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SESSION POSTERS

08:00 - 18:00 #29545 - A propos de deux cas atypiques de retard d'éruption.
A propos de deux cas atypiques de retard d'éruption.

Une jeune fille, âgée de 13 ans, en bonne santé générale, est adressée par son orthodontiste pour un défaut d’éruption de 13 qui est associée à une image radioclaire péricoronaire d’allure kystique à la radiographie panoramique. Le second patient, âgé de 18 ans, sans antécédent médico-chirurgical, consulte en urgence pour des pulpites aigues irréversibles sur 37 et 47 avec son cliché panoramique réalisé en ville. Les examens clinique et radiographique révèlent également que 12 est incluse au sein d’une image apparaissant radioclaire et bien délimitée. Des bilans cone beam CT complémentaires sont alors réalisés retrouvant chez la première patiente une image radioclaire centimétrique bien délimitée, circonférentielle, centrée sur la couronne de 13 incluse et chez le second patient une image centimétrique bien délimitée, englobant 12, de densité mixte, majoritairement radioclaire mais ponctuée de calcifications diffuses.

Suite à ces observations, les hypothèses diagnostiques formulées comprenaient essentiellement pour la première patiente un kyste péricoronaire, un kératokyste, un kyste périodontal latéral, et pour le second patient, compte-tenu de la radiodensité mixte, une tumeur épithéliale calcifiée de Pindborg, une tumeur odontogène adénomatoïde, un kyste odontogène calcifié ou un fibrome améloblastique. Les énucléations ont été réalisées et l’histologie a décrit dans les deux cas des amas confluents en massifs épithéliaux avec nombreuses formations d'allure glandulaires et rosettes et de rares calcifications portant le diagnostic de tumeur odontogène adénomatoïde (TOA). 

 

La (TOA), classée parmi les tumeurs odontogènes épithéliales, est une tumeur bénigne rare qui représente 4,7 % de l’ensemble des tumeurs odontogènes (Siriwardena, 2020). D’évolution lente, elle est principalement retrouvée dans le secteur antérieur maxillaire au cours de la deuxième décade et touche préférentiellement le sexe féminin. Si la TOA est majoritairement péricoronaire et liée à une ou plusieurs dents incluses, des formes extra-coronaires et périphériques ont également été décrites. (Chrcanovic, 2019).

 

Un calendrier de contrôle radiographique a été mis en place à un an pour ces deux patients afin de suivre la cicatrisation osseuse, l’éruption dentaire et confirmer l’absence de récidive.

 

Siriwardena, B. S. M. S.et al. Braz. J. Otorhinolaryngol. 2020, S1808-8694(20)30103-8. 

Chrcanovic, B. R et al  J. Oral Pathol. Med. 2019, 48 (1), 10–16


Charles-Henri JUAN (Paris), Nathan MOREAU, François LE PELLETIER DE GLATIGNY, Benjamin SALMON, Camille FAMERY
08:00 - 18:00 #30299 - A propos d’un cas de fibrome oral central chez un patient atteint de sclérose tubéreuse de Bourneville.
A propos d’un cas de fibrome oral central chez un patient atteint de sclérose tubéreuse de Bourneville.

La sclérose tubéreuse de Bourneville (STB) est une maladie génétique autosomique dominante liée à la mutation des gènes TSC1 (codant pour l’hamartine) et TCS2 (codant pour la tubérine). Ces mutations induisent une perte de fonction de protéines, à l’origine d’une prolifération cellulaire excessive. Cliniquement, le STB se traduit par l’apparition de tumeurs bénignes ou malignes, pouvant affecter de multiples organes. L’incidence de cette maladie est de 1/6000 à 1/10 000 naissances, les lésions apparaissant à différents âges de la vie. Les atteintes sont majoritairement neurologiques, néphrologiques et cutanées. Au niveau neurologique dominent les troubles épileptiques (85% des enfants et adolescents) liés à la présence de tubers, de nodules sous-épendymaires et d’astrocytomes à cellules géantes. Au niveau rénal, la présence d’angiomyolipomes (50 à 90% des patients) prédomine, mais sont également observés des maladies kystiques rénales et des carcinomes rénaux. Au niveau cutané, sont retrouvés des angiofibromes faciaux (75% des patients) et des macules hypopigmentées (90%). D’autres manifestations sont possibles, au niveau pulmonaire et cardiaque entre autres. 

 

Les manifestations orales décrites entrent dans la catégorie des critères diagnostiques mineurs de la maladie, établis lors de la conférence de consensus de 2012. Parmi celles-ci, sont retrouvés des anomalies de structure de l’émail (puits amélaires et tubercules occlusaux) touchant entre 50 et 100% des patients, et des fibromes intra-buccaux ou gingivaux (69% des patients).

 

Le cas clinique présenté est celui d’un patient de 34 ans, adressé par son praticien pour la prise en charge d’une voussure vestibulaire entre les dents 42 et 43. L’examen radiologique révélait une lésion ostéolytique, bien limitée, sans liseré d’ostéocondensation, entre les racines des dents 42 et 43, à l’origine d’un déplacement des dents sans résorption radiculaire. Le patient était déjà diagnostiqué pour une STB, et présentait une épilepsie réfractaire aux traitements associé à un retard mental et des troubles du spectre autistique, ainsi qu’une hypothyroïdie stabilisée. Au niveau oral, des puits amélaires étaient objectivés. Suite à l’exérèse de la lésion, l’examen anatomopathologique a retrouvé une lésion bénigne plus ou moins bien limitée, calcifiée, sans ossification, et a conclu à un fibrome calcifié, pouvant s’intégrer dans le cadre d’une sclérose tubéreuse de Bourneville.

 

Les fibromes oraux, dans le cadre de la STB, sont généralement décrits comme périphériques, touchant le plus fréquemment la gencive maxillaire antérieure. Ici, le cas présenté est celui d’un rare cas de fibrome central de l’os mandibulaire, engendrant un déplacement dentaire. Des cas de fibromes desmoplastiques, de fibromes odontogéniques et de myxomes ont été rapportés. Le traitement est systématiquement l’exérèse suivie d’une analyse anatomo-pathologique, permettant d’établir le diagnostic de certitude de la lésion.


Clara BRETAUDEAU, Clara BRETAUDEAU (Reims), Charlotte LEDOUBLE, Stéphanie GRENIER, Sébastien LAURENCE
08:00 - 18:00 #29578 - À propos d’un cas de granulome central à cellules géantes.
À propos d’un cas de granulome central à cellules géantes.

Le granulome central à cellules géantes appartient aux lésions osseuses non odontogènes bénignes (OMS, 2017). Il représente 7% des tumeurs des maxillaires et touche préférentiellement la femme jeune [1,2]. Évoluant généralement à la mandibule (91,7%), il peut être d’agressivité variable [2]. Le risque de récidive est augmenté dans les formes agressives (22,8%) par rapport aux formes non agressives (7,8%) [2].

 

Le cas clinique présenté est celui d’une patiente de 13 ans, en bonne santé, ayant consulté pour des douleurs diffuses présentes depuis plusieurs jours. 

Après réalisation d’un examen clinique complet, aucune anomalie n’a été observée.  

L’orthopantomogramme réalisé a révélé une image ostéolytique homogène localisée entre les dents 32 et 33. Uniloculaire, bien limitée et mesurant 3 centimètres de grand axe, elle a occasionné un déplacement des racines des dents 32 et 33. Un examen tomodensitométrique complémentaire a décelé une perforation de la corticale vestibulaire et l’absence de résorption radiculaire. 

L’exérèse de cette lésion pratiquée sous anesthésie générale a mis en évidence une masse brune-rougeâtre charnue, d’aspect splénique. L’analyse anatomo-pathologique de la pièce opératoire a relevé un tissu composé de cellules géantes plurinucléés (10 à 20 noyaux par cellule) et d’un stroma fibroblastique riche en macrophages et en hématies. Aucune atypie cellulaire n’a été retrouvée. 

Le dosage de la parathormone prescrit s’est révélé être sans particularité, avec une concentration sanguine de 42,6 pg/ml (normes usuelles comprises entre 18,4 - 80,1 pg/ml). 

À la lumière de ces éléments, le diagnostic de granulome central à cellules géantes a pu être  posé, éliminant les hypothèses de tumeur à cellules géantes et de tumeur brune d’origine parathyroïdienne.

Concernant ce cas clinique, une énucléation associée à un curetage ont permis d’obtenir une résolution du processus tumoral. Le suivi à 3 ans a montré une cicatrisation de la lacune osseuse et l’absence de récidive.

 

La présence de cellules géantes plurinucléés n’est pas spécifique au granulome central à cellules géantes [3]. Elles sont également retrouvées dans d’autres pathologies bénignes et malignes, telles que les tumeurs osseuses à cellules géantes, les granulomes périphériques à cellules géantes, les lésions osseuses d’hyperparathyroïdie, les ostéosarcomes riches en cellules géantes, le chérubisme etcPour établir le diagnostic, l’analyse histo-pathologique doit être confrontée aux données cliniques, radiographiques et biologiques. Dans cas clinique exposé, le jeune âge de la patiente, la localisation de la lésion, son aspect macroscopique et microscopique ont permis de diagnostiquer un granulome central à cellules géantes.

 

Bibliographie :

[1] Suárez-Roa Mde L et al. Cochrane Database Syst Rev. 2009 Oct 7;(4):CD007404.

[2] Chrcanovic BR et al. J Oral Pathol Med. 2018 Sep;47(8):731-739.

[3] Akinyamoju AO et al. West Afr J Med. 2020 Jan-Mar;37(1):26-31. 


Charlotte LEDOUBLE (REIMS), Clara BRETAUDEAU, Stéphanie GRENIER, Cédric MAUPRIVEZ, Sébastien LAURENCE
08:00 - 18:00 #29579 - À propos d’un cas de myxome odontogène.
À propos d’un cas de myxome odontogène.

Le myxome odontogène appartient aux tumeurs odontogènes bénignes [1]. Ce processus néoplasique rare (< 5% des tumeurs odontogènes) touche préférentiellement la femme entre 25 et 30 ans [2,3]. D’évolution lente et asymptomatique (82,8%), il se développe principalement dans la région mandibulaire postérieure [2,3]. Le risque de récidive varie entre 1,3% pour les thérapeutiques résectrices et 31,3% pour les thérapeutiques conservatrices [3].

 

Le cas clinique exposé est celui d’une patiente de 31 ans ayant consulté le service des urgences odontologiques pour une tuméfaction évoluant depuis près de 2 mois.

L’examen clinique exo-buccal a révélé une tuméfaction génienne gauche non inflammatoire, indolore, bien limitée, dure et fixée au plan profond. L’ouverture buccale n’était pas altérée, la sensibilité était conservée et les aires ganglionnaires étaient libres.

A l’examen clinique endo-buccal, une masse sphérique de 4 centimètres de diamètre a été objectivée. Elle était indolore, de consistance dure, et adhérente au corps de la mandibule. La muqueuse de recouvrement était non inflammatoire et présentait une zone de morsure localisée. L’orthopantomogramme a mis en évidence une image ostéolytique mandibulaire gauche pluriloculaire « en feu d’herbe », étendue du foramen mentonnier à la branche montante.

La biopsie pratiquée a dévoilé un tissu homogène, avasculaire, de nature cartilagineuse et des esquilles osseuses intra-lésionnelles.

L’analyse anatomo-pathologique a relevé un tissu ostéolytique infiltré par un stroma myxoïde pauci-cellulaire. Les cellules retrouvées étaient fusiformes, sans atypie cyto-nucléaire et exprimaient SATB2. L’hypothèse d’un myxome odontogène initialement suggérée par ces résultats, a été validée après confrontation des données cliniques, radiographiques et histologiques. 

Son traitement a consisté en une exérèse chirurgicale, conditionnée par la taille et la localisation du néoplasme [3]. Une thérapeutique interruptrice a donc été envisagée dans ce cas clinique, associant résection mandibulaire segmentaire et lambeau libre de fibula.

 

Cette tumeur bégnine est localement agressive et capable de mimer une lésion maligne. Uni- ou multi-loculaire, elle est à l’origine d’expansions osseuses (93,5%) et de perforations des corticales (75,1%) [3]. Ces caractéristiques confèrent habituellement au myxome odontogène un aspect radiographique comparable à l’améloblastome et au kératokyste odontogène. La particularité du cas clinique présenté est l’image « en feu d’herbe » évocatrice d’un ostéosarcome. Ce diagnostic différentiel a pu être éliminé par l’analyse histologique.

L’appréciation de l’ensemble des éléments cliniques, radiologiques et anatomo-pathologiques est indispensable au diagnostic du myxome odontogène ainsi qu’à la décision thérapeutique. 

 

Bibliographie :

[1] Wright JM et al. Head Neck Pathol. 2017 Mar; 11(1): 68–77.

[2] Chrcanovic BR et al. Oral Dis. 2019 Apr;25(3):676-683.

[3] Dotta JH et al. Eur J Clin Invest. 2020 Apr;50(4):e13214.


Charlotte LEDOUBLE (REIMS), Esteban BRENET, Stéphane DERRUAU, Cédric MAUPRIVEZ, Sébastien LAURENCE
08:00 - 18:00 #30273 - A propos d’un cas de Sarcome d’Ewing mandibulaire.
A propos d’un cas de Sarcome d’Ewing mandibulaire.

Le sarcome d’Ewing (SE) est une tumeur maligne touchant classiquement les os longs, qualifiée de primitive par opposition aux métastases osseuses d’autres néoplasies. Le SE touche principalement une population de patients masculins âgés de 5 à 30 ans, avec un âge moyen de 13 ans lors du diagnostic, et une incidence de 1 pour 1 000 000 d’habitants. Les localisations préférentielles sont les os du pelvis, du thorax, le fémur et le tibia. Les localisations extra osseuses sont rares, au même titre que les localisations faciales : les localisations mandibulaires représentent 0,7% des diagnostics de SE. L’imagerie montre classiquement des appositions périostées plurilaméllaires, décrites en « bulbe d’oignon ». Le diagnostic est établi à la biopsie et à la découverte d’une mutation du gène EWSR1, qui, retrouvée dans 90% des cas, confirme le diagnostic. (Muralidhar et al. Cureus, 21)

L’évolution naturelle du SE est marquée par l’apparition de métastases pulmonaires et le décès en l’absence de prise en charge. Le traitement, dont la décision relève d’une équipe pluridisciplinaire spécialisée, débute par une chimiothérapie néoadjuvante selon le protocole en vigueur (EuroEwing 2012), suivie d’une intervention chirurgicale, complétée par une nouvelle cure de chimiothérapie et éventuellement de radiothérapie en cas d’exérèse incomplète. Dans sa localisation mandibulaire, le SE est classiquement pris à tort pour un épisode infectieux. La clinique est marquée par une tuméfaction génienne associée à des douleurs et à un trismus. (Iatrou et al. J Craniomaxillofac Surg, 18, :213-221)

Le cas d’un enfant de 13 ans est rapporté, adressé par son chirurgien-dentiste traitant pour une tuméfaction mandibulaire gauche évoluant alors depuis 6 semaines. L’examen clinique retrouvait une tuméfaction génienne basse gauche, associée à une éruption spontanée de la dent 38 ainsi qu’une tuméfaction érythémateuse en lingual des dents 36 et 37. Une voussure vestibulaire douloureuse était palpable, associée à de discrètes paresthésies labio-mentonnières gauche. La radiographie panoramique dentaire montrait une lésion ostéolytique dans la région du corpus et de l’angle mandibulaire gauche, d’opacité hétérogène, de limites floues, s’étendant de la dent 37 jusqu’en arrière de la dent 38 refoulée en distal. Le CBCT réalisé ensuite montrait des appositions périostées spiculaires radiaires englobant toute la mandibule, de la dent 34 jusqu’en arrière de la 38, de contour et de densité hétérogène. Le diagnostic évoqué en premier lieu était celui d’une tumeur osseuse mandibulaire avec des critères cliniques et radiologiques de malignité.

La prise en charge, les différents moyens thérapeutiques et leurs conséquences, les diagnostics différentiels, et les possibilités de reconstruction seront discutés. (Qureshi et al. J Surg Oncol, 14, : 689–695)


Nicolas BELLUT (PARIS), Claire LUTZ, Anne-Laure EJEIL
08:00 - 18:00 #30307 - Adénome pléomorphe des glandes salivaires accessoires du palais : à propos d’un cas.
Adénome pléomorphe des glandes salivaires accessoires du palais : à propos d’un cas.

L'adénome pléomorphe (AP) est une tumeur bénigne des glandes salivaires, caractérisé par la coexistence d’éléments épithéliaux et mésenchymateux. Il se développe au niveau de la glande parotide dans environ 80 % des cas mais peut également se développer au niveau de la glande submandibulaire dans 8 % des cas et au niveau des glandes salivaires accessoires dans 7 % des cas. Il s’observe surtout entre 30 et 60 ans, particulièrement chez la femme. L’AP se développe lentement mais peut atteindre une taille importante s’il est négligé par le patient. L’exérèse chirurgicale de la tumeur est le traitement de référence.

 

Nous rapportons le cas d’un homme de 26 ans qui présentait une tuméfaction indurée palatine droite, évoluant depuis 1 an. La lésion était indolore et se situait à la jonction entre le palais mou et le palais dur. La muqueuse palatine était saine. Les vitalités dentaires étaient conservées. Il n’existait pas d’adénopathie cervicale. Une IRM retrouvait une lésion homogène de 32 mm de grand axe en hypo-signal T1 et en hyper-signal T2. Un scanner cervico-facial ne montrait pas de lyse osseuse associée. Le patient a été pris en charge sous anesthésie générale. Un lambeau muqueux a été levé afin de disséquer la lésion. L’examen extemporané de la pièce opératoire retrouvait un adénome pléomorphe des glandes salivaires accessoires. L’exérèse ayant été complète, la muqueuse palatine a été préservée.

 

L’AP des glandes salivaires est une tumeur bénigne présentant un risque de récidive dans 2,4 à 10 % des cas. Le taux de récurrence est fortement lié au caractère incomplet de l’exérèse initiale et à la constatation d’une capsule incomplète à l'examen histologique. Une transformation maligne d’un AP des glandes salivaires accessoires se retrouve dans 7% des cas, essentiellement au niveau du palais. Lors des récidives, le taux de cancérisation est six fois plus élevé que lors de la prise en charge initiale. En cas de suspicion d’AP, il est recommandé d’effectuer un examen histologique extemporané sur l’ensemble de la tumeur, incluant le tissu adjacent, afin de confirmer ou d’infirmer le diagnostic et d’adapter le geste chirurgical en cas de découverte de malignité

 

En conclusion, devant une tuméfaction palatine de consistance tissulaire associée à une muqueuse saine, il faut évoquer un AP. Les biopsies ne doivent pas être pratiquées et l’exérèse chirurgicale doit être monobloc. En raison du caractère récidivant de ces tumeurs, la surveillance doit être prolongée et rigoureuse.

 

Erdem MA et al. J Craniofac Surg. 2011, :1131-1134

Chaturvedi M et al. Ann Maxillofac Surg. 2018, :124-126

Recommandations SFORL - Prise en charge de l’adénome pléomorphe, 2020


Mehdi ISSAD (DIJON), Victorin AHOSSI, Charline GENGLER, Andreanne PELLAT
08:00 - 18:00 #29550 - Améloblastome de l’enfant et difficultés diagnostiques: à propos d’une observation clinique.
Améloblastome de l’enfant et difficultés diagnostiques: à propos d’une observation clinique.

Introduction : L’améloblastome est la tumeur odontogène épithéliale bénigne la plus fréquente, avant la tumeur odontogène épidermoïde, la tumeur épithéliale odontogène calcifiée de Pindborg et la tumeur odontogène à cellules claires. Son épithélium odontogène prolifératif lui confère son caractère potentiellement récidivant et malin. Il s’agit d’une tumeur de l’adulte mais la survenue chez l’enfant est possible.

Observation clinique : une fillette âgée de 2 ans et demi s’est présenté à notre consultation pour une tuméfaction mandibulaire droite évoluant depuis 04 mois. Cliniquement nous retrouvons une déformation faciale importante et un comblement du vestibule inférieur droit. A l’OPT nous retrouvons une image radioclaire  bien limitée occupant la branche horizontale droite de la mandibule. La TDM a révélé un faible rehaussement après injection de produit de contraste. Le diagnostic de kyste folliculaire a été retenu où une décompression kystique a été instaurée avec prélèvement de la poche en vue d’un  examen anatomopathologique. Le résultat anatomopathologique a été obtenu après transfert de la pièce opératoire en France et le résultat a conclu en faveur d’un carcinome odontogène à cellules claires. La patiente a été alors adressée au service de chirurgie maxillo-faciale où une chirurgie résectrice a été effectuée. Le résultat histologique cette fois-ci a retrouvé l’aspect d’un améloblastome folliculaire. L’évolution a été favorable et la malade est toujours contrôlée.

Discussion : Dans cette observation clinique nous constatons clairement la difficulté de diagnostic clinique et même histologique des améloblastomes en absence de signes cliniques et radiologiques typiques (image polygéodique) cette difficulté est d’autant plus constatée chez l’enfant où l’ aspect radiologique es le plus souvent uniloculaire. Dans la littérature Les perspectives consistent à rechercher des différences de typage génique et d’ultrastructure entre les différents types d’améloblastomes.

Conclusion : Le cas rapporté est une illustration de l’intérêt de ces techniques d’autant plus qu’ici la discussion différentielle  s’est articulée autour de deux processus opposés où  l’un est bénin et l’autre malin.    

 


Souad BENAOUF (Oran, Algérie), Cherifa Faiza TABETI BENTAHAR
08:00 - 18:00 #29536 - Apport de la réalité virtuelle immersive dans l'apprentissage de l'anatomie appliquée en chirurgie orale.
Apport de la réalité virtuelle immersive dans l'apprentissage de l'anatomie appliquée en chirurgie orale.

1/ INTRODUCTION 

La connaissance de l’anatomie est fondamentale pour la pratique et la planification chirurgicale. En France, la formation des internes en chirurgie orale se compose principalement de stages cliniques hospitalo-universitaires, associées à de l'enseignement théorique. De nos jours, le développement de nouvelles technologies immersives et interactives telles que la réalité virtuelle (VR) présente un réel potentiel d’innovation pédagogique. L’objectif de cette étude est donc d’évaluer à travers une revue de littérature, l’apport de la VR immersive dans l’enseignement de l’anatomie et par conséquent son implication dans la planification préopératoire en chirurgie orale.

 

2/ MATERIELS ET METHODES 

La recherche bibliographique a été effectuée à partir de la base de données National Library of Medicine, avec les mots clés : “virtual reality”, “anatomy”, “education” et “immersive”, publiées de mai 2015 à mai 2020, de langue anglaise et comportant un résumé disponible. Au total : 145 articles ont été identifiés et 14 ont été sélectionnés après lecture. Les critères d’évaluation pédagogiques définis pour cette étude sont : l’amélioration des connaissances théoriques et la satisfaction des étudiants. 

 

3/ RÉSULTATS 

Sur 10 études comparatives évaluant l’amélioration des connaissances, 6 concluent à l’absence de différence significative entre les groupes expérimentaux “VR immersifs” versus les groupes contrôles. Les auteurs s’accordent cependant sur le fait que la VR immersive reste au moins aussi efficace que les méthodes traditionnelles. En termes de satisfaction : sur 11 articles sélectionnés, 5 montrent des résultats significatifs en faveur de l’apprentissage par utilisation de la VR immersive. Les études suggèrent que la VR immersive est une forme d’apprentissage qui plaît aux étudiants et permet une meilleure compréhension de l’anatomie. 

 

4/ DISCUSSION

Bien qu'il n'y ait aucune preuve à ce jour démontrant que l’apprentissage en VR soit une meilleure approche que les méthodes d'enseignement classiques, de nombreuses études récentes s’accordent pour affirmer que l’apprentissage par VR immersive de l’anatomie reste au moins aussi efficace (1). Ces discordances s’expliquent par la difficulté de comparabilité entre les études, compte tenu des divers matériaux et logiciels utilisés, ainsi que les critères d’évaluations choisis. Certaines études suggèrent que la VR pourrait être complémentaire aux méthodes traditionnelles (2). Les études analysées ciblent l’utilisation de la VR immersive dans l’apprentissage de l’anatomie, mais son utilisation en chirurgie est nombreuse et variée. L’élaboration d’un module d’étude anatomique appliqué à la planification en chirurgie orale sera donc proposé et étudié, en vue de l’incorporer dans la formation des étudiants.

 

(1) Kyaw BM et al. Medical Education, 2019;21(1):e12959.

(2) Tam MDBS et al. Med Teach, 2010;32(3):e138-142.


Vanessa CHIM (Paris), Samuel VALENSI, Rufino FELIZARDO, Geraldine LESCAILLE
08:00 - 18:00 #29589 - Atteintes trigéminales zostériennes :à propos de 5 cas.
Atteintes trigéminales zostériennes :à propos de 5 cas.

La famille des virus herpétiques humains comprend 8 virus dont le virus varicelle-zona (VZV), virus à ADN de contamination strictement interhumaine. Le zona est secondaire à la réactivation du virus VZV resté latent au niveau des ganglions nerveux sensitifs.

L’atteinte maxillo-faciale intéresse habituellement la branche ophtalmique du nerf trijumeau. Le sujet âgé est plus exposé à cette pathologie et surtout à ses complications.

 

Cinq cas sont rapportés :

Le premier cas est celui d’une femme de 64 ans, diabétique de type 2 et hypertendue, qui a développé des lésions cutanéomuqueuses érythémato-vésiculeuses unilatérales gauche à caractère métamérique sur le territoire du V2 respectant la ligne médiane une semaine après avulsions des 24.25.

Le second intéresse une femme de 70 ans aux antécédents de tuberculose pulmonaire et d’AVC ischémique du territoire de l'artère communicante postérieure gauche consultant en urgence pour un zona du V2 gauche survenu le lendemain de son vaccin antigrippal.

Le troisième est une femme de 59 ans ayant consulté en urgence devant l’apparition de douleurs associées à une hyperesthésie de la zone atteinte et de nombreuses vésicules survenues 72 h après un retraitement endodontique de la 26.

Le quatrième cas est une femme  de 59 ans ayant consulté pour des douleurs associées à un érythème de la zone du V2 gauche survenue à la suite d’un stress professionnel aigu.

Le dernier cas est celui d’une femme de 41 ans ayant  consulté en urgence pour des lésions vésiculeuses situées sur  2 branches trigéminales associées à un œdème de la zone temporale. La patiente a développé un zona trigéminal partiel.

Ces 5 cas d’intérêt permettent de faire le point sur la réactivation sur ce VZV.

Le VZV circule dans le monde entier. Le risque de zona serait plus élevé chez les femmes que chez les hommes. (Mandell, 2010)

Il est rare dans l’enfance. Son incidence augmente après 50 ans pour atteindre son maximum au-delà de 75 ans. (Lang PO,2009)

 

La réactivation du VZV se produit à un rythme imprévisible, ses causes sont mal connues mais elles semblent être associées à différents stimuli : l’immunodépression, le stress, un geste opératoire, la fatigue… Cette réactivation  provoque une réplication intra-épidermique ou intra-épithéliale conduisant à la formation de lésions vésiculeuses ; sur la muqueuse, le toit de la vésicule disparaît rapidement laissant place à des érosions post-vésiculeuses. Pour le traitement trois types de molécules peuvent être utilisés : l’aciclovir, le famciclovir et le valaciclovir. Cela permet de raccourcir la phase aiguë et de diminuer le risque de survenue des complications, notamment la névralgie post-zostérienne. La vaccination par un vaccin vivant atténué réduit l’incidence des algies postzostériennes de 66,5 % et du zona de 51,3 %. Le diagnostic précoce est crucial afin d’éviter les complications nerveuses invalidantes telles que la névralgie post-zostérienne.


Yasmine ZITOUNI (brest), Pierre BRELIVET, Sylvie BOISRAME
08:00 - 18:00 #29607 - Autotransplantation de troisièmes molaires immatures associée à de la platelet-rich fibrin: Une série de cas.
Autotransplantation de troisièmes molaires immatures associée à de la platelet-rich fibrin: Une série de cas.

L’autotransplantation de troisièmes molaires immatures est largement illustrée et validée dans la littérature scientifique. Un protocole associant de la platelet-rich fibrin (PRF) à cette technique a été mis en place dans la prise en charge d'une série de patients.

9 patients âgés de 15 à 20 ans, en bonne santé générale, sans intoxication alcool-tabagique et présentant au moins une troisième molaire immature (stade 7 à 9 de Nolla) ainsi qu’un édentement ou une dent non conservable en site de première ou deuxième molaire ont été suivis.

 

Neuf troisièmes molaires on été transplantées après adaptation de l’alvéole du site receveur, mise en place de platelet-rich fibrin (PRF) et stabilisation aux dents adjacentes à l’aide d’une contention passive conservée pendant 1 mois.

Un suivi a été réalisé durant une période d’un an.

Un test thermique de vitalité a été réalisé à 3 mois,  6 mois et 1 an.

Un sondage parodontal et une évaluation de la mobilité dentaire ont été réalisés à 6 mois et 1 an.

Une radiographie est réalisée à 6 mois et 1 an.

 

Les 9 patients présentent une dent transplantée asymptomatique et une mobilité physiologique à 1 mois et 1 an.

On retrouve une réponse positive au test thermique de vitalité chez 8 patients et un test non concluant chez l’un des patients.

Aucun patient n’a présenté de symptomatologie nécessitant la mise en place d’un traitement endodontique.

Une poursuite de l’édification radiculaire comprise entre 1 et 2mm a pu être constatée chez tout les patients.

Aucun sondage supérieur à 4 mm n’est à noter chez chacun des patients à 1 an.

 

L’autotransplantion de dents immatures est une technique fiable et présentant un taux de succès de 89,68% et un taux de survie de 98,21% à 6 ans. Le succès étant défini le plus souvent comme une persistance du transplant sans phénomène d’ankylose ou de résorption, une mobilité physiologique et une progression de l’édification radiculaire dans l’année qui suit la transplantation.

Les complications les plus décrites sont les ankyloses (4,8%) et les résorptions radiculaires (4%). 

Le PRF, un biomatériau autogène obtenu après centrifugation du sang du patient, est largement décrit comme permettant une amélioration de la cicatrisation gingivo-muqueuse et limitant le remodelage post-extractionel. De plus, il agit comme un réservoir de facteurs de croissance tissulaire qui permettent de promouvoir la prolifération et la différentiation des ostéoblastes, cellules endothéliales, chondrocytes et fibroblastes.

 

Les propriétés du PRF pourrait permettre d’améliorer la technique d’auto-transplantation en favorisant la cicatrisation parodontale, osseuse et la revascularisation pulpaire.

Néanmoins, des études prospectives sur grande cohorte seraient nécessaires afin de confirmer ces hypothèses.

Atala-Acevedo C. J Oral Maxillofac Surg 75:35-50, 2017

Machado L. A. Int. J. Oral Maxillofac. Surg. 2016; 45: 610–617

Miron R. Et al. Clin Oral Invest (2017) 21:1913–1927


Adel HAMDANI, Mathilde GRASSIN, Aurélien BOS (Paris), Lucas DUONG, Thibault PEREZ, Célia DE GAETANO, François Côme FERRE
08:00 - 18:00 #29422 - Avulsion des quatre dents de sagesse : quel est l’âge idéal ?
Avulsion des quatre dents de sagesse : quel est l’âge idéal ?

Introduction : La littérature a montré que le risque de complications, comme la durée opératoire, augmentaient après 25 ans. Notre étude avait pour objectif principal de déterminer l’âge idéal théorique auquel proposer l’avulsion des quatre dent de sagesses (DDS), en analysant le risque de complications en fonction de l’âge.  Notre objectif secondaire était d’évaluer la durée opératoire en fonction de l’âge.

Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective, monocentrique de tous les patients opérés de l’avulsion des quatre DDS par un chirurgien sénior référent du service sous anesthésie générale du 25/11/2015 au 24/07/2019.

Résultats :  271 patients ont été inclus. Les « 15-16 ans » représentait le groupe avec le moins de complications, en moyenne 0,31 ± 0,8 complication/patient. Les « 26-30 ans » et « 31 ans et + » avaient significativement plus de complications par rapport aux autres groupes (1,29±1,37 et 1,71±1,27 complication/patient (p < 0,001)). La durée opératoire moyenne était plus longue chez les patients des groupes « 31 ans et + » (44min ± 20), « 26-30 ans » (33min ±18) et « 13-14 ans » (37min ± 14) par rapport aux groupes (p= 0,006).

Discussion et Conclusion : Les complications et la durée opératoire augmentent significativement avec l’âge. La durée opératoire était plus variable pour les tranches d’âge « 13-14 ans », « 26-30 ans » et « 31 ans et + ». Sous réserve de la confirmation de ces résultats par une étude multicentrique et prospective, nous recommandons d’intervenir entre 15 et 16 ans.

 


Stéphane HAMMOUTENE (, )
08:00 - 18:00 #30306 - Carcinome améloblastique ou confusion diagnostique : A propos d’un cas.
Carcinome améloblastique ou confusion diagnostique : A propos d’un cas.

Introduction

Le carcinome améloblastique est une tumeur rare qui survient habituellement chez le sujet âgé. Il peut être primitif ou secondaire. La chirurgie exérèse large  est recommandée suivie d’une radiothérapie et   chimiothérapie (Coulibaly B 2009).

Observation clinique

Le cas rapporté est celui d’une  patiente âgée de 15 ans qui s’est présentée pour une tuméfaction mentonnière. Cette lésion a été prise pour un accident cellulaire infectieux et traité à base d’antibiotiques par d’autres confrères  mais aucune régression n’a été notée.  

L’examen clinique global a mis en évidence un déficit staturo pondéral qui était lié à un déficit de l’hormone de croissance. L’examen exo- buccal  retrouve une tuméfaction osseuse au niveau du bloc antérieur et l’examen endo buccal retrouve  toutes les  dents de petite taille. La zone d’appel est marquée par une muqueuse érythémateuse. L’examen radiologique a mis en évidence une lyse osseuse d’allure agressive. La  biopsie effectuée a révélé un carcinome mandibulaire suite à une double lecture anatomopathologique. La patiente a été adressée au service de maxillo faciale où une résection mandibulaire a été réalisée avec une autre lecture anatomopathologique de la totalité de la pièce qui est revenue en faveur d’un ameloblastome.   

Discussion

La confusion dans le diagnostic a nécessité une discussion dans  un cadre multidisciplinaire et le diagnostic de  carcinome ameloblastique (C A) est posé. Le  CA est une tumeur maligne odontogène extrêmement rare. Il peut se manifester à différents âges, bien que l’âge moyen soit de 30,1 ans, tout comme dans le cas des améloblastomes, sans préférence pour un sexe. La partie postérieure de la mandibule est le siège le plus fréquent. La tuméfaction est le signe le plus souvent rapporté, mais d’autres symptomes sont retrouvés notamment une douleur connexe de prolifération rapide, de trismus (Avon S-L 2003). Bien que le traitement du carcinome améloblastique soit controversé, le traitement chirurgical recommandé consiste habituellement en une résection de la mâchoire avec des limites osseuses de 2 à 3 cm (Adnane C et al 2014)

Le cas présenté se distingue des cas de la littérature  par le jeune âge de la patiente et de la localisation antérieure mandibulaire et  les rejoint  par la présence de la tuméfaction comme symptôme  principal et l’attitude thérapeutique. Notre  patiente  est suivie régulièrement pour des contrôles cliniques et radiologiques (05 ans post opératoires). Elle a bénéficié d’une restauration prothétique amovible  mandibulaire.  

Conclusion

Il semble raisonnable de présumer que le cas présenté correspond aux composantes malignes du groupe des améloblastomes mais ceci n’efface pas la confusion initiale (ameloblastome ou carcinome) d'où l'interet d'un suivi régulier et à long terme.

Références bibliographiques.

Avon S L. J Can Dent Assoc 2003; 69(9):573–6

Coulibaly B. Annales de Pathologie 2009 ; 29(1) : 28-3

Adnane C et al. African Journal of Cancer 2014 ; 7(1):72-74


Meriem BENDOUKHA (Oran, Algérie), Mehdi OUKIL, Miloud MEDJAMIA, Fatma BOUZOUINA
08:00 - 18:00 #29796 - Cellulite d’origine dentaire ou fasciite nécrosante : à propos d’un cas clinique.
Cellulite d’origine dentaire ou fasciite nécrosante : à propos d’un cas clinique.

Introduction :

Les fasciites nécrosantes de la tête et du cou sont des affections peu fréquentes contrairement aux cellulites mais potentiellement fatales. Elle sont caractérisées par une nécrose extensive du tissu sous cutané et des fascias. Ce sont des affections d’évolution rapide aux conséquences dévastatrices.

Observation :

Nous rapportons ici le cas d’un patient ayant consulté en urgence face à l’évolution défavorable de son infection dentaire. Il s’agissait d’un patient de 54 ans, sans antécédents médico-chirurgicaux particuliers hormis une addiction tabagique. A son entrée dans le service, le patient présentait une température de 39°C, il relatait également la prise récente d’AINS. Il était retrouvé lors de l’examen exo-buccal, une tuméfaction sous mentale associée à une plage cutanée nécrotique d’environ 3 cm par 4 cm. L’examen endo-buccal mettait en évidence une mobilité terminale des dents 32, 33, 43, 44 piliers d’un bridge.

Le patient a ainsi été hospitalisé, bénéficiant d’un bilan biologique et bactériologique en vue d’une antibiothérapie par voie intra-veineuse. Au cours de cette hospitalisation, l’élimination des foyers infectieux bucco-dentaires ainsi que le parage de la plaie cutanée avec excision des tissus nécrotiques ont été réalisés.

Discussion :

La connaissance de cette urgence infectieuse reste indispensable. En effet, la prévalence de cette affection est estimée entre 0,3 et 15 cas pour 100 000 habitants mais avec une mortalité élevée (25 à 35% des patients). Le diagnostic différentiel entre la cellulite et la fasciite nécrosante est généralement difficile à discerner car la présentation clinique initiale peut être proche. Le traitement initial repose sur une antibiothérapie large spectre associée à un débridement et une exploration chirurgicale de la plaie. Il s’agit d’infections bactériennes qui peuvent détruire l'épiderme, le derme, les tissus sous-cutanés, les fascias et les muscles. Ainsi, les séquelles esthétiques sont souvent sévères.

Conclusion :

La fasciite nécrosante reste une maladie potentiellement mortelle. Un débridement précoce et agressif peut réduire la mortalité ainsi que les séquelles esthétiques soulignant l’intérêt d’un diagnostic rapide.

Bibliographie:

 

1.         Böttger S, Zechel-Gran S, Schmermund D, Streckbein P, Wilbrand J-F, Knitschke M, et al. Odontogenic Cervicofacial Necrotizing Fasciitis: Microbiological Characterization and Management of Four Clinical Cases. Pathogens. 2022;11(1):78. 

2.         Yokoyama A, Takase C. Impact of Early Surgical Intervention of Plastic Surgeons on the Prognosis of Necrotizing Soft Tissue Infection. Cureus. 2021;13(11):e19382. 

3.         Chen LL, Fasolka B, Treacy C. Necrotizing fasciitis: A comprehensive review. Nursing. 2020;50(9):34‑40. 

4.         Cecchini A, Cox CJ, Cecchini AA, Solanki K, McSharry R. Odontogenic Infection Complicated by Cervicofacial Necrotizing Fasciitis in a Healthy Young Female. Cureus. 2021;13(8):e16835. 


Antoine DUBUC, Steven JAUSSAUD (Chambéry), Mihaela POPESCU GARTAN, Georgiana PETROIESCU, Alexandre ALPY, Ionel AGA
08:00 - 18:00 #30288 - Cicatrisation osseuse post-extractionnelle (enquête auprès les chirurgiens dentistes du Maroc et du Sénégal).
Cicatrisation osseuse post-extractionnelle (enquête auprès les chirurgiens dentistes du Maroc et du Sénégal).

La cicatrisation post-extractionnelle est un phénomène physiologique qui survient après une extraction dentaire et aboutit à une restructuration de l’alvéole avec une résorption du site d’extraction d’un à plusieurs millimètres.

Cependant, ils existent plusieurs facteurs (techniques, anatomiques, biologiques…) pouvant compromettre le processus de cicatrisation osseuse. De ce dernier dépend la réussite des multiples options de réhabilitations prothétiques.

L’optimisation de la cicatrisation osseuse et la préservation du capital osseux sont ainsi d’une importance primordiale en chirurgie orale, garantissant le meilleur résultat esthétique et fonctionnel pour le patient.

A travers une enquête menée auprès des chirurgiens dentistes du Maroc et du Sénégal, nous relevons les différentes techniques d’extraction utilisées et les complications de cicatrisation post-extractionnelles rencontrées. Notre étude s’intéresse, également, aux facteurs pathologiques et biologiques susceptibles d’influencer le volume osseux ou la cicatrisation osseuse. Outre cela, nous  mettrons la lumière sur les moyens proposés actuellement pour optimiser la préservation du volume osseux.

Les résultats montrent les principales complications d’extraction et leurs gestions, les facteurs susceptibles d’influencer la cicatrisation ainsi que le taux de réussite des différents moyens et techniques de préservation osseuse. Les facteurs opérateurs dépendant sont, également, précisés.

Notre travail étudie, donc,  les conséquences d’une extraction dentaire sur l’os alvéolaire, l'impact sur le volume osseux et les moyens de limiter les modifications dimensionnelles de la crête. Ceci à travers notre enquête qui retrace tangiblement ces différents paramètres en pratique quotidienne des médecins dentistes du Maroc et du Sénégal.

 


Youssef BOUHADDAOUI (Dakar, Sénégal), Loubna AMMINOU
08:00 - 18:00 #29507 - Composantes neuropathiques et psychogènes de la stomatodynie : Revue Systématique.
Composantes neuropathiques et psychogènes de la stomatodynie : Revue Systématique.

L'International Headache Society (IHS) définit la stomatodynie, ou syndrome de la bouche brûlante (BMS), comme "une sensation de brûlure intra-orale pour laquelle aucune cause médicale ou dentaire ne peut être trouvée". En 2003, Scala et al. ont proposé une distinction entre la « BMS primaire », une forme essentielle ou idiopathique sans cause organique, et le « BMS secondaire », résultant d'une pathologie locale ou systémique. Pour la BMS primaire, les critères diagnostiques de l'IHS incluent une douleur constante, un aspect normal de la muqueuse buccale et l'exclusion de toute maladie locale ou systémique. Sa prévalence oscille entre 0,01 % et 40 %, avec une majorité de femmes ménopausées. La sensation de brûlure implique généralement la langue et les lèvres et s'accompagne souvent de xérostomie ou de dysgueusie.  Initialement considérée comme une douleur psychogène (Eli 1994), il a été démontré au cours des dernières décennies l'implication de plusieurs mécanismes neuropathiques amenant à considérer la BMS comme une douleur neuropathique (International Classification of Orofacial Pain, 1st edition, 2020).

 

L’objectif de ce travail était de passer en revue les articles pouvant fournir des arguments en faveur des composantes neuropathiques et psychogènes de la BMS primaire pour une meilleure compréhension de la maladie. Cette revue systématique a été enregistrée dans PROSPERO (CRD42021224160). La recherche a été limitée aux articles en anglais ou en français de 1990 à  2020. Au total, 113 articles ont été pris en compte pour l'extraction des données. Ils ont été divisés en quatre sous-groupes: études de prise en charge pharmacologique et non pharmacologique (n=23); études neurophysiologiques (n=35); études biohistopathologiques (n = 25) ; et des études par questionnaire (n = 30). Plusieurs de ces études ont montré une implication neuropathique à différents niveaux du neuraxis avec la contribution de tests sensoriels quantitatifs (QST), d'imagerie cérébrale fonctionnelle et d'études biohistopathologiques ou pharmacologiques. D'autre part, le rôle des facteurs psychologiques a également fait l'objet de plusieurs études et a montré un lien avec des troubles psychiatriques tels que les symptômes anxieux et/ou dépressifs. Selon les patients, les composantes neuropathiques et psychogènes peuvent co-exister simultanément, avec une prépondérance de l'une ou de l'autre, ou exister individuellement. Ces deux composantes sont indissociables pour définir la stomatodynie. (Orliaguet 2021)

 

[1]International Classification of Orofacial Pain, 1st edition (ICOP). Cephalalgia 2020;40(2):129-221.

[2] Eli I, et al. Antecedents of burning mouth syndrome (glossodynia)-recent life events vs. psychopathologic aspects. J Dent Res 1994;73(2):567-572.

[3] Orliaguet M, Misery L. Neuropathic and Psychogenic Components of Burning Mouth Syndrome: A Systematic Review. Biomolecules 2021;11(8):1237.


Marie ORLIAGUET (Brest), Laurent MISERY
08:00 - 18:00 #29451 - Construction d’un score diagnostique de la stomatodynie primaire.
Construction d’un score diagnostique de la stomatodynie primaire.

Introduction : La stomatodynie primaire est une pathologie chronique caractérisée par une gêne intense dans la cavité buccale associée à une altération de la qualité de vie. L’absence de test diagnostique spécifique conduit à des retards diagnostiques (12 mois en moyenne) et une errance médicale des patients avec une multiplication des consultations [1]. L’objectif de cette étude était de développer un score diagnostique de la stomatodynie primaire reposant sur un questionnaire patient applicable en pratique courante. Matériels et méthodes : Cette étude a été menée au sein du service de chirurgie orale du CHU de Bordeaux. Les patients éligibles étaient ceux consultant pour une gêne dans la cavité buccale de plus de 3 mois auto-évaluée à 4/10 au moins. Une déclaration a été faite au délégué à la protection des données de l’établissement et chaque patient inclus a signé une autorisation d’utilisation des données. Un questionnaire évaluant la présence des symptômes les plus décrits dans la stomatodynie primaire [2] a été administré à chaque participant par un interne en chirurgie orale puis par un senior référent de la stomatodynie. Le diagnostic a été établi selon les critères IASP 2016 par le senior référent à l’issue d’une consultation et d’un examen clinique complété d’examens complémentaires si besoin. La construction du score a été réalisée à l’aide de modèles Elastic Net et logistique. Résultats : Au total, 172 patients ont été inclus. La reproductibilité de l’évaluation des symptômes était comprise entre 61 et 89%. Le score diagnostique retenu se composait de 6 items (douleur calmée pendant les repas: +3 points, douleur localisée sur la pointe de la langue: +3, gêne permanente: +2, douleur augmentée en fin de journée: +1, douleur déprimante: +1, douleur augmentée pendant les repas: -1). Un score ≥5 marquait la présence d’une stomatodynie primaire (AUROC=84[7292]%, Se=73[5685] %, Sp=81[5895]%, valeur prédictive positive=88[7297]%, valeur prédictive négative=61[4179]%). Discussion : Aujourd’hui, il n’existe aucun test diagnostique de la stomatodynie primaire, alors que cette pathologie a un impact considérable sur la qualité de vie des patients [3]. La stomatodynie est décrite et ressentie de manière très diversifiée pour chaque patient. Il existe par ailleurs trois types de stomatodynies primaires dans lesquelles la douleur évolue différemment au cours de la journée, ce qui pourrait expliquer la perfectibilité de la sensibilité du score développé dans cette étude. Conclusion : Ce score diagnostique appliqué en soins primaires pourrait faciliter le diagnostic de la stomatodynie. Alors qu’un travail de perfectionnement du score est en cours, d’autres études sont nécessaires afin de tester la pertinence de ce score diagnostique dans la pratique quotidienne. 

[1]Aggarwal A et al. J Clin Exp Dent, 2012 ;4(3):e180-5

[2]Fricain JC et al. MCBC, 2008;14

[3]Pereira JV et al. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol, 2021 ;131(2):186-194


Chloé PASQUIER (BORDEAUX), Jean-Christophe FRICAIN, Chuy VIRGINIE, Mathilde FÉNELON, Sylvain CATROS, Emma FRIBOURG
08:00 - 18:00 #29602 - Corticotomies associées à une Régénération Osseuse Guidée dans un contexte de traitement orthodontique chez l’adulte : A propos d’un cas.
Corticotomies associées à une Régénération Osseuse Guidée dans un contexte de traitement orthodontique chez l’adulte : A propos d’un cas.

Cas clinique: Un homme âgé de 45 ans sans antécédent médico-chirurgical, sans intoxication éthylo-tabagique, en cours de traitement orthodontique par multi-attaches est adressé par son orthodontiste pour une corticotomie du secteur incisivo-canin mandibulaire. 

L’examen clinique rapporte une linguo-version et une supra-position (2mm) de 31-32-42-41. Un phénotype gingival fin avec une faible hauteur de gencive kératinisée ( < 2mm) au niveau du secteur incisivo-canin mandibulaire associé à un faible indice de plaque. L’examen cone beam montre une concavité vestibulaire associée à une épaisseur osseuse de 1mm.

La décision est prise de réaliser les corticotomies vestibulaires de 33 à 43 avec réalisation d’une régénération osseuse guidée dans le même temps opératoire.

La corticotomie est réalisée au piezotome, par travées, parallèles entre-elles, horizontales et verticales. Puis une régénération osseuse guidée (« Sticky bone » Biobank/I-PRF, membrane PRF) est associé.

L’activation orthodontique des incisives mandibulaires est réalisée dans la semaine qui suit l’intervention.

Le contrôle à 2 semaines montre une cicatrisation gingivo-muqueuse favorable, une absence d’exposition du biomatériau et absence de symptomatologie.

Le contrôle à 1 mois montre une ingression et un repositionnement dans le couloir dentaire des incisives mandibulaires.

Le contrôle à 3 mois montre un volume osseux vestibulaire maintenu à l’examen cone beam.

Discussion: Les déplacements orthodontiques des incisives en dehors du couloir osseux alvéolaire pourraient être associés à une tendance plus importante à developper des récessions gingivales.

La réalisation de corticotomies en association au traitement orthodontique chez l’adulte peut permettre une accélération du mouvement orthodontique, permettant de réduire le temps de traitement d’un tiers par rapport à un traitement orthodontique conventionnel.

L’orthodontie assistée par corticotomie n’entraine pas de complication majeur de type resorption radiculaire, lésion periodontal ou atteinte pulpaire en comparaison avec un traitement orthodontique conventionnel.

L’association d’une greffe osseuse lors de corticotomies permet de maintenir un recouvrement osseux des racines dentaires lors des mouvements d’expansion et permettrait d’augmenter la densité osseuse.

Conclusion: La corticotomie semble être une thérapeutique permettant de réduire la durée du traitement orthodontique. 

Son association à une technique de ROG permettrait d’éviter les phénomènes de résorption osseuse et de récession gingivale dans les secteurs incisifs en réduisant la perte de densité osseuse lié au déplacement dentaire orthodontique. Néanmoins, des études prospectives et histologiques seraient nécessaires afin de confirmer cette hypothèse.

Joss-Vassali et al., Orthod Craniofac Res 2010;13:127–141

Apalimova et al., Heliyon 6 (2020) e04013

Cano et al., J Clin Exp Dent. 2012;4(1):e54-59


Adel HAMDANI, Aurélien BOS (Paris), Aurélie MAILLOUX, Lucas DUONG, Thibault PEREZ, François Côme FERRE
08:00 - 18:00 #30270 - De la greffe naturelle à l'ingénieurie tissulaire.
De la greffe naturelle à l'ingénieurie tissulaire.

Los alvéolaire est le principal support de lorgane dentaire. Constitué dune matrice organique minéralisée , sa structure histologique lui confère des capacités dautoréparation et de remodelage par le biais dune succession de phases de résorption et dapposition aboutissant à la préservation de sa structure et de sa fonction. L’équilibre entre ces deux phases est crucial pour le maintien de la masse osseuse résiduelle, mais dans certaines situations cliniques , la perte osseuse savère indéniable , son origine peut être congénitale , traumatique , infectieuse ou tumorale.

Le succès de la reconstruction osseuse par le biais de xénogreffe , autogreffe ou allogreffe est inhérent à lalliance de phénomènes dostéoproduction , ostéoinduction , osteoconduction , a une stimulation mécanique ainsi quune bonne vascularisation , à cet effet , on distingue quatre catégories de matériaux de régénération osseuse : les métaux , les céramiques , les polymères et les composites. Ils sont considérés comme des matériaux bioactifs par leur liaison à los et leur capacité de formation tissulaire osseuse, ces matériaux agissent telle des matrices temporaires offrant un environnement spécique et une architecture adaptée au développement tissulaire. Cependant ces derniers présentent certaines limites , biologiquement « muets » , ils ne serviront que de support passif à la formation osseuse , doù lintérêt de la bio ingénierie tissulaire. Lapproche de cette dernière aura pour objectif limitation du processus de cicatrisation osseuse naturelle doté d'un fort pouvoir ostéogène en délivrant des cellules capables de se différencier en cellules ostéocompétentes , principalement des ostéoblastes , des cellules souches embryonnaires , des cellules souches pluripotentes induites  ,des cellules mésenchymateuses , ainsi que des  facteurs de croissances sur un lit de matrice dégradable supportant lattachement , la migration ainsi que la prolifération cellulaire.

 

La future direction sorientera dès lor vers le développement dun os à base de matériaux de composition , de structure géométrique et de fonction physiologique  similaire à celle de los naturel. Tout en maintenant les interactions cellulaires , lensemble de ces éléments mèneront vers lobtention dune réparation osseuse optimale.Lobjectif de notre travail est de  développer les stratégies de régénération osseuse , de détailler les différentes options thérapeutiques tout en se focalisant sur les stratégies dingénieurie tissulaire basée sur lutilisation de biomatériaux , combinéà des cellules et des facteurs de croissances.

 


Manal SABOUR (casablanca, Maroc), Hajar OULAMMOU, Youssef NAJI
08:00 - 18:00 #30219 - Développement d’un défaut osseux maxillaire chez le rat pour l’évaluation de nouveaux biomatériaux pour la régénération osseuse en chirurgie orale.
Développement d’un défaut osseux maxillaire chez le rat pour l’évaluation de nouveaux biomatériaux pour la régénération osseuse en chirurgie orale.

Introduction : La greffe osseuse autologue reste le « gold standard » pour la régénération des pertes de substances osseuses en chirurgie orale. La morbidité du site de prélèvement et la quantité restreinte de matériel disponible sont les principales limites de l’autogreffe, conduisant souvent les praticiens à recourir à des substituts osseux. Avant toute application clinique, ces biomatériaux innovants nécessitent d’être testés dans des modèles pré-cliniques afin d’évaluer leur biocompatibilité et leurs propriétés ostéogéniques. À ce jour, il n’existe pas de modèle animal pertinent chez le petit animal pour tester ces substituts osseux en vue de leur application en chirurgie orale. L’objectif de cette étude était de développer et valider un nouveau modèle de défaut alvéolaire maxillaire chez le rat et d’en déterminer la taille critique.

Matériel et méthode : Les expérimentations ont été menées sur 12 rats Sprague-Dawley conformément aux normes de soins et d’hébergement des animaux de laboratoire au sein d’un établissement accrédité à l’université de Bordeaux. Les animaux étaient anesthésiés à l’aide d’un mélange d’analgésique et d’anesthésiants (kétamine/xylazine). Une incision crestale était réalisée en distal des incisives permettant d’accéder à l’os alvéolaire grâce à un lambeau de plein épaisseur. Un défaut circulaire était réalisé au niveau du maxillaire à l’aide d’un trépan sous irrigation. Pour déterminer la taille critique de ce défaut circulaire, trois diamètres différents ont été évaluées (2,8 mm ; 3,3 mm ; 4,5 mm de diamètre, n=8/condition). La gencive était ensuite replacée et suturée. La régénération osseuse de ces lésions a été suivie de façon longitudinale par micro-scanner sur 12 semaines. Une analyse histologique par coloration au trichrome de Masson a été réalisée sur les échantillons à la fin de l’expérimentation.

Résultats : Deux méthodes d’analyse des acquisitions au micro-scanner ont été étudiées pour mesurer la régénération osseuse au sein du défaut. Le suivi longitudinal au micro-scanner a montré l’importance de la localisation du défaut : en fonction de la position de la lésion dans le maxillaire, le défaut avait tendance à se résorber. Les analyses radiologiques ont également permis d’établir que ce défaut osseux maxillaire était de taille critique, quel que soit le diamètre du défaut réalisé. Enfin, le défaut de 2,8 mm de diamètre était le plus reproductible. Ces résultats étaient corroborés par les analyses histologiques.

Conclusion : Le modèle de défaut osseux développé dans cette étude semble prometteur pour l’évaluation de nouveaux biomatériaux pour la régénération osseuse en chirurgie orale. Ce modèle sera prochainement utilisé au sein de notre unité pour l’évaluation d’une nouvelle membrane pour la régénération osseuse guidée associée à un biomatériaux de comblement osseux.


Naïma AHMED OMAR, Paul GALVEZ (Bordeaux), Olivier CHASSANDE, Laurent BIDAULT, Joëlle AMÉDÉE, Sylvain CATROS, Didier LETOURNEUR, Jean-Christophe FRICAIN, Mathilde FENELON
08:00 - 18:00 #29520 - Difficultés diagnostiques de l’histiocytose langerhansienne : à propos de deux observations cliniques.
Difficultés diagnostiques de l’histiocytose langerhansienne : à propos de deux observations cliniques.

 

Introduction : L’histiocytose langerhansienne (HL), anciennement dénommée histiocytose X par Lichtenstein en 1953, est liée à une prolifération clonale de cellules ayant les caractéristiques phénotypiques et ultra-structurales des cellules de Langerhans. Ces cellules histiocytaires sont positives pour le CD1a et contiennent des granules de Birbeck [Rybojad].

Observations cliniques :   Un garçon de 11 ans, a consulté pour une tuméfaction  mandibulaire gauche évoluant depuis trois mois avec douleurs et hypoesthésie labiomentonnière. La scintigraphie osseuse corps entier a retrouvé 3 foyers d’hyperfixation. La sérologie a révélé une hépatite B. La biopsie mandibulaire étant non concluante, une biopsie scapulaire a é réalisée en Chirurgie Infantile permettant de poser le diagnostic d’HL.

Une fillette âgée de 2 ans et demi a consulté pour folliculite expulsive des molaires temporaires. Sur le plan général, une exophtalmie, des croûtes sur l’ensemble du cuir chevelu, une distension abdominale et un diabète insipide ont été retrouvés. Le bilan sanguin a révélé une anémie microcytaire hypochrome et une accélération de la vitesse de sédimentation. La tomodensitométrie cranio-faciale a révélé des ostéolyses  crâniennes multiples avec une fonte osseuse de la mandibule donnant l’aspect de dents suspendues dans le vide. La biopsie mandibulaire est revenue en faveur d’un granulome inflammatoire. Trois mois plus tard, la patiente a présenté une mastoïdite droite aigüe ; après lecture anatomopathologique de la pièce opératoire de la mastoïdectomie, le diagnostic d’HL a été posé. Les deux patients ont été orientés au service d’Oncologie Pédiatrique pour prise en charge thérapeutique spécialisée.

Discussion : L’HL est une maladie rare : 1 à 2/100 000, d’étiologie inconnue ; fréquente chez l’enfant avec une prédominance masculine [Gaundong Mbéthé 2010] et le sex ratio  est de 3.7:1. L’HL regroupe des formes s'inscrivant dans un même cadre nosologique et surtout se caractérisant par un substratum histologique commun : la prolifération de cellules de Langerhans. Sa présentation clinique est variée allant de la forme localisée bénigne à la forme multiviscérale grave.  En raison de ces grandes variations cliniques, seul l’examen histopathologique permet de poser le diagnostic positif d’HL conforté par limmunohistochimie [Gaundong Mbéthé]. Le diagnostic de lHL est parfois difficile vu la similitude de son aspect histologique avec celui du granulome inflammatoire [Camelo-Piragua]. Le traitement de l’HLfait appel à la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et/ou la corticothérapie. Les facteurs pronostiques dépendent de lâge, de l’extension de la maladie, de l’existence de dysfonctionnement d’organe et de la réponse initiale au traitement. Les formes disséminées sont de mauvais pronostic [Rybojad].

Conclusion : La prise en charge thérapeutique de l’HL doit être pluridisciplinaire afin de poser le diagnostic, d’améliorer le pronostic et la survie des malades.


Cherifa Faiza TABETI-BENTAHAR (Oran Algérie, Algérie), Souad BENAOUF, Imane OUALI, Fatma BOUZOUINA, Ilhame BAKHTAOUI, Faiza Amel DEHOU-MAHMOUDI, Nora OUFRIHA, Noria TAHRAOUI, Raouida MECIFI
08:00 - 18:00 #30247 - Disparition d’un kératokyste odontogène par la seule décompression : présentation d’un cas.
Disparition d’un kératokyste odontogène par la seule décompression : présentation d’un cas.

Disparition d’un kératokyste odontogène par la seule décompression : présentation d’un cas

 

Mercurio M*, Torres J-H*

* Service d’Odontologie, CHU de Montpellier, Centre de Soins Dentaires, 34000 Montpellier

 

Les kératokystes sont des kystes épithéliaux d’origine odontogénique, dérivant de restes de la lame dentaire ou des cellules basales de l’épithélium oral (origine primordiale) ou de restes de l’épithélium amélaire du follicule dentaire (origine épidermoïde). Ces lésions sont relativement fréquentes : elles représentent 10 à 12% des kystes maxillaires.

De découverte fortuite ou à la suite d’un syndrome inflammatoire, le diagnostic de certitude est donné par analyse anatomo-pathologique. Les options thérapeutiques sont le curetage, l’énucléation chirurgicale, la chirurgie osseuse interruptrice, et la décompression. En raison du risque de persistance de lambeaux épithéliaux de la paroi kystique, l’énucléation complète est un geste complexe à réaliser, de plus c’est un geste invasif présentant des risques pour les structures anatomiques nobles. De ce fait, la décompression du kératokyste est une thérapeutique de choix visant à diminuer la taille de la lésion, tout en prévenant le risque de fracture consécutive à une intervention chirurgicale, et le risque de lésion du nerf alvéolaire inférieur notamment. C’est un traitement de 1ère intention, nécessitant dans la quasi-totalité un deuxième temps chirurgical de résection de la partie résiduelle du kyste.

 

Le cas présenté décrit l’évolution d’un kératokyste chez un patient de 30 ans, reçu en consultation en septembre 2020 dans le cadre d’une symptomatologie douloureuse en rapport avec une tuméfaction jugale droite. La radiographie panoramique initiale révélait une lésion radioclaire de l’angle goniaque droit, bien délimitée, mesurant 4 cm de long et 2 cm de large, et qui se situait à 0.5 cm du rebord basilaire. Les structures anatomiques de proximité étaient respectées, la lésion était en rapport avec les dents 48 et 47 et le canal mandibulaire.

L’hypothèse diagnostique la plus vraisemblable étant celle d’un kératokyste ayant présenté, plusieurs épisodes infectieux, une décompression de la lésion, avec avulsion de 48, a été proposée au patient. En décembre 2020, l’intervention a permis le prélèvement d’une partie de la membrane kystique ainsi que la mise en place d’une canule de drainage. L’analyse anatomo-pathologique a confirmé l’hypothèse diagnostique de kératokyste odontogène.

Le contrôle de cicatrisation à 7 mois post-opératoires a montré une cicatrisation osseuse avec expulsion du drain. Un deuxième temps chirurgical n’a donc pas été envisagé, mais un suivi régulier, à long terme, a été institué.

Ce cas constitue une situation rare, où la décompression a suffi à éliminer le kératokyste.

 

 

 

Muret M et coll, J Oral Med Oral Surg 2021 ; 27 : 29

 


Marie MERCURIO (Montpellier), Jacques-Henri TORRES
08:00 - 18:00 #30302 - Dysplasie fibreuse des mâchoires : à propos d’un cas.
Dysplasie fibreuse des mâchoires : à propos d’un cas.

Introduction 

La dysplasie fibreuse est une lésion osseuse bénigne rare, remplaçant le tissu osseux par un tissu fibreux à potentiel prolifératif. L’étiologie est inconnue ; une localisation cranio-faciale est retrouvée dans 20% des cas (Dube, 2019).

Sa manifestation clinique ou radiologique propose de multiples diagnostics différentiels (Barat, 1989) ; ainsi, le diagnostic de certitude est anatomopathologique.

Sa prise en charge peut être conservatrice (Reymond, 2006) ou interruptrice. L’évolution demeure imprévisible, et la dégénérescence maligne (sarcome) est possible. Lorsque la prise en charge est satisfaisante, les récidives sont rares. Il est essentiel de poser un diagnostic précoce, pour limiter le risque de chirurgie délabrante (Sentürk, 2003) et/ou d’évolution agressive.

 

Cas clinique

Nous rapportons ici le cas d’une patiente de 31 ans, sans antécédent médico-chirurgical, adressée par son chirurgien-dentiste pour avis concernant une image radiologique péri-apicale de la dent 11. La symptomatologie douloureuse en regard de cette zone datait de 12 ans, ayant entrainé de multiples reprises du traitement endodontique.

L’examen radiologique tridimensionnel montrait une image mixte, arrondie et s’individualisant en palatin de la dent 11, dont le traitement endodontique était satisfaisant et sans contamination. L’hypothèse diagnostique s’est alors orientée vers un séquestre d’un foyer de dysplasie cémento-osseuse surinfecté. Il a été décidé une chirurgie par voie palatine. L’examen anatomopathologique du séquestre rapporte une lésion fibro-osseuse, de type dysplasie fibreuse. Le suivi postopératoire clinique et radiologique montre une disparition des signes cliniques, notamment douloureux, et une cicatrisation osseuse en cours.

 

Discussion

La prise en charge de cette patiente a nécessité une concertation pluridisciplinaire entre des praticiens spécialisés en chirurgie orale, endodontie, radiologie, et anatomopathologie.

L’aspect clinique et radiologique de la dysplasie fibreuse peut se confondre avec de nombreuses entités, ici une dysplasie cémento-osseuse ou une lésion inflammatoire d’origine endodontique. Nous discuterons du diagnostic différentiel, ainsi que des différentes options thérapeutiques envisageables et du suivi nécessaire en cas de dysplasie fibreuse orale.

 

 

Bibliographie 

1.     Mehmet SentürkIsmail KülahliAtilla Emiroğlu, “Fibrous dysplasia in the head and neck region: a report of three cases”, Kulak Burun Bogaz Ihtis Derg 2003 Jul;11(1):25-8 

2.     Jerzy ReymondMaciej PodsiadłoMaciej WyskielFibrous dysplasia situated in maxilla--diagnostic and treatment difficulties illustrated with case report”Otolaryngol Pol 2006;60(1):79-84

3.     Ntokozo C. Dube, Jeremiah Robert Moshy, Edda A. Vuhahula and Karpal Singh Sohal “Benign fibro-osseous lesions of the jaws: a clinicopathologic study of 98 Tanzanian patients”, J Oral Med Oral Surg 2019;25:38


Samy TAWFIK, Cyril DELATTRE (Paris), Rufino FELIZARDO, Juliette ROCHEFORT, Géraldine LESCAILLE, Vanessa BAAROUN
08:00 - 18:00 #29367 - Évérolimus et retard de cicatrisation : à propos d’un cas.
Évérolimus et retard de cicatrisation : à propos d’un cas.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, avec des métastases retrouvées dans 30% des cas. Les métastases osseuses doivent être étroitement surveillées, puisqu’elles diminuent la qualité de vie et augmentent la mortalité. L’Évérolimus est un inhibiteur de la voie de transduction de la cible de la rapamycine (mTOR : mammalian Target Of Rapamycin), une sérine/thréonine kinase hyper-activée dans un contexte néoplasique. Combiné avec un inhibiteur de l’aromatase tel que l’Exémestane, l’Évérolimus permet de freiner l’évolution des lésions osseuses (King 2019, Hasskarl 2018, Lousberg 2017).

Le cas clinique rapporté est celui d’une femme de 67 ans consultant pour des douleurs intenses, une semaine après l’avulsion de sa deuxième molaire mandibulaire droite. La patiente présentait une récidive métastatique d’un carcinome mammaire RH+/HER2- (Récepteur de l’Hormone œstrogène et progestérone / Human Epidermal Growth Factor Receptor 2), traitée par Évérolimus et Exémestane. Une fenêtre thérapeutique et une antibiothérapie par amoxicilline-acide clavulanique avaient été instaurées. L’examen clinique mettait alors en évidence l’absence de cicatrisation de l’alvéole. La cicatrisation muqueuse n’étant toujours pas acquise un mois après ce contrôle, un nouveau cycle d’antibiothérapie a été instauré. Le cone-beam réalisé montrait une absence totale de cicatrisation osseuse, et une inflammation périostée. Deux mois après l’avulsion, la cicatrisation gingivale et alvéolaire n’étant pas complète, un curetage sous anesthésie locale a été réalisé. La cicatrisation muqueuse a été obtenue en quinze jours, et la cicatrisation osseuse – objectivée par un orthopantomogramme – en six mois.

L’Évérolimus est indiqué dans le traitement des cancers du sein hormonosensibles RH+/HER2- résistant aux inhibiteurs non stéroïdiens de l’aromatase. En effet, les voies mTOR stimulent la croissance et la survie cellulaires, et l’angiogenèse. Leur inhibition réduit le renouvellement osseux, donc ralentit la progression tumorale et permet d’améliorer à la fois la qualité de vie et le taux de survie. Cependant, les propriétés immunosuppressives de l’Évérolimus altèrent le processus de cicatrisation, et l’effet indésirable le plus fréquent est la stomatite (Hasskarl 2018, Lousberg 2017). De plus, quelques cas d’ostéonécroses des maxillaires liées à cette molécule ont été rapportés. À l’instar du cas d’ostéite décrit ici, les retards de cicatrisation peuvent résulter en une exposition osseuse associée à un processus infectieux et des douleurs (King 2019).

Aussi, une prise en charge précoce et pluridisciplinaire des foyers infectieux bucco-dentaires chez les patientes traitées par Évérolimus est indispensables. La prévention passe non seulement par une hygiène bucco-dentaire stricte, mais aussi par la connaissance des thérapeutiques oncologiques et la mise en place de protocoles péri-opératoires par les praticiens.


Mathilde NATU (Rennes), Sophie LEJEUNE
08:00 - 18:00 #30301 - Excision d'un fibrome cémento-ossifiant périphérique avec réattache parodontale et réalignement spontané des dents : suivi de 24 mois.
Excision d'un fibrome cémento-ossifiant périphérique avec réattache parodontale et réalignement spontané des dents : suivi de 24 mois.

Le fibrome cémento-ossifiant périphérique (FCOP) est une lésion gingivale réactionnelle, non néoplasique, caractérisée par la présence de tissu minéralisé au sein d’un stroma fibreux. L'étiopathogénie est souvent associée à la présence d’irritants locaux tel que la plaque, le tartre et les restaurations dentaires défectueuses (Gardner, 1982). Le FCOP est dérivé des cellules mésenchymateuses du ligament parodontal, avec un potentiel de former du tissu fibreux, du cément et de l'os. Cette lésion survient principalement au niveau de la région antérieure du maxillaire avec une prédilection féminine de la 3e décennie (Eversole, 1972). En raison du taux élevé de récidive du FCOP, une surveillance postopératoire et un suivi appropriés sont nécessaires. 

Le cas rapporté est celui d’un homme de 36 ans (8 paquets-années; bonne santé générale) qui consulte pour une masse apparue depuis 5 ans provoquant le déplacement des incisives centrales mandibulaires. L'examen intra-oral a révélé une abondance de tartre ainsi qu’une masse nodulaire pédiculée ferme et asymptomatique située sur la ligne médiane de la mandibule. Cette lésion mesure environ 1.5 x 1,5 x 1 cm3 et s'étend du versant vestibulaire de la crête alvéolaire jusqu’au versant lingual (selle de cheval). La lésion présente dans sa moitié supérieure une texture granulée et ferme, alors qu’elle présente dans sa moitié inférieure des digitations flasques d’aspect «verruqueux». La 31 et la 41 sont écartées d’une distance de 2,5mm. La radiographie rétro-alvéolaire du site a révélé une radio-opacité au sein de la masse nodulaire. Une érosion partielle du sommet du septum interdentaire a également été notée. Aucune autre atteinte n'a été observée sur l’orthopantomogramme. Le diagnostic clinique de FCOP étant établi, une biopsie excisionnelle a été effectuée après instauration d'une hygiène rigoureuse. L’os sous-jacent ainsi que les surfaces radiculaires exposées ont été curetés et recouverts d’une éponge hémostatique stabilisée par une suture en X. L’histologie de la pièce opératoire a confirmé le diagnostic clinique. Aucun signe de récidive n’a été observé au bout d’un suivi de 24 mois. Par contre, une réattache parodontale favorable ainsi qu’une réduction  de la distance interproximale (0.5mm) ont été enregistrés.

Le FCOP est une croissance focale, réactive et non néoplasique des tissus mous provenant du ligament parodontal. Le FCOP n'est pas l'homologue du fibrome cémento-ossifiant central qui est un véritable néoplasme avec un potentiel de croissance important (Neville, 2009). Le FCOP peut réapparaitre en raison de l'élimination incomplète de la lésion, de l'incapacité à éliminer les irritants locaux ou de la difficulté d'accéder à la lésion lors de la manipulation chirurgicale. Le traitement nécessite une excision chirurgicale complète de la lésion, y compris le périoste impliqué et le ligament parodontal ainsi que la mise en place d’une prophylaxie et un détartrage rigoureux (Ramu, 2012).


Ralph WAK (Beyrouth, Liban), Claude GHORRA, Ronald YOUNES
08:00 - 18:00 #29517 - Fermeture de communication bucco-naso-sinusienne par lambeau pédiculé de la boule de Bichat : à propos d’une série de dix patients.
Fermeture de communication bucco-naso-sinusienne par lambeau pédiculé de la boule de Bichat : à propos d’une série de dix patients.

Introduction : Les communications bucco-naso-sinusiennes (CBNS) sont des pathologies fréquemment iatrogènes faisant suite à l’extraction des dents antrales. Elles sont définies par la présence d’un trajet entre la cavité buccale et les fosses nasales (communication bucconasale) ou entre la cavité buccale et les sinus maxillaires (communication buccosinusienne : CBS). Elles sont dites chroniques lorsqu’aucune fermeture spontanée n’a eu lieu après trois mois d’évolution [Breheret 2013]. La chirurgie est nécessaire pour la fermeture des CBNS lorsqu'elles mesurent plus de 3 mm ou s'il y a une inflammation/infection du sinus maxillaire ou de la zone périodontale [Allais 2008].

Observations cliniques : De décembre 2019 à juin 2020, dix patients dont trois femmes et sept hommes âgés de 32 à 58 ans ont présenté une CBNS suite à l’extraction laborieuse de la 25 chez un patient, de la 26 et/ou 27  chez trois patients et de la 16 et/ou 17 chez six patients. Les dix patients présentaient une sinusite chronique à l’examen oto-rhino-laryngologique. Le défect osseux de la CBNS a été évalué par tomodensitométrie et variait de 7 à 10 mm. Le traitement médical de la sinusite a consisté en une prescription d’antibiotique afin d’assainir le sinus maxillaire. Puis un traitement chirurgical de la CBNS par lambeau pédiculé de transposition du corps adipeux de la joue ou boule de Bichat sous anesthésie loco-régionale a été réalisé avec mise en place d’une gouttière souple en silicone pour protéger le site opératoire et conseils postopératoires. La cicatrisation muqueuse du site opératoire après ré épithélialisation du greffon a été obtenue en quatre à cinq semaines.     

Discussion : Les modalités de traitement  des CBNS dépendent du caractère immédiat ou établi de la CBNS, du siège et de la taille de la CBNS et de l’état du sinus. Le lambeau pédiculé de transposition du corps adipeux de la joue grâce à sa riche vascularisation et aux cellules souches qu’il contient constitue un procédé thérapeutique de choix dans les cas où la CBNS est  modérée (3 mm ou plus). L'utilisation du corps adipeux de la joue en tant que greffon pédiculé est devenue fréquente en chirurgie bucco-maxillo-faciale, étant donné sa rapidité, sa relative facilité et son taux de réussite élevé [Alais 2008]. C’est la technique la plus simple et la plus sûre pour la fermeture des CBS alvéolaires de plus de 5 mm. Ce lambeau n’apporte pas de séquelles fonctionnelles ou esthétiques, sous réserve de ne pas léser le nerf facial lors de la dissection en profondeur du greffon [Breheret 2013].

Conclusion : La technique de fermeture des CBNS par la boule de Bichat est fréquente en raison de sa simplicité, de son faible taux d’échec tel que rapporté dans la présente série de dix patients, opérés sous anesthésie loco-régionale avec cicatrisation et fermeture de la CBNS, sans récidive.  Ce procédé chirurgical est à la portée de tout chirurgien oral.


Cherifa Faiza TABETI-BENTAHAR (Oran Algérie, Algérie), Souad BENAOUF, Imane OUALI, Sofia BERZAG, Selma MESSIRDI, Nor El Houda DRIZI, Khadidja BENHARRATS, Samir SEDDIKI, Khalil BOUTHIBA, Fatma BOUZOUINA
08:00 - 18:00 #30269 - Fibrodysplasie ossifiante progressive : à propos d’un cas.
Fibrodysplasie ossifiante progressive : à propos d’un cas.

Introduction

La fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP) ou maladie de Munchmeyer est une maladie  génétique extrêmement  rare   affectant le système musculo-squelettique et conjonctif,  caractérisée par l’association variable d’une malformation congénitale des gros orteils et d’une ossification hétérotopique (extra squelettique) survenant au sein des muscles et  tendons, siégeant surtout au niveau de la région cervicale et dorsale (Hüning I. 2014).

Observation clinique

Un  patient de sexe masculin, âgé de 07 ans  nous a été orienté du service de pédiatrie de l’hôpital militaire régional universitaire d’Oran (HMRUO) pour une tuméfaction angulaire gauche d’apparition récente.  L’examen exo  buccal a mis en évidence une tuméfaction angulaire assez dure et mal limitée. L’examen endo buccal est marqué par une     limitation de l’ouverture buccale  sévère chiffrée  à 06 mm. 

Les antécédents médicaux révèlent une fibro dysplasie ossifiante diagnostiquée lors de la première enfance. Son handicap corporel et La limitation de l’ouverture buccale ont rendu impossible la réalisation  de l’examen radiologique conventionnel c’est pour cette raison qu’un  Dentascan  a été demandé afin de confirmer ou  d’écarter une étiologie dentaire. Une mécanothérapie douce a été effectuée et une médication à base de corticoïdes a été instaurée. 

Discussion

La FOP  est une maladie progressive évoluant par poussées et aboutissant  à une douloureuse métamorphose du patient  en « homme de pierre » avec la survenue d’ankyloses irréversibles et  invalidantes. Sator H et al 2015 déclarent que  les ossifications sont précédées par l’apparition de tuméfactions plus ou moins dures, douloureuses et inflammatoires. Elles  surviennent par poussées, souvent occasionnées par une blessure, une injection intramusculaire, une infection virale, un étirement musculaire, ou une chute.

La prise en charge  des pathologies bucco dentaires  en cas de FOP est essentiellement préventive et prophylactique. Vu la prédisposition à la limitation de l’ouverture buccale et les conséquences sur l’alimentation et la qualité de vie. Le maintien d’une hygiène buccodentaire  satisfaisante est ainsi  une obligation.

Conclusion

Le traitement actuel de la FOP est préventif purement médical à base de corticoïdes essentiellement .les amino-biphosphonates et agents anti-angiogéniques ont été testés mais sans grand succès. La kinésithérapie douce à visée  antalgique est proposée lors des poussées. La littérature est assez pauvre pour la prise en charge odontostomatologique des patients atteints de FOP d’où l’intérêt d’une prophylaxie précoce(Baujat G ,2019) .

 Références

Hüning I. Mol Syndromol. 2014 ; 5(5): 201–211

Sator H et al.Pan Afr Med J. 2015; 20: 416.

Baujat G et A.Revue du Rhumatisme Monographies 2019


Meriem BENDOUKHA (Oran, Algérie), Mokhtar MOULDI, Mounia GHARNOUTI, Mehdi OUKIL, Fatma BOUZOUINA
08:00 - 18:00 #29595 - Fracture de l’angle mandibulaire après énucléation kystique : à propos d’un cas.
Fracture de l’angle mandibulaire après énucléation kystique : à propos d’un cas.

Une fracture est dite pathologique lorsqu’elle survient sur un tissu osseux remanié par un processus pathologique. Souvent, la découverte du mécanisme sous-jacent est permise grâce à la fracture. Le cas clinique présenté se distingue des fractures pathologiques habituellement décrites puisqu’elle est apparue en post-opératoire après énucléation kystique. Des fractures mandibulaires « tardives » avaient déjà été rapportées et survenaient plutôt après avulsion des troisièmes molaires incluses, se déclarant généralement entre la deuxième et la quatrième semaines post interventionnelles.

Le cas exposé est celui d’un homme de 52 ans qui s’est présenté suite à la découverte fortuite chez son chirurgien-dentiste sur une radiographie panoramique d’une lésion radioclaire de 40 x 16 mm avec liséré périphérique d’ostéocondensation en rapport avec la dent 48. L’énucléation chirurgicale du kyste associée à l’avulsion de la dent 48 avait été réalisée sous anesthésie générale, le compte rendu anatomopathologique décrivait un aspect compatible de la pièce avec un kyste dentigère. A la consultation postopératoire, le patient ne présentait pas de symptomatologie et la radiographie panoramique réalisée retrouvait une intégrité du rebord basilaire.

A 2 mois post opératoire, le patient présentait une gêne à la mastication associée à un trouble de l’articulé dentaire. La radiographie panoramique effectuée retrouvait une lyse du rebord basilaire et un CBCT a permis de mettre en évidence un trait de fracture angulaire traversant le site de l’énucléation.

Concernant les facteurs de risques, les hommes ont généralement une force masticatoire plus importante que les femmes et seraient donc plus susceptibles aux fractures mandibulaires. De plus, le risque de fracture post opératoire augmente avec l’âge ; la diminution de l’élasticité osseuse pouvant être une explication. Le cas rapporté était de plus en classe III d’occlusion avec des édentations non compensées (dents 16, 17 et 18) constituant un facteur aggravant puisque la répartition inégale de l’occlusion a pu engendrer des contraintes mécaniques sur la mandibule. Le non-respect des consignes post-opératoires d’alimentation moulinée pendant 4 semaines est aussi un facteur de risque : la diminution progressive des symptômes post opératoires a pu convaincre le patient de reprendre une alimentation normale trop tôt. Il faut également souligner la localisation du kyste dans cette zone de faiblesse de l’angle mandibulaire (environ 20% des fractures mandibulaires, troisième localisation la plus retrouvée). Enfin, l’ostéolyse de plusieurs centimètres induite par le kyste ici a contribué à fragiliser la mandibule.

Ce cas présente une fracture mandibulaire atypique après énucléation kystique. Ici, un traitement par marsupialisation-décompression aurait pu être envisagé afin de bénéficier d’une réduction du volume kystique au profit d’une néo-formation osseuse avant l’énucléation et ainsi de diminuer les risques de fracture.


Arthur FALGUIERE (Brest), Guy LE TOUX
08:00 - 18:00 #29310 - Gestion chirurgicale et prothétique d'un cas de déficit osseux horizontal en secteur mandibulaire antérieur.
Gestion chirurgicale et prothétique d'un cas de déficit osseux horizontal en secteur mandibulaire antérieur.

Introduction.-Le greffon osseux autogène est considéré comme le "gold standard" en raison de son caractère ostéoconducteur et ostéoinducteur. La symphyse mentonnière est le premier site donneur décrit, facile d’accès, accessible sous anesthésie locale ou générale. Ses principales complications sont l’hypoesthésie labio-mentonnière et la section des apex des incisives et des canines.

Présentation du cas.-Un homme de 20 ans a été admis en consultation de chirurgie orale pour la prise en charge globale d’une agénésie en place de la 32. L’examen clinique retrouvait une classe I dento-squelettique et un biotype gingival plat et épais selon la classification de Seibert et Lindhe. La tomodensitométrie volumique à faisceau conique montrait un déficit osseux de classe IV selon la classification de Cawood et Howell. L’intervention sous anesthésie locale a consisté en la préparation du site receveur en réalisant une scarification de ce dernier afin de stimuler l’ostéogenèse. Puis, un greffon symphysaire homolatéral au site receveur est prélevé.  Sa  fixation est obtenue à l’aide d’une vis d’ostéosynthèse de 1.5 mm de diamètre et de 10 mm de long, et, l’espace comblé à l’aide d’os autologue et xénogénique à 30%/70%. Les angles du greffon sont adoucis à l’aide d’une fraise boule pour éviter une perforation ultérieure du lambeau. Enfin, une incision périostée du lambeau vestibulaire est réalisée afin de suturer ce dernier sans tension. Après 3 mois , est observé à l'imagerie un gain de volume osseux d’environ 5,5 mm d’épaisseur. Sous anesthésie locale, est posé un implant droit de 3,0 mm de diamètre et 13 mm de longueur en respectant l’axe prothétique. Après une période de 3 mois, le patient a bénéficié de la mise en place d’une couronne céramo-métallique scellée.

Discussion.-Selon, la classification de Cologne de 2013, le cas exposé est H2i. Il présente un défaut osseux horizontal (H) compris entre 4 et 8 mm (2) situé à l’intérieur du contour osseux (i). Les deux grandes options thérapeutiques sont ; le bloc osseux autogène et la régénération osseuse guidée. Dans une étude comparative entre greffes osseuses d’apposition ramique et symphysaire avec comblement par de l’os xénogénique en secteur esthétique pour des déficits osseux horizontaux, les résultats montraient l’absence de différence significative concernant le taux de résorption osseuse à 1 an après mise en charge. Dans une revue systématique portant sur l’augmentation osseuse horizontale par régénération osseuse guidée avec l’utilisation d’une membrane collagénique ou une grille en titane, les résultats étaient satisfaisants. Un gain osseux horizontal de 4,44 mm est un taux de survie implantaire estimé à 96,93% étaient retrouvés

Conclusion.-La reconstruction pré-implantaire se doit de respecter des étapes bien définies. En cas de greffe osseuse autogène dans les reconstructions osseuses mandibulaires antérieures, le prélèvement symphysaire doit être privilégié. 

 


Ambre BELLOT (Metz), Marouane TALBI, Franck AFOTA, Charles SAVOLDELLI
08:00 - 18:00 #30293 - Gestion per-opératoire des complications osseuses survenues lors de la pose d’implants zygomatiques.
Gestion per-opératoire des complications osseuses survenues lors de la pose d’implants zygomatiques.

M. Zairakhanov*, J. Horiot **, C. Favre de Thierrens***

* Interne DESCO, Montpellier

** Pratique privée, Lattes (34)

*** Service odontologie, CHU Montpellier

 

Les implants zygomatiques, introduits officiellement en 1998 par le Professeur Brånemark et son équipe (Brånemark 2004), représentent une solution implantaire particulièrement indiquée pour les patients ayant subi une maxillectomie ou présentant une atrophie sévère du maxillaire (stade IV à stade VI de la classification de Cawood et Howell). 

Le cas clinique rapporté est celui d’une femme de 60 ans ayant pour seul antécédent médical une hypothyroïdie substituée. Elle présente, à l’issue d’une parodontopathie terminale, un édentement maxillaire presque total, depuis plusieurs décennies. La patiente avait bénéficié en 2002 d’une greffe osseuse du sinus maxillaire gauche par prélèvement crânien, ainsi que de la pose de plusieurs implants. Dans un contexte parodontal résiduel insuffisamment maitrisé, ces derniers ont fini par chuter au bout de 8 ans, laissant place à une résorption osseuse sévère de l’ensemble du maxillaire, impossible à greffer. Face à cette atrophie sévère, associée à une gêne phonatoire et masticatoire importante chez cette patiente en recherche d’une solution de réhabilitation globale alternative depuis plus de dix ans, la pose de 4 implants zygomatiques suivi d’une mise en charge immédiate lui a été proposé. 

Au cours de l’intervention, malgré les évaluations cliniques et radiologiques préalables ainsi que toutes les précautions chirurgicales, est survenu, lors du passage d’un des forêts, au niveau d’une zone où la paroi osseuse du sinus était particulièrement fine, une fracture de la face antérieure du maxillaire droit. La fracture a été traitée par réduction et contention par plaque et vis d’ostéosynthèse en pont de part et d’autre des deux implants zygomatiques droits. A deux mois de l’intervention, il n’existais aucun retentissement de cette complication sur la fonctionnalité des implants. 

La fracture per-opératoire du maxillaire lors de la pose d’implants zygomatiques est une complication très peu voire pas rapportée dans la littérature à l’heure actuelle. Cette complication est pourtant largement favorisée par l’atrophie maxillaire sévère qui est justement la principale indication des implants zygomatiques. 

D’une manière générale, il incombe à tout opérateur d’être susceptible de gérer les complications éventuelles des interventions qu’il pratique. La survenue d’une fracture osseuse dans le cas d’un maxillaire très atrophié figure sans doute parmi les pires situations cliniques auxquelles on doit faire face car on risque de compromettre totalement les chances d’une réhabilitation orale déjà très compromise. 

Brånemark et al, Scand J Plast Reconstr Surg Hand Surg, 2004; 38: 70-85

Cawood et al, J Oral Maxillofac Surg, 1988; 232-236


Markha ZAIRAKHANOV (Montpellier)
08:00 - 18:00 #30280 - Granulome central à cellules géantes : à propos d’un cas de localisation mandibulaire.
Granulome central à cellules géantes : à propos d’un cas de localisation mandibulaire.

Les granulomes à cellules géantes (GCG) ont été décrits par Jaffe en 1953 comme « granulomes réparateurs à cellules géantes » (1). Ces lésions représentent 7% des tumeurs bénignes de la cavité buccale.  

On distingue une forme périphérique intéressant la muqueuse buccale et une forme centrale (GCCG) plus agressive intéressant l’os sous-jacent.

Une femme de 48 ans sans antécédents ni intoxication alcoolo-tabagique consulte pour une lésion muqueuse mandibulaire droite évoluant depuis 9 mois.

L’anamnèse rapporte une augmentation de volume rapide de la lésion. Il n’y a pas d’altération de l’état général. 

L’examen clinique retrouve deux tumeurs gingivales bourgeonnantes, pédiculées, fermes à la palpation et ne saignant pas au contact. Elles sont appendues à la gencive attachée vestibulaire en regard de 47 puis à la gencive attachée vestibulaire et linguale de 43 à 45. La palpation tant cervicale qu'endobuccale est indolore. Les dents 43 à 47 ont une mobilité terminale. Il n'y a pas d'hypoesthésie labio-mentonnière.. 

L’analyse histologique oriente vers un granulome central à cellules géantes. 

Le TDM du massif cervico-facial montre une image lytique et multiloculaire, épargnant la partie basilaire et s’étendant de la 42 à l’angle mandibulaire droit.

L’IRM du massif facial décrit une lésion tissulaire rétro-molaire droite, s'étendant à la partie postérieure du corps de la mandibule, avec lyse de la corticale osseuse et infiltration de la médullaire osseuse et à la partie antérieure jusqu’à la face linguale gingivale de 43. 

Après concertation pluridisciplinaire, une pelvimandibulectomie non interruptrice avec reconstruction par lambeau musculo-muqueux pédiculé sur l’artère faciale(FAMM) est réalisée. 

L’examen anatomo-pathologique confirme l’exérèse complète.

L’évolution à 15 jours montre une bonne vascularisation du lambeau.

Une réhabilitation implanto-portée sur lambeau libre de fibula sera discutée à moyen terme. 

 Les GCCG touchent plutôt des femmes de la deuxième décade (2). La localisation mandibulaire est prédominante. L’étiologie est incertaine..

La thérapeutique historique est chirurgicale allant du curetage à la résection segmentaire, référence pour les formes agressives. Cette dernière permet de diminuer la récidive mais entraine un préjudice considérable (3).

D’autres traitements sont décrits comme l'utilisation de corticoïdes, calcitonine, interféron α-2a ou dénosumab pouvant éviter une chirurgie délabrante.

Les GCG se distinguent des autres tumeurs à cellules géantes (chérubisme, kyste anévrismal, tumeur brune de l’hyperparathyroïdie et vraie à cellule géante).

Malgré son caractère bénin l’éxèrese du GCCG peut impliquer une chirurgie invasive et ainsi une impotence morphologique et fonctionnelle post opératoire.

 

1.Jaffe HL. Oral Surg Oral Med Oral Pathol. Janv 1953;6(1):159-75

2.Reichart PA. Odontogenic Tumors and Allied Lesions. Paris : Quintessence. 2004

3.Kruse-Lösler B.Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod. Mars 2006;101(3):346-54.


Julie GANTE (Toulouse), Thibault CASATUTO, Vinciane POULET
08:00 - 18:00 #29509 - Granulomes centraux à cellules géantes et neurofibromatose de type 1. Étude d’un cas et discussion sur la prise en charge.
Granulomes centraux à cellules géantes et neurofibromatose de type 1. Étude d’un cas et discussion sur la prise en charge.

Introduction : La neurofibromatose de type 1 (NF1) aussi appelée maladie de Von Recklinghausen fait partie des maladies génétiques les plus fréquentes(1). Elle est caractérisée par la présence de tâches café au lait sur la peau, de tumeurs situées le long des nerfs appelées  neurofibromes, d’atteintes osseuses et de tumeurs du système nerveux central. Le granulome central à cellules géantes (GCCG) est une tumeur osseuse siégeant exclusivement dans les mâchoires où il représente de 1 à 7% des tumeurs bénignes. Il existe des formes indolentes et des formes agressives. Dans la littérature, des associations pathologiques ont été décrites avec la neurofibromatose de type 1. Le cas rapporté dans cet article décrit la prise en charge chirurgicale ainsi que le suivi d’une patiente atteinte de NF1 associé à des GCCG mandibulaire et maxillaire. Cas clinique : Il s’agit d’une patiente de 23 ans atteinte de NF1 ayant déjà présenté par le passé des lésions à type de GCCG et qui consulte son chirurgien-dentiste pour des mobilités dentaires du secteur antérieur mandibulaire survenues récemment sans étiologie traumatique. L’examen clinique et radiologique  montre la présence deux nouvelles localisation de GCCC qui ont été traitées par résection chirurgicale. Discussion : D’après la littérature, l'incidence plus élevée de CGCG chez les patients atteints de NF1 peut s’expliquer car l’os qualitativement anormal des patient NF1 serait plus enclins à développer des lésions CGCG-like en réponse à des facteurs tels que des contraintes mécaniquesexcessives, une fragilité osseuse augmentée ou une fragilité vasculaire(2). Les principaux diagnostics différentiels à éliminer lors du bilan sont la tumeur à cellule géante, l’hyperparathyïdie ou une forme syndromique appelée Chérubisme. Le traitement habituel repose sur un curetage associé ou non avec une exérèse de marge en fonction des signes de gravité. Les données présentes dans la littérature ne mettent pas en évidence de bénéfices significatifs quant à lutilisation de traitements non chirurgicaux tels que les injections intra-lésionnelles de corticoïdes, utilisation de linterféron alpha, ou de Dénosumab(3).

 


 

1.         Valeyrie-Allanore L, Wolkenstein P. Neurofibromatose 1 et formes variantes. EMC - Dermatol. 2010 Jan;5(3):1–8. 

2.         Chrcanovic BR, Gomez RS, Freire-Maia B. Neurofibromatosis type 1 associated with bilateral central giant cell granuloma of the mandible. J Cranio-Maxillofac Surg. 2011 Oct;39(7):538–43. 

3.         de Lange J, van den Akker HP, van den Berg H. Central giant cell granuloma of the jaw: a review of the literature with emphasis on therapy options. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endodontology. 2007 Nov;104(5):603–15. 


Nicolas JABALLAH (Paris), Kinz BAYET
08:00 - 18:00 #29468 - Infection chronique active à l’Epstein Barr Virus des lymphocytes T évocatrice d’une aphtose buccale, à propos d’un cas
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Infection chronique active à l’Epstein Barr Virus des lymphocytes T évocatrice d’une aphtose buccale, à propos d’un cas
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L’infection chronique active à EBV (CAEBV) est caractérisée par l’infection des lymphocytes T et NK par l’EBV1. Cette infection est responsable sur le plan clinique d’éruptions de type hydroa vacciniforme (HV) dont les manifestations orales sont très rares et peu documentées2. Le cas rapporté est celui d’une infection chronique active à EBV des lymphocytes T découverte fortuitement sur une cytolyse hépatique en contexte d’angio-œdème et d’aphtose buccale récidivante.

Entre juin et juillet 2020, une patiente de 33 ans a été admise en hospitalisation dans le service de médecine interne (CHU de Bordeaux, hôpital Saint André) pour bilan d’aphtose. La patiente était connue du service depuis 2019 pour exploration d’aphtose buccale récidivante réfractaire à de multiples traitements symptomatiques dont la colchicine. Des angio-œdèmes de la face étaient associés mais aucune étiologie n’étaient mise en évidence pour ces deux tableaux. Le bilan systématique retrouvait de manière fortuite une cytolyse hépatique. La recherche moléculaire d’EBV sur sang revenait positive à 800 000 copies révélant un tableau d’infection chronique active à EBV qui n’était pas connue antérieurement. L’analyse du myélogramme, de la PCR EBV utilisée sur le lavage broncho alvéolaire et des biopsies hépatique et ostéomédulaire ont révélé le lien entre l’infection chronique active à EBV et l’atteinte hépatique et pulmonaire de la patiente. Une biopsie des ulcérations buccales retrouvait une lymphoprolifération T CD8+ cytotoxique et EBV + correspondant au diagnostic d’hydroa vacciniforme secondaire à une infection chronique à EBV des lymphocytes T. Un traitement par ciclosporine a été mis en place mais s’est montré peu efficace. En novembre 2020 la patiente a été admise de nouveau en hospitalisation pour pneumocystose. Une nouvelle atteinte liée à l’EBV a été détectée au niveau oculaire. Après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) hématologique et devant une atteinte hépatique, pulmonaire, cutanée, muqueuse et oculaire en échec thérapeutique, un projet d’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) a été validé.

Les symptômes buccaux en rapport avec l’infection chronique active à EBV sont peu connus des praticiens spécialistes en chirurgie orale. Ils présagent une atteinte sévère et étendue de l’infection. Un dépistage précoce de l’infection à EBV chronique associée à des manifestations cutanéo-muqueuses de type hydroa vacciniforme2 peut permettre d’intercepter l’infection à EBV et limiter son évolution.


Paul GALVEZ (Bordeaux), Sophie GIRAUD, Sylvain CATROS, Mathilde FENELON, Jean-Christophe FRICAIN
08:00 - 18:00 #29413 - Influence de l’avulsion des dents de sagesse mandibulaires incluses sur le parodonte de la seconde molaire mandibulaire : une revue systématique de la littérature.
Influence de l’avulsion des dents de sagesse mandibulaires incluses sur le parodonte de la seconde molaire mandibulaire : une revue systématique de la littérature.

Influence de l’avulsion des dents de sagesse mandibulaires incluses sur le parodonte de la seconde molaire mandibulaire : une revue systématique de la littérature.

 

Lélia Ménager1,2, Maxime Ruperto2, Xavier Largarde1,2, Jean-Christophe Fricain1,2, Sylvain Catros1, 2, Mathilde Fénélon1,2 

: Service de chirurgie orale, Bordeaux CHU de Bordeaux

2 : UFR d’Odontologie, Département de Chirurgie Orale, Université de Bordeaux

 

L’avulsion des dents de sagesse incluses est un des actes les plus fréquemment pratiqués par le chirurgien oral. Cette intervention comporte des risques de complications immédiates ou tardive (infectieuses, nerveuses, etc.). La survenue de complications parodontales ́au niveau des deuxièmes molaires mandibulaires a également été rapportée suite à ce geste chirurgical.(1) (2)

 

L’objectif principal de cette étude était de réaliser une revue systématique de la littérature afin d’évaluer l’évolution du parodonte distal de la seconde molaire mandibulaire après avulsion d’une dent de sagesse mandibulaire incluse. L’objectif secondaire était de déterminer si le tracé d’incision du lambeau d’accès avait un impact sur la cicatrisation parodontale de la deuxième molaire mandibulaire.(3)

 

La revue systématique a été réalisée à partir d’articles issus de deux bases de données : PubMed et Scopus. Le diagramme de flux PRISMA ainsi que la méthode PICO ont été utilisés pour la sélection des études. Les articles inclus devaient comparer l’évolution du parodonte distal de la seconde molaire mandibulaire avant et après avulsion de la dent de sagesse mandibulaire incluse. Seules les études cliniques prospectives menées chez l’homme et publiées entre 2010 et 2021 ont été incluses. 

 

23 articles portant sur 1067 participants ont été inclus. Les paramètres étudiés étaient la profondeur de poche parodontale, le niveau d’attache clinique, l’indice de plaque, l’index gingival et le saignement au sondage. L’avulsion de la troisième molaire mandibulaire incluse permettait une amélioration de la santé parodontale distale de la seconde molaire mandibulaire. L’âge ou la préexistence de poches parodontales étaient des facteurs de risques de la persistance de poches parodontales après chirurgie. Le design du lambeau d’accès n’avait pas d’influence sur l’évolution de la santé parodontale distale de la seconde molaire mandibulaire. 

 

L’avulsion des dents de sagesse mandibulaires incluses chez des adultes jeunes en bonne santé ne semble pas entrainer de séquelles parodontales au niveau des deuxièmes molaires. D’autres études, avec des niveaux de preuves plus élevés, seront nécessaires pour confirmer ces résultats et mettre en évidence d’éventuels autres facteurs de risques responsables d’une moins bonne cicatrisation du parodonte distal de la seconde molaire mandibulaire.

 

1.         Huang GJ et al. Am J Public Health. 2014 Apr;104(4):728–34

2.         Kan KW et al. J Clin Periodontol. 2002 Nov;29(11):1004–11

3.         Desai A et al. Contemp Clin Dent. 2014 Apr;5(2):170–4


Lélia MÉNAGER (Bordeaux)
08:00 - 18:00 #30281 - Intérêt du corps adipeux jugal en régénération osseuse maxillo-mandibulaire.
Intérêt du corps adipeux jugal en régénération osseuse maxillo-mandibulaire.

Introduction : Après l’avènement des cellules souches adipeuses du tissu sous cutané, les recherches scientifiques se sont concentrées sur le corps adipeux jugal. Initialement reconnu pour son efficience dans la fermeture de communications oro- naso- sinusienne post-chirurgie carcinologique, cette structure anatomique connait un regain d’intérêt par la mise en évidence par FARRE-GUASCH et AL de la présence de cellules mésenchymateuses progénitrices en son sein. Ces dernières, possèdent un potentiel prolifératif et différenciatif transposable en chirurgie orale par le biais de la thérapie cellulaire et médecine régénérative. 

 

Matériel/méthode : Pour documenter l’implication de telles cellules dans le domaine de la régénération osseuse maxillo-mandibulaire, une revue de la littérature a été réalisée via la Plateforme PUBMED. Entre 2010 et 2021, la recherche avancée « Buccal Fat Pad Stem Cells » « Bone Regeneration » et « Oral surgery » comptait 147 articles dont 18 ont été retenus pour lecture. Parmi ces derniers, on dénombrait cinq études in vitro, quatre études in vitro et animales, une étude rétrospective (N = 7 patients), quatre publications de type case-reports (N = 10 patients), une revue de la littérature (N = 10 articles) et enfin trois essais cliniques contrôlés randomisés (N= 32 patients, 2016/2018). 

 

Résultats : De cette revue, ressortent les grands mécanismes d’action de telles cellules. Ces derniers sont nombreux et interconnectés : apport sur site lésionnel de cellules spécialisées dans l’ostéogenèse, sécrétion de facteurs de croissance et molécules bioactives recrutant les cellules endogènes, potentiel pro-angiogénique permettant une néo-vascularisation en contexte hypoxique ainsi qu’un bénéfice immuno-modulateur et anti-inflammatoire. Les cibles thérapeutiques en cours d’évaluation sont diverses et variées. Les cellules souches adipeuses jugales sont employées seules ou en combinaison à des greffons osseux autologues ou substituts osseux dans la reconstruction osseuse de fentes alvéolaires, d’atrophie mandibulaire postérieure sévère ou encore dans les séquelles de lésions kystiques. 

Par ailleurs, il a été mis en évidence un intérêt de ces agents dans le traitement de l’ostéonécrose, dont on sait qu’il n’est pas ou peu codifié. En effet, elles possèdent une synergie d’action avec les dérivés plaquettaires (PRF, PRP) et accélèrent la cicatrisation à la fois osseuse et muqueuse

 

Discussion : L’étude et le maniement des cellules souches buccales ont pour vocation de développer de nouvelles stratégies pour pallier aux limites des techniques actuelles dans la gestion du tissu osseux intra oral.  La disponibilité quasi constante de telles cellules, leur facilité d’obtention et leur origine embryologique commune avec les tissus du massif facial en font un outil de choix. 


Laurian LE GAL (Paris), Géraldine LESCAILLE
08:00 - 18:00 #29875 - Intérêts des membranes corticales en chirurgie pré implantaire : données fondamentales et revue de la littérature.
Intérêts des membranes corticales en chirurgie pré implantaire : données fondamentales et revue de la littérature.

Introduction

Les membranes corticales sont des membranes résorbables d’origine porcine ou équine, possédant un traitement de surface évitant la céramisation des cristaux d’hydroxyapatite et permettant une résorption physiologique. Il existe également un processus de décalcification superficielle permettant de conserver le collagène intrinsèque afin de générer une flexibilité et une compacité proche du tissu osseux originel. Utilisées dans un premier temps dans la réfection de plancher orbitaire, elles ont obtenu le marquage CE en 2008.

Observation

Ces membranes possèdent des propriétés physico-chimiques en adéquation avec le cahier des charges des membranes à visée pré-implantaire, à savoir l’exclusion cellulaire, la stabilisation de la greffe et le maintien de l’espace. Elles possèdent une rigidité supérieure avec et sans hydratation (respectivement 0.2 à 1 MPa et 3.7 à 5.2 MPa selon l’origine animale), un pH physiologique (6.9) mais une mouillabilité faible induisant une diminution de l’adhésion cellulaire. Leur faible absorption permet une manipulation clinique aisée malgré la présence de sang sur le site opératoire et l’absence de déchirure peropératoire. 

Leur rigidité permettrait leur utilisation dans les reconstructions horizontales et/ou verticales en agissant telle une barrière et en maintenant l’espace et la stabilisation de la greffe.

Discussion

Dans ces cas de résorption osseuse verticale et/ou horizontale, la littérature ne semble rapporter aucune différence statistiquement significative sur le gain osseux en épaisseur et hauteur en comparaison aux techniques avec prélèvements autogènes ou aux autres membranes utilisées dans les régénérations osseuses guidées.

Malgré l’absence de preuves sur une moindre adhésion cellulaire, les données histologiques montrent des résultats histomorphométriques comparables aux différentes membranes utilisées en utilisant des paramètres quantitatifs tels que le nombre d’ostéoblastes et la surface osseuse créée associées à un même os xénogénique.

Conclusion

Ces membranes semblent être une alternative intéressante en chirurgie pré-implantaire, notamment par l’absence de site de prélèvement. Cependant l’absence de preuves encore suffisantes dans la littérature ne permet pas de conclure à une supériorité de cette membrane en comparaison des autres types de membranes sur le marché ou d’un prélèvement autologue.

1.         Rossi R et al. Int J Esthet Dent. 2020;15(4):45473.

2.         Caballé-Serrano J et al. J Mech Behav Biomed Mater. sept 2019;97:1320.

 3.        Velázquez Ó et al. Int J Oral Implantol Berl Ger. 16 mars 2021;14(1):4152.


Cyril DEBORTOLI (Marseille), Romain LAN
08:00 - 18:00 #30275 - L'effet des médicaments antirésorptifs en implantologie.
L'effet des médicaments antirésorptifs en implantologie.

Les anti-résorptifs osseux sont une classe thérapeutique modifiant le remodelage osseux, particulièrement par l’inhibition de l'activité ostéoclastique. Les plus courants sont les bisphosphonates et le denosumab. Ce sont des médicaments incontournables dans la prise en charge des patients souffrant de maladies ostéolytiques bénignes (ostéoporose, maladie de Paget, ostéogenèse imparfaite, dysplasie fibreuse) ou malignes (métastases osseuses d’une tumeur solide, myélome multiple à localisation osseuse, hypercalcémie maligne).

Cependant l’utilisation de ces thérapeutiques n’est pas sans risque, dont le plus connu et le plus redouté est l’ostéonécrose des maxillaires.

Plusieurs facteurs de risque ont été incriminés dans la survenue de l’ostéonécrose des maxillaires, tels que le type de molécule, la durée du traitement et la dose cumulée, ainsi que des facteurs bucco-dentaires (geste chirurgical, maladie parodontale, port de prothèse…)

L’association américaine des chirurgiens oraux et maxillo-faciaux (2014) et la Société française de stomatologie, chirurgie maxillofaciale et chirurgie orale (2013) ont édité des recommandations de bonne pratique chez les patients sous antirésorptifs avant un geste de chirurgie orale. Cependant, il n’existe pas de recommandations spécifiques concernant la chirurgie implantaire.

Ce travail a pour objectif de faire la mise au point sur le risque d’ostéonécrose des maxillaires chez les patients sous antirésorptifs, plus particulièrement en cas de chirurgie implantaire, et sur les modalités de prise en charge de ces patients désirant faire une réhabilitation implanto-portée.


Youssef BOUHADDAOUI (Dakar, Sénégal), Laila BENJELLOUN, Saliha CHBICHEB
08:00 - 18:00 #30276 - L'ostéonécrose des maxillaires induite par les inhibiteurs de la résorption osseuse.
L'ostéonécrose des maxillaires induite par les inhibiteurs de la résorption osseuse.

Depuis 2003 est apparue une nouvelle pathologie induite par un certain nombre de médicaments administrés pour le traitement de l’ostéoporose, des métastases osseuses des cancers (sein, prostate, poumon). Il s’agit de molécules appelées bisphosphonates (BP) qui peuvent être responsables de la nécrose des os maxillaires (ostéonécrose).

Le denosumab est aujourd’hui incriminé à peu près autant que les bisphosphonates.  Des agents antiangiogéniques (le bevacizumab, le sunitinib, le sorafenib et l’aflibercept) sont aussi incriminés. Dernièrement, des mTORs, le temsirolimus, l’everolimus et le ridaforolimus sont également mentionnés dans la littérature.

L’Ostéonécrose des maxillaires (ONM) se présente souvent sous la forme d'une exposition osseuse, apparaissant de manière spontanée ou après un acte dentaire. Ces expositions osseuses dans le milieu septique de la cavité buccale donnent lieu soit à des surinfections avec fistulisation, soit à une séquestration lente. Elles se manifestent radiologiquement par une ostéolyse, des patches radioclairs osseux avec élargissement des ligaments alvéolodentaires. Une sclérose des marges corticales. Il est également noté une ostéocondensation et des séquestres osseux.

A partir d'une série de cas reçus au niveau du Centre de Consultations et de Traitements Dentaires (CCTD), Rabat, Maroc,  nous décrieront les circonstances de survenue de l'ostéonécrose des maxillaires, les caractéristiques cliniques et radiologiques, l'évolution de la maladie et certains des problèmes thérapeutiques associés.

A travers ce travail, alors, une mise au point sur cette lésion est faite. Les différentes manifestations cliniques et radiologiques ainsi que la prise en charge de ces patients  dans le service d’Odontologie chirurgicale, CCTD, Rabat, Maroc, seront abordées et objectivées selon les dernières recommandations.


Youssef BOUHADDAOUI (Dakar, Sénégal), Saliha CHBICHEB
08:00 - 18:00 #30237 - La décompression pour préserver le tissu osseux : Cas d’un large kyste inflammatoire mandibulaire.
La décompression pour préserver le tissu osseux : Cas d’un large kyste inflammatoire mandibulaire.

Résumé :

Introduction :

La décompression est une technique conservatrice indiquée en cas de lésions kystiques étendues. Elle  consiste à poser un drain mettant en communication la cavité kystique avec la cavité orale.

Nous rapportons un cas clinique d’un large kyste inflammatoire  mandibulaire  pris en charge  par une décompression.

Cas clinique:

Un patient  âgé de 28 ans pour une douleur et tuméfaction au niveau de la région mentonnière.

A l’examen clinique, il existait  une tuméfaction comblant le fond du vestibule allant de la 33 à la 43. La 43 et la 41 n’étaient  pas vivantes.

La radiographie panoramique a objectivé une image radioclaire mesurant  6 cm de diamètre.

Sur le cône beam, une image hypodense entrainant la perforation des corticales vestibulaire et linguale a été détecter.

En se basant sur les données cliniques et radiographiques, le présent cas a été diagnostiqué comme un kyste inflammatoire.

Vu l’étendue de la lésion, nous avons réalisé une décompression pendant 8 mois suivi d’une énucléation avec un traitement endodontique de la 43et une extraction de la 41.

Conclusion :

Face à une lésion kystique large, la décompression est un traitement de choix pour mieux préserver le capital osseux.


Soukaina ESSAKET (Rabat, Maroc), Karima EL HARTI
08:00 - 18:00 #30297 - La décompression des kystes des maxillaires et la néoformation osseuse.
La décompression des kystes des maxillaires et la néoformation osseuse.

Introduction

Les kystes des maxillaires sont des formations pathologiques creuses d’étiologies diverses, se situant dans l’os ou dans les tissus mous de croissance lente et expansive impliquant une thérapeutique obligatoire. Ainsi, la décompression kystique représente une bonne alternative chirurgicale permettant la diminution de la pression intrakystique avec une apposition progressive d’os néoformé par la mise en place d’un dispositif « Drain ».

Observation

Nous présentons une série de cas présentant des lésions kystiques traités  par cette option thérapeutique. Des mesures d’hygiènes ont été instaurés et réévalués durant les 1éres semaines. Le suivi était réalisé par des radiographies pour évaluer la régression de la lésion au bout de 2 mois, 4 mois ou plus pour des kystes de volumes importants qui jouxtent les structures anatomiques avoisinantes.

Discussion

La décompression kystique est une technique mini-invasive qui à l’aide d’un drain , elle réduit la pression hydrostatique intrakystique tout en favorisant une réossification partielle ou totale du site évitant dans certains cas le recours à un comblement osseux. 

 Devant des kystes maxillaires étendues , cette technique permet une cicatrisation et une ossification des cavités kystiques en évitant toute lésion des structures avoisinantes : nerf alvéolaire inférieur,  sinus maxillaire ainsi qu'une éventuelle fracture de l'angle mandibulaire.


Lamiae HALLAB (Rabat, Maroc), Loubna AMMINOU, Bouchra TALEB
08:00 - 18:00 #29615 - La dysplasie cémento-osseuse floride Evolution et prise en charge : à propos d’un cas.
La dysplasie cémento-osseuse floride Evolution et prise en charge : à propos d’un cas.

Introduction :

 Les dysplasies osseuses constituent des variantes d’un spectre de lésions ostéofibreuses bénignes, les plus fréquentes des maxillaires, de croissance lente, elles se rencontrent le plus souvent dans les régions dentées et peut être uni ou multiloculaires.

  Habituellement asymptomatique et de découverte radiologique fortuite.

 Toutefois, une infection peut survenir et la lésion passe en phase symptomatique avec douleur, un exsudat purulent, une fistulisation et séquestration

  Divers aspects radiologiques peuvent être observés selon le stade de développement atteint.

En l’absence de complications infectieuses la conduite à tenir est l’abstention surveillance.

Observation :

Patiente âgée de 39 ans a consulté pour une tuméfaction mandibulaire, au service  de pathologie et chirurgie orales au CHU Mustapha pacha d’Alger Algérie; le diagnostic de dysplasie osseuse floride a été posé sur la base des données cliniques et radiologiques et notre conduite à tenir était un traitement chirurgical pour un site infecté et une abstention surveillance pour les autres localisations asymptomatiques avec un suivi régulier sur une période de 17 ans.

Discussion :

La dysplasie cémento-osseuse est une pathologie benigne rare des maxillaires

Habituellement asymptomatique et de découverte radiologique fortuite.

 Toutefois, une infection peut survenir et la lésion passe en phase symptomatique avec douleur, un exsudat purulent, une fistulisation et séquestration

  Divers aspects radiologiques peuvent être observés selon le stade de développement atteint.

En l’absence de complications infectieuses la conduite à tenir est l’abstention surveillance.

Le rôle du médecin dentiste est primordial dans le diagnostic précoce mais également dans le suivi clinique et radiologique à long terme.

 

Conclusion :

     Les lésions  ostéo-fibreuses  du massif  facial restent des entités rares, dont le diagnostic  reste difficile  tant sur le plan histologique  que radiologique mais qui restent d’évolution lente et bénigne justifiant ainsi un suivi régulier.


Yasmina MEZGHICHE (ALGER, Algérie), Zahia BOUDAOUD
08:00 - 18:00 #30279 - Le sarcome d’Ewing intra osseux de la mandibule : à propos d’un cas clinique et revue de littérature.
Le sarcome d’Ewing intra osseux de la mandibule : à propos d’un cas clinique et revue de littérature.

Introduction :

Décrit initialement par James Ewing en 1920, Le sarcome d'Ewing (SE) est une tumeur maligne primitive osseuse ou extraosseuse à prédominance masculine touchant principalement les enfants et les adolescents. En termes de fréquence, il s’agit de la 2e tumeur maligne osseuse après l’ostéosarcome.

 Observation :

Un enfant de 12 ans en bon état de santé général, a consulté pour une tuméfaction douloureuse au niveau de l’angle mandibulaire droit ayant évolué en 1 mois. La radiographie panoramique de routine a montré une image radioclaire entourant la dent de sagesse mandibulaire droite. L’examen tomodensitométrique a révélé une masse englobant la branche montante de la mandibule avec une réaction périostée. La biopsie et l’immunohistochimie ont  permis de conclure au diagnostic de sarcome d’Ewing.

Discussion :

Rare au niveau des os de la face, le chirurgien dentiste se trouve confronté au diagnostic lorsque le SE touche les maxillaires. Cliniquement, les patients évoquent souvent une douleur avec une tuméfaction localisée. Des symptômes constitutionnels tels que fièvre, fatigue, perte de poids ou anémie sont notés.  Radiologiquement, le SE se présente sous forme d’une image lytique / mixte parfois condensante avec une réaction périostée agressive. Du fait de son fort pouvoir métastatique, le traitement repose sur une approche associant les chimiothérapies néo adjuvantes et adjuvantes, la chirurgie et / ou la radiothérapie. De ce fait l’éradication des foyers infectieux est cruciale avant l’instauration du traitement. Le suivi doit se faire au long cours afin de dépister les anomalies dentaires pouvant être induites par les traitements anticancéreux.


Lamiae HALLAB (Rabat, Maroc), Saloua DGHOUGHI
08:00 - 18:00 #30267 - le TEB (Tissue Bone Engineering), nouvelle perspective pour la régénération des défauts osseux en chirurgie orale: Définition et protocole.
le TEB (Tissue Bone Engineering), nouvelle perspective pour la régénération des défauts osseux en chirurgie orale: Définition et protocole.

L’extraction dentaire est une procédure de routine fréquemment réalisée en cas de lésions carieuses étendues, de maladie parodontale avancée, et de fracture radiculaire, ou dans le cadre d’une thérapeutique orthodontique. Suite à une extraction dentaire, la crête alvéolaire subit une résorption et une atrophie inégale. Les changements se produisent principalement durant les premiers mois suivant l’extraction et se poursuivent au cours de l’année suivante entrainant jusqu’à 50% de perte de la largeur de la crête alvéolaire vierge. 

La régénération du tissu osseux et l’ostéointégration restent des défis difficiles à relever en chirurgie buccale, surtout pour la population âgée et en présence de comorbidités. Dans ce cas, une réduction du nombre de cellules souches, de la capacité de migration, de prolifération ou de différenciation de ces cellules, une altération de la vascularisation et des propriétés du tissu osseux entraînent une diminution de la capacité de régénération. 

Les cellules souches mésenchymateuses de la moelle osseuse (CSMO) et les facteurs de croissance (FG), dérivés du plasma riche en plaquettes (PRP), ont été largement utilisés pour améliorer la guérison osseuse et le processus d’ostéointégration. La capacité de régénération osseuse des CSMO a été largement rapportée in vivo avec des résultats prometteurs. Cependant, la régénération osseuse dépend non seulement des cellules souches, mais aussi des cytokines extracellulaires. Par conséquent, l’application de produits plaquettaires, tels que le PRP, capables de libérer et de stocker des cytokines, semble être une approche intéressante pour la régénération des tissus. 

Le PRP contient des molécules d’adhésion cellulaire et des propriétés chimiotactiques qui favorisent le recrutement de CSM (Cellules Souches Mésenchymateuses) et de fibroblastes sur le site de réparation. 

Les CSM squelettiques font partie des populations cellulaires isolées de la moelle osseuse de la crête iliaque. Cependant, il a été affirmé que ces cellules ostéogéniques peuvent être isolées d’autres sites anatomiques. 

Dans le cadre d’une approche synergique de ces éléments, de nouvelles techniques ont été développées utilisant le TEB (Tissue Bone Engineering): composant constitué de CSMO riche en cellules mésenchymateuses multipotente ainsi de le PRP.  

Face au caractère invasif du prélèvement des CSMO, l’utilisation du Concentré d’Aspirat de Moelle Osseuse (CMAO) pourrait être une alternative de choix.

Compte tenu de la présence de ces éléments dans la tubérosité maxillaire, cette région pourrait constituer une source potentielle de CSMO jusqu’à présent très peu étudiée. 

Notre présentation aura comme objectif de définir le protocole de prélèvement et de traitement des deux composant du TEB: CMAO et PRP, suivant une technique ambulatoire sur fauteuil afin d’induire une régénération osseuse et faciliter la guérison des alvéoles postextractionnelles.


Leila OUAKIB (Casablanca, Maroc), Hajar OULAMMOU, Youssef NAJI
08:00 - 18:00 #30272 - Les communications bucco-sinusiennes post extractionnelles : Rapport de cas.
Les communications bucco-sinusiennes post extractionnelles : Rapport de cas.

Introduction :
Le sinus est une cavité pneumatique creusée au sein des os de la face. Les dents antrales ou sinusiennes entretiennent un rapport étroit avec le plancher sinusien. Le sinus et les apex de ces dents maxillaires (molaires et prémolaires) sont généralement séparés du plancher sinusien par un os spongieux de 3 à 4 mm d’épaisseur. Celle-ci est parfois moindre, ce qui augmente le risque de communication bucco-sinusienne, notamment après une extraction dentaire.
Observation :
Les cas de deux patients agés respectivement de 35 et 41 ans, avec un bon état général apparent sont rapportés. Ces patients se sont présentés pour une mise en état de la cavité buccale dont l'extraction de dents antrales. Celles-ci ont généré des communications bucco-sinusiennes qui ont immédiatement été prises en charge par des sutures simples.
Discussion :
Plusieurs facteurs de risques pouvant entrainer une communication bucco-sinusienne post extractionnelle ont été décrits dans la littérature. De plus, plusieurs signes et symptômes peuvent orienter le diagnostic qui sera confirmé par des examens complémentaires.
Une communication bucco-sinusienne post extractionnelle évoluera éventuellement, en l’absence de traitement, vers une guérison spontanée ou plus fréquemment vers une fistule bucco-sinusienne.
La décision thérapeutique sera prise en fonction de l’étendue de la communication. Si elle est importante, il sera nécessaire de recourir à une des diverses techniques chirurgicales rapportées dans la littérature telles que des lambeaux locaux, distants, l’utilisation du corps adipeux de la joue ou encore des greffes osseuses. Une prescription médicamenteuse et des conseils post opératoires adaptés sont ensuite communiqués au patient.
La gestion immédiate de la communication bucco-sinusienne permettra alors de prévenir les sinusites.

Zineb IDRISSI KAITOUNI (Casablanca, Maroc), Salma EL OMARI, Nadia EL WADIDI, Youssef NAJI
08:00 - 18:00 #30263 - Localisation oro-faciale de la sarcoïdose: A propos d'une observation.
Localisation oro-faciale de la sarcoïdose: A propos d'une observation.

La littérature décrit peu de patients présentant des lésions spécifiques de la sarcoïdose au niveau de la muqueuse orale. Le but de notre travail est de rappeler à travers une observation, les éléments cliniques, diagnostiques des manifestations oro-faciales de la sarcoïdose et de décrire les modalités thérapeutiques et évolutives.

Nous présentons le cas d’une dame âgée de 60 ans, anémique, dont le diagnostic de sarcoïdose a été établi suite à l’apparition de lésions orales multifocales qui offrent à décrire de l’œdème et érythème labial, perlèche commissurale, gingivite érythémateuse et hyperplasique localisée au blocs maxillaire et mandibulaire antérieurs ainsi qu’un œdème jugal. La réalisation de biopsies incisionnelles de la muqueuse orale sont revenues en faveur de lésions granulomateuses épithéliogiganto-cellulaires sans évidence de nécrose caséeuse. Notre patiente est suivie en médecine inetrne pour prise en charge de la sarcoidose ou les spécialstes retrouvent des localisations thoraco-abdominales traitées par corticothérapie systémique à doses dégraissives avec des controles réguliers. Nous constatons une rémission totale de toutes les manifestations faciales et orales après traitement systémique aux corticoides.

La sarcoïdose ; autrefois connue sous le nom de maladie de Besnier Boeck Schaumann est une granulomatose systémique, typiquement caractérisée sur le plan histologique par la formation de granulomes tuberculoïdes non caséeux au niveau des organes atteints. Son évolution est très variable. Elle suit un gradient de quatre stades allant du stade bénin dont la guérison est spontanée dans 90% des cas, au stade terminal avec un taux de rémission de 0% à 2 ans. Elle se manifeste par des adénopathies hilaires bilatérales, des infiltrations pulmonaires et des lésions cutanées dites spécifiques, ou granulomateuses, ainsi que des lésions oro-faciales Bien que peu fréquentes, les lésions orales peuvent constituer la manifestation inaugurale d’une sarcoïdose systémique. C’est pourquoi, la muqueuse orale doit être explorée en cas de suspicion de sarcoïdose.


Aida OUSSALAH (alger, Algérie)
08:00 - 18:00 #29543 - L’érythroplasie : transformation en carcinome épidermoïde et reconstruction par lambeau libre ostéo-cutané de fibula.
L’érythroplasie : transformation en carcinome épidermoïde et reconstruction par lambeau libre ostéo-cutané de fibula.

L'érythroplasie (ETP) est une macule rouge homogène, uniforme, bien limitée, ne pouvant être rattachée ni cliniquement ni histologiquement à une autre affection. Sa prévalence varie en fonction des zones géographiques (0,02–0,83%), chez l’homme ou la femme (ratio 1:1,04) d’âge moyen ou avancé. Les sites de prédilection sont le palais mou, le plancher buccal et la muqueuse jugale (Reichart, Philipsen 2005). L’étiologie de l'ETP révèle une association avec la consommation alcoolo-tabagique. Sur le plan histopathologique, on retrouve une dysplasie épithéliale légère à sévère, avec un fort risque de transformation maligne estimé à 44,9% (Villa, Abati 2011).

Le cas clinique rapporté est celui d’une femme de 76 ans sans intoxication éthylo-tabagique atteinte d'hypertension artérielle stabilisée. Elle se présente en juin 2017 en chirurgie orale avec une ETP homogène sur la muqueuse jugale gauche, dont la transformation en carcinome épidermoïde (CE) microinfiltrant est retrouvée d’emblée et a fait l’objet d’une mucosectomie après réunion de concertation pluridisciplinaire. Une récidive de ce CE est retrouvé en 2020. Après bilan d’extension ayant mis en évidence une atteinte osseuse, le traitement entrepris est celui d’une chirurgie d’éxérèse suivie d’une reconstruction mandibulaire par autogreffe de fibula associée à des séances de radiothérapie. L’opération s’est déroulée en un temps, avec deux équipes chirurgicales qui ont réalisé simultanément le prélèvement ostéo-cutané par lambeau libre de fibula et la greffe mandibulaire associée à des plaques de reconstruction. Cette technique choisie dans un but fonctionnel et esthétique apporte l’avantage d’un nouvel apport osseux solide, bien vascularisé, sur lequel une  réhabilitation prothétique est envisageable (Van Zyl, Fagan 2017). Une rééducation à la marche pendant 6 semaines ainsi qu’une alimentation parentérale ont été nécessaires. 

L'ETP est une lésion de mauvais pronostic qui est encore aujourd’hui méconnue. En effet, la difficulté du diagnostic de cette lésion (multiples diagnostics différentiels, homogénéité variable) et sa faible incidence rendent les études difficiles. De plus, le rôle d’une potentielle co-infection fongique ou virale dans son développement n’est pas clair, et l’implication alcoolo-tabagique reste incertaine. Le diagnostic de cette lésion guide le chirurgien vers une chirurgie d’éxérèse pour prévenir les récidives, dont la reconstruction dans ce cas par autogreffe est encourageante mais dont les suites post-opératoires peuvent être complexes.

En conclusion, des études complémentaires sur l’histoire naturelle, l’étiologie et l’incidence de l'ETP devraient permettre aux praticiens de dépister cette lésion plus précocément. 

1.Reichart P, Philipsen H - Oral erythroplakia, Oral Oncology 2005 ; 41(6):551-61

2.A. Villa, C Villa, S Abati - Oral cancer and oral erythroplakia; 2011; 56(3):253-6

3.Ottie Van Zyl, Johan Fagan - Lambeau libre de fibula en reconstruction oro-faciale; 2017; 1


Jeremy DOULEY (Brest), Sylvie BOISRAMÉ, Vincent JARDEL, Julien PREVOT, Jean-Christophe LECLERE, Anne-Sophie HENRY, Virginie CONAN-CHARLET, Vincent BOURBONNE
08:00 - 18:00 #30248 - L’expansion de crête osseuse sans lambeau illustrée par un cas.
L’expansion de crête osseuse sans lambeau illustrée par un cas.

La pérennité du traitement implantaire dépend initialement de la qualité du support parodontal et nécessite le respect de certains critères dimensionnels osseux et gingivaux. Ces critères obligent parfois à avoir recours à des techniques de chirurgie pré implantaire plus ou moins complexes avec des taux de succès variable. Parmi elles, l’expansion de crête est une technique bien connue, sa variante sans levée de lambeau l’est beaucoup moins. 

 

Voici le cas d’un patient présentant un défauts osseux transversal consultant pour une prise en charge implantaire. Au CBCT le site édenté présentait une cortical interne et externe séparé par de l’os spongieux. La technique d’expansion transversale sans lambeau est choisie. 

Le traitement à consister en une incision unique crestale de pleine épaisseur. Ensuite à l’aide d’un insert piezo-électrique, une ostéotomie dans l’axe de la crête a été réalisé sur 10mm de profondeur en gardant une marge d’1,5mm avec la dent la plus proche. Puis a chaque extrémité une décharge verticale au dépend uniquement de la corticale vestibulaire a été réalisé sur 10mm de profondeur en prenant soins au maximum de ne pas léser le périoste. Puis à l’aide d’un ostéotome fin, cette ébauche de volet vestibulaire a été fracturé en bois verre. Le défaut osseux inter cortical alors crée, a ensuite été comblé dé bio os. Le comblement à lui seul assurant le maintien et la stabilité du volet vestibulaire. Le site a été refermé un point en croix et le défaut muqueux présent, du fait de l’absence de levée de lambeau et donc par l’absence de laxité a été comblé par une compresse de collagène suturé. 

 A 15 jours,le défaut muqueux était refermé et un gain de tissu kératinisé était déjà objectivable. A  5 mois le volume osseux était suffisant pour une implantation.  

 

L’expansion de crête sans lambeau doit faire partie de l’arsenal thérapeutique, elle est à la fois une technique simple à mettre en œuvre, non morbide avec peu de suites post opératoires. Elle présente l’avantage de ne pas nécessiter de prélèvement sur un autre site, de gagner à la fois en volume osseux et en quantité de tissu mou. L’absence décollement périosté permet de garder une corticale vascularisé, diminuant ainsi la résorption [1]et optimisant le maintien du volume osseux.

Un minimum d’épaisseur de crête de 2mm est tout de même nécessaire pour réaliser cette technique avec la présence de deux corticales et d’un tissu spongieux entre ces dernières[2]. Se prêtant mieux au maxillaire elle trouve également son indication à la mandibule tant dans le sens transversal que verticale. 

 

[1]   Stricker A, Fleiner J, Stübinger S, Schmelzeisen R, Dard M, Bosshardt DD. Bone loss after ridge expansion with or without reflection of the periosteum. Clin Oral Implants Res 2015;26:529–36. 

[2]  Jensen OT. The Osteoperiosteal Flap: a Simplified Approach to Alveolar Bone Reconstruction. Batavia: Quintessence Publishing Co; 2019.


Brendan GUEGAN (Montpellier), Jacques Henri TORRES
08:00 - 18:00 #29463 - L’implant court : alternative en cas d’échec d'un implant standard après sinus lift ?
L’implant court : alternative en cas d’échec d'un implant standard après sinus lift ?

Cas clinique : une femme âgée de  64 ans tabagique active (54 UPA), avec ATCD de rectocolique hémorragique est adressée pour une extraction puis implantation de la dent n°16, mobile. La hauteur osseuse résiduelle de 4/5 mm indique un sinus lift. La préparation parodontale et l’arrêt du tabac sont suivis de la greffe sinusienne par voie latérale (β TCP/HA, membrane collagène). A 10 mois post-greffe un implant standard Zimmer®(4,7x11,5 mm) est posé. Un mois après la pose, l’implant doit être déposé pour absence d’ostéointégration, la patiente ayant repris par ailleurs  le tabac après chirurgie. Trois mois après la dépose et arrêt définitif du tabac, un implant court (Zimmer BiometT3®, 5(D)x6mm(L)) est posé. La mise en fonction de ce second implant est faite à 6 mois post-opératoire à l’aide d’un bistouri circulaire (6mm); après 4 semaines de cicatrisation muqueuse, une  couronne transvissée est réalisée. Le contrôle à 10 mois montre un implant ostéo-intégré posé à hauteur osseuse. Un suivi bi-annuel les trois premières années est institué. Discussion : Les implants courts permettent d’éviter les chirurgies complexes; ils diminuent le temps opératoire, la douleur et les complications hémorragiques et infectieuses (Jain N et al. J Clin Diagn Res, 2016,10 : 14-17). Ils entrainent moins de complications biologiques que les implants standards (Cruz RS et al. Braz Oral Res., 2018;32:e86). Le taux de survie à 5 ans des implants courts postérieurs est de 86,7%-100%; le taux de survie prothétique est de 90-100% (Papaspyridakos P et al. Clin Oral Implants Res, 2018, 29, suppl. 16 : 8-20). Comparés aux implants standards posés après sinus lift les implants courts ne présentent pas de différente de taux de survie (P=0,08) ni de perte osseuse (P=0,08). Ils présentent moins de complications biologiques (P < 0,00001) mais plus de complications prothétiques que les implants standards sous-sinusiens (P=0,01). 

Conclusion : L’implant court semble être une solution en cas de perte d’implant posé après sinus lift; il permet d'éviter  une seconde greffe osseuse et améliore le confort du patient. Une étude de cohorte sur 5 ans sera  nécessaire afin de confirmer  cette hypothèse.

Alp ALANTAR. Service d’Odontologie de l’Hôpital de Nanterre. 403 av. de la République. 92014,  Nanterre. Courriel : alpalantar@wanadoo.fr

 


Alp ALANTAR (Paris), Maxime LAVIGOGNE, Laurence SENOUSSI, Shady GHAZAL, Adel HAMDANI, Georges KHOURY
08:00 - 18:00 #30218 - L’utilisation du pullulane et/ou du dextrane pour la régénération osseuse : une revue systématique de la littérature.
L’utilisation du pullulane et/ou du dextrane pour la régénération osseuse : une revue systématique de la littérature.

Introduction : Les pertes de substances osseuses peuvent être liées à un traumatisme, une malformation ou un cancer. Le recours à des substituts osseux est nécessaire en chirurgie orale pour répondre à ces pertes. En clinique, l’autogreffe reste la technique la plus employée car elle confère toutes les propriétés requises pour réparer l’os lésé à savoir l’ostéoinduction, l’ostéoconduction et l’ostéogénèse. Elle nécessite cependant des chirurgies supplémentaires pour extraire la greffe à implanter et peut être à l’origine de morbidités et/ou douleurs au niveau du site donneur. Différents biomatériaux ont ainsi été développé (par exemple à partir de collagène) mais leur origine xénogénique rend parfois la greffe difficile. C’est pourquoi l’utilisation de matériaux dépourvus d’origine étrangère, comme les polysaccharides, pourrait être une alternative intéressante en régénération osseuse. Grâce à leurs propriétés physico-chimiques, les polysaccharides et plus particulièrement le dextrane et le pullulane, s’avèrent être des ressources intéressantes pour l’ingénierie tissulaire osseuse. Cette revue systématique vise à résumer et identifier les différentes stratégies d’utilisation du pullulane et/ou dextrane en régénération osseuse.

Matériel et méthode : L’élaboration de cette revue a été réalisée d’après les recommandations de PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Review and Meta-Analysis). Trois bases de données (PubMed, Scopus et Web of Science) ont été analysées pour sélectionner les articles à inclure dans la recherche.

Résultats : Vingt-huit articles ont été sélectionnés pour cette revue systématique s’intéressant à la régénération osseuse de biomatériaux issus du pullulane et/ou du dextrane dans des modèles pré-cliniques. Différents types d’applications de ces matériaux ont été rapportés pour régénérer les défauts osseux. Ainsi, ces biomatériaux ont pu être utilisés comme système de délivrance de facteurs de croissance et/ou de cellules, comme matériau de comblement ou comme solution injectable. Les différents procédés de fabrication de ces biomatériaux (composition, fonctionnalisation du polysaccharide, réticulation…) ont également été répertoriés.

Conclusion : L’emploi de ces substituts osseux comme matériaux de comblement injectables pourrait faciliter leur utilisation en clinique. Leur origine naturelle pourrait également être une alternative aux substituts déjà commercialisés.


Naïma AHMED OMAR, Paul GALVEZ (Bordeaux), Joëlle AMÉDÉE, Jean-Christophe FRICAIN, Laurent BIDAULT, Didier LETOURNEUR, Mathilde FENELON
08:00 - 18:00 #30260 - Maintien du volume osseux par mini implant dans le cas d'agénésie de l'incisive latérale maxillaire chez l'adolescent: à propos d'un cas clinique.
Maintien du volume osseux par mini implant dans le cas d'agénésie de l'incisive latérale maxillaire chez l'adolescent: à propos d'un cas clinique.

L'agénésie des incisives latérales maxillaires est une anomalie de nombre  fréquemment rencontrée en consultations de prothèse.

Souvent orientés par nos confrères orthodontistes à l'adolescence, ces agenesies impliquent une interelation ortho-paro-prothèse qui permet de répondre d'une façon efficiente au double préjudice, esthétique et fonctionnelle, occasionné, et ce par un traitement prophétique implanto-porté qui ne pourra être entrepris qu'après la fin de la croissance,
Pendant cet interval de temps le maintien du niveau osseux se fera grâce à une temporisation par mini implant afin d'éviter une résorption osseuse par hypofonction des sites d'agénésie
L'objectif de ce travail est de mettre en évidence à travers le cas d'une patiente âgée de 16 ans, porteuse d'agénésies des deux incisives latérales maxillaires, les étapes cliniques de cette temporisation par mini implants suite à l'ouverture des espaces implantaires par traitement orthodontique,  ainsi qu'une évaluation du volume osseux sur cône beam, afin de démontrer l'effet de cette temporisation sur le maintien du niveau osseux.


Nadji BENAZALA (alger, Algérie), Reda Lotfi ALIM, Nassima NAILI DOUAOUDA, Madjid ABDMEZIEM, Ghania CHAHBOUN
08:00 - 18:00 #29753 - Manifestations buccales inaugurales d’hémopathies malignes chez l’enfant : à propos de 2 cas.
Manifestations buccales inaugurales d’hémopathies malignes chez l’enfant : à propos de 2 cas.

Les hémopathies malignes désignent un ensemble hétérogène de néoplasies des cellules sanguines et de leurs précurseurs. D’après la classification de l’OMS de 2016, on distingue principalement les atteintes de la lignée myéloïde (les leucémies aiguës/chroniques myéloblastiques (LAM/LCM), les syndromes myéloprolifératifs et les syndromes myélodysplasiques) de celle de la lignée lymphoïde (les leucémies aiguës/chroniques lymphoblastiques (LAL/LCL), la maladie de Hodgkin et les lymphomes non hodgkinien) (Swerdlow 2016).

Elles représentent environ 40% de la totalité des cancers avant l’âge de 15 ans (Mehta  2003).

Leurs manifestations orales varient en fonction de l’élément figuré du sang atteint. On retrouvera fréquemment les signes d’une pancytopénie (pâleur des muqueuses, gingivorragies, ulcérations) accompagnée d’une hyperplasie gingivale dans les cas de leucémie, et de tuméfactions de la muqueuse orale pour les lymphomes (Czarny 2020).

Ces tuméfactions peuvent être confondues avec des infections dentaires. Une palpation des aires ganglionnaires, un bilan hématologique et une biopsie seront alors impératifs pour poser le diagnostic.

 

Le premier cas clinique rapporté est celui d’un enfant de 7 ans adressé pour une lésion gingivale apparue suite à l’avulsion d’une 73 ne cicatrisant pas et associée à une tuméfaction sous angulo-mandibulaire gauche évoluant depuis 1 mois. Cette tuméfaction ayant évoquée le diagnostic d’une cellulite odontogène en 1ère intention, une antibiothérapie avait été prescrite sans signe d’amélioration. L’examen clinique avait retrouvé une tuméfaction d’aspect ulcéro-bourgeonnante en site de 73 associée à de multiples adénopathies sous-mandibulaire et cervicales gauches. Une biopsie ainsi qu'un bilan d’extension ont permis de poser le diagnostic de lymphome T/NK anaplasique à grandes cellules.

 

Le second cas est celui d’un nourrisson de 1 an dont les parents avaient consulté suite à l’apparition d’un bourgeonnement gingival associé à l’éruption précoce de la 75. Devant l’évolution croissante de la lésion, malgré l’avulsion de la dent et l’instauration d’une antibiothérapie, une NFS a été prescrite et a retrouvé 17% de blastes circulants. Le bilan d’imagerie décrivait une masse solide ostéolytique refoulant les germes dentaires. Après bilan complet, le diagnostic de LAM a été posé. Malgré une prise en charge par chimiothérapie et radiothérapie, le patient décèdera à l’âge de 18 mois.

 

Les lésions buccales des hémopathies malignes réalisent un tableau clinique diversifié qui nécessite de les replacer dans un contexte clinique et biologique précis. Le diagnostic ne se fera qu’après des examens appropriés mais la détection précoce d’une lésion par un spécialiste de la cavité orale peut permettre une orientation et une prise en charge adaptée avec amélioration du pronostic.

 

Swerdlow SH et al. Blood, 2016; 127: 2375–2390

Mehta AB et al. Hématologie. Paris: De Boeck Supérieur, 2003, 212 p.

Czarny K et al. EMC-Médecine buccale, 2020; 0 :1-16


Rémi DURAND (Ivry-sur-Seine), Claire LUTZ, Nathan MOREAU, Anne-Laure EJEIL
08:00 - 18:00 #29537 - Manifestations orales de la syphilis : à propos d'un cas.
Manifestations orales de la syphilis : à propos d'un cas.

La syphilis est une infection sexuellement transmissible, causée par le tréponème pâle, une bactérie à réservoir exclusivement humain. Ces dernières années, l’augmentation des pratiques sexuelles à risque s’est accompagnée d’une résurgence de la syphilis, avec une contamination prédominante des individus de sexe masculin. La chronologie clinique de la syphilis se découpe en quatre phases bien définies. En premier, la syphilis primaire, caractérisée par une ulcération extrêmement contagieuse, ou « chancre syphilitique », paucisymptomatique et transitoire, apparaissant au site d’inoculation et plus ou moins accompagnée d’une adénopathie satellite. Ensuite intervient la syphilis secondaire, surnommée la « grande imitatrice » en raison de la variabilité des aspects cliniques qu’elle peut revêtir, qui régresse pour laisser place à la syphilis latente. Enfin, la syphilis tertiaire, rare de nos jours grâce aux antibiothérapies (pénicilline), représente le dernier stade de la maladie. Il se manifeste par des gommes syphilitiques et peut entrainer des complications cardiaques et neurologiques. Le diagnostic repose sur la réalisation d’une sérologie à l’aide de tests non tréponémiques (VDRL) et tréponémiques (TPHA), à corréler aux signes cliniques.

Le cas clinique rapporté est celui d’un homme de 63 ans, fumeur, traité par hydrocortisone pour un urticaire et se plaignant de l’apparition soudaine d’une surdité bilatérale et de « plaies orales ». L’examen clinique a mis en évidence des ulcérations multiples du versant muqueux de la lèvre inférieure, des faces dorsales et latérales linguales et du palais dur évoluant depuis 15 jours.  Ces ulcérations étaient traitées par des bains de bouche composés. Les habitudes de vie du patient et les examens biologiques confirmeront le diagnostic de syphilis. L’antibiothérapie instaurée a permis la régression progressive des lésions orales.

Les manifestations orales peuvent être présentes à tous les stades de la maladie, mais elles sont surreprésentées au stade secondaire. Son diagnostic représente un défi pour le chirurgien-dentiste. Le grand polymorphisme clinique de la syphilis secondaire nécessite d’approfondir l’historique du patient afin de détecter des pratiques sexuelles à risque, d’autant plus lorsque les manifestations orales sont isolées. Enfin, bien que la sérologie reste l’outil diagnostic de choix, il est nécessaire de réaliser une bonne interprétation des résultats, compte-tenu de la possibilité de faux négatif, de réinfection et de retard de séroconversion (de Andrade 2021). Ces paramètres compliquent le diagnostic, expliquant l’errance et le retard diagnostic de la syphilis chez les patients atteints de lésions orales. Or, un diagnostic précoce est primordial pour limiter le risque de transmission et de complications de la syphilis tertiaire. En effet, l’antibiothérapie permet une guérison rapide et généralement sans séquelles de toutes les lésions y compris orales.

De Andrade et al. Oral dis. 2021;00:1–12


Claire LUTZ (Paris), Margaux PINANA, Constance LAGADIC, Anne-Laure EJEIL
08:00 - 18:00 #29396 - Migration d'une aiguille fracturée suite à une anesthésie à l’épine de Spix : A propos d’un cas.
Migration d'une aiguille fracturée suite à une anesthésie à l’épine de Spix : A propos d’un cas.

Le contrôle de la douleur par l’anesthésie locale et loco régionale représente un aspect important de la gestion des douleurs lors des  procédures thérapeutiques  dentaires. Ce mode d'anesthésie peut néanmoins occasionner des accidents locaux ou généraux. La rupture de l'aiguille pendant l'administration de l'anesthésie locale se produit encore et ceci malgré le développement d'alliages inoxydables et flexibles utilisés dans les aiguilles dentaires modernes et jetables (Altay MA 2014).

L’observation clinque rapportée dans ce travail  concerne un patient âgé de 40 ans qui nous a été orienté par un confrère libéral  pour une  fracture de l’aiguille au cours d’une extraction d’une molaire mandibulaire. La symptomatologie clinique était absente et l’orthopantomogramme a pu localiser l’emplacement.

Bien que rare, cette complication  reste l'une des complications les plus redoutables de l'anesthésie locale, car elle  peut entraîner des conséquences graves et potentiellement mortelles en violant les structures anatomiques vitales vasculaires ou neurologiques. Elles peuvent être  secondaires à l'aiguille elle-même ou à sa migration dans des zones anatomiques voisines adjacentes. Le fragment de l'aiguille fracturée  ne bougerait que par le mouvement des muscles lors de la conversation, la  mastication et de la déglutition.  Les causes de cette complication sont nombreuses elles sont liées  soit au praticien, patient et fabriquant (Dojcinovi I 2007). L’imagerie est indiquée pour la visualisation de l’emplacement exact de l’aiguille  et pour le contrôle de sa  migration.

Il n’existe pas de consensus pour la gestion de cette complication. Certains auteurs recommandent l’ablation dans les  brefs délais, par contre d’autres  optent pour la surveillance du patient et interviennent chirurgicalement en cas de migration dangereuse (Acham S 2019).

Vu que cette complication peut avoir des conséquences fâcheuses, la prévention reste le meilleur traitement avec une gestuelle maitrisée, un patient mis en confiance et un contrôle des instruments.  

Altay MA et al. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol, 2014, 118:161–165.

Dojcinovi I et al. SCMF, 2007:222-224

Acham S et al. Clinical Oral Investigations, 2019, 23 :1109–19


Meriem BENDOUKHA (Oran, Algérie)
08:00 - 18:00 #30030 - Neuropathie trigéminale douloureuse du nerf alvéolaire inférieur après cicatrisation atypique post-avulsion d’une troisième molaire mandibulaire : à propos d’un cas.
Neuropathie trigéminale douloureuse du nerf alvéolaire inférieur après cicatrisation atypique post-avulsion d’une troisième molaire mandibulaire : à propos d’un cas.

Introduction :

Les lésions du nerf alvéolaire inférieur sont des complications connues et fréquentes (0,4 à 5,5%) de l’avulsion des dents de sagesse, se traduisant par des paresthésies et dysesthésies labio-mentonnières post-opératoires, le plus souvent spontanément résolutives mais parfois permanentes.1

Il est rapporté ici le cas atypique d'un patient atteint d'une neuropathie post-traumatique du nerf alvéolaire inférieur après avulsion d’une troisième molaire mandibulaire gauche.

 

Observation :

Un homme de 40 ans a été reçu en consultation douleur pour des suites douloureuses suite à l’avulsion de ses dents de sagesse 1 an auparavant. Ces avulsions ont été à l’origine d’une hypoesthésie labio-mentonnière gauche séquellaire associée à de discrètes régions d’hyperesthésie et une sensation de lourdeur au niveau du foramen mentonnier gauche.

Cette complication post-opératoire avait une forte répercussion sur la qualité de vie du patient qui rapportait des difficultés à l’alimentation et à l’élocution.

L’examen clinique exobuccal était sans particularité (avec notamment absence d’adénopathies cervico-faciales ou de tuméfaction). L’examen endobuccal permettait d’objectiver une cicatrisation muqueuse complète au niveau de la région opérée. Cependant, un cordon fibreux semblait relier la zone rétromolaire et la ligne oblique externe. La palpation de cette zone déclenchait les douleurs labio-mentonnières décrites par le patient.

L’examen radiographique CBCT retrouvait un défaut de cicatrisation osseuse au niveau des deux sites opératoires mandibulaires avec un aspect évocateur d’une ostéite chronique. En site de 38, il était objectivé une solution de continuité au niveau de la portion supérieure du canal mandibulaire sans os sus-jacent, avec présence d’une invagination tissulaire en regard remontant jusqu’à la branche montante (vraisemblablement au niveau du fascia massétérin).

Un traitement par prégabaline (350 mg/jour) et laroxyl (15 gouttes/jour) a permis la cédation des douleurs à la fonction sans toutefois modifier les sensations de lourdeur et d'anesthésie labio-mentonnières.

 

Discussion et conclusion :

L’existence de douleurs à la fonction dans les cas de neuropathies trigéminales peut être classiquement attribuée à la sollicitation de régions hyperalgésiques ou allodyniques, du fait de la sensibilisation périphérique (et parfois aussi centrale) consécutive à la lésion nerveuse. Cependant, le cas présent était atypique par la présence d’une bride fibreuse mettant en traction le pédicule alvéolaire inférieur lors des contractions massétérines. La question d’une reprise chirurgicale pour détacher cette bride fibreuse du nerf alvéolaire inférieur mérite réflexion compte-tenu du risque non négligeable d’aggraver la neuropathie existante.

 

1 – Carmichael FA & McGowan DA. Br J Oral Maxillofac Surg. 1992, 30(2), 78-82.


Arek SULUKDJIAN, Amélie ALBISETTI, Benjamin SALMON, Anne-Laure EJEIL, Nathan MOREAU, El Hassan FAOUZI (Paris)
08:00 - 18:00 #28881 - Oral Manifestation of Lymphomatoid Papulosis: Systematic Review and cases report.
Oral Manifestation of Lymphomatoid Papulosis: Systematic Review and cases report.

Introduction :  La papulose lymphomatoïde (Ply) se caractérise par une éruption chronique, récurrente de papules et/ou d’ulcérations (1). Malgré un excellent pronostic avec auto-régression, elle est associée à un risque accru de développer un lymphome. L’atteinte orale de cette pathologie est peu décrite. Nous avons souhaité identifier et caractériser leurs aspects cliniques, histologiques et les modalités de prise en charge et les comparer aux atteintes cutanées.

Matériel et méthode : Nous avons donc effectué une revue de littérature selon la méthode PRISMA et étudiés 5 cas cliniques de manière rétrospective et monocentrique.

Résultats : Avec 16 références rapportant 28 cas cliniques, la Ply orale atteignait les femmes entre 30 et 40 ans, sous forme d’ulcérations ou de nodules ulcérés uniques. Dans la littérature, la localisation linguale était la plus fréquente suivie des lèvres, alors que le palais dur et la gencive étaient plus atteints chez nos patients. Les types A et C étaient les plus représentés dans les études et chez nos patients, mais ¼ des cas n’avait pas été typés et l’attitude la plus fréquemment retrouvée était l’abstention thérapeutique. Les récidives étaient fréquentes avec 1 seul cas de lymphome associé, alors qu’aucun de nos cliniques n’a présenté de récidive ou de lymphome.

Discussion : Les Ply cutanées concernent plutôt les hommes âgés. L’aspect clinique est variable, majoritairement sous forme de papules. Une large majorité de type A est retrouvée, alors qu’il concerne moins de la moitié des cas oraux. Contrairement à l’atteinte orale, 15,5% à 52% des Ply cutanées présentent un lymphome associé (2-3).

Des analyses histologiques, réalisées 3 semaines après survenue de la lésion, n’étaient pas concluantes. Les lésions initiales étaient des ulcérations nécrotiques avec halo violacé et plus tardivement, des ulcérations fibrineuses, aux bords surélevés. Cette variabilité a été décrite par plusieurs auteurs proposant 4 grades cliniques : un stade inflammatoire, hyperkératosique, ulcéronécrotique puis un stade cicatriciel (4). Illustrant le caractère évolutif des PLy, il semblerait que seules les Ply orales débutantes présentent les caractéristiques histopathologiques correspondantes.

Conclusion : Les Ply orales semblent donc différer des cutanées par leur distribution épidémiologique, leur évolution et leur association aux lymphomes. Cependant, les échantillons sont trop faibles, les descriptions cliniques et histologiques dépendantes des auteurs, et le suivi entre chaque étude est hétérogène. De plus, seules les lésions de PLy orale biopsiées permettant leur caractérisation histologique sont publiées sous ce terme. Il est donc possible que de nombreux cas de Ply orale ne soient pas signalés.

Willemze R, Blood. 2019; Wieser I, J Am Acad Dermatol. 2016 ; Melchers RC, JEADV. 2019; Moura FN, Arch Dermatol. 2009;


Diane RENÉ CORAIL (PARIS), Anne Sophie CALVO, Pauline QUILHOT, Géraldine LESCAILLE, Vanessa BAAROUN, Marine MONDOLONI, Juliette ROCHEFORT
08:00 - 18:00 #29370 - Ostéo-immunologie et Stress Oxydatif: les deux pièces manquantes du puzzle de l'ostéo-intégration.
Ostéo-immunologie et Stress Oxydatif: les deux pièces manquantes du puzzle de l'ostéo-intégration.

L'ostéoimmunologie est la science moderne qui prend en compte l'influence du système immunitaire sur le métabolisme osseux mais également sur tous les phénomènes de cicatrisation tissulaire. En effet, la cicatrisation osseuse démarre par une réaction immunitaire: l'inflammation déclenchée par la libération de cytokines inflammatoires. Ces cytokines sont responsables de l'angiogenèse qui va activer la formation du cal osseux.

Le comportement des cellules osseuses est dépendant du fonctionnement du système immunitaire: un taux élevé d'oxydants dénommé également stress oxydatif va entrainer une défaillance du système immunitaire avec comme effets collatéraux une infection, une résorption osseuse par arrêt du remodelage ou une fibro-intégration.. C'est ce que l'on rencontre par exemple chez les diabétiues, les fumeurs, les patients allergiques à la penicilline ou lors de maladies inflammatoires chroniques..

Un métabolisme osseux favorable passera obligatoirement par une réduction du stress oxydatif au moyen de diverses solutions comme la supplémentation adéquate en vit.D, la réduction du taux de LDL cholestérol ou d'autres stimulants adéquats de l'immunité. L'antibioprophylaxie doit être également revisitée afin d'utiliser des antibiotiques dotés de propriétés immunitaires non négligeables.

Il sera aisé de démontrer que la péri-implantites est une maladie immunitaire à l'origine de la fonte osseuse autour de l'implant, déclenchée par un stress oxydatif osseux.


Joseph CHOUKROUN (NICE)
08:00 - 18:00 #30292 - Ostéoradionécrose diffuse des maxillaires : À propos de deux cas.
Ostéoradionécrose diffuse des maxillaires : À propos de deux cas.

Introduction :

L’ostéoradionécrose (ORN) est une complication liée à une radiothérapie de la région cervico-faciale. Le risque d’ORN est plus fréquemment post-traumatique sur la mandibule que lemaxillaire et il persiste plusieurs années après une irradiation.

 Le diagnostic repose sur des arguments cliniques et radiologiques, et impose d’éliminer une récidive tumorale.

À travers deux cas cliniques et une revue de la littérature, nous allons détailler les caractéristiques cliniques et radiologiques de l’ORN diffuse, le diagnostic différentiel ainsi que les différentes modalités de prise en charge de cette affection et les précautions à prendre en chirurgie orale lorsque cette complication est installée.

Observation :

Nous rapportons deux cas clinique d’ostéoradionécroses diffuses des maxillaires.

Un premier cas d’un patient âgé de 23 ans quia consulté pour une mise en état  de la cavité orale et qui a comme antécédents : un  cancer de la  racine du nez  traité par une radiothérapie cervico-faciale à l’âge de 15 ans. Le patient n’a réalisé aucune extraction ou soin depuis sa radiothérapie. L’examen clinique a objectivé un trismus, une sécheresse buccale et plusieurs racines dentaires. 

La radiographie panoramique a montré des raréfactions osseuses généralisées. Le cone beam a montré de multiples zones lytiques maxillaire et mandibulaire.

Le 2ème cas est celui d’une patiente de 45 ans qui a consulté pour une douleur etune tuméfactionmandibulaire droite.La patiente est porteuse d’une prothèse totale et a comme antécédents un cancer du cavum traité par une radiothérapie à 80 Gy à l’âge de 20 ans.A l’examen clinique, on a noté une limitation d'ouverture buccale, une tuméfaction mandibulaire droite avec un drainage purulent intrabuccal.Sur la TDM, des images d’ostéolyse maxillaire, mandibulaire et la base du crane ont été révélées.

Conclusion :

Devant tout patient irradié dans la sphère cervico-faciale, un examen clinique et radiographique minutieux doit être effectué afin de détecter tout signe d’ostéoradionécrose localisée ou diffuse. Il est également important de différencier l’ORN d’autres affections etde connaitre les modalités de prise en charge de ces patients diagnostiqués avecune ORN.


Soukaina ESSAKET (Rabat, Maroc), Laila BENJELLOUN, Karima EL HARTI
08:00 - 18:00 #29539 - Paralysie faciale périphérique : Diagnostique et Prise en charge.
Paralysie faciale périphérique : Diagnostique et Prise en charge.

Cas clinique : Un patient de 72 ans se présente en urgence à la consultation d’odontologie pour un trouble de la motricité faciale apparu récemment. Ses ATCD sont une arythmie, un diabète et une HTA; il est traité par rivaroxaban, amlodipine et nicardipine. Les signes faciaux de la partie haute du visage sont marqués par un effacement des rides du front, un sourcil abaissé, une impossibilité de fermer l’œil (lagophtalmie) et un signe de Charles Bell à la tentative d’occlusion palpébrale. Parmi les signes de la partie basse du visage, on observe une bouche attirée du côté sain, une chute de la commissure labiale, un effacement du sillon naso-génien, une impossibilité de gonfler les joues. Le diagnostique de paralysie faciale périphérique gauche (PFP) est posé. Le patient a été traité par prednisone (80mg/j, 20 jours puis à dose dégressive), larmes artificielles (thealose/hyaluronidate de sodium, 3 à 4 gouttes/j, kinésithérapie motrice de la face 12 séances.

Après 1 mois, on observe une légère amélioration des signes moteurs avec un sourcil surélevé, une déviation minime de la bouche avec une absence de chute de la commissure labiale avec persistance du signe de Charles Bell. Une corticothérapie à dose dégressive de 60mg/j est poursuivie 10 jours.

Discussion : Le nerf facial est un nerf mixte (moteur, sensitif, végétatif, sensoriel). La paralysie faciale a frigorereprésente 50 à 70% des cas de paralysie faciale. On différencie l’atteinte périphérique de l’atteinte centrale par un déficit moteur homogène et l’absence de dissociation automatico-volontaire. Le traitement comporte la corticothérapie précoce (dans les 72h) pendant 7 à10 j. Les corticoïdes favorisent la récupération des fonctions faciales à 3 mois par rapport à l’absence de traitement (p<0,001)(Sullivan FM et al. Health Tech Ass, 2009 13(47) :1-130). Les corticoïdes réduisent la durée de récupération (p<0,0001)(Engström M et al. Lancet Neur, 2008(7)11 :993-1000). L’aciclovir seul ou en association aux corticoïdes n’a pas d’effet sur l’amélioration des fonctions faciales (p=0,9)(Sullivan FM et al. Health Tech Ass 2009 13(47) :1-130). La surveillance de l’œil est importante pour limiter le risque de kératite d’exposition (pommade, larmes artificielles, fermeture de l’œil la nuit). Les thérapies physiques souvent prescrites (massages faciaux, acupuncture, électrostimulation) n’ont pas montré de bénéfice dans la récupération de la paralysie faciale périphérique (Teixeira LJ et al. Cochrane data, 2011(12) :CD006283).

Conclusion : Le diagnostique de paralysie faciale périphérique est clinique avec un ensemble de signes dont le signe pathognomonique de Charles Bell. Le traitement précoce par corticothérapie à forte dose favorise la récupération. L’aciclovir n’a pas montré d’efficacité. La prise en charge oculaire est importante pour éviter la kératite d’exposition. 

 


Maxime LAVIGOGNE (Paris), Alp ALANTAR, Alex CLEMENT
08:00 - 18:00 #29866 - Place de l’impression 3D dans les techniques chirurgicales d’auto-transplantation de dent incluse.
Place de l’impression 3D dans les techniques chirurgicales d’auto-transplantation de dent incluse.

Introduction

L’auto-transplantation est une technique chirurgicale de remplacement temporaire ou définitif d’une agénésie dentaire ou d’une dent extraite. Le choix du transplant dentaire est une dent incluse ou une dent de sagesse dont l’édification radiculaire n’est pas finalisée. Un des paramètres de succès de la transplantation et de sa revascularisation est la limitation du traumatisme chirurgical du transplant et un intervalle de temps réduit entre l’extraction et sa réimplantation dans le site receveur. Dans les cas de dent incluse avec échec ou impossibilité de traction orthodontique de la mise en place sur arcade, le choix d’une transplantation est une solution. Cependant dans ce cas spécifique la création d’une alvéole en adéquation avec l’anatomie radiculaire du greffon est chronophage et le risque d’ischémie prolongée et de traumatisme lié à la manipulation du greffon peut être un facteur d’échec. La planification chirurgicale à l’aide d’une maquette du greffon imprimé en 3D en résine stérilisable est un outil d’aide pour conformer l’alvéole receveuse avant l’extraction du transplant. Cette technique chirurgicale constitue une aide significative de gain de temps et de manipulation du greffon pour optimiser la revascularisation du greffon.

Patients et méthodes

Deux cas d’autotransplantations de canines incluses sont rapportés. Dans cette note technique, l’ensemble de la planification et de la procédure chirurgicale à travers deux patients est décrit. Après la levée d’un lambeau muco-périosté, l’alvéole est conformée à l’anatomie du gabarit radiculaire imprimé en 3D. Chaque canine incluse a été extraite puis immédiatement mise en place dans son alvéole. Les étapes orthodontiques nécessaires au déroulement de la transplantation en périodes pré/per/post-opératoires sont précisées.

Résultat

Cette procédure a permis un temps extra-alvéolaire de moins de 1 minutes avec une revascularisation pour chaque canine. La sensibilité pulpaire a été retrouvé en 3 semaines.

Discussion

Les indications, avantages, inconvénients et le bénéfice/financier/risques des indications d’autotransplantations à l’aide de répliques sont discutés.

L’utilisation de répliques tridimensionnelles permet la diminution du temps extra-alvéolaire du transplant, du traumatisme du greffon, et du temps opératoire. L’ensemble de ces paramètres permet d’augmenter la probabilité du taux de survie et de succès du transplant.

La surveillance de la dent s’effectue au niveau parodontale, pulpaire et esthétique.

 

Conclusion

 

L’impression d’une réplique 3D en résine stérilisable est un outil d’aide efficient pour l'auto-transplantation de dents incluses.

 

*Gupta S. and al.  J Conserv Dent. 11 janv 2015;18(6):500

*Kafourou V and al. Dent Traumatol Off Publ Int Assoc Dent Traumatol. oct 2017;33(5):393‑9.

*Verweij JP and al. J Oral Maxillofac Surg Off J Am Assoc Oral Maxillofac Surg. janv 2020;78(1):35‑43.


Cyril DEBORTOLI (Marseille), Franck AFOTA, Jean-Hugues CATHERINE, Barbara LERHE, Anne CORAZZA, Charles SAVOLDELLI
08:00 - 18:00 #30266 - Plasmocytome isolé maxillaire et Gammapathie monoclonale de signification indéterminée révélateurs d’un myélome multiple : A propos d’un cas.
Plasmocytome isolé maxillaire et Gammapathie monoclonale de signification indéterminée révélateurs d’un myélome multiple : A propos d’un cas.

Introduction

Les gammapathies monoclo nales de signification indéterminée (Monoclonal Gammopathy of Undetermined Significance [MGUS]) sont des affections asymptomatiques, caractérisées par la présence d’un clone plasmocytaire dans la moelle osseuse sécrétant une immunoglobuline (Ig) monoclonale dans le sérum et/ou les urines (Caers J 2014). La prévalence de la MGUS est de 3% au-delà de 70 ans et plus élevée chez les individus d’origine africaine et de sexe masculin.

Observation clinique

Le cas rapporté est celui d’un  patient de sexe masculin  âgé de 65 ans qui nous a été adressé en 2017 par son médecin dentiste pour une tuméfaction douloureuse sise au  niveau  maxillaire gauche prise pour un accident cellulaire infectieux. Les antécédents médicaux retrouvent  une polyarthrite rhumatoïde et une gammapathie monoclonale à signification indéterminée MGUS depuis 2014. L’examen buccal a révélé une tuméfaction endo-buccale au niveau du secteur canin prémolaire maxillaire gauche. La 23 était  mobile et douloureuse. Le panoramique dentaire a révélé une lacune osseuse en cuvette allant de la 23 à la zone molaire et la TDM a révélé une lésion tissulaire ostéolytique. Le  résultat biopsique est revenu en faveur d’un plasmocytome osseux (PO). L’examen d’extension a montré l’unicité de la lésion.    

Le diagnostic de myélome multiple(MM) suite à une transformation de MGUS a été retenu. Il a bénéficié d’une chimiothérapie et d’une autogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Une récidive du PO avec la même symptomatologie  initiale a été observée en 2021 et la recherche d’une  rechute du MM est revenue négative confirmant ainsi la récidive locale du PO et une radiothérapie à visée curatrice a été  indiquée.

Discussion

L’électrophorèse des protéines met en évidence le type de l’immunoglobuline. la présence d’une immunoglobuline (Ig) monoclonale en l’absence de lésions osseuses, d’anémie, d’hypercalcémie ou d’insuffisance rénale et moins de 10% de plasmocytes médullaires monoclonaux définissent la MGUS. Elle constitue  un  état pré néoplasique d’une hémopathie lymphoïde (lymphome lymphoplasmocytaire, maladie de Waldenström et  leucémie lymphoïde chronique et dont le responsable est l’isotype IgM)  ou d’un MM ou PO (isotype IgG, IgA,) (Touzeau C 2019) ..La MGUS nécessite une simple surveillance médicale  à long terme.

Conclusion

La MGUS  représente l’un des  précurseurs connus du  MM (Atkin C et al 2018). L’évaluation de l’atteinte osseuse se base sur les nouvelles techniques radiologiques plus sensibles au dépend de la radiologie conventionnelle, comme TEP Scanner et l’IRM.

Réferences  

Caers J et al. Rev Med  2014; 69 : 41-46

Touzeau C et al. EMC  2019

Atkin C et al .Clinical Medicine. 2018 ; 18(5) : 391- 396

 


Meriem BENDOUKHA (Oran, Algérie), Mehdi OUKIL, Soumia ABDERAHMANI, Miloud MEDJAMIA
08:00 - 18:00 #29665 - Potentiel ostéorégénérateur d’un matériau local à base de kaolinite “ lopko”: essai primaire de toxicité systémique aigüe.
Potentiel ostéorégénérateur d’un matériau local à base de kaolinite “ lopko”: essai primaire de toxicité systémique aigüe.

Contexte: les biomatériaux utilisés dans le cadre de la régénération des pertes osseuses de la sphère orale et maxillo-faciale subissent préalablement plusieurs essais. Il s’agit d’essais primaires, d’essais secondaires, d’essais d’utilisations chez l’animal et d’essais cliniques chez l’homme. Récemment, le pouvoir ostéorégénérateur de certains matériaux à base de silice a été mis en évidence. Ils sont ainsi commercialisés et utilisés en clinique. En Côte d’Ivoire, le laboratoire de chimie des matériaux inorganiques a montré qu’un matériau local à base de kaolinite dont le nom vernaculaire est le “Lopko” est riche en silice. Le “Lopko” peut-il avoir un potentiel ostéorénégérateur ?  Pour répondre à cette question, une étude préalable de la toxicité systémique aigüe du “Lopko” est nécessaire.  L’objectif de ce travail est de déterminer la dose maximale tolérée (DMT) et la dose létale 50 % (DL50) de ce matériau. Matériel et méthode : Il s’agit d’une étude de toxicité systémique aigüe réalisée sur des souris Mus musculus (Muridae). Le Lopko” à différentes doses a été dissout dans une solution de NaCl 9 ‰, puis  injecté à différents lots de souris par voie intrapéritonéale. Par la suite, les variations de la mortalité des souris ont été notées. Cette étude a été approuvée par la commission scientifique de l’unité de formation et de recherche  d’odontostommatologie de l’Université Félix Houphouet-Boigny de Cocody sous le numéro: 2-2020/CS/UFR-OS. Résultats : L’administration intrapéritonéale à des doses variant entre 700 à 1000 mg/kg de masse corporelle a provoqué chez ces souris, des agitations, des torsions du corps, une somnolence puis des morts.  Par la méthode graphique de Miller et Tainter, la dose maximale tolérée a été déterminée (DMT = 631,39 mg/kg M.C) ainsi que la dose létale 50 % (DL50 = 839,85 mg/kg M.C.). Cette dernière a été confirmé par la méthode de calcul de Dragsted et Lang. Conclusion : La détermination de ces différentes doses permet d’envisager d’implantation in vivo du Lopko” chez l’animal.  


Patrice KOUAME, Vazoumana KOUYATE, Daniel AMANTCHI, Zié TRAORE (Abidjan, Côte d'Ivoire), Koboh ATSE, Joseph N'GUESSAN
08:00 - 18:00 #29503 - Prévalence des images intra sinusiennes découvertes dans le bilan pré implantaire maxillaire et évaluation radio-clinique.
Prévalence des images intra sinusiennes découvertes dans le bilan pré implantaire maxillaire et évaluation radio-clinique.

Introduction:La chirurgie de reconstruction osseuse du sinus maxillaire est un acte courant en chirurgie orale.Dans ce contexte,l’absence de pathologie sinusienne préexistante est un prérequis indispensable(1).En dehors des signes cliniques de sinusite maxillaire,l’imagerie CBCT peut révéler de façon fortuite des images évocatrices de pathologie à ce niveau.La prévalence de ces images est hétérogène entre les études et n’est pas habituellement associée à un recueil de données ORL.L’objectif principal de ce travail était d’évaluer la prévalence d’images sinusiennes découvertes sur des CBCT pré implantaires maxillaires.Les objectifs secondaires étaient de réaliser une évaluation radio-clinique pré implantaire via les questionnaires de qualité de vie ORL NoseQOL et RhinoQOL(2) et de les corréler ainsi les scores cliniques avec les images radiologiques.Matériel et méthodes : il s’agit une étude observationnelle pilote descriptive rétrospective monocentrique dans le service de Chirurgie Orale du CHU de Bordeaux,menée de Septembre 2019 à Septembre 2020 chez des patients consultant pour une réhabilitation implantaire maxillaire.Résultats : dans cette étape préliminaire 47 patients ont été inclus.La prévalence d’image intra sinusienne retrouvée était de 48,9%.Une membrane sinusienne épaissie était l’image la plus fréquemment retrouvée. Seules des images d’épaississement muqueux et de kyste du bas fond sinusien ont été retrouvées.Les scores de qualité de qualité de vie ORL ne présentaient pas de différence significative entre les patients présentant des images et ceux n’est présentant pas.Discussion : la prévalence d’image sinusienne dans la population cible est très fréquente.C’est la première fois que dans le bilan pré implantaire une évaluation objective clinique par des questionnaires a été utilisée.Une absence de différence significative des scores clinique entre les patients avec et sans image était mise en évidence.Un score clinique non ou peu modifié avec une image intra sinusienne de type muqueuse épaissie ou kyste du bas fond sinusien ne devrait pas conduire systématiquement à un bilan ORL.Conclusion:Ces images sinusiennes, fréquentes, ne devraient pas mener systématiquement à une consultation ORL.Une muqueuse épaissie ou un kyste sinusien ne représentent pas une contre-indication à la chirurgie préimplantaire et implantaire au niveau du sinus maxillaire.L’utilisation en routine des questionnaires de qualité de vie pourrait être intéressant.L’approche clinique est ici restreinte aux questionnaires de qualité de vie mais on pourrait envisager de réaliser une étude associant un examen naso-fibroscopique.

1. De Gabory L,et al.French Otorhinolaryngology Society good practice guidelines for dental implant surgery close to the maxillary sinus. Eur. Ann. Otorhinolaryngol. Head Neck Dis.2020

2. Marro M,et al. French validation of the NOSE and RhinoQOL questionnaires in the management of nasal obstruction. Otolaryngol. Head Neck Surg.2011

 


Xavier LAGARDE (BORDEAUX), Ludovic DE GABORY, Jean Christophe FRICAIN, Mathilde FENELON, Sylvain CATROS
08:00 - 18:00 #30300 - Prévalence du canal osseux rétro-molaire en chirurgie orale. Etude anatomique sur mandibule sèche.
Prévalence du canal osseux rétro-molaire en chirurgie orale. Etude anatomique sur mandibule sèche.

La zone rétro-molaire est le siège de nombreuses interventions chirurgicales, dont l’ablation des troisièmes molaires mandibulaires incluses, mais peu d’études anatomiques ont été publiées concernant cette zone.

L’objectif de cette étude anatomique menée au Laboratoire d’Anatomie de la Faculté de Médecine de Montpellier était de déterminer la fréquence du foramen rétro-molaire (RMF) (par extension le canal rétro-molaire) grâce à un échantillon de 116 mandibules sèches, afin de préciser si cette variation anatomique est considérée comme rare (inférieure à 1%), non négligeable (entre 1 et 10%) ou commune (supérieure à 10%).

La prévalence du foramen rétro-molaire retrouvée dans cette étude est de 17,2%. Le diamètre moyen du foramen rétro-molaire est de 1,26mm. Les mesures du foramen rétro-molaire par rapport à différentes structures anatomiques ont aussi été rapportées.

Le pourcentage retrouvé dans cette étude, comparable à celui retrouvé dans la littérature, valide qu’il s’agit d’une variation anatomique commune. Cette prévalence de près de vingt pour cent est aussi corroborée par l’expérience clinique de chirurgie orale de l’investigateur ayant initié l’étude.

Le risque anatomo-chirurgical se solde principalement par une complication hémorragique artério-veineuse per-opératoire et/ou post-opératoire immédiate. Il amène à s’interroger sur l’anatomie du paquet vasculo-nerveux contenu dans ce canal rétro-molaire, méconnu bien que parfaitement identifiable sur les imageries 3D comme une variation anatomique bifide inconstante du canal mandibulaire, à même de surprendre les opérateurs, tandis qu’il apparaît sur le vivant comme une anastomose artério-veineuse mandibulo-buccinatrice reliant l’artère alvéolaire inférieure à l’artère buccale.

 

Références

 

Bilecenoglu B, Tuncer N. J Oral Maxillofac Surg, 2006 ;64:1493‑7.

Motamedi MHK et al. Int J Oral Maxillofac Surg, 2016;45:241‑4.

Ngeow WC, Chai WL. Clin Anat, 2021;34:512‑21.


Farid MEDJAHED (Montpellier), Guillaume CAPTIER, Favre De Thierrens CARLE
08:00 - 18:00 #29522 - Prise en charge bucco-dentaire des patients sous immunothérapies et immunosuppresseurs : enquête sur les pratiques des chirurgiens-dentistes spécialistes et omnipraticiens français.
Prise en charge bucco-dentaire des patients sous immunothérapies et immunosuppresseurs : enquête sur les pratiques des chirurgiens-dentistes spécialistes et omnipraticiens français.

Introduction: Les dentistes généralistes (GD) et spécialistes (SD) soignent des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques à médiation immunitaire (MICMI) sous biothérapies ciblés (BC) et/ou immunosuppresseurs (ID). En France, les recommandations sur la gestion des actes invasifs bucco-dentaires chez ces patients divergent et ne sont pas fondées sur des preuves. Notre objectif est de fournir un aperçu des pratiques des GD et SD de prise en charge de ces patients.

Méthodes: Les membres de sociétés scientifiques savantes françaises, de collèges des enseignants en odontologie et du réseau de recherche clinique en odontologie libérale ont été sollicités pour répondre à un questionnaire en ligne (nature des MICMI et des traitements, type de soins pratiqués, gestion des traitements et des soins et complications observées). Le questionnaire a été adressé par mail en septembre 2020, suivi de 4 rappels. L’étude a reçu l’accord du comité d’éthique CERAPHP.5.

Résultats: 115 praticiens ont participé à l’enquête, dont 53% GD et 47% SD (77,7% chirurgiens oraux et parodontistes), avec un exercice hospitalier (36%), libéral (34%) ou mixte (30%). Il n’y a pas de différence entre les GD et SD quant au nombre moyen de patients avec des MICMI soignés par an ou au type de traitement (BC ou ID) suivi. Les SD effectuent plus souvent des chirurgies osseuses, muco-gingivales et implantaires tandis que les GD réalisent plus de soins non chirurgicaux (détartrage et surfaçage radiculaire, soins pulpaires). Les SD se déclarent plus informés que les GD quant aux recommandations sur les soins bucco-dentaires chez les patients sous BC (68,5% vs 49,2%, p=0,03). La majorité des praticiens contacte le médecin prescripteur avant un acte invasif (80,8% pour les patients sous BC et 76,7% sous ID). Cependant, il n’y a pas de différence de pratiques entre SD et GD quant à la gestion du traitement médical (arrêt ou poursuite) ou à la prescription (antiseptiques et antibiotiques). Les SD déclarent plus souvent que les GD des complications post-opératoires chez les patients sous BC (21,3% versus 5,3%, p=0,01) ou sous ID (29,8% vs 8,9%, p=0,007). Une corrélation significative a été retrouvée entre la survenue de complications après chirurgie osseuse et la poursuite du traitement BC/ID.

Discussion: Le manque de protocoles spécifiques pour les soins bucco-dentaires chez les patients sous BC/ID entraine une difficulté de prise en charge de ces patients. De nombreux praticiens, SD comme GD, ne se sentent pas suffisamment informés. Les SD, connaissent mieux les recommandations, mais observent cependant plus de complications, peut être car ils réalisent plus fréquemment des actes invasifs et prennent en charge les patients avec des maladies plus sévères et des traitements plus lourds.

Conclusion: Cette enquête montre des différences entre GD et SD quant aux actes bucco-dentaires et leurs complications chez les patients sous BC/ID et le besoin de meilleure formation à ce sujet.


Alice BOURGOIN, Loredana RADOI, Marjolaine GOSSET, Raphaele SEROR, Kevimy AGOSSA, Mathurin FUMERY, Alice BOURGOIN (Ivry-Sur-Seine)
08:00 - 18:00 #29562 - Prise en charge en Chirurgie orale de patients atteints d’un trouble de l’hémostase : étude rétrospective au CHU de Bordeaux.
Prise en charge en Chirurgie orale de patients atteints d’un trouble de l’hémostase : étude rétrospective au CHU de Bordeaux.

Introduction : L’hémophilie et la maladie de Von Willebrand représentent les pathologies constitutionnelles de l’hémostase les plus fréquemment retrouvées. Une coopération entre le chirurgien oral et l’hématologue est nécessaire afin de prévenir les complications hémorragiques lors d’actes invasifs chez ces patients. Des moyens d’hémostase locaux ainsi qu’un traitement substitutif en facteurs de coagulation sont mis en place spécifiquement pour chaque patient et chaque intervention de chirurgie orale (Stubbs 2001, Zanon 2000). Aujourd'hui il n’existe pas de protocole standardisé. Les complications hémorragiques sont souvent bénignes, mais la complication la plus redoutée chez les patients hémophiles est l’apparition d’un inhibiteur d’un facteur de coagulation. L’objectif principal de cette étude était de décrire la prise en charge de ces patients dans le service de chirurgie orale de Bordeaux. Les objectifs secondaires étaient de décrire les traitements préventifs utilisés et la survenue de complications. 

Méthodes : L’étude rétrospective a été menée de janvier 2014 à mars 2021. Les patients présentant une pathologie de l’hémostase et pris en charge dans le service de chirurgie orale pour un acte invasif ont été inclus. Les patients exclus étaient ceux ayant des traitement anti coagulants ou des dossiers médicaux incomplets. Les données suivantes ont été recueillies : âge, sexe, pathologie, type d’intervention, traitement de substitution, durée d’hospitalisation, complications. Le traitement médical substitutif était décidé par le médecin hématologue lors d’une consultation pluridisciplinaire avec un chirurgien oral. L’intervention se déroulait sous anesthésie locale ou générale, avec des moyens d’hémostase locaux, dont l’utilisation systématique de colle biologique et d’Exacyl® post opératoire.

Résultats : Au total, 81 patients ont été inclus dont 47 patients hémophiles, 27 Von Willebrand, 3 Thrombasthénie de Glanzmann, 3 avec des déficits isolés de facteurs de coagulation et 1 avec afibrinogénémie. Sur les 83 chirurgies (76 extractions dentaires, 5 poses d’implants, 1 traction ortho chirurgicale, et 1 frénectomie), 12 complications hémorragiques ont été observées (14,45%).  La complication majeure de cette étude a été l’apparition d’inhibiteurs anti-FVIII après une extraction dentaire chez un patient présentant une hémophilie A modérée.

Discussion : Le taux de complications hémorragiques est similaire à ce qui est décrit dans la littérature. Les protocoles en chirurgie orale doivent s’orienter vers une diminution des doses et durées des traitements systémiques pour éviter l’apparition d’inhibiteurs, tout en maîtrisant le risque hémorragique. La consultation pluridisciplinaire hématologue – Chirurgien Oral permet d’adapter le protocole d’hémostase à chaque situation clinique.

Stubbs M, Lloyd J. Aust Dent J. mars 2001; 46(1):37‑40.

Zanon E, Martinelli F, Bacci C, Zerbinati P, Girolami. Haemoph Off J World Fed Hemoph. sept 2000;6(5):533‑6.

 

 


Emma FRIBOURG (Bordeaux), Sylvain CATROS, Xavier LAGARDE, Mathilde FENELON, Jean-Christophe FRICAIN
08:00 - 18:00 #29500 - Reconstruction des pertes de substances mandibulaires par greffon costal: à propos de 2 cas .
Reconstruction des pertes de substances mandibulaires par greffon costal: à propos de 2 cas .

RECONTRUCTION DES PERTES DE SUBSTANCES MANDIBULAIRE PAR GREFFON COSTAL A PROPOS DE 2 CAS.

Kouame Patrice Attogbain1., Koffi K.M²., Ouattara B.,

 1   CHU de Cocody, Service de Chirurgie buccale et Stomatologie (CCTOS)

  2   CHU de Cocody, Service de Stomatologie et de Chirurgie Maxillo- Faciale

RESUME

Les pertes de substances mandibulaires se définissent comme une destruction osseuse acquise aboutissant à une solution de continuité permanente des tissus osseux de la mandibule. Elles sont essentiellement  la  conséquence d’une pathologie traumatique ou tumorale (après résection). Elles engendrent des séquelles, fonctionnelles esthétiques et psychologiques   altérant  ainsi la réinsertion socio-professionnelle du patient. C’est une situation très fréquemment rencontrée et leur prise en charge est bien codifiée de nos jours, faisant appel à des greffons osseux ou à des endoprothèses.

Nous rapportons ici deux cas cliniques de reconstruction des pertes de substances interruptrices de la mandibule (PSIM) par greffons costal.

Le premier cas est celui d’une jeune patiente âgée de 30 ans qui a consulté pour une tuméfaction mandibulaire  chez qui l’examen physique et anatomopathologique ont conclu à un améloblastome. L’exérèse tumorale qui a été pratiquée a consisté à une mandibulectomie totale. La patiente a donc bénéficié dans le même temps opératoire d’une reconstruction par endoprothèse de Péri. 6 mois plus tard, il a été réalisé chez elle une reconstruction mandibulaire par du greffon costal après dépose de l’endoprothèse.

Le second cas est une PSIM balistique type III c’est-à-dire une hémimandibulectomie,  à gauche chez un patient âgé de 35 ans. L’indication d’une reconstruction mandibulaire par greffon costal avait été posée et réalisée.

Dans les deux cas, les résultats  à 2 ans ont été satisfaisants du point de vue fonctionnel, esthétique.


Patrice KOUAME (Abidjan, Côte d'Ivoire)
08:00 - 18:00 #30287 - Réimplantations dentaires traumatiques chez l’enfant et l’adolescent.
Réimplantations dentaires traumatiques chez l’enfant et l’adolescent.

Introduction :

La luxation dentaire complète(ou expulsion dentaire)  fait partie des urgences traumatiques qui constituent  de 0,5 à 16 %  de l’ensemble des traumatismes dentaires chez l’enfant.

C'est la chute totale de la dent hors de son alvéole.  Le patient se présente souvent avec une dent dans sa main ou dans un mouchoir lorsqu'il ne l'a pas perdue.
La clinique montre un alvéole vide associé quelques fois de lésions muqueuses ou de fracture alvéolaire.  Le cliché retro-alvéolaire confirme la vacuité alvéolaire.

Patients et méthode :

C’est une présentation clinique portant sur des d’enfants ayant des dents luxées et réimplantées. L’objectif principale est d’étudier les luxations traumatiques des dents permanentes et leurs réimplantations et l’objectif particulier est d’en détailler la prise en charge et les bons gestes à effectue (la manipulation, le milieu de conservation, l’anesthésie, la pose de l’MTA, la contention et l’antibiothérapie) et ceci selon le guideline pour la prise en charge des avulsions des dents permanentes établi par l’IADT (Association internationale de la traumatologie dentaire) de 2013.

Résultats :

Cette pathologie traumatique touche en particulier les enfants de 7 à 12 ans, des deux sexes. La majorité des dents touchées sont les incisives centrales maxillaires à cause de leur position sur le massif facial. Après traitement, la quasi-totalité des patients ont eu un test d’immobilité positif, un test de vitalité négatif et une résorption radiculaire. L’immobilité peut être le résultat d’une régénération de l’espace desmodontal, mais elle peut traduire également une ankylose alvéolo-dentaire où la dent n’est plus vivante. Et la résorption radiculaire dépend entièrement de la période extra alvéolaire, de la manipulation de la dent expulsée et de la gestion de la conservation avant sa réimplantation.   

Conclusion :

Cette modeste étude clinique montre  que ce type de traitement est efficace pour conserver une dent définitive réimplantée. Il s’agit d’une urgence vrai, le traitement d’urgence consiste en la réimplantation de la (ou des) dent(s)  luxée(s) dans les plus brefs délais qui permet une réhabilitation esthétique, fonctionnelle et psychologique engendrés par la perte de la dent et permet la conservation du volume osseux et de l’espace inter dentaire pendant plusieurs années, en attendant une solution définitive, si celle-ci s’avérera nécessaire.


Azzedine CHERIFI (Annaba Algérie, Algérie)
08:00 - 18:00 #30295 - Substituts osseux en chirurgie orale : nouvelles perspectives.
Substituts osseux en chirurgie orale : nouvelles perspectives.

Substituts osseux en chirurgie orale : nouvelles perspectives

HANINE Y*, CHERKAOUI A**

1.     * : Université Internationale de Rabat, Collège des sciences de la santé, Faculté internationale de Médecine dentaire de Rabat, BioMed Unit. Technopolis Parc, Rocade de Rabat-Salé, Sala-Al Jadida, 11100, Morocco.

2.     ** : Service de Parodontologie, Faculté de Médecine, Université Mohammed V de Rabat, Rabat, Morocco.

Résumé 

Les substituts osseux servent à combler un défaut après un traumatisme ou une chirurgie, et constituent un défi clinique que l'opérateur peut relever à l'aide de techniques favorisant la régénération du tissu osseux. La meilleure alternative est l'os autogène prélevé sur des sites donneurs intra- et extraoraux. Cependant, la greffe d'os autogène nécessite deux sites chirurgicaux (donneur et receveur), ce qui entraîne une plus grande morbidité et des temps opératoires prolongés, en particulier pour les sites extraoraux, avec un plus grand inconfort pour le patient. Ces inconvénients peuvent être surmontés grâce à l'utilisation de matériaux de substitution osseuse.

 De nombreux substituts osseux ont été proposés pour la régénération osseuse, et les chercheurs se sont concentrés sur les interactions se produisant entre les greffons et le tissu hôte, car la réponse biologique du tissu hôte est lié à l'origine du biomatériau. Les substituts osseux utilisés en chirurgie buccale et maxillo-faciale peuvent être classés en fonction de leur origine biologique et de leur source.

 L’objectif de cette étude était d’examiner la littérature disponible concernant les substituts osseux les plus couramment utilisés pour le traitement des défauts osseux. Trois bases de données (PubMed, Scopus et Web of Science) ont été consultées pour trouver toutes les études pertinentes publiées dans les cinq dernières années.

Les substituts osseux peuvent représenter une alternative utile dans le traitement des défauts osseux. En raison du nombre limité d’étude, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour soutenir les avantages de ces produits.


Yasmine HANINE (Rabat, Maroc), Amine CHERKAOUI
08:00 - 18:00 #30304 - Succès implantaire dans des maxillaires atrophiés : Revue de littérature.
Succès implantaire dans des maxillaires atrophiés : Revue de littérature.

 

Succès implantaire dans des maxillaires atrophiés : Revue de littérature

 

HANINE Y*, CHERKAOUI A**

1.     * : Université Internationale de Rabat, Collège des sciences de la santé, Faculté internationale de Médecine dentaire de Rabat, BioMed Unit. Technopolis Parc, Rocade de Rabat-Salé, Sala-Al Jadida, 11100, Morocco.

2.     ** : Service de Parodontologie, Faculté de Médecine, Université Mohammed V de Rabat, Rabat, Morocco.

Résumé :

Au cours des deux dernières décennies, l'utilisation d'implants dentaires pour remplacer les dents manquantes a gagné en popularité. Plusieurs études cliniques utilisant des implants dentaires ont donné des résultats positifs. Une série de critères liés au patient et dépendant de la procédure sont nécessaires pour que toute chirurgie implantaire soit réussie [5]. La quantité d'os disponible et la qualité de cet os sont fortement liées au type de procédure chirurgicale et d'implant utilisé, et ces deux facteurs sont essentiels au succès de la chirurgie implantaire dentaire.

Une recherche électronique utilisantTrois bases de données (PubMed, Scopus et Web of Science) a été effectuée, incluant les études publiées jusqu'en février 2022, pour trouver toutes les études pertinentes publiées dans les cinq dernières années.

La planification implantaire est un incontournable aujourd'hui, elle permet de positionner idéalement les implants, d'éviter les obstacles anatomiques, d'exploiter au maximum le volume et la densité osseuse. Elle permet également de se positionner idéalement par rapport à la future prothèse grâce au double scan, car il ne faut pas l'oublier, l'implant est au service de la prothèse.

 

 

Turkyilimaz I, McGlumphy E. BMC Oral Health. 2008 Nov 24;8;32

ttard NJ, Zarb GA. Int J Prosthodont. 2004;17:417–424.

Ekfeldt A, Christiansson U, Ericksson T, et al. Clin Oral Implants Res. 2001;12:462–467


Yasmine HANINE (Rabat, Maroc), Amine CHERKAOUI
08:00 - 18:00 #29806 - Syndrome de Gorlin : revue de littérature et cas rapporté.
Syndrome de Gorlin : revue de littérature et cas rapporté.

Le syndrome de Gorlin est une maladie congénitale autosomique dominante dont la prévalence est de de 1/31000 à 1/256000 selon les régions du monde (Fernandez, 2021). Elle est caractérisée par de multiples carcinomes basocellulaires à apparition précoce, ainsi que de multiples kératokystes des maxillaires associées à des anomalies du développement osseux. Les kératokystes sont présents dans 44 à 92% des cas et se développent à partir de l’âge de 8 ans environ, indiquant une surveillance radiologique rapprochée. Les kératokystes présentent un taux de récidive de 15,4% à 50% (Verkouteren 2022).

Le cas rapporté est celui d’un patient de 12 ans, adressé par son chirurgien-dentiste après la découverte de plusieurs images radio-claires lors d’une radiographie panoramique. La mère présente un syndrome de Gorlin, le diagnostic chez l’enfant avait déjà été confirmé mais des troubles du comportement rendaient impossible la réalisation d’une panoramique avant ses 12 ans. Cliniquement, il présentait une voussure maxillaire gauche en regard de la dent 63 mobile.

Les examens radiologiques ont montré 4 images kystiques. Une lésion refoulant entièrement le sinus maxillaire et la dent 23 en position horizontale, collée au  plancher infra orbitaire. Une lésion refoulant les germes de 48 et 47 et le nerf mandibulaire. Deux lésions intéressant le germe de 38 et la dent 35, bloquant son éruption.

Au 1er temps chirurgical ont été réalisés une décompression des kystes maxillaire et mandibulaire droit avec collage d’un drain sur mesure entre 22 et 24 et fixation d’une sonde Pezzer en distal de 46. Le kyste sur 38 a été énuclée et celui de 35 marsupialisée. Les biopsies ont confirmé le diagnostic de kératokystes multiples.

Les contrôles à 3, 6 et 9 mois ont mis en évidence l’éruption de la 35, la diminution de la taille du kyste maxillaire et la verticalisation de la 23 mais une absence d’évolution du kyste mandibulaire secteur 4. Il a été décidé de faire un second temps chirurgical pour guider l’éruption de 23 avec un dispositif de traction type CT8 et de reprendre la décompression du kyste secteur 4 avec sacrifice de la 47 en malposition difficilement corrigeable orthodontiquement.

Le syndrome de Gorlin présente les difficultés thérapeutiques que sont la multiplicité des kératokystes et le risque important de récidives. Dans notre cas, la découverte tardive de lésions multiples et volumineuses chez un enfant a impliqué un challenge thérapeutique afin de rester conservateur et peu invasif. La décompression kystique a été choisie car elle permettait de diminuer les proximités anatomiques et maximiser les chances d’éruption dentaire. Une décompression préalable serait également à moindre risque de récidive (Tabrizi, 2019). La réponse partielle au traitement initial a impliqué d’adapter la prise en charge.

Ref :

Fernández LT et al. Int J Dermatol. 2021 Sep 8. 

Verkouteren BJA et al. Br J Dermatol. 2022 Feb;186(2):215-226. 

Tabrizi R et al. J Dent (Shiraz). 2019 Sep;20(3):145-151.


Tancrède SEGARD (brest), Sébastien GENEST-BEUCHER, Sylvie BOISRAME, Isabelle QUINTIN-ROUE
08:00 - 18:00 #29551 - Syndrome de Sagliker : à propos d’une observation clinique.
Syndrome de Sagliker : à propos d’une observation clinique.

Introduction : Le syndrome de Sagliker (SS), est l'une des manifestations graves des insuffisances rénales chroniques (IRC) chez les patients atteints d'hyperparathyroïdie secondaire non contrôlée. Observation clinique : Nous rapportons le cas d’une jeune femme âgée de 38 ans, hémodialysée depuis 17ans qui s’est présentée à notre service  pour des tuméfactions faciales apparues quelques jours après l’extraction d’une incisive centrale maxillaire (21) très mobile. L’examen clinique  objective une importante déformation de la face avec tuméfactions des régions jugales bilatérales, symphysaire, ainsi que nasolabiale conférant un aspect de fasciés léonien. Une TDM maxillo-faciale a été demandée ayant révélé  une déminéralisation diffuse hétérogène, multilacunaire de l’ensemble des pièces osseuses explorées ( le massif facial, les os de la voute et le rachis cervical ) avec résorption corticales et sous corticales, associée à un aspect trabéculaire et soufflure des os maxillaire et mandibulaire engendrant des amincissements et des érosions corticales sans réaction périostée. Sur le plan biologique nous retrouvons une hémoglobine  à 7 g/dl, une sérologie hépatite C positive, ainsi qu’un bilan phosphocalcique perturbé (hypercalcémie, hyperphosphotémie) avec un taux de parathormone fortement élevé.  Discussion : Les états d'hyperproduction parathyroïdienne, en relation avec une pathologie primitive des parathyroïdes (adénome, hyperplasie), ou réactionnels à une cause de calcipénie chronique (insuffisance rénale, carence en vitamine D. . .) ont un impact majeur sur le remodelage osseux et les structures alvéolodentaires. L'amincissement de la lamina dura, l'apparition de tumeurs brunes maxillaires ou mandibulaires, les épulis à cellules géantes constituent les signes les plus emblématiques des hyperparathyroïdies primaires. Des signes analogues s'observent au cours des ostéodytrophies rénales et dans d'autres états d'hyperparathyroïdisme secondaire et tertiaire. Le syndrome de Sagliker est décrit en 2004 par Sagliker et ses collègues au cours de l'HPT secondaire des insuffisants rénaux chroniques insuffisamment pris en charge. Des changements physiques et radiologiques comme a été le cas de notre patiente incluent des accroissements osseux au niveau du crâne. Des tumeurs brunes résultant de l’activité ostéoclastique des hormones parathyroïdiennes peuvent être observées cependant absentes dans le cas présenté, doivent être confirmées par biopsie. Le traitement comprend des soins agressifs dès la première reconnaissance du syndrome. La parathyroïdectomie totale est recommandée, car la plupart des patients ont une PTH supérieure à 1500pg/ml. Conclusion : Le syndrome de Sagliker décrit au cours de l'HPT secondaire des insuffisants rénaux chroniques insuffisamment pris en charge est très rare et peut être évité grâce à un bon suivi de la HPT et une prise en charge adéquate


Souad BENAOUF (Oran, Algérie), Cherifa Faiza TABETI BENTAHAR, Khalil BOUTHIBA
08:00 - 18:00 #29591 - Transformation adipeuse médullaire de la mandibule : à propos d’un cas.
Transformation adipeuse médullaire de la mandibule : à propos d’un cas.

La mandibule est un os irrégulier impair doté d’une micro-architecture spécifique cortico-spongieuse. On y retrouve un os trabéculaire à une densité importante (50 à 70% contre 10 à 50 % dans les os longs), avec des travées osseuses interconnectées formant un réseau tridimensionnel au contact du tissu médullaire.

Le cas rapporté est celui d’un patient de 52 ans ayant présenté une prolifération adipeuse médullaire physiologique dans la mandibule. Le patient était adressé pour avis avant une réhabilitation orale implanto-portée. L’examen clinique était sans particularité mais la radiographie panoramique retrouvait une image radioclaire mal délimitée et se superposant au canal du nerf alvéolaire inférieur (NAI), sans lyse corticale, au niveau du secteur 4 édenté. Un scanner et une IRM ont complété le bilan d’imagerie et retrouvaient une transformation graisseuse de la médullaire osseuse, sans atteinte du canal du NAI, avec un hypersignal T1 et T2 graisseux, sans paroi kystique et en faveur d’un processus physiologique.

Une biopsie osseuse a été effectuée lors de l’implantation, retrouvant cliniquement un os très spongieux, dont le compte rendu anatomopathologique décrivait un tissus osseux médullaire avec des espaces lâches œdémateux adipeux sans aspect tumoral.

Les diagnostics différentiels étaient les tumeurs osseuses des maxillaires tels que les myxomes ou les améloblastomes, écartés par l’hypersignal graisseux et le respect des structures anatomiques adjacentes, ou encore les tumeurs sarcomateuses, qui présentent généralement des calcifications. Il aurait également pu être évoqué un lipome de la mandibule ayant déjà été décrit ou un xanthome en rapport avec un trouble lipidique, éliminés ici par l’absence de réaction osseuse en regard.

Il n’a pas été retrouvé dans la littérature de cas de prolifération de tissu adipeux médullaire de la mandibule. Les tissus osseux et médullaires sont des tissus conjonctifs hautement spécialisés qui présentent par leur action synergique trois fonctions principales : rôle biomécanique, métabolique et dans l’hématopoïèse. Certains articles ont recherché l’interaction entre les trabéculations osseuses et le tissu adipeux médullaire et sa pertinence potentielle dans plusieurs maladies osseuses résorbables telle que l’ostéoporose. Il a été rapporté que les cellules stromales médullaires (BMSCs) ont des caractéristiques spécifiques au niveau oro-facial, notamment au niveau mandibulaire avec une différenciation préférentiellement ostéogénique. Néanmoins, les BMSCs pourraient également avoir une régulation locale, notamment avec la sécrétion de sclérostine par les ostéocytes matures en réponse à une hypofonction occlusale suite à une édentation et induisant une adipogénèse. Cette hypothèse a été retenue et un an après la pose des implants dont la stabilité primaire a été recherché au niveau de l’os crestal, il est retrouvé une ostéointégration complète avec des implants fonctionnels et sans aucune symptomatologie clinique.


Arthur FALGUIERE (Brest), Charlotte MANSUY, Hugo NIHOUS, Jean-Hugues CATHERINE, Romain LAN
08:00 - 18:00 #28895 - TRANSFORMATION MALIGNE DU LICHEN PLAN ORAL, REVUE DE LA LITTÉRATURE.
TRANSFORMATION MALIGNE DU LICHEN PLAN ORAL, REVUE DE LA LITTÉRATURE.

Le lichen oral (LO) est une pathologie inflammatoire chronique fréquente, évoluant par poussées qui affecte les muqueuses orales et génitales, la peau, les ongles et le cuir chevelu. Au niveau de la cavité orale il peut présenter de nombreuses formes cliniques dont une majoritaire sous forme de plaques en réseaux blanchâtres mais on retrouve également des lichens atrophiques, érosifs, voire bulleux. On y distingue également les lésions dites « lichénoïdes » (LLO) qui présentent seulement une partie des caractéristiques cliniques et histologiques du lichen plan oral (LPO).

Plusieurs cas de carcinome épidermoïde (CE) se développant chez des patients présentant des LO ont été rapportés dans la littérature scientifique et plusieurs travaux ont tenté d’estimer un taux de transformation maligne (TM) de cette pathologie. Cependant, les résultats varient de manière importante avec des pourcentages allant de 0 à 12,5 % et les auteurs y décrivent peu les formes cliniques initiales et notamment ne distinguent pas toujours les LLO des LPO. 

Nous avons donc étudié, à travers une revue de la littérature, les caractéristiques de la TM du LO. Nous avons constaté que le taux de TM était de 2,93 % tout type confondu, que les femmes et les patients de 50 à 60 ans semblaient plus atteints avec un âge moyen de 62 ans. Les LLO et les lésions rouges étaient statistiquement plus sujettes aux TM que les LPO stricts et les lésions blanches. La langue était le site le plus statistiquement atteint, et le CE se développait majoritairement au niveau du site de LO préalablement diagnostiqué.

Les taux de TM dépendent donc du type de LO considéré. Cependant nos résultats restent discutables en raison de la présence de plusieurs biais de comparaison entre les études et du faible niveau de preuves des articles sélectionnés et parce que les consommations de tabac et d’alcool, cause majeure de CE, n’étaient pas disponible dans les études analysées. Or certaines données semblent similaires à celles existant au sujet des CE toute étiologie confondue. Il n’est donc pas possible de conclure que les caractéristiques rapportées sont spécifiques des TM sur LO. De nouvelles études prospectives à longs termes incluant des méthodes d’analyse des facteurs de risque, et prenant en compte l’état d’activation des LO, sont nécessaires pour apprécier le réel potentiel malin du lichen oral et de ses différents sous types.

 

 

Campana F et al., Annales de Dermatologie et de Vénéréologie. 2021;

Dahlstrom KR et al., Head Neck. 2008;

Guan G et al., Oral Surgery, Oral Medicine, Oral Pathology and Oral Radiology. 2020;

Van Der Meij EH et al., Oral Oncology. 2007;

Seintou A et al., Med Buccale Chir Buccale. avr 2012;

Tovaru S et al., Med Oral. 2013;


Laura LAYANI (PARIS), Romain LAN, Vanessa BAAROUN, Géraldine LESCAILLE, Fabrice CAMPANA, Juliette ROCHEFORT
08:00 - 18:00 #29538 - Traumatisme facial, étiologie possible d’un fibrome ossifiant périphérique ? A propos d’un cas.
Traumatisme facial, étiologie possible d’un fibrome ossifiant périphérique ? A propos d’un cas.

Le fibrome ossifiant périphérique (FOP) est une tumeur bénigne d’origine mésenchymateuse localisée exclusivement aux os maxillo-faciaux [Lazare H,2019]. C'est un nodule gingival pédiculé ou sessile naissant de la papille inter-dentaire, associé à la formation de foyers dispersés de tissus minéralisés constitués d’os, de tissus cémentaires ou de calcifications.

L’étiologie et la pathogenèse restent indécises mais la prolifération focale du FOP semble provenir de cellules du ligament parodontal en réponse à des irritants tels que des restaurations, de la plaque/tartre dentaires et parfois évoqué dans la littérature, à la suite d’un traumatisme facial [Okui T,2021]. 60% des lésions sont retrouvées au maxillaire dont 50% dans la région incisivo-canine. 
Il représente 3% de toutes les tumeurs buccales et 9,6% de toutes les lésions gingivales [Rallan M,2013].

Le cas clinique rapporté est celui d’un homme de 44 ans, agent d'entretien d'espaces verts, adressé par son chirurgien-dentiste pour une lésion endo-buccale présente depuis 4 mois. Sans antécédent médical particulier, l’anamnèse retrouvait un antécédent de trauma 1 mois avant l’apparition de la lésion, le patient ayant pris une branche dans le visage par accident.

L’examen exo-buccal mettait en évidence une tuméfaction maxillaire droite, indurée à la palpation avec une asymétrie faciale, sans adénopathie.
L’examen endo-buccal rapportait une lésion nodulaire pédiculée au niveau de la papille inter-dentaire des dents 13 et 14, d’aspect homogène avec des bords limités et réguliers, une coloration rosée de la muqueuse, d’évolution lente, et mesurant 2,3 centimètres de grand axe.
Les examens radiologiques comprenaient un orthopantomogramme qui retrouvait une légère mésialisation de la 13 et un examen tomographique volumique à faisceaux coniques qui montrait des calcifications en regard du septum séparant les dents 13 et 14.

La prise en charge a consisté en l’exérèse de la lésion sous anesthésie locale en emportant l’attache parodontale de la lésion, associé à un curetage de l’os sous-jacent.

L’analyse anatomopathologique, par coloration HES, retrouvait un épithélium malpighien non kératinisé hyperplasique et un chorion fibreux richement vascularisé avec des aspects myxoïdes essentiellement autour des vaisseaux. L’aspect histologique était compatible avec une lésion fibromyxoïde gingivale de type fibrome ossifiant périphérique. Le patient a été revu en contrôle post-opératoire, sans récidive à 6 mois.

Diverses études ont montré que la taille moyenne du FOP varie de 0,5 à 1,2 cm, et exceptionnellement supérieure à 2 centimètres. Le FOP apparaît généralement chez les patients de la 2ème-3ème décennie avec une prédilection pour les femmes, impliquant une possible influence hormonale.

Le traitement de référence consiste en l’exérèse chirurgicale incluant des marges périphériques incluant ligament parodontal et tissu périosté présent à la base de la lésion afin de diminuer le risque de récidive évalué entre 8 et 20%.


Anaïs DERACHE (NANCY), Louise Marie MBOUA TETKA, Stéphane DERRUAU, Cédric MAUPRIVEZ
08:00 - 18:00 #30032 - Tuméfaction palatine d’origine sinusienne : à propos de deux cas.
Tuméfaction palatine d’origine sinusienne : à propos de deux cas.

Introduction :

Les tuméfactions de la région oro-faciale sont fréquemment des manifestations cliniques de pathologies infectieuses bénignes. Cependant, certaines d’entre elles peuvent avoir des origines et des étiologies non dentaires, imposant une démarche diagnostique rigoureuse, en particulier en cas d’étiologie maligne.

Deux cas de patients présentant une tuméfaction palatine d’apparence clinique similaire mais d’étiologie distincte sont présentés ci-après.  

 

Observation :

Le premier patient, âgé de 43 ans, alcoolo-tabagique avait consulté son chirurgien-dentiste pour des douleurs secteur 1. Après avulsion de 17, une tuméfaction palatine était apparue suivie d’une communication bucco-sinusienne deux jours après. Après un traitement par spiramycine/métronidazole inefficace et un drainage infructueux, le patient avait consulté dans notre service hospitalier où il était constaté la mobilité persistante de 16 et 18, une adénopathie sous-mandibulaire droite centimétrique, ferme et sensible ainsi qu’une obstruction nasale droite sans atteinte neurologique ou oculomotrice. L’examen radiographique objectivait une lésion ostéolytique extensive et agressive à point de départ sinusien maxillaire droit. L’analyse anatomopathologique conclura à un carcinome épidermoïde infiltrant.

La seconde patiente, âgée de 46 ans, sans intoxication alcoolo-tabagique, s’était présentée en consultation pour une tuméfaction palatine gauche a priori liée à une infection sur 26, associée à une épistaxis récurrente depuis 1 mois. Une bi-antibiothérapie par amoxicilline et métronidazole débutée une semaine auparavant s’était révélée inefficace. Lors du traitement endodontique, aucun drainage par voie endocanalaire n’avait pu être obtenu. Un drainage par voie vestibulaire fut alors tenté, avec l’obtention d’un écoulement hémorragique non purulent. Un examen tridimensionnel CBCT révéla une lésion ostéolytique extensive et agressive avec lyse du processus palatin gauche, dont l’analyse histologique conclura avec une maladie de Rosaï-Dorfman.  

 

Discussion :

La maladie de Rosaï-Dorfman est une histiocytose non langerhansienne rare et bénigne, caractérisée par le développement de larges masses histiocytaires indolores au sein des nœuds lymphatiques, surtout cervicaux. Des atteintes extra-nodales ont été rapportées au niveau de la peau, des voies respiratoires, de l’os, du système génito-urinaire, de la cavité orale et du système nerveux.

 

Conclusion :

Compte-tenu de la proximité anatomique entre les sinus maxillaires et la région palatine, une exploration de la région sunisienne doit être menée devant une tuméfaction palatine inexpliquée ou ne répondant pas à un traitement étiologique bien conduit.

 

Rosai J & Dorfman RF. Cancer 1972, 30, 1174-88.

Sanchez R, et al. Lab Invest. 1977, 36, 21-2.


Arek SULUKDJIAN (Paris), Ludovic SICARD, Benjamin SALMON, Nathan MOREAU, Anne-Laure EJEIL
08:00 - 18:00 #30296 - Tumeur odontogénique squameuse (TOS): À propos d’un cas.
Tumeur odontogénique squameuse (TOS): À propos d’un cas.

Introduction

La TOS est une tumeur bénigne rare, localement invasif majoritairement intra-osseuse intéressant l’os maxillaire et la mandibule de manière égale. Dans de rares cas, des variétés multifocales et extra-osseuses ont été rapportées.

Observation

Nous présentons le cas d'une femme NH de 35 ans qui avait consultée pour une tuméfaction génienne droite évoluant depuis 8 mois. L’examen clinique endobuccal a objectivé l’absence de la 13 et 14 tandis que la radiographie panoramique associée au cone-beam a révélé la présence d’une image radioclaire mal-limitée s’étendant de la 12 à la 15 et dont les corticales externes et internes sont rompues.

Le diagnostic positif était en faveur d’une tumeur odontogénique squameuse. Une thérapeutique chirurgicale conservatrice a été instaurée avec l’extraction de la 12,15 et 16. A 6 mois de l’intervention, nous n'avons identifié aucun signe de récidive. Mais, en raison de la présence d'une grande perte de substance maxillaire gauche après la chirurgie, la patiente avait bénéficié d’une prothèse obturatrice qui a contribué à améliorer sa qualité de vie.

Discussion

La tumeur odontogénique squameuse est une tumeur rare a développement progressive et dont l’expansion osseuse dépendra majoritairement de la durée d’apparition. Sur le plan radiographique, la plupart des lésions se présentent sous forme d’une image radioclaire uniloculaire, bien que des cas d’images multiloculaires aient été décrites dans la littérature. Le traitement est généralement chirurgical et les récidives sont rares mais pas absentes d’où l’intérêt du suivi postopératoire.


Lamiae HALLAB (Rabat, Maroc), Wijdane EL HAWARI, Oussama BENTAHAR, Bouchra TALEB
08:00 - 18:00 #29501 - Tumeurs bénignes des maxillaires : étude comparative des limites anatomiques cliniques et radiographiques à propos de 32 cas colliges au centre de consultations et de traitements odonto-stomatologiques CHU de Cocody Côte d’Ivoire.
Tumeurs bénignes des maxillaires : étude comparative des limites anatomiques cliniques et radiographiques à propos de 32 cas colliges au centre de consultations et de traitements odonto-stomatologiques CHU de Cocody Côte d’Ivoire.

Tumeurs bénignes des maxillaires : étude comparative des limites anatomiques cliniques et radiographiques à propos de 32 cas colliges au centre de consultations et de traitements odonto-stomatologiques CHU de Cocody Côte d’Ivoire.

KOUAME Patrice Attogbain1., AMANTCHI D., GUIGUIMBE WP²., KOUYATE V., AKPO L.

1 Unité de Formation et de Recherche d’Odonto-Stomatologie d’Abidjan

2 Ufr sciences médicales Université ky zerbo Ouagadougou

 

Correspondant : Dr Kouame Patrice A

Département de Pathologie et Thérapeutique UFROS – UFHB Cocody  22 BP 612 Abidjan 22

email : attogbain@yahoo.fr 

 Résumé 

Contexte : 

 La tumeur bénigne des maxillaires est caractérisée par une tuméfaction à évolution lente et une symptomatologie habituellement indolore. Elle fait l’objet d’une consultation en Odontostomatologie en Afrique lorsqu’elle devient volumineuse entrainant un préjudice esthétique important.

 En  pratique, l’imagerie moderne (TDM) et à défaut la panoramique des maxillaires demeurent le moyen d’évaluation optimale de la taille et de l’extension de la tumeur, le diagnostic définitif exigeant à la fois les observations cliniques, radiologiques et histologiques.

Objectif: Cette étude visait à étudier les aspects cliniques et  radiographiques des tumeurs bénignes des maxillaires diagnostiquées au Centre de Consultations et de Traitements Odonto-Stomatologiques (CCTOS).

Méthodes: Notre étude est descriptive  et a porté sur 32 dossiers de patients porteurs de tumeurs bénignes des maxillaires admis dans le Service de Chirurgie  et  Pathologies Odontologiques et Maxillo-faciales du CCTOS CHU d’Abidjan  . Les paramètres retenus sont basés sur l’examen clinique et  radiographique des maxillaires des patients .

 Résultats: Il a été révélé que sur les 32 cas de tumeurs bénignes, une prépondérance féminine était observée avec une moyenne d’âge de  30,72 ans.   La prédisposition de la localisation est le corpus mandibulaire droite du patient.  Les images radiographiques ont été de grandes lyses osseuses, bien limitées mais avec des rhizalyses inconstantes.

Conclusion: Notre étude a permis la mise en évidence du retard de la  symptomatologie clinique  sur  l’image radiographique dans le diagnostic des tumeurs bénignes des maxillaires et la fréquence des tumeurs osseuses volumineuses alors que la déformation faciale est encore discrète.


Patrice KOUAME (Abidjan, Côte d'Ivoire)
08:00 - 18:00 #28913 - Ulcérations orales à cytomégalovirus : à propos d’un cas.
Ulcérations orales à cytomégalovirus : à propos d’un cas.

Le Cytomegalovirus humain (CMV) est un virus opportuniste transmissible par la salive, le sang ou les sécrétions sexuelles. Chez l'immunocompétent, sa primo-infection est généralement asymptomatique. Ses manifestations orales sont rares mais favorisées en cas d’immunodépression : aplasie médicamenteuse, maladies auto-immunes, infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) (Griffiths 2015). Elle peut alors se manifester par des ulcérations profondes et douloureuses avec un aspect dit « à l’emporte-pièce » (Doumas 2007). Peu de cas cliniques d’ulcération orale à CMV ont été rapportés dans la littérature.

Une patiente de 62 ans, atteinte d’un lupus érythémateux disséminé (LED) traité par acide mycophénolique, hydroxychloroquine et corticothérapie, était hospitalisée pour altération de son état général. Elle présentait des ulcérations buccales depuis deux semaines, entraînant dysphagie et déshydratation. Ces ulcérations étaient multiples, douloureuses, localisées au niveau du versant muqueux labiale, du voile du palais et du bord latéral de langue. L’hémogramme rapportait une lymphopénie. Les hypothèses diagnostiques évoquées étaient une atteinte lupique orale, des ulcérations infectieuses dues à l’immunodépression, ou une toxidermie en rapport avec les traitements récemment introduits. Des prélèvements viraux ainsi qu’une biopsie ont été réalisés et des traitements locaux ont été instaurés. L’examen histologique standard rapportait une ulcération avec des effets cytopathogènes viraux et l’examen immunohistochimique et la PCR sanguine révélait la présence du CMV. La patiente a été traitée par Gancyclovir puis Valgancyclovir. Une diminution de la symptomatologie a été notée à J7 et les ulcérations ont été résolutives en 2 semaines. 

Plusieurs auteurs ont étudié l’association du LED avec l'infection à CMV. Ils rapportent qu’elle survient essentiellement lors des phases actives de la maladie, qu’elle favorise une exacerbation des symptômes du lupus voir parfois, qu’elle est à l’origine de la déclaration de la maladie (Sekigawa 2002). Les ulcérations orales à CMV sont fréquemment décrites chez le sujet immunodéprimé mais aucun cas n'est décrit chez les patients lupiques. La problématique soulevée ici est donc la difficulté à identifier l’étiologie de ces ulcérations. Elles peuvent être la manifestation orale du LED sous-jacent s’exprimant sous la forme d’ulcérations profondes à bords érythémateux, d’infections opportunistes liées à l’immunodépression induite par le traitement anti-lupique, ou encore d’une toxidermie en rapport avec les thérapeutiques instaurées. 

Le cas rapporté illustre l’importance de l’enquête clinique et de la prescription d’examens complémentaires ciblés. Cette entité clinique d’ulcération à CMV, bien que rare, doit être connue des spécialistes de la cavité orale. 

 

Griffiths Pet al, J Pathol, 2015, 235(2):288-97

Doumas S et al, Clin Microbiol Infect, 2007, 13(6):557-9

Sekigawa I et al, Clin Exp Rheumatol, 2002, 20(4) :559-64


Margaux PINANA (Paris), Juliette ROCHEFORT, Camille RAPOPORT, Yves ALLENBACH, Scarlette AGBO-GODEAU, Nicolas CHAMPTIAUX, Géraldine LESCAILLE, Vanessa BAAROUN
08:00 - 18:00 #29529 - Un mal de dent et un confinement : illustration d’une victime indirecte de la pandémie COVID-19.
Un mal de dent et un confinement : illustration d’une victime indirecte de la pandémie COVID-19.

Un mal de dent et un confinement : illustration d’une victime indirecte de la pandémie COVID-19

 Amélie ALBISETTI1, El Hassan FAOUZI1, Nicolas THIEBOT2, Théo DUBOIS1,2, Arek SULUKDJIAN1,2, Benjamin SALMON2, Nathan MOREAU1,2

1 – Consultation douleurs chroniques oro-faciales, Service de Médecine Bucco-Dentaire, Hôpital Bretonneau, AP-HP, Paris

2 – Département de chirurgie orale, Service de Médecine Bucco-Dentaire, Hôpital Bretonneau, AP-HP, Paris

 

Introduction :

La pandémie à SARS-CoV-2 (COVID-19) a affecté à ce jour plus de 360 millions de personnes dans le monde avec des formes de gravité variable et a été à l’origine de plus de 5,6 millions de décès. A la morbi-mortalité directement liée à cette infection et ses complications se rajoute celle –indirecte– liée à l’absence de prise en charge d’autres pathologies locales et/ou systémiques graves lors des périodes de confinement.

Un tel cas est présenté ci-après.     

 

Observation :

Un patient de 64 ans a été adressé en consultation douleur en janvier 2021 pour diagnostic et prise en charge d’une odontalgie mandibulaire droite chronique inexpliquée évoluant depuis plus d’un an.

Celui-ci rapportait des douleurs continues irradiantes à type de décharges électriques dans le territoire du V3 droit ainsi qu’une dysesthésie d’apparition et d’aggravation croissante depuis 1 an, associées à une perte de poids et une fatigue intense. L’examen clinique retrouvait une tuméfaction érythémateuse massétérine et infra-temporale droite associée à une hypoesthésie hémilinguale droite. L’IRM objectivait un processus expansif hétérogène de l’espace masticateur droit évoquant un rhabdomyosarcome. Une cytoponction a été réalisée en milieu spécialisé retrouvant des cellules tumorales malignes fusiformes et pléomorphes STAT6+ en faveur d’une tumeur fibreuse solitaire. Après avis auprès d’une RCP sarcome, le patient a bénéficié d’une pelvi-mandibulectomie droite interruptrice avec curage ganglionnaire et reconstruction par lambeau de grand dorsal.  

Au contrôle à 6 mois, l’état local était satisfaisant mais le bilan d’extension retrouvait des métastases hépatiques, cérébrales et pulmonaires.

 

Discussion :

Les tumeurs fibreuses solitaires représentent environ 3% de toutes les tumeurs mésenchymateuses de la cavité orale, affectant les adultes sans prédominance d’âge ou de sexe.1,2 Il a été rapporté de rares formes malignes (14 cas sur 150 retrouvés dans la littérature), dont un seul cas métastatique et fatal.1

Dans le cas présent, la tumeur du patient a été diagnostiquée à un stade avancé, plus d’un an après le début des symptômes (apparus début 2020), en raison notamment de la fermeture des consultations spécialisées non urgentes pendant le premier confinement.

 

 

1 – Nunes et al. Solitary fibrous tumour of the oral cavity: an update. J Oral Pathol Med. 2019, 49,14-20.

2 – Cox et al. Solitary fibrous tumor of the head and neck. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Radiol Endod. 2010;110:79-84.


Amelie ALBISETTI (Paris), El Hassan FAOUZI, Nicolas THIEBOT, Theo DUBOIS, Arek SULUKDJIAN, Salmon BENJAMIN, Nathan MOREAU
08:00 - 18:00 #30268 - Une relation bidirectionnelle : COVID-19 et maladie parodontale.
Une relation bidirectionnelle : COVID-19 et maladie parodontale.

Selon l’OMS,  la coronavirus (COVID-19) est une maladie infectieuse due au virus SARS-CoV-2. Elle est actuellement le problème de santé le plus émergent au monde engendrant une crise politique , économique et émotionnelle.

Ses manifestations cliniques sont diverses et les symptômes classés de moyens à sévères.  Alors que la plupart des cas se traduisent par des symptômes bénins comme l’hyposialie et l’altération du goût , d’autres évoluent vers une pneumonie sévère et une défaillance multiviscérale causant le décès du patient , selon l'âge et la présence de comorbidités. 

Des études  récentes ont démontré l'association entre l'évolution clinique sévère de la COVID-19 et les maladies chroniques telles que : les déficiences respiratoires chroniques ,les cancers ,les maladies cardiovasculaires , le diabète sucré ,l'obésité et les maladies rénales chroniques. La faiblesse immunitaire de l’hôte ,va dès lors s’exaspérer lors de la présence de ces pathologies et peut également être étendu à des maladies bucco-dentaires chroniques  ,comme la parodontite.

La COVID-19 et la maladie parodontale sont deux pathologies entretenant des relations cliniques et biologiques complexes , des facteurs réciproques ont été retrouvés tels que : l’immunodépression , le stress et la mauvaise hygiène orale.

En effet ,l’un des facteurs prédominants est le stress. Il a une action directe caractérisée par l’impact neurobiologique des hormones sur les tissus et une action indirecte engendrée par de mauvaises stratégies d’adaptation mises en place pour mieux le tolérer. 

De plus ,la mauvaise hygiène bucco-dentaire chez les patients hospitalisés et confinés viendra aggraver l’état bucco-dentaire en ciblant principalement les structures parodontales évoluant de la gencive vers l’os alvéolaire profond.

Les tissus parodontaux profonds ont été identifiés comme un réservoir viral de certaines molécules (angiotensin-converting enzyme-2 ,furin , cathepsin…) inclues dans les mécanismes d’entrée du SARS-CoV-2 au niveau cellulaire.Ce dernier va entrainer la prolifération de la protéine-S inflammatoire , des cytokines produites par la lyse osseuse évolutive et va ainsi s’ajouter à la tempête des cytokines présentes dans les formes sévères du COVID-19.

L’atteinte par la COVID 19 est associée à une concentration sanguine élevée en D-dimer , WBC et CRP ainsi qu’à une lymphopénie. Une migration systémique de l’inflammation va dès lors atteindre la poche parodontale et accentuer la lyse osseuse.

Ce lien complexe a été identifié chez les patients atteints de parodontites, péri-implantites mais aussi des maladies parodontales nécrosantes.

L’objectif de ce travail serait d’explorer les raisons pour lesquelles le déclenchement de l’inflammation tissulaire liée à la COVID-19 et ses concepts sous-jacents jouent un rôle directe dans la maladie parodontale et comment les phénomènes inflammatoires de cette dernière migreront vers le tractus respiratoire inférieur et affaibliront la santé du porteur COVID-19.


Manal SABOUR (casablanca, Maroc), Nadia AUSALAH TAOUFIK, Mohamed EL FAROUKI
08:00 - 18:00 #30290 - Utilisation du iPRF en association aux substituts osseux, applications actuelles en Chirurgie Orale.
Utilisation du iPRF en association aux substituts osseux, applications actuelles en Chirurgie Orale.

Les méthodes de régénération osseuse en Chirurgie Orale ont donné lieu à de multiples procédés évoluant au gré des progrès dans le domaine de la Biologie Orale. Depuis plus de 30 ans, les concentrés plasmatiques sont utilisés afin d’améliorer le potentiel de régénération osseuse. L’utilisation de plasma riche en plaquettes (PRP) a été remplacé dans la pratique quotidienne par le plasma riche en fibrine (PRF). Ce dernier présente l’avantage d’une mise en œuvre plus aisée que le PRP (absence d’adjonction de thrombine bovine ou CaCl2, une seule centrifugation). La forte concentration de plaquettes dans le réseau fibrineux permet un relargage progressif de nombreux facteurs de croissance et de cytokines (PDGF, TGF-β1, VEGF, IL-1β, IL-4, IL-6) favorisant la prolifération et la différenciation des cellules impliquées dans la cicatrisation. (Choukroun et al. – 2004).

Plus récemment, de nouvelles formules de PRF ont été proposées, en faisant varier le temps et la vitesse de centrifugation, ou encore le type de tube utilisé, permettant d’obtenir le PRF sous forme de membranes (aPRF), ou de substrat liquide (iPRF). Ce dernier peut être utilisé en association à des substituts osseux xénogènes d’origine bovine (DBBM) ou allogènes (DFDBA). Il semblerait ainsi que la biocompatibilité des greffes soit augmentée en stimulant les propriétés ostéo-inductives, complétant ainsi leurs propriétés d’ostéo- conduction (Miron et al. – 2017). L’objectif de cette présentation est de faire un état des lieux de l’utilisation en Chirurgie Orale de cette combinaison de biomatériaux, appelée « sticky bone » , en associant des données issues de la littérature et la présentation des indications actuelles à partir de cas cliniques. Nous verrons ainsi que le « sticky bone » est principalement utilisé dans le cadre de la chirurgie parodontale (régénération des défauts intra-osseux consécutifs aux poches parodontales profondes), en chirurgie implantaire (préservation alvéolaire ; régénération osseuse guidée concomitante à la mise en place d’implants), et en chirurgie pré-implantaire, (greffe osseuse sous-sinusienne ; bloc cortico-spongieux ; expansion osseuse ; régénération osseuse guidée).

Des procédés d’analyse histomorphométrique de l’os de forage permettent aujourd’hui la comparaison à l’échelle histologique des sites greffés avec ou sans utilisation de PRF en association aux techniques de greffes (Pichotano et al. – 2018). Ces procédés, de plus en plus décrits dans la littérature, nous permettront de mieux saisir les différences à l’échelle histologique entre les différentes combinaisons de biomatériaux et les variations entre les protocoles.

Choukroun et al., Implantodontie, 2004;13(2):87-97

Miron et al., Clin Oral Invest, 2017; 21:1913-1927

Pichotano et al., J Oral Implantol, 2018;44(3):199-206


Aurélien BOS (Paris), Lucas DUONG, Adel HAMDANI, Charles ZADIKIAN, Benjamin FOURNIER, Louis MAMAN, François FERRÉ
08:00 - 18:00 #30277 - Utilisation du PRF en chirurgie orale.
Utilisation du PRF en chirurgie orale.

La thérapie régénérative en chirurgie orale  consiste en  le remplacement et/ ou la régénération des tissus buccaux altérés à la suite d'une lésion. L'un des aspects signalés compliquant cette thérapeutique a été la nature complexe des tissus trouvés dans la cavité orale.  

Par conséquent, une variété de procédures régénératives utilisant des biomatériaux ont été introduites pour réussir cette  régénération.  Il s’agit des membranes pour effectuer la régénération tissulaire guidée, l'utilisation d'os autogène et allogénique  ainsi que des facteurs de croissance bioactifs tels que les protéines morphogénétiques osseuses et les dérivés de la matrice de l'émail.

Dans ce cadre, le Plasma Riche en Fibrine ou PRF est une nouvelle approche permettant de former une membrane de fibrine, entièrement autologue, enrichie en facteurs de croissance pour favoriser l’angiogénèse et la croissance de néo-tissus osseux et gingivaux. 

L’utilisation du PRF a été surtout étudiée en parodontologie pour le traitement des défauts intra-osseux parodontaux et des récessions gingivales avec des résultats favorables. Peu d'études concernaient la gestion des alvéoles d'extraction. Très peu de données sont disponibles pour étudier directement les effets du PRF sur la nouvelle formation osseuse dans la régénération osseuse guidée, les procédures d'augmentation osseuse horizontale/verticale, le traitement de la péri-implantite et les procédures de sinus-lift.

A travers une revue de la littérature illustrée par des cas cliniques nous allons  décrire les différents aspects de cette approche régénérative, ses résultats, son champs d’application en chirurgie orale, ses limites et les paramètres contrôlant son succès.

Notre travail, alors, portera sur les différentes connaissances relevées dans la littérature sur l’usage du PRF en chirurgie orale. Afin de cerner les différents aspects et résultats de cette nouvelle approche.


Youssef BOUHADDAOUI (Dakar, Sénégal), Saliha CHBICHEB
09:00

Jeudi 09 juin

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CI
09:00 - 09:45

Conférence inaugurale

09:00 - 09:45 Nouvelles technologies tridimensionnelles et les momies égyptiennes des Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles. Pr Raphaël OLSZEWSKI
Auditorium
09:45

Jeudi 09 juin

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PC
09:45 - 10:30

Pause café - Visite des exposants

Espace d'exposition
10:30

Jeudi 09 juin

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AD
10:30 - 12:30

Auditorium

10:30 - 12:30 Le challenge de la reconstruction alvéolaire. Dr Bruno COURTOIS
10:30 - 12:30 Altérations osseuses pathologiques ou iatrogènes : peut-on implanter ? Pr Anne-Gaëlle CHAUX (Puph)
10:30 - 12:30 Intelligence Artificielle : Applications en Chirurgie Orale. Pr Pierre BOULETREAU
Auditorium
12:00

Jeudi 09 juin

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PS
12:00 - 12:30

Remise du prix poster

Espace d'exposition
12:30

Jeudi 09 juin

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SZ
12:30 - 13:30

Symposium ZimVie

12:30 - 13:30 Logiciel RealGuide : de la planification à la réalisation des guides chirurgicaux. Dr Thierry DENIS
Salle LAC

Jeudi 09 juin

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PD
12:30 - 14:00

Cocktail déjeunatoire - Visite des exposants

Espace d'exposition
14:00

Jeudi 09 juin

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SL2
14:00 - 16:00

Auditorium

14:00 - 16:00 Développement d'un nouveau biomatériau injectable pour la régénération osseuse : du laboratoire à la clinique. Dr Mathilde FENELON (MCU-PH), Pr Sylvain CATROS (PUPH)
14:00 - 16:00 Ingénierie tissulaire osseuse. Pr Pierre WEISS
14:00 - 16:00 La chirurgie orale et le service de chirurgie ambulatoire : un partenariat gagnant. Dr Christian CARAMIDARU, Dr David MERLIN
Auditorium

Jeudi 09 juin

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AD2
14:00 - 16:00

Salle PALACE

14:00 - 16:00 Intérêt fonctionnel de la chirurgie orthognathique. Dr Emmanuel MASSON REGNAULT (Chirurgien Oral)
14:00 - 16:00 Place de la chirurgie orthognathique dans la prise en charge des oligodonties de l'adulte. Dr Guy LE TOUX (MCU-PH)
14:00 - 16:00 Les implants zygomatiques, une solution fiable et efficace pour traiter l’édenté maxillaire. Dr Philippe JABY (PH)
Salle PALACE

Jeudi 09 juin

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SL3
14:00 - 17:00

DPC

Salle LAC

Jeudi 09 juin

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WSGD
14:00 - 16:00

Workshop GLOBAL D - 20 places

14:00 - 16:00 La ROG : un allié de la reconstruction osseuse implantaire. Dr Arnaud L'HOMME
Salle PARC
16:00

Jeudi 09 juin

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VS
16:00 - 16:45

Pause café - Visite des exposants

Espace d'exposition
16:45

Jeudi 09 juin

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SYMPO
16:45 - 17:30

SYMPOSIUM - SAFE IMPLANT

16:45 - 17:30 Le Bond Apatite, ciment osseux sans membrane pour toutes les chirurgies buccales. Dr David BARANES, Dr Alain ABELLI
Auditorium

Jeudi 09 juin

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CL
16:45 - 17:30

Communications thématique implantologie / Session Poster

16:45 - 17:30 #29617 - Technique du Bone-Ring modifié: Nouvelle approche d’augmentation osseuse avec prélèvement de carottes d’os autogène combinée à une allogreffe pour le traitement des insuffisances tissulaires horizontales et verticales.
Technique du Bone-Ring modifié: Nouvelle approche d’augmentation osseuse avec prélèvement de carottes d’os autogène combinée à une allogreffe pour le traitement des insuffisances tissulaires horizontales et verticales.

Résumé - Introduction 

Peu importe qu’elle soit d’origine traumatique, parodontale ou encore carieuse, la perte dentaire est très souvent responsable d’un effondrement tissulaire important. La reconstruction tissulaire devient dès lors une étape quasi inéluctable du plan de traitement implantaire, d’autant plus que nous savons qu’une architecture osseuse péri-implantaire solide est un facteur clé pour la pérennité des prothèses implanto-portées.
Les techniques de chirurgie pré-implantaire se sont multipliées au cours des dernières années et sont aujourd’hui largement décrites dans la littérature. Si beaucoup d’auteurs montrent d’excellents résultats avec les xénogreffes et allogreffes, le Gold Standard reste aujourd’hui les autogreffes. L’objectif de cet article sera de présenter une nouvelle approche pour le traitement des insuffisances tissulaires osseuses dans le sens verticale et horizontal

 

Matériel et Méthodes 

L’étude a été réalisée au sein de l’hôpital André-Grégoire. 15 patients ont été sélectionnés dans le cadre d’une consultation pré-implantaire et ils présentaient des atrophies modérés à sévère sur des édentements au maxillaire ou à la mandibule, mesurées sur CBCT. La tranche d’âge était comprise entre 30 et 70 ans. Les 15 patients ont été opérés par le même opérateur, sous anesthésie locale. Après préparation du site receveur, des carottes d’os autogène sont prélevés dans la zone retromolaire et fixées au niveau du défect. Les irrégularités sont comblés avec de l’os allogène. La particularité réside dans la préparation du greffon avant son prélèvement afin de minimiser le temps extra-orale. 

Résultats

Un CBCT de contrôle à 6 mois a été réalisé et montre des gains allant jusqu’à 11 mm dans le sens vertical et 13 mm dans le sens horizontal. Les implants ont été posés et les prothèses réalisées. Un recul clinique allant de 12 à 24 mois après mise en charge montre une stabilité des tissus. 

Discussion

Bien que la technique ne soit pas encore décrite dans la littérature, les résultats sont encourageants pour la suite des recherches, principalement dans les secteurs mandibulaires atrophiés dans le sens vertical qui sont particulièrement complexes à régénérer. 

Conclusion

Dans les limites de cette étude, la technique permet un gain d’os important dans le sens vertical et horizontal. Un plus grand échantillon ainsi qu’un recul clinique plus important sont cependant nécessaires afin d’appuyer les résultats obtenus. 


Ayman BOUATTOUR (, ), Reda BOULARBAH
16:45 - 17:30 #29839 - Contribution du CAD-CAM dans l’augmentation osseuse verticale à l’aide d’une grille CFAO.
Contribution du CAD-CAM dans l’augmentation osseuse verticale à l’aide d’une grille CFAO.

La régénération osseuse guidée est l’une des options chirurgicales en chirurgie pré-implantaire pour corriger la perte de volume osseux dans le sens vertical ainsi que les défauts complexes associant des composantes horizontale et verticale.

 

Le titane, sous la forme d’une armature soutenant une membrane de PTFE ou sous la forme d’une grille, répond aux impératifs biologiques de la ROG de maintien et de stabilité de l’espace nécessaire à la protection du caillot et à sa colonisation cellulaire sélective.

 

Les grilles en titane personnalisées, conçues grâce à l’utilisation conjointe de l’imagerie numérique et de l’informatique et obtenues par frittage laser, présentent l’avantage d’être parfaitement adaptées aux contours du défaut, de ne pas nécessiter de découpe chronophage et

de ne réclamer qu’une fixation simple.

 

En revanche, la gestion des tissus mous, à la fois lors de la chirurgie de mise en place de la grille ou lors de la découverte des implants, reste le principal challenge de cette nouvelle technique.

 

Au travers de cas cliniques, les auteurs mettront en évidence les exigences sur le plan chirurgical  et discuteront des résultats et des complications.


Pierre MARIN (, ), Philippe RUSSE
16:45 - 17:30 #30259 - Présentation d'une étude clinique en cours sur l'évaluation d'un nouveau substitut osseux, l'Osteobiol GTO®, dans la préservation alvéolaire post-extractionnelle.
Présentation d'une étude clinique en cours sur l'évaluation d'un nouveau substitut osseux, l'Osteobiol GTO®, dans la préservation alvéolaire post-extractionnelle.

Introduction : Le comblement alvéolaire avec un substitut osseux placé immédiatement après l’avulsion peut limiter significativement l’alvéolyse post-extractionnelle1La technique la plus utilisée consiste à remplir l’alvéole avec un biomatériau sous forme particulaire et protéger celle-ci en la couvrant avec une membrane collagénique résorbable2. Le GTO® de la marque Osteobiol, substitut osseux xénogénique disponible depuis 2018, est composé de granules collagénés cortico-spongieux d’origine porcine mixés avec un gel de collagène thermosensible. Son originalité réside dans les propriétés viscoélastiques particulières de ce gel : peu visqueux et modelable à 20°C lors de sa mise en place sur le site à reconstruire, il se rigidifie et devient stable rapidement à température corporelle (37°C) permettant d’éviter sa protection par membrane ou sutures.

Matériels et méthode : Il s’agit d’une étude prospective longitudinale monocentrique interventionnelle réalisée au sein du service de Chirurgie Orale de la Timone. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer la résorption osseuse horizontale post-extractionnelle 3 mois après une procédure simplifiée et standardisée de comblement alvéolaire après avulsion dentaire avec le GTO®. Le critère d’évaluation principal est la résorption osseuse horizontale et verticale vestibulaire mesurée sur les examens radiologiques type CBCT (Cone Beam Computed Tomography) le jour de l’extraction/comblement  et à 3 mois post-opératoire. Les critères d’évaluation secondaires sont le temps moyen opératoire, la qualité de la cicatrisation muqueuse à 15 jours et la qualité osseuse avec des résultats histo-morphométriques à 3 mois. Les patients inclus dans l’étude présentent une dent à avulser dont le défaut osseux alvéolaire vestibulaire ne doit pas dépasser la moitié de la hauteur radiculaire. 

Résultat et discussion : Les résultats préliminaires seront présentés et comparés aux taux de résorption osseuse moyens avec comblement alvéolaire obtenus dans la littérature. L’analyse histo-morphométrique osseuse obtenue avec le GTO® sera évaluée à partir de 4 cas. Les limites et complications seront discutées, notamment l’absence de comparaison individuelle, afin de juger de l’intérêt et de l’efficience de ce biomatériau dans le comblement alvéolaire post-extractionnel. 

Conclusion : Le GTO® remplit le cahier des charges d’un substitut osseux utilisé dans le comblement alvéolaire tout en simplifiant le geste chirurgical et en diminuant le temps opératoire.

 

1.   Avila-Ortiz G, Chambrone L, Vignoletti F. Effect of alveolar ridge preservation interventions following tooth extraction: A systematic review and meta-analysis. J Clin Periodontol. 2019;46 Suppl 21:195-223.

2.   Troiano G, Zhurakivska K, Lo Muzio L, Laino L, Cicciù M, Lo Russo L. Combination of bone graft and resorbable membrane for alveolar ridge preservation: A systematic review, meta-analysis, and trial sequential analysis. J Periodontol. 2018;89(1):46-57.


Estelle DEMES (MARSEILLE), Romain LAN
16:45 - 17:30 #30282 - Greffe osseuse dans le secteur mandibulaire postérieur : comparaison entre la sausage technique versus le fast system.
Greffe osseuse dans le secteur mandibulaire postérieur : comparaison entre la sausage technique versus le fast system.

Introduction : 

Le secteur mandibulaire postérieur atrophique fait l’objet de plusieurs techniques d’augmentations osseuses pré implantaires incluant : les greffes osseuses avec prélèvement d’os autogène, l’expansion alvéolaire, l’ostéotomie segmentaire ou encore les régénérations osseuses guidées (ROG). 

Bien que la greffe osseuse autogène reste la référence pour la reconstruction alvéolaire, les ROG avec utilisation de biomatériaux xénogènes sont une alternative possible pour l'augmentation osseuse.

Parmi celles-ci, les techniques de ROG, comme la « Sausage Technique » décrite par Urban, et le « Fast System » utilisant le principe de piquet de tente sont des techniques minimalement invasives.

 

Objectif : 

 

Évaluer le gain osseux immédiat et à 6 mois post opératoire après ROG pré implantaire utilisant la Sausage Technique en comparaison avec l’utilisation du Fast System dans les atrophies du secteur mandibulaire postérieur. 

 

Matériels et méthodes : 

 

Dans notre série de 10 patients, 2 techniques de ROG pré-implantaires ont été évaluées avec utilisation de biomatériaux d’origine xénogène. 5 patients ont bénéficié d’une ROG par Sausage Technique tandis que 5 patients ont bénéficié d’une ROG par Fast System à la mandibule postérieure. Des mesures du volume osseux vertical et horizontal ont été réalisées sur des coupes orthogonales de tomodensitométrie à faisceau conique en 3 points (c1, c2et c3) le long du site opératoire. Ces mesures ont été évaluées en 3 temps : T0 étant l’évaluation du défect osseux initial, T1 le volume osseux en post opératoire immédiat et T2 le volume osseux 6 mois après la greffe osseuse soit avant mise en place des implants. 

 

Résultats : 

 

Sur l’ensemble des 10 patients inclus dans notre étude, il n’existe pas de différence statistiquement significative entre les 2 techniques en termes de gain en volume osseux. 

 

Conclusions : 

 

Les deux techniques de régénération osseuses guidées pré-implantaires se sont avérées efficaces en termes de gain osseux dans le secteur mandibulaire postérieur. D’autres critères de comparaisons doivent également être étudiés comme la résorption osseuse à long terme, le taux de survie implantaire, le taux de complications ou encore le facteur économique. Néanmoins, la littérature disponible est limitée, et nous manquons d'études comparatives pour mieux évaluer les résultats.


Nouha KHENISSA (Nice), Franck AFOTA, Jérôme SURMENIAN, Charles SAVOLDELLI
16:45 - 17:30 #30285 - Les implants sous-périostés: un concept réactualisé dans la gestion des cas d'atrophie osseuse sévère.
Les implants sous-périostés: un concept réactualisé dans la gestion des cas d'atrophie osseuse sévère.

Introduction

Une atrophie osseuse sévère compromet le succès des implants endo-osseux. Les implants sous périostés en chrome-cobalt-molybdène sont un concept abandonné vieux de plus de 70 ans. En 2017, Mommaerts et son équipe réactualisent ce concept et présentent les premiers cas, au maxillaire, de fabrication de « plaques en titane sous périostées individualisées des mâchoires » (AMSJI: additively manufactured sub periostal jaw implants), pour des patients avec une atrophie osseuse de classe V à VIII selon la classification de Cawood et Howell. Les implants AMSJI de la société́ CADSkills utilisent des technologies de conception et de fabrication assistée par ordinateur (CFAO), permettant un design d’une haute précision et personnalisé pour chaque patient à partir des fichiers DICOM issus des techniques d’acquisition tomographiques.

Observation
Nous rapportons le cas d’une réhabilitation par AMSJI d'une mandibule atrophique chez une patiente de 47 ans ayant des antécédents de traumatismes maxillo-faciaux et d’une cure de pseudarthrose mandibulaire gauche. Ces plaques en titane sur-mesure ont été usinées et personnalisées en respectant les impératifs anatomiques, biologiques, occlusaux et prothétiques. L’acte chirurgical avait pour objectif l’ostéosynthèse du dispositif implantaire sous-périosté qui était livré en 3 segments solidarisés par la prothèse transitoire transvissée réalisée à partir des données du flux numérique. Après 4 mois, la prothèse temporaire a été remplacée par une prothèse d’usage définitive.

Discussion

Plusieurs facteurs avaient contribué à l’abandon des implants sous-périostés. Grâce aux progrès dans l’usinage du titane et de la CFAO, ce concept a été réactualisé. En appliquant un processus de fabrication additive 3D, des dispositifs en titane avec une structure poreuse ont été élaborés, améliorant les propriétés mécaniques de l’alliage et facilitant l’interposition osseuse.

De plus, cette méthode permet l’anticipation des phénomènes de fatigue mécanique par l’analyse numérique du dispositif soumis aux pressions occlusales.

Les autres avantages sont le caractère peu invasif sur les structures osseuses déjà rares dans ces cas atrophie sévères, ainsi que la possibilité́ de mise en charge immédiate d’une prothèse transitoire. 

Conclusion
Cette alternative thérapeutique évite les étapes préalables de greffes osseuses peu prédictives dans les situations d'atrophie osseuse sévère. La conceptualisation des émergences implantaires semble être un atout supplémentaire en comparaison aux implants zygomatiques. La réhabilitation implantaire en une séance chirurgicale constitue un bénéfice certain mais il existe encore trop peu de recul clinique, particulièrement à la mandibule, pour généraliser cette technique.

1.     Mommaerts M.Y et al. Int J Oral Maxillofac Surg, 2019; 48:108-114.

2.     Mommaerts M.Y et al. Int J Oral Maxillofac Surg, 2017; 46: 938–940.

3.     Mounir M et al. Int J Oral Maxillofac Surg. 2018; 47 : 658-664. 


Emilie HOARAU (Marseille), Romain LAN, Romain CASTRO
Salle PALACE
17:30

Jeudi 09 juin

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AG SNCO
17:30 - 18:30

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Vendredi 10 juin
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Vendredi 10 juin

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AD3
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Auditorium

09:00 - 09:45 Pérennité du volume osseux, facteur-clé de la stabilité de la muqueuse péri-implantaire. Dr Eric ROMPEN
Auditorium
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Vendredi 10 juin

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PC2
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Pause café - Visite des exposants

Espace d'exposition
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Vendredi 10 juin

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WKSM
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Workshop MEGAGEN - 20 places

10:00 - 12:00 L’intérêt de la chirurgie guidée dans les réhabilitations implanto-portées complètes. Dr Olivier BOUJENAH
Salle PARC
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Vendredi 10 juin

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AD4
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Auditorium

10:30 - 12:30 Tomographie à faisceau conique (CBCT) extragnathique. Pr Raphaël OLSZEWSKI
10:30 - 12:30 Corticotomies pour l’accélération du traitement orthodontique. Pr Eduard VALMASEDA
10:30 - 12:30 Autotranplantation, une solution thérapeutique contemporaine à ne pas oublier. Arnaud LAFON (MCU-PH) (LYON)
Auditorium

Vendredi 10 juin

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CMT
10:30 - 12:30

Communications sur le thème du congrès

10:30 - 12:30 #29308 - L’OSTÉOMYÉLITE PRIMITIVE : UNE ATTEINTE RARE ET MÉCONNUE DE L’OS MANDIBULAIRE – A PROPOS D’UN CAS CLINIQUE.
L’OSTÉOMYÉLITE PRIMITIVE : UNE ATTEINTE RARE ET MÉCONNUE DE L’OS MANDIBULAIRE – A PROPOS D’UN CAS CLINIQUE.

Introduction :

L’ostéomyélite chronique primitive (OMCP) des maxillaires correspond à un processus inflammatoire rare de l’os mandibulaire et exceptionnellement des os zygomatiques. 

L’OMCP est d’origine non bactérienne et se distingue des autres types d’ostéomyélites par l’absence de suppuration, fistule ou séquestration.   

En plus d’avoir une étiologie inconnue à ce jour, aucune thérapeutique ne semble faire consensus dans la littérature dans la prise en charge de cette atteinte. 

Observation

Un jeune patient de 17 ans, présentait depuis plusieurs mois, des douleurs épisodiques mandibulaires, associées à un trismus et une symptomatologie inflammatoire de la zone sans signe infectieux. L’examen radiologique montrait une lésion scléreuse mandibulaire, étendue de la branche montante à la région postérieure horizontale mandibulaire droite. Les examens complémentaires de biopsies osseuses (anatomopathologie, bactériologie, mycologie) a permis de poser le diagnostic d’ostéomyélite chronique primitive.

Un traitement chirurgical par décortication et un traitement médicamenteux par antibiotique et AINS ont été conduits.  La thérapeutique n’a abouti qu’à une amélioration partielle, avec diminution de la fréquence et de l’intensité des épisodes douloureux, et l’absence d’amélioration radiologique. 

Discussion

L’OMCP est souvent confondue avec une ostéomyélite chronique secondaire (OMCS), et l’étiologie est souvent imputée à une atteinte infectieuse d’origine dentaire, induisant des mutilations dentaires inutiles. 

L’étiologie exacte de l’OMCP est inconnue, plusieurs hypothèses sont évoquées dans la littérature, telles qu’une déficience vasculaire, une hyperactivité musculaire ou une origine autoimmune avec sous-production de cytokine antiinflammatoires et surproduction de cytokines proinflammatoires. Pour d’autres, l’ostéomyélite chronique primitive serait en réalité un des symptômes d’un syndrome SAPHO incomplet (synovite, acné, pustulose, hyperostose, ostéites). 

Deux attitudes thérapeutiques sont décrites dans la littérature, une attitude conservatrice qui est toujours priorisée en première intention, et une attitude chirurgicale pouvant aller jusqu’à l’hémimandibulectomie. 

En somme la combinaison de traitement la plus documentée correspond à la décortication associée avec une prise au long court d’antibiotiques et d’AINS

Conclusion

L’étiopathogénie de l’OMCP sont encore à ce jour incertaines et leur traitement décevant. Néanmoins, de nouvelles pistes thérapeutiques se profilent pour les années à venir, notamment avec l’avènement de nouvelles indications pour des thérapies ciblées comme le denosumab. 

 

Références : 

Julien Saint Amand M et al. J Stomatol Oral and Maxillofac Surg. 2017;118:342–8.

Timme M et al. IJERPH. 2020 ; 6:1737.

Hallmer F et al. Clin Case Rep. 2018; 6: 2434–7.

 

 

 


Alice BECKER (, ), Louis SAINT DENIS, Rémi CURIEN
10:30 - 12:30 #29390 - tumeurs brunes des maxillaires : étude rétrospective de 16 cas.
tumeurs brunes des maxillaires : étude rétrospective de 16 cas.

Les tumeurs brunes sont retrouvées dans les formes sévères et évoluées de l'hyperparathyroïdie. leur topographie est souvent polyostotique mais l'atteinte des maxillaires demeure inhabituelle. elles posent un problème de difficulté diagnostique si la localisation maxillaire est révélatrice de l'hyperparathyroïdie, d'autant plus que la tumeur brune présente des similitudes histologiques avec les autres lésions à cellules géantes. Le but de notre travail est d'étudier les différents aspects anatomo-cliniques, radiologiques, thérapeutiques et évolutifs de ces tumeurs.

Matériels et Méthodes : il s'agit d'une étude rétrospective d'une série de cas de tumeurs brunes maxillaires avec des dossiers colligés au service de chirurgie maxillo-faciale et plastique et au service de Médecine Dentaire du CHU Sahloul Sousse Tunisie durant une période de 17 ans de 2002 à 2019.

Résultats : il s'agissait de 16 patients dont l'âge moyen était de 48 ans. 12 des 16 cas ont été adressé par un médecin dentiste. Les tumeurs brunes étaient liées à une hyperparathyroïdie primaire résultant d'un adénome parathyroïdien dans 6 cas (38%) et elles étaient en rapport avec une hyperparathyroïdie secondaire à une IRC dans 10 cas (62%). Nous avons rerecensé 7 localisations maxillaires, 5 localisations mandibulaires et 4 localisations bimaxillaires. Le traitement a consisté en une parathyroïdectomie chez 13 patients et une résection de la tumeur maxillaire dans 3 cas. L'évolution était favorable avec régression tumorale dans 9 cas et défavorable dans 3 cas. Conclusion :  Un diagnostic précoce permet d'éviter d'opérer les tumeurs brunes des maxillaires qui devraient régresser après l'exérèse de la lésion parathyroïdienne. Le rôle important du médecin dentiste dans le dignostic de ces tumeurs et dans le traitement des localisations maxillaires. en effet; il doit reconnaitre cette entité pathologique à travers un examen clinique et radiologique minutieux; il doit être conscient des manifestations bucco-dentairesliées à cette pathologie systémique sous-jacente.


Lamia OUALHA (Tunisie, Tunisie), Raouaa BELKACEM, Samia AYACHI
10:30 - 12:30 #29523 - Utilisation des disjoncteurs à appui dentaire et osseux dans les endognathies maxillaires : une alternative à la disjonction intermaxillaire chirurgicale.
Utilisation des disjoncteurs à appui dentaire et osseux dans les endognathies maxillaires : une alternative à la disjonction intermaxillaire chirurgicale.

Intro :L’endognathie maxillaire peut entraîner un rétrécissement des voies aériennes supérieures et par conséquent être à l’origine des syndromes d’apnées obstructives du sommeil. Différentes techniques sont possibles  pour lever cette endognathie dans le cadre d'un traitement orthodontique : la disjonction palatine chirurgicale et la disjonction non chirurgicale.  Cette étude vise à évaluer l’efficacité d’un dispositif ostéo ancré sur l’expansion maxillaire  de façon rapide et moins invasive. 

Matériel/méthodes : Les dix patients (de 13 à 19 ans), ayant une endognathie maxillaire diagnostiquée suite à une analyse céphalométrique, seront appareillés avec un maxillary skeletal expander II (MSE II). Le MSE II  est un disjoncteur maxillaire avec appui dentaire sur les premières molaires et un appui osseux au niveau de la voute palatine par la mise en place de 4 mini vis de diamètre de 1.8 mm. Seuls ceux où la suture médio palatine n’est pas entièrement imperméable c’est-à-dire jusqu’à un stade D de solidarisation sont inclus. La position des minis vis de part et d’autre de la suture est analysée au Cone Beam Computed Tomography(CBCT). Les mesures squelettiques avant la disjonction non chirurgicale  seront analysés par le biais d’un CBCT avec les logiciels Sidexis et Galileos. Après  4 mois d’activation, l’appareil sera retiré et de nouvelles mesures squelettiques seront réalisées avec les mêmes logiciels en les comparants aux mesures initiales.

 

Résultat : Les dix patients présentent un élargissement de la distance inter molaires ainsi que des fosses nasales. Ces variations de dimension entre les fosses nasales et la longueur inter-molaire mettent en évidence que cette disjonction maxillaire rapide par le MSE II a une action osseuse avec l’ouverture au niveau de la suture médio palatine.

 

Discussion : Les échecs du MSE II sont dû à une ossification totale ou partielle de la suture médio palatine et de la suture ptérygo-maxillaire. Nous n’obtenons pas toujours une ouverture parallèle à la suture malgré une absence de mouvement alvéolaire au niveau des molaires. Nous pouvons l’expliquer par un positionnement du MSE II en fonction des bagues molaires. La position  du MSE II doit être parfaitement parallèle à la suture médio-palatine sans tenir compte de la position des premières molaires maxillaires. Par rapport à un disjoncteur classique le MSE II a un meilleur effet orthopédique, moins d’inclinaison alvéolaire et moins de modifications des axes dentaires. Nous remarquons que le MSE II est aussi à l’origine de la disparition des syndromes d’apnée du sommeil.

 Conclusion : Le MSE II permet donc une expansion médio palatine non chirurgicale en induisant une disarticulation des sutures associées au complexe maxillaire. 

Won Moon. Seminars in Orthodontics, 2018, 24 : 95-107

Fernanda Angelieri et al. American Journal of Orthodontics and Dentofacial Orthopedics. November 2013, 144 :759-769.

Fernanda Angelieri et al. Dental Press J Orthod. 2016, 21 :115-125.

    

 


David HIBELOT (Rennes, ), Carole MAHLER, Pierre BOTTE, Patrick LIMBOUR
10:30 - 12:30 #29528 - Enjeux diagnostiques et thérapeutiques des améloblastomes unikystiques : à propos de deux cas.
Enjeux diagnostiques et thérapeutiques des améloblastomes unikystiques : à propos de deux cas.

L’améloblastome (AB) est une tumeur odontogène épithéliale bénigne mais agressive se déclinant en 4 types selon l’OMS : conventionnel (intra-osseux), unikystique, périphérique (extra-osseux), ou métastatique1. L’améloblastome unikystique (AU) représente environ 1/3 des AB et siège majoritairement dans le secteur postérieur mandibulaire du sujet jeune, sans distinction de sexe. Il se manifeste radiologiquement par une image radioclaire unique, aux limites nettes et de taille variable. Leur découverte est souvent fortuite mais peut s'accompagner de signes cliniques. Histologiquement, il présente un revêtement épithélial linéaire et 3 entités sont décrites (luminale, intra-luminale ou murale) selon l’invasion d’une composante folliculaire au sein de l’épithelium ou du conjonctif 2. L’enjeu repose sur le diagnostic et la prise en charge pour laquelle il n’y a pas de consensus, illustré ici par 2 cas cliniques.

Deux patients ont été reçus en consultation à l’hôpital Bretonneau, âgés de 27 et 42 ans, en bonne santé générale. Le 1er rapportait des douleurs mandibulaires intenses depuis 1 mois alors que le 2nd n'avait qu'une simple gêne, sans trouble de la sensibilité labio-mentonnière pour les deux. Les dents en rapport avec les lésions répondaient positivement au test de sensibilité pulpaire. Les imageries (panoramique dentaire et ConeBeam CT) ont révélé  dans les 2 cas  une lésion uniloculaire radioclaire mandibulaire droite, supra-centimétrique, associée à des résorptions radiculaires, amincissant les corticales et englobant le NAI. Les principales hypothèses diagnostiques étaient : un kératokyste, un kyste essentiel et un AB. La thérapeutique a consisté en l'énucléation et l’examen anatomopathologique a révélé 2 AU, un mural (1er cas) et un luminal (2nd cas). Un suivi radiologique strict a été instauré et a mis en évidence une récidive de la forme murale et une cicatrisation osseuse complète de la forme luminale à 8 mois.

Ces 2 cas illustrent la difficulté du diagnostic de l’AU au vu des caractéristiques cliniques et radiologiques peu spécifiques et celle du traitement à instaurer : énucléation, marsupialisation/décompression ou résection osseuse. Le risque de récidive dépend de différents facteurs : type d’AU, taille, résorptions radiculaires, rupture de la corticale. Les types luminal et intra-luminal, moins invasifs, ont un taux de récidive moindre après énucléation, tandis que le type mural, plus agressif, nécessite une chirurgie plus invasive 3. La biopsie est discutée  au vu de certains résultats non concluants en cas d’infection et de la nécessité de ré-intervention 2.

La prise en charge des AU représente un réel défi tant sur le plan du diagnostic que de l’approche chirurgicale, afin de choisir la plus conservatrice tout en limitant le risque de récidive.

1-Wright J. et al,Head Neck Pathol. 2017, 11 :68-77

2-Da Silva YS et al,J Stomatol Oral Maxillofac Surg. 2022 Jan 10:S2468-7855

3-Titinchi F et al,Br J Oral Maxillofac Surg. 2021 Aug 8:S0266-4356


Margaux PINANA (Paris), Le Pelletier De Glatigny FRANÇOIS, Anne-Laure EJEIL, Salmon BENJAMIN
10:30 - 12:30 #29868 - Fibrome cémento-ossifiant périphérique : à propos d’une série de douze cas.
Fibrome cémento-ossifiant périphérique : à propos d’une série de douze cas.

Fibrome cémento-ossifiant périphérique : à propos d’une série de douze cas

 

Demoury B*,  Ejeil AL**, Le Pelletier de Glatigny F***, Moreau N**, Salmon B**

*Interne en Chirurgie Orale, 5ème Semestre, PARIS

** Service de Médecine Bucco-Dentaire, Hôpital Bretonneau, 75018 PARIS

*** Médecin spécialiste en anatomie et cytologie pathologiques, Praxea Diagnostics, 91300, Massy

 

 

Le fibrome cémento-ossifiant périphérique (FCOP) est une tumeur gingivale néoplasique réactionnelle caractérisée histologiquement par la présence de tissu minéralisé au sein d’un stroma fibreux. Il affecte préférentiellement les femmes lors de la 2et la 3décades et concerne principalement le maxillaire antérieur. Il est caractérisé́ par un taux de récidive relativement élevé (Hachida, 2010). 

L’actualisation de la classification des tumeurs de la tête et du cou de l’OMS de 2017 classe le FCOP comme étant une tumeur odontogéne mésenchymateuse, avec une prolifération de cellules provenant du ligament parodontal. (Wright, 2017).

Le FCOP se présente cliniquement sous la forme d’un nodule gingival ferme, de couleur identique à la gencive normale ou légèrement érythémateux et dont la taille n’excède pas en général 2 cm de diamètre (Ganji, 2013).

Le FCOP est fréquemment associé à des facteurs d’irritation chronique. Devant l’aspect clinique aspécifique pouvant être évocateur d’un fibrome cémento-ossifiant périphérique, d’un fibrome odontogéne périphérique, d’une épulis inflammatoire ou à cellules géantes ou d’un granulome pyogénique, un examen anatomopathologique s’impose. 

A partir de douze cas cliniques de FCOP, les données épidémiologiques, cliniques et radiologiques ainsi que les diagnostics différentiels évoqués et la prise en charge entreprise seront discutées. 

Sur les douzes patients, neuf étaient des femmes et trois des hommes. Cinq patients étant d’origine nord-africaine. 

Cliniquement le FCOP se manifestait par un nodule gingival pédiculé (sept patients) ou sessile (cinq patients), mesurant en moyenne 1 cm de diamètre, localisé principalement dans le secteur incisivo-canin maxillaire (huit patients), en situation vestibulaire (huit patients) et touchant préférentiellement les sujets de sexe féminin (neuf patientes).

La prise en charge des patients a consisté en l’exérèse chirurgicale du nodule et un examen anatomopathologique permettant de poser le diagnostic positif. Ce dernier a mis en évidence un stroma hyperfibroblastique associé à des tissus minéralisés à type de calcifications dystrophiques, d’os ou de cément.

Face à la gêne fonctionnelle et parfois esthétique induites par le FCOP, un geste chirurgical est nécessaire. Celui-ci devra prendre en compte le caractère récidivant de cette lésion (exérèse large) et la suppression des facteurs irritants pouvant concourir à la survenue du FCOP.

 

Ines Hachida et al. MDCB, 2010;16:255-258   

Kiran Kumar Ganji, Case Rep Dent, 2013 ; 2013: 930870

John M. Wright, Head and Neck Pathol, 2017


Benjamin DEMOURY (, ), Anne-Laure EJEIL, François LE PELLETIER, Nathan MOREAU, Benjamin SALMON
10:30 - 12:30 #29958 - Méthode de repositionnement condylien grâce à l'empreinte optique pour la planification numérique en chirurgie orthognathique : étude rétrospective sur 49 patients.
Méthode de repositionnement condylien grâce à l'empreinte optique pour la planification numérique en chirurgie orthognathique : étude rétrospective sur 49 patients.

Introduction : Le bon positionnement du condyle en chirurgie orthognathique est fondamental pour obtenir les résultats occlusaux planifiés. [1] Un positionnement des condyles en dehors de la relation centrée sur l’imagerie tridimensionnelle (3D) utilisée pour la planification est source d’erreur dans l’ostéosynthèse des valves en peropératoire. Le but de cette étude était d’étudier les différences de position du condyle entre la position enregistrée sur l’imagerie et après repositionnement condylien en relation centrée sur un modèle numérique 3D utilisé pour la planification.

Matériel et méthode : Cette étude rétrospective a été menée sur 49 patients qui ont bénéficié d’une chirurgie orthognathique virtuellement planifiée. La procédure a consisté à réaliser : une imagerie 3D du massif facial, des empreintes optiques des arcades dentaires et de l’occlusion de relation centrée. La mandibule était repositionnée sur le modèle numérique 3D. La superposition de l’enregistrement virtuel de l’occlusion en relation centrée conduisait à une nouvelle position mandibulaire et condylienne. La méthode de Pullinger et Hollender [2] a été utilisée pour évaluer la différence de position des condyles droit et gauche avant et après repositionnement mandibulaire. Les mesures ont été analysées grâce à des tests de Wilcoxon sur l’échantillon complet, puis en sous-groupes (classes II et classes III).

Résultats : Les positions de 98 condyles ont été comparées. Les distances mesurées au niveau des espaces postérieurs et supérieurs de la cavité glénoïde ont révélé une différence statistiquement significative (P compris entre 0,008 et 0,036). L’analyse statistique en sous-groupe a montré une différence significative (P compris entre 0,003 et 0,019) uniquement pour les patients présentant des classes II squelettiques.

Discussion : La différence retrouvée au niveau des mesures supérieures et postérieures est expliquée par  une translation du condyle vers le haut et l’arrière et une rotation antihoraire dans la cavité glénoïde lors du positionnement en relation centrée. La différence concernant les classes II serait liée à une propulsion mandibulaire pour compenser les déficits esthétiques et faciliter la mastication et l’élocution. [3]

Conclusion : La différence entre la position mandibulaire enregistrée sur l’imagerie préopératoire et sur le modèle numérique 3D après repositionnement est retrouvée pour les classes II. Elle pourrait avoir un impact clinique. Des études complémentaires sont nécessaires pour valider cette théorie et évaluer la fiabilité des résultats cliniques.

[1] Alkhayer A et al. Head Face Med. 2020;16:34.

[2] Pullinger A et al. Oral Surg Oral Med Oral Pathol. 1986;62:719–27.

[3] Ueki K et al. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol. 2012;114:567–76.


Margaux FRICAIN (, ), Carole CHARAVET, Anne Gaelle RAOULT, Arlette OUEISS, Charles SAVOLDELLI
10:30 - 12:30 #30261 - Hématome intra osseux extériorisé évocateur d’une malformation vasculaire : un cas.
Hématome intra osseux extériorisé évocateur d’une malformation vasculaire : un cas.

Hématome intra osseux extériorisé évocateur d’une malformation vasculaire : un cas

 Lélia Ménager1,2, Claire Castain3, Xavier Barreau4, Tommaso Lombardi5, Sylvain Catros1, 2, Jean-Christophe Fricain1,2, Mathilde Fénélon1,2 

1 : Service de chirurgie orale, Bordeaux CHU de Bordeaux

2 : UFR d’Odontologie, Département de Chirurgie Orale, Université de Bordeaux

3 : Service de Pathologie, CHU Bordeaux,

4 : Service de neuroradiologie diagnostique et thérapeutique, CHU Bordeaux,

5 : Unité de médecine et pathologie orale, Service de chirurgie maxillo-faciale et buccale, Hôpitaux Universitaires de Genève

Introduction : nous rapportons un cas exceptionnel, jamais décrit, à notre connaissance, dans la littérature, d’un hématome intra-osseux évocateur d’une lésion d’origine vasculaire ayant nécessité une démarche diagnostique complexe.

Observation : un homme de 66 ans, sans antécédents médico-chirurgicaux, a été adressé au service de chirurgie orale pour la prise en charge d’une lésion ostéolytique maxillaire droite découverte suite à des accidents hémorragiques à répétition. Le patient présentait une tuméfaction jugale droite exobuccale. L’examen endobuccal montrait un caillot exubérant vestibulaire, une absence de la dent 15 et une mobilité des dents 14, 16 et 17. Une ponction de la lésion a mis en évidence un contenu hématique. L’analyse de la tomographie volumique à faisceau conique montrait une lésion ostéolytique maxillaire droite, bien délimitée, en regard des dents 14, 16 et 17, d’environ 4 cm de grand axe, qui soufflait la corticale vestibulaire et refoulait le plancher sinusien. Des zones d’effraction des corticales vestibulaires et palatines étaient présentes ainsi qu’une résorption radiculaire de la dent 16. Ces examens radiologiques étaient évocateurs d’une lésion kystique inflammatoire. Cependant, l’ensemble des éléments clinique faisaient suspecter une lésion vasculaire ou un kyste anévrismal justifiant la poursuite des investigations. Une IRM mettait en évidence une large composante tissulaire de la lésion. Une artériographie cérébrale a également été réalisée et ne détectait pas d’hypervascularisation focale. Il n’y avait donc pas d’argument en faveur d’une lésion d’origine vasculaire ou d’une tumeur hypervascularisée. L’absence de vaisseau de nature artérielle et/ou veineuse au sein de la lésion témoignait de l’absence d’une malformation artério-veineuse sous-jacente. L’exérèse chirurgicale de la lésion a été réalisée sous anesthésie locale, en même temps que l’avulsion de la dent 16. L’analyse anatomopathologique retrouvait essentiellement du matériel fibrino-hémorragique (hématome) associé à des remaniements inflammatoires et une coque fibro-hyaline. Le diagnostic retenu a été un hématome intra-osseux extériorisé développé sur un kyste inflammatoire. 

Conclusion : la survenue de complications hémorragiques en rapport avec une lésion osseuse maxillaire est une manifestation rare nécessitant d’écarter une lésion d’origine vasculaire.


Lélia MÉNAGER (Bordeaux)
10:30 - 12:30 #30238 - Ostéite actinomycosique associée à une dysplasie osseuse : intérêt du PRF.
Ostéite actinomycosique associée à une dysplasie osseuse : intérêt du PRF.

Introduction :

Les ostéites cervico-faciales à Actinomyces sont des infections granulomateuses chroniques rares.

Les dysplasies osseuses sont des lésions ostéo-fibreuses bénignes, rares, intéressant les maxillaires, qui ne sont pas de nature néoplasique.

Nous n’avons trouvé qu’un seul cas rapporté dans la littérature consultée, similaire au nôtre, où une association simultanée des deux entités.

Cas clinique :

Une patiente de 59 ans a consulté pour une douleur dans la région mandibulaire droite.

A l’examen clinique, il existait une exposition osseuse avec du pus sur la crête mandibulaire droite.

La radiographie panoramique a objectivé une image radio-opaque mandibulaire.

En se basant sur ces données cliniques, radiographiques et anatomopathologiques, le présent cas a été diagnostiqué comme une ostéite actinomycosique associée à une dysplasie osseuse.

Le traitement a consisté en une énucléation de la lésion avec comblement de la perte de substance par le PRF et prescription  d’antibiotiques.

Conclusion :

 Malgré sa rareté, les praticiens doivent être avertis de la possibilité de la coexistence de ces deux entités simultanément. Ainsi, ils pourront initier le traitement approprié. 


Soukaina ESSAKET (Rabat, Maroc), Karima EL HARTI
10:30 - 12:30 #30271 - Les métastases osseuses au niveau de la cavité orale : Revue de la Littérature et Rapport de Cas.
Les métastases osseuses au niveau de la cavité orale : Revue de la Littérature et Rapport de Cas.

Les métastases mandibulaires sont rares : elles représentent environ 1 à 1,5 % de l’ensemble des tumeurs malignes de la cavité orale. Elles se situent à différents points de la cavité orale, cependant, il a été observé qu’elles colonisent essentiellement le tissu osseux; principalement dans la région postérieure de la mandibule, du ramus et du condyle, qui sont riches en moelle osseuse.

Nous rapportons le cas d’une patiente de 78 ans qui s’est présentée au service de chirurgie orale avec comme principale plainte une tuméfaction génienne basse évoluant depuis 3 mois associée à un trismus.

L’examen intra oral révèle une tuméfaction mandibulaire gauche avec au sommet une lésion blanchâtre entourée d’un halo érythémateux. Les examens d’imagerie réalisés ont mis en évidence une importante lyse osseuse avec interruption des corticales osseuse vestibulaire et linguale. Le diagnostic évoqué était un carcinome. Une biopsie a été réalisée et l’examen anatomopathologique a mis en évidence une métastase mandibulaire d’un carcinome thyroïdien. La patiente avait un antécédent de thyroïdectomie avec un diagnostic initial de malignité 20 ans auparavant.

Ce travail met en évidence le rôle majeur du médecin dentiste dans le dépistage des cancers étant donné que ces lésions posent des problèmes de diagnostic notamment dans la reconnaissance de la nature métastatique et dans la découverte de la lésion primitive


Meryem LAHLOU (, ), Youssef NAJI, Sofia HAITAMI, Ihsane BEN YAHYA
10:30 - 12:30 #30291 - Prise en charge d'un fibromyxome maxillaire : à propos d'un cas.
Prise en charge d'un fibromyxome maxillaire : à propos d'un cas.

Introduction 

Le myxome des maxillaires est une tumeur odontogène rare ectomésenchymateuse (OMS, 2017). On le retrouve plus fréquemment en secteur molaire mandibulaire, entre 15 et 30 ans et avec une légère prédominance féminine. Il correspond à une lésion bénigne d’évolution lente, souvent asymptomatique, mais localement agressive avec un taux élevé de récidive (25%). Il n’existe pas de consensus quant à la prise en charge (approche conservative (énucléation et curetage) ou plus radicale (exérèse large)).

 

Cas clinique 

Un patient de 43 ans est adressé en consultation de chirurgie orale par le service de néphrologie après la découverte fortuite d’une lésion ostéolytique du maxillaire sur un TDM des sinus. Le patient, transplanté rénal en 2015, a nécessité un retour en hémodialye en 2021 suite à un lymphome rénal. Le patient ne rapporte aucune symptomatologie. Le CBCT identifie une lésion intra-osseuse bien délimitée en regard d’un bridge maxillaire antérieur, de tonalité liquidienne ou tissulaire avec calcification membranaire périphérique et responsable d’une soufflure de la corticale vestibulaire. L’hypothèse d’un kyste résiduel a d’abord été émise. Une prise en charge chirurgicale par exérèse de la lésion sous anesthésie locale a donc été convenue. L’anatomopathologie a permis de poser le diagnostic d’un fibrome myxoïde. Aucun événement particulier n’est rapporté lors de la phase postopératoire.

 

Discussion 

De par l’agressivité locale de cette tumeur et son taux élevé de récidive, l’approche thérapeutique la plus courante consiste en l’exérèse large avec marge de 0.5 à 1cm, associée à un suivi clinico-radiologique rapproché sur au minimum 5 ans. D’autant plus que la consistance gélatineuse du myxome limite l’exhaustivité du curetage, favorisant ainsi les récidives ultérieures. Boffano et collaborateurs ont suggéré qu’un traitement par énucléation et curetage peut être proposé lorsque la lésion est inférieure à 3cm, alors qu’au-delà, une résection en marge saine permet un suivi sans récidive. Plus récemment, Kawase-Koga et collaborateurs ont montré l’absence de récidive de myxome plus de 10 ans après traitement conservateur, malgré une taille initiale de la lésion > 3 cm, ce qui montre la nécessité de combiner d’autres facteurs lors de l’étude des récidives (Martins, 2021). En effet, le myxome maxillaire ayant une incidence faible, des études rétrospectives portant sur la fréquence des récidives selon des critères cliniques, radiologiques et histologiques identifiés comme un sur-risque, permettront de préciser les modalités thérapeutiques de cette pathologie qui reste encore très controversée.


William CALVIN (, ), Juliette ROCHEFORT, Rufino FELIZARDO, Géraldine LESCAILLE, Vanessa BAAROUN, Marine MONDOLONI
10:30 - 12:30 #30298 - Granulomes et tumeurs à cellules géantes maxillo-mandibulaires: paramètres cliniques et distinction diagnostique.
Granulomes et tumeurs à cellules géantes maxillo-mandibulaires: paramètres cliniques et distinction diagnostique.

Introduction

Malgré leurs présentations cliniques et histologiques très similaires, les tumeurs à cellules géantes (TCG) et les granulomes à cellules géantes (GCG) ne partagent pas le même pronostic et n’impliquent pas les mêmes stratégies thérapeutiques.


Objectif

L’objectif de ce travail était de rechercher les critères cliniques, radiologiques et/ ou histologiques pouvant orienter le diagnostic différentiel de ces deux entités.

Méthode

Notre travail s’est articulé en trois étapes : une revue systématique de la littérature sur les TCG maxillo-mandibulaires (encore jamais réalisée dans la littérature), la comparaison de ces résultats avec les données des 2 dernières revues systématiques effectuées sur les GCG maxillo-mandibulaires et une étude rétrospective bi-centrique sur les GCG maxillo-mandibulaires.

Résultats

Les TCG se distinguent des GCG par un caractère symptomatique et une évolution marquée par un taux de récurrence élevée et de rares cas de transformation maligne. D’un point de vue histologique, le critère le plus discriminant semblait être la distribution uniforme des cellules géantes dans le stroma pour les TCG.

Conclusion

Bien que certaines caractéristiques puissent orienter le diagnostic différentiel des TCG et GCG maxillo-mandibulaires, l’apport de l’immunohistochimie et de la génétique moléculaire semble indispensable pour arriver à un diagnostic précis.


Emilie HOARAU (Marseille), Romain LAN, Juliette ROCHEFORT
10:30 - 12:30 #30294 - Ostéites actinomycosiques : A propos de deux cas.
Ostéites actinomycosiques : A propos de deux cas.

Les ostéites actinomycosiques de la cavité buccale sont des infections peu communes qui peuvent affecter l’os alvéolaire et mimer une infection périapicale classique. Résistantes aux traitements antibiotiques conventionnels, elles constituent une cause d’infection osseuse chronique malgré un traitement endodontique et/ou parodontal bien mené.

Les cas de deux patients, pris en charge au sein du service d’odontologie de l’hôpital de Bretonneau (Paris) ayant présentés des ostéites à Actinomycose sont rapportés.
Le premier cas est celui d’un homme de 44 ans sans antécédents, fumeur, orienté par son dentiste traitant pour une nécrose osseuse visible cliniquement et radiologiquement en regard de 14 qu’il a précédemment traité endodontiquement à plusieurs reprises. L’exérèse du séquestre osseux a été réalisé sous anesthésie locale, ainsi que l’avulsion de 14 et 15. L'analyse anatomo-pathologique est revenue avec le diagnostic d’ostéite actinomycosique. Un traitement par amoxicilline (3x 2g/j) sur 3 mois a été mis en place associé à un bilan d’extension régional
.

Le second cas est celui d’une femme de 39 ans, traitée pour une maladie de Basedow, une thyroïdectomie et une cholecystectomie, orienté par son dentiste traitant pour prise en charge d’une ostéonécrose mandibulaire récidivante malgré plusieurs curetages et cures antibiotiques. Cliniquement, la patiente présentait une hypoesthésie labio-mentonnière gauche ainsi qu’une fistule sur la crête édentée en regard de l’édentement de 37. L’exérèse a été réalisé sous anesthésie locale associé à une analyse anatomopathologique.

L'ostéite actinomycosique reste une entité rare mais les données épidémiologiques souffrent d’un manque de systématisation dans l’envoi en analyse anatomopathologique des tissus osseux cureté. L’expression clinique des lésions actinomycosique ainsi que les facteurs associés sont variés. Ainsi, il est possible que l’incidence de cette affection soit sous-évaluée. Bien que la littérature soit pauvre sur ce sujet, une étude rétrospective réalisé par Kaplan et al semble mettre en évidence que cette entité ne soit pas aussi rare qu’elle n’y parait. La prise en charge thérapeutique ne fait pas l’objet de consensus, notamment concernant la durée et la dose de l’antibiothérapie. Néanmoins il semble admis qu’un curetage soigneux de la lésion représente le traitement de choix, associé à une antibiothérapie privilégiant une pénicilline G et à un bilan d’extension cervico-facial.

Bien qu'étant une entité rare, l’ostéite actinomycosique peut expliquer certains cas d’ostéite réfractaire aux traitements conventionnels. De plus ample études sont indispensable pour permettre l’établissement d’un protocole de traitement sur lequel le praticien spécialiste puisse se reposer.

 

Hishberg A. et al, Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2003; 95:614-20

Stabrowski T. et al, Rev Med Suisse 2019; 15(666) :1790-1794

Kaplan I. et al, Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2009;108:738-746


Vianney RIBEIRO, Aurélien CREVANT (Paris), Nathan MOREAU
Salle PALACE
12:00

Vendredi 10 juin

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RP2
12:00 - 12:30

Remise du prix poster

Espace d'exposition
12:30

Vendredi 10 juin

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DEJ
12:30 - 14:00

Cocktail déjeunatoire - Visite des exposants

Espace d'exposition
14:00

Vendredi 10 juin

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AD5
14:00 - 16:00

Auditorium

14:00 - 16:00 Gestion des atrophies osseuses sévères. Dr Mickael SAMAMA
14:00 - 16:00 Les augmentations osseuses pré implantaires 2.0 : plusieurs techniques, mêmes principes ? Dr Franck AFOTA
14:00 - 16:00 Séquelles alvéolaires des fentes labio-maxillo-palatines : de la greffe osseuse à l'implant. Dr Charles SAVOLDELLI
14:00 - 16:00 La réhabilitation des atrophies extrêmes des maxillaires. Dr Alexandre LAVENTURE (Interne en chirurgie orale)
Auditorium

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SL4
14:00 - 16:00

Salle PALACE

14:00 - 16:00 Aspects médicolégaux en pratique chirurgicale. Dr Geneviève WAGNER, Dr Eric GERARD (PH chef de service)
14:00 - 16:00 Sinistralité RCP en chirurgie orale. Dr Henri CHANEAC
Salle PALACE

Vendredi 10 juin

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PN
14:00 - 17:30

Workshop Nobel - 20 places/sessions

14:00 - 15:30 Système N1, l'implant revisité: Préparation chirurgicale novatrice, connexion interne unique, surface, dessin des spires et du col - Travaux Pratiques. Dr Eric ROMPEN
16:00 - 17:30 Système N1, l'implant revisité: Préparation chirurgicale novatrice, connexion interne unique, surface, dessin des spires et du col - Travaux Pratiques. Dr Eric ROMPEN
Salle LAC
16:00

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PCVS
16:00 - 16:30

Pause café - Visite des exposants

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SP1
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Communications Libres / Session Poster

16:30 - 18:00 #29409 - Lymphome intra-musculaire mimant une cellulite cervico-faciale, présentation d’un cas clinique.
Lymphome intra-musculaire mimant une cellulite cervico-faciale, présentation d’un cas clinique.

Introduction :

Les lymphomes intra musculaires sont des entités rares, représentant moins de 2% des lymphomes B diffus à grandes cellules. Leur localisation cervico-faciale est exceptionnelle, il s’agit ici du premier cas rapporté dans la littérature.

 

Observation :

Le cas décrit est celui d’un patient de 34 ans, présentant une masse génienne basse droite non douloureuse associant un comblement du vestibule buccal, mimant une cellulite chronique cervico-faciale. Après examen radiographique par CBCT, aucune origine dentaire n’a pu être mise en évidence. Cependant, l’IRM a révélé une masse de 7cm sur 3cm adhérente au corps de la mandibule et envahissant le plancher buccal. La biopsie de la lésion par voie endo-buccale a permis le diagnostic d’un lymphome intra musculaire de type B diffus à cellules géantes. Les marqueurs immuno-histologiques CD20 et CD79a ont été retrouvés et l’hybridation in situ n’a pas révélé de remodelage des gènes MYC. Ces éléments sont des facteurs pronostics favorables. Après un bilan d’extension comprenant notamment un PET-SCAN, ne révélant pas d’autres lésions, une chimiothérapie de protocole dite R-ACVBP (Rituximab – Doxorubicine – Cyclophosphamide – Vindésine – Bléomycine – Prednisone) a été mise en place. Après 4 cures, une disparition complète de la masse jugale a pu être obtenue, confirmée au TEP-Scan. Lors du contrôle à un an, le patient ne présentait plus de masse jugale droite ni de comblement du vestibule signant une rémission complète du lymphome.

 

Discussion :

Les lymphomes sont des néoplasies des tissus lymphoïdes et se développent à partir d’un ganglion ou dans les tissus lymphatiques. Le lymphome B diffus à grandes cellules en est un sous-type.

 

Ce qui rend ce lymphome atypique c’est à la fois son centre germinatif intramusculaire et sa localisation cervico-faciale, ce qui n’a jamais été rapporté dans la littérature. Par ailleurs, le contexte lié au patient est également atypique. En effet il est en bonne santé, non-fumeur et jeune et ne présente donc pas de facteurs de risques. En outre, aucun symptôme général ou local n’a été mis en évidence mis à part la tuméfaction jugale.

 

Une fois le diagnostic de lymphome confirmé et son sous-type identifié par l’étude anatomopathologique, une prise en charge rapide et adaptée favorise un bon pronostic aux lymphomes, particulièrement chimiosensibles. La chimiosensibilité est observée directement sur le Tep-Scan de réévaluation après 4 cures et permet dans le cas de bons résultats de passer à une phase de consolidation, souvent par méthotrexate. 

 

Conclusion :

Le diagnostic de lymphome intra musculaire, bien que rare, doit faire partie des diagnostics différentiels dans un contexte mimant une cellulite cervico-faciale sans cause dentaire retrouvée. C’est l’examen anatomopathologique qui permet de poser le diagnostic différentiel avec les autres tumeurs conjonctives.


Marie ROLLIN (, ), Lucas T. DUONG, François FERRÉ
16:30 - 18:00 #29423 - fasciite ossifiante du menton : à propos d'un cas.
fasciite ossifiante du menton : à propos d'un cas.

Introduction : Un patient de 32 ans, sans antécédents médico-chirurgicaux, s'est présenté avec un nodule ferme, indolore, bien limité et mobile situé sur le bord basal mandibulaire gauche. La peau en regard était saine, sans signe d’inflammation. Cette tuméfaction asymptomatique était apparue il y a 2 ans et avait augmenté en volume depuis 4 mois. Une tomodensitométrie à faisceau conique a montré une lésion bien limitée situé dans les tissus mous, para-mandibulaire. Cette lésion avait une matrice partiellement ossifiée, sans base d’implantation ni scalloping de l’os mandibulaire. Aucune réaction périostée n’a été trouvé. Aucune récidive n’a été signalée 5 ans après l'exerese. Quel est votre diagnostic?

Observation : La localisation de la lésion dans les tissus mous sans rapport mandibulaire et sa mobilité excluaient le diagnostic d’exostose ou ostéome. La description radiologique a éliminé un hématome ossifié post-traumatique, un ganglion calcifié ou un kyste sébacé. L’analyse histologique a révélé une lésion nodulaire circonscrite composé d’os spongieux différencié nouvellement formé avec activité ostéogénique.

Discussion : Un diagnostic de fasciite ossifiante (FO) a été proposé pour cette lésion osseuse bénigne développée au dépend du fascia, sans connexion mandibulaire, ni réaction périostée ou corticale. La FO est une tumeur bénigne rare, non néoplasique des tissus mou, non lié à un os ou à un muscle, classé comme sous-type de fasciite nodulaire. Habituellement situé dans le fascia des muscles des membres supérieurs, le tronc, la tête et le cou, nous décrivons, à notre connaissance, le premier cas de FO au niveau du menton. La FO concernent principalement les femmes âgées de 20 à 30 ans, mais peuvent survenir à tous les âges. L’atteinte de la tête et du cou est plus fréquente chez les enfants. La FO est présentée classiquement comme une tumeur ossifiante unique de 2 cm dans sa dimension la plus longue. Elle atteint sa taille finale en quelques semaines. Une sensibilité ou une douleur sont généralement associées à la phase de croissance des FO. Aucune récidive ou métastase n’a été décrite. Le traitement consiste en une résection chirurgicale complète. Le principal diagnostic différentiel à discuter est un ostéosarcome extrasquelettique, plus rare, il affecte principalement les hommes âgé de plus de 60 ans. Une confusion diagnostic entre FO et sarcome est probable si l’analyse histologique est effectuée sur une biopsie de petite taille  ou si l’exerese est effectuée tôt, pendant la phase de croissance. À cette phase la FO peut présenter des signes histologiques suspects comme une cellularité élevée ou de nombreuses images d’activité mitotique.

Conclusion : La pathogenèse de la FO reste mal élucidé, une éthiologie réactive ou tumoral est encore en discussion. Un traumatisme a été mentionné dans certaines études, seulement 10 à 15 % des patients atteints d’une FO relatent des antécédents de traumatisme sans aucune preuve formelle de cette causalité.


Stéphane HAMMOUTENE (, ), Romain LAN
16:30 - 18:00 #29444 - Cellulites orbitaires odontogènes: revue de littérature.
Cellulites orbitaires odontogènes: revue de littérature.

Introduction

L’origine odontogène est une cause rare (1.3 à 2%) des cas de cellulites orbitaires, mais qui peut être à l’origine d’une morbidité très importante telle que la cécité ou une thrombose du sinus caverneux.

Méthodes

Une revue de la littérature a été réalisée. Les paramètres analysés incluaient l’âge, le sexe, l’ethnie, la présentation clinique, la réalisation d’une imagerie permettant de préciser l’atteinte orbitaire, l’étiologie, la microbiologie, le traitement (médical et/ou chirurgical) ainsi que l’issue finale de chaque cas. La classification de Chandler a été utilisée pour classer les différents types de cellulites.

Résultats 

Trente-cinq cas de cellulite orbitaire odontogène ont été décrits dans la littérature. L’atteinte correspondait dans 42.9% des cas à un abcès intra-orbitaire (stade IV de Chandler). L’oedème périorbitaire (100%), la douleur oculaire ou faciale (82.9%) et la limitation des mouvements oculaires (82.9%) étaient les trois signes ophtalmologiques les plus fréquemment rencontrés. L’anamnèse retrouvait un élément orientant vers une origine dentaire dans 97.1% des cas, les deux plus fréquentes étant la réalisation d’une avulsion dentaire (20%) ou d’un traitement endodontique (14.3%) dans les jours ou semaines précédant le début des symptômes. Une imagerie a été réalisée dès l’admission dans 94.3% des cas. Concernant les germes les plus fréquemment rencontrés, une bactérie anaérobie a été mise en évidence dans 22.9% des cas et Staphylococcus epidermidis dans 14.3% des cas. Dans 94.3% des cas, une antibiothérapie intra-veineuse à large spectre a été instaurée immédiatement. De nombreuses combinaisons différentes ont été répertoriées, incluant la présence de métronidazole dans 51.4% des cas. Un drainage orbitaire a été nécessaire dans 71.4% des cas pour permettre une résolution des symptômes, associé à un drainage du sinus maxillaire dans 45.7% des cas. Le traitement a permis une guérison sans séquelles chez 71.4% des patients à 1 mois ; certains (14.3%) gardent en revanche une baisse d’acuité visuelle sévère séquellaire.

Discussion

En cas de suspicion de cellulite orbitaire, une imagerie est capitale afin de confirmer le diagnostic, le type de cellulite et planifier le traitement chirurgical approprié. La première étape du traitement va consister en la mise en place d’une antibiothérapie intra-veineuse à large spectre ciblant les bactéries aérobies et anaérobies. Cependant, il semble impératif d’y associer un traitement chirurgical consistant en un drainage par voie orale et une élimination de la source infectieuse bucco-dentaire, ainsi qu’un drainage orbitaire dont la voie d’abord aura été déterminée par l’imagerie.

Conclusion

La cellulite orbitaire est une complication rare des infections de la cavité orale, mais qui doit être reconnue et traitée à temps afin d’éviter de graves séquelles. Un traitement médical et chirurgical précoce permet de bons résultats et un retour à l’état antérieur très fréquemment.


Camille GUICHAOUA (, ), Sébastien GENEST-BEUCHER, Sylvie BOISRAME
16:30 - 18:00 #29498 - Greffe de muqueuse buccale : indications, techniques de prélèvements et complications Revue de la littérature et rapport d’un cas.
Greffe de muqueuse buccale : indications, techniques de prélèvements et complications Revue de la littérature et rapport d’un cas.

Résumé - Introduction :

La muqueuse buccale est un site de prélèvement de choix pour un certain nombre de reconstructions nécessitants du tissu épithélial malpighien non kératinisé en raison de la facilité du prélèvement, de la souplesse du greffon et de la faible morbidité du site donneur, même en cas d’interventions répétées. Les principales indications des prélèvements de muqueuse buccale sont les reconstructions urétrales, les reconstructions de la muqueuse périorbitaire ou encore les reconstructions du globe oculaire(1). Le choix du site donneur se fait entre la muqueuse labiale, linguale et jugale en fonction de la taille du greffon à prélever. 

Cas clinique :

Le cas rapporté est celui d’un patient âgé de 25 ans présentant une sténose urétérale récidivante ayant nécessité une mise à plat. Cette technique chirurgicale engendre une perte de substance importante de la muqueuse urétrale. La décision a été prise entre l’équipe d’urologie et celle de chirurgie orale de réaliser une greffe de muqueuse buccale afin  de refermer la perte de substance. La chirurgie a été réalisée en double équipe de chirurgie orale et de chirurgie urologique en un seul temps opératoire afin de réduire la durée de l’intervention. Un prélèvement jugal bilatéral a été pris. Les suites opératoires ont été simples. 

Discussion :

L’analyse de la littérature montre que le prélèvement jugal engendre moins de morbidité par rapport aux prélèvements labiaux et linguaux. Les principales complications sont les dysphagies, les fibroses et les contractures péribuccales et les troubles de la sensibilité nerf alvéolaire inférieur ou du nerf lingual. Par ailleurs, le tissu buccal présente une grande stabilité dans le temps dans la plupart des sites reconstruits avec de bons résultats fonctionnels et anatomiques. Le taux de succès des greffes de muqueuse buccale dans le traitement des sténoses urétrales avoisine les 90 %. Les principales limites à l’utilisation de ce site donneur sont la taille des greffons disponible(2).

Conclusion : 

La greffe de muqueuse buccale est une procédure bien tolérée avec des complications minimes si la technique de prélèvement est appropriée. Elle constitue notamment le gold standard des tissus de remplacements de l’urètre pathologique. Il appartient aux chirurgiens oraux de maitriser cette technique et de participer à son développement dans d’autres indications pour l’amélioration de la prise en charge des patients(3).

 

1.   Grixti A, Malhotra R. Oral mucosa grafting in periorbital reconstruction. Orbit Amst Neth. 2018 Dec;37(6):411–28. 

2.   Le Toux G, Della Negra E. Urétroplastie avec greffe de muqueuse buccale : techniques de prélèvements et complications. Revue de la littérature et rapport d’un cas. Médecine Buccale Chir Buccale. 2017 Jan;23(1):45–50. 

3.   Sharma GK, Pandey A, Bansal H, Swain S, Das SK, Trivedi S, et al. Dorsal onlay lingual mucosal graft urethroplasty for urethral strictures in women. BJU Int. 2010 May;105(9):1309–12.


Nicolas JABALLAH-MAGDELEINE (Paris), Hassan ABDOURAHMAN, Nadia BEN LAGHA
16:30 - 18:00 #29773 - Développement et mise en place d'un module de formation en chirurgie endodontique pour le DES de chirurgie orale.
Développement et mise en place d'un module de formation en chirurgie endodontique pour le DES de chirurgie orale.

Depuis les recommandations de la HAS en 2012 prônant le principe du « jamais la première fois sur un patient », la simulation est au cœur des préoccupations dans la formation des professionnels de santé, plus particulièrement lorsque la discipline comporte des gestes techniques, comme en chirurgie. Concernant la chirurgie orale, la maquette du DESCO de 2017 suite à la réforme du 3eme cycle prévoit ainsi la mise en place de formation et d’évaluation sur simulateur. Si la chirurgie implantaire comporte des simulateurs clé en main, toutes les techniques chirurgicales n’ont pas encore de module de formation dédié lors du cursus universitaire. Ainsi, la chirurgie endodontique, dont l’enseignement est d’ailleurs plutôt souvent réservé aux spécialistes en endodontie, nécessite le développement d’outils spécifiques pour la formation des internes en chirurgie orale. Outre l’aspect technique nécessitant le développement de simulateurs, des supports théoriques sont également requis afin de préciser les indications de ce type d’acte, d’autant que la moitié des internes de chirurgie orale proviennent de filière médecine. L’objectif de ce travail est donc de proposer un module d’enseignement de la chirurgie endodontique à la fois théorique et pratique, utilisant des technique de blending learning et de simulateurs imprimés en 3D, à destination des internes de chirurgie orale afin qu’ils puissent ensuite réaliser ce type d’acte sur des patients et ce avec un niveau de sécurité maximal, tout en connaissant les indications, les risques et les limites de la technique.


Soufiane BOUSSOUNI (, ), Géraldine LESCAILLE, Stéphane SIMON
16:30 - 18:00 #30278 - Etude de la valeur pronostique des structures lymphoïdes tertiaires dans les carcinomes de la cavité orales.
Etude de la valeur pronostique des structures lymphoïdes tertiaires dans les carcinomes de la cavité orales.

Les carcinomes épidermoïdes de la cavité orale (CECO) font partis des cancers les plus fréquents et entrainent près de 145000 morts par an.1 Bien que certains facteurs de risques soient clairement identifiés, leurs facteurs pronostiques restent méconnus. Depuis près d’une décennie, de nombreux travaux ont décrit le micro-environnement tumoral et son impact dans différents types de cancers. Récemment dans le cadre des CECO, les immunothérapies dirigées contre PD-1 et PD-L1 sont indiqué dans certains stades avancés, mais le taux de réponse et la valeur prédictive des biomarqueurs utilisé restent faibles.

Les structures lymphoïdes tertiaires (TLS) font partis des nombreux protagonistes du dialogue entre le système immunitaire et la tumeur. En mimant la structure des ganglions lymphatiques, ces structures histologiques agissent comme site d’initiation de la réponse anti-tumorale et permettent la maturation lymphocytaire et la production d’anticorps spécifiquement dirigés contre la tumeur. Ainsi, leur présence est signe de bon pronostic dans de nombreuses tumeurs solides et semblent également prédire une bonne réponse aux traitements par anti-PD1 dans le mélanome, le sarcome et le carcinome rénal.2

Dans les CECO, peu d’études ont analysées le lien entre TLS et pronostic,3 et aucune ne s’est intéressé à leur valeur prédictive de réponse aux anti-PD1.

L’objectif de notre travail est d’analyser le lien existant entre TLS, pronostic de survie et réponse au nivolumab en étudiant deux cohortes de patients à l’aide de techniques d’immunomarquages.

Les résultats obtenus ont montré qu’une forte densité en TLS était associé à un meilleur pronostic de survie chez les patients atteints de CECO. D’autre part, nous avons mis en évidence que le CPS n’a pas d’influence sur la présence de TLS ni sur le pronostic. Plus de travail est nécessaire pour établir le lien entre TLS et réponse au nivolumab.

1. Bray F et al., CA CANCER J CLIN 2018;68:394–424

2. Helmink BA et al., Nature 2020;577;549-555.

3. Wirsing AM et al., BMC Clin Pathol 2014;14:38


Vianney RIBEIRO (Nice), Calvo Lamolla ANNE-SOPHIE, Juliette ROCHEFORT, Marie-Caroline DIEU-NOSJEAN, Isabelle BROCHERIOU, Quilhot PAULINE, Géraldine LESCAILLE
16:30 - 18:00 #30284 - Autotransplantation dentaire guidée : un protocole fiabilisé.
Autotransplantation dentaire guidée : un protocole fiabilisé.

Introduction :

L’autotransplantation dentaire est une technique qui consiste à prélever une dent et à la réimplanter chez un même individu sur un site préalablement préparé chirurgicalement. Si les solutions implantaires ne sont envisageables qu’en fin de croissance, l’autotransplantation autorise quant à elle le remplacement immédiat et durable de dents absentes chez l’enfant. Les résultats rapportés dans la littérature sont excellents (95% de survie à 10 ans) (1) et le service rendu aux patients majeur. Pourtant l’autotransplantation reste peu connue et employée en France, faute d’équipes formées à la technique.

 

Observation :

L’utilisation d’outils numériques permet de standardiser le protocole chirurgical, rendant l’autotransplantation accessible à tous les chirurgiens oraux. L’imagerie tridimensionnelle cone beam CT permet la segmentation et l’impression 3D de répliques des transplants en résine afin de préparer le site receveur sans solliciter la dent à transplanter. Le temps extraoral du transplant est réduit et donc le risque de lésion du ligament parodontal diminue. Ceci est un élément clé de la réussite d’une autotransplantation. (2). La planification pré-opératoire virtuelle permet d’effectuer une transplantation sur un logiciel initialement dédié à l’implantologie. Elle valide la faisabilité chirurgicale et alerte le praticien des différents obstacles anatomiques.  

L’utilisation d’un guide de forage emprunté aux thérapeutiques implantaires facilite la préparation du site receveur nécessaire à une bonne stabilité du transplant, limite l’échauffement osseux et favorise la préservation des cellules desmodontales. (3).

 

Discussion – Conclusion :

L’autotranplantation totalement guidée présente certaines limites, en particulier dans les cas d’ouverture buccale réduite rendant l’utilisation d’un guide chirurgical impossible. Il convient aussi de rappeler que la communication multidisciplinaire entre chirurgiens oraux, orthodontistes, pédodontistes, omnipraticiens, endodontistes et prothésistes dans le choix du transplant ainsi que la mise en place d’un calendrier de suivi rigoureux restent indispensables à la réussite de cette thérapeutique sur le long terme. Cependant l’utilisation d’outils numériques semble intéressante pour la formation des chirurgiens aux autotransplantations, et pour obtenir des résultats reproductibles.  Leur généralisation devrait permettre de démocratiser ce type de protocole au profit de nos jeunes patients.

(1)  K.J.H. van Westerveld et al. Br J Oral Maxillofac Surg (2019), 666-671, volume 57, issue 7

(2)  M Shahbazian et al. Oral Surf Oral Med Oral Pathol Oral Radiol 2013;115:667-675

(3)  Lucas Taulé E. et al.–  J Endod 2020;46:1515–1521


Constance LAGADIC (, ), Yann JANSSENS, Benjamin SALMON, Jean-Luc CHARRIER
16:30 - 18:00 #30286 - Ulcération muqueuse avec lymphoprolifération B EBV+ : A propos d’un cas.
Ulcération muqueuse avec lymphoprolifération B EBV+ : A propos d’un cas.

Introduction : Le syndrome lymphoprolifératif cutané primitif fait partie des lymphoproliférations décrit dans la classification OMS 2016 des lymphomes. Il constitue le 2ème groupe de lymphoprolifération extranodal (1) et comprend les lymphomes cutanés à lymphocyte T et B. Dans cette dernière catégorie, l’ulcération cutanéo-muqueuse EBV+ a été ajoutée dans une réactualisation de la classification en 2018 (WHO-EORTC). Elle correspond au développement rapide d’une ulcération unique pour laquelle l’histologie retrouve un marquage EBV+.  Elle se manifeste chez des patients présentant un déficit immunitaire et peut impliquer la peau, la muqueuse buccale ou gastro-intestinale (1). Très peu de publications portent sur la localisation orale.

Cas clinique : Un homme de 57 ans a consulté pour une lésion apparue il y a un mois, douloureuse et non résolutive après 6 jours d'amoxicilline 2g/j. Il avait bénéficié d’une transplantation rénale en 2006, et présentait une hypothyroïdie ainsi qu’un antécédent de syndrome coronarien avec pose de stent. Ses traitements comprenaient Levothyrox®, Cortancyl®, Prograf®, Mylfortic®, Inexium®, Colchimax®, Kardégic®, Tahor® et Omix®. L’examen clinique révélait une ulcération gingivale en lingual des racines des dents antérieures mandibulaires sans atteinte osseuse associée. Une biopsie réalisée lors de cette consultation a mis en évidence une lymphoprolifération CD20+ EBV+. Aucune autre lésion hypermétabolique n’a été retrouvée au TEP scanner. Un traitement par Rituximab a été mis en place et a permis la cicatrisation muqueuse de la lésion en un mois. Un suivi clinique mensuel est désormais mis en place et à 3 mois, aucune récidive n’a pour l’instant été notée.

Discussion : La prise en charge de la lymphoprolifération EBV+ orale ne mène pas à un consensus dans la littérature. La localisation digestive de cette entité est retrouvée moins fréquemment que celle orale (2). Le principal diagnostic différentiel à évoquer est le lymphome B diffus à grandes cellules du sujet âgé lié à l’EBV qui présente un pronostic beaucoup plus sombre (3) alors que l’ulcération muqueuse EBV+ présente un pronostic excellent.

Plusieurs traitements peuvent être envisagés en fonction du pronostic de la lésion : diminution des immunosuppresseurs, prise de Rituximab, chimiothérapie ou radiothérapie (4). Dans le cas clinique décrit, le traitement par Rituximab a été décidé à la suite de l’impossibilité de réduire les immunosuppresseurs en raison du risque élevé de rejet de la greffe rénale.

Un contrôle est indispensable notamment du fait de la possible erreur diagnostique (5).  Par ailleurs, la connaissance et le diagnostic précoce de cette entité pourrait permettre d’identifier des déficits immunitaires majeurs dans des délais limités.

 

 

1.     Kempf W et al. Hematol Oncol. 2019

2.     Dojcinov SD et al. Am J Surg Pathol. 2010

3.     Filliatre L et al. Ann de Pathol. 2014

4.     Ok CY et al. Exp Mol Med. 2015

5.     Daroontum T et al. Pathol Int. 2019


Pauline LE GATT (, ), Juliette ROCHEFORT, Pauline QUILHOT, Géraldine LESCAILLE, Vanessa BAAROUN
16:30 - 18:00 #30303 - Les serious games : leur place dans l’enseignement en chirurgie orale ; un modèle d’étude pédagogique.
Les serious games : leur place dans l’enseignement en chirurgie orale ; un modèle d’étude pédagogique.

 Contexte :Les serious games(SG) ont émergé il y a plus de 40 ans. Ils sont définis comme des jeux à but éducatif et qui n’ont pas pour objectif premier l’amusement ou l’attraction (Damien Djaouti, 2011).Si déjà plusieurs études ont été réalisées dans le domaine de la santé (Julian ALVAREZ, 2008), ce n’est pas le cas pour la chirurgie orale et l’odontologie en général et l’efficacité des SG n’y a pas toujours été démontré (Céline Brunot-Gohin, 2019).Dans ce contexte, le projet Sériodont vise à implanter ce module d’enseignement hybride à l’écosystème pédagogique des étudiants amenés à découvrir notre spécialité.

Objectif et hypothèse : L’objectif principal de l’étude est de mesurer l’impact des modules pédagogiques sur les compétences des étudiants. L’hypothèse nulle est que les modules n’ont pas d’influence sur leurs compétences. L’objectif secondaire concerne l’évaluation du ressenti et de la satisfaction.

Population cible, matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude monocentrique réalisée durant l’année universitaire 2021-2022 et financée par l’AAP Innovation Pédagogique IDEX Université de Paris. Le recrutement des participants est réalisé au sein de l’UFR d’Odontologie de l’Université de Paris, parmi les étudiants inscrits (n=1060), lors de trois vagues différentes, des étudiants de DFGSO2 aux internes de DES CO et MBD. Notre présentation portera sur une promotion de 200 étudiants en DFGSO3 voués à tester le scénario de chirurgie orale mis en œuvre par notre équipe. La mise au point du scénario a été élaboré à l’aide du logiciel VTS Editor. L’étude comprend une évaluation des compétences, réalisée avant et après chaque module, et une évaluation de la satisfaction des étudiants, réalisée à l’issue de chaque module. Le tout de manière asynchrone et à distance. L’analyse des données sera réalisée à l’issue de la période de la recherche en plus d’analyses en cours d’étude. Le critère d’évaluation principal est évalué en comparant les scores obtenus aux deux tests de compétences (avant et après réalisation du jeu sérieux), par niveau de formation. 

Résultats escomptés :Nous montrerons, au travers de la discipline de chirurgie orale en situation réelle avec description de notre scénario, que cette méthode constitue un mode d’apprentissage prometteur des compétences cliniques techniques, telles que la prise de décision et la réalisation de séquences procédurales (check-list du bloc opératoire, lavage des mains chirurgical, analyse d’imagerie etc.). Mais aussi non techniques (recueil de l’anamnèse, gestion des risques en chirurgie orale etc.), favorisant l’écoute et la communication avec le patient.

1. Céline Brunot-Gohin1et al. https://hal.univ-reims.fr/hal-01996118 Submitted on 13 Nov 2019; 
2. Damien Djaoutiet al.Handbook of Research on Improving Learning and Motivation through Educational Games: Multidisciplinary Approaches January 2011;
3. 
Julian Alvarezet al.Revue de l’électricité et de l’électronique December 2008. 


Samy TAWFIK (Paris), Adeline BRAUD, Géraldine LESCAILLE
Salle PALACE
17:00

Vendredi 10 juin

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SIBS
17:00 - 18:00

Symposium IBS IMPLANT

17:00 - 18:00 Nouveau concept de chirurgie implantaire mini-invasive. Arnaud LAFON (MCU-PH) (LYON)