et NM_000146.3:c.-167C>T) sur le locus IRE du gène FTL. Ces variations étaient caractérisées comme en cis du fait de leur appartenance aux mêmes reads (profondeur entre 339 et 336). Un séquençage Sanger ciblé de ces deux variations sur un second prélèvement sanguin, confirmait leur présence et leur caractère hétérozygote. Discussion : La présentation clinique de notre patiente est de sévérité identique à celle de la plupart des individus décrits dans la littérature portant seulement de la variation c.-167C>T ou c.-168G>A de FTL. Des études indiquent que la variation c.-167C>T peut apparaitre de novo chez des individus, présentant un HHCS (Cao et al., 2009). La fréquence de ce phénomène n’est pas parfaitement connue. Dans notre famille, une enquête parentale n’est pas réalisable pour le vérifier. Un seul autre cas de double variation pathogène en cis de l’IRE de FTL a, à notre connaissance, été rapporté dans la littérature, concernant deux autres variations récurrentes de FTL également à un nucléotide d’intervalle (Mattila et al., 2017, variations c.-152G>C et c.-153G>C). L’étude de la fréquence de ce phénomène et de ses mécanismes dans l’HHCS sont encore méconnus.
Alexis BILLES (AMIENS), Estelle CADET, Ophélie EVRARD, Ghassan RIACHI
00:00 - 00:00 #49947 - P725 Implication de variants pathogènes du gène PKHD1 dans la maladie de Cacchi-Ricci.
Implication de variants pathogènes du gène PKHD1 dans la maladie de Cacchi-Ricci.

Introduction : La maladie, ou syndrome, de Cacchi-Ricci est caractérisée par des ectasies tubulaires rénales et des calculs rétropapillaires. Nous avons préalablement rapporté 3 cas patients atteints de variants pathogènes hétérozygotes composites de PKHD1 responsables d’un tableau de Cacchi-Ricci avec insuffisance rénale. L’objectif était d’identifier de nouveaux cas puis de caractériser les atteintes associées aux mutations hétérozygotes pathogènes isolées. Méthodes : Nous avons recensé les patients atteints de Cacchi-Ricci et de variants hétérozygotes composites de PKHD1 identifié par exome à Sorbonne Université. Puis, parmi 3919 cas index pour lesquels un exome a été prescrit à Sorbonne Université pour une néphropathie indéterminée (dont 432 polykystoses rénales et 377 maladies lithiasiques), nous avons identifié les porteurs d’un seul variant pathogène de PKHD1. Résultats : Nous avons identifié des variants hétérozygotes composites de PKHD1 responsables d’une forme sévère de Cacchi-Ricci avec insuffisance rénale chez six patients (3 diagnostiqués sur critères urologiques et 3 sur critères scanographiques). Ces derniers ne présentaient pas de tableau de polykystose hépato-rénale autosomique récessive. Des apparentés de ces patients, porteurs d’un seul variant ont une forme classique de maladie de Cacchi-Ricci, sans insuffisance rénale. Parmi les 3919 cas index, un variant pathogène hétérozygote de PKHD1 a été identifié chez 12 patients : 10/12 ont une polykystose rénale, 6/12 des kystes hépatiques et 3/12 une maladie lithiasique. Conclusion : L’association entre une forme sévère de Cacchi-Ricci et des variants hétérozygotes composites du gène PKHD1 a été confirmée. Les variants pathogènes hétérozygotes isolés de PKHD1 sont associés à une polykystose rénale de révélation tardive, parfois à des kystes hépatiques, et parfois à un Cacchi Ricci sans insuffisance rénale. Le rôle des variants de PKHD1 dans la maladie de Cacchi-Riccci mérite d’être étudié spécifiquement.
Ilias BENSOUNA (Paris), Alice CHIMON, Mélanie EYRIES, Sarah MONTAGNE, Laure RAYMOND, Laurent MESNARD, Emmanuel LETAVERNIER
00:00 - 00:00 #49071 - P726 Caractérisation d'une microduplication rare en 16q24.3 associée aux troubles neurodéveloppementaux et au trouble du spectre autistique.
Caractérisation d'une microduplication rare en 16q24.3 associée aux troubles neurodéveloppementaux et au trouble du spectre autistique.

Résumé Contexte : La région chromosomique 16q24.3 est régulièrement impliquée dans les troubles neurodéveloppementaux, en particulier par l’haplo-insuffisance du gène ANKRD11, principal gène responsable du syndrome de KBG. Toutefois, la signification clinique des microduplications de cette région reste mal définie. Méthodes : Nous rapportons une cohorte comprenant un patient index et sa famille, ainsi que deux patients supplémentaires identifiés grâce à un appel à collaboration national. Tous présentaient une microduplication interstitielle en 16q24.3, détectée par puce à ADN (aCGH). Une caractérisation clinique détaillée et une analyse moléculaire ont été réalisées. Résultats : Le patient index, un garçon de 4 ans présentant un trouble du spectre autistique (TSA), un retard de langage et des traits dysmorphiques, portait une duplication héritée de sa mère. L’étude de ségrégation a montré la transmission à sa mère, sa sœur et son frère, tous présentant des manifestations neurodéveloppementales ou psychiatriques, suggérant une expressivité variable. Les deux patients supplémentaires présentaient un TSA, une déficience intellectuelle ou un retard de langage, avec des duplications chevauchantes. L’analyse comparative de notre cohorte, des cas publiés et des données DECIPHER a permis d’identifier une région minimale de recouvrement incluant ANKRD11. Conclusion : Nos résultats désignent ANKRD11 comme le gène le plus pertinent au sein des duplications 16q24.3, pouvant contribuer aux phénotypes neurodéveloppementaux et aux TSA. Cette étude élargit le spectre phénotypique associé aux CNV en 16q24.3 et souligne la nécessité de documenter de nouveaux cas et de réaliser des études fonctionnelles pour préciser leur rôle pathogène.
Julien BELIVIER (Limoges), Valentine MARQUET
00:00 - 00:00 #48876 - P727 Le déficit en WNT2B entraîne des défauts épithéliaux et prédispose à la dysplasie gastro-intestinale chez l'homme.
Le déficit en WNT2B entraîne des défauts épithéliaux et prédispose à la dysplasie gastro-intestinale chez l'homme.

Introduction : WNT2B est le ligand indispensable au maintien de l'homéostasie des cellules souches intestinales. Le déficit en WNT2B a été récemment identifié comme une cause de diarrhée congénitale, entrainant une malabsorption nécessitant une nutrition parentérale à vie. Méthodes : Nous rapportons deux patientes, P1 et P2, présentant une diarrhée néonatale sévère, nécessitant une nutrition parentérale, porteuses d’un déficit en WNT2B. Résultats : P1 était porteuse des variants c.409C>T ; p.(Arg137*), et c.794T>C ; p.(Leu265Pro) à l’état hétérozygote composite et P2 du variant homozygote c.681G>As ; p.(Thr227=) dans le gène WNT2B. Confirmant la perte de signalisation WNT2B, l’expression des gènes cibles spécifiques comme OLFM4, LGR5 et AXIN2 étaient presque indétectable dans les biopsies gastriques. P1 et P2 présentaient une atrophie gastrique et intestinale sévère. Les taux plasmatiques de citrulline, un marqueur de la masse fonctionnelle des entérocytes, étaient sévèrement diminués chez P1 et P2. L'altération de la prolifération des cellules souches n'explique pas entièrement la malabsorption massive des patients déficients en WNT2B. P1 avait une malabsorption significative de l'azote (11 % contre 54 % d'absorption d'énergie). L'absorption des peptides se fait de façon passive via un gradient électrochimique essentiel, maintenu notamment par l'échangeur Na+/H+ NHE3. L'expression apicale duodénale de NHE3 était indétectable chez les deux patientes mais était normale dans le côlon. Par ailleurs, les cellules de Paneth étaient mal localisées le long de l'axe villositaire, comme chez les souris knock-out. Enfin, P1 présentait une métaplasie antrale proéminente. À 9 ans, une endoscopie de P1 a révélé de manière fortuite un adénome pré-pylorique avec métaplasie dysplasie de haut grade, nécessitant une résection par mucosectomie. Identifier une dysplasie de haut grade chez une patiente présentant un défaut de prolifération des cellules souches était contre-intuitif. Un séquençage d’exome réalisé sur l’adénome a révélé un variant pathogène dans CTNNB1, codant pour la β-caténine, une protéine juste en aval des ligands WNT. Le variant p.(Ser37Phe) affecte un site de phosphorylation clé qui stabilise la β-caténine et réactive la voie de signalisation WNT/β-caténine dans l'adénome. En conséquence, l’expression d'OLFM4, de LGR5 et d'AXIN2 était très augmentée dans la lésion précancéreuse par rapport à l'antre non dysplasique. Le variant CTNNB1 agit comme une réversion somatique du défaut monogénique, donnant aux cellules mutantes CTNNB1 un avantage prolifératif similaire aux mécanismes de certains cancers hématopoïétiques. Conclusion : WNT2B est non seulement essentiel au maintien de la prolifération des cellules souches, mais aussi au bon développement des cellules épithéliales intestinales. Un déficit WNT2B peut favoriser la survenue de mutations somatiques réactivant la prolifération, justifiant une surveillance endoscopique régulière.
Leslie LORI, Valentin NEURANTER, Corinne LEBRETON, Jérémy BERTHELET, Marianna PARLATO, Christina MICHAIL, Anis KHIAT, Dominique BERREBI, Julie BRUNEAU, Benoit TERRIS, Georgia MALAMUT, Sylvain HANEIN, Yohann SCHMITT, Céline BANAL, Fernando RODRIGUES LIMA, Emilie AZOUGUENE, Frank RUEMMELE, Cécile TALBOTEC, Cécile LAMBE, Nadine CERF-BENSUSSAN, Fabienne CHARBIT-HENRION (Paris)
00:00 - 00:00 #48853 - P728 Efficacité d’un panel ciblé en séquençage haut débit pour la caractérisation moléculaire des ichtyoses.
Efficacité d’un panel ciblé en séquençage haut débit pour la caractérisation moléculaire des ichtyoses.

Introduction Les ichtyoses forment un large groupe de maladies, pour la plupart héréditaires, caractérisées par une desquamation et/ou un érythème généralisé et une hyperkératose histologique. Elles sont associées ou non à des manifestations extracutanées. Les formes héréditaires résultent de mutations dans des gènes essentiels à la différenciation épidermique et à la cornification. Leur caractérisation moléculaire permet le conseil génétique et le diagnostic prénatal et peut participer à la discussion thérapeutique. Nous montrons la performance diagnostique d’un panel NGS ciblé incluant 38 gènes d’ichtyoses. Matériel (ou, patients) et méthode Analyse rétrospective des résultats moléculaires du panel « ichtyoses » pour les patients atteints cliniquement d’ichtyose. Etaient exclus, les patients dont les données cliniques étaient indisponibles ou incomplètes. Une analyse approfondie du dossier clinique suivait un résultat génétique non conclusif. Résultats Entre le 1er octobre 2015 (date de sa première utilisation) et le 1er janvier 2025, 299 patients (192 suivis sur site et 107 dans des centres du territoire) ont été inclus. La caractérisation moléculaire était obtenue chez 266 patients (89%) ; elle portait sur 33 des 38 gènes du panel et 10 gènes rendaient compte de 211 patients (79%). Pour 33 patients (11%), le panel était non conclusif (Fig 1). Ce résultat conduisait à : un séquençage du génome entier chez 8 d’entre eux permettant de conclure pour 5 : erreur d’échantillon ou d’identification (n=2), identification du variant intronique en trans (n=1), délétion complète d’un exon du gène CERS3 (n=1), variants dans ERCC2 non inclus dans le panel (n=1). Les 25 autres patients sont en attente de réanalyse ou séquençage génome entier. Discussion Même si notre panel « ichtyoses » justifie d’être régulièrement complété par les nouveaux gènes identifiés, notre étude montre que 1) une analyse ciblée permet de caractériser près de 90% des situations ; 2) dix gènes rendent compte de 79% des patients de l’ensemble du territoire ; 3) la quasi-totalité des variants identifiés siège dans les régions codantes des gènes (Fig 2). Soulignons que l’identitovigilance et la caractérisation clinique restent des préalables à une analyse moléculaire et un rendu de qualité. Conclusion Notre première analyse « d’épidémiologie » génétique couplée à une fine caractérisation clinique permettra de proposer des thérapies ciblées et reconnaitre des marqueurs communs d’efficacité thérapeutique.
Constance DEBLOCK, Adrienne ELMORJANI, Christine BODEMER, Fabienne CHARBIT-HENRION (Paris), Smail HADJ-RABIA, - RÉSEAU FIMARAD-MAGEC (NORD ET SUD)
00:00 - 00:00 #49294 - P729 Génotypage de l’expansion CTG18.1 dans le gène TCF4 dans la dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs : une cohorte française.
Génotypage de l’expansion CTG18.1 dans le gène TCF4 dans la dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs : une cohorte française.

La dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs (FECD) est une maladie dégénérative bilatérale de la cornée, liée à l’âge et évolutive, responsable d’une perte visuelle sévère et constituant la première indication de transplantation cornéenne en Occident. Elle se caractérise par la présence de guttae sur la membrane de Descemet et touche préférentiellement les femmes. On distingue une forme précoce très rare, associée à des mutations de COL8A2, et une forme tardive, beaucoup plus fréquente, à transmission autosomique dominante mais de pénétrance incomplète. Cette forme tardive est le plus souvent liée à une expansion de triplets CTG appelé CTG18.1 dans l’intron 2 du gène TCF4, retrouvée chez environ 70 % des patients caucasiens. D’autres gènes (SLC4A11, ZEB1, AGBL1, LOXHD1) sont plus rarement impliqués (<10 %). Le génotypage de l’expansion repose sur deux techniques complémentaires : la STR PCR, adaptée à la détection des allèles normaux, et la TP PCR, indispensable pour confirmer les expansions et caractériser leur instabilité. Nous présentons ici les résultats obtenus pour la première fois sur une cohorte Française lors de la mise en place de ces techniques pour le génotypage de l'expansion CTG18.1 dans un contexte diagnostique. Dans cette étude, menée sur 265 patients atteints de FECD (44–98 ans), nous avons montré que 75,9 % présentaient au moins un allèle avec expansion (>50 répétitions), tandis que 21,5 % avaient deux allèles normaux (<40) et 2,6 % un allèle intermédiaire (40–50). Six profils génotypiques ont été définis : hétérozygote normal, homozygote normal, hétérozygote intermédiaire, hétérozygote muté (<100 répétitions), hétérozygote muté >100 répétitions, et homozygote muté. Près de la moitié des patients présentent un allèle très grand (>100 répétitions). Une instabilité de l’expansion, observée chez 16,5 % des patients avec plus de 100 répétitions, pourrait contribuer à la variabilité phénotypique et à la transmission familiale. La FECD demeure un défi clinique en raison de sa complexité génétique et de l’absence de traitement curatif. L’expansion CTG18.1 du gène TCF4 constitue ainsi le principal facteur génétique de la FECD et doit être recherchée en première intention. En cas d’absence ou de génotype intermédiaire, l’exploration d’autres gènes candidats reste nécessaire, bien que la majorité des cas demeurent génétiquement non élucidés. Cette étude a permis de développer un protocole diagnostique fiable, rapide et peu coûteux, basé sur la combinaison STR + TP PCR, désormais implémenté en routine au CHU de Saint-Étienne.
Daria ONITIU (ST ETIENNE), Francis RAMOND, Gilles THURET, Zhiguo HE, Philippe GAIN, Marine LEBRUN, Anna SUCHET-DECHAUD, Sana SKOURI, Renaud TOURAINE
00:00 - 00:00 #49598 - P730 Nouveau Hot-spot de variants dans le gène du récepteur ß aux hormones thyroïdiennes pour des résistances aux hormones thyroïdiennes peu sévères.
Nouveau Hot-spot de variants dans le gène du récepteur ß aux hormones thyroïdiennes pour des résistances aux hormones thyroïdiennes peu sévères.

Le syndrome de résistance aux hormones thyroïdiennes (RHT) est défini par une concentration élevée d’hormones thyroïdiennes (HT) sans action attendue, notamment une Thyroid Stimulating Hormone (TSH) normale ou élevée. Il est expliqué par une perte de fonction des hormones thyroïdiennes liée à des variants pathogènes dans le gène du récepteur béta aux hormones thyroïdiennes (THRB). La transmission est autosomique dominante avec une clinique variable : goitre, tachycardie, asthénie, syndrome d’hyperactivité…Il existe 3 hotspots décrits qui se situent au niveau de la zone de fixation des HT, de la dimérisation du récepteur ou encore la zone de liaison aux co-facteurs (exons 7 à 10 du gène THRB). Dans cette étude nous décrivons un nouveau hotspot dans la zone de transactivation du gène THRB (exon 4). Nous avons séquencé le gène THRB et les 3 gènes codants pour les protéines porteuses des HT : l’Albumine, la Transthyrétine et la TBG. Les données cliniques et biologiques ont été recueillies via le formulaire pour RHT du CRMR Thyroïde et Récepteurs Hormonaux. Des tests in vitro ont été réalisés pour les variants de signification incertaine (VSI) par mutagenèse dirigée dans le vecteur d’expression TRβ qui a été transfecté avec un vecteur rapporteur (F2 x3-Luc) dans des cellules HepG2. Sur les 906 échantillons séquencés, 317 avaient un variant du gène THRB. Parmi ceux-ci, seulement 4 familles avec 6 patients présentaient un variant en dehors des exons 7 à10. Ces variants étaient dans l’exon 4 du gène THRB. Chez les 6 patients, 4 étaient porteurs de variants du gène THRB et ALB. Les symptômes de type hyperthyroïdie étaient modérés. Pour tous les patients le taux de T4L était augmenté, associé dans 50% à une augmentation de la T3L. Les données fonctionnelles in vitro sont en faveur, pour deux de ces VSI, d’une perte de fonction plus modérée que les variants pathogènes de la zone de fixation des HT (exons 7 à10). Les variants trouvés dans la zone de transactivation du gène codant pour TRβ dans le cadre d’une RHT ont un effet modeste. Leur découverte est majoritairement liée à la présence concomitante d’un variant de l’albumine qui mime le profil de RHT en artefactant les dosages des HT.
Aksel DURAND (Angers), Mathilde LEFEVRE, Floris CHABRUN, Frederic ILLOUZ, Clara RAPENNE, Nathalie BOUZAMONDO, Valérie MOAL, Regis COUTANT, Natacha BOUHOURS-NOUET, Xavier DIEU, Patrice RODIEN, Delphine PRUNIER
00:00 - 00:00 #49802 - P731 Développement d’un modèle de coculture type LSEC/hépatocytes pour l’étude fonctionnelle de variants du gène BMP6 impliqués dans le métabolisme du fer.
Développement d’un modèle de coculture type LSEC/hépatocytes pour l’étude fonctionnelle de variants du gène BMP6 impliqués dans le métabolisme du fer.

Le fer joue un rôle essentiel de cofacteur dans de nombreux processus enzymatiques et participe principalement à l’érythropoïèse. Si le fer est un élément indispensable au transport de l’oxygène et à de nombreuses activités enzymatiques, en excès il peut générer des espèces réactives à l’oxygène (ROS) délétères pour les cellules. L’hémochromatose génétique est liée à des variations de séquence de gènes impliqués dans la régulation du métabolisme du fer. La perturbation de ces voies entraine une diminution de l’expression de l’hepcidine, principalement produite par les hépatocytes et modulateur central du métabolisme du fer. Cette anomalie de régulation entraine l’accumulation progressive du fer dans différents organes (foie, cœur, pancréas), laquelle peut engendrer des complications sévères. Le niveau d’expression de l’hepcidine dépend notamment de la voie de signalisation BMP6/SMAD. BMP6 est une cytokine membre de la superfamille du TGFB qui, en interagissant avec des récepteurs situés sur la membrane des hépatocytes, module l’activité de la voie BMP6/SMAD et la transcription d’hepcidine sous l’effet du fer. Un dialogue est nécessaire entre les cellules endothéliales sinusoïdales hépatiques (LSEC) présentes dans l’espace de Disse et pouvant produire BMP6, et les hépatocytes des travées hépatiques secrétant l’hepcidine. Des variations dans la séquence du gène BMP6, identifiées chez des patients atteints d’hémochromatose non classique, pourraient perturber cette régulation. L’objectif de ce travail a été de définir des conditions expérimentales cellulaires mimant les interactions entre LSECs et hépatocytes, pour analyser l’effet des variants rencontrés chez des patients présentant une surcharge en fer. Nous avons utilisé des lignées hépatocytaires humaines (HepG2 et HUH7), ainsi que la lignée Sk-Hep1 dérivée d’un cancer du foie et présentant des caractéristiques endothéliales. Elle peut ainsi être utilisée sous certaines conditions de culture contrôlées comme modèle de LSECs. Elles expriment alors des marqueurs endothéliaux tels que ICAM1, PECAM1 ou STAB2. Nous avons développé plusieurs modèles de cocultures SK-Hep1/HepG2 et SK-Hep1/HUH7, par contact direct ou à l’aide de milieux conditionnés. Dans les deux systèmes, nous avons observé une augmentation de la synthèse d’hepcidine corrélée à des doses croissantes de traitement au fer amonium citrate (FAC) des cellules SK-Hep1. Le clonage du gène BMP6 sauvage dans un vecteur d’expression et la mutagenèse dirigée ont permis d’obtenir des variations du gène BMP6. Ces vecteurs ont été transfectés dans les cellules SK-Hep1 afin d’évaluer secondairement leur impact sur la production d’hepcidine par les hépatocytes. Nous présentons ici les résultats de la mise en place de ce test fonctionnel. Il pourrait contribuer à la classification des variants de signification inconnue identifiés chez des patients présentant une surcharge en fer dont l’étiologie reste inconnue.
Lénaïck DETIVAUD-GAUTHIER, Eva DE ALMEIDA, Pascal LOYER, Anne CORLU, Olivier LOREAL, Martine ROPERT, Aurélien COUETTE, Edouard BARDOU-JACQUET, Houda HAMDI-ROZE (Rennes)
00:00 - 00:00 #49307 - P732 Des patients aux cellules iPSC pour modéliser et étudier les effets d'un variant de la périlipine 1 impliqué dans des lipodystrophies partielles familiales et leurs complications cardio-vasculaires.
Des patients aux cellules iPSC pour modéliser et étudier les effets d'un variant de la périlipine 1 impliqué dans des lipodystrophies partielles familiales et leurs complications cardio-vasculaires.

Contexte : La périlipine 1 codée par le gène PLIN1, est la principale protéine entourant les gouttelettes lipidiques dans les adipocytes et les macrophages spumeux (macrophages impliqués dans la formation des plaques d’athérome) et joue un rôle important dans le métabolisme des triglycérides. Certains variants décalant le cadre de lecture de PLIN1 sont responsables de lipodystrophies partielles génétiques (LPG) sévères. Ces maladies sont rares et se traduisent par une anomalie de répartition du tissus adipeux, associées à des désordres métaboliques augmentant le risque de maladies cardiovasculaires. D’autres variants hétérozygotes avec perte de fonction sont associés à des phénotypes métaboliques protecteurs illustrant l’hétérogénéité clinique des variants de PLIN1. Nous avons identifié chez des patients présentant un syndrome coronarien aigu (SCA) avant 50 ans, 4 variants faux sens rares de PLIN1 localisés sur ou près de sites de phosphorylation de la périlipine 1 nécessaires à son fonctionnement. Ces variants augmenteraient le risque de survenue de SCA précoce. Cela suggère que certains variants de PLIN1, en modifiant la phosphorylation de la périlipine 1, favorisent la formation de macrophages spumeux et de plaques d’athérome. Objectif : Établir des lignées cellulaires porteuses d’un variant de PLIN1 prédisposant au risque de survenue de SCA précoce afin de réaliser des tests fonctionnels sur des modèles cellulaires d’intérêt pour établir l’implication de ces variants dans la physiopathologie du SCA. Résultats : Nous avons sélectionné deux patients porteurs du variant hétérozygote c.245C>T (p.Thr82Ile) pour lesquels nous avons établi des lignées de cellules souches pluripotentes induites (iPSC) à partir de leurs cellules mononuclées du sang périphériques. Les lignées de patients ont été corrigées pour le variant par CRISPR-Cas9. Nous avons caractérisé les lignées iPSC de patients et leurs contrôles isogéniques par : 1) évaluation morphologique ; 2) analyse de l’expression de gènes de pluripotence (RT-qPCR) ; 3) tests fonctionnels de pluripotence via leur différenciation in vitro vers les 3 feuillets embryonnaires ; 4) Vérification de l’intégrité génomique des iPSC par rapport aux cellules initiales (SNParray). Nous avons ensuite différencié ces iPSC en iMacs (macrophages induits caractérisés par immunofluorescence) puis en macrophages spumeux (chargés de LDL oxydés) en 33 jours. Conclusion : Nous avons produit des lignées iPSC de patients porteurs d’un variant de PLIN1 que nous pensons responsable d’une forme de LPG modérée. Ces iPSC et leurs contrôles isogéniques serviront de base afin d’étudier fonctionnellement ce variant dans les macrophages spumeux par des études qualitatives et quantitatives des gouttelettes lipidiques, de la périlipine 1 (par immunofluorescence) et du relargage des acides gras. Ces ressources cellulaires (article en cours) pourront être partagées pour favoriser la mise en œuvre d’autres études sur ce variant de PLIN1.
James HENRIQUES (Marseille), Louise GREETHAM, Mathieu CERINO, Guillian GILLET, Catherine BADENS, Laurent BONELLO, Emmanuel NIVET, Camille DESGROUAS, Nathalie BONELLO-PALOT
00:00 - 00:00 #49221 - P733 Une variation dans la région 5'UTR du gène KCNH2 liée au phénotype de syndrome du QT long congénital : de l'intérêt de l'interrogation retrospective des informations familiales et des "e;Low confident variants"e;.
Une variation dans la région 5'UTR du gène KCNH2 liée au phénotype de syndrome du QT long congénital : de l'intérêt de l'interrogation retrospective des informations familiales et des "e;Low confident variants"e;.

Les variations du gène KCNH2 sont en cause dans 35% des formes génétiques, autosomiques dominantes, de syndrome du QT long (SQTL). L'enjeu du dépistage familial est majeur pour les mesures de prévention et de traitement. La majorité des variations pathogènes (P) ou probablement pathogènes (LP) sont des variations perte de fonction par haploinsuffisance ; les variations de la région 5'UTR décrites dans ClinVar sont de classe 1, 2 ou 3. En 2023, l'analyse d'un panel de 5 gènes impliqués dans le SQTL révèle la présence de la variation de signification incertaine NM_000238.4(KCNH2):c.-236G>A à l'état hétérozygote chez deux patientes (mère et fille) d'une famille où le phénotype ségrège chez de nombreux individus. Aucune autre variation susceptible d'être en cause dans le phénotype n'est identifiée. La variation ne figure pas dans la base GnomAD ; elle fait apparaitre in silico un ATG alternatif qui, s'il était utilisé, entrainerait un frameshift et l'apparition d'un codon Stop prématuré dans l'exon 2 du gène (perte de fonction). En 2025, la demi-sœur de la mère et sa fille, également malades, nous sont adressées : elles s'avèrent être également porteuses de la variation à l'état hétérozygote. A ce stade, la probabilité que les deux demi-cousines germaines soient porteuses de la variation si elle n'est pas impliquée dans le phénotype est de 1/32. Une recherche par les noms de naissance dans l'historique du laboratoire a montré que nous disposions de l'ADN de deux autres apparentés atteints, appartenant à une famille de SQTL considérée jusqu'alors comme indépendante de la première. Le cas index de cette seconde famille avait bénéficié de l'analyse du même panel de 5 gènes en 2018, mais aucune variation n'avait été retenue. La relecture des résultats a montré que la variation de séquence était bien présente à l'état hétérozygote, mais avec une faible couverture et classée parmi les Low confident variants. La présence de la variation chez ces deux apparentés a été confirmée par séquençage Sanger. Au total, le LOD score simplifié prenant en compte les 6 individus atteints de cette seule et unique famille, tous porteurs de la variation NM_000238.4(KCNH2):c.-236G>A à l'état hétérozygote, est de 2,1. La ségrégation familiale étant en faveur de la liaison entre le phénotype et cette variation, celle-ci peut être utilisée pour le diagnostic présymptomatique dans cette famille. Par la suite, une recherche exhaustive dans les Low confident variants des +/-13000 patients testés en NGS depuis 2015 a révélé la présence de la même variation seulement chez deux patients, présentant également un SQTL, sans variation P ou LP identifiée, qui se sont révélés être apparentés entre eux. Dans ces deux familles, le QTc, relativement modéré (450 à 490ms), est compatible avec l'expression d'une variation perte de fonction. Mais seul un test fonctionnel permettrait de déterminer si le phénotype observé est directement lié à la variation c.-236G>A (ATG alternatif fonctionnel).
Cécile CAZENEUVE (LYON), Jean-Michaël MAZZELLA, Agathe BONNET, Patricia GARCIA, Gilles MILLAT, Karine NGUYEN, Alexandre JANIN
00:00 - 00:00 #49470 - P734 Un exemple d'optimisation du parcours de soins en cardiogénétique : entre mise en place d'un hôpital de jour et délégation de prescription.
Un exemple d'optimisation du parcours de soins en cardiogénétique : entre mise en place d'un hôpital de jour et délégation de prescription.

Le nombre de consultations en cardiogénétique connaît une augmentation constante à l’échelle nationale portée notamment par les recommandations des sociétés savantes, en faveur d’une évaluation génétique plus systématique dans certaines pathologies cardiaques héréditaires. Au CHU de Dijon, une hausse de 58,7 % des consultations a été observée entre 2021 et 2024, concernant les cardiomyopathies (CM) et les troubles du rythme cardiaque (TRC). Jusqu’alors assurées exclusivement par le service de génétique, ces consultations connaissent un allongement des délais, rendant nécessaire une réorganisation du parcours patient. Dans ce contexte, une délégation de prescription a été confiée aux cardiologues pour certaines pathologies ciblées, telles que l’amylose cardiaque à transthyrétine ou les CM diagnostiquées tardivement sans antécédents familiaux. Cette délégation, constitue un levier essentiel pour réduire les délais diagnostiques et optimiser la prise en charge thérapeutique. Le circuit impose que tout patient porteur d’une variation de classe 3, 4 ou 5 soit ensuite adressé en consultation de conseil génétique pour interprétation approfondie des résultats et discussion des implications familiales. Des réunions avec les équipes médicales sont prévues afin de les former à la prescription d’analyse génétique, de co-construire des parcours adaptés et les accompagner dans la mise en œuvre pratique. Par ailleurs, pour éviter les déplacements répétés au CHU, des consultations pluridisciplinaires permettant aux patients de rencontrer successivement un cardiologue puis un généticien/un conseiller en génétique ont été mises en place pour les patients présentant des CM en dessous de 50 ans nécessitant une évaluation cardiologique. Ces consultations seront prochainement valorisées en hôpital de jour, regroupant en un même lieu et sur une journée, les consultations de cardiologie, de génétique, le prélèvement sanguin. De plus, il sera profitable pour la réalisation d’examens complémentaires tels qu’une épreuve d’effort, un test de marche, ainsi qu’une évaluation psychosociale et/ou de l’activité physique adaptée. Ce nouveau format vise à simplifier le parcours patient et valoriser l’activité du Centre de Compétences maladies rares des CM et TRC héréditaires ou rares. Ces initiatives traduisent une adaptation nécessaire des parcours de soins face à l’évolution de la médecine génomique et personnalisée. Afin d’en évaluer la pertinence et la transférabilité du modèle existant, une analyse comparative nationale est en cours de préparation. Ce questionnaire vise d’abord à recenser les modalités de délégation des consultations déjà mises en place (critères, gestion etc…), puis à explorer l’existence d’autres modèles organisationnels. A terme, l’objectif est d’identifier les leviers d’adaptation en proposant un modèle conciliant accessibilité, efficience et expertise tout en répondant à la demande exponentielle des consultations de génétique.
Camille MONTAGNE (DIJON), Léa GAUDILLAT, Lea PATAY, Camille LENELLE, Clarisse THOMAS, Gabriel LAURENT, Jean-Christophe EICHER, Romain DIDIER, Benjamin FERRAND, Géraldine BERTAUX, Charles GUENANCIA, Juliette ALBUISSON, Laurence FAIVRE, Sophie NAMBOT
00:00 - 00:00 #49786 - P735 Apport du séquençage d’exome dans l’identification de variants délétères du gène TTN : à propos deux cas pédiatriques présentant deux phénotypes différents.
Apport du séquençage d’exome dans l’identification de variants délétères du gène TTN : à propos deux cas pédiatriques présentant deux phénotypes différents.

Introduction : Les titinopathies sont un groupe hétérogène de pathologies d’expression phénotypique cardiaque et/ou musculaire, liées à des variants délétères du gène TTN, codant pour une protéine jouant un rôle fondamental dans la structure, l’élasticité et la stabilité des fibres musculaires. Selon les recommandations de l’ACMG, TTN est un gène actionnable, dont les variants délétères doivent être recherchés activement lors de la réalisation d’un séquençage d’exome (ES), quelle que soit l’indication. Leur détection implique : une prise en charge personnalisée, un dépistage familial systématique et une surveillance échocardiographique régulière. Objectif : Démontrer l’intérêt du séquençage à haut débit dans le diagnostic des titinopathies. Méthodes : Présentation de deux patients porteurs de variants délétères du gène TTN, identifiés par SE, ayant deux phénotypes distincts. Résultats: Cas 1 : Enfant de 10 ans atteint d’une encéphalopathie épileptique liée au gène PURA. Par ailleurs, le SE a mis en évidence une variation probablement pathogène à l’état hétérozygote (HTZ) au niveau du gène TTN (NM_001267550.2) : c.60438del, p.(Glu20148AsnfsTer15), hérité de la mère, tous deux asymptomatiques sur le plan cardiaque. La découverte de ce variant délétère a conduit à la mise en place d’un suivi cardiologique régulier chez le cas index et sa mère. Ainsi une étude familiale maternelle élargie et un diagnostic pré-symptomatique ont été proposés. Cas 2 : Enfant de 4 ans présentant un syndrome myopathique avec laxité articulaire, aréflexie, retard moteur sévère et paralysie faciale. Les explorations ont orienté vers une atteinte neurogène. Le SE a identifié deux variants dans le gène TTN (NM_001267550.2). Le premier, un variant nonsense (c.2137C>T,p.Arg713Ter)localisé dans l’exon 14/363, qui entraine la formation d’une protéine tronquée, est classé pathogène. Ce variant est décrit dans la littérature chez des individus atteints, soit de myopathie centronucléaire autosomique récessive, soit de cardiomyopathie dilatée autosomique dominante. Le second variant (c.35798-12A>G, p.(?)), intronique (intron 162) , non rapporté dans ClinVar ni dans la littérature. Cependant, les prédictions bio-informatiques in silico supportent un haut risque d’altération de l’épissage, avec un affaiblissement du site accepteur naturel et la création d’un nouveau site accepteur, conduisant à l’intronisation de 11 bp et à un décalage du cadre de lecture. L’association, à l’état hétérozygote composite, d’un variant tronquant pathogène connu et d’un variant intronique fortement suspecté d’altérer l’épissage, est compatible avec le phénotype neuromusculaire observé. Conclusion : Ces observations illustrent l’apport majeur du SE dans l’identification de variants délétères du gène TTN, permettant d’établir un diagnostic précis de titinopathies, d’adapter la prise en charge clinique et de mettre en place un dépistage familial ciblé, notamment en raison du risque cardiaque associé.
Feriel AGREBI (Bron), Houweyda JILANI, Imen REJEB, Syrine HIZEM, Abir JEBALI, Maysa IDOUDI, Manel LAAJIMI, Thouraya BEN YOUNES, Ichraf KRAOUA, Yasmina ELARIBI, Lamia BEN JEMAA
00:00 - 00:00 #49327 - P736 Une grande famille française porteuse d’un variant pathogène de TGFBR2 : illustration de la variabilité phénotypique.
Une grande famille française porteuse d’un variant pathogène de TGFBR2 : illustration de la variabilité phénotypique.

Objectif : Décrire la variabilité phénotypique et les événements aortiques observés dans une grande famille française porteuse d’un variant pathogène du gène TGFBR2. Méthodes : Depuis 1990, une étude clinique longitudinale a été menée auprès d’une grande famille dont 63 membres répartis sur quatre générations, sont porteurs du même variant pathogène synonyme de TGFBR2 (c.1524G>A, p.Q508Q). Ce variant induit une anomalie d’épissage responsable d’un codon stop prématuré. Un membre de la famille était considéré comme affecté s’il portait la variante pathogène familiale, indépendamment des caractéristiques cliniques, s’il avait eu un événement aortique (chirurgie prophylactique de la racine aortique ou dissection aortique de type A ou B), et s’il était un porteur obligé, même si son statut génétique était inconnu. Pour l’analyse statistique, seul le premier événement (dissection aortique ou chirurgie prophylactique de l’aorte) a été pris en compte. Résultats : Au cours du suivi, 21 patients sont décédés (33 % de la population), dont 10 décès (48 %) étaient liés à une dissection aortique. 8 patients (13 %) ont subi une chirurgie prophylactique de la racine aortique (13%). Au fil des générations, on observe une augmentation significative de l’espérance de vie et une diminution de dissection aortique (p<0,05), sans changement significatif du critère combiné chirurgie, dissection ou décès (p=0,2). Dans la génération la plus récente, la chirurgie a été réalisée plus précocement Le type de chirurgie prophylactique a également évolué, passant de la procédure mécanique de Bentall à la chirurgie conservatrice de la valve. La variabilité de l’âge au premier événement aortique reflète l’hétérogénéité phénotypique de la maladie aortique liée à ce variant. Conclusion : Cette famille illustre la complexité des corrélations génotype-phénotype dans les maladies aortiques liées au TGFBR2, avec une variabilité clinique marquée. Ces observations soulignent l’importance du dépistage familial et du suivi rigoureux pour optimiser la prise en charge, réduire la mortalité et améliorer la survie des patients porteurs de variants pathogènes de TGFBR2.
Ludivine ELIAHOU, Souraya WADIH (paris), Olivier MILLERON, Florence ARNOULT, Nadine HANNA, Pauline ARNAUD, Fadima TOURE, Sabrine JADOUI, Arienne MIRMIRAN, Catherine BOILEAU, Guillaume JONDEAU
00:00 - 00:00 #49498 - P737 Rôle des mécanismes de régulation d’expression liés aux hormones sexuelles dans la prédisposition à la dissection spontanée de l’artère coronaire.
Rôle des mécanismes de régulation d’expression liés aux hormones sexuelles dans la prédisposition à la dissection spontanée de l’artère coronaire.

Les spécificités dans la prévalence, la présentation et la progression des maladies cardiovasculaires dans la population féminine restent mal comprises. La dissection spontanée de l’artère coronaire (spontaneous coronary artery dissection, SCAD) est une forme de syndrome coronarien aigu causé par la formation d’un hématome dans la paroi d’une artère coronaire, menant à son obstruction totale ou partielle et à une ischémie cardiaque. La SCAD touche en large majorité des femmes jeunes sans facteurs de risque cardiovasculaire, avec une incidence accrue de cas dans les semaines et mois suivant un accouchement, suggérant un rôle des hormones sexuelles dans la SCAD. Nous avons récemment décrit 16 régions génétiques de prédisposition à la SCAD, impliquant des variants génétiques non-codants associés à des éléments régulateurs de la transcription spécifiquement actifs dans les cellules musculaires lisses vasculaires (CML). Cette étude vise à identifier les déterminants moléculaires de la signalisation par les hormones sexuelles dans les CML vasculaires et leur rôle potentiel dans les mécanismes de régulation aux loci de prédisposition à la SCAD. Nous avons analysé l’effet du sexe sur l’accessibilité de la chromatine à partir de données d’ATAC (assay for transposase accessible chromatin) en noyaux uniques issues de 41 individus. En réalisant une analyse par type cellulaire, nous avons identifié 246 régions différentiellement accessibles (FDR<0.1) dans les CML avec une majorité de régions (206) présentant un défaut d’accessibilité chez les femmes. Ces régions étaient enrichies à proximité de gènes impliqués dans la voie TGF-β et la régulation des fibres de stress. Nous avons détecté de 0 à 11 régions différentiellement accessibles dans les principaux autres types cellulaires artériels. Nous avons observé une diminution de l’empreinte des motifs du récepteur aux androgènes et à la progestérone dans le signal ATAC issu des CML de femmes par rapport aux hommes. Pour identifier des cibles transcriptionnelles de ces récepteurs, nous avons surexprimé le récepteur à la progestérone dans des CML différenciées à partir de cellules pluripotentes induites, et nous avons analysé l’effet de la progestérone sur l’expression génique par RNA-Seq. Nous avons identifié 97 gènes différentiellement exprimés, parmi lesquels F3, le gène codant pour le facteur tissulaire de coagulation, gène de prédisposition à la SCAD localisé proche d’un élément régulateur dont l’accessibilité est diminuée dans les CML de femmes. Notre étude montre l’importance de la signalisation par les hormones sexuelles, notamment androgènes et progestérones, dans les cellules de la paroi vasculaire. Une caractérisation approfondie des sites de fixation et cibles transcriptionnelles des récepteurs à ces hormones dans les CML permettra de mieux comprendre leur rôle dans les maladies cardiovasculaires, notamment dans le contexte de maladies à prévalence différente par sexe.
Adrien GEORGES (Paris), Asraa ESMAEL, Alberto TEZZA, Charlie LONDON, Margaux-Aison FUSTIER, Nabila BOUATIA-NAJI
00:00 - 00:00 #49702 - P738 La cardiomyopathie hypertrophique apicale : de la clinique à la génétique.
La cardiomyopathie hypertrophique apicale : de la clinique à la génétique.

Introduction : La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) apicale est une forme de CMH caractérisée par une hypertrophie ventriculaire gauche principalement localisée à l’apex, se distinguant par des caractéristiques ECG et échocardiographiques propres. Le but de cette étude est d’étudier la génétique de cette maladie, et ses implications phénotypiques. Méthodes : Nous avons étudié de façon rétrospective une population de 60 patients avec un diagnostic de CMH apicale, issus d’un centre de référence des CMH. Tous avaient eu une évaluation génétique. Nous avons relevé les données cliniques, ECG, échocardiographiques et IRM de ces patients, et les avons comparées selon le caractère muté ou non des patients. Résultats : 60 patients ont été analysés. Sept d’entre eux (12 %) avaient une variation pathogène ou probablement pathogène identifiée. Les principaux gènes impliqués étaient MYBPC3 et MYH7, les autres étant TNNT2, ACTC1 et FLNC. Il n’y avait pas de différence de symptômes entre patients porteurs d’un variant et les patients sans variant identifié (syncope 29 % versus 8 %, p = 0,14 ; douleur thoracique 57 % versus 34 %, p = 0,41 ; dyspnée NYHA 3/4 14 % versus 13 %, p = 0,99), ni de différence d’anomalies électrocardiographiques. Les deux groupes avaient une épaisseur myocardique similaire (15,9 ± 1,6 mm versus 16,6 ± 2,3 mm ; p = 0,59), une valeur de strain longitudinal similaire à l’apex (-12,1 ± 3,7 % versus -12,5 ± 3,5 % ; p = 0,77). La présence de fibrose myocardique était similaire (60 % versus 67 %, p = 0,99) Conclusion : Dans la CMH apicale, l’identification d’un variant génétique pathogène ou probablement pathogène est moins fréquente (12 % des patients) par rapport à ce qui est décrit dans la littérature sur les CMH, et implique souvent les gènes MYBPC3 et MYH7. Il n’y avait pas de relation génotype-phénotype significative dans notre population.
Clément MARCEL (Boulogne-Billancourt), Aurélien PALMYRE, Pierre BOISSON DE CHAZOURNES, Marie HAUGUEL-MOREAU, Olivier DUBOURG, Philippe CHARRON, Nicolas MANSENCAL
00:00 - 00:00 #49868 - P739 Le séquençage de l’exome entier : un outil clé dans le diagnostic génétique de la mort subite cardiaque.
Le séquençage de l’exome entier : un outil clé dans le diagnostic génétique de la mort subite cardiaque.

Contexte La mort subite d’origine cardiaque (MSC) est définie comme un décès inattendu survenant chez un individu apparemment sain, sans cause extracardiaque identifiable, généralement dans l’heure suivant l’apparition des symptômes. Chez les jeunes adultes, les pathologies cardiaques d’origine génétique en constituent la principale cause. Objectif: Nous rapportons le résultat de l’autopsie moléculaire réalisée chez un homme âgé de 28 ans, victime de mort subite. Méthodes Un séquençage post-mortem de l’exome entier (WES) a été réalisé Résultats Il s’agit d’un homme , sans antécédents personnels particuliers , décédé brutalement à l’âge de 28 ans sur les lieux du travail. L’anamnèse a révélé un épisode de syncope un an auparavant, non exploré. L’enquête familiale a révélé quatre cas de décès subits inexpliqués, survenus entre 30 et 42 ans, pendant le sommeil ou lors d’activités quotidiennes. L’autopsie médico-légale a mis en évidence un cœur pesant 370 g avec une dilatation du ventricule droit. Le WES a mis en évidence un variant faux-sens probablement pathogène, à l’état hétérozygote, au niveau du gène ACTN2 : c.355G>A; p.(Ala119Thr). Ce variant a déjà été décrit comme associé à divers phénotypes cardiaques, notamment la cardiomyopathie hypertrophique (CMH), la cardiomyopathie dilatée (CMD), la non-compaction ventriculaire gauche, ainsi que la MSC. Le dépistage familial n’a pas retrouvé ce variant chez la sœur asymptomatique, ni chez l’oncle et la tante maternels ayant une hypertension artérielle et une hypertrophie ventriculaire gauche. En revanche, le variant a été retrouvé chez une cousine maternelle, fille d’une patiente décédée à 42 ans. Initialement asymptomatique, elle a ensuite été diagnostiquée avec une non-compaction biventriculaire et a bénéficié de la pose d’un défibrillateur. Un conseil génétique a été donné et un diagnostic présymptomatique a été proposé aux apparentés à risque. Conclusion Cette observation apporte de nouveaux arguments en faveur de la pathogénicité du variant ACTN2: c.355G>A; p.(Ala119Thr) dans la MSC et souligne l’intérêt du séquençage post-mortem de l’exome entier dans l’identification des causes génétiques sous-jacentes. Cette approche constitue un outil majeur pour la prévention primaire, en permettant l’identification des individus à risque et la mise en œuvre de stratégies de prise en charge adaptées.
Rasene GEREISHA (Paris), Lilia KRAOUA, Hager JAOUADI, Ahlem ACHOUR, Amira ZNATI, Hend BRAHEM, Mohamed ALLOUCHE, Emna ALLOUCHE, Habib BEN AHMED, Fatma OUARDA, Sana OUALI, Stéphane ZAFFRAN, Ridha MRAD, Mediha TRABELSI
00:00 - 00:00 #49518 - P740 Lien entre génétique et inflammation vasculaire : le cas du polymorphisme -455G/A.
Lien entre génétique et inflammation vasculaire : le cas du polymorphisme -455G/A.

Introduction L’inflammation joue un rôle clé dans la genèse et la progression des lésions athéroscléreuses ainsi que dans l'apparition de leurs complications. De nombreuses études ont démontré que des niveaux élevés de fibrinogène constituent un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Le taux plasmatique de fibrinogène est en grande partie sous contrôle génétique, bien qu’il puisse être influencé par des facteurs environnementaux. Parmi les polymorphismes identifiés, celui situé en position -455G/A du gène codant pour la chaîne beta du fibrinogène a suscité un intérêt particulier en raison de son impact potentiel sur les niveaux circulants de cette protéine. L’objectif de cette étude est d’examiner l’association entre le polymorphisme -455G/A du gène beta fibrinogène et les concentrations plasmatiques de fibrinogène chez des patients atteints de thrombose artérielle. Patients et méthodes L’étude a porté sur 112 patients diagnostiqués avec une thrombose artérielle et 190 sujets témoins. Des prélèvements sanguins ont été réalisés afin de doser le fibrinogène plasmatique et de rechercher le polymorphisme -455G/A à l’aide d’une analyse génétique. Tous les participants ont donné leur consentement éclairé. Résultats La distribution des génotypes montre une fréquence significativement plus élevée des génotypes GA (hétérozygote) et AA (homozygote muté) chez les patients par rapport aux témoins (respectivement 49,5 % vs 37,4 % pour GA, et 14,6 % vs 2,9 % pour AA). L’analyse des concentrations de fibrinogène en fonction des génotypes révèle une augmentation progressive des taux plasmatiques : • GG (génotype sauvage) : 3,50 ± 1,96 g/L chez les patients vs 1,90 ± 1,04 g/L chez les témoins • GA : 4,28 ± 1,58 g/L chez les patients vs 2,71 ± 1,00 g/L chez les témoins • AA : 5,75 ± 2,03 g/L chez les patients vs 2,75 ± 1,67 g/L chez les témoins Ces différences sont statistiquement significatives et indiquent une corrélation entre la présence de l’allèle A et une augmentation du taux de fibrinogène. Conclusion Le polymorphisme -455G/A du gène beta du fibrinogène est significativement associé aux thromboses artérielles et à des concentrations plasmatiques plus élevées de fibrinogène. Ces résultats suggèrent que ce polymorphisme pourrait représenter un facteur de susceptibilité génétique aux maladies cardiovasculaires d’origine inflammatoire.
Sabah HANACHI (Constantine, Algérie), Karima SIFI, Nacera KEROUAZ, Salima ZEKRI, Khalida BOUDAOUD, Chafika Yasmina AMRANE, Karima BENMEBAREK, Cherifa BENLATRECHE, Noredine ABADI
00:00 - 00:00 #49800 - P741 Impact clinique et retour d’expérience concernant la mise en place d’un parcours de soins en urgence en cardiogénétique.
Impact clinique et retour d’expérience concernant la mise en place d’un parcours de soins en urgence en cardiogénétique.

Contexte Les tests génétiques jouent un rôle croissant dans la prise en charge des cardiomyopathies, notamment pour guider les décisions thérapeutiques telles que l’implantation de DAI, parfois dans un contexte urgent. Nous avons évalué les performances et les modalités d’utilisation d’un parcours de tests génétiques en urgence mis en place au service de cardiogénétique de l’hôpital La Pitié Salpêtrière, à Paris. Méthode Nous avons conduit une analyse rétrospective des tests génétiques réalisés en urgence entre le 1er septembre 2024 et le 31 mai 2025 à l’hôpital La Pitié Salpêtrière, en collectant les données cliniques, les indications, les délais, le rendement diagnostique et l’impact sur la prise en charge. Résultats 42 patients ont été inclus. Un variant pathogène ou probablement pathogène a été détecté chez 17 patients (soit un rendement diagnostique de 40,5 %). Le délai médian de rendu par le laboratoire était de 40 jours. Les résultats du test génétique en urgence ont modifié de façon significative la prise en charge du patient dans 11,9 % des cas (5 patients). Dans le sous-groupe des patients chez qui l’indication du test en urgence suit les recommandations ESC 2022 ou concerne une recherche de laminopathie en urgence, les performances étaient meilleures (délai médian de rendu par le laboratoire 35 jours, modifications de la prise en charge du patient dans 27,3 % des cas). Conclusion La réalisation de tests génétiques en urgence en cardiogénétique est faisable et peut influencer de manière concrète la prise en charge de patients dans des situations cliniques prioritaires. Une meilleure sélection des patients est souhaitable pour améliorer les performances et le rendement sans compromettre les ressources des laboratoires de génétique.
Gabriel SIMAVONIAN, Adrien BLOCH, Flavie ADER, Isabelle JONVEAUX, Agathe BERTINOTTI, Estelle GANDJBAKHCH, Philippe CHARRON, Pascale RICHARD, Julie PROUKHNITZKY (Paris)
00:00 - 00:00 #49722 - P742 Etat des lieux en France sur le parcours de la mort subite non récupérée du sujet jeune : problématique de l'autopsie et du test génétique post mortem.
Etat des lieux en France sur le parcours de la mort subite non récupérée du sujet jeune : problématique de l'autopsie et du test génétique post mortem.

Contexte : La mort subite du sujet jeune, définie comme un décès inattendu survenant entre 1 et 45 ans, touche chaque année de nombreuses familles. Bien que des recommandations nationales et européennes préconisent une autopsie médico-légale, et le cas échéant, un test génétique post mortem, les pratiques restent hétérogènes en France. L’objectif de ce travail était de dresser un état des lieux de la prise en charge des morts subites non récupérées du sujet jeune et d’identifier les principaux freins rencontrés par les acteurs impliqués. Méthode : Une enquête descriptive a été menée à l’aide de questionnaires en lignes, en Mai et Juin 2025, auprès de six catégories d’acteurs : procureurs de la République, médecins légistes/anatomopathologistes, cardiologues, médecins généticiens/conseillers en génétique, biologistes moléculaires et familles de cas index. Les questions portaient sur les connaissances, pratiques, ressources disponibles, difficultés rencontrées et les suggestions d’amélioration. Résultats : Au total, 154 réponses exploitables ont été recueillies, représentant la majorité des régions françaises. Les résultats mettent en évidence une grande diversité de pratiques et plusieurs points de blocage : 1- Sensibilisation insuffisante des professionnels et hétérogénéité des pratiques ; 2- Manque de moyens humains, financiers et matériels, notamment l’accès limité à des anatomopathologistes spécialisés et à des équipements de conservation (-80°C) ; 3- Organisation et communications interprofessionnelles insuffisantes, avec une absence de protocoles organisationnels, un partage d’informations entre professionnels incomplet et une absence d’orientation des familles ; 4- Intégration limitée du test génétique post mortem dans les pratiques, souvent entravée par l’absence de prélèvements conservés ou d’autopsie réalisée. Conclusion : Trois ans après la publication du PNDS sur la mort subite du sujet jeune, des disparités importantes persistent sur le territoire français, compromettant l’identification des causes de décès et la prévention du risque chez les apparentés. Une meilleure sensibilisation des professionnels, une organisation nationale structurée et un renforcement des moyens alloués apparaissent essentiels. Le modèle institutionnel de prise en charge de la mort inattendue du nourrisson pourrait servir de référence pour harmoniser et améliorer la prise en charge de la mort subite du sujet jeune sur tout le territoire.
Soizic LEBRUN (Tours), Caroline RAMBAUD, Pauline SAINT-MARTIN, Julie PROUKHNITZKY, Adrien BLOCH, Adeline GOUDAL, Pascale RICHARD, Vincent PROBST, Philippe CHARRON
00:00 - 00:00 #49443 - P743 Diagnostic familial moléculaire des pathologies des artères de moyen calibre & dépistage artériel familial : un projet basé sur l’expertise du Centre de Compétence des Maladies Artérielles Rares de Marseille.
Diagnostic familial moléculaire des pathologies des artères de moyen calibre & dépistage artériel familial : un projet basé sur l’expertise du Centre de Compétence des Maladies Artérielles Rares de Marseille.

Plusieurs pathologies génétiques fragilisent les artères de moyen calibre. Des atteintes de type anévrysmes ou dissections peuvent être retrouvées sur l’ensemble de l’arbre artériel. Dans un contexte d’atteinte multiple et parfois familiale, une analyse par panel de gènes (dit « MSAAD » pour Medium Size Artery Aneurysm & Dissection) peut être indiquée, bien que son rendement soit faible. Le séquençage de génome entier (WGS) représente une opportunité diagnostique supplémentaire en cas de négativité de l’analyse par panel. Le Centre de Compétence des Maladies Artérielles Rares (CCMAR) de la Timone à Marseille a identifié les patients et leurs apparentés susceptibles de bénéficier d’un WGS, dans le but de poser un diagnostic moléculaire et de proposer une prise en charge adaptée à ce risque génétique. Nous avons réétudié l’ensemble des dossiers de patients ayant bénéficié entre 2020 et 2024 du parcours de soin standard au sein du CCMAR (explorations et consultation de médecine vasculaire, RCP locale et consultation de génétique médicale), et d’une analyse par panel MSAAD qui s’est avérée négative. La sélection des familles s’effectue selon les critères définis par la RCP nationale Artères de Moyen Calibre (AMC). Afin de sensibiliser les cas index éligibles à l’intérêt d’un dépistage artériel de leurs apparentés du premier degré, un courrier d’information a été envoyé puis un contact téléphonique a été établi. Une HDJ est proposée aux apparentés concernés volontaires. Les données cliniques et paracliniques familiales sont colligées en vue d’une présentation des dossiers en RCP AMC de pré-indication d’accès au WGS. Au cours de ces cinq années, 36 cas index ont bénéficié d’une analyse par panel MSAAD. 33 d’entre eux ne portent pas de variation génétique expliquant le phénotype (27 négatifs et 6 avec au moins un VSI). Parmi eux, 26 ont été contactés par le CCMAR car ils présentaient des critères justifiant la possibilité de poursuivre les investigations par un WGS. En ce sens, 10 dossiers ont été présenté en RCP nationale AMC et 5 d’entre eux ont été accepté pour un WGS, en trio ou avec plusieurs membres symptomatiques. De plus, 25 apparentés a priori asymptomatiques issus de 7 familles différentes ont bénéficié d’un bilan vasculaire exhaustif. Le principal écueil rencontré réside dans le choix des patients de participer ou non à ce projet (cas index vus il y a plusieurs années ou apparentés non connus du CCMAR). Toutefois, afin i) de faciliter l’accès au WGS pour les patients avec atteinte artérielle multiple et familiale et ii) d’améliorer le dépistage vasculaire et la prise en charge pluridisciplinaire des apparentés du premier degré, nous proposons de poursuivre de manière prospective et pérenne cette démarche d’information et de sensibilisation durant le parcours de soin au sein du CCMAR.
Jean-Michaël MAZZELLA (MARSEILLE), Caroline HENRIO, Clarisse BILLON, Tristan MIRAULT, Karine NGUYEN, Gabrielle SARLON, Victor MOREL, Barbara LECLERCQ
00:00 - 00:00 #49795 - P744 Polymorphisme C677T du gène MTHFR et diabète de type 2 : étude cas-témoins en l’Est de l’Algérie.
Polymorphisme C677T du gène MTHFR et diabète de type 2 : étude cas-témoins en l’Est de l’Algérie.

Introduction et objectif : Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie multifactorielle influencée par des facteurs génétiques. Le polymorphisme C677T du gène de la méthylènetétrahydrofolate réductase (MTHFR) a été proposé comme un facteur de susceptibilité potentiel pour le DT2 et ses complications cardiovasculaires. Cette étude visait à investiguer l'association entre cette mutation génétique et le DT2 au sein de la population de l'Est algérien. Méthodes : Une étude cas-témoins a été menée sur 97 patients atteints de DT2 et 190 témoins sains, appariés sur l'âge (âge moyen ~46,5 ans). Le génotypage de la mutation C677T du gène MTHFR a été réalisé par extraction de l'ADN suivie d'une réaction PCR et d'une analyse par polymorphisme de longueur des fragments de restriction (RFLP). L'analyse statistique a été effectuée avec le logiciel Epi Info version 7. Résultats principaux : • Distribution des génotypes : Chez les patients diabétiques, la fréquence des génotypes était de 44,33% (CC), 35,05% (CT) et 20,62% (TT). Chez les témoins, elle était de 54,6% (CC), 31,7% (CT) et 13,7% (TT). • Fréquence allélique : La fréquence de l'allèle T était plus élevée chez les patients (38,14%) que chez les témoins (29,51%). • Analyse statistique : Aucune association statistiquement significative n'a été retrouvée entre le polymorphisme C677T et le diabète de type 2 dans cette étude. Le risque, estimé par les rapports de cotes (OR), n'était pas significatif, que l'on compare le groupe CT+TT au groupe CC (OR = 1,52 ; p=0,095) ou le groupe TT aux groupes CT+CC (OR = 1,64 ; p=0,13). Conclusion : Cette étude ne met pas en évidence d'association significative entre le polymorphisme C677T du gène MTHFR et le diabète de type 2 dans la population de l'Est algérien. La puissance statistique limitée due à la taille de l'échantillon suggère que des investigations plus larges sont nécessaires pour confirmer ou infirmer définitivement ce résultat.
Salima ZEKRI (Constantine, Algérie), Sabah HANACHI, Karima SIFI, Naima KEROUAZ, Khalida BOUDAOUD, Nouredine ABADI, Karima BENBAREK