Jeudi 27 mars
08:30

"Jeudi 27 mars"

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AO
08:30 - 09:30

ALLOCUTIONS D'OUVERTURE

Auditorium du CIS
09:30

"Jeudi 27 mars"

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P1
09:30 - 11:00

Les dispositifs de droits communs en détention

Sensibiliser les participants aux dispositifs de droits communs accessibles en détention.
Aider à mieux comprendre leur utilité pour améliorer la santé mentale et la réinsertion des personnes détenues et leurs modalités d'accès
09:30 - 11:00 3114. Christophe DEBIEN (Conférencier, Lille), Ludivine CAYLA (Conférencier, PARIS)
09:30 - 11:00 Les groupes de parole : un exemple Narcotique Anonyme. Damien MAUILLON (MEDECIN) (Conférencier, MARSEILLE), Stéphane MATARD (Conférencier, Marseille)
Auditorium du CIS
11:00 PAUSE ET VISITE DES STANDS
11:30

"Jeudi 27 mars"

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P2
11:30 - 12:45

Le patient Acteur

Améliorer la connaissance des professionnels de santé exerçant en prison d'outils favorisant l'implication des personnes détenues dans leur parcours de santé et de réinsertion.
Favoriser l'autonomie et la responsabilisation des patients en détention.
11:30 - 12:45 Réhabilitation psychosociale. Eléonore DURAND (Psychomotricienne) (Conférencier, PARIS)
11:30 - 12:45 Utilisation de l’article L411-2 du code pénitentiaire (ex article 29 de la Loi pénitentiaire). Isabelle BRIZARD (Conférencier, Poissy)
11:30 - 12:45 « Les Gestes qui peuvent sauver ». Christine MEHUYS (Infirmière) (Conférencier, Nantes)
Auditorium du CIS
12:45 DÉJEUNER
13:30

"Jeudi 27 mars"

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SY
13:30 - 14:15

SYMPOSIUM ETHYPHARM

14:15

"Jeudi 27 mars"

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P3
14:15 - 16:15

Le Refus de soin

Apporter une réflexion globale sur la gestion du refus de soins en détention, en conciliant médecine, droit et éthique
Analyser le lien entre consentement et refus de soins.
Adapter la prise en charge face à un refus, en respectant le cadre éthique et règlementaire.
14:15 - 16:15 Le dilemme du médecin généraliste. Anne LECU (Praticien Hospitalier) (Conférencier, FLEURY MEROGIS)
14:15 - 16:15 Les questions posées au psychiatre : Consentement et refus de soins : comment faire avec ? Pascale GIRAVALLI (Conférencier, MARSEILLE)
14:15 - 16:15 Point de vue du juriste. Cadre de la Loi. Caroline HUSSAR (Conférencier, Clermont Ferrand)
14:15 - 16:15 La rôle du comité d’éthique en détention dans le cadre du refus de soins. Miguel JEAN (Conférencier, Nantes)
Auditorium du CIS
16:30

"Jeudi 27 mars"

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AG
16:30 - 18:30

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’APSEP

Auditorium du CIS
Vendredi 28 mars
08:45

"Vendredi 28 mars"

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S1B
08:45 - 10:15

SESSION MÉDICALE

Modérateurs : Laura HARCOUET (Pharmacien PH) (PARIS), Mélanie KINNE (Médecin Généraliste) (NIMES)
Examiner les défis du soin en milieu carcéral notamment dans l’articulation entre soins somatiques et psychiatriques et pour les personnes migrantes.
08:45 - 10:15 #43952 - 4 Les limites d’une dualité de prise en charge somatique et psychiatrique en établissements pénitentiaires.
Les limites d’une dualité de prise en charge somatique et psychiatrique en établissements pénitentiaires.

Introduction Les établissements pénitentiaires constituent un environnement particulièrement strict, où la gestion du circuit du médicament fait face à des défis complexes. Dans la région toulousaine, les deux principaux centres pénitentiaires, Seysses et Muret, disposent de 4 unités sanitaires : 2 Unités Sanitaires en Milieu Pénitentiaire (USMP) et 2 Services Médico-Psychologiques Régionaux (SMPR). Le Centre Hospitalier Gérard Marchant (CHGM) prend en charge les soins psychiatriques, tandis que le CHU de Toulouse assure les soins somatiques et l'approvisionnement en produits de santé. Notre objectif était d'évaluer l'organisation du circuit du médicament dans ces établissements et d'en identifier les limites. Matériel et méthodes Nous avons réalisé un état des lieux complet du circuit du médicament dans les deux principaux centres pénitentiaires. Les étapes de prescription, de dispensation, de stockage, de préparation et de distribution des médicaments ont été analysées. Résultats L'état des lieux a révélé l'utilisation de deux systèmes informatiques distincts pour la prescription entre les USMP et les SMPR, sans interopérabilité entre eux. Sur Seysses, 52% des patients sont pris en charge par les deux unités et 20% sur Muret. Sur les deux sites, 12% des patients communs ont une divergence d’identité entre les deux logiciels. La délivrance globale des médicaments prédomine, avec une dispensation nominative marginale pour certains médicaments spécifiques. Aucune validation pharmaceutique n’est en place. Les capacités de stockage des médicaments sont jugées insuffisantes et retentissent sur le reste du circuit. La préparation sous forme de piluliers ou de pochettes est effectuée à partir d'ordonnances imprimées via les logiciels de prescription, qui ne sont pas toujours actualisées. Aucun temps par les équipes n’est dédié à cette activité et les zones sont inadaptées. La distribution des médicaments au sein des établissements suit des rythmes hétérogènes, variant d'une unité à l'autre : elle peut être ponctuelle après consultation, quotidienne, trihebdomadaire, hebdomadaire, bimensuelle, ou encore mensuelle. Il a été observé qu’un même patient peut se voir attribuer trois rythmes de distribution différents. Discussion L’état des lieux du circuit du médicament dans les unités pénitentiaires révèle plusieurs dysfonctionnements. La dualité de prescription entraîne une fragmentation des informations. L'échange de données informatiques entre les logiciels n’est pas possible tant que des problèmes d'identitovigilance persistent. La prédominance de la délivrance globale et l’absence de validation pharmaceutique augmente le risque d’erreurs médicamenteuses. Les capacités de stockage limitées, associées à un manque de places adaptées pour la préparation des médicaments, compromettent l’efficacité du circuit. La distribution est très hétérogène avec des rythmes variables selon les unités, ce qui complique la gestion thérapeutique des unités et des patients. Conclusion Ces résultats mettent en évidence la nécessité de l’uniformisation des systèmes de prescription, d’instaurer une validation pharmaceutique systématique et de renforcer les infrastructures pour assurer une prise en charge médicamenteuse sûre et efficace.
Nicolas ROUQUIER (Toulouse), Pauline PUYO-CANAL, Julien JOUGLEN
08:45 - 10:15 #44550 - 5 Mise en place d'une consultation pour les détenus migrants à leur arrivée en détention à la maison d'arrêt de nantes et évaluation de son acceptation par les patients et par l'équipe médicale.
Mise en place d'une consultation pour les détenus migrants à leur arrivée en détention à la maison d'arrêt de nantes et évaluation de son acceptation par les patients et par l'équipe médicale.

Introduction : Bien que les personnes migrantes constituent 25% de la population carcérale, il n’existe pas d’étude s’intéressant à leur état de santé pendant leur incarcération. Nous savons pourtant que ces populations ont des besoins de santé différents de la population française, auxquels le suivi médical standard en détention ne répond actuellement pas. L’objectif de notre étude est de créer et de proposer une consultation médicale destinée aux détenus migrants à leur entrée en détention, et d’évaluer l’acceptation de cette consultation par les patients mais aussi par l’équipe médicale. Matériel et méthodes : Après la création d’une consultation médicale et de son guide, à partir de diverses recommandations de sociétés savantes, nous avons réalisé une étude interventionnelle monocentrique descriptive au sein de l’USMP de la Maison d’Arrêt de Nantes entre mars 2024 et octobre 2024. Résultats : Parmi les 32 patients éligibles, 25 ont accepté de participer à notre étude. Les patients ont accepté de répondre aux questions concernant leur statut administratif, économique et social, ainsi que de réaliser des examens sanguins et des dépistages des IST. En revanche, la vaccination a rencontré une acceptation moindre, avec seulement 12 des 25 patients favorables. Les médecins ont également donné leur accord pour la mise en place de la consultation, soulignant que celle-ci contribuait à leur formation et à l'amélioration de leur prise en charge. Toutefois, ils ont mentionné certaines difficultés, notamment pour aborder des sujets sensibles comme les violences subies. Conclusion : La consultation pour les détenus migrants arrivant en détention est à la fois acceptée par les patients et l’équipe médicale. Elle permet d’améliorer la prise en charge de cette population. La trame de cette consultation est amenée à évoluer en fonction des dernières recommandations émises en 2024 par la SPILF. Il serait intéressant d’étendre cette consultation dans d’autres centres pénitentiaires.
Marie CARTRY (Nantes), Claire BIDEAU
Amphithéâtre Duclaux

"Vendredi 28 mars"

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S1A
08:45 - 10:15

SESSION ADDICTOLOGIE

Modérateur : Damien MAUILLON (MEDECIN) (MARSEILLE)
Améliorer la compréhension et la prise en charge des addictions en détention, en intégrant données scientifiques, outils thérapeutiques et stratégies de réduction des risques.
Mettre en avant les bonnes pratiques pour accompagner les patients détenus vers un suivi adapté après leur libération.
08:45 - 10:15 #44434 - 1 ESSPRI : première enquête française représentative sur les niveaux d’usage de drogues parmi les déténus.
ESSPRI : première enquête française représentative sur les niveaux d’usage de drogues parmi les déténus.

L'usage de drogues - licites et illicites - par les personnes détenues est reconnu comme une priorité de santé publique en France, mais également à l’échelle internationale avec de nombreux chercheurs qui ont souligné l’importance de la consommation de drogues parmi les détenus ainsi que leur surexposition aux risques infectieux. En France, les données disponibles reposaient jusqu'à récemment sur des enquêtes anciennes. Ainsi, deux premières enquêtes sur la santé des entrants en prison ont été menées par la DREES en 1997 et 2003 auprès, respectivement, d’échantillons représentatifs de plus de 8 700 et 6000 détenus entrants en maison d’arrêt. Ces deux enquêtes offrent un aperçu des consommations de substances psychoactives à l’entrée en détention et (dans les 12 mois précédant l’incarcération pour les substances illicites). Si ces enquêtes étaient représentatives à l’échelle nationale, elles ne renseignaient cependant pas le devenir de ces comportements de consommation durant la détention. Plus récemment, d’autres enquêtes ont complété ces travaux, comme, par exemple, l’enquête COSMOS réalisée en 2015-2016 au sein des maisons d’arrêt de la région Pays de la Loire. Cependant, toutes souffrent d’un manque de représentativités des personnes incarcérées au niveau national car limité à un territoire ou un type d’établissement. Ces études ont souligné les difficultés rencontrées lors de la réalisation d’enquêtes en prison, liées à la surpopulation, la promiscuité, la diffusion rapide de rumeurs, qui n’offrent pas facilement un cadre propice à l’instauration d’un climat de confiance avec l’enquêté. Ces difficultés sont renforcées sur la question des drogues : la crainte des sanctions et de la stigmatisation de la part d’autres personnes incarcérées sont susceptibles de constituer un obstacle à l’interrogation des personnes détenues. Dans ce contexte, garantir l’anonymat des réponses et la confidentialité devient un véritable défi. Pour combler cette lacune, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), fort de son expérience, a menée en 2023 la première édition de l'Enquête sur la santé et les substances en prison (ESSPRI). Cette enquête statistique, auprès des personnes détenues, s'appuie sur un échantillon aléatoire de 1094 détenus hommes, issus de près de 30 quartiers pénitentiaires en France, représentatifs de tous les types d'établissements et de toutes les durées de peine. L'objectif de l'enquête est double. Elle vise à établir un protocole qui soit facilement reproductible, et à proposer une première quantification des consommations de drogues (tabac, alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, etc.) en prison. Réalisée selon une méthodologie comparable à celle des enquêtes en population générale, elle offre, en outre, une comparaison des comportements de consommation avec la population non incarcérée. Cette communication reviendra sur les enjeux méthodologiques et éthiques liées au dispositif et présentera les principaux résultats concernant les usages de drogues en prison.
Stanislas SPILKA (Paris), Caroline PROTAIS
08:45 - 10:15 #44709 - 2 Comment gérer le craving à une substance psycho-active : présentation d'un atelier groupal thérapeutique.
Comment gérer le craving à une substance psycho-active : présentation d'un atelier groupal thérapeutique.

Le craving est un symptôme central de l'addiction défini par la tentation irrésistible de consommer alors même que la personne ne le souhaite pas. Il est un facteur de vulnérabilité important à la sortie d'incarcération amenant à des reconsommations non souhaitées. Ce symptôme est souvent peu connu des personnes le vivant avant la prison, mais aussi des professionnels de santé les rencontrant pendant l'incarcération. Cette présentation a pour objectif de présenter un atelier thérapeutique permettant de donner des outils de prévention de la reconsommation de substance psycho-active à la sortie d'incarcération. Cet atelier, sur les principes de l'éducation thérapeutique du patient, a pour objectif pédagogique de faire verbaliser les personnes sur leurs représentations du craving, sur leurs vécus avec le craving, de compléter les connaissances et réajuster les représentations sur le craving, d'aider les personnes à identifier leurs situations à risque déclencheurs de craving et à identifier leurs propres stratégies pour gérer le craving en mobilisant leurs compétences psychosociales. Seront présentés lors de cette communication les différentes séances et les outils utilisés.
Camille NORMANDIN (Marseille), Elisa CARTA, Damien MAUILLON
08:45 - 10:15 #44609 - 3 Kits Sortants.
Kits Sortants.

Le projet KITS SORTANTS est un dispositif de prévention et de Réduction Des Risques et des Dommages en addictologie créé par Me DURAND et M.CIVEL, soignants au CSAPA du Centre Pénitentiaire de Bois d’Arcy. Il s’adresse spécifiquement aux personnes qui sortent de détention. En milieu carcéral, l’accès aux soins en addictologie et l’accompagnement à la sortie se heurtent à de nombreuses difficultés (contraintes carcérales, stigmatisation des soins en addictologie, sorties abruptes, manque de dispositifs de soins et d’hébergement en milieu ouvert). Les sorties de détention qui n’ont pas pu être correctement préparées sur le plan médico-social ont des répercussions à plusieurs niveaux : éloignement des soins, isolement social, précarisation, dégradation de la santé physique et psychique, majoration du risque de suicide et d’overdose. Face à ce constat et en collaboration avec les personnes que nous accompagnons, nous avons imaginé des kits de prévention et de Réduction Des Risques et des Dommages qui tiennent compte des contraintes du milieu et soient accessibles au plus grand nombre. Ces kits contiennent : - les coordonnées des structures de soins en addictologie de la région - des renseignements sur l’accès aux structures d’accueil et d’hébergement d’urgence - des numéros de lignes d’écoute pour les personnes en souffrance psychique - des documents d’information, de prévention et de RDRD sur différentes consommations et comportements - du matériel de RDRD Ces kits, qui ont vocation à être remis au moment de la sortie de détention, se déclinent en 3 versions afin de fournir une réponse la plus ajustée possible à chaque bénéficiaire : - KIT 1 : à destination des consommateurs de tabac, cannabis, alcool, psychostimulants, hallucinogènes, protoxyde d’azote et des personnes présentant une conduite addictive aux jeux d’argent et de hasard, aux écrans, au sport et au sexe - KIT 2 : à destination des consommateurs de cocaïne et de crack - KIT 3 : à destination des consommateurs d’opiacés et/ou injecteurs Ce dispositif, qui bénéficie d’un financement ARS pour le CP de Bois d’Arcy, commence à se déployer. Il pourrait par la suite être étendu à d’autres unités de soins en milieu carcéral.
Eleonore DURAND, Emmanuel CIVEL (bois d'arcy)
Auditorium du CIS
10:15 PAUSE ET VISITE DES STANDS
10:45

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S2B
10:45 - 12:00

SESSION PSYCHIATRIE

Modérateur : Anne LECU (Praticien Hospitalier) (FLEURY MEROGIS)
Améliorer la connaissance des professionnels de santé exerçant en prison sur les enjeux et limites des prises en charge en santé mentale des personnes incarcérées
Apporter une réflexion globale et documentée sur les passages à l'acte à visée suicidaire en détention.
10:45 - 12:00 #44574 - 8 La psychothérapie en milieu carcéral à l'épreuve des troubles de l'attachement, ou l'émergence de la relation thérapeutique en dépit d'une non-demande.
La psychothérapie en milieu carcéral à l'épreuve des troubles de l'attachement, ou l'émergence de la relation thérapeutique en dépit d'une non-demande.

La littérature scientifique témoigne d'une prévalence significativement plus importante de styles d'attachement insécures dans la population carcérale que dans la population générale, et permet de faire des liens entre styles d'attachement et types d'infractions. Elle nous indique également que les types d'attachement insécures sont plus fréquents chez les personnes présentant des troubles de la personnalité, dont la prévalence est elle-même également plus élevée en milieu carcéral que dans la population générale. Bien au-delà d'une compréhension des passages à l'acte, la perspective attachementiste nous permet d'envisager la relation psychothérapeutique auprès de patients dont la demande de soin n'est pas systématiquement intériorisée. En effet, pour la plupart, il s'agit d'une demande émanent d'un tiers, la Justice, qui prononce des « soins pénalement ordonnés », prenant en principe effet à la levée d'écrou, mais dont on sait qu'une forme détournée s'opère dès l'incarcération – ayant lien avec les remises de peine conditionnées à la remise d'une attestation de soin. Par ailleurs, intervenir en milieu carcéral implique de naviguer avec des enjeux inter-institutionnels qui constituent autant d'interférences à la relation psychothérapeutique, et parfois rejouent bien malgré nous les problématiques d'attachement des patients. Alors comment pouvons-nous prendre soin des patients, de la relation psychothérapeutique, tout en leur permettant d'être des acteurs proactifs de la démarche et de leur rétablissement psycho-social ? Comment les aider à s'approprier une demande qui n'est pas la leur, faire émerger une demande malgré la contrainte, ou plutôt comment les accompagner dans le cheminement d'une mise en mouvement psychique, profitant d'une demande émanent d'un tiers, souvent vécu comme persécuteur ? Comment susciter une forme de motivation au changement, qu’elle soit intrinsèque ou extrinsèque ? Mais changer quoi, et d’après qui ? Nous nous interrogerons par ailleurs sur la notion de « patient acteur ». En effet, la tendance actuelle est de remettre les gens au centre des dispositifs, dans une logique de responsabilisation, d'investissement et de mobilisation psychique. On retrouve d'ailleurs cette trajectoire au sein de l'Administration Pénitentiaire : le « surveillant acteur » qui donne le ton des politiques pénitentiaires actuelles, dans une tentative de lutte contre une démobilisation générale des acteurs de la détention. Nous tenterons de démontrer la pertinence d'une lecture attachementiste pour penser la (l'im)possible adhésion au soin, et comment établir un focus sur les troubles de l'attachement permet d'agir auprès d'un patient dont la relation à l'autre est colorée de représentations négatives – représentations auxquelles n'échappent pas les relations de soin. Partant d'une expérience clinique de terrain en Maison d'Arrêt, nous évoquerons également certaines psychothérapies prenant ancrage dans la théorie de l'attachement, pouvant constituer des bases de travail pertinentes auprès des patients aux styles d'attachement insécures, dont l'EMDR (Eyes Movement Desensitization and Reprocessing) fait partie.
Joséphine REGNIER (Angers)
10:45 - 12:00 #44232 - 9 Les suicides des personnes détenues en France, 2017-2021.
Les suicides des personnes détenues en France, 2017-2021.

Contexte : Les personnes détenues ont été identifiées comme une population à risque élevé de suicide. Santé publique France (SpF) a mis en place, à la demande du Ministère de la santé, une étude de surveillance épidémiologique des suicides des personnes écrouées en partenariat avec les unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP), les unités d’hospitalisations complètes en psychiatries spécialement aménagées pour les personnes détenues (UHSA) et la direction de l’administration pénitentiaire (DAP). L’objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, pénales, et carcérales des personnes détenues décédées par suicide ainsi que les circonstances des suicides. Méthodes : Tous les suicides de personnes écrouées survenus en France sur la période 2017-2021 étaient éligibles. Des données de santé ont été collectées par les médecins en soins somatiques et/ou les psychiatres exerçant en USMP et en UHSA via un questionnaire standardisé complété à l’aide du dossier médical. Les données sociodémographiques, pénales, carcérales et sur les circonstances du suicide provenaient des données recueillies en routine par la DAP après chaque suicide. Les analyses ont été menées par SpF. Résultats : Sur la période 2017-2021, 598 personnes détenues sont décédées par suicide, écrouées dans 144 établissements pénitentiaires différents, soit environ les trois quarts des établissements. Les hommes comptaient pour 95,5% des cas. Les données de santé étaient disponibles pour 78% des cas. Ces derniers étaient représentatifs de l’ensemble des personnes détenues pour toutes les caractéristiques sociodémographiques, pénales et carcérales. Le taux de suicide était de 17,4 pour 10 000 personnes-années pour les hommes et 23,1 pour les femmes soit, à âge égal, 10 fois plus élevé pour les hommes et 40 fois plus élevé pour les femmes en prison qu’en population générale. Le taux de suicide était deux fois plus élevé pendant la détention provisoire, pendant laquelle sont survenus près de la moitié des cas. Un trouble psychiatrique a été rapporté pendant la détention pour 64% des cas de suicide. Parmi ces derniers, près d’un tiers n’avaient pas d’antécédent psychiatrique connu avant l’incarcération. Le suicide avait été précédé d’une ou de plusieurs tentatives de suicide pour 46% des cas avant ou pendant l’incarcération. La semaine précédant le suicide, un évènement marquant, le plus souvent de nature pénale, carcérale ou familiale, avait été retrouvé pour 61% des cas. Un suicide sur 9 a eu lieu la première semaine de détention, soit un taux de suicide 6 fois plus élevé que pour la suite de la détention, et 1 suicide sur 7 est survenu au quartier disciplinaire. Conclusion : Les suicides des personnes détenues sont très fréquents, ce qui pointe l’intérêt de cibler cette sous-population dans le cadre de la politique publique de prévention des suicides en France. En termes de facteurs de risque, la première semaine d’incarcération requiert une vigilance particulière, tandis que les données disponibles sur les antécédents psychiatriques connus conduisent à interroger à la fois la vulnérabilité des populations incarcérées et les facteurs de stress que notre système pénal leur impose.
Alexis VANHAESEBROUCK (Paris), Chan Chee CHRISTINE, Amélie TOSTIVINT, Imane KHIREDDINE-MEDOUNI, Nolwenn REGNAULT, Thomas LEFÈVRE, Maria MELCHIOR
Amphithéâtre Duclaux

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S2A
10:45 - 12:00

SESSION DENTAIRE

Modérateur : Mélanie COUVREUR (chirurgien-dentiste) (Lille)
Identifier les enjeux et contraintes pour des soins dentaires adaptés et équivalents à ceux prodigués en milieu libre.
10:45 - 12:00 #44712 - 6 La parodontologie en milieu carcéral : enjeux et contraintes de sa mise en place à l'USMP de Brest.
La parodontologie en milieu carcéral : enjeux et contraintes de sa mise en place à l'USMP de Brest.

La prise en charge odontologique des détenus pose souvent des défis en raison du conflit entre les soins d'urgence et les actions prophylactiques, en particulier dans le domaine de la parodontologie. Bien que la prise en charge de la santé parodontale soit une étape incontestable dans la mise en place d'un plan de traitement odontologique global, son application reste perfectible, notamment en milieu carcéral. Conformément à la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, qui garantit un accès aux soins équivalent à celui de la population générale, l’USMP de la maison d’arrêt de Brest travaille à améliorer l'offre de soins parodontaux. Cependant, plusieurs obstacles entravent l’implémentation des traitements parodontaux, notamment des contraintes organisationnelles et humaines. La forte demande pour les soins d’urgence laisse peu de temps pour des traitements parodontaux longs et nécessitant une information approfondie pour des patients souvent mal informés sur leur importance. Ce manque de sensibilisation génère des réticences à initier les traitements, d’autant plus que la gestion de la douleur liée à l’inflammation des parodontes peut constituer une difficulté. En outre, bien que la tarification des soins parodontaux puisse être un frein, la prise en charge des actes de parodontie pour certains cas d'affections de longue durée (ALD) est désormais couverte par l'Assurance Maladie, ce qui facilite leur mise en place. L'intégration de la parodontologie dans le parcours de soins de patients détenus présentant des pathologies systémiques rend essentielle la mise en place de ce suivi au sein des services de soins carcéraux. En dépit des défis actuels, la mise en œuvre d’un suivi parodontal constitue une étape importante dans l'amélioration de l'accès aux soins pour la population carcérale.
Jean-Eric ALARD (BREST)
10:45 - 12:00 #44108 - 7 Prise en charge en milieu carcéral d'un patient porteur d'un dispositif dentaire défectueux.
Prise en charge en milieu carcéral d'un patient porteur d'un dispositif dentaire défectueux.

En milieu carcéral, lors de la réalisation du bilan d'entrée du patient-détenu, le chirurgien-dentiste peut être amené à constater la présence de dispositifs médicaux en bouche ne répondant pas aux données acquises de la science ou présentant un risque pour la santé du patient. La prise en charge de ces patients est délicate autant d'un point de vue technique que juridique. En effet, le milieu carcéral est un incubateur de facteurs augmentant les risques de complications dentaires: troubles de la santé mentale, toxicomanie, sédentarité et déséquilibre alimentaire. De plus, ce sont des patients initialement suivis par d'autres praticiens à l'exterieur et qui ont un accès facilité aux démarches juridiques. Malheureusement une partie des détenus est peu instruite ou maîtrise mal la langue française, ce qui occasionne une difficulté supplémentaire dans la compréhension de l'information délivrée. La responsabilité du fabricant et du prescripteur est difficilement engageable par le patient et celui-ci risque de se retourner contre le dentiste repreneur des soins. Même si le praticien ne peut être responsable de soins qu'il n'a pas réalisés, il peut être mis en cause sur un défaut d'information, à moins d'avoir établi et tracé un état dentaire initial et explicité la situation au patient. Au travers de ce travail, après avoir exposé la notion de défectuosité et la particularité de l'exercice en milieu carcéral, nous illustrerons la problématique au moyen d'une situation clinique de matériel dentaire défectueux. Enfin, nous établirons une liste de recommandations afin de fournir au praticien se trouvant dans une situation similaire des outils pour apporter des soins appropriés tout en le protégeant d'un éventuel recours juridique. Parmi ces recommandations, nous retrouvons le fait de tenir un dossier médical rigoureux, d'établir un état dentaire initial exhaustif et le fait de toujours informer le patient, que cela soit sur son état actuel en bouche, sur les thérapeutiques possibles ou sur les conséquences d'un refus de celles-ci.
Gabriel ABRAHAM (Wambrechies), Mélanie COUVREUR, Michael COGO, Anne BECART
Auditorium du CIS
12:00

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SY2
12:00 - 12:45

SYMPOSIUM CAMURUS

DÉJEUNER
13:45

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S3B
13:45 - 15:15

SESSION ORGANISATION DES SOINS

Modérateur : Valérie KANOUI (Cheffe de service) (FLEURY MÉROGIS)
Améliorer l'accès aux soins des personnes incarcérées, y compris celles en situation de handicap.
13:45 - 15:15 #44718 - 13 Enquête auprès des soignant-e-s des unités sanitaires en milieu pénitentiaire autour de l'accompagnement du handicap en prison.
Enquête auprès des soignant-e-s des unités sanitaires en milieu pénitentiaire autour de l'accompagnement du handicap en prison.

En 2024-2025, au vu de l'augmentation du nombre de personnes porteuses de handicap en prison à Nantes et des difficultés rencontrées dans leur prise en charge, l'équipe de l'USMP de Nantes, en collaboration avec les différents services de la détention (SMPR, AP, SPIP, BUANDERIE, SERVICES TECHNIQUES, EDUCATION NATIONALE ...) réalise un état des lieux des moyens existants et réfléchit à des perspectives d'amélioration de l'accompagnement du handicap. Dans ce contexte une enquête autour de la prise en charge du handicap en détention auprès des soignant-e-s des unités sanitaires en France a été réalisée afin d'évaluer les types de handicap rencontrés, les moyens mis à disposition pour leur prise en charge et les ressentis des professionnel-le-s sur la question de l'accompagnement du handicap en détention. Cette initiative est née de nos difficultés quotidiennes à assurer des soins adaptés à des personnes porteuses de handicaps lourds. A ce jour, 110 réponses aux questionnaires provenant de plus de 50 unités sanitaires ont été recensées. Les résultats sont en cours de traitement et mettent en évidence des fonctionnements et difficultés communes. Nous proposons de vous exposer les résultats de cette enquête, les axes de travail pensés à l’échelon local sur notre USMP et de réfléchir ensemble à des solutions pour améliorer l’accompagnement du handicap en détention.
Aude TOULEMONDE, Claire BIDEAU, Lucie BLANCHO (Nantes)
13:45 - 15:15 #43868 - 14 Enjeux des permissions de sortir individuelles pour raisons médicales en structure d’accompagnement vers la sortie (SAS).
Enjeux des permissions de sortir individuelles pour raisons médicales en structure d’accompagnement vers la sortie (SAS).

La structure d’accompagnement vers la sortie (SAS) a remplacé en 2022 l’ancien quartier courtes peines du centre pénitentiaire de Toulouse. Elle héberge 60 hommes condamnés avec un reliquat de peine inférieur à 2 ans. L’évaluation des besoins par l’équipe sanitaire pluridisciplinaire de la SAS, ont motivé la recherche de solutions pour améliorer l’accès aux soins. S’inspirant de l’expérience de Médecins du Monde au centre pénitentiaire de Nantes, des permissions de sortir individuelles pour raisons médicales ont pu être organisées. Le Code de procédure pénale prévoit l’accord de permission de sortir (PS) pour « présentation dans une structure de soins », ce qui permet de réaliser son rendez-vous sans escorte, « en homme ou femme libre ». Après 2 ans ½ d’octroi de PS médicales à la SAS de Toulouse, plusieurs enjeux méritent d’être considérés. Enjeux d’organisation: les différentes étapes entre le repérage d’un besoin et la réalisation d’un rendez-vous médical nécessitent l’implication forte de la personne détenue, des différents professionnels de la prison et l’adhésion des partenaires du réseau de soins. La formulation précise de la demande et un calendrier sont à respecter. Une modélisation du processus et des outils de suivi ont été conçus au sein de l’unité sanitaire pour faciliter le déploiement des PS. L’articulation entre tous les acteurs, chacun jouant un rôle différent, est indispensable et nécessite de pouvoir dégager du temps dédié. Enjeux d’accès aux soins ensuite, le nombre de rendez-vous demandés traduit l’ampleur des besoins : en 2023, 229 (75%) PS réalisées sur 307 demandées, pour 89 personnes détenues à la SAS, soit 40% de la file active. La réalisation des PS a aussi révélé la complexité des questions de couverture maladie et a permis d’engager un travail approfondi avec les acteurs concernés pour éviter les ruptures de droit. De plus, le respect de la dignité des personnes, de la confidentialité, mais aussi l’expérience d’un « temps de liberté », permettent de lutter contre la peur ou le refus de soins. Enjeux d’insertion : une des missions de l’unité sanitaire de la SAS est de travailler avec les personnes détenues autour d’un projet de soin individualisé et de préparer leur sortie en soutenant leur autonomie. Quelques exemples illustrent l’impact des PS sur l’amélioration de l’état de santé et leurs effets bénéfiques en termes d’habiletés psycho-sociales, de résolution de problèmes, d’estime et de confiance en soi. L’éloignement de la SAS des lieux de soins implique le développement de capacités de mobilité, de gestion du temps et de prise de décision adaptée. Ces compétences seront utiles pour l’orientation dans le système de soins mais aussi pour les démarches professionnelles ou de formation. Enfin, de nombreux enjeux décisionnels sont à l’œuvre autour des PS médicales. L’analyse des PS demandées et non réalisées met en évidence les obstacles potentiels: refus de la commission d’application des peines, absence de pécule disponible, exclusion, refus de la personne détenue, annulation par le professionnel du réseau de soins. La réalisation de PS médicales est un outil majeur d’accès aux soins à la SAS et repose sur la construction d’un lien de confiance entre unité sanitaire, patients et acteurs décisionnaires impliqués.
Geneviève MOLINA (Toulouse)
13:45 - 15:15 #43997 - 15 La première TER (Télé-Echographies Robotisées) en prison.
La première TER (Télé-Echographies Robotisées) en prison.

La première TER (Télé-Echographies Robotisées) en prison. Projet expérimental faisant suite à un appel à projet innovant par l’ARS-IDF, la TER (Télé-Echographies Robotisées) est un véritable progrès dans l’accès aux soins de patients détenus en prison. Nous décrirons dans un premier temps la construction du projet et sa faisabilité nécessitant et renforçant une bonne coopération entre tous : USMP-service d’échographie-Administrations et services techniques de l’hôpital de rattachement et pénitentiaires sans oublier l’apport incontournable de la société AdEchoTech fournisseur du matériel de télé échographie. Effectivement en prison, monter un projet apportant la fibre en pleine détention fait réfléchir mais en contre partie permettre l’accès à un examen de qualité sans extraction médicale justifie l’investissement, notamment financier. Besoins : matériels performants et simples d’utilisation à l’Usmp et dans le service d’échographie, un échographiste volontaire, une infirmière disponible le temps de l’examen. Au final : un examen de qualité identique à une échographie effectuée en service d’échographie, permettant au patient de ne pas refuser l’extraction, une économie de temp en RH et en toute sécurité. Satisfaction de tous et principalement du patient. Dr François Cordonnier + Emilie Nenot-Clairville (Cadre de Santé) +Infirmière (représentants l’Equipe Usmp de Poissy)
François CORDONNIER (POISSY), Emilie NENOT-CLAIRVILLE
Amphithéâtre Duclaux

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S3A
13:45 - 15:15

SESSION PARAMÉDICALE

Modérateur : Roxane RADENNE PARMENTIER (Cadre de santé) (Verdun)
Mieux comprendre le rôle essentiel des infirmiers en milieu pénitentiaire
Optimiser l’offre de soins pour améliorer la santé des personnes détenues
13:45 - 15:15 #43821 - 10 Impact des infirmières en pratique avancée dans une unité de soins en milieu pénitentiaire: retour d'expérience.
Impact des infirmières en pratique avancée dans une unité de soins en milieu pénitentiaire: retour d'expérience.

Contexte: Les besoins en santé dans les établissements pénitentiaires sont complexes, de plus en plus marqués par des pathologies chroniques, par une population vieillissante et de fortes inégalités de santé. L'implantation des IPA dans les USMP pourraient répondre efficacement à ces défis. Objectif: Cette présentation vise à mettre en lumière le rôle possible d'une IPA au sein d'une USMP, en se concentrant sur les défis rencontrés, les stratégies de mises en place, et les bénéfices observés en matière de soins, d'accès à la santé et de collaboration interdisciplinaire. Méthode: Au travers d'un retour d'expérience, les données ont été collectées concernant la gestion des maladies chroniques, des parcours de soins et des initiatives de santé publique sur une période de 18 mois suivant l'intégration d'une IPA. Résultats: L'introduction de l'IPA a entraîné une augmentation significative de l'accès au soin et du suivi des patients atteints de maladies chroniques. La file active des patients suivi en collaboration IPA / médecin représente aujourd'hui 12.5% de la population carcérale actuelle du CP. Les parcours de soin sont mieux identifiés et les patients sont accompagnés à devenir acteur de leur santé et de leur suivi. L'IPA participe également activement aux dépistages, permettant des interventions précoces; un lien fort est également créer avec les différents ateliers de promotion de la santé. De plus, l'IPA contribue à une meilleure collaboration entre les professionnels de santé, améliorant ainsi la qualité des soins. Conclusion: La présence d'une IPA dans une USMP améliore le suivi des patients atteints de maladies chroniques, mais promeut également une approche holistique répondant aux besoins spécifiques de la population carcérale. Ce modèle offre des perspectives intéressantes pour l'intégration des IPA sur l'ensemble du territoire, soulignant leur rôle essentiel dans la réduction des inégalités en santé et l'amélioration de la qualités des soins
Typhaine TENAUD (Poitiers)
13:45 - 15:15 #44713 - 11 Les consultations infirmières dans les établissements pénitentiaires français.
Les consultations infirmières dans les établissements pénitentiaires français.

Introduction : les consultations infirmières en milieu pénitentiaire (CIMP) jouent un rôle clé dans l’accès aux soins des détenus et l’allègement de la charge médicale. Elles restent cependant peu étudiées en France. Cette étude vise à décrire leur prévalence et leurs caractéristiques. Méthodologie : un questionnaire a été adressé par mail aux unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP) françaises. Les données recueillies ont été analysées pour évaluer la pratique des CIMP et identifier les facteurs influençant leur mise en œuvre. Résultats : Le taux de réponse était de 55 %, couvrant 104 établissements. Parmi eux, quasiment tous (91 %) affirment pratiquer des CIMP. Aucune différence significative n’a été observée dans le nombre de détenus, de médecins ou d’IDE entre les établissements affirmant ou non pratiquer la CIMP. La plupart des CIMP fonctionnent sur la base de protocoles de soins (80 %) avec la possibilité de délivrer des médicaments ce qui montre une autonomie importante des IDE. La faible proportion d’IDE disposant de qualifications supplémentaires (29,5 %) dénote avec la grande prévalence de la pratique de la CIMP. Discussion : la prévalence élevée des CIMP pourrait s’expliquer par des contraintes historiques, notamment la pénurie de médecins, et par les avantages organisationnels qu’elles offrent. Toutefois, la faible proportion d’IDE formés soulève des questions sur la reconnaissance des IDE et leur formation en vue de cette pratique. Les forces de cette étude résident dans sa portée nationale et son fort taux de participation, bien que certains biais, comme le faible nombre d’établissements sans CIMP et les limites inhérentes à un questionnaire, limitent notre analyse. Conclusion : Cette étude confirme l’importance des CIMP dans l’organisation des soins auprès des détenus. Elle invite à nous interroger sur les formations spécifiques et à réfléchir à la reconnaissance institutionnelle de cette pratique. Une mesure plus précise du temps de travail des soignants en relation avec le nombre de détenu pourrait compléter nos résultats.
Sandrine JABOEUF (Rennes), Philibert HERVÉ DU PENHOAT
13:45 - 15:15 #43959 - 12 Une nouvelle consultation infirmière : les soins et hygiène des pieds.
Une nouvelle consultation infirmière : les soins et hygiène des pieds.

Au CP Paris la santé les patients détenus ont des difficultés à faire les soins d’hygiène quotidienne de leurs pieds. Les détenus reçoivent à leur arrivée un kit d’hygiène comprenant un petit coupe-ongle souvent insuffisant devant les pathologies et traumatismes des ongles diagnostiqués par les médecins. Sur le plan de la santé, des pathologies comme les addictions, des pathologies psychiatriques avec états d’incurie, additionnées à la difficulté d’accès aux soins, un logement insalubre, la vie dans la rue, des états d’indigence sont le lit d’affections de peau, de plaies multiples de parasitoses, parfois dans un contexte de dénutrition. La mise en œuvre fin 2022 d’un temps de soins d’hygiène des pieds a trouvé son origine dans le constat d’un mauvais chaussage, d’un manque d’hygiène, d’un nécessaire accompagnement des patients pour les pathologies de l’ongle, d’un dépistage et suivi d’un pied diabétique. Un temps spécifique dédié aux soins d’hygiène des pieds se concrétise par la création d’une consultation infirmière. Le recensement des patients est effectué par l’équipe médicale et paramédicale. Les soins sont réalisés par une infirmière formée spécifiquement. En pratique, elle évalue l’hygiène des pieds du patient ; propreté, lésions, aspect de la peau, des phanères, des espaces interdigitaux. Si besoin elle effectue un lavage à l’eau et savon, elle coupe les ongles, elle évalue la douleur au repos et à la marche, elle élimine la couche superficielle de la corne avec des actions de râpage. Appliquant son jugement clinique elle peut orienter le patient en consultation médicale pour un avis. Appliquant son rôle sur prescription elle accompagne le patient dans la mise en œuvre d’un traitement local des onychomycoses afin d’avoir une efficacité optimum. Techniquement, en conformité avec un protocole médical interne, elle désépaissit les ongles à l’aide d’une lime adaptée (fraise + turbine). Les résultats de cette prise en charge ont été observés dès la première consultation, au fur et à mesure des séances de soins et à la fin de la prise en charge du patient. Nous avons constaté une amélioration progressive jusqu'à la guérison des ongles traités pour onychomycose, une régression des hyperkératoses, une diminution voire une suppression de la douleur, une acquisition du savoir-faire de l’auto-surveillance pour les patients diabétiques ainsi qu’une prise de conscience de l’importance des règles d’hygiène. Des satisfactions mutuelles ont été avec surprise découvertes par l’infirmière. Le bien-être apporté au patient par des actions de soins efficaces sont gratifiantes pour l’infirmière. Dans cet espace-temps le patient se montre différent. Pour lui ce n’est pas le moment d’une demande particulière, d’une réclamation, d’une exigence d’un rendez-vous médical. Avec pudeur il quitte chaussures et chaussettes. Ne pouvant réaliser ses soins lui-même une barrière tombe, il se laisse aller, l’agressivité verbale, fréquente en prison n’a pas sa place. Le patient repart soulagé, avec les moyens physiques de la marche améliorés. Pour lui, cela signifie aller en promenade, lutter contre la sédentarité et l’enfermement imposés par le confinement en cellule, le moral est aidé. A l’initiative d’une infirmière un circuit soins des pieds innovant a été créé dans le service.
Josette PUCHOL, Nadine COMPAGNONE (PARIS)
Auditorium du CIS
15:15

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S4B
15:15 - 16:30

SESSION PROMOTION DE LA SANTÉ

Modérateur : Elisabeth GRAVRAND (cheffe de service USMP) (BREST)
Sensibiliser les personnes incarcérées et les professionnels au maintien d'une bonne hygiène de vie associant un bon équilibre alimentaire et une activité physique adaptée régulière.
15:15 - 16:30 #44703 - 18 Diététique en milieu carcéral.
Diététique en milieu carcéral.

Intervention des diététiciens des Hospices Civils de Lyon dans plusieurs centres pénitentiaires de la région lyonnaise : Corbas, St Quentin-Fallavier et établissement pour mineurs de Meyzieu. Public = détenus hommes et femmes, à partir de l’adolescence. Opportunité pour la population carcérale car sont peu nombreux les établissements pénitentiaires où il existe une prise en charge nutritionnelle. 2 types d’activités : - Consultations individuelles ; motifs les plus fréquents : dénutrition, surcharge pondérale, diabète, dyslipidémie et allergie. - Mission d’action d’éducation à la santé (AES) : animation d’ateliers collectifs en lien avec la nutrition, seul ou en binôme (avec infirmier ou pharmacien) ; partenariat avec le scolaire, le CSAPA (Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), les moniteurs de sport, … Problématiques rencontrées : niveau social et financier de certains détenus, insécurité parfois (port d’une alarme portative individuelle pendant les entretiens), profil psychologique de certains, freins liés à l’administration pénitentiaire.
Gisèle DEBRAY (LYON)
15:15 - 16:30 #44527 - 19 Activités Physiques Adaptées et de Santé en Milieu Pénitentiaire.
Activités Physiques Adaptées et de Santé en Milieu Pénitentiaire.

La pratique régulière d’un exercice physique présente un rôle important dans la promotion de la santé et vise l’amélioration du bien-être général. Les personnes placées sous-main de justice sont confrontées à des épreuves physiques, mentales et émotionnelles uniques. Les pratiques « sportives » qui leur sont proposées en détention ne répondent pas toujours aux besoins et capacités de chacun en raison de leur âge, de leur condition physique, de leur handicap ou de leur état de santé. Dans cette optique, nous avons mis en place des ateliers « Activités Physiques Adaptées et de Santé » (APA-S) au sein de notre établissement, afin de permettre la mise en œuvre d’un programme de soins visant un changement de comportements et d’habitudes en détention. Le projet d’APA-S, réfléchi et validé par le pôle de santé, a pu être élaboré grâce à l’initiative d’un Infirmier Diplômé d’Etat (IDE) également diplômé d’une Maîtrise Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Un partenariat avec un Educateur Sportif, agent de l’Administration Pénitentiaire (ES-AP) permet un travail en synergie qui est en tout temps respecté dans l’attribution des missions de chacun, la finalité étant l’amélioration constante de la santé des personnes détenues sans déroger au secret médical. Les APA-S peuvent être utilisées dans le cadre de la prise en charge de certaines pathologies chroniques tant sur le plan somatique que sur la santé mentale et seront développées dans le cadre de la prévention. Méthodologie prévue pour le programme : Tous les dossiers des patients souhaitant s’y inscrire sont analysés pour vérifier les critères d’inclusion médicaux et des contrainte de sécurité. Au regard des nombreux candidats et de la capacité de la salle limitée à 10 personnes, la sélection des patients se réalise par randomisation. Durant l’année, proposition de 3 sessions de 12 semaines. Les séances sont à « adaptées selon les pathologies » des patients-détenus mais aussi « adaptées à l’espace contraint d’une cellule », soit un couloir de 2,5m². Ce programme fait l’objet d’évaluation en transversalité : - Critères d’inclusion et prescription médicale par le médecin, - Entretien motivationnel, suivi des constantes et tests d’effort, - Evaluation des capacités physiques par ES-AP et IDE, - Evaluation psycho-sociale par la psychologue sociale de la santé. Résultats : A ce jour, deux sessions d’APA-S ont pu être proposées sur les unités somatiques : un groupe d’hommes puis un groupe de femmes. Les premiers résultats plutôt encourageant vont être analysés. A terme, ce programme vise à s’articuler dans une prise en charge pluridisciplinaire encore plus élargie en lien avec les domaines de la psychiatrie, la pharmacologie, l’addictologie ou encore de la nutrition. D’autres sessions d’APA-S vont être mises en place en espérant pouvoir augmenter la cadence avec plusieurs groupes en parallèles et s’étendre à tout public, notamment sur les unités d’hospitalisation en psychiatrie et pour les mineurs.
Laurent TRIGUEROS (Marseille), Susanna DAVOUST
Amphithéâtre Duclaux

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S4A
15:15 - 16:30

SESSION ADDICTOLOGIE

Modérateur : Béatrice CARTON (PH) (Bois d'Arcy)
Réfléchir aux meilleures stratégies pour intégrer et généraliser la RDRD en détention, en favorisant une continuité des soins après la libération.
Expliquer les principes et l’importance de la RDRD en milieu carcéral
Présenter un modèle local de mise en place d'actions de réduction des risques
15:15 - 16:30 #44594 - 17 Transit asbl: Un centre de crise pour usagers de drogues en région bruxelloise a mis en place un projet d’accueil post carcéral et de continuité des soins.
Transit asbl: Un centre de crise pour usagers de drogues en région bruxelloise a mis en place un projet d’accueil post carcéral et de continuité des soins.

Le centre de crise de l'asbl Transit est composé d’un centre de jour et d’hébergement de crise. Il s’articule comme un sleep-in en proposant une période de prise en charge de 13 jours. Un Caarud est adossé au centre de crise et fonctionne 24/24h. Nous nous adressons à toute personne majeure et rencontrant une problématique de consommation de produits. Nous fonctionnons sur bas du principe de bas seul d’accès et prenons en charge des personnes encore active sur le plan de la consommation. Le centre est non médicalisé et offre un accueil et une mise à l’abri aux personnes la plupart du temps très marginalisées. Les interdits légaux concernant les stupéfiants amènent notre public cible à être fréquemment privés de liberté. Nous sommes donc depuis toujours très sensible à l’accueil des ex détenus et amorçons un travail de prise en charge depuis les prisons dans l’idée d’éviter les sorties sèches et les retours à la rue à la libération. Très concrètement, Transit accueille des (ex) détenus en provenance de tous les établissements pénitentiaires begles et rend visite dans les 3 prisons bruxelloises. L’objectif de la démarche est double : - assurer la continuité des soins entre « l’intra et l’extra-muros ». En accord avec Transit, les établissements pénitentiaires bruxellois délivrent le traitement médical adéquat pour une période de 72 heures. - préparer et faciliter la réinsertion de la personne en lui permettant de bénéficier d’une prise en charge immédiate à la sortie de prison et d'entamer les démarches afin de recouvrir ses droits sociaux. Dans un contexte où en Belgique la santé des détenus dépend toujours de la justice rien n’est simple en terme de santé! l'objectif du projet est de faire en sorte que les personnes qui sortent de prison et qui viennent à Transit reçoivent les comprimés du traitement qu'ils avaient en prison s'ils sortent un vendredi de sorte qu'ils aient leur médication pour les 1ers 72 heures de libération, et ce y compris la méthadone sous forme de sirop. Cela est rendu possible suite à un entretien effectué par un travailleur de l’asbl Transit avec le détenu lors de sa détention. Lors de cet entretien est discuté un ensemble de chose, et cela nous permet, si le détenu est d’accord, de lui proposer de compléter un document type qui stipule qu’il marque son accord pour qu’on puisse communiquer avec le service infirmier au sujet de sa médication. Ce document est signé par le détenu, et n’est en aucun cas obligatoire. Le consentement de la personne est indispensable afin de ne pas transgresser le secret médical. Nous joindrons donc à l'attestation de base qui indique que nous sommes d'accord d'accueillir cette personne à sa libération, le document signé par le détenu et nous faxerons cela au service infirmier. L'idée consiste à communiquer les informations médicales relatives au traitement suivi par le détenu au greffe et de les conserver dans son dossier afin qu’elles puissent être consultées lors de sa libération. Avec cette indication au moment de la sortie, il est possible au personnel de la prison de faire le nécessaire pour que le détenu dispose de 72 heures dudit traitement. Ce projet pilote unique en Belgique est en place depuis 2012 et fonctionne très bien. L’objectif depuis est d’essayer de l’étendre au-delà de Bruxelles.
Kris MEURANT, Kris MEURANT (BRUXELLES, Belgique)
Auditorium du CIS
00:00
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SP
00:00 - 00:00

POSTERS

00:00 - 00:00 #44715 - Atelier en santé de la femme à la maison d'arrêt des femmes de Nantes.
Atelier en santé de la femme à la maison d'arrêt des femmes de Nantes.

A l’USMP de Nantes, deux cycles d’ateliers en santé de la femme ont eu lieu entre 2023 et 2025 et répondent aux critères de promotion de la santé. Ils s’inscrivent dans la continuité d’ateliers déjà conduits à Nantes auprès d’autres publics de femmes vulnérables, et sont construits en utilisant toujours le même format. Ces ateliers ont fait l’objet de 4 travaux de thèse de médecine générale. Ces thèses témoignent de l’impact positif et de la reproductibilité des ateliers dans différents services ou lieux de soins et auprès de différentes populations (femmes migrantes, femmes en bidonvilles, femmes incarcérées). En pratique, de quoi parle-t-on ? Les ateliers en santé de la femme sont 4 à 5 séances collectives, co-animées par des professionnels de santé et éventuellement des médiateurs en santé, auprès de femmes présentant des critères de vulnérabilité. L’objectif est de créer des espaces pour libérer la parole des femmes, renforcer la confiance en soi et les compétences psycho-sociales, créer du lien, raconter son vécu pour partager avec d’autres, apporter de l’information ou encore diminuer les barrières d’accès aux soins. Les thèmes abordés durant ces ateliers sont variés et choisis en fonction de la demande des femmes et de leurs problématiques personnelles. On peut aussi bien parler cycles menstruels, contraception, ménopause, grossesse et frottis mais aussi de la sexualité, des droits des femmes, des situations de violence, du couple ou de la parentalité etc. Dans un premier temps, des entretiens semi-dirigés individuels sont menés par des professionnels du soin (IDE ou médecin ) auprès des femmes volontaires. Ils ont pour objectif de donner un espace de parole individuel autour des sujets liés à la santé de la femme, d’évaluer les représentations et les croyances. Ces entretiens sont réalisés à l’aide d’un outil visuel, qui facilite la libération de la parole sur le ressentis et les vécus. Il guide aussi les animatrices dans l’entretien. Ensuite, ce sont 4 à 5 séances collectives, animées par des professionnels qui agissent auprès de femmes, qui se déroulent sur une période de 2 Mois. Ces ateliers respectent les règles de l’animation avec un conducteur de séance, des outils ludiques, un cadre adapté. Ils se font dans une démarche « ALLER-VERRS » puisqu’à Nantes ils sont réalisés au sein de la MAF. Et Quelles perspectives ? • Pérenniser les ateliers en formant tous les IDE à la réalisation des entretiens individuels et à la prise en main des outils d’animation. • Intégrer les ateliers de la MAF dans le projet plus global de développement d’atelier en santé de la femme sur Nantes auprès des femmes vulnérables. • Penser un atelier auprès des hommes de la Maison d’arrêt autour de la santé des hommes. Nous aimerions présenter ce travail auprès de nos collègues travaillant en détention pour donner des idées et envie à d’autres de conduire ces ateliers dans leur lieu de travail !
Aude TOULEMONDE, Marie GANACHEAU (Nantes)
00:00 - 00:00 #44721 - Conditions d’exercice des CSAPA référents en détention : une enquête nationale.
Conditions d’exercice des CSAPA référents en détention : une enquête nationale.

La Fédération Addiction constitue le premier réseau national d’addictologie, regroupant plus de 850 établissements dont des CSAPA référents et services de santé, ainsi que 500 professionnels individuels, parmi lesquels des professionnels du soin intervenant en prison. Depuis leur création en 2010, les CSAPA référents en détention ont pour mission d’assurer la continuité des soins pour les personnes détenues confrontées à des conduites addictives, notamment en préparant leur sortie. Afin de rendre compte des conditions d’exercice depuis leur création et les enjeux qu’ils rencontrent dans leur pratique, la Fédération Addiction a publié en 2024 une enquête nationale à ce sujet, à laquelle 77 des 126 CSAPA référents sollicités ont participé. Barbara Sclafer, chargée de mission de la Fédération Addiction, présentera cette enquête. Elle met en lumière les enjeux de moyens humains et matériels alloués au CSAPA et les enjeux d’articulation avec les autres acteurs sanitaire et pénitentiaire. Elle permet également d’avoir un aperçu de l’accessibilité des différents outils de réduction des risques en détention. Les résultats de l’enquête mettent en avant notamment le manque de visibilité de ces dispositifs et l’hétérogénéité de l’intégration des CSAPA référents au sein des acteurs du soin. Au regard de ce constat, cette présentation sera effectuée à deux voix avec le CSAPA référent de Fleuy-Mérogis (CSAPA Pierre Nicole) pour présenter le dispositif, les pratiques et enjeux au quotidien et les principes d’intervention auprès des personnes détenues. Ainsi la présentation se ferait à deux voix, avec la Fédération Addiction pour rendre compte des tendances nationales, et le CSAPA Pierre Nicole pour pouvoir parler du terrain.
Barbara SCLAFER (Paris)
00:00 - 00:00 #44701 - Eradiquer l’hépatite C via une approche tant individuelle que structurelle : l’exemple du projet Translation, par l’association I.Care (Belgique).
Eradiquer l’hépatite C via une approche tant individuelle que structurelle : l’exemple du projet Translation, par l’association I.Care (Belgique).

En 2016, à l’appel de l’OMS, 195 pays s’engageaient à éradiquer l’hépatite C d’ici 2030. Bien que la prévalence de cette maladie ait baissé dans la société libre, la population carcérale reste un groupe cible crucial et particulièrement vulnérable dans la lutte contre l’hépatite C. En outre, les personnes incarcérées dans les prisons belges ne disposent toujours pas de soins de santé équivalents à ceux dispensés dans le monde libre, ce qui représente un problème dans la lutte contre les maladies infectieuses telles que le VHC. En effet, outre les difficultés d’organisation du dépistage et de la mise sous traitement au niveau local dans chaque établissement pénitentiaire, les problèmes autour de la prise en charge de l’hépatite C dans nos prisons sont également d’ordre structurel. Notons par ailleurs que les soins de santé pénitentiaires, en Belgique, sont toujours financés par le ministère de la Justice, ce qui a une incidence non négligeable sur le parcours de soin proposé aux personnes incarcérées. En 2022, dans le cadre d’un projet autour de la littératie en santé (Translation), nous avons été interpellées par le constat fait par une infirmière pénitentiaire expliquant avoir proposé à tous les hommes condamnés de son établissement (environ 430 personnes en 2022) de se faire dépister pour l’hépatite C et que 50 % de ceux-ci avait refusé. Nous nous sommes alors intéressées aux raisons de refus de ce dépistage et avons réalisé un état des lieux de la prise en charge de cette maladie au sein de la prison, retraçant chaque étape allant de la prévention jusqu’au suivi de la guérison. L’objectif étant de comprendre ce qui était proposé, ce qui était effectivement réalisé ou non, quelles étaient les barrières rencontrées par les professionnel·les et les personnes détenues, etc. Suite à cet état des lieux, nous avons établi une liste de pistes d’action pour tenter d’améliorer cette prise en charge. Nous en avons réalisé de multiples, le tout dans une approche de promotion de la santé agissant à différents niveaux simultanément. C’est-à-dire que nous nous sommes, d’une part, penchées sur les activités à mener directement auprès des personnes détenues et des professionnel·les (médicaux et agent·es pénitentiaires) via le renforcement de leurs connaissances de la maladie dans une perspective de littératie en santé ou encore via la réalisation de séances de sensibilisation et de prévention. D’autre part, des actions visant plutôt des changements structurels ont été réalisées telles que l’analyse des procédures internes officielles de l’administration pénitentiaire par rapport à la problématique, la participation à des groupes de travail réunissant divers services visant l’éradication de l’hépatite C, la rédaction d’analyse et de recommandations sur le sujet, la mention de la problématique lors de rendez-vous de plaidoyer auprès de nos représentant·es politiques, etc. Par son approche multi-niveaux, notre projet Translation a tenté de répondre à la problématique de façon holistique, ce qui a engendré des résultats prometteurs au sein de nos établissements pénitentiaires belges. Par cette communication orale, nous souhaiterions présenter les tenants et aboutissants de ces deux années de projet.
Rachelle ROUSSEAUX (Charleroi, Belgique)
00:00 - 00:00 #44046 - État des lieux de la consommation tabagique à la maison d’arrêt de Brest et évaluation du vécu des participants du #MoisSansTabac. une étude mixte.
État des lieux de la consommation tabagique à la maison d’arrêt de Brest et évaluation du vécu des participants du #MoisSansTabac. une étude mixte.

Introduction : La prévalence du tabagisme diminue en France mais reste importante chez les personnes précaires. Peu d’études ont évalué les programmes d’aide au sevrage tabagique en milieu carcéral français. Cette étude mixte a cherché à décrire l’état de la consommation tabagique des personnes entrant à la maison d’arrêt de Brest et de celles ayant bénéficié des consultations tabacologiques, puis à explorer le vécu des participants au #MoisSansTabac. Méthode : La première phase a recueilli les caractéristiques tabagiques de 1840 entrants et a décrit l’évolution de la consommation et du taux de CO expiré de 236 personnes ayant eu un suivi tabacologique. La deuxième phase, qualitative, a interrogé 13 participants au #MoisSansTabac par entretiens semi-dirigés réalisés et enregistrés à la maison d’arrêt ou à l’extérieur. Ces données ont été analysées en théorie ancrée. Résultats : 90,5 % des entrants étaient fumeurs, avec une consommation quotidienne moyenne de 21,5 cigarettes. 30,5 % d’entre eux souhaitaient arrêter à leur arrivée et 46,2 % l’avaient déjà fait par le passé. La consommation et le taux de CO expiré des personnes ayant eu un suivi tabacologique présentaient une tendance décroissante. L’analyse du vécu du #MoisSansTabac a permis de dégager 7 thèmes. Le tabac a un rôle social fortement ancré en prison. Les motivations à participer au #MoisSansTabac étaient la volonté de le diminuer ou de l’arrêter. Les participants ont décrit leurs souvenirs du programme, évalué son contenu et les différentes aides au sevrage et évoqué leurs perspectives de consommation. Ils ont suggéré d’améliorer certains ateliers, d’augmenter leur nombre, de proposer des activités réalisables seul en cellule, de prolonger le suivi, de développer l’effet de groupe, la prise en compte des émotions, l’usage de la cigarette électronique et d’augmenter le travail et les formations en détention. Ce #MoisSansTabac a eu un impact sur leur consommation, sur leur santé, leur a permis d’acquérir de nouvelles connaissances et de continuer à utiliser les exercices appris. Conclusion : Le #MoisSansTabac en milieu carcéral offre une aide au sevrage tabagique. Il est particulièrement utile du fait de la forte prévalence du tabagisme et contribue à lutter contre les inégalités sociales. Promouvoir de tels programmes et développer la recherche à ce sujet est essentiel.
Guillemette IN (Metz)
00:00 - 00:00 #43754 - État des lieux de la mise à disposition de kit de naloxone au sein de la maison d’arrêt d’Angers : étude quantitative rétrospective.
État des lieux de la mise à disposition de kit de naloxone au sein de la maison d’arrêt d’Angers : étude quantitative rétrospective.

Introduction : En milieu carcéral, il existe une surreprésentation d’une population précaire, présentant des comorbidités psychiatriques et addictologiques. L’arrivée en détention peut être une opportunité de soin, et la coordination avec l’extérieur en devient un enjeu majeur. Il existe une surmortalité en sortie de détention, tout particulièrement dans les premières semaines (toute cause SMR 4) et en lien avec les surdoses en opiacés (SMR 27). La naloxone est un antidote validé des surdoses en opiacés, il existe de plus en plus de programmes de distribution de kit de naloxone (THN). A la Maison d’arrêt d’Angers, de nombreux usagers refusent encore le kit à la sortie, et il en existe certains auprès de qui les soignants oublient de proposer. L’objectif était d’évaluer la proposition de THN auprès des usagers d'opiacés, et les éventuels facteurs associés à l’acceptation. Méthode : Il s’agissait d’une étude quantitative retrospective, monocentrique (Unité Sanitaire en Milieu Pénitentiaire de la maison d’arrêt d’Angers : USMP); par étude de dossier médical, chez tout usager d'opiacés suivi à l’USMP ayant eu des toxiques urinaires positifs aux opiacés, à la méthadone ou à la buprénorphine du 01/01/2023 au 31/12/2023. Les données ont été rapportées de manière anonyme sur Excel puis l’analyse statistique a été réalisée sur R. Le protocole a été validé auprès du Comité d’éthique (n°2024-024) et une déclaration a été faite auprès de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés : n° ar24-0012v0). Résultats : Il existait 50 patients inclus dans l’étude, et parmi eux 8 à qui il n’a pas été proposé de THN. Sur les 42 patients, 45,2% ont accepté. Les facteurs associés significativement à l’acceptation étaient les toxiques urinaires à l’arrivée, l’âge jeune, la consommation d’opiacés avant incarcération, ainsi que les projets de consommation à la sortie, le sentiment d’être fragile ou non guéri vis-à-vis de leur trouble de l'usage, la connaissance des kits de THN, le fait de ne pas avoir de logement, ni de ressources financières stables. Discussion : Les kits de THN devraient être proposés de manière systématique et large, et il convient de sensibiliser l’ensemble de l’équipe soignante de l’USMP, en sortant de certaines idées reçues. Si les kits sont proposés de manière assez large (84%), ils sont moins de la moitié à accepter le kit. Communiquer avec le patient autour des représentations (et également avec l’administration pénitentiaire), travailler sur les facteurs limitants nécessite à tous de s’impliquer. Réaliser une étude à plus grande échelle, ou multicentrique, ainsi qu’une étude qualitative pourrait permettre d’en savoir plus sur les freins des usagers et proposer une prise en charge au plus proche des besoins. Organiser la mise en place de formations autour des surdoses et de la naloxone, sur un format d’activités de groupe pourrait être un élément favorisant la distribution et l’utilisation et est un projet au sein de la maison d’arrêt d’Angers.
Alix MOIREAU (Angers)
00:00 - 00:00 #44526 - La prise en charge du sevrage tabagique en détention : Entretiens motivationnels au sein de l'unité sanitaire somatique.
La prise en charge du sevrage tabagique en détention : Entretiens motivationnels au sein de l'unité sanitaire somatique.

Introduction La consommation de tabac concerne plus de 80 % de la population carcérale en France, alors qu’en population générale elle s’élève à 31 %. Néanmoins, certaines personnes profitent de cette parenthèse carcérale pour essayer de réduire voire d’arrêter leur consommation. Depuis plusieurs années, grâce à l’évolution de la législation, des Infirmiers Diplômés d’Etat (IDE) du Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) réalisent des entretiens motivationnels (EM) au sevrage tabagique et prescrivent des traitements de substitutions nicotiniques (TSN). Fort de cette expérience, cette pratique s’est étendue à d’autres professionnels de santé dont ceux de l’Unité Sanitaire Somatique (USS). En effet, une IDE formée propose des EMs pour les patients ne consommant que du tabac. Objectif Bilan de la mise en place de ces EMs au sein de l’USS. Matériels et méthodes - Déroulement de l’EM et suivi, - Logiciel Pharma® : Protocoles TSN, - Réunions de travail pluridisciplinaires. Résultats A la demande du patient et suite à une convocation par l’USS, un premier EM a lieu. Il permet de construire un climat de confiance, de comprendre la consommation et le niveau de dépendance, et d'évaluer les motivations de sevrage. Une prescription de TSN sur Pharma® peut être initiée par l’IDE selon les protocoles élaborés conjointement entre les différentes équipes sanitaires et la pharmacie. Ces protocoles permettent de répondre aux besoins des grands ou moyens fumeurs et à leur avancée dans la démarche de sevrage. Les formes disponibles au livret thérapeutique sont des patchs transdermiques, des comprimés et des pastilles de différents dosages. Un suivi avec réévaluation du traitement est organisé lors d’un nouvel EM. Sur la période de mai à octobre 2024, 54 patients (16 femmes et 38 hommes) ont bénéficié d’au moins un EM (moyenne de 1,5 [1 ; 5]). L’âge moyen est de 36,1 ans [18,5 ; 68,9]). Le suivi des 54 patients a montré que 6 (11,1 %) ont arrêté leur consommation de tabac et 12 (22,2 %) l’ont diminuée, soit 33,3 % de succès. Cependant, malgré l’EM, 2 patients (3,7 %) l’ont augmentée et pour 5 (9,3 %) d’entre eux celle-ci n’a pas évolué. Pour 29 patients : 10 (20,4 %) ont continué leur suivi par un autre professionnel du site, 4 (7,4 %) ne sont pas venus aux EMs suivants, et 15 (27,8 %) ne sont plus dans l’établissement. Conclusion La prise en charge du sevrage tabagique présente de nombreux intérêts tant pour la santé individuelle que pour la santé publique. Pour augmenter les chances de réussite du sevrage pour les patients, une offre de soins, en plus de celle proposée par le CSAPA, a été mise en place. Ainsi, l’IDE de l’USS assure le suivi et les EMs des patients « mono consommateurs ». Son activité a démontré des résultats encourageants et conduit maintenant d’autres IDEs à se former. Des actions pour renforcer la motivation à l’arrêt du tabac sont proposées, comme par exemple des interventions pharmaceutiques sur le bon usage des TSN, ou encore des journées de prévention dans le cadre du moi(s) sans tabac.
Samira LARGOU (Marseille), Amélie BOUCHEZ, Susanna DAVOUST, Valérie AMIRAT-COMBRALIER
00:00 - 00:00 #43834 - Place de l’Education Thérapeutique du Patient dans la prise en charge des pathologies chroniques au centre de détention de Poitiers Vivonne.
Place de l’Education Thérapeutique du Patient dans la prise en charge des pathologies chroniques au centre de détention de Poitiers Vivonne.

Contexte: Selon l’OMS, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont il a besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. L’ETP fait partie intégrante du parcours de soin du patient et peut lui être proposé à tout moment de la vie avec la maladie chronique. Objectif: L’objectif est de permettre au patient de mieux comprendre la maladie, en parler, parfois prendre conscience de celle-ci, favoriser l’adhésion au traitement, comprendre le parcours de soins, être acteur de sa santé et de sa vie. L’ETP se caractérise par un parcours personnalisé avec un ensemble d’entretiens, séances et ateliers adaptés aux besoins et ressources de la personne pour mieux vivre la maladie. Méthode: Les séances sont proposées aux personnes diabétiques , asthmatiques, BPCO et / ou en situation d’obésité. L’aspect cardio-vasculaire est traité dans les conséquences du diabète et de l’obésité / surpoids. Après une 1ére consultation médicale pour faire le point sur la ou les pathologies pouvant bénéficier du programme ETP, le patient intègre le programme , avec son accord. Le reste des séances sont menées par l’IDE ETP, avant un bilan intermédiaire, puis final ( sous forme de jeu). La prise en charge des pathologies chroniques stabilisées se fait en collaboration avec l’infirmière en pratique avancée (IPA) qui propose des consultations pour bilan de santé / suivi. Résultats: En 2023, la population concernée représente ¼ de l’effectif global du centre pénitentiaire : 74 sont asthmatiques / BPCO, 31 diabétiques, 143 ont un IMC supérieur à 30. Par ailleurs , 211 personnes sont en surpoids ( IMC entre 26 et 30) . 30% de cet effectif a été inclus : 19 asthmatiques/ BPCO, 8 diabétiques , 36 personnes obèses. 1/3 abandonnent en cours de programme ( abandon / libération).30% des personnes ont été libérées avant d’avoir pu bénéficier du programme. Conclusion: Le programme d’ETP améliore la prise en charge , le suivi du patient atteint de maladie chronique et l’observance thérapeutique . Le programme prend en compte la présence d’une IPA dans le service , permet aux patients de reprendre contact avec les soins , promeut une activité de dépistage des patients à risque cardio vasculaire.
Catherine MARTINEAU (Poitiers), Typhaine TENAUD, Gaelle CHARLES
00:00 - 00:00 #43904 - Prescrimouv, un dispositif de prévention au service de la santé des personnes incarcérées.
Prescrimouv, un dispositif de prévention au service de la santé des personnes incarcérées.

TITRE : Prescrimouv, un dispositif de prévention au service de la santé des personnes incarcérées. BENEFICIAIRE : L’ensemble des PPSMJ de la maison d’arrêt, hommes et femmes éligibles aux critères PARTICIPANTS AU PROJET : CROS (Comité Régional Olympique et Sportif Grand Est) / ARS (Agence Régionale de Santé Grand Est) / DI (Direction interrégionale de l’administration pénitentiaire Grand Est) / USMP (Unité Sanitaire en milieu Pénitentiaire de la Maison d’Arrêt de Nancy) RESUME : C’est un dispositif crée sur le Grand Est en 2018 qui facilite la pratique d’activité physique en toute sécurité, sur prescription médicale. Les critères d’inclusion ont été largement étendus en 2022. Les personnes détenues présentent une morbidité plus importante que la population générale. Ils cumulent une surexposition aux risques en santé. La conduite de la pratique du sport y a tout son sens. Le partenariat régional en 2022 entre la DISP, l’ARS et le CROS (Comité Régional Olympique et Sportif) s’engage dans cette dynamique. L'administration pénitentiaire recours à des professionnels qui ont la compétence spécifique d’Activité Physique Adaptée requise pour un tel dispositif. L’engagement de l’établissement dans les JO pénitentiaire a également permis de diversifier les ateliers spécifiques. Ainsi, près de 130 personnes détenues ont pu recourir en 2023 à ce dispositif. Une politique de communication adaptée, un circuit de demande simplifiée facilitent l’accessibilité à ce dispositif. Les PPSMJ sollicitent régulièrement l’unité sanitaire pour bénéficier de cette approche personnalisée. PRESENTATION • A 2 ou 3 voix ( AP/ CROSS / USMP) • Support power point • Film réalisé par les personnes détenues qui passent sur le canal interne DEVENIR : Extension aux autres établissements pénitentiaires. Elargissement du dispositif sur la réathlétisation post kinésithérapie.
Denis TITAH (NANCY), Jean Christophe EHLE
00:00 - 00:00 #44719 - Prise en charge cognitive et collective.
Prise en charge cognitive et collective.

Depuis plusieurs années, l’Établissement Public de Santé National de Fresnes a développé des programmes adaptés aux besoins spécifiques des détenus, en particulier en matière de prise en charge cognitive. L’approche pluridisciplinaire mise en place vise à soutenir et améliorer les capacités cognitives des détenus à travers des interventions ciblées et collectives. Ces programmes cherchent à stimuler les fonctions cérébrales des patients âgés, à développer leurs compétences en cognition sociale et à améliorer leur bien-être et réinsertion sociale. L’un des axes majeurs de ces programmes concerne l’accompagnement des détenus âgés, qui souffrent souvent de déclin cognitif lié au vieillissement, accentué par les conditions de vie pénitentiaires difficiles. Pour ces patients, des programmes de stimulation cognitive collectifs ont été conçus, incluant des activités visant à maintenir et stimuler la mémoire, la logique, le raisonnement et la résolution de problèmes. Ces ateliers sont adaptés à différents niveaux de difficulté pour encourager l’implication des participants tout en respectant leurs capacités. Les ateliers collectifs ont également un rôle social important, en permettant de rompre l’isolement souvent vécu par les détenus âgés. Les sessions favorisent les échanges et interactions sociales, essentielles pour la réinsertion. Ces moments de coopération préparent les détenus à une réintégration réussie dans la société, au-delà des murs de la prison. Parallèlement, des interventions sont spécifiquement orientées vers le développement des capacités de cognition sociale, qui désignent les compétences permettant de percevoir, interpréter et réagir adéquatement aux émotions et comportements des autres. Les détenus présentent souvent des déficits dans ce domaine en raison de parcours de vie perturbés, de traumatismes et d’une socialisation défaillante. Les programmes visent à améliorer des compétences telles que l’empathie, la gestion des conflits, la régulation émotionnelle et la coopération. À travers des jeux de rôle, des simulations et des exercices pratiques, les détenus apprennent à mieux comprendre les interactions sociales et à gérer des situations complexes. Cela renforce leur confiance en soi et leur aptitude à s’adapter à divers environnements sociaux, une compétence cruciale pour leur réinsertion réussie. L’approche collective des interventions favorise l’échange d’expériences et la collaboration autour d’objectifs communs, créant un environnement d’apprentissage et de soutien. Les résultats observés sont encourageants, avec des progrès notables dans le maintien des capacités cognitives des détenus âgés et une amélioration générale de leur bien-être. En conclusion, la prise en charge cognitive à l’EPSNF est un pilier de l’action thérapeutique, contribuant à améliorer la qualité de vie des détenus en détention et à favoriser leur réinsertion sociale. Cette approche vise également à réduire les risques de récidive et à faciliter l’inclusion des détenus dans la société après leur libération.
Laura TITECA (FRESNES)
00:00 - 00:00 #43816 - Projet Photo Addict'.
Projet Photo Addict'.

Le projet Photo Addict' est né de la volonté de proposer aux patients suivis en addictologie, une manière différente de travailler sur les addictions en utilisant la photographie comme outil d’expression. Financé par l’ARS et encadré par l’infirmière en addictologie et l’agent de service hospitalier de l’unité sanitaire (photographe amateur), en partenariat avec le référent carcéral Addictions France, il a permis à 6 PPSMJ d’apprendre à manipuler un appareil photo et à utiliser les différentes techniques de prise de vue, pour mettre en scène leurs représentations de l’addiction. 6 mois de travail mêlant apprentissage, brainstorming et mises en pratique ont permis d’aboutir à 40 clichés, habillés chacun d’une phrase d’accroche percutante, réalisée également par leurs soins. Une exposition s’est tenue au Centre Pénitentiaire Sud Francilien du 16 septembre au 4 octobre en présence des détenus photographes et des coanimateurs, à destination des PPSMJ du CPSF mais également des différents professionnels intervenant en milieu pénitentiaire. Les visiteurs ont pu échanger avec l'équipe Photo Addict' et partager leur ressenti sur les messages et représentations que leur ont renvoyé les photos.
Gisele MAILLARD, Claire LEFEVRE (melun), Mathieu PETITJEAN
00:00 - 00:00 #44560 - Simulation en santé en milieu carcéral : un défi pédagogique !
Simulation en santé en milieu carcéral : un défi pédagogique !

Contexte : le soin en détention est un exercice complexe au regard de la nécessité de faire cohabiter plusieurs enjeux : le sanitaire et le sécuritaire. Mais aussi particulier par le risque de fragmentation entre équipes somatiques et psychiques. L'USMP (unité sanitaire en milieu pénitentiaire) de la maison d'arrêt de X est une unité sanitaire de niveau 1 (service de soins et de consultations ambulatoires au sein de la détention) avec 20 professionnels de santé de plusieurs institutions. Objectifs : développer un levier motivationnel en créant une formation d'équipe in situ et sur poste de travail pour valoriser la coopération interprofessionnelle et la prise en charge holistique. Valoriser et promouvoir la collaboration avec l'administration pénitentiaire. Méthode : expérience annuelle d'une formation en ½ journée, sur poste de travail avec comme apprenants : médecin généraliste, médecin psychiatre, médecin addictologue, infirmiers somaticiens, infirmiers psychiatriques, assistante médico-administrative, éducateur spécialisé, surveillante pénitentiaire. 8 scénarios issus du terrain : strangulation au greffe, crise convulsive au quartier disciplinaire, overdose en cellule, douleur thoracique à l'USMP, intoxication aux fumées d'incendie, plaie thoracique par arme blanche, arrêt cardiaque. A noter la participation d'une équipe médicale du SMUR (structure mobile d'urgence et de réanimation) intervenant régulièrement à la maison d'arrêt. Résultats : la formation n'a pu se dérouler que grâce au soutien actif de l'équipe de direction pénitentiaire qui a mis à disposition le secteur des parloirs n'étant pas utilisé le lundi. Le travail d'équipe a été promu malgré des débriefing à forte charge émotionnelle. Les facteurs humains ont été pris en compte et débriefés : soutien mutuel, conscience de la situation, oser dire, point de situation, communication en boucle sécurisée. Aspects contraignants : la dimension sécuritaire très impactante sur le déroulement de la formation, la formation en 1/2 journée imposant 2 briefings généraux complets, le temps très contraint. Discussion-Conclusion : importance du briefing de début de session Travail en simulation du mode dégradé est capital Qualité de l'authenticité immersive Contraintes organisationnelles d'une formation sur poste Ouverture : SEP (questionnaire évaluant le sentiment personnel d'efficacité) à refaire à moyen terme pour niveau 3 de Kirpatrick Explorer d'autres modèles organisationnels
Isabelle DEWAELE (CONTAMINE SUR ARVE), Franklin BRUNA, Alexandre STURMA, Mathieu GUILLERMIN, Karl TRESCH