| Mercredi 28 janvier |
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"Mercredi 28 janvier"
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A20
08:00 - 10:00
CONFERENCE PLENIERE 2
Single cell RNA-Seq et omiques spatiales
Modérateurs :
Claude HOUDAYER (PU PH) (Rouen), Cécile ROUZIER (PH) (Nice)
08:00 - 08:30
Approches multiomiques dans le diagnostic des maladies rares.
Julien GAGNEUR (Conférencier, Munich, Allemagne)
08:30 - 09:00
Atlas développementaux multimodaux du tractus urogénital chez l'homme : trajectoires normales et altérées.
Frederic CHALMEL (Conférencier, Rennes)
09:00 - 09:30
Séquences dans l'espace : Investigation transcriptomique des cellules dans leur contexte spatial, application à la SEP.
Bastien HERVÉ (Conférencier, Stockholm, Suède)
09:30 - 10:00
De l’analyse de la cellule unique au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques : l’exemple des liposarcomes dédifférenciés.
Sarah WATSON (Conférencier, PARIS)
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Louis Lumiere |
| 10:00 |
"Mercredi 28 janvier"
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KF1
10:00 - 11:00
Session 1 - Posters affichés en présence des auteurs
10:00 - 11:00
#48858 - P001 Évaluation de la performance des tests génétiques prénataux dans les cardiopathies congénitales: expérience du CHU Sainte-Justine.
P001 Évaluation de la performance des tests génétiques prénataux dans les cardiopathies congénitales: expérience du CHU Sainte-Justine.
Présentes chez environ 1 % des nouveau-nés, les cardiopathies congénitales (CC) représentent la malformation la plus fréquemment détectée en anténatal. Bien que souvent isolées et multifactorielles, on identifie une cause génétique dans environ 40 % des cas incluant des aneuploïdies, des variations du nombre de copies (CNV) ou des anomalies monogéniques. Certaines de ces anomalies seront à l’origine d’une atteinte multi-systémique et/ou développementale. L’identification d’une étiologie génétique en prénatal est donc essentielle pour clarifier le pronostic, orienter la prise en charge postnatale et préciser le conseil génétique. Ce projet, mené au CHU Sainte-Justine, visait à évaluer la performance réelle des tests génétiques prénataux basés sur le phénotype pour identifier les cas où une étiologie syndromique est en cause ainsi qu’à comparer le phénotype pré et post-natal en vue d’optimiser au besoin les tests proposés et le conseil en prénatal.
Une analyse rétrospective de 200 dossiers de patientes référées entre 2017 et 2018 pour une suspicion de CC fœtale a été réalisée. Après exclusion des cas avec échocardiographie normale ou anomalies mineures non pertinentes, 152 dossiers ont été inclus dans l’étude. Tous les cas ont bénéficié d’une évaluation génétique avec proposition de tests incluant QF-PCR ou FISH, CGH et, dans un tiers des cas, des analyses moléculaires ciblées. Le taux de diagnostic global était de 10 % d’aneuploïdies (3,9% isolées (CCI) et 17,7% non isolées (CCNI)), 5 % de CNV (2,6% CCI et 8% CCNI), et 3,6 % de causes monogéniques (0% CCI et 8% CCNI). À la révision des données post-natales, 23 % des enfants avaient une atteinte neurodéveloppementale significative, dont 17,5 % parmi ceux considérés comme isolés en prénatal. De plus, 39 % des cas jugés isolés en prénatal se sont révélés syndromiques en post-natal et 19 % présentaient une atteinte extra-cardiaque sévère non détectée à l’échographie (incluant un retard développemental modéré-sévère). Ces résultats soulignent les limites du phénotypage anténatal et la nécessité d’un conseil prénatal nuancé, même en présence d’une CC isolée. Ils mettent également en évidence la nécessité d’un suivi des nouveau-nés avec CC vu le risque d’autres anomalies associées, notamment du neurodéveloppement pouvant être secondaire à la CC elle-même ou indicatrice d’un syndrome génétique sous-jacent. Enfin, le rendement diagnostique global de 3,6 % des tests moléculaires dans notre étude est inférieur à celui rapporté dans la littérature (10–35 % par exome), possiblement en raison d’un échantillon trop petit, ou d’un sous-diagnostic lié à un défaut référence en génétique en post-natal ou à des tests moléculaires trop ciblés. Toutefois, aucun diagnostic n’a été posé en post-natal qui aurait été manqué en prénatal. Cette étude est pertinente dans un contexte de système de soins avec des ressources limitées où un exome prénatal pour toute anomalie fœtale majeure isolée n’est pas réaliste.
Camille T. LAGANIÈRE, Amélie DOUSSAU, Magdalena JAWORSKI, Laurence BEAULIEU-GENEST, Marie-Josée RABOISSON, Anne-Marie LABERGE, Marie-Ange DELRUE (Montréal, Canada)
10:00 - 11:00
#49300 - P005 Diagnostic prénatal et diagnostic pré-implantatoire dans les maladies cardiaques héréditaires : un état des lieux national.
P005 Diagnostic prénatal et diagnostic pré-implantatoire dans les maladies cardiaques héréditaires : un état des lieux national.
Contexte.
Les maladies cardiaques héréditaires, qu’il s’agisse de cardiomyopathies ou de troubles isolés du rythme ou de la conduction, exposent à un risque de mort subite et/ou d’insuffisance cardiaque. Leur transmission génétique, très majoritairement autosomique dominante, confronte les couples porteurs à des choix complexes en matière de projet parental. Le diagnostic prénatal (DPN) et le diagnostic pré-implantatoire (DPI) constituent deux options médicales permettant de prévenir la transmission de ces pathologies. Néanmoins, leur recours dans le cadre des maladies cardiaques isolées (non-syndromiques), reste peu documenté en France.
Méthode.
Une analyse rétrospective des données nationales collectées par l’Agence de la biomédecine a été réalisée. Les données étudiées s’étendent de 2009 à 2023 pour le DPN et de 2013 à 2023 pour le DPI. Les évolutions temporelles du recours à ces techniques ont été analysées par un modèle de régression de Poisson. L’évolution de la proportion des techniques réalisées dans le cadre de maladies cardiaques isolées parmi l’ensemble des indications cardiologiques (isolées et syndromiques) a également été analysée.
Résultats.
Entre 2009 et 2023, 59 DPN ont été réalisés pour une maladie cardiaque isolée (moyenne 3,9/an), dont 39 % ont révélé que le fœtus était porteur. Toutes les grossesses avec un fœtus porteur identifié ont été suivies d’une interruption médicale de grossesse jusqu’en 2018, dernière année à laquelle cette donnée a été rapportée. Une augmentation moyenne de 19,5 % par an du recours au DPN a été observée (p < 0,000001). Concernant le DPI, 91 demandes ont été déposées entre 2013 et 2023, dont 58 acceptées (moyenne 5,3/an, taux d’acceptation ~68%). L’analyse statistique révèle une augmentation annuelle moyenne de 11,8 % des demandes acceptées (p=0,010). La part des DPN et DPI réalisés dans un contexte de maladie cardiaque isolée parmi l’ensemble des indications comprenant une atteinte cardiaque a montré une légère tendance à l’augmentation au cours du temps.
Conclusion.
Cette étude constitue la plus large évaluation nationale du recours au DPN et au DPI dans le cadre des maladies cardiaques héréditaires isolées. Les résultats montrent des nombres absolus faibles au regard de la prévalence élevée des maladies cardiaques héréditaires, mais une augmentation significative de leur pratique au cours des dernières années. Ces résultats illustrent la complexité des décisions médicales et éthiques dans ce contexte, ainsi que la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les déterminants du recours à ces techniques et mieux accompagner les couples concernés.
Isabelle JONVEAUX (Paris), Ousmane SUWAREH, Julie PROUKHNITZKY, Agathe BERTINOTTI, Céline BORDET, Estelle GANDJBAKHCH, Philippe CHARRON
10:00 - 11:00
#49629 - P013 25 ans de Diagnostic préimplantatoire à Strasbourg.
P013 25 ans de Diagnostic préimplantatoire à Strasbourg.
Introduction
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est autorisé en France depuis 1994. Le centre de DPI de Strasbourg a été l’un des premiers à débuter cette activité en 1999. Aujourd’hui, 5 centres sont autorisés par l’agence de la biomédecine. La loi française réglemente strictement le DPI qui ne peut rechercher que l’anomalie héritée des parents, ou d’un ascendant immédiat, qu’elle soit moléculaire ou cytogénétique. Ceci limite l’utilisation de technologies pangénomiques et interdit la recherche des aneuploïdies (DPI-A).
Au cours des années, nous avons dû nous adapter à de nombreux changements et défis techniques et légaux. L’organisation et l’activité de DPI ont pu progresser grâce aux évolutions scientifiques en embryologie et en génétique. Nous souhaitons présenter les étapes et chiffres clés des 25 années d’expérience dans le centre de DPI de Strasbourg.
Résultats
Nous avons validé plus de 400 tests PCR (polymerase chain reaction) spécifiques pour 176 maladies monogéniques différentes et plus de 300 tests FISH (fluorescence in situ hybridization) pour des réarrangements chromosomiques variés ou sexage (pour les maladies liées à l’X). Entre octobre 1999 et octobre 2024, 2909 dossiers ont été ouverts (67% pour les indications moléculaires, 32% pour les indications chromosomiques et 1% pour indications mixtes), 3424 cycles ont débuté aboutissants à 3210 ponctions d’ovocytes (38 000 ovocytes ponctionnés) et 2740 biopsies (14 312 embryons). Sur 2822 transferts (52% frais, 48% congelés), il y a eu 917 grossesses évolutives (32%/TE) et 872 bébés sont nés.
Julia LAUER ZILLHARDT (STRASBOURG), Emmanuelle KIEFFER, Julie ROOS, Elodie JAVEY, Gaétan CARAVELLO, Sarah DONAT, Nathalie GARDES, Catherine HAMM, Karen LEVESQUEAU, Jean-Christophe NICOD, Vanesha KEMPF, Elodie KIEFFER, Laetitia BIERLING, Magali BEAUGEY, Chloé SCHAMPER, Marine STREIFF, Emilie BEAU, Marion CERVANTES, Marie-Laure KELLER, Linda RAMDANI, Céline MICHEL, Karima BETTAHAR, Olivier PIRRELLO, Justine RISS, Catherine RONGIERES, Louise GONTARD, Arthur LUTON, Jean-Baptiste DURAND, Philippe GOSSET, Céline MOUTOU
10:00 - 11:00
#49763 - P017 Évaluation de la valeur prédictive positive du dépistage biochimique de la trisomie 21 : expérience tunisienne.
P017 Évaluation de la valeur prédictive positive du dépistage biochimique de la trisomie 21 : expérience tunisienne.
Le dépistage biochimique de la trisomie 21 (T21) repose sur le dosage, dans le sang maternel, de la PAPP-A et l’hCG au premier trimestre (T1) et de l’alpha-foetoprotéine (AFP), l’estriol non conjugué (uE3) et l’hCG sérique au deuxième trimestre (T2).
Aujourd’hui, les marqueurs sériques maternels (MSM) sont utilisés en première intention dans de nombreux pays pour le dépistage des anomalies chromosomiques fœtales. Une évaluation de la valeur prédictive positive (VPP) vise à réduire les faux positifs, limiter l’anxiété maternelle et prévenir les complications iatrogènes liées à l’amniocentèse (taux de perte fœtale estimé à 1/100 procédures).
Nous avons conduit une étude rétrospective portant sur 90 patientes ayant consulté au service de génétique de l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis pour des MSM pathologiques entre Janvier 2025 et Avril 2025. Toutes les patientes ont eu un prélèvement de liquide amniotique avec étude de caryotype fœtal. L’étude par FISH a été réalisée dans certains cas.
Les 90 patientes âgées de 23 à 45 ans [moyenne=39ans] sont adressées pour amniocentèse. 47 avaient bénéficié d’un dépistage T1 (11SA+2j–13SA+6j) et 43 d’un dépistage T2 (14SA+2j–19SA+1j).
Nous avons réparti nos patientes sur 3 groupes selon la valeur estimée du risque de T21 au MSM : groupe 1 avec un risque >1/50 fait de 35 patientes, groupe 2 avec un risque entre 1/51 et 1/250 fait de 52 patients et groupe 3 avec un risque entre 1/251-1/1000 fait de 3 patientes.
En plus du caryotype fœtal, 11 études par FISH ont été réalisées devant un risque T21=1 (1cas), un DPNI positif pour la T21 (1cas), un risque >1/50 pour les trois aneuploïdies 13,18 et 21 en même temps (3 cas), les six autres avaient un terme avancé.
Six cas de T21 ont été confirmés : 5/35 dans le groupe 1 et 1/52 dans le groupe 2, dont 3 confirmés par FISH avant le caryotype.
Nous rapportons notamment une anomalie de structure, une microdélétion 3q22.33q24 (10,8 Mb) découverte devant un risque biochimique T1=1/118 et combiné à 1/684 avec une PAPP-A basse (0,33 MoM). Un DPNI a permis de suspecter cette anomalie avant l’étude du caryotype.
Ces résultats suggéraient les performances suivantes:
• VPP seuil >1/50 : 14,3 % (5/35)
• VPP seuil entre 1/51 et 1/250 : 6,9 % (6/87)
• Aucune anomalie n’a été rapportée pour le groupe ayant un seuil entre 1/251 et 1/1000.
Le taux global de faux positifs atteignait 93,3 %. Un cas d’avortement post-amniocentèse avec caryotype normal a été observé (1/90).
En Tunisie, l’absence d’un accès large au DPNI impose l’optimisation des seuils de risque des MSM pour l’indication de l’étude du caryotype fœtal et l’insistance sur l’approche combinée (échographie + MSM). Par ailleurs, des MSM anormaux avec caryotype normal doivent alerter sur la possibilité d’autres anomalies. L’interprétation clinique élargie est nécessaire pour améliorer la prise en charge materno-fœtale.
Emna KOUBAA, Mediha TRABELSI, Tergui WISSAL (Tunis, Tunisie), Ines OUERTANI
10:00 - 11:00
#49833 - P021 Apport de la CGH array dans les grossesses à haut risque de trisomie 21 isolée (>1/50) : une étude de cohorte rétrospective.
P021 Apport de la CGH array dans les grossesses à haut risque de trisomie 21 isolée (>1/50) : une étude de cohorte rétrospective.
Contexte :
En France, il est recommandé de proposer de proposer un prélèvement invasif aux femmes ayant un risque combiné au 1er trimestre supérieur à 1/50 pour la trisomie 21. Toutefois, avec l'émergence des tests non invasifs reposant sur l’analyse de l'ADN libre circulant du génome entier, la place des examens invasifs dans cette population à haut risque est désormais discutée. Notre étude vise à étudier une cohorte de femme ayant un haut risque de trisomie 21 isolé, qui ont bénéficié d’un prélèvement invasif avec une analyse par CGH array.
Méthode :
Il s’agit d’une étude rétrospective comprenant 163 femmes ayant un dépistage combiné de la trisomie 21 au 1er trimestre à un haut risque (>1/50) sans hyper clarté nucale ni anomalie échographique au 1er trimestre, et qui ont bénéficié d’un prélèvement invasif avec une CGH array à la maternité de Necker Enfants Malades entre 2017 et 2023. L’étude a consisté dans un premier temps à répertorier les anomalies chromosomiques identifiées par CGH array dans cette population, puis à analyser les facteurs biologiques et échographiques associées à un déséquilibre génomique par un test de Wilcoxon. Enfin, chaque anomalie chromosomique identifiée par CGH array a été analysée rétrospectivement afin de déterminer si le dépistage non invasif par ADN libre circulant du génome entier aurait pu les dépister.
Résultats :
Des anomalies chromosomiques ont été identifiées dans 23 % des cas (38/163) : 27 trisomies 21, 6 autres aneuploïdies (2 trisomies 18, 2 trisomies 16 et 1 trisomie 22 en mosaïque, 1 monosomie X en mosaïque), 2 aneuploïdies placentaires confinées au placenta (1 trisomie 13 et 1 trisomie 22), 2 CNV de classe 2 (probablement bénin) et 1 CNV de classe 5 (pathogène). Toutes les anomalies de mauvais pronostic sur le plan neuro-développemental auraient pu théoriquement être détectées par le test non invasif. Un faible taux de PAPPA était significativement associé à une CGH array avec déséquilibre (p < 0,001).
Discussion - Conclusion :
Les anomalies chromosomiques, autres que la trisomie 21, détectées par ACPA chez les femmes ayant un risque élevé isolé au dépistage non invasif sont rares et hétérogènes. Bien qu'elles ne soient pas toutes détectables par l'ADN libre circulant génome entier, toutes les anomalies de mauvais pronostic sur le plan neurodéveloppemental auraient été théoriquement dépistées selon les résultats de notre étude. De ce fait, les tests d'ADN libre circulant génome entier pourraient être une alternative à l'analyse par ACPA chez les femmes dont les grossesses sont à haut risque isolé de T21. Cependant, en cas de PAPPA basse au 1er trimestre, une analyse par ACPA à partir d’un prélèvement invasif serait préférable car elle permet d’obtenir un diagnostic rapide et d’éviter le délai supplémentaire de prise en charge inhérent au test de dépistage non invasif.
Helyett OLLIVIER (Paris), Valérie MALAN, Raphaël BARTIN, Jean-Michel DUPONT, Julien STIRNEMANN, Yves VILLE, Matthieu DAP
10:00 - 11:00
#49038 - P025 Diagnostic prénatal et suivi du syndrome blépharocheilodontique (CDH1 et CTNND1) : élargissement du spectre phénotypique.
P025 Diagnostic prénatal et suivi du syndrome blépharocheilodontique (CDH1 et CTNND1) : élargissement du spectre phénotypique.
Le syndrome blépharochéilodonte (BCDS) est une maladie rare et multisystémique, caractérisée par une fente labiale et/ou palatine (CLP), des anomalies des paupières et dentaires. Il est lié à des variants pathogènes hétérozygotes identifiés dans deux gènes : CDH1, codant pour l’E-cadhérine, protéine clé de l’adhésion épithéliale, et CTNND1, codant pour la p120-caténine, régulateur jonctionnel. Ces protéines interviennent dans la cohésion, la polarité et la morphogenèse épithéliale. Une collaboration européenne a permis de rassembler 25 cas, dont 13 porteurs d’un variant de CDH1 et 12 de CTNND1. L’analyse de ces données a permis de mieux définir le phénotype prénatal et postnatal.
Des anomalies prénatales ont été observées dans 58 % des cas, le plus souvent des CLP. Le BCDS lié à CDH1 se caractérisait plus souvent par des anomalies craniofaciales, parfois associées à une hypothyroïdie congénitale et une imperforation anale. Un cas de cancer gastrique diffus est décrit chez une patiente. Le BCDS lié à CTNND1 se présentait plus fréquemment sous forme de syndrome polymalformatif avec des anomalies extracraniofaciales, sans cas de cancer rapporté dans notre cohorte. Une pénétrance incomplète et une expressivité variable ont été observées, sans corrélation génotype- phénotype identifiée.
Les formes de BCDS liées à CDH1 et CTNND1 représentent des syndromes proches mais distincts. Nos résultats soutiennent la réalisation d’un exome prénatal en cas de CLP. Ils recommandent un dépistage systématique d’un trouble thyroïdien à la naissance, associé à un bilan cardiaque, une échographie abdominale et un examen clinique pelvien approfondi. Enfin, ils soulignent la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire au long cours et d’une gestion coordonnée du risque tumoral.
Cindy COLSON (LILLE), Jamal GHOUMID, Florence PETIT, Sylvie MANOUVRIER, Adrien TRAN MAU THEP, Alessandra RENIERI, Laurence PERRIN, Mathilde NIZON, Maria-Antonietta MENCARELLI, Margot HENRI, Lorenzo LOBERTI, Marine LEGENDRE, Pablo LAPUNZINA, Jolien KLEIN WASSINK-RUITER, Guillaume JOURET, Yvan HENRENGER, Jaqueline EASON, Jeromine CARRET, Marie-Pierre ALEX-CORDIER, Muriel HOLDER
10:00 - 11:00
#49119 - P029 Génome non codant et syndrome Nail-Patella : vers une médecine de précision.
P029 Génome non codant et syndrome Nail-Patella : vers une médecine de précision.
Le syndrome Nail-Patella (NPS) est une maladie rare causée par l'haploinsuffisance ou la perte de fonction du gène LMX1B, caractérisée principalement par des anomalies squelettiques, une atteinte rénale et ophtalmologique, avec une expressivité variable. Le pronostic fonctionnel est principalement lié à l’importance de l’hypoplasie/aplasie de la patella, tandis que le développement d’une atteinte glomérulaire chez 20-50% des patients peut conduire à l’insuffisance rénale. Des recommandations de surveillance multidisciplinaire régulière ont été publiées en 2020 dans le cadre du Protocole National de Diagnostic et de Soins.
Nous rapportons quatre familles atteintes de NPS en lien avec des anomalies du génome non codant identifiées par séquençage haut-débit, et confirmées par des techniques de cytogénétique ou biologie moléculaires conventionnelles. Nous décrivons les éléments cis-régulateurs (CRE) tissu-spécifiques et diverses anomalies moléculaires au locus de LMX1B : une délétion de CRE, deux variations structurales perturbant l'interaction CRE-promoteur et un variant du 5'UTR responsable d'une diminution de l'expression due à un cadre de lecture ouvert (ORF) en amont.
Ces données associées à la revue de la littérature récente montrent que les mécanismes moléculaires concernant le génome non codant peuvent avoir un impact tissu-spécifique sur l’expression du gène, à l’origine de formes incomplètes du syndrome, mais également modifier son mode héréditaire classique. Alors qu'environ 95 % des individus atteints de NPS sont porteurs de variants pathogènes hétérozygotes dans les régions codantes du gène LMX1B, des altérations non codantes expliquent l’impasse diagnostique dans les autres cas. Ce travail illustre l'importance du diagnostic génomique (altération de l’ORF versus altération des CRE) pour la médecine de précision et le conseil génétique dans les maladies rares.
Perrine BRUNELLE, Anne-Sophie JOURDAIN, Fabienne ESCANDE, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Sonia BOUQUILLON, Valérie CORMIER-DAIRE, Alexandra DESDOITS, Didier LACOMBE, Arnaud MOLIN, Nicolas GRUCHY, Renaud TOURAINE, Julien VAN GILS, Jamal GHOUMID, Luc THOMES, Florence PETIT (LILLE)
10:00 - 11:00
#49314 - P033 Étude transcriptomique de phénotypes atypiques et atténués dans les RNU4ATAC-opathies.
P033 Étude transcriptomique de phénotypes atypiques et atténués dans les RNU4ATAC-opathies.
En 2011, des variants pathogènes bi-alléliques de RNU4ATAC, ont été identifiés chez des patients atteints de nanisme microcéphalique ostéodysplasique primordial de type 1 (MOPD1), ou syndrome de Taybi-Linder (TALS). Par la suite, des mutations de ce gène ont également été associées aux syndromes de Roifman (RFMN) et de Lowry-Wood (LWS), ainsi qu’à une forme chevauchante avec une ciliopathie, le syndrome de Joubert. Ces pathologies rares se caractérisent, à des degrés variables, par une microcéphalie, une déficience intellectuelle, un retard de croissance, une dysplasie osseuse, des anomalies oculaires et une immunodéficience. Les formes les plus sévères du TALS entraînent un décès précoce.
Le gène RNU4ATAC est transcrit en un petit ARN nucléaire, U4atac, composant du splicéosome mineur, responsable de l’épissage d’environ 1% des introns du génome humain, appelés introns mineurs. Des analyses short-read bulk RNA-seq réalisées en particulier par notre équipe sur différents modèles, notamment des cellules de patients atteints de TALS ou de RFMN, ont montré que la rétention d’intron mineurs est la principale conséquence des mutations de RNU4ATAC.
Grâce à un appel à collaboration national (AnDDI-Rares) et européen (ERN-ITHACA), nous avons identifié 67 nouveaux patients et 17 nouveaux variants. Certains patients présentent des phénotypes atténués ou atypiques, parfois associés à de nouveaux variants. Afin d’étudier les niveaux de rétention d’introns mineurs et de confirmer la pathogénicité de ces variants, une analyse short-read bulk RNA-seq a été réalisée à partir de lignées lymphoblastoïdes dérivées de 9 de ces nouveaux patients, dont 7 présentent une forme atténuée ou atypique, ainsi que de leurs contrôles appariés. Nos résultats montrent des rétentions d’introns mineurs massives spécifiques chez tous les patients analysés, validant le fait que ces formes atténuées ou atypiques sont bien des RNU4ATAC-opathies
Alexia RABEC (Lyon), Silvestre CUINAT, Alicia BESSON, Isabella BORG, Anne DIEUX, Bertrand ISIDOR, Alissandre LECORDIER, Victoria PAUL, Céline POIRSIER, Radka STOEVA, Irene VALENZUELA PALAFOLL, Martin WETZKE, Marion DELOUS, Sylvie MAZOYER
10:00 - 11:00
#49438 - P037 Syndrome de Goltz chez un homme adulte en lien avec un variant d’épissage hémizygote du gène PORCN.
P037 Syndrome de Goltz chez un homme adulte en lien avec un variant d’épissage hémizygote du gène PORCN.
Le gène PORCN est responsable du syndrome de Goltz ou Hypoplasie dermique en aires (MIM 305600). Ce syndrome rare se caractérise par un spectre d’anomalies du développement associant une atteinte cutanée caractéristique, des anomalies oculaires, squelettiques, dentaires et des extrémités ainsi qu’une asymétrie. De transmission autosomique dominante liée à l’X, le syndrome de Goltz est considéré comme létal in utero chez les hommes, sauf très rarement en présence d’un variant de novo en mosaïque. Seuls quatre enfants de sexe masculin (issus de deux familles) porteurs d’un variant hémizygote du gène PORCN ont été rapportés dans la littérature. Tous sont décédés dans l’enfance. Nous rapportons ici la première observation d’un homme adulte porteur d’un variant pathogène hémizygote homogène du gène PORCN.
Une analyse génomique en solo sur la plateforme SeqOIA a été réalisée chez un homme de 35 ans sans domicile fixe adressé en consultation pour l’association de difficultés d’apprentissage et d’un colobome unilatéral. L’examen retrouvait un strabisme, une hypoplasie des clavicules, une syndactylie 2-3 des orteils ainsi qu’une calvitie précoce, une papillomatose cutanée et une asymétrie faciale et thoracique. L’analyse génomique a identifié le variant c.525C>G du gène PORCN (NM_203475.3) à l’état hémizygote (fréquence allélique 100%), prédit in silico pour affecter l’épissage : SpliceAI prédit un affaiblissement du site donneur canonique de l’exon 5 (Donor Loss : 0.33) et la création d’un nouveau site cryptique donneur d’épissage (Donor Gain : 0.99), situé 31 bases en amont du site canonique. Ceci entrainerait la perte hors-phase des 31 dernières bases de l’exon 5. Malgré le fait que le variant soit à l’état hémizygote, l’analyse du transcrit du gène PORCN par RNAseq retrouve à la fois des transcrits porteurs de l’anomalie d’épissage prédite et des transcrits wild-type. Ceci confirme l’effet partiel du variant. Le variant a été recherché et retrouvé dans d’autres tissus (ongles et urines), confirmant son caractère homogène.
Nous rapportons donc le premier cas adulte masculin atteint du syndrome de Goltz en lien avec un variant pathogène du gène PORCN à l’état hémizygote homogène. L’hypothèse évoquée est celle d’un effet partiel du variant sur l’épissage, à l’origine de la présence à la fois de transcrit anormal mais également de transcrit wild-type, expliquant ainsi le phénotype modéré du syndrome de Goltz chez ce patient et sa survie à l’âge adulte.
Juliette QUILICHINI (Paris), Pierre BLANC, Alban LERMINE, Julien BURATTI, Julie BOGOIN, Aurélie LAFITTE, Elodie LEJEUNE, Corinne MACH, Valérie OLIN, Claude ESTRADE, Fabienne RAJHONSON, Caroline NAVA, Boris KEREN, Daphné LEHALLE
10:00 - 11:00
#49750 - P041 Des variants pathogènes mono-alléliques de JAG1 sont associés à des néphropathies tubulo-interstitielles autosomiques dominantes isolées.
P041 Des variants pathogènes mono-alléliques de JAG1 sont associés à des néphropathies tubulo-interstitielles autosomiques dominantes isolées.
La néphropathie tubulo-interstitielle autosomique dominante (NTIAD) est une maladie monogénique génétiquement hétérogène, conduisant à l’insuffisance rénale terminale à l’âge adulte en raison de lésions rénales à type de fibrose interstitielle non inflammatoire avec atrophie tubulaire. Elle est causée par des variations mono-alléliques pathogènes dans les gènes UMOD, MUC1, REN, HNF1B ou SEC61A1. Cependant, dans 25 à 50% des cas, aucune cause n’est identifiée.
Nous rapportons une cohorte de 203 familles présentant un phénotype de NTIAD, testées dans le service de médecine génomique des maladies rares de l’hôpital Necker entre 2017 et 2024. Un variant pathogène UMOD a été identifié dans 77 familles (37.9%), MUC1 dans 54 familles (26.6%), HNF1B dans 4 familles, SEC61A1 dans 2 familles, REN dans 3 familles. Dans 28 familles un variant pathogène a été identifié dans un gène impliqué dans un autre type de néphropathie autosomique dominante (« phénocopies») : 12 DNAJB11, 6 IFT140, 2 SALL1, 1 PAX2, 1 OCRL, 3 COL4A5, 1 COL4A3, 1ALG5, et 1 PBX1.
Nous avons identifié un variant pathogène hétérozygote dans le gène JAG1 (habituellement associé au syndrome d’Alagille) dans 3 grandes familles de NTIAD dans lesquelles de nombreux individus se présentaient avec une maladie rénale isolée. Dans ces familles les variants JAG1 ségrégeaient avec la maladie. Dans deux familles, un enfant de la quatrième ou cinquième génération a présenté un phénotype de syndrome d’Alagille, alors qu’aucun des 23 patients adultes atteints n’avait d’atteinte extra-rénale, même après « rétrophénotypage » détaillé. Les études d’expression par RNAseq ciblé et par western blot, et l’analyse de lignées de cellules épithéliales rénales d’origine urinaire suggèrent que la physiopathologie de la maladie rénale n’implique pas le stress du réticulum endoplasmique (contrairement aux autres causes de NTIA), et serait plutôt liée à une haplo-insuffisance de JAG1. Ces résultats compliquent le conseil génétique dans ces familles. Les mécanismes conduisant les variants pathogènes JAG1 à une pathologie rénale isolée, distincte des atteintes rénales classiquement décrites dans le syndrome d’Alagille, restent à déterminer.
Lucie MENGUY, Laurent HUDIER, Mohamad ZAIDAN, Bertrand KNEBELMANN, John A SAYER, Juliana ARCILA GALVIS, Christelle ARONDEL, Aurelie HUMMEL, Guillaume DORVAL (Paris), Vincent MORINIÈRE, Landrine FULA-PITU, Chiara GUERRERA, David BUOB, Maud RABEYRIN, Pierre MARIJON, Nolwen JEAN-MARCAIS, Chloe FOURNIER, Jean-Paul DUONG VAN HUYEN, Corinne ANTIGNAC, Sophie SAUNIER, Laurence HEIDET
10:00 - 11:00
#49173 - P045 Cytogenetic profile of patients with clinical spectrum of ambiguous genitalia, amenorrhea, and Turner phenotype: A 21-year single-center experience.
P045 Cytogenetic profile of patients with clinical spectrum of ambiguous genitalia, amenorrhea, and Turner phenotype: A 21-year single-center experience.
The aim of the present study was to determine the frequency and nature of chromosomal abnormalities involved in patients with the clinical spectrum of ambiguous genitalia (AG), amenorrhea, and Turner phenotype, in order to compare them with those reported elsewhere. The study was conducted in the Cytogenetic Department of Pasteur Institute of Morocco, and it reports on the patients who were recruited between 1996 and 2016. Cytogenetic analysis was performed according to the standard method. Among 1,415 patients, chromosomal abnormalities were identified in 7.13% (48/673) of patients with AG, 17.39% (28/161) of patients with primary amenorrhea (PA), 4% (1/25) of patients with secondary amenorrhea, and 23.20% (129/556) of patients with Turner phenotype. However, Turner syndrome was diagnosed in 0.89% (6/673) of patients with AG, 10.56% (17/161) of patients with PA, and 19.78% (110/556) of patients with Turner phenotype. In addition, Klinefelter syndrome and mixed gonadal dysgenesis were confirmed in 2.97% and 1.93% of patients, respectively, with AG, while, chimerism, trisomy 8, and trisomy 13 were confirmed only in 0.15% each. Trisomy 21 was confirmed in patients with AG and Turner phenotype (0.15% and 0.36%, respectively). Moreover, 5.60% (9/161) of patients with PA have been diagnosed as having sex reversal. Thus, the frequency of chromosomal abnormalities observed in Moroccan patients with PA is comparable to that reported in Tunisia, Turkey, Iran, and Hong Kong. However, the frequency is significantly less than that identified in India, Malaysia, Italy, and Romania.
Zouhair ELKARHAT (BK269110, Maroc), Boutaina BELKADY, Hicham CHAROUTE, Latifa ZAROUF, Lunda RAZOKI, Jamila ABOULFARAJ, Sanaa NASSEREDDINE, Chadli ELBAKAY, Boubker NASSER, Abdelhamid BARAKAT, Hassan ROUBA
10:00 - 11:00
#49374 - P049 Sortir de l’errance diagnostique : Réévaluation des variations du nombre de copies de signification incertaine de plus de 1 Mb survenus de novo chez 208 patients.
P049 Sortir de l’errance diagnostique : Réévaluation des variations du nombre de copies de signification incertaine de plus de 1 Mb survenus de novo chez 208 patients.
Introduction et Objectifs
L’Observatoire du Diagnostic, coordonné par la filière AnDDI-Rares, a proposé 3 sous-études (Work Package 1, 2 et 3) visant à réduire les situations d’impasse diagnostique des patients atteints d’anomalies du développement (AD), associés ou non à un trouble du développement intellectuel (TDI).
Le Work Package 2, réalisé en partenariat avec le réseau AChroPuce et l’ACLF, a visé à identifier l’ensemble des variations du nombre de copies (CNV) de signification incertaine (VSI) de plus de 1 Mb de novo identifiées depuis le début des analyses en ACPA dans les laboratoires partenaires en France. Une première étape de réanalyse de ces CNVs a permis d’évaluer l’intérêt de la réinterprétation périodique des données VSI et l’apport de l’évolution des connaissances scientifiques dans la reclassification. Les patients restés en impasse diagnostique suite à cette reclassification, porteurs de CNVs restés VSI ou reclassés en probablement bénin ou bénin, ont été invités à une réévaluation en consultation de génétique. Une reprise des investigations leur a été proposée, notamment par en leur proposant un séquençage de génome dans le cadre des préindications du Plan France Médecine Génomique 2025.
Matériels et Méthodes
Etude multicentrique, avec une partie rétrospective et une partie prospective, proposée à l’ensemble des laboratoires du réseau AChroPuce et l’ensemble des CRMR/CCMR de la filière AnDDI-Rares, avec une période de recrutement de juillet 2022 à mars 2025.
Résultats, Discussion et Conclusion
Suites aux réponses de 30 laboratoires à l’appel à collaboration, un total de 208 patients porteurs de 211 CNVs remplissant les critères d’éligibilité ont été inclus dans l’étude. La date de la première analyse de CNV s’étend de 2007 à 2023. 46% des CNV sont des gains de copie (n=97), 54 % des délétions (n=114). 51% ont une taille de 1 à 2 Mb (n=107), 22% de 2 à 3Mb (n=45), 10% de 3 à 4 Mb (n=21), 4% de 4 à 5 Mb (n=9), et 13% de plus de plus de 5Mb (n=27). A noter la présence 12 CNV récurrents, dont 7 PIEV, et 7 cas de remaniements chromosomiques complexes et de mosaïques.
La réinterprétation des CNV a permis un taux de reclassification de 17% (36/211), ce taux s’élève à 23% (13/57) pour les CNV >3Mb. 5 CNV ont été reclassés en bénin ou probablement bénin, 25 en pathogène ou probablement pathogène, 6 en variants à pénétrance incomplète et expressivité variable (PIEV). Le taux de réinterprétation est de l’ordre de 20% en moyenne par an dès la deuxième année après le rendu du résultat initial.
La collecte et l’interprétation des données des génomes réalisées est en cours (c. n=40). Le taux de reclassification ainsi que la question de la contribution ou non du CNV de >1Mb à l’éventuel diagnostic posé seront étudiés.
Laura FEYEREISEN (Strasbourg), Céline DAMPFHOFFER, Niki SABOUR, Thi Thu CREUSVAUX, Assoumpta MBARUSHIMANA, Sofiane KORCHI, Fofana KANGOU, Laurence BELLENGIER, Elisa PIRAS FERENCZ, Mathilde LAUBERT, Ndeye Fatou NGOM, Anna NIKOLAEVA, Zakia NEJJARI, Laurent DEMOUGEOT, Laurence FAIVRE, Jean-Marie RAVEL, Valérie MALAN, Damien SANLAVILLE, Martine DOCO-FENZY
10:00 - 11:00
#49493 - P053 Expérience française dans le diagnostic cytogénétique des syndromes d’instabilité chromosomique : Fanconi, Bloom et autres maladies cassantes.
P053 Expérience française dans le diagnostic cytogénétique des syndromes d’instabilité chromosomique : Fanconi, Bloom et autres maladies cassantes.
Introduction :
Les maladies cassantes ou syndromes d’instabilité chromosomique constituent des syndromes rares de prédisposition au cancer, liés à des anomalies dans les systèmes de réparation de l’ADN. certaines nécessitent un examen cytogénétique spécialisé.
Matériel et méthodes :
Nous avons analysé l’activité de notre laboratoire sur la période de plus de 10 ans. Les techniques incluent la mise en culture avec agents clastogènes pour la recherche d’anémie de Fanconi et l’étude des échanges de chromatides sœurs pour le syndrome de Bloom. Les recherches plus ponctuelles d’ataxie-télangiectasie ou d’autres syndromes cassants ont également été considérées.
Résultats :
Anémie de Fanconi : du 01/01/2020 au 30/06/2025, 303 prélèvements reçus ; 18 diagnostics confirmés. Il y aune bonne corrélation avec les tests fonctionnels et c'est FANC A qui est principalement muté. L’âge au diagnostic variait de 2 mois à 47 ans. Les indications les plus fréquentes concernaient des anomalies hématologiques (cytopénies, aplasies, leucémies) ou un syndrome malformatif évocateur et les enquêtes familiales. De nouvelles indications émergent : exploration de variants identifiés en génotypage, cancers solides du sujet jeune, insuffisance ovarienne précoce.
Syndrome de Bloom : depuis 2016, 27 prélèvements reçus ; 6 cas confirmés, chez des patients âgés de 7 mois à 53 ans. Les indications principales étaient un retard de croissance associé à des hémopathies ou cancers, ou la découverte de mutations (sujet ou parents) par génotypage.
Ataxie-télangiectasie : les demandes deviennent rares, les mutations d’ATM étant désormais aisément identifiées par NGS. Quelques cas persistent pour étude de clones sanguins. Par ailleurs, certains réarrangements évocateurs d’AT ont été observés lors d’analyses pour Fanconi.
Autres syndromes : 6 suspicions encore plus rares ont été adressées comme des Nijmegen ou des ICF syndromes.
Discussion – Conclusion :
En France, le circuit diagnostique débute généralement par un test cytogénétique sur sang, suivi de tests fonctionnels (notamment à Saint-Louis pour Fanconi) et d’analyses moléculaires (Institut Curie pour la recherche de mutations). L’expérience acquise montre la diversité des indications et l’élargissement progressif des motifs de prescription au-delà des tableaux classiques. La cytogénétique conventionnelle demeure une étape clé pour confirmer ou orienter le diagnostic de ces syndromes rares de prédisposition au cancer.
Nathalie AUGER (Villejuif), Etienne ROULEAU, Alexander VALENT, Jean SOULIER, Pages MÉLANIE, Nadia VASQUEZ, Chaima LABASSI, Chainese DEHRI
10:00 - 11:00
#49669 - P057 Variants de structure pathogènes hérités d’un ou des deux parents : les pièges de l’interprétation du génome.
P057 Variants de structure pathogènes hérités d’un ou des deux parents : les pièges de l’interprétation du génome.
Le séquençage de génome short-read fait à présent partie des explorations de routine pour le diagnostic des maladies rares. Bien que très performant pour la détection des variations nucléotidiques (SNV), le diagnostic des variations de structure équilibrées (SV) ou déséquilibrées (CNV) est soumis à plus de limites. L’identification de variations de structure pathogènes peut devenir encore plus difficile quand celles-ci sont héritées d’un ou des deux parents, symptomatiques ou non. Nous allons l’illustrer avec quatre situations.
Cas n°1 : Une patiente adressée pour agénésies dentaires est porteuse d’une inversion équilibrée de 2,2Mb d’un chromosome 4, héritée de sa mère. Aucun gène morbide n’est annoté aux points de cassure. Cependant, un effet de position sur le gène MSX1, localisé à 67kb du point de cassure distal est probablement responsable du phénotype.
Cas n°2 : Un CNV complexe sur les bras longs d’un chromosome 7, annoté de novo, associant une délétion de 5,2Mb en 7q35q36.1 emportant le gène EZH2 et un gain de 5,3Mb en 7q36.2q36.3 est identifié chez un patient avec une déficience intellectuelle syndromique compatible avec un syndrome de Weaver. L’analyse des SVs signale un évènement de 15Mb entre les bandes 7q35 et 7q36.3, hérité du père. Le père est en fait porteur d’une inversion paracentrique équilibrée. Une recombinaison homologue non allélique, liée à la présence de duplications segmentaires, est très probablement à l'origine de la transmission déséquilibrée à son fils.
Cas n°3 : Chez un nourrisson présentant un trouble du neurodéveloppement (TND) sévère, l’analyse des SNVs met en évidence une délétion homozygote de 7 nucléotides au niveau du pénultième acide aminé du gène CTSD (11p15.5) (céroïde lipofuscinose neuronale de type 10), héritée de chacun des parents hétérozygotes. Aucun variant de structure n’est signalé dans cette région du chromosome 11. La mauvaise qualité d’alignement des reads a motivé un examen attentif des split-reads sur IGV qui a révélé l’insertion d’une séquence alphasatellite dérivée d’un chromosome 13, secondairement confirmée par séquençage long-read.
Cas n°4 : La réanalyse du génome chez une patiente présentant un TND syndromique a montré un SV, complexe, hérité du père sur le chromosome 10 interrompant le gène FRA10AC1, responsable de TND de transmission autosomique récessive. Aucun autre SNV, CNV ou SV n’est annoté comme impliquant ce gène. L’analyse des reads sur IGV montre la présence d’une délétion homozygote de la région promotrice de ce gène chez la patiente. La mère est également porteuse d’un SV complexe intéressant le premier exon du gène FRA10AC1.
Ainsi, la difficulté de confirmer le caractère pathogène de variants de structure hérités peut être liée à l’appel de variants, à l’annotation ou à l’interprétation. Les points de vigilance sont le lien entre SNV, CNV et SV, la recherche d’un gène d’intérêt à distance du point de cassure, un examen plus large que pour rechercher un remaniement complexe.
Caroline SCHLUTH-BOLARD (STRASBOURG), Aurélie GOURONC, Laura FEYEREISEN, Salima EL CHEHADEH, Elise BOUCHER BRISCHOUX, Benjamin DURAND, Marie-Thérèse ABI-WARDE, Marguerite MIGUET, Consortium AURAGEN, Paul KUENTZ
10:00 - 11:00
#49321 - P061 Insuffisance ovarienne prématurée et bilan des avancées génétiques - PFMG2025.
P061 Insuffisance ovarienne prématurée et bilan des avancées génétiques - PFMG2025.
L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) est une cause d’infertilité féminine touchant 1 à 4% des femmes avant 40 ans. Elle se définit par l’existence de troubles du cycle associés à un taux sérique de FSH élevé (> 25 UI/L). Les étiologies peuvent être auto-immunes, iatrogènes, virales ou génétiques. A ce jour, l'IOP reste idiopathique dans 50 à 60% des cas. Le bilan génétique des IOP a rapidement évolué ces dernières années. En plus du bilan génétique initial comprenant le caryotype et l’étude du gène FMR1, il est à présent possible de proposer des analyses par séquençage haut débit (SHD). L’IOP a ainsi été retenue comme préindication au niveau du Plan France Médecine Génomique (PFMG) 2025. Le séquençage du génome peut être réalisé par un des deux laboratoires de séquençage à très haut débit (SeqOIA ou AURAGEN), après validation par une RCP nationale mensuelle (filière FIRENDO). Un bilan clinico-biologique, un arbre généalogique et le séquençage d’un panel de gènes ou de l’exome sont requis pour accéder au séquençage du génome.
A ce jour, les prélèvements ont été réalisés principalement par 4 centres, avec un total de 124 dossiers analysés ou en cours d’analyse. Les prélèvements sont majoritairement des trios parents-fille. Un résultat concluant, avec un variant expliquant tout ou partie du phénotype, a été observé dans 12% des cas (e.g. MGME1, MCM8, FIGLA, BRCA2) . Par ailleurs, des variants de signification incertaine ont été identifiés dans environ 20% des cas (e.g. TUFM, MFN1, PNMA1). Leur validation fonctionnelle et l’étude de la ségrégation familiale sont en cours pour préciser leur implication dans l’IOP.
La réalisation des analyses par SHD nécessite une étroite collaboration multidisciplinaire en raison des possibilités d’identification de variants dans des gènes impliqués dans la survenue d’un spectre phénotypique plus large (IOP initialement considérée comme isolée avec variant responsable d’une pathologie syndromique, variant dans un gène prédisposant à la survenue de cancer).
Ainsi, le développement du SHD a permis d’améliorer considérablement le diagnostic génétique de l’IOP, avec la description à ce jour de plus de cent gènes associés. Ces gènes sont impliqués dans différents processus comme le développement gonadique, la méiose et la réparation de l’ADN, la folliculogenèse, la fonction hormonale, l’apoptose, la régulation immunitaire, la fonction mitochondriale, le métabolisme et la cytoprotection. L'identification d'une cause génétique constitue un enjeu majeur, car elle permet d'adapter plus précisément la prise en charge des patientes atteintes d’IOP et d'orienter le conseil génétique auprès de leur entourage familial.
Léna NOUGAREDE (Grenoble), Anna LOKCHINE, Bruno DONADILLE, Véronique TARDY-GUIDOLLET, François VIALARD, Linda AKLOUL, Aude BRAC DE LA PERRIÈRE, Françoise PARIS, Philippe TOURAINE, Anne BACHELOT, Jérôme BOULIGAND, Laila EL KHATTABI, Solène CONRAD, Leila GUESH, Virginie GROUTHIER, Sacha WEBER, Noémie CELTON, Radka STOEVA, Florian CHERIK, Elise SHAEFER, Julianne LEGER, Clara HOUDAYER, Fréderic ILLOUZ, Christine FRANCANNET, Clarisse BILLON, Claire KASTNER, Géraldine JOLY-HELAS, Sophie NAMBOT, Léa GAUDILLAT, Marine LEBRUN, Aurore BRUN, Eric BIETH, Delphine DUPIN-DEGUINE, Lauriane LE COLLEN, Camille CENNI, Aurore GARDE, Marie BOURNEZ, Sylvie ROSSIGNOL, Julie ALCOCER, Pascaline LETARD, Juliette PIARD, Carine ABEL, Laure METAYER-AMELOT, Marine CHUET, Fanny LAFFARGUE, Elise BRISCHOUX-BOUCHER, Valérie BERNARD, Laetitia LAMBERT, Florence AMBLARD, Véronique SATRE, Tristan CELSE, Marine SERVEAUX DANCER, Zine-Eddine KHERRAF, Radu HARBUZ, Pierre F RAY, Sylvie ODENT, Pierre BLANC, Auragen CONSORTIUM, Charles COUTTON, Sophie CHRISTIN-MAITRE, Sylvie JAILLARD
10:00 - 11:00
#49605 - P065 Vers une exploration en première ligne par cartographie optique du génome dans les infertilités masculines.
P065 Vers une exploration en première ligne par cartographie optique du génome dans les infertilités masculines.
Parmi les infertilités masculines, les anomalies du chromosome Y (aneuploïdies, remaniements et microdélétions AZF) expliquent 8–12% des azoospermies, 3–7% des oligozoospermies sévères, soit 1–3% des causes d’infertilité masculine. Cette propension aux recombinaisons intrachromosomiques et aux délétions au cours de la spermatogenèse s’explique par la forte densité du chromosome Y en séquences répétées et par une structure hautement ampliconique et palindromique. Cette structure rend cependant l’exploration des anomalies du chromosome Y particulièrement difficile. Ainsi, en 2026, la stratégie d’exploration de ces anomalies repose toujours sur la recherche de microdélétions du locus AZF soit par analyse de marqueurs microsatellites, soit par technique FISH, en association avec l’analyse du caryotype.
Le développement des approches longues molécules, et tout particulièrement de cartographie optique du génome (Optical Genome Mapping, OGM) laisse espérer une meilleure exploration de ce chromosome. Hélas, les pipelines standards écartent de l’analyse la majeure partie du chromosome Y en raison de ces régions complexes.
En s’appuyant sur des remaniements connus du chromosome Y, nous avons déterminé les modifications de pipeline, de filtres et de choix d’interface informatique nécessaires à la détection et à une meilleure caractérisation de ces anomalies par OGM. Initialement non ou mal détectés, les 7 remaniements ou aneuploïdies différents du chromosome Y ont pu être observés et caractérisés.
Il s’agit de la première étude évaluant l’OGM pour l’analyse du chromosome Y. Si le nombre limité de patients incite à poursuivre ce travail sur une cohorte plus large, la qualité des données est prometteuse et permet de proposer l’OGM en association à un caryotype a minima dans la détection et la caractérisation d’anomalies du chromosome Y. L’OGM permettrait ainsi d’améliorer non seulement le rendement diagnostique, mais aussi d’accéder à une caractérisation à haute résolution des anomalies du chromosome Y dans l’infertilité masculine. Ce travail ouvre également la possibilité d’une amélioration des performances de l’OGM au niveau des autres régions complexes du génome et permettra de poser des bases solides pour l’exploration de ces anomalies par séquençage long read.
Pascal CHAMBON (Rouen), Candice SAURIN, Anne-Marie GUERROT, Romane LEVADE, Juliette COURSIMAULT, Aurélie FERAILLE, Gabriella VERA, Gaël NICOLAS, Alice GOLDENBERG, Claude HOUDAYER, Nathalie RIVES, Kévin CASSINARI
10:00 - 11:00
#49882 - P069 Le score PICADAR : un outil clinique pour l’optimisation des analyses génétiques dans les DCP.
P069 Le score PICADAR : un outil clinique pour l’optimisation des analyses génétiques dans les DCP.
Les dyskinésies ciliaires primitives (DCP) sont des maladies respiratoires rares d’origine génétique dont la prévalence atteinte 1/16000, liées à des dysfonctions des cils moteurs, et responsables d’atteintes respiratoires, ORL, de défauts de latéralisation et d’infertilité. Le syndrome de Kartagener, décrit au début du XXe siècle, associe situs inversus, bronchectasies et sinusite chronique, et concerne près de 50 % des DCP. Les signes cliniques peuvent être plus discrets, rendant la démarche diagnostique complexe, notamment chez l’enfant. Après exclusion des diagnostics différentiels (mucoviscidose, déficits immunitaires), il est recommandé en France de réaliser une analyse ciliaire : mesure indirecte du NO nasal ou observation directe du battement ciliaire en microscopie optique après brossage épithélial. Le diagnostic est confirmé par l’étude ultrastructurale en microscopie électronique (ME) sur biopsie nasale ou bronchique, avant toute analyse moléculaire. Cette stratégie nécessite des explorations parfois difficiles, voire impossibles chez le jeune enfant, et non disponibles dans tous les centres (notamment la ME). L’externalisation engendre coûts, contraintes logistiques et risque de non-interprétabilité lié aux conditions de transport et conservation.
Certains pays privilégient désormais la biologie moléculaire en première intention si la présomption clinique est forte. L’American Thoracic Society recommande depuis 2018 un panel élargi de gènes impliqués dans les DCP avant la ME. L’intérêt du séquençage d’exome a été évalué avec des résultats variables : le rendement peut atteindre 90 % lorsqu’il confirme une DCP déjà établie, mais varie entre 17 et 70 % lorsqu’il repose sur la clinique seule. Il apparaît donc essentiel de définir un cadre clinique précis pour optimiser l’usage du NGS en première intention, surtout lorsque les méthodes diagnostiques classiques sont peu accessibles. Le score PICADAR a notamment été développé pour estimer la probabilité de DCP chez un patient présentant une toux grasse quotidienne.
Ce score a été utilisé, en association avec la mesure du No nasal, pour effectuer une analyse rétrospective du rendement du séquençage d’exome en première intention en cas de suspicion de DCP à Bordeaux. Cette analyse, réalisée sur 94 patients, a permis de montrer que l’utilisation de l’exome pour le diagnostic des DCP chez des patients avec un score PICADAR >4 et/ou un No nasal abaissé et/ou une microscopie électronique positive permettrait d’atteindre un rendement diagnostique de 62,8%. En cas de score PICADAR >4 seul, sans valeur de No nasal ni d’analyse en ME, le rendement atteint 66,7%. A l’inverse, 100% des patients ne rentrant dans aucun de ces 3 critères étaient négatifs en exome. Ceci a permis de recibler les prescriptions en cas de suspicion clinique de DCP tout en continuant à proposer une stratégie diagnostique alternative en cas d’impossibilité à suivre la démarche habituelle.
Louis DOMENACH (Bordeaux), Marie-Pierre REBOUL, Aurélien TRIMOUILLE, François GALODÉ
10:00 - 11:00
#48954 - P073 Réanalyse à long terme (entre 3 et 6 ans après l’analyse initiale) des données de séquençage de génomes en trio réalisés initialement dans le cadre d’une stratégie accélérée chez des nouveau-nés et nourrissons pris en charge en unité de soins intensifs.
P073 Réanalyse à long terme (entre 3 et 6 ans après l’analyse initiale) des données de séquençage de génomes en trio réalisés initialement dans le cadre d’une stratégie accélérée chez des nouveau-nés et nourrissons pris en charge en unité de soins intensifs.
Les maladies génétiques représentant jusqu’à 10% des admissions en réanimation/soins intensifs néonatal/pédiatrique, une analyse pangénomique accélérée dans ce contexte d’urgence peut s’avérer un atout majeur pour la prise en charge des enfants. Néanmoins, nous manquons de données de suivi à long terme de ces enfants, limitant notre connaissance de leur évolution clinique et des éventuels diagnostics génétiques qui auraient pu être manqués lors de l’analyse initiale. Dans ce contexte, la réanalyse des données pangénomiques peut présenter un intérêt certain.
De décembre 2018 à octobre 2021, 92 nouveau-nés et nourrissons (NN) de 12 CHU ont bénéficié d’un séquençage de génome (GS) en trio en circuit accéléré. En janvier 2025, chez les 39 enfants présentant un résultat négatif, non concluant ou positif partiel, les données de GS ont été réanalysées avec une mise à jour des données de suivi clinique et du pipeline bioinformatique.
En circuit accéléré, le taux diagnostic initial du GS était de 50% (46/92), atteignant 57% (52/92) après reclassification de variations de signification incertaine (VSI). Pour l’impact de ces résultats initiaux (excluant les 11 enfants décédés avant le rendu des résultats), un diagnostic a pu être établi chez 40/81 (49%) enfants, parmi lesquels 16/40 (40%) ont pu bénéficier d’une prise en charge adaptée ou d’un traitement spécifique, et 7/40 (17,5%) ont pu être orientés vers une prise en charge d’accompagnement palliatif suite au diagnostic. Parmi les 6 enfants pour lesquels des VSI ont été reclassées comme causales au cours du suivi avant réanalyse finale, 4 ont bénéficié d’une prise en charge adaptée au diagnostic. Les 5 diagnostics non posés par GS l’ont été par l’imagerie cérébrale (2/5) ou d’autres analyses génétiques (3/5). Le suivi a diagnostiqué un déficit en CblC, non identifié initialement mais qui aurait pu être retrouvé par la réanalyse des données de GS avec un pipeline bioinformatique actualisé. Par ailleurs, la réanalyse finale a permis d’identifier 2 nouveaux diagnostics partiels parmi les 39 enfants (5,1%) dans 2 gènes non OMIM morbides lors de l’analyse initiale. Celle-ci a également permis de mettre en évidence de nouvelles variations candidates chez 7 enfants sans diagnostic, dont 4 chez lesquels des analyses ou informations cliniques complémentaires sont en attente.
La réanalyse à moyen et long terme de données pangénomiques indique que le rendement diagnostique du GS en circuit accéléré semble similaire à celui du GS classique, avec un risque limité de manquer un diagnostic génétique causal malgré le délai contraint de cette analyse. Malgré les défis liés à une organisation multicentrique dans un tel contexte, le GS accéléré s’avère une stratégie performante pour les NN hospitalisés en réanimation/soins intensifs. Ces résultats témoignent également de l’intérêt de la poursuite de la démarche diagnostique à moyen et long terme par réanalyse des données de GS avec actualisation du pipeline bioinformatique.
Marlène MALBOS (Dijon), Frédéric TRAN-MAU-THEM, Arthur SORLIN, Antonio VITOBELLO, Robert OLASO, Alban ZIEGLER, Médéric JEANNE, Victor COUTURIER, Caroline RACINE, Bertrand ISIDOR, Charlotte POË, Fatima EL IT, Bertrand FIN, Delphine BACQ-DAIAN, Céline BESSE, Aurore GARDE, Emilie TISSERANT, Julian DELANNE, Sophie NAMBOT, Gorce MAGALI, Mathilde NIZON, Marie VINCENT, Sébastien MOUTTON, Mélanie FRADIN, Alinoë LAVILLAUREIX, Paul ROLLIER, Yline CAPRI, Julien VAN GILS, Tiffany BUSA, Sabine SIGAUDY, Laurent PASQUIER, Magalie BARTH, Marine LEGENDRE, Estelle COLIN, Sophie NAUDION, Charlotte CAILLE-BENIGNI, Laetitia LAMBERT, Marta SPODENKIEWICZ, Céline POIRSIER, Henri MARGOT, Sandra MERCIER, Godelieve MOREL, Juliette PIARD, Chloé QUELIN, Elise SCHAEFER, Martin CHEVARIN, Ange-Line BRUEL, Hana SAFRAOU, Cyril FLAMANT, Clément PROUTEAU, Dominique BONNEAU, Annick TOUTAIN, Denis SEMAMA, Corinne CHANTEGRET, Jean-François DELEUZE, Christophe PHILIPPE, Yannis DUFFOURD, Laurence FAIVRE, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Christel THAUVIN-ROBINET
10:00 - 11:00
#49088 - P077 Prévalence et histoire naturelle du syndrome d’Allan-Herndon-Dudley : Contribution de la cohorte française issue de la BNDMR.
P077 Prévalence et histoire naturelle du syndrome d’Allan-Herndon-Dudley : Contribution de la cohorte française issue de la BNDMR.
Le syndrome d’Allan-Herndon-Dudley Syndrome (AHDS), ou déficit en MCT8, est un syndrome rare de trouble du développement intellectuel lié à l’X secondaires à des variations pathogènes du gène SLC16A2 (Xq13.2). Cette pathologie affecte le transport des hormones thyroïdiennes, notamment la triiodothyronine (T3), jusqu’au cerveau, entrainant un lourd handicap moteur et intellectuel chez les hommes atteins. Les essais cliniques concernant l’acide triiodothyroacetique (tiratricol) semblent pointer vers une amélioration des symptômes périphériques, avec plus de réserve concernant les fonctions neurocognitives. Ce traitement était jusque-là disponible en France selon une procédure d'accès compassionnel. Le manque d’information concernant l’histoire naturelle, le bénéfice supposé d’une intervention précoce et l’absence de données longitudinales sont autant d’obstacles à la prise en charge de ces patients. Si environ 300 patients masculins d’une centaine de familles ont été rapportés dans la littérature, la prévalence exacte reste inconnue. La Banque Nationale de Données Maladies Rares (BNDMR) est en France un outil unique, qui recueille depuis plus de quinze ans les données de patients atteints de maladies rares suivis dans les CRMR et CCMR. De par son exhaustivité et sa structuration, elle offre une ressource inestimable pour la réalisation d’études épidémiologiques à grande échelle en permettant l’identification des centres impliqués dans le suivi d’un patient et la sollicitation de ces équipes.
Cette étude vise à exploiter les données de la BNDMR pour réaliser une étude épidémiologique et d’histoire naturelle du AHDS. Les informations tirées de la BNDMR incluent la prévalence, l’âge, la survie et le taux de mortalité. Afin de rassembler les données cliniques et biologiques nécessaires à la description précise de cette pathologie, un eCRF a été développé en collaboration avec les cliniciens experts et les laboratoires de référence. Les analyses s’attacheront à rechercher d’éventuelles différences dans la trajectoire des patients traités et non-traités,
Selon les données de la BNDMR, 52 patients porteurs de variations pathogènes dans SLC16A2 sont suivis dans les centres de référence français. La prévalence estimée est donc < 1 pour un million en France. L’âge médian est 13 ans (IC 9 – 20). Dix patients sont décédés, avec un âge médian de décès de 13 ans. Treize patients sont actuellement traités par tiratricol. L’eCRF est opérationnel depuis juin 2025 et les premiers patients ont été inclus.
Cette étude nationale tire profit de l’effort collectif impulsé dans la BNDMR pour affiner l’épidémiologie du AHDS. Elle fournira des informations précieuses en collectant et comparant les données en vie réelle de patients traités et non-traités en complément des essais thérapeutiques en cours. A terme, elle aidera à décrire le suivi au long terme, optimiser les soins et guider les futures stratégies thérapeutiques pour cette pathologie.
Estella CASTILLON (Dijon), Laurence FAIVRE, Christine BINQUET, Odile BOESPFLUG-TANGUY, Aurore CURIE, Vincent DESPORTES, Frederic FLAMANT, Helene FRENKIEL, Isabelle OLIVER, Eleni PANAGIOTATAKI, Catherine SARRET, Frederique SAVAGNER, Caroline SEVIN, Athanasia STOUPA
10:00 - 11:00
#49211 - P081 Des variants de novo impactant l’épissage d’un exon non codant dans la région 3’UTR du gène CREBZF sont responsables d’un nouveau syndrome avec déficience intellectuelle.
P081 Des variants de novo impactant l’épissage d’un exon non codant dans la région 3’UTR du gène CREBZF sont responsables d’un nouveau syndrome avec déficience intellectuelle.
Dans cette étude, nous décrivons le phénotype de 3 patients présentant un trouble du neurodéveloppement (TND) syndromique avec des caractéristiques communes : une dysmorphie faciale reconnaissable avec une morphologie favorisant un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS), un retard psychomoteur global avec déficience intellectuelle, des difficultés d’alimentation dans la petite enfance, un retard de croissance et un reflux vésico-urétéral.
L’analyse du génome a révélé chez les 3 patients des variants de novo dans la région 3’ UTR avec un effet prédit sur l’épissage du gène CREBZF, non décrit en pathologie à ce jour. Les variants impactent le site donneur d’épissage en +1, +2 et +3 de l’exon 2, seul l’exon 1 étant codant. L’analyse par RNA-Seq capture d’exome chez l’un des patients a mis en évidence une surexpression du gène CREBZF associée à une modification de la répartition des différents transcrits. La présence d’une séquence 3’UTR de plus grande taille semble entrainer une surexpression dont le mécanisme précis reste à élucider.
Sur le plan physiopathologique, le gène CREBZF est situé sur le bras q14.1 du chromosome 11 et code pour un facteur de transcription ubiquitaire aux rôles non complétement élucidés. La protéine CREBZF est décrite comme co-régulatrice de nombreux facteurs nucléaires dont ATF4 (CREB2), CREB3, le récepteur à l'oestrogène, suggérant un rôle dans la reproduction, de suppresseur de tumeur, ou encore dans la pathogenèse de maladies métaboliques hépatiques. Il y a cependant peu de données sur son rôle dans le neurodéveloppement.
Ainsi, notre étude a identifié une nouvelle entité clinique de TND se caractérisant notamment par une dysmorphie faciale reconnaissable. Sur le plan moléculaire, les variants situés en 3’UTR du gène CREBZF soulèvent la question d’un mécanisme original à expliciter. Si l’étude du génome dans les anomalies du développement permet l’analyse des régions non codantes des gènes, le RNA-Seq se place comme un outil complémentaire indispensable pour caractériser l’impact des variants dans ces régions et rapporter de nouveaux mécanismes physiopathologiques.
Laura KAREMBÉ (Nantes), Mathilde NIZON, Thomas BESNARD, Gaëlle LANDEAU-TROTTIER, Clara VELMANS, Ruth ARMSTRONG, Pierre BLANC, Stéphane BÉZIEAU, Benjamin COGNÉ
10:00 - 11:00
#49246 - P085 Les troubles du système visuel dans le syndrome de Prader-Willi.
P085 Les troubles du système visuel dans le syndrome de Prader-Willi.
Le syndrome de Prader-Willi (PWS) est une maladie génétique rare causée par une anomalie de la région 15q11-13, le plus souvent une microdélétion paternelle ou une disomie uniparentale maternelle. Il est responsable d’un ensemble de manifestations cliniques évocatrices, telles qu’hypotonie néonatale, déficience intellectuelle modérée, polyphagie, surpoids, troubles de la coordination motrice et du spectre de l’autisme (TSA) (OMIM176270). Au plan du système visuel, il est rapporté une prévalence accrue de strabisme, d’anomalies réfractives et d’amblyopie (Hered et al., 1998), des difficultés d’intégration visuomotrice et des anomalies de traitement des voies visuelles dorsale et ventrale (Lo et al., 2015 ; Woodcock et al., 2009). Toutefois, ces travaux demeurent fragmentaires et centrés sur des aspects spécifiques du système visuel. À ce jour, aucune étude n’a évalué de manière intégrative l’ensemble des processus du système visuel dans le PWS.
Cette étude rétrospective a pour objet de caractériser les atypies du système visuel dans le syndrome de PWS et de les corréler avec le type d’anomalie moléculaire observé. Onze patients ont été inclus (4 filles et 7 garçons, âge : 14,18 6 ans). Un bilan ophtalmologique et orthoptique a été recueilli, complété pour cinq d’entre eux, par une évaluation neurovisuelle approfondie explorant les capacités visuoperceptives, visuospatiales, visuo-constructives, visuomotrices et attentionnelles.
Sur le plan ophtalmologique (n=6), tous les patients présentent une hypermétropie et une astigmatie. Aucun ne présente de myopie. Au niveau orthoptique (n=11), 7/11 présentent un strabisme et des troubles oculomoteurs (fixation, poursuite). Au plan neurovisuel (n=5), tous présentaient un trouble visuospatial d’attention sélective visuelle, 4/5 un trouble de la reconnaissance visuelle (dont 3 avec une simultagnosie), des difficultés de visuoconstruction et/ou de coordination visuomotrice. Concernant les mutations génétiques responsables du PWS, 8/11 patients présentent une disomie uniparentale maternelle et 3/11 une microdélétion paternelle.
Cette étude adopte pour la première fois une approche intégrative et montre que les patients PWS ayant un strabisme présentent également des troubles oculomoteurs, visuospatiaux et d’attention visuelle. Elle souligne l’intérêt de poursuivre cette étude avec un échantillon plus large, et d’évaluer systématiquement la fonction visuelle dans son ensemble, dans le PWS, afin d’optimiser la prise en charge, mais également d’apprécier les différences potentielles en fonction du mécanisme moléculaire à l’origine du PWS.
Sasha DEHOLLANDER (Paris), Léa CONVERSY, Arnold MUNNICH, Marie PIERON, Sylvie CHOKRON
10:00 - 11:00
#49287 - P089 Le transport des lipides est nécessaire à la lamination néocorticale.
P089 Le transport des lipides est nécessaire à la lamination néocorticale.
En 2018, nous avons décrit le syndrome d’Alkuraya Kučinskas, une pathologie liée à des variants bialléliques du gène BLTP1 (anciennement KIAA1109). Cette maladie est caractérisée par une mortalité périnatale élevée. Les patients présentent typiquement une agénésie du corps calleux, une ventriculomégalie, des anomalies du cervelet et une arthrogrypose. L’extinction biallélique de l’orthologue Bltp1 chez la souris entraîne également une létalité précoce, reflétant ainsi la sévérité du phénotype chez l’être humain.
Nous rapportons ici douze nouveaux cas. Si la majorité des patients présentent les traits classiques du syndrome, nous observons aussi des individus présentant exclusivement des caractéristiques autistiques et un retard de développement, en l’absence de malformations cérébrales visibles.
Pour modéliser ce syndrome, nous avons généré des knockouts conditionnels (cKO) ciblant la suppression de l’expression de Bltp1 dans les neurones du cortex et de l’hippocampe. À l’instar des knockouts constitutifs, ces cKO restreints sont létaux, suggérant que l’expression de BLTP1 dans ces populations neuronales est vitale. Les souris homozygotes présentent une agénésie complète du corps calleux, une réduction de la commissure antérieure, des malformations hippocampiques et un amincissement notable de la plaque corticale. Le cortex est dépourvu de lamination, et l’immunomarquage avec les anticorps anti Pax6, anti Tbr2 et anti Tbr1 révèle une absence de neurones matures ainsi que de progéniteurs gliaux et neuronaux.
La similarité structurelle entre BLTP1 et les protéines VPS13A D, établie grâce aux prédictions d’AlphaFold, suggère que BLTP1 forme un tunnel hydrophobe facilitant le transport de lipides. Nous avons donc comparé les profils lipidomiques des cortex de souris cKO à ceux des témoins. Les cortex des souris transgéniques sont significativement appauvris en phosphatidyléthanolamines, notamment les formes à liaison éther, ainsi qu’en triglycérides, tandis que des accumulations de sphingomyélines et hexosylcéramides sont observées.
Nos observations concordent avec la description récente de BLTP1 en tant que protéine tubulaire impliquée dans le transport lipidique entre le réticulum endoplasmique et la membrane plasmique. Nos données suggèrent que le transport lipidique non vésiculaire est essentiel à la lamination néocorticale et cérébelleuse, et que son altération aboutit à des défaillances neurodéveloppementales majeures.
Jacqueline CHRAST, Stephan COLLINS, Chiara AUWERX, Julijana IVANISEVIC, Nicolas GUEX, Binnaz YALCIN, Alexandre REYMOND (Lausanne, Suisse)
10:00 - 11:00
#49362 - P093 Beyond the de novo paradigm: clinical, molecular and epigenetic insights into familial Rubinstein-Taybi syndrome.
P093 Beyond the de novo paradigm: clinical, molecular and epigenetic insights into familial Rubinstein-Taybi syndrome.
Background: Rubinstein-Taybi syndrome (RTS; MIM 180849 & 613684) is a rare autosomal dominant neurodevelopmental disorder caused by heterozygous loss-of-function variants in CREBBP or EP300, encoding histone acetyltransferases (HAT) critical for chromatin regulation. RTS features global developmental delay, postnatal growth restriction, characteristic facial gestalt, broad, angulated thumbs and halluces, and usually arises de novo. Familial transmission remains exceptionally rare, with only five constitutionally inherited forms reported to date. Yet, in over half of these, either the phenotype of parent-offspring pair is incompletely characterized, or molecular confirmation is lacking, thereby limiting interpretability and hindering deeper insights into familial RTS.
Methods: Through a national effort, we collected extensive clinical and molecular data from five RTS families, comprising 13 affected individuals (five transmitting parents, eight offspring). Findings were compared with previously published familial RTS reports. Peripheral blood DNA methylation profiling was additionally performed to compare RTS-associated methylation patterns in parent–child pairs.
Results: Four families carried CREBBP variants—a terminal exon stop-gain, a bromodomain missense, and a recurrent HAT domain missense. One family carried an EP300 frameshift in exon 8/31. Transmitting parents exhibited milder phenotypes, with cognitive abilities ranging from normal to mild intellectual disability. CREBBP parents showed classical facial traits; the EP300 carrier’s gestalt was less pronounced. Limb malformations were subtler in parents than in offspring, who additionally exhibited classical RTS facial features and global developmental delay. Finally, DNA methylation profiling confirmed the RTS episignature in all 13 individuals, supporting variant pathogenicity.
Discussion: This is the first series-based analysis of familial RTS and the first to examine DNA methylation episignatures in affected parent–child pairs. Our findings indicate that CREBBP and EP300 pathogenic variants may cause attenuated phenotypes in transmitting parents, consistent with partial loss-of-function. Missense variants in CREBBP could act as hypomorphic alleles, whereas terminal exon stop-gain variants likely escape nonsense-mediated decay (NMD), supporting a milder functional impact. CREBBP splice-disrupting synonymous variant reported in the literature likely allows production of residual full-length transcripts. EP300 exon 8/31 frameshift we describe likely triggers NMD but preserves part of the KIX domain, essential for transcription factor binding. Additionally, CNS-specific compensation via a short alternative EP300 isoform including exons 6–7 and 9–11 (ENST00000634690.1) remains plausible. Overall, this study expands our understanding of RTS inheritance, while highlighting the importance of recognizing mildly affected transmitting parents to ensure tailored genetic counseling.
Quentin SABBAGH (Montpellier, Pays-Bas), Samuel FENNELLY, Camille CHARBONNIER, Florence DEMURGER, Alice GOLDENBERG, Sarah GROTTO, Gwenaëlle LANCELOT, Pauline MARZIN, Gaël NICOLAS, Amandine SANTINI, Clément SAUVESTRE, Elise SCHAEFER, Didier LACOMBE, Patricia FERGELOT, Julien VAN GILS
10:00 - 11:00
#49529 - P097 Un variant gain-de-fonction récurrent du RHOGEF TRIO affecte le neurodéveloppement in vivo.
P097 Un variant gain-de-fonction récurrent du RHOGEF TRIO affecte le neurodéveloppement in vivo.
Le RhoGEF TRIO est essentiel au neurodéveloppement en contrôlant le remodelage du cytosquelette d'actine via la GTPase RAC1. Des variants rares de novo du gène TRIO ont été identifiés chez une centaine de personnes atteintes de troubles du neurodéveloppement, majoritairement de déficience intellectuelle. Nous avons précédemment établi une corrélation phénotype/génotype frappante entre les caractéristiques cliniques des individus porteurs de mutations TRIO ciblant différents domaines de la protéine et la modulation opposée de l'activité de TRIO sur RAC1. Nous nous sommes focalisés sur un variant gain-de-fonction (GoF) induisant une hyperactivation de RAC1 et retrouvé de façon récurrente chez les patients présentant une déficience intellectuelle sévère et une macrocéphalie.
Nous avons généré un modèle de souris knock-in (KI) pour ce variant GoF de TRIO. Ces souris présentent un phénotype rappelant le tableau clinique des patients, notamment un retard de croissance général, une macrocéphalie et une dysmorphie cérébrale, ainsi que de l'hyperactivité et des déficits de mémoire et d'interaction sociale. Au niveau moléculaire, nous montrons que le variant GoF induit une hyperactivation de RAC1 dans le cerveau in vivo et impacte la morphogenèse neuronale et notamment la synaptogenèse. Ce nouveau modèle de souris KI représente donc un outil pertinent pour mieux comprendre les conséquences d'un variant rare de TRIO dans les troubles du neurodéveloppement. A long terme, l'identification des voies de signalisation perturbées par ce variant nous permettra de développer une approche pharmacologique comme potentielle stratégie thérapeutique pour ces maladies complexes.
Jeanne BERNARD, Steeve THIRARD, Arpoudamarie ROC, Franck COMUNALE, Angelina ROGLIARDO, Christine FAGOTTO-KAUFMANN, Christelle BERTRAND-GADAY, Cédric ORFÉO, Anne SUTTER, François CASAS, Federica BERTASO, Anne DEBANT, Susanne SCHMIDT (MONTPELLIER)
10:00 - 11:00
#49745 - P101 Confirmation du spectre phénotypique associé à l’haploinsuffisance d’ADGRL1 : description d’une nouvelle cohorte de 14 patients.
P101 Confirmation du spectre phénotypique associé à l’haploinsuffisance d’ADGRL1 : description d’une nouvelle cohorte de 14 patients.
Introduction
La protéine ADGRL1 (Adhesion G protein-coupled receptor L1) est impliquée dans le développement, la maturation et l’activité synaptiques. L’haploinsuffisance d’ADGRL1 a récemment été rapportée pour la première fois en pathologie humaine (Vitobello et al., 2022), avec dix patients hétérozygotes présentant un trouble neurodéveloppemental variable incluant déficience intellectuelle (DI), retard développemental (DD), troubles du spectre de l’autisme (TSA), trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et/ou épilepsie. Des données fonctionnelles chez la souris ont confirmé l’impact de ces variants. Depuis, seule une nouvelle famille a été rapportée dans la littérature. Nous présentons ici une deuxième cohorte de 14 patients non encore publiés, porteurs de variants hétérozygotes d’ADGRL1 avec un phénotype similaire, confirmant l’implication de ce gène dans un trouble neurodéveloppemental chez l’homme (MIM #620065).
Méthodes
Les données cliniques et moléculaires de 14 nouveaux patients ont été recueillies via le réseau de l’ERN-ITHACA, les filières AnDDI-Rares et DéfiScience, et la plateforme GeneMatcher. Les variants identifiés ont été classés selon les critères de l’ACMG. Une comparaison descriptive a été faite avec la cohorte initiale de Vitobello et al.
Résultats
Parmi les 14 patients identifiés (âge médian : 11 ans [4–44]), 12 présentaient un retard des acquisitions motrices (âge médian de la marche : 20 mois [12–24]) et/ou du langage (âge médian des premiers mots : 18 mois [12–36]). Une déficience intellectuelle légère à modérée était rapportée chez 6 patients. 7 patients présentaient un TSA, 5 un TDAH et 5 une épilepsie (crises focales, absences ou crises tonicocloniques généralisées). 6 patients présentaient une dysmorphie non spécifique, sans profil commun identifié. Une macrocéphalie était observée chez 7 patients et une obésité chez 5. Les IRM cérébrales, réalisées chez 9 patients, étaient normales dans la majorité des cas.
Nous avons identifié 7 faux-sens, 4 frameshifts, une délétion des exons 3 à 24 et un variant d’épissage partagé par un patient et sa mère. A l’exception du variant p.(Tyr346Cys) déjà rapporté chez deux patients, aucun de ces variants n’avait été décrit jusqu’ici. 6 variants étaient de novo, 4 hérités d’un parent présentant au moins des difficultés d’apprentissage et la ségrégation parentale n’a pas pu être réalisée dans 4 cas. La majorité des variants était située dans les domaines transmembranaire ou cytosolique de la protéine.
Discussion
Les données observées sont concordantes avec celles précédemment rapportées, confirmant que les variants hétérozygotes d’ADGRL1 sont associés à un spectre neurodéveloppemental incluant DD/DI, TSA, TDAH et épilepsie. La récurrence du variant p.(Tyr346Cys), déjà décrit chez deux patients, suggère un hotspot mutationnel. Cette cohorte indépendante confirme le rôle d’ADGRL1 dans la pathogénie d’un trouble neurodéveloppemental d’expressivité variable.
Benoit MAZEL (Dijon), Sophie NAMBOT, Ange-Line BRUEL, Stephanie RILEY, Mahim JAIN, Georgia VASILEIOU, Amanda BARONE PRITCHARD, Jessica O'SHEA, Asuman KOPARIR, Neda DRAGICEVIC, Katharina STEINDL, Christin KUPPER, Sandra MERCIER, Benjamin COGNE, Michael GÖßLER, Tracy DUDDING-BYTH, Amna OTHMAN, Seth BERGER, Darilyn MAHONEY, Elise BOUDRY, Aurélie Ley LEY, Clémence VANLERBERGHE, Colin ELLIS, Anna PRENTICE, Myrtille SPENTCHIAN, Geoffroy DELPLANCQ, Anne-Sophie DÉNOMMÉ-PICHON, Christel THAUVIN, Antonio VITOBELLO
10:00 - 11:00
#49835 - P105 InDiCE (Intellectual Disability Clustering and Exploration) : intégration de données génomiques et phénotypiques pour l’étude des troubles du développement intellectuel.
P105 InDiCE (Intellectual Disability Clustering and Exploration) : intégration de données génomiques et phénotypiques pour l’étude des troubles du développement intellectuel.
Les troubles du développement intellectuel (TDI) concernent 1 à 3 % de la population et représentent la première cause de consultation en génétique pédiatrique. Le séquençage du génome a nettement amélioré le rendement diagnostique (près de 50 %), mais de nombreux cas restent inexpliqués en raison de l’hétérogénéité phénotypique et des difficultés d’interprétation des données génomiques. Le projet InDiCE (Intellectual Disability Clustering and Exploration), porté par le programme ACCES de l’AP-HP, préfigure l’offre de service Génomique de l’Entrepôt de Données de Santé (EDS) de l’AP-HP, en intégrant des données génomiques à forte valeur ajoutée. Le TDI a été choisi comme cas d’usage pilote. L’objectif est double : i) mieux caractériser les patients grâce à l’analyse combinée de variants génomiques et de phénotypes, et ii) améliorer la prédiction génomique en exploitant les données cliniques non structurées par des approches d’intelligence artificielle (IA), notamment le traitement automatique du langage naturel (TALN).
Deux cohortes de patients atteints de TDI suivis à l’AP-HP seront constituées. La première (WGS-CLIN-DI) correspond aux patients ayant bénéficié d’un séquençage de génome et regroupera environ 15 000 individus (~5 000 cas index). Ces patients index atteints de TDI ou de troubles neurodéveloppementaux apparentés seront identifiés via MOABI. Les données de l’EDS AP-HP associées à ces patients viendront enrichir ces données génomiques. La deuxième cohorte (CLIN-DI) est constituée de patients n’ayant pas bénéficié de ce séquençage de génome mais ayant uniquement des données de l’EDS AP-HP. Cette cohorte est estimée à 50 000 patients. Les données exploitées inclueront :
1) Les données de séquençage du génome 2) Les données phénotypiques et génétiques structurées et non structurées de l’EDS AP-HP, nécessitant le développement d’outils TALN. Les premiers résultats sont attendus pour novembre 2025.
InDiCE permettra de comparer l’apport respectif des données structurées et non structurées pour le phénotypage et la caractérisation génomique du TDI en identifiant notamment de nouvelles causes génétiques de TDI. L’utilisation de modèles IA/TALN réduira la dépendance aux extractions manuelles chronophages et favorisera l’identification automatisée d’entités phénotypiques dans les dossiers médicaux.
Au-delà du TDI, InDiCE préfigure une offre de service Génomique de l’EDS AP-HP, généralisable à toutes les pathologies. Il contribuera à optimiser l’exploitation des ressources existantes (dossier patient, MOABI, BaMaRa), à fluidifier l’accès au diagnostic génétique et à développer de nouveaux outils de présélection pour les essais cliniques. Enfin, il illustre la capacité de l’AP-HP et de ses partenaires à structurer un écosystème innovant, associant experts cliniques, data scientists et infrastructures nationales, dans une dynamique de montée en maturité de l’EDS AP-HP au service de la santé numérique.
Thomas COURTIN (Paris), Boris KEREN, Marlène RIO, Pauline CHASTE, Catherine ENG, Alban LERMINE, Kévin JOUSSELIN, Antonio RAUSELL, Florian JOLY, Nicolas GARCELON, Isabelle DESGUERRE, Benoit FUNALOT, Caroline GERMAIN, Anita BURGUN, Indice CONSORTIUM
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#49877 - P109 Nouvelles variations du gène ATP2B2 identifiées en séquençage génomique : corrélation génotype-phénotype dans les surdités, les troubles du neurodéveloppement et l’épilepsie.
P109 Nouvelles variations du gène ATP2B2 identifiées en séquençage génomique : corrélation génotype-phénotype dans les surdités, les troubles du neurodéveloppement et l’épilepsie.
Le gène ATP2B2 code pour la pompe à calcium PMCA2, exprimée principalement dans les cellules sensorielles de l’oreille et certains neurones spécifiques et permettant la régulation de l’homéostasie calcique intracellulaire. Les variations de ce gène sont associées à un phénotype de surdités isolées d’apparition progressive (OMIM#619804).
Récemment deux publications rapportent des cohortes de patients porteurs de variations faux-sens et tronquantes de ATP2B2 présentant des troubles neurologiques complexes. En 2023, Poggio et al. identifient 7 individus porteurs de variations hétérozygotes rares d’ATP2B2, dont 6 variations de novo et 1 sans ségrégation possible. Ces patients présentent un spectre de symptômes incluant ataxie, dystonie, déficience intellectuelle, troubles du spectre de l’autisme, épilepsie, et parfois une atrophie cérébelleuse, contrastant avec les cas antérieurs de surdité isolée. Les analyses fonctionnelles ont révélé des perturbations significatives de la régulation du calcium intracellulaire, avec des effets tant de perte que de gain de fonction. En 2024, Stehr et al. confirment ces observations en décrivant 5 nouvelles familles porteuses de variations pathogènes, 4 faux-sens de novo et 1 variation tronquante héritée. Les phénotypes incluent un retard de développement, une déficience intellectuelle, une épilepsie, des troubles du spectre de l’autisme, et des troubles moteurs, avec une atrophie cérébelleuse marquée chez un patient.
L’analyse de génome sur la plateforme Auragen a permis l’identification de 8 nouvelles variations chez 15 patients : 5 faux sens, 1 variant d’épissage et 2 tronquants. Parmi elles 2 variations sont de novo, 1 sans ségrégation disponible et 5 sont héritées d’un parent symptomatique et ségrégant dans la famille. Cette cohorte rassemble 8 familles présentant l’ensemble des spectres phénotypiques rapportés dans la littérature : une surdité isolée pour 2 d’entre elles, un trouble du neurodéveloppement de sévérité modérée incluant des troubles du spectre de l’autisme, un retard des acquisitions et/ou une déficience intellectuelle chez 4 familles et un trouble du neurodéveloppement plus sévère avec une épilepsie au premier plan pour les 2 dernières. Ce travail permet d’étayer les corrélations génotype-phénotype suspectées dans les précédentes publications et de renforcer l’implication d’ATP2B2 dans les troubles du neurodéveloppement, dessinant les contours de trois phénotypes distincts : une surdité isolée et un trouble du neurodéveloppement avec et sans épilepsie.
Tristan CELSE (Grenoble), Marie-Noelle BONNET-DUPEYRON, Elise BRISCHOUX-BOUCHER, Anne Sophie DENOMME-PICHON, Delphine DUPIN-DEGUINE, Benjamin DURAND, Clémence FAUCONNIER-FATUS, Gaetan LESCA, Luke MANSARD, Sophie NAUDION, Linda PONS, Caroline RACINE, Anne-Françoise ROUX, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Renaud TOURAINE, Laurent VILLARD, Olivier GRUNEWALD
10:00 - 11:00
#48863 - P113 Séquençage du génome entier dans les formes non résolues de calcifications cérébrales : implication de NOTCH1 et nouveaux gènes candidats.
P113 Séquençage du génome entier dans les formes non résolues de calcifications cérébrales : implication de NOTCH1 et nouveaux gènes candidats.
Les calcifications cérébrales primaires (CCP) sont une maladie neurologique rare, caractérisée par des calcifications dans les noyaux gris centraux et d'autres régions cérébrales. Quatre gènes de transmission autosomique dominante, SLC20A2, PDGFB, PDGFRB et XPR1, et trois de transmission autosomique récessive, MYORG, JAM2 et NAA60 ont été identifiés. Pourtant, environ 50% des patients restent sans diagnostic moléculaire. Nous avons mené une étude visant à explorer les cas non résolus de CCP à l'aide du séquençage du génome (WGS), afin d’identifier de nouveaux variants et mieux comprendre la physiopathologie sous-jacente.
Le WGS a été réalisé au CNRGH (CEA, Evry) chez 25 individus issus de 17 familles non apparentées présentant des calcifications cérébrales inexpliquées malgré un exome négatif. Les analyses bioinformatiques ont consisté en l’alignement sur le génome de référence GRCh38, la détection de variants nucléotidiques par DeepVariant, de variants structuraux (SV) via CANVAS et MANTA, ainsi que l’annotation par SnpEff, AnnotSV et des scripts développés au laboratoire pour les régions non codantes. L’analyse a débuté par l’exploration ciblée de variants dans une liste de gènes d’intérêt. Des analyses ont été menées selon le mode de transmission supposé, mais également des analyses de récurrence, puis ces résultats ont été répliqués dans une base interne d’exomes de patients atteints. Nous avons également interrogé les bases nationales du plan France Médecine Génomique via Auramatcher et GleavesAD. Des analyses de ségrégation familiale ont été effectuées par séquençage Sanger.
Des variants probablement pathogènes ont été identifiés dans le gène NOTCH1 chez trois familles, associés à un phénotype nouvellement décrit combinant une leucoencéphalopathie cérébrale et des calcifications pontiques. Il a également été mis en évidence cinq variants de signification incertaine. La majorité des variants localisés dans le domaine de régulation négative sont supposés induire un gain de fonction, contrairement aux variants décrits dans les phénotypes déjà connus associés au gène NOTCH1 tel que le syndrome d’Adams-Oliver. Par ailleurs, des variants candidats ont été identifiés dans deux gènes jusqu’ici non associés aux calcifications cérébrales : Trois variants faux-sens dans KIDINS220, un modulateur de l’exportateur de phosphate XPR1, et deux variants faux-sens dans SLC8A3, codant pour un échangeur Na⁺/Ca²⁺ co-exprimé avec des transporteurs de phosphate. Aucun variant non codant ni SV jugé pertinent n’a été retrouvé dans les gènes associés aux CCP.
Ce travail soutient l’implication de variants gain de fonction de NOTCH1 dans un sous-groupe de calcifications cérébrales de l’adulte, associées à une leucoencéphalopathie, une atteinte du pont, et des troubles cognitifs. Des variants rares dans KIDINS220 et SLC8A3 ont été identifiés, gènes jusqu’ici non associés aux CCP, mais présentant une pertinence biologique justifiant des investigations complémentaires.
Florian BOULIN (Rouen), Antoine BONNEVALLE, Anne-Claire RICHARD, Olivier QUENEZ, Sophie COUTANT, Benjamin HEBANT, David WALLON, Catherine SARRET, Laetitia GOUAS, Sandra MERCIER, Jean CHIESA, Giovanni CASTELNOVO, Annabelle CHAUSSENOT, Aurore GARDE, Christophe PHILIPPE, Yann NADJAR, Adriana PRUNDEAN, Hélène-Marie LANOISELÉE, Béatrice LAUDIER, Robert OLASO, Jean-François DELEUZE, Kévin CASSINARI, Gaël NICOLAS
10:00 - 11:00
#48956 - P117 Mise en place d’un algorithme de classification clinique des facteurs de risque génétiques de maladie d’Alzheimer : application prospective à 2083 patients et intégration de tests fonctionnels à grande échelle pour la reclassification de variants.
P117 Mise en place d’un algorithme de classification clinique des facteurs de risque génétiques de maladie d’Alzheimer : application prospective à 2083 patients et intégration de tests fonctionnels à grande échelle pour la reclassification de variants.
La maladie d’Alzheimer (MA) est autosomique dominante (variants pathogènes d’APP, PSEN1 ou PSEN2) dans <1% des cas, 12% parmi les MA jeunes (MAJ, début ≤65 ans). Les autres ont probablement une forme complexe à forte composante génétique, surtout dans la MAJ. De nombreux facteurs de risque (FDR) génétiques ont été identifiés, de l’allèle E4 d’APOE, fréquent (9-23% de porteurs) et à effet modéré à fort, aux résultats des études pangénomiques sur puces ou variants rares en exome. A ce jour, identifier un FDR n’a pas d’impact direct sur la prise en soins. Pourtant, le rendu médical s’avère utile pour 1) contribuer à comprendre la maladie, 2) identifier des arguments en faveur d’un oligogénisme et 3) préparer les essais thérapeutiques. Néanmoins, aucune recommandation ne propose de classification clinique des FDR, à l’instar de l’ACMG-AMP pour les maladies Mendéliennes.
Nous avons mis au point un algorithme de classification des FDR dans la MA basé sur 1) le niveau de preuve d’association du gène, 2) l’interprétation au niveau du variant (ex. association significative à l’échelle du génome, perte de fonction (LOF) dans un gène dont le burden de LOF est significativement associé, effet fonctionnel démontré sur ≥2 tests) et 3) le niveau de l’association, divisé en tranches d’odds ratio (OR<1.5 faible, non rendu ; 1.5 5 fort).
Nous avons appliqué cet algorithme à une série prospective de 2083 cas index non apparentés séquencés en exome, 700 de l’étude ECASCAD puis 1383 consécutifs (1969 MAJ, 114 début 65-75 ans), diagnostic de MA soutenu par biomarqueurs chez 99.7%. Nous avons identifié 71 variants pathogènes dans APP, PSEN1 ou PSEN2 (3,5% des MAJ, nouvelles familles), 19 autres copathologies monogéniques démentielles ou diagnostics différentiels.
Chez les 1993 restants, 1326 (66%) portaient ≥1 FDR modeste, modéré ou fort (MMF), dont 269 (13.5%) ≥1 FDR rare, 173 (8.7%) ≥ 2 FDR et 21 (1%) ≥3 FDR, suggérant une hérédité oligogénique. Par ailleurs, 1227 (61,5%) portaient ≥1 FDR rare modéré ou fort, dont 175 (8,8%) au moins un rare. Parmi les MAJ avec antécédent familial de MAJ sur une autre génération, compatible avec un trait dominant, 11,6% avaient une forme monogénique et 86%, ≥1 FDR MMF.
Dans notre algorithme, les variants faux sens non significativement associés sont de signification incertaine (VSI) et non rendus. Nous avons extrait 92 VSI du gène FDR majeur SORL1, dont les tronquants ont un OR>27, et réalisé des études multiples in vitro (surexpression, édition CRISPR/Cas9, Aβ binding assays) et mesuré la protéine SORL1 soluble dans le LCR de 151 individus. En exigeant ≥2 tests concordants pour considérer un effet LOF, 20/92 variants (21.7%) ont été reclassés en FDR probable.
L’utilisation de notre algorithme est faisable et les résultats sont rendus en prospectif depuis 2018, distinctement des gènes Mendélien, avec courrier explicatif. L’impact psychosocial a été étudié et est présenté dans un autre abstract.
Gaël NICOLAS (Rouen), Laetitia MIGUEL, Anne ROVELET-LECRUX, Romain CASTELOT, Sébastien FEUILLETTE, Aline ZAREA, Muriel QUILLARD-MURAINE, Stéphane ROUSSEAU, Anne-Claire RICHARD, Olivier QUENEZ, Catherine SCHRAMM, Camille CHARBONNIER, Jean-François DELEUZE, Cnrmaj COLLABORATEURS, Magalie LECOURTOIS, David WALLON
10:00 - 11:00
#49047 - P121 La leucodystrophie métachromatique à La Réunion : étude rétrospective de 1994 à 2024, identification d'un possible effet fondateur.
P121 La leucodystrophie métachromatique à La Réunion : étude rétrospective de 1994 à 2024, identification d'un possible effet fondateur.
Introduction :
La leucodystrophie métachromatique (LDM) est une maladie de surcharge lysosomale rare, neurodégénérative de transmission autosomique récessive, le plus souvent en lien avec des mutations du gène ARSA. Sur l’île de La Réunion, l’ensemble des patients sont porteurs de la même mutations récurrente soit à l’état homozygote soit à l’état hétérozygote composite, suggérant un possible effet fondateur. L’histoire naturelle de la maladie semble en corrélation avec le génotype.
Objectif :
Mettre en évidence l’existence d’une mutation récurrente dans la population réunionnaise avec un possible effet fondateur. Description de l’histoire naturelle de la maladie et établir une corrélation génotype phénotype.
Méthodes :
Étude rétrospective descriptive incluant tous les cas de LDM diagnostiqués entre 1994 et 2025 sur l’île de la Réunion.
Résultats :
Sur 15 patients, 10 présentaient la même mutation homozygote dans ARSA, p.Arg246His (c.737G>A), et 2 à l’état hétérozygote composite. Ils sont tous originaires de l’île de La Réunion.
On observe, en l’absence de traitement, une histoire naturelle superposable, avec une entrée dans la maladie prédominant sur l’atteinte motrice avec des chutes à répétition.
L’évolution vers la grabatisation est rapide et le décès se fait généralement avant l’âge de 10 ans.
La ségrégation familiale a permis le diagnostic précoce à la phase pré symptomatique d’un jeune frère ayant pu bénéficier d’une thérapie génique.
Conclusion :
Cette étude suggère la présence d’un effet fondateur à La Réunion en lien avec la variation dans ARSA p.Arg246His (c.737G>A). L’histoire naturelle de la maladie est à cheval entre la forme infantile tardive, pour sa rapidité d’évolution, et la forme juvénile précoce, pour son mode d’entrée dans la maladie.
Avec l’émergence de nouveaux traitements, notamment la thérapie génique, il est primordial que ses enfants soient diagnostiqués en pré symptomatique ou early symptomatique.
La LDM pourrait être éligible au programme de dépistage néonatal national.
Anais CALAYA (La Réunion), Valérie TROMMSDORFF
10:00 - 11:00
#49216 - P125 Syndrome de CANVAS : étude rétrospective sur une cohorte de 1019 patients analysés.
P125 Syndrome de CANVAS : étude rétrospective sur une cohorte de 1019 patients analysés.
Introduction : Le syndrome de CANVAS est une maladie neurologique génétique de transmission autosomique récessive. Elle est caractérisée par une triade clinique constituée d’une neuropathie sensitive, une ataxie cérébelleuse et une aréflexie vestibulaire. Le diagnostic moléculaire est majoritairement lié à l’expansion biallélique de la répétition (AAGGG)n dans l’intron 2 du gène RFC1.
Objectif : Nous rapportons une étude rétrospective réalisée sur 4 ans sur une cohorte de patients suspects de CANVAS adressés au laboratoire de génétique moléculaire au CHU de la Timone à Marseille.
Patients et méthode : 1019 patients suspects de CANVAS ont été inclus. Trois analyses moléculaires successives ont été réalisées : Short Range PCR, Repeat-Primed PCR puis Long Range PCR. Dans certains cas, un séquençage Sanger a été effectué.
Résultats : L’étude a inclus 1006 cas index et 13 apparentés (10 familles) avec 563 hommes (55%) et 456 femmes (45%). L’âge des patients variait de 17 à 94 ans, avec une médiane à 70 ans. Le rendement diagnostic est de 19% (193 patients). Parmi eux 191 patients (99%) sont homozygotes (AAGGG)n/(AAGGG)n et 2 patients (1%) portent des motifs atypiques : un patient tahitien présentant un génotype (AAAGG)₁₀₋₂₅ + (AAGGG)n, et un patient originaire de la région Asie-Pacifique avec un motif (AAGGG)n/(ACAGG)n. Sur les 193 patients homozygotes identifiés, les données cliniques étaient disponibles pour 98 cas. Parmi eux, 49 patients (50%) avaient une neuropathie associée à une ataxie, 33 patients (34%) présentaient une neuropathie isolée, 22 patients (22%) présentaient la triade clinique caractéristique, 9 patients (9%) présentaient une neuropathie associée à une aréflexie et 5 patients (5%) présentaient uniquement une ataxie cérébelleuse.
Par ailleurs, 139 patients (14%) sont hétérozygotes pour l’expansion pathologique. Parmi lesquels 128 cas (92%) ont présenté le génotype (AAAAG)n/(AAGGG)n et 11 cas (8%) ont présenté le génotype (AAAGG)n/(AAGGG)n. Un séquençage Sanger a été réalisé pour certains patients hétérozygotes et n’a pas identifié d’anomalie moléculaire.
Discussion et conclusion : Cette étude montre que le syndrome de CANVAS est la plus fréquente des neuropathies sensitives. En effet, le rendement diagnostic des HSAN est d’environ 1% alors que ce syndrome a un rendement diagnostic de 19% d’après cette étude. Il existe des motifs atypiques mais également des patients porteurs de mutations non-sens dans le gène RFC1 qui nous laisse à penser que d’autres défauts moléculaires restent à identifier. Le séquençage long read représente ainsi la technique d’avenir pour le diagnostic moléculaire de cette maladie.
Syrine BOUAZIZI, Amandine BOYER, Emilien DELMONT, Annie VERSCHUEREN, Emmanuelle CAMPANA-SALORT, Aude-Marie GRAPPERON, Ludivine KOUTON, Shahram ATTARIAN, Nathalie BONELLO-PALOT (MARSEILLE)
10:00 - 11:00
#49251 - P129 Les données biochimiques de perte de fonction du gène SIM1 augmentent la probabilité d'une réponse clinique favorable en termes de perte de poids au setmélanotide, un agoniste du récepteur de type-4 aux mélanocortines (MC4R).
P129 Les données biochimiques de perte de fonction du gène SIM1 augmentent la probabilité d'une réponse clinique favorable en termes de perte de poids au setmélanotide, un agoniste du récepteur de type-4 aux mélanocortines (MC4R).
Objectif : Le facteur de transcription ‘Single-minded homolog 1’ (SIM1) est exprimé par la majorité des neurones du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus. Parmi ces neurones, ceux exprimant le récepteur de type-4 aux mélanocortines (MC4R) jouent un rôle central dans la régulation de la satiété et du poids. Des variants rares de perte de fonction (LOF) de SIM1 sont associés à une obésité sévère précoce et à une hyperphagie. Parmi environ 50 000 individus atteints d’obésité sévère ayant bénéficié d’un séquençage, 243 variants faux-sens de SIM1 ont été identifiés chez 594 patients (1,3%). Parmi eux, 20 patients, porteurs de 17 variants uniques, ont été inclus dans l’essai clinique DAYBREAK. Dans cette analyse rétrospective, nous avons évalué si l’impact fonctionnel de ces variants sur SIM1 pouvaient prédire la réponse au setmélanotide sur la perte de poids.
Matériel/Patients et Méthodes : L’impact fonctionnel de 213 variants faux-sens du gène SIM1 a été évalué en utilisant un gène rapporteur de la luciférase. La réponse clinique a été définie comme une variation de l’indice de masse corporelle (IMC) ≥5 % entre l’inclusion dans l’étude et la 16ème semaine.
Résultats: Vingt patients porteurs de l’un des 17 variants rares du gène SIM1 ont été inclus dans l’essai DAYBREAK (15 variants de signification incertaine [VSI] et 2 probablement pathogènes selon les critères de l’ACMG). Au total, 5 des 20 patients ont obtenu une réduction de l’IMC ≥5 % à 16 semaines (25 %). Une analyse post hoc a été réalisée afin de déterminer si les résultats des tests fonctionnels in vitro permettaient de prédire l’issue du traitement. Les données étaient disponibles pour 13 variants portés par 16 patients. Sept des 13 variants étaient prédits comme conservant une activité de type sauvage (TS), tandis que 6 étaient associés à une perte de fonction (LOF). Les 7 patients porteurs des 7 variants TS ont soit interrompu l’essai, soit n’ont pas perdu de poids. Parmi les 9 patients porteurs d’un variant LOF, 4 (44 %) ont répondu au traitement.
Le variant p.Asp707His, connu pour avoir un effet modérément délétère et une pénétrance variable, a été retrouvé chez 3 patients, avec une évolution variable de leur IMC à 16 semaines (−15,1 %, −3,3 % et +1,1 %). Des résultats comparables ont été observés chez les 16 patients ayant terminé les 16 semaines de traitement : 5 (31 %) ont présenté une réduction de l’IMC ≥5 %. Dix variants ont été analysés fonctionnellement. En excluant les variants TS et ceux non caractérisés, 8 patients étaient porteurs de variants LOF, et 4 d’entre eux ont répondu au traitement (50 %). Parmi les 4 non-répondeurs porteurs de variants LOF, 2 étaient porteurs du variant p.Asp707His.
Conclusion: Ces données montrent l'importance de la caractérisation fonctionnelle des VSI de SIM1 pour interpréter leur signification clinique et évaluer leur intérêt potentiel dans le cadre d’un traitement par setmélanotide.
Patrick SLEIMAN, Gloria ORTIZ, Dorit KOREN, Jill C. GARRISON (Boston, Etats-Unis), Alastair S GARFIELD, Bhavik P. SHAH, Marta RAMÓN, Sadaf FAROOQI
10:00 - 11:00
#49291 - P133 Gains de copies des gènes COL4A1 et COL4A2 comme cause génétique de maladie des petites artères cérébrales de l’adulte.
P133 Gains de copies des gènes COL4A1 et COL4A2 comme cause génétique de maladie des petites artères cérébrales de l’adulte.
Les maladies des petites artères cérébrales (MPAC) représentent une cause majeure d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de démence vasculaire, mais leurs mécanismes demeurent encore peu élucidés. Alors que les variants de type glycine ou perte de fonction de COL4A1 et COL4A2 sont des causes monogéniques de MPAC maintenant bien établies, le rôle des gains de copies (duplications/triplications) de ces gènes n’a été reconnu que très récemment, et les cas rapportés à ce jour dans la littérature demeurent très limités.
Nous rapportons ici la plus grande cohorte décrite à ce jour de patients adultes porteurs d’une duplication ou triplication de COL4A1 et COL4A2 (7 cas index et 1 apparenté). L’identification des réarrangements s’est faite par une approche combinée associant séquençage ciblé à haut débit, PCR semi-quantitative, puces à ADN et, dans certains cas, hybridation in situ en fluorescence (FISH). Ces analyses ont confirmé, chez tous les patients, la présence de réarrangements de taille variable dans la région 13q33q34. Sur le plan clinique et radiologique, ces anomalies génétiques induisent un phénotype cérébral homogène mais d’expression variable, caractérisé par des AVC ischémiques ou hémorragiques précoces, des infarctus pontiques, des hypersignaux de la substance blanche et des microhémorragies. Des anomalies artérielles intracrâniennes (anévrismes, dolichoectasies) ont également été observées chez plusieurs patients, suggérant une atteinte diffuse des petits et grands vaisseaux.
Contrairement aux variants glycine ou pertes de fonction, associés à un tableau pléiotropique multisystémique, les duplications/triplications de COL4A1/2 entraînent un phénotype strictement cérébral, débutant à l’âge adulte et proche de la microangiopathie pontine autosomique dominante (PADMAL). Les caractéristiques à l’IRM (lacunes notamment au niveau du pont, hypersignaux confluents de la substance blanche, présence de microhémorragies) renforcent l’hypothèse d’une microangiopathie diffuse liée à la surexpression de COL4A1/2.
La variabilité clinique observée reflète probablement l’hétérogénéité des duplications/triplications et l’influence de facteurs environnementaux. L’absence fréquente d’histoire familiale souligne l’importance d’un dépistage génétique même dans les formes sporadiques. Enfin, la surexpression démontrée dans les fibroblastes confirme le caractère pathogène de ces anomalies et ouvre la voie à des stratégies thérapeutiques visant à réduire, plutôt qu’abolir, l’expression de COL4A1/2.
Dominique HERVÉ, Saskia A J LESNIK OBERSTEIN, Eva PIPIRAS, Steven J KITTNER, Dimitri RENARD, Hélène MOREL, Françoise BERGAMETTI, Michaelle CORPECHOT, Gwénola BOULDAY, Stéphanie GUEY, Chaker ALOUI, Elisabeth TOURNIER-LASSERVE, Thibault COSTE (PARIS)
10:00 - 11:00
#49367 - P137 Étude du rôle du gène LAMC1 dans les maladies des petites artères cérébrales.
P137 Étude du rôle du gène LAMC1 dans les maladies des petites artères cérébrales.
Contexte :
Les microangiopathies cérébrales (MPAC) constituent un groupe hétérogène de maladies touchant les petits vaisseaux cérébraux, à l’origine d’accidents vasculaires, de troubles cognitifs ou moteurs. Si certaines formes monogéniques sont bien décrites, notamment celles liées à NOTCH3, COL4A1/A2 ou HTRA1, de nombreux cas restent sans cause génétique identifiée. Des travaux récents de notre équipe ont montré le rôle d’autres gènes du matrisome, codant pour des protéines de la matrice extracellulaire (MEC), comme LAMB1 dans une forme monogénique. Une association avec des variants de LAMC1 (laminine gamma-1) a par ailleurs été décrite dans les formes polygéniques de MPAC. Les laminines, éléments majeurs de la MEC, sont des hétérotrimères αβγ, jouant un rôle essentiel dans la cohésion vasculaire et la signalisation cellulaire. Le gène LAMC1, code la sous-unité γ1 qui interagit notamment avec COL4A1/2 et NID2, renforçant l’hypothèse de son implication dans l’intégrité vasculaire cérébrale.
Objectif :
L’objectif de cette étude visait à explorer l’implication de variants rares du gène LAMC1 dans les MPAC.
Matériel et méthodes : Une cohorte de 6987 patients consécutifs, orientés vers notre laboratoire entre 2018 et 2025 pour suspicion d’une MPAC d’origine génétique, a fait l’objet d’un séquençage NGS incluant le gène LAMC1. La fréquence des variants rares et prédits pathogènes détectés dans cette cohorte a été comparée à la cohorte contrôle GnomAD.
Résultats :
Dans la cohorte, 447 variants distincts du gène LAMC1 ont été identifiés. Ces variants, présents avec des fréquences variables, concernaient environ 5930 patients, certains variants étant uniques (singleton), d’autres retrouvés chez plusieurs individus. Après filtrage sur la fréquence <1/10 000 (gnomAD v4) et la pathogénicité prédite par 2 outils in silico (Alpha missense et REVEL), un total de 13 variants distincts chez 14 patients index a été retenu.
Aucune différence statistiquement significative n’a été observée pour ce qui est des variants faux-sens pris dans leur globalité.
Par contre, une fréquence significativement plus élevée de variants pLoF (perte de fonction) a été observée dans la cohorte MPAC (p=0.0025).
Conclusion et perspectives :
Nous avons mis en évidence une association significative entre MPAC et variants perte de fonction de LAMC1. Une étude de la ségrégation familiale des variants pLoF avec le phénotype MPAC est en cours chez les apparentés des index mutés. Elle sera suivie d’une analyse phénotypique détaillée, clinique et IRM, de tous les patients identifiés. Une analyse in silico 3D sera par ailleurs réalisée pour ceux des variants faux-sens identifiés qui sont absents de la base de données GnomAD.
Chloé TALARMIN-GAS (Paris), Elisabeth TOURNIER-LASSERVE
10:00 - 11:00
#49400 - P141 La séquence des motifs répétés CAG dans les dégénérescences spinocérébelleuses.
P141 La séquence des motifs répétés CAG dans les dégénérescences spinocérébelleuses.
Contexte : Les ataxies cérébelleuses autosomiques dominantes (SCA) sont des maladies neurodégénératives affectant les voies spino-cérébelleuses. Les expansions de motifs répétés représentent 60% de leurs causes connues. La taille seuil de ces répétitions définit leur pathogénicité, tandis que la présence d’interruptions dans la séquence répétée peut modifier l’expression clinique.
Méthodes : Nous avons analysé, par séquençage short-read d’amplicons, la séquence répétée des principales formes d’ataxies autosomiques dominantes causées par expansion codante CAG dans les gènes ATXN1, ATXN2, ATXN3 et ATXN7, chez 993 individus porteurs d’une expansion CAG.
Résultats : Des interruptions CAA au sein des expansions CAG ont été identifiées dans ATXN2 chez 5 patients sur 214 cas (2,3%). Les expansions CAG dans ATXN1 (n=208), ATXN3 (n=461) et ATXN7 (n=110) étaient pures sans interruption. En fonction de la taille de l’expansion CAG, les interruptions CAA dans ATXN2 modifient le phénotype de SCA2 : pour les petites expansions, les interruptions CAA sont associées à un syndrome parkinsonien et pour les grandes expansions, à un âge de début de l’ataxie plus tardif de 30 ans pour le cas concerné. L’instabilité somatique habituelle des expansions était absente dans les expansions interrompues. Le séquençage short-read a permis d’obtenir à la fois la taille et la séquence de l’expansion CAG, dans les limites actuelles de la taille du read, jusqu’à 600 bases.
Conclusion : Le séquençage short-read permet de caractériser la taille et la composition des expansions CAG de taille habituelle. Cette approche met en évidence le rôle des interruptions CAA dans ATXN2, qui modifient le phénotype clinique de SCA2, d’une ataxie en un syndrome parkinsonien. Ce résultat permet une meilleure stratification génétique et clinique de SCA2. La variabilité de l'âge de début des symptômes, au-delà de la taille de l’expansion CAG, suggère l’existence de modificateurs génétiques encore à identifier.
Jean-Loup MÉREAUX, Claire-Sophie DAVOINE (Paris), Emilien PETIT, Claire EWENCZYK, Anna HEINZMANN, Giulia COARELLI, Alexandra DURR
10:00 - 11:00
#49607 - P145 Expansion de triplets CAG pathologique à pénétrance incomplète dans TBP et variations dans STUB1 : à propos de 3 cas avec phénotype Huntington-like.
P145 Expansion de triplets CAG pathologique à pénétrance incomplète dans TBP et variations dans STUB1 : à propos de 3 cas avec phénotype Huntington-like.
Introduction
Les expansions complètes (> 49 CAG) dans TBP sont responsables de l’ataxie spinocérébelleuse de type 17 (SCA17), caractérisée par un phénotype Huntington-like. Une zone pathologique à pénétrance incomplète entre 41 et 48 triplets est rapportée. Les variations de STUB1 sont associées à une ataxie autosomique récessive (SCAR16) et à une SCA autosomique dominante (SCA48) avec ataxie cérébelleuse tardive et troubles cognitifs. Une association TBP41-48/STUB1 a été initialement décrite par Magri et al. en 2022, alors que d’autres séries de patients avec STUB1 (Barbier et al., 2023 ; Palombo et al., 2024 ; Van Projie et al., 2024 ; De Winter et al., 2025) suggèrent que STUB1 est une maladie monogénique et que TBP intermédiaire aurait un effet modificateur menant à une ataxie cérébelleuse avec troubles cognitifs majorés et progression plus rapide.
Cas cliniques
Nous rapportons 3 cas issus de 3 familles distinctes avec ataxie cérébelleuse, troubles cognitifs dysexécutifs, syndrome pyramidal avec un début moyen à 38 ans (28-48 ans). D’autres atteintes pouvaient être présentes selon les cas : mouvements choréiques, dystonie, troubles psycho-comportementaux de type désinhibition, agressivité, irritabilité. Une maladie de Huntington avait été évoquée devant le tableau clinique de chaque patient puis infirmée par l’analyse moléculaire. Selon les recommandations, SCA17 avait été évoqué, toutefois un allèle TBP intermédiaire avait été retrouvé. Les IRM cérébrales montraient une atrophie cérébelleuse. Pour une famille, un diagnostic prénatal pour SCA17 avait été demandé.
Analyses moléculaires
Le séquençage complet des exons du gène STUB1 par Sanger a mis en évidence une association TBP41-48/STUB1 :
- 43 triplets +/- 1 dans TBP et variation non-sens c.544C>T p.(Arg182*) au niveau de l’exon 4 de gène STUB1 (classe 4).
- 41 +/- 1 triplets dans le gène TBP et variation faux-sens c.194A>G p.(Asn65Ser) au niveau de l’exon 2 du gène STUB1 (classe 4).
- 43 triplets +/- 1 dans TBP et variation faux-sens c.728C>T p.(Pro243Leu) au niveau de l’exon 6 du gène STUB1 (classe 4). Duplication interstitielle hétérozygote en 2p11.2 (variant de signification inconnue) à l’analyse chromosomique sur puce à ADN. Ce patient avait eu des troubles de l’apprentissage dans l’enfance.
Discussion et conclusion
Dans les 3 cas, l’imputabilité des allèles intermédiaires TBP41-48 paraissait insuffisante devant un tableau neurologique complexe et sévère. L’analyse supplémentaire de STUB1 a permis de mettre en évidence une association STUB1/ TBP41-48 expliquant le phénotype. Nos cas illustrent la pertinence d’une recherche systématique de variation de STUB1 concomitante à des allèles TBP41-48 en cas de phénotype Huntington-like. Cette association rend le conseil génétique complexe. En cas de demande de diagnostic présymptomatique, il parait indispensable de connaître le statut du cas index pour les deux gènes pour informer au mieux de la pénétrance et de la sévérité du phénotype attendu.
Sophie GRESSER (Nancy), Armand HOCQUEL, Noémie WILLAUME, Vincent HUIN, Constance WELLS, Mélanie CLOTEAU, Mylène DEXHEIMER, Jean-Marie RAVEL, Cécilia MARELLI, Céline BONNET, Mathilde RENAUD
10:00 - 11:00
#49784 - P149 Etude clinique et génétique des épilepsies syndromiques : apport du séquençage de l’exome.
P149 Etude clinique et génétique des épilepsies syndromiques : apport du séquençage de l’exome.
INTRODUCTION
Les épilepsies représentent un défi majeur de santé publique en raison de la complexité de leur prise en charge. Les progrès du séquençage à haut débit, en particulier le séquençage de l'exome (SE), ont permis d'identifier un nombre croissant de gènes impliqués, mettant en évidence une importante hétérogénéité génétique.
Notre objectif est de décrire le profil clinique et génétique d’une série de patients tunisiens épileptiques explorés par SE.
METHODES
Étude descriptive et rétrospective portant sur une série de patients tunisiens présentant une épilepsie syndromique, suivis au service de génétique de l’hôpital Mongi Slim de la Marsa sur une période de 11 ans (2012-2023), avec au moins un cas index par famille ayant bénéficié d’un SE.
Le SE a été réalisé avec la technologie short read d’Illumina, avec la recherche concomitante de variations du nombre de copies (CNV).
RESULTAS
Nous avons colligé 37 patients issus de 34 familles différentes. Une consanguinité a été retrouvée dans 35% des cas et des antécédents familiaux d’épilepsie étaient notés chez 38% des familles.
Un retard de développement global a été observé chez 94 % des patients. Une dysmorphie faciale a été retrouvée dans 68% des cas et 86% des patients avaient des malformations congénitales associées. L’âge moyen au début des crises épileptiques était de 10 mois, avec 89% de cas à début infantile et 22% à début néonatal. L'épilepsie généralisée était la plus fréquente (54%), suivie de l'épilepsie focale et généralisée combinée (30%) et de l'épilepsie focale (16%). L’épilepsie était associée à d’autres manifestations neurologiques dans 73% des cas. Elle était pharmaco-résistante dans 47% des patients. Des anomalies cérébrales ont été observées chez 64% des patients. Un tracé EEG pathologique était noté dans 87% des cas.
Le SE, réalisé en première intention ou après un caryotype sanguin normal chez 74% des patients, a identifié 35 variations différentes, dont 32 variations nucléotidiques au niveau de 30 gènes différents et trois CNV. Un diagnostic génétique a été établi chez 81% des patients. Sept patients étaient porteurs de variants de signification incertaine. Six patients avaient des variants de novo et 15 des variations héritées. Parmi les variations causales, 30% étaient situées sur des gènes actionnables.
CONCLUSIONS
À travers ce travail, nous avons pu obtenir un aperçu du spectre génétique des épilepsies syndromiques dans la population tunisienne. L'identification de variants délétères dans des gènes actionnables a influencé la prise en charge des crises épileptiques, selon le gène et/ou le variant impliqué.
L'établissement d'un diagnostic génétique a permis de mettre fin à l'errance diagnostique, d'orienter le dépistage des comorbidités extra-neurologiques, d'instaurer une prise en charge multidisciplinaire adaptée et de fournir un conseil génétique chez 81% de nos patients.
Feriel AGREBI (Bron), Houweyda JILANI, Imen REJEB, Yasmina ELARIBI, Sana KAROUI, Rahma KCHAOU, Maysa MERIDA, Mariem MKADMINI, Hedia KLAA, Zouhour MILEDI, Ichraf KRAOUA, Lamia BEN JEMAA
10:00 - 11:00
#49966 - P153 Stratégie de diagnostic moléculaire de l'ataxie tardive SCA27B liée aux expansions introniques gaa dans le gène fgf14 : application à une large cohorte européenne de 1895 patients.
P153 Stratégie de diagnostic moléculaire de l'ataxie tardive SCA27B liée aux expansions introniques gaa dans le gène fgf14 : application à une large cohorte européenne de 1895 patients.
Les expansions GAA dans l'intron 1 du gène FGF14 sont une cause fréquente d'ataxie cérébelleuse héréditaire de transmission autosomique dominante (ataxie GAA-FGF14 ; ataxie spinocérébelleuse 27B, SCA27B), en particulier en cas d’ataxie tardive (Late Onset Cerebellar Ataxia : LOCA). SCA27B se caractérise classiquement par un syndrome cérébelleux lentement progressif, à début épisodique dans plus de 2/3 des cas, au-delà de 40 ans.
Une stratégie de diagnostic moléculaire en trois étapes a été développée au laboratoire de Génétique de Nancy : une LR-PCR fluorescente pour déterminer la taille des allèles, une triplet-primed PCR (TP-PCR) bidirectionnelle pour vérifier la présence et la nature de l’expansion (profil dentelé si le motif est GAA), et enfin une électrophorèse sur gel des produits de LR-PCR et/ou un séquençage de Sanger selon le profil observé en TP-PCR. Une seconde LR-PCR peut être réalisée afin d’amplifier spécifiquement les allèles supérieurs à 30 GAA et faciliter la lecture du séquençage Sanger si besoin. Les haplotypes des allèles FGF14 peuvent être déterminés grâce à un panel de marqueurs microsatellites, ce qui permet de préciser leur transmission intrafamiliale.
Cette stratégie a été validée en la comparant au séquençage long-read Nanopore sur 22 patients canadiens-français SCA27B et par la suite sur une cohorte de 53 patients nancéiens atteints de LOCA non résolue. A ce jour, nous avons étudié une cohorte de 1895 patients avec LOCA indéterminée, recrutés au niveau européen. Au total, nous avons identifié 401 patients (29,4 %) porteurs d’expansions FGF14 (GAA) ≥ 250, dont 74 (3,9 %) avec des expansions entre 250 et 300 GAA (allèles intermédiaires à pénétrance incomplète) et 87 (4,5 %) avec des expansions entre 200 et 250 GAA (allèles en zone grise). Des indices croissants suggèrent la possible pathogénicité des allèles en zone grise, ce qui pourrait conduire à abaisser le seuil. Des études internationales seront nécessaires afin d’affiner leur interprétation. De même, des expansions non-GAA-pures et des interruptions GAA, non considérées pathogènes à ce jour, ont également été identifiées.
Nous avons récemment mis en place le diagnostic présymptomatique des apparentés, ce qui permettra d’affiner la description de la transmission intrafamiliale. L’étude des haplotypes a déjà élucidé la transmission des expansions dans deux familles, avec mise en évidence d’une expansion en méiose maternelle et d’une contraction en méiose paternelle.
Avec cette stratégie diagnostique, nous confirmons que SCA27B est une cause fréquente de LOCA, et nous poursuivons sa caractérisation phénotypique sur une large cohorte, afin de mieux définir le phénotype des patients — notamment ceux présentant des allèles intermédiaires ou en zone grise.
Victor Andrés VALLE (Nancy), Virginie ROTH, Marion WANDZEL, David PELLERIN, Florent GIRARDIER, Stéphanie CACCIATORE, Clément ROBIN, Frédéric WEBER, Guillemette CLÉMENT, Thomas WIRTH, Cécilia MARELLI TOSI, Salomé PUISIEUX, Laëtitia LAMBERT, Natacha DREUMONT, Armand HOCQUEL, Solène FRISMAND, Amory JARDEL, Marian DOUARINOU, Fabienne ORY, Chloé ANGELINI, Manon DEGOUTIN, Virginie PICHON, Marie Anne POIROUX GUERID, Frédérique FLUCHÈRE, Thomas PALPACUER, Elsa BESSE, Sacha WEBER, Quentin THOMAS, Chloé LAURENCIN, Isabelle LAVENU, Mélanie FRADIN, Lauriane LE COLLEN, Anna CASTRIOTO, Eléna MORO, Jonathan DE WINTER, Olivier FLABEAU, Caroline FROMENT, Bart DERMAUT, Adrien DERGARDIN, Benjamin DAURIAT, Annabelle CHAUSSENOT, Giovanni CASTELNOVO, Sarah COULETTE, Sophie DUCLOS, Nadège CALMELS, Jean-Loup MEREAUX, Florence RIANT, Emmanuel FLAMAND ROZE, Gaëtan LESCA, Gaël NICOLAS, Stephan ZUCHNER, Matt DANZI, Elisabeth TOURNIER LASSERVE, Alexandra DURR, Christine TRANCHANT, Christophe VERNY, Cyril GOIZET, Michel KOENIG, Mathieu ANHEIM, Bernard BRAIS, Mathilde RENAUD, Céline BONNET
10:00 - 11:00
#49538 - P157 Le séquençage de génome pour la pré-indication surdités précoces, retour de 5 années au CHU de Toulouse, nouvellement labellisé centre de reference maladies rares des surdités génétiques.
P157 Le séquençage de génome pour la pré-indication surdités précoces, retour de 5 années au CHU de Toulouse, nouvellement labellisé centre de reference maladies rares des surdités génétiques.
Sur la période de juillet 2020 à juillet 2025, un total de 82 dossiers du CHU de Toulouse pour la pré-indication surdités précoces ont été envoyés sur la plateforme AURAGEN pour le séquençage de génome.
Un ensemble de 102 dossiers ont été validés en réunion pluridisciplinaire surdité nationale, via la plateforme Skemeet. 16 dossiers sont en attente de prescription et 8 parcours ont été annulés. Le séquençage de génome a été prescrit comme examen de seconde intention, après l’analyse du panel de gènes impliqués dans les surdités et pour les formes syndromiques, avec en plus une ACPA revenue normale. Concernant les données du panel de gènes impliqués dans les surdités réalisé au CHRU de Lille, sur une période de janvier 2023 à août 2025, ont été rendus 375 résultats pour des patients cas index toulousains, dont 117 ont un rendu de résultat conclusif (soit un rendement diagnostic de 31%).
Quant aux résultats du séquençage du génome pour la pré-indication surdités, nous avons obtenu des résultats pour 54 dossiers, les 24 autres étant toujours en attente. Le délai moyen pour l’obtention des résultats est de 11 mois (1 mois pour le délai le plus rapide, ce dossier avait été orienté sur un parcours prioritaire et 24 mois pour le délai le plus long). 39 dossiers soit près de 72 % étaient prescrits dans le cadre d’une surdité isolée et 15 dossiers présentaient une surdité syndromique.
Sur les résultats obtenus, nous avons eu 11 diagnostics conclusifs. Nous comptons également 12 dossiers avec l’identification d'un variant de signification inconnue et pour 4 d’entre eux, des analyses complémentaires sont en cours.
Parmi les diagnostics rendus nous détaillerons quelques cas cliniques d’intérêt : un jeune patient porteur d’un variant pathogène FDXR, un diagnostic de syndrome KBG (ANKRD11), de brachyolmie (PRPV4) de novo et une forme familiale de surdité neurosensorielle associée à une thrombopénie macrocytaire avec l’identification d’un variant pathogène dans DIAPH1.
Pour 6 dossiers, le séquençage de génome avait pour but d’identifier un deuxième variant pathogène d’un gène responsable d’une pathologie de transmission autosomique récessive, dans une région non couverte par le panel initialement réalisé. Nous pouvons notamment citer la suspicion d’anomalies du gène SLC26A4 pour des patients avec large aqueduc vestibulaire bilatéral. Effectivement pour 2 d’entre eux, cela a été le cas, dont un diagnostic sur le locus DFNB1 hétérozygote composite GJB2 et GJB6 non identifié en panel.
En conclusion, le rendement diagnostic du génome après l’analyse d’un panel est de 20%, peut être plus, grâce à la future reclassification du nombre non négligeable de variants de signification inconnus identifiés (22%).
Nelly DEWULF, Olivier GRUNEWALD, Luke MANSARD, Renaud TOURAINE, Anne-Françoise ROUX, Delphine DUPIN DEGUINE (TOULOUSE)
10:00 - 11:00
#49725 - P161 Surdité liée au gène coch dans une cohorte française : corrélations génotype-phénotype et nouveaux variants.
P161 Surdité liée au gène coch dans une cohorte française : corrélations génotype-phénotype et nouveaux variants.
Caractériser les variants hétérozygotes pathogènes du gène COCH dans une cohorte française de patients atteints de surdité neurosensorielle non syndromique (SNNS) et explorer les corrélations génotype-phénotype.
Étude observationnelle rétrospective portant sur 58 individus issus de 16 familles non apparentées diagnostiquées avec une surdité neurosensorielle autosomique dominante (DFNA9) entre 2005 et 2025. Tous les patients ont bénéficié d’une évaluation clinique et audiologique ainsi que d’une analyse génétique par séquençage ciblé (Sanger du gène COCH) ou par panels de gènes utilisant le séquençage de nouvelle génération (NGS). Les variants ont été classés selon les recommandations de l’ACMG. Les audiogrammes et données vestibulaires ont été analysés afin d’identifier des profils phénotypiques associés aux variants et aux domaines protéiques impliqués.
Nous avons identifié six variants hétérozygotes pathogènes déjà rapportés dans huit familles, ainsi que sept nouveaux variants probablement pathogènes dans sept familles. Les variants localisés dans les domaines vWFA étaient majoritairement associés à une surdité bilatérale symétrique, progressive et d’apparition précoce. Trois variants (p.Gln410Arg, p.Ile450Val, p.Cys542Arg) étaient associés à une surdité congénitale ou prélinguale, une présentation atypique du DFNA9. En revanche, les variants situés dans le domaine LCCL étaient plus fréquemment associés à une surdité d’apparition tardive et à une prévalence accrue de troubles vestibulaires. Les explorations vestibulaires, lorsqu’elles étaient disponibles, mettaient en évidence une atteinte plus fréquente dans les cas d’apparition tardive que dans les formes précoces.
La surdité liée au gène COCH constitue une cause rare de SNNS autosomique dominante, avec seulement 16 familles identifiées en 20 ans dans le réseau français. Notre étude élargit le spectre mutationnel du gène COCH en rapportant sept nouveaux variants et suggère l’existence d’une corrélation génotype-phénotype selon la localisation du variant dans les domaines protéiques. Ces résultats contribuent à affiner le diagnostic clinique et le conseil génétique des patients atteints d’une surdité DFNA9.
Ralyath BALOGOUN (PARIS), Margaux SEREY-GAUT, Laurence JONARD, Ghizlene LAHLOU, Isabelle LEMIERE, Véronique PINGAULT, Sandrine MARLIN
10:00 - 11:00
#49525 - P165 Les microARN et la pathogenèse du diabète de type 2.
P165 Les microARN et la pathogenèse du diabète de type 2.
Les microARN (miARN) apparaissent comme des régulateurs clés dans la physiopathologie du diabète de type 2 (DT2) et de ses complications. Ils offrent une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents à cette pathologie et ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Cette étude met en évidence le rôle potentiel des miARN en tant que biomarqueurs diagnostiques et pronostiques du DT2. De nombreuses recherches ont rapporté des modifications de l’expression des miARN circulants chez les patients diabétiques. Par exemple, Zampetaki et al. ont identifié une signature plasmatique de 13 miARN chez des sujets atteints de DT2. Un panel composé des cinq miARN les plus significatifs — miRNA-15a, miRNA-28-3p, miRNA-126, miRNA-223 et miRNA-320 — a permis de classer correctement 70 % des cas et 92 % des témoins. Ce panel a également permis de prédire l’apparition du diabète chez des sujets normoglycémiques, renforçant ainsi l’intérêt des miARN comme biomarqueurs prédictifs.
De manière similaire, Karolina et al. ont identifié une altération de l’expression de plusieurs miARN circulants chez des patients diabétiques. Ces miARN sont impliqués dans des voies biologiques majeures : la biosynthèse de l’insuline (ex. : miRNA-30d), sa sécrétion (miRNA-9, miRNA-124a, miRNA-375), ainsi que la signalisation insulinique dans les tissus cibles (miRNA-27a, miRNA-29a, miRNA-144, miRNA-146a, miRNA-150, miRNA-182, miRNA-192 et miRNA-320), notamment via la translocation du transporteur de glucose GLUT4.
D’autres miARN, tels que miR-15a, miR-23a et miR-766-3p, ont montré une forte capacité à distinguer les patients atteints de DT2 de ceux ayant une tolérance normale au glucose, ce qui confirme leur potentiel en tant qu’outils diagnostiques.
Malgré ces résultats prometteurs, les données actuelles demeurent partielles, en raison de limites méthodologiques, de la variabilité des populations étudiées, et d’un manque de standardisation dans les techniques de détection des miARN. Des études plus robustes, à grande échelle, sont nécessaires pour valider l’utilisation clinique de ces miARN en tant que biomarqueurs fiables.
Sabah HANACHI (Constantine, Algérie), Salima ZEKRI, Karima SIFI, Karima BENMEBAREK, Noredine ABADI
10:00 - 11:00
#49826 - P169 Analyses multiomiques des cellules du sédiment urinaire pour un diagnostic non-invasif des maladies mitochondriales.
P169 Analyses multiomiques des cellules du sédiment urinaire pour un diagnostic non-invasif des maladies mitochondriales.
Introduction. Les maladies mitochondriales primaires sont les plus fréquentes des pathologies métaboliques, avec une prévalence estimée à 1/4300. Leur hétérogénéité clinique est considérable et s'explique en partie par leur hétérogénéité génétique du fait de leur dépendance à leur propre ADN mitochondrial (ADNmt) et au génome nucléaire . Leur diagnostic est complexe et repose sur un faisceau d’arguments : la clinique, les examens paracliniques, la génétique et des analyses fonctionnelles pour permettre l’interprétation des nombreux variants de signification incertaine (VSI). Récemment, les analyses multiomiques ont montré leur capacité à améliorer les rendements diagnostiques pour les maladies mitochondriales. Cependant, une de leurs limites est la nécessité d'étudier les tissus affectés nécessitant de procéder à des prélèvements invasifs.
Objectif de l’étude. L’objectif de ce travail était de développer la culture primaire des cellules du sédiment urinaire afin de proposer une alternative non-invasive pour la réalisation d’études multiomiques, les urines étant déjà largement utilisées pour le diagnostic génétique.
Matériels et Méthodes. Huit cultures primaires ont été obtenues à partir d’échantillons mictionnels provenant de six individus sains et de deux individus porteurs d’un variant pathogène de l'ADNmt. Différentes analyses fonctionnelles couramment utilisées pour la caractérisation des dysfonctions mitochondriales sur biopsie de muscle ou de fibroblastes ont été : histochimie COX/SDH, activités enzymatiques des complexes de la chaîne respiratoire mitochondriale, western blot OXPHOS, microscopie et séquençage de l’ARN (RNAseq).
Résultats et discussion. Les analyses réalisées ont mis en évidence que les cellules issues de la culture du sédiment urinaire étaient riches en mitochondries, permettant ainsi l’identification de dysfonctions mitochondriales concordantes avec les données de la littérature : un déficit isolé du complexe I identifié chez le patient 1 (m.13513G>A MT-ND5) et un déficit combiné chez le patient 2 (m.3242A>G MT-TL1). L’analyse du RNAseq a montré que les cellules exprimaient fortement les gènes mitochondriaux et présentaient un transcriptome intermédiaire entre les fibroblastes et les cellules du tractus urinaire. Nous n’avons pas mis en évidence de grande variabilité du transcriptome entre les individus sains, même après plusieurs passages cellulaires. Les cellules dérivées des patients ont montré des variations de leur transcriptome, notamment une diminution significative des gènes du système immunitaire, corroborant les observations cliniques selon lesquelles les patients atteints de maladies mitochondriales seraient plus sensibles aux infections.
Conclusion. Ces résultats confirment que les cultures primaires dérivées du sédiment urinaire constituent un outil prometteur pour l’étude du transcriptome et la validation fonctionnelle des VSI de l’ADNmt ou nucléaires, limitant ainsi le recours à des échantillons invasifs.
Dina AL-EZZI, Laetitia LE TEXIER, Louisa PARIS, Matthieu DENIS, Arnaud CHEVROLLIER, Naïg GUEGUEN, Louis LE GOFF, Assane MBODJ, Valérie DESQUIRET-DUMAS, Magalie BARTH, Franck LETOURNEL, Guy LENEARS, Estelle COLIN, Vincent PROCACCIO, Céline BRIS (Angers)
10:00 - 11:00
#49944 - P173 Première observation prénatale d’un déficit congénital lié à ALG14 : analyses fonctionnelles et validation in vivo.
P173 Première observation prénatale d’un déficit congénital lié à ALG14 : analyses fonctionnelles et validation in vivo.
Le gène ALG14 code une sous-unité du complexe glycosyltransférase intervenant dans les premières étapes de la N-glycosylation. Les variations bialléliques pathogènes (faux-sens et un non-sens récurrent) d’ALG14 sont associées à 3 phénotypes : un syndrome myasthénique congénital chez 2 sujets adultes (#616227), un phénotype sévère d’encéphalopathie épileptique néonatale létale avec myopathie chez 5 sujets (#619031) et un phénotype plus modéré de déficience intellectuelle avec épilepsie chez 2 adultes (#619036). Chaque phénotype a fait l’objet d’une unique publication sans réplication.
Nous rapportons le cas d’un fœtus dont l’échographie de 22 SA a révélé un corps calleux court et épais isolé. L’examen fœtopathologique a mis en évidence une anasarque, des contractures des quatre membres et une brachycéphalie.
Une analyse prénatale de l’exome en trio (fœtus et parents) a révélé deux variations non-sens hétérozygotes composites dans ALG14 : l’une en 5’ prédite échapper au NMD, l’autre précédemment publiée dans le syndrome myasthénique congénital.
Le séquençage de Sanger sur l’ARN sanguin montre l’expression des deux allèles mutés, suggérant une absence de dégradation des ARNm non-sens (NMD). Ce résultat est confirmé par l’immunofluorescence réalisée sur lymphocytes fœtaux transformés EBV traités ou non par puromycine (pour évaluer l’impact d’une inhibition de NMD) qui montre la présence d’ALG14 de façon similaire entre le fœtus et le témoin, indépendamment de l’ajout de puromycine.
Des expériences de knockdown d’alg14 et de rescue par l’introduction d’ARNm synthétisé (muté et sauvage) réalisées chez le Xénope montrent que l’expression des deux variations non-sens n’améliore pas de façon significative la motilité embryonnaire et les crises épileptiques, par opposition à l’allèle sauvage, confirmant l’effet pathogène de ces deux variations.
Ce premier cas prénatal illustre la forme la plus sévère des pathologies associées à ALG14 liée à deux variations non-sens. Le modèle de Xénope reproduit le phénotype, confirmant l’incapacité des protéines tronquées à assurer la fonction enzymatique et constituant la première preuve in vivo liant ALG14 à une pathologie neurométabolique.
L’identification d’une variation déjà rapportée dans la littérature dans une autre entité phénotypique suggère le fait que les maladies liées aux variations à effet perte de fonction dans ALG14 ne constituent pas des entités phénotypiques distinctes, mais plutôt les différentes expressions cliniques d’un même spectre. Nous proposons de regrouper les trois entités sous le terme de pathologies liées à ALG14. Une cohorte plus large est en cours de constitution.
Une étude de la fonction de la protéine dans son rôle de glycosylation nous permettrait de renommer la pathologie désordre congénital de glycosylation associé à ALG14 (ALG14-CDG).
Fatima EL IT, Jonathan MARQUEZ, Victor COUTURIER, Flavien ROUXEL, Laurence DUPLOMB, Valentin BOURGEOIS, Anne-Sophie BRIFFAUT, Ange-Line BRUEL, Martin CHEVARIN, Benjamin GANNE, Vincent GATINOIS, Manon GROUALLE, Christina LAM, Camille LARRIEU-ARGUILLE, Charlotte POE, Alexis RODRIGUEZ, Valentin RUAULT, Isabelle ROUVET, Christel THAUVIN, Antonio VITOBELLO, Constance WELLS, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON (Dijon)
10:00 - 11:00
#48980 - P177 Cancers du sein (CS) dans une série de 140 femmes atteintes de neurofibromatose 1 (NF1) : caractéristiques cliniques et histologiques, pronostic.
P177 Cancers du sein (CS) dans une série de 140 femmes atteintes de neurofibromatose 1 (NF1) : caractéristiques cliniques et histologiques, pronostic.
Contexte : La NF1 est un syndrome de prédisposition tumorale héréditaire à transmission autosomique dominante, touchant environ 1 personne sur 3 000.
Des petites séries de CS chez des patientes atteintes de NF1 ont rapporté des caractéristiques pathologiques agressives : grade III, RE négatif, Her2 positif. Un impact pronostique négatif sur la survie globale spécifique du CS était associé. Nous présentons ici les résultats d’une vaste série française multicentrique.
Méthodes : Les caractéristiques cliniques et anatomopathologiques des CS ont été recueillies chez des patientes atteintes de NF1 dans 4 centres de cancérologie français (Institut Curie, hôpital Henri Mondor, Centre Léon Bérard, Gustave Roussy). Chaque cas a été apparié à environ 2 témoins atteints de CS selon l’âge au diagnostic et la décennie de traitement (< 1990, 1991-2000, 2001-2010, > 2010), à partir d’une base de données locale de l’Institut Curie.
Les facteurs associés aux patientes atteintes de NF1 ont été étudiés par régression logistique. Les risques cumulés de CS controlatéral ont été estimés en tenant compte du décès comme risque compétitif, et comparés par le test de Gray. La survie globale spécifique du CS a été évaluée à l’aide de courbes de Kaplan-Meier, comparées à des tests du logrank et à des modèles multivariés de Cox.
Résultats : Une série de 140 femmes atteintes de NF1 et d’un CS diagnostiqué entre 1978 et 2023 a été comparée à 261 témoins, avec un suivi médian de 11,7 ans. L’âge médian au diagnostic du CS dans la NF1 était de 48 ans, soit plus jeune que celui rapporté dans la population générale (63 ans) en France. Les caractéristiques du CS étaient significativement plus agressives chez les patientes atteintes de NF1 que chez les témoins : plus d’atteintes ganglionnaires cliniques N2/3 (OR 6,23 ; IC95% 1,96-23,6 ; p = 0,003), plus de grade 3 (OR 2,59 ; IC95% 1,27-5,58 ; p = 0,012), plus de cancers Her2 positifs (OR 2,44 ; IC95% 1,13-5,18 ; p = 0,023).
Au cours du suivi, les récidives controlatérales étaient plus fréquentes chez les patientes atteintes de NF1 que chez les témoins : 15% contre 5,1% ; HR 4,27 (IC95% 2,11-8,64 ; p < 0,001). Le risque cumulé de cancer du sein controlatéral à 10 et 20 ans était de 2,8% et 9,3% chez les témoins, contre 9,2% et 23% chez les patientes atteintes de NF1, ce qui est similaire aux risques rapportés chez les patientes porteuses d’altération BRCA1/2.
Malgré les caractéristiques agressives du CS chez les patientes atteintes de NF1, la survie globale spécifique du CS n'a pas été significativement impactée (HR = 0,98 ; IC95% 0,56-1,74 ; p = 0,96), ce qui pourrait s'expliquer par l'efficacité des traitements.
Conclusion : Les femmes atteintes de cancer du sein et de NF1 présentent des caractéristiques plus agressives que les témoins, avec un risque accru de cancer du sein controlatéral, sans impact sur la survie globale spécifique ; justifiant une attention particulière à leur traitement ainsi qu'à leur suivi.
Sophie FRANK (Paris), Matthieu CARTON, Salah FERKAL, Pierre WOLKENSTEIN, Ouidad ZEHOU, Mona AMINI-ADLE, Olivier CARON, Delphine WEHRER, Mathilde REICH, Claire SAULE, Emmanuelle FOURME, Chrystelle COLAS, Dominique STOPPA-LYONNET
10:00 - 11:00
#49118 - P181 Les analyses génomiques en France en oncogénétique constitutionnelle : bilan de 6 ans d’expérience dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025.
P181 Les analyses génomiques en France en oncogénétique constitutionnelle : bilan de 6 ans d’expérience dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025.
Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025), les plateformes SeqOIA et AURAGEN proposent des séquençages très haut débit du génome (WGS), dans la pratique clinique, pour des indications médicales sélectionnées. Deux d’entre elles, portées par le Groupe Génétique et Cancer-Unicancer (GGC), concernent l’oncogénétique constitutionnelle et s’adressent soit aux patients atteints de cancers avec des antécédents familiaux très évocateurs d’une prédisposition soit aux patients sans antécédent familial mais ayant un cancer à un âge très précoce et/ou des cancers multiples et/ou associés à un contexte syndromique.
Nous rapportons le bilan de la Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) nationale GGC PFMG2025 créée en 2019 avec deux objectifs : en amont, sélectionner les patients éligibles à l’analyse ; en aval, discuter des résultats du séquençage du génome et de leurs conséquences en terme de prise en charge ou d’explorations secondaires. C’est aussi une RCP de recours pour d’autres préindications lors de la découverte de données incidentes constitutionnelles sur les gènes de prédisposition aux cancers.
En 6 ans, 1066 familles, présentées par 53 équipes de génétique, ont été discutées en RCP d’amont. Un WGS a été retenu pour 792 d’entre elles (74%) et récusé pour 199 (19%). Pour 75 familles, il a été demandé des explorations ou des renseignements complémentaires préalables au WGS.
A ce jour, 458 dossiers complets ont été reçus sur les plateformes (170 pour AURAGEN/288 pour SeqOIA). Les résultats de 388 familles (217 cas isolés/171 cas familiaux) ont été discutés en RCP d’aval. Pour 15 patients (4%), un variant pathogène ou très suspect d’être en lien avec le phénotype a été identifié. Seize données incidentes ont aussi été mises en évidence. Pour les autres patients, l’analyse s'est avérée semi-conclusive ou non conclusive mais des explorations complémentaires (étude ARN, analyse tumorale...) ont été suggérées pour 77 d’entre eux afin de préciser l’impact des variants identifiés.
En conclusion, la RCP nationale GGC PFMG2025 remplit sa mission de sélection et de discussion des dossiers en assurant un accès au WGS sur tout le territoire pour les pré-indications de génétique oncologique constitutionnelle. Le faible nombre de résultats concluants s’explique en partie par notre capacité encore insuffisante à exploiter totalement les données du WGS et par le caractère multi-factoriel de la maladie cancéreuse. L’analyse des tumeurs congelées, mise en place pour cette pré-indication en avril 2025, et l’amélioration des pipelines pour la détection de certains évènements comme les éléments mobiles ou les variants structuraux vont nous permettre de ré-analyser certains dossiers. Il est aussi primordial de développer d’autres outils (méthylome, séquençage long-read, Polygenic Risk Scores…) pour mieux expliquer l’histoire carcinologique personnelle et/ou familiale des patients, et ainsi délivrer un conseil génétique approprié.
Hélène DELHOMELLE, Ahmed BOURAS, Lisa GOLMARD, Olivier CARON, Stéphanie BAERT DESURMONT, Noémie BASSET, Molka BEN YAKHLEF6, Pascaline BERTHET, Marie BIDART, Nadia BOUTRY KRYZA, Virginie BUBIEN, Nelly BURNICHON, Alexandre BUFFET, Odile CABARET, Laurent CASTERA, Marie-Agnès COLLONGE RAME, Carole CORSINI, Florence COULET, Capucine DELNATTE, Philippe DENIZEAU, Antoine DE PAUW, Pierre DEVULDER, Sophie DUSSARD, Alice FIEVET, Mathilde FILSER, Pascale FLANDRIN, Mathilde GAY-BELLILE, Sophie GIRAUD, Anne-Paule GIMENEZ-ROQUEPLO, Erell GUILLERM, Abderaouf HAMZA, Nadim HAMZAOUI, Claude HOUDAYER, Edwige KASPER, Jérôme LAMORIL, Jessica LE GALL, Eulalie LASSEAUX, Marine LEBRUN, Marine LEGENDRE, Sophie LEJEUNE, Raphaël LEMAN, Laetitia MARISA, Jessica MORETTA, Mélanie PAGES, Christine M MAUGARD, Isabelle MORTEMOUSQUE, Emmanuelle MOURET-FOURME, Etienne ROULEAU, Eric PASMANT, Elise PIERRE-NOEL, Stéphane PINSON, Agathe RICOU, Fatoumata SIMAGA, Jennifer WONG, Yoann VIAL, Dominique VAUR, Nancy UHRHAMMER, Camille TLEMSANI, Julie TINAT, Dimitri TCHERNITCHKO, Nicolas SEVENET, Juliette QUILICHINI, Audrey REMENIERAS, Iulian BAN, Lamisse MANSOUR HENDILI, Alexandre PERRIER, Catherine NOGUES, Chrystelle COLAS (PARIS)
10:00 - 11:00
#49266 - P185 Analyse coût-efficacité de la prévention versus le traitement du cancer dans le syndrome de Li-Fraumeni - Projet européen PREVENTABLE.
P185 Analyse coût-efficacité de la prévention versus le traitement du cancer dans le syndrome de Li-Fraumeni - Projet européen PREVENTABLE.
Contexte : À l’échelle européenne, aucune étude médico-économique d’envergure n’a encore évalué de manière comparative les stratégies de prise en charge préventive (enquête génétique, surveillance clinique, détection précoce) face aux approches curatives initiées à l’apparition des premières manifestations tumorales, chez les patients à haut risque tumoral.
Objectif : Le projet européen PREVENTABLE (2023–2026) vise à évaluer l’impact clinique, économique et psychosocial de stratégies de surveillance préventive comparées à une prise en charge curative, chez des patients atteints de huit syndromes rares à risque tumoral élevé (RTRS), dont le syndrome de Li-Fraumeni (LFS). Ce dernier, dû à des variants pathogènes (VP) du gène TP53, représente une des prédispositions héréditaires majeure aux cancers en raison d’un spectre tumoral très large, d’une survenue précoce des tumeurs, et d’un risque élevé de cancers multiples tout au long de la vie.
Méthodes : L’un des axes centraux du projet consiste à développer un modèle économique robuste fondé sur des données cliniques réelles. Sur la base d’une expertise multidisciplinaire, une matrice structurée de différents parcours de soins a été élaborée selon six modules : (1) diagnostic génétique, (2) prévention/réduction des risques, (3) surveillance clinique, (4) traitement du cancer à un stade précoce, (5) traitement à un stade avancé, (6) suivi post-thérapeutique. Cette matrice a été validée à partir de données cliniques rétrospectives recueillies auprès de neuf centres européens du réseau ERN GENTURIS, incluant patients porteurs symptomatiques, asymptomatiques et non-porteurs.
Les coûts associés aux différentes interventions ont été estimés à partir des tarifs hospitaliers français (GHS), permettant une standardisation des analyses. Un outil numérique, respectant le RGPD, a été développé pour la collecte systématique des données.
Résultats : À ce jour, 505 individus porteurs de VP de TP53 ont été recrutés dans l’étude, ainsi que 367 non-porteurs apparentés à des fins de comparaison. La soumission complète et centralisée des données cliniques sera finalisée dans les semaines à venir. Ces données permettront de cartographier les trajectoires individuelles et, par la suite, la cartographie des coûts sera intégrée aux modèles économiques de santé. L’objectif est de comparer les dépenses liées aux stratégies de dépistage et de surveillance avec les coûts des traitements à un stade précoce ou avancé du cancer.
Conclusion : L’évaluation du rapport coût-efficacité des stratégies de surveillance intensive chez les patients atteints d’un syndrome de Li-Fraumeni représente un enjeu central du projet PREVENTABLE. Dans un contexte de déploiement de la médecine de précision, ces résultats visent à fournir des données robustes pour orienter les décisions de santé publique, et favoriser l’harmonisation des parcours de soins à l’échelle européenne.
Marion ROLAIN (Rouen), Patricia FAURE, Muriel BELOTTI, Julie BOONE, Elisa PIRAS-FERENCZ, Coralie RUBECK, Pauline ROCHEFORT, Marion GAUTHIER-VILLARS, Emmanuelle FOURME, Solveig MENU-HESPEL, Laurence BELLENGIER, Valérie BONADONA, Isabelle ROCHET, Nadège CORRADINI, Olivier CARON, Véronica GOLDBARG, Léa GUERRINI-ROUSSEAU, Janneke H.m. SCHUURS-HOEIJMAKERS, Katja C.j. VERBEEK, Núria DUEÑAS, Adriana COSTAL, Judith BALMAÑA, Laura DURAN-LOZANO, Ana AZEVEDO, Hildegunn HØBERG VETTI, Birte BLINDHEIM LUNDHAUG, Marianne TVEIT HAAVIND, Barbara PELETEIRO, Stefan ARETZ, Amalia Nicole NANCIU, Svetlana BAJALICA-LAGERCRANTZ, Margaux CLEMENT LE CHOISMIER, Maud BRANCHAUD, Nathalie PARODI, Emilie MARTINEAU, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Edwige KASPER, Gaëlle BOUGEARD, Mariette RENAUX-PETEL, Thomas VERMEULIN, Cécile GUILLEMET, Ricardo AMORIM, Sara PEREIRA, Liliana SOUSA, Carla OLIVEIRA, Jean-Christophe THERY, Claude HOUDAYER
10:00 - 11:00
#49311 - P189 Caractérisation d’une duplication exonique du gène BRCA1, grâce au génome de référence T2T qui entraîne la formation d'un transcrit de fusion constitutionnel.
P189 Caractérisation d’une duplication exonique du gène BRCA1, grâce au génome de référence T2T qui entraîne la formation d'un transcrit de fusion constitutionnel.
L'évaluation de la pathogénicité des variants génétiques est la pierre angulaire du conseil génétique. Les gains de copies d'exons sont difficiles à évaluer, car la pathogénicité dépend de la localisation des exons supplémentaires. Huit patients issus de six familles présentaient des gains de copies des exons 8 à 20 du gène BRCA1. Afin de les caractériser de manière appropriée, un séquençage long-read aligné sur trois assemblages distincts du génome de référence (hg19, hg38 et T2T), une cartographie génomique optique, ainsi qu'un séquençage d'ARN short-read et long-read ont été réalisés. Tous les patients partageaient le même variant structurel pathogène, impliquant un large segment situé en aval dans le génome. Un point de rupture s'est produit dans une région incorrectement annotée dans GRCh37/hg19 et GRCh38/hg38. L'alignement sur le récent assemblage T2T-CHM13/hs1 était donc nécessaire pour une caractérisation précise et a permis de comprendre l’événement complexe. Ce réarrangement identifié chez les patients a provoqué diverses anomalies transcriptomiques du gène BRCA1 : épissage inverse, transcription du brin génomique avant par insertion d'un promoteur ectopique, transcrits de fusion avec le gène « Next to BRCA1 » 1 (NBR1). Nos résultats soulignent la nécessité de combiner des technologies de pointe avec les dernières références génomiques afin de résoudre des réarrangements complexes ayant des implications médicales importantes.
Mathias SCHWARTZ, Mathilde FILSER, Kevin MERCHADOU, Elisa LEMAITRE, Khadija ABIDALLAH, Henrique TENREIRO, Catherine DUBOIS D’ENGHIEN, Rapinat AUDREY, Elise PIERRE-NOEL, Voreak SUYBENG, Marion ESPENEL, Sylvain BAULANDE, Severine ADAMS, Audrey REMENIERAS, Crystal RENAUD, Camille AUCOUTURIER, Capucine DELNATTE, Céline GARREC, Victor RENAULT, Lisa GOLMARD, Emmanuelle FOURME, Julien MASLIAH-PLANCHON, Sandrine CAPUTO (Paris)
10:00 - 11:00
#49336 - P193 Maladie de Fanconi, entre pathogénicité et hypomorphie : histoire d'un variant homozygote sur le gène FANCE.
P193 Maladie de Fanconi, entre pathogénicité et hypomorphie : histoire d'un variant homozygote sur le gène FANCE.
Nous rapportons le cas d’une patiente de 19 ans, aînée d’une fratrie de six enfants [5-19 ans], issus d’une union consanguine, atteinte du syndrome de Tatton-Brown-Rahman (TBR) lié à un variant pathogène de novo du gène DNMT3A et prise en charge pour une AT/RT (atypical teratoid/rhabdoid tumor), diagnostic exceptionnel à cet âge. La prise en charge oncologique a été marquée par une chimiotoxicité majeure inexpliquée (hémato/cardiotoxicité) ayant motivé la réalisation d’une analyse constitutionnelle des gènes impliqués dans la maladie de Fanconi. Un variant d’épissage, inconnu des bases de données, à l’état homozygote, a été identifié sur le gène FANCE : c.248+2dup. Les tests fonctionnels sur fibroblastes ont mis en évidence un profil FA-core avec hypersensibilité à la mitomycine C (MMC). Malgré l’absence d’autre élément phénotypique de maladie de Fanconi, possiblement masqué par le syndrome de TBR, ce diagnostic a été proposé et des tests génétiques ont été réalisés dans la fratrie. Statistiquement inattendu, toute la fratrie s’est révélée porteuse à l’état homozygote du variant. Aucun membre de la fratrie ne présentait de signe clinique évocateur de maladie de Fanconi. La recherche du variant chez chacun des parents a finalement montré qu’ils étaient également porteurs à l’état homozygote. Ces résultats surprenants questionnant le diagnostic de maladie de Fanconi initialement proposé, des explorations complémentaires ont été réalisées chez chaque membre de la famille. Tous avaient une numération-formule sanguine normale. Deux enfants présentaient une élévation de l’alphafoetoprotéine (FP) sérique. Les tests fonctionnels sur sang chez chacun des membres de la famille ont montré un profil FA-core avec ubiquitination résiduelle faible de FANCD2. Des biopsies cutanées, réalisées chez le père et un des enfants ayant une élévation de l’FP, ont confirmé la présence d’un profil FA-core et d’une hypersensibilité des fibroblastes à la MMC. Afin de confirmer l’impact du variant sur l’épissage, une étude de transcrits a été réalisée (sur culture de fibroblastes du cas index et lignée lymphoblastoïde d’un frère) et a montré un effet total avec utilisation d’un site cryptique, entraînant une rétention intronique en phase conduisant à l’ajout de dix acides aminés. Un effet hypomorphe du variant est fortement suspecté, expliquant le phénotype frustre et l’ubiquitination résiduelle de FANCD2. Cette observation rapporte une situation inédite où tous les individus d’une famille répondent à une définition biologique et moléculaire de la maladie de Fanconi mais dont la seule expression clinique est une chimiotoxicité chez le cas index. Elle illustre les subtilités entre les concepts de pathogénicité et d’hypomorphie d’un variant et la complexité à les appréhender du point de vue du suivi clinique et du conseil génétique. Par ailleurs, ce cas rappelle l’importance de considérer le diagnostic de maladie de Fanconi devant une toxicité inattendue à la chimiothérapie.
Mélanie PAGES, Mélanie PAGES (Paris), Lise LARCHER, Marie-Charlotte VILLY, Elise PIERRE NOEL, Catherine DUBOIS D'ENGHIEN, Christelle BERTHEMIN-CARRIÈRE, Khadija ABIDALLAH, Antoine DECÉES, Nadia VASQUEZ, Mélanie DA COSTA, Jessica LE GALL, Lisa GOLMARD, Eric PASMANT, Franck BOURDEAUT, Jean SOULIER, Dominique STOPPA-LYONNET
10:00 - 11:00
#49397 - P197 Bilan de la réunion de concertation pluridisciplinaire nationale d’oncogénétique pédiatrique (RCPOP) à 4 ans d’activité.
P197 Bilan de la réunion de concertation pluridisciplinaire nationale d’oncogénétique pédiatrique (RCPOP) à 4 ans d’activité.
Depuis Septembre 2021, une réunion mensuelle nationale de concertation pluridisciplinaire d’oncogénétique pédiatrique (RCPOP), organisée par visioconférence, permet des discussions collégiales autour de prédispositions génétiques au cancer de l’enfant. Grâce à un quorum multidisciplinaire (oncologues, généticiens-cliniciens, généticiens-biologistes) et des experts spécifiquement sollicités, les aspects suivants sont abordés : (i) indication à réaliser de nouvelles analyses chez un enfant atteint de cancer en l’absence de facteur génétique causal détectable selon les recommandations actuelles de test mais dont l’histoire médicale ou familiale incite à poursuivre les investigations ; (ii) définition des modalités de surveillance du patient ou de ses apparentés en l’absence de recommandations publiées; (iii) discussion sur la prise en charge de syndromes de prédisposition héréditaire au cancer découverts par des investigations pan-génomiques.
Au total, 227 discussions (pour 211 patients) ont eu lieu au cours de 40 RCPOP (5 à 6 dossiers/séance), auxquelles étaient connectés 25 participants en moyenne. Le nombre de dossiers discutés par an était globalement stable sur les dernières années avec une diversité croissante du nombre de participants nationaux et même quelques dossiers internationaux présentés.
L’objet des discussions a porté dans 44% des cas sur les modalités de surveillance des patients, 34% des cas concernait l’interprétation des résultats d’analyses pangénomiques (21% issues de pré-indications cancer et 13% issues de pré-indications autour d’anomalies du développement) et 22% des discussions portaient sur les analyses génétiques complémentaires à proposer aux patients/familles. On note une augmentation croissante des dossiers issus des pré-indications des anomalies du développement pré et post-natales ce qui interrogent le risque oncologique associé à ces syndromes malformatifs.
Les questionnements autour du conseil génétique lié à des variations des gènes DICER1 ; SMARCA4 ; PTEN ; NF1 ; BRCA2 ; LZTR1 ; POLE ; RECQL4 ; WT1 ; PMS2 ; SMARCB1 sont les plus représentés. Le partage de ces observations permet l’homogénéisation des surveillances au niveau national quand il n’y a pas de recommandations publiées et illustre le besoin de travaux de recherche sur ces syndromes rares. A ce jour, trois études ont été initiées suite à ces discussions : risque tumoral et pénétrance des variants de SMARCA4; RECQL4 et risque tumoral; exostoses post-cancer.
L’intérêt de la RCPOP est consensuellement retenu. Cette RCPOP favorise le recensement des patients porteurs d’une prédisposition au sein de l’observatoire PREDCAP. La RCPOP permet une discussion clinico-biologique de qualité, des prises en charge adaptées abordant les aspects éthiques et psychologiques, et ce grâce à la mobilisation nationale des experts travaillant dans les domaines spécifiques de la génétique des anomalies du développement et de l’oncogénétique pédiatrique.
Tiphaine ADAM DE BEAUMAIS, Sarah BENEZECH, Carole COZE, Chrystelle COLAS, Natacha ENTZ-WERLÉ, Stéphanie GOURDON, Edwige KASPER, Liesbeth CARDOEN, Ludovic MANSUY, Rame-Collonge MARIE AGNÈS, Marion GAUTHIER-VILLARS, Marion STRULLU, Julien MASLIAH-PLANCHON, Olivier INGSTER, Julie TINAT, Marjolaine WILLEMS, Yoann VIAL, Franck BOURDEAUT, Nadège CORRADINI, Philippe DENIZEAU, Léa GUERRINI-ROUSSEAU (Villejuif)
10:00 - 11:00
#49483 - P201 Vers une stratégie de séquençage intégrée : apports complémentaires du NGS short-read, du RNAseq et du long-read sequencing : application dans le cadre du centre de référence des neurofibromatoses localisé à Lyon.
P201 Vers une stratégie de séquençage intégrée : apports complémentaires du NGS short-read, du RNAseq et du long-read sequencing : application dans le cadre du centre de référence des neurofibromatoses localisé à Lyon.
Au centre de référence des neurofibromatoses de Lyon, dont l’activité multidisciplinaire a débuté en 2001, nous assurons la prise en charge de patients atteints de neurofibromatose de type 1 (NF1), de schwannomatose liée à NF2 (NF2) et de schwannomatoses familiales associées à LZTR1 ou SMARCB1 (NF3). Ces pathologies constituent un groupe de maladies génétiques caractérisées par une grande hétérogénéité clinique et moléculaire.
Le diagnostic repose principalement sur des critères cliniques. Dans les situations complexes (formes mosaïques, diagnostic pédiatrique ou tardif), l’identification précise du variant pathogène est indispensable pour confirmer l’atteinte, orienter le conseil génétique et adapter la surveillance. Cette complexité est renforcée par la diversité des variants responsables (substitutions ponctuelles, anomalies d’épissage, mosaïques, variations du nombre de copies, réarrangements structuraux complexes) ainsi que par la variété des prélèvements nécessaires en cas de suspicion de mosaïque germinale (sang, tissus tumoral, cutané et muqueux).
Le séquençage à courtes lectures (NGS short-read) a permis une amélioration majeure de la sensibilité et de l’efficacité diagnostique. L’analyse complémentaire de tumeurs par NGS short-read a également permis de confirmer le diagnostic de mosaïque germinale chez certains patients. Toutefois, cette méthode ne permet pas toujours d’identifier le variant causal, y compris dans des familles dont le diagnostic clinique est certain. Afin de pallier ces limites, deux approches de seconde intention ont été mises en place :
• RNAseq, qui renforce l’interprétation des variants en révélant des anomalies d’épissage et en détectant des variants introniques profonds responsables de pseudo-exons
• NGS long-read, qui permet la détection et la caractérisation de réarrangements complexes par un ciblage spécifique de régions de grande taille (méthode Adaptive Sampling, Oxford Nanopore).
L’expérience acquise au laboratoire montre que la combinaison du NGS short-read, du RNAseq et du long-read sequencing constitue une stratégie intégrée et hautement complémentaire. Cette approche est particulièrement adaptée aux neurofibromatoses et aux schwannomatoses, dont le diagnostic clinique est bien défini. Elle a permis d’augmenter les taux de détection des variants délétères chez les familles suivies et d’apporter une aide déterminante à l’interprétation de variants initialement classés comme de signification incertaine. Elle autorise en outre une caractérisation précise des grands réarrangements et de leurs points de cassure, améliorant ainsi le diagnostic moléculaire et la prise en charge des patients.
Stéphane PINSON (LYON), Patrick COMBEMALE, Mona AMINI ADLE, Francois DUCRAY
10:00 - 11:00
#49557 - P205 PREDCAP, l’observatoire français des syndromes de prédisposition génétique au cancer des enfants et des adolescents. Etat des lieux en 2025 et perspectives.
P205 PREDCAP, l’observatoire français des syndromes de prédisposition génétique au cancer des enfants et des adolescents. Etat des lieux en 2025 et perspectives.
Un syndrome de prédisposition au cancer (SPC) est identifié chez 7 à 10 % des enfants et adolescents atteints de cancer. La généralisation des analyses somatiques et constitutionnelles augmente le nombre de variants identifiés, connus pour être associés à un SPC. Néanmoins, en raison de la rareté ou de l’identification récente de certains SPC, le risque de cancer (spectre, pénétrance …) associé à ces syndromes reste mal connu et le conseil génétique est difficile en particulier chez les enfants.
Pour ces raisons, les membres du comité Oncogénétique de la Société Française des Cancers et leucémies de l’Enfant et de l’adolescent (SFCE) ont créé en 2021, un consortium et l’observatoire sur les syndromes de prédisposition génétique (PREDCAP), dans le but de collecter de manière nationale et structurée les données cliniques, biologiques et familiales de ces patients.
PREDCAP est ouvert dans 33 centres d’oncologie en France, 470 patients ont été enregistrés (110 gènes) et leurs données sont collectées dans un eCRF Redcap.
Au-delà de faciliter la réalisation des projets scientifiques déjà bien identifiés, PREDCAP a aussi pour finalité de faciliter la recherche à venir en simplifiant l’accès aux données via un cadre réglementaire pérenne, large et conforme aux contraintes actuelles. PREDCAP permet d’identifier les patients et familles porteurs d’un SPC avec une veille annuelle des données, afin entre autres objectifs d’améliorer nos prises en charge sur les points suivants : (i) établir une corrélation phénotype-génotype et déterminer le risque tumoral, particulièrement pour les altérations génétiques récemment identifiées, (ii) aider à la classification des variants de signification incertaine (VSI) dans les SPC connus, (iii) évaluer la pertinence et la compliance des patients aux recommandations de suivi, (iv) établir des recommandations de traitement et suivi pour les SPC qui n’en n’ont pas.
Les fiches de recueil PREDCAP peuvent être modulées par de nouveaux porteurs de projets pour répondre spécifiquement à chaque question scientifique. Il est ouvert à tous les investigateurs français qui le souhaitent, après validation du comité de pilotage. À ce jour, des projets sont déjà initiés : thèse sur la description des familles porteuses d’un variant de SMARCA4, centralisation nationale des patients porteurs d’un mélanome pédiatrique ou d’un Xeroderma pigmentosum, Tumeur et développement (relai des enregistrements), travail national sur les IRM corps entier chez les patients Li-Fraumeni, etc …
PREDCAP est une infrastructure opérationnelle qui nous permettra d’établir des collaborations internationales. Les résultats des premiers travaux seront disponibles dans les prochains mois. Des financements complémentaires permettent d’assurer son fonctionnement dans les années à venir. Tout projet de recherche prospectif ou toute cohorte de SPC existante sont les bienvenus afin d’améliorer nos connaissances et la prise en charge des patients et familles avec un SPC.
Léa GUERRINI-ROUSSEAU (Villejuif), Gaelle BOUGEARD, Chrystelle COLAS, Nadège CORRADINI, Valérie BONADONA, Pauline HOARAU, Florian GAGNEUX, Sahra BODO, Michaela SEMERARO, Florent DE VATHAIRE, Laurence BRUGIERES, Franck BOURDEAUT
10:00 - 11:00
#49592 - P209 Détection de néoantigènes prédits de tumeurs mutées POLE par une approche protéogénomique.
P209 Détection de néoantigènes prédits de tumeurs mutées POLE par une approche protéogénomique.
Les variants pathogènes du domaine exonucléase de l’ADN polymérase epsilon (POLE) sont responsables d’un phénotype tumoral ultramuté associé à une réponse aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire. Si cette sensibilité est généralement attribuée à une charge mutationnelle accrue et à la génération de néoantigènes, peu d’études ont caractérisé de manière intégrée les répercussions de ce profil ultramuté, aux niveaux génomique, transcriptomique et protéomique.
Au sein d'une cohorte incluant (i) des tumeurs mutées POLE, (ii) des tumeurs présentant une instabilité des microsatellite (MSI) et (iii) des tumeurs issues de patients avec variants constitutionnels de POLE, nous avons mis en œuvre une approche protéogénomique combinant séquençage d’exome et de transcriptome, protéome trypsique et prédiction bioinformatique de néoantigènes.
Les tumeurs POLE se distinguent par une charge mutationnelle (TMB) extrêmement élevée, associée à une prévalence accrue de variants faux-sens et réduite de variants frameshift en comparaison aux tumeurs MSI. Ce TMB corrèle de manière linéaire au nombre de néoépitopes potentiels dérivés de ces variants, confirmant un lien entre hypermutabilité et densité antigénique potentielle. La prédiction de ces néoépitopes en néoantigènes montrait que les tumeurs mutées POLE et les tumeurs MSI présentaient un nombre plus important de néoantigènes en comparaison aux tumeurs avec variant constitutionnel de POLE. L’intégration du typage HLA a mis en évidence l’importance du contexte génétique de "l'hôte" de la tumeur dans la traduction du TMB en charge néoantigénique présentée, soulignant les limites d’une approche reposant uniquement sur le nombre brut de variants non-synonymes.
Par une approche protéomique au sein des tumeurs mutées POLE, nous avons identifié plusieurs peptides issus de variants somatiques prédits comme générant des néoantigènes. Nous montrons une expression protéique détectable pour une fraction des néoantigènes prédits à partir des données génomiques. Nos observations confortent ainsi le modèle liant l’hypermutabilité aux réponses cliniques à l'immunothérapie.
Nos résultats montrent que les tumeurs mutées POLE produisent des néoantigènes au potentiel immunogénique prédit et confirment les variants pathogènes de POLE comme biomarqueurs de réponse aux inhibiteurs de points de contrôle. Au-delà du TMB, l’intégration de paramètres tels que le contexte HLA et la validation protéomique des néoantigènes exprimés apparaît comme une stratégie prometteuse pour affiner la prédiction de la sensibilité à l’immunothérapie. Ces approches pourraient également nourrir le développement de stratégies thérapeutiques personnalisées, telles que des vaccins ou des thérapies cellulaires ciblant des néoantigènes spécifiques.
Albain CHANSAVANG (PARIS), Elodie GIRARD, Pierre SOHIER, Sophie VACHER, Anne SCHNITZLER, Nicolas SERVANT, Laurène SYX, Marjorie LEDUC, Ivan BIECHE, Nadim HAMZAOUI, Eric PASMANT
10:00 - 11:00
#49640 - P213 Circuit « tumoral first » : à la recherche d’une prédisposition.
P213 Circuit « tumoral first » : à la recherche d’une prédisposition.
Les résultats des essais cliniques évaluant les inhibiteurs de PARP (PARPi) ont permis d’améliorer le traitement de personnes atteintes d’un cancer présentant un déficit de la recombinaison homologue des cassures double brin de l’ADN (HRD). L’étude Olympia (2021) a conduit à retenir l’indication d’un PARPi chez des femmes atteintes d’un cancer du sein présentant certains critères de gravité devant un variant pathogène (VP) constitutionnel de BRCA1 ou BRCA2.
Cette indication limitée à la présence d’un VP constitutionnel BRCA1 ou BRCA2 a conduit les équipes d’oncologie et de génétique à réfléchir aux circuits à mettre en place. A l’Institut Curie, deux circuits ont été instaurés : un circuit urgent « germline first » pour les patientes présentant les « critères oncogénétique » (histoire familiale, âge jeune au diagnostic, …) et un circuit « tumoral first » pour les patientes ne les présentant pas avec une analyse constitutionnelle secondaire en cas d’identification d’un VP tumoral.
Nous présentons les résultats des analyses réalisées dans le cadre du circuit « tumoral first », notamment le taux de VP tumoraux des gènes BRCA1 et BRCA2 identifiés de l’ordre de 1% attendu pour ces femmes ne présentant pas les critères oncogénétique et l’origine du VP (constitutionnel ou somatique). Une présentation des familles concernées par un VP constitutionnel illustrera la limite des critères individuels et familiaux pour proposer des analyses constitutionnelles en routine.
Les résultats obtenus nous permettent de conclure au bon fonctionnement du circuit mis en place puisque nous avons pu confirmer que toutes les femmes présentant un VP tumoral de BRCA1 ou BRCA2 avait bien été rencontrées secondairement et dans les meilleurs délais en consultation de génétique pour une analyse constitutionnelle.
En conclusion, l’approche « tumoral first » a permis aux patientes porteuses d’une prédisposition génétique liée à BRCA1 et BRCA2 qui ne présentaient pas les « critères oncogénétiques » de pouvoir bénéficier d’une thérapie ciblée lorsque cela a été nécessaire. Nous sommes aujourd’hui confortés dans le choix de cette organisation d’une part parce que ce circuit a permis d’éviter de saturer la consultation d’oncogénétique et d’autre part parce qu’il a permis de ne pas induire l’inquiétude et l’anxiété possiblement générées par une consultation d’oncogénétique, consultation qui aurait été inutile pour la quasi-totalité des femmes ne présentant pas les « critères oncogénétiques ».
Antoine DE PAUW (PARIS), Camille BERGER, Olfa TRABELSI-GRATI, Ivan BIECHE, Lisa GOLMARD, Céline CALLENS, Samia MELAABI, Jessica LE GALL, Mélanie PAGES, Elise PIERRE-NOEL, Ophélie BERTRAND, Bruno BUECHER, Hélène DELHOMELLE, Emmanuelle FOURME, Marion GAUTHIER-VILLARS, Marine LE MENTEC, Victoire MONTECALVO, Claire SAULE, Fatoumata SIMAGA, Léa VEYRUNE, Mathilde WARCOIN, Eric PASMANT, Dominique STOPPA-LYONNET, Chrystelle COLAS
10:00 - 11:00
#49743 - P217 Mise à jour des recommandations françaises de prise en charge préventive dans le syndrome de Lynch par le Groupe Génétique et Cancer (GGC) d’UNICANCER.
P217 Mise à jour des recommandations françaises de prise en charge préventive dans le syndrome de Lynch par le Groupe Génétique et Cancer (GGC) d’UNICANCER.
Le Syndrome de Lynch (SL) est une prédisposition héréditaire au cancer, liée à des variants pathogènes (VP) d’un gène MMR (MLH1, MSH2, MSH6, PMS2). La pénétrance du syndrome (risque cumulé de cancer par organe) varie selon le gène impliqué. Pour cela, les recommandations internationales (NCCN, EHTG) proposent des stratégies de dépistage différenciées. Les recommandations françaises actuelles (INCa, 2009) sont anciennes et ne prennent pas en compte ces différences de pénétrance ce qui pourrait conduire à une prise en charge inadaptée (excessive ou insuffisante) selon le profil de risque.
Le Groupe Génétique et Cancer (GGC) d’UNICANCER a entrepris une révision des recommandations françaises en lien avec l’INCa.
Ce travail s’appuie sur trois principes : i) l’estimation des risques tumoraux chez les personnes porteuses d’un VP MMR pour décider de la nécessité d’une prise en charge préventive et de son âge de début ; ii) l’état des connaissances sur les méthodes de dépistage utilisées et, iii) l’expérience des professionnels du domaine.
Les données sur les niveaux de risques tumoraux proviennent de deux ressources principales et deux indicateurs
• Une méta-analyse des données internationales estimant les risques de cancer selon le gène impliqué en cours de publication (S. Campoy et al.).
• Les données issues du registre national français OFELy comptant plus de 2300 familles porteuses d’un SL.
• La pénétrance et le risque relatif de cancer dans une tranche d’âge donnée
L’état des connaissances et le savoir expérientiel sont pris en compte par une méthode Delphi afin d’établir un consensus d’experts.
Un comité de pilotage (COPIL) de 6 experts du SL ou méthodologistes et un groupe de travail (GT) de 20 participants issus du GGC ont été constitués début 2025 pour un délivrable fin 2025.
Fin juin, 2 réunions du GT ont eu lieu permettant de présenter la démarche et les données de risque, de définir des sous-groupes de travail thématiques (Carcinogénèse colique et données de suivi colique dans le SL, dépistage du grêle, pronostic des cancers pelviens et intérêt de la surveillance pelvienne, dépistage urologique) et de réaliser la restitution de leurs travaux.
Suite à cette phase, le COPIL a élaboré un e-questionnaire proposant différentes prises en charge spécifiques à chaque VP MMR concernant l’âge de début, le rythme et les modalités de prise en charge pour les cancers suivants : colorectaux, endomètre, ovaire, intestin grêle, pancréas, estomac, voies urinaires, vessie, voies biliaires, sein et prostate. En fonction des réponses au questionnaire initial envoyé début septembre un deuxième tour sera organisé précédant une étape de validation externe au GT sollicitant les sociétés savantes et associations de patients concernées pour aboutir d’ici décembre à la publication d’un référentiel du SL actualisé basé sur un consensus d’experts.
L’ensemble des travaux du GT et le nouveau référentiel seront présentés aux Assises de Génétique 2026.
Marion DHOOGE (PARIS), Séphora CAMPOY, Bruno BUECHER, Jean-Christophe SAURIN, Clémence EVREVIN, Anika BENSEN, Valérie BONADONA, Virginie BUBIEN, Estelle CAUCHIN, Clélia CHALUMEAU, Marie Agnès COLLONGE-RAME, Carole CORSINI, Pierre DEVULDER, Youenn DROUET, Yolanda FERNANDEZ, Rosine GUIMBAUD, Emma LACHAIER, Samuel LESOURD, Sophie LEJEUNE, Mathis LEPAGE, Christine MAUGARD, Jeanne NETTER-COTI, Géraldine PERKINS, Stéphane PINSON, Pauline ROCHEFORT, Catherine NOGUES, Christine LASSET
10:00 - 11:00
#49936 - P221 Tumeur neuroendocrines duodénopancréatiques, quels gènes et quel panel?
P221 Tumeur neuroendocrines duodénopancréatiques, quels gènes et quel panel?
Objectif : Cette étude visait à déterminer la prévalence des variants constitutionnels associés aux tumeurs neuroendocrines duodéno-pancréatiques (TNE-dp) héréditaires afin d’identifier le panel génétique le plus efficient selon l'anamnèse et l’examen clinique des patients.
Type d'étude : Nous avons mené une analyse rétrospective de 410 patients adressés au département de biologie moléculaire GEnOPé de Marseille pour un dépistage génétique lié aux TNE-dp.
Méthode : Nous avons analysé les données de séquençage de nouvelle génération (NGS) de ces 410 cas, recherchant des variants (probablement) pathogènes dans le panel le plus efficient contenant les gènes MEN1, NF1, VHL, CDKN1B, TSC1 et TSC2. Les gènes NF1, CDKN1B, TSC1 et TSC2 ne faisaient pas partie des recommandations actuelles pour l’analyse par panel des TNE-dp.
Nous avons ensuite combiné ces résultats génétiques avec les caractéristiques des patients et des tumeurs pour déterminer la stratégie d'analyse de panel optimale. La présentation clinique était catégorisée comme « syndromique » en cas d’association d’une TNED et d’au moins un symptôme d’une des maladies syndromiques associées, ou d’« isolé » quand ce n'était pas le cas. Nous avons ensuite sous catégorisé en « familial » ou « sporadique » dans le cas inverse.
Résultats : Nous avons identifié 36 patients porteurs de variants (probablement) pathogènes. MEN1 était le plus fréquemment détecté (27 cas), suivi de NF1 (6 cas) et VHL (3 cas). Aucun variant (probablement) pathogène de TSC1, TSC2 ou CDKN1B n'a été trouvé. Les TNE-dp « syndromiques sporadique » et « syndromiques familiales » présentaient des taux de détection significativement plus élevés de variants (probablement) pathogènes (respectivement 20% et 63%) comparés aux TNE-dp « isolées sporadiques » (<2%). Les TNE-dp « isolées sporadiques » représentaient 71% des échantillons analysés au laboratoire alors que TNE-dp « syndromiques sporadique » et « syndromiques familiales » en représentaient seulement 22 et 4 %.
Conclusions : Pour les patients avec TNE-dp, l'anamnèse et l’examen clinique devrait rechercher les lésions liées aux néoplasies endocrines multiples de type 1 et 4, à la maladie de Von Hippel-Lindau, à la sclérose tubéreuse et à la neurofibromatose de type 1, ceci afin d’orienter au mieux l’analyse des gènes du panel utilisé, et éviter d’analyser les patients pour lesquels un diagnostic génétique d’une de ces pathologies est déjà existant.
D’autre part pour améliorer l'efficacité du panel, nous recommandons de limiter les tests génétiques dans les cas « isolés sporadiques » aux patients de moins de 40 ans ou à ceux présentant des lésions multiples quel que soit l'âge.
Théo CHARNAY (Marseille), Camille GIANNETTI, Arnaud LAGARDE, Catherine ROCHE, Anne BARLIER, Pauline ROMANET
10:00 - 11:00
#49312 - P225 Speedendoc : accélérer le diagnostic moléculaire dans les urgences oncologiques thyroïdiennes.
P225 Speedendoc : accélérer le diagnostic moléculaire dans les urgences oncologiques thyroïdiennes.
Introduction:
Le circuit Speedendoc est dédié aux cancers endocriniens graves. Il a pour mission d’optimiser et d’accélérer le diagnostic des patients présentant des pathologies endocriniennes sévères en intégrant une prise en charge multidisciplinaire. Pour les tumeurs thyroïdiennes suspectées de forte agressivité, notamment les carcinomes anaplasiques, les délais diagnostiques conditionnent directement l’accès au traitement et, par extension, la survie. Ce travail décrit la mise en place d’un circuit d’urgence dédié avec des tests moléculaires rapides afin de réduire les délais diagnostiques et orienter précocement la stratégie thérapeutique.
Méthodes:
Une analyse moléculaire rapide a été réalisée chez des patients présentant des signes cliniques évocateurs (masse cervicale évolutive, volumineuses adénopathies métastatiques). Les prélèvements réalisés par ponction cervicale sont extraits sur Maxwell (Promega), puis analysés par ddPCR (QX200, Biorad) ciblant spécifiquement les mutations BRAFV600E, TERTC228T/C250T (kits ID-BRAF/ID-TERT, ID-Solution). Parallèlement, chaque échantillon bénéficie d’un panel NGS ADN/ARN (AmpliSeq FOCUS, Illumina) afin d’élargir la recherche d’altérations génomiques et de documenter la concordance des résultats.
Résultats:
De Septembre 2023 à Aout 2025, 41 patients (23 femmes, 18 hommes) ont été inclus. 39 analyses de ddPCR ont été contributives avec un rendu < 48h. Sur 20 échantillons, au moins une des mutations BRAFV600E et/ou TERT a pu être identifiées (9 BRAFV600E + TERTC228T, 4 BRAFV600E seul, 7 TERT seul). La concordance entre ddPCR et NGS pour la détection de BRAFV600E est de 100%. Le NGS a permis d’identifier, en complément, 4 mutations NRASQ61R, deux fusions RET, 2 mutations PIK3CA, ainsi que d’autres altérations ponctuelles impliquant différents oncogènes. Le diagnostic final retenu a été de 21 cancers thyroïdiens ( 9 anaplasiques, 2 peu différenciés et 1 thyroblastome), 6 lymphomes, 5 métastases d’un autre cancer, 3 lésions bénignes et 4 indéterminés (perdu de vue ou décès). Parmi les 13 patients porteurs d’une mutation BRAFV600E, 6 ont pu bénéficier d’une thérapie ciblée anti-BRAF/MEK, avec un délai médian de seulement 11 jours entre la première consultation et l’initiation du traitement et 3 autres patients ont été opérés rapidement.
Conclusion:
Ce travail démontre la faisabilité et la pertinence d’un parcours structuré intégrant des analyses moléculaires ciblées et rapides dans la prise en charge oncologique d’urgence. L’association ddPCR puis NGS permet d’identifier précocement les altérations actionnables, de réduire les délais critiques entre suspicion clinique et décision thérapeutique, et d’augmenter l’accès à des traitements ciblés ou chirurgicaux dans un contexte de cancers thyroïdiens particulièrement agressifs.
Ronan LEGRAND, Erell GUILLERM, Michaël DEGAUD, Jean-Marc LACORTE, Florence COULET, Alexandre PERRIER, Jeanne DUONG VINH, Gabrielle DENIZIAUT, Anne FAJAC, Cécile GHANDER, Johanna WASSERMAN, Camille BUFFET, Jérôme Alexandre DENIS (Paris)
10:00 - 11:00
#49515 - P229 Identification de trois nouvelles mutations du gène POLE chez deux jeunes patientes atteintes de cancer de l’endomètre.
P229 Identification de trois nouvelles mutations du gène POLE chez deux jeunes patientes atteintes de cancer de l’endomètre.
Actuellement, le traitement du cancer de l’endomètre est largement déterminé par la « classification moléculaire », qui inclut la recherche de mutations au niveau des exons 9 à 14 du gène POLE codant pour la région exonucléasique de l’ADN polymérase. Ces mutations sont nombreuses mais ne sont pas toutes pathogènes.
Notre étude a porté sur la recherche de mutations du gène POLE chez 80 patientes tunisiennes atteintes de cancers de l’endomètre. L’ADN tumoral a été extrait à partir de tissus paraffinés, puis les exons 9 à 14 ont été séquencés par la méthode Sanger. L’évaluation de la pathogénicité des nouvelles mutations trouvées s’est basée sur des outils in silico et la plateforme d’intelligence artificielle CancerVar.
L’analyse des séquences a permis d’identifier trois mutations jamais rapportées auparavant : W410G, C407R et M444R, chez deux jeunes patientes âgées de 27 et 31 ans. L’évaluation bio-informatique suggère que les mutations c.1228T>G (W410G) et c.1219T>C (C407R), présentes chez la même patiente, sont potentiellement délétères, avec un effet synergique aggravant le dysfonctionnement de l’ADN polymérase. La mutation c.1331T>G(M444R), affectant un codon déjà connu pour une mutation pathogène (M444K), pourrait également compromettre la fonction enzymatique.
En conclusion, cette étude rapporte trois nouvelles mutations présumées pathogènes du gène POLE, identifiées chez deux jeunes patientes atteintes de cancer de l’endomètre. Le jeune âge de survenue du cancer plaide également en faveur du caractère pathogène de ces altérations, soulignant l’importance du profilage moléculaire dans la prise en charge précoce de cette pathologie. Pour une meilleure évaluation du caractère pathogène de ces mutations, une combinaison des analyses bio-informatiques et cliniques aux données fonctionnelles (charge mutationnelle tumorale) et de conservation évolutive serait nécessaire.
Hayet DOUIK (Tunis, Tunisie), Mohamed Nasreddine RAJOUA, Ons AZAIEZ, Ghada SAHRAOUI, Aya KHEMIR, Dorra BENGUEZALA, Raoudha DOGHRI, Maher KHARRAT, Lamia CHARFI
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#49756 - P233 Étude des biomarqueurs moléculaires dans le cancer de l'ovaire muté BRCA1 à l'aide d'un réseau ceRNA et d'une analyse de survie.
P233 Étude des biomarqueurs moléculaires dans le cancer de l'ovaire muté BRCA1 à l'aide d'un réseau ceRNA et d'une analyse de survie.
Contexte :
Le cancer de l’ovaire est l’un des cancers gynécologiques les plus létaux. Les mutations du gène BRCA1 augmentent considérablement le risque tumoral. L’hypothèse des ARN endogènes compétitifs (ceRNA) met en lumière l’importance des interactions lncRNA–miRNA–mRNA dans la régulation post-transcriptionnelle. L’objectif de cette étude était d’analyser la structure d’un réseau ceRNA et d’évaluer son impact pronostique chez des patientes BRCA1 mutées issues de la cohorte TCGA-OV.
Méthodes :
Un réseau ceRNA a été construit à partir des fichiers ceRNA_network_edges.csv et ceRNA_hubs.csv. Les nœuds ont été classés (lncRNA, mRNA, miRNA), et les gènes hubs identifiés. En parallèle, une analyse différentielle d’expression (DESeq2) et des analyses de survie (Cox, Kaplan–Meier) ont été réalisées.
Résultats :
Le réseau comprenait 45 737 nœuds et 23 017 arêtes, dont 44 727 lncRNA. Le hub majeur était PCED1B-AS1 (379 connexions). L’analyse de survie a révélé que TRBV6-1 avait un effet protecteur (HR = 0,5 ; p = 0,00058), tandis que KRT16 était associé à un pronostic défavorable (HR = 1,32 ; p = 3,9e-05). De plus, une expression élevée de ENSG00000162654.9 et TRGC1 corrélait avec une survie prolongée.
Conclusion :
Nos résultats montrent que certains lncRNA, en particulier les hubs comme PCED1B-AS1, pourraient jouer un rôle central dans la biologie tumorale. Les gènes associés à la survie constituent des biomarqueurs potentiels et des cibles thérapeutiques prometteuses. L’intégration des réseaux ceRNA et des données cliniques ouvre la voie à des approches de médecine personnalisée dans le cancer de l’ovaire BRCA1 muté.
Belma Gözde ÖZDEMİR (SELÇUKLU, Turquie), Ahmet BILGI, Çetin ÇELIK, Hilal ARIKOĞLU
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#49845 - P237 SoVaD 2.0 : plateforme nationale accessible pour l’interprétation collaborative des variants somatiques rares.
P237 SoVaD 2.0 : plateforme nationale accessible pour l’interprétation collaborative des variants somatiques rares.
Avec la participation du copil Sovad
Introduction
L’interprétation des variants somatiques rares demeure un défi majeur en cancérologie moléculaire. Les bases de données internationales sont incomplètes, les recommandations hétérogènes, et les bases locales sont difficile à partager. Sous l’impulsion de l’INCa, une première version de la base SoVaD (Somatic Variant Database) a été développée dès 2019. Elle rassemblait initialement 85 gènes, 477 variants pathogènes rapportés et 1739 variants de signification inconnue (1460 variants uniques). Un premier exercice de curation avait permis de reclasser environ un tiers des variants revus, illustrant l’intérêt de croiser les expériences de plusieurs laboratoires.Toutefois, ses fonctionnalités restaient limitées et l’accès restreint à cause de la structuration des données.
Avec le financement du GFCO, SoVaD 2.0 a été développé afin de proposer cette expérience à un plus grand nombre de laboratoire. Elle a été mise en production en septembre 2025.
Application
SoVaD 2.0 comprend plusieurs changements majeurs : l’anonymisation totale des variants rares, la possibilité d’un accès visiteurs et l’hébergement dans un HDS.
SoVaD 2.0 repose toujours sur une architecture modulaire permettant l’importation standardisée de variants au format Excel ou TSV. Chaque variant est automatiquement annoté à partir des principales bases de données internationales, notamment ClinVar, COSMIC, OncoKB et CIViC. Des prédicteurs fonctionnels tels que SIFT, PolyPhen-2 ou CADD évaluent l’impact potentiel des mutations, tandis que des annotations contextuelles précisent la localisation protéique et les effets sur l’épissage. Les données sont restituées sous forme de fiches dynamiques intégrant les classifications proposées par les utilisateurs,. La plateforme est interopérable avec les systèmes hospitaliers via les standards HL7 et FHIR facilitant la possibilité de son intégration dans les flux de routine. Enfin, il offre toujours un accès à un classement ACMG dédié pour le classement des variants somatiques.
Depuis sa mise en production, SoVaD a été adoptée par plusieurs centres ce qui a permis d’augmenter significativement la déclaration des variants rares. La plateforme a démontré sa capacité à accélérer le passage d’un statut VUS à une interprétation consensuelle, tout en assurant la traçabilité complète des décisions.
Conclusion
SoVaD 2.0 constitue aujourd’hui une ressource nationale unique pour l’interprétation collaborative des variants somatiques rares. En associant automatisation des annotations, visualisation interactive et suivi collaboratif, elle favorise l’harmonisation des pratiques, limite l’hétérogénéité des classements sur des panels de plus en plus larges et optimise la prise en charge des patients. Au-delà d’une simple base de données, SoVaD s’affirme comme un outil de médecine de précision, garantissant que chaque patient puisse bénéficier d’une expertise homogène.
Etienne ROULEAU (VILLEJUIF), Céline GUIEN, Walid BEN-YEDDER, Victor GONDRAN-TEILLER, Christophe BEROUD, Anne CAYRE, Alexandra LESPAGNOL, Olfa TRABELSI GRATI, Gaëlle TACHON, Mélissa ALAME, Cédric LEMARÉCHAL, Jonathan LOPEZ, Ludovic LACROIX, Jacqueline LEHMANN-CHE, Dominique GALLIBERT, Lucie KARAYAN-TAPON, Anne GAIRE, Alexandre HARLE, Isabelle SOUBEYRAN
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#49983 - P241 Néphroblastome et WT1 : données congolaises.
P241 Néphroblastome et WT1 : données congolaises.
Introduction
Le néphroblastome, est une tumeur maligne qui se développe à partir du tissu rénal embryonnaire. C’est un problème de santé publique notoire car dans le monde, environs 160.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. En République du Congo, le néphroblastome occupe le premier rang des cancers chez l’enfant congolais et le gène WT1 n’est pas analysé.
L’objectif de l’étude était de décrire les caractéristiques épidémiologiques du néphroblastome en République du Congo et d’identifier l’expression du gène WT1.
Matériel et méthodes : Il s’agissait d’une étude transversale descriptive qui s’est déroulée sur une période de 19 ans (2005 à 2024). Elle a porté sur trente-quatre cas de néphroblastomes recutés dans les hôpitaux de Brazzaville, Pointe-noire et Oyo. La méthodologie avait reposé sur une approche progressive qui avait inclue: une enquête épidémiologique, clinique, microscopique suivi d’une analyse immunohistochimique du gène WT1.
Résultats : L’étude a permis de définir une prévalence du néphroblastome à 26% par rapport à l’ensemble des cancers pédiatriques. L’âge moyen des patients était de 5 ans avec une prédominance du sexe féminin. Sur le plan clinique, une masse abdominale était retrouvée dans 53% des cas associée à des douleurs abdominales. La microscopie avait retrouvé les trois types histologiques du néphroblastome. On notait une absence d’expression de la protéine WT1 en faveur d’une mutation du gène WT1 dans 58,82% des cas.
Conclusion: Le présent travail avait mis en évidence une prévalence du néphroblastome qui le plaçait au premier rang des cancers rénaux et des tumeurs malignes de l’enfant. La microscopie avait identifié les trois types histologiques du néphroblastome qui avaient signés son caractère embryonnaire. L’analyse inumnohistochimique avait indexé le gène WT1 impliqué dans la carcinogénèse de la majorité néphroblastome.
Henriette POATY, Henriette POATY (Brazzaville, Congo)
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#48992 - P249 Pourquoi l’information génétique de la parentèle est-elle difficile ? Analyse collaborative de 685 expériences de patients dans les maladies rares.
P249 Pourquoi l’information génétique de la parentèle est-elle difficile ? Analyse collaborative de 685 expériences de patients dans les maladies rares.
Introduction
Les tests génétiques peuvent faciliter le diagnostic d’une personne dans de nombreuses maladies rares mais être aussi utiles pour ses apparentés. Bien que possiblement réalisable par le médecin, cette démarche d’information génétique de la parentèle (IGP), encadrée par la loi depuis 2004, repose en France essentiellement sur le patient. Cependant, comme en témoignent les associations de malades, elle génère parfois des difficultés liées à la transmission d’informations complexes, pouvant impacter les relations intrafamiliales. En 2020, nous avons initié la recherche collaborative IGPrare (pour Information Génétique de la Parentèle dans les maladies rares) grâce à un financement de l’Agence de la Biomédecine. L’objectif d’IGPrare est de comprendre les mécanismes en jeu lors de l’IGP et d’identifier des pistes d’améliorations concrètes pour sa réalisation.
Matériels et méthodes
IGPrare est une recherche collaborative reposant sur une approche multidisciplinaire, mobilisant patients, professionnels de santé et chercheurs en SHS. Un questionnaire, co-construit par ces acteurs, a été diffusé auprès d’une soixantaine d’associations, de l’Alliance Maladies Rares et des filières. Sa méthodologie d’analyse repose sur une Analyse des Correspondances Multiples suivie d’une classification hiérarchique permettant, sans a priori sur les mécanismes en cause, de mettre en évidence des situations prototypiques d’IGP susceptibles d’être améliorées.
Résultats
Au total, 685 IGP ont été rapportées, issues d’une centaine de maladies rares. L’analyse statistique a permis, de mettre en lumières 3 groupes d’IGP, distincts à la fois i) dans le contenu de l’information transmise, ii) dans la survenue d’effets délétères individuels et relationnels, et iii) dans l’engagement à réaliser cette mission. Les facteurs associés à une IGP délétère comprennent notamment des problèmes préexistants dans les relations familiales et le manque de connaissance de l'information à transmettre, souvent dû à une mauvaise communication lors du diagnostic initial. D'autres facteurs de risque précédemment suggérés, tels que certaines caractéristiques des maladies et le type de professionnel de santé impliqué dans le processus, jouent peu dans la typologie.
Conclusions
Ces résultats, parfois contre-intuitifs, soulignent la valeur de l'approche collaborative adoptée pour cette recherche. Cette stratégie et nos résultats fournissent une base factuelle de pistes d’améliorations de l’accompagnement des personnes dans cette tâche délicate d’information des apparentés.
Marion MATHIEU (Marseille), Bérengère SALIBA-SERRE, Sandrine DE MONTGOLFIER, Martine LIBANY, Annagrazia ALTAVILLA, Paola DE CARLI, Pierre LE COZ, François FAURISSON, Perrine MALZAC
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#49215 - P253 Intérêt d’un dépistage ciblé des hémoglobinopathies à partir des paramètres érythrocytaires de l’hémogramme.
P253 Intérêt d’un dépistage ciblé des hémoglobinopathies à partir des paramètres érythrocytaires de l’hémogramme.
Introduction
Les hémoglobinopathies sont les maladies monogéniques les plus fréquentes. Leur identification précoce peut modifier la prise en charge et conduire à des conseils génétiques, avec, le cas échéant, un recours au diagnostic prénatal. Examen de routine le plus prescrit en France, l’hémogramme fournit des paramètres érythrocytaires susceptibles d’orienter un dépistage ciblé à large échelle à coût marginal.
Méthodes
Nous avons analysé de façon rétrospective et exhaustive 996 864 hémogrammes réalisés sur un an dans un laboratoire de métropole. Les données des explorations martiales (ferritine + marqueur inflammatoire et/ou coefficient de saturation de la transferrine) ont été récupérées. À partir des hémogrammes d’intérêt, quatre indices parmi les plus référencés dans la littérature permettant d’identifier les patients porteurs d’une hémoglobinopathie ont été employés : Mentzer, Jayabose, Green & King, England & Fraser (E&F). Les données de la base nationale OpenBio ont été exploitées comme connaitre la proportion de Français bénéficiant d’au moins un hémogramme annuel.
Résultats
Parmi 996 864 hémogrammes étudiés, 25 918 présentaient une microcytose marquée et 5 890 d’entre eux n’avaient pas d’argument biologique de carence en fer. L’application des indices a identifié une forte suspicion d’hémoglobinopathie chez 3 164 (avec l’indice E&F) à 5 007 patients (avec l’indice Jayabose), avec une valeur prédictive positive d’hémoglobinopathie de 72 à 93%. Rapporté à l’échelle nationale, un tiers de la population française bénéficiant d’un hémogramme chaque année, les projections réalisées permettent d’estimer à 120 000 personnes le volume de patients potentiellement éligibles à une exploration ciblée, avec une forte proportion d’anomalies constitutionnelles de l’hémoglobine.
Conclusion
Le dépistage opportuniste des hémoglobinopathies à partir des paramètres de l’hémogramme, renforcé par des indices discriminants simples, permet d’identifier une grande majorité de sujets à risque, souvent sous-diagnostiqués. L’approche est peu coûteuse, scalable et porteuse d’un impact direct en santé publique : amélioration de la prise en charge des patients, orientation vers une consultation de génétique, dépistage familial en cascade, optimisation du suivi préconceptionnel et prénatal. ). Cette stratégie s’intègre sans modification du parcours de soins, mobilise des données déjà disponibles et peut être automatisée dans les logiciels métiers.
Alexandre JANEL, Pascal COUDENE (RODEZ)
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#49375 - P257 Surdité néonatale d’origine génétique : évolution du vécu et des besoins des pères et des mères au cours du processus diagnostique ; analyse des facteurs influençant le stress parental.
P257 Surdité néonatale d’origine génétique : évolution du vécu et des besoins des pères et des mères au cours du processus diagnostique ; analyse des facteurs influençant le stress parental.
Les surdités permanentes néonatales, dont 80 % sont d’origine génétique, constituent le handicap sensoriel le plus fréquent. La systématisation du dépistage néonatal de la surdité depuis 2012 a considérablement amélioré le Processus Diagnostique (PD) de la surdité permettant une prise en charge précoce. Néanmoins, ce PD n’est pas sans conséquences sur le vécu émotionnel, notamment sur le niveau de Stress Parental (SP) : plus de 90 % des parents sont entendants et confrontés pour la première fois au diagnostic de surdité pour lequel ils n’ont pas de connaissances.
L’étude menée par le CRMR “Surdités Génétiques” du CHU de Lille et l’Université de Picardie, en collaboration avec d'autres centres hospitaliers français, visait à identifier de manière différenciée le vécu émotionnel et les besoins de pères et de mères normoentendants à différents temps du PD (allant du dépistage jusqu’à sa confirmation diagnostique puis son diagnostic génétique) et à analyser l’influence de facteurs susceptibles d’agir sur le SP.
Deux études ont été menées. La première repose sur une analyse qualitative d’entretiens semi-directifs menés auprès de chaque membre de 35 couples (mère et père) visant à explorer leur vécu et leurs besoins ayant émergé au décours du PD de surdité de leur enfant. La seconde étude quantitative concerne 21 dyades ayant rempli des questionnaires évaluant le niveau de SP, les besoins parentaux, ainsi que le degré d’implication parentale et le sentiment d’auto-efficacité.
L’analyse des entretiens met en évidence un vécu émotionnel (inquiétudes, détresse, culpabilité...) évoluant au cours du PD, avec une expression plus importante chez les mères. Les deux parents expriment également des besoins en termes d'informations, de soutien psychologique, de contact avec d’autres parents ainsi que le souhait de s’inscrire dans un parcours de soin davantage coordonné. Néanmoins, certains besoins sont spécifiques, comme le besoin d’informations plus présent chez les pères et le besoin d’avoir du temps pour soi chez les mères.
L’analyse dyadique des questionnaires identifie les liens existants chez les deux parents entre le SP et le niveau d’implication parentale, le sentiment d’auto-efficacité et les besoins en soutien social. Ces liens sont plus marqués chez les mères. Toutefois, lorsque l’on envisage les relations entre chacun de ces facteurs au sein du couple, les effets du fonctionnement de l’un des partenaires sur le fonctionnement de l’autre ne sont pas identiques. Par exemple, une moindre implication paternelle est associée à un niveau de stress maternel plus élevé.
Notre étude démontre des vécus émotionnels, des besoins et des fonctionnements en termes de SP différenciés chez les pères et mères confrontés au diagnostic de surdité de leur enfant. Ces résultats appellent à favoriser l’implication des deux parents dans le parcours de soins afin de les accompagner de manière personnalisée face à ces bouleversements en s’appuyant sur des leviers pertinents.
Marjolaine CORBEIL, Laetitia CLABAUT (Lille), Amelie MARIE, Barbara LE DRIANT, Laurence BELLENGIER, Simon BOUSSION, Catherine VINCENT DELORME
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#49465 - P261 Maillon clé de l’accès aux tests génétiques : rôle du conseiller en génétique en service de spécialité non génétique – Exemple de la biologie de la reproduction.
P261 Maillon clé de l’accès aux tests génétiques : rôle du conseiller en génétique en service de spécialité non génétique – Exemple de la biologie de la reproduction.
Grâce à ses progrès techniques et scientifiques, la génétique n’est plus une discipline isolée ou réservée aux cas rares. Elle est désormais pleinement intégrée aux parcours de soins et ce, dans de nombreuses spécialités médicales telles que la pédiatrie, l’oncologie… En conséquence, on constate une augmentation des besoins en compétences génétiques dans les services cliniques de spécialités non génétiques. Le Centre Hospitalier Universitaire de Rouen a intégré en 2024, dans son service de Biologie de la Reproduction-CECOS (BDR-CECOS), un conseiller en génétique (CG) afin de répondre à la hausse des demandes de recours à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) liées à la révision de la loi de bioéthique de 2021. Les missions du CG dans ce cadre sont variées et adaptées à ses compétences. Une partie de ses missions est réalisée sous la responsabilité d’un médecin du service BDR-CECOS : enquête familiale pour des donneurs et receveurs de gamètes, explication des analyses génétiques prescrites et recueil du consentement écrit. La seconde partie de ses missions est réalisée dans le service de génétique sous la responsabilité du médecin qualifié en génétique (MQG) comprenant des consultations de conseil génétique avec prescription et rendu de résultat supervisés par le MQG, des consultations conjointes avec un MQG, de la formation continue en participant aux staffs de génétique. Pour faciliter le bon déroulement de l’ensemble de ces missions, un routage hebdomadaire avec le MQG a été mis en place permettant la centralisation des avis sur dossier émanant de manière générale du centre d’AMP du CHU de Rouen dans le cadre de l’AMP intraconjugale pour demande de conseil génétique. En 10 mois de prise de fonction, 205 consultations ont été réalisées dans le service BDR-CECOS par le CG, 142 consultations dans le service de génétique dont 21 consultations conjointes avec le MQG. La présence du CG renforce la collaboration entre les services, réduit les délais pour les patients et diffuse l’information génétique en libérant du temps médical. Ce modèle, mis en place dans le cadre de l’AMP, est parfaitement transposable à d’autres spécialités médicales. L’intégration des CG dans les services de spécialités non génétiques représente un modèle organisationnel innovant, structurant pour l’avenir de la médecine génomique sous condition d’un encadrement médical de qualité grâce au lien permanent avec un MQG. Aujourd’hui, on compte 400 CG en France, on estime que 3% d’entre eux travaillent dans des services de spécialités non génétiques. Ce modèle expérimenté à Rouen rend les analyses génétiques accessibles, compréhensibles et intégrées à la médecine de la reproduction. Cette évolution nécessite le maintien d’un lien hiérarchique et légal de prescription entre le CG délocalisé et le MQG. Un complément à la formation initiale dans la spécialité médicale considérée permettrait aux CG d’acquérir des compétences spécifiques nécessaires à l’évolution de leur pratique.
Lison GAUDIN (Rouen), Nathalie RIVES, Romane LEVADE, Aurélie FERAILLE, Anne-Marie GUERROT, Pascal CHAMBON, Pascaline BERTHET, Delphine GONDE, Caroline GUEGAN, Alice THOMAS, Nathalie PARODI, Emilie MARTINEAU, Maud BRANCHAUD, Claude HOUDAYER, Alice GOLDENBERG
10:00 - 11:00
#49545 - P265 PERIGENOMED-CLINICS2 : un schéma d’étude permettant l’évaluation de l’implémentation en vie réelle du dépistage néonatal génomique à l’échelle d’un Centre régional de dépistage néonatal.
P265 PERIGENOMED-CLINICS2 : un schéma d’étude permettant l’évaluation de l’implémentation en vie réelle du dépistage néonatal génomique à l’échelle d’un Centre régional de dépistage néonatal.
Le dépistage néonatal (DNN) est un outil approprié pour détecter précocement des maladies rares (MR), afin d’instaurer des mesures permettant d'atténuer, voire d’éviter, leurs effets délétères. Depuis plusieurs années, des innovations thérapeutiques majeures se développent dans les MR, ouvrant de nouvelles perspectives pour les patients. De plus, les récentes modifications des lois de bioéthique autorisent désormais les tests génétiques en tant que procédure de DNN de 1ère intention. En parallèle, la baisse du coût du séquençage du génome (GS) ouvre la voie à un élargissement de son utilisation. Enfin, les résultats de l’étude SeDeN visant à étudier l’acceptabilité sociale de l’extension du DNN par l’utilisation des technologies de GS ont montré un fort soutien des professionnels de santé et des parents de jeunes enfants, concernés ou non par les MR, en faveur d'un élargissement du DNN.
Ces éléments nous ont conduit à lancer le projet PERIGENOMED afin d'évaluer la faisabilité et la pertinence de l'extension du DNN sur la base d'une analyse ciblée du GS (DNNg) en France. La 1ère partie de ce projet (PGC1), dont les résultats préliminaires sont soumis dans un autre résumé, a déjà montré la faisabilité technique et l’acceptabilité du DNNg dans le contexte de plusieurs CHU. La 2ème phase (PGC2) vise à évaluer la mise en œuvre et les conditions permettant le déploiement national d’un DNNg intégré dans le circuit du DNN classique et réalisé en parallèle de celui-ci. En effet, si la faisabilité technique parait bien démontrée, la performance du DNNg, et notamment le pourcentage de faux négatifs d’un tel programme reste encore peu évalué. De même, son impact en vie réelle sur la santé des enfants et surl’état psychologique des parents, les conditions de son organisation à l’échelle d’un territoire, sa soutenabilité économique et environnementale ainsi que les conditions juridiques et réglementaires de son déploiement doivent être étudiés.
Afin de répondre à ces différentes questions, nous nous sommes inspirés du cadre d’évaluation RE-AIM (Reach, Effectiveness, Adoption, Implementation and Maintenance), pour l’appliquer au déploiement du DNNg dans 5 départements couverts par le Centre Régional du Dépistage Néonatal de Bourgogne-Franche-Comté, et caractérisés par leur diversité socio-économique et d’accès aux soins. La présentation proposée permettra de détailler les méthodes longitudinales qualitatives et quantitatives mobilisées pour répondre aux différentes dimensions du cadre RE-AIM et les populations étudiées (nouveau-nés, parents et professionnels). Elle abordera également les méthodes participatives engagées pour améliorer les modalités d’information des couples, en tenant compte de leur niveau de littératie et de leur langue de préférence. Enfin, la présentation envisagera les modalités d’implication et de formation des professionnels impliqués dans le suivi des parents, afin de soutenir leur appropriation et leur adhésion au programme.
Christine BINQUET, Camille LEVEL, Frédéric HUET, Cyrille DELPIERRE, Sandrine BAFFERT, Catherine LEJEUNE, Anne-Sophie MARIET, Marie PRÉAU, Emmanuelle RIAL-SEBBAG, Pierre GARREAU, Nicolas MEUNIER-BEILLARD, Margot LEMAITRE, Amadou-Khalilou SOW, Marc BARDOU, Yannis DUFFOURD, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET (DIJON)
10:00 - 11:00
#49932 - P269 Un groupe de travail collaboratif d’experts interfilières pour définir la liste des gènes/maladies à dépister dans la 1ère phase du projet français de dépistage néonatal génomique PERIGENOMED-CLINICS 1.
P269 Un groupe de travail collaboratif d’experts interfilières pour définir la liste des gènes/maladies à dépister dans la 1ère phase du projet français de dépistage néonatal génomique PERIGENOMED-CLINICS 1.
Contexte : Les initiatives internationales de dépistage néonatal génomique (DNNg) se sont multipliées grâce aux progrès thérapeutiques et à l’évolution des technologies génétiques devenues plus accessibles. En France, le projet PERIGENOMED comporte deux phases, la 1ère (PGC1) étant une étude de faisabilité et d’acceptabilité portant sur 2 500 nouveau-nés issus de 5 CHU des FHU TRANSLAD et GenOMedS.
Méthodes : La France bénéficie d’une organisation unique dans le domaine des maladies rares, regroupant l’ensemble des experts clinico-biologiques au sein de 23 Filières de Santé Maladies Rares (FSMR). Pour définir la liste des gènes et maladies de PGC1, une base de données consolidée a été transmise à ces filières pour expertise, indiquant le nombre d’occurrences de chaque dyade gène/maladie issues de 10 projets pilotes internationaux de DDNg, ainsi que des métadonnées sur leurs caractéristiques. Les FSMR ont été sollicitées pour décider de l’inclusion des dyades de leur champ d’expertise en liste 1 (maladies pédiatriques traitables, définies comme disposant d’un traitement modifiant l’histoire naturelle de la maladie et permettant de limiter fortement ou d’éviter l’apparition de symptômes chez la majorité des patients) ou en liste 2 (actionnables, proposées de manière optionnelle aux parents, définies lorsqu’une action entreprise durant l’enfance modifie son évolution et/ou améliore la qualité de vie de l’enfant, même si la prise en charge n’a qu’un effet partiel, limité à une minorité de patients, avec une efficacité restreinte, ou si des essais thérapeutiques sont attendus à court terme). Une enquête déployée au décours de ce travail, achevé fin 2024, évalue les organisations mises en place au sein des FSMR et les difficultés rencontrées.
Résultats : 1 794 dyades (1 525 gènes) figuraient dans au moins un des 10 projets. Seules 41 dyades étaient présentes dans les 10 projets et 180 dans > 6 projets. Parmi les 182 dyades en List1_Work, 147 ont été maintenues en liste 1, 21 ont été rétrogradées en liste 2 et 18 exclues. Parmi les 758 dyades en List2_Work, 220 ont été reclassées en liste 1, 242 maintenues en liste 2 et 37 exclues. 35 dyades absentes de toutes les listes ont été ajoutées en liste 1 et 79 en liste 2. La liste finale 1 comprend 400 gènes et 171 maladies/groupes de maladies ; la liste finale 2 regroupe 407 gènes et 218 maladies/groupes de maladies. L’enquête a soulevé la question de l’expressivité variable des pathologies et de l’interprétation hétérogène des définitions traitables/actionnables.
Perspectives : Cette approche garantit l’adhésion de la communauté. Pour la 2ème phase préfiguratrice (PGC2), les FSMR seront sollicitées afin d’élaborer une liste unique de maladies traitables, respectant des critères élaborés par la commission scientifique de prospectives du dépistage néonatal. La définition de la liste de gènes demeure une question centrale, ce qui a justifié la participation au groupe de travail mis en place au sein d’ICoNS.
Camille LEVEL, Yannis DUFFOURD, Emeline DAVOINE, Frédéric HUET, Anddi-Rares FILIÈRE, Brainteam FILIÈRE, Cardiogen FILIÈRE, Défiscience FILIÈRE, Fai2R FILIÈRE, Fava-Multi FILIÈRE, Filfoie FILIÈRE, Filnemus FILIÈRE, Fimarad FILIÈRE, Fimatho FILIÈRE, Firendo FILIÈRE, G2M FILIÈRE, Marih FILIÈRE, Mhemo FILIÈRE, Mcgre FILIÈRE, Muco-Cftr FILIÈRE, Orkid FILIÈRE, Oscar FILIÈRE, Respifil FILIÈRE, Sensgene FILIÈRE, Liste De Gènes GROUPE DE TRAVAIL, Jean-Baptiste ARNOUX, Alexandre BELOT, Martin KHRAN, David CHEILLAN, Véronique TARDY, Paul ROLLIER, Stéphane BEZIEAU, Sylvie ODENT, Dominique SALVI, Laurent PASQUIER, Christine BINQUET, Christel THAUVIN-ROBINET, Laurence FAIVRE (DIJON)
10:00 - 11:00
#49231 - P273 Effet de setmélanotide sur le changement de corpulence des patients ayant une obésité associée à un syndrome de Bardet-Biedl (BBS).
P273 Effet de setmélanotide sur le changement de corpulence des patients ayant une obésité associée à un syndrome de Bardet-Biedl (BBS).
Objectif :
La voie leptine-mélanocortines au niveau hypothalamique est un régulateur clé de la prise alimentaire et de l’équilibre énergétique. L’altération de la signalisation de cette voie chez les patients atteints d’un BBS peut entrainer une hyperphagie (pathologique, faim insatiable) et une obésité sévère. Setmélanotide, un agoniste du récepteur de type-4 aux mélanocortines, a démontré des réductions significatives de la faim et du poids chez ces patients
Ce travail rapporte les trajectoires pondérales stratifiées par catégorie de corpulence des patients atteints d’un BBS après un an de traitement.
Matériel/Patients et Méthodes :
Les patients atteints de BBS ≥ 2 ans issus de 2 études pivotales évaluant l’efficacité de setmélanotide ont été inclus. Les modifications de l'indice de masse corporelle (IMC) pour les patients adultes ≥ 18 ans et du pourcentage du 95ème percentile de l'IMC (%IMC95) pour les patients pédiatriques < 18 ans entre l’initiation et 1 an ont été évaluées et stratifiées par catégories de corpulence (poids normal, surpoids, obésité de classe I, obésité de classe II, obésité sévère de classe III). L'évolution de la faim a également été évaluée.
Résultats :
Sur 31 patients analysés, 67,7 % présentaient une obésité sévère à l’initiation. Après 1 an de traitement, 14 patients avaient une amélioration de ≥ 1 catégorie de corpulence (45,2 %), dont 2 une amélioration de 2 catégories. Deux patients (6,4%) sont passés d’une obésité / un surpoids à un poids normal. Des améliorations significatives de l’IMC ont été observées chez les patients adultes (intervalle, -8,3% à -9,5%) et des améliorations du z-score de l’IMC ont été observées chez tous les patients pédiatriques (intervalle, -0,16 à -2,32), ainsi que chez les patients âgés de 2 à <6 ans (intervalle -0,16 à -2,32). Au total, vingt-huit patients (90,3 %) ont obtenu une amélioration significative de l’IMC ou du %IMC95. Parmi les 28 patients pour lesquels des données sur la faim étaient disponibles, 25 (89,3 %) ont constaté une réduction de la faim.
Conclusion :
Chez les patients adultes et pédiatriques souffrant d'hyperphagie et d’obésité associées à un BBS, setmélanotide a diminué l'IMC, amélioré la corpulence et réduit la sensation de faim. L'amélioration de la catégorie de corpulence a été associée à une amélioration de la qualité de vie et une réduction de l'incidence des comorbidités. Ces données chez les patients pédiatriques et adultes viennent renforcer les preuves existantes en faveur de l'utilisation du setmélanotide comme traitement ciblé chez les patients ≥ 2 ans souffrant d'obésité liée au BBS, et soutiennent une initiation précoce chez les patients pédiatriques.
Uzoma OKORIE, Gauri MALTHANKAR (Boston, Etats-Unis), Elizabeth FORSYTHE, Jesús ARGENTE
10:00 - 11:00
#49818 - P277 Projet DEPISMA de dépistage néonatal de l’amyotrophie spinale : bilan de fin d’étude.
P277 Projet DEPISMA de dépistage néonatal de l’amyotrophie spinale : bilan de fin d’étude.
Depuis le 1er septembre 2025, l’amyotrophie spinale (SMA), maladie neuromusculaire grave affectant les motoneurones de la moelle épinière et entraînant une faiblesse musculaire progressive, fait partie des 16 pathologies dépistées à la naissance sur l’ensemble du territoire français. Un diagnostic précoce de cette pathologie améliore en effet l'efficacité des traitements. Nous présenterons le bilan de l’étude DEPISMA, programme préfigurateur du dépistage néonatal de la SMA dans les régions Grand Est et Nouvelle Aquitaine, mené de décembre 2022 à aout 2025.
Plus de deux cent cinq mille nouveaux nés ont bénéficié de ce dépistage basé sur la détection de la délétion homozygote de l’exon 7 du gène SMN1 par PCR quantitative. L’ensemble des 81 maternités des deux régions a participé au projet. L’exhaustivité du dépistage a atteint 94,4%, dépassant l'objectif initial de 80%. Les refus de participation étaient faibles, mesurés à moins de 2% lors de l’analyse intermédiaire à 1 an. Les résultats du dépistage étaient disponibles en moyenne à 7,4 jours de vie.
Au total, 19 cas positifs ont été identifiés. Treize enfants ont bénéficié d’un traitement par thérapie génique, administré à 21,2 jours de vie en moyenne. Huit étaient porteurs de 2 copies du gènes SMN2 et 5 étaient porteurs de 3 copies du gène SMN2. Parmi les 13 enfants traités, 3 étaient symptomatiques avant le traitement, témoignant de l’urgence de la prise en charge. Cinq patients non traités étaient porteurs de 4 ou 5 copies SMN2 : ils bénéficient d’un suivi clinique et électromyographique régulier. Enfin, un patient symptomatique, porteur de 2 copies SMN2, a été accompagné en soins palliatifs. L’évolution clinique de ces patients sera présentée. Une étude ancillaire au projet DEPISMA est en cours portant sur l’évaluation psychologique de l’expérience parentale du dépistage de la SMA (étude PSYSMA).
Aucun faux positif n'a été signalé, et un seul faux négatif a été identifié chez un nourrisson porteur hétérozygote composite d’une délétion et d’un variant ponctuel du gène SMN1, une limite connue de la technique utilisée. Par ailleurs, une situation demeure non résolue chez un nouveau-né dépisté positif : le test de confirmation diagnostique a révélé une délétion hétérozygote associée à un variant ponctuel de signification incertaine. Des analyses fonctionnelles sont actuellement menées et un suivi rapproché de l’enfant a été instauré.
En conclusion, l’étude DEPISMA a démontré l’acceptabilité de ce dépistage moléculaire (le 1er réalisé en France en première intention), ses bonnes performances ainsi que l’efficacité de la prise en charge clinique précoce des enfants atteints. Les chiffres consolidés de l’étude DEPISMA seront disponibles en janvier 2026, ainsi que les premiers retours concernant la généralisation de ce test à l’ensemble du territoire.
Nadège CALMELS (Strasbourg), Virginie RACLET, Virginie HAUSHALTER, Valérie BIANCALANA, Didier LACOMBE, Vincent LAUGEL, Yvan DE FERAUDY, Caroline ESPIL-TARIS, Clémentine LAMBERT, Marie THIBAUD, Sarah ROMAIN, Pascale SAUGIER-VEBER, Céline BONNET, Amandine VAIDIE, Nicolas MEYER, Marie DE CASTELMUR, Madoe JULIANS, Audrey KURZEPA, Noémie MERCIER, Carole RAMOUSSET, Christian COTTET, Marie-Pierre REBOUL
10:00 - 11:00
#49183 - P281 Analyse génomique dans les neuropathies héréditaires : aperçu d'une cohorte nationale française (PFMG2025).
P281 Analyse génomique dans les neuropathies héréditaires : aperçu d'une cohorte nationale française (PFMG2025).
Objectif : Les neuropathies héréditaires représentent un défi diagnostique majeur en raison de leur grande hétérogénéité clinique et génétique. Le programme national Plan France Médecine Génomique 2025 permet désormais le recours au séquençage du génome entier ou whole genome sequencing (WGS) dans le cadre des soins cliniques, en s’appuyant sur deux plateformes nationales, SeqOIA et AuRaGen. Notre étude vise à évaluer l’apport du WGS dans le diagnostic des neuropathies héréditaires débutant avant l’âge de 50 ans et à explorer son impact dans l’identification de nouveaux gènes impliqués.
Méthodes : De février 2023 à juillet 2025, 238 prescriptions de séquençage de génome entier ont été reçues pour des cas index présentant une suspicion de neuropathie héréditaire. Les critères d’inclusion des dossiers étaient d’avoir été discutés en réunion plurisdisciplinaire d’experts (RCP) et d’avoir eu une analyse des principaux gènes de neuropathie négative (panel de gènes). Les cas index étaient séquencés majoritairement en trio. 121 dossiers ont été soumis au pipeline de séquençage du génome Auragen et 117 au pipeline SeqOIA. Parmi ceux-ci, 185 analyses ont été réalisées, 26 sont en cours et 27 sont en attente de démarrage.
Résultats : Parmi les 185 demandes analysées, 64 (34 %) ont abouti à un diagnostic génétique concluant, identifiant des variants pathogènes dans des gènes connus associés à des troubles neuromusculaires. Sept cas (4 %) ont révélé des variants de signification incertaine nécessitant une validation supplémentaire. Cent quatorze cas (62 %) n'ont pas été concluants, soulignant la complexité de l'architecture génétique des neuropathies héréditaires. Le WGS a permis d’identifier de nouveaux gènes candidats et, dans certains cas, de réviser le diagnostic initial et de proposer une prise en charge appropriée.
Conclusions : Cette étude souligne la valeur ajoutée du séquençage du génome pour raccourcir l’« odyssée diagnostique » des patients atteints de neuropathie héréditaire, avec un taux de rendement diagnostique élevé (34 %) malgré des panels de gènes préalablement négatifs. Le WGS se révèle également essentiel pour la découverte de nouveaux gènes, soutenant son intégration dans le parcours diagnostique des neuropathies héréditaires, en particulier chez les patients jeunes.
Marina KONYUKH, Vianney POINSIGNON, Anne-Sophie LIA, Marine GUILLAUD-BATAILLE, Jean-Madeleine DE SAINTE AGATHE, Jérôme BOULIGAND, Christine VINCIGUERRA, Alix DE BECDELIÈVRE, Nathalie BONELLO-PALOT (MARSEILLE)
10:00 - 11:00
#49544 - P285 Perigenomed (perigenomed-clinics 1) - première expérience en france d’extension du dépistage néonatal par la médecine génomique : quels défis pour l’analyse bioinformatique et l’interprétation biologique ?
P285 Perigenomed (perigenomed-clinics 1) - première expérience en france d’extension du dépistage néonatal par la médecine génomique : quels défis pour l’analyse bioinformatique et l’interprétation biologique ?
L’intégration de la médecine génomique dans le dépistage néonatal (DNNg) révolutionne la médecine préventive en pédiatrie en permettant la détection précoce de pathologies génétiques. Sa mise en œuvre exige toutefois une validation rigoureuse et rapide, depuis l’échantillonnage jusqu’à l’analyse bioinformatique et l’interprétation, en particulier en l’absence de données cliniques et de recommandations internationales spécifiques au DNNg (équivalentes aux critères de l’ACMG pour le diagnostic). Le projet pilote PERIGENOMED-CLINICS 1 vise à évaluer la faisabilité du DNNg en France à partir de 2500 naissances dans 5 CHU, en analysant une liste de 400 gènes (171 maladies précoces et traitables) et une liste optionnelle de 407 gènes (218 maladies actionnables). L'analyse in silico de ces gènes est faite à partir de données de séquençage de génome réalisé dans 2 laboratoires (Dijon, Nantes).
Les échantillons d’ADN sont séquencés à partir de sang de buvards de nouveau-nés (NN) en parallèle du DNN classique. Le pipeline bioinformatique comprend contrôle qualité, alignement, appel, annotation et filtrage des variations. Une priorisation automatisée a été définie selon les modes de transmission et des critères stricts : pathogénicité reconnue (ClinVar, listes de laboratoires experts), variations dites « nulles » dans des gènes à perte de fonction connue (LOEUF <0,6 et fréquence dans gnomAD <0,01), et critères spécifiques pour les CNV (taille, rareté, qualité des données). Une interprétation biologique manuelle est requise en cas de variations retenues, de discordance sexe phénotype/génotype ou d’anomalies SMN1/SMN2 ; à défaut, le résultat est automatiquement rendu négatif par e-mail aux parents. Seules les variations génétiques classées pathogènes ou probablement pathogènes sont rendues au clinicien.
Depuis mai 2025, 603 NN ont été inclus et 547 échantillons séquencés (0.7% reséquençage) à Dijon. Parmi les 158 (29%) nécessitant une interprétation manuelle, 17 (3%) ont été discutés en RCP avec 7 (1.3%) demandes d’avis d’expert. Au total, 8 résultats positifs ont été rendus : TSC2 (sclérose tubéreuse de Bourneville), GJB2 (surdité congénitale), LDLR*2 (hypercholestérolémie familiale), G6PD*3 (anémie hémolytique) et KCNQ1 (QT long). Un résultat faux-positif a été observé (variation appelée homozygote mais hétérozygote par séquençage Sanger avant rendu du résultat) et un faux-négatif retrouvé après ajustement des critères. Au total, le délai médian du prélèvement du buvard au rendu de résultat aux parents était de 15,7 jours pour les 539 résultats négatifs et au clinicien de 21,85 jours pour les 8 résultats positifs.
Cette première expérience démontre la faisabilité de l’extension du DNNg par la médecine génomique. Pour un passage à grande échelle, il apparaît nécessaire d’améliorer l’automatisation de l’interprétation des variations et d’établir des recommandations adaptées au DNNg afin de faciliter et d’harmoniser l’interprétation des variations issues du DNNg.
Hana SAFRAOU (Dijon), Martin CHEVARIN, Ange-Line BRUEL, Emilie TISSERAND, Oussama KETTANI, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Antonio VITOBELLO, Richard BELMONTE, Frédéric TRAN MAU-THEM, Anthony AUCLAIR, Valentin VAUTRIN, Paul KUENTZ, Céline BRIS, Antoine CIVIT, Sébastien SCHMITT, Laura DO SOUTO FERREIRA, Pierre GUIBERT, Julien BARC, Eric CHARPENTIER, Pierre LINDENBAUM, Marine CORNEC, Audrey BIHOUÉE, De Tayrac MARIE, Christèle DUBOURG, Marie FAOUCHER, Mathieu CHOPELET, Houda HAMDI-ROZE, Paul ROLLIER, Frédéric HUET, Laurent PASQUIER, Sylvie ODENT, Richard REDON, Stéphane BÉZIEAU, Christine BINQUET, Laurence FAIVRE, Yannis DUFFOURD, Christel THAUVIN
10:00 - 11:00
#49840 - P289 Évaluation prénatale de l'arthrogrypose : résultats échographiques et génétiques selon le sous-groupe étiologique.
P289 Évaluation prénatale de l'arthrogrypose : résultats échographiques et génétiques selon le sous-groupe étiologique.
Contexte :
L’arthrogrypose multiple congénitale (AMC) est définie comme la présence de limitations articulaires congénitales touchant au moins deux niveaux articulaires. La diminution des mouvements fœtaux est le mécanisme commun. Plus de 400 gènes sont actuellement associés à l’AMC. Le diagnostic prénatal repose sur l’échographie avec une sensibilité très limitée (30% de diagnostic positif). La classification actuelle identifie trois groupes 1) l'Amyoplasie, 2) les arthrogryposes distales et 3) le troisième groupe ou divers. Alors que le pronostic intellectuel est toujours normal dans les deux premiers groupes, et les malformations ou anomalies fonctionnelles d’organe exceptionnelles, le pronostic global est plus variable dans le troisième groupe. Le conseil prénatal reste donc difficile, même lorsqu'une cause génétique est identifiée.
Objectif :
L’objectif de notre étude est d’évaluer le taux de détection prénatale des limitations articulaires dans l'AMC, comparer la fréquence des signes échographiques entre les groupes et décrire la fréquence des diagnostics génétiques.
Matériel et méthodes :
Notre étude s’est appuyée sur le registre « Pediatric and adult registry for arthrogryposis » (PARART, NCT05673265, n = 260 patients) du CHUGA. Les données cliniques, maternelles, prénatales, périnatales et génétiques ont été analysées.
Résultats :
La cohorte comprenait 118 patients avec Amyoplasie (45 %), 73 avec arthrogrypose distale (28 %), et 69 du troisième groupe (27 %). Un test génétique a été réalisé chez 79 % des patients (56 % des Amyoplasies, 99 % des arthrogryposes distales, 97 % du troisième groupe). Un diagnostic moléculaire a été établi dans 48 % des cas testés dont 3 % des Amyoplasies (formes atypiques), 86 % des arthrogryposes distales, 51 % du troisième groupe. Les cinq gènes les plus fréquemment identifiés étaient PIEZO2, MYH3, ECEL1, ZC4H2 et TPM2. L’échographie prénatale a mis en évidence une anomalie de position articulaire dans 30 % des cas dont 41 % des Amyoplasies, 19 % des arthrogryposes distales et 25 % du troisième groupe. La distribution des anomalies articulaires détectées en prénatal ne différait pas significativement entre les groupes. Les malpositions les plus fréquentes étaient les pieds bots (n = 42) et les mains botes (n = 32).
Conclusion :
Nos résultats soulignent les limites des approches actuelles pour aboutir à un diagnostic précis en anténatal. Aucun signe échographique n’est spécifique d’un groupe d’AMC. D’autres approches comme l'IRM et l’échographie musculaire fœtale doivent être développées afin de mieux anticiper les besoins périnataux, préparer les familles et améliorer la prise en charge globale des patients.
Alicia COUDERT (Grenoble), John RENDU, Anthony MAINO, Julien FAURE, Marjolaine GAUTHIER, Cécile LACHAUD, Véronique SATRE, Radu HARBUZ, Charles COUTTON, Klaus DIETERICH
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#49471 - P293 Le Système National des Données de Santé (SNDS): un outil de repérage des causes environnementales des troubles du spectre autistique.
P293 Le Système National des Données de Santé (SNDS): un outil de repérage des causes environnementales des troubles du spectre autistique.
Depuis 1998, une équipe mobile propose des consultations de génétique sur site dans 40 hôpitaux de jour et instituts médicoéducatifs de la région Ile de France accueillant des enfants et jeunes adultes atteints de troubles du neurodéveloppement (TND) et du spectre autistique (TSA) associés ou non à une déficience intellectuelle. L’équipe est constituée de médecins pédiatres généticiens, d’une conseillère génétique, de deux neuropsychologues et de deux coordinatrices. Les consultations ont lieu en présence des soignants de l’institution. L’unité mobile opère sous l’égide de la Fondation Elan Retrouvé dans le cadre d’une convention avec l’hôpital Necker. Ce nouveau mode d’exercice a permis de recenser des données anamnestiques et environnementales de près d’un millier de patients.
Le séquençage de nouvelle génération a considérablement amélioré le rendement diagnostique des TND d'origine génétique, avec en moyenne 45 % de diagnostics génétiques dans la littérature. Dans notre cohorte, les anomalies cytogénétiques représentent 8,2% (dont la moitié de novo) et les causes monogéniques 31,2% (75% de novo). Tous les patients diagnostiqués présentaient un TSA atypique, syndromique et/ou déficitaire.
La question de savoir si les cas non diagnostiqués résultent de facteurs environnementaux inconnus ou de causes génétiques méconnues reste ouverte. Les variants pathogènes non codants, les modifications épigénétiques et le mosaïsme somatique postzygotique sont autant de causes génétiques méconnues possibles.
Les questionnaires anamnestiques de routine remplis lors des consultations mobiles ont permis de détecter des signaux faibles indiquant de possibles facteurs environnementaux dans la population étudiée1. L’accès au Système National des Données de Santé (SNDS) a permis de montrer que les enfants exposés au VIH et aux antirétroviraux in utero présentaient un risque plus élevé de TND d'origine multifactorielle2. Parmi d'autres signaux faibles détectés, figure la procréation médicalement assistée (PMA). Sur 601 patients atteints de TND suivis dans cette cohorte entre 2019 et 2025, 4,83% étaient issus d'une PMA contre 2,7% dans la population générale (INSEE 2020).
Le SNDS devrait permettre de tester la pertinence de certains facteurs environnementaux à l’occasion de la détection de signaux faibles dans la population étudiée. La cohorte rétrospective du SNDS couvre 98,9 % de la population française. L’impact du niveau et de la durée d'exposition à ces facteurs environnementaux pourrait être évalué et ultérieurement testé in vitro.
1. Munnich, A. et al. Impact of on-site clinical genetics consultations on diagnostic rate in children and young adults with autism spectrum disorder. Mol. Autism 10, 33 (2019).
2. Collier, M. et al. Risk of Neurodevelopmental Disorders in Children Exposed to HIV and Antiretrovirals In Utero: A National Cohort Study in France. Clin. Infect. Dis. Off. Publ. Infect. Dis. Soc. Am. 81, 92–100 (2025).
Sylvia ROSE (Paris), Mathis COLLIER, Khawla ALJABALI, Moïse ASSOULINE, Jean-Marc TRELUYER, Arnold MUNNICH
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#49753 - P297 Les microsatellites en population générale : création d’un catalogue de près de 800 000 loci à partir de la cohorte POPGEN pour améliorer le diagnostic génomique des maladies rares.
P297 Les microsatellites en population générale : création d’un catalogue de près de 800 000 loci à partir de la cohorte POPGEN pour améliorer le diagnostic génomique des maladies rares.
L’avènement du séquençage haut débit de génome a permis un recul significatif de l’impasse diagnostique dans les maladies rares. Malgré tout, près de la moitié des patients reste à ce jour sans diagnostic, notamment du fait de liens gènes-pathologie encore inconnus. Améliorer notre connaissance du génome humain et de ses variations en population générale est primordial pour faire reculer encore l’impasse diagnostique. C’est dans ce cadre que le projet POPGEN a vu le jour, qui consiste en la caractérisation génétique de plusieurs milliers d’individus de la population française issus de la cohorte Constances, avec entre autres le séquençage du génome pour 3 998 d’entre eux. Ces données vont permettre de mettre en place un catalogue de variations génétiques, allant des substitutions nucléotidiques aux variants structuraux, mais aussi les microsatellites. Les microsatellites, ou STRs (Short Tandem Repeat) sont des séquences répétées de 1 à 9 nucléotides et représentent 3% de notre génome. Certaines de ces expansions de nucléotides peuvent être responsables de pathologies. A ce jour plus de 60 pathologies concernées par ce phénomène ont été décrites, la plupart grâce au séquençage haut débit, et d’autres pathologies restent à découvrir. La démocratisation d’outils de recherche d’expansions de nucléotides à partir de données de séquençage courts et longs fragments permet aujourd’hui la détection de nouvelles expansions potentiellement impliquées dans des maladies rares. Le challenge est de les interpréter et pour ce faire, il faut pouvoir les comparer avec des données en population générale pour discriminer les simples polymorphismes des situations pathologiques. Grâce à l’utilisation combinée de deux outils, ExpansionHunter et GangSTR, nous avons pu génotyper près de 800 000 microsatellites sur les individus POPGEN. Ces données nous permettent de dresser un catalogue qui sera rendu disponible pour la communauté afin de mieux interpréter les variations identifiées chez les patients, mais également de mieux comprendre l’architecture génomique de ces séquences répétées, dans le but d’identifier des loci susceptibles d’être instables et de cibler la recherche de nouvelles bases moléculaires de maladies rares. Enfin, ce travail permettra de mieux caractériser la variabilité génétique des individus à l’échelle de la population française, et de pouvoir la comparer aux données issues d’autres projets européens de séquençage en population générale.
Kévin UGUEN (Brest), Gaelle LE FOLGOC, Anthony HERZIG, Emmanuelle GÉNIN, Study Group POPGEN
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#49937 - P301 GenEFCCSS : Cohorte française dédiée à l’étude de la susceptibilité génétique aux cancers pédiatriques et aux effets tardifs des anticancéreux utilisés en pédiatrie.
P301 GenEFCCSS : Cohorte française dédiée à l’étude de la susceptibilité génétique aux cancers pédiatriques et aux effets tardifs des anticancéreux utilisés en pédiatrie.
Introduction.
Plus de 80% des enfants atteints de cancer guérissent, mais souvent au prix de séquelles ou complications tardives retentissant sur la qualité de vie et cause de mortalité prématurée. Les analyses épidémiologiques menées dans les grandes cohortes de survivants à long terme de cancers pédiatriques telles que la cohorte française FCCSS ont permis d’estimer le rôle des traitements anticancéreux reçus dans la survenue de ces effets tardifs. D’’’autres facteurs, en particulier génétiques, sont susceptibles d’interagir avec les traitements et d’être associés à ces effets tardifs.
Matériel et méthodes.
La cohorte GenEFCCSS comprend 2673 survivants à 5 ans de cancer pédiatrique, disposant d’échantillons sanguins ou salivaires séquencés en génome complet avec la plateforme NovaSeq X+ Illumina, avec une profondeur moyenne de 30X. La cohorte présente un sex-ratio M/F de 1:1, un âge médian au diagnostic de 6 ans (IQR 2–12) et une durée médiane de suivi de 28 ans (IQR 19–36). Les tumeurs pédiatriques les plus fréquentes sont les tumeurs rénales (15 %), le neuroblastome (12 %) et le lymphome hodgkinien (8 %). 1 518 ont reçu une radiothérapie et 2 130 une chimiothérapie. 384 patients ont développé une seconde tumeur.
Les fichiers bruts FASTQ ont été soumis à un prétraitement de qualité avec Fastp. Les analyses ont été réalisées via le pipeline nf-core/sarek pour la détection de variants constitutionnels. L’alignement a été effectué avec BWA-MEM2, le marquage des duplicats avec GATK MarkDuplicates, et l’appel de variants avec HaplotypeCaller, suivi d’un joint calling pour générer un fichier VCF de population final. L’annotation des variants a été réalisée à l’aide de la base ClinVar afin d’identifier les variants pathogènes et probablement pathogènes (P/LP) de 129 gènes de prédisposition au cancer.
Résultats.
177 variants P/LP ont été identifiés dans les 129 gènes de prédisposition au cancer testés chez 253/2673 patients (9.5%), dont 105 dans des gènes à transmission dominante (n=125) et 72 dans des gènes à transmission récessive sans aucun cas homozygote (n=138). Chez les patients atteints d’un second cancer, une prédisposition génétique a été identifiée chez 30/131 cas diagnostiqués avant l’âge de 25 ans (23%), chez 17/188 cas diagnostiqués entre 25 et 45 ans (9%), et chez 10/36 cas diagnostiqués après 45 ans (27%).
Conclusion
La cohorte GenEFCCSS est une ressource essentielle pour étudier la susceptibilité génétique aux effets tardifs après traitement d’un cancer pendant l’enfance, et notamment à la survenue des seconds. Les premières analyses retrouvent un enrichissement en variants délétères dans des gènes prédisposant au cancer chez les patients ayant développé un premier cancer avant l’âge de 25 ans. Les analyses suivantes testeront les interactions entre la présence de ces variants et les traitements reçus pendant l’enfance sur le risque de développer un second cancer.
Ons HAMZAOUI (Paris), Delphine BACQ, Marion FRESQUET, Monia ZIDANE, Pauline HOARAU, Marc DELOGER, Anne BOLAND-AUGÉ, Anthony HERZIG, Nadia HADDY, Carole RUBINO, Lea GUERRINI, Christelle DUFOUR, Veronique MINARD, François DOZ, Hélène PACQUEMENT, Tiphaine ADAM-DE-BAUMAIS, Laura LENEZ, Chiraz EL-FAYECH, Hélène BLANCHÉ, Jean-François DELEUZE, Emmanuelle GÉNIN, Brice FRESNEAU, Florent DE VATHAIRE
10:00 - 11:00
#49732 - P309 Anticipation du règlement IVDR : retour d’expérience sur la mise en conformité d’un workflow de séquençage pangénomique short-read et d’analyse d’exome pour l’aide au diagnostic.
P309 Anticipation du règlement IVDR : retour d’expérience sur la mise en conformité d’un workflow de séquençage pangénomique short-read et d’analyse d’exome pour l’aide au diagnostic.
À moins de trois ans de la fin de la période transitoire du règlement IVDR, l’heure est à l’action : les laboratoires doivent se préparer à une refonte réglementaire qui bouleversera durablement le paysage du diagnostic génétique.
La mise en application du Règlement (UE) 2017/746 relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (IVDR), en vigueur depuis le 26 mai 2022, marque une évolution réglementaire majeure dans le domaine du diagnostic biologique. Remplaçant la directive 98/79/CE (IVDD), il vise à renforcer la sécurité des patients, la fiabilité des résultats et la transparence des dispositifs utilisés en laboratoire. Il impose des exigences accrues en matière de documentation technique, de validation clinique, de traçabilité et de surveillance post-commercialisation.
L’article 5.5 du règlement IVDR encadre spécifiquement l’utilisation des tests développés en interne (Laboratory Developed Tests – LDT), en imposant aux laboratoires de biologie médicale (LBM) de justifier leur usage par rapport aux dispositifs commerciaux disponibles, tout en assurant une documentation rigoureuse et une gestion qualité conforme. La phase transitoire, s’étendant jusqu’en 2028 selon la classe de risque du dispositif (A à D), ne doit pas être interprétée comme une période de latence, mais comme une opportunité d’anticipation stratégique.
En anticipation, le laboratoire Ouilab-Biosphère, membre actif du groupe des biologistes indépendants (LBI), a initié une démarche proactive en développant un workflow de séquençage pangénomique short-read (exome) humain conforme IVDR, applicable à toute indication clinique. L’objectif est de démontrer la faisabilité d’une mise en conformité réglementaire ainsi que de partager le retour d’expérience pour les autres acteurs du domaine.
Le workflow mis en place couvre l’ensemble du processus, de l’échantillon d’ADN à l’interprétation biologique et au rendu du compte-rendu au prescripteur. L’outil Platomics, conforme aux recommandations du Medical Device Coordination Group (MDCG), notamment les guides MDCG 2022-8 et MDCG 2022-15, a été utilisé pour générer les documents nécessaires à la constitution du dossier technique IVDR. Ce support numérique facilite la traçabilité, la gestion des risques et la conformité documentaire, tout en s’intégrant dans une démarche qualité globale.
L’approche retenue repose sur un workflow unique pour toutes les indications, avec une différenciation opérée au niveau de l’interprétation biologique. Cette stratégie permet une mutualisation des ressources, une simplification des processus qualité et une meilleure reproductibilité des analyses. Elle répond également aux exigences de l’article 10 du règlement IVDR concernant la démonstration de la performance clinique et analytique.
Ce retour d’expérience vise à sensibiliser la communauté génétique française à l’urgence d’anticiper les obligations réglementaires en proposant une approche valide pour les analyses pangénomiques.
Edgar HORTA (Strasbourg), Tristan REY, Mathieu LAENG
10:00 - 11:00
#48940 - P313 Nouvelle méthode de séquençage à longue lecture dans les dystrophies myotoniques : vers une caractérisation génotype-phénotype affinée.
P313 Nouvelle méthode de séquençage à longue lecture dans les dystrophies myotoniques : vers une caractérisation génotype-phénotype affinée.
Les dystrophies myotoniques de type 1 (DM1) et 2 (DM2) sont des maladies génétiques complexes, caractérisées par une grande hétérogénéité clinique. La DM1 est causée par une expansion instable de triplets CTG pouvant atteindre jusqu’à 4000 répétitions. Bien qu’une corrélation entre la taille de l’expansion et la sévérité des symptômes soit observée, cette relation reste insuffisante pour expliquer à elle seule la variabilité phénotypique. D’une part, il est difficile de mesurer précisément les longues expansions par les méthodes classiques. D’autre part, plusieurs facteurs modulateurs contribuent également à cette variabilité, tels que la présence d’interruptions de type CCG et la mosaïque somatique. La DM2 est liée à une expansion instable de répétitions CCTG pouvant aller jusqu’à 11 000 répétitions. Cette expansion s’inscrit dans un motif complexe (TG)x(TCTG)y(CCTG)n, dont la composition varie d’un individu à l’autre. Comme pour la DM1, la caractérisation fine du locus DM2 reste difficile avec les outils diagnostiques actuels.
Pour dépasser ces obstacles, nous avons appliqué des technologies de séquençage longue lecture sans amplification (PacBio et Oxford Nanopore) à l’ADN de patients DMs. La méthode PacBio, particulièrement robuste, permet de séquencer avec précision des expansions de plus de 1 000 répétitions, d’analyser leur composition nucléotidique, la mosaïque somatique ainsi que la méthylation des loci pathologiques.
Nos premières analyses ont permis d’identifier une famille DM1 présentant une expansion composée à plus de 90 % de CCG, associée à une forme clinique atténuée. Ces interruptions CCG sont fortement méthylées, de même que les séquences flanquantes. Chez les patients DM2, nous avons mis en évidence une forte hétérogénéité génétique et la présence de TCTG de tailles variables en 5’ des CCTG.
Ces travaux démontrent l’apport crucial du séquençage longue lecture pour affiner le diagnostic moléculaire, établir de nouvelles corrélations génotype-phénotype, et mieux comprendre les mécanismes responsables de la variabilité clinique interindividuelle.
Sonia LAMEIRAS, Eirini Maria LAMPRAKI, Duncan KILBURN, Tina ALAEITABAR, Ismail JAMAIL, Nicolas SERVANT, Sylvain BAULANDE, Sarah KINGAN, Sam HOLT, Valeryia GAYSINSKAYA, Guilherme DE SENA BRANDINE, David STUCKI, Badreddine Mohand OUMOUSSA, Hélène MADRY, Pierre-Yves BOELLE, Karim LABRECHE, Tanya STOJKOVIC, Guillaume BASSEZ, Denis FURLING, Geneviève GOURDON, Stéphanie TOMÉ (Paris)
10:00 - 11:00
#49046 - P317 Chimérisme post-greffe : le séquençage de 3e génération au service de la réactivité et de la précision.
P317 Chimérisme post-greffe : le séquençage de 3e génération au service de la réactivité et de la précision.
Introduction
La quantification du chimérisme est essentielle après greffe allogénique et pour le suivi de la maladie résiduelle. Actuellement basée sur l’analyse des STR ou la qPCR, elle évolue grâce à l’émergence de technologies comme la digital PCR (dPCR) et le séquençage nouvelle génération (NGS). La dPCR offre une réponse rapide, mais reste peu adaptée aux séries, tandis que le NGS, compatible avec une organisation automatisée, ne convient pas aux situations urgentes.
Objectif
Cette étude évalue la première solution commerciale de quantification du chimérisme par séquençage de troisième génération (TGS, Nanopore) : la technologie ONtrack (EurobioGendx®), qui ambitionne d’unifier l’approche en série et en urgence avec un même panel de marqueurs.
Matériel et méthode
Quinze échantillons de contrôle qualité externe (EEQ) et 12 échantillons cliniques (sang total, moelle osseuse, tri cellulaire) de 4 patients greffés ont été analysés. Les quantifications de référence avaient été réalisées par qPCR, dPCR et NGS (LBMR chimérisme, EFS Marseille). La technologie ONtrack a été utilisée selon les recommandations du fabricant.
Résultats
Les résultats montrent une excellente corrélation avec les méthodes de référence. Un résultat unitaire est obtenu après 2 heures de séquençage, via un logiciel sécurisé permettant un import automatisé des données. Des tests de reproductibilité et de répétabilité mettent en évidence des coefficients de variation satisfaisants, confirmant la robustesse et la fiabilité de la méthode. La sensibilité analytique a été confirmée à 0,5 %, permettant la détection de faibles niveaux de chimérisme.
Conclusion / Discussion
En conclusion, ONtrack offre des performances analytiques comparables aux méthodes actuelles, avec un atout majeur : la possibilité de couvrir à la fois les situations d’urgence et les analyses en série avec un seul outil, adaptable aux laboratoires à forte ou faible activité.
Pascal PEDINI (Marseille), Sandrine MAIOLI, Nisem CHEROUAT, Agnès BASIRE, Coralie FRASSATI, Sandrine VISENTIN, Vincent BARLOGIS
10:00 - 11:00
#49093 - P321 La corrélation phénotype-génotype pousse les explorations et révèle pour la première fois une insertion de séquence Alu dans le gène CYP21A2 impliqué dans le déficit en 21-hydroxylase.
P321 La corrélation phénotype-génotype pousse les explorations et révèle pour la première fois une insertion de séquence Alu dans le gène CYP21A2 impliqué dans le déficit en 21-hydroxylase.
Introduction
La forme classique de déficit en 21-hydroxylase (FC-D21), maladie autosomique récessive, se définit par un déficit en cortisol +/- aldostérone et un excès d’androgènes induisant une virilisation des organes génitaux externes (OGE) des individus 46,XX. Le diagnostic est confirmé par génotypage du gène CYP21A2 habituellement analysé par séquençage Sanger (recherche de variants ponctuels) et MLPA (recherche d’anomalie du nombre de copies).
Observation
Nous rapportons le cas d’un enfant 46,XX qui présentait une virilisation des OGE à la naissance et un bilan hormonal réalisé à H3 de vie (17OH-Progesterone augmentée à 14.6 ng/ml, ACTH augmentée à 215 pg/ml, delta4-androstènedione augmentée à 15.1 ng/ml, testostérone augmentée à 4.6 ng/ml) permettant de suspecter une FC-D21.
Seul un variant pathogène hétérozygote (hérité de la mère) a été retrouvé par les techniques habituelles d’analyses moléculaires (prélèvement paternel non disponible). Une analyse complémentaire par technique NGS short-read (NextSeq500, Illumina) n’a initialement pas identifié de deuxième variant pathogène.
Quelques années plus tard, l’analyse du prélèvement paternel a pu être réalisée. Celle-ci retrouvait une discrète séquence chevauchante en Sanger, pouvant être prise à tort pour du bruit de fond, et des pertes d’alignement de lectures en NGS short-read faisant suspecter un réarrangement au niveau de l’intron 2. Une étude par TOPO cloning, technique permettant d’isoler l’allèle portant le réarrangement afin d’en déterminer la séquence précise après séquençage Sanger, a permis d’identifier une séquence insérée de 289 pb. Le BLAST de cette séquence a montré qu’il s’agissait d’un élément transposable de la sous-famille AluYb8.
La ré-interrogation des données NGS short-read de l’enfant retrouvait bien des pertes d’alignement de lectures dans la même région. Une PCR long range suivie du séquençage long-read (LRS) (MinION) réalisé a posteriori chez l’enfant a permis de visualiser directement la séquence insérée provenant du père sur un allèle et le variant pathogène provenant de la mère sur l’autre allèle. Un impact de l’insertion d’Alu sur l’épissage est prédit in silico et est en cours d’étude par minigène.
Discussion
Le phénotype évocateur d’une FC-D21 a permis d’approfondir les investigations moléculaires et d’identifier pour la première fois une insertion d’Alu dans le gène CYP21A2 comme responsable de déficit en 21-hydroxylase. La caractérisation précise de cet évènement est primordiale pour poser le diagnostic chez l’enfant mais aussi pour pouvoir proposer un conseil génétique dans la famille ainsi qu’un diagnostic prénatal au couple en cas de nouvelle grossesse. Le LRS apparaît être un outil essentiel pour repérer plus facilement ce type d’évènement difficilement visible par séquençage Sanger, tout en phasant les variants sans la nécessité d’étudier les parents. Le LRS améliore ainsi le rendement diagnostique et la rapidité de l’étude moléculaire du gène CYP21A2.
Jordan TEOLI (Lyon), Delphine MALLET, Alexandre JANIN, Florence ROUCHER-BOULEZ, Sylvie NIVOT-ADAMIAK, Rita MENASSA
10:00 - 11:00
#49252 - P325 L’analyse d’images histologiques de tumeurs du sein par intelligence artificielle prédit le statut ATM des patientes.
P325 L’analyse d’images histologiques de tumeurs du sein par intelligence artificielle prédit le statut ATM des patientes.
L’inactivation bi-allélique constitutionnelle du gène ATM (Ataxia Telangiectasia Mutated) est responsable de l’ataxie-télangiectasie (A-T). Les patients souffrant de cette maladie ont un risque accru de cancer et sont particulièrement radiosensibles. Au niveau cellulaire, la déficience d’ATM est associée à une forte instabilité génomique. On estime que 0,5 à 1% de la population est hétérozygote pour un variant pathogène (VP) d’ATM. Les porteuses hétérozygotes d’un VP d’ATM ont un risque accru de développer un cancer, notamment un cancer du sein, le plus souvent luminal (RO+) sans aucune caractéristique histologique ne permettant de les distinguer des tumeurs survenant dans un contexte sporadique.
Notre objectif était d’évaluer si l’analyse des lames histologiques digitalisées (LHD) de carcinome mammaire par une approche d’apprentissage profond permet de prédire le statut ATM des patientes et d’identifier leurs caractéristiques histologiques.
La série de découverte est composée de LHD de cancers luminaux de deux patients A-T, de 44 porteuses hétérozygotes pour un VP d’ATM (N=58 LHD), et de 51 non porteuses (N=129 LHD) inclus dans les études épidémiologiques françaises GENESIS et CoF-AT2. Les résultats ont été répliqués dans une série de tumeurs de patientes incluses dans d’autres études menées par nos collaborateurs du consortium international ENIGMA (19 porteuses d’un VP d’ATM et 22 non porteuses). Le modèle utilisé est celui développé par Lazard et coll. (Cell Rep Med. 2022) pour prédire la signature HRD (Homologous recombination deficiency) des cancers du sein luminaux de porteuses d’un VP de BRCA1 ou BRCA2 à partir des lames de coupes histologiques de leur tumeur.
Dans la série de découverte, le modèle entraîné prédit le statut ATM avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,90 [IC95% : 0,85-0,95] et une précision équilibrée de 0,80 [IC95% : 0,72-0,88]. Dans la série de réplication, l’AUC est de 0,85 [IC95% : 0,70-1,00] et la précision de 0,67 [IC95% : 0,51-0,83]. Notre approche a également permis de mettre en évidence des caractéristiques histologiques prédictives des tumeurs de porteurs d’un VP ATM : ces tumeurs présentent souvent des cellules carcinomateuses non cohésives, comme observées dans les carcinomes lobulaires infiltrants, et une infiltration dense de lymphocytes, reflétant un micro-environnement enrichi en cellules immunitaires.
Ainsi, l’analyse par apprentissage profond de LHD permet de prédire le statut ATM des patientes et d’identifier des caractéristiques histologiques de ces tumeurs. Comprendre le lien biologique entre le phénotype observé et l’inactivation d’ATM est en cours. Identifier ces tumeurs ATM au moment du diagnostic est une première étape vers une médecine de précision personnalisée pour les femmes concernées et pourrait permettre d’adapter le suivi clinique des membres de leur famille si des recommandations de prise en charge spécifiques pour les porteurs d’un VP d’ATM sont définies.
Nicolas VIART (Paris), Lucie THIBAULT, Tristan LAZARD, Séverine EON-MARCHAIS, Yue JIAO, Laetitia FUHRMANN, Dorothée LE GAL, Eve CAVACIUTI, Marie-Gabrielle DONDON, Juana BEAUVALLET, Marina DE BROT, Joanne NGEOW, Soo-Hwang TEO, Maria ISABEL ACHATZ, Elizabeth SANTANA DOS SANTOS, Fergus J. COUCH, Dominique STOPPA-LYONNET, Melissa C. SOUTHEY, Anne VINCENT-SALOMON, Thomas WALTER, Nadine ANDRIEU, Fabienne LESUEUR
10:00 - 11:00
#49306 - P329 RNA-based Intelligent Algorithm (RNIA) : un modèle de machine learning pour prédire des signatures spécifiques d'expression génique en RNAseq.
P329 RNA-based Intelligent Algorithm (RNIA) : un modèle de machine learning pour prédire des signatures spécifiques d'expression génique en RNAseq.
Dans le cadre des pathologies rares, la difficulté à identifier un gène responsable pour établir un diagnostique définitif reste une problématique majeure, malgré les avancées réalisées dans l'étude et les applications de la génomique humaine à visée diagnostique. Pour pallier à cela, certaines approches de machine learning reposant sur des algorithmes de classification ont été mises en œuvre avec succès. Ces méthodes permettent d’orienter le diagnostic d’un patient parmi plusieurs pathologies rares, en s’appuyant notamment sur des signatures spécifiques issues de données "omiques", comme la méthylation de l’ADN (Aref-Eshghi et al., 2018; Sadikovic et al., 2021).
Dans cette optique, nous proposons une approche bioinformatique similaire, fondée sur l’analyse de profils d’expression génique obtenus par RNAseq. L’objectif est d’entraîner des algorithmes à partir d’échantillons provenant de patients dont le diagnostic est connu. Il s’agit de créer un modèle capable d’associer un profil d’expression à une pathologie spécifique, plus précisément à la diminution ou l'absence d'expression d'un gène. Une fois entraîné, l’algorithme est capable de proposer, pour un échantillon dont l’origine pathologique est incertaine, une orientation diagnostique fondée sur une score de similarité transcriptomique avec des cas déjà caractérisés auxquels il a été confronté. Ainsi, cette méthode pourrait significativement accélérer et affiner le processus diagnostique, en particulier dans les situations où les données cliniques ou génétiques classiques s’avèrent insuffisantes pour établir un diagnostic définitif.
À titre de preuve de concept, nous avons utilisé des données brutes de RNAseq dans lesquelles l’expression du facteur de transcription TCF4 est altérée ou supprimée, mimant le déficit observé dans le syndrome de Pitt-Hopkins, ou encore celle des cofacteurs CBP et EP300, impliqués dans le syndrome de Rubinstein-Taybi. Après traitement et normalisation, nous avons testé plusieurs types d’algorithmes avec ces données. Les meilleurs résultats ont permis une classification des échantillons dont l'expression de TCF4 est altérée ou CBP/EP300 avec une précision et un score de "recall" médians supérieurs à 0.8 pour les 2 cibles. Nous prévoyons également d’évaluer les performances de cette approche sur d’autres pathologies rares liés à une déficience d'expression d'un gène. Il sera notamment nécessaire de tester cette approche avec des données supplémentaires pour évaluer plus précisément les capacités du modèle en conditions réelles. Cependant, l'un des principaux défis réside dans la disponibilité limitée de données transcriptomiques, inhérente à la rareté des pathologies étudiées, et limitant l'entraînement et la validation robuste des modèles prédictifs. Malgré cela, l’approche algorithmique développée dans cette étude constitue un outil prometteur pour l’aide au diagnostic dans le contexte des maladies rares.
Valentin VAUTROT (Dijon), Clarisse BOCHÉ, Anthony AUCLAIR, Théo SERRALTA, Antonio VITOBELLO, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN, Yannis DUFFOURD
10:00 - 11:00
#49364 - P333 Long-read HiFi genome sequencing resolves recurrent Alu-mediated deletions in TANGO2 deficiency disorder.
P333 Long-read HiFi genome sequencing resolves recurrent Alu-mediated deletions in TANGO2 deficiency disorder.
Background: TANGO2 deficiency disorder (TDD, MIM 616878) is a rare autosomal recessive condition with early-childhood onset, caused by biallelic pathogenic variants in TANGO2. TDD presents with global neurodevelopmental delay, seizures, dystonia, and hypothyroidism. Affected individuals may also undergo life-threatening episodic metabolic crises marked by acute neurological deterioration, rhabdomyolysis, and ventricular arrhythmias. Recurrent TANGO2 deletions account for the majority of TDD cases (58.2%), with the most common deletions involving exons 3-9 (49.3%) and exons 4-6 (5.5%). Although NGS remains a cornerstone of rare disease diagnosis, its standard pipelines may fail to detect certain SVs, particularly within highly repetitive sequences. This study reports the identification of TDD in two unrelated families using long-read HiFi genome sequencing (GS), which uncovered homozygous deletions missed by standard-of-care short-read exome sequencing.
Methods: Long-read HiFi GS was performed on blood-derived genomic DNA using the SMRTbell Express Template Prep Kit 3.0 (Pacific Biosciences). Samples were sequenced on the Revio system (30X coverage), aligned to GRCh38 assembly, and analyzed with Via™ software (Bionano Genomics) for SNVs and structural variants (SVs).
Results: Homozygous deletions spanning exons 3-9 in Family 1 (~33.82 kb) and exons 4-6 in Family 2 (~9.40 kb) were identified. These recurrent deletions resulted from genomic recombination between an Alu element and distinct retrotransposon subclasses: ERV1 in Family 1 and L1MB8 in Family 2. The lack of extended homology at breakpoint junctions, deletion sizes, and the dense repetitive genomic context support a replication-based rearrangement mechanism, most consistent with fork stalling and template switching or microhomology-mediated break-induced repair (FoSTeS/MMBIR). The divergent ancestries of reported families, the repetitive architecture of TANGO2, and previously documented deletions exhibiting non-identical breakpoints, further supports independent events rather than a founder effect.
Conclusion: This study highlights the diagnostic value of long-read HiFi GS for detecting SVs in repetitive regions overlooked by standard NGS and enabling base-pair level breakpoint characterization. It provides the first evidence of Alu-mediated recombination causing recurrent TANGO2 deletions. These results suggest that TDD prevalence may be underestimated due to undetected SVs. Therefore, visual inspection of the TANGO2 locus should be considered in individuals presenting with the characteristic combination of neurodevelopmental delay or epilepsy, hypothyroidism and episodes of acute metabolic decompensation when standard NGS remains inconclusive, to detect false-negative results. These results echo findings from the SOLVE-RD initiative, in which long-read HiFi GS provided a genetic diagnosis in 11.8% of previously unsolved families and revealed additional candidate SVs in 5.4%.
Quentin SABBAGH (Montpellier, Pays-Bas), Felipe VILLA-TOBÓN, Zahra KAZEMI, Laura LENTINI, Marie-Emmanuelle DILENGE, Daniela BUHAS, Tomi PASTINEN, Isabelle THIFFAULT, Geneviève BERNARD
10:00 - 11:00
#49528 - P337 Evaluation de l’apport des grands modèles de langages (LLM) pour le diagnostic génétique: application au syndrome de Bardet-Biedl.
P337 Evaluation de l’apport des grands modèles de langages (LLM) pour le diagnostic génétique: application au syndrome de Bardet-Biedl.
Le syndrome de Bardet-Biedl (BBS) est une maladie rare à transmission autosomique récessive. Classée parmi les ciliopathies, elle se caractérise par une atteinte multisystémique touchant de façon variable de nombreux organes (l’œil, le tissu adipeux, les membres, le rein, le cerveau…). À ce jour, plus de 26 gènes BBS expliquent environ 80-90 % des cas diagnostiqués. Le processus diagnostique chez les patients atteints de maladies rares est souvent marqué par une errance diagnostique au niveau clinique en raison de la complexité des chevauchements phénotypiques ou au niveau moléculaire avec la difficulté de classer les variants.
L'application de l'intelligence artificielle (IA) en santé est en pleine évolution pour analyser des ensembles de données complexes. L'objectif est d'améliorer la prise de décision et à terme d'automatiser des processus complexes qui nécessitent pour l'instant l'expertise humaine. Dans ce contexte, les grands modèles de langage (LLM), basés sur l'architecture Transformer, traitent les données textuelles à l'aide d'un mécanisme d'attention en les pondérant et en intégrant des dépendances à longue portée. Grâce au calcul de vecteurs sous forme de matrices et aux puissances des cartes graphiques, les textes sont traités en entiers simultanément permettant une compréhension efficace et plus naturelle.
Nous avons étudié la capacité d'interprétation et de raisonnement des LLM. Deux agents utilisant le modèle français Mistral8x7B ont été développés en Python 3 et exécutés dans l’environnement CUDA dans un Docker dédié sur un système Linux. L'agent clinique propose des diagnostics différentiels basés sur les signes cliniques, et l'agent génétique évalue la pathogénicité des variants génétiques. Dans le respect des données de santé, ces modèles ont été exécutés sur une machine isolée disposant d’un processeur graphique puissant (Nvidia RTX A6000).
Sur une cohorte de 846 patients suspectés d’un BBS, dont les signes cliniques sont recueillis sur un formulaire standardisé et codés informatiquement via une ontologie (HPO), un diagnostic différentiel (5 hypothèses hiérarchisées) pour chacun des patients est automatiquement effectué par l’IA. Les différentes versions de Mistral8x7B ont été évaluées sur deux méthodes de prompts (zero-shot et chain-of-thought). Parmi ces 846 patients, certains ont un diagnostic moléculaire de certitude BBS (428 vrais positifs) ou un autre gène (118 vrais négatifs) et d’autres n’ont pas encore de diagnostic établis. L’évaluation du meilleur modèle indique 92% de sensibilité pour le Top 1 des propositions et une précision de 85%.
Les résultats montrent que les LLM sont des solutions d’aide au diagnostic intéressantes et efficaces (90 secondes par patient). Un entrainement spécifique (fine tuning) devrait permettre d’améliorer encore les résultats. Les performances seront comparées aux modèles plus classiques telles que la régression logistique multivariée ou les méthodes random forest.
Medhi EL ALAOUA, Jean-Baptiste LAMOUCHE, Aurélie GOURONC, François SÉVERAC, Samuel NICAISE, Julie THOMPSON, Hélène DOLLFUS, Antony LE BÉCHEC, Jean MULLER (Strasbourg)
10:00 - 11:00
#49798 - P341 Le défi du suivi des contrôles dans un laboratoire de séquençage à très haut débit pour le diagnostic : mise en place des protocoles et outils de suivi à AURAGEN.
P341 Le défi du suivi des contrôles dans un laboratoire de séquençage à très haut débit pour le diagnostic : mise en place des protocoles et outils de suivi à AURAGEN.
Introduction: AURAGEN, laboratoire de Biologie Médicale issu du Plan France Médecine Génomique 2025 a une activité dédiée au séquençage très haut débit pour les patients atteints de maladies rares et de cancers. Cette activité, nouvelle dans le domaine de la médecine génomique, a nécessité le développement de nouveaux outils et protocoles, notamment dans le suivi de l’activité, la mise en place de contrôles et d’indicateurs.
Méthodes / Organisation: Un suivi des performances du laboratoire a été établi, avec les EEQ, CIL et CIQ, mais aussi run par run, à partir des séquençages des patients. Les métriques de qualité les plus pertinentes ont été recensées, de l’extraction des acides nucléiques au post-alignement. Les outils statistiques permettant d’analyser la variabilité des métriques, ont été mis en place, en tenant compte des conditions environnementales, matériels et humaines. Un outil interne de suivi du contrôle qualité a été développé afin de centraliser et d’automatiser l’évaluation des performances au laboratoire. Des modules interactifs de visualisation permettent d’explorer des statistiques descriptives, des tendances temporelles et des modélisations par splines. Ces modules permettent non seulement de détecter des dérives de performances mais également une comparaison intra séquenceurs/robots. Un système de gestion des alertes a été ajouté pour mettre en évidence les anomalies et faciliter la mise en place d’actions correctives.
Résultats Des plans de contrôles internes et un dashboard ont été établis concernant les métriques de qualité à suivre; ils permettent un suivi longitudinal de ces dernières. Seize critères ont été retenus en MR,9 pour le WGS et le WES KC, 7 pour le RNAseq en KC. Selon les métriques, le suivi a été planifié pour des ADN ou ARN de référence ou pour l’ensemble des dossiers séquencés au laboratoire. Les métriques de qualité sont décrites à l’aide de statistiques usuelles (moyennes, médianes, quartiles…) et représentées par des graphiques standards. Les tendances temporelles sont modélisées par des splines, permettant de détecter dérives et valeurs extrêmes. La périodicité du suivi, les seuils d’alerte et des seuils critiques ont été définis, ainsi que 3 niveaux de contrôles: métriques critiques avec des seuils d’alerte ; métriques dont la variation est surveillée et métrique utilisée pour expliquer un dysfonctionnement observé. Le système de suivi et de management des erreurs a ensuite été éprouvé à l’aide de données des 2 dernières années.
Conclusion, Perspectives: L’intégration des analyses génomiques et transcriptomiques à très haut débit dans l’activité d’un laboratoire de Biologie médicale nécessite de mettre en place des nouveaux outils de suivi de qualité, et de suivi des dérives et écarts. Cette expérience du laboratoire AURAGEN illustre la faisabilité et les évolutions technologiques et organisationnelles nécessaires pour implémenter les analyses à très haut débit en oncologie et dans les maladies rares.
Estelle CHAMPION, Anne THOMAS, Joanna PAUTONNIER, Olivier CHENAVIER, Alain VIARI, Christine VINCIGUERRA, Pascal ROY, Carole FERRARO-PEYRET (Lyon), Auragen CONSORTIUM
10:00 - 11:00
#49922 - P345 Analyse des séquences répétées du génome par méthode long reads appliquées aux néphropathies tubulo-interstitielles autosomiques dominantes associées à MUC1.
P345 Analyse des séquences répétées du génome par méthode long reads appliquées aux néphropathies tubulo-interstitielles autosomiques dominantes associées à MUC1.
Introduction :
Les néphropathies tubulo-interstitielles autosomiques dominantes associées à MUC1 sont caractérisées par des variations situées dans une région de répétitions en tandem à nombre variable (VNTR), rendant leur détection difficile via les méthodes classiques de séquençage en short reads. L’utilisation d’outils bioinformatiques dédiés (comme VNTyper, SharkVNTyper) permet de dépister la présence du variant 27dupC, variant le plus fréquemment décrit. Cependant, une méthode confirmatoire (Snapshot PCR ciblée) est nécessaire et la performance de détection des autres variants n'a pas été évaluée. .
Le but de ce travail est d’évaluer l’utilisation du séquençage long read Nanopore, dans la détection des variants situés au sein du VNTR de MUC1.
Méthodes :
Nous avons testé deux méthodes de séquençage long read via Nanopore : une reposant sur une analyse ciblée par long range PCR, et une par adaptive sampling utilisant un panel in silico de 404 gènes décrits comme étant associé à une néphropathie ou le génome entier. Par LR-PCR, l’intégralité du gène MUC1 est amplifié. Les lectures sont alignées sur un fichier de référence de séquences de MUC1 de différentes tailles, permettant de dégager deux groupes de lectures correspondant aux deux allèles. En adaptive sampling, les lectures de séquençage correspondant à la région de MUC1 sont haplotaggées et une séquence consensus par haplotype est réalisée. Ces séquences sont alignées sur génome de référence T2T.
Résultats :
Par PCR, parmi 36 patients analysés, les résultats sont concordants avec les résultats de Snapshot PCR 27dupC pour 35 patients. Pour le dernier patient, le variant 28dupA a été mis en évidence par PCR ; ce variant n’est pas recherché par Snapshot . En adaptive sampling, le variant 27dupC présent chez 4/4 individus contrôle positif a bien été retrouvé. Le variant a également été retrouvé chez une patiente avec forte suspicion clinique mais avec Snapshot PCR négative. La négativité de la Snapshot PCR est probablement liée à la présence d'un autre variant entrainant un allèle drop out. De plus, l’utilisation de séquençage long read permet de déterminer le nombre de VNTR pour chaque allèle et de localiser la position du variant au sein du VNTR, ce qui était impossible par les méthodes utilisées jusqu’à présent.
Conclusion :
Le séquençage long read permet la détection de variants pathogènes au sein du VNTR de MUC1, impliqués dans la néphropathie tubulo-interstitielle autosomique dominante, avec une sensibilité qui semble meilleure que par la technique de référence en France jusqu’à présent. De plus, cette méthode permet d’obtenir des informations complémentaires (taille du VNTR, localisation du variant frameshift, méthylation), pour lesquelles la corrélation génotype/phénotype est à effectuer.
Ilias BENSOUNA (Paris), Xavier VANHOYE, Jimmy PERROT, Nadhir YOUSFI, Laure RAYMOND, Laurent MESNARD
10:00 - 11:00
#49335 - P349 Foetopathologie et génétique : quand la piste de l’escargot mène au diagnostic d’une dysplasie de Schneckenbecken par identification en exome d’un nouveau variant faux-sens du gène SLC35D1.
P349 Foetopathologie et génétique : quand la piste de l’escargot mène au diagnostic d’une dysplasie de Schneckenbecken par identification en exome d’un nouveau variant faux-sens du gène SLC35D1.
Introduction
Le diagnostic de chondrodysplasie létale est établi sur signes d’appel échographiques dans 99% des cas. L’évaluation clinique ou fœtopathologique et l’analyse génétique affinent le diagnostic nosologique. Parmi les chondrodysplasies létales, le groupe hétérogène des dysplasies spondylodysplastiques sévères (SSDD) associe micromélie, thorax étroit et platyspondylie. Nous rapportons le cas d’un fœtus atteint d’une SSDD extrêmement rare, porteur homozygote d’un nouveau variant faux-sens pathogène du gène SLC35D1.
Cas clinique
Il s’agit de la première grossesse d’un couple apparenté. L’échographie du 1er trimestre révèle un œdème diffus, une micromélie et un thorax étroit, évoquant une chondrodysplasie létale et motivant une trophocentèse à visée génétique. Les analyses par PCR aneuploïdies, FISH du chromosome X, caryotype et CGH-array sont normales. L’évolution montre une macrocrânie, une absence de cavité septale et des intestins hyperéchogènes, orientant le couple vers une interruption médicale de grossesse réalisée au terme de 16 SA.
Les radiographies post-mortem mettent en évidence des os longs très courts, des métaphyses larges, une platyspondylie sévère et des os iliaques hypoplasiques avec une projection médiane en forme d’escargot. L’examen fœtopathologique confirme les signes échographiques, décrit une dysmorphie faciale et une fente médiane du palais postérieur. Le diagnostic de dysplasie de Schneckenbecken (SBD) est évoqué. L'aspect histologique fémoral complète l'examen et retrouve des anomalies cartilagineuses très en faveur du diagnostic.
Le séquençage de l’exome sur culture de villosités identifie le variant SLC35D1 NM_015139.3:c.972C>G p.(Ser324Arg) à l’état homozygote, hérité des deux parents. Ce variant est absent des bases de données d’individus contrôles et de sujets atteints. Il affecte un résidu très conservé et est prédit pathogène par l’ensemble des logiciels (CADD=26,9). Ces éléments, associés au caractère très évocateur des radiographies, nous ont permis de classer ce variant comme probablement pathogène.
Discussion
La SBD est une dysplasie ostéochondrale létale et très rare, de transmission autosomique récessive. Elle peut être suspectée en anténatal devant des os longs courts, un thorax étroit, une fente palatine et un œdème sous-cutané. L’aspect radiographique en escargot des ailes iliaques lui donne son nom. La SBD est liée à la présence de variations bi-alléliques majoritairement tronquantes dans le gène SLC35D1, qui code un transporteur de sucres nucléotidiques essentiel à la synthèse des protéoglycanes de la matrice cartilagineuse.
À ce jour, une dizaine de variants seulement ont été rapportés dans la SBD, dont quatre variants faux-sens, associés aussi bien à des formes létales classiques qu’à des formes viables de type “SBD-like”. Notre observation enrichit la description moléculaire de la SBD et confirme à ce jour l’absence de corrélation entre la nature ou la localisation du variant et le phénotype.
Johanne PIOTROWSKI (Strasbourg), Pauline LE VAN QUYEN, Monique KOHLER, Marie-Laure LEGRIS, Emmanuelle GINGLINGER, Alexandra SAUVIGNON, Odile NULLANS, Claire FEGER, Nadège CALMELS
10:00 - 11:00
#49473 - P353 Variants frameshift C-terminaux de FGFR1 : confirmation d’une nouvelle cause de Dysplasie Epiphysaire Multiple.
P353 Variants frameshift C-terminaux de FGFR1 : confirmation d’une nouvelle cause de Dysplasie Epiphysaire Multiple.
Les dysplasies épiphysaires multiples (DEM) constituent un groupe hétérogène de pathologies osseuses caractérisées par un retard d’ossification des épiphyses, des douleurs articulaires précoces, une arthrose prématurée et une petite taille modérée. Les principaux gènes impliqués concernent le développement du cartilage et de l’os (COMP, MATN3, COL9A1-3, CANT1, SLC26A2). L’implication de FGFR1 dans les DEM a été proposée en 2020, avec la description d’un variant frameshift de novo localisé dans l’exon terminal.
Nous rapportons ici une cohorte internationale de 13 patients porteurs de variants frameshift C-terminaux de FGFR1, issus de deux familles (3 cas et 9 cas respectivement) ainsi que le patient précédemment publié. Tous présentent une DEM sans atteinte vertébrale, avec un début des symptômes entre 3 et 13 ans et une pénétrance complète. Le genu valgum est quasi constant, et la majorité des patients ont subi plusieurs interventions chirurgicales. Une petite taille modérée est retrouvée en majorité, et un hypogonadisme hypogonadotrope est retrouvé dans environ la moitié des cas.
Dans les trois familles, les variants entraînent la même élongation C-terminale de 164 acides aminés, générant une néostructure sans homologie connue mais suggérant un possible effet antimorphe.
Ces résultats confirment FGFR1 comme nouveau gène de DEM et précisent le spectre clinique associé, ouvrant la voie à des perspectives fonctionnelles et diagnostiques nouvelles.
Marion AUBERT-MUCCA (Toulouse), Roberto MENDOZA LONDONO, Valerie CORMIER-DAIRE, Thomas EDOUARD, Olivier PATAT, Hannah FAGHFOURY, Josh SILVER, Renaud TOURAINE, Philippe CAMPEAU, Alban ZIEGLER
10:00 - 11:00
#49678 - P357 Apport du séquençage du génome entier dans la maladie des exostoses multiples.
P357 Apport du séquençage du génome entier dans la maladie des exostoses multiples.
La maladie des exostoses multiples, caractérisée par la présence d’ostéochondromes, est une cause fréquente de consultation de génétique. Il s’agit d’une ostéochondrodysplasie d’origine génétique, de transmission autosomique dominante, en rapport avec des variants mono-alléliques des gènes EXT1 # 133700 ou EXT2 # 133701. Une analyse moléculaire est fréquemment proposée afin de confirmer le diagnostic qui est clinico-radiologique. 30 patients sont analysés par an dans cette indication sur notre panel dédié aux atteintes lytiques / condensantes / proliférations anarchiques du tissu osseux, par séquençage haut débit (NextSEq-500 Illumina). Une cause moléculaire est identifiée dans plus de 95% des cas. Nos résultats sont discutés en réunion clinico-biologique afin de confronter le résultat moléculaire au phénotype. Lorsque qu’aucun variant pathogène ou probablement pathogène n’est identifié chez un patient présentant un phénotype typique, une étude par séquençage de génome entier est proposée dans le laboratoire SeqOIA, via le PFMG 2025.
Cette étude a permis d’identifier la cause moléculaire pour 3 patients:
- Le 1er patient (46 ans) présente une forme sévère de la maladie avec de nombreuses exostoses ayant un retentissement douloureux et fonctionnel. Plusieurs exostoses ont bénéficié d’une exérèse chirurgicale. Une inversion de novo du chromosome 8 avec un point de cassure dans l’intron 1 du gène EXT1 a été identifiée.
- Le 2eme patient (20 ans) présente une forme modérée de la pathologie caractérisée par la présence de plusieurs exostoses sur le fémur et le tibia gauche, dont une a nécessité une intervention chirurgicale. L’étude moléculaire a montré une insertion de 4 nucléotides de novo en mosaïque (VAF dans le sang à 9%, 5 reads variants/58) dans l'exon 1/11 du gène EXT1. Cette variation c.427_430dup, p.(Tyr144PhefsTer46), est prédite pour être responsable d’un décalage du cadre de lecture avec apparition d’un codon stop prématuré.
- La 3eme patiente (15 ans) présente plusieurs exostoses ayant nécessité une intervention chirurgicale (exérèse d’exostoses au niveau des 2 avant-bras, du membre inférieur droit, des côtes et d’une vertèbre cervicale), en raison de conséquences douloureuses et fonctionnelles. Elle est porteuse d’une insertion dans l'exon 1 du gène EXT1. Cette insertion est survenue de novo et correspond à l'insertion d'une séquence Alu (probablement AluYb8) d’environ 300 pb au sein de l'exon 1 de EXT1, ayant pour conséquence possible la synthèse d'une protéine EXT1 anormale ou l'absence de synthèse de cette protéine.
Ces observations soulignent l’importance de la discussion clinico-biologique pour les patients dont l’analyse moléculaire est non conclusive afin d’évaluer la pertinence de la poursuite des investigations. Le séquençage du génome est souvent réalisé dans ces situations et permet de mettre en évidence des variants non détectables par panel.
Sophie MONNOT (paris), Maelle CHARPIE, Caroline MICHOT, Geneviève BAUJAT, Solenne FISSON, Perrine BRUNELLE, Briand AUDREY, Julie STEFFANN
10:00 - 11:00
#49977 - P361 Expansion du spectre phénotypique et moléculaire du syndrome de Bruck.
P361 Expansion du spectre phénotypique et moléculaire du syndrome de Bruck.
Introduction : Le syndrome de Bruck est une maladie ultra-rare (<50 cas décrits), caractérisée par l’association dès la naissance d’une fragilité osseuse et de rétractions articulaires, classiquement associé à FKBP10 (BRKS1, MIM 259450) ou PLOD2 (BRKS2, 609220). Nous rapportons les données de 12 patients, permettant d’étendre le spectre clinico-moléculaire et rechercher des corrélations génotype-phénotype, en incluant notamment des variations pathogènes inédites de COL1A1 et COL1A2.
Méthodes : Nous avons inclus des patients présentant l’association d’une fragilité osseuse et de rétractions articulaires congénitale, suivis dans le CRMR MOC. Ils ont tous bénéficié du panel NGS fragilité osseuse et/ou un séquençage génomique complet (plateformes de génétique moléculaire de Necker et du laboratoire SeqOIA).
Résultats : La cohorte comprend 12 patients (11 garçons et seulement 1 fille), avec 7 cas familiaux et 5 cas isolés. Le diagnostic moléculaire a été confirmé à 20 mois en moyenne. Dix ont eu au moins une fracture (dont 50 % néonatale), touchant surtout tibias, côtes, fémurs et humérus. Les contractures touchent principalement pieds, hanches et genoux. Quatre patients (1/3) ont des complications cervicales sévères avec impression basilaire. Des complications respiratoires sont retrouvées chez 4 patients (1/3) et deux patients (16%) sont toujours trachéotomisés à l’âge de 18 ans. Aucun n’est autonome à la marche mais tous ont un développement cognitif parfait. Les signes associés à l’ostéogenèse imparfaite (dentinogenèse imparfaite, sclérotiques bleutées et surdité) sont présents chez 2 patients. Les radiographies montrent une cyphoscoliose progressive (66 %) et une protrusion acétabulaire sévère (42 %).
Nous avons identifié des variants bialléliques dans PLOD2 (17 %) et FKBP10 (50 %), ainsi que, pour la première fois, des variants monoalléliques dans COL1A1 et COL1A2 (33 %). Les patients COL1A1/A2 présentent tous : dentinogenèse imparfaite, sclérotiques bleutées et surdité, signes absents chez les patients FKBP10 et PLOD2 ; ils avaient également plus de fractures (moyenne 16,5). Les patients PLOD2 montraient une fragilité sévère, avec complications respiratoires précoces et impression basilaire marquée. Les patients FKBP10 avaient moins de fractures mais une allodynie et des déformations progressives sévères. Un patient COL1A1 a une atteinte respiratoire sévère, sans cause moléculaire associée identifiée en génome.
Conclusion : Nous rapportons la plus grandes série de syndrome de Bruck et mettons en évidence l’implication inédite de COL1A1 et COL1A2. La majorité des patients présentent une forme sévère, progressivement déformante, avec complications respiratoires et douleurs quotidiennes invalidantes. Un dépistage cervical précoce et une prise en charge orthopédique, respiratoire et fonctionnelle (appareillage, kinésithérapie, CPAP) sont essentiels. Malgré leur atteinte motrice, ces enfants présentent un développement cognitif et social préservé.
Camille GALLUDEC-VAILLANT (Paris), Sophie MONNOT, Zagorska PEJIN, Corinne COLLET, Lucile BOUTAUD, Eugénie KOUMAKIS, Pauline LE TANNO, Graziella PINTO, Philippe WICART, Valérie CORMIER-DAIRE, Geneviève BAUJAT
10:00 - 11:00
#49452 - P365 Diagnostic des Epidermolyses Bulleuses Héréditaires et Fragilités Cutanées au CHU de Nice.
P365 Diagnostic des Epidermolyses Bulleuses Héréditaires et Fragilités Cutanées au CHU de Nice.
Les Epidermolyses Bulleuses Héréditaires (EBH) sont un groupe de maladies rares caractérisées par une fragilité de la peau conduisant à la formation de bulles et d’érosions cutanées (parfois muqueuses) par désunion entre l’épiderme et le derme. Elles touchent environ 1 nouveau-né sur 20 000. Leur gravité est très variable, allant d’une gêne mineure à des formes rapidement incompatibles avec la vie en passant par des affections chroniques responsables de handicaps sévères par leurs complications infectieuses, nutritionnelles, cicatricielles, fonctionnelles voire viscérales. On distingue trois groupes d'EBH selon le niveau de clivage dans la peau. Au sein de chacun de ces trois groupes il existe plusieurs formes cliniques d’EBH distinguées par leur symptomatologie et leur mode de transmission héréditaire.
Des RCP mensuelles du Centre de Référence Maladies Rares (cliniciens et infirmières) permettent l’orientation du diagnostic clinique ainsi que des avis et recommandations pour la prise en charge des patients.
Lorsqu’une biopsie cutanée est possible, la détermination du niveau de clivage par immunofluorescence est la première étape du diagnostic. Le niveau de clivage est apprécié de façon rapide et précise par l’utilisation d’anticorps dirigés contre différents constituants de la jonction dermo-épidermique. Cette étape permet une orientation de l’analyse moléculaire mais également une réponse rapide dans l’urgence de la prise en charge néonatale (pronostic vital, évolution). Des marquages spécifiques permettent parfois la validation fonctionnelle des variants de signification incertaine (VSI) identifiés lors de l’étude génétique.
L’identification des variants pathogènes responsables de la maladie permet un conseil génétique aux familles et la réalisation d’un diagnostic prénatal. Si un sous-type est diagnostiqué cliniquement et/ou histologiquement, un séquençage Sanger est réalisé. En deuxième intention ou en l’absence d’orientation, un panel de 34 gènes impliqués dans les EBH et Fragilités cutanées est analysé par séquençage haut débit.
Résultats : Sur la période janvier 2022- août 2025, 132 cas index ont été reçus par le centre de référence. L’analyse histologique sur 28 biopsies cutanées reçues en bon état a permis d’établir un diagnostic différent de l’orientation clinique initiale dans 68% des cas, 90% ont été ensuite confirmés lors de l’analyse moléculaire. De son côté, l’analyse moléculaire des 132 cas index a permis un taux d’élucidation de 85%, dont environ 45% de résultats obtenus par NGS. Cette démarche réduit l’errance diagnostique à 3 mois en moyenne. En cas d’impasse diagnostique (15%), une demande d’analyse du génome par les laboratoires du Plan France Médecine Génomique (PFMG) est réalisée dans la préindication Génodermatose.
L’extension des études génétiques aux diagnostics différentiels des EBH et le recours à des méthodes de validations fonctionnelles des VSI permettront de réduire les impasses diagnostiques des fragilités cutanées.
Marjorie HEIM (NICE), Thomas HUBICHE, Marion ARNAUD, Mathilde LELOUP, Jocelyn RAPP, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Christine CHIAVERINI, Bruno FRANCOU
10:00 - 11:00
#49114 - P369 Mise en place et premier bilan d’une activité de néphrogénomique adulte par séquençage d’exome.
P369 Mise en place et premier bilan d’une activité de néphrogénomique adulte par séquençage d’exome.
Contexte et objectifs
L’activité de néphrogénomique adulte contribue à mieux comprendre les maladies rénales d’origine génétique de l’adulte afin de poser des diagnostics plus précis, adapter les prises en charge médicales et orienter les décisions thérapeutiques ou de transplantation.
Sur le GHU Sorbonne Université, près de 800 exomes (WES) en néphrologie sont externalisés chaque année dans le cadre de l’activité du CRMR MARHEA GHU Sorbonne. Ce projet décrit la structuration d’une plateforme de néphrogénomique adulte : constitution des équipes, choix technologiques (wet-lab, pipeline bioinformatique), accès à un séquenceur à haut débit, logistique des données (intégration d’un e-CRF, paramétrage du Système de Gestion de Laboratoire) et premiers résultats cliniques.
Mise œuvre
Le projet a débuté avec l’attribution de 20 % d’un ETP médical et l’accès à un séquenceur NovaSeqX (Illumina) via une convention avec l’ICM. L’objectif était de ré-internaliser progressivement les WES en s’appuyant sur une stratégie d’autofinancement via un séquençage à coût optimisé par échantillon. Un wet-lab a été choisi pour la préparation des échantillons et des librairies (Roche). L’analyse bioinformatique repose sur l’association du pipeline de SeqOne et d’un pipeline maison. Le dépistage du variant 27dupC de MUC1 a été rendue possible du fait de la profondeur moyenne à 100X obtenue en WES.
Le recueil des données cliniques est réalisé via l’e-CRF RedCap du Département de néphrologie de Tenon et l’ensemble du flux est intégré dans le SGL Genno. Sur le plan humain, un technicien a été recruté suite à son stage de DUT. Par la suite, un biologiste à temps plein a été recruté pour superviser les activités.
Résultats
Au 1er juillet 2025, 278 cas index adultes ont été analysés par WES, principalement en solo. Un diagnostic moléculaire a été établi dans 55/278 cas (19,7 %), avec 27 gènes différents impliqués. Les gènes COL4A3/4/5 (syndrome d’Alport) et PKD1 (polykystose autosomique dominante) représentent 26/55 diagnostics (47%). Par ailleurs, un génotype à risque APOL1 a été identifié chez 25 patients. Cette activité est en pleine progression avec un objectif de 300 WES/an et est complétée par une lecture de génome (pré-indication Néphropathie chronique) pratiquée sur la plateforme nationale Seqoia (116 dossiers analysés). En parallèle, une activité de séquençage Oxford Nanopore Technologies® a été développée en partenariat avec le département de néphrologie du GHU Sorbonne et le CNR-MAT, pour orienter rapidement la prise en charge des syndromes hémolytiques et urémiques atypiques (42 patients rendus).
Conclusion
Cette organisation permet aujourd’hui au GHU Sorbonne Université de disposer d’une plateforme intégrée, autonome et innovante de néphrogénomique adulte. La mise en place progressive, soutenue par une stratégie collaborative, garantit la pérennité du dispositif, tout en assurant un équilibre économique durable au sein du département de Génétique médicale.
Mathieu GEORGET (Paris), Laurent MESNARD, Nadhir YOUSFI, Anouar NABTI, Julie BOGOIN, Ilias BENSOUNA, Marie YANNICK, Julien BURATTI, Eric LEGUERN, Anne-Sophie LEBRE
10:00 - 11:00
#49454 - P373 Apport du séquençage génomique dans les maladies respiratoires rares.
P373 Apport du séquençage génomique dans les maladies respiratoires rares.
Introduction
Le diagnostic génétique des maladies respiratoires rares reste complexe en raison de leur forte hétérogénéité clinique et moléculaire. Si le séquençage haut débit a transformé la prise en charge des maladies constitutionnelles, de nombreux patients demeurent sans étiologie identifiée malgré des panels de gènes ciblés orientés par le phénotype. Actuellement, une cause génétique est retrouvée chez environ 90 % des hypoventilations centrales (HC) et 70% des dyskinésies ciliaires primitives (DCP), mais beaucoup plus rarement (< 20%) dans les formes isolées d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), les pneumopathies interstitielles diffuses (PID), les anomalies syndromiques du développement pulmonaire (ADP) ou les bronchectasies idiopathiques (DDB). L’ouverture de la pré-indication « Maladies respiratoires rares » (IMR0029) en mars 2020 a permis aux patients en impasse diagnostique d’accéder au séquençage génomique complet (WGS), après validation en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Nous présentons ici les résultats combinés des plateformes nationales de séquençage très haut débit SeqOIA et AuRAgen pour cette pré-indication.
Résultats
Sur 5 ans, 98 prescriptions ont été effectuées, 59 (60%) sur SeqOIA et 39 (40%) sur AuRAgen. A ce jour, 63 dossiers ont été interprétés : 6 dossiers (9%) étaient concluants et 49 dossiers non conclusifs.
Les 6 cas formellement diagnostiqués présentaient des symptômes de DCP (n=1, ARMC4), HTAP (n=1, TBX4), HC (n=2, HMBS, SOS1), PID avec déficit immunitaire (n=1, NFkBX) et DDB (n=1, CFTR). Huit dossiers, rendus non conclusifs, présentaient des variants de signification incertaine nécessitant des investigations complémentaires (études de ségrégation élargies ou tests fonctionnels) pour statuer : PID (n=4), HTAP (n=3), DCP (n=2).
Les rendements diagnostics les plus élevés sont observés pour des phénotypes très spécifiques avec des tests diagnostiques bien établis de type DCP, HC ou HTAP, avec des gènes bien caractérisés. Le taux diagnostic est plus bas pour les pathologies plus hétérogènes comme les PID de l’enfant ou de l’adulte, les DDB et les ADP.
Conclusion
Le WGS a permis d’établir un diagnostic chez plus de 9 % des patients de la pré-indication IMR0029, avec des performances variables selon le phénotype. Ce rendement diagnostic devrait augmenter dans les prochaines années avec l’évolution des connaissances. La pénétrance incomplète, le caractère possiblement polygénique de certaines pathologies, l’influence environnementale, l’âge variable de début des symptômes et la complexité syndromique compliquent l’interprétation. Ces résultats soulignent l’importance d’une expertise multidisciplinaire et de stratégies d’analyse évolutives pour optimiser le diagnostic génétique dans ce contexte.
Céline RENOUX (LYON), Florence COULET, Nathalie COUQUE, Ibrahima BA, Anne BERGOUGNOUX, Jérémy BERTRAND, Mélanie EYRIES, Victor GRAVRAND, Caroline KANNENGIESSER, Marina KONYUKH, Camille LOUVRIER, Hélène MOREL, Adrien PAGIN, Maud TUSSEAU, Marie-Pierre REBOUL, Jérémie ROSAIN, Auragen CONSORTIUM, Caroline RAYNAL, Alix DE BECDELIEVRE
10:00 - 11:00
#49690 - P377 Evaluation de la technologie de séquençage nouvelle génération appliquée au dépistage néonatal de la mucoviscidose.
P377 Evaluation de la technologie de séquençage nouvelle génération appliquée au dépistage néonatal de la mucoviscidose.
Le dépistage néonatal (DNN) de la mucoviscidose permet un diagnostic et une prise en charge précoces qui ont contribué à améliorer le pronostic des patients. En France, il est basé, depuis sa généralisation en 2002, sur un test de la trypsine immunoréactive (TIR) à 3 jours de vie et la recherche de variants du gène CFTR, puis d’un test de la sueur. La technique de biologie moléculaire (BM) actuellement utilisée permet la détection de 29 variants fréquents associés à la mucoviscidose à partir de la même tache de sang sur buvard. Cette technique, bien que robuste, ne sera plus commercialisée en 2028, du fait des contraintes de la future règlementation européenne IDVR.
Afin d’assurer la continuité du dépistage par BM, les laboratoires de génétique des CHU de Brest et Montpellier ont évalué les performances de deux trousses commerciales 4bases CFTR panel (Adgenix) et Devyser CFTR-NGS et d’un panel communautaire Ampliseq® CFTR (Thermo Fisher), pour l’analyse du gène CFTR à partir d’ADN extraits de buvards. Les librairies sont obtenues par une approche amplicon pour les trois solutions. Les ADN témoins ont été extraits par trois méthodes différentes et le séquençage a été réalisé sur MiSeq et MiniSeq (Illumina). Les critères de comparaison étaient les flux de travail (étapes, durée), la qualité des données brutes de séquençage et les performances de détection des variants ponctuels (SNV) et les petites insertions et délétions. Nous avons séquencé respectivement 24, 16 et 45 échantillons par les techniques Ampliseq® CFTR, 4bases CFTR panel et Devyser CFTR-NGS. Les concentrations d’ADN de départ étaient faibles : de 0,06 à 5,45 ng/microlitre. Le protocole du panel Ampliseq® CFTR a permis d’obtenir des données brutes de très bonne qualité et de détecter tous les variants testés (n=27), mais il n’est par certifié CE-IVD. Il est plus long et complexe que celui des trousses commerciales, qui peut être réalisé sur une journée. La trousse CFTR panel n’a pas permis d’obtenir des données brutes de qualité suffisante et l’un des variants CFTR n’a pas été détecté (sensibilité de 93,33%). La trousse Devyser CFTR-NGS a permis d’obtenir des données brutes de bonne qualité. La solution d’analyse Amplicon Suite fournie avec cette trousse a détecté tous les variants testés avec une sensibilité de 100% (n=88 allèles mutés), dont deux variations du nombre de copies (CNV) sur les deux plateformes de séquençage.
En conclusion, la trousse Devyser CFTR-NGS est applicable au DNN de la mucoviscidose, de par sa rapidité et ses performances à partir de très faibles quantités d’ADN, quelle que soit la plateforme de séquençage utilisée. Amplicon Suite permet également de créer des filtres in silico pour détecter en premier lieu un nombre restreint de variants fréquents, puis d’élargir l’analyse chez les enfants porteurs d’un seul variant fréquent et présentant un test de la sueur positif, afin de poser leur diagnostic plus rapidement et sans nécessiter un deuxième prélèvement.
Fanny VERNEAU, Karine LE MILLIER, Jean-Pierre ALTIERI, Corinne BAREIL, David CHEILLAN, Aurore CATTEAU, Isabelle SERMET-GAUDELUS, Caroline RAYNAL, Marie-Pierre AUDRÉZET (brest cedex 3)
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#48969 - P381 Le gène myl2 dans les cardiomyopathies héréditaires: spectre mutationnel et corrélation génotype-phénotype dans une large cohorte nationale (cardiogen).
P381 Le gène myl2 dans les cardiomyopathies héréditaires: spectre mutationnel et corrélation génotype-phénotype dans une large cohorte nationale (cardiogen).
Introduction :
Le gène MYL2 code pour une chaîne légère régulatrice de la myosine, essentielle à la stabilisation de l’interaction actine-myosine au sein du sarcomère. Selon les consensus d’experts, des variants délétères du gène MYL2 sont formellement impliqués dans les cardiomyopathies hypertrophiques (CMH) de transmission autosomique dominante, tandis que leur rôle dans les cardiomyopathies dilatées (CMD) reste incertain. En raison de la faible prévalence des variants de ce gène, les corrélations génotype-phénotype sont limitées, rendant l’interprétation des variants difficile.
Objectifs :
Cette étude a pour but de recueillir les données phénotypiques de patients présentant un variant d’intérêt unique dans le gène MYL2, et d’établir leurs relations avec la nature et la localisation de ces variants.
Matériel et Méthodes :
Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique nationale (laboratoires de la filière CARDIOGEN) incluant les patients porteurs d’un variant pathogène ou probablement pathogène (classification ACMG) identifié dans le gène MYL2 lors d’un séquençage pour suspicion de cardiopathie héréditaire. Les patients porteurs d’un autre variant pathogène/probablement pathogène pouvant expliquer le phénotype ont été exclus.
Résultats :
Sur une cohorte initiale de 118 cas index porteurs d’un variant du gène MYL2, 106 ont été retenus. Parmi eux, 46% étaient des femmes et 54% des hommes. L’âge moyen au diagnostic était de 42 ans (0-74).
La distribution phénotypique montrait que 74% (n = 78) présentaient une CMH avec une mesure de septum interventriculaire moyenne de 20.5 +/- 5.3mm, 19 % (n = 20) une CMD avec une fraction d’éjection du ventricule gauche moyenne de 28.3 +/- 12%, et 7% (n = 8) une autre forme de cardiomyopathie, incluant cardiomyopathie restrictive, non-compaction du ventricule gauche ou mort subite.
L’analyse moléculaire a permis d’identifier 64 variants distincts de MYL2, dont 83 % (n = 53) étaient des variants faux-sens. De plus, l’étude de la répartition des variants au sein de la protéine a mis en évidence un enrichissement significatif dans le domaine de liaison au calcium EF-hand 1 (OR = 2,096 ; p = 0,0082). Le Burden test comparant les patients atteints de CMD à la population contrôle GnomAD v4.0.1 a montré une association significative entre les variants de MYL2 et la CMD (OR = 3,577 ; p = 0,00045). Enfin, dans la région N-terminale, les variants sont plus fréquemment associés à une CMD qu’à une CMH (OR = 9,18 ; p = 0,015).
Conclusion :
Cette cohorte nationale, la plus importante à ce jour pour le gène MYL2, apporte des éléments de preuve allant dans le sens de l’implication de ce gène dans la CMD. Nous montrons aussi un enrichissement significatif des variants dans le domaine de liaison au calcium EF-hand 1, et une association des variants N-terminaux avec la CMD. Ce travail permet d’accroitre les connaissances sur le gène MYL2, et d’améliorer l’interprétation des variants ainsi que le conseil génétique dans les familles.
Lina Rose KABBAJ (Paris), Adrien BLOCH, Gilles MILLAT, Annachiara DE SANDRE-GIOVANOLLI, Clarisse BILLON, Julie PROUKHNITZKY, Philippe CHARRON, Pascale RICHARD, Flavie ADER
10:00 - 11:00
#49205 - P385 Analyse comparative des annotations fonctionnelles des loci de prédisposition génétique à la dissection spontanée de l’artère coronaire et à l’anévrysme intracrânien.
P385 Analyse comparative des annotations fonctionnelles des loci de prédisposition génétique à la dissection spontanée de l’artère coronaire et à l’anévrysme intracrânien.
Les maladies fréquentes ont une architecture génétique complexe et sont le résultat cumulé de plusieurs facteurs génétiques en interaction avec des facteurs environnementaux. Les études pangénomiques (GWAS : Genome-Wide Association Studies) sont adaptées pour l'étude de ces maladies, cas elles permettent une couverture génétique optimale pour identifier les loci génétiques contribuant à leurs risques. Cependant, ces loci se situent dans des régions non codantes, ce qui complique leur analyse fonctionnelle. L'annotation génomique des variants, comme le permet le profilage de l'accessibilité de la chromatine (snATAC-seq), permet de fournir des pistes tissus-spécifiques sur les mécanismes biologiques mis en jeu.
Le but de cette étude était de réaliser une annotation génomique des variants associés à deux maladies vasculaires, la dissection spontanée de l'artère coronaire (SCAD) et l'anévrysme intracrânien (IA) qui ont la particularité de toucher particulièrement les femmes en âge moyen.
Nous avons combiné des données de profilage de la chromatine ouverte en cellule unique (snATAC-seq) issus de plusieurs artères humaines de la base de données CATlas, et des données résumées de GWAS chez ~1900 patients SCAD, et 10K témoins d’une part, et 10,754 cas IA et 306,882 témoins d’autre part. Les analyses ont été réalisées à l’aide des suites dplyr (v.1.1.4), et corcoverage (v.1.2.0) du langage R (v. 4.4.2). L’outil GREGOR (v.1.4.0) a permis de réaliser l’analyse d’enrichissement des variants.
Nous avons démontré pour la première fois un enrichissement significatif pour les loci IA dans les cellules musculaires lisses (CML). Un enrichissement significatif a été également observés dans les astrocytes. L’analyse d’enrichissement comparative a montré que les 2 maladies présentent également des enrichissements significatifs dans des régions potentiellement régulatrices des péricytes, dont le rôle est important pour l'angiogenèse et la fonction contractile des capillaires.
Ainsi, cette étude a montré un enrichissement des variants de l’IA et la SCAD dans des types cellulaires communs, qui sont les CML et les péricytes. D’autres types cellulaires sont plus spécifique à chaque maladie, tel que les astrocytes pour l’IA et les fibroblastes pour la SCAD.
Asraa ESMAEL (paris), Georges ADRIEN, Margaux-Alison FUSTIER, Nabila BOUATIA-NAJI
10:00 - 11:00
#49328 - P389 Progrès dans la prise en charge du syndrome de Marfan : les limites de la dissection de type B.
P389 Progrès dans la prise en charge du syndrome de Marfan : les limites de la dissection de type B.
Objectif :
Évaluer l’évolution des événements aortiques et de la mortalité chez les patients atteints du syndrome de Marfan porteurs d’un variant pathogène du gène FBN1, sur une période de 30 ans.
Méthodes :
Étude rétrospective portant sur 1898 patients porteurs d’un variant pathogène de FBN1, vus dans notre centre de référence entre 1995 et 2023, tous inclus dans un registre prospectif avec un suivi tous les 3 ans. Les dissections aortiques (type A et B), les chirurgies prophylactiques et la mortalité ont été analysées selon trois périodes (1995–2004, 2005–2014, 2015–2023).
Résultats :
Au cours des 30 dernières années, la prise en charge du syndrome de Marfan s’est nettement améliorée. La population référée n’a pas beaucoup changé en termes d’âge et de sexe, mais la prise en charge a évolué. Le diagnostic de syndrome de Marfan après chirurgie de la racine aortique est resté stable au cours des périodes étudiées (1995–2004 : 7,4 % ; 2005–2014 : 8,5 % ; 2015–2023 : 8,6 %), avec une augmentation des chirurgies conservatrices de la valve au détriment des procédures de type Bentall. En revanche, le diagnostic après dissection aortique a significativement diminué (7,8 % vs 6,1 % vs 4,8 %, p<0,01), notamment pour les dissections de type A (6,0 % vs 4,7 % vs 2,7 %), tandis que celles de type B sont restées stables. Après la première visite, 52 % des dissections de type B et 13 % des dissections de type A sont survenues, suggérant une prévention limitée des dissections de type B après le diagnostic. La survie globale des patients s’est significativement améliorée entre les trois périodes (p<0,001).
Conclusion :
Les progrès médicaux et chirurgicaux ont significativement amélioré l’espérance de vie des patients atteints du syndrome de Marfan, en particulier chez les jeunes pris en charge précocement La prise en charge a permis une réduction marquée des dissections aortiques de type A et une meilleure survie. Toutefois, la prévention des dissections de type B reste un défi. De nouvelles stratégies de suivi et de traitement sont nécessaires pour mieux anticiper ces événements.
Maria TCHITCHINADZE, Souraya WADIH (paris), Olivier MILLERON, Ludivine ELIAHOU, Florence ARNOULT, Kenza MIHOUBI, Brittany KIMBIMBI, Arienne MIRMIRAN, Guillaume JONDEAU
10:00 - 11:00
#49572 - P393 Lymphœdème primaire : du diagnostic à la découverte de nouveaux gènes candidats par séquençage d’exome.
P393 Lymphœdème primaire : du diagnostic à la découverte de nouveaux gènes candidats par séquençage d’exome.
Contexte :
Les lymphœdèmes primaires, généralement isolés mais parfois syndromiques ou familiaux, sont liés à des anomalies constitutionnelles du système lymphatique. Plus de 40 gènes impliqués dans cette pathologie ont été identifiés, certains associés à des atteintes extra-lymphatiques encore peu recherchées mais dont la connaissance peu améliorer la prise en charge des patients. Malgré les avancées, de nombreux cas restent sans cause moléculaire connue. Cette étude évalue l’apport du séquençage d’exome dans une cohorte de patients afin de préciser la performance diagnostique et d’explorer de nouvelles pistes génétiques.
Méthode :
• Etude monocentrique conduite de février 2024 à juillet 2025 incluant 51 patients atteints de lymphœdème primaire, suivis au Centre de référence des Lymphœdèmes primaires de l’hôpital Cognacq-Jay, Paris.
• Séquençage d’exome (Exome Twistv2, séquençage NovaSeq), analyse bioinformatique (pipeline interne et plateforme SeqONE) et interprétation selon les critères ACMG.
Résultats :
Cinquante et un patients (31 femmes, 20 hommes) ont été inclus, avec un âge médian de début du lymphœdème de 17 ans (Q1–Q3 : 11,1–33,6) ; 7 présentaient une forme congénitale. On dénombrait 17 formes isolées, 18 familiales et 16 syndromiques (maladie de Waldmann, épanchements des séreuses, syndrome des ongles jaunes).
Concernant la localisation du lymphœdème : 28 patients (55 %) présentaient une atteinte isolée des membres inférieurs, 14 (27 %) une atteinte combinée des membres inférieurs et supérieurs, 8 (16 %) une atteinte des membres inférieurs associée aux organes génitaux et 1 patient (2 %) une atteinte isolée des membres supérieurs.
Un diagnostic moléculaire a été obtenu chez 9 patients (18 %), avec des variations pathogènes identifiées dans : FOXC2 (n=3), FLT4 (n=2), PTPN11 et RIT1 ((n = 1 chacun) en lien avec des formes isolées ou syndromiques. Des variations pathogènes dans PKD1 (n = 1) et FAM83H (n = 1) ont également été identifiées, associées respectivement à une polykystose rénale et à une amélogénèse imparfaite, en plus du lymphœdème.
Enfin, des variations de signification incertaine (VUS) ont été identifiées chez 4 patients (7.8 %) dans les gènes EPHB4 (n=2), PIEZO1 (n=1) et ARAP3 (n=1). La ré-évaluation de l’impact de ces variations par des explorations complémentaires est en cours
Conclusion :
Cette étude montre l’intérêt du séquençage d’exome, permettant d’identifier une cause génétique chez 18 % des patients atteints de lymphœdème primaire. FOXC2 et FLT4 restent les principaux gènes impliqués, tandis que l’identification de variants dans PTPN11 et RIT1 associés à des formes syndromiques, souligne l’importance d’un bilan clinique élargi. L’émergence de variants dans des gènes moins connus (EPHB4, ARAP3) suggère un spectre génétique plus large et ouvre la voie à de nouvelles perspectives diagnostiques et thérapeutiques.
Melanie EYRIES (LYON), Vanna GEROMEL, Caroline FOURGEAUD, Amina MIHOUBI, Sarah ABBA, Laure RAYMOND, Stephanes VIGNES
10:00 - 11:00
#49253 - P396 Vers une harmonisation du RNA-seq ciblé dans les maladies vasculaires rares : retour d’expérience de la filière FAVA-Multi pour l’optimisation du diagnostic génétique.
P396 Vers une harmonisation du RNA-seq ciblé dans les maladies vasculaires rares : retour d’expérience de la filière FAVA-Multi pour l’optimisation du diagnostic génétique.
La filière FAVA-Multi est dédiée aux maladies vasculaires rares avec atteinte multi-systémique. Elle regroupe notamment le syndrome de Marfan, le syndrome d'Ehlers-Danlos vasculaire, la maladie de Rendu-Osler-Weber, les anomalies vasculaires superficielles, les anomalies vasculaires neurologiques et cérébro-médullaires, les lymphœdèmes primaires.
Avec l’essor des technologies de séquençage, un nombre croissant de variants de signification incertaine (VSI), y compris introniques, sont identifiés. Ces variants peuvent perturber l’épissage de l’ARN ou modifier l’expression de certains gènes. Le RNA-seq ciblé s’impose comme une première approche de validation fonctionnelle, facilitant la reclassification des VSI dans les laboratoires de génétique.
Bien que cette technique soit déjà utilisée dans plusieurs centres de la filière, des disparités existaient dans les étapes techniques (extraction d’ARN, préparation des librairies, sélection des régions d’intérêt, analyse bio-informatique) et la validation des stratégies restait laborieuse. Afin d’harmoniser les pratiques et d’en améliorer la performance, un ingénieur a été recruté pour coordonner ces études fonctionnelles. Plusieurs réunions inter-laboratoires ont permis de cibler trois axes d’optimisation :
1. Optimisation qualitative et quantitative de l’ARN issu du prélèvement
L’expression des transcrits étant tissu-dépendante, certains gènes sont peu, voire non exprimés dans le sang. De nouveaux tubes de prélèvement (S-Monovette® RNA Exact, SARSTEDT) ont été testés. Comparés aux tubes PAXgene™, ils permettent une extraction plus rapide, une meilleure intégrité de l’ARN (score moyen 7,35 vs 6,7) et une quantité plus élevée (2997 vs 1370 ng/ml de sang).
2. Amélioration de la capture des gènes faiblement exprimés
Le panel de sondes (Twist Bioscience) sélectionné cible les exons des gènes d’intérêt (n=42) dans les pathologies de la filière FAVA-Multi. Ce panel "exon-aware" a permis d’augmenter significativement la couverture des gènes peu exprimés. Par exemple, le nombre de lectures couvrant le gène FBN1 a été multiplié par 7 (médiane 80668 VS 10709 reads)
3. Évaluation des outils bio-informatiques
Une comparaison inter-laboratoires des pipelines d’analyse est en cours, afin d’optimiser les traitements bio-informatiques et de standardiser les interprétations des résultats RNA-seq.
Les avancées techniques et méthodologiques issues de ce travail collaboratif seront partagées avec l’ensemble des laboratoires de la filière. Cette dynamique collective et collaborative vise à renforcer la robustesse et la valeur diagnostique du RNA-seq ciblé, à accélérer sa mise en place dans le cadre de la lutte contre l’errance diagnostique de ces maladies rares, tout en harmonisant et optimisant les pratiques au sein de la filière FAVA-Multi.
Nathalie DÉSIRÉ (PARIS), Pauline ARNAUD, Julie SETIAO, Nawel MALOUCHE, Julie CHASSAGNE, Abdoul Karim DIALLO, Philippe LAFITTE, Malika CHELBI, Julie BOGOIN, Julien BURATTI, Annabelle VENISSE, Karine AURIBAULT, Isabelle JERU, Maud TUSSEAU, Clarisse BILLON, Florence COULET, Nadine HANNA, Guillaume JONDEAU
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PAUSE-VISITE DES STANDS & EPOSTERS-SESSION1 POSTERS AFFICHES
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"Mercredi 28 janvier"
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A22
11:00 - 12:30
COMMUNICATIONS ORALES SELECTIONNEES 1
Modérateurs :
Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER (PU-PH) (Nice), Nicole PHILIP (PU-PH) (MARSEILLE)
11:00 - 11:15
#49582 - PL002 Retour d’expérience du CHU Grenoble Alpes, premier centre français à utiliser la technique de Karyomapping pour le Diagnostic Préimplantatoire Moléculaire.
PL002 Retour d’expérience du CHU Grenoble Alpes, premier centre français à utiliser la technique de Karyomapping pour le Diagnostic Préimplantatoire Moléculaire.
Le Karyomapping est une technique d’analyse utilisée en Diagnostic Préimplantatoire Moléculaire (DPI-M) afin d’identifier les embryons sains et atteints issus d’un couple à risque de transmettre une maladie monogénique grave et incurable. Cette technique se base sur l’étude de la ségrégation familiale de variants nucléotidiques (Single Nucleotide Polymorphisms, SNPs) encadrant le gène d’intérêt, afin d’identifier chez le ou les membres du couple les segments chromosomiques correspondant à l’allèle morbide et ceux correspondant à l’allèle sain. Les SNPs sont distribués sur tout le génome et présentent l’avantage de pouvoir être étudiés simultanément sur des puces à ADN commerciales. L’analyse bioinformatique est ensuite ciblée sur le gène d’intérêt. Cette technique étant applicable à la majorité des patients et des gènes, elle permet une prise en charge rapide des couples en parcours de DPI et est utilisée par de nombreux centres au niveau international.
Cependant, en France, les centres DPI utilisent la technique historique basée sur l’analyse de marqueurs microsatellites (Short Tandem Repeats, STRs), qui nécessite une mise au point manuelle et fastidieuse, pour chaque gène et chaque couple. Le maintien de cette technique s’explique par une incertitude réglementaire sur la possibilité d’utiliser des techniques pangénomiques, puisque la loi de Bioéthique de 2021 précise que le DPI ne peut avoir pour objet que la recherche de l’anomalie génétique responsable de la maladie. L’arrêté du 18 juin 2024 relatif aux recommandations de bonnes pratiques en matière de DPI a permis de clarifier la situation en mentionnant la possibilité d’utiliser des techniques non ciblées, comme le Karyomapping.
Cette technique est désormais utilisée en routine diagnostique dans le laboratoire de DPI moléculaire du CHU Grenoble Alpes. Nous proposons de faire un état des lieux depuis sa mise en place en octobre 2024.
En septembre 2025, nous rapportons 23 couples pris en charge pour autant de maladies monogéniques différentes. Douze biopsies de blastocystes ont été réalisées et 56 embryons étudiés, avec un diagnostic obtenu dans plus de 96% des cas. Trois grossesses sont en cours. Le délai de mise au point est réduit de moitié par rapport à la technique historique. Nous présentons enfin des cas complexes pour lesquels la technique de Karyomapping a permis une prise en charge en DPI, qui n’aurait pas été possible avec la technique historique. Ces données seront actualisées en décembre 2025.
Le centre de DPI de Grenoble est ainsi devenu le premier centre français à utiliser la technique de Karyomapping pour les DPI-M, ce qui permet de prendre en charge plus de couples et des situations complexes techniquement, avec un délai réduit.
Flore MIETTON, Isabelle LORDEY, Valerie KONIK-MATHEVET, Floriane LEFEUVE, Pascale HOFFMANN, Elena-Andreea REBREYEND, Lucie FRANTIN, Marie ROUMENOFF, Hélène TIXIER, Pierre F RAY, Caroline BOSSON (GRENOBLE)
11:15 - 11:30
#49255 - PL001 Déchiffrer les mécanismes moléculaires causaux au diabète de type 2 à travers diverses populations et tissues.
PL001 Déchiffrer les mécanismes moléculaires causaux au diabète de type 2 à travers diverses populations et tissues.
Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie fréquente qui résulte de mécanismes moléculaires complexes. Dans cette étude, nous exploitons les plus récentes associations génétiques liées au DT2 afin d’identifier les mécanismes moléculaires causaux, en tenant compte de l’ascendance et du tissu. En utilisant la randomisation mendélienne à deux échantillons dans quatre ascendances génétiques mondiales, corroborée par la colocalisation, nous avons analysé l’expression de 20 307 gènes et de 1 630 protéines à partir de cis-QTLs dérivés du sang. Nous avons détecté des effets causaux des niveaux génétiquement prédits de 335 gènes et 46 protéines sur le risque de DT2, avec des taux de réplication respectifs de 16,4 % et 50 % dans des cohortes indépendantes. En utilisant des cis-QTLs d’expression génique issus de sept tissus impliqués dans le DT2, nous avons identifié des liens causaux entre l’expression de 676 gènes et le risque de DT2, améliorant la compréhension des mécanismes de certains gènes connus tels que BAK1, et décrivant de nouvelles associations causales telles que HIBCH. En comparant les effets causaux obtenus avec le tissu d’expression des gènes et les mécanismes du DT2 connus, nous avons validé la pertinence de notre approche centrée autour des gènes et protéines. Les effets causaux sont largement partagés entre ascendances, mais avec quelques exemples identifiés uniquement dans les populations non-européennes. Nous avons cependant observé une forte hétérogénéité entre tissus. Nos résultats apportent de nouvelles perspectives pour les approches d’inférence causale multi-omiques intégrant des données de différentes sources, et démontrent leur efficacité à révéler et mieux comprendre les processus moléculaires impliqués dans le développement du DT2.
Ozvan BOCHER (Brest), Ana Luiza ARRUDA, Satoshi YOSHIJI, Chi ZHAO, Alicia HUERTA-CHAGOYA, Chen-Yang SU, Xianyong YIN, Davis CAMMANN, Henry J. TAYLOR, Jungchun CHEN, Ken SUZUKI, Ravi MANDLA, Ta-Yu YANG, Fumihiko MATSUDA, Josep M. MERCADER, Jason FLANNICK, James B. MEIGS, Alexis C. WOOD, Vujkovic MARIJANA, Benjamin F. VOIGHT, Cassandra N. SPRACKLEN, Jerome I. ROTTER, Andrew P. MORRIS, Eleftheria ZEGGINI
11:30 - 11:45
#49648 - PL003 Histoire naturelle du syndrome de Wiedemann-Steiner à l’âge adulte : une cohorte de 114 patients.
PL003 Histoire naturelle du syndrome de Wiedemann-Steiner à l’âge adulte : une cohorte de 114 patients.
Le syndrome de Wiedemann-Steiner (SWS), lié à des variants pathogènes de KMT2A, est caractérisé principalement par un retard de développement, une déficience intellectuelle (DI), un déficit statural, et une dysmorphie faciale caractéristique. Depuis son identification moléculaire en 2012, de nombreux cas pédiatriques ont été rapportés avec des trajectoires développementales variées. L’histoire naturelle du SWS à l’âge adulte reste peu connue avec seulement 39 adultes décrits à ce jour dans la littérature.
Grâce à un appel à collaboration (AnDDI-Rare, Défiscience, ERN ITHACA, association SWS France), nous avons recueilli les données cliniques et moléculaires d’une cohorte internationale de 114 patients avec SWS (Europe, Chine, Afrique du sud), porteurs d’un variant pathogène ou probablement pathogène de KMT2A (critères ACMG), avec un âge supérieur à 15 ans.
Cette cohorte est constituée de 56 hommes et 56 femmes, avec un âge médian de 19 ans à la dernière évaluation, incluant trois patients décédés (entre 19 et 40 ans). Sur le plan neurodéveloppemental 92/108 présentent une DI. 93 % des patients marchent de manière autonome à l’âge adulte et 86% ont un niveau de langage de normal à quasi-normal (phrases courtes). Les 36 bilans neuropsychologiques de 26 patients montrent une relative préservation de l’indice de compréhension verbale par rapport aux autres indices. Sur le plan socio-professionnel, 36% des adultes travaillent en milieu protégé (ESAT), 20% sont en cours d’études ou ont un emploi en milieu ordinaire, 25% ont intégré une structure médico-sociale type MAS/FAM. Sur le plan somatique, 51/104 patients présentent des troubles digestifs.
Sur le plan moléculaire, 93 patients sont porteurs d’un variant perte de fonction (variant non-sens, frameshift, d’épissage ou de structure) et 18 patients d’un variant faux-sens, synonyme ou d’une délétion en phase. Nous rapportons 2 variants hérités d’une mère symptomatique. L’étude de corrélation génotype-phénotype indique un cluster de variants faux-sens associé à un phénotype plus sévère sur le plan neurodéveloppemental.
Cette étude est la première centrée sur l’adulte avec SWS et permet d’esquisser une histoire naturelle de ce syndrome à la sortie de l’âge pédiatrique. Enfin, l’identification de nouvelles corrélations génotype-phénotype ouvre des perspectives pour le conseil génétique et la compréhension des mécanismes physiopathologiques.
Uriel BENSABATH (Paris), Perrine CHARLES, Elise SCHAEFFER, Sylvie ODENT, Laurence FAIVRE, Alice GOLDENBERG, Valerie CORMIER DAIRE, Mette MØLLER HANDRUP, Leticia Diana PIAS PELETEIRO, Heidi Elisabeth NAG, Livia GARAVELLI, Delphine HERON, Cyril MIGNOT, Kmt2A Adulte CONSORTIUM, Boris KEREN, Caroline NAVA, Thierry BIENVENU, Solveig HEIDE
11:45 - 12:00
#49652 - PL004 Caractérisation in vivo d’un modèle de dysplasie squelettique liée aux variations entrainant une rétention cytoplasmique de la protéine PTBP1.
PL004 Caractérisation in vivo d’un modèle de dysplasie squelettique liée aux variations entrainant une rétention cytoplasmique de la protéine PTBP1.
La protéine PTBP1 (Polypyrimidine tract-binding protein 1), est une ribonucléoprotéine nucléaire hétérogène (hnRNP), principalement connue pour son rôle dans la régulation de l’épissage alternatif, mais aussi dans la biogenèse et la stabilité des ARN via sa navette noyau-cytoplasme.
Récemment, notre équipe a identifié des variations pathogènes entraînant une redistribution anormale de PTBP1 entre le noyau et le cytoplasme, avec d’importantes perturbations transcriptomiques et protéomiques. Ces perturbations s’accompagnent d’une accumulation accrue de PTBP1 et de ses ARN dans les P-bodies, sites de stockage et dégradation des ARN. Cliniquement, elles sont responsables d’un syndrome associant dysmorphie faciale, troubles neurodéveloppementaux et dysplasie osseuse. Cette dernière, présente chez 89 % des patients, se traduit par une petite taille, des membres disproportionnés (63 %) et des malformations récurrentes des os longs et des extrémités.
Grâce au financement du programme européen RDMM-SolveRD et en collaboration avec la German Mouse Clinic (GMC), nous avons généré un modèle murin C57BL/6N_2T>C portant la variation la plus fréquente identifiée dans notre cohorte. À l'âge de 14 semaines, l'absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) a montré une diminution significative du contenu minéral osseux (BMC) et de la densité minérale osseuse (BMD) chez les deux sexes. Les analyses par micro-tomographie (micro-CT) du fémur réalisées à l'âge de 6 et 16 semaines ont révélé une diminution de la densité minérale osseuse trabéculaire (BMD) et une augmentation de la densité minérale du tissu cortical (TMD), indiquant une altération globale de la microarchitecture osseuse. Le micro-CT a également mis en évidence une diminution du volume osseux fémoral et une réduction du nombre de trabécules, confirmée par une coloration H&E sur des coupes fémorales. Plus précocement, ces perturbations se traduisent, au stade E16.5, par des malformations révélées par coloration bleu alcian/rouge alizarine, mettant en évidence un défaut de minéralisation et des altérations des structures cartilagineuses de la tête et de l’axe antéro-postérieur.
Afin d’investiguer plus précisément ces défauts, nous recherchons sur le plan moléculaire des perturbations transcriptomiques dès le stade E9.5 par des analyses de transcriptomique par cellule unique (sc-RNA-seq). En parallèle, sur le plan cellulaire, nous développons des modèles in vitro à partir de lignées pré-ostéoblastiques et pré-ostéoclastiques génétiquement modifiées pour porter la variation d’intérêt. L’objectif est d’évaluer leur potentiel de différenciation et d’analyser leurs fonctions afin de déterminer comment la variation impacte directement ces populations cellulaires clés du remodelage osseux.
Nos travaux démontrent pour la première fois un rôle majeur de PTBP1 dans le développement ostéo-cartilagineux, établissant un lien inédit entre rétention cytoplasmique de PTBP1, stabilité des ARN et développement embryonnaire.
Julien PACCAUD (Dijon), Laurence DUPLOMB, Dominique HEYMANN, Javier MUÑOZ-GARCIA, Bianca BISCOTTI, Yannis DUFFOURD, Christel THAUVIN, Susan MARSCHALL, Claudia SEISENBERGER, Adrian SANZ-MORENO, Markus KRAIGER, Helmut FUCHS, Laurence FAIVRE, Gailus-Durner VALERIE, Martin HRABÉ DE ANGELIS, Antonio VITOBELLO
12:00 - 12:15
#49746 - PL005 L’analyse systématique des snRNA révèle RNU2-2 comme cause fréquente d’encéphalopathies développementales et épileptiques dominantes et récessives.
PL005 L’analyse systématique des snRNA révèle RNU2-2 comme cause fréquente d’encéphalopathies développementales et épileptiques dominantes et récessives.
Les petits ARN nucléaires (snRNA) jouent un rôle central dans l’épissage, mais leur implication en pathologie a longtemps été sous-estimée en raison de leur organisation en copies multiples, de leur annotation imprécise et du fait que, appartenant au génome « non codant », ils échappent au séquençage d’exome et sont souvent peu analysés en génome. En 2024, la découverte de variants récurrents de novo du gène RNU4-2, responsables du syndrome ReNU (OMIM 620851), désormais reconnu comme l’un des troubles neurodéveloppementaux (TND) les plus fréquents, a ouvert la voie à l’exploration systématique des snRNA comme gènes impliqués en pathologie.
Dans ce contexte, nous avons analysé 200 gènes snRNA potentiellement fonctionnels dans la cohorte nationale du Plan France Médecine Génomique (26 911 individus atteints de maladies rares, dont 18 186 avec un TND), enrichie par des collaborations internationales. Cette approche a permis d’identifier des variants de novo et bialléliques dans RNU2-2, longtemps considéré comme pseudogène, comme cause fréquente de TND.
Au total, 126 individus, issus de 108 familles indépendantes, porteurs de variants de RNU2-2 ont été inclus. Les formes récessives (81 cas, 64 familles) apparaissent au moins deux fois plus fréquentes que les formes dominantes (31 cas, principalement liées aux variants récurrents n.4G>A et n.35A>G). Les formes récessives résultent souvent d’un variant de novo associé à un variant transmis en trans, soulignant la forte mutabilité de ces gènes.
La présentation clinique associe retard de développement, déficience intellectuelle, souvent sévère, et épilepsie à début précoce (89%). Les mouvements anormaux sont significativement plus fréquents dans les formes récessives. Les formes les plus sévères (station assise non acquise, décès précoce) ont été observés dans les cas bialléliques, avec une variabilité interfamiliale marquée mais peu de variabilité intrafamiliale.
Les analyses transcriptomiques et de méthylation révèlent des anomalies d’épissage subtiles et spécifiques de chaque variant. Les prédictions structurales suggèrent que selon la position du variant, l’interaction U2/U6 et la reconnaissance du site de branchement peuvent être altérées, tandis que certains variants récessifs compromettent l’import de U2 dans le spliceosome, équivalant à des allèles nuls. Certains variants semblent présenter un effet intermédiaire, pouvant agir comme dominants à pénétrance variable ou comme récessifs selon le contexte allélique, suggérant un modèle de gradient d’impact.
Ces résultats mettent en évidence les variants pathogènes de RNU2-2 comme une cause majeure d’encéphalopathie développementale et épileptique, expliquant environ 0,35% des TND, avec une prévalence comparable à celle du syndrome ReNU. Ils soulignent la nécessité de rechercher systématiquement un second variant en trans en cas de variant de novo. Leur interprétation reste complexe et ouvre un champ encore largement inexploré de la génétique.
Caroline NAVA (Paris), Elsa LEITÃO, Amandine SANTINI, Benjamin COGNE, Myriam ESSID, Maria ATHANASIADOU, Christy W LAFLAMME, Pierre MARIJON, Virginie BERNARD, Nicolas CHATRON, Giulia BARCIA, Boris KEREN, Cyril MIGNOT, Perrine CHARLES, Thomas BESNARD, Jean-Madeleine DE SAINTE AGATHE, Edith P. ALMANZA FUERTE, Soham SENGUPTA, Mathieu MILH, Francis RAMOND, Study Group RNU2-2, Alban LERMINE, Gael NICOLAS, Joseph G. GLEESON, Lynette G. SADLEIR, Michael S. HILDEBRAND, Ingrid E. SCHEFFER, Nicola WHIFFIN, Anne O’DONNELL-LURIA, Heather C. MEFFORD, Pierre BLANC, Julien THEVENON, Camille CHARBONNIER, Clément CHARENTON, Christel DEPIENNE, Gaetan LESCA
12:15 - 12:30
#49783 - PL006 Le programme FRESH pour faciliter l’accès à l’oncologie de précision par la biopsie liquide en France : bilan de 6000 analyses sur une.
PL006 Le programme FRESH pour faciliter l’accès à l’oncologie de précision par la biopsie liquide en France : bilan de 6000 analyses sur une.
Contexte :
Le laboratoire de Profilage Génomique sur Biopsie Liquide (PGBL), intégré au département de biologie et pathologie médicales de Gustave Roussy (GR) au sein du service de génétique des tumeurs, a débuté son activité le 11 juillet 2024 dans le cadre du programme FRESH (French Hub for Liquid Biopsy). Ce programme associe la technologie FoundationOne® Liquid CDx (F1LCDx, Roche), permettant de caractériser le profil moléculaire de l’ADN tumoral circulant (ADNtc), à un circuit intégré de Réunion de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaire (RCPM/MTB). Son objectif est d’offrir à chaque patient atteint de cancer métastatique en échec thérapeutique une orientation personnalisée, prenant en compte son profil clinique, moléculaire et sa situation géographique. Nous proposons un premier bilan un an après l’ouverture du laboratoire, mettant en évidence les résultats obtenus et les perspectives de développement du programme.
Résultats :
Depuis son lancement, FRESH est ouvert à l’échelle nationale et a inclus près de 6 000 patients, issus de l’ensemble du territoire français, y compris ultra-marin. Plus de 30 établissements y participent : 11 CLCC, 8 CHU, 11 hôpitaux non universitaires et 3 cliniques privées. Parmi les patients inclus, plus de 25 % présentent un carcinome bronchique, suivi par les carcinomes du sein, de la prostate et du pancréas. La concentration moyenne d’ADNtc extrait est de 3,5 ng/µL. Moins de 3 % des échantillons présentent une concentration insuffisante pour être engagée dans le processus. Des altérations théranostiques ont été identifiées chez 58.9% des patients et la RCPM a recommandé un traitement ciblé dans 33% des cas, majoritairement vers une inclusion dans un essai clinique (69.6%). Le délai moyen entre la réception de l’échantillon à GR et la restitution du compte rendu biologique au clinicien est de 12,9 jours. Enfin, une étape majeure a été franchie avec l’accréditation ISO15189 obtenue le 21 août 2025 garantissant la qualité de son processus analytique.
Conclusion :
Ce programme permet de démontrer l’importance d’intégrer l’apport d’analyses moléculaires basées sur ADNtc avec un panel NGS étendus pour la détections des SNV/CNV/fusion théranostiques. Cette initiative vise à élargir l’accès au diagnostic moléculaire de précision et aux traitements personnalisés sur l’ensemble du territoire français. Il devrait permettre aussi de valider l’utilité clinique de la biopsie liquide et son rôle dans l’amélioration de la prise en charge courante du cancer. Les prochains défis visent à maintenir ce niveau d’exigence et à anticiper l’inscription au RIHNv2.
Edouard TURLOTTE, Voreak SUYBNEG, Michaël DEGAUD, Roseline TANG, Margot PENRU, Chaymaa HAMMOU, Dorcas HOUNGUE, Natacha CASTOR, Joël BRETON, Ingrid NOWAK, Zakia AOUFOUCHI, Laurence DROUARD, Ludovic LACROIX, Marie MORFOUACE, Etienne ROULEAU (VILLEJUIF)
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Louis Lumiere |
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INDC23
12:40 - 13:40
ATELIER DEJEUNER PACBIO
HiFi : la révolution des longs reads en génomique humaine
12:40 - 13:40
Nouvelles perspectives avec la technologie de séquençage HiFi.
Benjamin AUBIER
12:40 - 13:40
Des lectures HiFi aux résultats biologiques: outils et ressources bioinformatiques.
Valérie MAROT-LASSAUZAIE
12:40 - 13:40
Mise en place du séquençage HiFi, performances et applications.
Celine DERAMBURE (Ingenieur Recherche) (Intervenant, Paris), Olivier QUENEZ (Ingénieur Hospitalier / Doctorant) (Intervenant, Rouen)
12:40 - 13:40
Séquences répétées et maladies neurologiques héréditaires : analyse par le panel PureTarget et optimisation bioinformatique.
Isabelle QUADRIO (Praticien Hospitalier) (Intervenant, Lyon), Zoé DMITRIEVSKY (Technicienne de laboratoire) (Intervenant, LYON)
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Salon Ambassadeurs 2/3 |
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INDD23
12:40 - 13:40
ATELIER DEJEUNER AGILENT
Panorama des applications NGS : du short-read au long-read
Modérateur :
Claude REVEL (Vénissieux Cedex)
12:40 - 13:40
Tour d’horizon des nouveautés NGS Agilent dans le domaine de la génétique humaine.
Adrien JEANNIARD
12:40 - 13:40
Implémentation d'une plateforme exome-transcriptome automatisée et standardisée pour l'analyse des Maladies Rares.
Svetlana GOROKHOVA (AHU) (Intervenant, MARSEILLE), Martin KRAHN (PUPH) (Intervenant, Marseille)
12:40 - 13:40
Capture Agilent sur Magnis et séquençage long read ONT : exemple en pharmacogénétique.
Louis LEBRETON (Praticien Hospitalier) (Intervenant, Bordeaux)
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Salon Ambassadeurs 1/3 |
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INDE23
12:40 - 13:40
ATELIER DEJEUNER VARVIS®
Vers une génomique clinique de nouvelle génération
12:40 - 13:40
Introduction à varvis®.
Orianne MAZEMONDET (Intervenant, Rostock, Allemagne)
12:40 - 13:40
Comment l'IA révolutionne-t-elle la génomique clinique ?
Aina PI ROIG (Clinical CSM) (Intervenant, Barcelone, Allemagne)
12:40 - 13:40
Transformer la complexité en clarté : analyse automatisée du séquençage à lecture longue.
Ben LIESFELD (Intervenant, Allemagne)
12:40 - 13:40
T2T vs. hg38 : vers une nouvelle norme.
Rolf SCHRÖDER (bioinformaticien) (Intervenant, Rostock, Allemagne)
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Zone 1 - Salle 2 |
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INDF23
12:40 - 13:40
ATELIER DEJEUNER INTEGRAGEN
Du tissu à la biopsie liquide : comment le profilage tumoral transforme la prise en charge des cancers.
12:40 - 13:40
Profilage Multi-Omique du Microenvironnement Tumoral : Intégration du WES, RNA-seq et de données spatiales pour Prédire la Réponse à l'Immunothérapie dans le Cancer du Sein Triple Négatif.
Léo LAOUBI (Intervenant, Lyon)
12:40 - 13:40
Moliqio, la solution MRD “tumor-informed” développée par IntegraGen : pour le suivi ultra-sensible et personnalisé de la maladie résiduelle à partir d’ADN tumoral circulant.
Elodie LALLET
12:40 - 13:40
Essai UMBRELLA : Le statut MRD au cœur de la stratification thérapeutique en oncologie (ZOOM).
Antoine ITALIANO (Intervenant, Villejuif)
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Zone 1 - Salle 1 |
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INDG23
12:40 - 13:40
ATELIER DEJEUNER NEW ENGLAND BIOLABS
Innovations pour la détection des biomarqueurs et perspectives en génétique : Profilage des small RNA et ADN circulants par NGS
12:40 - 13:40
Identification d’une microproteine traduite par un lncRNA dans la cellule bêta pancréatique.
Bénédicte TOUSSAINT (Responsable technique LIGAN) (Intervenant, Lille)
12:40 - 13:40
Overcoming bias in small RNA library prep and unlocking true biological insights.
Andrew BARRY
12:40 - 13:40
Plateforme de Profilage Génomique par Biopsie Liquide de Gustave Roussy : De la création à la routine.
Edouard TURLOTTE (ingenieur plate forme) (Intervenant, Villejuif)
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Zone 1 - Salle 3 |
| 13:45 |
PAUSE CAFE - VISITE DES STANDS - CONSULTATION DES EPOSTERS
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A25
14:15 - 14:45
CONFERENCE INVITEE 1
Intelligence Artificielle
Modérateur :
Charles VAN GOETHEM (Ingénieur) (Montpellier)
14:15 - 14:45
Intelligence artificielle et jumeau numérique pour la médecine du futur.
Nicholas AYACHE (Conférencier, Nice)
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Louis Lumiere |
| 14:45 |
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A26
14:45 - 16:15
Sessions simultanées 05
Neurodeveloppement 1
Modérateurs :
Sylvie BANNWARTH (PU-PH) (NICE), Gaetan LESCA (PU-PH) (Lyon)
14:45 - 15:00
#49323 - SS031 Variants constitutionnels hétérozygotes de PIK3CA : caractérisation clinique, radiologique et fonctionnelle d'une cohorte de 17 patients.
SS031 Variants constitutionnels hétérozygotes de PIK3CA : caractérisation clinique, radiologique et fonctionnelle d'une cohorte de 17 patients.
Introduction : La voie PI3K/AKT/mTOR est un régulateur majeur de la croissance et du développement. Les variants post-zygotiques en mosaïque de PIK3CA, bien décrits, sont responsables de syndromes hypertrophiques (PROS) dont les présentations cliniques varient selon la localisation ou le type d’atteinte prédominante comme le syndrome CLOVES, Klippel-Trenaunay, MCAP, macrodactylie et hypertrophie musculaire, l’hyperplasie fibroadipeuse, la lipomatose multiple avec hémihyperplasie ou les hémimégalencéphalies. Les variants constitutionnels hétérozygotes de PIK3CA demeurent peu caractérisés avec seulement 39 individus décrits. Nous rapportons la plus grande cohorte d’individus porteurs d’un variant pathogène ou probablement pathogène hétérozygote de PIK3CA à travers une étude clinique, radiologique et fonctionnelle.
Méthode : Dix-sept individus ont été recrutés via le réseau AnDDI-Rares. Les données cliniques et moléculaires ont été collectées rétrospectivement, avec une relecture de 3 IRM cérébrales. Le diagnostic moléculaire, établi par diverses techniques de séquençage, a été vérifié, chez 7 individus, par un séquençage profond d’un second tissu afin d’attester la nature constitutionnelle du variant. Une étude fonctionnelle de la prolifération cellulaire et de l'activation d'AKT de 3 variants a été réalisée à partir de cultures de fibroblastes.
Résultats : La cohorte inclut 17 individus, 9 de sexe masculin et 8 de sexe féminin, âgés de 5,5 mois à 45 ans. La naissance est marquée par une macrosomie (56%) et une macrocéphalie constante et persistante (100%), de +3 à +7,2 DS. La croissance staturo-pondérale est variable. Une dysmorphie craniofaciale légère et non spécifique est notée dans 81%. Des anomalies cardiaques congénitales sont présentes dans 80%. Les atteintes neurodéveloppementales sont fréquentes, incluant des retards du langage (71%) et moteur (67%), ainsi que des besoins éducatifs spécifiques (64%). Les interprétations d’imagerie initiales rapportaient des anomalies variées, incluant notamment une mégalencéphalie. Après relecture, un aspect commun d’anomalies subtiles de la gyration a été retenu. Il n’est pas rapporté de tumeurs bénignes ou malignes. Neuf variants faux-sens distincts ont été identifiés, dont un récurrent p.(Arg108His) chez 5 individus. Ces variants sont majoritairement de novo (64%). Les études fonctionnelles révèlent une augmentation de la prolifération des fibroblastes de patients corrélée à une hyperphosphorylation basale d’AKT, traduisant un gain de fonction intermédiaire entre le profil des témoins et celui d’un variant mosaïque hotspot oncogénique.
Conclusion : Notre étude permet de mieux caractériser le syndrome lié aux variants constitutionnels hétérozygotes de PIK3CA, associant macrocéphalie constante, troubles neurodéveloppementaux variables, malformations cardiaques et cérébrales. Elle souligne le besoin d’un suivi multidisciplinaire et permet d’adapter le conseil génétique au vu des différences avec le PROS.
Clarisse BATTAULT (Angers/Paris), Laurence DUPLOMB, Charles Joris ROUX, Salomé BIZE, Agnès GUICHET, Alice BOURGES, Manon GODINEAU, Vincent MICHAUD, Didier LACOMBE, Boris KEREN, Xenia LATYPOVA, Jonathan LEVY, Pierre BLANC, Jérémie MORTREUX, Julie PERNIN-GRANDJEAN, Aurélia JACQUETTE, Fabienne ESCANDE, Florence PETIT, Elise BRISCHOUX-BOUCHER, Valentin RUAULT, Marjolaine WILLEMS, Benjamin COGNÉ, Mathilde NIZON, Frédéric BILAN, Xavier LE GUILLOU, Christèle DUBOURG, Erika LAUNEY, Audrey PUTOUX, Virginie BUBIEN, Natalie JONES, Michel LONGY, Nadia BAHI-BUISSON, Laurence FAIVRE, Paul KUENTZ, Mélanie FRADIN, Estelle COLIN
15:00 - 15:15
#49353 - SS032 Des variants pathogènes de GTF2I au locus du syndrome de Williams-Beuren sont responsables d'un trouble du neurodéveloppement.
SS032 Des variants pathogènes de GTF2I au locus du syndrome de Williams-Beuren sont responsables d'un trouble du neurodéveloppement.
Contexte : Le syndrome de Williams-Beuren (WBS) est une cause bien connue de trouble du neurodéveloppement causée par une perte du nombre de copies d’ADN au locus 7q11.23. Bien que la délétion récurrente de 1.5 à 1.8 Mb emporte de nombreux gènes d’intérêt, aucun gène siège de variants pathogènes n’a été identifié comme responsable d’un trouble du neurodéveloppement. A ce locus, le gène GTF2I, codant le facteur de transcription général TFII-I, a été considéré comme le gène candidat principal pour le phénotype cognitivo-comportemental du WBS, d’après des observations cliniques d’individus porteurs de délétions atypiques au locus 7q11.23 et sur des études fonctionnelles in vivo chez la souris et in vitro l’humain.
Méthodes : Des individus présentant un trouble du neurodéveloppement ont été identifiés via une collaboration multicentrique utilisant GeneMatcher et le réseau d’ERN-ITHACA. Il n’existait pas de diagnostic moléculaire pour ces individus, après séquençage de l’exome ou du génome. Les évaluations cliniques ont été réalisées au sein de chaque centre participant.
Résultats : Nous avons identifié sept individus porteurs de variants de novo de GTF2I (deux non-sens, deux variants d’épissage, un faux-sens, une indel, et une délétion intragénique). Tous présentaient un retard global du développement et une dysmorphie faciale, avec un retard de langage et/ou un trouble du spectre de l’autisme dans quatre cas. L’effet des variants altérant l’épissage a été confirmé par RNA-seq. Dans une autre cohorte, nous avons identifié un huitième individu présentant une baisse d’expression de GTF2I identifiée par RNA-seq, et une présentation clinique très semblable à celle du syndrome de Williams-Beuren.
Conclusion : Des variants pathogènes de GTF2I à l’état hétérozygote sont responsables d’un trouble du neurodéveloppement caractérisé par un retard global de développement avec une dysmorphie faciale, ressemblant au phénotype observé chez les individus porteurs d’un syndrome de Williams-Beuren.
Jeanne JURY (Nantes), Thomas BESNARD, Wallid DEB, Annick TOUTAIN, Paul GUEGUEN, Ange-Line BRUEL, Arjan BOUMAN, Danielle VEENMA, Tahsin Stefan BARAKAT, Laura DO SOUTO FERREIRA, Petra ZWIJNENBURG, Sarah SCHUHMANN, Georgia VASILEIOU, Matthieu EGLOFF, Frédéric BILAN, Anne MERCIER, Pascaline LETARD, Tobias LAUTWEIN, Elsa LEITÃO, Christopher SCHRÖDER, Christel DEPIENNE, Pierre BLANC, Stéphane BÉZIEAU, Benjamin COGNÉ, Bertrand ISIDOR
15:15 - 15:30
#49363 - SS033 Troubles du neurodéveloppement associés à HCN2 : données provenant d’une cohorte de 21 individus et de modèles cellulaires de Xénope.
SS033 Troubles du neurodéveloppement associés à HCN2 : données provenant d’une cohorte de 21 individus et de modèles cellulaires de Xénope.
Les canalopathies, résultant de dysfonctions des canaux ioniques, sont impliquées dans diverses pathologies neurologiques de l’enfant et de l’adulte, notamment les syndromes épileptiques. Nous avons étudié le spectre phénotypique et les conséquences fonctionnelles de variants du gène HCN2, codant un canal ionique voltage-dépendant modulé par les nucléotides cycliques.
Grâce à l’outil GeneMatcher, nous avons recruté 21 individus, issus de 15 familles non apparentées, porteurs de variants de HCN2. Des analyses fonctionnelles in vitro ont été menées, incluant une étude de l’impact de ces variants sur l’activité électrique du canal HCN2 par technique de voltage-clamp dans des ovocytes de Xenopus laevis, une analyse du trafic membranaire par imagerie confocale dans les cellules HEK ainsi qu’une analyse structurelle en 3D des variants du gène HCN2.
Le spectre clinique inclue un retard de développement et/ou un trouble du développement intellectuel (17/21), une épilepsie (10/21), des troubles du langage (16/21), des troubles moteurs (12/21) et une hypotonie axiale (10/21). Des mouvements anormaux sont présents dans plus de la moitié des cas. Treize variants pathogènes ont été identifiés, dont 12 non décrits dans la littérature : 11 variants faux-sens (8 monoalléliques, 3 bialléliques), une délétion monoallélique récurrente en phase, et un variant biallélique induisant un décalage du cadre de lecture.
L’analyse fonctionnelle révèle une augmentation marquée de la conductance canalaire pour le variant p.(Arg324His), tandis que les variants p.(Ala363Val) et p.(Met374Leu) exercent un effet dominant négatif. Les variants p.(Leu377His), p.(Pro493Leu) et p.(Gly587Asp) rendent le canal électrophysiologiquement silencieux et altèrent son trafic membranaire. L’analyse structurale montre que tous les variants, à l’exception de p.(Arg324His), impactent la stabilité du canal.
Ces résultats élargissent le spectre phénotypique associé aux variants HCN2, en incluant les troubles du développement intellectuel avec ou sans épilepsie. Les analyses fonctionnelles suggèrent des mécanismes pathogéniques hétérogènes, avec perte ou gain de fonction, fournissant des bases pour le développement de thérapies ciblées.
Clara HOUDAYER (Angers), A Marie PHILLIPS, Marie CHABBERT, Jennifer BOURREAU, Reza MAROOFIAN, Henry HOULDEN, Kay RICHARDS, Nebal Waill SAADI, Eliska DAD'OVA, Patrick VAN BOGAERT, Mailys RUPIN, Boris KEREN, Perrine CHARLES, Thomas SMOL, Audrey RIQUET, Lynn PAIS, Anne O'DONNELL-LURIA, Grace E VANNOY, Allan BAYAT, Rikke S MOLLER, Kerne OLOFSSON, Rami ABOU JAMARA, Steffen SYRBE, Majed DASOUKI, Laurie H SEAVER, Jennifer A SULLIVAN, Vandana SHASHI, Fowzan S ALKARUYA, Alexis F POSS, J Edward SPENCE, Rhonda E SCHNUR, Ian C FORSTER, Chaseley E MCKENZIE, Cas SIMONS, Min WANG, Penny SNELL, Kavitha KOTHUR, Michael BUCKLEY, Tony ROSCIOLI, Noha ELSERAFY, Benjamin DAURIAT, Vincent PROCACCIO, Daniel HENRION, Lenaers GUY, Estelle COLIN, Nienke E VERBEEK, Koen L VAN GASSEN, Claire LEGENDRE, Dominique BONNEAU, Christopher REID, Katherine B HOWELL, Alban ZIEGLER, Christian LEGROS
15:30 - 15:45
#49520 - SS034 Intérêt du RNA-Seq sur culture lymphocytaire après un génome négatif pour le diagnostic des troubles du neurodéveloppement.
SS034 Intérêt du RNA-Seq sur culture lymphocytaire après un génome négatif pour le diagnostic des troubles du neurodéveloppement.
Dans le cadre du PFMG2025, le séquençage du génome devient la stratégie de première intention pour le diagnostic des anomalies du développement, avec un rendement diagnostique de 35–40%. Toutefois, l’interprétation des variants reste limitée par la performance des outils de prédiction et les stratégies de priorisation. Le RNA-Seq apparaît comme une approche complémentaire pertinente pour révéler des variants non retenus par l’analyse génomique.
Nous avons mis en place une culture lymphocytaire à court terme (48–72 h à partir d’un tube de sang) permettant d’obtenir un ARN de qualité. Les librairies (100 ng d’ARN, SureSelect XT HS2 v8, Agilent) ont été séquencées sur NextSeq550 (Illumina). L’alignement a été réalisé avec STAR (GRCh38) et les anomalies d’expression/épissage détectées par OUTRIDER et FRASER2.
À ce jour, environ 300 RNA-Seq ont été effectués, dont 90 dans le cadre de la recherche (ex : collaborations sur RNU4-2 et RNU2-2), 80 sur variants ciblés et 130 après un génome négatif. Parmi les 100 premiers patients analysés et porteurs d’un trouble du neurodéveloppement (TND) avec un génome négatif, nous avons établi un diagnostic certain ou probable chez 11 patients (11% : 3 AD, 6 AR, 1 XLR et 1 XLD). Les variants identifiés incluent 3 remaniements structuraux (2 délétions, 1 inversion) et 13 SNV (dont 8 affectant l’épissage). La majorité de ces variants n’avaient pas été priorisés initialement, parfois en raison de prédictions qui n’étaient pas en faveur d’un effet pathogène. De plus, 5 variants de signification incertaine sont en cours de validation : 3 CNV (dont un responsable d’un transcrit de fusion) et 2 SNV, dont un variant faux-sens homozygote impactant l’épissage dans NOP56 (nouveau gène candidat) et un variant de novo dans le promoteur de CCT2 associé à une baisse d’expression.
Le RNA-Seq sur culture courte lymphocytaire permet l’analyse de 71% des gènes responsables de TND (seuil TPM>10), représentant un compromis satisfaisant entre sang total (expression plus faible et plus hétérogène des gènes d’intérêt) et fibroblastes (procédure plus invasive). Nos résultats démontrent que cette approche permet d’apporter un diagnostic pour 11% des patients après un génome négatif et une nouvelle piste à explorer dans 5% des cas. Nous avons également détecté des anomalies d’expression pour des gènes d’intérêt sans identifier de variant sur le génome, des méthodes complémentaires comme le séquençage long fragment seront nécessaires.
En conclusion, le RNA-Seq s’impose comme un outil complémentaire performant pour aider à l’interprétation du génome et réduire l’impasse diagnostique dans les TND, ouvrant de nouvelles perspectives pour la suite du PFMG2025.
Thomas BESNARD, Laura DO SOUTO FERREIRA, Wallid DEB, Delphine QUINQUIS-LEROUX, Patricia TALARMAIN, Gaëlle LANDEAU-TROTTIER, Sandra MERCIER, Mathilde NIZON, Solène CONRAD, Marie VINCENT, Sylvie ODENT, Bertrand ISIDOR, Stéphane BÉZIEAU, Benjamin COGNÉ (Nantes)
15:45 - 16:00
#49751 - SS035 Haplotypage de variants de significations incertaines par séquençage long-read.
SS035 Haplotypage de variants de significations incertaines par séquençage long-read.
Introduction
Le séquençage dans les troubles du neurodéveloppement (TND) confronte régulièrement les laboratoires diagnostiques à l’absence d’analyses en trio, nécessitant le recours aux duos, le plus souvent propositus-mère. Plusieurs gènes impliqués dans les TND sont soumis à empreinte, rendant essentielle la caractérisation de l’origine allélique, même pour un variant de novo. L’étude des polymorphismes peut répondre à cette problématique, mais leur répartition hétérogène limite les approches short-reads. Nous présentons une stratégie long-reads adaptée à différents contextes cliniques.
Méthodes
Une approche combinant analyse in silico et séquençage long-reads a été développée. L’étape in silico cartographie la distribution des SNP autour du variant et estime la probabilité d’obtenir un SNP informatif. Selon la taille et le contexte, nous avons utilisé soit une amplification ciblée suivie d’un séquençage Oxford Nanopore Technologies (ONT), soit un séquençage avec adaptive sampling permettant enrichissement ciblé et analyse des marques de méthylation. Pour optimiser l’analyse, un multiplexage des ADN familiaux a notamment été réalisé lors de l’adaptive sampling.
Résultats
Deux haplotypages de variants candidats dans MAGEL2 identifiés par exome en trio (de novo) et duo (non maternel) ont été réalisés. Les deux patients présentaient un phénotype compatible avec un syndrome de Schaaf-Yang (MIM #615547). Après PCR de 2,2 kbp pour le premier et séquençage ciblé ONT par adaptive sampling pour le second ciblant une région d’interêt de 30Mb, l’analyse (Minimap2/Clair3) a montré que les variants étaient portés par l’allèle paternel, conduisant à leur reclassification comme pathogènes, cohérente avec le contexte clinique. La localisation du variant était également cohérente avec les marques de méthylations de cette région à empreinte. Un haplotypage d’un variant de novo dans le gène UBE3A, identifié par génome en trio, a également été réalisé. Le variant était porté par un patient avec microcéphalie et trouble du neurodéveloppement. Un séquençage ONT sur amplicon de 5,5Kb a permis d’identifier deux SNP informatifs démontrant que le variant était porté par l’allèle maternel, entraînant sa reclassification de VUS à probablement pathogène. Enfin, un haplotypage d’un variant hétérozygote dans RNU5B-1, identifié en génome duo, a été réalisé. Le séquençage d’un amplicon de plus de 3,5 kbp a confirmé sa présence sur l’allèle maternel, permettant sa reclassification comme variant de novo.
Conclusion
Le séquençage long-reads constitue une approche robuste pour reclassifier rapidement des variants de signification incertaine notamment dans les régions soumises à empreinte. La flexibilité de l’outil ONT dans ces contextes permet un positionnement complémentaire pertinent de cette technologie.
Caroline THUILLIER, Manon FABARD, Marine TESSARECH, Pauline PLANTÉ-BORDENEUVE, Paul GUEGUEN, Perrine BRUNELLE, Catherine VINCENT-DELORME, Jade FAUQUEUX, Jamal GHOUMID, Thomas SMOL (Lille)
16:00 - 16:15
#49964 - SS036 Mise en évidence d’un rôle tissu et espèce spécifique pour les protéines de ciliopathies neurales humaines grâce à des modèles d’organoïdes spinaux dérivés de cellules souches pluripotentes.
SS036 Mise en évidence d’un rôle tissu et espèce spécifique pour les protéines de ciliopathies neurales humaines grâce à des modèles d’organoïdes spinaux dérivés de cellules souches pluripotentes.
Au cours des deux dernières décennies, la fonction des cils primaires a été largement étudiée chez les animaux et les lignées cellulaires, ce qui a permis de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans le large éventail de symptômes observés chez les patients atteints de ciliopathies. Cependant, la grande variabilité des organes affectés suggère l'existence de mécanismes tissus- spécifiques, qui ne sont que partiellement compris et dont l'étude chez l'humain constitue un défi particulier. C’est notamment le cas pour les ciliopathies neurodéveloppementales telles que le syndrome de Joubert, qui affecte plus particulièrement le cervelet.
Afin d’établir de nouveaux modèles d’études des ciliopathies neurodéveloppementales, nous avons développé des approches d’organoïdes neuraux à partir de cellules souches pluripotentes mutées pour deux gènes ciliaires mutés dans le syndrome de Joubert : RPGRIP1L et TMEM67. Les recherches précédentes menées chez la souris ont mis en lumière les fonctions essentielles de ces deux gènes dans le développement du cerveau et de la moelle épinière, en particulier à travers la régulation de la voie SHH, dont l'un des phénotypes caractéristiques est un défaut de différenciation des motoneurones spinaux. Dans cette étude, nous avons généré des organoïdes spinaux dérivés de cellules pluripotentes induites humaines (hiPS) et de cellules souches embryonnaires murines, mutées pour ces gènes. Nous avons combiné une analyse transcriptomique temporelle de ces organoïdes avec une étude cellulaire approfondie, notamment à l'aide d'imagerie à haute résolution. De manière surprenante, nous montrons que les progéniteurs spinaux humains déficients pour RPGRIP1L ou TMEM67, contrairement à leurs homologues murins, conservent un cil primaire, maintiennent leur capacité à activer la voie SHH et à s'engager vers une différenciation motoneuronale. Cependant, les motoneurones déficients pour RPGRIP1L présentent des anomalies dans le patterning antéro-postérieur, suggérant un rôle inédit des protéines ciliaires dans la régionalisation antéropostérieure de la moelle épinière (Wiegering et al., 2025).
Ces résultats soulignent l'importance de développer de nouveaux modèles pour étudier les gènes des ciliopathies dans un contexte humain. En explorant des organoïdes de cervelet dérivés d’hiPS mutées ou portant des mutations issues de patients, nous espérons désormais éclaircir l'origine moléculaire et cellulaire des anomalies observées dans les cervelets des patients atteints du syndrome de Joubert.
Antonia WIEGERING, Ludovica BRUNETTI, Isabelle ANSELME, Damelys CALDERON, Sophie THOMAS, Stephane NEDELEC, Martin CATALA, Sylvie SCHNEIDER-MAUNOURY, Aline STEDMAN (PARIS)
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Louis Lumiere |
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B26
14:45 - 16:15
Sessions simultanées 06
Oncogenetique 1
Modérateurs :
Sophie GIRAUD (MEDECIN DE CENTRE) (BORDEAUX), Catherine NOGUES (Praticien - Chef de Département) (Marseille)
14:45 - 15:00
#49344 - SS037 Inégalités, représentations et effets du suivi d’oncogénétique sur les trajectoires de porteur·ses de mutation prédisposant au cancer. GOPxie, une étude sur les expériences de patient·es.
SS037 Inégalités, représentations et effets du suivi d’oncogénétique sur les trajectoires de porteur·ses de mutation prédisposant au cancer. GOPxie, une étude sur les expériences de patient·es.
Lancée en 2024, la recherche pluridisciplinaire Le Genre de l’oncoprophylaxie (GOPxie) menée par une équipe d’oncogénétique et de sociologues, analyse les dynamiques sociales à l’œuvre dans l’expérience du suivi des porteur·ses de mutations héréditaires prédisposant aux cancers. Ce projet explore ce qui préside aux normes de prescription et aux conditions d’acceptation du suivi et des chirurgies préventives.
En effet, à la fin des années 1990 la cancérologie connaît une importante évolution avec le développement de tests génétiques permettant d’identifier des mutations héréditaires susceptibles d’accroître le risque de cancer notamment autour des gènes BRCA 1 et 2 (Bourgain & Gaudillière 2018). Avec la publication des recommandations BRCA en 2004 proposant la mastectomie comme outil de prévention, un tournant s’opère en France (Löwy & Gaudillière, 2008): en plus de servir à délimiter une population « à très haut risque » soumise dès lors à une « surveillance à vie », la génétique conduit désormais à la prescription d’interventions prophylactiques, même si les pratiques et les représentations que les patient·es s’en font restent variées (Ménoret 2023).
À partir de l’étude des dossiers médicaux de plus de 1 200 patient·es ayant un syndrome de Lynch (prédisposant aux cancers de l’endomètre, des ovaires, du côlon) ou porteur·ses de mutations BRCA2 (prédisposant aux cancers du sein, des ovaires, de la prostate) ou CDH1 (favorisant les cancers du sein et de l’estomac) et d’entretiens semi-directifs, nous montrons que cette norme biomédicale de prévention des cancers n’est pas universellement appliquée et qu’elle produit des effets sur les trajectoires familiales, professionnelles et intimes.
D’abord, nous montrons que la mise en place du suivi n’échappe pas aux représentations genrées des corps et des rôles sociaux. La chirurgie prophylactique est majoritairement préconisée pour des cancers sexués « féminins » (i.e. sein, ovaires, endomètre) et jamais dans le cas de mutation prédisposant au cancer « masculin » (prostate) (Meidani 2021). Aussi, le travail de transmission de l’information génétique au sein des familles est surtout accompli par des femmes (Mathieu & Froger-Lefebvre 2024).
Puis, nous dévoilons les effets des recommandations des collectifs pluridisciplinaires (Bourret & Rabeharisoa 2008) qui enjoignent à médicaliser des corps « sains » – surtout ceux des femmes – sur les dynamiques familiales, les parcours de soin et les expériences individuelles et collectives. Nous révélons comment ces normes de prévention peuvent engendrer des trajectoires heurtées par des actes médicaux à répétition.
Enfin, nous rendons compte des effets des caractéristiques sociales des patient·es (genre, classe, âge, origine géographique, etc.) sur leur adhésion à ce nouveau mode de prévention, leurs résistances et stratégies de contournement et les effets concrets du suivi préconisé sur leurs vies familiales et professionnelles.
Juliette FROGER-LEFEBVRE (PARIS), Marie MATHIEU, Anne-Lise DALL'AGNOLA
15:00 - 15:15
#49368 - SS038 Contribution des variations en mosaïque du gène APC dans la polypose adénomateuse : résultats de l’analyse couplée constitutionnelle/somatique chez 147 patients par séquençage à haut débit.
SS038 Contribution des variations en mosaïque du gène APC dans la polypose adénomateuse : résultats de l’analyse couplée constitutionnelle/somatique chez 147 patients par séquençage à haut débit.
La polypose adénomateuse familiale (PAF) est un syndrome héréditaire rare caractérisé par le développement de multiples adénomes colorectaux, parfois dès l’adolescence, pouvant évoluer vers l’adénocarcinome. La majorité des cas sont liés à des variants pathogènes (VP) constitutionnels du gène APC, de transmission autosomique dominante. Des VP en mosaïque d’APC ont déjà été décrits, parfois limités au tissu colique et indétectables dans le sang. La présence de VP d’APC dans plus de 50% des polypes colorectaux complexifie la détection des mosaïques et souligne la nécessité d’une stratégie diagnostique adaptée, leur identification étant déterminante pour le conseil génétique chez les patients et leurs enfants (surveillance et chirurgie prophylactique).
Afin d’évaluer la contribution des mosaïques du gène APC, 147 patients atteints d’une polypose adénomateuse non sélectionnés sur l’âge ou le nombre de polypes ont bénéficié d’analyses NGS couplées constitutionnelles/somatiques (sang ⁺/₋ tissu sain + ≥2 adénomes) grâce au panel multigènes digestif recommandé par le GGC (CHU Rouen, 2016-2025). En parallèle, 1138 patients avec polypose adénomateuse ou cancer digestif pMMR ont été étudiés uniquement en constitutionnel.
Cette approche combinée a permis d’identifier un VP d’APC en mosaïque chez 21/147 patients (14,3%). Dans les atteintes sporadiques, ce chiffre atteint 15,0% (15/10) grâce à l’approche combinée, soit 4 fois plus qu’avec l’approche constitutionnelle seule (4,1%, 16/393).
Parmi les patients ayant bénéficié d’une analyse couplée, on observe un enrichissement en mosaïque d’APC chez les patients avec plus de 50 polypes (OR= 0,07, IC 95% [0,011;0,336], p-value=0,0001). En revanche, l’âge au diagnostic [15;74], la présence d’adénomes avancés ou d’adénocarcinome ne permettent pas de prédire une probabilité plus élevée de VP en mosaïque. Concernant le risque de transmission d’un VP en mosaïque à la descendance, il semble très faible, puisqu’aucun des 14 enfants des porteurs de mosaïques testés n’a hérité du variant parental, en cohérence avec l’absence du VP dans le sang chez la plupart (3 cas seulement avec une VAF>3%).
La contamination du tissu sain par du tissu tumoral, l’existence de hotspots somatiques, la présence d’ADN tumoral circulant et le taux d’échecs important (22%) des analyses NGS à partir des échantillons FFPE sont autant d’écueils nécessitant une expertise biologique et une étroite collaboration avec les anatomopathologistes pour garantir la fiabilité des résultats.
Cette étude souligne l’importance d’une approche couplée constitutionnelle/somatique, permettant la détection des mosaïques du gène APC, pour tous les patients atteints de polypose adénomateuse sporadique, particulièrement chez ceux présentant plus de 50 polypes. La maîtrise des écueils biologiques et histologiques est cruciale pour distinguer inactivation somatique d’APC et mosaïque restreinte au tissu colique et ainsi assurer avec certitude le diagnostic de PAF.
Sabine VAUTIER (ROUEN), Nathalie PARODI, Florent MARGUET, Aurélien GRÉAUME, Jacques MAUILLON, Julie AMIOT, Odile BÉRA, Estelle BERNARD, Pascaline BERTHET, Jacqueline BOU, Virginie BUBIEN, Stéphanie CHIEZE-VALERO, Margaux CLÉMENT LE CHOISMIER, Mathis DELACOUR, Pierre DEVULDER, Sophie GIRAUD, Aude LAMY, Gwendoline LIENARD, Sandrine MANASE, Anna MARGHERITI, Marie-Emmanuelle MORIN-MESCHIN, Marc PLANES, Lucie SALLE, Julie TINAT, David TOUGERON, Stéphanie VASSEUR, Jean-Christophe SABOURIN, Claude HOUDAYER, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Edwige KASPER
15:15 - 15:30
#49383 - SS039 Prévalence et caractérisation phénotypique de l’hypercalcémie d’origine parathyroïdienne dans une cohorte française de 1258 patients.
SS039 Prévalence et caractérisation phénotypique de l’hypercalcémie d’origine parathyroïdienne dans une cohorte française de 1258 patients.
Hypercalcémie d’origine parathyroïdienne (PHCa) est un trouble phosphocalcique dû à une sécrétion inappropriée ou excessive de PTH. Classiquement, la PHCa est due à une prolifération cellulaire tumorale, l’hyperparathyroïdie primaire (HPTP), qui peut être la conséquence d’une prédisposition héréditaire syndromique ou non syndromique. La PHCa peut être due également à une mauvaise régulation des taux de PTH, en raison d’anomalie dans la voie de signalisation du récepteur sensible au calcium, le CaSR. Cette condition, réputée rare et bénigne, est appelée hypercalcémie hypocalciurique familiale (HHF). L’HHF est souvent difficile à distinguer d’une HPTP sans test génétique.
L’identification d’un variant génétique responsable d’HPTP héréditaire ou d’HHF permet de proposer une prise en charge adaptée aux patients. Pourtant, la prévalence des formes génétiques d’HPTP reste mal connue et le niveau de preuve pour les recommandations de dépistage relativement faible. En France, un test génétique est proposé chez tout patient présentant une PHCa isolée et sporadique avant 50 ans, ou une forme familiale ou syndromique. L’objectif de ce travail est de déterminer la prévalence des formes génétiques d’PHCa dans la population des patients français éligibles à cette analyse génétique et d’établir des corrélations génotype-phénotype.
Méthodes : Nous avons inclus dans cette étude rétrospective tous les cas index présentant une PHCa isolée, adressés pour un test génétique constitutionnel dans deux laboratoires français entre 2019 et 2022. Un séquençage ciblé de nouvelle génération a été réalisé pour sept gènes responsables de prédisposition à PHPT (MEN1, CDC73, CDKN1B, GCM2) ou d’HHF (CaSR, AP2S1, GNA11).
Résultats : Nous avons inclus 1258 patients âgés de 0 à 95 ans (médiane 50 ans), dont 115 cas familiaux. Un variant (probablement) pathogène a été identifié chez 81 patients (6,4%), principalement dans CASR (51,9%), suivi de MEN1 (16%) et CDC73 (14,8%). Le taux de positivité était plus élevé dans les formes familiales (21%) que sporadiques (5,2%). La présence d’une forme génétique était associée à un jeune âge, une atteinte multiglandulaire, une PTH > 100 pg/mL (pour les gènes de prédisposition tumorale) et une PTH < 100 pg/mL (pour les gènes de l’HHF).
Conclusion : Nous rapportons ici la plus grande série à ce jour de patients atteints d’une PHCa apparemment isolée ayant bénéficié d’un test génétique. Dans cette population, l’HHF est plus fréquente qu’initialement supposé, remettant en question le paradigme conventionnel du diagnostic différentiel entre HPTP et HHF. L’évaluation génétique doit demeurer un élément clé de la prise en charge personnalisée des PHCa.
Lucie COPPIN, Camille GIANNETTI, Morgane PERTUIT, Thomas CUNY, Carole GUERIN, Catherine CARDOT-BAUTERS, Loïc HAUTEMAYOU, Maelle LE BRAS, Benjamin CHEVALIER, Frédéric SEBAG, David TAIEB, Anne BARLIER, Marie-Françoise ODOU, Pauline ROMANET (MARSEILLE)
15:30 - 15:45
#49514 - SS040 Place de l’approche tumorale dans le diagnostic des schwannomatoses.
SS040 Place de l’approche tumorale dans le diagnostic des schwannomatoses.
La révision récente des critères cliniques et moléculaires permettant de conduire au diagnostic des schwannomatoses introduit l’étude des caractéristiques génétiques somatiques lorsque les études menées au niveau constitutionnel ne permettent pas de mettre en évidence d’anomalie moléculaire des gènes NF2, LZTR1 et SMARCB1. Dans les formes sporadiques avec une clinique évocatrice de schwannomatose liée au gene NF2 (critères de Manchester révisés), compte tenu de la fréquence élevée de mosaïques (20 à 80% en fonction de l’âge) l’intérêt de l’approche tumorale est indéniable pour identifier les bases moléculaires de la maladie et ainsi proposer un conseil génétique et un diagnostic prénatal le cas échéant. Lorsque la clinique est évocatrice d’une schwannomatose non liée au gène NF2, nous montrons dans cette étude que l’analyse tumorale présente également un intérêt évident. Nous avons étudié les séquences codantes des gènes LZTR1, SMARCB1 et NF2 au locus 22q11.21-22q12.2 dans l’ADN extrait des leucocytes et d’au moins deux schwannomes anatomiquement distincts, soient 69 schwannomes chez 22 patients présentant uniquement des schwannomes multiples périphériques mononodulaires (13/22) ou multinodulaires (9/22). Parmi ces 22 patients, une anomalie moléculaire constitutionnelle a été identifiée au niveau du gène LZTR1 chez 11 d’entre eux (50 %) permettant de poser le diagnostic de schwannomatose liée au gène LZTR1. Chez ces patients, les schwannomes sont majoritairement mononodulaires (9/13) et le profil moléculaire tumoral montre une perte d’hétérozygotie au locus 22q11.21-22q12.2 et un événement additionnel somatique dans le gène NF2 spécifique à chaque tumeur (mécanisme 3 steps/4 hits). Chez trois patients, aucune anomalie moléculaire n’a pu être mise en évidence au niveau constitutionnel mais le profil moléculaire tumoral évocateur d'une schwannomatose liée au gène LZTR1 ou SMARCB1 nous a conduit à proposer la poursuite des investigations en analysant les séquences non codantes des gènes LZTR1 et SMARCB1. Chez 7 patients (32%), nous avons identifié une anomalie moléculaire du gène NF2 commune dans au moins deux schwannomes anatomiquement distincts permettant de poser le diagnostic de schwannomatose liée au gène NF2 en mosaïque. Chez ces patients, les schwannomes sont majoritairement multinodulaires (5/9). Enfin, chez un patient, l’étude des schwannomes permet de montrer au moins en partie l’implication du locus 22q (diagnostic de schwannomatose liée au 22q). Cette étude illustre la fréquence élevée et sous-estimée de la schwannomatose liée au gène NF2 en mosaïque chez les patients présentant de schwannomes multiples périphériques multinodulaires. Les schwannomes multinodulaires étant associés à une morbidité chirurgicale plus élevée et le rôle central du gène NF2 dans leur tumorigenèse ouvre de nouvelles perspectives dans leur prise en charge clinique, thérapeutique et pour le conseil génétique.
Matthieu PEYRE, Cécile BARBANCE, Suzanne TRAN, Khadija CHRAIBI, Laurence PACOT, Benoit TERRIS, Michel KALAMARIDES, Béatrice PARFAIT (PARIS)
15:45 - 16:00
#49588 - SS041 Evaluation fonctionnelle à haut débit par mutation à saturation du domaine exonucléase de l'ADN polyérase epsilon.
SS041 Evaluation fonctionnelle à haut débit par mutation à saturation du domaine exonucléase de l'ADN polyérase epsilon.
Les variants pathogènes du domaine exonucléase de l’ADN polymérase epsilon (POLE) ont un double enjeu clinique. Au niveau constitutionnel, ils prédisposent au développement de cancers, notamment colorectaux. Au niveau somatique, ils induisent une hypermutabilité tumorale, signature moléculaire ouvrant potentiellement l’accès à une immunothérapie. Pourtant, l’interprétation fonctionnelle de nombreux variants faux-sens reste difficile, limitant leur utilisation médicale en oncogénétique clinique et en oncologie de précision.
Nous avons développé un test fonctionnel à haut débit par mutation à saturation pour évaluer systématiquement l’impact fonctionnel des variants du domaine exonucléase de Pol epsilon de Saccharomyces cerevisiae. Après validation de la preuve de concept sur une librairie de contrôle comportant des variants connus pathogènes, qui ressortent clairement délétères avec le test, nous avons déployé cette approche à grande échelle pour dresser un atlas fonctionnel des variants du domaine exonucléase de POLE.
Cette cartographie révèle plusieurs points saillants. Premièrement, les substitutions correspondant à la divergence naturelle entre levure (modèle du test) et humain (modèle pertinent) sont systématiquement tolérées, confirmant la robustesse du système expérimental. Deuxièmement, les variants pathogènes se concentrent dans des régions structurales critiques pour l’activité exonucléase : (i) les motifs constituant la poche catalytique, (ii) une boucle modulant l’accès de l’extrémité 3’ du brin naissant et (iii) une structure hélice-boucle-hélice séparant les domaines exonucléase et polymérase, passage obligé de l’ADN pour la correction d’épreuves. En dehors de ces régions, la grande majorité des résidus tolère la substitution, à l’exception de quelques positions isolées.
La confrontation des résultats du test aux données cliniques, issues à la fois de variants constitutionnels prédisposant aux tumeurs, notamment digestives, et de variants somatiques associés à une charge mutationnelle tumorale élevée, conforte la validité du modèle et du test fonctionnel. Cette correspondance souligne la transposabilité des résultats expérimentaux aux variants identifiés chez l’Homme. Enfin, la comparaison avec les principaux prédicteurs bioinformatiques met en évidence une performance limitée de ces derniers pour anticiper correctement la fonctionnalité des variants, soulignant l’intérêt d’approches expérimentales directes.
En conclusion, notre étude fournit la première carte fonctionnelle exhaustive du domaine exonucléase de POLE, clarifie les mécanismes de tolérance et d’intolérance aux substitutions d’acides aminés et éclaire les relations structure-activité. Cet outil constitue une ressource précieuse pour l’annotation clinique des variants de POLE et ouvre la voie à une meilleure intégration de la génétique fonctionnelle dans la prise en charge personnalisée des patients.
Albain CHANSAVANG (PARIS), Ingrid LAURENDEAU, Bertrand DIEBOLD, Dario MONACHELLO, Eric PASMANT, Nadim HAMZAOUI
16:00 - 16:15
#49869 - SS042 Risques de cancer chez les porteurs du syndrome de Lynch : estimations à partir du registre national OFELy.
SS042 Risques de cancer chez les porteurs du syndrome de Lynch : estimations à partir du registre national OFELy.
Le syndrome de Lynch (SL), prédisposition héréditaire au cancer en lien avec un variant pathogène (VP) d’un gène MMR (MLH1, MSH2, MSH6 ou PMS2) entraîne des risques majorés de cancers, notamment colorectal (CCR) et endomètre (CE) ainsi que d’autres cancers plus rares. Une surveillance personnalisée est souhaitée pour les individus porteurs d’un VP MMR. Elle doit s’appuyer sur des estimations précises de ces risques.
À partir du registre français OFELy, créé en 2011 avec le soutien de l’INCa, les risques cumulés par âge (pénétrance) et les risques relatifs ont été estimés pour 12 types de cancer selon le gène impliqué. Pour corriger les biais de sélection inhérents au caractère rétrospectif de l’étude, la méthode Genotype Restricted Likelihood (GRL) - « phénotypes multi-trait » a été utilisée pour prendre en compte simultanément l’ensemble des cancers d’intérêt dans le calcul de pénétrance de chaque type de cancer.
Des différences de risque sont identifiées entre les différents gènes MMR. Pour le CCR, une augmentation plus tardive du risque est confirmée chez les porteurs de VP MSH6 et PMS2. En effet, la pénétrance dépasse celle de la population générale à 70 ans dès 20–40 ans pour MLH1/MSH2, mais seulement à 50 ans pour MSH6 et à 60–70 ans pour PMS2 chez les hommes et les femmes respectivement. Concernant le CE, les pénétrances à 70 ans sont inférieures aux estimations précédemment rapportées pour tous les gènes : 18.7% (3.4-58.3), 15.6% (7.7-41.5), 8% (4.7-15.8) et 1.8% (1.1-3.3) pour MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2 respectivement.
Les pénétrances estimées pour le cancer de l’ovaire sont en accord avec la littérature pour MSH2 et MSH6 mais plus faible pour MLH1 avec des risques à 40 ans de 0.3% (0.1-1) et 3.1% (1.6-8.4) pour MLH1 et MSH2 respectivement et à 45 ans de 0.7% (0.1-3.5) pour MSH6. Pour l’intestin grêle, il est confirmé une majoration du risque dès 35 ans pour MLH1 (1.2% (0.3-3.5)) et dès 40 ans (0.3% (0.1-4.3)) pour MSH2. Le risque de cancer de l’estomac est plus élevé pour MLH1 comparé à MSH2 et MSH6 et cette tendance est observée dès 40 ans, avec des risques pour MLH1 de 2.5% (0.6-6.7) contre <0.5% pour les autres gènes. Pour le pancréas, les pénétrances estimées à 45 ans sont de 3% (0.1-14.6) et 1.4% (0.1-9.3) pour MLH1 et MSH2. Le risque de cancers du tractus urinaire est plus élevé à 70 ans pour MSH2 comparé à MLH1 et MSH6 mais les risques n’excèdent pas 1.5% à 40 ans pour tous les gènes, et restent <1% jusqu’à 55 ans pour MSH6.
Les risques relatifs de cancer du sein et de la prostate sont similaires à ceux de la population générale, confirmant leur non-appartenance au spectre Lynch.
Cette étude reposant sur une des plus grandes séries de familles fournit des estimations robustes des risques de cancer dans le SL. Ces résultats confrontés aux données de la littérature contribueront à actualiser les recommandations de surveillance avec une approche personnalisée selon le VP du gène MMR.
Séphora CAMPOY (Lyon), Youenn DROUET, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Patrick BENUSIGLIO, Pascaline BERTHET, Virginie BUBIEN, Bruno BUECHER, Olivier CARON, Louise CRIVELLI, Isabelle COUPIER, Capucine DELNATTE, Françoise DESSEIGNE, Marion DHOOGE, Laurence FAIVRE, Rosine GUIMBAUD, Clémentine LEGRAND, Sophie LEJEUNE, Marie-Emmanuelle MORIN-MESCHIN, Catherine NOGUES, Pierre LAURENT-PUIG, Jean-Christophe SAURIN, Valérie BONADONA, Ggc Unicancer* OFELY INVESTIGATOR GROUP,, Christine LASSET
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"Mercredi 28 janvier"
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C26
14:45 - 16:15
Sessions simultanées 07
Thérapies, medecine personnalisée, maladies neuromusculaires
Modérateurs :
Anne-Sophie LIA (MCU-PH) (LIMOGES), Vincent PROCACCIO (PU-PH) (Angers)
14:45 - 15:00
#49278 - SS043 Analyse comparative des méthodes de séquençage long-read pour décrypter la complexité du locus de la Dystrophie Facio-Scapulo-Humérale (FSHD).
SS043 Analyse comparative des méthodes de séquençage long-read pour décrypter la complexité du locus de la Dystrophie Facio-Scapulo-Humérale (FSHD).
La dystrophie facioscapulohumérale (FSHD) est associée à la contraction du nombre de macrosatellites D4Z4 au locus 4q35, les individus non affectés portant de 11 à 150 répétitions D4Z4. Environ 95 % des patients FSHD (FSHD1) présentent une contraction à 1–10 unités, accompagnée d’une diminution de la méthylation de l’ADN. Un autre ~3 % (FSHD2) est lié à des variants pathogènes dans le gène SMCHD1, entraînant une dérégulation épigénétique du locus 4q35. Enfin, 1–2 % des patients cliniquement diagnostiqués ne présentent pas de cause génétique établie, soulignant des lacunes persistantes dans le diagnostic moléculaire. Depuis plus de vingt ans et la mise en place du diagnostic par peignage moléculaire dans notre laboratoire, plus de 70 patients avec des réarrangements complexes impliquant les loci 4q35 ou 10q26 ont été identifiés, dont 20 % en errance diagnostique, en l’absence d’autres caractéristiques génétiques associées à la FSHD1 ou FSHD2.
Compte tenu de leur pertinence pour le diagnostic, nous avons effectué des analyses détaillées de ces réarrangements à l’aide de technologies de séquençage long-read (Oxford Nanopore et PacBio) chez sept patients présentant différents remaniements de structure des loci 4q35 ou 10q26. Ces approches ont permis de résoudre l’architecture de la séquence et d’étudier les profils de méthylation de ces régions. Pour certains patients, nous avons comparé ces résultats à la cartographie optique du génome (Bionano).
Nos travaux révèlent que les allèles cis-dupliqués résultent de recombinaisons intrachromosomiques variables entre les éléments LSau et β-satellite, produisant des délétions de taille variable au sein de la région proximale de D4Z4, contrairement à une hypothèse antérieure suggérant un ancêtre commun et un remaniement récurrent. Ces variants complexes ne sont pas détectables avec des technologies standard comme le Bionano Optical Genome Mapping et nécessitent une curation manuelle.
Ce travail souligne l’importance d’une caractérisation moléculaire approfondie pour les patients atypiques. À mesure que de nouveaux variants complexes au locus 4q35 seront identifiés, leur analyse fine sera cruciale pour guider le conseil génétique et améliorer la prise en charge des individus atteints de FSHD avec des profils moléculaires atypiques.
Charlotte TARDY (MARSEILLE), Jean-Philippe TRANI, Victor MURCIA PIENKOWSKI, Loeva MORIN, Christel CASTRO, Louis SOUVILLE, Camille HUMBERT, Coralie PROVOST, Laurène GERARD, Nathalie EUDES, Amire ASSOUMANI, Karine BERTAUX, Camille VEREBI, Juliette NECTOUX, Emmanuelle SALORT-CAMPANA, Marie-Line JACQUEMONT, Martial MALLARET, Céline TARD, Mélanie FRADIN, Shahram ATTARIAN, Karine NGUYEN, Raphaelle BERNARD, Frédérique MAGDINIER
15:00 - 15:15
#49455 - SS044 Quel prélèvement réaliser pour une thérapie de remplacement mitochondrial : évaluation de la contamination par l’ADNmt.
SS044 Quel prélèvement réaliser pour une thérapie de remplacement mitochondrial : évaluation de la contamination par l’ADNmt.
Introduction : Les maladies par mutations de l’ADN mitochondrial (ADNmt) suivent une transmission maternelle et sont souvent graves, multisystémiques, et incurables. La thérapie de remplacement mitochondrial (TRM) est une stratégie innovante pour prévenir la transmission des mutations pathogènes de l’ADNmt tout en conservant l’ADN nucléaire parental. Consistant à transférer le génome nucléaire parental dans une cellule donneuse de cytoplasme comprenant des mitochondries saines, la TRM s'accompagne cependant du co-transfert d’une petite quantité de mitochondries mutées. Cette contamination induit un état d’hétéroplasmie dans l’ovocyte ou le zygote reconstitué qui expose par la suite à un risque de réversion dans l’embryon, l’ADNmt muté devenant majoritaire, compromettant ainsi l’efficacité de la procédure. Des techniques visant à réduire la contamination d’ADNmt sont étudiées afin de minimiser le risque de réversion.
Dans cette étude, nous avons mesuré la quantité d’ADNmt dans différents prélèvements utilisés pour la TRM: les pronoyaux de zygotes (PN) et le premier globule polaire d’ovocyte (GP1) et l’avons comparé avec celle d’ovocytes immatures donnés à la recherche.
Matériel et méthode : Le nombre de copies d’ADNmt a été quantifié par PCR quantitative en temps réel (qPCR SYBR Green) dans 8 ovocytes bloqués en métaphase I, 12 GP1 issus d’ovocytes en métaphase II, et 6 PN de zygotes polyploïdes, obtenus auprès de 11 patientes (28–36 ans) suivies en assistance médicale à la procréation et ayant donné leur consentement à des fins de recherche. Les comparaisons intergroupes ont été réalisées par le test de Mann–Whitney.
Résultats : Des écarts significatifs de quantité d’ADNmt ont été observés dans les 3 groupes, les ovocytes MI contenant 40 fois plus d’ADNmt (361 244 copies, allant de 51 226 à 758 222) que les PN (8 863 copies, allant de 2 851 à 19 886), et 720 fois plus que les GP1 (500 copies, allant de 15 à 2 554). Ainsi, nous démontrons que le transfert de PN entraîne une contamination mitochondriale 18 fois plus élevée que celle observée avec le transfert de GP1.
Discussion-conclusion : Nos résultats montrent que dans le cadre des TRM, le transfert du GP1 diminue significativement la contamination par l’ADNmt maternel. Afin de minimiser le risque de réversion, ce prélèvement pourrait être utilisé préférentiellement dans le cadre de la TRM, ce d’autant qu’il permet d’éviter la création d’embryons donneur de cytoplasme et donc détruits par la suite. Pour consolider ces données, des investigations complémentaires s’avèrent nécessaires, incluant notamment la quantification précise de l'ADNmt associé aux fuseaux méiotiques, qui est utilisé par certaines équipes, ainsi qu’à plus long terme, une évaluation rigoureuse des conséquences sur le développement embryonnaire, et la santé des enfants issus de ces approches.
Robin GHANEM (Paris), Nora BRAHIMI, Paula RUBENS, Sophie MONNOT, Nelly FRYDMAN, Anne MAYEUR, Julie STEFFANN
15:15 - 15:30
#49507 - SS045 Stratégie d’identification automatisée de données additionnelles lors d’une analyse d’exome entier dans le contexte légal actuel en France.
SS045 Stratégie d’identification automatisée de données additionnelles lors d’une analyse d’exome entier dans le contexte légal actuel en France.
La loi relative à la bioéthique du 2 août 2021 précise (code civil article 16-10) que préalablement à la réalisation d’un test génétique, la personne doit être informée qu’un tel examen pourrait révéler incidemment des caractéristiques génétiques sans relation avec l’indication initiale, mais aussi de la possibilité qu’elle a de refuser la révélation de tels résultats.
Le décret no 2023-1426 du 30 décembre 2023 relatif à l’examen des caractéristiques génétiques d’une personne précise (code de santé publique article R1131-3), qu’un arrêté devra définir les règles de bonnes pratiques applicables à la confirmation et communication de ces données sans relation avec l'indication initiale.
En cas d’identification de données génétiques actionnables, ces nouvelles dispositions législatives entrainent de nouvelles obligations de rendu de résultats, dans un contexte par ailleurs contraint en ressources humaines disponibles.
Dans l’attente de ces recommandations de bonnes pratiques professionnelles, nous avons réfléchi à la mise en place d’une procédure d’identification automatisée de variants de classe ACMG pathogènes ou probablement pathogènes, dont la connaissance permettrait de bénéficier de mesures de prévention, ou de soins.
Cette procédure utilise une préclassification bioinformatique (suite SeqOne) et les données répertoriés dans la base ClinVar, pour identifier des variants dans les listes de 49 gènes actionnables pour les personnes majeures et 46 gènes pour les personnes mineures, élaborées par le Comité de génétique du Réseau Québécois de Diagnostic Moléculaire. L’identification automatisée de ces variants est ensuite soumise à une validation par un généticien/biologiste, et le résultat inclus dans le compte-rendu d’examen, pour être communiqué au patient (sauf refus de sa part), par le médecin prescripteur, afin de l’orienter, le cas échéant, vers une consultation spécialisée.
Dans ce contexte d’évolution législative, notre stratégie a été guidée par l’intérêt du patient qui, correctement informé, souhaiterait connaitre d’éventuels risques génétiques pour lui–même ou ses apparentés. Nous avons aussi pris en compte la faisabilité, en condition réelle, d’une telle approche, notamment en temps supplémentaire à consacrer à l’identification de variants actionnables.
Sur notre cohorte de 3651 échantillons analysés en exome, une analyse rétrospective a permis d’évaluer à 4% (143 échantillons) la proportion d’échantillons identifiés comme comportant des données génétiques actionnables selon les listes précitées; les gènes et variants impliqués seront présentés en détail. De manière plus globale, l’ouverture des filtres à l’exome entier montre que plus de 90% des échantillons comportent au moins 1 variant de classe ACMG pathogènes ou probablement pathogènes.
Soucieux du bénéfice des patients, nous souhaitons partager notre stratégie afin de faire face au défi organisationnel qu’implique le nouveau cadre législatif.
Martin KRAHN (Marseille), Annachiara DE SANDRE-GIOVANNOLI, Anne Marie LABERGE, Sébastien LÉVESQUE, Laurent VILLARD, Nathalie BONELLO-PALOT, Catherine BADENS, Christophe BUFFAT, Marc BARTOLI, Mathieu CERINO, Véronique BLANCK, Amandine BOYER, Patrice BOURGEOIS, Svetlana GOROKHOVA, Marie-Pierre ATTALI, Nicolas LENFANT, Perrine MALZAC
15:30 - 15:45
#49886 - SS046 Modulation thérapeutique de l’épissage du gène COL4A5 : preuve de concept dans un modèle d’organoïdes rénaux de syndrome d’Alport lié à l’X.
SS046 Modulation thérapeutique de l’épissage du gène COL4A5 : preuve de concept dans un modèle d’organoïdes rénaux de syndrome d’Alport lié à l’X.
Introduction
Environ 20 % des variants pathogènes impliqués dans les maladies monogéniques affectent l’épissage. Leur interprétation reste difficile, notamment pour les variations introniques profondes. Le syndrome d’Alport lié à l’X (XLAS), dû à des variants du gène COL4A5 codant la chaîne α5 du collagène IV, en est une illustration. Nous avons précédemment identifié chez de nombreux patients sans diagnostic moléculaire des variations introniques profondes de COL4A5. Chez ces patients, les oligonucléotides antisens (ASO) constituent une approche thérapeutique personnalisée prometteuse, capable de restaurer un épissage normal. Cette étude vise à développer une plateforme de thérapie personnalisée pour le syndrome d’Alport lié à l’X.
Méthodes
Nous avons conçu une plateforme intégrant (i) des fibroblastes primaires de patients porteurs de variants introniques et (ii) des organoïdes rénaux dérivés de cellules souches pluripotentes induites (iPSC). Les variants introniques identifiés ont été reproduits dans des lignées isogéniques par édition CRISPR/Cas9. Les organoïdes ont été caractérisés par RNA-seq (bulk et single-cell), protéomique et imagerie confocale. Les ASO, puis des morpholinos (PMO) mieux adaptés aux organoïdes, ont été testés pour restaurer l’épissage normal.
Résultats
Dans les fibroblastes, plusieurs ASO ont corrigé efficacement l’épissage aberrant, permettant la restauration complète d’ARNm sauvage de COL4A5. Dans certains cas, le même ASO a permis de corriger des défauts d’épissage, différents, propres à chaque famille.
Dans les organoïdes, une culture prolongée (≥38 jours) a été nécessaire pour reproduire la dynamique transcriptionnelle et la constitution de la membrane basale glomérulaire (MBG), révélant le défaut de collagène IV associé aux variants. Les lignées isogéniques XLAS ont confirmé une absence quasi totale de transcrit et de protéine α5(IV), validant la pertinence du modèle pour mimer la MBG.
Les PMO testés ont permis de restaurer l’ARNm sauvage de COL4A5 et la sécrétion de la protéine α5(IV), rétablissant le réseau collagénique α3α4α5(IV) à des niveaux significativement supérieurs à ceux des organoïdes mutés.
Discussion – Conclusion
Nous démontrons ici la faisabilité de corriger des anomalies d’épissage de COL4A5 grâce aux oligonucléotides antisens dans un modèle in vitro de MBG. Ces résultats soulignent la valeur des organoïdes dérivés d’iPSC comme modèles fonctionnels pour (i) valider le caractère pathogène de variants introniques, (ii) sélectionner des séquences thérapeutiques efficaces, et (iii) accélérer la mise en place de thérapies de précision ciblant l’épissage. Cette stratégie est généralisable à d’autres gènes impliqués dans des maladies héréditaires où l’interprétation des variants d’épissage demeure un défi majeur.
Hassan SAEI, Bruno ESTEBE, Gaudin NICOLAS, Mahsa ESMAILPOUR, Julie HAURE, Olivier GRIBOUVAL, Christelle ARRONDEL, Vincent MORINIÈRE, Tian PINYUAN, Rachel LENNON, Géraldine MOLLET, Corinne ANTIGNAC, Guillaume DORVAL (Paris)
15:45 - 16:00
#49940 - SS047 Analyse pharmacogénétique à partir des données d’exome et co-interprétation pharmaco-clinico-biologique pour une prise en charge personnalisée en néphrologie et en transplantation rénale.
SS047 Analyse pharmacogénétique à partir des données d’exome et co-interprétation pharmaco-clinico-biologique pour une prise en charge personnalisée en néphrologie et en transplantation rénale.
Introduction :
Les panels pharmacogénétiques réalisés de manière préemptive réduisent de 30 % l’incidence des effets indésirables. À Sorbonne Université, le séquençage d’exome apporte non seulement un diagnostic moléculaire, mais aussi des données pharmacogénétiques encore peu exploitées. Les patients atteints de MRC, souvent polymédiqués, pourraient tirer un bénéfice important de cette analyse pharmacogénétique.
Méthodes :
Nous avons analysé les profils pharmacogénétiques de 456 patients adultes ayant bénéficié d’un séquençage d’exome (capture Twist, NovaSeq6000 Illumina, 2x150 pb) pour néphropathie inexpliquée. L’analyse ciblait 217 variants situés dans 23 pharmacogènes, selon les recommandations des consortiums CPIC et DPWG. Les loci HLA-A et HLA-B ont été caractérisés grâce à un pipeline exome dédié. La traduction en « star » allèles et les recommandations posologiques ont été réalisées avec SONOGEN-XP (INTLAB AG), sur la base des recommandations internationales. 146 patients ont bénéficié d’une conciliation médicamenteuse et d’un conseil pharmacogénétique, tenant compte de leur traitement actuel et des effets indésirables potentiels afin d’ajuster les posologies ou de modifier certains traitements. 88 cas ont été discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).
Résultats :
L’analyse pharmacogénétique réalisée en interne à partir des données d’exome a montré une concordance complète avec les échantillons de référence Get-RM et les méthodes orthogonales (amplification PCR et détection LC-MS, profil HLA par Immucor). 100 % des patients présentaient au moins un variant dans un pharmacogène cliniquement actionnable. À l’issue des RCP, 84/88 patients (95%) ont reçu au moins recommandation concernant des ajustements de posologie ou des contre-indications médicamenteuses, totalisant 262 recommandations individualisées. Les médicaments concernés par un métabolisme altéré incluaient : tacrolimus (34/88 soit 39%), azathioprine (12/88 soit 14%), tramadol (38/88 soit 43%), clopidogrel (19/88 soit 22%), allopurinol (15/88 soit 17%), atorvastatine (29/88 soit 33%).
Conclusion :
L’analyse pharmacogénétique basée sur les données d’exome pourrait permettre de prévenir ou d’expliquer les effets indésirables chez les patients suivis en néphrologie. Elle semble particulièrement utile pour les patients devant recevoir un traitement immunosuppresseur dans le cadre d’une transplantation rénale.
Ilias BENSOUNA (Paris), Virginie DEROCHE, Fanny PONCE, Nicolas JAUNIAUX, Amina BENOMAR, Isabelle DEBRIX, Florence FEDERSPIEL, Laure RAYMOND, Laurent MESNARD
16:00 - 16:15
#49975 - SS048 Traitement de la leucodystrophie liée au gène CSF1R par greffe de cellules souches dans une cohorte internationale.
SS048 Traitement de la leucodystrophie liée au gène CSF1R par greffe de cellules souches dans une cohorte internationale.
Enjeux :
La leucodystrophie liée au gène CSF1R (LD-CSF1R) est une des plus fréquentes maladies héréditaires de la substance blanche chez l’adulte (PMID 39040919). C’est une maladie autosomique dominante à pénétrance incomplète dont la médiane de survie est de 5 ans. La maladie se présente souvent sous la forme d’atteinte spastique ou de démence fronto-temporale rapidement progressive. La protéine CSF1R étant exclusivement exprimée dans les cellules du système immunitaire (macrophages et microglie), la LD-CSF1R est un modèle de microgliopathie. Le remplacement de la microglie par une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) semble donc une thérapie de choix. Nous avons réalisé la première greffe en 2016 chez une patiente de 33 ans dont la maladie a été complètement stabilisée (PMID 31213485). Depuis, il y a eu quelques cas rapportés publiés en Europe et aux Etats-Unis mais avec des suivis de courte durée et sans évaluation standardisée.
Méthodes :
Nous avons réalisé une étude internationale incluant 5 pays (France, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Brésil) chez 17 patients adultes (8 femmes/9 hommes, 43,3 ± 9,4 ans) ayant bénéficié d’une GCSH avec un variant pathogène dans CSF1R et un enfant de 8 ans avec 2 variants. La médiane de suivi était de 2,5 ans (2-8 ans) avec des évaluations standardisées cliniques, radiologiques (charge lésionnelle) et biologiques (chaine légère de neurofilament NfL).
Résultats :
Dans les 6 mois suivant la GCSH, nous avons observé une aggravation clinique et radiologique chez la majorité des patients et 2 patients adultes sont décédés des complications précoces de la greffe myéloablative. A 1 an post-greffe, tous les patients, sauf un, ont complètement stabilisé leur maladie cliniquement et radiologiquement, avec même une amélioration motrice et/ou cognitive chez près de la moitié d’entre eux (Figure). Nous avons également observé une diminution majeure voire une normalisation des taux de NfL plasmatiques à 1 an post-greffe. Les résultats de la GCSH étaient comparables chez les patients ayant reçu un conditionnement myéloablatif ou réduit.
Conclusion :
Cette étude est la première à montrer de façon multicentrique que la GCSH est le traitement de référence pour la LD-CSF1R. Cette étude a déjà permis à plusieurs patients d’accéder à la greffe dans des pays où le remboursement de la greffe n’était pas possible. Ces résultats ouvrent également des perspectives thérapeutiques pour l’ensemble des maladies neurologiques ou neurogénétiques où la microglie a un rôle prépondérant dans la physiopathologie. Le fait que des conditionnements réduits donnent des résultats similaires permet de réduire la toxicité de la greffe chez ces patients mais également de proposer la greffe à des patients plus âgés.
Figure (page de couverture du journal Movement Disorders): La GCSH stoppe la neurodégénérescence dans la LD-CSF1R, avec une stabilisation clinique, radiologique et biologique de la maladie, et une amélioration possible à long terme.
Hemmo YSKA (Paris), Marianne GOLSE, Natalia JULIA PALACIOS, Camille HUIBAN, Damien GALANAUD, Vincent PERLBARG, Cecilia MARELLI, Xavier AYRIGNAC, Csf1R-Rd INTERNATIONAL WORKING GROUP, Stéphanie NGUYEN, Fanny MOCHEL
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Salon Ambassadeurs 2/3 |
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"Mercredi 28 janvier"
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D26
14:45 - 16:15
Sessions simultanées 08
MOC, Dermato, Nephro
Modérateurs :
Genevieve BAUJAT (Praticien Hospitalier) (PARIS), Bruno FRANCOU (Biologiste) (NICE)
14:45 - 15:00
#49120 - SS049 Diagnostic rapide par séquençage long reads des microangiopathies thrombotiques.
SS049 Diagnostic rapide par séquençage long reads des microangiopathies thrombotiques.
Contexte
Les microangiopathies thrombotiques (MAT) sont un ensemble de pathologies rares au cours desquelles il existe une atteinte de la microcirculation notamment rénale, conduisant fréquemment à une atteinte rénale aiguë sévère. Parmi leurs étiologies, les anomalies de la voie alterne du complément sont impliquées dans le syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa), pour lequel l’Eculizumab a démontré son efficacité. Toutefois, ce traitement est onéreux et expose les patients à un risque infectieux non négligeable. La stratégie actuelle consiste à l’administrer de manière empirique, sur des arguments cliniques non-spécifiques, bien que seulement 10 % des patients (population adulte de Tenon) s’avèrent ultérieurement porteurs de variations pathogènes dans les gènes du complément et aient donc bénéficié d’être traités. Le séquençage Oxford Nanopore technologie® offre la possibilité de résultats génétiques rapides et permet, grâce à l’étude de longs fragments d’ADN, une analyse simultanée des variants ponctuels et des gènes hybrides responsables de SHUa, ainsi que leur phasing. De même les haplotypes à risque CFH-H3 pourraient être mis en évidence avec le même test.
Objectifs et méthodes
En partenariat avec la néphrologie de l’hôpital Tenon, nous avons mis en place une stratégie de diagnostic rapide par séquençage long-read. La préparation des librairies est effectuée en utilisant le kit-SQK-LSK114 et le séquençage sur un PromethION P24 avec des flow-cells R10.4 à la plateforme P3S. Le séquençage est effectué en adaptive-sampling permettant d’enrichir les régions d’intérêts à partir d’un fichier BED contenant les gènes impliqués dans les SHUa et 400 autres d’intérêt en néphrologie. Après le séquençage d’une durée de 12-24h les données sont envoyées au supercalculateur MeSU de Sorbonne Université afin de générer un fichier FASTQ qui sera chargé sur SeqOne Genomics pour alignement et appel des variant par le pipeline GermlineVarLR.
Résultats
42 patients ont été analysés avec un délai moyen de rendu de 5 jours. Des variants d’intérêts dans les gènes de régulation de la voie alterne ont été identifiés chez cinq patients (11,9 %) : un variant pathogène dans le gène CFH et des VSI dans CD46, CFB et C3. Cela a permis une prescription ciblée d’Eculizumab chez les patients avec variation pathogène tandis l’absence de variant chez les 37 patients restants a évité un traitement non nécessaire réduisant le risque iatrogène et générant une économie estimée à au moins 295470€.
Chez trois autres patients (7,1%) nous avons identifiés des variants pathogènes dans des gènes de néphropathie (NPHS2, TSC1 et GLA) expliquant leur pathologie rénale préexistante à la MAT.
Conclusion
Ces données sont en faveur de l’intérêt du séquençage long-read comme outil diagnostic rapide, fiable et économiquement pertinent dans la stratégie thérapeutique des MAT, permettant une prise en charge personnalisée des patients avec la stratification du risque des MAT.
Mathieu GEORGET (Paris), Nadhir YOUSFI, Aurélie WAERNESSYCKLE, Badreddine MOHAND-OUMOUSSA, Hélène MADRY, Corinne MACH, Claude ESTRADE, Valérie OLIN, Fabienne RAJHONSON, Elodie LEJEUNE, Patricia MOREAU, Anouar NABTI, Sandrine TARDIEU, Bophara KOL, Cédric RAFAT, Caroline NAVA, Cyril MOUSSEAUX, Boris KEREN, David DE SAINT GILLES, Eric LEGUERN, Laurent MESNARD
15:00 - 15:15
#49497 - SS050 Apport du séquençage de génome dans le diagnostic des maladies osseuses constitutionnelles : bilan de 827 patients.
SS050 Apport du séquençage de génome dans le diagnostic des maladies osseuses constitutionnelles : bilan de 827 patients.
Le Plan France Génomique (PFMG) 2025 a permis l’accès au séquençage de génomes (GS) sur l’ensemble du territoire. La préindication « Maladies Osseuses Constitutionnelles » (MOC) concerne toutes les ostéochondrodysplasies : fragilité osseuse, atteinte épi et/ou métaphysaire et/ou vertébrale, atteinte lytique ou condensante, prolifération anarchique du tissu osseux, dysostoses.
L’inclusion dans cette préindication concerne les patients avec panel négatif ou avec des phénotypes atypiques pour lesquels les panels disponibles ne sont pas adaptés.
Nous présentons ici les résultats d’une cohorte de 827 patients inclus dans la préindication « maladies osseuses constitutionnelles » ayant bénéficié d’un GS réalisé au laboratoire SeqOIA entre octobre 2019 et août 2025.
Nous avons identifié des variants de classe 4/5 chez 27% des patients (n=223) et des variants de classe 3 chez 16% des patients (n=135). Parmi les résultats positifs, 84% sont des variants nucléotidiques (SNV) et 16% sont des variations du nombre de copies (CNV) ou des variants de structure (SV).
Concernant les SNV, six variants introniques profonds et un variant en 5’UTR ont été mis en évidence. Seize variants sont hérités d’un parent dont 10 étaient atteints et 6 asymptomatiques (1 mosaïque).
Parmi les CNV/SV identifiés figurent notamment sept inversions (dont une séparant les éléments régulateurs d’un gène), trois disomies uniparentales, une délétion d’une région promotrice, un dérivé du chromosome X, une tétrasomie 12p en mosaïque.
Deux insertions de séquence d’Alu et une expansion dans le gène DMPK ont également été détectées.
Six doubles-diagnostics ont été fait associant deux SNV ou un SNV et un CNV.
Chez les 60 patients présentant un retard statural isolé, le rendement est de 8%.
Le séquençage du génome constitue une approche “tout-en-un”, capable de détecter simultanément SNV, CNV, SV et expansions de répétitions en tandem, avec une sensibilité supérieure à celle de l’exome associé à la CGH, cela a révolutionné le diagnostic moléculaire des MOC
Le nombre encore important de patients sans diagnostic reflète cependant les limites actuelles de l’analyse et de l’interprétation, notamment pour les variants hérités de parents asymptomatiques ou ceux situés dans des régions non codantes ou intronique dont l’impact reste difficile à prédire.
Ainsi, si le rendement du génome apparaît limité dans ce contexte, il est amené à augmenter grâce à l’amélioration des outils bioinformatiques, de l’annotation et des outils de prédiction des variants non codants, ainsi qu’à l’intégration de données multi-omiques comme le RNAseq.
Sophie RONDEAU (Paris), Audrey BRIAND-SULEAU, Corinne COLLET, Séverine BACROT, Tania ATTIE-BITACH, Fabienne ESCANDE, Sophie MONNOT, Lucile BOUTAUD, Arnaud MOLIN, Stéphanie DUCREUX, Céline GAUCHER, Perrine BRUNELLE, Virginie SAILLOUR, Ilyas CHALLET, Emma RAIMBAULT, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Dominique BONNEAU, Yline CAPRI, Martine COHEN SOLAL, Thomas COURTIN, Demeer BÉNÉDICTE, Anne DIEUX, Mélanie FRADIN, Alice GOLDENBERG, Bertrand ISIDOR, Agnès LINGLART, Laurence PERRIN, Elise PISAN, Maelle CHARPIE, Caroline MICHOT, Geneviève BAUJAT, Valérie CORMIER-DAIRE
15:15 - 15:30
#49635 - SS051 Caractérisation phénotypique et moléculaire de la dysplasie thoraco-laryngo-pelvienne (syndrome de Barnes).
SS051 Caractérisation phénotypique et moléculaire de la dysplasie thoraco-laryngo-pelvienne (syndrome de Barnes).
Introduction:
La dysplasie thoraco-laryngo-pelvienne (TLPD) ou syndrome de Barnes est une maladie osseuse constitutionnelle (MOC) ultra-rare de transmission autosomique dominante caractérisée par une dystrophie thoracique, un pelvis petit et étroit et une sténose laryngée. A notre connaissance, seulement 6 familles (12 individus) ont été rapportées dans la littérature depuis sa première description en 1969. Les bases moléculaires ne sont pas connues et, dans la dernière nosologie des MOC publiée en 2023, son existence a été considérée comme incertaine.
Sujets et méthodes:
Trois patients atteints de TLPD, non apparentés, ont bénéficié d’un séquençage de génome en trio au sein du laboratoire Auragen (PFMG2025). Le diagnostic de TLPD avait été posé chez 2 patients présentant une dystrophie thoracique, des anomalies pelviennes évocatrices, une sténose sous-glottique et des troubles de l’oralité très sévères motivant la pose de trachéostomie et gastrostomie. L’un de ces patients avait présenté une importante hypotonie néonatale, d’amélioration progressive.
L’interrogation de la base de données Auragen (PFMG2025) via l’outil Auramatcher a permis d’identifier un 3ème patient : cet enfant avait bénéficié d’une étude du génome dans le cadre de la pré-indication « Hypotonies néonatales » et la réévaluation de son phénotype clinico-radiologique a permis de poser rétrospectivement le diagnostic de TLPD.
Résultats:
Le séquençage du génome a mis en évidence chez les 3 patients un variant hétérozygote de novo dans le gène TK1 (même variant récurrent chez 2 des 3 patients). Au total, trois individus non apparentés, atteints de la même MOC ultra-rare, sont porteurs d’un variant de novo dans le gène TK1 très rare en population générale.
Discussion:
Notre étude permet de confirmer que la TLPD représente une entité nosologique spécifique, dont le phénotype est caractérisé par une atteinte squelettique typique (dystrophie thoracique, ailes iliaques hypoplasiques, retard d’ossification des branches ilio-pubiennes), la possible présence d’hypotonie néonatale à évolution favorable et de complications ORL très sévères.
Les résultats moléculaires positionnent TK1 comme le gène candidat pour expliquer la TLPD. Bien que TK1 ne soit pas connu pour jouer un rôle dans l’ostéogenèse à ce jour, l’occurrence de trois événements de novo indépendants dans un même gène, chez des patients non apparentés atteints d’une affection ultra-rare et spécifique, confère une forte valeur statistique à cette hypothèse. Des tests fonctionnels sont actuellement en cours afin d’évaluer l’impact de ces variations sur l’activité de l’enzyme. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur le rôle de TK1 dans la biologie osseuse et souligne l’importance du phénotypage clinico-radiologique ainsi que des réseaux collaboratifs clinico-biologiques de partage de données, pour la caractérisation des syndromes génétiques rares.
Louis JANUEL (Lyon), Elise SCHAEFER, Robin POUYAU, Hajira MOKHTAR, Consortium AURAGEN, Valérie CORMIER-DAIRE, Renaud TOURAINE, Massimiliano ROSSI
15:30 - 15:45
#49888 - SS052 Exploration des déterminants génétiques de la variabilité phénotypique de la neurofibromatose de type 1.
SS052 Exploration des déterminants génétiques de la variabilité phénotypique de la neurofibromatose de type 1.
La neurofibromatose de type 1 (NF1) est une maladie génétique de transmission autosomique dominante. Elle est causée par des variants pathogènes hétérozygotes perte-de-fonction du gène suppresseur de tumeurs NF1 qui code la neurofibromine, régulateur négatif de la voie des RAS-MAPK. La NF1 se caractérise par une importante expressivité variable. Des études internationales de corrélation génotype-phénotype ont montré que certains variants pathogènes de NF1 étaient associés à une forme très modérée ou plus sévère de la maladie. Pour les autres variants, aucune corrélation significative n’a pu être mise en évidence.
Nous avons cherché à identifier les facteurs génétiques liés au gène NF1 ou les gènes modificateurs, impliqués dans la variabilité phénotypique de la NF1, dans la cohorte française. Nous avons analysé les données phénotypiques recueillies dans le cadre (i) de 3 Programme Hospitaliers de Recherche Clinique (PHRC) nationaux dédiés à l’étude des facteurs modificateurs de la NF1 (cohorte NF-France) et (ii) du diagnostic moléculaire réalisé dans le Service de Médecine Génomique de l’hôpital Cochin à Paris.
L’étude des corrélations génotype-phénotype dans la cohorte française a montré des résultats cohérents avec ceux de la littérature. Nous avons confirmé une forme plus modérée de NF1 chez les porteurs de délétions en phase de la Met992 ou de variants faux-sens au niveau de Met1149 ou Arg1809. Les patients porteurs de variant faux-sens aux positions Arg1276, Lys1423 ou affectant les codons 844 à 848 de la neurofibromine sont plus à risque de développer des formes sévères. Nous avons également montré que les patients porteurs d’une délétion complète du locus NF1 présentent significativement plus d’atteintes sévères.
Par ailleurs, nous avons génotypé 1333 patients de la cohorte NF-France pour plus de 7 millions de variants communs du génome. Par étude d’association pangénomique (GWAS), nous avons mis en évidence plusieurs régions génomiques montrant une association avec la survenue des neurofibromes cutanés, sous-cutanés ou plexiformes. Ces régions incluaient près de 170 gènes candidats modificateurs. Par un test de compétition sur des cellules de Schwann isogéniques WT et NF1-KO, nous avons montré qu’au moins deux de ces gènes (GAS1 et SPRED2) pourraient jouer un rôle modulateur dans la prolifération des cellules de Schwann NF1-KO, type cellulaire à l’origine des neurofibromes.
Nos résultats confirment les précédentes études de corrélation génotype-phénotype menées dans le cadre de la NF1. L’haploinsuffisance de gènes adjacents à NF1 pourrait expliquer le phénotype plus sévère identifié chez les patients porteurs de ces grandes délétions du locus NF1. La GWAS menée sur les neurofibromes suggère plusieurs gènes candidats modificateurs. La mise en œuvre de tests de criblage fonctionnel devrait permettre de confirmer l’implication de ces gènes, voire d’apporter de nouvelles pistes thérapeutiques pour la prise en charge des neurofibromes.
Laurence PACOT (PARIS), Pierre WOLKENSTEIN, Dominique VIDAUD, Laura FERTITTA, Salah FERKAL, Audrey SABBAGH, Ingrid LAURENDEAU, Eric PASMANT
15:45 - 16:00
#49969 - SS053 Deep phenotyping of trichothiodystrophy reveals genotype-phenotype correlations.
SS053 Deep phenotyping of trichothiodystrophy reveals genotype-phenotype correlations.
Pierre-Louis Lanvin (Nantes), Alice Phan, Thomas Hubiche, Marina Vasse, Jean-Paul Claudel, Juliette Mazereuw-Hautier, Nathalie Jonca, Louis Lebreton, Christine Bodemer, Smaïl Hadj-Rabia, Fanny Morice-Picard.
Background: Trichothiodystrophy (TTD) is a very rare, multisystemic and heterogeneous autosomal recessive developmental disorder. The condition is primarily characterized by sulfur-deficient hair with “tiger tail” banding upon polarized light microscopy.
Objectives: This review sought to systematically analyze the data concerning the clinical, laboratory, and genetic features of TTD patients. This search was deemed essential to elaborate international recommendations pertaining to diagnostic features, clinical manifestations, genetic characteristics, and management concepts of this rare genetic disorder.
Methods: For this literature search, the interrogated databases included PubMed/Medline, Orphanet, Rare Diseases Database, and Online Mendelian Inheritance in Man (OMIM). The references cited in retrieved articles were additionally examined. Only one expert selected and collected data.
Results: In this study, we present a detailed clinical description of 184 patients with a molecular diagnosis of TTD. We compared the 159 patients from the literature with the 25 new patients from our French cohort, which we detail here (16 ERCC2 patients, 3 GTF2H5 patients, 3 MPLKIP patients, one GTF2E2 patient, one TARS patient and one AARS patient). The two most represented groups of patients were those with mutations in the MPLKIP gene (40,76%) and the ERCC2 gene (38,59%). The other groups are represented by mutations in the GTF2H5 (5,98%), GTF2E2 (4,35%), RNF113A (3,26%), CARS (2,17%), TARS (1,63%), AARS1 (1,63%), ERCC3 (1,09%) and MARS1 (0,5%) genes. In descending order of clinical severity, we find the following: Hair anomalies (76,09%), neurological anomalies (70,65%), growth anomalies (57,06%), skin anomalies (54,35%), nail anomalies (44,56%), facial dysmorphia (42,39%), immuno-hematological anomalies (40,76%), endocrinological anomalies (34,23%), ophthalmological anomalies (22,28%), osteo-articular anomalies (21,19%), dental anomalies (16,30%), prenatal anomalies (16,30%) and cardiac manifestations (12,5%).
Conclusions: This study has enabled us to identify previously unrecognized phenotypes in some TTD groups, as well as several genotype-phenotype relationships in patients. Some specific symptoms may guide clinicians and biologists in the diagnosis of TTD. A systematic and prospective collection of newly diagnosed cases of TTD would enable us to flesh out this clinical description, as well as to set up personalized follow-up via a solid and detailed genotype-phenotype correlation.
Pierre-Louis LANVIN, Fanny MORICE-PICARD, Pierre-Louis LANVIN (Nantes)
16:00 - 16:15
#49988 - SS054 FGFR antagonists avoid pseudarthrosis in a mouse model of osteochondrodysplasia.
SS054 FGFR antagonists avoid pseudarthrosis in a mouse model of osteochondrodysplasia.
Gain-of-function mutations in fibroblast growth factor receptor (FGFR) genes lead to chondrodysplasia and craniosynostoses. FGFR signaling has a key role in the formation and repair of the craniofacial skeleton.
We analyzed the impact of Fgfr2- and Fgfr3-activating mutations on mandibular bone formation and endochondral bone repair after non-stabilized mandibular fractures in mouse models of Crouzon syndrome (Crz) and hypochondroplasia (Hch), based on micro-CT scan, histological, immunohistological and spatial transcriptomics analyses, of the bone calluses.
Bone mineralization of the calluses was abnormally high in Crz mice and abnormally low in Hch mice. The latter model presented pseudarthrosis and impaired chondrocyte differentiation. Spatial transcriptomic analyses of the Hch callus revealed abnormally low expression of Col11, Col1a, Dmp1 genes in mature chondrocytes. We found that the expression of genes involved in autophagy and apoptosis (Smad1, Comp, Birc2) was significantly perturbed and that the Dusp3, Dusp9, and Socs3 genes controlling the mitogen-activated protein kinase pathway were overexpressed. Lastly, we found that treatment with a tyrosine kinase inhibitor (BGJ398, infigratinib) or a C-type natriuretic peptide (BMN111, vosoritide) fully rescued the defective endochondral bone repair observed in Hch mice.
Taken as a whole, our findings show that FGFR3 is a critical orchestrator of bone repair and provide a rationale for the development of potential treatments for patients with FGFR3-osteochondrodysplasia.
Anne MORICE (Paris), Amélie DE LA SEIGLIÈRE, Laurence LEGEAI-MALLET
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E26
14:45 - 16:15
Sessions simultanées 08bis
Autisme et Bioinformatique
Modérateurs :
Jean MULLER (MCU-PH) (Strasbourg), Anne-Claude TABET (MD PhD, responsable UF) (Paris)
14:45 - 15:00
#49283 - SS055 Génétique des troubles du spectre autistique et neurodéveloppementaux sévères : apport diagnostique du séquençage de génome short-read.
SS055 Génétique des troubles du spectre autistique et neurodéveloppementaux sévères : apport diagnostique du séquençage de génome short-read.
Introduction : Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) et les troubles précoces et sévères du neurodéveloppement (TND) concernent 1 à 1,5% de la population et représentent un enjeu majeur de santé publique. En France, l’examen de première intention repose encore sur l’analyse chromosomique par puce à ADN (ACPA), qui ne détecte ni les variants nucléotidiques (SNV), ni les variations du nombre de copies (CNV) de petite taille, ni les anomalies équilibrées ou complexes. Le Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG) a permis l’accès au séquençage pangénomique (WGS), offrant la possibilité de transformer les pratiques diagnostiques dans les TSA et TND.
Méthodes : Nous rapportons l’ensemble des résultats obtenus sur une période de quatre ans (avril 2021–avril 2025) dans une cohorte nationale et multicentrique de 460 familles (537 patients, structures allant du solo au quintuor) incluses dans la préindication « TSA ou TND précoces et sévères sans déficience intellectuelle » sur la plateforme SeqOIA. Les données ont été interprétées selon les recommandations ACMG, avec restitution des variants pathogènes, probablement pathogènes, des PIEV et de certains VSI d’intérêt.
Résultats : Le rendement diagnostique global est de 19% (15% hors VSI). La majorité des diagnostics concernait des SNV (76%), tandis que les CNV et les anomalies de structure représentaient 24% des cas. Aucun gène n’est retrouvé de manière récurrente ou prépondérante dans la cohorte, ce qui reflète la forte hétérogénéité génétique des TSA et TND. Près de 20% des SNV impliquaient des gènes non référencés dans la base SFARI, témoignant de l’élargissement du spectre génétique associé. Parmi les CNV identifiés, 44% correspondaient à des variants à pénétrance incomplète et/ou expressivité variable (PIEV). Plusieurs réarrangements complexes ont également été identifiés, tels qu’un anneau complexe du chromosome 21 ou une translocation réciproque équilibré interrompant un gène d’intérêt. L’analyse en trio présentait un rendement supérieur aux autres structures familiales, et le taux diagnostique était significativement plus élevé chez les adultes que chez les enfants (30% vs 12%). Le délai moyen de rendu était de 158 jours, plus court pour les résultats pathogènes.
Conclusion : Cette cohorte nationale et multicentrique, la plus vaste série française de TSA sans déficience intellectuelle étudiée par WGS, confirme la très grande hétérogénéité génétique de ces troubles et met en évidence l’implication de voies biologiques convergentes, en particulier les mécanismes synaptiques glutamatergiques, le remodelage de la chromatine et la régulation translationnelle via la voie mTOR. Le WGS permet, en un seul examen, d’identifier SNV, CNV et anomalies structurales complexes, avec un rendement diagnostique supérieur à 15%. Ces résultats plaident pour l’utilisation du WGS comme examen de première intention dans les TSA et TND, en cohérence avec la dynamique de la médecine de précision portée par le PFMG 2025.
Paul BRUZEAU (Paris), Anna MARUANI, Alexandra AFENJAR, Severine AUDEBERT, Pierre BLANC, Thomas BOURGERON, Yline CAPRI, Kevin CASSINARI, Roseline CAUMES, Pascal CHAMBON, Boris CHAUMETTE, Benjamin COGNE, David COHEN, Estelle COLIN, Solène CONRAD, Juliette COURSIMAULT, Thomas COURTIN, Wallid DEB, Andrée DELAHAYE-DURIEZ, Richard DELORME, Romain DUQUET, Anna GERASIMENKO, David GERMANAUD, Alice GOLDENBERG, Paul GUEGUEN, Anne-Marie GUERROT, Yosra HALLEB, Solveig HEIDE, Delphine HÉRON, Mathilde HEULIN, Clara HOUDAYER, Marine HOULIER, Elise HUMEAU, Anton IFTIMOVICI, Bertrand ISIDOR, Aurelia JACQUETTE, Méderic JEANNE, Lara KERBELLEC, Xenia LATYPOVA, Claudine LAURENT-LEVINSON, Claire LEBLOND-MANRY, François LECOQUIERRE, Adrien LEGRAND, Raphaelle LEROUX AUGER, Cecile LOUVEAU, Sandra MERCIER, Cyril MIGNOT, Mylene MOYAL, Caroline NAVA, Gael NICOLAS, Mathilde NIZON, Laurence PERRIN, Florence PETIT, Anne PHILIPPE, Elise PISAN, Antoine POUZET, Marlène RIO, Lyse RUAUD, Veronica SANDRONI, Pascale SAUGER-VEBER, Thomas SMOL, Radka STOEVA, Kevin UGUEN, Gabriella VERA, Camille Odile VEREBI, Alain VERLOES, Dominique VIDAUD, Marie VINCENT, Catherine VINCENT-DELORME, Anne-Claude TABET, Jonathan LEVY
15:00 - 15:15
#49446 - SS056 Evaluation indépendante des épisignatures de la littérature avant translation vers le diagnostic des troubles du neuro-développement : contributions à mi-parcours du projet Epi2Diag.
SS056 Evaluation indépendante des épisignatures de la littérature avant translation vers le diagnostic des troubles du neuro-développement : contributions à mi-parcours du projet Epi2Diag.
Contexte. L’essor des épisignatures a ouvert une nouvelle voie pour le diagnostic moléculaire des troubles du neurodéveloppement mais des incertitudes demeurent quant aux performances diagnostiques de chacune, à leur hétérogénéité et à leur périmètre de validité.
Lancé en 2023, le projet Epi2Diag a été conçu par les équipes de Rouen, Dijon et Bordeaux, pour améliorer la compréhension de ces épisignatures et permettre leur utilisation informée en pré- et post-natal. Il repose sur : 1) la création d'une large base de données à partager avec la communauté, 2) le développement de méthodologies adaptées et 3) l’étude approfondie de la complexité des profils de méthylation.
Méthodes. Une plateforme de méthylation a été créée au CHU de Rouen pour internaliser la production des données. La maîtrise du protocole a été validée par une étude de reproductibilité sur 58 duplicats, produits par plusieurs plateformes et techniques de puces (Illumina Infinium Methylation EPIC v1 et v2). Un recrutement national de témoins positifs et de porteurs de Variants de Signification Incertaine (VSI) dans une liste de gènes croissante est organisé, en commençant par le contexte post-natal, en raison de la grande disponibilité des connaissances associées. Les plans expérimentaux sont préparés par répartition aléatoire des témoins positifs et normaux. Après contrôles qualité et normalisation, les analyses sont ajustées sur l’âge au prélèvement, le sexe et la composition cellulaire sanguine inférée. Plusieurs méthodologies ont été comparées en termes de robustesse et de performances diagnostiques. Le format du compte-rendu recherche a été amélioré pour renforcer la compréhension de l’information apportée et limites possibles de l’analyse. Les données sont progressivement partagées sur la plateforme EGA (EGAD00010002724) après publication.
Résultats. En un an, 243 témoins positifs couvrant 31 gènes ont été générés et appariés à 70 témoins normaux (https://tinyurl.com/epi2diag), permettant l’analyse de 46 VSI dans 17 gènes de performances diagnostiques définies, dont 26% avec un profil compatible avec le diagnostic, 26% intermédiaires d’interprétation difficile, possiblement lié à un variant hypomorphe, un statut de conductrice pour les variants sur l’X ou une signature de signal faible, et 48% ne présentaient pas la signature interrogée, permettant d’écarter l’hypothèse diagnostique pour une maladie donnée avec grande probabilité. Au-delà de l’évaluation indépendante des épisignatures connues, nous avons aussi caractérisé de nouvelles épisignatures, dont celle associée au gène RNU4-2.
Perspectives. La mise au point des signatures reste un effort continu, notamment pour rassembler suffisamment de témoins positifs et exploiter avec confiance les résultats de la littérature. Une collaboration étroite avec l’équipe de R. Weksberg (Toronto) permettra de gagner en puissance et de renforcer le partage d’expérience à l’échelle internationale, en particulier sur l’axe prénatal.
Camille CHARBONNIER (ROUEN), Amandine SANTINI, Anne-Claire RICHARD, François LECOQUIERRE, Julien VAN GILS, Antonio VITOBELLO, Christel THAUVIN, Gaël NICOLAS
15:15 - 15:30
#49586 - SS057 LEAP-InovAND a multiscale resource to explore genetics, brain imaging and clinical data in autism.
SS057 LEAP-InovAND a multiscale resource to explore genetics, brain imaging and clinical data in autism.
La plupart des travaux actuels sur l’autisme reposent sur des comparaisons catégorielles (par exemple, individus autistes versus témoins) et se limitent souvent à l’étude d’un seul domaine biologique, qu’il s’agisse de la cognition, de la génétique ou de l’imagerie cérébrale. Dans cette étude, nous proposons une ressource intégrative unique, combinant données phénotypiques quantitatives, séquençage complet du génome, imagerie par résonance magnétique cérébrale et électroencéphalographie.
Au total, 5 549 participants ont été recrutés dans le cadre des cohortes européennes LEAP1 et InovAND (âges à l’inclusion: 1–83 ans; ratio hommes/femmes = 1,40:1). Parmi eux, 2 531 disposent à la fois de données cliniques et génétiques. Pour 875 de ces individus, des données de neuroimagerie (EEG et/ou IRM, âges: 4–78 ans; ratio hommes/femmes = 1,64:1) sont également disponibles.
En partant des données cliniques, les plus aisément accessibles en pratique de soin, nous avons appliqué des méthodes de regroupement non supervisé à ce jeu de données multi-échelles. Trois sous-groupes distincts émergent, chacun présentant des architectures génétiques différenciées, avec un enrichissement en variants rares (notamment dans les gènes synaptiques et ceux impliqués dans le remodelage de la chromatine) ainsi qu’à des scores polygéniques liés aux troubles du neurodéveloppement (par exemple l’autisme, le TDAH) ou aux capacités cognitives. L’imagerie cérébrale révèle des profils spécifiques de maturation corticale selon les clusters, incluant des trajectoires distinctes de l’épaisseur corticale et du développement de la surface corticale dans différentes régions du cerveau.
Cette ressource est mise à disposition afin de soutenir les recherches visant à mieux comprendre les liens complexes entre génétique, structure et fonction cérébrales, et manifestations cliniques de l’autisme. Nos résultats ouvrent la voie à des approches de médecine de précision, allant au-delà d’une vision purement catégorielle du diagnostic pour tendre vers une stratification fondée sur la biologie.
1. Charman, T. et al. The EU-AIMS Longitudinal European Autism Project (LEAP): Clinical characterisation. Mol Autism 8, 1–21 (2017).
Mathis FLEURY (PARIS), Zakaria MOUGIN, Freddy CLIQUET, Alexandre MATHIEU, Claire LEBLOND, Anna MARUANI, Jean-Madeleine DE SAINT AGATHE, Eli BARTHOME, Selin KORKMAZ, Richard DELORME, Declan MURPHY, Consortium LEAP, Consortium INOVAND, Thomas BOURGERON
15:30 - 15:45
#49608 - SS058 Exploiter les variants régulateurs pour traduire les associations des GWAS en potentiels mécanismes biologiques sous-jacents de l'autisme et d’autres troubles neurodéveloppementaux.
SS058 Exploiter les variants régulateurs pour traduire les associations des GWAS en potentiels mécanismes biologiques sous-jacents de l'autisme et d’autres troubles neurodéveloppementaux.
Bien que l’héritabilité de l’autisme soit estimée à près de 80 % 1, les variants génétiques à l'origine de cette hérédité sont loin d'être totalement identifiés. Les variants rares à forte pénétrance sont identifiés que dans 10% à 30% des personnes autistes2, et n'expliquent pas entièrement la diversité des phénotypes observés. Par conséquent, de nombreux variants communs à faible impact doivent collectivement jouer un rôle important dans l'autisme, mais l’identification de ces variants et de leurs fonctions reste difficile à partir des études d’association pangénomiques (GWAS). Étant donné que la majorité des variations génétiques interindividuelles se trouvent dans des régions régulatrices non codantes, nous émettons l'hypothèse que les variants régulateurs pourraient être des acteurs clés sous-estimés, dans l'autisme et d'autres troubles neurodéveloppementaux (TND).
Nous avons développé une méthode pour annoter les résultats de GWAS qui chevauchent ou sont en déséquilibre de liaison étroit avec des variants régulateurs, notamment les loci de caractères quantitatifs d'expression (eQTL), d'isoforme (isoQTLs), d'épissage (sQTL) et de méthylation (mQTL). De plus, notre méthode combine ces annotations avec la hiérarchisation des gènes GWAS basée sur l’outil MAGMA2. Nous intégrons la force de l'association du SNP QTL avec son phénotype observé, afin de créer une hiérarchie des gènes causaux potentiels, puis nous examinons ces gènes pour déterminer l'enrichissement spécifique de certaines ontologies. Nous avons pu mettre en évidence que de nombreux résultats significatifs issus des GWAS sur l'autisme et les TND associés recoupent directement des variants régulateurs connus, y compris des variants régulant le cerveau en développement. Nous allons ensuite examiner les gènes impliqués dans des ontologies partagées et distinctes des différents TND, ainsi que la manière dont ils sont régulés à partir des QTL. Cette approche devrait permettre de mieux comprendre l'impact des variants communs sur la vulnérabilité aux TND et la pénétrance incomplète observée chez certaines personnes porteuses de variants rares mais sans TND. Bien qu'elle soit ici appliquée à l'autisme et aux TND, notre méthode, qui sera disponible sur GitHub, est adaptable et peut être utilisée pour enrichir l'analyse basée sur les QTL des résultats des GWAS pour tout trait d'intérêt.
1. Bai D, Yip BHK, Windham GC, et al. (2019) Association of genetic and environmental factors with autism in a 5-country cohort. JAMA Psychiatry 76(10):1035–43.
2. Gogate, A., Kaur, K., Khalil, R. et al. (2024) The genetic landscape of autism spectrum disorder in an ancestrally diverse cohort. npj Genom. Med. 9(62)
3. de Leeuw CA, Mooij JM, Heskes T, Posthuma D (2015) MAGMA: Generalized Gene-Set Analysis of GWAS Data. PLOS Computational Biology 11(4): e1004219.
Eli BARTHOME, L. Caitlin MARTIN (Paris), Freddy CLIQUET, Thomas ROLLAND, Thomas BOURGERON
15:45 - 16:00
#49631 - SS059 Mise en place d’un pipeline d’analyse post-GWAS des variants de tous types à partir de génomes complets PacBio HiFi et application à la la maladie d’Alzheimer précoce.
SS059 Mise en place d’un pipeline d’analyse post-GWAS des variants de tous types à partir de génomes complets PacBio HiFi et application à la la maladie d’Alzheimer précoce.
Les études d'association pangénomique (GWAS) sur puces à ADN ont identifié des loci liés à des maladies complexes, dont la maladie d'Alzheimer. Les GWAS reposent sur le principe du déséquilibre de liaison où des SNP sentinelles pointent des loci où un/plusieurs variants causaux expliqueraient l’association, sans que le variant sentinelle soit nécessairement causal. Le séquençage long-reads PacBio HiFi permet désormais de détecter et phaser avec précision tous types de variants, offrant une dissection fine des loci GWAS. Nous avons développé un pipeline dédié à l’étude d’association par haplotype et l’appliquons à la maladie d’Alzheimer Jeune (MAJ, symptômes <65 ans).
La MAJ a une forte composante génétique, ~15% des patients portent une variation pathogène responsable d’une forme monogénique, et 55% portent au moins un facteur de risque modéré à fort (odds ratio, OR >1.5), incluant des variants codants rares détectés par séquençage short reads et l’allèle commun APOE4. Pour les autres, les variants communs des GWAS, même combinés en scores de risque polygéniques, n’expliquent pas l’apparition de la MAJ. Cela suggère que l’étiologie pourrait impliquer d’autres variations telles que non codantes, structurales ou répétitives, qui sont encore peu explorées du fait de leur détection difficile.
Dans une étude d’association MAJ-témoins (230 patients sans variants pathogènes ni facteurs de risque modérés/forts à l’exome short reads; 170 témoins >70 ans, sans troubles cognitifs, dépôts amyloïdes ni APOE4), nous avons séquencé 115 patients MAJ en génome entier PacBio long-read HiFi (30x de couverture, N50 moyen 17kb), offrant une haute précision pour identifier les variations. Nous avons développé un pipeline bioinformatique encapsulé dans Nextflow, intégrant divers outils pour détecter des variations nucléotidiques, structurales, répétitions, éléments mobiles, et incluant un processus de phasage que nous avons optimisé.
Nous avons défini une stratégie analytique comparant les haplotypes des loci identifiés en GWAS. Pour chaque locus d’intérêt, les génotypes en phase avec le SNP sentinelle sont identifiés puis agrégés dans une matrice variants × haplotypes. Nous comparons les occurrences de variants entre haplotypes à risque et non à risque afin de détecter, d’une part, des variations communes sous-jacentes aux signaux GWAS, et d’autre part, des variations plus rares pouvant accroître le risque de MA avec un OR supérieur à celui du SNP sentinelle.
Nos premiers résultats sur le locus ABCA7 confirment que la longueur de la répétition VNTR en aval de l’exon 18, déjà associée à la MA (OR=1,1), est bien liée à un SNP commun, mais indépendante du SNP sentinelle de GWAS, suggérant l’existence d’autres variants non liés. L’analyse des variants en déséquilibre de liaison avec ce SNP priorise une délétion intronique pouvant affecter l’épissage de l’exon 19.
Nous poursuivons actuellement l’analyse sur les premiers patients et présenteront les résultats aux autres loci.
Fatima-Zahra ABANI (Rouen), Grégoire BLAVIER, Stéphane ROUSSEAU, Céline DERAMBURE, Myriam VEZAIN, Françoise CHARBONNIER, Olivier QUENEZ, Catherine SCHRAMM, Gaël NICOLAS
16:00 - 16:15
#49952 - SS060 Analyse des échanges en ligne des familles touchées par une mutation du gène KCNB1 : apports des données de vie réelle et des méthodes d'intelligence artificielle.
SS060 Analyse des échanges en ligne des familles touchées par une mutation du gène KCNB1 : apports des données de vie réelle et des méthodes d'intelligence artificielle.
La mutation du gène KCNB1 est une encéphalopathie épileptique et développementale (EED), une épilepsie rare caractérisée par des crises d’épilepsie fréquentes, difficiles à contrôler et de différents types, ainsi que par un retard global du développement, voire une régression ou une stagnation des acquis. Les familles touchées par ces maladies sont confrontées à de nombreuses difficultés dont l’errance diagnostique, mais également des difficultés sociales et familiales, la solitude face à une maladie très rare, l’absence de traitement, …
Pour toutes ces raisons, ces familles peuvent être amenées à échanger en ligne, et à partager leur expérience, leurs questionnements et leurs doutes. Or, ces données de vie réelle sont riches d’informations sur le vécu de la maladie par les familles, et peuvent permettre d’enrichir les connaissances sur la maladie, et in fine d’avoir une prise en charge encore plus adaptée.
En travaillant avec l’association KCNB1 France, nous avons pu récupérer et étudier les messages échangés par les familles entre août 2021 et mars 2025, sur un groupe fermé dédié aux familles. Ces messages ont été pseudonymisés et sont stockés de manière sécurisée. Le traitement des données s’inscrit dans le cadre de la méthodologie de référence MR-004 et est enregistré au HDH sous le N° F20231205165541.
Nous avons appliqué une méthode d’analyse thématique basée sur l’intelligence artificielle afin de mieux comprendre les échanges des familles. Concrètement, nous avons regroupé les messages en fonction de leurs similarités linguistiques, grâce à une réduction de dimensions des embeddings (représentations des messages) et à un regroupement hiérarchique. Afin de rendre ces sujets plus lisibles, nous avons enrichi le modèle d'embeddings textuels grâce à un entraînement contrastif permettant d’ajouter aux représentations textuelles des représentations spécifiques issues de lexiques médicaux (médicaments, procédures, symptômes/signes cliniques) et d’apprendre les poids de ces différentes représentations grâce à un MLP (multilayer perceptron). Ensuite, en utilisant un modèle génératif de langue, nous générons des titres et descriptions pour chaque thématique à partir des mots distinctifs les plus représentatifs de chaque groupe (obtenus grâce à une analyse des termes par TF-IDF) avant de vérifier manuellement et de donner plus de sens aux thématiques dégagées.
Nous avons ainsi pu mettre en évidence plusieurs thématiques d’intérêt y compris : les pertes d’équilibre, les blessures, les solutions mises en place pour éviter les blessures, les traitements, le sommeil, l’école/les IME, les moments de l’association également.
Ces résultats préliminaires permettront d’avoir un aperçu des thématiques principales de discussion en ligne des familles confrontées à une mutation du gène KCNB1.
Ce travail a été financé par l’Agence Nationale de la Recherche: ANR-10-IAHU-01 (Institut Imagine) et ANR-19-P3IA-0001 (PR[AI]RIE).
Emma LE PRIOL (Paris), Rima NABBOUT, Mélissa CASSARD, Anita BURGUN
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PAUSE-VISITE DES STANDS & EPOSTERS-SESSION2 POSTERS AFFICHES
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KF2
16:15 - 17:15
Session 2 - Posters affichés en présence des auteurs
16:15 - 17:15
#48977 - P002 Défis du mosaïcisme maternel dans le diagnostic prénatal non invasif.
P002 Défis du mosaïcisme maternel dans le diagnostic prénatal non invasif.
L'objectif de cette étude était de rapporter la découverte fortuite d'une mosaïque somatique maternelle lors du développement d'un diagnostic prénatal non invasif (DPNNI) par exclusion pour les maladies monogéniques, initialement indiqué pour des variants pathogènes ou probablement pathogènes (P/PP) a priori de novo.
Un DPNNI par exclusion, basé sur la PCR digitale en gouttelettes (ddPCR), a été développé pour quatre couples, chacun ayant eu une grossesse antérieure marquée par un fœtus porteur d’une pathologie autosomique dominante ou liée à l'X, due à un variant P/PP de novo. Les tests ont été conçus pour détecter les variants fœtaux spécifiques dans le plasma maternel, avec validation sur les échantillons parentaux et du cas index.
Dans 4 cas sur 70 DPNNI personnalisés (5,7%), une mosaïque somatique maternelle (entre 3 et 9% de mosaïcisme) a été identifiée lors de la validation du test, rendant le DPNNI non réalisable en raison d'interférences avec les allèles maternels. Chaque couple a été informé du risque de récurrence élevé. Selon leurs préférences, un diagnostic prénatal invasif ou un suivi échographique intensif a été entrepris. L'analyse rétrospective des données de séquençage maternel a confirmé une mosaïque faible, filtrée lors de l'analyse de routine du fait de la faible fréquence allélique du variant.
Ces cas soulignent une limitation majeure du DPNNI par exclusion en présence d'une mosaïque maternelle. Son identification est essentielle pour une estimation précise du risque de récurrence et un conseil génétique approprié. Des méthodes de détection sensibles, une évaluation pré-test rigoureuse et une communication transparente sont cruciales pour garantir une prise de décision reproductive éclairée.
Margot COMEL (Montpellier), Marina LAMAIRIA, Odile BOUTE, Camille CENNI, Anne BERGOUGNOUX, Lise LARRIEU, Morgane POINTAUX, Mireille COSSÉE, Michel KOENIG, Luke MANSARD, Marie-Claire VINCENT
16:15 - 17:15
#49372 - P006 Syndrome de Walker-Warburg : une cause génétique rare d’anencéphalie.
P006 Syndrome de Walker-Warburg : une cause génétique rare d’anencéphalie.
L’anencéphalie est une anomalie rare du tube neural, caractérisée par l’absence de voûte crânienne et de structures cérébrales, généralement considérée comme d’origine multifactorielle. Les investigations génétiques se limitent souvent à un caryotype moléculaire, accompagné de recommandations de supplémentation en acide folique pour les grossesses ultérieures.
Nous rapportons le cas d’un couple consanguin ayant présenté une récurrence de malformations cérébrales sévères chez cinq fœtus, allant d’une anencéphalie détectée au premier trimestre à une hydrocéphalie majeure diagnostiquée au second trimestre lors de l’échographie morphologique. L’analyse de l’exome effectué sur l’ADN disponible de trois fœtus atteints a révélé un variant probablement pathogène au niveau du gène POMT1 (NM_007171.4:c.(427+1G>A) ; p.(?)) à l’état homozygote. Ce variant, localisé sur le site donneur d’épissage de l’exon 5, est prédit comme altérant le mécanisme d’épissage (scores delta SpliceAI : perte du site donneur de l’exon 5 [−1 bp] : 0,71 ; perte du site accepteur de l’exon 5 [−147 bp] : 0,69).
Des variants pathogènes bialléliques dans le gène POMT1 sont connus pour être responsables du syndrome de Walker-Warburg, une dystrophie musculaire congénitale associée à des anomalies cérébrales et oculaires. Ce syndrome peut entraîner des malformations cérébrales majeures telles qu’une lissencéphalie de type 2, une agyrie, une hydrocéphalie, ou encore des défauts de fermeture du tube neural. L’anencéphalie ou l’acranie, bien que rarement rapportées dans ce syndrome, peuvent représenter une expression extrême de ces défauts.
Ce cas met en lumière la nécessité d’évoquer le syndrome de Walker-Warburg dans le cadre d’une récurrence d’anomalies cérébrales sévères, notamment d’anencéphalie, au sein d’une même fratrie, en particulier en contexte de consanguinité.
Adeline JACQUINET (Liège, Belgique), Léna KUKOR, Jean-Hubert CABERG, Vinciane DIDEBERG, Maria ARTESI, Katty DELBECQUE, Sophie LORQUET, Christine VAN LINTHOUT
16:15 - 17:15
#49482 - P010 DCC, gène « pionnier » des anomalies du corps calleux de bon pronostic : A propos d’une série de 53 nouveaux patients.
P010 DCC, gène « pionnier » des anomalies du corps calleux de bon pronostic : A propos d’une série de 53 nouveaux patients.
Les anomalies du corps calleux (ACC) sont les malformations cérébrales les plus fréquentes, dont le diagnostic est généralement fait en cours de grossesse par échographie. L’enjeu majeur est de préciser le pronostic neurodéveloppemental, variable selon la cause. Les étiologies connues sont essentiellement génétiques, identifiées par séquençage d’exome. Parmi les gènes impliqués, la majorité sont associés à un mauvais pronostic. Récemment, DCC, connu responsable de mouvements en miroir (MM), a été associée à l’ACC isolée, de bon pronostic. Néanmoins, la littérature reste limitée et la plus grande série compte 19 patients.
Nous rapportons 53 nouveaux patients de 26 familles chez qui un variant pathogène (VP) dans DCC a été identifié. Les cas-index (n=26) étaient (i) des fœtus porteurs d’ACC (14/26), (ii) des patients suivis pour ACC de diagnostic anténatal (10/26) et (iii) deux patients explorés pour déficience intellectuelle (DI). Vingt-sept apparentés porteurs du VP familial de DCC ont également été inclus (21 parents ; 5 fratries, 1 nièce). Le patient le plus âgé a 64 ans. Une interruption médicale de grossesse a été réalisée en raison d’un diagnostic concomitant de VP dans CHD3.
L’identification des VP reposait sur le séquençage pangénomique (20 exomes et 1 génome), plus rarement sur l’ACPA (n=4) ou sur un panel de gènes (n=2).
La moitié des VP étaient tronquants (n=13), un quart étaient des faux-sens (n=6), plus rarement des délétions intragéniques (n=4), ou des variants d’épissage (n=3).
La pénétrance de l’ACC était de 77% (36/47) pour l’ensemble de la série (femmes 78%, hommes 80%), mais de 47% (10/21) pour le groupe des apparentés. Le plus souvent, l’ACC était une agénésie totale (58%), ou partielle (32%), voire un corps calleux (CC) court (n=2). Un seul patient avait un CC dysgénésique (n=1).
L’examen clinique révélait des MM chez 45% (14/31), plus fréquemment avec les VP faux-sens qu’avec les délétions ou VP tronquants (86% vs 35%, p = 0.02), avec une tendance à une pénétrance plus élevée chez les hommes (64% vs 35%).
Parmi les patients >6 ans examinés (n=30), tous avaient une intelligence normale, sauf les 2 patients explorés pour une DI, chez lesquels le variant DCC est finalement considéré comme diagnostic partiel, responsable de l’ACC mais n’expliquant pas la DI.
Cette cohorte est la plus vaste rapportée à ce jour, et confirme le bon pronostic neurodéveloppemental associé à DCC, ce qui est cohérent avec les premières publications. Un handicap intellectuel doit inciter à rechercher une autre cause. L’ACC et les MM sont présents chez la moitié des patients seulement. Le type d’ACC est principalement une agénésie, partielle ou totale. Nous n’avons pas retrouvé de corrélation entre sexe et phénotype, contrairement à de précédentes publications. La présence de MM semble dépendre du type de variant. Les études se poursuivent pour l’identification de nouveaux gènes d’ACC associés à un bon pronostic, permettant un conseil prénatal rassurant.
Anna GERASIMENKO (Paris), Lisa FRUGERE, Cyril MIGNOT, Solveig HEIDE, Susie CLEMENT, Boris KEREN, Isabelle MAREY, Sophie JULIA, Olivier PATAT, Yves CHAIX, Clémence JACQUIN, François RIVIER, Khaoula ZAAFRANE, Béatrice DESNOUS, Pascale KLEINFINGER, Isabelle SABATIER, Capucine ROSSI, Jade DUCOURNEAU, Christel DEPIENNE, Caroline NAVA, Toan NGUYEN, Eleonore BLONDIAUX, Fouzia BENKERDOU, Daphne LEHALLE, Claudine LE VAILLANT, Myrtille SPENTCHIAN, Anne FAUDET, Cristina PEDUTO, Marie VINCENT, Marie-Laure MOUTARD, Belinda BOYLE, Dominique EYROLLE-GUIGNOT, Catherine GAREL, Mathieu MILH, Stéphanie VALENCE, Jean-Marie JOUANNIC, Vincent DES PORTES, Delphine HERON
16:15 - 17:15
#49672 - P014 Analyse Des Données Incidentes Et Des Variants De Signification Inconnue (VSI) D’intérêt Dans Une Cohorte D’exomes Prénataux En Trio.
P014 Analyse Des Données Incidentes Et Des Variants De Signification Inconnue (VSI) D’intérêt Dans Une Cohorte D’exomes Prénataux En Trio.
Le séquençage de l’exome en contexte prénatal améliore le rendement diagnostique dans les cas d’anomalies fœtales détectées à l’imagerie. Toutefois, il peut révéler des données incidentes (non liées au phénotype fœtal mais d’impact potentiel) ou des variants de signification inconnue (VSI), soulevant des enjeux éthiques, cliniques et légaux, notamment quant à leur restitution aux familles. L’objectif de cette étude est de caractériser la fréquence, la nature et l’impact clinique de ces variants dans une cohorte d’exomes prénataux.
Cette étude rétrospective porte sur 185 exomes prénatals en trio réalisés entre 2022 et 2025. Les variants identifiés ont été classés selon les recommandations ACMG. Un consentement spécifique a été obtenu pour le rendu éventuel de certaines données incidentes pouvant avoir un impact sur la prise en charge prénatale et/ou néonatale, tandis que les VSI d’intérêt ont été évalués par une approche pluridisciplinaire et discutés en réunion de concertation pour un éventuel rendu prénatal après reclassification.
Résultats :
• Un diagnostic moléculaire en lien avec le phénotype fœtal a été établi dans 19,6 % des cas (36/185).
• 5 données incidentes (2.7 %) ont été identifiées (gènes : KCNQ1(2), HBA1, CFTR, IRF2BP2), certaines restituées après consentement spécifique.
• 9 VSI d’intérêt (4,9 %) ont été relevés, dont un dans TUBA1A hérité du père, reclassé probablement pathogène (classe 4) et restitué avant l’accouchement.
• Le suivi clinique des 14 grossesses concernées a permis d’évaluer l’impact de ces données sur les décisions médicales.
Discussion:
Conformément à la littérature, la fréquence des données incidentes dans notre cohorte reste faible, mais la discussion autour de leur restitution reste délicate et nécessite un cadre éthique, légal et clinique clairement défini notamment en ce qui concerne les gènes liés à des pathologies entrant dans le cadre de la loi sur l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse). Les VSI posent également un défi majeur, notamment lorsqu’ils concernent des gènes compatibles avec le phénotype fœtal mais sans preuve formelle de pathogénicité. Dans cette cohorte, l’analyse au cas par cas a mis en évidence la nécessité d’une veille génomique continue et d’une concertation pluridisciplinaire pour guider les décisions de restitution.
Conclusion:
Avec l’arrivée prochaine du séquençage du génome entier en diagnostic prénatal, il devient essentiel de mieux caractériser et harmoniser les pratiques autour du rendu des données incidentes et des VSI d’intérêt. Une collecte systématique multicentrique de ces variants est indispensable pour faire évoluer les recommandations en génomique prénatale.
Céline DUPONT (PARIS), Jonathan ROSENBLATT, Laurence PERRIN, Yline CAPRI, Emilie SERRANO, Marjorie DELEPINE, Farah CHERIET, Andrée DELAHAYE-DURIEZ, Valérie MAIROVITZ, Constance BORIE, Elka KURTOVA, Cécile LE LONG, Sabatini JEYARAJAH, Delphine FOUTREL, Cedric VIGNAL, Véronique IVASHCHENKO, Paul BRUZEAU, Claire LORASCHI, Camille RAMPON, Caroline DECOMBE, Séverine DRUNAT, Nathalie COUQUE, Jonathan LEVY, Anne-Claude TABET
16:15 - 17:15
#49777 - P018 Quelle est la place du génome ultra-rapide dans le diagnostic prénatal ? L’étude pilote PRENATOME-Ultra.
P018 Quelle est la place du génome ultra-rapide dans le diagnostic prénatal ? L’étude pilote PRENATOME-Ultra.
Introduction : La prise en charge prénatale des malformations congénitales (3 % des grossesses) repose sur l’obtention rapide d’un diagnostic causal. En France, l’analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) et le séquençage d’exome (ES) présentent un délai de rendu de résultat de 2 à 6 semaines selon les centres. Leur utilisation, le plus souvent de façon séquentielle, s’avère contraignante pour les couples et les professionnels. Le séquençage du génome (GS), capable d’identifier simultanément des variations nucléotidiques (SNV), des variations du nombre de copies (CNV) et des réarrangements structuraux (SV), pourrait constituer un test de première intention pertinent en diagnostic prénatal (DPN), à condition de disposer d’un délai de rendu de résultats compatible avec la grossesse. L’étude pilote PRENATOME-ULTRA évalue la faisabilité et le rendement diagnostique du GS en première ligne avec un délai de rendu de résultats ≤ 7 jours ouvrés.
Méthodes : Un GS court fragment en trio ultra-rapide a été réalisé parallèlement à la combinaison ACPA(solo)+ES(trio) pour 90 grossesses (8 centres) présentant soit deux anomalies échographiques, soit une anomalie unique fortement évocatrice d’une cause génétique. Seules les variations de classe 4 et 5 (critères ACMG) ont été considérées comme diagnostic positif.
Résultats : Les inclusions ont été réalisées de mars 2024 à avril 2025. Le taux diagnostique est de 25,6% (23/90). Les diagnostics positifs concernent principalement des SNV (14/23, dont 2 causes récessives autosomiques), 6 CNV incluant 2 trisomies (13 et 18), et 5 SV, confirmant la capacité du GS court fragments à détecter les aneuploïdies. La seule discordance est une délétion en Xp22.33 emportant le gène SHOX (MIM312865) détectée par ACPA et ES, mais non par GS, ce qui a conduit à l’adaptation du pipeline bio-informatique. Le délai cible est respecté pour 62/90 GS (70%). La médiane de rendu est de 8 jours et 3 heures (jours calendaires, incluant week-ends et jours fériés), avec 71/90 (79%) résultats rendus en moins de 10 jours, et un minimum de 3 jours et demi. Seuls 3 dossiers sont rendus en plus de 15 jours (2 vérifications Sanger et 1 erreur de transmission des données brutes). En comparaison, la médiane de rendu de résultats est de 12 jours pour l’ACPA et de 21 jours pour l’ES.
Conclusions : Alors que très peu de publications sont actuellement disponibles sur l’utilisation du GS en DPN, cette première étude pilote française multicentrique démontre la faisabilité du GS ultra-rapide en contexte prénatal, avec un délai compatible avec la prise en charge des grossesses, et plus court que la combinaison ACPA+ES. Le rendement diagnostique est comparable, tout en permettant la détection simultanée de SNV, CNV et aneuploïdies évitant une stratégie séquentielle d’ACPA puis ES. Ces résultats soutiennent la pertinence du GS ultra-rapide comme test de première intention en DPN, sous réserve d’une organisation adaptée et d’une validation à plus grande échelle.
Caroline RACINE (DIJON), Frédéric TRAN MAU-THEM, Hana SAFRAOU, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Ange-Line BRUEL, Antonio VITOBELLO, Anthony AUCLAIR, Valentin RUAULT, Philippe LABRUNE, Estelle COLIN, Benjamin DURAND, Clara HOUDAYER, Paul ROLLIER, Constance WELLS, Flavien ROUXEL, Thibaud ARMAND, Julian DELANNE, Aurore GARDE, Elise SCHAEFER, Lina BEJJANI, Claire BENETEAU, Salima EL CHEHADEH, Laurent PASQUIER, Sylvie ODENT, Olivier PICONE, Marjolaine WILLEMS, Yannis DUFFOURD, Laure RAYMOND, Bénédicte GERARD, Barbara ADDÉ, Xavier VANHOYE, Vincent GASSEND, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET
16:15 - 17:15
#49044 - P026 Identification de variants génétiques somatiques dans les malformations vasculaires superficielles par biopsie liquide : étude de faisabilité sur une cohorte de 88 patients dans un centre hospitalier français.
P026 Identification de variants génétiques somatiques dans les malformations vasculaires superficielles par biopsie liquide : étude de faisabilité sur une cohorte de 88 patients dans un centre hospitalier français.
Les malformations vasculaires superficielles sont des anomalies complexes caractérisées par une croissance vasculaire anormale. Des progrès récents en séquençage à haut débit ont permis d’identifier des variants génétiques somatiques impliqués dans ces lésions, ouvrant la voie à des approches thérapeutiques ciblées. Toutefois, l’analyse génétique repose habituellement sur des biopsies tissulaires, procédures souvent invasives et parfois difficiles à réaliser, en particulier dans le cas des malformations artérioveineuses (MAV) en raison des risques hémorragiques. La biopsie liquide, qui repose sur l’analyse d’ADN circulant libre (cfADN) constitue une alternative non invasive prometteuse. L’objectif de ce travail était d’évaluer la faisabilité d’une telle approche pour la caractérisation moléculaire des malformations vasculaires superficielles et de déterminer si certains sites de prélèvement pouvaient améliorer la sensibilité de détection des variants pathogènes, notamment dans les MAV.
Au total, 88 patients ont été inclus, dont 55 atteints de MAV et 33 de malformations lymphatiques. Chez les patients présentant une MAV, des échantillons de cfADN ont été recueillis dans le sang périphérique, la veines efférente, l’artère afférente et le nidus. Chez les patients avec malformations lymphatiques, le liquide lymphatique a été prélevé par ponction direct lors de procédure diagnostique. L’analyse moléculaire a été réalisée à l’aide d’un panel de gènes ciblant des altérations somatiques connues dans les tumeurs solides. Les variants pathogènes identifiés dans les malformations lymphatiques ont été confirmés par PCR digitale.
Des variants pathogènes ont été détectés chez 23,6 % des patients atteints de MAV, principalement dans les gènes MAP2K1 et KRAS, avec une sensibilité accrue à proximité du nidus. Dans les malformations lymphatiques, 27,3 % des patients présentaient un variant pathogène, exclusivement dans le gène PIK3CA. Bien que la sensibilité de la biopsie liquide soit inférieure à celle d’une analyse tissulaire, ces résultats soulignent son utilité, notamment lorsque la biopsie directe est contre-indiquée ou techniquement impossible.
Cette étude démontre la faisabilité d’une approche par biopsie liquide pour le génotypage des malformations vasculaires superficielles. Si la biopsie tissulaire reste la référence en raison de sa sensibilité supérieure, la biopsie liquide représente une alternative non invasive pertinente, utilisable en première intention ou lorsque le prélèvement direct est irréalisable. La détection des variants apparaît particulièrement optimisée par un prélèvement au niveau du nidus dans les MAV, ce qui constitue une piste méthodologique pour de futurs travaux. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour améliorer la sensibilité de cette technique et en évaluer l’applicabilité à d’autres localisations, notamment aux MAV cérébrales, où la biopsie tissulaire comporte un risque hémorragique élevé.
Franck EL SISSY, Franck EL SISSY (Paris), Annouk BISDORFF, Alexandre PERRIER, Erell GUILLERM, Jérôme Alexandre DENIS, Anne LEROY, Loetitia FAVRE, Mathilde AUBERTIN, Mélanie EYRIES, Florence COULET
16:15 - 17:15
#49254 - P030 Élargissement du spectre clinique des RNU4ATAC-opathies : plus fréquentes et diverses que supposées.
P030 Élargissement du spectre clinique des RNU4ATAC-opathies : plus fréquentes et diverses que supposées.
Depuis 2011, des variants bialléliques dans le gène RNU4ATAC, transcrit en un petit ARN non codant essentiel du spliceosome mineur, ont été identifiés successivement dans quatre pathologies : le nanisme microcéphalique ostéodysplasique primordial de type 1 (MOPD1, ou syndrome de Taybi-Linder, TALS), le syndrome de Roifman (RFMN), le syndrome de Lowry-Wood (LWS) et un syndrome Joubert-like. Ces pathologies très rares (109 patients publiés à ce jour, diagnostiqués principalement par séquençage ciblé dans le cadre d’une suspicion clinique de RNU4ATAC-opathie) se caractérisent par une microcéphalie, une déficience intellectuelle, un retard de croissance, une dysplasie osseuse, une dystrophie rétinienne et une immunodéficience, à des degrés variables. Le TALS, premier syndrome associé à RNU4ATAC, est la forme la plus fréquemment rapportée dans la littérature et la plus sévère, caractérisée par un nanisme microcéphalique primordial et un décès précoce dans la majorité des cas.
Afin d’affiner le spectre phénotypique des pathologies liées à RNU4ATAC, nous avons lancé un appel à collaboration national (AnDDI-Rares) et européen (ERN-ITHACA).
Nous présentons ici les données cliniques et moléculaires de 69 patients dont 67 jamais publiés, majoritairement hétérozygotes composites, avec 17 nouveaux variants de RNU4ATAC. La plupart des patients ont bénéficié d'une analyse pangénomique par séquençage de l'exome ou du génome (58%). Au-delà des patients avec présentation classique de syndromes TALS et RFMN, nous observons un spectre phénotypique plus large et plus variable que ce qui était connu, de nouveaux symptômes non décrits auparavant et une prédominance de présentations atténuées, atypiques, avec une grande diversité de points d’appel cliniques. Nous rapportons en particulier un large spectre de nouvelles manifestations inflammatoires et auto-immunes, affectant près de la moitié des patients. Nous montrons grâce à une analyse morphologique faciale informatisée (GestaltMatcher) qu’il existe une dysmorphie spécifique associée aux variants de RNU4ATAC et distincte entre les patients TALS et RFMN. Nous décrivons des patients avec un phénotype chevauchant entre TALS et RFMN, notamment des patients TALS avec survie prolongée et atteinte dysimmunitaire. Nous proposons une nouvelle classification permettant de prendre en compte tous les phénotypes, basée sur les signes cliniques. De plus, notre étude affine la corrélation génotype-phénotype connue, bien que moins franche que précédemment décrite. Nous montrons que le nanisme microcéphalique, les malformations cérébrales et la létalité sont fortement associés aux variants de la 5'SL, tandis que les manifestations dysimmunitaires sont associées aux variants de la stem-II. Enfin, le fait que 36/130 nucléotides de cette courte séquence soient affectés par des variants pathogènes ou probablement pathogènes suggère qu'aucun variant de RNU4ATAC ne doit être négligé.
Silvestre CUINAT (Lyon), Valérie CORMIER-DAIRE, Jeremie ROSAIN, Céline HUBER, Elsa FERRIERE, Benjamin FOURNIER, Morgane CHEMINANT, Martin CASTELLE, Nicolas NOEL, Capucine PICARD, Despina MOSHOUS, Cyril MIGNOT, Boris KEREN, Séverine DRUNAT, Alexia RABEC, Alicia BESSON, Nicolas CHATRON, Gaetan LESCA, Audrey LAURENT, Jérémie MORTREUX, Marine SERVEAUX DANCER, Radka STOEVA, Alissandre LECORDIER, Céline POIRSIER, Anne DIEUX, Françoise SARROT-REYNAULD, Béatrice LAUDIER, Maelle LE BESNERAIS, Anne-Marie GUERROT, Mathilde NIZON, Benjamin COGNE, Bertrand ISIDOR, Sophie JULIA, Sarra BOURI, Mathieu FUSARO, Marjolaine WILLEMS, Narcisse ELENGA, Elisabeth SARRAZIN, Pere SOLER-PALACÍN, Tahsin Stefan BARAKAT, Marcello NICETA, Giulia SEVERI, Marco TARTAGLIA, Claudio GRAZIANO, Annabelle ARLT, Alexander HUSTINX, Hannah KLINKHAMMER, Peter KRAWITZ, Sophie RONDEAU, Nizar MAHLAOUI, Paul BASTARD, Irene VALENZUELA PALAFOLL, Felipe SUAREZ, Marion DELOUS, Sylvie MAZOYER, Patrick EDERY, Audrey PUTOUX
16:15 - 17:15
#49343 - P034 Synostose huméro-radiale : actualisation de la classification et des diagnostics génétiques associés.
P034 Synostose huméro-radiale : actualisation de la classification et des diagnostics génétiques associés.
Les synostoses huméro-radiales (SHR) sont des malformations rares des membres, caractérisées par la fusion de l’humérus et du radius, entraînant un défaut fonctionnel de l'articulation du coude. Les SHR peuvent survenir dans un contexte familial ou sporadique et être observées de manière isolée ou syndromique.
L’objectif de ce travail était d’actualiser la classification étiologique des SHR, à partir d’une revue de la littérature et de notre expérience du Centre de Référence Maladies Rares (CRMR)-Anomalie des membres du CHU de Lille.
A partir de la revue de la littérature, nous proposons une classification basée sur les voies moléculaires des gènes impliqués : chondrogenèse et ostéogenèse ; développement et déterminisme des membres ; régulation génique. Les pathologies appartenant à la même catégorie présentent des phénotypes cliniques chevauchants, facilitant l’orientation diagnostique. La catégorie « chondrogenèse et ostéogénèse », regroupant notamment le syndrome des synostoses multiples et le syndrome d’Antley-Bixler, est caractérisée par la présence de synostoses multiples (ancienne classe II « joint maldevelopment », McIntyre, et al. 2002). Les catégories « développement et déterminisme des membres » et « régulation génique » ont en commun l’hypoplasie des os longs (ancienne classe I « long-bone hypoplasia » McIntyre, et al. 2002). La catégorie « régulation génique » se distingue par un caractère plus volontiers syndromique (extra-squelettique), et comprend notamment le syndrome de Roberts (microcéphalie, fente palatine, atteinte ophtalmologique). A titre d’exemple concernant la catégorie « développement et déterminisme des membres », le syndrome de Cousin associe en particulier dysmorphie et dysplasie pelvi-scapulaire.
Au sein de notre CRMR, 24 patients avec SHR, majoritairement sporadiques, ont été identifiés. Cinq diagnostics moléculaires ont pu être établis incluant le syndrome TAR (thrombocytopénie-aplasie radiale) (N=2), le syndrome de Cousin (N=1) et le syndrome des synostoses multiples (N=1). A noter que, parmi les patients sans diagnostic moléculaire, seuls 3 avaient bénéficié d’un séquençage de l’ensemble des gènes associés aux pathologies retenues dans la classification.
En pratique clinique, devant une SHR isolée, nous proposons une étude ciblée des gènes impliqués dans la classification. En contexte syndromique, une analyse chromosomique sur puce à ADN devra être considérée. En l’absence de diagnostic moléculaire, une analyse pangénomique (exome, génome) peut permettre d’identifier de nouvelles formes monogéniques.
Au total, les synostoses huméro-radiales sont rares et restent souvent inexpliquées. Des études génétiques et épidémiologiques de plus large envergure sont nécessaires pour évaluer le rendement diagnostique des analyses génétiques, notamment pangénomiques, ainsi que l’éventuelle contribution des facteurs environnementaux dans la physiopathologie des SHR.
Fiona LEDUC (Lille), Clémence VANLERBERGHE, Fabienne ESCANDE, Perrine BRUNELLE, Florence PETIT, Anne DIEUX
16:15 - 17:15
#49463 - P038 Cohésinopathie liée à STAG2 : à propos de 12 nouveaux cas français et revue de la littérature.
P038 Cohésinopathie liée à STAG2 : à propos de 12 nouveaux cas français et revue de la littérature.
Le complexe cohésine est une structure multiprotéique essentielle à l’intégrité du génome et à la régulation de l’expression génique. De forme annulaire, il est constitué de quatre sous-unités principales : SMC1, SMC3, RAD21 et l’isoforme STAG1 ou STAG2. En pathologie humaine, les altérations des différentes protéines de ce complexe et de ses partenaires (notamment NIPBL, HDAC8, BRD4) sont regroupées sous le terme « cohésinopathies ». Le gène STAG2, en position Xq25, a récemment été associé à une cohésinopathie liée à l’X, responsable d’anomalies congénitales multiples (MCA) et de troubles du neurodéveloppement (TND) (OMIM #301022). Dans la littérature, le nombre de cas décrits reste limité (n= 32). Les deux sexes peuvent être atteints, avec une expressivité clinique variable. Chez les femmes, des variants tronquants, d’épissage ou faux-sens ont été rapportés, sans profil clair d’inactivation du chromosome X. Chez les hommes, seuls des variants faux-sens de novo ou hérités de la mère ont été décrits, confortant l’hypothèse d’une létalité embryonnaire associée aux allèles perte de fonction.
L’objectif de ce travail est d’élargir le spectre phénotypique et moléculaire en lien avec des altérations du gène STAG2 par un appel à collaboration nationale via la filière AnDDI-Rares.
Nous rapportons douze nouveaux cas porteurs de variants ponctuels pathogènes ou probablement pathogènes, du gène STAG2, incluant quatre fœtus de sexe féminin, six filles et deux garçons, correspondant à la plus importante cohorte décrite à ce jour dans la littérature. Notre série met en évidence, pour la première fois, un phénotype sévère chez deux fœtus présentant des variants hérités (faux-sens et d’épissage) transmis par des mères paucisymptomatiques.
Nous décrivons également la première observation d’une ectrodactylie/oligodactylie chez un fœtus et documentons une forte prévalence d’anomalies oculaires au sein de notre cohorte. En intégrant la description clinique, les données moléculaires avec le profil d’inactivation du chromosome X et les analyses transcriptomiques (RNA-seq) pour certains cas, ainsi qu’une revue exhaustive de la littérature, nous élargissons le spectre phénotypique et moléculaire de la cohésinopathie liée au gène STAG2. Ces données sont déterminantes pour améliorer les connaissances en termes d’évolution naturelle de la maladie, de suivi médical spécifique et affiner les informations délivrées dans le cadre du conseil génétique, notamment dans le contexte du diagnostic prénatal devant un syndrome polymalformatif à l’heure des investigations pangénomiques anténatales.
Solène REMIZE (Tours), Lucile BOUTAUD, Nicolas BOURGON, Marjolaine WILLEMS, Marlene RIO, Sophie THOMAS, Roseline CAUMES, Paul ROLLIER, Christele DUBOURG, Florian CHERIK, Marie-Laure WINTER, Stephanie ARPIN, Cindy COLSON, Mathilde NIZON, Benjamin COGNE, Anne GUIMIER, Tania ATTIE
16:15 - 17:15
#49849 - P042 Syndrome lié à l’haploinsuffisance de TAB2 : revue systématique de la littérature et recommandations de prise en charge.
P042 Syndrome lié à l’haploinsuffisance de TAB2 : revue systématique de la littérature et recommandations de prise en charge.
Le syndrome lié à l’haploinsuffisance de TAB2 associe principalement anomalies cardiaques, retard statural et hyperlaxité, mais les données cliniques demeurent imprécises. Nous avons réalisé une revue systématique de la littérature incluant 145 patients porteurs d’un variant pathogène ou probablement pathogène. Les atteintes cardiaques étaient présentes dans 88% des cas, surtout valvulaires, associées fréquemment à des particularités morphologiques, un retard statural et une hyperlaxité. Des corrélations génotype-phénotype émergent : les variants de structure sont liés à un retard de croissance et psychomoteur plus marqué, tandis que les variants ponctuels s’associent davantage à l’hyperlaxité. Cette étude, la plus large à ce jour, confirme les atteintes cardinales, élargit le spectre phénotypique et fournit des bases pour des recommandations diagnostiques et de suivi dans le cadre d’un PNDS.
Vivien CUVELIER (Lille)
16:15 - 17:15
#49178 - P046 Recherche du chromosome Y à partir de l’ADN libre circulant chez les patientes atteintes du syndrome de Turner.
P046 Recherche du chromosome Y à partir de l’ADN libre circulant chez les patientes atteintes du syndrome de Turner.
Le syndrome de Turner touche 1/2500 nouveaux-nés de sexe féminin. Il est secondaire à une monosomie X (45,X) ou anomalie de structure du chromosome X, homogène ou en mosaïque. La clinique est caractérisée par une petite taille, une dysgénésie gonadique et des anomalies osseuses. L’évolution peut être compliquée par la dégénérescence des reliquats gonadiques en gonadoblastome. Le risque de gonadoblastome est majoré par la présence de matériel issu du chromosome Y. La recherche celui-ci est habituellement effectuée par technique de cytogénétique conventionnelle sur cellules sanguines (caryotype, hybridation in situ en fluorescence (FISH)). Cependant, ce matériel peut être difficile à détecter du fait de sa présence en mosaïque, à des taux variables en fonction des tissus, et de sa présence à l’état cryptique, non visible au caryotype.
Nous avons mis au point un test basé sur l’étude de l’ADN libre circulant (ADNlc) afin de rechercher des séquences du chromosome Y en faible mosaïque chez les patientes atteintes du syndrome de Turner. Ce test repose sur des réactions de PCR en temps réel de type Taqman ciblant trois loci différents du chromosome Y (SRY, RBMY1F, DYS14), réalisées en duplicat.
Dans un premier temps, des dilutions de plasma témoin XY dans un plasma témoin XX ( 20%, 10%, 5%, 2,5%, 1% et 0%) a montré que le seuil de détection du test correspond à une mosaïque de 1%.
Ensuite, 50 patientes atteintes du syndrome de Turner ont été recrutées dans les centres des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et des Hospices Civils de Lyon. Le test ADNlc a été réalisé en parallèle avec une étude en FISH interphasique (sonde centromérique X et Y) sur frottis sanguin. L’étude en FISH a retrouvé la présence de chromosome Y pour 2/50 patientes. Le test ADNlc était positif pour le chromosome Y pour ces deux mêmes patientes, ainsi que pour une troisième patiente dont la FISH ne retrouvait pas de chromosome Y (3/50).
Cette étude montre la faisabilité de l’approche par ADNlc pour la recherche de chromosome Y chez les patientes atteintes de syndrome de Turner ainsi que son intérêt par rapport à la technique FISH. Des études ultérieures seront nécessaires pour évaluer la pertinence de cette approche dans la prise en charge des patientes.
Margaux BIEHLER, Nicolas CHATRON, Odile NULLANS, Thibault BAHOUGNE, Aude BRAC DE LA PERRIÈRE, Patricia BRETONES, Nathalie JEANDIDIER, Mathilda KRETZ, Mathilde PUJALTE, Sylvie ROSSIGNOL, Carine VILLANUEVA, Marianne TILL, Caroline SCHLUTH-BOLARD (STRASBOURG)
16:15 - 17:15
#49394 - P050 Cohorte de 200 patients principalement atteints d'un retard neurodéveloppemental analysée par cartographie optique du génome en cytogénomique constitutionnelle.
P050 Cohorte de 200 patients principalement atteints d'un retard neurodéveloppemental analysée par cartographie optique du génome en cytogénomique constitutionnelle.
Introduction :
La cartographie optique du génome (OGM) est une technologie innovante basée sur l’analyse optique par fluorescence automatisée de molécules d’ADN de très haut poids moléculaires. Cette approche « génome entier » permet une analyse rapide et fiable des variants de structure (SV) et leur organisation spatiale en cytogénomique constitutionnelle.
Méthode :
85 échantillons de patients d’une 1ere cohorte, dont 80 échantillons de sang et 5 liquides amniotiques, ont été collectés entre 2022 et 2024 et analysés par OGM au CHU de Nantes. Parmi eux, 35 cas ont été étudiés pour caractériser des SV identifiés par d’autres techniques de routine (caryotype, ACPA, séquençage du génome) et pour vérifier l’absence d’autres SVs. De plus 44 patients, atteints de troubles du neurodéveloppement (TND) en impasse diagnostique, ont été analysés par OGM. Dans un second temps, 55 échantillons de patients de notre FHU, atteints de TND, ont été analysés par OGM au sein du service. Les analyses ont été réalisées majoritairement en solo. En parallèle, 60 échantillons de patients témoins ont été analysés pour des fausses couches à répétitions.
Résultats :
Dans notre 1ère cohorte, l'OGM a montré une concordance de 97,1% avec les résultats obtenus par d’autres méthodes pour les SV préalablement identifiés. L’analyse par OGM a permis une meilleure compréhension spatiale des anomalies chromosomiques dans 65% des cas et la découverte de 13 nouveaux SV candidats. Chez les patients en impasse diagnostique, 15 SVs candidats ont été identifiés, dont 8 patients présentant au moins un SV de classe IV-V. Au total, le % de nouveaux SVs candidats est de 32,9% (28/85). Dans l’ensemble, nous avons analysé un large spectre d'anomalies chromosomiques telles que aneuploïdies, délétions, duplications, inversions et insertions, triplications, dérivés de translocations, chromosomes en anneau et marqueurs, inversions-duplications-délétions et les réarrangements complexes. Enfin 29 dossiers sont rendus sans anomalies pathogène ou probablement pathogène. Simultanément, nous avons constitué une base de données locale de SV provenant des 60 « patients sains » facilitant l'interprétation des SV observés par OGM. De plus 55 dossiers de patients atteints de TND ont été analysés dont les résultats sont en cours d’interprétation (service de cytogénétique,CHU Nantes).
Conclusion :
L’analyse de ces différents échantillons de patients nous a permis de maitriser la technique et l'interprétation des données issues de l’OGM. Nous avons validé la méthode après comparaison des résultats aux techniques de routine. Nous avons créé une base de données de variants permettant une analyse plus rapide des échantillons de patients atteints de TND. Ce travail a ainsi enrichi nos connaissances sur l’application de l'OGM en cytogénétique constitutionnelle, d’approfondir notre compréhension de l’organisation spatiale de certains SV et de mieux appréhender les avantages et limites de cette approche innovante
Emma BENBAKIR (Nantes), Wallid DEB, Olivier PICHON, Valentine BARIL, Faezeh VASHEGHANI FARAHANI, Emilie LANDAIS, Tony YAMMINE, Sylvie BERNARD, Céline POIRSIER, Nathalie LE DU, Paul GUEGEN, Vincent JAUFFRET, Noémie CELTON, Valérie KOUBI, Kamran MORADKHANI, Nicolas GRUCHY, Agnes GUICHET, Sylvie ODENT, Sylvie JAILLARD, Sandra MERCIER, Bertrand ISIDOR, Benjamin COGNE, Mathilde NIZON, Marie VINCENT, Céline BONNET, Clémence JACQUIN, Nathalie BEDNAREK, Jonathan LEVY, Mylène BERI, Laetitia LAMBERT, Stéphane BEZIEAU, Martine DOCO-FENZY
16:15 - 17:15
#49501 - P054 Un petit peu plus qu’un syndrome de Turner ?
P054 Un petit peu plus qu’un syndrome de Turner ?
Les analyses de génétique chromosomiques sont complémentaires, avec un apport indéniable des nouvelles techniques de biologie moléculaire. Le caryotype et la FISH sont, cependant, encore, le Gold Standard des techniques de confirmation et restent indispensables, notamment en cas de mosaïcisme ou de remaniement complexe.
Une analyse par CGH array a été demandée chez une patiente, pour qui un caryotype, réalisé en 2000, montrait une monosomie X en mosaïque, avec une population présentant un isochromosome X et une population avec deux X apparemment normaux. Son phénotype était jugé atypique pour un syndrome de Turner ce qui justifiait cet examen.
La CGH array confirme le mosaïcisme de monosomie X avec présence d’au moins un X anormal mais l’aspect de l’hybridation du X ne semblait pas compatible avec la présence d’une population avec deux X normaux, sans pouvoir résoudre la structure exacte du ou des deuxièmes X. Chez cette patiente, un nouveau caryotype et des FISH métaphasiques ont été cruciaux pour déterminer les populations cellulaires en présence et notamment la mise en évidence d’au moins 5 populations différentes.
Une magnifique peinture partielle chromosome X, a permis de déceler, outre la population 45,X, majoritaire, et la population avec un chromosome X isodicentrique (idic(X)), une population inédite avec un chromosome X présentant une délétion terminale du bras court du chromosome X (Xp) et duplication terminale du bras long du chromosome X (Xq), insérée en Xp (der(X)). De plus, de manière inattendue, sont vues de rares cellules avec deux idic(X) et des cellules avec deux der(X). Deux cellules avec 4 idic(X) sont également détectées. Plus de 400 images ont été nécessaires pour parvenir à cette conclusion.
Ce dossier illustre une nouvelle fois la nécessité de maintenir les techniques conventionnelles qui permettent encore d’affiner et de compléter les résultats des nouvelles technologies.
Perrine PENNAMEN (Bordeaux), Amel BOUCHATAL BERRAHOU, Manon LAURENT, Solène CARPENTIER, Natacha KUSCHNER, Alicia ARNETON, Eric LAZAILLE, Julie BOURON, Jérôme TOUTAIN, Sophie NAUDION
16:15 - 17:15
#49671 - P058 Résolution des régions d’incertitude de gains de copie de MED13L par séquençage Long-Reads pour une reclassification des variants.
P058 Résolution des régions d’incertitude de gains de copie de MED13L par séquençage Long-Reads pour une reclassification des variants.
Introduction. Le syndrome MED13L (MIM #616789) est associé à des variants ponctuels pathogènes hétérozygotes dans MED13L conduisant le plus souvent à une haploinsuffisance. De rares descriptions rapportent également des gains de copies identifiées en CGH-array. Si l’interprétation des duplications intragéniques causant un décalage de cadre de lecture est assez évident, l’analyse des duplications associées à une incertitude sur la localisation des points de cassures est plus complexe. Dans ce contexte, le séquençage long-read (LRS) présente un intérêt majeur avec une cartographie précise des points de cassure permettant d’améliorer leur classification et interprétation clinique.
Méthodes. Nous avons étudié trois patients porteurs de gains de copies partiels de MED13L détectés par CGH-Array. Ces anomalies ont été identifiées chez des patients présentant des troubles du neurodéveloppement non évocateur de syndrome MED13L. Nous avons réalisé un séquençage long-reads (LRS) sur plateforme Oxford Nanopore Technologies PromethION, à partir de l’ADN génomique sanguin des trois patients, ainsi qu’un séquençage sur cDNA pour l’un d’entre eux. Les lectures ont été alignées sur le génome de référence GRCh38 à l’aide de minimap2. Enfin, la reconstruction fine des anomalies a été effectuée grâce aux outils de visualisation JBrowse et IGV.
Résultats. Le LRS a permis de caractériser entièrement les trois variants structuraux, montrant que les trois gains de copies correspondaient à des duplications en tandem. Pour trois patients, les bornes fournies par la CGH-array restaient trop larges pour conclure, tandis que le LRS a précisé les points de cassure et démontré l’absence d’impact sur le transcrit sauvage ainsi que l’absence de transcrit aberrant. Dans l’ensemble, cette approche met en évidence la capacité du LRS à reconstruire finement l’organisation des remaniements et à faciliter leur reclassification.
Conclusions. Nos données soulignent la valeur ajoutée du LRS pour la résolution fine des variants structuraux, en particulier lorsque les points de cassures sont situés dans des régions d’incertitude liées à la distribution des sondes. Cette analyse structurale précise a permis de reclasser les anomalies en variants bénins.
Jade FAUQUEUX (Lille), Roseline CAUMES, Ali BENANOUD, Caroline THUILLIER, Emilie AIT YAHYA, Jamal GHOUMID, Thomas SMOL
16:15 - 17:15
#49385 - P062 Etude clinique et étiologies génétiques du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser.
P062 Etude clinique et étiologies génétiques du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser.
Le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) ou aplasie utéro-vaginale est une malformation congénitale rare comportant l’absence ou l’hypoplasie sévère de l’utérus et des 2/3 supérieurs du vagin (anomalies des dérivés Müllériens), avec des caractères sexuels secondaires normaux. Le MRKH peut être classé en forme typique « type I » (forme génitale isolée) ou forme atypique « type II » (présence de signes extra-génitaux tels que surdité, anomalies rénales, squelettiques et/ou cardiaques). Ce syndrome est découvert dans 80% des cas à l’adolescence devant une aménorrhée primaire chez une femme présentant un développement pubertaire par ailleurs normal. Des avancées significatives récentes sur le syndrome MRKH concernent le développement de la transplantation utérine et la mise en évidence d’une étiologie génétique. De nombreuses investigations tentent depuis longtemps de déchiffrer l’origine génétique du syndrome MRKH. L’introduction du séquençage haut débit (SHD) a eu un impact majeur sur le diagnostic étiologique des infertilités féminines d’origine utérine, avec la description de plusieurs gènes pouvant être associés au phénotype.
Notre étude vise à décrire le phénotype génital et extra-génital et à évaluer le taux de diagnostic génétique chez des individus présentant un syndrome MRKH, incluant majoritairement des patientes suivies pour leur malformation génitale ainsi que quelques cas fœtaux.
- Nous décrivons cliniquement une cohorte de 85 femmes. 23,5 % des patientes présentent une aplasie utéro-vaginale isolée mais 38,5 % n’ont pas bénéficié d’une évaluation complète des malformations associées. Par ailleurs, près de 20 % des patientes testées présentent un taux bas d’AMH, indiquant une altération prématurée de la réserve ovarienne.
- Pour la description génétique, la cohorte inclut 91 individus (88 femmes et 3 fœtus) ayant bénéficié d’analyse chromosomique sur puce à ADN (ACPA) et de séquençage d’exome. Les ACPA montrent l’identification de 6 CNV d’intérêt dont la microdélétion récurrente 17q12 chez trois patientes. Concernant le SHD, notre étude confirme le rôle prépondérant des variants pathogènes de GREB1L, avec un spectre phénotypique incluant de façon variable MRKH et/ou agénésie rénale. Nous mettons par ailleurs en évidence l’implication de variants pathogènes dans les gènes PAX8, GATA3 et EP300. Des variants pathogènes n’expliquant pas les anomalies génitales mais responsables du reste du tableau clinique observé ont été identifiés chez trois patientes. Enfin, le corollaire du SHD est l’identification de variants de signification incertaine (VSI) nécessitant des explorations complémentaires afin de comprendre leur potentielle implication dans le phénotype.
Au total, ces données confirment la possibilité d’une origine mendélienne du syndrome MRKH. La découverte d’une étiologie génétique permet d’apporter un conseil génétique précis aux patientes et à leur famille.
Auriane COSPAIN (Rennes), Paul ROLLIER, Anna LOKCHINE, Erika LAUNAY, Chloe QUELIN, Alinoe LAVILLAUREIX, Sylvie ODENT, Godelieve MOREL, Laurent PASQUIER, Emmanuelle GINGLINGER, Emmanuelle HAQUET, Florence RICCARDI, Madi ABDOU, Delphine DUPIN-DEGUINE, Cynthia SARFATI, Anne BERGOUGNOUX, Anne BARLIER, Bénédicte NOUYOU, Fabrice PETIT, Soazik JAMIN, Mélanie FRADIN, Laura MARY, Ludivine DION, Wilfrid CARRE, Regis BOUVET, Daniel GUERRIER, Marie FAOUCHER, Karine MORCEL, Christele DUBOURG, Marc-Antoine BELAUD-ROTUREAU, Vincent LAVOUE, Sylvie JAILLARD
16:15 - 17:15
#49718 - P066 Le séquençage exomique d’une cohorte de 344 patients avec anomalies morphologiques multiples du flagelle du spermatozoïde permet l’identification de 38 gènes et le diagnostic de plus de la moitié des patients.
P066 Le séquençage exomique d’une cohorte de 344 patients avec anomalies morphologiques multiples du flagelle du spermatozoïde permet l’identification de 38 gènes et le diagnostic de plus de la moitié des patients.
Les anomalies multiples des flagelles spermatiques (MMAF) représentent une forme rare et sévère d’asthénozoospermie. Elles se caractérisent par une forte proportion de spermatozoïdes présentant des défauts du flagelle (absents, courts, irréguliers, angulés ou enroulés), entraînant une mobilité fortement réduite et une infertilité. L’analyse ultrastructurale révèle le plus souvent une désorganisation profonde de l’axonème et des structures péri-axonémales, suggérant l’implication de gènes liés à l’assemblage et la stabilité du flagelle. Grâce au séquençage haut débit et à des approches fonctionnelles, une carte génétique des MMAF a été établie, identifiant un nombre croissant de gènes. Certains sont également impliqués dans la dyskinésie ciliaire primitive (DCP), maladie rare des cils mobiles caractérisée par des infections respiratoires chroniques, un situs inversus et une infertilité.
A ce jour, 344 prélèvements de patients MMAF non syndromiques provenant de 9 centres français (n=74), d’un centre tunisien (n=218) et d’un centre iranien (n=52) ont été analysés au CHU Grenoble Alpes par séquençage exomique. Les patients avec des variants homozygotes ou hémizygotes tronquants ou jugés délétères par une majorité des outils de prédiction in silico (faux-sens : SIFT, Polyphen, CADD, MutationTaster, REVEL, MetaRNN, AlphaMissense ; épissage : SpliceAI, CADD-Splice, dbscSNV-ada et rf) sur des gènes MMAF décrits, ont été considérés comme diagnostiqués. Au total, un diagnostic a été obtenu pour 174 patients (50,5%) concernant les 38 gènes suivants : CFAP251 (n=21), DNAH1 (20), CFAP44 (18), CFAP43 (16), FSIP2 (12), QRICH2 (8), CFAP91 (8), ARMC2 (6), TTC29 (6), CFAP65 (5), DNHD1 (4), DRC1 (4), SPEF2 (4), TTC21A (4), ZMYND12 (4), AK7 (3), IFT74 (3), CCDC146 (2), CCDC65 (2), CFAP69 (2), CFAP70 (2), DNAH10 (2), GAS8 (2), SUN5 (2), AKAP3 (1), CCDC34 (1), CFAP206 (1), CFAP61 (1), DNAI1 (1), DNAH2 (1), DNAH7 (1), DNAH17 (1), DNAH8 (1), MYCBPAP (1), SLC26A8 (1), SPAG1 (1), TDRD6 (1), SPAG17 (1). Onze des gènes décrits ont aussi été identifiés dans des DCP tels que AK7, IFT74 montrant une variabilité phénotypique importante. Deux patients portent une mutation du gène SUN5 rapporté comme essentiel au maintien de la jonction tête/flagelle et associé à des spermatozoïdes acéphaliques. La classification MMAF de ces patients pourrait être due à une variabilité phénotypique, une mauvaise catégorisation ou un spermogramme non représentatif. De plus, des anomalies de la jonction tête–flagelle sont fréquemment associées au phénotype MMAF.
Enfin, l’identification de nouveaux gènes permettrait d’élargir le spectre moléculaire des MMAF. Parallèlement, l’impact du génotype sur la sévérité phénotypique et sur les résultats d’ICSI constitue une question encore ouverte et fait actuellement l’objet d’évaluations systématiques. À terme, ces avancées sont appelées à affiner le conseil génétique, ouvrant ainsi la voie à une prise en charge plus personnalisée des patients infertiles.
Célia TEBBAKH (Grenoble), Asma HAMMOUDA, Sharanya SEN, Anne-Laure BARBOTIN, Natalie RIVES, Aurélie FERAILLE, Antoine CLERGEAU, Marion GÉRARD, Marion PYTEL, Florence CHEVALLIER HELAS, Marine POULAIN, Camille FOSSARD, Achraf BENAMMAR, Emmanuel DULIOUST, Catherine PATRAT, Véronique SATRE, Sylviane HENNEBICQ, Jacques PUECHBERTY, Sophie BROUILLET, Aminata TOURÉ, Catherine GUILLEMAIN, Amir AMIRI-YEKTA, Nicolas THIERRY-MIEG, Selima FOURATI BEN MUSTAPHA, Raoudha ZOUARI, Zine-Eddine KHERRAF, Pierre RAY
16:15 - 17:15
#48894 - P070 Les variants hétérozygotes de novo du gène RSF1 sont responsables d’un trouble du neurodéveloppement syndromique.
P070 Les variants hétérozygotes de novo du gène RSF1 sont responsables d’un trouble du neurodéveloppement syndromique.
Introduction : Les troubles du neurodéveloppement (TND) constituent un ensemble vaste et hétérogène de pathologies liées à une altération du développement cérébral, sous l’influence combinée du génome et de l’environnement. La régulation dynamique de la chromatine est essentielle au cours du développement cortical, et les remodeleurs de chromatine jouent un rôle central dans ce processus. De nombreuses données récentes impliquent des gènes codant des remodeleurs de chromatine dans les TND. En modifiant l’état épigénétique des gènes, les mutations de ces facteurs perturbent la régulation spatiotemporelle de l’expression génique, avec des conséquences développementales parfois majeures. Le gène RSF1 (Remodeling and Spacing Factor 1) code une protéine nucléaire ubiquitaire impliquée dans le remodelage de la chromatine, indispensable à la transcription, la réplication et la réparation de l’ADN.
Méthodes : Nous avons identifié 11 individus non apparentés porteurs de variants hétérozygotes de novo ou hérités d’un parent symptomatique dans RSF1, grâce à une stratégie de partage de données (genematch) (n=7) et à une revue de la littérature (n=4).
Résultats : Tous les individus présentaient un TND, incluant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou un retard global de développement. Parmi les 7 cas avec description clinique détaillée, on observe des signes associés inconstants et non spécifiques, affectant notamment la morphologie cranio-faciale, les systèmes musculo-squelettique, digestif, visuel, le tonus musculaire, ainsi que des crises d’épilepsie et des anomalies à l’IRM cérébrale.
Discussion : Nos données renforcent l’hypothèse que RSF1 joue un rôle crucial dans le développement cérébral et constitue un nouveau gène candidat dans les TND syndromiques.
Céline JOST (dijon), Tiffany BUSA, Daniel WEGNER, Marwan SHINAWI, Elise SCHAEFER, Amelie PITON, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Perrine CHARLES, Boris KEREN, Katharina MAYERHANSER, Theresa BRUNET, Ulrich SCHATZ, Jennifer E NEIL, Christopher A WALSH, Kathleen SISCO, Alexander J PAUL, Chung LEE, Natalie DYKZEUL, Devon BONNER, Jonathan A. BERNSTEIN, Erin SUTCLIFFE, Ingrid M WENTZENSEN, Catherine FROEHLICH, Kaleigh LIEBLER, Patricia GALVIN PARTON, Jody WEISS-BURNS, Chloé SAGNOL, Julian DELANNE, Caroline RACINE, Christel THAUVIN-ROBINET, Hana SAFRAOU, Frédéric TRAN MAU-THEM, Yannis DUFFOURD, Ange-Line BRUEL, Laurence FAIVRE
16:15 - 17:15
#48965 - P074 Description d’un nouveau trouble neurodéveloppemental lié à des variations perte de fonction dans le gène ATXN1 ?
P074 Description d’un nouveau trouble neurodéveloppemental lié à des variations perte de fonction dans le gène ATXN1 ?
ATXN1 est un gène codant une protéine impliquée dans la répression transcriptionnelle pouvant se lier à différents facteurs de transcription afin de former des complexes tels qu’ATXN1-CIC lors de son lien avec Capicua. Si ATXN1 est principalement connu pour être associé à l’ataxie spinocérébelleuse de type 1 en cas d’expansion pathogène de triplets CAG, des modèles murins ont montré que la perte de ce complexe pouvait engendrer des anomalies corticales et du gyrus dentelé hippocampique, ainsi que des troubles comportementaux. De plus, une femme atteinte de troubles comportementaux avec déficience intellectuelle légère et porteuse d’une délétion emportant partiellement ATXN1 a été rapporté dans la littérature. Ces éléments, associés à une prédiction d’intolérance à l’haploinsuffisance, soulèvent la question de l’imputabilité de l’haploinsuffisance d’ATXN1 dans une pathologie neurodéveloppementale.
Un appel à collaboration a été lancé permettant de constituer une cohorte. En complément, et afin de modéliser les potentielles atteintes cérébrales de l’haploinsuffisance d’ATXN1, différentes analyses fonctionnelles, en cours de réalisation, comprenant : (i) l’étude des taux d’expression (protéique et ARNm) d’ATXN1 dans les fibroblastes de patients par Western Blot et RT-qPCR, afin de confirmer l’haploinsuffisance des variations rapportées, (ii) des analyses transcriptomiques sur des neurones issus de cellules souches pluripotentes induites présentant une inactivation homozygote d’ATXN1 obtenue par la technologie CRISPR-Cas9, afin de mettre en évidence une potentielle différence d’expression entre les neurones issus de cellules sauvages et porteuses de codons stop prématurés, (iii) l’étude de la présence effective ou non du mécanisme de « nonsense-mediated decay » par traitement des cellules à la Puromycine, au vu de la présence de deux exons codants seulement.
La cohorte comprend actuellement 6 individus porteurs de variations non-sens, frameshift ou d’une délétion emportant les exons codants d’ATXN1. Un retard de langage est présent chez tous les individus, ainsi que des difficultés d’apprentissage avec ou sans déficience intellectuelle. Les troubles du comportement sont fréquents dans la cohorte (4/6), et un trouble du spectre autistique est rapporté chez 2/6 individus. En revanche, aucun de ces patients ne semble présenter de syndrome cérébelleux.
Nous présentons les premiers résultats concernant la potentielle implication des variations entraînant des codons stop prématurés et des délétions d’ATXN1 dans un phénotype neurodéveloppemental de sévérité variable. Concernant les analyses fonctionnelles, les fibroblastes de 3 individus ont été récupérés permettant de débuter la réalisation des Western-blots, et différents clones, notamment knock-out, sont en cours de caractérisation avant de débuter leur différenciation pour l’obtention des neurones.
Marlène MALBOS (Dijon), Fatima EL IT, Laurence DUPLOMB, Aurore GARDE, Sylvie ODENT, Romain AUCAGNE, Martin CHEVARIN, Perrine CHARLES, Boris KEREN, Gwenaël LE GUYADER, Matthieu EGLOFF, Christèle DUBOURG, Erika LAUNAY, Anne-Marie GUERROT, François LECOQUIERRE, Kévin CASSINARI, Victor COUTURIER, Charlotte POË, Clarisse DONDON, Laurence FAIVRE, Frédéric TRAN-MAU-THEM, Christophe PHILIPPE, Hana SAFRAOU, Yannis DUFFOURD, Antonio VITOBELLO, Christel THAUVIN-ROBINET, Quentin THOMAS
16:15 - 17:15
#49204 - P078 Le séquençage du génome et la technologie Hi-C révèlent de nouveaux variants de structure non-codants altérant l'environnement chromatinien tridimensionnel des gènes PAX6 et PITX2, responsables d'aniridie congénitale et du syndrome d'Axenfeld-Rieger.
P078 Le séquençage du génome et la technologie Hi-C révèlent de nouveaux variants de structure non-codants altérant l'environnement chromatinien tridimensionnel des gènes PAX6 et PITX2, responsables d'aniridie congénitale et du syndrome d'Axenfeld-Rieger.
Les malformations oculaires englobent diverses maladies génétiques, dont les plus emblématiques sont l'aniridie congénitale (AC) et le syndrome d'Axenfeld-Rieger (SAR), résultant majoritairement de variants codants perte de fonction dans PAX6 (11p13) et PITX2 (4q25), conduisant à une haploinsuffisance. Néanmoins, environ 10 % d’AC et 30 % de SAR restent génétiquement inexpliqués. Comme de nombreux gènes du développement, PAX6 et PITX2 présentent un paysage génomique complexe, enrichi de plusieurs éléments cis-régulateurs (CRE) dispersés dans les régions non codantes qui contrôlent finement l'expression spatio-temporelle de ces gènes (nombre d'entre eux ayant été fonctionnellement validés chez la souris et/ou le poisson-zèbre). Deux régions régulatrices se démarquent particulièrement, l'une regroupant plusieurs CREs, localisée environ 150 kb en aval de PAX6 (DRR) et l'autre comprenant une quinzaine d'éléments régulateurs (CE1 à CE15) au locus PITX2 dont neuf sont éparpillés dans un « désert génique » s'étendant jusqu'à 1 Mb en amont du gène.
L'étude moléculaire par séquençage haut-débit ciblé de notre cohorte française de plus de 400 patients atteints d'AC et de SAR nous a permis d'identifier un large spectre de variants, dont une majorité dans PAX6 et PITX2, incluant une quinzaine de variants de structure localisés au niveau des régions régulatrices en aval de PAX6 et en amont de PITX2. Le séquençage du génome (GS), sur des cas génétiquement non résolus, a ensuite permis d’identifier trois inversions et une translocation et d’en caractériser précisément les points de cassure localisés à proximité, mais en dehors, des régions codantes de PAX6 et PITX2, suggérant un « effet de position » comme mécanisme alternatif pouvant expliquer l’haploinsuffisance chez les patients. Afin de mieux comprendre les conséquences fonctionnelles de ces réarrangements non-codants, une étude par capture de conformation chromosomique à haut débit (Hi-C) a été réalisée à partir de fibroblastes des patients, permettant une quantification précise des interactions chromatiniennes au sein des chromosomes humains 4 et 11, corrélée à des études d'expression. Les résultats indiquent que seuls les contacts chromatiniens entre les promoteurs de PAX6 et PITX2 et les éléments régulateurs, physiquement séparés par les remaniements de structure, étaient réduits de moitié chez les patients, apportant la preuve fonctionnelle de l'effet de position comme mécanisme physiopathologique d'haploinsuffisance de ces maladies oculaires. L'ensemble de ces résultats illustre l'intérêt d'explorer et d'interpréter les réarrangements génomiques autour de gènes d'intérêt même lorsque ces derniers ne sont pas interrompus, en combinant les approches GS et Hi-C chez les patients sans diagnostic moléculaire posé. Dans le contexte des malformations oculaires congénitales, cette approche a permis de révéler l'importance du génome non-codant dans l'étiopathogénie de l’AC et du SAR.
Cyril BURIN DES ROZIERS (Paris), Djihad HADJADJ, Sabine CANIVET, Baya DJADOUN, Eric PASMANT, Laïla EL KHATTABI, Dominique BREMOND-GIGNAC, Sophie VALLEIX
16:15 - 17:15
#49248 - P086 La perte de fonction bi-allélique du gène autosomique CIZ1 est responsable d’un trouble du neurodéveloppement affectant uniquement les femmes en lien avec un défaut d’inactivation du chromosome X.
P086 La perte de fonction bi-allélique du gène autosomique CIZ1 est responsable d’un trouble du neurodéveloppement affectant uniquement les femmes en lien avec un défaut d’inactivation du chromosome X.
Les anomalies du développement monogéniques répondant à une transmission autosomique récessive se manifestent généralement de façon similaire chez les garçons et les filles. Dans cette étude, nous rapportons une pathologie neurodéveloppementale autosomique récessive affectant uniquement les filles.
Nous avons identifié huit filles de 3 à 16 ans issues de huit familles présentant des variations tronquantes bi-alléliques - homozygotes ou hétérozygotes composites - dans le gène CIZ1. Dans deux de ces familles, les analyses de ségrégation ont permis d’identifier deux frères asymptomatiques, bien que porteurs de variations bi-alléliques dans le gène CIZ1.
Afin d’expliquer la cause de l’absence de symptomatologie chez les garçons, nous avons réalisé des analyses transcriptomiques par RNA-Seq à partir de cultures courtes lymphocytaires chez deux filles symptomatiques et un garçon asymptomatique, tous porteurs de variants bi-alléliques prédits perte de fonction. L’analyse d’expression différentielle par OUTRIDER a confirmé une perte d’expression complète de CIZ1 chez les trois individus. Toutefois, les deux filles présentent une surexpression commune de 25 gènes localisés sur le chromosome X (log2foldchange entre 0,2 et 0,6 et p-value < 0,01), notamment dans des régions identifiées comme étant plus susceptibles d’échapper à l’inactivation. Sept de ces gènes sont associés à des troubles du neuro-développement : BCAP31, HSD17B10, OFD1, SSR4, ATP6AP2, USP9X et SLC35A2. Une analyse comparative de la méthylation (Modkit v0.4.4) entre une des filles atteintes et d’autres filles contrôles a été réalisée à partir de séquençage génomique long-read (Nanopore). Nous avons ainsi pu mettre en évidence une diminution de la méthylation des CpG situés dans les régions promotrices de ces gènes.
Le gène CIZ1 situé sur le chromosome 9, code la protéine CDKN1A-interacting zinc finger protein 1, qui participe au maintien de l’inactivation du chromosome X en interagissant avec Xist et la matrice nucléaire. Une étude par FISH sur l’ARN Xist dans les noyaux des fibroblastes d’une des patientes a permis de mettre en évidence une localisation anormalement diffuse de Xist, suggérant une altération de l’inactivation de l’X.
Nous rapportons ainsi le premier cas d’un trouble du neurodéveloppement sévère à transmission autosomique récessive, spécifique aux filles. Les données issues des études complémentaires de transcriptomique, d’immunofluorescence et de méthylation, montrent que le mécanisme est en lien avec une perte du maintien de l’inactivation du chromosome X limitée à quelques gènes, dont la surexpression est toutefois probablement délétère pour le neurodéveloppement. Cette étude souligne le rôle crucial du maintien de l’inactivation du chromosome X pour le développement neuronal.
Thomas BESNARD (Nantes), Emma KNEUSS, Agnese LODA, Laura DO SOUTO FERREIRA, Frédéric EBSTEIN, Virginie VIGNARD, Amélie PITON, Jean-Baptiste LAMOUCHE, Patricia TALARMAIN, Meriem M. DERRADJI-COSTEA, Sébastien KÜRY, Wallid DEB, Marc GIBAUD, Emmanuelle RANZA, Xavier BLANC, Martin BROLY, Fowzan ALKURAYA, Hanan E SHAMSEDDIN, Iman ABOMASUM, Lama ALABDI, Bader ALHADDAD, Mais HASHIM, Aboulfazl RAD, Gabriela OPREA, Majid ALFADHEL, Rayyan ALBARAKATI, Stéphane BÉZIEAU, Grant S. STEWART, Stylianos ANTONARAKIS, Edith HEARD, Benjamin COGNÉ, Bertrand ISIDOR
16:15 - 17:15
#49295 - P090 Rôle des canaux sodiques Nav1.1 et Nav1.6 dans un modèle de KCNQ2-DEE : implication dans la physiopathologie des SUDEP.
P090 Rôle des canaux sodiques Nav1.1 et Nav1.6 dans un modèle de KCNQ2-DEE : implication dans la physiopathologie des SUDEP.
Notre équipe étudie une forme néonatale d’épilepsie génétique sévère, appelée encéphalopathie épileptique et développementale (DEE), impliquant plus de 170 gènes différents. La forme la plus fréquente est causée par le variant pathogène p.(Thr274Met) dans la séquence codante KCNQ2 (KCNQ2-DEE). Le modèle murin Knock-in 129Sv-Kcnq2Thr274Met/+, développé au laboratoire, présente 25% de mortalité dans les 3 premiers mois de vie, à la suite de crises spontanées (Milh et al. 2020). Ce modèle peut être considéré comme pertinent pour l’étude de la Mort Subite Inattendue en EPilepsie (MSIE ou SUDEP), possiblement lié à un dysfonctionnement respiratoire. Nous avons donc étudié le réseau qui contrôle la respiration par des approches in vivo et in vitro. L’enregistrement de la ventilation par pléthysmographie en normoxie, montre qu’il n’y a pas de différences significatives de la fréquence respiratoire, du volume courant et du débit ventilatoire entre les animaux Knock-in et sauvages. De même, la réponse aux challenges hypoxiques était normale dans les deux groupes. Cependant, les enregistrements in vitro sur des tranches de tronc cérébral ont montré une réduction de la fréquence de l’activité inspiratoire fictive chez les souris Knock-in, ainsi qu’une altération significative de la réponse à l’hypoxie sévère.
Des études précédentes montrent que les canaux sodiques voltages dépendant sont fortement impliqués dans la réponse à l’hypoxie sévère (Peña et al. 2004) et dans le contrôle de l’excitabilité neuronale. Nous avons donc étudié l’expression des canaux Nav 1.1 et Nav 1.6 dans le cortex et le tronc cérébral, où se trouvent le réseau de neurones intervenants dans la genèse respiratoire. Nos résultats montrent la présence de ces canaux dans la région des centres respiratoires chez les animaux sauvages. Nous avons également étudié le niveau de protéines dans le cortex où la mutation p.(Thr274Met) semble modifier le taux de ces protéines. A la vue de ces résultats, une analyse reste à confirmer au niveau des centres respiratoires du tronc cérébral.
Notre étude montre donc une altération de l’activité inspiratoire in vitro, qui pourrait être due à une différence de quantité des canaux sodique. Si notre hypothèse se vérifie, nos résultats pourraient représenter une piste thérapeutique pour les SUDEP dans le cadre des KCNQ2-DEE.
Manon SAUREY (Marseille), Laurent VILLARD, Jean-Charles VIEMARI
16:15 - 17:15
#49381 - P094 Identification de biomarqueurs pour le diagnostic du syndrome de Rubinstein-Taybi par analyse transcriptomique comparative.
P094 Identification de biomarqueurs pour le diagnostic du syndrome de Rubinstein-Taybi par analyse transcriptomique comparative.
Le syndrome de Rubinstein-Taybi (SRT) est une anomalie génétique du développement avec trouble du développement intellectuel associés à des anomalies typiques de la face et des extrémités et d’autres malformations. Sa prévalence dans la population générale est estimée entre 1/100 000 et 1/125 000 naissances. Deux gènes sont actuellement connus pour être responsables du SRT, CREBBP (RTS1) dans 60 % des cas et EP300 (RTS2) dans environ 8 % des cas cliniquement diagnostiqués. Ces deux paralogues codent pour des coactivateurs transcriptionnels. Les deux protéines CBP (KAT3A) et p300 (KAT3B) contiennent un domaine catalytique lysine acétyltransférase (KAT) impliqué dans l'acétylation des protéines dont les des histones. Par conséquent, le SRT est considéré comme un trouble neurodéveloppemental rare avec une composante épigénétique importante. Cependant, en raison du chevauchement phénotypique et génétique potentiel avec d'autres troubles neurodéveloppementaux, la mise en place de tests fonctionnels adaptés au diagnostic dans le cadre du soin représente une étape cruciale pour la médecine de précision : stratification des patients, validation des variants génétiques et recherche thérapeutique.
Dans ce cadre, en nous appuyant sur nos données préliminaires issues des neurones dérivés de hiPSC chez 4 patients atteints d’un SRT de type 1 (lié à CREBBP), nous avons effectué une analyse transcriptomique comparative avec leurs fibroblastes afin d'identifier des voies moléculaires convergentes et des biomarqueurs potentiels adaptés à une application diagnostique.
L'analyse de l'expression sur les fibroblastes SRT a permis d'identifier plusieurs gènes différentiellement exprimés (DEG) liés à la différenciation neuronale et aux voies de guidage des axones), dont la majorité est sous exprimée. De plus, notre analyse de corrélation canonique a révélé 13 DEG identifiés dans les fibroblastes significativement associés à la même tendance que les 5 DEG identifiés dans les neurones dérivés d’hiPSC.
Nous avons montré que la dérégulation des voies associées à la différenciation et à la maturation neuronales dans les cellules SRT est également détectable dans les fibroblastes primaires des mêmes patients, qui sont plus accessibles que les modèles dérivés de hiPSC. Nous avons ainsi identifié une signature transcriptomique qui pourrait servir de biomarqueur candidat indiquant une activité enzymatique KAT réduite. D'autres types de variants CREBBP doivent être étudiés, mais cette stratégie complémentaire à la définition d'épisignatures par analyse de méthylation de l'ADN pourrait représenter une alternative d’outil fonctionnel pour le diagnostic de précision.
Julien VAN-GILS (BORDEAUX), Slim KARKAR, Aurélien BARRÉ, Sophie NOTHOF, Raphael CHEVALIER, Céline CARPENTIER, Béatrice CLUZEAU DEMOURES, Isabelle PELLEGRIN, Marlene RIO, Cécile LAROCHE, Sylvie ODENT, David GENEVIÈVE, Ndeye Fatou NGOM, Didier LACOMBE, Patricia FERGELOT, Frédérique MAGDINIER
16:15 - 17:15
#49553 - P098 Apport du séquençage génomique après exome dans le diagnostic des troubles du neurodéveloppement.
P098 Apport du séquençage génomique après exome dans le diagnostic des troubles du neurodéveloppement.
Contexte:
Les troubles du neurodéveloppement (TND) affectent 1 à 3% des enfants et présentent une grande hétérogénéité clinique et étiologique. A partir de 2015, le séquençage d’exome (SE) est devenu l’outil de première intention dans les laboratoires de diagnostic, permettant d’identifier un variant causal dans 30 à 45% des cas en ciblant les régions codantes. À partir de 2020, le séquençage de génome (SG) a été rendu accessible grâce au Plan France Médecine Génomique, et permet une couverture plus homogène, l’exploration des régions non codantes et l’identification des variants structuraux complexes. Peu d’études ont évalué l’apport diagnostique du génome par rapport à l’exome.
Objectifs :
Evaluer l’apport diagnostique du SG après un SE non contributif dans une cohorte de 326 patients présentant un TND et analyser les causes de non-détection des anomalies génétiques par exome.
Patients et Méthodes :
Depuis 2015, 2 253 SE ont été réalisés dans notre laboratoire chez des patients présentant des TND, avec un rendement diagnostique de 42,2%. Parmi les 1 302 cas restés sans diagnostic, 326 ont bénéficié d’un SG au laboratoire SeqOIA.
Le SE a été réalisé sur Illumina NextSeq500 (paired-end 2x75pb, couverture : 92% ≥20X) et analysé via des pipelines internes. Le SG a été effectué sur Illumina NovaSeq6000 (paired-end 2x150pb, couverture : 90% ≥30X).
Résultats :
Un diagnostic a été porté chez 51/326 (15,6%) patients ayant eu un SG après un SE non contributif. Les principales causes de non détection par SE étaient :
• Variants dans des régions non codantes : 12 cas, 3 en régions introniques profondes ou 5’UTR et 9 dans les gènes non codants RNU, récemment identifiés par génome, soulignant le bénéfice du SG à la fois dans le diagnostic et la découverte de nouveaux gènes
• Couverture insuffisante du SE : 5
• Variants de structure complexes non identifiables en SE : 2
• Variants de structure classiques mais non détectable en SE avant 2021 : 13
• Avancées des connaissances entre SE et SG : 10 (nouveaux variants Clinvar, nouveaux gènes)
• Erreurs en SE : 5 (erreurs humaines ou d’annotation des pipelines)
• Données supplémentaires lors du SG : 4 cas, 2 avec une nouvelle indication clinique et 2 analyses en trio versus solo en SE
Conclusion :
Le SG a permis un apport diagnostique supplémentaire de 15,6% après un SE non contributif. Dans 9,8% des cas (32/326), le diagnostic aurait probablement été obtenu si l’exome avait été réalisé aujourd’hui, principalement grâce aux avancées des connaissances et à l’étude des variants de structure qui n’étaient pas réalisés initialement. Dans 5.8% des cas (19/326), l’apport diagnostique est directement attribuable aux avantages du génome : analyse des régions non codantes, meilleure couverture et détection de réarrangements structuraux complexes. Ces résultats confirment l’intérêt du SG pour améliorer le taux diagnostique pour les patients atteints de TND, notamment depuis la découverte de gènes non codants comme cause majeure de TND.
Uriel BENSABATH (Paris), Valérie OLIN, Cyril MIGNOT, Perrine CHARLES, Anna GERASIMENKO, Daphné LEHALLE, Sarah GROTTO, Alexandra AFENJAR, Romain DUQUET, Solveig HEIDE, Jean-Madeleine DE SAINTE AGATHE, Aurélie WAERNESSYCKLE, Claude ESTADE, Corinne MACH, Fabienne RAJHONSON, Elodie LEJEUNE, Euphrasie SERVANT, Julien BURATTI, Alban LERMINE, Delphine HERON, Pierre BLANC, Caroline NAVA, Boris KEREN
16:15 - 17:15
#49794 - P102 Homologie fonctionnelle entre WIPI4 et Atg18 : un modèle levure pour évaluer la pathogénicité des variants WDR45 dans le BPAN.
P102 Homologie fonctionnelle entre WIPI4 et Atg18 : un modèle levure pour évaluer la pathogénicité des variants WDR45 dans le BPAN.
Les neurodégénérescences avec accumulation intracérébrale de fer (NBIA) sont un groupe de pathologies neurodégénératives rares et sévères, ayant pour dénominateur commun une accumulation anormale de fer dans les ganglions de la base du cerveau. Les présentations cliniques sont variables, avec des âges de début allant de la petite enfance à l’âge adulte avancé, et associent des atteintes motrices, cognitives et comportementales. Actuellement, la prise en charge est uniquement symptomatique et il n’existe pas de traitement spécifique préventif ou curatif. Parmi les 11 sous-types clinico-génétiques reconnus de NBIA, le BPAN (beta-propeller protein-associated neurodegeneration) représente 40 à 45% des cas. Seul sous-type de NBIA lié à l’X, le BPAN est causé par des mutations dans le gène WDR45 qui code la protéine WIPI4. Malgré son rôle essentiel dans l’autophagie, les mécanismes moléculaires à l’origine du BPAN restent mal compris, et de nombreux variants de WDR45 identifiés chez les patients par NGS sont classées comme « de signification inconnue » (VUS), entravant le diagnostic et la prise en charge clinique.
Dans cette étude, nous avons développé un modèle fonctionnel basé sur la levure Saccharomyces cerevisiae pour évaluer la pathogénicité des variants WDR45. Grâce à une combinaison de tests de croissance sur milieux respiratoires et de mesures de la consommation d'oxygène, nous avons démontré que la délétion d'ATG18 chez la levure entraînait un dysfonctionnement mitochondrial mimant le phénotype observé dans les modèles humains déficients en WDR45. Nous montrons pour la première fois que la protéine humaine WIPI4 est fonctionnellement équivalente à la protéine de levure Atg18, mais pas à la protéine Hsv2, contrairement à ce qui est suggéré par les analyses phylogénétiques, confirmant ainsi leur orthologie fonctionnelle au sein de la famille des protéines PROPPIN. En effet, l’expression de WDR45 sauvage dans une souche de levure dépourvue d’ATG18 (atg18Δ), restaure la fonction mitochondriale altérée.
Ce modèle a été ensuite validé par l’analyse de variants WDR45 connus : les variants bénins restauraient la croissance respiratoire de la souche atg18Δ, au contraire des variants pathogènes, y compris un variant faux-sens dans le motif FRRG conservé. Enfin, nous avons évalué plusieurs VUS identifiés chez des patients BPAN, fournissant ainsi des informations fonctionnelles sur leur pathogénicité et leur implication dans la maladie.
Notre étude a donc permis, d’une part de démontrer l’homologie fonctionnelle existant entre les protéines WIPI4 et Atg18 mais pas Hsv2, clarifiant ainsi les relations d'orthologie PROPPIN entre les espèces et, d’autre part, de développer un modèle de test fonctionnel chez la levure qui représente un outil précieux pour affiner la classification des variants et améliorer le diagnostic des patients BPAN. Il constitue également une plateforme prometteuse pour le criblage de composés thérapeutiques dans le contexte du BPAN.
Jean-Paul LASSERRE (Bordeaux), Christelle DURAND, Vincent MORIN, Elise CHEVALARIAS, Patricia FERGELOT, Chloé ANGELINI, Cyril GOIZET, Giovanni STEVANIN
16:15 - 17:15
#49844 - P106 Approches cellulaires et poisson-zèbre pour modéliser un trouble du neurodéveloppement causé par des mutations du gène CACNA1G.
P106 Approches cellulaires et poisson-zèbre pour modéliser un trouble du neurodéveloppement causé par des mutations du gène CACNA1G.
Contexte :
Des mutations gain de fonction du gène CACNA1G sont impliqués dans une encéphalopathie appelée SCA42ND et caractérisée par une ataxie congénitale, une atrophie cérébelleuse, une microcéphalie et de graves troubles moteurs et cognitifs. CACNA1G code pour le canal calcique de type T Cav3.1, principalement exprimé dans le cervelet, mais également, entre autres, dans le cortex cérébral. Les mutations les plus fréquentes sont p.A961T et p.M1531V, cependant leur impact physiologique est mal connu.
Matériel et méthodes :
L’analyse de corrélations génotype-phénotype dans une cohorte de patients porteurs de variants de CACNA1G a révélé un profil clinique sévère et spécifique associé aux mutations A961T et M1531V. Grâce à l’édition de génome dans les cellules souches embryonnaires humaines induites, nous avons introduit ou corrigé les mutations M1531V et A961T dans CACNA1G, respectivement. Nous avons ensuite différencié ces cellules en progéniteurs neuronaux corticaux (NPC) et en neurones. L’impact des mutations a été étudié dans la lignée A961T par des analyses transcriptomiques et d’imagerie calcique. Nous avons ensuite conçu et évalué des oligonucléotides antisens (ASO) ciblant spécifiquement l’allèle mutant de CACNA1G.
Pour les études in vivo, nous avons établi une méthode pour générer un mutant A961T de poisson-zèbre et caractérisé le gène et le canal orthologue en termes d’expression et d’électrophysiologie.
Résultats :
L’imagerie calcique a révélé une augmentation significative du taux de calcium cytosolique basal dans les NPC et les neurones mutants. L’étude transcriptomique dans ces cellules a permis d'identifier de nombreux gènes dérégulés, notamment des acteurs clés de la signalisation calcique et de multiples canaux ioniques. Dans les NPC et les neurones, un ASO a été testé et identifié comme capable de réduire l'expression de CACNA1G de manière allèle-préférentielle. Chez le poisson-zèbre, un profil d’épissage conservé et une expression télencéphalique ont été caractérisés. L'étude électrophysiologie de cellules HEK293 exprimant le canal Cav3.1 de poisson-zèbre et présentant les mutations correspondantes a montré des altérations similaires à celles observées chez l'homme.
Conclusions :
Ces résultats suggèrent que les mutations SCA42ND impactent significativement l'homéostasie calcique dans les progéniteurs et les neurones en différentiation. Un ASO a été identifié comme candidat pour réduire préférentiellement l’expression de l’allèle muté dans le but d’atténuer l’effet de la mutation.
Mathilde NESSON-DAUPHIN, Karine SIQUIER-PERNET, Lydie BURGLEN, Marion COOLEN, Philippe LORY, Vincent CANTAGREL (Paris)
16:15 - 17:15
#49948 - P110 Les Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Foetale TSAF : pas seulement "e;une histoire de femmes"e;.
P110 Les Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Foetale TSAF : pas seulement "e;une histoire de femmes"e;.
La plupart du temps, parler de TSAF revient à évoquer la consommation d'alcool des femmes pendant la grossesse. Cela conduit inévitablement à pointer du doigt la femme, parfois à la stigmatiser et, bien sûr, à concentrer la responsabilité sur elle.
La consommation masculine a jusqu'à présent été considérée comme un facteur potentiel d'aggravation de la consommation féminine (par effet d'entraînement ou comme facteur associé aux violences conjugales) ; les effets biologiques de la consommation paternelle préconceptionnelle sont encore souvent mis de côté, notamment dans les campagnes de prévention grand public.
L'exposition de souris mâles entraîne des anomalies épigénétiques de l'ADN et de l'ARN des spermatozoïdes, générant une expression anormale de nombreux gènes, notamment impliqués dans la prolifération, la croissance et le développement du placenta et de l'embryon, mais aussi de gènes impliqués dans la morphogenèse cérébrale ou codant pour des enzymes importantes pour le contrôle épigénétique global lui-même.
En 2020, la méta-analyse de Zhang et al. a démontré que la consommation paternelle d'alcool au cours des trois mois précédant la conception était associée à une augmentation de 44 % du risque de cardiopathie congénitale. La consommation occasionnelle et excessive d'alcool, comme le binge drinking, était associée à une augmentation de 52 % du risque de malformations cardiaques congénitales.
En 2023, Thomas et al. ont rapporté que la consommation d'alcool du père avant la conception était associée à des anomalies morphologiques craniofaciales dans des modèles murins. L'exposition paternelle provoquait des différences craniofaciales plus importantes que l'exposition maternelle et plus sévères chez les nouveau-nés de sexe masculin. Récemment, May et al. ont montré que la consommation d'alcool du père était associée à une influence négative indépendante sur la taille, le périmètre crânien et le QI verbal de l'enfant, et que la consommation d'alcool de la mère, combinée à une consommation excessive d'alcool chez l'homme, était associée à des conséquences plus graves du TSAF.
Il est intéressant de noter que notre propre série de patients comprend des cas de patients atteints de TSAF ayant une exposition paternelle avérée, sans aucune preuve d'exposition maternelle.
L'ensemble de ces données, encore sous-déclarées, appelle à des messages de prévention destinés au grand public. Le message doit être « Zéro alcool pendant la grossesse », mais aussi dès le début du projet de grossesse pour la future maman, car la grossesse est souvent découverte plusieurs mois plus tard, et pour le futur papa, car l'alcool est toxique pour les spermatozoïdes.
Bérénice ROY-DORAY (Saint-Denis), Meïssa NEKAA, Silvia IACOBELLI
16:15 - 17:15
#48878 - P114 Troubles liés au gène DNMT1 dans une cohorte française : caractéristiques cliniques, analyses génétiques et profils de méthylation du génome.
P114 Troubles liés au gène DNMT1 dans une cohorte française : caractéristiques cliniques, analyses génétiques et profils de méthylation du génome.
Introduction : La neuropathie sensitive et autonome héréditaire de type 1E (HSAN1E) est une maladie neurodégénérative caractérisée par une triade clinique associant : neuropathie sensitive, surdité et démence précoce. Elle est causée par des mutations dans le gène DNMT1, qui code pour l'ADN-méthyltransférase 1, enzyme responsable du maintien de la méthylation de l'ADN de nos cellules.
Les objectifs de cette étude sont de décrire les génotypes, les phénotypes et la méthylation de l'ADN d’une cohorte de patients français porteurs de mutations dans ce gène.
Matériel et méthode : Nous avons utilisé le séquençage de nouvelle génération ou le séquençage Sanger pour identifier 18 patients avec des mutations de DNMT1, interprétées selon la classification de l'American College of Medical Genetics and Genomics. Nous avons effectué un recueil rétrospectif des caractéristiques cliniques de ces patients. Nous avons analysé la méthylation de l'ADN de ces patients, de leur apparentés non atteints et de 10 échantillons contrôles avec la puce Illumina Infinium MC MethylationEPICv2.0 BeadChip.
Résultats : Nous avons identifié 10 mutations du gène DNMT1, dont 9 sont nouvelles. La mutation c.1706A>G est rapportée chez un cas isolé d’HSAN1E. La mutation, c.1619A>G, a été classée « pathogène ». Deux mutations, c.1706A>G et c.1492+1G>A, ont été classées « probablement pathogènes ». Sept mutations ont été classées « variant de signification incertaine ». Nous avons décrit 2 familles présentant la triade caractéristique de l’HSAN1E et 2 familles avec phénotypes similaires mais sans troubles cognitifs. Nous avons également décrit des patients avec des phénotypes frontières. L'analyse de la méthylation de l'ADN a mis en évidence des similitudes entre 6 patients issus de 3 familles différentes. Ces patients partagent une épisignature spécifique avec 43 079 sites différentiellement méthylés (DMPs) par rapport au groupe contrôle. Une méthylation anormale a été identifiée sur 19 régions régulatrices de gènes associés aux neuropathies héréditaires et 2 régions régulatrices de gènes associés à la démence.
Conclusion : Cette étude permet d'enrichir nos connaissances sur cette maladie, d’une part sur le plan clinique avec la description de nouvelles familles, d’autre part, sur le plan moléculaire avec l'identification de nouvelles mutations de DNMT1. Nous avons trouvé une épisignature particulière chez 3 familles, qui pourrait être utilisée comme biomarqueur de HSAN1E. De plus, nous avons mis en évidence des anomalies de méthylation dans des régions régulatrices de gènes impliqués dans les neuropathies et la démence, ce qui contribuent à une meilleure compréhension de la physiopathologie de cette maladie.
Manon DEVEDJIAN (Marseille), Jérémy GARCIA, Amandine BOYER, Léo VIDONI, Etienne DOUGY, Diane FRANKEL, Romain APPAY, Shahram ATTARIAN, Nathalie BONELLO-PALOT
16:15 - 17:15
#48963 - P118 Étude longitudinale des saccades oculomotricité en eye-tracking dans la maladie de Huntington.
P118 Étude longitudinale des saccades oculomotricité en eye-tracking dans la maladie de Huntington.
La maladie de Huntington (MH) est une affection neurodégénérative héréditaire caractérisée par une triade de symptômes moteurs, psychiatriques et cognitifs. Les mouvements oculaires saccadiques, impliquant des circuits corticaux et sous-corticaux, sont souvent altérés dans la MH. L’oculométrie (eye-tracking) est un outil non invasif déjà utilisé dans d’autres maladies neurodégénératives, mais dont les données spécifiques à la MH restent limitées.
Nous avons conduit une étude monocentrique, prospective et longitudinale incluant 14 patients porteurs d’une MH génétiquement confirmée, suivis au CHU de Dijon. L’objectif de l’étude était de décrire les anomalies oculomotrices aux différents stades de la MH et d’évaluer leur évolution sur 6 mois. A l’inclusion, tous ont bénéficié d’une évaluation clinique (UHDRS, SARA), cognitive (MoCA, BREF), d’un examen oculomoteur clinique et d’enregistrements oculométriques standardisés (saccades horizontales et verticales, antisaccades). Dix patients ont été réévalués à 6 mois.
À l’inclusion, les résultats oculométriques montraient principalement : diminution de la vitesse des saccades (>50 % des patients), augmentation des latences (notamment dans les tâches cognitives frontales : overlap, saccades volontaires et antisaccades), et taux d’erreurs augmenté en antisaccades. Les altérations oculomotrices étaient significativement corrélées à la sévérité motrice (UHDRS) et aux performances cognitives (MoCA, BREF), la corrélation plus forte concernant le taux d’erreurs aux antisaccades et les scores cliniques. De façon inédite, nous avons mis en évidence une corrélation était observée entre l’asymétrie clinique et l’asymétrie des performances oculomotrices, suggérant une atteinte corticale latéralisée. A 6 mois, les corrélations initiales persistaient, sans progression significative, hormis une augmentation du taux d’erreurs en anti saccades. L’absence d’évolution pourrait s’expliquer par la courte durée de suivi et la taille limitée de l’échantillon.
Nos résultats montrent que les altérations du contrôle oculomoteur corrèlent avec la sévérité de la maladie, suggérant un déclin des fonctions motrices et cognitives. L’étude des anti saccades semble particulièrement intéressante pour apprécier la sévérité de la maladie. Ces paramètres pourraient constituer un marqueur quantitatif intéressant pour apprécier l’évolution corticale et sous corticale de la MH, prédire son apparition ou évaluer la progression de la maladie sous traitement. La corrélation entre asymétrie clinique et anomalies oculomotrices ouvre des perspectives pour l’exploration des mécanismes de latéralisation de la neurodégénérescence. Des études longitudinales plus large et sur une durées prolongée sont nécessaires pour confirmer la valeur pronostique de cet outil dans le suivi de la MH.
Manon GAUDILLÈRE, Vincent SCHNEIDER, Thomas THIBAULT, Gwendoline DUPONT, Quentin THOMAS (Dijon), Christelle BLANC-LABARRE
16:15 - 17:15
#49080 - P122 Le Diagnostic PréImplantatoire (DPI) dans les maladies à révélation tardive : état des lieux en France.
P122 Le Diagnostic PréImplantatoire (DPI) dans les maladies à révélation tardive : état des lieux en France.
La loi française précise que le diagnostic préimplantatoire (DPI) est autorisé lorsqu’il existe une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. L'anomalie (ou les anomalies) responsable d'une telle maladie doit avoir été préalablement et précisément identifiée, chez l'un des parents ou l'un de ses ascendants immédiats dans le cas d'une maladie gravement invalidante, à révélation tardive et mettant prématurément en jeu le pronostic vital. Dans de telles maladies, le DPI d’exclusion est par conséquent autorisé.
Ces dernières années, la part du DPI pour maladies à révélation tardive connaît une progression significative dans notre activité. Nous présentons, sous l’égide de la Société Française de Diagnostic Préimplantatoire (SFDPI), les données d’activité de DPI pour ces maladies dans les cinq centres français autorisés (Grenoble, Nantes, Montpellier, Paris et Strasbourg) entre 2022 et 2024. Les demandes étudiées, le nombre d’analyses de DPI, de transferts embryonnaires et leurs issues ont été recueillis, reflétant une activité nationale exhaustive pendant cette période.
Des tests de DPI ont été développés pour de nombreuses indications : maladie de Huntington, ataxies spinocérébelleuses, scléroses latérales amyotrophiques, démences fronto-temporales, maladies génétiques avec variation dans le gène PRNP, maladie d’Alzheimer précoce et amyloses. Un DPI d’exclusion est possible pour la plupart des indications.
Entre 2022 et 2024, 194 demandes de DPI pour maladies à révélation tardive ont été étudiées : 114 pour la maladie de Huntington (dont près de la moitié par exclusion), 33 pour différentes ataxies spinocérébelleuses, et 1 à 8 pour d’autres pathologies neurodégénératives. Une réponse favorable a été donnée dans 73% des cas et 208 analyses de DPI ont pu être réalisées. A l’issue des DPI, 270 transferts d’embryons ont été effectués, aboutissant à 109 grossesses cliniques, 93 accouchements et à la naissance de 97 enfants (8 grossesses en cours).
La prise en charge de patients à risque de transmettre une maladie à révélation tardive confronte les équipes à des situations complexes que le statut de la personne à risque soit connu ou pas. Nous présentons quelques exemples de cas particuliers qui ont suscité des réflexions ou questionnements éthiques ou des difficultés techniques. Notre expérience souligne l’importance d’une bonne information des patients et de leur entourage, et la nécessité d’une étroite collaboration avec les spécialistes de ces pathologies.
Céline MOUTOU (STRASBOURG), Caroline BOSSON, Anne GIRARDET, Charlotte SONIGO, Julie STEFFANN, Gaëlle MELAYE, - SOUS L'ÉGIDE DE LA SFDPI
16:15 - 17:15
#49230 - P126 Diagnostic moléculaire de la Sclérose Latérale Amyotrophique : intégration du RNA-Seq ciblé pour l’interprétation des variants d’épissage.
P126 Diagnostic moléculaire de la Sclérose Latérale Amyotrophique : intégration du RNA-Seq ciblé pour l’interprétation des variants d’épissage.
Le diagnostic moléculaire de la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est essentiel pour la prise en charge des patients, permettant à la fois le conseil génétique et l’accès aux thérapies ciblées. L’un des principaux défis reste l’interprétation des variants d’épissage, qui représentent environ 11 % des Variants de Signification Incertaine identifiés lors du diagnostic génétique des gènes de la SLA. Bien que leur impact puisse être prédit par des outils in silico, seule l’analyse de l’ARN, issu d’échantillons de patients, permet de confirmer leur caractère pathogène. Pour répondre à cette problématique, nous avons mis en place une stratégie de RNA-Seq ciblé (NCT06083584).
À ce jour, 391 patients ont été inclus dans l’étude et le RNA-Seq a été réalisé chez 74 échantillons. Parmi ces patients, 37 présentent un variant détecté par DNA-Seq ciblé, prédit comme ayant un effet sur l’épissage.
Pour traiter les données de RNA-Seq, nous avons développé un pipeline SpliceVariantRNA : workflow reproductible et modulaire implémenté avec Snakemake. À partir des fichiers FASTQ bruts, il assure le contrôle qualité, le trimming, et l’alignement des lectures avec STAR. Les jonctions d’épissage sont identifiées et évaluées statistiquement grâce à SpliceLauncher, qui applique des modèles gamma ou binomiaux négatifs selon la profondeur de lecture. Les jonctions avec une puissance statistique insuffisante sont conservées, afin de ne pas manquer d’événements rares mais cliniquement pertinents.
Notre étude a permis de confirmer le caractère délétère de 10 variants d’épissage et de préciser l’impact fonctionnel de 3 variants pathogènes jamais décrits dans la littérature :
• HNRNPA1 (NM_031157.4):c.1064-1G>C, chez un homme de 51 ans présentant une quadriparésie distale asymétrique lentement progressive prédominant aux membres supérieurs, avec un taux sérique bas de neurofilaments (19 pg/mL). Ce variant induit trois anomalies distinctes de la transcription : un saut de l’exon 10, l’activation d’un site accepteur cryptique dans l’exon 10, et la rétention de l’intron 9.
• CHMP2B (NM_014043.4):c.531+1G>A, chez une femme de 79 ans atteinte d’une SLA/DFT rapidement progressive et ayant des antécédents familiaux de troubles psychiatriques. Ce variant entraîne une rétention de l’intron 5, avec un allèle muté détecté dans 100 % des lectures RNA-Seq contre 39 % des lectures DNA-Seq.
• SQSTM1 (NM_003900.5):c.969+111G>T, identifié chez 2 patientes SLA sporadiques non apparentées. Il créé un site donneur cryptique entraînant l’insertion des 109 nucléotides du début de l'intron 6 et se traduisant par un frameshift et l’apparition d’un codon stop prématuré.
En conclusion, cette approche permet d’optimiser le conseil génétique et d’élargir l’accès aux thérapies ciblées dans la SLA. Nos développements futurs visent à proposer la détection à l’aveugle des défauts d’épissage, en particulier dans les formes familiales sans variant génomique identifié lors de l’analyse DNA-Seq ciblée.
Corentin MARCO, Lucie JUNILHON, Emilien BERNARD, Etienne FORTANIER, Nathalie GUY, Emilie GAMARD, Amélie PETIT, Virgil PERILLEUX, Mickael COQUERELLE, Pascal PHILIBERT, Marie-Claire VINCENT, Anthony BOUREUX, Claire GUISSART (NIMES)
16:15 - 17:15
#49263 - P130 Variants dans les snRNA RNU4-2, RNU6-8 et RNU6-9 : une nouvelle cause de rétinite pigmentaire autosomique dominante.
P130 Variants dans les snRNA RNU4-2, RNU6-8 et RNU6-9 : une nouvelle cause de rétinite pigmentaire autosomique dominante.
La rétinite pigmentaire (RP) constitue un ensemble hétérogène de dystrophies rétiniennes d’origine génétique, caractérisées par une dégénérescence progressive des photorécepteurs, touchant initialement les bâtonnets puis les cônes, conduisant à une atteinte visuelle sévère. La forme autosomique dominante (adRP) est associée à une trentaine de gènes connus, tandis qu’environ 10 % de notre cohorte française adRP restent sans diagnostic génétique. Dans ce travail, nous avons identifié des variants hétérozygotes dans les gènes RNU4-2 et RNU6, chez sept familles non apparentées atteintes d’adRP non syndromique. RNU4-2 et RNU6 codent respectivement pour les petits ARN nucléaires (snRNA) U4 et U6, qui, en association avec U5, constituent le complexe tri-snRNP, élément central du spliceosome majeur. Récemment, plusieurs variants de novo ou autosomiques dominants affectant RNU4-2, RNU5B1 et RNU5A1, codant pour U5, ont été associés à des troubles du neurodéveloppement. De façon intéressante, les variants identifiés dans nos cas d’adRP se regroupent dans des régions distinctes de celles impliquées dans les désordres neurodéveloppementaux, ciblant plus spécifiquement des domaines critiques pour l’assemblage du complexe tri-snRNP avec PRPF3, PRPF8 et PRPF31, également impliqués dans la RP. Ces résultats apportent de nouveaux éléments sur les mécanismes physiopathologiques et ouvrent la voie à l’élaboration de stratégies thérapeutiques « génériques » ciblant ce complexe du spliceosome.
Camille ANDRIEU (Paris), Julien NAVARRO, Lorenzo BIANCO, Alessio ANTROPOLI, Christel CONDROYER, Aline ANTONIO, Saddek MOHAND-SAÏD, Caroline LAURENT-CORIAT, Raphaël ATIA, Amine BENADJI, Vasily SMIRNOV, José-Alain SAHEL, Isabelle AUDO, Christina ZEITZ
16:15 - 17:15
#49317 - P134 Maladie de Charcot-Marie-Tooth: Reclassification de variants introniques de signification inconnue en variants possiblement pathogènes.
P134 Maladie de Charcot-Marie-Tooth: Reclassification de variants introniques de signification inconnue en variants possiblement pathogènes.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est la neuropathie périphérique héréditaire la plus fréquente. A ce jour, alors que plus d’une centaine de gènes sont déjà connus pour être impliqués dans cette maladie, presque deux tiers des patients restent encore sans diagnostic moléculaire. Il est important de noter que le diagnostic actuel des CMT réalisé par séquençage ciblé se concentre principalement sur les régions codantes (exons) des gènes. L’absence de diagnostic génétique pourrait refléter le manque d'investigations des variations introniques dont les variants d’épissage.
Afin de mieux comprendre l’impact des variants introniques, l’utilisation de logiciels de prédiction de défauts d’épissage peut être réalisée, mais il nous semblait important de pouvoir tester in vitro l’effet de ces variations dans un système rapporteur de type « Minigène ».
Nous présentons ici l’étude fonctionnelle de deux variants d’épissage : c.2460-8A>G sur le gène FIG4 et c.1980+1G>A sur le gène MME. Sur les ARN produits, nous avons montré dans le premier cas, la rétention de 7 nucléotides en amont de l’exon et dans le deuxième cas, une rétention de 4 nucléotides en aval de l’exon. Dans les deux cas, un changement du cadre de lecture est donc attendu conduisant à une protéine tronquée.
Les analyses fonctionnelles permettent donc de confirmer l’impact de potentiels variants d’épissage impliqués dans les CMT, conduisant alors au reclassement de variants de signification inconnue en variants possiblement pathogènes.
Angélique NIZOU, Corinne MAGDELAINE, Martine VITRY, Steven NAUD, Paco DEROUAULT, Franck STURTZ, Anne-Sophie LIA (LIMOGES)
16:15 - 17:15
#49369 - P138 HSF1 : une expansion dans le tremblement essentiel.
P138 HSF1 : une expansion dans le tremblement essentiel.
Contexte : Le tremblement essentiel est la pathologie du mouvement la plus fréquente en neurologie avec une prévalence de 1% augmentant avec l’âge. Il s’agit d’une maladie souvent de transmission autosomique dominante. Aucune cause moléculaire fréquente n’a été identifiée en dehors de la découverte récente d’une expansion hétérozygote intronique dans HSF1 chez 20% des familles chinoises (Bi et al., 2025). Cette répétition est constituée des motifs CCCCGCNCCGCCT et CCNCGCCT interrompus. La séquence des interruptions aurait un rôle dans la pathogénicité dans la cohorte chinoise.
Méthodes : 290 personnes issues de 116 familles atteintes de tremblement essentiel, 218 personnes avec ataxie cérébelleuse, 12 cas index avec maladie de Parkinson sélectionnés car ayant un allèle de plus grande taille parmi 78 séquençages long-read Nanopore, et 333 témoins ont été génotypés par migration capillaire d’amplicon pour déterminer la taille de la répétition HSF1.
Résultats : Une seule famille avec tremblement essentiel (1/116 - 0,9%) avait une expansion HSF1 pathogène avec une taille d’amplicon de plus de 750 bases, seuil de l’étude chinoise. L’histoire familiale comporte un tremblement d’attitude des membres supérieurs ayant débuté entre 15 et 50 ans, une dystonie (crampe de l’écrivain) et un syndrome parkinsonien. Étonnement, des cas positifs avec une expansion de plus de 750 bases ont également été retrouvés à la même faible fréquence dans les groupes témoins (2/333 - 0,6%), avec ataxie cérébelleuse (3/218 - 1,4%), et maladie de Parkinson (1/78 - 1,2%).
Conclusion : L’expansion HSF1 est exceptionnelle dans notre cohorte française de familles avec un tremblement essentiel. Sa plus grande fréquence dans la population asiatique provient peut-être d’un effet fondateur dans cette population. Elle est également retrouvée chez des témoins et des personnes atteintes d’autres maladies neurodégénératives. Ceci pourrait questionner son rôle causal ou pointer vers le fait que la prévalence élevée et tardive du tremblement essentiel pourrait expliquer la fréquence de l’expansion dans les populations témoins. Cette actualité ouvre la perspective de pouvoir résoudre les causes de tremblement essentiel avec le séquençage long-read et l’analyse des régions répétées.
Jean-Loup MÉREAUX (Paris), Claire-Sophie DAVOINE, Guillaume COGAN, Thomas WIRTH, Clarisse DELVALLÉE, Claire EWENCZYK, Christel DEPIENNE, Mathieu ANHEIM, Alexis BRICE, Alexandra DURR
16:15 - 17:15
#49426 - P142 Pathogénie des protéines de zonula occludens Claudin-5 et Claudin-25.
P142 Pathogénie des protéines de zonula occludens Claudin-5 et Claudin-25.
La claudine-5 est la protéine de jonction serrée la plus abondante de la barrière hémato-encéphalique. Des perturbations de son expression ont été observées dans des affections neurologiques et neuropsychiatriques. Aucun variant pathogène dans la séquence codante du gène n'a été précédemment mentionné. Nous rapportons l'identification d'une mutation de novo (c.178G>A) dans le gène CLDN5 dans deux cas d'hémiplégie alternante avec microcéphalie. Cette mutation (G60R) se situe dans une boucle extracellulaire de la claudine-5. La modélisation protéique nous a permis de prédire qu'elle modifie la claudine-5 pour en faire un composant jonctionnel sélectif des anions, par opposition à une protéine formant purement une barrière.
Des cellules transfectées de manière stable exprimant la claudine-5 de type sauvage ou le variant G60R ont montré que les jonctions serrées pouvaient encore se former en présence de la mutation G60R, mais que la barrière contre les petites molécules était atténuée et présentait une perméabilité aux ions Cl− plus élevée et une perméabilité aux ions Na+ plus faible.
Cette étude suggère que l'hémiplégie alternante associée à CLDN5 est une canalopathie. C’est le premier exemple de conversion de la barrière hémato-encéphalique en un canal sélectif aux anions, médiée par un variant à action dominante dans CLDN5.
La claudine-25, elle, présente une séquence protéique moins conservée que les autres claudines. Son profil d'expression tissulaire est très large et il n’existe pas d'informations fonctionnelles issues de modèles murins knock-out. Nous rapportons un variant hétérozygote faux sens de novo dans CLDN25 (c. 745G>C, p. A249P) chez un patient ayant une leucodystrophie de type Pelizaeus-Merzbacher et présentant des symptômes incluant un retard du développement moteur, des crises d’épilepsie ou d'absences et une dystonie généralisée. La protéine variante ne se localise pas aux frontières intercellulaires où elle devrait être exprimée. La position 249 de l'acide aminé est située à 4 acides aminés de l'extrémité C-terminale de la protéine où la plupart des membres de la famille des claudines ont un motif de liaison conservé pour la protéine d'échafaudage clé ZO-1. La CLDN-25 ne contient pas ce motif. Nous montrons que l'extrémité C-terminale de CLDN-25 est nécessaire à sa localisation jonctionnelle d'une manière indépendante de ZO-1. Il est à noter que la suppression cellulaire de CLDN25 in vitro semble augmenter l'intégrité de la jonction serrée entre deux cellules, tout en entraînant un mouvement accru de solutés entre les cellules. Nous émettons l'hypothèse que la fonction barrière de la CLDN-25 s'apparente à celle d'une claudine leurre, selon laquelle la diminution de son expression dans les cellules épithéliales et endothéliales « perméables » entraînerait des changements dynamiques dans la capacité d'adhésion et d'interaction des points de contact intercellulaires.
Claude BESMOND, Karine POIRIER, Yosuke HASHIMOTO, Laurence HUBERT (Paris), Mélodie AUBART, Anna KAMINSKA, Marianne ALISON, Isabelle DESGUERRE, Nathalie BODDAERT, Arnold MUNNICH, Matthew CAMPBELL
16:15 - 17:15
#49612 - P146 Variants faux-sens : petites différences, grandes conséquences – Exemple de la Paraparésie Spastique Héréditaire SPG4 (SPAST).
P146 Variants faux-sens : petites différences, grandes conséquences – Exemple de la Paraparésie Spastique Héréditaire SPG4 (SPAST).
Introduction
La variabilité phénotypique observée dans des cohortes de patients porteurs de variants affectant un même gène suggère un impact fonctionnel propre à chaque variant. Leur interprétation nécessite une analyse fine prenant en compte leur nature, leur position dans le gène et leur impact sur la structure protéique.
Pour illustrer la spécificité de différents variants faux-sens, nous avons étudié la Paraparésie Spastique Héréditaire de type 4 (SPG4). Cette maladie de transmission autosomique dominante affecte le faisceau cortico-spinal, résultant en une spasticité des membres inférieurs, et une atteinte cordonale postérieure. SPG4 est causée par des variants non-sens ou faux-sens sur un allèle du gène SPAST qui code pour une protéine de remodelage de microtubules, la spastine. SPG4 présente une grande hétérogénéité phénotypique, avec des âges de début s'étendant de la petite enfance à plus de 70 ans. Un début précoce a été rapporté chez les porteurs de variants faux-sens, bien qu'une variabilité intra-groupe persiste. Nous cherchons à mieux comprendre cette hétérogénéité en étudiant l’impact fonctionnel de ces variants.
Méthodologie
Notre étude porte sur dix variants faux-sens SPAST susceptibles d'affecter un même domaine fonctionnel de la spastine. A l'aide d'une combinaison d’analyses biochimiques, de cellules de patients, de prédictions moléculaires et de données cliniques nous avons caractérisé ces variants et recherché des corrélations génotypes-phénotypes.
Résultats
Une quantification sur lymphoblastes de patients montre qu’un variant (p.I406V) entraîne une baisse du niveau protéique, équivalente à celle d'un variant non-sens. Pour les autres variants étudiés, des expériences de co-expression de la forme sauvage et des variants de SPAST suggèrent que trois d'entre eux ont un effet dominant-négatif, inhibant le remodelage des microtubules par la protéine non mutée. L’analyse des données cliniques montre que les patients porteurs de ces trois variants présentent un âge de début précoce ainsi qu’une déficience intellectuelle (DI) chez certains. L'analyse du génome de ces patients n'a pas identifié d’autres causes génétiques de DI, suggérant que cela est lié à la présence du variant SPAST.
Conclusion
L’analyse de variants faux-sens dans le gène SPAST montre des effets fonctionnels distincts. Nous avons identifié un sous-groupe de variants présentant un effet dominant négatif, associé à un début précoce avec DI. Ce travail illustre l’importance du tandem recherche/médecine personnalisée, fondé sur une approche position-dépendante des variants, afin de permettre une interprétation plus précise de leurs effets, avec un impact clinique direct et un ciblage thérapeutique efficace.
Léa BERNACHOT (Paris), Jean-Loup MEREAUX, Claire-Sophie DAVOINE, Giulia COARELLI, Alexandra DURR, Frédéric DARIOS
16:15 - 17:15
#49916 - P150 Apport de la cohorte Genhypopit dans les déficits isolés en hormone de croissance de cause génétique.
P150 Apport de la cohorte Genhypopit dans les déficits isolés en hormone de croissance de cause génétique.
Objectif :
Analyser une cohorte de patients atteints de déficit isolé en hormone de croissance (IGHD) d’origine génétique, et discuter les corrélations génotype/phénotype associées.
Méthodologie :
Cette étude inclut tous les patients présentant un IGHD adressés pour une analyse génétique par séquençage haut débit (NGS) via le réseau Genhypopit entre 2017 et 2024, chez qui une cause génétique a été identifiée.
Résultats :
Parmi 205 cas index d’IGHD, 23 patients (11,7 %) présentaient une variation pathogène (P) ou probablement pathogène (LP). L’âge moyen au diagnostic était de 3,9 ans, et la moitié des patients présentaient une hypoplasie hypophysaire. Les causes génétiques prédominantes concernaient les gènes impliqués dans la sécrétion de l’hormone de croissance (70 %) : 39 % des variations identifiées affectaient le gène GH1, majoritairement dans un contexte de transmission autosomique dominante ; 13 % concernaient GHRHR et 18 % GHSR, avec une transmission autosomique dominante ou récessive et une pénétrance incomplète. Les anomalies génétiques touchant les gènes du développement hypophysaire étaient plus rares (30 %), GLI2 étant le gène le plus fréquemment impliqué (13 %), toujours associé à un syndrome d'interruption de tige. D’autres anomalies génétiques ont été identifiées dans POU1F1 (9 %), HESX1 (4 %) et SOX3 (4 %). Nous rapportons dix nouvelles variations P ou LP, un cas original de mosaïcisme GH1, et élargissons les phénotypes associés à l’IGHD d’origine génétique, notamment des déficits hypophysaires transitoires ou des anomalies osseuses.
Conclusion :
Notre étude élargit le spectre des mutations décrites dans l’IGHD. Les gènes impliqués dans la sécrétion de l’hormone de croissance restent les plus fréquents, mais elle rappelle que les gènes du développement hypophysaire peuvent être impliqués.
Karine AOUCHICHE (), Pauline ROMANET, Anne BARLIER, Alexandru SAVEANU, Rachel REYNAUD
16:15 - 17:15
#49980 - P154 DPS de l’ALD/AMN liée au gène ABCD1 : découverte fortuite d’un second variant familial révélé par la discordance entre les données biochimiques et génétiques.
P154 DPS de l’ALD/AMN liée au gène ABCD1 : découverte fortuite d’un second variant familial révélé par la discordance entre les données biochimiques et génétiques.
Introduction:
L’adrénoleucodystrophie/adrénomyéloneuropathie (ALD/AMN) liée au gène ABCD1 (Xq28) constitue un spectre phénotypique hétérogène pouvant toucher le système nerveux central, périphérique et le cortex surrénalien. Les acides gras à très longue chaîne (AGTLC) représentent un biomarqueur biochimique relativement spécifique de cette pathologie bien que leur élévation puisse également résulter d'autres causes plus rares de dysfonctionnement peroxysomal. La confirmation moléculaire par l'identification d’un variant pathogène ou probablement pathogène dans le gène ABCD1 demeure ainsi indispensable non seulement pour établir un diagnostic définitif mais aussi pour permettre le conseil génétique et le diagnostic présymptomatique (DPS). Dans ce contexte, le DPS constitue un enjeu majeur pour les porteurs de sexe masculin à risque de forme cérébrale rapidement évolutive nécessitant une surveillance rapprochée et un traitement salvateur en temps opportun.
Méthodes :
Deux patients asymptomatiques (une femme et un homme adultes) ont été adressés pour un DPS moléculaire dans le cadre d’un antécédent familial d’AMN liée au gène ABCD1. Le DPS a été réalisé au sein d’une équipe déclarée à l’Agence de la biomédecine, selon un protocole court incluant deux prélèvements indépendants.
Les analyses biochimiques comprenaient le dosage des AGTLC par spectrométrie de masse en tandem avec dilution isotopique ainsi qu’un dosage de C26:0-lysophosphatidylcholine (C26:0-lysoPC). Les analyses génétiques ont consisté en un séquençage SANGER ciblé pour le premier variant familial, suivi d’un séquençage SANGER de l’ensemble de la séquence codante et des régions introniques flanquantes, analysé avec le logiciel SeqScape (Applera).
Résultats :
Chez les deux patients, l’élévation des AGTLC (analyse prescrite par le médecin traitant) contrastait avec l’absence de détection du variant familial c.1166G>A p.(Arg389His). Cette discordance a conduit à un redosage des AGTLC et du C26:0-lysoPC, confirmant un dysfonctionnement peroxysomal. Un séquençage complet du gène ABCD1 a mis en évidence un second variant familial c.901-5C>A p.(?), classé probablement pathogène selon les critères ACMG et répertorié dans la base internationale des variants ABCD1 chez des patients atteints d’ALD. Par conséquent, le DPS a été réitéré chez les membres de la famille initialement testés négatifs pour le premier variant familial.
Conclusion :
Le DPS pour l’AMN/ALD liées au gène ABCD1 devrait reposer sur l’analyse moléculaire plutôt que sur le dosage des AGTLC, susceptible d’entraîner des interprétations erronées. La détection fortuite d’un taux élevé d’AGTLC par une analyse non indiquée dans le cadre du DPS, rappelle une situation similaire au dépistage néonatal, mais à l’âge adulte. À ce jour, cette pathologie n’est pas incluse dans le programme de dépistage néonatal en France, bien qu’elle puisse le devenir à l’avenir.
Sarra BOURI, Manon DEGOUTIN (Bordeaux), Foudil LAMARI, Sébastien MOUTTON, Natacha SLOBODA, Chloé ANGELINI, Cyril GOIZET
16:15 - 17:15
#49571 - P158 A propos des connexinopathies : description d’une grande famille avec surdité non syndromique autosomique dominante liée à GJB6.
P158 A propos des connexinopathies : description d’une grande famille avec surdité non syndromique autosomique dominante liée à GJB6.
Les variations pathogènes des connexines humaines sont responsables de multiples affections, également connues sous le nom de connexinopathies. Les variations des gènes GJB2 (codant la connexine 26) et GJB6 (codant la connexine 30) sont principalement liées à une forme autosomique récessive non syndromique de déficience auditive. Dans la littérature, les variations pathogènes de transmission autosomique dominante du gène GJB6 ont été associées à deux pathologies distinctes. La première est le syndrome de Clouston qui est caractérisé par une triade comprenant dystrophie unguéale, alopécie et hyperkératose palmo-plantaire. La seconde est une cause très rare de surdité non syndromique rapportée chez trois patients d’une famille italienne [Grifa et al. 1999] et chez un patient chinois indépendant [Pan et al, 2022] avec la même variation faux-sens p.Thr5Met. Le phénotype de ces patients varie d’une forme légère à profonde de surdité. Nous rapportons ici une grande famille avec une surdité de perception bilatérale dominante, non syndromique, de sévérité moyenne à profonde, touchant treize patients sur cinq générations. Les analyses génétiques ont identifié le variant faux-sens probablement pathogène c.173C>G, p.(Pro58Arg) de GJB6. Le séquençage du génome réalisé chez un patient atteint n’a pas retrouvé d’autre variation délétère. L’âge de début de la surdité varie dans la famille d’une forme congénitale à un début à l’âge adulte. La plus jeune patiente de la famille porteuse de la variation n’a pas développé de surdité à l’âge de 4 ans. En conclusion, notre observation renforce l’hypothèse de l’implication de GJB6 dans une forme très rare de surdité non syndromique dominante à expressivité variable.
Elise BRISCHOUX-BOUCHER (Besançon), Michaela RENDEK, Cecile CZAJKA, Renaud TOURAINE, Laurence JONARD, Juliette PIARD
16:15 - 17:15
#49823 - P162 Spectre clinique des variations bialléliques de NARS2.
P162 Spectre clinique des variations bialléliques de NARS2.
Les variations bialléliques de NARS2, gène codant pour la synthétase de l'ARN de transfert de l'Asparagine, sont principalement associées à la Combined oxidative phosphorylation deficiency-24 (COXPD24). Plusieurs présentations cliniques sont décrites : myopathie isolée d'une part, et encéphalopathie mitochondriale à début précoce d'autre part, qui associe différents symptômes comme un retard de développement, une épilepsie réfractaire, une hypotonie, une neuropathie auditive et des anomalies cérébrales consistantes avec un syndrome de Leigh. Initialement, une unique famille avait été décrite avec quatre individus (deux femmes et deux hommes) présentant une surdité de perception précoce isolée (DFNB94), mais les deux patientes ont également une insuffisance ovarienne précoce, faisant penser à un syndrome de Perrault. Une dernière famille (trois atteints) est décrite avec une importante hétérogénéité phénotypique intrafamiliale : surdité de perception précoce isolée ou associée à une épilepsie et des troubles psychiatriques ou à une polyneuropathie périphérique.
Nous rapportons deux familles avec variations bialléliques de NARS2. La première est un cas sporadique, une fille de 6 ans présentant une surdité bilatérale sévère à profonde de type neuropathie auditive et des variations hétérozygotes composites de NARS2, NM_024678.6:c.206C>T d'origine maternelle et NC_000011.10:g.78476711_78486358del d'origine paternelle. La deuxième famille comporte cinq enfants atteints d'une fratrie de sept. Ces patients présentent tous une surdité congénitale ou prélinguale rapidement progressive, associée chez deux d'entre eux à des troubles neuromusculaires progressifs correspondant à une polyneuropathie sensitive périphérique avec atteinte musculaire. Les cinq enfants présentent la variation c.922-21_922-19del, p.(=) de NARS2 à l'état homozygote.
En conclusion, les variations bialléliques de NARS2 sont responsables d'un spectre phénotypique, avec parfois une hétérogénéité intrafamiliale importante. Un plus grand nombre de familles sera nécessaire pour préciser les différentes atteintes et aider à la prise en charge globale des patients, y compris en termes de surveillance, pronostic et conseil génétique.
Margaux SEREY-GAUT (Paris), Hippolyte MENOU, Isabelle ROUILLON, Sophie ACHARD, Diane LANTZ, Nathalie PETROFF, Fabienne SAINT JALMES, Marie HULLY, Manuel SCHIFF, Ralyath BALOGOUN, Pierre BLANC, Giulia BARCIA, Laurence JONARD, Sandrine MARLIN
16:15 - 17:15
#49579 - P166 Implication potentielle des variants bi-alléliques de POLRMT dans les anémies sidéroblastiques congénitales.
P166 Implication potentielle des variants bi-alléliques de POLRMT dans les anémies sidéroblastiques congénitales.
Les anémies sidéroblastiques congénitales (ASC) sont caractérisées par une différenciation érythroïde anormale. Les gènes communément décrits sont impliqués dans 4 voies mitochondriales : i) la synthèse de l'hème ; ii) la synthèse et le transport des clusters Fe-S ; iii) la formation des ARNt et iv) le fonctionnement de la chaîne respiratoire. Cependant 30 % des ASC demeurent inexpliquées sur le plan moléculaire avec les panels de gènes utilisés en routine. Afin d'identifier de nouveaux variants chez des patients génétiquement inexpliqués, nous avons utilisé une approche de séquençage d’exome focalisé sur la voie mitochondriale. Nous avons identifié dans 2 familles non apparentées des cas index (P1 et P2) porteurs de variants bi-alléliques « perte de fonction » de POLRMT, gène nucléaire codant pour une transcriptase de l’ADN mitochondrial. P1 et P2 (15 et 22 ans) sont suivis pour une anémie chronique arégénérative nécessitant des transfusions itératives. Dans les 2 cas, le myélogramme objective une érythroblastopénie et des sidéroblastes en couronne. A ce jour, des variants de POLRMT ont été décrits dans des mitochondriopathies à expression neurologique, mais sans défaut érythroïde rapporté.
Nous avons étudié les conséquences de l’inhibition chimique de POLRMT par IMT1 sur un modèle de différenciation érythroïde de cellules souches hématopoïétiques in vitro. L'exposition de cellules CD34+ normales issues de cytaphérèse à 0,2 µM d'IMT1 inhibe la prolifération cellulaire, bloque la différenciation érythroïde avec défaut d’acquisition de la glycophorine A et perte du potentiel clonogénique érythroïde. L'analyse par RNAseq confirme la diminution de l'expression des gènes associés à la maturation érythroïde et à la synthèse de l'hème. L'exposition à IMT1 diminue fortement l'expression transcriptionnelle des composants mitochondriaux de la chaîne respiratoire (MT-ND1), sans variation des composants nucléaires (NDUFB8). L'inhibition de POLRMT augmente la masse mitochondriale, modifie le métabolisme énergétique mitochondrial et altère la morphologie mitochondriale des érythroblastes.
Nous avons ensuite validé ces résultats à partir des cellules primaires de P1, mises en différenciation érythroïde ex vivo, nous avons observé les mêmes anomalies, bien que plus modérées : un retard de différenciation érythroïde à J9, une prolifération diminuée, une augmentation de la masse mitochondriale et une diminution de l'expression des transcrits mitochondriaux des complexes de la chaîne respiratoire.
Ces résultats confirment l’importance de la transcription mitochondriale médiée par POLRMT pour permettre la phosphorylation oxydative requise pendant l'érythropoïèse. Le déficit de maturation et de prolifération érythroïde observé à partir des cellules primaires de P1 plaide en faveur de la pathogénicité des variants bi-alléliques de POLRMT dans la physiopathologie de l'anémie, et à plus large échelle en faveur de l’ajout de ce gène dans les panels diagnostiques des ASC.
Ophélie EVRARD (Amiens), Cécile DELESCHAUX, Sophie D. LEFEVRE, Hakim OULED-HADDOU, Platon JESSICA, Kahia MESSAOUDI, Valérie LI THIAO TE, Catherine PAILLARD, Jean-Pierre MAROLLEAU, Mariano OSTUNI, Caroline KANNENGIESSER, Loïc GARÇON
16:15 - 17:15
#49851 - P170 Intérêt des outils SPIDER et CafeVariome pour Mitomatcher, base de données française pour les maladies mitochondriales.
P170 Intérêt des outils SPIDER et CafeVariome pour Mitomatcher, base de données française pour les maladies mitochondriales.
Les maladies mitochondriales sont des maladies génétiques rares, cliniquement et génétiquement extrêmement hétérogènes, causées par un déficit de production énergétique via les mitochondries. La mitochondrie a la particularité d’être sous la dépendance de 2 génomes, mitochondrial (ADNmt) et nucléaire, avec de nombreux variants pathogènes responsables de ces pathologies. Il existe de nombreux mécanismes de communication et de régulation entre ces 2 génomes, encore mal compris, impliqués dans le contrôle et le maintien de la biogénèse mitochondriale. L’ensemble de ces mécanismes joue un rôle important dans l’hétérogénéité clinique et génétique présentée par les patients atteints de maladie mitochondriale.
Mitomatcher, est une base de données française pour les maladies mitochondriales, implémentée par l’ensemble des laboratoires du réseau MitoDiag en lien avec les centres de référence nationaux (CARAMMEL et CALISSON) et la filière maladies rares Filnemus. Actuellement, Mitomatcher comporte les données phénotypiques et génétiques de plus de 6000 patients. L'un des principaux défis rencontrés dans la base de données Mitomatcher est l'identification des patients ayant réalisé des analyses mitochondriales dans différents centres du réseau Mitodiag, ainsi que des patients auxquels plusieurs identifiants ont été attribués au sein d'un même centre. Pour résoudre ce problème tout en préservant la confidentialité des patients, nous avons eu recours à un outil de pseudonymisation SPIDER développé au sein de l'infrastructure européenne des registres des maladies rares (ERDRI). Cette solution a fourni un moyen sécurisé et standardisé de reconnaître les patients ayant eu une analyse mitochondriale au sein du réseau Mitodiag sans révéler leur identité personnelle, représentant une approche prometteuse pour surmonter l'un des principaux écueils des bases de données comme Mitomatcher.
Dans le cadre de la mise à disposition des données, nous avons développé un module de requête CafeVariome adapté à Mitomatcher qui permet d’interroger et de croiser ces données clinico-biologiques.
Le développement de Mitomatcher va ainsi nous permettre de mieux comprendre les mécanismes moléculaires responsables de l’hétérogénéité clinico-génétique des maladies mitochondriales grâce au projet Mitomics qui en émane (ANR-France 2030). En effet, l’intégration des données multi-Omics (transcriptomiques/protéomiques/ métabolomiques) combinée aux données cliniques et génomiques (WES, WGS) dans MitoMatcher devrait aider à mieux appréhender la complexité de ces pathologies.
A terme, les résultats obtenus permettront d’identifier de nouvelles corrélations génotype/phénotype, de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques via une approche intégrée multi-OMICs afin de mieux cibler les voies spécifiques et le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les maladies mitochondriales.
Viviane NGUEFACK NGOUNE (Angers), Sai Anuhya A. NALAGANDLA, Mickaella HEITZ, Richard QUENTIN, Pierre-Hadrien BECKER, Eléonore BIRGY, Cécile ROUZIER, Annabelle CHAUSSENOT, Samira AIT-EL-MKADEM SAADI, Bruno FRANCOU, Marco LORENZI, Pauline GAIGNARD, Céline BRIS, Mitodiag RÉSEAU, Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER, Karine ROTTIER, Andri PAPADOPOULOU, Anthony J BROOKES, Sylvie BANNWARTH, Vincent PROCACCIO
16:15 - 17:15
#48630 - P174 Prévalence élevée des épimutations constitutionnelles de BRCA1 chez les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif précoce.
P174 Prévalence élevée des épimutations constitutionnelles de BRCA1 chez les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif précoce.
Environ 5 à 8% des femmes de la population générale sont porteuses d'une méthylation constitutionnelle du promoteur du gène BRCA1 (désignée ci-après « épimutation »). Ces épimutations ne sont pas héréditaires, il s'agit de mosaïques qui apparaissent de novo au cours de l'embryogénèse. Bien que leur impact sur le risque de cancer est inférieur à celui des variants pathogènes (VP) génétiques de BRCA1, les épimutations constitutionnelles de BRCA1 sont plus fréquentes chez les patientes atteintes de cancer du sein triple négatif (CSTN) que chez les femmes indemnes (odds ratios allant de 2,3 à 4,7) [Lonning et al., JAMA Oncol 2022 ; Nikolaienko et al., Genome Med 2023]. Plusieurs études suggèrent une apparition plus précoce des CSTN chez les porteuses d’épimutations de BRCA1, mais ces études incluent très peu de patientes atteintes de CSTN à un âge jeune [Prajzendanc et al., Int J Cancer 2020 ; Al-Moghrabi et al., IJMS 2024 ; Glodzik et al., Nat Commun 2020].
Nous avons évalué, par MS-HRM (Methylation-Sensitive High-Resolution Melting), la prévalence des épimutations de BRCA1 dans une large cohorte de 112 patientes atteintes d’un CSTN précoce (≤ 30 ans) mais non-porteuses de VP génétiques dans 14 gènes de prédisposition au cancer (BRCA1, BRCA2, PALB2, RAD51C, RAD51D, PTEN, ATM, CHEK2, CDH1, TP53, MLH1, MSH2, MSH6, PMS2). Nous avons comparé cette cohorte à 87 patientes atteintes de CSTN à début précoce et porteuses de VP prédisposants, ainsi qu’à 93 patientes atteintes de CSTN à début tardif (≥ 70 ans) sans VP prédisposants.
Nous avons observé une prévalence élevée des épimutations de BRCA1 parmi les patientes atteintes de CSTN avant 30 ans sans VP prédisposant (38/112, soit 33,9 %). Cette prévalence étaient beaucoup plus élevé que chez les patientes de moins de 30 ans porteuses d'un VP prédisposant (1/87, soit 1,1 %, p < 0,001), ou que chez les patientes âgées de plus de 70 ans (11/93, soit 11,8 %, p < 0,001). Ces différences restaient significatives en restreignant l’analyse aux épimutations à ratio allélique élevé (plus de 10 % d’allèles méthylés) ou en restreignant aux épimutations à ratio allélique faible (moins de 1 % d’allèles méthylés).
Nos résultats soulignent le rôle des épimutations de BRCA1 dans le risque de CSTN et plaident en faveur de leur intégration dans les modèles multifactoriels utilisés pour calculer un risque personnalisé de cancer du sein.
Mathias SCHWARTZ, Sabrina IBADIOUNE, Hélène DELHOMELLE, Solenn BARRAUD, Sandrine CAPUTO, Olfa TRABELSI-GRATI, Marie-Charlotte VILLY, Laugé ANTHONY, Tang ROSELINE, Etienne ROULEAU, Emmanuelle MOURET-FOURME, Dominique STOPPA-LYONNET, Eric PASMANT, Chrystelle COLAS (PARIS), Ivan BIECHE
16:15 - 17:15
#49000 - P178 Syndrome de Werner de phénotype modéré identifié par la pré-indication « oncogénétique » du plan France médecine génomique.
P178 Syndrome de Werner de phénotype modéré identifié par la pré-indication « oncogénétique » du plan France médecine génomique.
Nous rapportons le cas d’un homme de 36 ans, non-fumeur, présentant un adénocarcinome pulmonaire découvert à 32 ans, sans autre antécédent. Sur le plan familial, sa mère a présenté un cancer de la thyroïde à 58 ans et un cancer du rectum à 63 ans.
Face au jeune âge au diagnostic, une analyse de génome (WGS) en trio, lui a été proposée, dans le cadre de la préindication oncogénétique du plan France Médecine Génomique. Un filtre facilitant la détection des variants à fort impact a mis en évidence un variant pathogène (VP) d‘origine maternelle du gène WRN. Ce gène est impliqué de façon récessive dans le syndrome de Werner (OMIM 277700) caractérisé par un vieillissement prématuré se manifestant par l’apparition précoce d’atteintes telles que cataracte, ulcères, hypogonadisme, artériosclérose, diabète et cancers (notamment sarcomes, cancers thyroïdiens et cutanés, avec un âge moyen au diagnostic de 43 ans) associé à une petite taille et à une lipodystrophie.
Une lecture poussée à la recherche d’un second hit paternel, a mis en évidence deux variants de signification inconnue (VSI) introniques. L’association de ces VSI a déjà été décrit dans la littérature chez un patient avec un tableau clinique modéré de Werner, en trans d’un autre VP. L’étude ARN long-read de Miller et al. mettait en évidence une altération d’épissage potentiellement expliquée par l’un des VSI.
Néanmoins, à ce stade, l’analyse de transcrits short read réalisée chez notre patient ne met pas en évidence d’altération d’épissage.
Les résultats du WGS ont conduit à un rétrophénotypage du patient qui étaye le diagnostic de syndrome de Werner selon les critères d’Oshima et al. En effet, le patient a une petite taille, une canitie, une peau scléreuse, un morphotype caractéristique (dysmorphie, lypodystrophie, voix), il présente une maladie athéromateuse asymptomatique (coronaire, fémorale, calcification vasculaire) et un diabète. De plus, la localisation de son cancer a déjà été rapportée chez des patients avec syndrome de Werner. En revanche, il n’a pas de cataracte, son bilan hormonal est normal et il ne présente pas de calcification tendineuse.
Face à ce tableau caractéristique, des investigations complémentaires sont envisagée afin d’apporter des arguments pour la pathogénicité de l’haplotype paternel. L’éventuel caractère hypomorphe de ce dernier ainsi que l’âge du patient pourrait expliquer l’aspect modéré du tableau clinique.
Ce cas illustre l’apport du WGS en trio pour des tableaux oncologiques précoces ou atypiques qui peuvent être associés à des prédispositions syndromiques modérées (non détectée initialement). Il souligne l’importance de la démarche biologique nécessaire à l’interprétation de génome en l’absence d’orientation diagnostique, ainsi que celle de la disponibilité de techniques complémentaires en aval. Il met également en lumière l’importance de l’examen clinique du généticien et du dialogue entre biologistes et cliniciens dans les études génétiques larges.
Léa VEYRUNE (Paris), Mélanie PAGES, Hélène DELHOMELLE, Benjamin DAURIAT, Nancy UHRHAMMER, Maude PRIVAT, Abderaouf HAMZA, Johan CHANAL, Jean François PERREGAUX, Antonio GALLO, Lisa GOLMARD, Chrystelle COLAS
16:15 - 17:15
#49206 - P182 Un outil visuel pour harmoniser les indications d’analyse génétique chez l’adulte développant un cancer ou des polypes gastro-intestinaux.
P182 Un outil visuel pour harmoniser les indications d’analyse génétique chez l’adulte développant un cancer ou des polypes gastro-intestinaux.
Les indications d’analyse génétique chez les patients adultes atteints de tumeur solide maligne ou de polypes gastro-intestinaux sont multiples et dispersées au sein de diverses ressources. Nous proposons un outil complet et pragmatique visant à les harmoniser. S'appuyant sur les recommandations internationales, GeneReviews et la littérature récente, nous avons compilé ces indications sous forme de tableaux et figures récapitulatifs visuels, organisés à partir de la pathologie tumorale présentée par le patient. Cette démarche inverse le schéma classique, qui part généralement d’une prédisposition génétique connue vers les risques tumoraux associés. Notre outil facilite l'identification rapide des patients éligibles à un test et conseil génétiques, optimisant ainsi leur prise en charge, et éventuellement la prise de décision thérapeutique, et l'évaluation du risque familial.
Audrey GUILMOT, Magali BELPAIRE (Bruxelles, Belgique), Eric OLINGER, Anne DE LEENER, Kevin PUNIE, François P. DUHOUX
16:15 - 17:15
#49272 - P186 Impact d'un programme de détection précoce et de prévention personnalisée des cancers chez des patients porteur d'un syndrome de Lynch.
P186 Impact d'un programme de détection précoce et de prévention personnalisée des cancers chez des patients porteur d'un syndrome de Lynch.
Contexte :
Le syndrome de Lynch (SL) est l’un des syndromes héréditaires de prédisposition au cancer les plus fréquents. Il augmente le risque de développer différents cancers, notamment ceux du tractus digestif et du système gynécologique, nécessitant une surveillance rapprochée. Interception est un programme pilote français, déployé à l’échelle nationale, axé sur la détection précoce et la prévention personnalisée des individus à haut risque de cancer.
Méthodes :
Les individus porteurs du syndrome de Lynch, sans antécédent personnel de cancer ou en rémission depuis plus de deux ans, ont été invités à participer au programme. Celui-ci débute par une journée dédiée incluant des analyses sanguines et urinaires, un atelier d’éducation sur le SL, ainsi que des ateliers sur la nutrition et l’activité physique. Un plan de prévention personnalisé et partagé est élaboré pour chaque participant. Le suivi est à la fois dématérialisé (via une webplateforme) et physique. Le score WCRF (Fonds mondial pour la recherche contre le cancer) est enregistré pour chaque participant à l'initiation du programme puis tous les ans. Un test t apparié a été utilisé pour comparer les scores après un an.
Résultats :
Entre janvier 2022 et avril 2025, 106 porteurs du SL ont participé à la consultation en un jour (70 femmes, 36 hommes, âge médian 44 ans). Parmi eux, 35 (33 %) étaient porteurs de mutations MSH6, 28 (26 %) MSH2, 25 (24 %) MLH1 et 18 (17 %) PMS2. La durée médiane de suivi est de 17,5 mois [10,9 ; 25,4]. Parmi les 33 participants ayant rempli le questionnaire WCRF à un an, le score médian était de 4,75 [4,00 ; 5,50] contre 4,25 [3,50 ; 5,00] au départ (p = 0,16). Seize participants (48 %) ont amélioré leur score (≥ 0,25) tandis que 2 (6 %) sont restés stables. L’adhésion au programme de dépistage était élevée (95 %). Cinq participants ont développé un cancer : 1 adénocarcinome du jéjunum stade I, 1 adénocarcinome du côlon stade II, 2 adénocarcinomes du pancréas (stades I et IV), et 1 carcinome thymique stade II.
Conclusion :
Dans ces résultats préliminaires, le programme Interception pour les participants atteints du syndrome de Lynch démontre une bonne adhésion au dépistage et une amélioration significative du mode de vie. Les résultats de détection des cancers sont prometteurs, avec un diagnostic à un stade précoce (≤ stade II) dans 4 cas sur 5 et un seul cancer du pancréas diagnostiqué à un stade avancé. Ces résultats doivent être confirmés par un suivi plus long.
Thomas PUDLARZ (Villejuif), Tarek BEN AHMED, Lucie VERON, Pamela ABDAYEM, Claire BLADIER, Geraldine CAMILLERI, Simona COSCONEA, Laura DIEBAKATE, Helene CARON, Bruno RAYNARD, André TARDIEU, Maryan CAVICCHI, Michel DUCREUX, Olivier CARON, Suzette DELALOGE
16:15 - 17:15
#49320 - P190 Prévalence des altérations en mosaïque du gène APC chez les patients avec polypose adénomateuse colorectale (ou multiples polypes adénomateux) inexpliquée.
P190 Prévalence des altérations en mosaïque du gène APC chez les patients avec polypose adénomateuse colorectale (ou multiples polypes adénomateux) inexpliquée.
Introduction
Les polyposes adénomateuses colorectales sont une indication d’étude génétique constitutionnelle. En cas de négativité, il convient d’évoquer l’implication d’un gène non encore identifié, mais également une altération en mosaïque du gène APC, voire la contribution de facteurs d’environnement. Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer la prévalence des altérations en mosaïque du gène APC dans cette situation et de décrire la nature des variants pathogènes (VP) du gène APC.
Patients et méthode
L’étude a porté sur 127 patients avec polypose adénomateuse colorectale ou polypes adénomateux colorectaux multiples et étude génétique constitutionnelle négative, issus de 4 centres parisiens de prise en charge des personnes prédisposées héréditairement aux cancers du tube digestif. Une présentation familiale évocatrice d’une altération génétique héritée et les histologies non adénomateuses étaient des critères d’inéligibilité. L’étude moléculaire a consisté en un séquençage d’un panel de gènes. Le diagnostic d’altération en mosaïque du gène APC était retenu en cas d’identification d’un VP du gène APC partagé entre ≥ 3 lésions coliques (adénome et/ou adénocarcinome) ou entre ≥ 1 lésion colique et la muqueuse colique saine.
Résultats
Au total, 363 prélèvements ont été adressés au laboratoire (338 lésions coliques et 25 prélèvements de muqueuse saine) parmi lesquels 72 ont été exclus (56 non contributifs et 16 suspects de correspondre à des contaminations). Un nombre de prélèvements contributifs suffisant n’était finalement disponible au moment de l’analyse que pour 59 patients, soit 50,86% de l’effectif. Le diagnostic d’altération en mosaïque du gène APC a été retenu pour 22 des 59 patients « informatifs », soit 37,28% des cas. Le variant d’épissage c.835-8 A>G du gène APC associé à la signature moléculaire SBS88 en lien avec l’exposition à la colibactine produite par les souches Pks+ (Polyketide synthase) de E. Coli et d’autres bactéries représentait une part significative des VP somatiques du gène APC. Il était identifié chez 17 des 59 patients informatifs. Une PRC Pks était positive pour 11 des 50 patients testés de ce groupe. Il n’existait pas de différence significative pour la fréquence du VP d’épissage c.835-8 A>G d’APC ni pour le taux de positivité de la PCR Pks entre les patients avec et sans altération en mosaïque du gène APC.
Conclusion
Une altération en mosaïque du gène APC a été identifiée chez plus d’un tiers des patients de notre étude. Ce diagnostic doit donc être systématiquement évoqué dans une telle situation même si la stratégie diagnostique est difficile à mettre en œuvre comme en atteste la forte proportion de patients « non informatifs » (45%). L’exposition aux bactéries Pks+ productrices de colibactine est fréquente. Elle pourrait rendre compte de certains phénotypes et agir comme « co-facteur environnemental » chez les patients avec altération en mosaïque du gène APC.
Bruno BUECHER (PARIS), Antoine DARDENNE, Marine LE MENTEC, Marion DHOOGE, Jeanne NETTER-COTI, Solenne FARELLY, Marie-Clémence GORENSTEIN, Ivan BIÈCHE, Anne SCHNITZLER, Guillaume PERROD, Albain CHANSAVANG, Eric PASMANT, Olfa TRABELSI-GRATI, Chrystelle COLAS, Keltouma DRIOUCH
16:15 - 17:15
#49351 - P194 Naissance de 77 enfants européens issus d’un donneur de sperme porteur d’une mosaïque germinale de TP53 : enjeux médicaux et appel à une régulation internationale.
P194 Naissance de 77 enfants européens issus d’un donneur de sperme porteur d’une mosaïque germinale de TP53 : enjeux médicaux et appel à une régulation internationale.
Le don de gamètes est primordial pour les couples confrontés à des problèmes de fertilité ainsi que les familles homo- ou monoparentales. L’allongement des délais, dû à la demande croissante et au faible nombre de dons, conduit alors nombre d’entre eux à se tourner vers des banques de spermes privées, pouvant ainsi entraîner, à l’échelle européenne, de multiples familles à avoir recours au même donneur. Nous rapportons ici le cas de d’enfants atteints de cancer, issus de grossesses obtenues entre 2005 et 2013 à partir du même donneur de sperme asymptomatique. Ce dernier est porteur au niveau germinal, d’une variation en mosaïque du gène TP53, responsable du syndrome de Li-Fraumeni (LFS), une prédisposition héréditaire au cancer rare et particulièrement sévère, caractérisée par un large spectre tumoral d’apparition précoce.
Fin 2023, le réseau français et le réseau européen GENTURIS ont été alertés par des demandes de conseil génétique concernant le variant de signification incertaine de TP53(NM_000546.5):c.325T>A,p.(Phe109Ile) chez des enfants issus d’un don de sperme. Tous les dons provenaient d’une banque privée danoise qui a alors bloqué définitivement le donneur et alerté les cliniques de fertilité impliquées. Sur la base d’arguments populationnel et fonctionnels nous avons reclassé le variant en probablement pathogène, utilisable au titre du conseil génétique [PMID:39317423]. Après avis de la RCP LFS, de la SFCE et du GGC, des tests présymptomatiques chez les enfants issus de ce donneur ont été proposés ainsi qu’une surveillance adaptée, basée notamment sur l’IRM corps entier annuelle, chez les porteurs.
Ces cas européens ont été rapportés lors du congrès de l’ESHG 2025. Les retombées médiatiques qui ont suivi ont permis d’identifier de nouvelles familles. De plus, le ministère de la santé belge a révélé un manquement à la législation en identifiant 55 enfants conçus par 39 femmes de nationalités différentes grâce à ce donneur dans des cliniques belges, dérogeant à la limite des 6 femmes par donneur en vigueur dans ce pays.
A ce jour, nous avons pu recenser au niveau européen 54 familles concernées : 15 au Danemark, 13 en France, 10 en Suède, 7 en Belgique, 4 en Espagne, 2 en Islande et 1 en Angleterre, en Allemagne et en Grèce. Parmi ces familles, 77 enfants ont été testés, 25 sont porteurs hétérozygotes du variant et doivent bénéficier d’une surveillance adaptée et 12 enfants ont déjà présenté des cancers. La totalité des familles ayant eu recours à ce donneur n’a malheureusement pas été encore identifiée.
Ce cas met en lumière les problèmes, tant médicaux qu’éthiques, soulevés par l’absence de limite internationale concernant l’utilisation des gamètes d’un même donneur. Une traçabilité internationale des dons paraît nécessaire pour favoriser l’identification et l’alerte des familles concernées. Enfin, ce travail collaboratif souligne l’importance de l’expertise académique et du travail en réseau d’experts tant au niveau national qu’européen.
Edwige KASPER (ROUEN), Svetlana BAJALICA-LAGERCRANTZ, Robin DE PUTTER, Estela CARRASCO, Sigrùn HALLGRÍMSDÓTTIR, Mette JORGENSEN, Verena STEINKE-LANGE, Judith BALMANA, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Hákon BJÖRN HÖGNASON, Gaëlle BOUGEARD, Vincent BOURS, Virginie BUBIEN, Anna BYRJALSEN, Camille CHATELAIN, Kathleen CLAES, Margaux CLÉMENT LE CHOISMIER, Nadège CORRADINI, Philippe DENIZEAU, Anne DESTRÉE, Damien FERET, Stavros GLENTIS, Léa GUERRINI-ROUSSEAU, Sabine HELLEMANS, Olivier INGSTER, Sophie JULIA, Ekaterina KUCHINSKAYA, Charlotte KVIST LAUTRUP, Damien LEDERER, Sophie LEJEUNE, Lucas MORENO MARTIN RETORTILLO, Eirný ÞÖLL ÞÓRÓLFSDÓTTIR, Diana SALINAS CHAPARRO, Hector SALVADOR HERNANDEZ, Edith SEPULCHRE, Ulrik Kristoffer STOLTZE, Emma THAM, Jean-Christophe THERY, Thomas VAN OVEREEM HANSEN, Karin WADT, Claude HOUDAYER
16:15 - 17:15
#49403 - P198 Découvertes de prédispositions génétiques d’utilité clinique par séquençage de l’exome réalisé à des fins thérapeutiques dans l’étude MAPPYACTS chez des enfants atteints d’un cancer en rechute ou réfractaire.
P198 Découvertes de prédispositions génétiques d’utilité clinique par séquençage de l’exome réalisé à des fins thérapeutiques dans l’étude MAPPYACTS chez des enfants atteints d’un cancer en rechute ou réfractaire.
Le séquençage haut débit s’est considérablement développé en pratique clinique pour la recherche de cibles thérapeutiques dans les cancers pédiatriques. L’ADN constitutionnel étant utilisé comme référence, cette approche représente également l’opportunité d’identifier des variations constitutionnelles dans des gènes actionnables. L’objectif de ce projet était d’estimer la fréquence de ces découvertes de prédispositions génétiques chez les enfants atteints de cancer en rechute ou réfractaire.
Parmi les 791 enfants inclus dans le protocole MAPPYACTS (NCT02613962), l’exome constitutionnel a été séquencé pour 674 patients atteints de divers types tumoraux. Un consentement éclairé a été obtenu pour la communication de résultats génétiques en cas d’identification d’une prédisposition génétique actionnable sur le plan médical, en lien ou non avec la survenue de la tumeur analysée. Un comité multidisciplinaire a été constitué afin de définir un panel de gènes d’intérêt, en se concentrant sur les syndromes de prédisposition au cancer (n= 184 gènes) pour lesquels un consensus sur les recommandations de dépistage et surveillance est établi, ainsi que sur des gènes associés à des pathologies non cancéreuses issus de la liste des « Secondary Findings » v3.1 de l’ACMG (n= 49 gènes). L’analyse bioinformatique reposait sur 2 outils de détection de variants (Varscan et Haplotypecaller), des contrôles qualité et des filtres pour sélectionner les variants de haute confiance, des annotations ClinVar pour la classification de la pathogénicité et évalués in silico grâce à des outils de prédiction de l’impact fonctionnel (CADD, SpliceAI et SPiP).
Les biologistes ont évalué 16 620 variants génétiques touchant des gènes de prédisposition au cancer: 25 % ont été classés de signification incertaine et 8 % retenus comme variants probablement pathogènes ou pathogènes (VPP/VP). Ainsi, 132 patients (19,6 %) portaient un variant VPP/VP parmi 53 gènes de prédisposition au cancer. Compte-tenu du mode de transmission des syndromes, un conseil génétique a été recommandé pour 58 patients (8,6 %). Les gènes les plus fréquemment altérés étaient TP53 (n= 16), DICER1 (n= 5), NF1 (n= 4) et BRCA1 (n= 4). Ces prédispositions génétiques correspondaient au spectre tumoral attendu dans 50 % des cas et étaient connues dans 38 % des familles. Par ailleurs, nous avons mis en évidence que 10 patients (1,5 %) étaient prédisposés à une maladie non cancéreuse (n= 6 pour une cardiopathie ; n= 2 pour l’hypercholestérolémie familiale ; n= 2 pour l’amylose à transthyrétine).
Une évaluation spécifique de l’exome constitutionnel réalisé à des fins thérapeutiques est susceptible de fournir des informations supplémentaires d’intérêt clinique chez 10 % des familles, afin de prévenir l’apparition de cancer et la prise en charge de maladies génétiques non tumorales. L’impact psychologique induit par la communication de ces données génétiques supplémentaires aux familles sera investigué.
Tiphaine ADAM DE BEAUMAIS (Villejuif), Yahia ADNANI, Léa GUERRINI-ROUSSEAU, Samuel ABBOU, Cécile ACQUAVIVA-BOURDAIN, Pablo BERLANGA, Adeline BONNARD, Gaelle BOUGEARD, Franck BOURDEAUT, Nelly BURNICHON, Sandrine CAPUTO, Alain CARRIÉ, Olivier CARON, Hélène CAVÉ, Albain CHANSAVANG, Nadège CORRADINI, Sophie COTTERET, Philippe DENIZEAU, Alice FIEVET, Mathilde FILSER, Thierry FREBOURG, Marion GAUTHIER-VILLARS, Birgit GEOERGER, Nadim HAMZAOUI, Edwige KASPER, Florence KYNDT, Ludovic LACROIX, Jessica LE GALL, Julien MASLIAH-PLANCHON, Laurence PACOT, Cécile PAGAN, Mélanie PAGES, Béatrice PARFAIT, Eric PASMANT, Gaelle PIERRON, Pascale RICHARD, Nathalie ROUX-BUISSON, Cécile SAINT-MARTIN, Hela SASSI, Gudrun SCHLEIERMACHER, Renaud TOURAINE, Nancy UHRHAMMER, Dominique VIDAUD, Laurence BRUGIÈRES, Gilles VASSAL, Etienne ROULEAU, Yoann VIAL, Lisa GOLMARD, Odile CABARET
16:15 - 17:15
#49541 - P202 Le séquençage complet de l'exome identifie des gènes candidats dans la prédisposition génétique au cancer du sein chez l'homme.
P202 Le séquençage complet de l'exome identifie des gènes candidats dans la prédisposition génétique au cancer du sein chez l'homme.
Introduction: Le cancer du sein chez l’homme (MBC, Male Breast Cancer) est une pathologie rare dont la physiopathologie est encore mal connue. Peu évoqué devant une symptomatologie mammaire, le diagnostic est souvent posé à un stade tumoral avancé, ce qui a pour conséquence un taux de survie globale plus faible chez l’homme que chez la femme. Le seul facteur de risque de MBC clairement identifié est la présence, au niveau constitutionnel, d’un variant pathogène ou probablement pathogène (« VP ») sur les gènes BRCA2, BRCA1 et PALB2. Les hommes atteints d’un cancer du sein bénéficient ainsi systématiquement d’une analyse génétique constitutionnelle, qui ne révèle la présence d’un VP que dans 15-20% des cas.
Matériels et Méthodes: Afin d’identifier de nouveaux facteurs de risque génétique au MBC, nous avons réalisé un séquençage complet d'exome constitutionnel (WES, Whole Exome Sequencing) de 122 patients atteints de MBC et pour lesquels aucun VP constitutionnel n’a été identifié sur les gènes analysés en routine. Les données génétiques issues du séquençage des patients atteints de MBC ont été comparées à celles d’une population contrôle masculine indemne de cancer issue de la base de données GnomAD. Seuls les variants significativement plus présents dans la cohorte MBC par rapport à la population contrôle ont été retenus (p < 5%). Les variants ont ensuite été classés, automatiquement, afin de ne prendre en compte que les variants pathogènes et probablement pathogènes pouvant être associés au risque de développer un MBC.
Résultats: Cette étude a permis de mettre en évidence la présence de VPs dans des gènes impliqués dans diverses voies cellulaires : la réparation et le maintien de l’intégrité de l’ADN mais également dans l’organisation du cilium, le transport transmembranaire et dans diverses voies métaboliques. Ces résultats suggèrent donc fortement que des voies cellulaires, en plus de celle de la réparation et du maintien de l’ADN, pourraient être impliquées dans le risque de développer un MBC.
Conclusion: À notre connaissance, ce travail est le premier à réaliser une étude complète en exomes dans une large population d’hommes atteints d’un cancer du sein. Certains facteurs environnementaux ayant été impliqués dans le risque de MBC (exposition à certains toxiques, déséquilibre hormonal, obésité, etc.), le risque de MBC est donc très probablement lié à l’association de variants génétiques et de facteurs environnementaux. Dans ce cadre, une analyse supplémentaire est en cours afin d'identifier un profil multifactoriel du risque de MBC en combinant les données génétiques et environnementales des patients.
Ayman AL SAATI (TOULOUSE), Pierre VANDE PERRE, Julien PLENECASSAGNES, Mathilde MORISSEAU, Bastien CABARROU, Ludovic MALLET, Carine VILLARZEL, Edith CHIPOULET, Clémence CARRE, Fabienne THOMAS, Laurence GLADIEFF, Christine TOULAS
16:15 - 17:15
#49562 - P206 Prédisposition héréditaire au cancer et intérêt du séquençage du génome entier en soin : expérience de la plateforme AURAGEN.
P206 Prédisposition héréditaire au cancer et intérêt du séquençage du génome entier en soin : expérience de la plateforme AURAGEN.
Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025, la plateforme AURAGEN propose le séquençage du génome entier (WGS) à visée diagnostique pour certaines indications en oncogénétique constitutionnelle. Sont concernés les patients présentant soit des antécédents familiaux évocateurs de prédisposition, soit un phénotype extrême défini par une survenue très précoce et/ou la présence de tumeurs multiples en l’absence d’histoire familiale contributive.
Parmi les 181 dossiers reçus, un WGS a été réalisé et interprété pour 126 patients (76 avec phénotype extrême isolé et 50 avec antécédents familiaux). La majorité avait déjà bénéficié de panels de gènes ciblés restés négatifs. Des variants pathogènes en lien avec le phénotype tumoral ont été identifiés chez 6.3 % (8/126) des participants, 7.1 % (9/126) présentaient des variants de signification incertaine fortement suspects et 2 % supplémentaires (3/126) portaient des variants pathogènes considérés comme découvertes secondaires, avec des implications possibles pour la gestion du risque tumoral.
Certains diagnostics concernaient des délétions introniques profondes, mises en évidence uniquement grâce à la combinaison WGS/RNA-seq, notamment dans PTEN chez une patiente atteinte d’un syndrome de Cowden (PMID: 39920402) et dans MLH1 dans une famille atteinte du syndrome de Lynch. Le RNA-seq a également permis, au-delà de la reclassification de variants introniques, d’identifier des anomalies non détectées par le WGS seul, comme l’insertion d’un élément Alu dans l’intron 11 de MLH1. Dans d’autres cas conclusifs, les variants pathogènes identifié impliquaient des gènes absents des panels de routine (RRAS2) ou associés à des phénotypes complexes, tel POT1 (PMID: 38706191), dont le spectre tumoral apparaît plus large que la prédisposition aux mélanomes. Enfin, des résultats d’intérêt scientifique ont été obtenus dans des gènes liés à l’apoptose (CASP9), à la méiose (REC8) et des suppresseurs de tumeur (PHB2).
En conclusion, le WGS a permis d’établir certains diagnostics jusque-là inaccessibles et d’orienter des explorations complémentaires, grâce notamment à sa capacité unique de détection des variants introniques profonds. Il pourrait également contribuer à affiner le spectre tumoral associé à certains gènes. Bien que son rendement diagnostique demeure limité, son association avec le RNA-seq ou l’analyse tumorale [PMID: 39900383] devrait en accroître la performance. Une ré-analyse des données est prévue pour les cas non conclusifs, à la lumière des avancées bioinformatiques et des connaissances émergentes, notamment sur le risque polygénique.
Mathias CAVAILLE, Marie BIDART, Sophie GIRAUD, Eulalie LASSEAUX, Audrey REMENIERAS, Christine VINCIGUERRA, Julien THEVENON, Virginie BERNARD, Julie TINAT, Nancy UHRHAMMER, Natalie JONES, Consortium AURAGEN, Nadia BOUTRY-KRYZA, Catherine NOGUES, Ahmed BOURAS (Lyon)
16:15 - 17:15
#49600 - P210 Etude par séquençage ARN haut débit de l’effet sur l’épissage de variants de signification incertaine de gènes du panel HBOC (BRCA1, BRCA2, PALB2, RAD51D, MLH1, MSH2, MSH6, PMS2).
P210 Etude par séquençage ARN haut débit de l’effet sur l’épissage de variants de signification incertaine de gènes du panel HBOC (BRCA1, BRCA2, PALB2, RAD51D, MLH1, MSH2, MSH6, PMS2).
Dans le cadre du diagnostic moléculaire des prédispositions familiales aux cancers du sein et de l’ovaire, le séquençage haut-débit du panel HBOC permet d’identifier chaque année de nombreux variants de signification incertaine, dont l’interprétation et le classement dans la catégorie actionnable pour le conseil génétique et la thérapeutique (pathogène ou probablement pathogène), ou en bénin ou probablement bénin, est primordiale pour une prise en charge adaptée des patients.
Une partie de ces variants de signification incertaine pourraient avoir un effet sur l’épissage, qui justifie la réalisation d’une étude sur l’ARN du patient. Cette étude était auparavant réalisée par RT-PCR ciblée au laboratoire de Génétique moléculaire de Nantes, à partir d’ARN issu de tubes PAXgene et/ou extrait de cultures courtes de lymphocytes du patient à partir de sang sur EDTA, en présence ou pas de puromycine. Nous avons testé le séquençage haut débit de l’ARN par technologie illumina (NextSeq500, cassettes Mid Output Kit v2.5 150 Cycles) avec le kit Sureselect XT HS2 (Panel custom, Agilent) sur les mêmes types de prélèvements. Les fichiers bams ont été analysés à l’aide du logiciel IGV (https://software.broadinstitute.org/software/igv/download) et de la pipeline SpliceLauncher https://github.com/raphaelleman/SpliceLauncher). Un run de 32 échantillons correspondant à 16 patients et 2 témoins a été séquencé, un autre run de 32 échantillons est prévu dans les prochaines semaines.
Nous avons étudié dans le premier run 7 variants du gène BRCA1, 4 variants PMS2, 3 variants PALB2, 1 variant MLH1, 1 variant MSH6. Les localisations des variants étaient celles-ci : 2 variants au niveau du site canonique d’épissage (+/- 1, 2), 5 variants dans la zone « consensus d’épissage » (-12 à +2 et -3 à +6), 2 variants dans la zone « polypyrimidine tract » (-12 à -18), 1 variant dans la zone de branchement (-18 à -44), 4 variants exoniques, 2 duplications d’un exon. Nous avons pu mettre en évidence un effet total, 3 effets partiels (dont un avec suspicion de NMD), 10 cas d’absence d’altération visible, et 2 duplications en tandem. Ces résultats ont fait l’objet de confirmation en RT-PCR ciblée.
Les résultats du second run seront présentés dans le poster.
En conclusion, notre expérience sur un run est positive : notre étude en RNASeq a montré des résultats comparables à la RT-PCR, en faisant baisser le temps technique des études d’épissage. Les échantillons issus de culture courte lymphocytaire du patient sont un matériel intéressant. Nous aimerions utiliser le RNASeq en routine prochainement.
Etude réalisée grâce au soutien financier des sociétés Astrazeneca et MSD.
Céline GARREC (NANTES), Fabrice AIRAUD, Thomas BESNARD, Laura DO SOUTO FERREIRA, Stéphane BEZIEAU
16:15 - 17:15
#49649 - P214 FrOG : Base nationale d'oncogénétique, de l'expertise au partage des variants.
P214 FrOG : Base nationale d'oncogénétique, de l'expertise au partage des variants.
La base de données FrOG (French OncoGenetics ) est la base de référence nationale pour l'interprétation et l'harmonisation des variants génétiques identifiés dans les laboratoires d'oncogénétique du Groupe Génétique et Cancer (GGC) en France. Sa mission est de garantir et de diffuser une interprétation cliniquement pertinente et harmonisée au niveau national pour une meilleure prise en charge des familles. Coordonnée par Unicancer, FrOG réunit un consortium de 30 établissements de santé (CHU et CLCC). Elle met en œuvre l'expertise collective des groupes de curation experts du GGC, qui valident la signification clinique des variants. FrOG est un outil indispensable au diagnostic moléculaire des prédispositions aux cancers. Actuellement, le site web sécurisé frog-db.fr est consulté par environ 300 utilisateurs actifs qui génèrent 120 connexions par jour. La base intègre l'interprétation de plus de 17 579 variants pour 33 gènes identifiés chez 52 107 patients. Le développement et la maintenance de la suite logicielle sont assurés par une équipe dédiée, comprenant notamment deux développeurs et un ingénieur en data. La plateforme bénéficie d'une infrastructure chez un hébergeur de données de santé agréé et est entièrement conforme au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Pour l'alimentation de la base, un système sécurisé de dépôt des données collectées via un Data Lake, MinIo, a été créé et est utilisé par tous les laboratoires contribuant à FrOG-db, assurant un stockage pseudo-anonymisé. Un nouveau pipeline d’intégration des données, entièrement automatique, relie MinIo à FrOG-db, optimisant le flux de données. L'interface web offre des fonctionnalités avancées, incluant la possibilité de suivre des variants favoris ainsi que leur interprétation, pour un accès rapide et personnalisé. Elle propose également des fiches variants détaillées, des prédictions bioinformatiques, des liens vers des bases de données externes, et une bibliographie personalisée, renforçant ainsi la prise de décision diagnostique. Les développements en cours incluent la migration de l’infrastructure informatique complète chez Unicancer, la création d’une API sécurisée pour faciliter les échanges et le développement d’un module de curation, visant à automatiser et standardiser davantage l'interprétation des variants. En perspective, le consortium FrOG travaille à l'ouverture de la base à d'autres laboratoires de biologie médicale via un système de licences et envisage son utilisation pour la recherche scientifique via la création d'un entrepôt de données de santé. FrOG est aujourd'hui un pilier essentiel pour la qualité des diagnostics en oncogénétique française, garantissant rapidité, fiabilité et harmonisation de la prise en charge des patients.
Laurent CASTÉRA (Caen), Sandrine CAPUTO, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Safa ELOUAER, Simon FANI, Matthias BOULOC, Lamia GHEZALI, Arthur COSTIL, Camille BARON, Thibaut LAVOLÉ, Alexandre ATKINSON, Sophie COUTANT, Frog LE CONSORTIUM
16:15 - 17:15
#49801 - P218 Analyse de l’efficacité de l’inhibition du NMD via les transcrits alternatifs du gène SRSF3 : impact sur l’évaluation des variants d’épissage en oncogénétique.
P218 Analyse de l’efficacité de l’inhibition du NMD via les transcrits alternatifs du gène SRSF3 : impact sur l’évaluation des variants d’épissage en oncogénétique.
Introduction
L’identification des variants d’épissage est essentielle pour la prise en charge des patients avec une prédisposition au cancer. Les transcrits pathogéniques générés sont souvent non fonctionnels et soumis au nonsense-mediated decay (NMD). Afin d’éviter leur dégradation naturelle ces transcrits et de les révéler, nous avons utilisé des lignées lymphoblastoïdes (LLB) traitées à la puromycine, qui inhibe le NMD. Dans ce cadre, l’expression du transcrit alternatif de SRSF3 (NR_036610), contenant un codon stop prématuré normalement ciblé par le NMD, pourrait constituer un indicateur de l’efficacité de l’inhibition du NMD.
Matériels et méthodes
Nous avons étudié 70 LLB traitées (LLB P+) ou non (LLB P−) par puromycine, 54 tumeurs FFPE, 22 congelées et 8 échantillons PaxGene®. L’analyse par RNASeq ciblé (64 gènes) a été réalisée avec la technologie Agilent SureSelect XTHS2 Capture. En parallèle, la quantification des transcrits alternatifs de SRSF3 a été effectuée par ddPCR (Stilla, Naica®).
Résultats
Dix échantillons porteurs de variants connus d’épissage avec un effet majeur (classe 4/5 ACMG) ont été analysés en RNASeq ciblé et ddPCR Une corrélation est observée entre l’effet des variants et l’expression du transcrit alternatif de SRSF3. Lorsqu’un variant a un effet partiel, l’expression reste partielle (<45 %).
Les analyses par ddPCR confirment : 41 % par NGS contre 55,4 % par ddPCR dans les LLB P+. Dans les LLB P−, l’expression reste très faible (3,2 % NGS, 2,3 % ddPCR). Ces résultats suggèrent que le transcrit de SRSF3 est un marqueur de l’efficacité de l’inhibition du NMD.
Dans la pratique, certains laboratoires utilisent des prélèvements PaxGene®. Ces échantillons montrent une inhibition incomplète du NMD, avec une expression moyenne de 20,6 % par ddPCR, exposant à un risque de faux négatif.
Enfin, dans les tissus tumoraux, l’inhibition du NMD est partielle avec des moyennes de 21,7 % (FFPE) et 15 % (congelés). Ces données soulignent la nécessité d’une interprétation prudente des tissus tumoraux, les enrichissements observés étant souvent liés à la LOH (Loss of Heterozygosity).
Conclusion
L’expression du transcrit alternatif de SRSF3 permet d’évaluer de manière fiable l’inhibition du NMD, que ce soit après puromycine ou sur Paxgene ou dans divers échantillons biologiques. En conclusion, l’étude de SRSF3 constitue un critère qualité indispensable pour interpréter les variants d’épissage et améliorer l’interprétation diagnostique en génétique moléculaire.
Roseline TANG, Rohanna ALCANTARA (Villejuif), Clémentine GABILLAUD, Walid BEN-YEDDER, Hela SASSI, Yahia ADNANI, Henintsoa RATSIMIALA, Marie-Aude ROBERT DE RANCHER, Alice FIEVET, Odile CABARET, Ludovic LACROIX, Voryak SUYBENG, Etienne ROULEAU
16:15 - 17:15
#49289 - P222 Les profils de méthylation de l’adn révèlent des entités pertinentes pour la classification diagnostique des sous-types de sarcomes.
P222 Les profils de méthylation de l’adn révèlent des entités pertinentes pour la classification diagnostique des sous-types de sarcomes.
Avec leur extrême hétérogénéité et des morphologies souvent chevauchantes, les sarcomes représentent un type de cancer où les approches moléculaires jouent un rôle central en complément de l’anatomopathologie. Nous avons montré l’intérêt d’agréger des données de méthylation de l’ADN issues de différentes études afin de construire un classificateur robuste. Nous avons identifié des profils différentiels spécifiques d’hyper- et d’hypométhylation selon les sous-types de sarcomes, reflétant potentiellement des mécanismes distincts de tumorigenèse. À partir de ces profils, nous avons proposé un score diagnostique corrélatif inédit et développé un modèle prédictif intégrant un niveau de confiance, combinant deux classificateurs complémentaires : RandomForest et k-Nearest Neighbors.
Nous avons ensuite testé ce modèle sur une cohorte de validation « vie réelle », composée de tumeurs à morphologie évocatrice de MPNSTs, sarcomes rares au diagnostic différentiel complexe. Deux cas ont été reclassés comme sarcome synovial et dermatofibrosarcome à différenciation fibrosarcomateuse grâce au score prédictif.
Par ailleurs, nous avons généré des données de méthylation issues de séquençage long-read, intégrables dans le classificateur. Cette technologie a également permis de détecter simultanément des translocations spécifiques grâce à l’enrichissement par adaptive sampling, ouvrant la voie à une analyse multimodale.
Ainsi, l’intégration de l’information morphologique et des caractéristiques moléculaires, en particulier la méthylation de l’ADN, apparaît comme une stratégie prometteuse pour améliorer le diagnostic et approfondir notre compréhension de la biologie des sarcomes.
Baya DJADOUN, Eric PASMANT, Djihad HADJADJ (Paris)
16:15 - 17:15
#49315 - P226 Rôle des polymorphismes du gène VDR et des facteurs environnementaux dans le développement des cancers de la peau.
P226 Rôle des polymorphismes du gène VDR et des facteurs environnementaux dans le développement des cancers de la peau.
La vitamine D (VD) et son récepteur, le VDR, ont des effets pléiotropes sur différents mécanismes biologiques, pathologies auto-immunes et inflammatoires et différents cancers, y compris les cancers cutanés. Les rayons ultraviolets (UV) ont des effets confirmés et simultanés sur les cancers cutanés et sur la voie VD/VDR. Notre objectif était d'étudier le rôle du VDR et son interaction avec des facteurs environnementaux spécifiques dans le développement des cancers cutanés. Nous avons effectué une méta-analyse des études d'association génétique des polymorphismes SNPs du gène VDR avec le risque des cancers cutanés. La méta-analyse a montré que le polymorphisme FokI du VDR est associé au risque de mélanome (CT vs. CC+TT, P=0,020), le génotype CT est un facteur de risque significatif. Nous avons trouvé une association significative pour le polymorphisme VDR BsmI (modèle AG vs. GG, P=0.020), le génotype AG a un effet protecteur contre le mélanome. Cependant, les polymorphismes VDR TaqI et ApaI ne sont pas associés au mélanome dans l'analyse globale. La méta-analyse des études sur les cancers cutanés non mélaniques a montré des effets significatifs de FokI (TT vs CT+TT, P=0,002, CC vs CT, P=0,017 et CC vs TT, P=0,001), le génotype TT est un facteur de risque, tandis que le génotype CC a un effet protecteur contre les cancers cutanés non mélaniques. Le TaqI a également montré une association significative avec les cancers cutanés non mélaniques (T vs. C contraste allèle : P= 0,006 et TT vs. CT+CC, P=0,011), l'allèle T et le génotype TT ont un rôle protecteur. Les analyses de sous-groupes ont montré des effets significatifs du FokI (TT vs CT+TT, P=0,002, CC vs CT, P=0,017 et CC vs TT, P=0,001), le génotype TT étant un facteur de risque, tandis que le génotype CC était protecteur contre les cancers cutanés non mélaniques. La stratification en fonction de la localisation géographique a montré que le génotype FokI CC a un effet protecteur en Amérique du Nord (CC vs. CT+TT, P=0,003) et en Europe du Nord (CC vs. CT+TT, P=0,010). La stratification en fonction de la période d'étude a révélé que le génotype FokI CT présente un risque hautement significatif (CT vs. TT, P<0,001) dans la dernière décennie 2011-2020. L'analyse des sous-groupes a révélé que les facteurs tels que la localisation géographique et la période d'étude influencent significativement l'association entre le gène VDR et le risque des cancers cutanés.
Kalthoum TIZAOUI (Tunis, Tunisie), Asma CHIKHAOUI, Houda YACOUB-YOUSSEF
16:15 - 17:15
#49570 - P230 Caractérisation de la sous-population atteinte d'un cancer avancé de l'endomètre pMMR dans l'étude randomisée de phase II GINECO-UTOLA.
P230 Caractérisation de la sous-population atteinte d'un cancer avancé de l'endomètre pMMR dans l'étude randomisée de phase II GINECO-UTOLA.
L'essai UTOLA (NCT03745950) a comparé le traitement d'entretien par olaparib (OLA) à un placebo (PLA) chez des patientes atteintes d'un cancer de l'endomètre (CE) avancé sans progression après une chimiothérapie à base de platine. La survie sans progression (PFS) avec OLA n'était pas statistiquement différente dans la population globale. Cependant, les résultats suggèrent une efficacité potentielle des inhibiteurs de PARP (PARPi) dans certaines sous-populations des tumeurs pMMR (proficient Mismatch Repair), notamment les tumeurs présentant une altération de la protéine p53 ou un profil d’instabilité génomique (Joly et al., 2025). Cette analyse complémentaire explore plus en amont ce sous-groupe des tumeurs pMMR.
Parmi les 146 patients (pts) inclus dans l'étude UTOLA, 123 étaient pMMR, selon la définition établie par immunohistochimie centralisée et/ou séquençage de nouvelle génération. À l'aide d'un panel de 127 gènes, nous avons classé les groupes génomiques : les gènes centraux de la recombinaison homologue (HRC) (BRCA1/2, RAD51C/D, PALB2) et un plus large panel de la recombinaison homologue (HRLP) (21 gènes impliqués, y compris le complexe RAD/FANC). Nous avons également défini un score d'instabilité chromosomique basé sur le nombre d’événements génomiques de grande taille (LGE, large genomic events) issu du score de GIScar. Une tumeur avec LGE ≥ 6 est considérée comme instable (Leman et al., 2023; Joly et al., 2025).
Les pts pMMR sont décrites dans le tableau ci-dessous. Parmi ces tumeurs pMMR, 76 tumeurs (61.2%) présentent une altération de la protéine p53 (P53m). Les 47 tumeurs restantes (38,2 %) non mutées p53 sont dénommées NSMP (No Specific Molecular Profil). Peu de pts présentaient des mutations génomiques (2 HRC, 19 HRLP) ; 67 (58 %) présentaient un LGE ≥ 6 (principalement des pts P53m, n = 57).
Trente-huit (31 %) pts ont obtenu une réponse complète (RC) après la chimiothérapie, dont 31 dans le sous-groupe P53m (25 dans le groupe OLA). La RC et le LGE ≥ 6 étaient fortement associés au P53m (p < 0.05).
Les pts P53m avaient un pronostic plus défavorable que les pts NSMP (tableau). La mPFS chez les pts traités par PLA était de 3,45 [1,81-7,61] mois chez les pts P53m et de 9,21 [2,83-32,4] mois chez les pts NSMP. Cependant, la mPFS chez les pts traités par OLA était de 5,45 [3,55-9,29] mois chez les pts P53m et de 5,76 [3,67-18,4] chez les pts NSMP. La mPFS chez les pts présentant une RC était de 7,4 [3,37-10,84] mois (7,4 [5,45-11,3] pour le groupe OLA et 3,73 [3,55-] pour le groupe PLA) et la mPFS chez les pts présentant une LGE ≥ 6 était de 3,73 [3,50-8,84] mois (5,33 [3,55-10,0] pour le groupe OLA et 3,5 [1,81-9,1] pour le groupe PLA).
Parmi les pMMR, les pts ayant une tumeur P53m et/ou un LGE élevé et/ou une RC peuvent bénéficier de l'OLA. Ces résultats soulignent également l’importance de proposer à ces patientes la recherche d’une instabilité génomique. Ces résultats doivent être confirmés dans le cadre d'une plus vaste étude de phase 3.
François CHERIFI, Raphael LEMAN (Caen), Jeanne CORINNE, François CHRISTY, Karen LEROY, Pierre-Alexandre JUST, Corina CORNILA, Yolanda FERNANDEZ DIEZ, Elise BONNET, Antoine ARNAUD, Emilie KACZMAREK, Philippe FOLLANA, Anne-Claire HARDY-BESSARD, Michel FABBRO, Isabelle COJEAN-ZELEK, Sophie ROCHE, Delphine DULIEGE, Marie-Ange MOURET-REYNIER, Jerome ALEXANDRE, Florence JOLY
16:15 - 17:15
#49788 - P234 Identification de remaniements chromosomiques cryptiques par cartographie optique du génome dans une cohorte de 20 patients atteints d’hémopathies malignes.
P234 Identification de remaniements chromosomiques cryptiques par cartographie optique du génome dans une cohorte de 20 patients atteints d’hémopathies malignes.
Introduction : La cartographie optique du génome (COG) est décrite désormais comme un nouvel outil dans le diagnostic des hémopathies malignes, même si le caryotype et la FISH restent encore des outils de référence. Nous avons décidé de comparer les différents outils disponibles dans un laboratoire de génétique chromosomique pour évaluer les différentes techniques et pour élaborer une stratégie d’analyse des données obtenues par COG.
Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective sur une cohorte de 20 patients atteints d’hémopathies malignes. Tous ont bénéficié d’un diagnostic standard (caryotype +/- FISH) ainsi que d’une analyse par COG. Les résultats ont été analysé en simple aveugle par deux biologistes indépendants. Une comparaison des résultats obtenus a ensuite été réalisée afin d’évaluer la concordance entre ces différentes techniques.
Résultats : Nos résultats montrent une bonne concordance entre la COG et les techniques standards. Dans plusieurs cas, la COG a permis d’identifier des anomalies d’intérêt qui n’avaient pas été détectées par nos techniques standards. Elle a permis d’expliquer des remaniements chromosomiques complexes et a permis d’identifier des anomalies cryptiques. Parmi celles-ci, nous observons des délétions récurrentes : délétion de CDKN2A (n=8) et délétion de IKZF1 (n=3). La COG a également permis de mettre en évidence des remaniements de structures rares avec des implications diagnostiques et pronostiques : une t(12;15) avec fusion ETV6::NTRK3, une t(X;14) avec juxtaposition IGH::CRLF2, une inv(9) impliquant une fusion PAX5::JAX2, un chromoanagenesis du chromosome 8 et une t(12;22) avec fusion EP300::ZNF384. La découverte de ces nouveaux évènements a permis de reclasser trois LAL-B selon l’International Consensus Classification (ICC) 2022.
Discussion : La COG apparaît comme un outil "tout en un" efficace pour le diagnostic des hémopathies malignes. Son utilisation pourrait permettre de réduire le nombre FISH réalisées, notamment dans le cadre des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL), où le nombre d’hybridations peut atteindre jusqu’à une dizaine par patient. La COG a permis de reclasser trois LAL-B, soit 15% de la cohorte. Dans 75% des cas (n=15), elle a permis d’identifier un nouveau remaniement et/ou a permis d’expliquer le caryotype. Cette technique a cependant des limites, notamment dans le cas des translocations robertsoniennes, des translocations bras à bras ou encore des variants de faible clonalité. Cette étude démontre la faisabilité de l’intégration simple de la COG dans un laboratoire de cytogénétique hématologique de routine.
Ariane MAHIEUX (PARIS), Corinne TOUS, Nadia GUEGANIC, Séverine COMMET, Steven RICHEBOURG, Audrey BASINKO, Frederic MOREL, Marie-Bérengère TROADEC, Nathalie DOUET-GUILBERT
16:15 - 17:15
#49928 - P238 Cancer de l'endomètre en population martiniquaise : l'amplification CCNE1 comme biomarqueur et cible thérapeutique émergente.
P238 Cancer de l'endomètre en population martiniquaise : l'amplification CCNE1 comme biomarqueur et cible thérapeutique émergente.
En Martinique, la prise en charge du cancer de l’endomètre (CE) constitue un enjeu majeur de santé publique. Si l’incidence du CE est similaire à celle observée en France hexagonale, la mortalité y reste significativement plus élevée. Cette situation pourrait s’expliquer par une surreprésentation des formes agressives, notamment les tumeurs de haut grade et les sous-types non endométrioïdes. Dans une étude récente, nous avons rapporté une amplification du gène CCNE1 dans près de 70% des tumeurs martiniquaises, altération associée à un pronostic défavorable. Cette anomalie moléculaire a également été décrite chez les femmes afro-américaines, renforçant l’hypothèse d’un lien avec l’ascendance africaine.
Afin d’éclairer les bases moléculaires du CE dans cette population, nous avons entrepris une analyse exhaustive d’une cohorte regroupant toutes les patientes diagnostiquées entre janvier 2023 et juin 2024. Le statut d’amplification de CCNE1 a été évalué par PCR digitale. Les altérations des gènes POLE, du système de réparation des mésappariements (MMR) et de TP53 ont également été étudiées, permettant de classifier les tumeurs selon le schéma moléculaire actuellement recommandé par l’OMS.
Au total, 55 patientes ont été incluses. Nos résultats mettent en évidence une distribution des biomarqueurs significativement différente de celle rapportée dans la littérature internationale, avec une fréquence élevée des mutations de TP53 et des amplifications de CCNE1, contrastant avec une prévalence plus faible des mutations de POLE. Dans cette cohorte, les sous-types non endométrioïdes apparaissent particulièrement associés à l’amplification de CCNE1, observation cohérente avec les données antérieures obtenues dans d’autres populations d’ascendance africaine.
Ainsi, nos travaux suggèrent que l’amplification de CCNE1 constitue un marqueur moléculaire clé, potentiellement lié à des déterminants génétiques propres aux populations afro-descendantes. Ce mécanisme pourrait contribuer à expliquer la surreprésentation des formes agressives de CE en Martinique et, plus largement, dans les Caraïbes. En apportant des données originales issues d’une population sous-représentée dans les études internationales, notre étude contribue à une meilleure compréhension des disparités ethniques et géographiques du cancer de l’endomètre. Elle souligne également l’intérêt de cibler CCNE1 comme nouvelle voie thérapeutique afin d’améliorer le pronostic des patientes issues de ces populations à risque.
Jean-Samuel LOGER (Paris), Taina LABEAU, Odile BERA, Emeline COLOMBA, Régine MARLIN
16:15 - 17:15
#50000 - P242 Simplification de la capture ciblée pour des applications NGS de haute précision.
P242 Simplification de la capture ciblée pour des applications NGS de haute précision.
Titre :
Simplification de la capture ciblée pour des applications NGS de haute précision
Auteurs :
Ben Krajacich (Element Biosciences), Terrence Hanscom (Element Biosciences), Rieke Kempfer (SOPHiA GENETICS), Yuanlong Liu (SOPHiA GENETICS), Adrian Willig (SOPHiA GENETICS), Zhenyu Xu (SOPHiA GENETICS), Kelly Wiseman (Element Biosciences), Sophie Billings (Element Biosciences), Shawn Levy (Element Biosciences), Junhua Zhao (Element Biosciences)
En un seul test, les approches NGS par capture permettent de détecter des biomarqueurs cliniquement pertinents au sein de centaines de gènes liés au cancer. Toutefois, la préparation des échantillons pour ce type d’analyse est chronophage et techniquement exigeante. La technologie Trinity simplifie considérablement cette approche en permettant de charger directement la librairie sur le séquenceur après l’hybridation, sans passer par les étapes manuelles de capture et de lavage. Cette étude évalue la compatibilité de Trinity avec des solutions génomiques existantes.
Des échantillons de référence ont été analysés avec la technologie Trinity sur le séquenceur AVITI™ d’ Element, en utilisant des panels d’enrichissement ciblé issus de deux applications SOPHiA DDM™ : MSK-IMPACT® powered with SOPHiA DDM™ et SOPHiA DDM™ Whole Exome Solution v2. Pour évaluer la performance sur des panels de plus petite taille, nous avons également testé SOPHiA DDM™ Community Myeloid Solution v2 et SOPHiA DDM™ Hereditary Cancer Solution v2. En parallèle, les mêmes échantillons ont été traités avec le protocole classique de capture par hybridation des solutions SOPHiA DDM™, suivis d’un séquençage soit sur le séquenceur NovaSeq X d’Illumina, soit sur le séquenceur AVITI™ d’ Element. La qualité de capture et les performances de détection des variants ont été évaluées sur la plateforme SOPHiA DDM™, à l’aide de pipelines bioinformatiques dédiés, dont les algorithmes PEPPER™ (SNV/INDEL) et MUSKAT™ (CNV). Les performances obtenues avec Trinity ont été comparées à celles issues de la capture manuelle correspondante.
L’ensemble des tests a montré des résultats très similaires : 94 % de taux on-target et une uniformité de couverture >99 %, aussi bien avec Trinity qu’avec les méthodes classiques. Le séquençage de l’exome complet avec Trinity et les pipelines DDM™ a affiché d’excellentes performances analytiques, avec une sensibilité de 99,3 % et une précision de 98,7 %.
Ces résultats confirment que Trinity est parfaitement compatible avec les solutions NGS existantes. La précision élevée des applications SOPHiA DDM™ est préservée, tout en bénéficiant d’une approche simplifiée. Des études complémentaires sont prévues pour approfondir l’évaluation des performances analytiques et examiner l’intérêt de cette approche en pratique courante.
Le processus Trinity peut ainsi être utilisé avec les applications SOPHiA DDM™ pour détecter, annoter et prioriser des variants complexes dans différents types de tumeurs.
Ben KRAJACICH (San Diego, Etats-Unis)
16:15 - 17:15
#48971 - P246 Chargé de Parcours Génomique : une nouvelle fonction dans le parcours de soins de la médecine génomique en France – État des lieux et perspectives.
P246 Chargé de Parcours Génomique : une nouvelle fonction dans le parcours de soins de la médecine génomique en France – État des lieux et perspectives.
Dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025, un parcours de soins spécifique a été déployé pour rendre le séquençage du génome (GS) accessible sur l’ensemble du territoire français, pour le diagnostic des maladies rares et des cancers. Ce parcours s’appuie sur la création de laboratoires réalisant l’analyse du GS (LBM-FMG – Laboratoires de Biologie Médicale France Médecine Génomique), la labellisation de plusieurs dizaines de pré-indications, et l’intégration d’outils numériques innovants, notamment pour la e-prescription et l’analyse des données. Afin d’accompagner ces transformations, une fonction inédite et pionnière au niveau international a été créée : celle de Chargé de Parcours Génomique (CPG), pensée pour accompagner les cliniciens dans les différentes étapes du parcours de soins.
Cette étude constitue le premier état des lieux national de cette fonction d’interface, entre pratiques cliniques, organisation opérationnelle des parcours et coordination interdisciplinaire. Elle repose sur une enquête par questionnaire menée en mai 2023 auprès des 40 CPG recrutés (taux de réponse : 90 %). Les missions clés associées à ce rôle sont largement réalisées : saisie des données dans les outils de prescription connectée (90 %), participation aux réunions de concertation pluridisciplinaires (85 %) et formation des prescripteurs (80 %). Les résultats mettent néanmoins en évidence une hétérogénéité des profils et des responsabilités, selon les établissements et les spécialités médicales. Ainsi, lorsqu’ils exercent également comme conseillers en génétique, les CPG contribuent activement à la transmission d’informations aux patients, renforçant à la fois leur accompagnement dans le parcours génomique et le soutien apporté aux prescripteurs. Enfin, un niveau élevé de satisfaction professionnelle est observé, bien que certains défis apparaissent, concernant notamment les contraintes géographiques, l’absence de standardisation du rôle et le besoin de formation continue.
Les CPG sont donc devenus des acteurs majeurs du déploiement de la médecine génomique dans les pratiques cliniques. Une meilleure compréhension de leurs fonctions et besoins est indispensable pour préciser leurs missions et assurer leur pérennisation. Cette étude offre un éclairage inédit sur une fonction émergente, susceptible d’inspirer d’autres pays engagés dans la mise en œuvre de la médecine génomique à l’échelle nationale.
Léa GAUDILLAT (Dijon), Léa PATAY, Juliette SANTENARD, Amandine BAURAND, Amandine BEAUDOIN, Dominique SALVI, Camille LEVEL, Laurence FAIVRE, Frédérique NOWAK, Christine PEYRON, Christel THAUVIN-ROBINET
16:15 - 17:15
#49076 - P250 Communication des résultats des tests génétiques : les patients préfèrent-ils la transmission par téléphone?
P250 Communication des résultats des tests génétiques : les patients préfèrent-ils la transmission par téléphone?
Au CHU Ste-Justine (CHUSJ), la consultation initiale en génétique se fait en présentiel, mais les résultats peuvent être rendus par téléphone, avec ou sans rendez-vous. Le rendu téléphonique est largement utilisé en prénatal pour ajuster rapidement le suivi de grossesse, mais moins en pédiatrie. Le rendu téléphonique est considéré répondre aux problématiques de distance, disponibilité et organisation personnelle des patients, mais ce préjugé n’a jamais été validé, ni ses éventuels inconvénients considérés. Notre étude vise à évaluer les préférences des patients pour la transmission des résultats en prénatal et en pédiatrie.
Une étude rétrospective est en cours depuis décembre 2023 au CHUSJ. Les patients éligibles doivent avoir reçu un résultat de test génétique en prénatal ou en pédiatrie dans les six mois précédant leur recrutement. Un questionnaire en ligne évalue leur satisfaction et leurs préférences quant au mode de transmission de résultats, ainsi que les facteurs influençant ces choix.
En août 2025, 136 questionnaires ont été reçus : 25 en pédiatrie et 111 en prénatal (taux de réponse 30%). Globalement, 95% des participants se disent satisfaits, sans différence selon le type de résultat obtenu ni le mode de transmission utilisé. Parmi les résultats transmis, 50% sont normaux, 32% anormaux, 10% de VUS et 4% de trouvailles fortuites; 5% ne se souviennent plus du résultat reçu. La répartition des résultats est comparable entre les deux groupes. Le mode de transmission le plus fréquemment employé diffère significativement toutefois : 56% des patients pédiatriques ont reçu leur résultat lors d’un rendez-vous en présentiel, alors que 76% des patients de prénatal l’ont reçu par téléphone sans rendez-vous préalable. Pour une éventuelle transmission future, 47% des participants pédiatriques préféreraient un rendez-vous à l’hôpital, alors que 78% des participants de prénatal privilégient un appel téléphonique sans rendez-vous. La préférence pour le rendez-vous à l’hôpital est significativement plus marquée chez ceux qui y ont déjà eu recours et ceux ayant reçu un résultat de VUS ou une trouvaille fortuite. Les facteurs clés influençant ces choix sont la planification de l’absence au travail ou à l’école, la distance entre le domicile et l’hôpital et le temps de réflexion avant la rencontre. Les participants du prénatal valorisent aussi la présence de leur partenaire ou d’un proche lors de la transmission et insistent sur la rapidité de la communication.
La quasi-totalité des participants est satisfaite des modalités actuelles de transmission des résultats des tests génétiques. Les préférences divergent selon le contexte clinique : les patients pédiatriques favorisent l’annonce en présentiel, tandis que les patients de prénatal privilégient l’appel téléphonique sans rendez-vous. La poursuite de la collecte de données en pédiatrie permettra de confirmer ces tendances et d’ajuster les pratiques du CHUSJ pour mieux répondre aux attentes des patients.
Claudia AZUELOS (Montréal, Canada), Anne-Marie LABERGE, Marie-Ange DELRUE
16:15 - 17:15
#49270 - P254 Informer pour décider : expérience d’information parentale au sein du projet pilote PERIGENOMED-CLINICS 1 de dépistage néonatal génomique en France.
P254 Informer pour décider : expérience d’information parentale au sein du projet pilote PERIGENOMED-CLINICS 1 de dépistage néonatal génomique en France.
Le dépistage néonatal (DNN), lancé en 1972, ciblait pendant longtemps cinq maladies rares. Il a été élargi en 2020 avec sept pathologies supplémentaires, et une nouvelle extension est prévue en septembre 2025. Grâce aux avancées thérapeutiques et à la diminution des coûts du séquençage génomique, l’élargissement du DNN par analyse ciblée du génome (DNNg) est désormais envisagé dans les pays développés. En France, l’évolution législative introduite par la loi de bioéthique de 2021 a ouvert la voie au lancement de l’étude pilote PERIGENOMED, coordonnée par le CHU de Dijon Bourgogne. L’information des parents, en amont et au moment du dépistage, constitue un enjeu central et complexe de cette expérimentation.
Forts de l’expérience acquise dans le projet européen Screen4Care (700+ patients informés), nous avons optimisé les modalités d’information pour la phase 1 du projet PERIGENOMED (PGC1), visant un consentement libre et éclairé. Lancé au CHU de Dijon Bourgogne le 5 mai 2025, PGC1 s’étendra aux centres de Besançon, Rennes, Nantes et Angers dès septembre 2025, avec des modalités d’information susceptibles de différer.
À Dijon, l’information est délivrée lors d’un entretien individuel (15-30 min), entre J0 et J3 post-partum ou au 8ᵉ mois de grossesse après la consultation d’anesthésie, par un conseiller en génétique ou un technicien d’étude clinique. Divers supports d’information sont utilisés : notice et formulaire de consentement traduits en plusieurs langues, bande dessinée, flyer, ainsi qu’une vidéo en français et en anglais, construits à l’aide du groupe de travail pluridisciplinaire comprenant des représentants des patients. À l’issue de l’information, des questionnaires de satisfaction en ligne ont été proposés aux parents, et un focus est prévu pour recueillir le retour des professionnels.
Entre mai et septembre 2025, 769 familles ont été approchées, dont 180 en période anténatale et 589 en postnatal. Le taux global d’acceptation a été de 78 %, avec une adhésion plus élevée après information anténatale. Les parents ont surtout posé des questions sur le prélèvement, la prise en charge après un résultat positif, et les motifs de refus évoquées par d’autres familles. Le film a été globalement bien accueilli. 33 % des familles ont complété les questionnaires de satisfaction, dont les premiers résultats, ainsi que ceux du focus groupe, seront présentés lors du congrès.
Ces résultats permettront d’identifier des leviers pour améliorer et ajuster la communication autour du DNNg dans des conditions proches de la vie réelle. Ils offriront un éclairage sur la perception qu’ont les parents de la clarté des messages, de la pertinence des supports et de leur niveau de compréhension, y compris dans des contextes de précarité ou lorsque la langue française n’est pas maîtrisée. Ces enseignements sont essentiels pour guider l’évolution des modalités d’information et préparer leur intégration dans les futures phases de mise en œuvre du DNNg.
Camille LENELLE (DIJON), Emeline DAVOINE, Estelle BARBIN, Clarisse THOMAS, Dinia CARTRY, Marie-Laure HUMBERT, Camille LEVEL, Margot LEMAITRE, Emmanuelle LECOMMANDEUR, Amandine CHARRETON, Estelle COLIN, Sandra MERCIER, Léa GAUDILLAT, Nicolas MOTTET, Emmanuel SIMON, Sylvie ODENT, Stéphane BEZIEAU, Laurent PASQUIER, Elisabeth CUDRY, Ioel DETTON, Isabelle MARCHETTI, Christel THAUVIN-ROBINET, Frederic HUET, Christine BINQUET, Laurence FAIVRE
16:15 - 17:15
#49392 - P258 Numérisation et division du travail de soin : le cas du séquençage génomique en contextes hospitaliers.
P258 Numérisation et division du travail de soin : le cas du séquençage génomique en contextes hospitaliers.
Le développement des technologies de séquençage de l’ADN dans le soin s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation de la médecine, du dossier médical partagé (Lehoux et al, 1998) à l’implantation de systèmes algorithmiques d'aide à la décision médicale (Anichini et Geffroy, 2021) en passant par l’essor de la bio-informatique. Cette transformation s’accompagne d’une redéfinition des tâches au sein des services hospitaliers, parfois même de la création de nouveaux métiers, qui redéfinit la division, notamment sexuée, du travail. Si les femmes ont historiquement été tenues à distance des techniques les plus sophistiquées (Tabet, 1998), elles ne sont pas à l’écart de cette numérisation. Au contraire, certaines professions particulièrement féminisées se trouvent en première ligne de ce que l’on pourrait qualifier de « dirty work » de la technologie, qu’il s’agisse de cliquer, vérifier, alimenter, réaliser les tâches commandées par l’outil ou encore entraîner des systèmes numériques (Casilli, 2019 ; Girard-Chanudet, 2023). Dans le domaine de la génomique, l’introduction des outils numériques accroit le « faisceau de tâches » (Hughes, 1996) et rend essentiel le travail de certaines professionnelles.
À partir d’une enquête sociologique menée dans plusieurs centres hospitaliers (projet ANR TraGenInnov) - basée sur des entretiens et des observations dans des laboratoires de biologie et des services hospitaliers - auprès de conseillères en génétique, techniciennes, chargées de parcours génomique etc., nous mettons en lumière le rôle central de ces professionnelles dans la production et la circulation des données numériques.
Nos résultats montrent d’abord l’importance d’un travail organisationnel indispensable mais souvent invisibilisé : assurer le suivi des échantillons, déposer les documents sur les plateformes numériques, préparer les dossiers, produire des comptes rendus, etc. Ces activités renvoient à la figure du « personnel de renfort » (Becker, 1988), sans lequel l’ensemble de la chaîne ne pourrait fonctionner. Ensuite, ces professionnelles mobilisent des compétences techniques et scientifiques, traduisant les données issues du séquençage en informations compréhensibles par les médecins comme par les patient·es. Par ce rôle de médiation, leur travail n’est pas seulement administratif mais relève d’une expertise à part entière. Enfin, elles assument une fonction socialisatrice et relationnelle, contribuant à la « gestion de l’information collective et à la cohésion » (Simonpoli, 2021). Leur activité comprend la circulation des informations entre acteurs : relances auprès des médecins, rappels des documents manquants, organisation pratique, tout en assurant un suivi auprès des patient·es.
Cette communication invite ainsi à mettre en évidence la réorganisation des soins liée à la gestion numérique des données génomiques et comment le travail d’articulation de ces données, assuré par certaines professionnelles, devient indispensable.
Estelle VALLIER (Villejuif), Juliette FROGER-LEFEBVRE
16:15 - 17:15
#49478 - P262 Indicateurs de performance des LBM-FMG SeqOIA et AURAGEN dans le domaine des maladies rares : étude SAMARI.
P262 Indicateurs de performance des LBM-FMG SeqOIA et AURAGEN dans le domaine des maladies rares : étude SAMARI.
Introduction
L’errance diagnostique engendre une souffrance importante pour les patients atteints de maladies rares, dont on estime l’origine génétique à 80%, et leurs familles. Le Plan National Maladies Rares 3 vise à réduire cette errance, notamment par le développement du séquençage pangénomique, en lien avec le Plan France Médecine Génomique 2025. Dans ce cadre, deux laboratoires de biologie médicale nationaux (LBM-FMG SeqOIA et AURAGEN) ont été créés pour déployer le séquençage à très haut débit pour les maladies rares et la cancérologie.
L’étude SAMARI, intégrée à un programme d’évaluation plus large (SEQOGEN), a pour objectif d’évaluer la performance diagnostique de ces laboratoires dans le cadre des maladies rares.
Objectifs et méthode
L’objectif principal de SAMARI est d’évaluer la capacité des LBM-FMG AURAGEN et SeqOIA à établir un diagnostic chez des patients adressés pour une préindication de maladie rare ou d’oncogénétique.
Les objectifs secondaires incluent notamment la mesure du taux d’hypothèses diagnostiques et l’évaluation des délais de rendu des comptes rendus.
La cohorte inclut des patients ayant donné leur consentement PFMG2025, présentant l’une des 63 préindications de maladie rare ou l’une des 3 préindications d’oncogénétique, pour lesquels un séquençage pangénomique a été prescrit entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2023. Les enfants mort-nés ont été exclus.
Les données proviennent des outils de prescription électronique (HYGEN pour AURAGEN, SPICE pour SeqOIA) ainsi que des dossiers médicaux des deux LBM-FMG.
Le taux de diagnostic est défini comme le nombre de comptes rendus d’examen comportant des variants de classe 4 et/ou 5, mais pas de variant de classe 3, rapporté au nombre total de comptes rendus.
Le taux d’hypothèses diagnostiques est défini comme le nombre de comptes rendus d’examen comportant au moins un variant de classe 3 d’intérêt, rapporté au nombre total de comptes rendus.
Le délai de rendu des comptes rendus est estimé entre la date où le dossier est considéré comme complet et conforme, et la date du premier compte rendu d’examen.
État d’avancement
L’étude relève du cadre réglementaire des Recherches n’impliquant pas la personne humaine (RIPH-3), est conforme à la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL, et a reçu un avis favorable du comité scientifique et éthique des Hospices Civils de Lyon (N° 23-1792).
Le recueil des données est achevé avec environ 16000 dossiers au total. Le gel de la base de données est prévu en septembre 2025, suivi des analyses statistiques en octobre 2025. Les premiers résultats seront présentés lors des Assises de Génétique Humaine et Médicale en janvier 2026.
Conclusion
L’étude SAMARI permettra de documenter les performances diagnostiques des LBM-FMG AURAGEN et SeqOIA, globalement et par préindication, ainsi que les délais de rendu des résultats. Ce projet a en outre permis d’harmoniser les indicateurs de suivi et d’évaluation des deux LBM-FMG dans le domaine des maladies rares.
Hassan SERRIER, Laure HUOT, Sophie SIMON, Pierre BLANC, Damien SANLAVILLE (LYON)
16:15 - 17:15
#49604 - P266 Adaptation francophone du programme PEERS® : résultats préliminaires chez des adolescents et jeunes adultes porteurs de maladies génétiques rares du neurodéveloppement.
P266 Adaptation francophone du programme PEERS® : résultats préliminaires chez des adolescents et jeunes adultes porteurs de maladies génétiques rares du neurodéveloppement.
Introduction :
Les maladies génétiques rares du neurodéveloppement s’accompagnent fréquemment de troubles de la cognition sociale, à l’origine d’isolement, d’exclusion, de conflits interpersonnels et d’un risque accru de troubles psychiatriques. À ce jour, peu de programmes validés en France ciblent spécifiquement ces difficultés. Le programme PEERS® (Program for the Education and Enrichment of Relational Skills), développé par l’UCLA et validé dans plusieurs pays, a montré son efficacité sur les habiletés sociales des adolescents et jeunes adultes avec troubles du spectre de l’autisme ou autres troubles du neurodéveloppement. L’objectif de notre projet était d’adapter PEERS® en langue française et d’en évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et les premiers effets dans une population atteinte de maladies génétiques rares du neurodéveloppement.
Méthodologie :
Le manuel PEERS® a été traduit puis adapté culturellement et linguistiquement. Le programme repose sur 14 séances hebdomadaires de 90 minutes menées en parallèle avec les participants et leurs parents (« social coaching »). Les critères d’inclusion étaient : adolescents/jeunes adultes âgés de 12 à 32 ans, porteurs d’une maladie génétique rare du neurodéveloppement, avec trouble du développement intellectuel léger à modéré. Les évaluations incluaient des questionnaires standardisés (QSQP, SAS-A, Friendship Qualities Scale, TASSK, CBCL), administrés avant/après programme et à 6 mois, complétés par des entretiens semi-directifs auprès des familles.
Résultats :
Cinq groupes ont été constitués, incluant 31 participants (11–32 ans), dont 8 porteurs d’anomalies géniques et 23 d’anomalies chromosomiques. L’adhésion a été excellente (>95 % de participation), sans abandon en cours de programme. La satisfaction des familles a été très élevée. Les adolescents/jeunes adultes rapportent une meilleure confiance en soi, une capacité accrue à initier et maintenir des conversations, une meilleure identification d’amitiés de qualité et, dans certains cas, la formation de nouvelles relations amicales. Les parents décrivent une amélioration de leurs propres compétences d’accompagnement et un sentiment de soulagement lié à une meilleure compréhension des difficultés sociales de leur enfant.
Discussion et perspectives :
Cette adaptation francophone de PEERS® démontre sa faisabilité et son acceptabilité dans une population atteinte de maladies génétiques rares du neurodéveloppement. L’implication conjointe des parents apparaît comme un facteur déterminant de réussite. Les résultats préliminaires suggèrent un bénéfice sur les habiletés sociales et la qualité de vie, malgré la taille encore limitée des effectifs et l’absence de groupe contrôle. Les perspectives incluent la publication du manuel en français, la diffusion du programme à d’autres centres de référence et sa future intégration dans le parcours de soins des patients porteurs de maladies génétiques rares du neurodéveloppement.
Evandelia VALLADIER (Paris), Kelly GOUVENOT, Charlotte DANSET, Romane SAVATTE, Dausse NOÉMIE, Marlene RIO, Yannick MORVAN
16:15 - 17:15
#49939 - P270 Douze ans de conseil génétique et de dépistage familial dans l’amylose à transthyrétine en Martinique : impact des innovations diagnostiques et thérapeutiques (2012–2024).
P270 Douze ans de conseil génétique et de dépistage familial dans l’amylose à transthyrétine en Martinique : impact des innovations diagnostiques et thérapeutiques (2012–2024).
L'amylose à transthyrétine est une maladie systémique causée par le dépôt extracellulaire de fibrilles amyloïdes dérivées de la transthyrétine, une protéine principalement synthétisée par le foie. On distingue deux formes principales : la forme sauvage (ATTRwt), généralement sporadique et d’apparition tardive, et la forme héréditaire (ATTRv), due à des variants pathogènes du gène TTR. Plus de 130 variants pathogènes du gène TTR ont été rapportés, associés à des phénotypes hétérogènes. Certains variants peuvent se manifester par des symptômes neurologiques, cardiaques ou mixtes, en fonction de divers facteurs, notamment l'âge et l’ethnie. La pénétrance augmente avec l'âge et est jugée incomplète. L'ATTRv se transmet sur le mode autosomique dominante.
En France, la loi oblige les patients à informer leurs proches à risque, tandis que les médecins ne peuvent pas les contacter directement sans leur consentement écrit. Ce cadre juridique peut limiter l'efficacité du dépistage, en particulier dans des régions comme la Martinique, où les services de Conseil Génétique (CG) sont centralisés et où les familles sont géographiquement éloignées. Dans ce contexte, le CG joue un rôle essentiel dans l'interprétation des résultats génétiques, la coordination du dépistage familial et la facilitation de la communication. Cependant, son rôle réel dans le parcours de soins ATTRv en Martinique reste mal documenté.
Nous avons mené la 1e étude rétrospective, observationnelle et monocentrique de l'activité de la seule conseillère génétique de l’île sur une période de 12 ans (2012-2024). Elle est basée au Centre de référence des Caraïbes des maladies neurologiques et neuromusculaires rares (CERCA) situé au Centre hospitalier universitaire de Martinique. Il est le seul établissement où un conseil génétique pour l'ATTR est proposé. L’objectif est de décrire l'activité de conseil génétique dans le contexte évolutif des traitements thérapeutiques et de la génomique, et d’évaluer son impact sur le dépistage familial.
Plusieurs enseignements s’en dégage, en particulier sur la dynamique croissante du dépistage familial, la distribution génotypique locale en faveur du variant Val142Ile, et l’évolution des parcours diagnostiques sous l’influence des innovations thérapeutiques. Cette étude souligne le rôle central du conseiller génétique dans l’organisation du dépistage familial, dont l’efficacité est attestée par la proportion attendue de porteurs identifiés parmi les apparentés et par la montée en puissance progressive de cette activité depuis l’ère des traitements spécifiques.
L’évolution observée entre la période pré-thérapeutique et l’ère thérapeutique illustre l’adaptabilité des pratiques diagnostiques locales, largement initiées par la cardiologie.
Anna-Gaëlle GIGUET-VALARD (Fort-de-France), Abdoulaye TAMEGA, Sophie DUCLOS, Aïssatou SIGNATE, Astrid MONFORT, Jocelyn INAMO
16:15 - 17:15
#49268 - P274 Caractéristiques cliniques des patients âgés de 2 à 5 ans présentant une hyperphagie et une obésité secondaire à différentes pathologies de la voie leptine-mélanocortines et réponse après un an de traitement par setmélanotide.
P274 Caractéristiques cliniques des patients âgés de 2 à 5 ans présentant une hyperphagie et une obésité secondaire à différentes pathologies de la voie leptine-mélanocortines et réponse après un an de traitement par setmélanotide.
Objectif :
La voie leptine-mélanocortines au niveau hypothalamique est un régulateur clé de la prise alimentaire et de l’équilibre énergétique. L’altération de la signalisation de cette voie chez les patients ayant un déficit biallélique en pro-opiomélanocortine (POMC) ou en récepteur à la leptine (LEPR), ou un syndrome de Bardet-Biedl (BBS) peut entraîner une hyperphagie et une obésité sévère. La réponse au setmélanotide peut varier en fonction de l’âge, de la sévérité de l’obésité, de la physiopathologie et des pathologies sous-jacentes, ou en raison du mécanisme variable du fonctionnement de la voie leptine-mélanocortines.
Ce travail rapporte les trajectoires individuelles pondérales stratifiées par catégorie de corpulence des patients âgés de 2 à 5 ans issus d’un essai de phase III en ouvert après un an de traitement.
Matériel/Patients et Méthodes :
Les patients âgés de 2 à 5 ans présentant une hyperphagie et une obésité dues à un déficit en POMC, en LEPR, ou un BBS étaient éligibles. Les patients avec une observance documentées > 75% tout au long de l’année de traitement ont été inclus.
Les variations du 95ème percentile de l'IMC (%IMC95) entre l’inclusion et un an de traitement par setmélanotide ont été évaluées et stratifiées par catégorie de poids (poids normal [≥5ème à <85ème percentile de l’IMC], surpoids [≥85ème à <95ème percentile de l’IMC], obésité de classe I [%IMC95 ≥95% à <120%], obésité de classe II [%IMC95 ≥120% à <140%], obésité de classe III [%IMC95 ≥140%]). Les évolutions du z-score de l’IMC (méthode CDC et OMS) à 1 an de traitement ont également été analysés.
Résultats :
Au total, 10 des 12 patients inclus ont terminé l’étude avec un traitement continu et ont été inclus dans cette analyse (POMC, n = 3 ; LEPR, n = 3 ; BBS, n = 4).
9 patients sur 10 présentaient une obésité de classe II ou III à l’initiation ; respectivement 100% et 25% présentaient une obésité de classe III dans les cohortes POMC / LEPR et BBS.
Après un an de traitement, une amélioration d’au moins une classe de corpulence a été observée chez 100 % des patients de la cohorte POMC et 75 % des patients de la cohorte BBS. Les patients de la cohorte LEPR présentaient des valeurs de %IMC95 extrêmement élevées (180%-237%) à l’initiation. Bien qu’aucune amélioration de classe n’ait été observée dans cette cohorte, des améliorations significatives au sein de la classe III ont été constatées (réduction moyenne [ET] du %IMC95 de 45% [20%], réduction du z-score de l’IMC selon la méthode CDC de 1,32 [1,00] ou selon la méthode OMS de 4,82 [2,49]).
Conclusion :
Dans différentes populations pédiatriques âgées de 2 à 5 ans avec d’obésité, traitées pendant 52 semaines, setmélanotide a entrainé une réduction du poids et une amélioration de la catégorie de corpulence, bien qu’avec une intensité différente selon le type de maladie liée à la voie leptine-mélanocortines ce qui pourrait être dû à la diversité des mécanismes et à la localisation du dysfonctionnement dans cette voie.
Jesús ARGENTE, Charles F. VERGE, Uzoma OKORIE, Ilene FENNOY, Megan M. KELSEY, Casey COKKINIAS, Cecilia SCIMIA, Guojun YUAN, Jill C. GARRISON (Boston, Etats-Unis), Sadaf FAROOQI
16:15 - 17:15
#49828 - P278 PERIGENOMED-CLINICS 1 (PGC1): Premiers résultats, retour d’expérience et perspectives sur la faisabilité, l’acceptabilité et l’impact psychosocial du dépistage néonatal génomique en France.
P278 PERIGENOMED-CLINICS 1 (PGC1): Premiers résultats, retour d’expérience et perspectives sur la faisabilité, l’acceptabilité et l’impact psychosocial du dépistage néonatal génomique en France.
Des projets pilotes de dépistage néonatal génomique (DNNg) se déploient dans de nombreux pays dans un contexte de progrès thérapeutiques et de baisse des coûts de séquençage. PERIGENOMED, conçu comme une initiative participative, vise à fournir des premières données concrètes sur la pertinence du DNNg en France. Il est construit en deux phases : une 1ère phase pilote (PGC1) et une 2ème phase préfiguratrice (PGC2). PGC1 évalue l’acceptabilité, la faisabilité, l’impact psychosocial et l’organisation du DNNg pour 2500 naissances dans 5 CHU (Dijon, Besançon, Rennes, Nantes, Angers). Les modalités d’information varient selon les centres pour tester différents modèles. Une 1ère liste (400 gènes, 171 maladies précoces traitables) est proposée aux parents, qui peuvent choisir, en plus, une 2ème liste optionnelle (407 gènes, 218 maladies actionnables). Le DNNg s’appuie sur l’analyse in silico de ces gènes sur données de séquençage de génome short-read.
Depuis mai 2025, le DNNg a été proposé à Dijon à 769 parents (approche: 80%) lors d’entretiens d’information dédiés (moy: 24 min) par conseillers en génétique ou TEC au 3ème trimestre ou à la naissance. Parmi les 983 naissances, 601 nouveau-nés (NN) ont été inclus (acceptabilité: 78%) avec une acceptation quasi équivalente suite à une information prénatale ou postnatale (78% vs 77%) et un choix élevé de la 2ème liste (88 %). Parmi les 547 séquencés, 159 résultats ont nécessité une interprétation humaine, avec 7 demandes d’avis extérieur, les résultats non concluants n’étant pas rendus. Au total, le délai médian du prélèvement du buvard au rendu de résultat était de 15.7 jours pour les 506 résultats négatifs, rendus par e-mail, et de 21.8 jours pour les 8 résultats positifs, rendus en consultation après demande de recommandations auprès de centres experts. Lors du rendu des résultats positifs (2%) (G6PD*3, LDLR*2, GJB2, KCNQ1, TSC2) (7 en 1ère liste – 1 dans le DNN standard), 1 était symptomatique (anémie) ou dépistés par le DNN classique (auto-émissions acoustiques anormales). Le DNNg a permis un dépistage précoce (hypercholestérolémie, risque de trouble du rythme cardiaque ou d’épilepsie) ou la confirmation étiologique d’une anémie avec mesures de prévention secondaires et d’une surdité congénitale avec l’anticipation d’une implantation cochléaire.
Ces résultats préliminaires sont concordants avec les autres projets pilotes. L’exhaustivité de l’information reste un défi, nécessitant un modèle mieux intégré au DNN classique en tenant compte que l’information prénatale semble déterminante. Par ailleurs, le recours à une interprétation humaine s’avère élevée, nécessitant une plus grande automatisation. Ces résultats encourageants reflètent cependant une évaluation du DNNg limitée à 5 CHU. Ils s’avèrent en revanche déterminants pour identifier les évolutions nécessaires à son extension, en poursuivant son évaluation en vie réelle lors d’un préfigurateur à échelle territoriale.
Christel THAUVIN-ROBINET, Camille LEVEL, Christine BINQUET, Yannis DUFFOURD, Hana SAFRAOU, Emeline DAVOINE, Martin CHEVARIN, Ange-Line BRUEL, Camille LENELLE, Margot LEMAITRE, Dominique SALVI, Emilie TISSERANT, Anthony AUCLAIR, Valentin VAUTROT, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Oussama KETTANI, Richard BELMONTE, Emmauelle LECOMMANDEUR, Amandine CHARRETON, Marie DE TAYRAC, Richard REDON, Julien BARC, Sebastien SCHMITT, Juliette PIARD, Paul KUENTZ, Coline CORMIER, Marlène MALBOS, Caroline RACINE, Sophie NAMBOT, Julian DELANNE, Aurore GARDE, Benoit MAZEL, Eléonore VIORA-DUPONT, Estella CASTILLON, Frédéric TRAN-MAU-THEM, Brigitte CHABROL, David CHEILLAN, Véronique TARDY, Estelle COLIN, Céline BRIS, Sandra MERCIER, Mathilde NIZON, Léa GAUDILLAT, Virginie LOIZEAU, Dinia CARTRY, Estelle BARBIN, Clarisse THOMAS, Kristell OIZEL, Nicolas MOTTET, Emmanuel SIMON, Jean-Baptiste ARNOUX, Mathilde PACAULT, Marie-Virginie BARBOTTE, Maud CARPENTIER, Catherine RENAUD, Alban ZIEGLER, Catherine LEJEUNE, Anne-Sophie JANNOT, Marie-Laure HUMBERT-ASENSIO, Paul ROLLIER, Sylvie ODENT, Stéphane BEZIEAU, Laurent PASQUIER, Frédéric HUET, Laurence FAIVRE (DIJON)
16:15 - 17:15
#49271 - P282 PFMG2025 - Intégrer la médecine génomique dans le système de santé national en France.
P282 PFMG2025 - Intégrer la médecine génomique dans le système de santé national en France.
L'intégration de la médecine génomique dans les systèmes de santé est un défi en matière de politique de santé, qui nécessite de transférer en permanence les avancées scientifiques vers le diagnostic et de garantir un accès égalitaire aux patients. La France a été l'un des premiers pays à intégrer le séquençage génomique dans la pratique clinique à l'échelle nationale, avec l'ambition de poser des diagnostics plus précis et prescrire des traitements personnalisés. Depuis 2016, le gouvernement français a investi environ 300 millions d'euros dans le Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025), qui s'est jusqu'à présent concentré sur les maladies rares (MR), les prédispositions génétiques au cancer (PGC) et les cancers. En lien avec la Haute Autorité de Santé (HAS), 77 pré-indications (68 pour les MR/PGC et 9 pour les cancers) ont été sélectionnées et mises en place depuis 2019. Des recommandations nationales ont été élaborées afin de garantir des prescriptions optimales et d’homogénéiser les pratiques médicales à l’échelle nationale. Pour chaque pré-indication, un arbre décisionnel a été conçu en lien avec les filières de santé maladies rares et les sociétés savantes dans le domaine des cancers, définissant les critères d'éligibilité au séquençage du génomes, ainsi que les tests préliminaires requis.
Au 31 décembre 2024, les LBM-FMG (AURAGEN et SeqOIA) avaient reçu un total de 29 779 prescriptions pour des patients atteints de MR/PGC, avec 21 700 résultats renvoyés aux prescripteurs, et 6 235 prescriptions pour des patients atteints de cancers, avec 5 833 résultats renvoyés aux prescripteurs. Pour les MR/PGC, le taux d'exhaustivité était de 72,3 % (délai de rendu de résultat médian : 181 jours, rendement diagnostique : 31,2 %).
Le PFMG2025 a également été conçu pour assurer une continuité entre la recherche et le diagnostic, dans le but de partager les données génomiques tant au niveau national qu'international. L'utilisation secondaire des données du PFMG2025 à des fins de recherche est l'un des principaux objectifs de l'infrastructure nationale de stockage sécurisé et de calcul intensif des données (Collecteur Analyseur de Données – CAD). De plus, la France participe à l'initiative européenne « 1+ Million Genomes », qui vise à partager les données génomiques à l'échelle européenne.
Nous présenterons les résultats des 5 premières années du PFMG2025 dans la pratique clinique, les principales actions mises en place pour y parvenir et les défis à venir.
Contributeurs PFMG2025 (Paris)
16:15 - 17:15
#49650 - P286 Utilité du séquençage haut débit pour l’évaluation des taux d’hétéroplasmie de l’ADN mitochondrial.
P286 Utilité du séquençage haut débit pour l’évaluation des taux d’hétéroplasmie de l’ADN mitochondrial.
Les maladies causées par des mutations de l’ADN mitochondrial (ADNmt) sont cliniquement très hétérogènes. Cette variabilité s’explique en partie par la variation du taux d’hétéroplasmie (proportion d’ADNmt mutant par rapport à l’ADNmt sauvage) qui varie selon les tissus et au cours de la vie. Une quantification précise de ce taux est donc essentielle, tant pour le diagnostic de ces maladies que pour des protocoles de recherche.
De plus, avec l’essor du séquençage de nouvelle génération (NGS), la détection fortuite de variants pathogènes de l’ADNmt est en augmentation. Or, la présence de séquences mitochondriales insérées dans le génome nucléaire (NUMTs) peut être à l’origine de faux positifs. Par conséquent, des guidelines clairs en cas d’identification de mutation de l’ADNmt par une technique NGS doivent être édités.
Dans cette étude, nous avons évalué la concordance des taux d’hétéroplasmie mesurés par NGS avec ceux obtenus par PCR semi-quantitative suivie d’une digestion enzymatique (PCRdig), une méthode de référence offrant une spécificité et une sensibilité élevées pour des variants connus de l’ADNmt. Nous avons comparé les taux d’hétéroplasmie de 40 échantillons obtenus par NGS avec ceux obtenus par PCR digestion pour les variants pathogènes suivants: m.3243A>G, m.3946G>A, m.8344A>G, m.10197T>C, m.11435A>T, m.12706T>C, m.13513G>A, m.14459G>A et m.14487T>C. Les données NGS ont été obtenues via un protocole de ‘séquençage profond’, les profondeurs étant comprises entre 300 et 19 000 lectures (moyenne:11 000) au niveau du site variant.
Nos données montrent une forte corrélation entre les taux d’hétéroplasmie obtenus par les 2 techniques (R² = 0,98, p < 0,001). Parmi les 40 échantillons, 33 (82,5 %) présentaient une différence inférieure à 4 % entre les deux méthodes, proche du taux d’erreur de la technique. Les 7 échantillons restants montraient des différences de 5 à 10 %. Dans ces cas, 5/7 des échantillons avaient plus de 3000 lectures au locus concerné.
Nos résultats confirment l’utilité potentielle du NGS pour la détection des variants de l’ADNmt, à l’origine d’une quantification précise des taux d’hétéroplasmie, à condition de disposer d’un ADN de bonne qualité, d’une profondeur de séquençage suffisante et de pipelines rigoureusement validés. À mesure que le NGS devient de plus en plus courant en génomique clinique, l’établissement de protocoles de validation robustes et de lignes directrices d’interprétation sont nécessaires pour garantir la fiabilité des résultats dans l’étude et le diagnostic des maladies liées à des mutations de l’ADN mitochondrial.
Paula RUBENS (Paris), Brian SPERELAKIS BEEDHAM, Nadine GIGAREL, Zahra ASSOULINE, Isabelle LEMIÉRE, Maryse MAGEN, Sophie MONNOT, Giulia BARCIA, Julie STEFFANN
16:15 - 17:15
#49096 - P290 Génome Réunion : un référentiel pour une médecine de précision équitable.
P290 Génome Réunion : un référentiel pour une médecine de précision équitable.
Introduction
La population réunionnaise résulte de vagues migratoires successives (Afrique, Madagascar, Europe, Inde, Asie) et d’un isolement insulaire. Cette diversité et l’endogamie partielle ont façonné une architecture génétique unique. Cependant, les génomes de référence et bases internationales (1000 Genomes, gnomAD) demeurent dominés par des données d’ascendance européenne. Peu représentatives localement, ces ressources compliquent le classement des variants et leur interprétation. À l’ère de la donnée et de l’intelligence artificielle, ces biais sont amplifiés : les bases génomiques sont centrales en recherche, de la pharmacogénétique à la conception thérapeutique. Plusieurs études ont montré que l’absence de diversité entraîne une mauvaise estimation de la distribution des variants, exposant certaines populations à des erreurs de classification et à des traitements inadaptés. Ces limites, déjà documentées ailleurs, ont conduit plusieurs pays à initier des programmes nationaux de séquençage (H3Africa, GenomeAsia 100K).
Objectif
Établir un panel de référence de génomes représentatif de la population réunionnaise, pour améliorer la précision diagnostique et la pertinence thérapeutique, et garantir plus d’équité en santé.
Méthodologie
Les échantillons seront collectés auprès de volontaires via l’Établissement Français du Sang, dont les tournées couvrent l’ensemble du territoire réunionnais, y compris des zones reculées comme les cirques de Salazie et Cilaos. L’ADN sera extrait au laboratoire de génétique du CHU de La Réunion. Un génotypage iScan® (Illumina) permettra de caractériser la structure génétique (PCA, admixture) et de filtrer les apparentés afin de constituer un panel d’échantillons restreint mais représentatif. Ces échantillons seront soumis à un séquençage du génome en partenariat avec le consortium POPGEN. Les données issues de ce séquençage alimenteront une base locale.
Résultats attendus
Ces données devraient permettre d’ajuster les fréquences des polymorphismes communs, de mettre en évidence d’éventuels variants rares ou spécifiques à l’île, d’identifier des segments d’autozygotie (ROH) et de dresser une cartographie de la diversité génétique réunionnaise.
Discussion
Les retombées concernent la pratique clinique, avec des diagnostics plus fiables grâce à une meilleure classification des variants. Elles incluent aussi la conception thérapeutique et la pharmacogénétique, en réduisant les erreurs liées à des données de référence non adaptées. Les données produites enrichiront les bases internationales et renforceront la représentativité réunionnaise dans les projets collaboratifs. Enfin, ce projet positionnera La Réunion comme centre de référence génomique pour l’océan Indien, au service de la recherche en santé et épidémiologie.
Conclusion
La mise en place de ce panel de référence de génomes est une étape essentielle pour fiabiliser les diagnostics et rétablir l’équité dans l’accès aux bénéfices de la médecine de précision.
Patrick MUNIER (Saint-Denis), Susie GUILLY, Christine PAYET, Fanny FERROUL, Cécile CHABERT, Guillaume MACCIO, Godelieve MOREL, Pauline MARZIN, Jean-Luc ALESSANDRI, Emmanuelle GENIN, Bérénice ROY-DORAY, Thomas HUBY
16:15 - 17:15
#49472 - P294 Apport du génome dans le cadre du Plan France Médecine Génomique pour la filière de santé maladies autoimmunes et autoinflammatoires rares (FAI2R) : Retour d’expérience des laboratoires Auragen et SeqOIA.
P294 Apport du génome dans le cadre du Plan France Médecine Génomique pour la filière de santé maladies autoimmunes et autoinflammatoires rares (FAI2R) : Retour d’expérience des laboratoires Auragen et SeqOIA.
La filière des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares (FAI²R) est porteuse de l’une des premières pré-indications validées dans le cadre du Plan France Médecine Génomique. Ces pathologies présentent une forte hétérogénéité clinique et incluent à la fois des formes monogéniques et multifactorielles. Les explorations génétiques reposent actuellement principalement sur des panels de gènes ou des exomes, avec un rendement diagnostique estimé autour de 10–15 %. Nous avons repris l’ensemble des résultats rendus depuis le début du PFMG afin d’analyser les rendements diagnostiques et d’évaluer la pertinence de ces examens en fonction du contexte clinique.
Nous avons repris l’ensemble des données d’inclusion et des résultats rendus pour les analyses de génomes complétées entre début 2020 et août 2025 par les laboratoires Auragen et SeqOIA. Une analyse rétrospective des données cliniques disponibles sur Hygen et Spice ainsi qu’une analyse des résultats moléculaires ont été réalisées.
En août 2025, 203 dossiers avaient été rendus aux prescripteurs par les deux laboratoires. Sur Auragen, l’âge moyen de début des symptômes était de 7 ans (SD :7.5). Dans 67% des cas, il s’agissait de formes sporadiques, analysées le plus souvent en trio, avec un âge moyen de 17 ans pour le cas index au moment de l’inclusion. Des explorations génétiques antérieures comportaient principalement un panel isolé (58%) ou un exome (26%). Pour 6% des patients, plus de deux tests de génétique moléculaire avaient été réalisés (plusieurs panels ou panel et exome).
Au total, 12,3% des dossiers (n=25) ont été rendus conclusifs avec l’identification d’un variant de classe 4/5 expliquant le phénotype immunologique. Parmi ces 25 dossiers, 4 impliquaient le gène IKBKG dans le cadre d’un syndrome NDAS. Des variants de classe 3 ont été identifiés dans 6,4% des dossiers. Des variants d’intérêt recherche ont été identifiés et communiqués au prescripteur dans 12 cas (6%). Par ailleurs, au moins 20 dossiers, soit près de 10% de l’ensemble des dossiers analysés, ont fait l’objet ou font encore l’objet d’études fonctionnelles (ARN, tests cellulaires ou investigations de recherche plus complexes).
Les rendements diagnostics sont identiques sur les deux laboratoires, avec 12% de dossiers conclusifs. Le séquençage du génome apporte une réelle plus-value dans les maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares, y compris en seconde intention. Ce pourcentage est probablement sous-estimé comme le souligne les 12% de dossiers pour lesquels un variant de classe 3 ou un gène de signification incertaine ont été identifiés. La nécessité fréquente d’effectuer des explorations fonctionnelles pour interpréter les variants illustre l’importance des RCP nationales d’amont, d’une articulation étroite entre laboratoires de génétique et laboratoires d’immunologie, et souligne l’importance du développement des tests fonctionnels notamment au sein des laboratoires de génétique ou d’immunologie de routine.
Maud TUSSEAU, Martin BROLY (Montpellier), Isabelle JERU, Brigitte BADER-MEUNIER, Thomas BARBA, Clémence DAVID, Sophie GEORGIN-LAVIALLE, Véronique HENTGEN, Yvan JAMILLOUX, Isabelle KONE-PAUT, Isabelle MELKI, Frédéric RIEUX-LAUCAT, Marie-Elise TRUCHETET, Consortium AURAGEN, Muriel HERASSE, Eric HACHULLA, Alexandre BELOT, Laurence CUISSET, Guilaine BOURSIER
16:15 - 17:15
#49805 - P298 Un effet fondateur dans une nouvelle maladie héréditaire des petites artères cérébrales révélé par l’analyse de segments identiques par descendance (IBD).
P298 Un effet fondateur dans une nouvelle maladie héréditaire des petites artères cérébrales révélé par l’analyse de segments identiques par descendance (IBD).
Contexte : Une nouvelle maladie héréditaire des petites artères cérébrales, liée à l’insertion d’un élément génétique mobile de type Alu dans la région 3’UTR du gène COL4A1, a récemment été identifiée par notre équipe. Parmi les dix familles porteuses de cette mutation, huit étaient originaires de Bretagne, suggérant l’existence d’un ancêtre commun et la survenue d’un effet fondateur.
Méthodes : Les cas index de ces dix familles ont été génotypés à l’aide de puces SNP à haute densité. Des algorithmes bio-informatiques ont permis d’identifier les segments chromosomiques identiques par descendance (IBD) partagés entre différentes familles.
Résultats : Deux familles se sont révélées apparentées au 5ᵉ degré. Surtout, tous les cas index partageaient un haplotype IBD commun autour du locus COL4A1 en 13q34, établissant que la mutation dérivait bien d’un ancêtre unique. L’analyse de la taille du fragment ancestral a permis d’estimer la naissance de l’ancêtre commun le plus récent vers 1735 (IC 95 % : 1600–1820). L’étude des marqueurs différenciés entre populations suggérait par ailleurs une origine européenne de ce chromosome ancestral.
Conclusion : Cette étude démontre que cette nouvelle forme de maladie héréditaire des petites artères cérébrales résulte bien d’un effet fondateur, avec des implications cliniques et épidémiologiques majeures. La mutation est probablement plus fréquente dans les régions ayant des liens migratoires récents avec la Bretagne, notamment les Îles Britanniques et l’Amérique du Nord. À notre connaissance, il s’agit du premier exemple documenté d’un effet fondateur impliqué dans une maladie héréditaire des petites artères cérébrales.
(Maillard et al., Stroke, 2025)
Arnaud MAILLARD (Paris), Eva PIPIRAS, Thibault COSTE, Chaker ALOUI, Audrey DELAFORGE, Valérie JOBIC, Philippe JARNOUX, Elisabeth TOURNIER LASSERVE
16:15 - 17:15
#49954 - P302 Contribution des sous-populations cellulaires du muscle squelettique à la physiopathologie de la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD).
P302 Contribution des sous-populations cellulaires du muscle squelettique à la physiopathologie de la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD).
Les muscles squelettiques assurent la posture, la force et le mouvement. Ces fonctions sont altérées dans la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD), maladie héréditaire autosomique dominante caractérisée par une faiblesse asymétrique et progressive des muscles du visage, des ceintures scapulaires et pelviennes. Dans les années 1990, elle est liée au locus 4q35 et à la contraction du macrosatellite D4Z4 conduisant à l’activation aberrante de DUX4. Ce macrosatellite n’est présent que chez les primates ce qui limite l’étude de la physiopathologie et le développement thérapeutique pour la troisième maladie neuromusculaire héréditaire.
Pour dépasser ces limites, nous avons développé un modèle in vitro à partir de cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC) différenciées en fibres musculaires innervées par des motoneurones (MN). Il permet d’explorer la contribution des MN et des cellules stromales dont les progéniteurs fibro-adipogéniques (FAP). Les MN sont essentiels à la maturation et la fonction contractile tandis que les FAP régulent la matrice extracellulaire et la régénération musculaire, dont la dérégulation favorise fibrose et infiltration graisseuse dans la FSHD.
L’étude du profil cellulaire au cours de la différenciation met en évidence une prédominance de cellules musculaires et neuronales (CD56+). Entre J8 et J17, émerge une population transitoire (CD56+/CD73+/CD90+/CD201+) au profil mixte stromal/myogénique, absente à J30 et potentiellement impliquée dans la régulation du microenvironnement musculaire ou le soutien de la différenciation.
D’autre part, l’analyse transcriptomique révèle une dérégulation marquée, distincte entre FSHD1 et FSHD2, mais convergeant dans le temps. La FSHD2 présente un nombre plus élevé de gènes dérégulés. À J8, 35 gènes sont communs entre les deux formes, un chevauchement qui s’accentue à J17 (183 gènes) et se maintient à J30 (162 gènes), définissant une signature transcriptomique commune incluant des cibles de DUX4 et des gènes liés aux voies musculaires et neuronales.
Également, deux approches sont testées pour modéliser les mécanismes de fibrose et de remplacement du tissu musculaire en tissu adipeux. Une stimulation pro-fibrogénique (TGFβ1, J8-J17) qui induit un phénotype fibro-mésenchymateux associé à une surexpression de FN1, COL1, α-SMA et une baisse d’ACTA1. Une stimulation pro-adipogénique (cocktail adipogénique, J8-J33) qui favorise l’activation de PPARG, ADIPOQ, FABP4 ainsi qu’une accumulation lipidique, Oil Red O, dans les cellules FSHD.
Enfin, l’étude de l’activité électrophysiologique, réalisée exclusivement sur des motoneurones, montre une activité spontanée accrue dans la FSHD1, révélant une excitabilité anormale et/ou une maturation fonctionnelle altérée.
En intégrant analyses cellulaires, transcriptomiques et fonctionnelles, ces modélisations offrent de nouvelles perspectives d’exploration des mécanismes physiopathologiques et ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Loeva MORIN (Marseille), Pierre PERRIN, Bastien FERRO, Flavia GIACALONE, Nathalie EUDES, Natacha BROUCQSAULT, Frédérique MAGDINIER
16:15 - 17:15
#49444 - P306 Métiers de la génétique : une série vidéo pour mieux comprendre, valoriser et attirer des vocations.
P306 Métiers de la génétique : une série vidéo pour mieux comprendre, valoriser et attirer des vocations.
En 2024, les généticiens du réseau d’excellence en génétique et génomique du Grand-Ouest GEM EXCELL ont conduit un projet original de valorisation des métiers de la génétique humaine et médicale à travers une série de vidéos dédiées. Ce projet répond à plusieurs objectifs : mieux faire connaître ces métiers, en expliquer les missions auprès d’un large public, et corriger certaines représentations erronées encore fréquentes, y compris parmi les professionnels de santé. Il s’agit également de promouvoir la filière génétique pour susciter des vocations et valoriser l’expertise portée par les Centres Hospitaliers Universitaires.
Dans un contexte où la génétique occupe une place de plus en plus centrale dans le diagnostic, la prévention et le traitement de nombreuses pathologies, il était important de donner de la visibilité aux acteurs qui œuvrent au quotidien dans ce secteur. Ainsi, dix vidéos ont été réalisées, chacune centrée sur un métier spécifique : généticien clinicien, conseiller en génétique, interne en génétique, technicien de laboratoire, ingénieur en biologie, bioinformaticien, cytogénéticien, biologiste moléculaire, fœtopathologiste et chercheur. Chaque portrait est décliné en deux formats : une version court face caméra (1 à 1’30 min), dynamique et adaptée aux réseaux sociaux, afin d’éveiller la curiosité ; et une version plus longue, en plan-séquence (3 à 4 min), permettant une immersion dans le quotidien du professionnel.
Ces films s’adressent à un large éventail de publics : le grand public, dans une optique de vulgarisation ; les lycéens et les étudiants en médecine, pour les accompagner dans leur orientation professionnelle ; ainsi que les professionnels de santé non spécialisés en génétique, pour favoriser une meilleure compréhension interdisciplinaire. Ils ont également vocation à être utilisés dans un cadre plus institutionnel, au niveau national, pour des actions de communication, d’information ou de formation.
En donnant à voir les visages, les parcours et les compétences des acteurs de la génétique, ce projet contribue à rendre la spécialité plus lisible, plus attractive et mieux reconnue. Les vidéos sont désormais disponibles sur le site internet du réseau GEM EXCELL (www.metiers-genetique.fr) et peuvent être librement diffusées et utilisées par tous les acteurs concernés.
Financeurs : FHU GenOMedS, FSMR ANDDI-Rares, FFGH
Amandine CHARRETON (RENNES), Laurent PASQUIER, Laurence FAIVRE, Damien SANLAVILLE, Evan GOUY, Wilfrid CARRÉ, Claire EFFRAY, Romain GONFREVILLE-ROBERT, Anna LOKCHINE, Edith TERRENOIRE, Anne-Charlotte D’HARDIVILLIERS, Marie-Laure VUILLAUME WINTER, Mathilde BECMEUR-LEFEBVRE, Valérie DUPÉ, Stéphane BEZIEAU, Sandra MERCIER, Sylvie ODENT
16:15 - 17:15
#49775 - P310 SV-Génome : formation à l’interprétation des variants structuraux identifiés par séquençage de génome en constitutionnel.
P310 SV-Génome : formation à l’interprétation des variants structuraux identifiés par séquençage de génome en constitutionnel.
Le Plan France Médecine Génomique 2025 a démocratisé le séquençage de génome dans le parcours diagnostique des maladies rares et en oncogénétique. Au-delà de l’uniformité de séquençage et de l’accès aux variations introniques, cette approche a permis la mise en évidence de variants de structure (déséquilibrés ou équilibrés) et à leurs mécanismes de survenue. Certains de ces variants n’étaient jusqu’alors accessibles que par cytogénétique conventionnelle, avec le caryotype notamment. L’apprentissage des mécanismes cytogénétiques, des modes de transmission chromosomique sont des spécificités du parcours des cytogénéticiens. De plus, les pipelines de génome traitent ensemble les variants « caryotypiques » et les variants de séquence de type « élément mobile » complexifiant la lecture des données. L’interprétation de ces variants est alors un défi qui peut motiver le recours à plusieurs experts pour un même patient.
En complément du D.I U. de Cytogénétique Médicale organisée par l’Université de Paris-Cité et du DIU Européen de Cytogénétique par l’Université de Montpellier, destinés aux praticiens en formation (interne, Dr Junior, AHU..), l’ACLF et le réseau AchroPuce ont mis en place une formation courte dédiée à cette problématique. L’expertise cytogénétique ne pouvant pas être acquise sur un format si court, cette formation se veut comme une sensibilisation et une initiation à l’interprétation du signal délivré par les pipelines dédiés à l’identification de variants de structure. La formation cible préférentiellement les praticiens déjà en exercice, impliqués dans les deux laboratoires du PFMG2025 : SeqOIA et Auragen. Après une partie théorique commune une large partie du temps de formation est dédiée à l’analyse de cas représentatifs sélectionnés rétrospectivement dans l’activité des laboratoires SeqOIA et Auragen, anonymisés et généreusement rendus accessibles aux apprenants.
Une première session de formation a réuni 30 participants en janvier 2024. Sur 24 réponses au questionnaire de satisfaction, tous recommanderaient la formation à un collègue, 22/24 considèrent que la formation améliore leur interprétation de dossier, 21/24 se sentent désormais capables d’expliquer les profils « cytogénétiques » obtenus. Dans les verbatim, plusieurs participants signalent que cette formation ou un équivalent devrait être obligatoire pour l’habilitation à l’interprétation de génome. La note globale de satisfaction était de 4,71/5.
Fort de ce succès une nouvelle session est organisée à Lyon avant les Assises, une troisième est programmée en 2026. Désormais sous l’égide de la FFGH la formation dispose du label Qualiopi. Les prochains enjeux sont de trouver un support permettant l’usage de données de génome hors de la structure des laboratoires SeqOIA et Auragen pour répondre aux demandes de formations de collègues de laboratoires privés ou étrangers et de réfléchir au format d’une formation de niveau 2 en traitant notamment les questions de séquençage long-read.
Nicolas CHATRON (Lyon), Jonathan LEVY, Anne-Claude TABET, Virginie BERNARD, Consortium AURAGEN, Pierre BLANC, Lilia EZZILI, Patrick NITSCHKE, Céline PEBREL-RICHARD, Virginie SAILLOUR, Veronique TARDY, Julien THEVENON, Valérie MALAN, Caroline SCHLUTH-BOLARD
16:15 - 17:15
#48948 - P314 Optimisation d’un pipeline d’analyse long-read PacBio HiFi pour l’identification et le phasage de variants sur génomes complets.
P314 Optimisation d’un pipeline d’analyse long-read PacBio HiFi pour l’identification et le phasage de variants sur génomes complets.
Le séquençage long-read de haute-fidélité (HiFi, Pacbio) apporte une meilleure résolution du génome humain en produisant des reads longs (15–20 kb en moyenne) et précis (QV > 30). Il permet de mieux analyser les régions génomiques répétées et de détecter des variants complexes, tels que les variants structuraux (SV) et les répétitions en tandem (Tandem repeat, TR), souvent manqués ou mal interprétés par les approches short-read. Le séquençage HiFi permet également de phaser les variants sur de larges régions. Cette avancée nous permet de nouvelles perspectives pour l’étude des maladies rares et la compréhension fine de loci génétiques impliqués dans les pathologies humaines.
Afin d’exploiter pleinement ces nouvelles possibilités, nous avons travaillé sur l’optimisation du pipeline bio-informatique proposé initialement par PacBio dans le but de l’automatiser (Nextflow) et qu’il soit reproductible et adaptable à des analyses à grande échelle, notamment pour l’étude de génomes complets en trio ou l’exploration de loci de GWAS. Ce workflow intègre la détection conjointe de SNV/indels (DeepVariant/DeepTrio), des SV (Sawfish) et des TR (TRGT/TRGT-denovo) à partir de catalogues enrichis couvrant 4 166 701 millions de TR, ainsi qu’un phasage global de tous les variants (HiPhase) permettant de reconstituer en partie les haplotypes des individus. Son architecture inclut des scripts dédiés pour associer chaque TR à un haplotype, explorer les interactions entre différentes classes de variants et identifier les événements de novo par analyse des génomes en trio.
Grâce à ces optimisations, nous avons amélioré le nombre total de variants phasés tout en éliminant des variants détectés par les autres logiciels mais mieux caractérisés par TRGT, réduisant ainsi les faux positifs. Sur 120 génomes séquencés à ce jour, nous obtenons en moyenne 3,08 millions de variants phasés par génome, dont 438 478 TR phasés. Cette optimisation s’accompagne également d’une amélioration de la continuité des blocs de phase, avec un Block NG50 moyen de 723 826. Ces résultats devraient nous permettre de détecter avec fiabilité la taille des TR, à les relier à des variants voisins et à fournir une interprétation plus complète des loci complexes.
L’analyse en trio est en cours sur plusieurs génomes de maladies rares dans notre laboratoire et nous permettra d’exploiter l’information parentale pour identifier avec fiabilité des variants de novo et d’apporter une valeur ajoutée directe à l’interprétation clinique.
En intégrant ces informations, notre pipeline d’analyse bio-informatique pourrait améliorer à la fois le rendement diagnostique et la qualité d’interprétation et offrir un cadre adaptable pour intégrer efficacement le séquençage long-read dans les analyses génétiques, ce qui ouvre la possibilité d’étudier de manière plus précise le rôle des SV et TR dans les maladies rares et complexes.
Grégoire BLAVIER (Rouen), Fatima-Zahra ABANI, Catherine SCHRAMM, Stéphane ROUSSEAU, Myriam VÉZAIN, Céline DERAMBURE, Françoise CHARBONNIER, Corentin LEVACHER, David WALLON, Aline ZAREA, Olivier QUENEZ, Gaël NICOLAS
16:15 - 17:15
#49049 - P318 Diagnostic génétique rapide de la lymphohistiocytose hémophagocytaire : une avancée pour la médecine génomique d'urgence au profit de la greffe.
P318 Diagnostic génétique rapide de la lymphohistiocytose hémophagocytaire : une avancée pour la médecine génomique d'urgence au profit de la greffe.
Introduction
La lymphohistiocytose hémophagocytaire primitive (HLHp) est une maladie rare incompatible avec la vie sans allogreffe de cellules souches hématopoïétiques à réaliser en urgence. Le diagnostic génétique est une étape clé pour confirmer la forme primitive de la maladie, mais les délais actuels d’obtention des résultats, de l’ordre de 6 à 8 semaines, retardent la mise en place de son traitement ciblé. Le recours au séquençage de troisième génération (TGS) raccourcira considérablement ces délais, en fournissant un diagnostic génétique en 3 à 5 jours, permettant ainsi une prise en charge spécifique sans délai.
Objectif
Notre objectif était d'évaluer la faisabilité et la performance du TGS pour un diagnostic moléculaire ultra-rapide de la HLHp.
Matériel et méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective de preuve de concept en collaboration avec le service de Pédiatrie du CHU La Timone (Marseille). Douze patients atteints de HLHp, dont le diagnostic moléculaire avait été préalablement établi par séquençage de nouvelle génération (NGS), ont été inclus.
Le séquençage TGS a été réalisé à l’EFS PACA Corse par adaptive sampling sur un séquenceur PromethION de type P2Solo (Oxford Nanopore Technologies®) à partir d’ADN conservé.
L’interprétation des variants a été effectuée par une équipe multidisciplinaire pilotée par l’équipe de génétique moléculaire du Biogénopôle de l’APHM (logiciel Candice, Genomnis®).
Résultats
Le processus complet, de la préparation des échantillons au rendu final, a été réalisé en moins d'une semaine. Spécifiquement, la préparation a pris une journée, le séquençage 17 heures en moyenne, l'obtention du fichier VCF moins de 24 heures, et l'interprétation des variants 10 minutes.
Le TGS a confirmé les diagnostics moléculaires des 12 patients initialement établis par NGS. Au total, 14 variants pathogènes ou probablement pathogènes ont été identifiés, impliquant 9 gènes connus de la HLHp (CD27, LRBA, LYST, PRF1, SH2D1A, STAT1, STXBP2, UNC13D, XIAP).
Fait marquant, un variant intronique profond, non détecté par le NGS conventionnel, a été identifié en première intention grâce au TGS, démontrant la capacité de cette technologie à détecter des variants complexes.
Conclusion et perspectives
Cette étude de preuve de concept montre que le séquençage de nouvelle génération permet d’obtenir un diagnostic de la HLHp à la fois fiable et ultra-rapide, en moins d’une semaine, réduisant ainsi de façon significative le délai d’accès à la greffe. Un PHRC national, réunissant 17 centres français, va prochainement être déployé afin d’évaluer, à plus grande échelle, les retombées organisationnelles et cliniques de cette approche. Ce projet intégrera dans une même analyse le génotypage HLA et celui des groupes sanguins érythrocytaires, permettant ainsi d’initier immédiatement la recherche d’un donneur de CSH compatible.
Pascal PEDINI (Marseille), Claire GOUDET, Nisem CHEROUAT, Emma RATEAU, Théo MARCHAL, Coralie FRASSATI, Christophe PICARD, Nadhir YOUSFI, Mélanie CORCUFF, Christophe BEROUD, Thomas ROBERT, Vincent BARLOGIS
16:15 - 17:15
#49094 - P322 Et si le diagnostic moléculaire du déficit en 21-hydroxylase devenait possible par NGS grâce à l’emploi d’une méthodologie wetlab et drylab adaptée ?
P322 Et si le diagnostic moléculaire du déficit en 21-hydroxylase devenait possible par NGS grâce à l’emploi d’une méthodologie wetlab et drylab adaptée ?
La forme classique de déficit en 21-hydroxylase (FC-D21), maladie autosomique récessive, se définit par un déficit en cortisol +/- aldostérone et un excès d’androgènes induisant une virilisation des organes génitaux externes (OGE) des individus 46,XX. Le diagnostic est confirmé par génotypage du gène CYP21A2 par séquençage Sanger et MLPA. Ces techniques restent le gold-standard de par l’existence d’une homologie structurale > 98% avec le pseudogène de CYP21A2, localisé dans une région avec une duplication segmentale d’environ 30 kb.
Nous rapportons le cas d’une enfant 46,XX née en Algérie qui présentait une virilisation des OGE à la naissance et le bilan hormonal réalisé à J20 a posé le diagnostic de FC-D21 (17OH-Progesterone à 591 nmol/L). Le séquençage Sanger complet (exons, introns, région 5’ régulatrice et 3’UTR) de CYP21A2 chez la patiente, suivi du séquençage ciblé chez ses parents, ont permis de conclure qu’elle a hérité de ses deux parents d’un haplotype sévère portant les variants pathogènes NM_000500.6: c.515T>A p.(Ile172Asn) et c.841G>T p.(Val281Leu), génotype expliquant la FC-D21. En revanche, l’étude a fait suspecter une duplication de CYP21A2 chez la mère. Cette duplication a été confirmée par MLPA et un séquençage Sanger complet a identifié le variant pathogène sévère c.952C>T p.(Gln318*). Par déduction, grâce à l’analyse en trio et au phénotype de la mère (asymptomatique), celle-ci devrait être hétérozygote composite pour un haplotype pathogène portant une copie de CYP21A2 et les variants c.515T>A et c.841G>T et pour un haplotype non pathogène portant 2 copies de CYP21A2 dont l’une seulement avec le variant c.952C>T. Il est en revanche impossible de l’objectiver formellement avec nos techniques Sanger + MLPA actuelles. Les évolutions actuelles vers les techniques de séquençage long read (LRS) sont prometteuses pour l’étude de ces haplotypes complexes, permettant en une seule technique d’identifier les SNV et CNV et le phasage de ceux-ci. Un test de la mère en LRS (WGS sur PromethION) avec des reads de 20kb et une analyse informatique spécialisée dans l’étude des régions complexes du génome (outil Parakit) a confirmé la présence des 3 variants et des 3 copies du gène et a déterminé leur répartition sur les deux allèles, ce en une seule technique et sans nécessiter de déduction grâce à l’analyse en trio et au phénotype de la mère.
En conclusion, l’utilisation du LRS et d’outils bio-informatiques adaptés permet non seulement de déterminer si les variants identifiés sont portés ou non par le même allèle et aussi d’identifier le nombre de copies de CYP21A2 portées par chaque allèle tout en déterminant la répartition des variants sur chacune des copies sans nécessité d’étude familiale. Cette avancée est essentielle pour éviter des erreurs diagnostiques dans le cadre d’haplotypes complexes afin de garantir la meilleure prise en charge des patients et le meilleur conseil génétique possible, notamment pour un diagnostic prénatal futur.
Jordan TEOLI (Lyon), Asmahane LADJOUZE, Delphine MALLET, Florence ROUCHER-BOULEZ, Diane GANDIN, Quentin TESTARD, Ouessila ABBAS, Jean MONLONG, Rita MENASSA
16:15 - 17:15
#49267 - P326 L'identification d'une épisignature pour le syndrome de Snijders-Blok-Campeau lié au gène CHD3 révèle l'hétérogénéité de l'épisignature du syndrome CHARGE : vers une meilleure caractérisation des chromatinopathies.
P326 L'identification d'une épisignature pour le syndrome de Snijders-Blok-Campeau lié au gène CHD3 révèle l'hétérogénéité de l'épisignature du syndrome CHARGE : vers une meilleure caractérisation des chromatinopathies.
Les récents progrès dans les technologies de séquençage ont considérablement amélioré le rendement diagnostic des patients. Cependant, pour un nombre important de patients, les variants pathogènes causaux ne sont pas identifiés en raison d'une compréhension limitée de certains variants, des séquences régulatrices mal cartographiées ou des défis liés au séquençage, tels que les réarrangements complexes. L'étude du paysage épigénétique, ou épigénome, est devenue essentielle pour améliorer le diagnostic des patients.
Les maladies causées par des variants pathogènes dans les régulateurs épigénétiques (ou chromatinopathies), souvent associées à des anomalies de croissance, une déficience intellectuelle et une dysmorphie faciale, sont des modèles pour l'étude pionnière des épisignatures. Parmi celles-ci, le syndrome de Snijders Blok-Campeau (ORPHA : 599082), causé par des variants pathogènes dans le gène CHD3, reste encore peu exploré. Une cohorte européenne de 22 patients présentant les traits typiques du syndrome de Snijders Blok-Campeau et porteurs de variants pathogènes/probablement pathogènes du gène CHD3 a été analysée à l'aide de la puce Illumina EPIC, ce qui a permis d'identifier 139 positions différemment méthylées distinguant les patients des 79 témoins sains appariés. Ces régions peuvent servir d'outil diagnostic pour les cas complexes ou les variants de signification incertaine et aident à mettre au jour les voies dérégulées liées à ce syndrome. Trois patients porteurs de variants pathogènes/probablement pathogènes mais présentant un tableau clinique atypique, ainsi que 5 patients présentant des variants de signification incertaine, ont été analysés dans le cadre du test. La comparaison des méthylomes de patients porteurs de variants pathogènes dans les gènes CHD3, CHD7 (syndrome de CHARGE, ORPHA : 138) ou CHD8 (trouble du développement intellectuel avec autisme et macrocéphalie, ORPHA : 642675) nous a permis d'identifier des sous-groupes distincts présentant des profils de méthylation uniques. Cette nouvelle épisignature robuste de méthylation de l'ADN liée au gène CHD3 aide à reclasser les variants et à identifier les cas atypiques. Nos résultats permettent une nouvelle progression dans le domaine des signatures épigénétiques des maladies rares. Enfin, nous avons ouvert de nouvelles méthodes d’analyse pour approfondir les recherches sur les sous-types définis par les tests de méthylome, ici dans le contexte des chromatopathies, ce qui permet d’affiner le spectre phénotypique et aide à améliorer le diagnostic des patients.
Amandine SANTINI, Angelo TOGNON, Anne-Claire RICHARD, Guillaume VELASCO, Gilles PHAN, Pauline MARZIN, Fabien MAURY, Angele MAY, Caroline MICHOT, Adela CHIRITA-EMANDI, Jorge M. SARAIVA, Maria Juliana BALLESTA-MARTINEZ, Stanislas LYONNET, Ivona SANSOVIĆ, Tahsin Stefan BARAKAT, Perrine BRUNELLE, Jamal GHOUMID, Xavier LE GUILLOU, Pauline LE TANNO, Marjolaine WILLEMS, Martin ZENKER, Ina SCHANZE, Stéphanie MOORTGAT, Bertrand ISIDOR, Paul ROLLIER, Anne-Marie GUERROT, Nicolas CHATRON, Florence DEMURGER, Alice GOLDENBERG, Julian DELANNE, Laurence FAIVRE, François LECOQUIERRE, Gaël NICOLAS, Aurélie COUSSEMENT, Yvan HERENGER, Matthieu DEFRANCE, Valérie CORMIER-DAIRE, Camille CHARBONNIER, Maud DE DIEULEVEULT (Paris)
16:15 - 17:15
#49350 - P330 Pipeline évolutif et trio-aware pour la détection de variants par séquençage longue lecture dans les troubles neurodéveloppementaux non résolus.
P330 Pipeline évolutif et trio-aware pour la détection de variants par séquençage longue lecture dans les troubles neurodéveloppementaux non résolus.
Le séquençage du génome à lectures courtes a profondément transformé le diagnostic génétique, mais de nombreux cas de troubles neurodéveloppementaux (TND) restent non diagnostiqués. Les approches classiques à lecture courte peuvent manquer plus de 60 à 70 % des variants pathogènes, limitant le rendement diagnostique. Le séquençage lectures longues (SLL) a démontré un gain additionnel de 7 à 17 % dans les maladies rares non résolues, en permettant la détection de variants structuraux, de régions répétées, de mosaïcisme et le phasage des variants, mais son adoption reste freinée par les taux d’erreur et le manque de standards reproductibles.
Nous avons développé un pipeline rapide, reproductible et trio-aware, intégrant les lectures longues Oxford Nanopore corrigées par Illumina via Ratatosk pour garantir une précision au niveau des bases. L’alignement est effectué avec minimap2 accéléré par GPU et l’appel de variants structuraux avec Sniffles2. Le module personnalisé trio_sv_annot classe systématiquement les variants structuraux en de novo, hérités, mosaïques ou hémizygotes, permettant une interprétation familiale directe et soutenant la décision clinique dans les trios de TND. L’annotation fonctionnelle via AnnotSV relie les variants au dosage génique, au contexte de régulation et au score ACMG. Parallèlement, les variants ponctuels issus des lectures courtes sont traités avec Parabricks HaplotypeCaller et annotés avec ANNOVAR, permettant un filtrage hiérarchisé des variations cliniquement pertinentes. Le pipeline est entièrement containerisé avec Singularity, garantissant scalabilité et reproductibilité sur des systèmes HPC. Appliqué à 40 trios non résolus, chaque famille a été analysée en moins de deux jours. En moyenne, environ 700 variants structuraux cliniquement pertinents par génome ont été identifiés, dont la majorité étaient indétectables par séquençage à lecture courte. Parmi eux, 1,5 % étaient dé novo et 1,7 % mosaïques ou hémizygotes à forte pertinence clinique. Par exemple, une translocation hémizygote SLC6A8 (chrX:153 691 542 → chrM:5323), responsable du déficit en créatine cérébrale, a été détectée, invisible avec des lectures courtes. De plus, la cartographie optique Bionano a révélé une délétion d’environ 122 kb sur le chrX (48,0–48,2 Mb) englobant ZNF630 et SPACA5, non détectée par plusieurs logiciels (Sniffles2, CuteSV2, GRIDSS, SVIM), soulignant l’intérêt des technologies complémentaires pour la détection complète des variants. Ce pipeline démontre que le SLL, combiné à une correction hybride, à l’annotation trio-aware et soutenu par la cartographie optique, peut être appliqué efficacement à grande échelle dans la génomique des maladies rares. En révélant des variants cliniquement exploitables invisibles aux pipelines classiques, notre approche améliore le rendement diagnostique et facilite l’intégration du SLL dans le diagnostic génétique de routine des TND.
Edris SHARIFRAHMANI (Dijon), Simon VERDEZ, Julien PACCAUD, Théo SERRALTA, Laurence OLIVIER-FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET, Antonio VITOBELLO, Yannis DUFFOURD
16:15 - 17:15
#49418 - P334 BANCCO+ : Un Entrepôt de Données de Santé innovant au service des troubles du neurodéveloppement et des anomalies fœtales.
P334 BANCCO+ : Un Entrepôt de Données de Santé innovant au service des troubles du neurodéveloppement et des anomalies fœtales.
Les maladies rares, dont 80% ont une origine génétique, constituent un défi scientifique et médical majeur. Parmi elles, les troubles du neurodéveloppement (TND) sont souvent liés à des variations du nombre de copies (CNV), impliquées dans 10 à 15 % des cas. Depuis 2007, la France a constitué un patrimoine exceptionnel avec plus de 200 000 analyses chromosomiques sur puce à ADN (ACPA), réalisées principalement chez des patients présentant un TND. Pour valoriser cette ressource, le projet BANCCO, lancé il y a dix ans, a évolué en 2025 vers un entrepôt de données de santé (EDS) innovant : BANCCO+.
Une plateforme unique alliant soin et recherche
BANCCO+ représente un modèle inédit, en France et en Europe, conçu pour répondre aux enjeux des maladies rares, où soin et recherche se renforcent mutuellement. Ses missions s’organisent autour de deux axes principaux :
1. Améliorer la prise en charge clinique :
Faciliter l’interprétation des données génétiques grâce à des outils d’annotation performants.
Renforcer les collaborations entre professionnels et élaborer un catalogue national des CNV fœtaux associés à des malformations (en partenariat avec la Société de Fœtopathologie).
Optimiser l’analyse des CNV, notamment ceux issus du séquençage pangénomique.
2. Stimuler la recherche et la découverte :
Identifier de nouveaux gènes ou syndromes et affiner les corrélations génotype/phénotype.
Encourager les études collaboratives et déterminer la fréquence des CNV dans la population française.
Contribuer à une meilleure compréhension de l’organisation du génome humain.
Sécurité et éthique : des standards exigeants
BANCCO+ garantit la confidentialité et la sécurité des données en respectant les normes de la CNIL :
Trois bases de données chiffrées, chacune protégée par des clés distinctes.
Gestion des accès strictement contrôlée : profils utilisateurs différenciés, double authentification, et protocoles d’échange sécurisés.
Accès réservé aux projets validés par un comité scientifique et éthique (CSE), assurant une utilisation conforme aux exigences éthiques et réglementaires.
Ouverture et collaboration internationale
Dans une logique d’Open Science, BANCCO+ propose des données agrégées pour favoriser les collaborations internationales. Les outils d’analyse spécialisés, accessibles après évaluation par le CSE, permettent d’exploiter ce patrimoine génétique au service des patients, des cliniciens et des chercheurs.
Une ambition nationale pour l’avenir
Avec la fin de Cartagenia en septembre 2025, BANCCO+ s’impose comme une solution centrale pour les généticiens, notamment pour l’analyse des CNV. Son objectif : inclure 100 000 individus d’ici 2028 et s’intégrer au futur Collecteur et Analyseur de Données (CAD) national.
En associant innovation technologique, rigueur éthique et collaborations, BANCCO+ ouvre la voie à une médecine personnalisée, où les données génétiques deviennent un moteur pour l’amélioration des soins et le progrès scientifique.
Mélanie CORCUFF, Estelle MENORET, Hanitriniaina RABEONY, Sihem SAADI-KHEDDOUCI, Marc BERARD, Delphine CORTIAL, Jean-François GUERIN, Sylvie JAILLARD, Valérie MALAN, Isabelle MARCHETTI-WATERNAUX, Jean MULLER, Amélie PITON, Thoueiba SAANDI, Christophe BEROUD (MARSEILLE), Frédéric BILAN, Damien SANLAVILLE
16:15 - 17:15
#49645 - P338 Projet GenTonic - Diagnostic moléculaire simultané des causes génétiques d’hypotonie néonatale par séquençage haut-débit long-read.
P338 Projet GenTonic - Diagnostic moléculaire simultané des causes génétiques d’hypotonie néonatale par séquençage haut-débit long-read.
Introduction : Trois maladies génétiques rares sont à l’origine d’hypotonie néonatale : l’amyotrophie spinale (SMA), la dystrophie myotonique de type 1 (DM1) et le syndrome de Prader-Willi (PWS). La SMA est majoritairement causée par une délétion homozygote du gène SMN1 et le nombre de copie du gène SMN2 est un facteur pronostique et thérapeutique important. La DM1 résulte d’une expansion de triplets dans le gène DMPK, la taille de l’expansion étant globalement corrélée à la précocité et à la sévérité des symptômes. Le PWS est lié à la perte de l’expression de l’allèle paternel de la région 15q11q13, détectée par une hyperméthylation de la région, avec plusieurs mécanismes possibles. Le diagnostic moléculaire étiologique de première ligne d’une hypotonie néonatale repose actuellement sur la réalisation en parallèle de trois examens, parfois réalisés dans des laboratoires différents, et pouvant nécessiter d’avoir recours à des techniques complémentaires indispensables à la prise en charge du patient et au conseil génétique.
Matériels et méthodes : Nous avons évalué la faisabilité de réaliser simultanément le diagnostic moléculaire de ces trois pathologies par séquençage haut-débit long-read (SLR) sur PromethION 2 solo d’Oxford Nanopore Technologies. Nous avons analysé 12 échantillons de génotype connu pour l’une de ces trois pathologies. Le SLR a été réalisé à partir de 2 µg d’ADN fragmenté par patient, analysés uniquement sur les régions d’intérêt (taille d’environ 100 Mb) par adaptive sampling, en regroupant 3 individus par flowcell. Les variations de petites tailles (SNVs / InDels) ont été mises en évidence par deepvariant, les expansions par STRkit, Straglr et HMMSTR et les variations de structure par dysgu, cuteSV et Sniffles2.
Résultats : Les fragments d’ADN obtenus étaient d’une taille d’environ 6 kb. La profondeur moyenne de séquençage par individu était de 20 X. Pour les individus atteints de SMA, nous avons été confrontés aux difficultés d’alignement spécifique entre SMN1 et SMN2. Malgré cela, nous avons été capables de mettre en évidence la délétion homozygote de SMN1 ainsi que des variations ponctuelles. La détection des délétions hétérozygotes de SMN1 nécessite encore des mises au point. Pour DM1, nous avons identifié des expansions d’une taille de 500 et 1100 répétitions CTG dans le gène DMPK. Concernant les individus porteurs d’un PWS, nous avons pu mettre en évidence l’hyperméthylation des îlots CpG dans la région soumise à empreinte pour tous les individus et une délétion d’une copie de la région concernée.
Discussion : L’utilisation du SLR nous a permis de détecter les principales variations pathogènes des pathologies responsables d’hypotonie néonatale. Ces résultats prometteurs nous permettent d’envisager une étude prospective en collaboration avec les services de neuropédiatrie afin de confronter notre stratégie à la vie réelle.
Ce projet a reçu le soutien de l’ANPGM par l’intermédiaire du prix Michel Goossens.
Aurélie GOURONC (STRASBOURG), Virginie HAUSHALTER, Jean-Baptiste LAMOUCHE, Anthony LE BECHEC, Claire FEGER, Damien MAURER, Nadège CALMELS
16:15 - 17:15
#49859 - P342 Bioinfo@AURAGEN en amélioration continue : routine automatisée de soin accrédité, vers le soutien à la recherche clinique.
P342 Bioinfo@AURAGEN en amélioration continue : routine automatisée de soin accrédité, vers le soutien à la recherche clinique.
En 2018, le GCS AURAGEN a constitué une équipe bioinformatique dédiée au LBMMS AURAGEN dans la mise en place et le suivi d’analyses génomiques accrédité pour le diagnostic. Dans le domaine de la génomique constitutionnelle (maladies rares et oncogénétique), l’activité actuelle représente une production hebdomadaire moyenne de 120 prescriptions, soit environ 360 génomes analysés, avec pour exigence un maintien constant de la qualité des données remises à l’interprétation. Ce défi implique une adaptation continue aux évolutions technologiques, qu’il s’agisse de l’intégration de nouveaux séquenceurs ou du changement de méthodes de préparation de librairies, tout en garantissant la robustesse des pipelines bioinformatiques.
Notre travail permet de présenter constamment plus de 99,7% des diagnostics rendus dans une interface de synthèse intégrative développée en interne, Aurapport. Une solution industrielle commercialisée par SeqOne présente les variations détectées et annotées par notre équipe, et permet de challenger notre priorisation automatique. Un travail est initié avec cette entreprise concernant la présentation de CNV et SV sur génomes entiers dans leur produit.
Durant l’année 2025, nous avons continué d’améliorer nos process de traitement de la données sur différents plans : (1) la détection de variations :de l’ADN mitochondrial, mosaïques chromosomiques ; (2) l’annotation génomique de ces variations pour les UTR, la mise à jour des transcrits Gencode. D’ici la fin de l’année 2025, nous terminerons les quatre chantiers majeurs entamés : un outil de requête sur la totalité des variations nucléotidiques, une mise à jour complète de VEP pour aller vers une nouvelle amélioration de priorisation clinique, une refonte du tri et priorisation des CNV/SV et STR, l'utilisation de LLM aidant l'interprétation et la rédaction des compte rendus.
Pour toutes ces améliorations, comme précédemment, une réanalyse systématique de chaque dossier sera réalisée. A ce jour, nous pouvons estimer que notre travail itératif a permis des réanalyses conduisant à plus de 300 compte rendus positifs, alors que négatifs initialement (majoritairement liés aux gènes RNUs).
Pour l’année 2026, trois chantiers prioritaires sont identifiés : développer un système de réanalyse par comparaison aux analyses précédente, résolution de nouveaux challenges de variations complexes (pseudo-gènes, éléments mobiles), et renforcement du soutien aux projets de recherche clinique, notamment inspirés de l’expérience collective sur les RNUs.
Après six années d’activité, les perspectives s’orientent, au-delà du maintien de la production de routine, vers un renforcement de la collaboration avec les cliniciens, biologistes et chercheurs, dans l’objectif de progresser sur la reclassification des variations de signification indéterminée, et de valoriser les résultats par des publications de fort impact, réalisées avec un esprit de collaboration national et international.
Virginie BERNARD (Grenoble), Quentin CHARRET, Clément LIONNET, Maelle MARTINET GERPHAGNON, Caroline MEGUERDITCHIAN, Valentin KLEIN, Cornelia MAHITASOA, Damien GENESTE, Anne-Sophie SERTIER, Christine VINCIGUERRA, Anthony FERRARI, Alain VIARI, Julien THEVENON, Consortium AURAGEN
16:15 - 17:15
#49925 - P346 Analyse comparative des outils bioinformatiques de détection de la méthylation 5mCpG par séquençage nanopore.
P346 Analyse comparative des outils bioinformatiques de détection de la méthylation 5mCpG par séquençage nanopore.
La détection précise de la 5-méthylcytosine (5mC) est essentielle pour comprendre la régulation épigénétique dans les cancers. Les technologies Oxford Nanopore (ONT) permettent une détection de la 5mC à résolution mononucléotidique sans conversion de l’ADN, mais les outils de détection de la méthylation présentent une grande variabilité en termes de précision, en particulier avec l’évolution des chimies de nanopores.
Ici, nous avons comparé six outils : Nanopolish, DeepSignal, f5c, Dorado, et deux ensembles METEORE, sur des mélanges d’ADN bactérien avec des niveaux de méthylation connus. Nous avons ensuite évalué Dorado, f5c et Nanopolish sur quatre échantillons humains, incluant des tumeurs (R9.4.1 MinION) et du sang (R10.4.1 PromethION), en utilisant les puces Illumina EPIC comme référence de validation.
Dorado, utilisé avec la chimie R10.4.1, a obtenu les meilleures performances, récupérant plus de 20 millions de CpG à l’échelle du génome à une couverture de 5× et montrant une forte concordance avec les profils issus des puces (corrélation de Pearson ≈ 0,94). f5c a montré une corrélation similaire mais a identifié moins de CpG en raison de filtres plus stricts. Nanopolish est resté fiable pour les données R9 mais n’était pas compatible avec les chimies plus récentes.
Nos résultats identifient Dorado comme la solution la plus robuste pour l’analyse de la méthylation par ONT, offrant un profilage du méthylome à haute résolution et haut débit. Ces observations soutiennent l’intégration de Dorado dans les workflows épigénomiques et fournissent des recommandations pratiques aux chercheurs adoptant le séquençage de troisième génération pour l’analyse de la 5mC.
Djihad HADJADJ, Eric PASMANT, Antoine QUONIAM BARRÉ (Paris)
16:15 - 17:15
#49339 - P350 Implication de GINS2 dans le syndrome de Meier-Gorlin chez un second individu.
P350 Implication de GINS2 dans le syndrome de Meier-Gorlin chez un second individu.
Le syndrome de Meier-Gorlin (SMG) est caractérisé par un retard de croissance, une microcéphalie, un a/hypoplasie patellaire et une microtie bilatérale, parfois associés à d’autres malformations notamment une craniosténose. Le SMG, de transmission autosomique récessive dans la majorité des cas, est lié à des variants pathogènes dans des gènes codants pour les protéines du complexe de pré-réplication de l’ADN. Il existe des corrélations génotypes-phénotypes dans le SMG. Ainsi, la craniosténose est un signe fréquemment observé dans le SMG lié à des variants du gène CDC45 alors qu’il est absent dans le SMG lié à des gènes du complexe ORC. Un seul individu a été décrit avec un SMG lié à des variations bi-alléliques du gène GINS2. Nous décrivons ici un deuxième patient présent un SMG lié à GINS2, avec les données cliniques, génétiques et épigénétiques.
Il s’agit d’une enfant de 3 ans issue d’un couple apparenté. Elle présentait un retard de croissance intra-utérin. Une craniosténose complexe (bi-coronale et bi-lambdoïde) a été diagnostiquée en prénatal et pris en charge chirurgicalement à 1 an. A 3ans, elle présentait un retard de croissance pour le poids et la taille à -3,5 déviation standard (DS) et une microcéphalie à –4 DS. L’examen clinique montrait une hypoplasie de l’étage moyen de la face, des yeux proéminents avec des fentes obliques en bas et en dehors. Les oreilles étaient petites, basses implantées en rotation postérieure avec un canal auditif externe atrétique. Les extrémités étaient courtes, et l’anus antéposé. Le développement psychomoteur était normal. Le bilan malformatif et sensoriel était normal. Les radiographies de squelette montraient des petites épiphyses fémorales supérieures, les rotules étaient non visualisables compte-tenu de l’âge. L’analyse par génome en trio sur la plateforme SeqOIA, a mis en évidence un variant homozygote, NM_016095.3: c.333C>G p.(Asp111Glu) dans le gène GINS2. Ce variant était absent des bases de données HGMD et Clinvar, il était rapporté dans la base de données de populations GnomADv4 avec une fréquence allélique très faible (0.0015%) et aucun homozygote. Les deux parents étaient hétérozygotes pour ce variant, aucune des 4 soeurs, asymptomatiques, n’étaient homozygotes pour ce variant.
L’analyse de la méthylation de l’ADN à l’aide de puces EPIC (Illumina) de cette patiente a montré 20 positions sur le génome arborant des altérations de méthylations. Notamment, sept gènes présentent une hyperméthylation spécifique au niveau de leur promoteur (nommer les gènes?).
Ce deuxième patient confirme l’implication de GINS2 dans le SMG avec retard de croissance pré et post natal, une microcéphalie et une microtie. Les deux patients présentent une craniosténose, un anus antéposé comme décrit dans le SMG lié à CDC45. Le développement psychomoteur est normal chez les 2 patients.
D’autres patients sont nécessaires pour mieux décrire le phénotype du SMG lié à GINS2 et définir une épisignature spécifique.
Pauline MARZIN (La Réunion), Giovanna PATERNOSTER, Klervie LOISELET, Phillip HOFFMANN, Matthieu DEFRANCE, Valérie CORMIER-DAIRE, Collet CORINNE, Maud DE DIEULEVEULT
16:15 - 17:15
#49496 - P354 Repenser les variants pathogènes d'une oligodontie : étude d’une cohorte de patients atteints du centre de référence des maladies rares orales et dentaires de Marseille.
P354 Repenser les variants pathogènes d'une oligodontie : étude d’une cohorte de patients atteints du centre de référence des maladies rares orales et dentaires de Marseille.
L'oligodontie est une anomalie du développement caractérisée par l'absence d'au moins six dents, principalement d'origine génétique. Nous avons examiné les résultats des tests génétiques de 41 patients diagnostiqués par le Centre de référence des maladies rares orales et dentaires de Marseille, France, dans le but d’identifier des variants pathogènes responsables de l’oligodontie.
Des tests en trio ont été effectués après consentement auprès des familles. Les analyses ont été conduites sur les données issues de NGS ciblé sur le panel exhaustif des maladies rares bucco-dentaires (GenoDENT, Strasbourg) [1].
Le gène WNT10A était le plus répandu parmi de 9 gènes impliqués et conduisait dans la majorité des cas à une oligodontie dite non syndromique. Les variants WNT10A étaient présents à l’état bi-allélique pour la plupart des patients : 10 patients homozygotes, 5 patients hétérozygotes composites, 3 patients porteur de variants dans d’autres gènes des voies canoniques WNT ou EDA.
Les phénotypes des patients avec les variants WNT10A à l’état mono-allélique ne s’expliquent que partiellement par le diagnostic moléculaire. Les variants récurrents faux-sens p.Phe228Ile (4 cas index) et p.Arg163Trp (1 cas index), bien qu’appartenant aux classes 4 ou 5 (critères ACMG), n’expliquent pas à eux seuls la sévérité du phénotype (agénésie moy= 8 dents* [6-10] et la présence d’une microdontie observée dans 4 cas. L’allèle pathogène a été hérité dans tous les cas. Des agénésies dentaires de 4 à 7 dents ont été observées chez 3 parents porteurs hétérozygotes.
Cependant, pour les 11 patients homozygotes p.Phe228Ile (agénésie moy=9,8 dents* [7-18]), l’anamnèse familiale contient la notion d’absence d’une dent seulement pour deux pères tandis que pour tous les autres parents porteurs d’un seul allèle pathogène (18 parents) il n’y a pas d'agénésie dentaire identifiée.
Une pénétrance incomplète et une sévérité phénotypique variable ont bien été décrites pour le gène WNT10A [2, 3, 4]. La présence d’autres variations appartenant au gène WNT10A ou aux autres gènes responsables d’agénésie dentaire n’est pas confirmée pour ces patients dans le cadre d’analyse de panel élargi. Afin de mieux comprendre la sévérité phénotypique des patients hétérozygotes, nous suggérons de rechercher des nouveaux variants à l’aide de techniques avancées : séquençage de gène complet incluant les éléments régulateurs non codants [5], séquençage long read [6], la transcriptomique [7]. Ces techniques ont déjà permis d’approfondir la compréhension de la pénétrance incomplète et de la variabilité phénotypique dans d’autres maladies génétiques. Nous ne pouvons pas exclure que des variants dans d'autres gènes, non couverts par le panel, puissent prendre part à la sévérité des manifestations cliniques. L’exploration en détail des phénotypes intra et extra buccaux pour les cas index et les apparentés même asymptomatiques pourraient être contributifs.
*Hors dents de sagesse
Olga O. GLAZUNOVA (MARSEILLE), Anastasia THIBON, Isabelle BLANCHET, Gaétan CARAVELLO, Marzena KAWCZYNSKI, Agnes BLOCH ZUPAN, Caroline SCHLUTH BOLARD, Corinne TARDIEU
16:15 - 17:15
#49739 - P358 SMAD7: un nouveau gène associé à une dysplasie osseuse sclérosante.
P358 SMAD7: un nouveau gène associé à une dysplasie osseuse sclérosante.
Contexte/Objectifs : Les dysplasies osseuses sclérosantes sont des ostéocondensations primaires regroupées au sein d'un ensemble hétérogène de maladies osseuses rares. Ces maladies sont causées par des variants pathogènes de différents gènes responsables d’une diminution de la résorption osseuse ou, au contraire, dans une augmentation de la formation osseuse. Les voies de signalisation Wnt et SMAD jouent un rôle central dans ces pathologies. En effet, leur activation excessive peuve induire une formation osseuse exagérée.
Nous rapportons le cas d'une patiente présentant une hyperostose généralisée atypique. Le séquençage d'exomes en trio, combiné à des études fonctionnelles, a permis d'identifier l'étiologie génétique de cette nouvelle entité pathologique.
Méthodes : différentes techniques ont été utilisées : séquençage de panel de gènes, CGH-array, séquençage de l’exome en trio. Les études fonctionnelles ont été réalisées à partir de cultures primaires de fibroblastes de la patiente et de témoins (Western-blot, RNAseq et RT-qPCR).
Résultats : la patiente présentait une hyperostose facio-mandibulaire sévère et une sclérose diaphysaire des os longs. Les premiers signes sont apparus durant la petite enfance et un diagnostic de dysplasie crânio-diaphysaire (gène SOST) avait été évoqué (service de génétique médicale, CHU Necker). Les signes se sont aggravés jusqu’à l’adolescence (service de génétique médicale du CHU de Rouen). L’exome en trio a révélé deux variants faux-sens hétérozygotes composites dans le gène SMAD7, un inhibiteur des voies SMAD. À partir de cultures primaires de fibroblastes, nous avons constaté que l'expression transcriptionnelle et traductionnelle du gène SMAD7 était diminuée dans les cellules mutées par rapport aux cellules témoins. Les résultats de la technique de Western blot ont montré que les niveaux de SMAD2/3 et de p-SMAD3 étaient plus élevés dans les fibroblastes mutés que dans les cellules témoins après un traitement au TGF-β1. De plus, l'expression du gène ALPL (alcaline phosphatase) était augmentée dans les cellules mutées, associée à une expression réduite de RUNX2, SP7 et COL1A1. En outre, l'expression du RANKL était diminuée dans les cellules SMAD7 mutées, avec une expression de l'ostéoprotégérine légèrement augmentée. L'analyse du RNAseq a révélé une surexpression des gènes impliqués dans les voies de signalisation Wnt et PI3K-AKT. L’ensemble de ces résultats confirme la pathogénicité des variants SMAD7.
Conclusion : nous rapportons ici le premier cas de maladie osseuse constitutionnelle liée au gène SMAD7. Cette pathologie se caractérise par une hyperostose facio-mandibulaire et une ostéosclérose diaphysaire des os longs. Les variants SMAD7 induisent une formation osseuse excessive, notamment pendant l'enfance et l'adolescence. Les études fonctionnelles menées ont confirmé le caractère pathogène de ces variants dans le cadre d'une nouvelle dysplasie osseuse sclérosante.
Anaïk PREVIDI (Paris), Alice GOLDENBERG, Thomas PINNA, Valérie CORMIER-DAIRE, Corinne COLLET
16:15 - 17:15
#49537 - P366 Séries des cas niçois d’albinisme oculo-cutané : intérêt d’une filière de soins ophtalmo-dermato-génétique.
P366 Séries des cas niçois d’albinisme oculo-cutané : intérêt d’une filière de soins ophtalmo-dermato-génétique.
ntroduction : L’albinisme oculo-cutané (AOC) est un groupe hétérogène de génodermatoses affectant principalement : yeux, peau et phanères, souvent à transmission autosomique récessive. Les formes syndromiques rares peuvent engager le pronostic vital. Plus de 20 gènes responsables ont été décrits. La mise en place de centres de référence clinique et biologique a facilité l’accès au diagnostic moléculaire.
Matériel et méthodes : Étude rétrospective monocentrique descriptive des patients vus en consultation de dermato-génétique au CHU de Nice entre 2015 et 2025 pour AOC. Les données cliniques étaient recueillies sur une fiche standardisée.
Résultats : 38 patients (sex ratio : 22 hommes/16 femmes, âge médian = 5 ans) avec un AOC, dont 4 fratries de 2. Le diagnostic avait été suspecté ou posé sur les signes ophtalmologiques (29 cas), dermatologiques (7 cas) et syndromique (2 cas). Tous avaient au minimum une photophobie et une hypopigmentation de la rétine. Sur le plan cutané, le phénotype classique d‘AOC sévère n’était présent que chez la moitié des patients, dans les autres cas on notait simplement un phototype clair, souvent une simple dilution pigmentaire. Cinq patients avaient des signes associés : hématomes (3), troubles neuropsychiatriques (2) faisant évoquer un cadre syndromique.
Une analyse moléculaire était proposée à tous les patients. Deux adultes et 3 parents d’enfant atteint ont refusé. Parmi les 34 patients restants, le gène causal a été identifié dans 23 cas : 11 TYR (OCA1), devant 4 OCA2 et 1 patient avec des variants de TYRP1 (OCA3), SLC45A2 (OCA4), SCL24A5 (OCA6) ou LRMDA (OCA7) respectivement. Une patiente adulte avait une hypoplasie fovéale en rapport avec une mutation dans SLC38A8. Un diagnostic d’albinisme syndromique a été posé chez 3 patients ; deux Hermansky Pudlak (types 2-8) et un Chediak Higashi. Un patient avec un tableau syndromique avait une analyse négative. Un patient avec un tableau clinique typique avait 2 variants hétérozygotes dans TYR et OCA2 respectivement. Pour 3 patients, l’analyse était en cours. Aucun diagnostic prénatal n’a été demandé pour les formes non syndromiques.
Discussion : La structuration d’une filière pédiatrique ophtalmo-dermato-génétique a permis un recrutement progressif et important des patients. La collaboration avec le laboratoire de génétique référent a permis un taux d’élucidation élevé des bases moléculaires. L’intérêt d’un diagnostic génétique varie selon des profils. Il est majeur dans les formes syndromiques et pour le conseil génétique. Il est de moins d’aide dans les tableaux complexes avec un AOC atypique, pour lesquels il faudrait discuter d’une analyse par un génome dans le cadre du PFMG. Dans les formes plus frustres, il permet de distinguer un albinisme de diagnostic différentiel (FRMD7,PAX6,…). Enfin, il contribue à la connaissance scientifique des formes rares d’AOC.
Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI (Nice), Vincent MICHAUD, Ryad ADRAR, Eulalie LASSEAUX-ROBINE, Bérengère SCHNEIDER, Bruno FRANCOU, Benoit ARVEILER, Christine CHIAVERINI
16:15 - 17:15
#49305 - P370 Implication de LAMP3 dans une pneumopathie interstitielle diffuse de l’enfant en lien avec le surfactant.
P370 Implication de LAMP3 dans une pneumopathie interstitielle diffuse de l’enfant en lien avec le surfactant.
Introduction :
Le gène LAMP3 code pour la protéine lysosomale membranaire 3. Il a récemment été suggéré que ce gène, exprimé au niveau pulmonaire dans les cellules alvéolaires de type II, pourrait contribuer au développement d’une pneumopathie interstitielle diffuse (PID) liée au métabolisme du surfactant pulmonaire, sans cependant qu’aucune étude fonctionnelle n’ait été réalisée. Deux variants hétérozygotes ont été identifiés au laboratoire chez un enfant atteint de PID. L’objectif de cette étude était d’évaluer (i) la pathogénicité ces deux variants, ainsi que celle du variant rapporté dans la littérature (G288R), et (ii) l’implication de LAMP3 dans le métabolisme du surfactant pulmonaire.
Méthodes :
Les variants de LAMP3 ont été identifiés par séquençage d’exome. Les études ex vivo ont permis d’étudier l’expression des ARNm de LAMP3 à partir de cellules de brossage nasal et de tissu pulmonaire, ainsi que l’expression de la protéine par immunohistochimie sur biopsie pulmonaire.
Après expression transitoire de dans la lignée A549, la localisation subcellulaire de ces protéines a été étudiée par immunofluorescence et leur expression par western blot. Enfin les interactions potentielles entre LAMP3 et les protéines du surfactant SP-B et SP-C ont été évaluées par co-immunoprécipitation (co-IP).
Résultats :
L’enfant, un garçon de 15 ans atteint de PID, était hétérozygote composite pour deux variants de LAMP3 : p.(Y302Qfs*2) et p.(T268M). Les études ex vivo de l’ARNm ont montré une diminution des transcrits LAMP3 portant la variant décalant le cadre de lecture (et conduisant à un codon stop prématuré) par probable nonsense-mediated mRNA decay (NMD). L’étude immunohistochimique sur biopsie pulmonaire du patient a confirmé la diminution de l’expression de LAMP3.
Les études fonctionnelles de la protéine LAMP3 recombinante portant la variation p.(T268M) (LAMP3_T268M) ou la variation p.(G288R) (LAMP3_G288R) précédemment rapportée n’ont pas révélé de défaut de localisation subcellulaire de ces protéines. En revanche, l’expression de LAMP3_T268M et de LAMP3_G288R est significativement diminuée par rapport à la forme sauvage de la protéine (LAMP3_WT). De plus, la masse moléculaire de LAMP3_T268M, évaluée par western blot, est inférieure à celle de LAMP3_WT. L’étude de la N-glycosylation de LAMP3_T268M a révélé un défaut de glycosylation de la protéine mutée. Par ailleurs, LAMP3 est capable d’interagir avec SP-B et SP-C (co-IP), suggérant un lien entre LAMP3 et le surfactant pulmonaire. Enfin, les quantités de pro-SP-B et pro-SP-C immunoprécipitées avec LAMP3_T268M sont supérieures à celles immunoprécipitées avec LAMP3_WT.
Conclusion :
Cette étude, qui démontre le caractère pathogène de deux variants de LAMP3 chez un patient atteint de PID de survenue précoce, permet d’impliquer le gène LAMP3 dans les PID. L’interaction documentée de LAMP3 avec des protéines du surfactant pourrait au moins en partie expliquer la physiopathologie de ces maladies.
Camille LOUVRIER, Tifenn DESROZIERS (Paris), Yohan SOREZE, Martha DELGADO-RODRIGUEZ, Lucie THOMAS, Valérie NAU, Florence DASTOT LE MOAL, Jonathan A. BERNSTEIN, F. Session COLE, Markus DAMME, Anthony FISCHER, Matthias GRIESE, Daniel HINDS, Laura KEEHAN, Carlos MILLA, Mohammad HADHUD, Jonathan RIPS, Jennifer A. WAMBACH, Daniel J. WEGNER, Serge AMSELEM, Marie LEGENDRE, Irina GIURGEA, Sonia Athina KARABINA, Aurore COULOMB L’HERMINÉ, Nadia NATHAN
16:15 - 17:15
#49512 - P374 Pronostic rénal dans le syndrome HDR : analyse d'une large cohorte française de 65 patients avec variants de GATA3.
P374 Pronostic rénal dans le syndrome HDR : analyse d'une large cohorte française de 65 patients avec variants de GATA3.
Introduction
Le syndrome HDR (hypoparathyroïdie, surdité neurosensorielle et dysplasie rénale) est une maladie génétique rare de transmission autosomique dominante causée par des variants pathogènes dans le gène GATA3, décrit chez environ 200 patients dans le monde. Si l'atteinte rénale fait partie de la triade diagnostique, son phénotype et son pronostic à long terme restent mal définis. Nous rapportons l'évolution rénale d’une large cohorte française de patients porteurs d’un syndrome HDR afin de préciser les facteurs pronostiques et d'optimiser le suivi néphrologique.
Méthodes
Cette étude multicentrique rétrospective a inclus 65 patients issus de 44 familles, jusqu’ici non rapportés dans la littérature, identifiés via trois laboratoires français réalisant l'analyse moléculaire de GATA3 en France. L’analyse moléculaire incluait le séquençage de GATA3 et la recherche de délétions par CGH-array. L'évaluation néphrologique comprenait l'imagerie rénale, la fonction rénale (DFG estimé à partir de la créatinine), la protéinurie et le suivi évolutif rétrospectif.
Résultats
La surdité neurosensorielle était quasi-constante (88%), nécessitant un appareillage chez 66,1% des patients avec une perte auditive moyenne de 55-60dB. L'hypoparathyroïdie était présente chez 58,4% des patients, avec des formes néonatales nécessitant une supplémentation précoce. On observait aussi une fréquence des anomalies génitales plus élevée que dans la littérature, avec 10 patients atteints (15,3%).
Les malformations rénales étaient présentes chez 31/65 patients (47,6%), dominées par l'hypoplasie unilatérale (33%) et l'agénésie unilatérale (32%), suivies par la dysplasie rénale bilatérale (16%) et l'hypoplasie bilatérale (16%). L'insuffisance rénale chronique (DFG<60ml/min/1.73m2) était documentée chez 14 patients (21,5%), soit 45% des patients avec anomalies structurelles. Parmi ces patients, 4 ont évolué vers l'insuffisance rénale terminale (IRT) nécessitant un traitement de suppléance, représentant 6% de la cohorte totale et 13% des patients avec atteinte rénale.
L'analyse des facteurs pronostiques révèle une évolution plus sévère chez les patients avec hypoplasie bilatérale (100% d'IRC) comparativement aux anomalies unilatérales (30% d'IRC en cas d’hypoplasie, 20% d'IRC en cas d’agénésie). Les patients avec dysplasie rénale présentaient un risque intermédiaire d'IRC (40%). Aucune corrélation significative n'a été observée entre le type de variant de GATA3 et la sévérité de l'atteinte rénale.
Conclusion
Cette série confirme la prévalence élevée de la maladie rénale chronique dans le syndrome HDR, avec un risque d'IRC de 21,5% et d'IRT de 6%. Les anomalies bilatérales représentent un facteur pronostique défavorable majeur nécessitant une surveillance néphrologique rapprochée dès le diagnostic. Ces données soulignent l'importance d'un suivi néphrologique précoce et d'une approche multidisciplinaire dans la prise en charge du syndrome HDR pour prévenir la progression de la MRC.
Clément SAUVESTRE (Bordeaux), Corinne MAGDELAINE, Nicolas GRUCHY, Olivier GRUNEWALD, Jérôme HARAMBAT
16:15 - 17:15
#49716 - P378 Panel NGS versus génome : que choisir pour le diagnostic génétique des maladies lysosomales ? Expérience de l’hôpital Necker-Enfants Malades.
P378 Panel NGS versus génome : que choisir pour le diagnostic génétique des maladies lysosomales ? Expérience de l’hôpital Necker-Enfants Malades.
Contexte : Les maladies de surcharge lysosomale (MSL) sont des maladies génétiques de transmission autosomique récessive ou liée à l'X, entrainant majoritairement un déficit d’enzyme lysosomale, ou d’autres protéines du lysosome nécessaires à sa fonction. L’accumulation de métabolites non dégradés entrainent des symptômes multiples plus ou moins spécifiques (atteintes neurologiques ou autres atteintes d’organe). Biologiquement, le diagnostic est évoqué devant des profils biochimiques anormaux et/ou un déficit enzymatique. La confirmation diagnostique repose sur l’étude génétique par panel NGS comprenant plus de 50 gènes de MSL. L’objectif de cette étude est d’évaluer le rendement diagnostique du panel NGS « MSL ».
Méthode : Analyse rétrospective de 415 cas index séquencés par panel NGS pour recherche ou confirmation d’une MSL au laboratoire de Biochimie métabolique de l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris), de juin 2020 à août 2025.
Résultats : Pour les MSL avec anomalies biochimiques spécifiques (biomarqueurs urinaires ou plasmatiques augmentés et/ou déficit enzymatique) (n=127, 30% de la cohorte), 109 cas (86%) ont été concluants par NGS avec confirmation de la maladie (identification de variants pathogènes bialléliques ou hémizygotes). Pour 7 cas (5%), la combinaison analyse biochimique et génétique permet de conclure à un pseudo-déficit. Pour les 11 autres cas sans variant biallélique retrouvé (9%), seul un patient a bénéficié à ce jour d’un génome retrouvant 2 variants sur un nouveau gène associé aux MSL mais non encore présent sur le panel NGS. Pour les MSL sans marqueur biochimique spécifique disponible (n=288, 70% de la cohorte), les indications ont été classées en 3 catégories : 1- Suspicion de céroïde-lipofuscinoses neuronales sans marqueur biochimique (CLN3 à 14) (n=37) : seuls 5 cas (14%) ont été concluants et 32 (86%) non conclusifs, dont 4 confirmés ensuite non conclusifs en génome. 2- Suspicion de maladie de Fabry chez des femmes symptomatiques avec activité enzymatique normale (n=218 femmes) : seuls 2 cas ont été concluants (<1%) et 216 non conclusifs. 3- Autres suspicions de MSL sans exploration biochimique possible (n=31) : seul 1 cas (3%) a été concluant (pycnodysostose) sur une forte suspicion clinique, et 30 non conclusifs dont 4 génomes réalisés ensuite (2 non conclusifs et 2 concluants sur des gènes non liés à une MSL).
Conclusion : Pour les MSL suspectées par des anomalies biochimiques évocatrices, comme cela a déjà été décrit pour d’autres maladies métaboliques, le panel NGS montre un excellent rendement diagnostique (91%) suggérant qu’il doit être utilisé en première intention, les quelques cas non conclusifs devant être explorés ensuite par génome. Pour les suspicions de MSL sans marqueur biochimique spécifique disponible, le rendement est très faible, posant la question du recours d’emblée à d’autres techniques telles que le génome dans ces indications, en prenant en compte les contraintes d’organisation et de coût.
Edouard LE GUILLOU (PARIS), Jean-Philippe PUECH, Anaïs BRASSIER, Samia PICHARD, Bénédicte HERON, Juliette BOUCHEREAU, Claire-Marine BERAT, Yann NGUYEN, Yann NADJAR, Wladimir MAUHIN, Olivier LIDOVE, Pascale DE LONLAY, Jean-François BENOIST, Apolline IMBARD, Catherine CAILLAUD
16:15 - 17:15
#49055 - P382 L’haploinsuffisance du gène PRDM16, impliquée dans des cardiomyopathies dilatées à sévérité sexe-dépendante.
P382 L’haploinsuffisance du gène PRDM16, impliquée dans des cardiomyopathies dilatées à sévérité sexe-dépendante.
Introduction : Le gène PRDM16 a été suggéré comme gène candidat dans la cardiomyopathie associée au syndrome de délétion 1p36. Plusieurs publications de cardiomyopathies avec variation perte de fonction de PRDM16 ont renforcés cette hypothèse.
Objectifs : Dans cette étude multicentrique, nous décrivons la plus grande cohorte de patients présentant des variants perte-de-fonction hétérozygotes du gène PRDM16, avec onze nouveaux cas.
Matériel & Méthodes : Des tests génétiques ont été réalisés par trois laboratoires de génétique moléculaire français (Hôpital Européen Georges Pompidou, Lyon et Nantes) sur 4 900 cas index présentant une cardiomyopathie dilatée (CMD) et/ou une hypertrabéculation. Le panel de gènes comprenait toutes les régions codantes et les régions introniques flanquantes de 59 gènes, dont PRDM16 (NM_022114.4).
Résultats : Des variants hétérozygotes perte de fonction ont été identifiés chez onze patients de neuf familles indépendantes. Ces variants comprenaient 2 délétions du gène entier, 1 délétion multi-exonique, 3 variations frameshifts, 2 variants de type nonsense et un variant affectant le site d'épissage. Au moment du diagnostic, l'âge médian des femmes était de 18,5 ans et celui des hommes de 49 ans. Dix patients avaient une CMD et six présentaient une hypertrabéculation. Pour cinq patients, des données de suivi étaient disponibles avec une durée moyenne de 11 ans. Quatre ont présenté une amélioration de leur fraction d'éjection. Enfin, les femmes, principalement des cas pédiatriques, semblent avoir un pronostic plus défavorable.
Conclusion : Ce travail soutient l'hypothèse selon laquelle l’haploinsuffisance du gène PRDM16 est impliquée dans la cardiomyopathie, avec un phénotype plus sévère et une pénétrance plus précoce chez les femmes. Bien que PRDM16 ne soit pas encore inclus dans le panel de gènes couramment utilisé dans les cardiomyopathies, nous suggérons qu'il devrait être systématiquement exploré en cas de CMD ou d’hypertrabéculation cardiaque symptomatique.
Clarisse BILLON (Paris), Gilles MILLAT, Adeline GOUDAL, Valérie MALAN, Diala KHRAICHE, Karim WAHBI, Nadine FERRIER, Jean Christophe EICHER, Romain TIXIER, Nadir BENBRIK, Océane BOUCHOT, Léa GAUDILLAT, Annabelle VENISSE, Pascaline BERTHOME, Xavier JEUNEMAITRE, Damien BONNET
16:15 - 17:15
#49242 - P386 Association entre syndrome des Malformations Veineuses Cutanéomuqueuses Multiples et syndrome de Bean, révélée par une anémie sévère, et d’évolution favorable sous sirolimus.
P386 Association entre syndrome des Malformations Veineuses Cutanéomuqueuses Multiples et syndrome de Bean, révélée par une anémie sévère, et d’évolution favorable sous sirolimus.
Introduction
Les formes familiales de malformations veineuses (MV) cutanéomuqueuses multiples (VMCM), dues à des variants constitutionnels de TEK, sont exceptionnelles. Le syndrome de Bean (SB) associe des MV cutanées et digestives dues à des variants somatiques de TEK. Nous rapportons une présentation à type de SB avec hémorragie grave chez un enfant atteint d’un VMCM familial, d’évolution favorable sous sirolimus.
Observations
Une fillette de 3 ans était hospitalisée pour rectorragies avec anémie à 5 g/dl. Elle présentait comme principal antécédent un sinus pericranii occipital. Elle avait une masse abdominale et une masse du grand dorsal révélant une MV intramusculaire. L’imagerie identifiait une MV péricolique étendue mais aussi hépatique. La biopsie digestive sous endoscopie confirmait une MV avec par endroits l’expression de D2-40. L’analyse génétique montrait dans le sang un variant germinal pathogène de TEK (R915H), également identifié chez sa mère qui présentait des MV digitales isolées. Un second variant de TEK (Y897C), somatique, était identifié dans la MV colique. La fillette ne présentait pas l'aspect cutané de blue rubber bleb retrouvé classiquement dans le SB. Devant des rectorragies persistantes, la chirurgie de résection a été récusée au profit d’un traitement médical conservateur par inhibiteur de mTOR. Après 3 mois de sirolimus, l’évolution était favorable avec rémission des rectorragies, stabilisation de l’Hb à 12 g/dL et tolérance parfaite.
Discussion
Bien que la localisation muqueuse des MV soit caractéristique des rares formes familiales de MV (VMCM), seules des formes sporadiques de SB ont été rapportées jusqu’ici. Les variants exclusivement somatiques de TEK habituellement identifiés dans ces formes sporadiques de SB sont différents, alors qu’ici la MV digestive était porteuse de 2 variants ponctuels de TEK en cis, l’un germinal transmis par la mère, l’autre somatique. Cette observation de MV avec localisations viscérales multiples (hépatiques, coliques, musculaires) et sinus pericranii, étend donc le spectre des complications du VMCM en y incluant les manifestations hémorragiques digestives du SB, qui peuvent engager le pronostic vital. Alors que les transfusions sanguines et perfusions de fer répétées étaient insuffisantes pour compenser l’anémie hémorragique chronique, le sirolimus a permis une évolution rapidement favorable. Cette observation montre aussi l’hétérogénéité clinique intrafamiliale du VMCM, la mère de l’enfant n’ayant qu’une forme mineure exclusivement cutanée.
Conclusion
Bien que le SB et le VMCM associés à TEK soient considérés comme cliniquement distincts, nous montrons ici que le SB peut faire partie du VMCM. L’acronyme TEKVAS pour TEK-related Venous Anomalies Spectrum permettrait de regrouper les MV liées à TEK, qu'elles soient constitutionnelles ou somatiques. Le sirolimus doit être envisagé en première intention pour éviter des résections étendues du tube digestif.
Assia TAZI, Simon BENKIMOUN, Alexandre FABRE, Philippe PETIT, Radia FRITIH, Didier SCAVARDA, Florence COULET (PARIS), Nicolas MACAGNO, Bisdorff ANNOUK, Michel WASSEF, Nathalie DEGARDIN, Paul KUENTZ, Pierre VABRES, Caroline GAUDY-MARQUESTE, Marie-Aleth RICHARD, Stéphanie MALLET
16:15 - 17:15
#49460 - P390 Étude de la susceptibilité génétique dans le syndrome de Tako-Tsubo : une analyse ciblée de SNPs dans la cohorte française TAKOGENE.
P390 Étude de la susceptibilité génétique dans le syndrome de Tako-Tsubo : une analyse ciblée de SNPs dans la cohorte française TAKOGENE.
Le syndrome de Tako-Tsubo (STT) est une cardiomyopathie aiguë réversible mimant un syndrome coronaire aigu (SCA), survenant sans obstruction coronarienne significative. Sa survenue est associée à une toxicité catécholaminergique en contexte de stress, mais sa physiopathologie reste mal comprise. A côté de la nette prépondérance féminine post-ménopausée, qui suggère un rôle des hormones féminines, le fait que tous les individus exposés à un stress ne développent pas la pathologie et l’existence de rares formes familiales suggèrent une susceptibilité génétique spécifique, distincte des cardiopathies ischémiques. Dans cette étude, nous avons évalué si des polymorphismes nucléotidiques uniques (SNPs) précédemment associés à d’autres cardiomyopathies ou à des traits morpho-fonctionnels du ventricule gauche contribuent au risque de STT.
Cette étude repose sur une cohorte cas-témoins nationale multicentrique (ClinicalTrials.gov NCT01520610) incluant 261 patients STT et 259 témoins présentant un syndrome coronaire aigu (SCA), adultes, non apparentés, d’ascendance européenne. Une sélection raisonnée de 325 SNPs candidats a été établie à partir de résultats d’associations génomiques (GWAS) sur les cardiomyopathies dilatées/hypertrophiques (n=202) et les paramètres structurels/fonctionnels ventriculaires gauches en population générale (n=123). Les SNPs ont été filtrés selon la fréquence allélique (MAF>1%), la redondance (LD r²>0,8) et leur présence sur la puce Infinium OmniExpressExome-8 v1.4. Le génotypage a été soumis à un contrôle qualité strict (discordance de sexe, apparentement, taux d’appels manquants, équilibre de HW). Les tests d’association ont été réalisés par régression logistique sous un modèle additif, ajusté sur les quatre premières composantes principales, avec corrections pour les tests multiples (Bonferroni et FDR).
Aucun des 325 SNPs n’a atteint la significativité après correction stricte (Bonferroni p<1,54×10⁻⁴) mais 17 SNPs présentent une association nominale (p-value brute < 0,05), dont 9 dans le groupe « cardiomyopathie » et 8 dans le groupe « traits ventriculaires gauches ». Le signal le plus fort concernait un SNP avec un OR à 1,63 (IC95% 1,24–2,14 ; p=4,6×10⁻⁴).
Nos résultats indiquent que les variants communs impliqués dans d’autres cardiomyopathies ou dans divers traits myocardiques ne jouent pas de rôle majeur dans le risque de STT. L’architecture génétique du STT semble plus complexe, possiblement modulée par l’interaction entre voies de réponse au stress, signalisation adrénergique et facteurs hormonaux. La cohorte TAKOGENE constitue une base solide pour poursuivre des analyses mécanistiques ciblées (gènes adrénergiques, réseaux œstrogéniques, régulation neuro-hormonale) et l’exploration de scores polygéniques. Ces travaux visent à identifier des déterminants génétiques propres au STT, afin d’améliorer sa compréhension physiopathologique et d’ouvrir la voie à une prévention et une stratification du risque plus personnalisées.
Laury NICOLAS (CLERMONT FERRAND), Sophie GARNIER, Philippe CHARRON, Mansencal NICOLAS
16:15 - 17:15
#49738 - P394 Explorations génétiques des cardiomyopathies pédiatriques.
P394 Explorations génétiques des cardiomyopathies pédiatriques.
Introduction : Les cardiomyopathies (CM) pédiatriques sont un groupe de maladies rares incluant les formes hypertrophiques (CMH), dilatées (CMD), restrictives (CMR), arythmogènes (CMA) et non dilatées du ventricule gauche (CNDVG). Leurs causes génétiques sont bien connues chez l’adulte. Malheureusement, l’absence d’études ciblées dans la population pédiatrique empêche une meilleure compréhension des causes constitutionnelles impliquées chez ces patients. De plus, les CM peuvent constituer le premier signe d’une pathologie syndromique ce qui fait de leur identification un enjeu pour une meilleure prise en charge des patients.
Matériel et Méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective (2018-2024) visant à analyser l’exome de 59 cas index d’âge pédiatrique (<18 ans) ayant bénéficié d’un panel in silico dans cette indication. Ces patients ont été recrutés au CHU Amiens Picardie et du CHU de Lille. L’objectif principal de cette étude était de mieux définir le spectre des gènes impliqués dans les CM pédiatriques grâce a l’exome. L’objectif secondaire était de comparer les données obtenues en exome aux données obtenues en panel de gènes recommandé par la filière Cardiogen.
Résultats :
Au total, 31 patients présentaient une CMH et 18 patients présentaient une CMD. Les autres patients étaient porteurs de formes minoritaires de CM.
Grâce à l’exome, nous avons identifié des variations d’intérêt pour 64,4% des cas (N=38/59). Parmi celles-ci, des gènes rarement décrits dans la littérature étaient impliqués. De plus, toutes cardiomyopathies confondues, le bénéfice de l’exome était supérieur pour les patients de moins d’un an (17/22 cas soit 77%) par rapport aux patients de plus d’un an (21/37 patients soit 56%).
Parmi les CMH et les CMD, nous avons mis en évidence 18.4% de variants d’intérêt dans des gènes de pathologies syndromiques (9/49). De nouveau, la proportion des cas syndromiques était supérieure avant l’âge d’un an. Par ailleurs l’exome a aussi permis de mettre en évidence un « second hit » chez un patient porteur d’une CMH précoce liée (en partie) à un variant pathogène de MYH7. En effet, dans certains cas, la présence de deux variations (hétérozygote composite ou digénisme) a été mise en évidence, soulevant la question de leur impact sur le phénotype précoce des patients.
En comparaison, le taux diagnostic du panel diagnostique habituel de 110 gènes est de 45,8% (27/59 patients). L’exome a permis d’établir un diagnostic chez 6 patients pour lesquels le panel était initialement non conclusif (10,2% des cas).
Conclusion : Une seule étude utilisant l’exome a été réalisée jusqu’alors dans les CM pédiatriques (Ware et al. 2022). Celle-ci rapportait une cohorte de 528 patients dont 56% des cas présentaient un variant d’intérêt. Notre étude confirme donc l’intérêt de réaliser des analyses génétiques larges chez les patients pédiatriques porteurs d’une CM, même lorsque la CM est a priori isolée et d’autant plus dans les formes très précoces.
Luana GIOVANNANGELI (Amiens), Elise DAIRE, Kahia MESSAOUDI, Walaa DARWICHE, Sarah SAUVAL, Emilie LACOT-LERICHE, Didier HERENT, Nathalie DESJEUX, Jean-Benoit BAUDELET, Luisa MARSILI, Alexandre DELARUE, Didier KLUG, Olivia DOMANSKI, Pascal DE GROOTE, Pierre Alexandre FONTANGES, Jamal GHOUMID, Alexis HERMIDA, Florence JOBIC, Guillaume JEDRASZAK
16:15 - 17:15
#49274 - P397bis Lutte contre l’impasse diagnostique dans les maladies mitochondriales : approche fonctionnelle par minigènes.
P397bis Lutte contre l’impasse diagnostique dans les maladies mitochondriales : approche fonctionnelle par minigènes.
Introduction – Les maladies mitochondriales sont les affections héréditaires du métabolisme les plus fréquentes, marquées par une grande hétérogénéité clinique et génétique. Près de 50 % des patients restent sans diagnostic moléculaire, notamment en raison de variants de signification incertaine (VSI) situés dans des régions non codantes. Les minigènes, qui permettent d’étudier l’impact de ces variants sur l’épissage, constituent un outil fonctionnel complémentaire pour affiner leur interprétation.
Méthodes – Chez quatre patients présentant un phénotype évocateur de maladie mitochondriale, étudiés dans le Centre de référence Maladies mitochondriales CALISSON, quatre variants à fort potentiel d’impact sur l’épissage ont été identifiés (AARS2, ST3GAL3, NARS2 et MEGF10). L’impact de ces variants a été étudié par minigènes. Les séquences sauvages et mutées ont été clonées dans le vecteur PSPL3, transfectées dans des cellules HeLa, puis analysées par RT-PCR et séquençage Sanger. Les résultats ont été interprétés selon les recommandations SPLICE GANG et ACMG, en intégrant les données cliniques, paracliniques et de ségrégation.
Résultats – Trois variants ont montré un effet complet sur l’épissage : une perte totale de l’exon 14 dans AARS2, concordante avec un tableau neurologique progressif et une imagerie typique ; un saut complet de l’exon 10 dans ST3GAL3, retrouvé en homozygotie chez deux sœurs atteintes d’encéphalopathie épileptique sévère ; et l’inclusion d’un pseudo-exon de 121 pb dans MEGF10, cohérente avec le phénotype EMARDD. Le variant intronique profond de NARS2 entrainait une inclusion partielle d’un pseudo-exon de 91 pb avec conservation de transcrits normaux (leaky splicing). L’étude sur fibroblastes a confirmé cet effet et le western blot a montré une absence complète de la protéine NARS2 chez les trois patients atteints d’un tableau mitochondrial sévère et homogène. La convergence entre résultats fonctionnels, phénotypes cliniques et ségrégation familiale a permis de reclassifier les quatre variants en classe IV et d’établir un diagnostic moléculaire avec un impact clinique direct sur leur prise en charge et le conseil génétique.
Conclusion – Ces résultats démontrent la pathogénicité des quatre variants étudiés et soulignent l’intérêt d’intégrer les minigènes à notre routine diagnostique, au sein d’une plateforme fonctionnelle dédiée, afin de réduire l’impasse diagnostique dans les maladies mitochondriales.
Manon MICHAUD, Lucile RIERA-NAVARRO, Annabelle CHAUSSENOT, Alain FOUILHOUX, Fabienne ORY MAGNE, Véronique PAQUIS, Bruno FRANCOU, Samira SAADI, Gaelle AUGE, Anna CORRINGER, Gaelle HARDY, Consortium AURAGEN, Sylvie BANNWARTH, Cécile ROUZIER (Nice)
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Les 30 ans du DES
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Présentation du projet.
Chloé PROSPER (Interne) (Conférencier, Nice)
18:00 - 18:30
Diffusion du film.
18:00 - 18:30
Lecture de la lettre de Jean François Mattéi.
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Louis Lumiere |