Mardi 27 janvier
09:00

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS1
09:00 - 10:30

WORKSHOP ANALYSE DES TRANSCRITS

Le workshop « analyse des transcrits », initié comme « symposium épissage et diagnostic » rassemble depuis maintenant plus de 10 ans (nous en sommes à la 6ème édition!) la communauté des ami.es de l’ARN dans ses différentes facettes : organisation, prédiction in silico des anomalies, techniques déployées, bioinformatique, stratégies d’analyse etc. Des situations diagnostiques prototypiques sont aussi présentées afin de partager les expériences et éclairer la communauté sur ce domaine aussi passionnant que complexe et évolutif. Ces workshops ont d’ailleurs permis la création d’un groupe expert de bonne volonté qui vient de publier des recommandations pour l’analyse diagnostique des transcrits [https://rdcu.be/epxiR ; https://www.nature.com/articles/s41431-025-01881-2 ].
Vos communications sur les différents aspects de l’analyse des transcrits sont donc attendues afin de bâtir un beau programme et un temps d’échange fructueux.
09:00 - 09:07 #49358 - SS106 Mise en place de l’analyse transcriptomique (ARNseq) pour le diagnostic des maladies musculaires.
SS106 Mise en place de l’analyse transcriptomique (ARNseq) pour le diagnostic des maladies musculaires.

Les maladies neuromusculaires sont génétiquement et cliniquement hétérogènes, avec 30 à 60 % des cas restant sans diagnostic moléculaire après le séquençage du génome. L’analyse transcriptomique par l’ARNseq peut contribuer à établir un diagnostic chez ces patients en mettant en évidence des anomalies d’épissage liées aux variants non détectés ou initialement classés comme variants de signification incertaine. Afin de mettre en place l’analyse ARNseq dans le Laboratoire de Génétique Moléculaire, APHM, plusieurs approches techniques et bioinformatiques ont été évaluées. La comparaison entre l’ARNseq total (ribodéplétion) et l’ARNseq polyA montre que l’approche polyA permet une couverture supérieure pour certains gènes, tels que MTM1, et comparable pour d’autres, comme CAPN3. Cependant, la couverture des grands gènes, tels que TTN, était beaucoup moins uniforme pour l’approche ARNseq-polyA, avec certaines régions très peu couvertes. Par exemple, un variant pathogène affectant l’épissage du gène TTN n’a été que très faiblement détecté (2 lectures anormales) avec l’approche ARNseq-polyA, contre 371 lectures anormales avec l’approche ARNseq total. Nos résultats constituent ainsi un atlas permettant de guider le choix de la stratégie de séquençage du transcriptome en fonction du gène suspecté cliniquement ou le variant candidat. Plusieurs outils bioinformatiques ont été évalués pour la détection d’anomalies d’expression et d’épissage (FRASER, OUTRIDER, SpliceLauncher, rMATS-Turbo, RSeQC). Différents paramètres de l’outil d’alignement STAR ont également été testés. La performance de l’approche ARNseq total a été ensuite évaluée dans le cadre du projet APHM Starter ARNseq-Musc qui prévoit l’analyse ARNseq total sur 50 biopsies musculaires de patients en errance diagnostique. Même si les inclusions sont toujours en cours, un diagnostic a déjà pu être posé chez 9 patients. Dans certains cas, le variant candidat a entraîné plusieurs anomalies d’épissage, rendant l’analyse ciblée par RT-PCR difficilement envisageable. L’approche ARNseq apparaît ainsi plus adaptée et plus efficace que la RT-PCR pour identifier des anomalies complexes d’épissage. Au-delà de cette phase pilote, des résultats préliminaires montrent que l’approche ARNseq basée sur la capture exome permet d’obtenir une couverture très satisfaisante des gènes musculaires, tout en facilitant l’intégration de l’analyse transcriptomique dans le workflow de séquençage d’exome déjà en place dans notre laboratoire. Nous avons également mis en place l’analyse ARNseq sur des lymphocytes cultivés, ce qui a permis dans plusieurs cas d’explorer l’effet du variant sur l’épissage sans recourir à une biopsie musculaire. Ainsi, nous avons intégré l’ARNseq dans notre pratique diagnostique, offrant un outil efficace pour identifier des anomalies d’épissage et réduire l’errance diagnostique chez les patients atteints de maladies musculaires.
Pape FAYE, Narimène ASSAIDI, Véronique BLANCK, Camille HUMBERT, Christel CASTRO, Marc BARTOLI, Chantal MISSIRIAN, Valérie DELAGUE, Martin KRAHN, Svetlana GOROKHOVA (MARSEILLE)
09:07 - 09:14 #49233 - SS107 Implémentation du séquençage de l’ARN en routine dans le diagnostic des maladies mitochondriales : intérêts, défis et limites.
SS107 Implémentation du séquençage de l’ARN en routine dans le diagnostic des maladies mitochondriales : intérêts, défis et limites.

Les maladies mitochondriales sont des pathologies génétiques rares et hétérogènes, dont le diagnostic demeure complexe : près de la moitié des patients restent sans diagnostic moléculaire malgré un séquençage d’exome, voire de génome. Le séquençage haut débit de l’ARN (RNA-seq), constitue un outil prometteur pour améliorer le rendement diagnostique, notamment par l’étude de l’expression et de l’épissage des gènes. Cependant, il est encore peu intégré en routine diagnostique. Ainsi, l’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité de combiner le RNA-seq au séquençage de l’exome dans notre laboratoire, à travers deux stratégies : une approche ciblée, chez huit patients porteurs de variants de signification incertaine (VSI) ou d’un seul variant pathogène dans des gènes candidats récessifs, et une approche non ciblée, chez 30 patients sans gène candidat, centrée sur la détection d’anomalies d’expression. Au total, 38 patients présentant un résultat non concluant de séquençage d’exome ont bénéficié d’un RNA-seq. Chez 10 patients sans gène candidat, un séquençage de génome a également été réalisé. L’approche ciblée a permis d’identifier des phénotypes aberrants d’ARN associés à sept variants, confirmant leur pathogénicité et conduisant à un diagnostic moléculaire définitif chez cinq patients (62.5%, 5/8). La combinaison du RNA-seq avec le séquençage du génome a permis un diagnostic chez deux patients supplémentaires. Ces résultats ont été obtenus grâce à la mise en évidence d’une expression mono-allélique pour cinq variants et d’un épissage aberrant pour six variants, dont deux n’ont pu être significativement détectés qu’après un traitement à la puromycine. Concernant l’approche non ciblée, l’utilisation de l’outil Outrider et d’une approche dédiée aux gènes mitochondriaux a permis d’identifier trois gènes sous-exprimés chez trois patients présentant un tableau clinique compatible (10%, 3/30). Une réanalyse de l’exome, voire une étude du génome, est en cours afin d’interpréter ces résultats. Cette étude met en évidence la valeur ajoutée du RNA-seq dans le diagnostic des maladies mitochondriales chez des patients restés sans diagnostic après séquençage d’exome, en apportant des preuves fonctionnelles solides pour reclasser plusieurs VSI et en identifiant de nouveaux gènes candidats chez des patients sans orientation diagnostique initiale.  Bien que très prometteurs, ces résultats pourraient vraisemblablement être encore améliorés grâce à l’augmentation de la taille de la cohorte, de la profondeur de séquençage et au recours à des outils bio-informatiques complémentaires capables de détecter des phénotypes aberrants d’ARN différents. Enfin, bien que le RNA-seq soit un outil essentiel, son interprétation demeure complexe et doit être menée avec prudence, en tenant compte de ses limites et en s’appuyant sur une expertise clinique et fonctionnelle des gènes analysés.
Lucile RIERA-NAVARRO (Nice), Samira AIT-EL-MKADEM SAADI, Eleonore BIRGY, Alexandre JANIN, Annabelle CHAUSSENOT, Sarra BOURI, Konstantina FRAGAKI, Bruno FRANCOU, Edery PATRICK, Kaphan ELSA, Gaetan LESCA, Fabienne ORY, Cintas PASCAL, Julien MAQUET, Célia HOEBKE, Aline CANO, Alain FOUILHOUX, Marion AUBERT-MUCCA, Olivier PATAT, Véronique PAQUIS-FLÜCKLINGER, Sylvie BANNWARTH, Vincent PROCACCIO, Marco LORENZI, Cécile ROUZIER
09:14 - 09:21 #49167 - SS108 Séquençage d’ARN : reclassification de variants de signification inconnue et apport diagnostique après génome non contributif ; retour d’expérience sur une cohorte de 102 patients.
SS108 Séquençage d’ARN : reclassification de variants de signification inconnue et apport diagnostique après génome non contributif ; retour d’expérience sur une cohorte de 102 patients.

Contexte : Malgré les progrès des algorithmes de prédiction in silico, l’impact fonctionnel de nombreux variants susceptibles d’altérer l’épissage reste incertain, limitant leur interprétation clinique selon les critères ACMG. Dans le cadre de l'évolution des techniques de diagnostic génétique, l'intégration du séquençage d'ARN permet une meilleure compréhension des variants d'épissage. Objectifs : 1/ Evaluer l'apport du séquençage d'ARN dans la reclassification, selon les critères ACMG, de variants de signification incertaine (VSI) ayant un possible effet sur l’épissage (analyse ciblée) 2/ Evaluer l’apport diagnostique du séquençage de l’ARN chez des patients en impasse diagnostique après les approches conventionnelles de séquençages haut débit en short read (exome et/ou génome) (analyse en aveugle). Méthodes : Notre cohorte inclut 102 familles adressées à notre laboratoire après un génome ou un exome non contributifs. L’indication la plus fréquente était un trouble du neurodéveloppement avec ou sans déficience intellectuelle (88 %). 60 % des familles avaient au moins un VSI dans un gène d’intérêt prédit pour avoir un effet sur l’épissage. Le séquençage d’ARN a été réalisé à partir de sang total prélevé dans des tubes PAXgene, incluant les trios parent-enfant lorsque disponibles. Les librairies ont été réalisés avec une étape de capture des queues polyA et une étape de déplétion des ARN ribosomaux. Les données du séquençage ont été analysées à l’aide du pipeline DROP (Outrider + Fraser) et une inspection visuelle des sashimi plots a été réalisée pour les VSI identifiés par exome ou génome. Résultats : 1/ L’analyse ciblée a permis de reclasser 43 VSI (69 %), dont 23 en classe 4/5 (pathogène/probablement pathogène) et 20 en classe 2 (probablement bénin). La concordance avec les algorithmes de prédictions in silico était partielle. 2/ L’analyse en aveugle chez 79 patients a permis de prioriser des régions du génome chez 5 patients, et a conduit à un diagnostic chez 3/79 patients (3.8%). Dans 2 cas, il s’agissait de variants de structure complexe, non détectés par exome ou génome et dans 1 cas, d'un variant ponctuel hétérozygote. Sur l’ensemble de la cohorte, un diagnostic moléculaire (variant de classe 4 ou 5) a été établi pour 26/102 (25,5%) patients, expliquant totalement ou en partie le phénotype. Conclusion : Le séquençage d’ARN s’avère particulièrement utile en cas de VSI prédits pour affecter l’épissage, permettant d’aboutir à un diagnostic dans 37 % des cas (23/62). En analyse en aveugle, bien que son rendement reste plus faible (3/79, soit 3.8 %), il a permis de mettre en évidence des variants non détectés par les approches conventionnelles. Ces résultats soulignent l’intérêt du RNA-seq comme outil complémentaire pour améliorer le taux de diagnostics génétiques.
Charlotte LASSAIGNE (Paris), Cyril MIGNOT, Elodie LEJEUNE, Jean-Madeleine DE SAINTE AGATHE, Alexandra AFENJAR, Anna-Gabriella GERASIMENKO, Brian SPERELAKIS-BEEDHAM, Aurélie WAERNESSYCKLE, Claude ESTADE, Corinne MACH, Fabienne RAJHONSON, Valérie OLIN, Giulia BARCIA, Noélie PALERMO, Julie BOGOIN, Julien BURATTI, Marlène RIO, Daphne LEHALLE, Perrine CHARLES, Romain DUQUET, Sarah GROTTO, Solveig HEIDE, Delphine HERON, Boris KEREN, Caroline NAVA
09:21 - 09:28 #49858 - SS109 Apport des études de transcrits dans le diagnostic des maladies héréditaires du métabolisme : retours d’expériences sur différentes stratégies d’analyse.
SS109 Apport des études de transcrits dans le diagnostic des maladies héréditaires du métabolisme : retours d’expériences sur différentes stratégies d’analyse.

Les maladies héréditaires du métabolisme sont un groupe de maladies génétiques rares qui touchent la fonction d’une enzyme ou transporteur impliqués dans l’homéostasie cellulaire. Les manifestations cliniques et l’âge d’apparition des symptômes sont variables selon les déficits, létaux dans les formes les plus graves. Le diagnostic génétique de ces maladies, orienté préalablement par le bilan biochimique, est essentiel pour la mise en place d’un traitement et la prévention des décompensations aiguës. Il permet également de proposer un conseil génétique aux familles, et d’avoir recours à un DPN pour les déficits les plus sévères sans traitement efficace. Mais pour ces maladies parfois extrêmement rares, il n’y a souvent que peu de mutations rapportées dans la littérature et des variants convaincants, en adéquation avec le phénotype clinique et biochimique, sont classés comme VUS. Les laboratoires de génétiques qui réalisent ces diagnostics ne sont pas équipés pour réaliser des études fonctionnelles complexes. Nous proposons plusieurs approches basées sur des études de transcrits à partir d’ARNm extraits de sang ou fibroblastes chez des patients atteints d’un déficit du métabolisme pour lesquels le séquençage de l’ADNg en première intention a conduit à l’identification d’un VUS. Le séquençage RNAseq est une technique de choix pour les gènes exprimés dans ces tissus. Par cette approche, nous avons pu confirmer l’effet délétère du variant c.1091-2075T>G du gène PCCB qui est responsable de la rétention d’un fragment intronique de plus de 100nt, et du variant c.-14+1G>A du gène CPT1A qui crée un nouvel exon 1 non traduit alternatif. Mais cette approche ne peut être appliquée systématiquement, et notamment pas pour le déficit en OTC qui est le déficit le plus fréquent du cycle de l’urée, l’enzyme déficitaire étant quasi exclusivement exprimée dans le foie. Pour ces patients, nous avons alors recours à la technique de RT-PCR, et pallions au faible niveau d’expression dans les fibroblastes en ré-amplifiant la région cible du transcrit par une PCR nichée. Par cette technique, nous avons pu démontrer l’effet délétère du variant c.-142G>A du gène OTC qui entraine un défaut de la transcription, ainsi que de la large duplication des exons 1 à 4 du gène OTC qui sont en tandem avec rétention d’un fragment du promoteur. Dans certains cas, les analyses à partir des tissus du patient ne nous permettent pas d’apporter les arguments nécessaires pour confirmer le caractère délétère d’un variant. Nous proposons dans ce cas l’analyse du variant cible par minigene assay. Nous avons ainsi pu démontrer l’impact du variant c.387-12G>A du gène OTC qui entraine une anomalie de l’épissage par rétention d’un fragment intronique. Ces trois approches différentes d’études du transcrit, facilement réalisables dans un laboratoire de diagnostic, nous ont permis de confirmer le caractère délétère de VUS identifiés chez plusieurs patients atteints de déficits du métabolisme.
Stephanie GOBIN LIMBALLE, Maryse MAGEN, Marie SIMON, Edwige FRESSE, Manel GUIRAT, Ghislaine ROYER, Jean-Michel LAPIERRE, Zaina AIT ARKOUB (Paris), Jean-Baptiste ARNOUX, Anais BRASSIER, Juliette BOUCHEREAU, Margaux GASCHIGNARD, Tristan MEKDADE, Marlene RIO, Caroline MICHOT, Karine NGUYEN, Manuel SCHIFF, Pascale DE LONLAY, Jean-Paul BONNEFONT, Julie STEFFANN
09:28 - 09:35 #49072 - SS110 Quand l’épissage joue à saute-mouton : cas d’un réarrangement complexe du gène NF1 donnant naissance à un transcrit anormal incluant des régions pseudo-exoniques du brin antisens.
SS110 Quand l’épissage joue à saute-mouton : cas d’un réarrangement complexe du gène NF1 donnant naissance à un transcrit anormal incluant des régions pseudo-exoniques du brin antisens.

La neurofibromatose de type 1 (NF1, OMIM#162200) est une maladie génétique de transmission autosomique dominante. Elle est la conséquence de variants perte-de-fonction du gène NF1, gène codant la neurofibromine, un suppresseur de tumeur par régulation négative de la voie des RAS-MAPK. Les variants pathogènes décrits dans ce gène incluent principalement des altérations de type non-sens, frameshift, faux-sens, des variants d’épissage, ou des délétions partielles ou complètes du gène. Plus rarement, la maladie peut résulter de l’insertion d’éléments mobiles dans le gène NF1, ou de réarrangements complexes modifiant la structure du gène. Nous présentons le cas d’une patiente adulte atteinte d’une forme familiale typique de NF1, avec des taches café-au-lait multiples, des lentigines, des nodules de Lisch et de multiples neurofibromes cutanés et sous-cutanés. L’analyse moléculaire initiale en panel NGS et en MLPA a mis en évidence la présence d’une duplication des exons 37 à 57 du gène NF1 (NM_001042492.3). L’analyse ciblée du transcrit du gène NF1 n’a cependant pas permis de confirmer la nature en tandem de cette duplication. L’analyse moléculaire du génome par le laboratoire SeqOIA a révélé une duplication inversée en tandem des exons 37 à 57 du gène NF1, associée à une duplication simple directe d’une partie de l’intron 57. L’analyse ciblée du transcrit par séquençage Sanger a montré que cette duplication inversée était responsable d’une altération majeure de l’ARN produit, avec la maturation de transcrits multiples, avec insertion, non seulement du gène EVI2A (naturellement présent en antisens dans l’intron 36 du gène NF1), mais également de séquences pseudo-exoniques présentes dans cette région antisens. En conclusion, c’est la combinaison de différents outils moléculaires qui a permis de confirmer le diagnostic de NF1 chez cette patiente, rendant possible un conseil génétique optimal. L’étude fonctionnelle de ce réarrangement génétique a révélé toute la complexité des mécanismes d’épissage aboutissant à la formation de transcrits multiples et à la perte de la fonction de la neurofibromine.
Laurence PACOT (PARIS), Fatma HAMZA, Audrey COUSTIER, Théodora MAILLARD, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Dominique VIDAUD
09:35 - 09:45 Questions / Table Ronde.
09:45 - 09:52 #49378 - SS111 Alliance du séquençage long read et des pipelines SOSTAR et MAGIC au profit des analyses fonctionnelles de l’épissage en minigène.
SS111 Alliance du séquençage long read et des pipelines SOSTAR et MAGIC au profit des analyses fonctionnelles de l’épissage en minigène.

La caractérisation précise des isoformes d’ARNm demeure un enjeu majeur en recherche et en diagnostic moléculaire. Les méthodes actuelles peinent à fournir une annotation standardisée et exhaustive des transcrits. Pour répondre à ce besoin, nous avons précédemment développé SOSTAR (iSofOrmS annoTAtoR), un pipeline bioinformatique dédié à l’assemblage, la quantification et l’annotation des isoformes à partir de données de séquençage long read. Nous présentons ici la validation de SOSTAR sur une cohorte de patients présentant une suspicion de prédisposition héréditaire aux cancers du sein et de l’ovaire. De plus, nous avons développé MAGIC (Minigene Assembly and Generation of Isoform Combinations), une extension de SOSTAR conçue pour l’analyse de constructions artificielles issues de minigènes multi-exoniques. MAGIC intègre une interface graphique permettant la génération automatisée d’un génome de référence artificiel, représentatif des constructions réalisées. Il est suivi d’un pipeline d’analyse basé sur minimap2 ou STAR, StringTie et SOSTAR pour l’annotation fine des isoformes. La robustesse du protocole SOSTAR a été éprouvée sur 64 nouveaux patients, séquencés sur la plateforme PromethION P2 Solo (P2Solo). L’analyse a révélée des événements aberrants pertinents, tels qu’une délétion des exons 6 à 37 du gène ATM ou un renforcement d’un pseudo-exon dans l’intron 12 de BRCA2. Ces résultats renforcent la valeur diagnostique du pipeline, en démontrant à la fois une concordance avec les données short read précédentes, et sa capacité à détecter des événements supplémentaires non identifiés par les approches classiques. Par ailleurs, 20 constructions de minigènes, incluant des variations dans les gènes BRCA1, BRCA2, PALB2, RAD51C, RAD51D, MLH1, PMS2 et TP53, ont été séquencées en une seule expérience sur la plateforme P2Solo. L’analyse des données avec le pipeline MAGIC a permis d’annoter les isoformes générées à partir de ces constructions artificielles. Une comparaison avec les profils obtenus par électrophorèse capillaire des produits de RT-PCR est en cours. Les premières observations montrent que MAGIC offre une annotation structurée, exhaustive et standardisée des transcrits, inaccessible par les méthodes classiques. En combinant SOSTAR et MAGIC, nous proposons une solution intégrée pour l’analyse des isoformes, applicable à la fois aux échantillons biologiques et aux constructions artificielles à haut débit, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour le diagnostic moléculaire et la recherche fonctionnelle.
Camille AUCOUTURIER (Caen), Nicolas GOARDON, Laurent CASTERA, Alexandre ATKINSON, Thibaut LAVOLE, Angélina LEGROS, Agathe RICOU, Flavie BOULOUARD, Dominique VAUR, Sophie KRIEGER, Raphael LEMAN
09:52 - 09:59 #49203 - SS112 Améliorer le diagnostic par RNA-seq dans les maladies rares grâce à RAINBOW, un outil bioinformatique de filtrage, annotation et mise en forme interactive des résultats de DROP.
SS112 Améliorer le diagnostic par RNA-seq dans les maladies rares grâce à RAINBOW, un outil bioinformatique de filtrage, annotation et mise en forme interactive des résultats de DROP.

Introduction : Le séquençage d’ARN (RNAseq), en permettant l’identification d’anomalies d’expression, d’épissage ou d’expression monoallélique, s’impose progressivement dans le diagnostic des maladies rares comme une analyse de premier plan en complément des séquençages génomiques. Cependant, les suites bioinformatiques telles que DROP génèrent des résultats riches mais non annotés, rendant leur interprétation complexe et chronophage. L’objectif de ce travail a été de développer RAINBOW (RNA-seq Annotation and Interpretation with Bioinformatics Organized Workflow), un outil destiné à appliquer des filtres spécifiques, enrichir les sorties via des annotations multi-sources et automatiser leur mise en forme interactive pour faciliter le diagnostic en maladies rares. Méthode : RAINBOW prend en entrée l’intégralité des tables générées par DROP pour les modules OUTRIDER, FRASER et MAE qui sont ensuite filtrées par une série de critères définis de façon empirique, combinant la significativité statistique (brute ou ajustée), la sévérité des événements (fold changes extrêmes pour OUTRIDER ou variations marquées de deltaPsi pour FRASER). L’outil intègre également les informations phénotypiques de chaque individu afin de mettre en évidence des candidats compatibles avec le tableau clinique. Une analyse ciblée est également possible sur liste de gènes d’intérêt fournie par l’utilisateur. Pour augmenter la spécificité, un module applique une blacklist ciblant notamment les familles MUC, HLA et OR. Les résultats conservés sont enrichis par des annotations issues de bases de données (OMIM, PubMed, PanelApp, GTEx, gnomAD, UCSC) puis organisés automatiquement en fichiers Excel interactifs par patient, intégrant macros VBA pour faciliter la priorisation et le suivi de l’interprétation. Résultats : Appliqué à une cohorte de 146 individus, RAINBOW s’exécute en une douzaine de minutes sur une station de travail équipée de 40 cœurs CPU et de 64 Go de RAM. Il génère pour chaque patient un fichier Excel unique structuré en onglets correspondant aux différents modules et filtres appliqués, enrichi de liens directs vers les bases de données, permettant une exploration rapide des données. Enfin, un système de cases à cocher permet à la fois d’assurer la traçabilité de l’analyse et de sélectionner les gènes candidats, afin de pouvoir les extraire et les intégrer dans le logiciel de gestion du laboratoire en vue de leur inclusion dans le compte rendu. Conclusion : RAINBOW offre un environnement reproductible et personnalisable pour transformer les sorties brutes de DROP en résultats cliniquement exploitables. Il vise à réduire le temps nécessaire à l’interprétation et à mieux exploiter le potentiel diagnostique du RNAseq. Les prochaines étapes consisteront à évaluer systématiquement sa sensibilité, sa spécificité et son impact réel sur le rendement diagnostique.
Clarisse BATTAULT (Angers/Paris), Céline DELLA MEA, Vincent PROCACCIO, Agnès GUICHET, Estelle COLIN, Louis LEGOFF, Céline BRIS
09:59 - 10:06 #48881 - SS113 Les variations de SMC1A, SMC3 ou NIPBL responsables de syndrome de Cornelia de Lange résultent en des altérations transcriptionnelles distinctes de l’haploinsuffisance de SMC3 : une étude isogénique dans des iPSCs humaines.
SS113 Les variations de SMC1A, SMC3 ou NIPBL responsables de syndrome de Cornelia de Lange résultent en des altérations transcriptionnelles distinctes de l’haploinsuffisance de SMC3 : une étude isogénique dans des iPSCs humaines.

Introduction. Le syndrome de Cornelia de Lange (CdLS) est une déficience intellectuelle syndromique causée par des variations pathogènes altérant le complexe cohésine, impliqué dans l’organisation de la chromatine et la régulation transcriptionnelle. Le CdLS est ainsi classé parmi les cohésinopathies, elles-mêmes incluses dans les transcriptomopathies. Si les effets transcriptomiques des variations de NIPBL ont été largement étudiés, ceux de SMC1A et SMC3, codant l’hétérodimère constitutif de la cohésine, restent peu caractérisés. Un mécanisme dominant négatif est suspecté pour ces variations, mais de rares patients porteurs de variations prédites perte de fonction de SMC3, présentant un phénotype neurodéveloppemental distinct du CdLS, ont également été rapportés. L’analyse transcriptomique de ces différents types de variations pourrait améliorer la compréhension de la physiopathologie du CdLS, mais aussi apporter une base moléculaire aux différences cliniques observées. Méthodes. Trois variations faux-sens hémizygotes de SMC1A, une variation faux-sens et une indel inframe hétérozygotes de SMC3, toutes causales de CdLS, ont été introduites par CRISPR/Cas9 dans des iPSCs dérivées d’un individu sain masculin. Quatre clones porteurs de variations perte de fonction hétérozygotes de SMC3 (SMC3+/–) ont également été générés. Les niveaux d’ARNm et protéiques de SMC1A, SMC3 et d’autres sous-unités de la cohésine ont été déterminés par RNA-seq et western blot. Une signature transcriptomique a été générée pour chaque condition. Résultats. Respectivement 125 et 308 gènes différentiellement exprimés ont été identifiés dans les clones porteurs de variations de SMC1A et SMC3 associées au CdLS (FC<0,8 ou >1,25, FDR<5%). Environ deux tiers étaient sous-exprimés, certains haploinsuffisants (pLI>0,9) et liés à des troubles neurodéveloppementaux partageant des éléments cliniques avec le CdLS. Une augmentation partagée du niveau d’ARNm STAG1, autre sous-unité de la cohésine, a été observée entre les deux signatures. Les iPSCs SMC3+/- ne présentaient presque aucun gène significativement dérégulé, malgré une réduction confirmée des niveaux d’ARNm et de protéine SMC3, cohérente avec une dégradation par NMD. Discussion. Les signatures transcriptomiques spécifiques des variations faux-sens/inframe de SMC1A et SMC3, obtenues à partir d’un modèle isogénique mimant un stade embryonnaire précoce, impliquent des gènes dont les modifications d’expression pourraient contribuer à la physiopathologie du CdLS. Nous montrons que les variations hétérozygotes perte de fonction de SMC3, soumises au NMD, n’induisent pas de dérégulation transcriptionnelle comparable à celles retrouvées dans les cellules porteuses de variations causales du CdLS pour SMC3, SMC1A ou NIPBL. Pour cela nous émettons l’hypothèse que d’autres fonctions du complexe cohésine que celui de la régulation de l’expression génique seraient impliquées dans la perte de fonction de SMC3.
Mathilde QUIBEUF (Rouen), Anne ROVELET-LECRUX, Catherine SCHRAMM, Myriam VEZAIN, Céline DERAMBURE, Benoit BERGK-PINTO, Anne-Claire RICHARD, Pascal CHAMBON, Pascale SAUGIER-VEBER, Magalie LECOURTOIS, Gaël NICOLAS, Kévin CASSINARI
10:06 - 10:13 #49551 - SS114 Le taux de saut de l’exon 10 d’OCA2 module la pigmentation : du phototype clair à l’albinisme.
SS114 Le taux de saut de l’exon 10 d’OCA2 module la pigmentation : du phototype clair à l’albinisme.

La perte de fonction d’OCA2, un acteur clé de la pigmentation, provoque l’albinisme oculo-cutané de type 2. Chez l'homme et plusieurs autres espèces mammifères, un transcrit alternatif d’OCA2 dépourvu de l'exon 10 est exprimé à de faibles niveaux. Nous avons découvert que les niveaux de saut de l'exon 10 sont étroitement modulés par des variants bénins et pathogènes. Il en résulte une association dose-dépendante entre saut d’exon et hypopigmentation sur un spectre continu, allant de la variation physiologique de la couleur de la peau et des cheveux à l'albinisme. Notre étude identifie le SNV exonique synonyme le plus fréquent d’OCA2, rs1800404-T (c.1065G>A/pAla355=), comme un variant susceptible d'avoir un impact fonctionnel sur les niveaux de mélanogénèse dans des contextes pathologique et physiologique, en fonction de l'haplotype dans lequel il est intégré. Notamment, nos études d'association révèlent que rs1800404-T est étroitement corrélé à une pigmentation plus claire de la peau et des cheveux dans une population européenne (UK Biobank) comme cela a été observé dans d'autres populations à travers le monde. Cette étude apporte des informations nouvelles et importantes sur la modulation du saut d'exon, qui présente un intérêt général pour l'amélioration du diagnostic génétique ainsi que pour la compréhension du déterminisme génétique complexe de la pigmentation et du seuil de pathogénicité. En outre, cette étude ouvre la voie vers l'élucidation de la variabilité des phénotypes qui dépendent de la pigmentation, tels que le développement de la rétine et l'acuité visuelle qui sont altérés chez les sujets atteints d’albinisme. https://journals.plos.org/plosgenetics/article?id=10.1371/journal.pgen.1011801
Elina MERCIER, David-Alexandre TRÉGOUËT, Sébastien CAMPAGNE, Vincent MICHAUD, Benoît ARVEILER, Sophie JAVERZAT (BORDEAUX)
10:13 - 10:20 #49628 - SS115 ARN messagers et ARN circulaires : décryptage d’une relation loin des projecteurs.
SS115 ARN messagers et ARN circulaires : décryptage d’une relation loin des projecteurs.

Les ARN circulaires (ARNcirc) constituent une classe d’ARN peu connue, produits par rétro-épissage à partir des mêmes précurseurs que les ARN messagers (ARNm). Il est supposé qu’un équilibre physiologique entre ARNm et ARNcirc existe, pouvant être rompu par compétition entre épissage linéaire et rétro-épissage. La rupture de cet équilibre pourrait ainsi être un nouveau mécanisme qui initie ou participe au développement pathologique. Nous avons testé cette hypothèse dans deux modèles, le cancer colorectal et le cancer du sein, à l’aide d’une technique dédiée qui permet l’analyse conjointe du couple ARNm-ARNcirc sur un panel de gènes impliqués dans les prédispositions aux cancers [1]. Dans la collection nationale DOCC de patients suspects de prédisposition au cancer colorectal mais restant sans diagnostic génétique, l’analyse de 716 échantillons sanguins comparés à 249 témoins a révélé une augmentation significative du ratio ARNcirc/ARNm global sur 23 gènes (×1,93 ; p<2×10⁻¹⁶), notamment pour POLD1 (×3,11 ; p=5,2×10⁻⁸). L’observation est particulièrement intéressante car cette augmentation est causée par l’ARNcirc POLD1 qui lie l’exon 3 à l’exon 2 et dont le caractère oncogène vient d’être démontré [2]. Nous n’avons cependant pas mis en évidence d’augmentation de cet ARNcirc dans des tissus colorectaux FFPE (34 tumeurs vs 30 normaux adjacents). En revanche, la distinction entre 21 tumeurs MSS et 13 tumeurs MSI montre une diminution des ARNcirc dans les tumeurs MSS. Dans le cancer du sein, l’analyse de 112 tissus FFPE tumoraux et 45 normaux adjacents a montré une diminution significative du ratio ARNcirc/ARNm sur 28 gènes liés à la recombinaison homologue, suggérant une diminution des ARNcirc liée à la prolifération cellulaire. Nous avons validé cette observation en montrant l’absence d’ARNcirc dans 138 lignées lymphoblastoïdes et PBMC en culture. Afin de mieux comprendre la répartition des ARNm et ARNcirc, nous avons ensuite réalisé une analyse de transcriptomique spatiale (BaseScope) sur 10 tissus FFPE de cancers du sein triple-négatifs et révélé une localisation distincte des ARNcirc et des ARNm de BRCA1, suggérant une régulation cellule spécifique. Nos résultats montrent aussi une abondance d’ARNcirc avec plus de 900 jonctions circulaires identifiées pour 58 gènes, abondance méconnue car ces ARN, dépourvus de queue polyA, ne sont pas capturés par les protocoles classiques. Les profils de rétro-épissage varient qualitativement et quantitativement selon les gènes et les tissus étudiés, à l’image de l’épissage alternatif pour les ARN messagers. Au total, nous n’avons pas montré de compétition entre ARNm et ARNcirc dans les modèles étudiés, mais une relation de production messager-circulaire synergique et tissu-dépendante ainsi qu’un déséquilibre en relation avec la prolifération et les voies moléculaires impliquées (MSI vs MSS). [1] Levacher et al., Cancers, 2023 [2] Zhao et al., Journal of Translational Medicine, 2025
Corentin LEVACHER (ROUEN), Aurélie DROUET, Sabine VAUTIER, Camille CHARBONNIER, Françoise CHARBONNIER, Edwige KASPER, Jacques MAUILLON, Nathalie PARODI, Florent MARGUET, Marick LAÉ, Stéphanie BAERT-DESURMONT, Philippe RUMINY, Claude HOUDAYER
10:20 - 10:30 Questions / Table Ronde.
Salon Ambassadeurs 2/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS2
09:00 - 10:30

WORKSHOP DPN
L’incertitude en DPN

Le diagnostic prénatal (DPN) a connu une avancée rapide ces dernières années, portée par l'évolution des technologies de séquençage, l'élargissement des panels d'analyse et la diffusion des tests non invasifs. Ce progrès, bien qu'il offre des possibilités inédites de détection, introduit également une nouvelle complexité : celle de l'incertitude. Variants de signification inconnue, anomalies de découverte fortuite, phénotypes incomplets ou imprévisibles — autant de situations qui mettent à l’épreuve les médecins, les conseillers en génétique, et les familles concernées. Ce workshop vise à explorer les multiples facettes de l’incertitude en DPN : comment elle est générée, perçue, partagée et gérée dans la pratique clinique. À travers des présentations de cas, des discussions et des retours d’expérience, nous partagerons notre vécu.
Salon Ambassadeurs 1/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS4
09:00 - 10:30

WORKSHOP PFMG (Plan France Génomique)
Oncogénomique : parcours, PFMG, information et consentement

Cette session aborde le bilan de la première phase du Plan France Médecine Génomique, les perspectives à venir, les enjeux liés aux données génomiques (réglementation, réutilisation, données incidentes) et la place des patients dans une approche éthique et participative.
09:00 - 10:30 Oncogénomique : parcours, PFMG, information et consentement.
09:00 - 10:30 Les enjeux de l’articulation entre génétique tumorale et constitutionnelle et parcours de soin. Frédérique NOWAK (Coordinatrice du PFMG2025) (Conférencier, Paris)
09:00 - 10:30 Les enjeux éthiques soulevés par les parcours de génomique en oncologie - Zoom sur l'information et le consentement au sein du PFMG - Projet de recherche participatif en pédiatrie et chez l’adulte. Sandrine DE MONTGOLFIER (Maître de conférence) (Conférencier, Marseille)
Zone 1 - Salle 2

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS3
09:00 - 10:30

WORKSHOP DOME
L'analyse dont vous êtes le héros !

Analyse génétique, formats de fichiers, pièges d’alignement, filtrage malin… Saurez-vous prendre les bonnes décisions pour résoudre une enquête génomique ?
Un atelier interactif et ludique où vous êtes aux commandes d’un pipeline bioinformatique réel.
L'association DOME (Données | Omiques | Médecine de précision | Empowerment) se consacre à la promotion de la médecine de précision à travers le prisme de l'analyse de données omiques et l'intégration de l'intelligence artificielle en santé.
Zone 1 - Salle 1

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS5
09:00 - 10:30

WORKSHOP OUTRE-MER

Modérateurs : Yline CAPRI (Praticien Hospitalier) (Paris), Didier LACOMBE (PU-PH) (Bordeaux)
La pratique de la génétique clinique en territoire ultra-marin* représente un défi, à la fois en raison des spécificités démographiques, sociales et culturelles, mais aussi des particularités génétiques des populations locales. Ces territoires, souvent éloignés et caractérisés par une diversité ethnique et génétique importante, rencontrent des enjeux spécifiques dans l’accès aux soins, le diagnostic et le suivi des maladies rares. En outre, l’éloignement géographique, le faible nombre de médecins spécialistes et les contraintes logistiques compliquent la mise en œuvre des avancées récentes de la génétique médicale. Pourtant, ces particularités offrent aussi des opportunités pour mieux comprendre les maladies génétiques dans des contextes particuliers, contribuant ainsi à l'élargissement des connaissances scientifiques et à l'adaptation des soins aux réalités locales. Au cours des Assises de Génétique Humaine et Médicale 2026, le workshop « Outre-Mer » offrira l'opportunité de discuter des stratégies mises en place dans les territoires ultra-marins pour garantir à leur population un accès à la génétique.
* Départements et Régions d’Outre-Mer (DROM) : la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et Mayotte ; et Collectivités d’Outre-Mer (COM) : essentiellement la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie
09:00 - 10:30 ALLELFOUNDER : Une application pour la modélisation et l'analyse d'effets fondateurs responsables de pathologies génétiques dans l’Océan Indien. Patrick MUNIER (Technicien de laboratoire CS) (Intervenant, Saint-Denis), Fanny FERROUL (Assistante-Spécialiste) (Intervenant, La Réunion)
09:00 - 10:30 Le point sur le Larsen de La Réunion (B4GALT7-linkeropathie) : aspects anténataux, néonataux et évolution sur les 3 premières années de la vie. Jean-Luc ALESSANDRI (PH) (Intervenant, Saint-Denis (La Réunion))
09:00 - 10:30 Bilan et Perspectives du Premier Congrès des Maladies Rares en Guyane. Mody DIOP (Généticien) (Intervenant, CAYENNE)
09:00 - 10:30 Maladies Rares NeuroDégénératives, spécificités martiniquaises - Focus sur une SLA familiale avec anticipation. Anna-Gaëlle GIGUET-VALARD (conseiller génétique, PhD) (Intervenant, Fort-de-France)
09:00 - 10:30 Singularités de la génétique en Nouvelle-Calédonie : population, organisation, effet fondateur. Catherine CHARLIER (Praticien hospitalier) (Intervenant, NOUMEA, Nouvelle-Calédonie)
09:00 - 10:30 Bilan et perspectives de 3 années de prescriptions génomiques Maladies Rares en Guadeloupe. Kara RANGUIN (Chargée de Parcours Génomique) (Intervenant, GUADELOUPE)
09:00 - 10:30 Activité de cytogénétique distancielle - Solution pour palier au déficit démographique ? Organisation innovante au CHU de La Réunion. Tristan CELSE (Praticien Hospitalier) (Intervenant, Grenoble)
09:00 - 10:30 Situation de la génétique à Mayotte et circuit des prélèvements. Anrifati HAROUNA (CONSEILLERE EN GENETIQUE) (Intervenant, MAMAOUDZOU)
09:00 - 10:30 Activités Outre-mer / AURAGEN. Christine VINCIGUERRA (PU PH) (Intervenant, LYON)
Zone 1 - Salle 3
10:30 PAUSE - VISITE DES STANDS - CONSULTATION DES EPOSTERS
11:00

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS6
11:00 - 12:30

WORKSHOP NGS DIAG
Interprétation des variants : nouveautés et guide pratique à travers des cas cliniques

Ce workshop propose un tour d'horizon des principaux pièges dans l'interprétation des variants et de leur classification selon les recommandations NGS-Diag/ACMG/AMP. Les participants renforceront leur maîtrise des critères de classification au cours d'un atelier interactif basé sur des cas cliniques concrets. Les dernières nouveautés sur l'interprétation de variants seront également abordées pour rester à jour avec les évolutions du domaine.
Salon Ambassadeurs 2/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS7
11:00 - 12:30

WORKSHOP NEURO GENETIQUE SFNG
Continuum entre les pathologies neurodéveloppementales et neuroévolutives

Modérateurs : Alexandra DURR (PUPH) (Paris), Cyril GOIZET (PU-PH) (Bordeaux)
Dans les maladies neurologiques à début tardif, les symptômes apparaissent entre 40 et 60 ans, bien que l’anomalie génétique soit présente dès la conception.
Des recherches ont clairement démontré l’existence d’altérations neurodéveloppementales précoces dans la maladie de Huntington, susceptibles de préparer le terrain à son expression tardive. À l’inverse, certaines affections du développement, avec une expression clinique dès la naissance, peuvent évoluer au fil du temps vers des pathologies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.
Ce workshop explorera les liens entre troubles neurodéveloppementaux et maladies neuroévolutives à début tardif : points communs, divergences, mécanismes moléculaires impliqués et manifestations cliniques.
11:00 - 11:20 Le lien moléculaire entre le neurodéveloppement et la neurodégénérescence. Sandrine HUMBERT (Conférencier, Paris)
11:20 - 11:55 Gènes impliqués dans deux types de pathologies neurodéveloppementales et neuroévolutives. Cyril MIGNOT (PH) (Conférencier, Paris), Gaetan LESCA (PU-PH) (Conférencier, Lyon)
11:55 - 12:30 Pathologies neurodéveloppementales devenant neuroévolutives, exemple des pathologies avec accumulation intracérébrale de fer. Agathe ROUBERTIE (Conférencier, Montpellier), Chloé ANGELINI (Chef de clinique) (Conférencier, Bordeaux)
Salon Ambassadeurs 1/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS8
11:00 - 12:30

WORKSHOP BioInfoDiag
La génétique IA pas mieux!

L'association BioInfoDiag vous propose un atelier interactif pour mieux appréhender l'IA et notamment les grands modèles de langages (LLM). BioInfoDiag vise à regrouper les différentes communautés d’utilisateurs et de développeurs d’algorithmes et de pipelines bioinformatiques pour le diagnostic et la prise en charge des pathologies humaines en lien direct ou indirect avec la génomique.
Zone 1 - Salle 2

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS9
11:00 - 12:30

WORKSHOP DI Réseau : RéDDI
Génétique des Troubles du développement Intellectuel, workshop organisé par le réseau réDDI

Le réseau réDDI, qui réunit des généticiens moléculaires, cytogénéticiens et cliniciens, a pour objectif de favoriser le partage de savoirs, l’échange d’expertises et la diffusion des avancées scientifiques et technologiques autour des Troubles du développement Intellectuel et autres Troubles du Neurodéveloppement. Ce workshop sera l’occasion de présenter de nouveaux gènes impliqués dans les TDI/TND, de discuter de l’impact des évolutions technologiques récentes sur le taux de diagnostic, du développement de modèles d’études cellulaires et animaux pour les TDI/TND, ainsi que de cas cliniques complexes.
11:00 - 12:30 GenIDA. Maria Victoria HINCKELMANN (Cheffe de Projet) (Conférencier, Illkirch-Graffenstaden)
11:00 - 12:30 Retour sur les EIL NGS (Exome et Génome) par le Groupe de Pilotage EIL-DI 2025.
11:00 - 12:30 Point sur le tout premier EIl ARN. Benjamin COGNÉ (praticien hospitalier) (Conférencier, Nantes)
11:00 - 12:30 Troubles du développement intellectuel et déficits immunitaires héréditaires (TDI & DIH). Jérémie ROSAIN (Conférencier, Paris)
11:00 - 12:30 CIZ1 : premier gène responsable d’un TND autosomique récessif affectant exclusivement les femmes. Thomas BESNARD (Ingénieur hospitalier) (Conférencier, Nantes)
11:00 - 12:30 Session « Mon variant en 180s ».
11:00 - 12:30 Du doute à la certitude : apport du génome dans l’interprétation d’un variant de structure complexe. Wissal TERGUI (Interne en Génétique Médicale) (Conférencier, Tunis, Tunisie)
11:00 - 12:30 Cas d’un variant dans variant dans TUBB4A. Anaëlle GENTAZ-MAURIN (Interne) (Conférencier, Rennes)
11:00 - 12:30 Plot twist diagnostique : l’épisignature change la donne. Anne-Sophie LEBRE (PU-PH) (Conférencier, Reims)
11:00 - 12:30 variant GABRA1 : Quand l'étude fonctionnelle lève le doute sur un cas fœtal. Océane COUDRIEU (Interne de Génétique médicale) (Conférencier, Clermont-Ferrand)
11:00 - 12:30 SAF, génétique… et si c’était bien plus ? Le casse-tête d’un triple diagnostic qui défie les certitudes. Vivien CUVELIER (Interne de génétique médicale) (Conférencier, Lille)
11:00 - 12:30 TADs en morceaux, diagnostic en éclats, retour sur une anomalie complexe. Manon FABARD (Interne) (Conférencier, Lille)
11:00 - 12:30 Taux de diagnostic du génome first. Laurent FEYERSEN (Conférencier, Strasbourg)
11:00 - 12:30 Avancées du GT Arbre décisionnel Troubles du développement intellectuel.
Zone 1 - Salle 1

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
WS10
11:00 - 12:30

WORKSHOP CYTOGENOMIQUE ONCOLOGIQUE
ADN circulants en cancérologie

Coordinateur : Pascal PUJOL (PUPH) (Coordinateur, Montpellier)
11:00 - 12:30 Fragmentomique sur ADN circulant - GFCO. Simon GARINET (Praticien Hospitalo-Universitaire) (Conférencier, Paris)
11:00 - 12:30 Nouvelles technologies appliquées à l'ADN circulant - GFCO. Romain BOIDOT (Conférencier, DIJON)
11:00 - 12:30 Découverte de prédisposition au cancer à partir de l'ADN circulant - SFMPP. Benoist CHIBAUDEL
11:00 - 12:30 Pratique de l'ADN circulant en génétique et découverte incidente en cancérologie - SFMPP. Margot COMEL (Interne) (Conférencier, Montpellier)
Zone 1 - Salle 3
12:30 ATELIERS DEJEUNER SPONSORISÉS / TEMPS LIBRE POUR DEJEUNER
12:40

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
INDC13
12:40 - 13:40

ATELIER DEJEUNER OXFORD NANOPORE TECHNOLOGIES
Une révolution en marche : apports du séquençage Nanopore dans la pratique clinique en génétique et oncogénétique

12:40 - 13:40 Introduction AS HCP/PGX and WGS 24H. Cora VACHER
12:40 - 13:40 Deployment and use of Nanopore sequencing in the tumor genetics department of Gustave Roussy. Voreak SUYBENG (Praticien) (Intervenant, Villejuif)
12:40 - 13:40 Assessing the potential clinical utility of ONT sequencing. Erika SOUCHE (Intervenant, Leuven, Belgique)
Salon Ambassadeurs 2/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
INDD13
12:40 - 13:40

ATELIER DEJEUNER SEQONE
Avancées analytiques et Intelligence Artificielle en génomique clinique : de la détection des variants complexes à leur classification

12:40 - 13:40 Optimisation des pipelines pour la détection, l'interprétation et la visualisation de variants avec Germvar et Diag AI. Marie MILLE, Jiri RUZICKA (Data Scientist) (Intervenant, -)
12:40 - 13:40 Optimiser l’analyse d’exomes en routine clinique: retour d’expérience sur l’intégration de SeqOne à l’Hôpital Robert-Debré. Céline DUPONT (Praticien Hospitalier) (Intervenant, PARIS)
12:40 - 13:40 Place de l’IA dans le médical. Kévin YAUY (MCU-PH) (Intervenant, Montpellier)
Salon Ambassadeurs 1/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
INDE13
12:40 - 13:40

ATELIER DEJEUNER EUROFINS BIOMNIS
Avancées en génétique prénatale, long-reads en réanimation, vision pour l’avenir… la génétique de demain s’écrit aujourd’hui !

12:40 - 13:40 Exome prénatal : des pipelines multiples pour un test tout en un. Bénédicte GERARD (Biologiste) (Intervenant, Lyon)
12:40 - 13:40 Nouvelles applications en long-reads. Xavier VANHOYE (Intervenant, Lyon)
12:40 - 13:40 Génétique d’urgence en néonatal. Alban ZIEGLER (PHC) (Intervenant, Toulouse)
Zone 1 - Salle 2

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
INDF13
12:40 - 13:40

ATELIER DEJEUNER BIOMARIN
Diagnostic anténatal d’une maladie rare : regards croisés autour de l’achondroplasie

Modérateur : Valerie CORMIER DAIRE (MEDECIN) (PARIS)
12:40 - 13:40 L’achondroplasie en 2026. Valerie CORMIER DAIRE (MEDECIN) (Intervenant, PARIS)
12:40 - 13:40 Diagnostic anténatal : point de vue du gynéco-obstétricien. Florent FUCHS (Intervenant, Montpellier)
12:40 - 13:40 Binôme ‘conseiller en génétique et généticien’ dans l’accompagnement du diagnostic prénatal. Roxana BORGHESE (conseillère en génétique) (Intervenant, paris)
Zone 1 - Salle 1

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
INDG13
12:40 - 13:40

ATELIER DEJEUNER SANOFI
Eclairage sur les bonnes pratiques pour réduire l’errance diagnostique : Le rôle central du généticien

Modérateur : Karine NGUYEN (MCU-PH génétique médicale) (MARSEILLE)
12:40 - 13:40 Introduction - Généralités sur les bonnes pratiques : Enquête familiale, néphrogénétique. Karine NGUYEN (MCU-PH génétique médicale) (Intervenant, MARSEILLE)
12:40 - 13:40 Retours d’expérience sur une approche pluridisciplinaire en consultation spécialisée, exemple de la cardiologie - Le rôle du généticien. Caroline ROORYCK-THAMBO (PU-PH) (Intervenant, Bordeaux)
12:40 - 13:40 Interprétation des variants génétiques à l’heure du séquençage haut débit: progrès et enjeux. Dominique GERMAIN (PU-PH) (Intervenant, Paris)
Zone 1 - Salle 3
13:45

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
A14
13:45 - 14:15

Discours d'ouverture.

Conférenciers : Jeanick BRISSWALTER (Président d'Université Côte d'Azur) (Conférencier, Nice), Jacques GAUTHIER (Conférencier, Cannes), Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER (PU-PH) (Conférencier, Nice), Damien SANLAVILLE (PUPH) (Conférencier, LYON)
Louis Lumiere
14:15

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
A15
14:15 - 16:15

CONFERENCE PLENIERE 1
Les mitochondries en santé et pathologie humaine

Modérateurs : Sylvie BANNWARTH (PU-PH) (NICE), Benoit FUNALOT (Chef de Service) (Créteil)
14:15 - 14:45 Pesticides SDHi : des perturbateurs mitochondriaux à potentiel cancérigène. Sylvie BORTOLI (Conférencier, Paris)
14:45 - 15:15 Voies dérégulées dans l'ataxie de Friedreich : neuroinflammation dans la progression de la maladie et ciblage thérapeutique. Hélène PUCCIO (Research Director Inserm) (Conférencier, Illkirch)
15:15 - 15:45 Pathologies liées à CHCHD10 : du gène au traitement. Véronique PAQUIS-FLUCKLINGER (PU-PH) (Conférencier, Nice)
15:45 - 16:15 Brain organoid models of mitochondrial and neurological disorders. Alessandro PRIGGIONE (Conférencier, Düsseldorf, Allemagne)
Louis Lumiere
16:15 PAUSE - VISITE DES STANDS - CONSULTATION DES EPOSTERS
17:00

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
A17
17:00 - 18:30

Sessions simultanées 01
Genetique tumorale

Modérateurs : Cornel POPOVICI (Marseille), Etienne ROULEAU (Praticien Spécialiste) (VILLEJUIF)
17:00 - 17:15 #49095 - SS001 Diagnostic des tumeurs rares : quand le séquençage long fait court.
SS001 Diagnostic des tumeurs rares : quand le séquençage long fait court.

Introduction : Les récents progrès des technologies de séquençage ont considérablement affiné la caractérisation des tumeurs en permettant une analyse détaillée des altérations génétiques, des profils transcriptomiques, ainsi que l’analyse de la méthylation de l’ADN. Combinées aux données pathologiques, ces informations moléculaires sont devenues essentielles pour une classification précise des tumeurs au diagnostic, offrant ainsi une meilleure évaluation pronostique et la mise en œuvre de stratégies thérapeutiques plus adaptées. Actuellement, l’obtention de ce panorama moléculaire complet nécessite le recours à plusieurs techniques, ce qui entraîne souvent des délais prolongés et des coûts élevés. Un enjeu majeur réside donc dans le développement d’une méthode intégrée capable de détecter simultanément les variations du nombre de copies, les réarrangements structuraux et d’établir une classification fondée sur le profil tumoral de méthylation, le tout de manière rapide et efficace. Matériel et Méthodes : Dans cette étude, nous avons appliqué le séquençage long reads Nanopore, couplé à un enrichissement par adaptive sampling, à une série de 20 tumeurs rare pédiatriques et de l’adulte, préalablement caractérisées par des panels conventionnels short reads et par séquençage ARN. La cohorte était composée de neuf tumeurs cérébrales, une tumeur rhabdoïde et dix sarcomes. Les régions enrichies comprenaient une liste de gènes impliqués dans des fusions d’intérêt et remaniements de structures dans ces entités tumorales. Les reads rejetés de l’adaptive sampling, d’une taille moyenne de 400pb, ont permis de construire le profil de nombre de copies génomique ainsi que d’analyser la méthylation des CpG à l’échelle du génome entier. Résultats : Notre approche a permis de détecter avec succès l’ensemble des variants structuraux cliniquement pertinents et classants. Certains variants de structures, tels que les duplications internes en tandem, parfois difficiles à identifier avec les techniques short reads classiques, ont été facilement détectés par séquençage Nanopore. Ce résultat souligne là encore l’intérêt du séquençage long read pour l’identification précise de points de cassures introniques, ainsi que pour la caractérisation fine des remaniements de grande taille. De plus, nous avons généré, à partir du même échantillon d’ADN, des profils génomiques de variations du nombre de copies et des données de méthylation de haute qualité, permettant une classification moléculaire intégrée. Discussion : Ces résultats démontrent la forte concordance de cette méthode unifiée avec les approches standards et soulignent l’intérêt du séquençage Nanopore en tant qu’outil puissant et rapide pour une caractérisation complète des tumeurs. Ne nécessitant qu’un seul échantillon et offrant un traitement technique accéléré, cette approche s’inscrit pleinement dans l’objectif clinique d’optimiser les délais diagnostiques et d’améliorer la prise en charge des patients.
Elisa LEMAITRE (Paris), Mathilde FILSER, Kevin MERCHADOU, Christine BOURNEIX, Samantha ANTONIO, Guillaume CHOTARD, Franck AH-PINE, Yves REGUERRE, Mathilde BONNOT, Homa ADLE-BIASSETTE, Arnault TAUZIEDE-ESPARIAT, Pascale VARLET, Sophie EL ZEIN, Joanna CYRTA, Dan Christian CHIFOREANU, Francisco LLAMAS-GUTIERREZ, Kevin BECCARIA, Thomas BLAUWBLOMME, Karima MOKHTARI, Ahmed IDBAIH, Daniel ORBACH, Delphine GUILLEMOT, Gaelle PIERRON, Victor RENAULT, Djihad HADJADJ, Eric PASMANT, Francois DOZ, Franck BOURDEAUT, Olivier DELATTRE, Julien MASLIAH-PLANCHON
17:15 - 17:30 #49275 - SS002 Reset-mpnst : reprogrammation épigénétique et structuration des épigénomes dans la tumorigenèse des tumeurs malignes des gaines des nerfs.
SS002 Reset-mpnst : reprogrammation épigénétique et structuration des épigénomes dans la tumorigenèse des tumeurs malignes des gaines des nerfs.

L’altération de l’identité cellulaire est une caractéristique commune à de nombreux cancers. Son rôle précis dans la tumorigenèse reste toutefois mal compris. Les tumeurs malignes des gaines des nerfs périphériques (MPNST) constituent un modèle pertinent pour étudier la contribution de ces altérations dans la progression tumorale. Le développement de ces sarcomes rares implique le plus souvent la perte des deux allèles du gène NF1 (neurofibromine 1) au sein des cellules de Schwann tumorales. NF1 est un gène suppresseur de tumeurs codant un régulateur négatif de la voie RAS-MAPK. La perte séquentielle d’autres gènes clés a également été identifiée, notamment SUZ12 et EED qui codent des sous-unités du complexe PRC2 (polycomb repressive complex 2). Le PRC2 permet le maintien de la répression transcriptionnelle lors du développement et de la différenciation cellulaire, via la triméthylation de la lysine 27 de l’histone H3 (H3K27me3). Il a été montré que la perte de H3K27me3 dans les MPNST est un biomarqueur clinique de la perte de fonction de PRC2, et qu’elle constitue également un marqueur de mauvais pronostic. De plus, des travaux récents ont mis en évidence dans les MPNST, une corrélation entre la perte du PRC2 et l’expression de gènes marqueurs des cellules de la crête neurale, les cellules progénitrices des cellules de Schwann. Dans le projet RESET, nous cherchons à comprendre l’impact fonctionnel de la perte du PRC2 sur les changements d’identité des cellules tumorales. Pour cela, nous avons utilisé une lignée immortalisée de cellules de Schwann humaines NF1-/- et induit un KO du PRC2, via la technologie CRISPR-Cas9. Nos analyses transcriptomiques (RNA-seq et RT-qPCR) montrent que la perte de PRC2 induit l’expression de gènes associés aux processus de développement, en particulier des marqueurs précoces de la différenciation des cellules de la crête neurale. À l’échelle de l’épigénome (méthylation de l’ADN, ChIP-seq et HiChIP), nous observons un remodelage global du paysage chromatinien, avec des modifications des marques d’histones activatrices (H3K27ac, H3K4me1 et H3K4me3) et une augmentation du nombre de boucles d’interactions dans le génome. Nous mettons notamment en évidence un nouveau mécanisme impliquant des interactions promoteur–enhancer pouvant expliquer la surexpression de gènes marqueurs de la crête neurale. Ainsi, nous confirmons que les pertes de fonctions combinées du régulateur épigénétique PRC2 et du gène suppresseur de tumeur NF1 induisent une reprogrammation épigénomique, conduisant à un processus de dédifférenciation des cellules de Schwann vers un état de cellules de la crête neurale.
Alix MARTIN, Eric PASMANT (PARIS), Djihad HADJADJ
17:30 - 17:45 #49542 - SS003 Classification histo-moléculaire des tumeurs cérébrales : résultats de l’analyse de l’ADNg tumoral de 70 tumeurs avec un panel de séquençage de nouvelle génération dédié.
SS003 Classification histo-moléculaire des tumeurs cérébrales : résultats de l’analyse de l’ADNg tumoral de 70 tumeurs avec un panel de séquençage de nouvelle génération dédié.

L’identification de biomarqueurs spécifiques des tumeurs cérébrales permet, en complément des critères histopathologiques, un diagnostic précis. Ainsi, pour les gliomes infiltrants de l’adulte, la classification OMS 2021 identifie 3 sous-types histomoléculaires et 3 grades d’agressivité : les astrocytomes grade OMS 2 à 4 (IDH1/IDH2 mutés), les oligodendrogliomes grade OMS 2 et 3 (IDH1/IDH2 mutés et co-délété 1p/19q) et les glioblastomes grade OMS 4 (pTERT muté et/ou EGFR amplifié et/ou gain du chromosome 7 associé à une perte du chromosome 10). Dans notre étude, l’ADNg tumoral extrait de 70 tumeurs cérébrales FFPE a été analysé par NGS avec un panel dédié VariantPlex™ Archer™ permettant la détection de SNV, de small indels et de CNV au niveau de biomarqueurs d’intérêt incluant les gènes IDH1, IDH2, TERT, Histones H3, ATRX, TP53, BRAF, CDKN2A, CDKN2B, EGFR, MYC, MYCN. Pour 16 tumeurs, une recherche d’isoforme oncogénique et de transcrits de fusion avec un panel FusionPlex® Lung Archer™ a également été réalisé. 50 tumeurs correspondaient à un diagnostic histologique initial de gliome : 15 astrocytomes (grade OMS 2 (n=8), 3 (n=4) et 4 (n=3)), 4 oligodendrogliomes (grade OMS 2 (n=3) et 3 (n=1)), 11 glioblastomes, 12 gliomes d’interprétation difficile ou de différenciation ambigüe, 1 gliome des voies optiques, 1 gliome infiltrant de haut grade de type pédiatrique, 3 astrocytomes pilocytiques et 3 xanthoastrocytomes pléomorphes. Les autres types tumoraux étaient : 1 gangliogliome, 5 méningiomes, 3 tumeurs épendymaires, 1 tumeur pinéale et 1 neurofibrome diffus. Pour les 9 dernières lésions étudiées, le caractère tumoral était difficile à établir. Les séquençages ont été réalisés sur des systèmes MiSeq Illumina et les résultats ont été analysés avec la suite Archer™ Analysis Version 7.3.2. Le profil moléculaire identifié pour 39 tumeurs était concordant avec l’histologie. Pour 16 tumeurs d’interprétation difficile (fragments de petites tailles) ou ambigüe, l’identification d’anomalies moléculaires pathognomoniques a permis un diagnostic. De plus, les résultats moléculaires ont contribué à la reclassification de 6 tumeurs. A titre d’exemple, une petite lésion pour laquelle les aspects morphologiques et immunohistochimiques étaient en faveur d’une tumeur bénigne de type astrocytome pilocytique a finalement été classée en tumeur neuroépithéliale NOS au regard de la détection d’un transcrit de fusion FGFR3 :: TACC3 généralement associé à des gliomes infiltrants de haut grade. Enfin un haut grade moléculaire (OMS 3 et 4) a finalement été conclu pour 9 tumeurs morphologiquement de bas grade suite à l’identification d’un variant pathogène du gène TERT ou d’une délétion des gènes CDKN2A / CDKN2B. Notre approche NGS dédié permet un typage moléculaire précis aujourd’hui indispensable pour la classification OMS 2021 des tumeurs cérébrales. Les biomarqueurs identifiés permettent de prédire le pronostic et d’adapter la prise en charge thérapeutique.
Aude LAMY (Rouen), France BLANCHARD, Adrien DECEUNINCK, Louison LEBLOND, Jean-Christophe SABOURIN, Florent MARGUET
17:45 - 17:52 #49624 - SS004.1 BRCA1 et RAD51C : de la méthylation tumorale à la méthylation constitutionnelle dans le cancer de l’ovaire.
SS004.1 BRCA1 et RAD51C : de la méthylation tumorale à la méthylation constitutionnelle dans le cancer de l’ovaire.

La méthylation tumorale des gènes impliqués dans la recombinaison homologue, notamment BRCA1 ou RAD51C, est une altération épigénétique retrouvée dans certains cancers de l’ovaire présentant une signature HRD (Homologous Recombination Deficient), marqueur théranostique essentiel en cas d’atteinte ovarienne. La méthylation constitutionnelle de ces gènes, potentiellement impliquée dans la prédisposition au cancer, reste peu explorée en pratique clinique. Ce projet vise à évaluer la fréquence des méthylations constitutionnelles chez des patientes présentant une méthylation tumorale ovarienne de BRCA1 ou RAD51C. Entre janvier 2024 et juin 2025, les patientes de l’Institut Curie atteintes d’un carcinome séreux de haut grade avec une signature tumorale HRD et sans variant pathogène (VP) des gènes BRCA1 ou 2 ont bénéficié d’une étude de méthylation de BRCA1 et RAD51C. Lorsqu’une méthylation était présente, elle a été recherchée en constitutionnel, lorsqu’un prélèvement était disponible. Les données cliniques, histologiques et la réponse au traitement ont été extraites des dossiers médicaux. Parmi les tumeurs de 290 patientes ayant eu une analyse de la HRD et des gènes BRCA1/2, 117 présentaient une signature HRD (40%) : 53 (45%) avec un VP ou probablement pathogène de BRCA1 ou BRCA2. Les 64 tumeurs HRD sans VP de BRCA1 et BRCA2 ont eu une analyse de la méthylation tumorale du promoteur de BRCA1 et RAD51C. Sur ces 64, 37 tumeurs présentaient une méthylation de BRCA1 (n=32) ou de RAD51C (n=5). Une recherche de méthylation constitutionnelle a été réalisée pour 26 d’entre elles : 17 présentaient une méthylation constitutionnelle de BRCA1 et aucune de RAD51C. Au total, nous avons identifié 17 patientes avec une méthylation constitutionnelle de BRCA1. Il s’agit pour toutes d’une méthylation constitutionnelle en mosaïque à faible taux (<10%). L’âge médian des femmes porteuses d’une méthylation constitutionnelle BRCA1 était de 54 ans (35 ans – 76 ans). En comparaison, l’âge médian au diagnostic des cancers de l’ovaire en population générale est de 70 ans. Quatre patientes, parmi les 37 dont la tumeur est méthylée, ont un antécédent de cancer du sein (2 tumeurs triple-négatifs, 2 RH+). Deux d’entre elles ont une méthylation constitutionnelle de BRCA1 et leur cancer du sein (1 TN et 1 RH+) est HRD, comme leur cancer de l’ovaire. La méthylation constitutionnelle de BRCA1 en mosaïque a déjà été décrite comme associée à un surrisque modéré de cancer du sein, en particulier triple négatif, et de cancer de l’ovaire. Nous confirmons cette association en décrivant en âge au diagnostic du cancer de l’ovaire plus jeune chez ces patientes et une association à des cancers du sein. Ces données préliminaires soulignent l’intérêt d’intégrer la recherche de méthylation tumorale puis constitutionnelle de BRCA1 en routine diagnostique. L’utilisation de ces informations pour la prise en charge thérapeutique, la surveillance et le conseil génétique sont encore à préciser.
Victoire MONTECALVO (paris), Samia MELAABI, Elsa HUA, Olfa TRABELSI GRATI, Marie-Charlotte VILLY, Celine CALLENS, Ivan BIECHE, Dominique STOPPA-LYONNET, Eric PASMANT, Chrystelle COLAS
17:52 - 17:59 #49769 - SS004.2 Altérations et méthylation du gène RAD51C : un des trois gènes clefs du déficit en recombinaison homologue (HRD) dans le cancer de l'ovaire.
SS004.2 Altérations et méthylation du gène RAD51C : un des trois gènes clefs du déficit en recombinaison homologue (HRD) dans le cancer de l'ovaire.

Introduction Le cancer séreux de l’ovaire de haut grade (HGSOC) est fréquemment associé à un déficit en recombinaison homologue (HRD), biomarqueur prédictif majeur de la sensibilité aux inhibiteurs de PARP (PARPi). Le calcul du score HRD est limité lorsque la cellularité tumorale est inférieur à 20 %. Nous avons montré que la méthylation du promoteur de BRCA1 constitue un indicateur robuste du statut HRD, même dans des échantillons pauvres en cellules tumorales (Blanc-Durand F et al. Cancer. Clin Cancer Res. 2023 Aug 15;29(16):3124-3129). Nous avons également exploré la méthylation du promoteur du gène RAD51C, un autre gène crucial de la voie de la recombinaison homologue. La recherche du statut de la méthylation des promoteurs des gènes de l'HR pourrait mieux expliquer ou prédire l’HRD et permettre une stratification plus précise des patients, en particulier dans les cas où le contenu tumoral est limité. L’étiologie du statut HRD est donc définie à la fois par les variants délétères dans les gènes majeurs de l’HRD et par les méthylations de leur promoteurs. Matériels et méthodes Un total de 671 échantillons (tissus FFPE et ascites) de cancers de l’ovaire et de l’endomètre a été analysé. Le séquençage ciblé (SureSelect XT HS2, GIScar, panel interne) a permis l’identification des variants via le pipeline Grio-Dx v3.0. Le score d’instabilité génomique (GIS) a été calculé avec GIScar (Centre François Baclesse) ou sWGS (Sophia Genetics). La méthylation des promoteurs des gènes BRCA1 et RAD51C a été évaluée par ddPCR après conversion au bisulfite (EpiTect Bisulfite Kits, QIAGEN, Stilla Technologies). Résultats Sur l’ensemble des 671 échantillons analysés, 43,2 % (290/671) présentaient un profil HRD. Parmi ces échantillons HRD : 46,6 % (135/290) sont associés à un variant génétique délétère des gènes BRCA1/BRCA2 ; 1,0 % (3/290) PALB2 ; 0,3 % (1/290) RAD51D ; 1,7 % (5/290) RAD51C. Parmi les 146 cas HRD sans variant génétique délétère, la méthylation du promoteur du gène BRCA1 a pu être analysée dans 108 échantillons, révélant une méthylation dans 60,2 % des cas (65/108). Dans les échantillons HRD et non altérés sur BRCA1/2 (43 échantillons), la méthylation de RAD51C a été étudiée dans 28 cas et détectée dans 25 % (7/28). En extrapolant, les anomalies de RAD51C (mutations + méthylations) représentent 6,6 % des cas HRD, ce qui place ce gène en troisième position après BRCA1 et BRCA2. Néanmoins, 15,2 % des profils HRD restent inexpliqués, incluant 4,8 % de VUS dans BRCA1/2. En conclusion Les altérations du gène RAD51C (mutations et méthylation) constituent un biomarqueur significatif du statut HRD et doivent être systématiquement recherchées sur les tumeurs HRD BRCA1/2 sauvage. Leur intégration en routine diagnostique permet d’affiner la stratification moléculaire et d’optimiser l’accès aux PARPi dans le cancer de l’ovaire.
Roseline TANG, Voryak SUYBENG, Olfa TRABELSI GRATI (Paris), Céline Sengul KARA, Cassandre FRANÇOIS, Monali TAILOR, Emine SIMSEK, Hela SASSI, Yahia ADNANI, Victor GONDRAN-TEILLER, Ludovic LACROIX, Félix BLANC-DURAND, Alexandra LEARY, Etienne ROULEAU
17:59 - 18:14 #49887 - SS005 Apport du Séquençage d’Exome Tumoral dans les phénotypes extrêmes de cancers : résultats complémentaires de l’étude EX²TRICAN.
SS005 Apport du Séquençage d’Exome Tumoral dans les phénotypes extrêmes de cancers : résultats complémentaires de l’étude EX²TRICAN.

Contexte Les phénotypes extrêmes en cancer (PEC) [(1) survenue précoce et isolée, aggrégation (2) individuelle ou (3) familiale de multiples cancers] avec analyses par panels de gènes soient négatives sont très évocateurs d’une cause héréditaire méconnue. L’étude EX²TRICAN, basée sur le séquençage d’exome constitutionnel (GES) chez des patients avec PEC, a pour objectif principal d’identifier de nouvelles prédispositions. Nous avons réalisé le séquençage d’exome tumoral (TES) afin de contribuer à élucider ces phénotypes extrêmes. Matériel et méthodes Un couplage TES + GES a été réalisé pour 28% des tumeurs des 97 patients inclus dans EX²TRICAN (n = 27). Les SNV, CNV, et les biomarqueurs génomiques ont été analysés (instabilité génomique (GIS), charge mutationnelle (TMB), perte d’hétérozygotie (LOH) ou signatures mutationnelles (SBS) par exemple.). Résultats Parmi les 27 tumeurs analysées (de 15 types tumoraux), trois groupes ont été définis : I : mutations drivers somatiques canoniques suffisantes pour affirmer le caractère sporadique (n = 10, 37%), II : mutations drivers somatiques insuffisantes (n = 7, 26%), III: Absence de driver somatique identifié (n = 10, 37%). Les patients du groupe 1, étaient déjà évocateurs d’une atteinte sporadique, car n’étaient représentés que par des cas isolés précoces, majoritairement porteurs de tumeurs ovariennes et colorectales. A titre d’exemple, deux cancers colorectaux diagnostiqués chez deux jeunes patientes-index (31 et 35 ans), se sont révélés d’origine sporadique, avec des mutations somatiques dans POLE et POLD1 respectivement, et associées à une signature SBS10 caractéristique. Les tumeurs des patients du groupe 2 présentaient le plus souvent une unique mutation driver (généralement du gène TP53). Discussion D’après les données de la littérature, plus d’un millier de gènes drivers du cancer ont été identifiés. Néanmoins, le nombre de variations drivers canoniques (i.e nécessaires et suffisantes) par tumeur, généralement estimé entre 1 et 4, est incertain, et surtout variable selon le type tumoral. Nos résultats suggèrent que l’analyse des anomalies somatiques pourrait aider à distinguer les cancers sporadiques des formes à risque héréditaire. Conclusion Parmi les 27 tumeurs analysées chez des patients de phénotype extrême de cancer, 37% ont pu être considérées sporadiques grâce à l’analyse du TES. Couplé au GES, le TES peut permettre de confirmer la pathogénicité de variants, somatiques ou constitutionnels, grâce à des signatures spécifiques (TMB, SBS, GIS) et/ou à l’identification d’un second hit tumoral. Cette approche contribue directement au conseil génétique, en affinant l’évaluation du risque familial, en adaptant les indications de dépistage chez les apparentés, et en orientant le suivi personnalisé des patients. Elle plaide pour une intégration systématique du TES dans la stratégie diagnostique des phénotypes extrêmes de cancer, au croisement de l’oncogénétique et de la génétique tumorale.
Anais FOLLETET, Benoit MAZEL (Dijon), Vincent GOUSSOT, Valentin DERANGÈRE, Anthony COMTE, Romain BOIDOT, Laurence FAIVRE, Sophie NAMBOT, Juliette ALBUISSON
18:14 - 18:29 #49970 - SS006 Les profils de méthylation de l’ADN révèlent des entités pertinentes pour la classification diagnostique des sous-types de sarcome.
SS006 Les profils de méthylation de l’ADN révèlent des entités pertinentes pour la classification diagnostique des sous-types de sarcome.

En raison de leur importante hétérogénéité et de morphologies parfois chevauchantes, les sarcomes constituent un type de cancers pour lequel les approches moléculaires jouent un rôle central en complément de l’anatomopathologie. Outre la recherche de mutations, de variations du nombre de copies (CNV, copy number variation) ou de transcrits de fusion parfois pathognomoniques, l’étude des profils de méthylation de l’ADN représente un outil prometteur d’aide au diagnostic. Nous montrons ici l’intérêt d’agréger des données de méthylation de l’ADN issues de plusieurs études afin de construire un classifier robuste. À partir de ces données publiques, nous avons identifié des profils différentiels spécifiques d’hyper- et d’hypo-méthylation de groupes de CpG selon les sous-types de sarcomes, reflétant potentiellement des mécanismes distincts de tumorigenèse. Sur la base de ces profils de méthylation, nous proposons un score de corrélation diagnostique et un modèle prédictif combinant deux classifiers complémentaires, RandomForest et k-nearest neighbors. Par une approche en puce de méthylation (EPICv2, Illumina), nous avons ensuite appliqué cette approche à une cohorte de validation de vie réelle, composée de tumeurs à morphologies évocatrices de tumeurs malignes des gaines nerveuses périphériques (MPNST, Malignant Peripheral Nerve Sheath Tumors), sarcomes rares au diagnostic différentiel complexe. Deux tumeurs ont ainsi été reclassées en sarcome synovial et en dermatofibrosarcome protubérant (DFSP) grâce à ce score prédictif. Enfin, par séquençage long-read (ONT, Oxford Nanopore Technologies), nous avons également généré des données de méthylation directement intégrables au classifier et simultanément détecté des translocations spécifiques grâce à l’enrichissement adaptatif en temps réel (adaptive sequencing), offrant ainsi une analyse multimodale. L’intégration des informations morphologiques et moléculaires, incluant la méthylation de l’ADN, pourrait ainsi améliorer le diagnostic et affiner la compréhension de la biologie des sarcomes.
Baya DJADOUN, Pierre SOHIER, Eleonore FROUIN, Antoine QUONIAM-BARRÉ, Albain CHANSAVANG, Ingrid LAURENDEAU, Aurélie TOUSSAINT, Abderaouf HAMZA, Mathilde FILSER, Julien MASLIAH-PLANCHON, Camille TLEMSANI, Frédérique LAROUSSERIE, Victor RENAULT, Eric PASMANT, Djihad HADJADJ (Paris)
Louis Lumiere

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
B17
17:00 - 18:30

Sessions simultanées 02
Syndromes malformatifs

Modérateurs : Jeanne AMIEL (PU-PH) (PARIS), Khaoula ZAAFRANE-KHACHNAOUI (Praticien Hospitalier) (Nice)
17:00 - 17:15 #49217 - SS007 Evolution des parcours diagnostiques dans les maladies du développement : dix ans d’expérience issus de l’observatoire du diagnostic du réseau anddi-rares (2012–2022).
SS007 Evolution des parcours diagnostiques dans les maladies du développement : dix ans d’expérience issus de l’observatoire du diagnostic du réseau anddi-rares (2012–2022).

Contexte : Dans le cadre du 3ᵉ Plan National Maladies Rares, la filière AnDDI-Rares a initié, dans le cadre de son Observatoire du Diagnostic, une étude nationale visant à évaluer l’évolution des pratiques diagnostiques des anomalies du développement au cours de la dernière décennie (2012–2022). Cette période correspond à la mise en œuvre progressive du séquençage haut débit (SHD) et notamment du séquençage du génome (GS) dans le parcours de soins, via le Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025). L’objectif de l’étude était de mesurer l’impact réel de ces innovations sur le rendement diagnostique et les délais au sein du système de santé français. Méthodes : Cette étude a analysé les taux de diagnostic dans 35 CRMR/CCMR français dédiés aux « Anomalies du Développement et Syndromes Malformatifs », en comparant une semaine tirée au sort en 2012 et en 2022. Les critères secondaires incluaient les délais diagnostiques, les attentes des patients via un questionnaire dédié, les technologies utilisées et l’efficacité du GS. Résultats : Le nombre de patients recensés avec anomalies du développement ayant consulté sur la semaine tirée au sort était de 303 en 2012 et de 350 en 2022, soit une augmentation de 15,5 % en dix ans. On observe une diminution significative de la part des malformatives congénitales au profit des troubles du neurodéveloppement dans les motifs de consultations. Le rendement diagnostique global a significativement augmenté, passant de 16 % en 2012 à 27 % en 2022 (p < 0,001). Les techniques de SHD pangénomiques (exome et génome), disponibles en 2022 en 1ere intention dans la démarche diagnostique, ont été prescrites en première intention dans seulement 23 % des cas, et dans 52 % des cas en seconde ligne. Une forte variabilité inter-centres a été observée, liée notamment au maintien de panels ciblés, à l’organisation locale des circuits et à des délais hétérogènes. Au total, 189 patients et familles sans diagnostic ont complété des questionnaires portant sur les attentes diagnostiques, révélant l’évolution des besoins et des attitudes au fil du temps. Les résultats soulignent également que l’errance diagnostique persistante continue d’impacter la planification de vie familiale et le bien-être psychosocial des patients et de leurs proches. Cependant pour les patients de 2012 sans diagnostic, environ un sur deux n’a pas pu être contacté ou n’a pas donné de réponse, et un environ un sur quatre recontacté n’a pas souhaité reprendre des investigations. Conclusion : Ces résultats mettent en évidence les progrès des pratiques diagnostiques et le rôle central du SHD, soutenu par le PFMG2025. Toutefois, des difficultés persistent, liées à l’appropriation limitée des reprises d’investigations, ainsi qu’à des freins organisationnels tels que les disparités d’accès, les pertes de suivi et les contraintes structurelles.
Julien MARAVAL (Dijon), Céline DAMPFHOFFER, Antoine JOURNÉ, Céline POITEVIN, Marie-Laure HUMBERT ASENSIO, Niki SABOUR, Anne-Sophie BRIFFAUT, Didier LACOMBE, Marta SPODENKIEWICZ, David GENEVIEVE, Olivier PATAT, Philippe KHAU VAN KIEN, Laëtitia LAMBERT, Mathilde RENAUD, Hortense THOMAS, Céline POIRSIER, Elise SCHAEFER, Juliette PIARD, Yline CAPRI, Rodolphe DARD, Sandra WHALEN, Andrée DELAHAYE-DURIEZ, Marilyn LACKMY-PORT-LIS, Sylvie ODENT, Annick TOUTAIN, Bertrand ISIDOR, Dominique BONNEAU, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Radka STOEVA, Florence DEMURGER, Odile BOUTE, Pierre LECOMTE, Florence JOBIC, Bénédicte DEEMER, Anne-Marie GUERROT, Aline VINCENT-DEVULDER, Pauline MONIN, Sabine SIGAUDY, Isabelle MAREY, Christine FRANCANNET, Renaud TOURAINE, Maude GRELET, Gwenaël LE GUYADER, Mathieu EGLOFF, Frédéric BILAN, Jeanne AMIEL, Caroline RACINE, Christine VINCIGUERA, Pierre BLANC, Christel THAUVIN-ROBINET, Laurent DEMOUGEOT, Aurore PELISSIER, Anddi-Rares Diagnosis Observatory Network THE, Estelle COLIN, Christine BINQUET, Laurence FAIVRE
17:15 - 17:30 #49236 - SS008 Nanismes microcéphaliques primordiaux : vers une nouvelle classification.
SS008 Nanismes microcéphaliques primordiaux : vers une nouvelle classification.

Chez les mammifères, la taille des organismes est directement corrélée au nombre de cellules qui les constituent, et leur croissance résulte donc d’un équilibre positif entre prolifération et mort cellulaire. Logiquement, des variants pathogènes dans les gènes codant des protéines directement ou indirectement impliquées dans le cycle cellulaire sont responsables de maladies mendéliennes rares dues à une « hypocellularité », allant des microcéphalies primitives (MCPH) aux nanismes microcéphaliques primordiaux (MPD). Les MPD se caractérisent par un retard sévère de croissance pré- et post-natal, associé à une microcéphalie congénitale, généralement accompagnée d’anomalies neurodéveloppementales, mais il n’existe actuellement pas de définition consensuelle. Depuis la description des entités classiques (syndromes de Seckel, Taybi-Linder, Majewski et Meier-Gorlin), et l’identification des gènes responsables de ces pathologies, le développement du NGS à visée diagnostique a permis la découverte de nombreux nouveaux gènes associés aux MPD, montrant souvent un continuum phénotypique entre MPD et MCPH. Afin de rendre compte de l’état actuel des connaissances d'un point de vue clinique et moléculaire, nous avons conduit une revue de la littérature intégrant l’ensemble des syndromes pouvant se manifester par un MPD, que nous choisissons de définir par la réunion des trois critères suivants : (1) RCIU harmonieux (taille et périmètre crânien <–2 DS à la naissance) ; (2) Microcéphalie et retard statural sévère dans la période postnatale (taille et périmètre crânien final <–4 DS) ; (3) L'hypothèse physiologique prépondérante d'une hypocellularité en cause des troubles de croissance et de la microcéphalie. Nous nous sommes intéressés aux phénotypes associés à ces pathologies, mais aussi aux gènes impliqués, et aux hypothèses physiopathologiques. Au total, nous avons identifié 130 gènes qui peuvent être associés à un MPD selon ces critères. Ces gènes impactent principalement la biogenèse du centrosome, la dynamique du fuseau mitotique, la compaction, la réplication, ou la réparation de l’ADN, certaines voies de prolifération cellulaire, mais aussi l’épissage mineur, la traduction, et le trafic endomembranaire. A la lumière de cette étude, nous proposons une nouvelle définition des MPD, ainsi qu’une classification basée sur leur physiopathologie et sur les interactions entre les gènes impliqués. Nous détaillons les éléments d'orientation qui permettent de distinguer ces syndromes sur le plan clinique (p.e prédisposition aux cancers, anomalies rétiniennes, épilepsie, dysplasie squelettique, anomalies cutanées, dysimmunité), et biologique (p.e patterns spécifiques au caryotype, hypersensibilité à certains agents cytotoxiques, anomalies de la mitose ou du cil primaire), représentant tout autant de biomarqueurs potentiels.
Silvestre CUINAT (Lyon), Justine GUGUIN, Alexia RABEC, Sylvie MAZOYER, Patrick EDERY, Marion DELOUS, Putoux AUDREY
17:30 - 17:45 #49269 - SS009 Apport du génome dans les malformations oculaires : bilan de cent dossiers séquencés sur Auragen.
SS009 Apport du génome dans les malformations oculaires : bilan de cent dossiers séquencés sur Auragen.

Les malformations oculaires constituent un groupe hétérogène sur les plans clinique et génétique. Malgré les progrès des analyses moléculaires, moins de la moitié des patients concernés bénéficient aujourd’hui d’un diagnostic génétique. Or, l’obtention de ce diagnostic est essentielle tant pour la prise en charge médicale que pour le conseil génétique. Le séquençage du génome (Whole Genome Sequencing, WGS) est désormais entré en routine diagnostique, en France dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025. Son apport spécifique dans les malformations oculaires reste cependant encore peu documenté. Nous avons analysé une série de 100 patients présentant des anomalies du développement oculaire par WGS au sein du laboratoire Auragen. Les patients présentaient diverses atteintes oculaires, en particulier une micro-anophtalmie, un colobome, ou une dysgénésie du segment antérieur. L’atteinte oculaire était associée à des signes systémiques, notamment un trouble du développement intellectuel, dans près de la moitié des cas. Avant l’accès au WGS, deux tiers des patients avaient déjà bénéficié d’un séquençage NGS d’un panels de gènes impliqués dans le développement oculaire, et un tiers d’une analyse par CGH-array. Le WGS a permis d’identifier une cause chez 18 patients. De plus, un variant de signification incertaine a été retrouvé chez 9 autres patients. La majorité de ces variants n’aurait pas été détectée par les approches de panel de gènes ou par CGH-array. Nos résultats montrent que le WGS améliore significativement le rendement diagnostique chez les patients atteints de malformations oculaires congénitales, y compris chez ceux restés sans diagnostic après exploration NGS. Ces données soutiennent donc l’intégration du WGS dans la démarche diagnostique des anomalies du développement oculaire.
Bertrand CHESNEAU (Toulouse), Timotéo COUSTEIX, Abdelhakim BOUAZZAOUI, Consortium AURAGEN, Julie PLAISANCIÉ, Nicolas CHASSAING
17:45 - 18:00 #49357 - SS010 Pseudo-obstruction intestinale chronique : les analyses génétiques et histologiques améliorent le diagnostic, l'évaluation du pronostic et les stratégies thérapeutiques.
SS010 Pseudo-obstruction intestinale chronique : les analyses génétiques et histologiques améliorent le diagnostic, l'évaluation du pronostic et les stratégies thérapeutiques.

Introduction La pseudo-obstruction intestinale chronique (POIC) représente un défi en termes de diagnostic et de prise en charge chez les enfants et les adultes. L'apport de la génétique et de l'histologie n'a pas été étudié dans une grande cohorte de patients. Cette étude visait à évaluer si ces méthodes pouvaient fournir des informations précieuses pour la pratique clinique. Méthode : Les données de 130 patients atteints de POIC suivis dans le service de gastroentérologie de l'hôpital Beaujon (Clichy, France) entre le 1er janvier 2007 et le 1er décembre 2023 ont été analysées. Des tests génétiques et des analyses histologiques ont été réalisés chez 112 et 96 patients, respectivement. Résultats : Notre cohorte comprenait 55 hommes et 75 femmes, âgés de 19 à 74 ans. 82% des patients ont été caractérisés après l'intégration des données génétiques et histologiques, contre 58 % lorsque seule l'analyse génétique (n = 65/112) était prise en compte. Nos résultats ont permis de classer tous les patients dans six groupes avec des caractéristiques cliniques, des profils génétiques et histologiques, des réponses aux traitements et des pronostics distincts : myopathie monogénique (n = 42, 32 %) ; mitochondriopathie (n = 19, 15 %) ; myopathie non spécifique (n = 26, 20 %) ; myopathie auto-immune (n = 8, 6 %) ; neuropathie (n = 9, 7 %) ; et autres (n = 26, 20 %). Les patients du groupe myopathie monogénique ont montré une survie favorable à l'âge adulte (HR : 0,02, IC à 95 % : 0,00-0,11 ; p<0,001) et des taux d'amélioration significatifs après colectomie (OR: 12.12, 95% CI: 2.97– 90.32; p<0.001) et entérectomie (OR : 19.77, 95% CI: 3.55–504.66; p<0.001). Parmi les patients du groupe des myopathies monogéniques, les patients porteurs d'une mutation ACTG2 (n=29) ont nécessité l'introduction d'une nutrition parentérale plus précoce mais ont montré des taux de survie plus élevés que les autres patients à l'âge adulte. Discussion : L’identification des six groupes, en particulier du groupe des myopathies monogéniques, pourrait améliorer la prise en charge des patients atteints de POIC, conduisant à des diagnostics plus rapides et à un meilleur accès à la chirurgie et au conseil génétique pour les adultes. Notre étude souligne également la variété des mécanismes sous-jacents à la POIC et leur prévalence dans une large population d'adultes: perturbation du complexe actine-myosine, dysrythmie intestinale, dysfonctionnement mitochondrial et auto-immunité impliquant la voie JAK/STAT. Conclusion : Cette étude souligne l’importance de la génétique et de l'histologie devant toute suspicion de POIC car le résultat de ces analyses peuvent améliorer la prise en charge des patients.
Minh-Chau TA, Dominique CAZALS-HATEM, Billiauws LORE, Aurélien AMIOT, Dominique BERREBI, Corcos OLIVIER, Emmanuelle DUGELAY, Olivier GOULET, Florence LACAILLE, Cécile TALBOTEC, Cécile LAMBE, John RENDU, Francisca JOLY, Fabienne CHARBIT-HENRION (Paris)
18:00 - 18:15 #49431 - SS011 Circuit RAPIDE au laboratoire AURAGEN pour le séquençage génomique urgent dans les maladies rares pédiatriques : organisation, performances et perspectives.
SS011 Circuit RAPIDE au laboratoire AURAGEN pour le séquençage génomique urgent dans les maladies rares pédiatriques : organisation, performances et perspectives.

Contexte : Le circuit « RAPIDE » destiné au séquençage urgent de génomes pédiatriques visent à réduire le délai diagnostique et à orienter précocement la prise en charge des enfants atteints de maladies rares, une cause majeure de morbi-mortalité néonatale et pédiatrique. Suite aux préconisations du Plan France Médecine Génomique (PFMG), le laboratoire AURAGEN a déployé un circuit RAPIDE sur la zone AURAGEN destiné aux situations cliniques urgentes. Méthodes : Le circuit inclut une revue rapide des prescriptions par une équipe pluridisciplinaire puis la priorisation des dossiers par un circuit particulier de séquençage génomique et d’analyse bioinformatique pour réduire le délai de rendu. Les indicateurs collectés comprenaient le nombre de demandes, les pré-indications concernées, les délais pour chaque étape analytique, le temps de traitement (TAT) médian et le rendement diagnostique. Les modalités d’échange avec les prescripteurs et les critères cliniques de pré-indication ont été analysés qualitativement. Résultats : Sur 100 dossiers AURAGEN RAPIDE, la médiane de demandes par mois observée est de 5,5. La majorité des dossiers ont été prescrit en “Anomalies du développement syndromes malformatifs et syndromes dysmorphiques sans déficience intellectuelle“ (59%), les autres dossiers étaient répartis dans 15 pré-indications différentes (“Hypotonies néonatales périphériques suspectes de maladies neuromusculaires”, “Épilepsies pharmacorésistantes à début précoce”, “Malformations cérébrales”, etc.). La médiane du TAT observée est de 17 jours, soit inférieur à l’objectif de 30 jours défini par le PFMG. Le rendement diagnostique global observé est de 39%. Difficultés et limites : Les principaux challenges relevés concernent la fluidité du circuit en amont (information au prescripteur, qualité des prescriptions), l’intégration au flux et la disponibilité des biologistes pour l’interprétation urgente. L’évaluation systématique des modifications de prise en charge induites par les résultats RAPIDE a été partiellement réalisée. Conclusion et perspectives : Le circuit RAPIDE mis en place par AURAGEN est réalisable et à fort rendement diagnostique pour la population pédiatrique avec un accès ouvert aux enfants du territoire métropolitain et d’Outre-mer. Les actions futures viseront à améliorer la coordination prescripteur-laboratoire, formaliser et quantifier systématiquement l’impact clinique sur la prise en charge des patients.
Lucas W. GAUTHIER (Lyon), Louis JANUEL, Laure SAPEY-TRIOMPHE, Clémentine FAURE, Brune HENRY, Quentin CHARRET, Anne THOMAS, Virginie BERNARD, Julien THEVENON, Eulalie LASSEAUX, Christine VINCIGUERRA, Consortium AURAGEN
18:15 - 18:30 #49779 - SS012 Des variants de novo dans le gène ETF1, codant pour le facteur de terminaison de la traduction, causent un nouveau syndrome neurodéveloppemental.
SS012 Des variants de novo dans le gène ETF1, codant pour le facteur de terminaison de la traduction, causent un nouveau syndrome neurodéveloppemental.

Introduction Le gène ETF1 (Eukaryotic Translation Termination Factor 1) code pour une protéine clé de la machinerie de traduction, responsable de la reconnaissance du codon stop et de la libération de la chaîne polypeptidique, assurant une terminaison correcte de la synthèse protéique. En plus de cette fonction essentielle, ETF1 participe à la surveillance de la traduction, via le Nonsense-Mediated Decay (NMD) qui élimine les ARNm porteurs de codons stop prématurés. Aucune implication pathologique n’avait été rapportée jusqu’ici. Matériels et méthodes Suite à l’identification d’un variant de novo dans le gène ETF1 chez un patient présentant un trouble du développement intellectuel syndromique, et à un appel à collaboration à travers GeneMatcher et Decipher, nous avons constitué une cohorte internationale de 18 patients porteurs de variants nucléotidiques dans ce gène. Les données cliniques et moléculaires de ces patients ont été recueillies via un formulaire standardisé. L’étude a reçu l’accord du comité d’éthique. Nous avons initié une étude fonctionnelle multi-systèmes pour valider l’implication d’ETF1 dans ce nouveau syndrome développemental. Nous avons généré une lignée isogénique de cellules souches portant un variant faux-sens dans un motif essentiel à la discrimination entre les codons stop et sens. Nous avons généré des organoïdes cérébraux corticaux à partir de cette lignée, que nous avons caractérisés par des marqueurs d’identité cellulaire et par transcriptomique bulk et single cell, complétés par des approches spécifiques à la traduction. Parallèlement, nous avons invalidé l’orthologue du gène ETF1 chez le poisson zèbre pour étudier les phénotypes associés. Enfin, l’impact de mutation de l’orthologue chez la drosophile sur la spécification neuronale est en cours d’étude. Résultats A ce stade de l’étude, l’analyse clinique révèle un phénotype commun qui consise en un trouble du neurodéveloppement syndromique associant un retard du développement psychomoteur avec ou sans atteinte intellectuelle, une microcéphalie et un retard de croissance. Sur le plan moléculaire, 13 variants sont de type faux-sens, trois induisent un décalage du cadre de lecture, un est de type non-sens et un dernier entraîne une perte du codon d’initiation. Les études fonctionnelles sont en cours, mais les premières observations suggèrent déjà des anomalies au niveau des progéniteurs neuraux et des perturbations précoces du développement chez le poisson zèbre. Conclusion Ces données préliminaires soutiennent l’implication d’ETF1 dans un nouveau syndrome neurodéveloppemental autosomique dominant. Les modèles fonctionnels (organoïdes, zebrafish, drosophile) permettront de préciser les mécanismes physiopathologiques associés au trouble du neurodéveloppement, à la microcéphalie et au retard de croissance. Les premiers résultats orientent vers un mécanisme de perte de fonction de la protéine.
Cyril MIGNOT (Paris), Francesco CAPUTO, Matthew DEARDORFF, Johnny BOU ROUPHAEL, Driss BENSEFA, Marlène CASSAR, Marion LESIEUR-SEBELLIN, Boris KEREN, Marina MICHELSON, Dorit LEV, Keren YOSOVICH, Emmelien ATEN, Alexandra AFENJAR, Bregje VAN BON, Nicole DE LEEUW, Bailey MITCHELL, Stephanie BASKIN, Elysa MARCO, Guillaume BANNEAU, Sophie JULIA, Sulekha RAJAGOPALAN, Marine TESSARECH, Alban ZIEGLER, Daryl SCOTT, Andi LEWIS, Ray LOUIE, Theresa GREBE, Morgan THOMAS, Xiao MAO, Michael SPILLER, David BONTHRON, Bassem HASSAN, Laïla EL KHATTABI
Debussy

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
C17
17:00 - 18:30

Sessions simultanées 03
Continuum neurodéveloppement / neurodégénérescence

Modérateurs : Cyril GOIZET (PU-PH) (Bordeaux), Solveig HEIDE (Praticien Hospitalier) (PARIS)
17:00 - 17:15 #48953 - SS013 Le dosage génique du locus 22q11.21 est associé au risque de développement de la maladie d’Alzheimer.
SS013 Le dosage génique du locus 22q11.21 est associé au risque de développement de la maladie d’Alzheimer.

Les variations du nombre de copie (CNV) ont été peu étudiées dans la maladie d’Alzheimer (MA). Les rares duplications du gène APP, sur le chromosome 21, représentent les CNVs majeurs responsables d’une MA jeune (MAJ, début avant 65 ans) autosomique dominante, et sont responsables directement d’une augmentation d’expression d’APP, précurseur du peptide Aβ. D’exceptionnelles délétions partielles de PSEN1, en phase, peuvent également expliquer des cas de MA jeune monogénique. Concernant la MA non monogénique, aucun CNV n’est considéré comme facteur de risque certain à ce jour. Afin d’étudier l’impact des CNVs rares dans la MA, nous étudié une cohorte de 22 319 exomes (4150 MAJ, 8519 MA tardifs, et 9650 témoins, et appliqué un pipeline de détection des CNVs basé sur le logiciel CANOES. Après un contrôle qualité mis au point pour cette étude d’association pangénomique sur CNV à partir de données d’exomes utilisant des kits de capture divers, nous avons fait une analyse en deux étapes : (i) analyse de dosage MAJ-témoins sur l’ensemble des transcrits codants, (ii) analyse perte de fonction (LOF) regroupant les variations ponctuelles tronquantes et les délétions, restreinte aux gènes priorisés en (i) avec False Discovery Rate (FDR) <10% et sur une liste de gènes associés à la MA. L’analyse pangénomique a identifié 17 gènes sur 4 loci avec un FDR<10%. Ces résultats ont été répliqués dans des cohortes indépendantes (43 723 cas et 375 775 contrôles, meta-analyse p=9,7 10-4). Parmi ces loci se trouve la région centrale du locus 22q11.21 (FDR=0.0386, p=2,7x10-4), les délétions étant associées à une augmentation du risque de MA et les duplications en miroir, enrichies chez les témoins. L’analyse LOF a permis de réduire le locus 22q11.21 à la région MED15-KLHL22-SCARF2. Du fait de la fonction supposée de SCARF2 comme récepteur Scavenger, nous l’avons surexprimé dans des cellules HMC3 et réprimé par CRISPR-Cas9 dans des cellules IPS, et identifié que l’augmentation ou la diminution d’expression est associée à une augmentation ou une diminution de l’internalisation cellulaire du peptide Aβ, respectivement, ce qui est parfaitement cohérent avec le risque diminué et augmenté de MA, respectivement chez les porteurs de duplications et de délétion. En plus de ce locus, nous identifions un signal suggestif (meta-analysis p=3,6 10-4) avec les délétions du gène FADS6 enrichis chez les MAJ, et des délétions considérées comme des facteurs de risque certains dans les gènes déjà associés ABCA1, ABCA7, TYROBP, ainsi qu’un signal suggestif dans le gène CTSB en analyse LOF. Il s’agit de la première identification d’une région dont le dosage est directement associé au risque de la MA. Les patients atteints du syndrome de DiGeorge, maladie du développement causée par une délétion plus large en 22q11.21, devraient avoir un suivi cognitif. Ces résultats permettent de pointer le gène SCARF2 comme une cible thérapeutique potentielle à travers son rôle sur la clairance du peptide Aβ.
Olivier QUENEZ (Rouen), Catherine SCHRAMM, Kevin CASSINARI, Aude NICOLAS, Joan GROENEVELD, Guillaume HUGUET, Benjamin GRENIER-BOLEY, Marc HULSMAN, Anne ROVELET-LECRUX, Sébastien FEUILLETTE, Laetitia MIGUEL, G Bragi WALTERS, Itziar DE ROJAS, Anne-Claire RICHARD, Stéphane ROUSSEAU, Ades CONSORTIUM, Eadb CONSORTIUM, David WALLON, Magalie LECOURTOIS, Hreinn STEFANNSON, Sébastien JACQUEMONT, Jean-Charles LAMBERT, Sven VAN DER LEE, Camille CHARBONNIER, Gaël NICOLAS
17:15 - 17:22 #49036 - SS014.1 Dépôts de fer dans les noyaux gris centraux sur l’IRM cérébrale : est-ce une NBIA ?
SS014.1 Dépôts de fer dans les noyaux gris centraux sur l’IRM cérébrale : est-ce une NBIA ?

Les neurodégénérescences avec accumulation intracérébrale de fer ou NBIA représentent un groupe hétérogène de maladies neurodégénératives ultra rares d’origine génétique, avec 11 gènes responsables connus à ce jour. Le dénominateur commun de ces pathologies est la présence de dépôts de fer, notamment au niveau des noyaux gris centraux, visibles à l’IRMc sur des séquences spécifiques. Bien que ces dépôts orientent vers une NBIA, des images similaires peuvent aussi être présentes dans d'autres maladies neurodégénératives ou apparaitre au cours du vieillissement cérébral. Notre étude compare le phénotype radiologique IRMc de patients avec NBIA confirmée génétiquement (NBIA +) à une cohorte de patients avec panel des 9 principaux gènes de NBIA négatif (NBIA -), afin d'identifier un phénotype radiologique spécifique aux NBIA. Nous avons analysé les données cliniques et radiologiques de 290 patients ayant bénéficié d’une analyse des 9 principaux gènes de NBIA au CHU de Bordeaux. Le diagnostic a été confirmé moléculairement chez 72 patients. Nous avons réexaminé les IRM de 122 patients (27 NBIA+ et 95 NBIA-) pour localiser les dépôts de fer et utilisé le pipeline informatique Volbrain pour mesurer de manière automatisée les volumes cérébraux sur les IRM de 50 patients avec séquence 3D T1 non injecté disponible, afin de quantifier l’atrophie cérébrale. L’âge moyen de début des symptômes était significativement plus élevé chez les patients NBIA- (40,3 ans) que chez les NBIA+ (14,5 ans, p<0,001). L’âge moyen à l’IRM était également significativement plus élevé chez les patients NBIA- à 45,2 ans contre 27,5 ans pour les NBIA+ (p<0,001). La quasi-totalité des patients (NBIA+ et NBIA-) présentaient des dépôts de fer au niveau pallidal. Le signe de l’œil de tigre est statistiquement associé à un diagnostic de NBIA (OR 6,2 [2,8-13,8]). À l’inverse, des dépôts au niveau putaminal sont associés significativement à un panel NBIA négatif (OR 0,28 [0,11-0,64]). Les dépôts au niveau thalamique ou de la substance noire sont également corrélés positivement à un panel NBIA positif (OR 4,9 et 3,1). L’analyse des volumes cérébraux a révélé une prévalence élevée d’atrophie cérébrale dans les deux groupes (66,7% des NBIA+ et 54% des NBIA-). L’atrophie putaminale tend à être plus importante chez les NBIA- (34%) que chez les NBIA+ (11%), tandis que l’atrophie pallidale est plus marquée chez les NBIA+ (66,7% contre 42%). Cette étude identifie des éléments sémiologiques radiologiques spécifiques aux NBIA, comme le signe de l’œil de tigre, bien décrit chez les patients PKAN, et des signes écartant le diagnostic, tels que des dépôts touchant le putamen, qui peuvent être présents notamment dans l’atrophie multisystématisée. De plus, une proportion importante de patients NBIA- présente une atrophie cérébrale importante, pouvant conduire à des hyposignaux T2* des noyaux gris centraux sans que cela s’intègre dans le cadre d’une réelle NBIA.
Manon DEGOUTIN (Bordeaux), Valeria GIOIOSA, Patricia FERGELOT, Julie DEFORGES, Aurélien TRIMOUILLE, Thomas TOURDIAS, Cyril GOIZET, Chloé ANGELINI
17:22 - 17:29 #49563 - SS014.2 Caractérisation des variations génétiques du gène DYRK1A dans les troubles du neurodéveloppement et exploration des mécanismes physiopathologiques du syndrome DYRK1A à l’aide du modèle d’organoïdes cérébraux.
SS014.2 Caractérisation des variations génétiques du gène DYRK1A dans les troubles du neurodéveloppement et exploration des mécanismes physiopathologiques du syndrome DYRK1A à l’aide du modèle d’organoïdes cérébraux.

Le syndrome DYRK1A est un trouble neurodéveloppemental causé par des variations de novo hétérozygotes dans le gène DYRK1A, conduisant à une protéine tronquée et une perte de fonction. Ce syndrome affecte 0,1 à 0,5 % des patients atteints de troubles du développement intellectuel. Il est accompagné d’une microcéphalie, de troubles du spectre autistique et de traits faciaux caractéristiques tels que l’œdème des paupières et la rétrognathie. DYRK1A code pour une kinase possédant deux domaines de localisation nucléaire, lui permettant de se localiser à la fois dans le cytoplasme et le noyau, où elle possède de nombreux rôles, notamment dans la régulation du cycle cellulaire et de l’expression génique. Des travaux antérieurs du laboratoire ont montré que l’inactivation transitoire de DYRK1A par siARN dans des cellules souches neurales humaines (hNSC) entraine une diminution de leur prolifération au profit d’une augmentation de l’apoptose. Afin d’établir un modèle plus stable du syndrome, des mutations tronquantes précoces dans un ou les deux allèles de DYRK1A ont été introduites par CRISPR/Cas9 dans deux lignées de cellules souches pluripotentes induites humaines (iPSCs). La différenciation de ces iPSCs en hNSC a révélé une dérégulation de l’expression de 607 gènes (RNA-seq, validée par RT-qPCR), la plupart sous exprimés, en particulier plusieurs gènes impliqués dans les troubles neurodéveloppementaux (dont SCN3A et DCX). Pour approfondir la compréhension des mécanismes physiopathologiques du syndrome DYRK1A, nous avons généré des organoïdes cérébraux à partir de ces mêmes iPSCs. Cela nous a permis d’évaluer l’impact des mutations sur la taille des organoïdes, un marqueur de microcéphalie chez les patients, ainsi que d’étudier les populations neuronales présentes dans ces organoïdes cérébraux par single cell RNAseq (scRNA-seq). Aucune différence significative de taille n’a été observée mais l’analyse du scRNA-seq a mis en évidence des changements dans la composition des types cellulaires entre les organoïdes mutants et les contrôles. Nous avons pu également confirmer les changements d’expression préalablement observés dans le modèle de hNSC 2D. Ces altérations observées au niveau cellulaire et transcriptionnel dans les organoïdes mutants nous permettent de mettre en lumière comment des mutations du gène DYRK1A perturbent le développement cérébral et contribuent à l’apparition du syndrome DYRK1A. A terme, ce projet pourrait fournir des marqueurs clés pour tester des molécules thérapeutiques potentielles. Par ailleurs, notre laboratoire étudie également des variations génétiques situées dans les régions N- ou C-terminales de la protéine DYRK1A, susceptibles d’altérer son activité de façon distincte de celle observée dans le syndrome DYRK1A classique.
Solène MOCHEL (Strasbourg), Cyril QUESSADA, Jérémie COURRAUD, Valérie SKORY, Damien PLASSARD, Clarisse DELVALLEE, Jean-Louis MANDEL, Amélie PITON
17:29 - 17:44 #49642 - SS015 La quantification de la susceptibilité magnétique à visée de quantification du fer intracérébral : vers un biomarqueur d’évolution de l’accumulation intracérébrale de fer dans les NBIA ?
SS015 La quantification de la susceptibilité magnétique à visée de quantification du fer intracérébral : vers un biomarqueur d’évolution de l’accumulation intracérébrale de fer dans les NBIA ?

Introduction : Les neurodégénérescences avec accumulation intracérébrale de fer (NBIA, Neurodegeneration with Brain Iron Accumulation) sont un groupe de maladies ultra-rares, caractérisées par une accumulation de fer visible à l’IRM cérébrale et une neurodégénérescence progressive. À ce jour, 11 gènes ont été identifiés. La physiopathologie de ces maladies implique notamment l'homéostasie mitochondriale, la peroxydation lipidique, l'autophagie et le métabolisme du fer, mais reste encore partiellement comprise. Sur le plan radiologique, certains profils d’imagerie sont évocateurs de sous-types spécifiques, mais il n’existe pas de corrélation claire entre l’accumulation de fer et le stade de la maladie. L’évaluation actuelle du fer sur l’IRM cérébrale est qualitative, et une mesure quantitative pourrait constituer un biomarqueur utile pour suivre l’évolution au cours de la pathologie. La quantification de la susceptibilité magnétique (QSM, Quantitative Susceptibility Mapping) permet une telle quantification. Nous présentons ici une étude de faisabilité réalisée chez trois patientes atteintes de NBIA. Matériels et méthodes : Les acquisitions IRM ont été réalisées au CHU de Bordeaux (CER-BDX 2025-224), sur un système IRM General Electric 3 Tesla avec antenne 48 canaux. Une séquence 3D écho de gradient (SWAN) a été ajoutée aux séquences conventionnelles. Après contrôle qualité sur fantôme, les données ont été recueillies chez trois patientes et un volontaire sain apparié. Les reconstructions QSM ont été réalisées à l’aide d’un pipeline Python, basé sur l’algorithme MEDI, permettant de générer les cartes R2* et QSM, et d’extraire les valeurs dans les ganglions de la base, segmentés manuellement. Résultats : Les trois patientes étaient des adultes de sexe féminin, respectivement porteuses de BPAN (gène WDR45), PKAN (PANK2), et MPAN (C19orf12). L’analyse de leurs IRM a montré une augmentation significative de la charge en fer, notamment dans le pallidum (x5 par rapport au contrôle) ainsi que dans le noyau caudé, le putamen et la substance noire (x2). Chaque patiente présentait un profil de distribution du fer distinct, en particulier dans le pallidum et la substance noire. Conclusion : La QSM permet une quantification précise de l’accumulation cérébrale de fer chez des patients NBIA sur une IRM 3T, et met en évidence des profils distincts dans les sous types de NBIA évalués. Ces résultats préliminaires suggèrent que la QSM pourrait devenir un biomarqueur pertinent pour évaluer de façon précise la charge en fer intracérébrale ainsi que la progression de la maladie au cours du temps. Elle pourrait ainsi être intégrée au suivi clinique et utilisée pour évaluer l’efficacité de nouvelles approches thérapeutiques, en tant que critère de jugement objectif et quantitatif.
Chloé ANGELINI (Bordeaux), Cyril GOIZET, Patricia FERGELOT, Ludovic DE ROCHEFORT, Samira MCHINDA, Anis BENYAHIA, Thomas TOURDIAS, Stéphane ROCHE
17:44 - 17:59 #49644 - SS016 Réalité du continuum neurodéveloppement / neurodégénérescence.
SS016 Réalité du continuum neurodéveloppement / neurodégénérescence.

Résumé L’hypothèse d’un continuum entre troubles du neurodéveloppement et pathologies neurodégénératives s’appuie sur certaines affections génétiques connues, comme le syndrome de Down. Avec l’essor du séquençage à haut débit, le rendement diagnostique des troubles du neurodéveloppement atteint environ 50 % chez l’adulte. La caractérisation clinique à l’âge adulte, en particulier l’apparition progressive de manifestations neurologiques, suggère que des affections initialement considérées comme purement développementales peuvent évoluer vers un tableau dégénératif. Cette étude avait pour objectif de décrire la fréquence, la nature et l’évolution des atteintes neurologiques dans une large cohorte d’adultes (> 18 ans) avec trouble du neurodéveloppement et diagnostic génétique établi. Plus de 3000 patients suivis à l’AP-HP ont été analysés via l’outil Cohort360. Les données recueillies concernaient la présence de syndromes pyramidaux, extrapyramidaux, cérébelleux, neuropathiques, d’une régression psychomotrice ou encore d’une épilepsie. Les résultats montrent une fréquence notable d’atteintes motrices : 11,4 % des patients présentaient une atteinte pyramidale (paraparésie spastique), 7,7 % une atteinte cérébelleuse, 10,2 % une atteinte extrapyramidale (principalement dystonique) et 4,7 % une atteinte neuropathique. Des formes mixtes ont également été observées (spastico-dystoniques, cérébello-dystoniques, neuropathico-dystoniques, etc.), représentant chacune entre 0,6 % et 3,6 % des cas. L’analyse longitudinale a confirmé des évolutions neurodégénératives déjà rapportées pour certains gènes (par exemple WDR45), mais a également révélé des trajectoires inédites, enrichissant la connaissance de l’histoire naturelle de plusieurs pathologies neurodéveloppementales. En conclusion, cette cohorte de plus de 3000 adultes souligne la fréquence élevée et la grande diversité des atteintes neurologiques associées aux troubles du neurodéveloppement. La prédominance des formes extrapyramidales dystoniques et l’identification de nombreuses formes mixtes renforcent l’hypothèse d’un continuum neurodéveloppement / neurodégénérescence. Toutefois, des biais de recrutement existent, les patients les plus sévèrement atteints étant surreprésentés en consultation spécialisée. Ces résultats plaident pour l’élaboration de recommandations de bonnes pratiques afin d’améliorer la description des trajectoires évolutives, d’optimiser la prise en charge neurologique et d’anticiper les besoins des patients concernés.
Romain DUQUET (Paris), Solveig HEIDE, Anna GERASIMENKO, Daphné LEHALLE, Cristina PEDUTO, Perrine CHARLES
17:59 - 18:14 #49721 - SS017 RBMX2, responsable d’une nouvelle forme de troubles neurodéveloppementaux liés à l’X affectant les deux sexes.
SS017 RBMX2, responsable d’une nouvelle forme de troubles neurodéveloppementaux liés à l’X affectant les deux sexes.

Les analyses pangénomiques ont permis d’identifier des variants rares non-synonymes dans le gène RBMX2 chez des patients non apparentés présentant des troubles neurodéveloppementaux (TND), incluant un trouble du développement intellectuel, une microcéphalie, une épilepsie et des atteintes rétiniennes. Un total de 10 patients, 5 filles avec variants de novo et 5 garçons avec variants de novo ou hérités ont pu être identifiés. Ces patients sont porteurs de variants tronquants ou de variants faux-sens, dont certains sont localisés dans le domaine de liaison aux ARN (RNA Recognition Motif, RRM). RBMX2, localisé sur le chromosome X, code une protéine du complexe RES du spliceosome. Son invalidation chez le poisson-zèbre induit des rétentions introniques et des anomalies cérébrales (Fernandez et al. 2018). Pour élucider son rôle dans le neurodéveloppement, nous avons réalisé un knockdown de RBMX2 par siARN dans des progéniteurs neuronaux humains (hNSC). L’analyse transcriptomique (RNA-seq) de deux lignées cellulaires a révélé des altérations de l’épissage, notamment une rétention préférentielle de petits introns (outils : IRfinder, DEXseq, KissSplice). Parmi les gènes affectés, une surreprésentation significative concerne des acteurs du trafic intracellulaire et vésiculaire (ex. AP3D1, SYNJ2). Ces résultats ont été validés dans une troisième lignée de hNSC par qPCR. Par ailleurs, nous avons développé un système de minigène pour évaluer l’impact fonctionnel des variants faux-sens, dont seulement la moitié altère la stabilité ou la localisation de RBMX2. Ce modèle permettra également de caractériser les variants de signification incertaine identifiés ultérieurement. En parallèle, nous avons entrepris une reprogrammation de cellules de patients en cellules souches pluripotentes induites (iPSC) de manière à étudier plus précisément comment les mutations du gène RBMX2 et les altérations d’épissage qu’elles entraînent affecte le développement du cerveau. En conclusion, nos données désignent RBMX2 comme un nouveau gène lié aux TND associés à l’X, et révèlent des mécanismes cellulaires altérés (épissage, trafic intracellulaire) sous-jacents à ce syndrome.
Eva MEYER (Strasbourg), Clarisse DELVALLÉE, Valérie SKORY, Sarah CLUZEL, Nathalie DROUOT, Salima EL CHEHADEH, Anne DE SAINT MARTIN, Alice GOLDENBERG, François LECOQUIERRE, Marie VINCENT, Benjamin COGNE, Annick RAAS-ROTSCHILD, Mihael ROGAC, Donald R. LATNER, Krzysztof SZCZAŁUBA, Małgorzata RYDZANICZ, T.s. BARAKAT, William MACKEN, Serene SIYING LIN, Susanne KOHL, Katarina STINGL, Amélie PITON
18:14 - 18:29 #49867 - SS018 Identification d’un nouveau gène d’ataxie congénitale; ESRRG, première cause d’AC sans trouble du développement intellectuel et à IRM normale.
SS018 Identification d’un nouveau gène d’ataxie congénitale; ESRRG, première cause d’AC sans trouble du développement intellectuel et à IRM normale.

Les ataxies congénitales (AC) sont définies cliniquement par des symptômes cérébelleux précoces dès les premiers mois de vie, se traduisant initialement par une hypotonie et un retard de développement psychomoteur avant l’apparition secondaire des symptômes cérébelleux classiques. Il s’agit habituellement de pathologies non progressives. Les signes cérébelleux restent stables ou s’atténuent avec le temps, sont associés fréquemment à un trouble du développement intellectuel (TDI) et parfois à d’autres signes neurologiques (épilepsie, syndrome pyramidal, neuropathie). L’imagerie cérébrale, parfois normale précocement, révèle fréquemment une atrophie cérébelleuse. Toutefois un petit nombre de patients conservent une IRM normale. Les AC sont hétérogènes également sur le plan physiopathologique et génétique. En dehors du syndrome de Joubert (forme particulière d’AC) plus de 50 gènes impliquant des voies physiopathologiques variées ont été identifiés. Le séquençage d’un panel ciblé comportant les gènes principaux d’AC permet d’identifier, de façon rapide, des variants pathogènes (y compris les délétions/duplications et les mosaïques) chez 35% des patients. A ce jour peu de gènes sont associés à une AC à IRM et intelligence normale. Nous avons identifié des variants hétérozygotes du gène ESRRG chez 4 patients de 3 familles (2 garçons – 2 filles – âgés de 7ans à 47 ans) présentant cette forme d’AC. Les variants sont de novo (2) ou transmis par un père atteint (1). Le mécanisme est une perte de fonction. Les patients ont tous présenté une hypotonie précoce et un retard psychomoteur puis un syndrome cérébelleux avec une ataxie persistante à l’âge adulte. Les patients n’avaient pas de TDI, ni d’autres signes neurologiques. Les signes ophtalmologiques sont fréquents (strabisme, ptosis, glaucome, colobome). Les IRM sont normales chez tous, et le restent avec le temps. Le gène ESRRG code pour un récepteur hormonal nucléaire (estrogen-related receptor γ) et agit comme un facteur de transcription, régulant l’expression de gènes endocriniens et métaboliques. Une étude collaborative a permis de rassembler à ce jour 8 patients (7 familles) avec AC liée à des variants du gène ESRRG et de valider ce gène par des études fonctionnelles. Dans notre cohorte de 756 cas index avec AC, les variants pathogènes du gène ESRRG, bien que rares, représentent la 1ère cause d’AC avec IRM normale et sans TDI, justifiant son inclusion dans notre panel ciblé.
Alexandra AFENJAR (PARIS), Odile GOZE-MARTINEAU, Ariane MAHIEUX, Madeleine HARION, Frédérique AUDIC, Perrine CHARLES, Lydie BURGLEN
Salon Ambassadeurs 2/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
D17
17:00 - 18:30

Sessions simultanées 04
Epidémiologie génétique, génétique des populations, maladies complexes

Modérateurs : Emmanuelle GENIN (Directrice de Recherches) (BREST), Anthony HERZIG (Chargé de Recherche) (Brest)
17:00 - 17:15 #49262 - SS019 Analyses pangénomiques multi-traits et fondée sur les gènes impliquent les voies de la coagulation et du muscle lisse vasculaire dans la dissection spontanée de l’artère coronaire.
SS019 Analyses pangénomiques multi-traits et fondée sur les gènes impliquent les voies de la coagulation et du muscle lisse vasculaire dans la dissection spontanée de l’artère coronaire.

Résumé Contexte et objectifs La dissection spontanée de l’artère coronaire (SCAD) représente jusqu’à un tiers des syndromes coronaires aigus chez les femmes de moins de 50 ans, généralement sans facteurs de risque cardiovasculaires classiques. Son diagnostic basé sur l’imagerie est difficile, entraînant un sous-diagnostic et des effectifs insuffisants pour les études pangénomique mono-trait (GWAS). Nous avons cherché à accroître la puissance par des approches multi-traits et basé sur les gènes afin d’identifier de nouvelles voies biologiques liées à la SCAD. Méthodes Nous avons harmonisé huit statistique résumés de GWAS (SCAD, dysplasie fibromusculaire, anévrisme intracrânien, dissection des artères cervicales, migraine, maladie coronarienne, anévrisme de l’aorte abdominale, anévrisme/dissection de l’aorte thoracique) et utilisé GAUSS pour imputer uniquement les variants manquants dans certaines études. Après contrôle qualité, 4,94 millions de SNP autosomiques étaient communs à tous les traits. Afin d’exploiter les corrélations génétiques inter-traits et d’augmenter la puissance pour la SCAD, nous avons appliqué l’approche « Multi-Trait Analysis of GWAS » (MTAG), qui a porté la taille d’échantillon effective pour la SCAD de 6 356 à 9 354 participants (+47 %). Les associations au niveau gène ont été testées avec la méthode LDAK-GBAT, en s’appuyant sur un panel de référence européen de 10 000 individus issus de UK Biobank pour estimer le déséquilibre de liaison entre variants. Des analyses d’enrichissement tissulaires, d’eQTL, de régions ouvertes de chromatine et de voies biologiques ont servi à contextualiser l’ensemble des signaux, au niveau SNP comme au niveau gène. Résultats MTAG a identifié 24 nouveaux locus SCAD absents du GWAS initial, impliquant entre autre GGCX, COL6A3, EDNRA, SLC39A13, LTBP3, BCAR1, SLC39A8 et SERPINA1. Les enrichissements en variants culminaient dans la chromatine accessible des cellules musculaires lisses et des fibro-myocytes coronaires. LDAK-GBAT a mis en évidence 46 gènes significatifs après correction Bonferroni ; 13 d’entre eux (par exemple : ABO, BMP8A, PMS2) se situaient dans des régions sans SNP significatif au seuil pangénomique (p<5×10-8), montrant un gain de puissance au-delà de l’approche SNP par SNP. L’analyse d’ensembles de gènes a mis en avant la gamma-carboxylation dépendante de la vitamine K, le remodelage de la matrice extracellulaire et la contraction du muscle lisse, reliant de façon cohérente la coagulation et l’intégrité vasculaire à la susceptibilité à la SCAD. Conclusions Cette analyse multi-niveaux élargit le paysage génétique de la SCAD et met en évidence un axe coagulation–muscle lisse centré sur GGCX et ABO. Elle ouvre des pistes mécanistiques pour les maladies cardiovasculaires spécifiques aux femmes et désigne des cibles prometteuses pour la validation fonctionnelle et la prédiction personnalisée du risque.
Takiy BERRANDOU (Paris), Adrien GEORGES, Doug SPEED, Nabila BOUATIA-NAJI
17:15 - 17:30 #49720 - SS020 Étude populationnelle des gènes HLA de six ethnies d’Afrique de l’Ouest (Bénin) et leur impact sur l’imputation HLA des populations africaines.
SS020 Étude populationnelle des gènes HLA de six ethnies d’Afrique de l’Ouest (Bénin) et leur impact sur l’imputation HLA des populations africaines.

Le système HLA, hautement polymorphe, joue un rôle central dans la réponse immunitaire en modulant la reconnaissance antigénique. La diversité allélique y est particulièrement marquée en Afrique, région encore sous-représentée dans les bases de données internationales, limitant la précision de l’imputation HLA. Ce projet s’inscrit dans le cadre du SNP-HLA Reference Consortium (SHLARC, hla.univ-nantes.fr), dont l’objectif est d’élargir les panels de référence pour améliorer les performances de l’imputation HLA, notamment pour les populations africaines. Nous avons génotypé 11 gènes (kit GenDx NGSgo MX11-3 : HLA-A, HLA-B, HLA-C, HLA-DQA1, HLA-DQB1, HLA-DPA1, HLA-DPB1, HLA-DRB1, HLA-DRB1, HLA-DRB3/4/5) chez 480 individus béninois issus de six ethnies : Sud (Aizo n=96, Tori Avame n=96, Tori Cada n=96), et Nord (Gando n=80, Otamari n=54, Peulh n=58). L’attribution des allèles a été réalisée avec NGSengine (GenDx). L’analyse des fréquences alléliques regroupant l’ensemble des ethnies béninoises révèle une grande diversité génétique, particulièrement marquée pour HLA-B avec 41 allèles distincts, et une relative homogénéité des fréquences : les 20 premiers allèles HLA-B ayant une fréquence >1%. Au contraire, HLA-DPB1 et HLA-DPA1 sont dominés par quelques allèles fréquents : HLA-DPB1*01:01, 60% ; HLA-DPA1*02:01, 37%. Une analyse en composantes principales des fréquences alléliques a montré une séparation claire entre les groupes du Sud et du Nord. Ces derniers présentent une dispersion plus marquée, notamment la population Peulh est porteuse exclusive du HLA-B*37:01 (8,9%). Nous avons ensuite utilisé ces données pour imputer le HLA grâce au package R HIBAG. Les données SNP proviennent de puces Illumina OMNI5. Le SHLARC a fourni des données de populations diverses : 1KG (1000 Genomes project), HGDP (Human Genome Diversity Project), et SABE (Health, Wellbeing and Aging Study, Brazil). Nous avons construit plusieurs panels de référence : régional (Sud n=285, Nord n=228), national (Bénin n=513), continental (1KG Afrique de l’Ouest, n=603 ; 1KG Afrique de l’Ouest+Bénin, n=1116) et mondial (Bénin+1KG+SABE+HGDP, n=5860). Les performances, évaluées par le F1-score pondéré sur les fréquences alléliques, montrent que les modèles issus du Sud atteignent d’excellents scores (HLA-A, 0,99 ; HLA-DRB1, 0,99), alors que ceux du Nord sont plus modestes (HLA-A, 0,83 ; HLA-DRB1, 0,89), reflet d’une plus grande hétérogénéité génétique dans ces populations. L’évaluation des performances montre que les panels intégrant spécifiquement les données béninoises et ouest-africaines (HLA-DQA1, 0,89) surpassent nettement le panel multiethnique avec les données internationales du SHLARC (HLA-DQA1, 0,74). L’adéquation des données entre la référence et la population à imputer permet d’améliorer la précision. En conclusion, l’intégration de données génétiquement proche améliore significativement la précision de l’imputation HLA pour les populations d’Afrique sub-sahariennes.
Nicolas VINCE (Nantes), Mohamed BENZAHI, Jacqueline MILET, Nayane S. B. SILVA, Gabriela SATO PAES, Sonia BOURGUIBA-HACHEMI, David COURTIN, Sophie LIMOU, André GARCIA, Audrey SABBAGH, Laure GINEAU
17:30 - 17:45 #49811 - SS021 Identification des types cellulaires causaux des variants de maladies humaines.
SS021 Identification des types cellulaires causaux des variants de maladies humaines.

Les études d'association pangénomique (GWAS) ont identifié de nombreux variants associés à des maladies, mais leurs impacts au niveau cellulaire restent souvent inexplorés. Les méthodes basées sur les eQTLs (expression quantitative trait loci) permettent d'identifier les tissus causaux des variants humains, mais elles reposent généralement sur des données eQTL en masse ('bulk'), de résolution limitée, et sont souvent peu consistants avec les signaux GWAS. Ici, nous présentons CT-FM-SNP, un modèle probabiliste inférant les types cellulaires causaux des variants GWAS. CT-FM-SNP utilise le signal polygénique estimé à partir des données GWAS et un ensemble de 924 annotations spécifiques à des différents types cellulaires provenant principalement d'ENCODE4 et de données scATAC-seq. Combiné à notre modèle liant les SNPs à leurs gènes d'action (combined SNP-to-Gene, cS2G), CT-FM-SNP permet d'inférer des relations causales {SNP, type cellulaire, gène, phénotype}. Nous avons évalué CT-FM-SNP sur ~1,500 SNPs candidats de 5 traits sanguins, et inféré des types cellulaires causaux attendus pour ~50 % d'entre eux. Pour les traits liés aux lymphocytes et aux monocytes, nous avons validé CT-FM-SNP grâce aux données cis-eQTLs de OneK1K, montrant que les SNPs reliés par notre modèle aux types cellulaires immunitaires pertinents étaient significativement plus enrichis en cis-eQTLs correspondants que les SNPs non reliés. De plus, notre approche CT-FM-SNP+cS2G a identifié un nombre beaucoup plus élevé de paires {type cellulaire–gène} que les méthodes de référence exploitant des eQTLs bulk ou single-cell (respectivement 3,7× et 65,9× plus). Nous avons appliqué CT-FM-SNP à 6,975 SNPs candidats de 39 traits de la UK Biobank et inféré au moins un type cellulaire causal pour ~44 % d'entre eux. CT-FM-SNP a également généré 2,694 relations causales, cohérentes avec la biologie connue, par exemple des SNPs agissant sur GLIS3 dans le pancréas, IRF8 dans les cellules myéloïdes, IL2RA dans les lymphocytes. Nous avons également observé que certains SNPs pléiotropiques peuvent cibler différents types cellulaires selon le contexte phénotypique. Enfin, l'application de CT-FM-SNP à d'autres traits a révélé de nouveaux mécanismes, notamment un SNP associé à la schizophrénie agissant sur LPCAT4 à la fois dans le cerveau et dans les cellules immunitaires (suggérant des mécanismes pathogéniques partagés entre la schizophrénie et les maladies autoimmunes), ainsi qu'un SNP lié à la polyarthrite rhumatoïde ciblant SESN3 dans les lymphocytes B et T. En conclusion, CT-FM-SNP permet d'inférer les types cellulaires causaux des variants associés aux maladies humaines et explore les mécanismes par lesquels ces variants confèrent un risque pathologique au niveau cellulaire.
Artem KIM (Los Angeles, Etats-Unis), Steven GAZAL
17:45 - 18:00 #49866 - SS022 Différences entre les sexes dans l'asthme : la contribution des facteurs génétiques.
SS022 Différences entre les sexes dans l'asthme : la contribution des facteurs génétiques.

L’asthme est une maladie chronique non transmissible qui touche plus de 262 millions de personnes dans le monde. C’est une maladie complexe résultant de multiples facteurs génétiques et environnementaux. La prévalence de l’asthme varie selon le sexe et l’âge. Ainsi, chez les enfants, la maladie est plus fréquente chez les garçons et est généralement associée à une composante allergique, des antécédents familiaux, et une bonne réponse aux traitements. En revanche, l’asthme débutant à l’âge adulte est plus fréquent chez les femmes et se caractérise souvent par une inflammation neutrophilique, une moindre sensibilité aux corticoïdes, une association à l’obésité et un pronostic plus défavorable. Les mécanismes à l'origine de ces différences spécifiques au sexe ne sont pas bien compris, et restent de plus peu étudiés. Les études d’association pangénomiques (GWAS) ont identifié près de 200 régions du génome associées à l’asthme, mais qui n'expliquent qu'une partie de la composante génétique de cette maladie. La grande majorité de ces études combinaient les données des deux sexes, considérant le sexe comme un facteur de confusion, et plus de 75% des GWAS ont négligé le chromosome X. Ainsi, peu de recherches ont été menées sur les mécanismes de régulation génétique potentiellement différents selon le sexe ou spécifiques au sexe influençant la survenue de l'asthme et des sous-types d’asthme. Nous proposons ici de combler cette lacune en menant des études de GWAS de l’asthme et ses sous-types (asthme infantile, âge d'apparition ≤12 ans ; et asthme de l’adulte, âge d'apparition ≥26 ans) stratifiées selon le sexe dans la cohorte UK Biobank (239 558 hommes et 277 121 femmes). Ces analyses ont permis d’identifier 30 loci indépendants significatifs au seuil génome-entier associés de manière différentielle à l'asthme en fonction du sexe : 13 loci sur 28 pour l'asthme infantile chez les garçons, 12 loci sur 24 pour l'asthme infantile chez les filles, 3 loci sur 7 pour l'asthme adulte chez les hommes et 2 loci sur 7 pour l'asthme adulte chez les femmes. Une cartographie positionnelle des variants principaux de chaque locus spécifique au sexe a identifié 26 gènes spécifiques à l'une des strates d’analyse. Ces gènes sont principalement impliqués dans les voies de l’immunité, de la différenciation épidermique et de la biosynthèse des catécholamines. Cette étude montre que l'architecture génétique de l'asthme diffère selon le sexe et l'âge d'apparition de la maladie. Ces recherches sont actuellement poursuivies avec l’étude des associations entre l’asthme et les variants du chromosome X en considérant différents modèles dont l'inactivation du chromosome X et les régions pseudoautosomique des chromosomes sexuels. Ces analyses devraient contribuer à élucider les mécanismes génétiques sous-jacents à l’asthme et aux sous-types d'asthme chez les hommes et les femmes, et à identifier des cibles thérapeutiques pour chaque sous-type. Financement: ANR-SEGNORA
Océane LI (Paris), Gloria BENOIT, Lucie TROUBAT, Léo HENCHES, Véronique LEGRAND, Emmanuelle BOUZIGON, Hanna JULLIENNE
18:00 - 18:15 #49919 - SS023 Étude génomique de liaison et d'association du trouble dépressif majeur associé à une douleur chronique dans un échantillon américain, reproduite dans la UK Biobank.
SS023 Étude génomique de liaison et d'association du trouble dépressif majeur associé à une douleur chronique dans un échantillon américain, reproduite dans la UK Biobank.

Bien que le trouble dépressif majeur (TDM) ait une forte composante génétique, les loci de susceptibilité identifiés n'expliquent qu'une proportion minime de la variance génétique sous-jacente. En outre, environ la moitié des patients atteints de TDM souffrent également de douleurs chroniques, qui ont elles-mêmes une composante génétique. Des recherches récentes suggèrent que ces affections souvent comorbides pourraient partager une physiopathologie commune. Nous émettons l'hypothèse d'une susceptibilité génétique commune à ces affections. L'analyse d'un sous-phénotype spécifique – le TDM avec douleurs chroniques comorbides – pourrait ainsi révéler des loci génétiques que les études sur les phénotypes isolés n'ont pas identifiés. Nous avons d'abord testé cette hypothèse en effectuant des analyses de liaison et d'association pangénomiques dans le cadre de l'étude familiale GenRed sur la dépression récurrente à début précoces ; les participants ont été évalués à l'aide des critères du DSM IV et de l’Interview-diagnostic pour des études génétiques (DIGS), le statut « affecté » intégrant à la fois le diagnostic de TDM et la classification de la douleur chronique. À l'aide de l'analyse bayésienne (probabilité a posteriori de liaison, PPL) mise en œuvre dans KELVIN, qui mesure la force de soutien pour l’hypothèse de liaison ou d’association sous forme de probabilité, nous avons identifié des signaux de liaison au niveau des chromosomes 8p23 (PPL = 0,35), 16q12 (PPL = 0,51) et 5p12 (PPL = 0,14). Une association pangénomique employant KELVIN a permis d'identifier des signaux d’association au niveau de SNPs individuels dans ces régions liées. La région 8p23 contient le gène CSMD1, précédemment associé à la dépression, au trouble bipolaire et aux traits cognitifs, tandis que la région 16q12 représente une nouvelle découverte. Notre signal d'association le plus fort (PPL max = 0,63) était contenu dans le gène HCN1 sur le chromosome 5p12, un gène impliqué dans la réponse à la kétamine, la dépression et la douleur dans plusieurs études, y compris un modèle murin « knock-down ». Nous avons tenté de reproduire les résultats d'association dans ces trois régions à l'aide de la population d’étude du UK Biobank d'origine européenne. Les associations dans les régions 8p23 et 16q12 ont été reproduites dans cette cohorte indépendante, désignant CSMD1 (8p23) et CHD9 (16q12) comme des gènes candidats majeurs pour ces phénotypes, tandis que HCN1 (5p12) reste un candidat positionnel et fonctionnel solide pour ces phénotypes, malgré l'échec de la reproduction dans l'échantillon britannique. L'identification de gènes déjà associés à la dépression ainsi que de nouvelles régions génomiques, confirmée par leur réplication dans une vaste cohorte indépendante, valide notre approche et suggère que l'intégration de la douleur chronique dans les études génétiques de la dépression pourrait faciliter l'identification de nouveaux gènes et ouvrir des pistes thérapeutiques prometteuses.
Daniel NOLAN (n/a, Etats-Unis), Veronica VIELAND, William VALENTINE-COOPER, John BURIAN, Sang-Cheol SEOK, Audrey Virginia GRANT
18:15 - 18:30 #49981 - SS024 Fantasio : une approche cas-témoins pour détecter les variants récessifs rares impliqués dans les maladies multifactorielles.
SS024 Fantasio : une approche cas-témoins pour détecter les variants récessifs rares impliqués dans les maladies multifactorielles.

Les études d’association pangénomique (Genome-Wide Association Studies, GWAS) visent à identifier des associations entre variants génétiques et traits multifactoriels. Elles étudient principalement les variants communs sous un modèle génétique additif. Or, une part importante de la composante génétique de la plupart des maladies multifactorielles reste inexpliquée, possiblement en raison de la contribution de variants rares à effets récessifs, pour lesquels les GWAS manquent de puissance statistique. Nous proposons Fantasio, une extension de la méthode HBD-GWAS (Génin, 2013) aux données cas-témoins. L’approche repose sur la détection d’un excès de segments Homozygotes par Descendance (Homozygous-by-Descent, HBD) partagés chez les cas, comparé à ce qui est attendu chez les témoins. Ces segments, caractéristiques des individus consanguins, sont porteurs de variants récessifs rares. Afin d’évaluer Fantasio, nous avons construit un cadre de simulations pour évaluer l’erreur de type I et la puissance de Fantasio. Dans ces simulations, des haplotypes issus du projet 1000 Génomes ont été recombinés pour créer de nouveaux haplotypes “mosaïques”, permettant de contrôler le type de consanguinité des individus simulés. Des individus consanguins porteurs de variants récessifs rares dans une région génétique cible ont été sélectionnés comme cas. Les autres cas et les témoins présentent des degrés de consanguinité variés. Les simulations étaient variables selon la taille de l’échantillon, le pourcentage de cas liés aux variants récessifs rares et les types de consanguinité. Nos résultats montrent que l’erreur de type I est bien contrôlée. Fantasio atteint une puissance satisfaisante dans des modèles réalistes (ex. maladie rare où 10% des cas partagent les allèles délétères), à partir d’un effectif total de 1000 individus. Notre méthode est prometteuse pour l’étude des variants récessifs rares dans les maladies multifactorielles communes, tels que les cancers, particulièrement avec de grands effectifs.
Sidonie FOULON (Villejuif), Thérèse TRUONG, Anne-Louise LEUTENEGGER, Hervé PERDRY
Salon Ambassadeurs 1/3

"Mardi 27 janvier"

Ajout à votre liste de favoris
Suppression de votre liste de favoris
E17
17:00 - 18:30

Sessions simultanées 04BIS
Maladies Cardiovasculaires

Modérateurs : Philippe CHARRON (PU-PH) (PARIS), Cécile ROUZIER (PH) (Nice)
17:00 - 17:15 #48975 - SS025 Cardiomyopathies liées au gène RBM20 : intérêt du minigène et du séquençage Nanopore pour l’exploration de variants de signification incertaine.
SS025 Cardiomyopathies liées au gène RBM20 : intérêt du minigène et du séquençage Nanopore pour l’exploration de variants de signification incertaine.

Introduction Les cardiomyopathies dilatées (CMD) ont une prévalence estimée à 1:250 et sont une des causes de la mort subite cardiaque. Des variants pathogènes (P) ou probablement pathogènes (LP) liés à une transmission autosomique dominante de CMD ont été rapportés dans plus de 50 gènes. Cependant, des variants de signification incertaine (VSI), ne permettant pas d’apporter un conseil génétique sans étude fonctionnelle complémentaire, sont identifiés chez un grand nombre de patients (36,5 % dans notre étude récente portant sur 1300 patients atteints de CMD). Les variants P ou LP du gène RBM20 sont responsables de plus de 3% des cas de CMD et sont associées à un mauvais pronostic. En se fixant à l’ARN, RBM20 favorise la synthèse de l’isoforme cardiaque de gènes d’expression musculaire et cardiaque (TTN, RYR2,…). Objectifs Le projet visait à mettre au point une méthode d’exploration des VSI du gène RBM20. Matériel & Méthodes Le modèle retenu est basé sur la co-transfection de cellules HEK293T par un vecteur d’expression contenant l’ADN complémentaire du gène RBM20 et par un vecteur minigène rapporteur. Les variants à tester (six pathogènes et deux bénins pour mise au point et validation de la méthode ; onze VSI) ont été introduits par mutagénèse dirigée. Après extraction des ARN totaux, rétrotranscription, l’impact fonctionnel des VSI est évalué via séquençage MinION (Oxford Nanopore) et analyse du profil d’épissage du minigène rapporteur par SashimiPlot. Résultats Après validation de la méthode, trois des 10 VSI explorés montrent un profil d’épissage anormal et peuvent donc être reclassés comme variant LP et utilisés pour le conseil génétique. Conclusion Ce test fonctionnel peut être proposé lorsqu’un VSI candidat faux-sens est identifié dans le gène RBM20 afin de mieux appréhender son éventuel caractère pathogène. Sa réalisation a ainsi pu être transférée vers le laboratoire de diagnostic moléculaire du CHU de Lyon.
Alexandre JANIN (LYON), Gilles MILLAT, Valérie CHANAVAT, Séverine NONY, Cécile CAZENEUVE, Yohan BOSSE, Christian STEINBERG
17:15 - 17:30 #49041 - SS026 Intérêt et rendement du diagnostic moléculaire des malformations cardiaques congénitales non syndromiques familiales en France.
SS026 Intérêt et rendement du diagnostic moléculaire des malformations cardiaques congénitales non syndromiques familiales en France.

Contexte : Les malformations cardiaques congénitales (MCC) sont les malformations congénitales les plus fréquentes et associées à une importante morbi-mortalité. Grâce aux progrès considérables de la chirurgie et de la réanimation cardiaque ces dernières décennies, les patients guéris de leur MCC arrivent en âge de procréer et sont en demande croissante de conseil génétique. Jusqu’alors le risque de récurrence familiale de MCC était seulement estimé de manière empirique par des études observationnelles populationnelles. Les études génétiques, quand elles sont contributives permettent de donner un risque de récidive plus précis et d’orienter le dépistage familial. Objectif : Établir un bilan du diagnostic génétique des MCC non-syndromiques familiales en France et évaluer l'apport des différentes techniques diagnostiques. Méthodes : Étude rétrospective multicentrique incluant les familles avec au moins deux individus atteints de MCC au premier ou second degré, avec une analyse génétique réalisée dans les laboratoires du CHU de Bordeaux, du CHU d'Amiens-Picardie, ou sur les plateformes SeqOIA et AURAGEN du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG). Les analyses comprenaient l'analyse chromosomique par puce à ADN (ACPA), des panels de gènes (14, 92 puis 320 gènes au CHU de Bordeaux, panel 110 puis 320 gènes au CHU d'Amiens) et le séquençage du génome. Résultats : 239 individus issus de 87 familles ont été inclus (médiane de 2 individus atteints par famille). Les phénotypes prédominants étaient la tétralogie de Fallot (17,2%), les communications inter-atriales (10,3%) et le syndrome d'hypoplasie du cœur gauche (10,3%). Un diagnostic moléculaire a été établi dans 35 familles (40,2%) avec 15 diagnostics monogéniques différents. Les gènes les plus fréquemment impliqués étaient NOTCH1 (8%), MYH6 (6,8%), puis NKX2.5 (3,4%) et ELN, JAG1 et RBFOX2 (2,3% chacun). Le séquençage du génome s'est révélé l'approche la plus contributive (37,1% des diagnostics), permettant notamment la détection de variants de structure non identifiables par d'autres techniques. Conclusions : Cette première description mondiale d’une cohorte de MCC non-syndromiques familiales étudiées par NGS confirme l’intérêt du diagnostic moléculaire dans ces familles avec un rendement diagnostique élevé de 40,2%. De plus, le dépistage cardiologique des apparentés du 1er degré est primordial afin de ne pas méconnaitre une forme familiale et d’aider à l’interprétation moléculaire. L'étude souligne l'apport du séquençage du génome et met en évidence l'émergence de nouveaux gènes candidats rares comme RBFOX2, justifiant des collaborations internationales pour mieux caractériser leur implication.
Clément SAUVESTRE (Bordeaux), Vincent MICHAUD, Claire BENETEAU, Cécile COURDIER, Guenaëlle LANCELOT, Kahia MESSAOUDI, Claudio PLAISANT, Pierre BLANC, Patrice BOUVAGNET, Guillaume JEDRASZAK, Caroline ROORYCK-THAMBO
17:30 - 17:45 #49659 - SS027 Utilisation du modèle Zebrafish pour l’évaluation de l’effet fonctionnel des délétions d’exon en phase du gène FLNC.
SS027 Utilisation du modèle Zebrafish pour l’évaluation de l’effet fonctionnel des délétions d’exon en phase du gène FLNC.

La filamine C, codée par le gène FLNC, est une protéine cytosolique exprimée dans les cellules musculaires et cardiaques. Les variants nuls de ce gène sont principalement associés au développement de cardiomyopathies dilatées (CMD). Toutefois, peu de données existent sur le lien entre les délétions d’exons en phase et le développement de CMD. Dans ce travail, le phénotypage d’un modèle zebrafish a été utilisé afin d’évaluer l’implication de délétions d’exon en phase du gène FLNC dans le développement de la CMD (exons 2, 25 et 42, dont certaines identifiées chez des patients atteints de CMD). Le taux de survie, ainsi que les phénotypes musculaires et cardiaques d’embryons de zebrafish injectés au stade unicellulaire par 2ng de morpholino (MO) (ARN antisens modifiant l’épissage) ciblant les exons 2 (MO2), 25 (MO25) et 42 (MO42) du gène orthologue de FLNC chez le poisson-zébre flncb, ont été comparés aux contrôles adaptés (contrôle négatif p53, et positif MO11 ciblant l’exon 11 publié comme responsable de CMD (Begay, 2016)). La validation de l’effet des MO a été réalisée par RT-PCR. Le phénotype cardiaque est évalué par la présence d’œdème cardiaque à 3 jours post fertilisation (dpf). Le phénotype musculaire à 5dpf est évalué par 1) la mesure de la distance parcourue en 20min (tracking automatisé, DanioVision), 2) l’évaluation de la masse musculaire en loupe à polarisation et 3) la réalisation d’immunomarquage de la myosine (MF20) et de l’actine (phalloïdine). L’analyse statistique a été faite par test de Fisher et Mann Whitney. Le taux de survie à 5dpf des zebrafish MO2 (n=94, 69%), MO11 (n=27, 52%), MO25 (n=83, 30%) et MO42 (%, n=33) n’est pas significativement réduit comparé au contrôle p53 (n=154, 63%). Les zebrafish MO25 présentent une proportion d’œdèmes cardiaques à 3dpf significativement plus importante (18%) que le contrôle p53 (0,6%, p=10-8) et comparable au contrôle CMD MO11 (11%, p=0.19). Les zebrafish MO2 et MO42 ne présentent pas d’œdème cardiaque. La distance parcourue en 20min est significativement réduite pour les zebrafish MO2 (269+/-426mm, p= 2.10-6, n=8), MO25 (542+/-617mm, n=11, p=2.10-5), et MO11 (523+/-929mm, n=10, p=1.10-4) et normale pour les MO42 (1994+/-1290mm, n=12, p=0.44) en comparaison au contrôle p53 (2097+/-1069mm, n=24). Une réduction de la masse musculaire en biréfringence associée à une désorganisation des sarcomères par immunomarquage pour les MO2, MO11 et MO25 a été observée. En conclusion, ce travail conforte l’implication fonctionnelle du saut en phase de l’exon 25 comme possible cause de CMD. Les phénotypes musculaires décrits, sont nouveaux mais cohérents avec la fonction de la protéine, en particulier pour le saut de l’exon 2 localisé dans le domaine de liaison à l’actine. Le modèle zebrafish offre la possibilité de réaliser des tests fonctionnels sur des variants identifiés chez les patients dans une délai rapide (<6mois) et se place comme un outil intéressant pour l’exploration post génomique des variants.
Flavie ADER (PARIS), Clarisse BILLON, Adrien BLOCH, Corinne METAY, Diala KHRAICHE, Philippe CHARRON, Eric VILLARD, Daniel OSBORN, Pascale RICHARD
17:45 - 18:00 #49693 - SS028 Nouvel outil diagnostique pour la classification des hypercholestérolémies sévères.
SS028 Nouvel outil diagnostique pour la classification des hypercholestérolémies sévères.

L’un des contributeurs majeurs de l’athérosclérose est l’hypercholestérolémie sévère (HS). Elle correspond à une entité multi étiologique définie par des valeurs de LDL Cholestérol (LDL-C) supérieures à 1,90 g/L (4,9 mmol/L). L’étiologie la mieux caractérisée est l’hypercholestérolémie familiale dont le dépistage génétique représente un défi sanitaire mondial puisqu’elle entraine un surrisque cardiovasculaire. Elle ne représente cependant qu’un tiers des HS et la prévalence des autres étiologies comme l’hypercholestérolémie polygénique, évaluée par des scores de risque génétique (GS), restent largement à préciser. Notre étude à pour but de mieux caractériser l’HS, d’évaluer les prévalences de ses étiologies afin d’améliorer la prise en charge des patients dont le diagnostic moléculaire est négatif. Depuis 2015, nous avons dépisté plus de 5000 cas index par une approche NGS sur les gènes responsables de l’HF (LDLR, APOB, PCSK9 et APOE). Sur 4564 patients (≥ 18 ans, LDL-C ≥ 1,90 g/L, TG < 4 g/L), 1 816 cas présentent un variant pathogène ou vraisemblablement pathogène (M+), 2481 ne présentent pas de mutation (M-) et 267 un variant de signification inconnue. Dans une approche combinant la distribution des déciles de concentration LDL-C de l’ensemble des patients (M+ et M-) et la distribution des déciles des valeurs de GS des patients M+, puis en appliquant un modèle additif généralisé nous avons obtenu des distributions modélisées pour les patients M+ et M-. Le biais de distribution des patients, les données relatives au risque cardiovasculaire et les variations du LDL-C au cours du suivi indiquent que les patients M- du 1er décile présentent les caractéristiques de l'HF monogénique, ce qui est validé par la mise en évidence de nouvelles altérations génétiques par une approche Long Read Sequencing. Par ailleurs, 50 % des patients M- regroupés sur seulement 25 % de notre nouvelle distribution combinée (déciles 6 à 10) permettent de définir les caractéristiques de l’hypercholestérolémie d’origine polygénique. Grâce à cette approche il est possible de caractériser plus de 70 % des HS. D’une part en précisant les limites de l’hypercholestérolémie polygénique qui représente la moitié des patients sans mutation qui peuvent ainsi bénéficier d’un diagnostic moléculaire. D’autre part, elle identifie les patients pour lesquels des investigations génétiques supplémentaires sont nécessaires.
Alain CARRIÉ, Olivier BLUTEAU (Paris), Nathanael LAPIDUS, Philippe GIRAL, Sophie BÉLIARD, Valérie CARREAU, Randa BITTAR, Khaldia BELABBAS, Mathieu GEORGET, Philippe COUVERT, Hedi CHTIOUI, Samir SAHEB, Laetitia ROBILLARD, Wilfried LE GOFF, Maryse GUÉRIN, Jean Marc LACORTE, Dominique BONNEFONT-ROUSSELOT, Eric BRUCKERT, Francois PAILLARD, René VALERO, Antonio GALLO
18:00 - 18:15 #49989 - SS029 Le séquençage ARN Long-Read couplé au phasage haplotypique renforce le potentiel diagnostique du RNA-seq : application aux cardiomyopathies dilatées.
SS029 Le séquençage ARN Long-Read couplé au phasage haplotypique renforce le potentiel diagnostique du RNA-seq : application aux cardiomyopathies dilatées.

Contexte : Les maladies rares, principalement de cause génétique, affectent 250 millions de personnes dans le monde. Dans les maladies autosomiques dominantes comme les cardiomyopathies dilatées (CMD), le taux diagnostic ne dépasse pas 40%, menant à une perte de chance pour les patients en impasse diagnostique. Les variants d’épissage échappent fréquemment aux approches de séquençage ADN standards, car situés dans des régions peu couvertes ou d’interprétation difficile. Leur effet transcriptionnel peut cependant être révélé par séquençage de l’ARN. Alors que la technologie Short-Read (SR-ARN-seq) peine à restituer la complexité du transcriptome, le séquençage ARN Long-Read (LR-ARN-Seq) permettant le phasage haplotypique pourrait s’imposer comme un outil prometteur pour détecter des altérations transcriptionnelles jusqu’ici inaccessibles. Objectif : Evaluer l’apport du séquençage ARN Long-Read et du phasage haplotypique pour réduire l’impasse diagnostique en particulier chez les patients CMD. Méthodes : Nous avons réalisé un séquençage d’exome et de transcriptomes par LR-ARN-Seq et SR-ARN-Seq pour 25 échantillons de coeurs explantés de patients CMD. Les anomalies de structures des transcrits patient-spécifiques ont été explorées avec FRASER, avec ou sans phasage haplotypique. Résultats : L’approche LR-ARN-Seq permet de détecter 90% des variants identifiables sur l’exome, à une couverture minimale de 20X, compatible avec la détection de mutations dans la majorité des gènes associés aux maladies génétiques rares. Dans les gènes d’intérêt, le taux diagnostic en LR-ARN-Seq ou en exome est identique avec 11 mutations identifiées (~40%). En élargissant à l’ensemble des gènes, l’analyse d’épissage par LR-ARN-Seq permet d’augmenter de 50% le taux de détection d’épissages aberrants par rapport au séquençage de l’exome. Cette amélioration s’explique notamment par l’identification de variants non accessibles (dont 17% de pseudo-exons) ou insuffisamment prédits in silico : 60% des variants causaux retrouvés ont une prédiction faible ou intermédiaire (score SpliceAI ou Pangolin < 0.8). À l’inverse, l’abaissement des seuils de prédiction à partir de l’ADN génère de nombreux faux positifs, avec 83 % des variants prédits (SpliceAI > 0,2) sans impact réel sur l’épissage. Le LR-ARN-Seq surpasse le SR-ARN-Seq avec 70% d’évènements d’épissage identifiés en plus, principalement dans les régions répétées. Le phasage, possible uniquement en LR et qui concentre l’analyse sur l’haplotype porteur du variant, amplifie la puissance de détection des effets quantitatifs d’expression, et permet d’identifier 25 évènements d’épissage aberrant supplémentaires. Conclusion : Le séquençage ARN Long-Read améliore nettement la détection des anomalies transcriptionnelles et révèle des mécanismes potentiellement pathogènes inaccessibles aux approches classiques. Il constitue ainsi une piste prometteuse pour réduire l’impasse diagnostique dans les maladies mendéliennes.
Laëtitia RIALLAND (Paris), Claire PERRET, Laetitia DUBOSCQ-BIDOT, Hélène MADRY, Badreddine MOHAND OUMOUSSA, Jean-François PRUNY, Philippe CHARRON, Pascale RICHARD, Eric VILLARD
18:15 - 18:30 #49990 - SS030 Le NGS ciblé de l’ARNm permet de guider la classification des variants de signification incertaine dans les gènes de cardiomyopathies.
SS030 Le NGS ciblé de l’ARNm permet de guider la classification des variants de signification incertaine dans les gènes de cardiomyopathies.

Contexte: Les cardiomyopathies héréditaires, à transmission autosomique dominante, permettent l’identification du variant causal dans 35% des cas par séquençage d’ADN génomique (ADNg). Les variants d’épissage expliqueraient une partie des formes non résolues, mais leur détection sur ADNg reste partielle, d’où l’intérêt de stratégies basées sur l’analyse des ARNm. Toutefois, le caractère tissu-spécifique des ARNm limite cette approche. Nous avons évalué, après optimisation analytique, une stratégie de NGS sur cellules sanguines avec capture ciblée des ARNm et ses conséquences pratiques sur la détection et la classification des variants. Objectifs : 1) Évaluer une approche de NGS ciblé sur ARNm de cellules sanguines pour déterminer l‘impact des variants affectant l’épissage dans MYBPC3. 2) Identifier le type de prélèvement permettant de séquencer les ARNm des principaux gènes de cardiomyopathies. Matériel et méthodes: Nous avons sélectionné 26 variants (16 introniques et 10 exoniques) du gène MYBPC3 détectés sur l’ADN et affectant potentiellement l’épissage. A partir de sang/tubes PaxGene, les ARN polyA+ ont été rétro-transcrits, capturés avec un design de sondes optimisé pour les 28 gènes du panel CMH et séquencés sur un NextSeq550. Avec l‘objectif d’une optimistation de la méthode pour son extension à plusieurs gènes difficilement analysables,, nous avons évalué comparativement différentes techniques de prélèvements et de préparations des ARNm sanguins. Résultats: A partir des tubes PaxGene, la profondeur de couverture des jonctions de MYBPC3 est améliorée par la capture ciblée (x 1000), permettant une analyse fiable de l’épissage (RPM~6809, Profondeur moyenne ~ 2947X). Parmi 13 variants considérés comme des variants de signification incertaine, 11 (85%) ont pu être reclassifiés dont 10 en classe 4, soulignant l’intérêt majeur de cette approche dans la résolution de l’impasse diagnostique. La comparaison de la profondeur aux jonctions pour 3 types de prélèvements (PaxGene (n=64) ; LCL (n=32) et préculture cellulaire sur tubes ACD (n=64)) a permis de déterminer qu‘une profondeur minimale de 10X constitue le seuil minimal permettant l’interprétation des évènements d’épissage. Ce seuil est atteint dans plus de 80% des jonctions uniquement pour 50% et 46% des 28 gènes d’intérêts respectivement avec les approches PaxGene ou LCL. La préculture des cellules avant extraction démontre un meilleur rendement avec 79% des gènes d’intérêt accessibles, incluant les 9 gènes majeurs. Conclusion: Le séquençage ciblé des ARNm à partir de cDNA issus des cellules sanguines permet une amélioration de la classification des variants d’épissage. L’utilisation d’une culture courte sur ACD améliore significativement le nombre de gènes accessibles, donnant accès à 79% des gènes d’intérêt dont les 9 gènes majeurs. Un prélèvement simploe et l’émergence d’outils informatiques de criblage dédiés à l’ARN-Seq permettent d’envisager cette approche comme une méthode de diagnostic .
Laëtitia RIALLAND (Paris), Imane BAATOUT, Pierre BOBIN, Léo BEAUDOIN, Emilie BLIN, Claire PERRET, Flavie ADER, Pierre DE LA GRANGE, Julie PROUKHNITZKY, Philippe CHARRON, Eric VILLARD, Pascale RICHARD
Zone 1 - Salle 2
18:30 COCKTAIL D'OUVERTURE