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00:00 - 00:00 #12548 - P002 Le polymorphisme C677T de la MTHFR et schizophrénie.
P002 Le polymorphisme C677T de la MTHFR et schizophrénie.

Introduction

La schizophrénie est une maladie cérébrale chronique qui touche environ 1% de la population mondiale. Les progrès de la biologie moléculaire ont permis progressivement d’identifier l’interaction entre les facteurs bio-environnementaux. Ainsi, de nombreuses études ont  montré que la schizophrénie, comme toutes les maladies psychiatriques, est notamment due aux effets de plusieurs gènes, chacun jouant un rôle relativement faible, et interagissant avec ces facteurs, Parmi ces gènes « le gène de la MTHFR ».

Objectifs 

Nous avons voulu par ce travail, rechercher une éventuelle relation entre le polymorphisme C677T du gène de la MTHFR et la schizophrénie dans une population de l’Est algérien.

Patients et méthodes 

Nous avons recruté 56 sujets schizophrènes et 58 témoins présumés sains. Pour chaque sujet nous avons collecté des données cliniques par le biais d’un interrogatoire et de la consultation du dossier médical; et réalisé des prélèvements  sanguins pour le dosage des paramètres biologiques (homocystéine, Vit B12 et folates) et pour une étude génétique du polymorphisme C677T de la MTHFR.

Résultats 

Nos résultats montrent une association positive entre le sexe masculin (82.14%), le chômage (74.47% chez les malades  versus 20.75%  chez les témoins), le tabac à chiquer (48.78% vs 7.14%) le tabagisme (69.77% vs 46.55%), la prise du cannabis (39.95% vs 00%), la morbidité familiale (56.86% vs7.41%) et le taux plasmatiques d’acide folique. Cependant les taux de Vitamine B12 et d’ homocystéine ne montrent  aucune corrélation  avec la schizophrénie.

Notre étude  retrouve également une fréquence significativement élevée du génotype homozygote muté TT du gène de la MTHFR chez les malades (57.14 % vs 5.36 %). Ce polymorphisme est  fortement corrélé  avec la schizophrénie avec des Odds ratios des genotypes TT vs CC=30.87 IC (7.21-153.23) p < 0.00001 et TT+CT vs CC=9.16IC(3.47-24.78) p < 0.00001.

Conclusion

Cette étude nous a permis de déterminer la prévalence de certains facteurs contribuant au développement et à l’évolution de la schizophrénie mais surtout de mettre en évidence la corrélation fortement positive entre le polymorphisme C677T du gène de la MTHFR et la schizophrénie dans notre population.

Sabah HANACHI (Constantine, Algérie), Karima SIFI, Fatima Zohra MADOUI, Khalida BOUDAOUD , Salima ZEKRI, Karima BENMEBAREK, Noredine ABADI
00:00 - 00:00 #12594 - P003 Haploinsufficiency for the autism-associated ARID1B gene causes a specific developmental pattern from corpus callosum anomalies to visuo-spatial deficits.
P003 Haploinsufficiency for the autism-associated ARID1B gene causes a specific developmental pattern from corpus callosum anomalies to visuo-spatial deficits.

ARID1B mutations is a frequent cause of intellectual disability (ID, 0,5-1%), with  various degrees of autism spectrum Disorder (ASD)  and agenesis of the corpus callosum (ACC, 10%)1..

On the other hand the neuropsychological consequences of ACCC  reportedly include impairment of visuo-spatial and social cognition.  Many atypical findings in ACC overlap with those observed in ASD. Patients with ARID1B mutations provide therefore an unique opportunity to investigate the role of CC in visual and social cognition. Recently,  heterozygous ARID1B mutant mice showed social behavior impairment, altered vocalization, motor abnormalities, anxiety-like behavior and neuroanatomical anomalies including ACC4. Despite an abundant literature, little is known regarding the cognitive and behavioral  consequences of ARID1B mutations in  humans and no link has been made between CC anomalies and cognitive dysfunctions.

We have investigated the visuo-spatial perceptions, social cognition and psychiatric phenotype in 8 patients with ARID1B mutations. A paramedian sagittal section of the brain MRI was selected, and CC was measured in the following four regions: Anteroposterior length (LC), Genu width (WG), Trunk width (WT) and Splenium width (WS).

 Spearman’s rank order coefficients were used to explore correlations between  visuo-spatial and social cognitive variables and dimensions of the CC.

Behavioral anomalies observed in all cases, included social withdrawal, hyperactivity with attention deficit and anxiety. Three patients fulfilled ASD criteria. A significant correlation between CC size (LC and GW) and visual cognition was observed. Interestingly, CC anomalies may change in the course of the disease, with progressive enlargement of retro-cerebellar cysts associated with ACC or thick CC.

Here we show that CC anomalies caused by ARID1B mutations are progressive and predictive of the cognitive phenotype including visuo-spatial anomalies.

1 - Mignot C et al. Brain 2016 ; In Press

 2 - Santen et al. Am J Med Genet C Semin Med Genet 2014 ; 166C : 276-289.

 3 - Lombardo et al. Mol Autism 2012 ; 21 : 3  DOI: 10.1186.

 4 - Celen et al. Elife 2017 ; 11  : 6 DOI: 10.7554.

Caroline DEMILY (LYON), Charlyne DUWIME, Alice POISSON, Cherhazad HEMINOU, Nathalie BODDAERT, Charlotte DENIER, Matthieu ROBERT, Marie-Noëlle BABINET, Nicolas FRANCK, Claude BESMOND, Giulia BARCIA, Massimiliano ROSSI, Laurence VAIVRE-DOURET, Arnold MUNNICH
00:00 - 00:00 #12595 - P004 Marqueurs neurocognitifs des troubles psychotiques dans la microdélétion 22q11.2 : une étude comportementale et électrophysiologique chez des jumeaux homozygotes.
P004 Marqueurs neurocognitifs des troubles psychotiques dans la microdélétion 22q11.2 : une étude comportementale et électrophysiologique chez des jumeaux homozygotes.

Introduction : La microdélétion 22q11.2 représente la cause génétique de schizophrénie la plus fréquente. Réciproquement, les troubles psychotiques affectent près de 50% des patients porteurs de cette microdélétion. Leur émergence est corrélée aux troubles de la  reconnaissance des expressions faciales émotionnelles qui pourraient être eux-mêmes sous tendus par des troubles de la cognition visuelle (Debbané et al. 2006 ; Leleu et al. 2016). Afin de tester cette hypothèse en s’affranchissant des facteurs de régulation autre sur le génome, nous comparons au plan comportemental et électrophysiologique deux jumeaux monozygotes discordants pour les troubles psychotiques. 

Méthode : Les deux jumeaux ont réalisé une batterie complète de tests neuropsychologiques permettant de déterminer leur profil cognitif. Ensuite, au cours d’un enregistrement électroencéphalographique, ils ont visionné des visages expressifs d’intensité variable présentés à fréquence constante parmi des visages neutres. La mesure de potentiels évoqués visuels stationnaires a permis de quantifier leur capacité à détecter un changement d’expression faciale émotionnelle en fonction de l’intensité.

Résultats : le profil neurocognitif des deux patients varie sur deux points. Chez le jumeau qui présente des troubles psychotiques, les troubles visuo-spatiaux sont plus étendus.  Des anomalies comportementales et électrophysiologiques sont également retrouvées témoignant de difficultés pour détecter et catégoriser  des expressions faciales émotionnelles d’intensité variable.

Conclusion : Les résultats obtenus étayent donc l’hypothèse d’un lien entre dysfonctionnement de la cognition visuelle, perturbation de la perception des expressions faciales, et survenue de symptômes psychotiques dans la microdélétion 22q11.2. L’origine de l’hétérogénéité du phénotype psychiatrique reste à préciser.

Emilie FAVRE (Bron), Arnaud LELEU, Caroline DEMILY
00:00 - 00:00 #12599 - P005 Les variations tronquantes du gène IRF2BPL sont responsables d’un nouveau syndrome neurodéveloppemental avec régression.
P005 Les variations tronquantes du gène IRF2BPL sont responsables d’un nouveau syndrome neurodéveloppemental avec régression.

Le retard de développement (RD) et la déficience intellectuelle (DI) sont des troubles fréquents, affectant environ 3% de la population générale, divisés en formes isolées ou syndromiques (associés à des signes cliniques supplémentaires). La régression neurologique, définie par la perte de compétences acquises antérieurement, peut survenir chez des patients présentant un développement normal, tels que dans les erreurs innées du métabolisme, mais également aggraver des patients atteints de RD/DI comme dans le syndrome de Rett. Les RD/DI syndromiques présentent ainsi une large hétérogénéité clinique et génétique avec approximativement plus de 800 gènes causaux décrits. Le déploiement du séquençage à haut débit d’exome (WES) au cours des dernières années s’est avéré un outil puissant puisqu’il a conduit à identifier de nombreux nouveaux gènes responsables de RD/DI grâce notamment au partage de données. Cependant, environ 60% d’individus restent sans explication moléculaire après un WES diagnostique.

Grâce à la combinaison du WES et d’un partage de données international, nous rapportons onze individus avec des variations tronquantes hétérozygotes sporadiques du gène IRFP2L (Interferon Regulatory Factor 2 Binding Protein-Like). Tous présentaient un RD/DI et une régression neurologique (âge moyen d’apparition à 3.8 ans), associés à une épilepsie clinique chez plus de la moitié des individus avec des anomalies à l’électroencéphalogramme (9/11) indépendamment des crises. Ils présentaient également une hypotonie axiale (8/11), une ataxie (6/11) et une dystonie (4/11). Trois avaient des anomalies à l'IRM cérébrale et/ou à la biopsie musculaire. Les analyses d’expression transcriptionnelle et protéique montraient une diminution de moitié de la quantité de protéine sauvage, associée à une augmentation de la transcription d'IRF2BPL.

IRF2BPL code pour un modulateur transcriptionnel nucléaire de type doigt de zinc avec une activité prédite d'ubiquitine ligase grâce à un domaine RING-finger localisé en C-terminal. IRF2BPL possède également une région poly-glutamine en N-terminal. IRF2BPL semble être très intolérant aux variations pertes de fonction (pLI = 0,97) et l’identification de 11 cas porteurs de variations tronquantes de novo dans le gène IRF2BPL ne peut pas être due au hasard (p < 0,05).  IRF2BPL a précédemment été identifiée comme régulateur transcriptionnel des réseaux neuronaux impliqués dans l'axe hormonal reproducteur féminin des rongeurs et primates supérieurs. Cependant la fonction en pathologie humaine est actuellement inconnue. Des études fonctionnelles supplémentaires sont en cours pour mieux caractériser l'implication d’IRF2BPL dans ce syndrome neurodéveloppemental.

Le phénotype neurodéveloppemental semblable dans une cohorte de 11 individus porteurs d’une variation tronquante sporadique dans le même gène IRF2BPL permet de conclure à l’implication de cette protéine dans un nouveau trouble neurodéveloppemental avec régression.

Frédéric TRAN (DIJON), Antonio VITOBELLO, Laurence DUPLOMB, Kristin LINDSTROM, Isabelle MAREY, Rebecca SPILLMANN, Marie-Jose VAN DEN BOOGAARD, Renske OEGEMA, Boris KEREN, Nicholas STONG, Alice MASUREL, Caroline NAVA, Thibaud JOUAN, Floor JANSEN, Yannis DUFFOURD, Anais BEGEMANN, Markus ZWEIER, Anita RAUCH, Christophe PHILIPPE, Laurence FAIVRE, Jill Anne MOKRY, Mary Kay KOENIG, Elena INFANTE, Damara ORTIZ, Koen VAN GASSEN, Kacie RILEY, Jenniffer FRIEDMANN, Loren PENA, Christel THAUVIN
00:00 - 00:00 #12609 - P006 A propos d’une nouvelle mutation familiale dans le gène NFIA: confirmation et expansion du phénotype.
P006 A propos d’une nouvelle mutation familiale dans le gène NFIA: confirmation et expansion du phénotype.

Le gène NFIA appartient à une famille de gènes (NFI) codant pour des facteurs de transcription. Les anomalies du gène NFIA ont à ce jour été rapportées chez une dizaine de patients dans la littérature, essentiellement par délétions 1p31-p32 emportant notamment NFIA ou par translocations interrompant NFIA. En 2014, Rao et al. ont ensuite identifié un patient avec délétion de novo hétérozygote intragénique de NFIA. Enfin deux patients avec mutations de novo hétérozygotes dans NFIA ont été rapportés indépendamment par Negishi et al. et Bayat et al.  Le tableau phénotypique de ces patients se caractérise essentiellement par l’association d’une macrocéphalie avec ventriculomégalie voire hydrocéphalie, d’anomalies du corps calleux, d’un retard modéré de développement psychomoteur et d’anomalies des voies urinaires.

Nous rapportons une famille avec père et fils porteurs d’une nouvelle mutation ponctuelle hétérozygote dans le gène NFIA. Le père présente l’association d’une macrocrânie avec probable hydrocéphalie et épanchements sous-duraux bilatéraux (avec à l’IRM un défaut d’operculisation des vallées sylviennes et un corps calleux un peu court), de difficultés scolaires sans nette déficience intellectuelle, d’une fente palatine opérée et d’un méga-uretère primitif droit d’évolution favorable. Au cours de la première grossesse de sa conjointe, des carrefours ventriculaires limites ont été notés chez le fœtus dès 22 SA avec à l’IRM cérébrale foetale une dilatation ventriculaire symétrique avec mauvaise fermeture antérieure des vallées sylviennes. L’enfant est né à terme avec une macrocrânie, une luette bifide et une syndactylie cutanée entre les 4ème et 5ème orteils du pied gauche. Son évolution a été marquée par une légère hypotonie axiale initiale, quelques difficultés sur le plan moteur sans nette difficultés d’apprentissage à l’âge de 5 ans et une scaphocéphalie. Son IRM montre une dilatation tri-ventriculaire, un corps calleux fin, deux hétérotopies péri-ventriculaires et un aspect anormal des vallées sylviennes. Son échographie rénale était normale.  Sur le plan génétique, le caryotype était normal chez le père, ainsi que l’ACPA. Une analyse de type « exome médical » (Focused Exome Agilent) a permis d’identifier une nouvelle mutation frameshift à l’état hétérozygote (c.1040del, (p.gly347Glufs*22)) dans le gène NFIA, confirmée en Sanger, chez le père et le fils.

La description de ces nouveaux patients avec mutation dans le gène NFIA confirme le spectre phénotypique précédemment décrit et montre que certains signes cliniques peuvent s’observer dès la période anténatale. Cela confirme de plus l’existence de malformations moins fréquentes telles que les craniosténoses, les anomalies de gyration et/ou hétérotopies neuronales ou encore les anomalies des extrémités. Enfin, cette nouvelle famille permet d’inclure les anomalies du palais (fente palatine/luette bifide) dans le spectre phénotypique des mutations NFIA.

Chloé QUÉLIN (Rennes), Sylvie ODENT, Laurent PASQUIER, Florence DÉMURGER, Mélanie FRADIN, Lorraine MAHEUT, Wilfrid CARRÉ, Mathilde FERRY, Maia PROISY, Servane LE LEZ SOQUET, Christèle DUBOURG
00:00 - 00:00 #12617 - P007 Criblage des gènes de la dynamique mitochondriale dans une cohorte de 600 patients atteints de neuropathies optiques héréditaires.
P007 Criblage des gènes de la dynamique mitochondriale dans une cohorte de 600 patients atteints de neuropathies optiques héréditaires.

Les Neuropathies Optiques Héréditaires (NOH) sont des maladies rares cécitantes affectant spécifiquement les cellules ganglionnaires de la rétine, dont les axones forment le nerf optique et transduisent l’information visuelle de la rétine au cerveau. Selon le mode de transmission, on distingue l’Atrophie Optique Dominante (AOD) ou maladie de Kjer, causée principalement par des mutations dans le gène OPA1 et plus rarement dans les gènes  OPA3, SPG7 et AFG3L2. Les formes récessives (AOR) sont moins fréquentes et associées à des mutations dans les gènes TMEM126A, ACO2 et RTN4IP1. Enfin, il existe des formes à transmission maternelle, dans le cas de la NOH de Leber, associées à des variants pathogènes du génome mitochondrial.

Les gènes d’AOD codent des protéines mitochondriales impliquées directement (OPA1, MFN2) ou indirectement (OPA3, AFG3L2 et SPG7) dans la dynamique mitochondriale, alors que les gènes d’AOR codent pour des protéines mitochondriales non impliquées dans la dynamique mitochondriale.

Le séquençage d’un panel de 23 gènes nucléaires dont des gènes de la dynamique mitochondriale a été réalisé dans une cohorte de 600 patients présentant une AOD. Nous avons identifié des variants pathogènes hétérozygotes dans les gènes OPA1 (42 familles), MFN2 (10 familles), AFG3L2 (7 familles) et SPG7 (3 familles). En complément, le séquençage d’exome, nous a permis d’identifier deux nouveaux variants pathogènes dans le gène DNM1L dans trois grandes familles présentant une AOD. Les fibroblastes de ces patients ont montré un réseau mitochondrial hyper-filamenté, sans aucune atteinte des peroxysomes, ni de la respiration mitochondriale et de l’activité enzymatique des complexes de la chaine respiratoire. Paradoxalement, DNM1L code une protéine dont la fonction de fission mitochondriale est diamétralement opposée à celle d’OPA1. Ces résultats démontrent le rôle particulièrement critique de l’équilibre fusion-fission pour la physiologie des cellules ganglionnaires de la rétine.

Majida CHARIF (ANGERS), Patrizia AMATI-BONNEAU, Céline BRIS, David GOUDENÈGE, Vincent PROCACCIO, Dominique BONNEAU, Pascal REYNIER, Guy LENAERS
00:00 - 00:00 #12639 - P008 Intérêt d’un parcours de soins personnalisé dans le diagnostic étiologique des troubles du spectre autistique.
P008 Intérêt d’un parcours de soins personnalisé dans le diagnostic étiologique des troubles du spectre autistique.

Les troubles du spectre autistique sont un trouble du développement apparaissant dans l’enfance et se manifestant par des difficultés d’interaction sociale, de communication, et de comportement.

Depuis quelques années, ils constituent un motif croissant de consultation en neuropédiatrie et en génétique qui tentent de répondre à la question du diagnostic étiologique. Cet afflux de patients n’est probablement pas sans lien avec les recommandations publiées par la HAS en 2010 qui préconise un examen neuropédiatrique complet et une consultation auprès d’un généticien avec réalisation d’un caryotype et recherche d’un syndrome de l’X fragile pour tout enfant autiste.

La prise en charge des patients avec trouble du spectre autistique est délicate : Les difficultés de compréhension et d’expression, les particularités sensorielles de ces patients nécessitent une prise en charge adaptée et personnalisée.

Ainsi, l’institut Imagine et l’hôpital Necker ont créé un parcours de soins spécifique pour ces patients, avec consultation unique regroupant neuropédiatre et généticien, mais aussi un infirmier coordinateur. Nous présentons ce parcours de soins mis en place en 2016 et qui a pu être proposé à 167 patients. Ce parcours de soins se déroule en ambulatoire (consultation puis prélèvement) et non sur une hospitalisation, inadaptée aux difficultés comportementales des enfants. Une attention particulière a été portée à la réalisation des prélèvements nécessaires au diagnostic étiologique..

Pour effectuer ce prélèvement, source d’angoisse non seulement pour les enfants mais également pour leurs parents, il a fallu s’adapter.

Il apparait en effet que le temps est un facteur primordial. Ce n’est pas le prélèvement en lui-même qui est long, mais la mise en confiance de l’enfant et des parents, avec une moyenne de 30 min par patient (de 20 à 45 min) contre environ 10 pour le reste de la population pédiatrique. Il faut donc anticiper cela et ne pas avoir d’autre patient en charge. L’une des premières initiatives fut donc de créer un parcours parallèle pour ces patients afin de les sortir du flux classique des prélèvements toutes disciplines confondues. La douleur est un des points qu’il ne faut surtout pas négliger, afin que non seulement le soin se passe le mieux possible, mais aussi renforcer la confiance du patient et son entourage dans la prise en charge. Emla®, Meopa® sont prescrits systématiquement,  tablette, smartphone, jouet, …tous les moyens sont mis à disposition pour distraire l’enfant. Le visuel est certainement l’un des points à approfondir car il s’est avéré que dans la moitié des cas la tablette est aussi efficace que le Meopa

Grâce à ce parcours de soins, les échecs de prélèvements sont rares puisque 164/167 enfants ont pu être prélevés à ce jour.

Jerome JEANNETTE (PARIS), Isabelle DESGUERRE, Laurence ROBEL, Arnold MUNNICH, Stanislas LYONNET, Valerie CORMIER DAIRE, Marlene RIO
00:00 - 00:00 #12640 - P009 Caractérisation phénotypique de sept femmes porteuses d’une mutation hétérozygote du gène KDM5C.
P009 Caractérisation phénotypique de sept femmes porteuses d’une mutation hétérozygote du gène KDM5C.

La déficience intellectuelle liée à l’X (DILX) se caractérise par une hétérogénéité clinique et génétique extrême avec des formes syndromiques et non syndromiques impliquant plus d’une centaine de gènes. À ce jour, 28 mutations ont été reportées dans le gène de la déméthylase 5C lysine spécifique (KDM5C), qui code pour une histone déméthylase. KDM5C est associé au retard mental syndromique lié à l’X type Claes-Jensen (OMIM #300534) et apparaît comme l'une des causes principales de DILX chez les hommes. Les individus atteints présentent une déficience intellectuelle (DI) modérée à sévère, des troubles du comportement, une épilepsie, une petite taille et une dysmorphie faciale, associées à des anomalies squelettiques et génito-urinaires. Dans la littérature, la plupart des mutations identifiées chez les hommes ségrègent chez leurs mères et leurs sœurs. Celles-ci peuvent être asymptomatiques, présenter des difficultés d'apprentissage mais rarement une véritable DI, qui s’avère à priori plus modérée que celle observée chez les hommes. Néanmoins, les descriptions phénotypiques de ces femmes atteintes sont rares et peu détaillées.          

               Notre objectif est de décrire de manière approfondie les caractéristiques cliniques et moléculaires des femmes porteuses de variations hétérozygotes du gène KDM5C.

               Nous avons identifié par séquençage haut débit d’exome deux patientes porteuses de variants hétérozygotes dans le gène KDM5C dans une série de patients atteints de DI et/ou d’anomalies du développement. Grâce à un appel à collaboration national et international, nous avons recruté cinq autres patientes non apparentées porteuses de variants hétérozygotes du gène KDM5C. Au total, nous reportons 7 nouveaux variants (3 tronquants et 4 faux-sens), 3 de novo, 3 hérités et 1 de transmission non déterminé, chez sept femmes âgées de 5 à 36 ans. Toutes présentaient une DI légère à modérée, des troubles du comportement, et des troubles endocriniens incluant retard de croissance, obésité, hypertrichose, aménorrhée et troubles thyroïdiens. 4 patientes sur 7 présentaient une dysmorphie faciale hétérogène. Seulement 2/7 avaient un retard de croissance et 1/7 une épilepsie. Un trouble du langage spécifique prédominant sur l’expression contrastant avec une compréhension correcte pour l'âge cognitif est le trait phénotypique le plus constant et le plus discriminant.

               En conclusion, cette étude étend le nombre de mutations KDM5C reportées chez des femmes symptomatiques et supportent le rôle de ce gène dans la DI chez les femmes. Elle met en évidence l'implication croissante dans les cas féminins sporadiques de gènes précédemment connus pour être responsables de DILX chez les hommes.

Virginie CARMIGNAC (DIJON), Sophie NAMBOT, Jamal GHOUMID, Thomas SMOL, Caroline THUILLIER, Cécile ZORDAN, Thierry BIENVENU, Renaud TOURAINE, Daphné LEHALLE, Patrick CALLIER, Thibaud JOUAN, Julien THEVENON, Christophe PHILIPPE, Frederic TRAN MAU THEM, Yannis DUFFOURD, Emilie TISSERANT, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN ROBINET
00:00 - 00:00 #12646 - P010 Origines historiques de la mutation G2019S dans la population Nord Africaine.
P010 Origines historiques de la mutation G2019S dans la population Nord Africaine.

Introduction : La mutation G2019S du gène leucine-richrepeat kinase 2 (LRRK2) est la cause la plus fréquente des formes monogéniques de la maladie de Parkinson dans la population Nord-africaine, représentant plus de 40% des cas parkinsoniens.

Cette mutation est portée  sur trois haplotypes différents dont le plus fréquent (haplotype1) est apparu il y a 4000 ans, probablement du Moyen-Orient. Étant donné que cette région contient différentes ethnies; essentiellement des Arabes et des Berbères; nous avons recherché l'origine ethnique de 128 patients nord-africains, porteurs de la mutation G2019S.

Patients et méthodes : L’ADN de 72 patients hommes porteurs de la mutation G2019S ont été génotypés pour un premier lieu pour l’haplotype le plus fréquent porteur de la mutation G2019S (haplotype 1) puis ont été criblés pour différents marqueurs du chromosome Y pour la recherche des 4 haplo-groupes: E (YAP, PN2, PN1, M215, M35, M81, M78, M123); R (M207, M173, M343, M17, M335); Q (M242) et J (DYS11-12f2, M304, M267, M172).

Résultats : L’haplotype 1, dont l’effet fondateur a eu lieu au Moyen-Orient et daté y a 4000 ans, a été identifié chez 100% des 72 patients hommes porteurs de la mutation G2019S. Chez ces patients, le sous-haplo-groupe représentatif de l’origine berbère E1B1B1B (YAP/PN2/M215/M35/M81) a été identifié chez 51.4% des patients hommes porteurs de la mutation (p-value = 0.0002). L’ensemble des deux sous- haplo-groupes représentatifs de l’origine Arabe :J1-M267 (DYS11-12f2/M304/M276)et J2-M172 (DYS11-12f2/M304/M172) ont été retrouvés chez 36.1% des patients hommes porteurs de la mutation G2019S.Le troisième sous-haplo-groupe, R1B1A (M207/M173/M343/V88) représentatif de l’origine Afrique subsaharienne a été retrouvé chez 12,5% des patients porteurs.

Ces résultats suggèrent que la mutation G2019S a une origine Berbère plutôt que Arabe. 

Sawssan BEN ROMDHAN, Suzanne LESAGE, Chokri MHIRI , Sawssan BEN ROMDHAN (PARIS)
00:00 - 00:00 #12653 - P011 Un variant stop de novo de ZSWIM6 et récurrent chez 7 patients présentant une déficience intellectuelle sévère sans malformations craniofaciale et/ou des membres.
P011 Un variant stop de novo de ZSWIM6 et récurrent chez 7 patients présentant une déficience intellectuelle sévère sans malformations craniofaciale et/ou des membres.

Un variant récurrent, faux sens (p.Arg1163Trp) et de novo du domaine Sin3-like en C-terminal du gène ZSWIM6 (MIM 615951) a été identifié dans le syndrome de dysostose frontonasale-acromélie (DFNA, MIM 603671) associant une dysplasie frontonasale sévère, une hypoplasie du tibia, une polydactylie preaxiale des pieds, des malformations cérébrales et une déficience intellectuelle sévère. Un effet gain de fonction est suspecté. Les protéines ZSWIM appartiennent à la famille comportant un domaine ‘SWIM’ en doigt de zinc finger comme c’est le cas des protéines SWI2/SNF2 et MuDR. Elles peuvent lier l’ADN et des protéines mais leurs cibles ne sont pas connues.

Nous rapportons 7 patients non apparentés et présentant une déficience intellectuelle sévère avec troubles de la relation et stéréotypies, porteurs d’un variant dans l’avant dernier exon du gène et responsable d’un codon stop prématuré (NM_020928, c. 2737C > T, p.Arg913Ter) identifié par séquençage d’exome en trio. Aucun patient ne présente de malformations craniofaciale et/ou des membres. Un patient a développé une neuropathie progressive axonale et myélinique avec perte de la marche autonome à l’âge adulte. Une RT-PCR, sur lignée lymphoblastoïde d’un des patients et sur extraction directe d’ARN de sang total chez un autre, montre que l’allèle muté échappe au nonsense-mediated decay (NMD). La protéine attendue est tronquée du domaine Sin3-like en C-terminal et pourrait avoir un effet dominant négatif et ce d’autant plus qu’un variant entrainant une probable perte de fonction n’a pas de conséquence phénotypique. Ceci illustre le risque de négliger un variant prédit responsable d’une perte de fonction comme possiblement responsable d’un phénotype. Enfin, ces résultats confortent le rôle direct de ZSWIM6 dans le développement du système nerveux central et en dehors de malformations craniofaciales sévères. C’est un exemple de gène tolérant à la perte de fonction dont 2 variants (et chacun récurrent) ont des conséquences différentes sur le développement par effet gain de fonction et/ou dominant négatif probable.

Christopher T GORDON, Elizabeth E PALMER, Raman KUMAR, Marie SHAW, Laurence HUBERT, Renee CAROLL, Marlene RIO, Lucinda MURRAY, Seema LALANI, Francesca FILIPPINI, Christine BOLE-FEYSOT, Patrick NITSCHKÉ, Alexandra GARRIGUE, Genevieve DE SAINT BASILE, Arnold MUNNICH, William NEWMAN, Claude BESMOND, Jill ROSENFELD, Michael FIELD, Jeanne AMIEL (PARIS)
00:00 - 00:00 #12666 - P012 Altérations rétiniennes et dys-sensibilité visuelle dans le syndrome de l’X-fragile.
P012 Altérations rétiniennes et dys-sensibilité visuelle dans le syndrome de l’X-fragile.

Le syndrome de l’X-fragile (FXS), déficience intellectuelle (DI) la plus fréquente chez l’homme (1/3000 naissances), a pour origine l'absence d'expression de la protéine FMRP. La perte de cette protéine régulatrice de la traduction protéique neuronale et gliale engendre des anomalies structurelles et fonctionnelles des synapses nommées immaturités neuronales. Ce phénotype cellulaire est considéré comme l’origine du phénotype clinique du FXS. Ce dernier se compose d’une DI, d’anomalie du comportement ainsi que de  troubles sensoriels. Parmi ces troubles sensoriels,  les altérations de la fonction visuelle se caractérisent par une diminution de la sensibilité aux contrastes, aux textures et aux mouvements. Ces troubles visuels sont classiquement considérés comme uniquement d’origine centrale, liée à l'immaturité neuronale.

Récemment nous avons montré chez la souris que la protéine Fmrp est exprimée dans la rétine, le tissu nerveux périphérique responsable de la capture des stimuli lumineux, et à l’origine de la perception visuelle. Chez le modèle murin du FXS, (souris Fmr1-/y), la fonction rétinienne mesurée par électrorétinogramme (ERG) est fortement altérée et est caractérisée par une réduction des ondes issues des photorécepteurs et de la rétine interne. Ces résultats peuvent expliquer une diminution des capacités de perception des contrastes et des textures. Ce phénotype électrophysiologique est associé à des dérégulations protéiques mais surtout à une immaturité des neurones rétiniens. Ainsi, l’absence de la protéine Fmrp dans la rétine engendre des altérations moléculaires et cellulaires similaires à celles observées au niveau cérébral. De plus, par des tests comportementaux impliquant majoritairement la perception de stimuli visuels (acuité visuelle), nous avons montré que les souris Fmr1-/y présentent une réponse comportementale diminuée, en adéquation avec les anomalies de l'ERG.

Par conséquent, nos travaux démontrent que le phénotype sensoriel visuel du FXS résulte très probablement de l’addition des effets d’anomalies rétiniennes et cérébrales.

Ainsi, comprendre la part du phénotype de perception rétinienne dans le phénotype sensorielle visuelle du FXS pourrait permettre de mieux appréhender la physiopathologie du FXS et ainsi, à terme, améliorer les conditions de vie de patients.

Chloé FELGEROLLE (Orléans), Arnaud PÂRIS, Maryvonne ARDOUREL, Audrey BAZINET, Rafaëlle ROSSIGNOL, Géraldine DILHET, Arnaud MENUET, Jacques PICHON, Isabelle RANCHON-COLE, Sylvain BRIAULT, Olivier PERCHE
00:00 - 00:00 #12677 - P013 L'exome clinique appliqué aux anomalies du tube neural confirme le rôle primordial des gènes de la polarité planaire cellulaire.
P013 L'exome clinique appliqué aux anomalies du tube neural confirme le rôle primordial des gènes de la polarité planaire cellulaire.

Le spina bifida est une anomalie congénitale de fermeture du tube neural ayant pour conséquence de graves malformations allant de l’anencéphalie au myéloméningocèle ou spina bifida. Il est reconnu depuis longtemps que l’étiologie de cette pathologie est à la fois génétique et environnementale. Toutefois, un nombre limité de gènes a été impliqué dans l’apparition de cette malformation congénitale et aucun centre ne propose actuellement l’étude de ces gènes en raison de la lourdeur de la technique de séquençage classique. Le développement des technologies de séquençage à haut débit de nouvelle génération (NGS), ouvre la possibilité d’étudier un large panel de gènes ou d’étendre systématiquement cette recherche à l’ensemble des séquences codantes du génome (exome). Dans cette étude nous avons choisi une solution intermédiaire qui consiste à séquencer les exons des gènes OMIM (exome clinique).

Cette approche a été utilisée pour étudier une cohorte de 50 patients non apparentés et 36 parents, incluant 14 familles avec un ou deux cas recrutées dans les Services cliniques des CHU de Rennes et de Vannes, 9 fœtus issus d’une interruption médicale de grossesse ainsi que 25 adultes isolés recrutés lors de consultations de génétique au Centre de Référence Spina Bifida de Rennes.

Cette série de 50 patients complète et renforce les données de la littérature sur la génétique des anomalies du tube neural, puisqu’aucun variant dans la voie du métabolisme des folates n’a été identifié. En revanche, ces résultats soulignent l’implication majeure des gènes de la voie de polarité planaire cellulaire puisque nous avons identifié une mutation de novo dans PTK7 dans un trio et obtenu une fréquence élevée de variants rares dans CELSR1 et PTK7. Les variants du gène FREM2 sont aussi surreprésentés dans cette étude, impliquant ainsi dans les anomalies du tube neural  la voie FRAS/FREM connue pour être importante pour le développement précoce. Enfin, ces résultats démontrent une possible transmission oligogénique, maintenant reconnue dans d’autres anomalies du développement.

Cette étude sur 50 patients confirme la grande hétérogénéité génétique des anomalies du tube neural mais renforce l’implication de la voie de la polarité planaire cellulaire.

Marie BEAUMONT, Wilfrid CARRE, Linda AKLOUL, Hubert JOURNEL, Laurent PASQUIER, Mélanie FRADIN, Chloé QUELIN, Houda HAMDI-ROZE, Christèle DUBOURG, Valérie DUPE, Sylvie ODENT, Véronique DAVID (RENNES)
00:00 - 00:00 #12693 - P014 Influence de la taille de l’expansion GGGGCC du gène C9orf72 dans différentes régions cérébrales sur les phénotypes des patients avec démence frontotemporale et/ou sclérose latérale amyotrophique.
P014 Influence de la taille de l’expansion GGGGCC du gène C9orf72 dans différentes régions cérébrales sur les phénotypes des patients avec démence frontotemporale et/ou sclérose latérale amyotrophique.

Les démences frontotemporales (DFT) représentent la deuxième cause de démences dégénératives du sujet jeune après la maladie d’Alzheimer. Elles se manifestent par des troubles comportementaux et du langage d’évolution progressive. Dans 15% des cas environ elles sont associées à une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) responsable d’un déficit moteur progressif. Une expansion hexanucléotidique GGGCC dans le premier intron du gène C9orf72 est la principale cause de forme autosomique dominante de DFT, associée ou non à la SLA. Le seuil pathologique est établi à > 23 GGGGCC, mais les expansions sont souvent de très grande taille, allant de quelques centaines à plusieurs milliers de répétitions GGGGCC. À ce jour, la relation entre la longueur de l'expansion d’une part, et les caractéristiques cliniques ou moléculaires d’autre part, n'est pas clairement établie. Plusieurs études évaluant l’influence de la longueur de l’expansion sur différentes données cliniques ont mené à des résultats contradictoires.

Cette étude a été menée afin d’obtenir une information claire et fiable quant à une corrélation entre la taille de l’expansion et l’âge de début des symptômes ou le phénotype clinique (DFT vs SLA). La taille de l’expansion GGGGCC a été déterminée par southern-blot sur l'ADN extrait des cortex frontaux issus de prélèvements post-mortem de 46 patients porteurs de mutation C9orf72, incluant 23 patients DFT, 6 patients SLA, 17 patients avec DFT-SLA. La taille de l’expansion a également été évaluée dans d’autres régions du système nerveux central (cortex occipital, cortex moteur primaire et moelle épinière) et dans les lymphocytes d’un sous-groupe de patients de cette cohorte pour lesquels ces prélèvements étaient disponibles.

Nos résultats montrent que la taille de l’expansion dans le cortex frontal n’est pas significativement différente dans les trois groupes phénotypiques étudiés (DFT et / ou SLA). La taille de l’expansion varie selon les régions cérébrales étudiées et dans les lymphocytes chez un même patient. De façon notable, l’expansion détectée dans les lymphocytes n’est pas corrélée à celle observée dans le tissu pathologique. L’âge au début de la maladie est corrélé positivement avec le nombre de répétitions GGGGCC dans le cortex frontal.

Avec cette étude, nous montrons qu’il existe un mosaïcisme de la taille des expansions et que le nombre de répétitions d'hexanucléotide du gène C9orf72 dans le cortex frontal a un impact sur l’âge de début de la maladie. L’absence de corrélation entre la taille de l’expansion dans les lymphocytes et celle dans le cortex frontal rend difficile la prédiction de l’âge de début à partir de l’analyse effectuée sur sang périphérique.

Clemence FOURNIER, Mathieu BARBIER (Paris), Vincent ANQUETIL, Agnès CAMUZAT, Véronique SAZDOVITCH, Marion HOUOT , Vincent DERAMECOURT, Daisy RINALDI, Alexis BRICE, Ellen GELPI, Charles DUYCKAERTS, Isabelle LE BER
00:00 - 00:00 #12694 - P015 Etude du gène TARDBP et de l’agrégation de la protéine TDP-43 dans la Sclérose Latérale Amyotrophique : un rôle pour la SUMOylation.
P015 Etude du gène TARDBP et de l’agrégation de la protéine TDP-43 dans la Sclérose Latérale Amyotrophique : un rôle pour la SUMOylation.

            La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative caractérisée par la présence d’agrégats protéiques dans le cytoplasme des motoneurones en dégénérescence. Une trentaine de gènes sont impliqués dans les formes familiales de la SLA. Les plus fréquemment mutés étant les gènes C9ORF72, SOD1 et TARDBP.

            Nous avons tout d’abord étudié par séquençage NGS ces 30 gènes dans une cohorte de patients SLA. Nous avons mis en évidence, pour la première fois, la présence d’une nouvelle mutation hétérozygote p.N259S dans le domaine RRM2 (RNA recognition domain 2) de la protéine TDP43 codée par le gène TARDPB chez un patient présentant une forme rapide de SLA. L’expression de cette forme mutée de TDP-43 dans une lignée motoneuronale de souris (NSC34) et dans des motoneurones de moelle épinière d’embryons de souris était associée à la formation d’agrégats cytoplasmiques riches en protéine TDP-43. De tels agrégats constituent une des caractéristiques de la maladie [1].

            Les mécanismes conduisant à la formation d’agrégats riche en protéines TDP-43 sont encore très mal compris. Nous avons récemment montré l’implication du mécanisme post-traductionnel de SUMOylation dans la formation d’agrégats riches en protéines SOD1 mutée. Nous nous sommes donc intéressés au rôle de ce mécanisme de SUMOylation dans la formation des agrégats riches en TDP-43 présents chez plus de 90% des patients SLA, qu’ils soient porteurs ou non d’une mutation dans le gène TARDBP qui la code. Nous avons surexprimé des protéines GFP-TDP43 sauvage (WT) ou GFP-TDP43K136R mutée pour son unique site de SUMOylation, dans des mêmes modèles cellulaires. Les cellules exprimant GFP-TDP43WT présentaient, comme attendu, des agrégats protéiques dans le cytoplasme. De manière très intéressante, nous avons observé que les cellules GFP-TDP43K136R présentaient au contraire des agrégats nucléaires. La surexpression de cette forme mutée était également associée à la présence de neurites de plus longue taille et à une réduction de toxicité, en comparaison à la condition GFP-TDP43WT. Ces résultats suggèrent un rôle important de la voie de la SUMOylation dans la régulation du transport nucléo-cytoplasmique de TDP-43 et confortent l’idée de l’implication de cette voie dans la formation des agrégats protéiques cytoplasmiques dans la SLA.

            Ces découvertes de la 1ère mutation du domaine RRM2 de TDP-43 et d’un changement de localisation nucléo-cytoplasmique des agrégats riches en TDP-43 suite à la mutation de son unique site de SUMOylation, renforcent les liens entre cette protéine de liaison aux ARN et les perturbations du métabolisme des ARN et de l’homéostasie des protéines qui sont de plus en plus documentés dans la maladie.

 1. Maurel C, et al (2017) Mutation in the RRM2 domain of TDP-43 in Amyotrophic Lateral Sclerosis with rapid progression associated with ubiquitin positive aggregates in cultured motor neurons. Amyotroph Lateral Scler Front Degener 1–3. 

Cindy MAUREL (Tours), Anna CHAMI, Rose-Anne THÉPAULT, Sylviane MAROUILLAT, Céline BRULARD, Hélène BLASCO, Philippe CORCIA, Christian ANDRÈS, Patrick VOURC'H
00:00 - 00:00 #12697 - P016 Homozygous METTL23 gene mutations causes mild autosomal recessive intellectual disability with dysmorphic features: A new clinical entity.
P016 Homozygous METTL23 gene mutations causes mild autosomal recessive intellectual disability with dysmorphic features: A new clinical entity.

Abstract:

Intellectual disability is a neurodevelopmental disorder that affects 1 to 3% of the population worldwide. About 85% of them fall into the non severe category, receiving the diagnosis of Mild Intellectual Disability and about 25 to 50% are thought to have a genetic cause.  This impairement can be grouped into isolated (non-syndromic) or syndromic intellectual disability where patients present with other clinical features in addition to intellectual impairement. However, it is difficult to identify additional subtle clinical signs in the absence of similar cases with the same genetic etiology.

We describe here the case of 2 Moroccan siblings presenting mild intellectual disability with dysmorphic features in which the whole exome sequencing revealed homozygous mutation in the METTL23 gene. Mutations in this gene have been reported to cause mild intellectual disability but the association with dysmorphic features remains controversial.

 By comparing our two cases with those reported previously in the literature, we try to describe a new clinical entity associating a mild intellectual deficiency with characteristic dysmorphic features suggesting to take into consideration the dysmorphy of patients presenting with intellectual disability.

Siham CHAFAI ELALAOUI, Wiam SMAILI, Abdelali ZRHIDRI, Jaber LYAHYAI, Laure RAYMOND, Egéa GRÉGORY, Mohamed TAOUDI, Said EL MOUATASSIM, Abdelaziz SEFIANI ()
00:00 - 00:00 #12700 - P017 L'utilisation d’un promoteur alternatif du gène MAPT génère de nouveaux transcrits plus courts dans le cerveau de patient atteints de maladie d'Alzheimer et de paralysie supranucléaire progressive.
P017 L'utilisation d’un promoteur alternatif du gène MAPT génère de nouveaux transcrits plus courts dans le cerveau de patient atteints de maladie d'Alzheimer et de paralysie supranucléaire progressive.

L'utilisation de promoteurs alternatifs est un mécanisme important pour la diversité du transcriptome et la régulation de l'expression des gènes. En effet, cette utilisation de différents promoteurs pour un seul et même gène peut moduler l’expression avec une spécificité tissulaire ou subcellulaire des transcrits et influer l’épissage alternatif. De plus, ces promoteurs alternatifs peuvent aboutir à l’expression d’isoformes protéiques présentant une structure primaire N-terminale différente, ce qui peut modifier la fonction et la localisation subcellulaire de ces protéines. Les tauopathies sont un groupe de maladies neurodégénératives qui comprennent près de 25 entités différentes correspondant à des maladies fréquentes comme la maladie d’Alzheimer, la plus fréquente de tauopathies, mais aussi à d’autres maladies rares comme la paralysie supranucléaire progressive. Ces maladies sont très différentes sur le plan clinique, biologique ou anatomopathologique. Ce qui va donc caractériser et définir ce groupe hétérogène de maladies est l’agrégation cérébrale de protéines tau anormalement phosphorylées. Les protéines tau sont codées par le gène microtubule-associated protein tau (MAPT) localisé sur le chromosome 17. L'existence d'un promoteur alternatif pour le gène MAPT a été évoquée depuis la fin des années 1990 pour expliquer la spécificité tissulaire de certaines isoformes protéiques et la réponse différentielle aux facteurs de transcription des ARNm. L'utilisation d’un promoteur alternatif pourrait aussi expliquer l’expression et l’agrégation de différentes isoformes de protéines de tau selon les tauopathies. Nous rapportons l’existence d'un promoteur alternatif du gène MAPT, situé en 5’ du deuxième exon du gène (exon 1). En analysant les bases de données et les tissus cérébraux de témoins et de patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou de la paralysie supranucléaire progressive, nous avons identifié de nouveaux transcrits plus courts dérivés de ce promoteur alternatif. Nous avons cloné ces nouveaux transcrits par 5’RACE. Enfin, nous observons grâce à des analyse de qPCR et de 5’RACE-PCR que l’expression de ces transcrits courts est augmentée dans le cerveau de patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou de la paralysie supranucléaire progressive. La majorité de ces transcrits courts respectent le cadre de lecture et nous suggérons qu’ils puissent être traduits en de nouvelles isoformes de protéines tau tronquées dans leur région N-terminale. L'activation du promoteur alternatif de MAPT dans des conditions pathologiques entraînant la production de protéines tronquées aux fonctions et localisations encore inconnues constitue ainsi un nouveau mécanisme pour expliquer la neurodégénérescence dans les tauopathies.

Huin V, Buée L, Sablonnière B, Dhaenens CM. Alternative promoter usage generates novel shorter MAPT mRNA transcripts in Alzheimer’s disease and progressive supranuclear palsy AD and PSP brains. Scientific Reports, sous presse.

Vincent HUIN (Paris), Luc BUÉE, Hélène BEHAL, Julien LABREUCHE, Bernard SABLONNIÈRE, Claire-Marie DHAENENS
00:00 - 00:00 #12704 - P018 Nouveau phénotype dans l’ataxie spinocérébelleuse de type 19/22 : association avec un parkinsonisme, une déficience cognitive et une épilepsie.
P018 Nouveau phénotype dans l’ataxie spinocérébelleuse de type 19/22 : association avec un parkinsonisme, une déficience cognitive et une épilepsie.

Les ataxies spinocerébelleuses de type 19 et 22 (SCA19 / 22) sont deux maladies génétiques rares correspondant très probablement à la même entité et qui se présentent chez les patients sous la forme d’une atteinte cérébelleuse relativement isolée, parfois associée à des troubles cognitifs. La SCA19 / 22 est causée par des mutations du gène KCND3 (potassium voltage-gated channel subfamily D member 3). Le gène KCND3 code pour le canal potassium voltage-dépendant Kv4.3, qui a un rôle important pour la repolarisation du potentiel d'action dans les cellules excitables. Dans SCA19 / 22, les mutations modifient l'emplacement et/ou la fonction de la protéine Kv4.3 aboutissant à sa perte de fonction, ce qui modifie l'excitabilité des neurones de Purkinje dans le cervelet et conduit à leur neurodégénérescence. Deux familles françaises non apparentées présentant une ataxie avec un pattern de transmission autosomique dominante ont été examinées dans le service de neurologie du CHU de Lille. Au total, 16 individus affectés ont été examinés sur le plan clinique et 12 individus ont accepté la réalisation d’un examen neuropsychologique. Onze patients (68,8% des porteurs) ont développé un phénotype classique de SCA19 / 22, avec une ataxie cérébelleuse lentement progressive. Cependant un parkinsonisme léger caractérisé par un syndrome akineto-rigide parfois associé à un tremblement a été observé chez huit patients (50% des porteurs). Le phénotype était dominé par l'épilepsie chez cinq patients plus jeunes (31,3%) avec un âge moyen à l'apparition de l'épilepsie de 5,3 ans, alors que l'ataxie était légère, retardée ou non objectivée. En plus de ces caractéristiques cliniques, nous avons observé un large éventail de troubles cognitifs incluant notamment des troubles visuo-spatiaux et nous fournissons les détails sur le profil cognitif dans deux nouvelles familles de SCA19 / 22. L’analyse génétique par TP-PCR et par NGS des gènes connus comme responsables d’ataxie spinocérébelleuse a permis de mettre en évidence chez les deux familles, la mutation c.679_681delTTC, p.F227del du gène KCND3, précédemment rapportée comme pathogénique. Nos résultats élargissent le spectre phénotypique de la SCA19 / 22 et suggèrent que le gène KCND3 devrait être inclus dans la liste des gènes candidats pour l'épilepsie, le parkinsonisme et la déficience intellectuelle lorsque celle-ci est associée à une atteinte cérébelleuse.

Huin V, Strubi-Vuillaume I, Dujardin K, Brion M, Delliaux M, Dellacherie D, et al. Expanding the phenotype of SCA19/22: Parkinsonism, cognitive impairment and epilepsy. Parkinsonism Relat Disord. sous presse.

Vincent HUIN (Paris), Isabelle STRUBI-VUILLAUME , Kathy DUJARDIN, Marine BRION , Marie DELLIAUX , Delphine DELLACHERIE , Jean-Christophe CUVELLIER , Jean-Marie CUISSET, Audrey RIQUET , Caroline MOREAU , Luc DEFEBVRE , Bernard SABLONNIÈRE, David DEVOS
00:00 - 00:00 #12734 - P019 Validation d’une grille de dépistage des anomalies chromosomiques cryptiques dans une population de sujets schizophrènes : données préliminaires.
P019 Validation d’une grille de dépistage des anomalies chromosomiques cryptiques dans une population de sujets schizophrènes : données préliminaires.

La schizophrénie est l’une des pathologies psychiatriques les plus invalidantes. D’une prévalence d’environ 1%, elle est largement répandue dans la population générale. L’espérance de vie des personnes schizophrènes est diminuée d’au moins quinze ans par rapport à la population générale. En général, la schizophrénie évolue de manière isolée. Plus rarement elle peut être la manifestation d’une anomalie génétique sous-jacente, comme par exemple une microdélétion 22q11.2. Le terme de « schizophrénie syndromique » est alors utilisé. A ce jour, aucune recommandation n’a encore été publiée sur la conduite à tenir en termes d’investigations génétiques dans la schizophrénie.

Afin de déterminer la nature des ‘drapeaux rouges’ cliniques devant faire suspecter une schizophrénie syndromique liée à un remaniement chromosomique cryptique, nous avons réalisé une étude nommée SCZ-CGH.

Cette étude prévoit l’inclusion de 150 personnes de plus de 15 ans avec un diagnostic de schizophrénie posé selon les critères du DSM V. Pour chacune d’entre elles une grille reprenant les principaux critères d’atypicité de la schizophrénie est remplie à l’issue d’un examen clinique. Les critères d’atypicité évalués sont les suivants : déficience intellectuelle , scolarité spécialisée, trouble du spectre autistique, début précoce, résistance au traitement, confusion, régression, catatonie, hallucinations visuelles, anomalie neurologique, dysmorphie faciale, retard de croissance, antécédent de malformation musculo-squelettique, cardiaque, ORL, autre.

Une CGH array est réalisée pour chaque personne. Si une variation du nombre de copie (pathogène ou de signification clinique inconnue, VOUS) est identifiée une vérification (caryotype standard et/ou FISH et/ou qPCR) est effectuée et les parents sont prélevés.

A ce jour 59 patients ont été inclus (36 hommes, 23 femmes, âge moyen 32 ans). La CGH array a permis d’identifier une anomalie chromosomique déséquilibrée chez 5 personnes :

-          Micro délétion 22q11.2 d’environ 3 Mb de novo (microdélétion récurrente entre les LCR A et D).

-          Dysgonosomie : 48, XXYY.

-          Duplication de novo de 7 Mb dans la région 16qp13.1p12.3 incluant le gène NDE1.

-          Gain de 1.7 Mb en 3p12.3 interprété comme un VOUS en attendant la ségrégation familiale.

-          Gain de 247 kb hérité de la maman en 2q32.3 de signification indéterminée (VOUS).

Trois des cinq anomalies expliquent ou participent au phénotype du patient. Chacun des 5 patients présentait au moins un critères d’atypicité, notamment : antécédent de scolarité spécialisée avec ou sans déficience intellectuelle, précocité des troubles (avant 14 ans) et résistance au traitement.

Ces résultats préliminaires confirment d’une part la nécessité d’une évaluation clinique fine dans la schizophrénie et l’intérêt d’un avis génétique en cas de « drapeau rouge ». La pertinence de ces derniers reste à être confirmée sur le reste de la cohorte  puis à être répliquée sur une population plus vaste.

Alice POISSON (Lyon), Caroline DEMILY, Nicolas FRANCK, Marianne TILL, Emilie FAVRE, Damien SANLAVILLE
00:00 - 00:00 #12743 - P020 Etude protéique des myopathies autosomiques récessives dans la population tunisienne.
P020 Etude protéique des myopathies autosomiques récessives dans la population tunisienne.

Introduction : Les myopathies autosomiques récessives (MAR) sont un groupe d’affections musculaire rares. Ils ont en commun un déficit moteur des deux ceintures, un aspect dystrophique à la biopsie musculaire. L’hétérogénéité clinique rend le diagnostic génétique difficile. A ce jour, 31 localisations génétiques ont été identifiés. L’identification de la déficience protéique peut orienter l’étude génétique. L’objectif de notre étude est de déterminer les différents types des myopathies autosomiques récessives (LGMD2) dans la population tunisienne basée sur l’étude protéique par Immunohistochimie (IHC) et Western blot Multiplex (WB) en insistant sur les difficultés de l’orientation génétique devant une MAR.

Méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective concernant les patients suivis pour LGMD2 durant la période de 1992-2017. Nous avons inclus les patients présentant un phénotype clinique LGMD2, des valeurs de créatine phosphokinases élevés et une biopsie musculaire en faveur d’une atteinte dystrophique. Nous avons recueilli sur une fiche préétablie les données cliniques et l’examen neurologique détaillé ainsi que l’arbre généalogique. Une étude immunohistochimique a été faite pour 30 patients. Un western Blot multiplex a été fait pour 39 patients.

 Résultats : Nous avons colligé 48 patients appartenant à 26 familles. Un déficit protéique touchant la dysferline et la Sarcoglycane gamma a été détecté, respectivement, chez 10 et 11 patients par IHC et WB. L’étude en IHC a montré l’absence de la sarcoglycane alpha chez 6 patients et la sarcoglycane béta chez 3 patients. L’examen par WB a montré l’absence des bandes spécifique de la calpaine 3 chez 12 patients. Cependant, il a révélé une déficience en un ou plusieurs protéines chez 6 patients. En effet, 2 patients ont des déficiences protéiques en Sarcoglycane alpha et gamma, 2 patients en Sarcoglycane alpha et beta et 2 patients en Sarcoglycane beta, gamma et delta. En se basant sur ces examens, 12 patients avaient un phénotype LGMD2A, 10 patients avaient un phénotype LGMD2B, 11 patients un phénotype LGMD2C, 6 patients avaient un phénotype LGMD2D et 3 patients avaient un phénotype LGMD2E. Le phénotype clinique était indéterminé chez six patients puisqu’ils présentaient une déficience en plusieurs protéines.

Conclusion : Cette étude nous a montré que les sarcoglycanopathies sont les formes les plus fréquentes dans la population tunisienne rejoignant les données de la littérature. Sur le plan clinique on peut différencier les différents sous types de MAR. L’analyse immunologique a permis une orientation diagnostique. Un déficit protéique en immunomarquage ou en WB ne signe pas toujours la responsabilité de la protéine. L’analyse génétique est obligatoire pour la certitude diagnostique.

Sabrine REKIK (Sfax, Tunisie), Salma SAKKA, Chokri MHIRI
00:00 - 00:00 #12744 - P021 Un nouveau cas de micro-duplication du gène FMR1 illustrant l’effet dose dépendant de ce gène dans la fonction neurocognitive.
P021 Un nouveau cas de micro-duplication du gène FMR1 illustrant l’effet dose dépendant de ce gène dans la fonction neurocognitive.

Nous rapportons le cas d’un garçon âgé de 7 ans adressé pour troubles du comportement, chez lequel une micro-duplication de 835 Kb en position Xq27.3q28 impliquant le gène FMR1 ainsi que l’exon 1 du gène AFF2 a été identifiée par ACPA. L’analyse du triplet CGG localisé dans la région 5’UTR du gène FMR1 (locus FRAXA) par PCR fluorescente a permis de mettre en évidence la présence de deux allèles avec respectivement 20+/-1 et 22+/-1 répétitions de CGG confirmant la duplication. Une analyse par ACPA ainsi qu’une analyse des triplets CGG chez la mère sont en cours de réalisation.

 En contraste avec le nombre important de publications sur la  perte de fonction du gène FMR1, à ce jour, il n’y a que très peu de cas rapportés de gain de copies du gène FMR1. Deux publications rapportent trois cas de micro-duplications FMR1 de novo : l’une de 86 Kb chez un garçon  avec retard mental, troubles du comportement, retard de  langage et discret retard moteur (Vengoechea et al, Eur J of  Human Genet (2012), 20,1197-1200), les deux autres cas de filles avec retard mental léger, troubles du comportement, retard de langage et discret retard moteur (Nagamani SC et al, Neurogenetics. 2012 Nov;13(4):333-9) présentant des micro-duplications de 363 Kb et 348 Kb respectivement.

 Notre cas vient étayer le fait que le gène FMR1 semble être un gène dose dépendant nécessaire à la fonction neurocognitive cérébrale.   

Laurence LOHMANN (ST OUEN L AUMONE), Aicha BOUGHALEM, Pascale KLEINFINGER, Detlef TROST, Wendy TIMBRIA, Jeanne FOURNIER, Charlène HERVET, Roxana CONDOR, Jean Marc COSTA
00:00 - 00:00 #12754 - P022 La caractérisation moléculaire et fonctionnelle d’une translocation réciproque identifie les gènes CDH12 et BACH2 comme candidats de polymicrogyrie syndromique.
P022 La caractérisation moléculaire et fonctionnelle d’une translocation réciproque identifie les gènes CDH12 et BACH2 comme candidats de polymicrogyrie syndromique.

Les remaniements chromosomiques apparemment équilibrés concernent 1.54‰ des naissances vivantes, parmi lesquels 6 à 9% sont associés à des anomalies phénotypiques. Nous rapportons le cas d'un fœtus de sexe masculin interrompu à 22 SA dans un contexte de syndrome polymalformatif associant un retard de croissance intra-utérin, une arthrogrypose généralisée, une micro-crânie, un micro-rétrognathisme, une hypoplasie surrénalienne bilatérale, ainsi qu’une polymicrogyrie fronto-pariéto-occipitale et une hétérotopie nodulaire périventriculaire. Le caryotype standard a mis en évidence une translocation réciproque apparemment  équilibrée entre les chromosomes 5 et 6 : 46,XY,t(5;6)(p14.3;q21). Cette translocation est survenue de novo et l’ACPA (puce oligonucléotides 4x180K, Agilent) n'a pas retrouvé de déséquilibre pathogène. Le séquençage d’exome (SeqCap EZ MedExome, Roche) n’a pas mis en évidence de variants pathogènes. Le séquençage génome entier paired-end a permis d'identifier les points de cassure, interrompant 2 gènes : CDH12 en 5p14.3, codant pour une neurocadhérine impliquée dans la synaptogénèse au cours du développement cérébral et BACH2 en 6p15, codant pour un facteur de transcription régulant la prolifération et la différenciation des lymphocytes B.

Des études d'expression de CDH12 et BACH2 ont été réalisées par RT-qPCR, sur tissus du patient (poumon, thymus) et de fœtus contrôles (cerveau, poumon, thymus, foie) à divers âges gestationnels, de façon à définir leur expression spatio-temporelle au cours de la période fœtale, et leur rôle potentiel dans la polymicrogyrie.

Les résultats ont mis en évidence une expression des 2 gènes candidats dans le cerveau fœtal au deuxième trimestre. BACH2 est le plus fortement exprimé dans le thymus au deuxième trimestre, modérément dans le thymus au troisième trimestre, et faiblement dans le foie et le poumon au cours du développement fœtal. CDH12 est le plus fortement exprimé dans le cerveau au deuxième trimestre, à l'exclusion duquel il n'a été retrouvé qu'une faible expression pulmonaire.

Les analyses ont démontré une diminution de 50% de l'expression de BACH2 dans le thymus du patient par rapport aux contrôles. L'expression pulmonaire n'a pas retrouvé de différence significative d'expression entre patient et contrôles pour l'un ou l'autre des 2 gènes, mais à un très faible niveau d'expression tissulaire.

Il s’agit de la première étude définissant l'expression anténatale de CDH12 et BACH2 au cours du développement humain, décrivant leur relative spécificité tissulaire pendant la période fœtale, et associant ces deux gènes à un cas clinique de polymicrogyrie.

Elisabeth VISSEAUX (Lyon), Marie GONZALES, Eudeline ALIX, Audrey LABALME , Damien SANLAVILLE, Caroline SCHLUTH-BOLARD
00:00 - 00:00 #12758 - P023 Description phénotypique et profil mutationnel d’une série de patients marocains avec syndrome de Rubinstein Taybi.
P023 Description phénotypique et profil mutationnel d’une série de patients marocains avec syndrome de Rubinstein Taybi.

Le syndrome de Rubinstein-Taybi (RTS) est un syndrome génétique rare, caractérisé par une microcéphalie, des pouces et hallux larges, retard de croissance, et un déficit intellectuel. La dysmorphie faciale est caractéristique avec des sourcils en accent circonflexe, de longs cils, des fentes palpébrales obliques, un nez crochu, un palais ogival et une micrognathie. D'autres caractéristiques peuvent inclure une hypermobilité articulaire, des anomalies oculaires (obstruction des canaux lacrymo-nasaux, glaucome congénital, erreurs de réfraction), cardiaques et/ou cutanées (formations cheloïdes notamment). La constipation est souvent présente tout au cours de la vie et les patients peuvent développer un surpoids à la fin de l'enfance ou au début de la puberté. Les enfants présentent une aptitude marquée à établir d'excellents contacts sociaux. Le RTS est dû majoritairement à des mutations ou microdélétion du gène CREBBP et plus rarement du gène EP300, survenant de novo et transmises sur un mode dominant.

Nous rapportons dans ce travail, les données cliniques et moléculaires d’une série de  six patients marocains avec un phénotype de RTS. L’étude moléculaire du gène CREBBP a mis en évidence des mutations ponctuelles chez cinq patients. Pour le sixième patient, l’analyse par ACPA a mis en évidence une microdélétion emportant le gène CREBBP.

A travers ce travail, nous insistons sur l’importance de l’expertise clinique dans le diagnostic, prise en charge et conseil génétique dans le syndrome de Rubinstein Taybi.

Siham CHAFAI ELALAOUI, Wiam SMAILI, Patricia FERGELOT, Ilham RATBI, Mariam TAJIR, Benoit ARVEILER, Didier LACOMBE, Abdelaziz SEFIANI ()
00:00 - 00:00 #12764 - P024 Résultats des cas brestois des analyses d'exomes en trio du projet hugodims.
P024 Résultats des cas brestois des analyses d'exomes en trio du projet hugodims.

Nous avons analysé et confirmé les résultats des onze trios brestois inclus dans un projet interrégional du Grand Ouest appelé HUGODIMS, coordonné par le CHU de Nantes. Ce consortium regroupe les services de Génétique Médicale des Centres Hospitaliers et Universitaires d’Angers, Brest, Nantes, Poitiers, Rennes et Tours et à pour but de rechercher des causes moléculaires de déficience intellectuelle sévère isolée ou syndromique par analyse d’exomes. Les données ont été produites par une plateforme unique et chaque centre avait ensuite pour mission de valider les variants par séquençage Sanger. L’analyse des données bioinformatiques a été effectuée par deux stratégies indépendantes. L’une par le laboratoire nantais porteur du projet et la seconde par notre ressource informatique brestoise afin de confronter et d’élargir les résultats. Le premier filtre a été de rechercher les mutations apparues de novo chez les cas index. Les autres filtres ont été successivement de rechercher les mutations transmises selon un mode récessif, puis récessif avec une mutation de novo pour finir par une composante hétérozygote composite.

Une mutation apparue de novo a été retrouvée, chez 45 à 60% des cas (2 cas en cours de validation), classée de VOUS à Likely pathogenic. Parmi elles, des mutations dans les gènes SATB2 (c.1174-1C>T), ARID1B (c.5025+1G>A) , SOX11 (c.269T>C), GRIN2B (c.2069G>T), KCNQ2 (c.1075A>G), CHD4 (c.3290A>G) et USP7 (c.2297T>C) ont été retrouvées, associées à des pathologies dominantes avec une mutation apparue de novo chez l’enfant. Dans la plupart des cas, les descriptions phénotypiques des enfants s’intègrent dans les syndromes associés aux gènes. Pour les mutations des gènes SOX11 et ARID1B, les patients n’ont pas le phénotype classique du syndrome de Coffin-Siris. Pour autant, les données de la littéraure pour ces gènes rapportent des patients porteurs de caractéristiques phénotypiques « compatibles » ou « subtiles » avec un Coffin-Siris mais sans tableau phénotypique « classique » (Hempel et al., 2016), en accord avec nos résultats. Les analyses bioinformatiques et bibliographiques produites avec les filtres « récessif », « récessif avec une mutation de novo » et  « hétérozygote composite » n’ont, par ailleurs, pas donné de résultat significatif sur les échantillons négatifs.

Sur l’ensemble du projet, ce sont environ 50% de diagnostics certains qui ont été posés et 17 % de diagnostics probables avec la mise en évidence de nouveaux gènes de fort intérêt dans les déficiences intellectuelles.  

Sylvia REDON (BREST), Thomas LUDWIG, Caroline BENECH, Pauline LE BERRE, Séverine AUDEBERT-BELLANGER, Philippe PARENT, Emmanuelle GENIN, Claude FEREC
00:00 - 00:00 #12780 - P025 Recherche d’inhibiteurs pharmacologiques et de suppresseurs génétiques de CBS (Cystathionine Beta-Synthase), une enzyme dont la surexpression participe au dysfonctionnement intellectuel dans la trisomie 21.
P025 Recherche d’inhibiteurs pharmacologiques et de suppresseurs génétiques de CBS (Cystathionine Beta-Synthase), une enzyme dont la surexpression participe au dysfonctionnement intellectuel dans la trisomie 21.

L’enzyme Cystathionine Beta-Synthase (CBS), dont le gène est situé sur le chromosome 21, est surexprimée chez les patients atteints de trisomie 21. Des études réalisées chez des souris transgéniques montrent que la diminution ou l’augmentation du dosage du gène Cbs induisent des modifications de la capacité d’apprentissage et de mémorisation. Ces observations confortent l’hypothèse selon laquelle le niveau d’expression de ce gène serait crucial pour le fonctionnement cognitif et que sa surexpression pourrait contribuer à la déficience intellectuelle observée chez les patients atteints de trisomie 21. Des molécules capables d’inhiber l’activité de CBS constitueraient donc des candidats médicaments très intéressants pour améliorer, au moins en partie, les fonctions cognitives des patients. La recherche de ces inhibiteurs pharmacologiques a jusqu’à présent été limitée à des approches in vitro qui n’ont pas permis l’identification de composés actifs in vivo.

Nous avons donc développé un modèle de levure S. cerevisiae surexprimant l’homologue du gène CBS. Grâce à une méthode de criblage en deux étapes basée sur les connaissances accumulées sur les voies métaboliques dans lesquelles CBS joue un rôle central, seules des molécules inhibant spécifiquement l’activité de CBS sont ainsi sélectionnées. Nous avons criblé deux chimiothèques commerciales Prestwick® et BIOMOL’s FDA Approved Drug Library (qui représentent à elles deux environ 2000 molécules déjà en clinique pour des applications très diverses) et avons identifié 4 molécules actuellement sur le marché en tant que médicaments, dont 3 ayant des propriétés chimiques communes. L’une de ces molécules a été testée chez des souris surexprimant Cbs et donne des résultats très encourageants en supprimant l’effet délétère de la surexpression de Cbs sur le fonctionnement cognitif des souris, ouvrant la possibilité de développement de stratégies de repositionnement thérapeutique.

En parallèle, nous avons entrepris d’utiliser notre modèle levure pour rechercher des suppresseurs génétiques de l’effet de la surexpression de CBS. Les gènes identifiés suggèrent un nouveau rôle de CBS dans le trafic vésiculaire.

En conclusion, ces deux approches nous permettront d’une part de mieux comprendre l’impact physiopathologique d’une surexpression de CBS et d’autre part le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour réduire la déficience intellectuelle associée à la trisomie 21.

Alice LÉON, Damien MARÉCHAL, Arnaud DUCHON, Véronique BRAULT, Nadège LOAËC, Marc BLONDEL, Yann HÉRAULT, Gaëlle FRIOCOURT (Brest)
00:00 - 00:00 #12793 - P026 Explorer les dimensions phénotypiques et thérapeutiques des syndromes 16p11.2 grâce aux modèles rongeurs.
P026 Explorer les dimensions phénotypiques et thérapeutiques des syndromes 16p11.2 grâce aux modèles rongeurs.

Les syndromes de délétion et de duplication de la région 16p11.2 font partie de ces syndromes avec variation du nombre de copies (CNV) affectant dans ce cas un ensemble de 29 gènes, réparti sur 600kb. La prévalence dans la population a été évaluée à environ 1/2000 en fonction des résultats cliniques sévères. Les symptômes indiquent que les deux CNV 16p11.2 induisent des effets opposés sur la morphologie, le métabolisme et la fonction cérébrale avec la suppression associée au trouble du spectre autistique (ASD), alors que la duplication a été associée à l'autisme ainsi qu'à la schizophrénie.

Nous avons généré de nouveaux modèles de souris pour la suppression et la duplication de la région homologue 16p11.2, que nous avons caractérisée par une analyse exhaustive combinant tests comportements et métaboliques. Dans l'ensemble, la dose génétique de la région 16p11 induit une conséquence similaire chez la souris et chez les humains avec des altérations d'activité et de mémoire, mais nous avons constaté que les défauts métaboliques étaient opposés dans les deux espèces.

Ensemble, ces données indiquent que le déséquilibre de dose du locus 16p11.2 perturbe l'expression de modificateurs à l'extérieur de la région qui peut moduler la pénétrance, l'expressivité et la direction des effets chez les humains et les souris. Maintenant, nous étudions de nouveaux modèles obtenus chez la souris pour chercher des gènes candidats et des pistes thérapeutique et chez le rat pour chacun des 2 CNVs. Les analyses chez la souris pointent sur plusieurs gènes impliqués dans le déclin cognitif alors que les travaux sur les modèles rat confirment l’intérêt ce cette espèce pour révéler les altérations du comportement social associé à l’ASD.

Nous présenterons ici des évidences sur l’utilité des deux espèces modèles, pour la compréhension du syndrome, la recherche de gènes candidats et la validation d'approches thérapeutiques.

Financement: Union européenne (FP7 Gencodys, subvention 241995), Subventions de l'Agence Nationale de Recherche (ANR-15-CE16-0015-01) et Gouvernement français pour les investissements pour l'avenir IDEX02 et labex INRT (ANR -10-IDEX-0002-02; ANR-10-LABX-0030-INRT) et l'infrastructure nationale pour la biologie et la santé PHENOMIN (ANR-10-INBS-07) et "Fondation Maladies Rares" à YH.

Sandra MARTIN LORENZO (Strasbourg), Valerie NALESSO, Claire CHEVALIER, Thomas ARBOGAST, Yann HERAULT
00:00 - 00:00 #12797 - P027 RASopathies et profil de personnalité.
P027 RASopathies et profil de personnalité.

La personnalité est un trait complexe, et cependant partiellement héritable. Certaines maladies mendéliennes ont déjà été associées à des profils de personnalité spécifiques, comme le syndrome de Williams-Beuren, et pourtant peu d’études sont encore parvenues à établir un lien entre un gène donné ou une voie de signalisation, et la personnalité d’un individu. Les syndromes résultant d’anomalies dans la voie Ras/MAPK sont des maladies monogéniques, résultant majoritairement de gains de fonction, connues pour influencer le comportement et les aptitudes sociales. Les RASopathies pourraient donc nous fournir d’importantes informations sur les bases génétiques de la personnalité.
Nous avons comparé 80 patients atteints de neurofibromatose de type I, du syndrome de Costello, du syndrome cardio-facio-cutané, ou du syndrome de Noonan à 55 frères ou sœurs non atteints, à l’aide d’un hétéro-questionnaire rempli par les parents. Ce questionnaire (BFQ-C : Big Five Questionnaire for Children) évaluait les dimensions de la personnalité décrite par le modèle à 5 facteurs: agréabilité, extraversion, conscienciosité, ouverture et névrosisme. Nous y avons ajouté un court questionnaire spécifique au sens de l’humour. Nous avons d’abord comparé les scores des individus atteints de RASopathies et ceux du groupe contrôle dans chaque composante de la personnalité, avant d’effectuer une comparaison plus globale de leurs profils de personnalité multidimensionnels. Enfin, nous nous sommes intéressés aux résultats de chaque question du questionnaire, individuellement. Nous avons pour cela utilisé des tests de Student, des analyses de
variance, et des analyses en composantes principales.
Les individus atteints de RASopathies ont obtenu des scores en moyenne plus faibles que ceux du groupe contrôle pour l’agréabilité, l’extraversion, la conscienciosité, l’ouverture et le sens de l’humour, et des scores similaires au groupe contrôle pour le névrosisme. En comparant les profils multidimensionnels de personnalité entre les groupes, nous avons observé une différence significative entre le profil des individus atteints et de leurs apparentés non atteints, mais aucune différence n’a été retrouvée entre les différentes RASopathies, mettant ainsi en évidence l’existence d’un profil commun aux syndromes de la voie Ras/MAPK. Nous avons pu cependant remarquer certaines particularités au niveau des scores de chaque RASopathie prise séparément, sans pour autant pouvoir distinguer leurs profils multidimensionnels des autres RASopathies.
Nous décrivons pour la première fois une association entre une voie de signalisation unique et un profil de personnalité spécifique, qui nous mènera sans doute vers une meilleure compréhension du développement de la personnalité et des mécanismes génétiques sous-jacents, et vers de nouveaux outils pour l’éducation et la prise en charge des personnes atteintes de RASopathies.
Varoona BIZAOUI (Paris), Jessica GAGE, Rita BRAR, Katherine A RAUEN, Lauren WEISS
00:00 - 00:00 #12805 - P028 HTRA1 stop codon mutations are pathogenic and lead to an adult onset vascular leukoencephalopathy.
P028 HTRA1 stop codon mutations are pathogenic and lead to an adult onset vascular leukoencephalopathy.

Background

Hereditary vascular leukoencephalopathies (HVL) are a heterogeneous group of diseases affecting cerebral small vessels. Bi-allelic loss of function mutations of HTRA1 lead to CARASIL, a very rare, early onset and severe autosomal recessive disease described in Japan. Our team showed recently that heterozygous HTRA1 missense mutations cause a dominant, late onset cerebral small vessel disease in 5% of patients referred for molecular diagnostic of a HVL. HTRA1 encodes a serine protease homotrimer. A dominant negative effect of heterozygous missense mutations causing an alteration of the homotrimer formation or the activation cascade is strongly suspected to cause the disease in these heterozygous missense mutation carriers. So far, only one patient with a mutation leading to a premature stop codon has been reported and the pathogenicity of this type of heterozygous mutations is unknown, precluding any diagnostic and genetic counseling. 

Aim of the study

The aim of the present study was to investigate the pathogenicity of this type of mutations in a large series of consecutive HVL patients and characterize the phenotype of these patients.

Patients and methods

A consecutive series of 575 unrelated adult patients referred in 2016 to the neurovascular genetics laboratory of the Lariboisière hospital for suspected inherited HVL was investigated. Mean age of this cohort at referral was 57 (SD=13.4) and sex ratio was 0.8. We performed targeted NGS screening of all HVL known genes, including NOTCH3, COL4A1, COL4A2, HTRA1, TREX1 and APP genes. Clinical and magnetic resonance imaging (MRI) characteristics of mutated patients were determined.

Results

Among these 575 patients, 42 had a bona fide CADASIL mutation in NOTCH3, 11 had a deleterious mutation in COL4A1 or COL4A2 mutations and 13 heterozygous HTRA1 missense mutations. In addition, four patients had a premature stop codon mutation within HTRA1, including, 3 nonsense mutations (C112X, Y169X, and R302X) and 1 frameshift (T100NfsX69). The comparison of the frequency of these stop codon mutations in our consecutive series and control samples from polymorphism databases showed a highly significant difference with ExAC database  (p= 2.4x10-6) and 1000 Genomes projects (p=0.045). Clinical and MRI features of these four consecutive patients and an additional recently identified patient were very similar to those observed in heterozygous missense mutation carriers.

Conclusion and perspectives

This study establishes the pathogenicity of HTRA1 stop codons and HTRA1 haploinsufficiency in HVL and suggests that the phenotype of these patients is similar to the ones of heterozygous missense carriers. Additional work on a larger series of HVL unrelated probands, including the search for CNV, as well as a detailed investigation of relatives of clinically affected probands is ongoing.

Thibault COSTE (Paris), Dominique HERVE, Elisabeth TOURNIER LASSERVE, Amer AL NAJJAR CARPENTIER, Aude JAFFRE, Julien COGEZ , Valérie LAYET, Fatoumata BA
00:00 - 00:00 #12813 - P029 Les mutations bi-alléliques du gène UBA5 et l’altération de la voie d’ufmylation sont responsables d’une encéphalopathie à début précoce.
P029 Les mutations bi-alléliques du gène UBA5 et l’altération de la voie d’ufmylation sont responsables d’une encéphalopathie à début précoce.

Par le biais du séquençage exomique, nous avons identifié des variants bi-alléliques rares dans le gène UBA5 chez cinq enfants, de quatre familles non apparentées, porteurs d’une déficience intellectuelle sévère, d’une microcéphalie, de mouvements anormaux et / ou d'une épilepsie pharmacorésistante précoce. UBA5 code pour l'enzyme UBA5 qui est l’enzyme activatrice de la protéine UFM1 (ubiquitin-fold modifier 1), une protéine ubiquitine-like récemment identifiée et qui est impliquée dans le processus d’ufmylation. Les études biochimiques des protéines UBA5 mutantes et sur les fibroblastes provenant d'individus atteints, ont révélé que les mutations dans le gène UBA5 diminuent le processus d'ufmylation, et qu’il en résulte une structure anormale du réticulum endoplasmique. Chez Caenorhabditis elegans, les modèles ko du gène uba-5 et des gènes orthologues humains impliqués dans la cascade d'ufmylation altèrent la neurotransmission cholinergique mais pas glutamatergique. De plus, chez le poisson zèbre où des morpholinos ciblant uba5 ont été utilisés, il a été observé une diminution de la motilité ainsi que des mouvements anormaux de type convulsions-like. Ces résultats cliniques, biochimiques et expérimentaux confirment l’implication physiopathologique des variants bi-alléliques d’UBA5 dans les encéphalopathies à début précoce du fait d’une altération du processus d’ufmylation.

Estelle COLIN (ANGERS), Jens DANIEL, Alban ZIEGLER, Jamal WAKIM, Aurora SCRIVO, Tobias B. HAACK, Salim KHIATI, Anne-Sophie DENOMMÉ, Patrizia AMATI-BONNEAU, Majida CHARIF, Vincent PROCACCIO, Pascal REYNIER, Kyrieckos A. ALECK, Lorenzo D. BOTTO, Claudia Lena HERPER, Charlotte Sophia KAISER, Rima NABBOUT, Sylvie N’GUYEN, José Antonio MORA-LORCA, Birgit ASSMANN, Stine CHRIST, Thomas MEITINGER, Tim M. STROM, Holger PROKISCH, Antonio MIRANDA-VIZUETE, Georg F. HOFFMANN, Guy LENAERS, Pascale BOMONT, Eva LIEBAU, Dominique BONNEAU
00:00 - 00:00 #12824 - P030 Etude d’association entre quelques variants du gène ABCA7 et du gène APOE et la maladie d’Alzheimer dans une population Tunisienne.
P030 Etude d’association entre quelques variants du gène ABCA7 et du gène APOE et la maladie d’Alzheimer dans une population Tunisienne.

La maladie d’Alzheimer (MA) est une pathologie neurodégénérative associant deux lésions neuropathologiques, les plaques amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires. C’est une pathologie complexe et très hétérogène qui se présente sous deux formes: la forme familiale et la forme sporadique. La génétique de la forme sporadique est complexe en raison de l’inexistence d’un processus héréditaire clair. Elle résulte d’une interaction entre des facteurs de risque environnementaux et une prédisposition génétique. De nombreuses études d’association génétique réalisées dans le cadre du génome (Genome-Wide Association Studies, GWAS) ont permis d’identifier plusieurs variants susceptibles d’augmenter le risque de développer la MA. L'allèle ε4 constitue le facteur de risque majeur de la MA, et le gène ABCA7 a été identifié comme un locus de susceptibilité pour la forme tardive de la MA  pour la 1ère fois en 2011 par GWAS. Notre étude a porté sur quelques variants du gène ABCA7 et l’allèle E4 du gène APOE et la MA chez une population Tunisienne. 121 participants composés de 59 MA et 62 témoins sains âgés ont été recrutés, des échantillons de sang périphériques ont été recueillis et les variants génétiques des gènes APOE et ABCA7 (rs115550680 et rs142076058) ont été analysés en utilisant la technique PCR-RFLP et le séquençage d'ADN. Les fréquences alléliques et génotypiques du gène APOE ont une différence significative entre patients et témoins, l'allèle APOE4 est un facteur de risque dans notre population (OR = 17.602, IC 95% = 2.284-135.655). Cependant, aucune association n’a été observée entre les variants du gène ABCA7 (rs115550680 et rs142076058) et la maladie d'Alzheimer dans notre population. 

Afef ACHOURI-RASSAS (Tunis, Tunisie), Wafa NEFZI, Saloua FRAY, Sondes HADJ-FREDJ, Taieb MESSAOUD, Samir BELAL
00:00 - 00:00 #12828 - P031 DDX3X : un nouveau gène de déficience intellectuelle prédisposant aux tumeurs ?
P031 DDX3X : un nouveau gène de déficience intellectuelle prédisposant aux tumeurs ?

Des mutations responsables de déficit intellectuel lié à l’X ont été identifiées dans plus de 100 gènes. Les mutations de novo dans le gène DDX3X sont rares, affectant le plus souvent des individus de sexe féminin. Elles ont été rapportées chez 38 patientes porteuses d’un déficit intellectuel léger à sévère associé à une hypotonie dans 75 % des cas, une épilepsie chez environ 20% des patientes, une spasticité dans 40% des cas, des troubles du comportement chez 20% des patientes. L’IRM cérébrale met en évidence une hypoplasie du corps calleux dans 35% des cas et une malformation corticale chez 10% des patientes.

Nous rapportons 2 nouvelles patientes avec mutations de DDX3X identifiées par séquençage d’exome. La patiente 1 est âgée de 6 ans, la patiente 2 de 19 ans. Toutes deux présentent un déficit intellectuel modéré, une hypotonie axiale et des éléments de spasticité périphérique. Il n’existe pas d’autres cas de déficit intellectuel dans leurs familles respectives. L’une comme l’autre ne sont pas épileptiques. La patiente 1 est porteuse d’éléments morphologiques mineurs. Les 2 patientes ont un comportement sociable mais la patiente 2 a des stéréotypies et une tendance à l’automutilation. L’IRM cérébrale de la patiente 1 est interprétée normale alors que celle de la patiente 2 révèle une hypoplasie du corps calleux. Enfin, la patiente 2 a été prise en charge durant les six premiers mois de vie par chirurgie et chimiothérapie pour un neuroblastome.

DDX3X code pour une hélicase impliquée dans divers processus cellulaires incluant transcription, épissage et traduction. Il a été associé à de nombreux processus cellulaires tels le contrôle du cycle cellulaire, l’apoptose et la tumorigenèse. C’est un régulateur clé de la voie Wnt/bêta-caténine.

Les mutations de DDX3X sont considérées causales de déficit intellectuel et ont des conséquences sur la voie de signalisation Wnt différentes selon le sexe.

Récemment, le séquençage de l’exome de neuroblastomes a mis en évidence l’implication de plusieurs voies de signalisation dont Wnt. Si de nombreuses mutations somatiques tumorales de DDX3X sont déjà décrites, la revue de la littérature concernant la survenue de pathologies tumorales chez les patients porteurs de mutations constitutionnelles de DDX3X ne retrouve pas pour l’instant de précédent. L’antécédent de neuroblastome chez la patiente 2 pose la question de l’existence d’une prédisposition tumorale chez les patients présentant une mutation de DDX3X.

Christine COUBES, Christine COUBES (MONTPELLIER), Marjolaine WILLEMS, Yannis DUFFOURD, David GENEVIÈVE, Laurence FAIVRE, Julien THEVENON, Paul KUENTZ
00:00 - 00:00 #12838 - P032 P03 RNA éditing : implication au cours du développement de la crête neurale chez la souris.
P03 RNA éditing : implication au cours du développement de la crête neurale chez la souris.

Les cellules de la crête neurale se caractérisent par leur capacité de migration dans l’embryon et la variété des types cellulaires qu’elles sont capables de générer (dont les mélanocytes, le système nerveux entérique et périphérique). Chez l’homme, plusieurs maladies congénitales affectant des organes et tissus divers ont pour origine une anomalie de migration, survie, prolifération et/ou différenciation de ces cellules. L’étude des bases moléculaires de ces pathologies ainsi que l’analyse de différents modèles animaux ont conduit à l'identification de plusieurs gènes considérés comme des acteurs majeurs au cours du développement de la crête neurale. Le rôle des modifications épigénétiques et post-transcriptionnelles a aussi été récemment mis en évidence, mais leurs contributions aux troubles associés chez l’homme et chez la souris sont encore limitées. Nous avons étudié le rôle d’une des modifications post-transcriptionnelles les plus répandues : la modification d’adénosine en Inosine au niveau des ARNs, au cours du développement de la crête neurale. Médiée par les enzymes de la famille ADAR (adenosine deaminase acting on RNA), cette modification peut, en fonction de la localisation des séquences concernées, entraîner des substitutions d’acide aminés, moduler l'épissage, provoquer la dégradation des ARNs, induire une dérégulation de la transcription ou encore une rétention des ARNs dans le noyau et moduler le processing des miRNA. Des mutations d’ADAR1 sont responsables d’un certain nombre de cas de syndrome d’Aicardi-Goutières et de dyschromatose symétrique héréditaire. Afin de tester le rôle de cette modification post-transcriptionelle au cours du développement des cellules de la crête neurale, nous avons généré un modèle murin dans lequel Adar1 a été spécifiquement invalidé dans les cellules d’intérêt grâce à l’utilisation du système Cre/loxP et les lignées Wnt1/HtPA – cre.

Les mutants Adar1 issus de ces croisements présentent une mortalité post-natale précoce accompagnée d’anomalies de myélinisation majeures du nerf sciatique et une quasi-absence de pigmentation. La réalisation de qRT-PCR et immunomarquages nous a permis de mettre en évidence un défaut de différenciation des mélanocytes et des cellules de Schwann (traduit par une absence de nombreux marqueurs de différenciation plus ou moins tardifs). Une combinaison de techniques incluant immunohistochimie et analyse transcriptomique, est en cours afin de déterminer le timing et l’origine moléculaire de ces anomalies ainsi que les conséquences sur le développement d’autres dérivés de la crête neurale.

A terme, l’observation des conséquences d’une dérégulation de ce mécanisme aidera à comprendre son rôle au cours du développement des cellules de la crête neurale en condition normale et pathologique, bénéficiant ainsi à la recherche fondamentale et à la recherche médicale.

Nadjet GACEM (Paris), Anthula KAVO, Laurence RICHARD, Véronique PINGAULT, Jean Michel VALLAT, Nadège BONDURAND
00:00 - 00:00 #12847 - P033 Atteintes neurologiques centrales et périphériques inhabituelles associées à des mutations faux-sens de SOX10: évaluation clinique et conséquences fonctionnelles.
P033 Atteintes neurologiques centrales et périphériques inhabituelles associées à des mutations faux-sens de SOX10: évaluation clinique et conséquences fonctionnelles.

Le syndrome de Waardenburg (WS) est une neurocristopathie rare caractérisée par l’association d’anomalies pigmentaires (peau, iris, cheveux) et d’une surdité. Quatre types sont décrits sur des bases cliniques, et sept gènes impliqués à l’heure actuelle. Des mutations de SOX10 ont été décrites dans les types 2 et 4 (i.e., sans ou avec maladie de Hirschsprung), ainsi que dans des formes complexes à composante neurologique (PCWH ou PCW). Ce spectre phénotypique est largement expliqué par le rôle central de SOX10 au cours du développement de trois lignages dérivés de la crête neurale (mélanocytes, système nerveux entérique et cellules de Schwann) et des oligodendrocytes. Excepté pour les formes neurologiques de la maladie liées à des mutations non-sens, aucune corrélation génotype-phénotype n’est établie.

Nous avons mis en évidence différentes mutations faux-sens affectant le codon 175 de SOX10 chez 6 patients (2 cas sporadiques et une forme familiale) présentant, en plus des signes classiques du WS2, une atteinte neurologique inhabituelle, sévère et progressive.

Les 6 patients présentent une neuropathie périphérique avec une perte progressive de la marche et des anomalies de la substance blanche objectivées à l’IRM cérébrale. Pour l’une d’entre eux, l’atteinte neurologique est survenue à l’âge adulte avec une atteinte des nerfs auditifs, une ataxie, une perte rapide de l’autonomie et une démence avec atrophie cérébrale. Trois patients présentent des troubles du comportement importants ou une pathologie psychiatrique.

Afin de comprendre l’effet délétère de ces mutations, leurs conséquences ont été évaluées in vitro et à l’aide du système iPS. In vitro, la surexpression de chacune d’entre elles induit une relocalisation des protéines résultantes dans des structures subnucléaires contenant d’autres protéines dont p54NRB, marqueur connu des paraspeckles et cofacteur de SOX10. Lorsque la protéine sauvage est co-transfectée avec chacun des mutants un effet dominant négatif a été observé, qui pourraient être à l’origine du phénotype particulier observé chez les patients concernés. La dérivation de clones iPS pour l’un de ces patients et leur différenciation en cellules dérivées de la crête neurale et en neurones est en cours et devrait permettre de comprendre les conséquences de cette mutation sur les processus de différenciation.

L’ensemble de nos données cliniques et cellulaires sont donc en faveur d’une relation génotype/phénotype de certaines mutations faux-sens de SOX10, améliorant les connaissances physiopathologiques, le suivi des patients et le conseil génétique.

Sandrine MARLIN (PARIS), Manoubia SAIDANI, Nadjet GACEM, Nathalie LOUNDON, Florence PETIT, Nathalie BODAERT, Isabelle AUDO, Nathalie LEFORT, Stanislas LYONNET, Christine BALDESCHI, Veronique PINGAULT, Nadege BONDURAND
00:00 - 00:00 #12867 - P034 Caractérisation clinique et moléculaire de 15 nouveaux patients et revue de la littérature soutenant le rôle du gène TBR1 dans les troubles du spectre autistique.
P034 Caractérisation clinique et moléculaire de 15 nouveaux patients et revue de la littérature soutenant le rôle du gène TBR1 dans les troubles du spectre autistique.

Le gène TBR1 code pour un facteur de transcription de la famille T-box et est principalement exprimé dans le cortex cérébral. Il joue un rôle essentiel dans la différenciation des neurones néocorticaux, la migration neuronale et la projection axonale au cours du développement embryonnaire. TBR1 régule plusieurs gènes candidats dans les troubles du spectre autistique (TSA), tels que GRIN2B, CASK, AUTS2 et RELN. Le séquençage d'exome et la méthode des sondes moléculaires inversées (MIPs) ont identifié 9 variations pathogènes dans le gène TBR1 chez 9 patients non apparentés issus d’une large cohorte de 3577 patients avec TSA. Dans la littérature, seul un patient porteur d’une délétion 2q24.2 comprenant uniquement TBR1, a été décrit de manière détaillée sur le plan clinique. Il présentait une déficience intellectuelle (DI), des troubles du comportement, un retard de croissance, une dysmorphie faciale légère, un pectus excavatum et des mains longues. TBR1 a donc été rapporté comme un gène fort de susceptibilité à la DI et aux TSA. Cependant, des descriptions phénotypiques fines manquent et TBR1 n'est toujours pas considéré comme un gène responsable de pathologie humaine dans la base de données OMIM.

Dans cette étude, nous rapportons la caractérisation clinique de 15 patients (9 garçons / 6 filles) non apparentés, porteurs de variants de novo du gène TBR1, recrutés grâce à une forte collaboration nationale et au partage international de données (PhenomeCentral/GeneMatcher). Les résultats cliniques et moléculaires ont été confrontés à une revue de la littérature. Au total, parmi les 29 patients, âgés de 3 à 29 ans, 27 présentaient une DI modérée à sévère, associée à des traits autistiques pour 20 d’entre eux. 24/29 patients avaient un retard de langage modéré à profond et 19/29 présentaient des troubles du comportement. Les signes neurologiques incluaient une hypotonie (12/29), des mouvements anormaux à type de dystonie, chorée et tremblements (6/29) et des crises convulsives (3/29). La moitié des patients présentaient des traits dysmorphiques (15/29) sans qu’un phénotype spécifique puisse être identifié. Un peu moins de la moitié des patients présentaient des anomalies squelettiques hétérogènes (14/29) et une petite taille (12/29). Des difficultés alimentaires sévères et une constipation modérée à sévère ont été rapportées chez 7 cas sur 29. Les variations pathogènes du gène TBR1 incluaient 13 tronquants et 7 faux-sens, toutes situées dans des domaines protéiques fonctionnels, ainsi que 8 délétions allant de 122kb à 12.3Mb.

Grâce au partage de données et au phénotypage inverse, nous présentons içi une description phénotypique détaillée de 15 patients porteurs de variations TBR1 de novo, confrontée aux données de la littérature. Ce travail confirme l’implication de ce gène dans la DI et les TSA syndromiques, qui devrait être considéré comme un gène de pathologie humaine et décrit comme tel dans la base de données OMIM.

Sophie NAMBOT (DIJON), Alice MASUREL-PAULET, Julien THEVENON , Ange-Line BRUEL, Anne-Laure MOSCA-BOIDRON, Cyril MIGNOT, Sandra CHANTOT-BASTARAUD, Julia METREAU, Thierry BIENVENU, Massimiliano ROSSI, Amélie PITON, Florence PETIT, Nathalie LEMEUR, Valerie LAYET, Daniel AMRAM, Elizabeth BHOJ, Dong LI, Megan CHO, Elise FIALA, Dorothy GRANGE, Wendy MESCHINO, Susan HIATT, Hilde OLIVIER, Thibaud JOUAN, Frederic TRAN MAU-THEM, Christophe PHILIPPE, Yannis DUFFOURD, Emilie TISSERANT, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET
00:00 - 00:00 #12868 - P035 Intérêt majeur d’une ré-analyse annuelle prospective des données brutes de séquençage haut débit d’exome pour le diagnostic des maladies rares avec anomalies du développement et/ou déficience intellectuelle.
P035 Intérêt majeur d’une ré-analyse annuelle prospective des données brutes de séquençage haut débit d’exome pour le diagnostic des maladies rares avec anomalies du développement et/ou déficience intellectuelle.

Les anomalies du développement et la déficience intellectuelle (AD/DI) constituent un défi diagnostique majeur en génétique médicale. La démarche diagnostique traditionnelle n’aboutit à l’identification d’une cause génétique que chez 50% des patients. Contrairement aux approches ciblées, le séquençage haut débit d’exome (WES) permet une analyse diagnostique non restreinte aux hypothèses cliniques et une ré-analyse séquentielle des données.

Afin d’améliorer le diagnostic moléculaire des patients atteints d’AD/DI, nous avons implanté dès 2013 le WES dans notre pratique clinique (interprétation restreinte aux gènes responsables de pathologie humaine dans la base OMIM). De juin 2013 à juin 2016, le WES a ainsi été effectué en solo chez 416 patients avec AD/DI, posant un diagnostic positif d’emblée chez 104 patients (25%). Parmi les 312 patients sans diagnostic (résultats négatif ou incertain), les données brutes de 282 patients ont été ré-analysées et réinterprétées annuellement. Ces ré-analyses étaient effectuées après mise à jour du pipeline bioinformatique et à la lumière des nouvelles données dans la base OMIM. Nous avons obtenu 8,5% de diagnostics supplémentaires (24 patients) : 15 liés au référencement du gène causal dans la base OMIM au cours des 12 mois précédant la ré-analyse, 5 VOUS reclassés, 2 variants OMIM déjà connus lors de l’analyse initiale, et 2 CNV détectés après extension récente du pipeline à l’identification de CNV. A ce jour, le taux diagnostique positif global est de 31%, alors qu’il était de 22% à l’issue de l’analyse initiale en 2014. Cette augmentation est à mettre en relation avec la croissance exponentielle du nombre de gènes identifiés comme responsables d’AD/DI ces dernières années. Si une analyse recherche des données étendue aux gènes non OMIM est associée à la ré-analyse diagnostique stricte, le taux global de résultats positifs atteint 36,3%. Cette ré-analyse recherche nécessite un partage international de données intensif pour la validation de gènes candidats.

Ces résultats confirment la faisabilité et l’intérêt du WES en solo pour le diagnostic moléculaire des AD/DI. Ils démontrent tout particulièrement l'efficacité d’une ré-analyse bioinformatique et d’une ré-interprétation annuelle des données brutes issues du WES. Cependant, bien que cette démarche n’entraîne pas de surcoût de séquençage, elle s’avère coûteuse en temps humain. En l’absence d’une valorisation spécifique de cette ré-analyse pour les laboratoires de diagnostic, il apparaît difficile de la rendre systématique. Cependant, la possibilité d’une ré-analyse devrait être proposée à chaque rendu de résultat diagnostique négatif et réalisée à la demande des patients (ou du prescripteur). De même, une analyse en trio devrait être réalisée avant d’envisager d’autres approches « omics », tel qu’un séquençage haut débit de génome, afin de poursuivre l’exploration des régions codantes, qui ont encore beaucoup de secrets à livrer. 

Sophie NAMBOT (DIJON), Julien THEVENON , Paul KUENTZ, Ange-Line BRUEL, Yannis DUFFOURD, Emilie TISSERANT, Anne-Laure MOSCA-BOIDRON, Alice MASUREL-PAULET, Daphne LEHALLE, Nolwenn JEAN-MARÇAIS, Mathilde LEFEBVRE, Pierre VABRES, Salima EL CHEHADEH-DJEBBAR, Judith ST-ONGE, Thibaud JOUAN, Martin CHEVARIN, Charlotte POÉ, Virginie CARMIGNAC, Jean-Baptiste RIVIERE, Patrick CALLIER, Antonio VITOBELLO, Frederic TRAN MAU-THEM, Christophe PHILIPPE, Laurence FAIVRE, Christel THAUVIN-ROBINET
00:00 - 00:00 #12869 - P036 Les variants tronquants du gène DLG4 sont responsables de déficience intellectuelle associé à un habitus marfanoïde et des troubles visuels.
P036 Les variants tronquants du gène DLG4 sont responsables de déficience intellectuelle associé à un habitus marfanoïde et des troubles visuels.

L’association d’un syndrome marfanoïde et d’une déficience intellectuelle (DI) représente un groupe hétérogène de maladies génétiques chevauchantes. Dans à peine 20% des cas, le diagnostic moléculaire est posé grâce à l’identification de microremaniements chromosomiques par CGH array et/ou d’une mutation dans un gène connu pour causer le syndrome de Marfan. Différents gènes connus pour être associés à la DI ont été occasionnellement impliqués chez des patients présentant un habitus marfanoïde. Afin d’approfondir les bases moléculaires responsables de cette présentation clinique, nous avons recruté 64 patients dont 33 ont bénéficié d’un séquençage d’exome en trio et 31 ont été explorés par exome solo. Dans environ la moitié des cas, un diagnostic moléculaire a pu être obtenu dans un gène connu de DI.

En partant du principe qu’un grand nombre de gènes impliqués dans la DI sont intolérants aux variants perte de fonction, des filtres bioinformatiques additionnels ont été appliqués pour sélectionner des gènes dont la pLI est supérieure à 0.9 et pour lesquels un variant tronquant a été identifié chez au moins 2 patients de la cohorte. Cinq gènes ont été filtrés. Le gène DLG4 a été retenu du fait des données bibliographiques et bioinformatiques très en faveur de son implication dans le phénotype exploré. En effet, 3 patients ont été identifiés comme porteurs de variants tronquants de novo absents des bases de données (2 frameshifts et un situé au niveau d'un site consensus d’épissage). Les patients avaient entre 23 et 35 ans et présentaient une DI légère à modérée, des signes marfanoïdes dont un visage long, un palais ogival, une dolichosténomélie, des doigts longs et fins, un pectus excavatum et une scoliose. Un patient présentait un nystagmus et les 2 autres un strabisme. Les études des ARN sur sang total ont montré une haploinsuffisance pour les frameshifts et un épissage aberrant conduisant à un codon stop prématuré pour le variant d’épissage.

Le gene DLG4 code pour la protéine PSD-95, exprimée dans différents tissus dont le cerveau. Au niveau des neurones, PSD-95 est localisée à la densité post-synaptique associée à la signalisation des récepteurs NMDA. Cette protéine pourrait également participer dans la maturation synaptique glutamatergique. La déplétion en protéine DLG4 changerait le ratio excitation/inhibition des synapses hippocampiques. Des variants tronquants du gène DLG4 ont été trouvés enrichis dans une cohorte de 820 exomes trio de patients atteints de DI et/ou troubles neurodéveloppementaux en comparaison à des contrôles; deux patients présentaient un déficit visuel.

Au total, nous décrivons 3 nouveaux patients porteurs de variants tronquants du gène DLG4, ce qui permet de confirmer son implication dans la DI et très probablement l’habitus marfanoide, compte tenu de la représentation très élevée de ce gène dans notre cohorte.

Sébastien MOUTTON, Ange-Line BRUEL (DIJON), Mirna ASSOUM, Martin CHEVARIN, Elisabeth SARRAZIN, Cyril GOIZET, Anne-Marie GUERROT, Aude CHAROLLAIS, Perrine CHARLES, Delphine HÉRON, Jean-François DELEUZE, Nada HOUCINAT, Antonio VITOBELLO, Frédéric TRAN-MAU-THEM, Christophe PHILIPPE, Yannis DUFFOURD, Christel THAUVIN-ROBINET, Laurence FAIVRE
00:00 - 00:00 #12876 - P037 Des mutations de KIAA1109 sont responsables d’un nouveau syndrome associant une arthrogrypose avec des anomalies du développement du cerveau.
P037 Des mutations de KIAA1109 sont responsables d’un nouveau syndrome associant une arthrogrypose avec des anomalies du développement du cerveau.

Nous décrivons un nouveau syndrome à transmission autosomique récessive et associant des anomalies cérébrales à de multiples rétractions tendineuses.

Nous avons identifié des mutations sur les deux allèles du gène KIAA1109 chez 13 individus appartenant à 11 familles non apparentées et présentant des symptômes similaires. Ils montrent d’importantes anomalies cérébrales, notamment un sous développement du parenchyme cérébral, une ventriculomégalie sévère à modérée et une hypoplasie cérébelleuse, ainsi que des pieds bots et une arthrogrypose généralisée. Les autres symptômes fréquemment rencontrés incluent la microphtalmie, la cataracte et des anomalies cardiaques. Les cas les plus sévères ne sont pas viables et portent des variants perte-de-fonction, alors que les individus modérément atteints ont des mutations faux-sens. Ces derniers patients présentent un retard de développement sévère, une syndactylie des 2ème et 3ème doigts et une importante hypotonie musculaire résultant en une incapacité à se tenir debout sans support.

La protéine KIAA1109, longue de 5005 acides amines, a été conservée au cours de l’évolution et elle interagit avec d’autres protéines associées au retard mental ou impliquées dans la régulation du cycle cellulaire. Le knock-down de l’orthologue de KIAA1109 chez le zebrafish produit des embryons présentant une hydrocéphalie et une courbure anormale ce qui est cohérent avec un rôle causal des mutations hypomorphes du gène KIAA1109 dans ce nouveau syndrome. De manière analogue, les knockouts des orthologues de KIAA1109 de la drosophile et de la souris résultent en des létalités embryonnaires réminiscentes de celle observée chez les patients portant des mutations perte-de-fonction. Nous suggérons d’appeler ce nouveau syndrome ‘Alkuraya-Kučinskas syndrome’ puisque ces deux cliniciens sont les premiers à avoir décrit des patients des deux extrêmes du spectre phénotypique de cette pathologie.

Lucie GUENEAU (Lausanne, Suisse), Richard FISH, Hanan E SHAMSELDIN, Norine VOISIN, Frédéric TRAN MAU-THEM, Egle PREIKSAITIENE, Glen R MONROE, Angeline LAI, Audrey PUTOUX, Qamariya AMBOSAIDI, Laima AMBROZAITYTE, Nicolas GUEX, Mais HASHEM, Wesam KURDI, Sylvain PRADERVAND, Bernd ROECHERT, Peter M. VAN HASSELT, Michael WIEDERKEHR, Caroline F. WRIGHT, Ioannis XENARIOS, Gijs W. VAN HAAFTEN, Charles SHAW-SMITH, Erica M. SCHINDEWOLF, Marguerite NEERMAN-ARBEZ, Damien SANLAVILLE, Gaetan LESCA, Bruno REVERSADE, Jamel CHELLY, Laurent GUIBAUD, Vaidutis KUCINSKAS, Fowzan S ALKURAYA, Alexandre REYMOND
00:00 - 00:00 #12888 - P038 Implication du gène TLE1 dans un cas de microcéphalie postnatale progressive associée à atrophie corticale.
P038 Implication du gène TLE1 dans un cas de microcéphalie postnatale progressive associée à atrophie corticale.

La microcéphalie postnatale est caractérisée par une décélération de la croissance postnatale du périmètre crânien supérieure à 3 écarts types (SD) au-dessous de la moyenne. Parmi les rares causes de microcéphalie postnatale, les mutations dans FOXG1 sont responsables de microcéphalie sévère associées à un syndrome particulier, comportant une dysgénésie du corps calleux, une dystonie généralisées et des stéréotypies.

Dans le cadre de notre programme de recherche sur les anomalies du développement cérébral, nous avons séquencé l’exome complet en trio d'une patiente issue d’une famille consanguine qui présentait une microcéphalie postnatale progressive extrême (-6SD) associée à une encéphalopathie non épileptique sévère. À la dernière évaluation clinique, à l’âge de 3 ans, l’enfant montrait un retard du développement  sévère : pas de tenue de la tête ni acquisition de la position assise, pas de fixation du regard, pas d'utilisation fonctionnelle des mains et pas de langage. Les IRM ont montré une atrophie corticale évolutive, avec une leucoencéphalopathie progressive et une hypoplasie du corps calleux.

L'analyse des données d’exome a permis l'identification d'une substitution conduisant à une variation homozygote du gène TLE1 (p.Asp551Asn) jamais décrite en pathologie humaine. Les prédictions bioinformatiques suggèrent que cet acide aminé muté est fortement conservé à travers les différentes espèces et que la variation provoque un changement de la protéine conduisant à un changement de structure. Des études fonctionnelles sur les fibroblastes de la patiente montrent une diminution significative de l’index de prolifération et mitotique qui sont compatibles avec la microcéphalie extrême de la patiente.

TLE1 est un co-represseur transcriptionnel très fortement exprimé dans Le cerveau en développement, au cours duquel, il participe à la régulation de la survie neuronale post-mitotique. TLE1 dépend de manière critique de son interaction avec FoxG1, connu pour son implication dans la balance prolifération -différenciation neuronale. Nos données préliminaires suggèrent un rôle crucial du gène TLE1 dans le développement du cerveau d'une patiente présentant un syndrome avec des signes très fréquents chez les patients atteints du syndrome FOXG1.

Nous rapportons donc le premier cas de mutation TLE1 dans un syndrome  « FOXG1-like » associé à un défaut de prolifération au niveau des fibroblastes, ce  qui suggère que le phénotype observé est en lien avec un défaut de prolifération des progéniteurs. Des études supplémentaires sont en cours pour mieux définir l’implication de TLE1 dans la maladie.

Camille MAILLARD (PARIS), Mara CAVALLIN, Marion PHILBERT, Marie HULLY, Nathalie BODDAERT, Patrick NITSCHKÉ, Nadia BAHI-BUISSON
00:00 - 00:00 #12890 - P039 Anorexie mentale et variants génétiques rares.
P039 Anorexie mentale et variants génétiques rares.

L’anorexie mentale (AN) est un trouble multifactoriel sévère du comportement alimentaire. L’AN apparaît dès l’adolescence et affecte essentiellement les jeunes femmes. Sa prévalence vie entière est estimée à 0,5%. Il n’y a pas de traitement médicamenteux efficace contre l’AN et seulement un tiers des patients évoluent vers la rémission avec une prise en charge sur plusieurs années. Le taux de mortalité chez les patients et de 10%, essentiellement dû à la dénutrition ou au suicide (taux le plus élevé de tous les troubles psychiatriques). L’AN présente une forte composante génétique avec une héritabilité autour de 0,7 et une forme familiale à transmission dominante. Les gènes codant les récepteurs impliqués dans la faim et la satiété ainsi que la voie œstrogénique sont impliqués dans la régulation de la prise alimentaire et les comportements alimentaires. Plusieurs études génétiques dans l’AN suggèrent des associations génétiques avec des variants de ces gènes.

Dans notre étude, nous recherchons à identifier par séquençage des variants, mutations et de nouveaux polymorphismes (Single Nucleotide Variants SNVs ou polymorphisms SNPs) spécifiquement associés à l’AN dans ces gènes candidats.

Notre méthodologie a été de réaliser le séquençage à haut débit, dans les 2 sens avec une profondeur de lecture x70, des exons caractérisés des gènes des récepteurs à la ghréline (GHSR) et aux œstrogènes ESR1 et ESR2, chez 300 patients AN et 600 contrôles.

Nos résultats de séquençage nous ont permis d’identifier plusieurs SNP et SNV. Leur spécificité et leur impact pathogénique dans l’AN sont en cours de validation, notamment par la caractérisation de mutations de novo et la ségrégation de ces polymorphismes dans nos familles de patientes AN.

Julia CLARKE, Philip GORWOOD, Nicolas RAMOZ (PARIS)
00:00 - 00:00 #12906 - P040 TANC2 : un nouveau gène responsable de troubles neuro développementaux ?
P040 TANC2 : un nouveau gène responsable de troubles neuro développementaux ?

Des études d’exome de larges cohortes de patients avec phénotype caractérisé ont fortement contribué à l'identification de gènes candidats dans les troubles neuro développementaux (TND) et à la caractérisation de nouveaux syndromes avec déficience intellectuelle (DI). Plusieurs de ces gènes codent pour des protéines d’échaffaudage jouant un rôle critique dans la neurotransmission glutamatérgique, organisant la composition post-synaptique des complexes de récepteur glutamate et jouant un rôle clé au niveau des synapses ainsi que sur la plasticité neuronale. Parmi ceux-ci, le gène TANC2 (Tetratricopeptide repeat-, Ankyrin repeat-, and coiled-coil-containing protein 2, OMIM 615047) est un possible gène candidat de TND avec des variations faux sens identifiées dans le spectre phénotypique des TND à savoir DI isolée, trouble du spectre autistique et schizophrénie. Récemment, l'analyse in silico de la famille de protéines TANC a conduit à préciser leurs interactions et à comprendre les conséquences neurobiologiques possibles de leur perturbation. Nous rapportons un frère et une sœur présentant tous les deux un syndrome de Rett atypique et porteurs de la même délétion intragénique de TANC2, identifiée par CGHarray, non retrouvées chez les parents asymptomatiques. Par ailleurs, l'étude moléculaire des gènes impliqués dans les encéphalopathies épileptiques est négatives dans la limite des techniques utilisées. Cette observation évoque un mosaïscisme germinal parental et la possible implication de TANC2 dans le phénotype observé. L’analyse des transcrits dans le sang périphérique chez les deux patients comparés aux parents a permis d’identifier un transcrit mutant emportant les exons 2 à 7 de TANC2, avec des études in silico indiquant une protéine tronquée de 290 acides aminés sans décalage du cadre de lecture. D’autre part, l’étude d’expression du transcrit TANC2 indique une double expression avec contribution non altérée du transcrit sauvage chez ces 2 patients. Le mécanisme suggéré est une perte de fonction par effet dominant négatif. L’ensemble de ces éléments est en faveur de l’implication du gène TANC2 dans les TND.

Cindy COLSON (Caen), Manon GODIN, Mathhieu DECAMP, Arnaud MOLIN, Joris ANDRIEUX, Herve MITRE, Bernard GUILLOIS, Marion GÉRARD, Nicolas RICHARD
00:00 - 00:00 #12907 - P041 Les mutations bialléliques du gène MPDZ entrainent une hydrocéphalie congénitale avec malformations épendymaires multiples.
P041 Les mutations bialléliques du gène MPDZ entrainent une hydrocéphalie congénitale avec malformations épendymaires multiples.

Les hydrocéphalies congénitales qui affectent un nouveau-né sur 2000 environ, ont une cause développementale dans près de la moitié des cas. On distingue les hydrocéphalies syndromiques des hydrocéphalies non syndromiques, sans anomalie extra-cérébrale associée. Dans ce dernier groupe, seuls trois gènes ont été impliqués à ce jour,  L1CAM, MPDZ et CCDC88C. Les mutations du gène L1CAM qui sont responsables de l’hydrocéphalie avec sténose de l’aqueduc de Sylvius, transmise sur le mode récessif liée à l’X, représentent l'étiologie la plus fréquente. Plus récemment, des mutations bialléliques des gènes CCDC88C et MPDZ ont été identifiées dans des formes d’hydrocéphalie avec déficience intellectuelle ségrégant selon un mode de transmission autosomique récessif. La nature des lésions et le mécanisme de l’hydrocéphalie restent à préciser.

Nous décrivons 3 nouvelles variations homozygotes tronquantes du gène MPDZ chez 5 fœtus appartenant à 3 familles. Après l’identification d’une 1ère variation homozygote par panel NGS hydrocéphalie et analyse du phénotype correspondant, nous avons criblé le gène MPDZ dans une série de 10 fœtus présentant une hydrocéphalie avec atrésie de l’aqueduc de Sylvius, conduisant à l’identification de 2 autres variations homozygotes. L'examen neuropathologique de ces 5 fœtus a révélé un phénotype homogène caractérisé par (i) une dilatation des ventricules latéraux avec atrésie des 3ème et 4ème ventricules, (ii) une agénésie de l’organe sous commissural, (iii) des défauts épendymaires avec dénudation et (iv) des lésions péri-épendymaires étagées avec rosettes et amas de cellules ayant un immunophénotype de cellules épendymaires non différenciées (Nestine positives ; GFAP et CD56 négatives).

Le système ventriculaire est tapissé de cellules épendymaires qui dérivent des cellules gliales radiaires. Ces cellules épendymaires sont des cellules polarisées reliées entre elles par des jonctions serrées (tight junctions ; TJ) qui forment une barrière entre le parenchyme et les ventricules. La protéine MPDZ est fortement exprimée dans le cerveau dès le stade embryonnaire, notamment au niveau de l’épendyme et des plexus choroïdes impliqués dans la sécrétion du liquide céphalorachidien. Elle joue un rôle dans la structure des TJ. Plusieurs modèles murins de protéines de jonction intercellulaire présentent une dénudation de l’épendyme. De plus, la souris Mpdz-/- présente une dénudation précoce de l’épendyme et une astrogliose responsable de l’obstruction de l’aqueduc de Sylvius. Ainsi, les variations du gène MPDZ sont responsables d’un phénotype spécifique, caractérisé par des lésions épendymaires étagées tout le long du système ventriculaire. L’altération des TJ conduit à une désorganisation de l’épendyme avec formation de rosettes, à la dénudation de l’épendyme avec hypoplasie de l’organe sous-commissural et à la présence d’amas de cellules épendymaires non différenciées dans le parenchyme. 

Francois LECOQUIERRE (Rouen), Pascale SAUGIER-VEBER, Florent MARGUET, Homa ADLE-BIASSETTE, Fabien GUIMIOT, Sara CIPRIANI, Sophie PATRIER, Marie BRASSEUR-DAUDRUY, Alice GOLDENBERG, Valérie LAYET, Yline CAPRI, Thierry FRÉBOURG, Annie LAQUERRIÈRE
00:00 - 00:00 #12924 - P042 Etude fonctionnelle du CNV 4p16.1 associé à des défauts cranio-faciaux et neuro-anatomiques.
P042 Etude fonctionnelle du CNV 4p16.1 associé à des défauts cranio-faciaux et neuro-anatomiques.

Les Variations du Nombre de Copies (copy number variants ou CNVs) sont des lésions fréquentes impliquées, à la fois, dans des maladies rares et complexes. Nous avons précédemment montré que la modélisation de phénotypes anatomiques chez l’embryon de poisson-zèbre permet d’identifier les gènes majeurs responsables des phénotypes associés aux CNVs.

Nous avons réalisé une analyse fonctionnelle des cinq gènes présents dans un CNV sur la bande chromosomique 4p16.1. Grâce à la présence de données cliniques d’individus portant ce CNV dans les bases de données Decipher et AChro-Puce, nous avons déterminé que la délétion est associée à une micrognathie (réduction de la taille de la mâchoire) et à une microcéphalie tandis que la duplication est associée avec une macrocéphalie et des anomalies faciales. Nous avons donc utilisé l’embryon de poisson zèbre comme modèle animal pour déterminer la contribution de chacun de ces gènes au développement de la face et du cerveau.

Afin de modéliser la duplication, nous avons surexprimé chacun des cinq transcrits humains dans des embryons de poisson-zèbre. Nous avons identifié plusieurs gènes majeurs pour les deux phénotypes testés. D’une part, la surexpression de SLC2A9 ou de ZNF518B est suffisante pour provoquer une macrocéphalie mais n’induit pas de défauts cranio-faciaux. D’autre part, la surexpression de CLNK et WDR1 induit une macrognathie et une malformation du cartilage de Meckel respectivement. Nous avons ensuite modélisé la délétion en introduisant des délétions dans les gènes orthologues de WDR1 et CLNK grâce à la technologie CRISPR/Cas9. Nous avons pu exclure le gène clnk car seule la suppression de Wdr1 induit une micrognathie, phénotype attendu d’après les données cliniques des individus porteur de la délétion 4p16.1. Ces données fonctionnelles suggèrent que le gène WDR1 est impliqué dans les phénotypes cranio-faciaux pour ce CNV. Pour les défauts neuro-anatomiques, des expériences complémentaires sont en cours pour déterminer si la suppression de SLC2A9 et/ou ZNF518B induit une microcéphalie et s’il existe des interactions géniques entre les gènes majeurs, WDR1, SLC2A9 et ZNF518B.

Gaëlle HAYOT (STRASBOURG), Camille BONNET, Nicholas KATSANIS, Christelle GOLZIO
00:00 - 00:00 #12927 - P043 Déficience intellectuelle causée par des mutations de novo des gènes de protéines kinases CAMK2A et CAMK2B.
P043 Déficience intellectuelle causée par des mutations de novo des gènes de protéines kinases CAMK2A et CAMK2B.

Les isoformes alpha et beta de la protéine kinase II calcium-calmoduline dépendante (CAMK2) jouent un rôle clé dans la fonction neuronale. Bien que CAMK2 ait été l'une des premières protéines dont la fonction essentielle à l'apprentissage normal et à la plasticité synaptique a été révélée chez la souris, son importance dans le développement du cerveau humain n’a pas encore été bien démontrée. Grâce à une étude collaborative multicentrique basée sur le séquençage d’exomes complets, nous avons identifié 19 variants de novo CAMK2A et CAMK2B rarissimes chez 24 individus non apparentés ayant une déficience intellectuelle. En évaluant l'effet de ces variants sur la fonction kinase de CAMK2 et sur la migration neuronale, nous avons montré qu’ils diminuaient ou augmentaient le phénomène d’auto-phosphorylation du site Thr286/Thr287 de CAMK2. Nous avons également constaté que toutes les mutations affectant l'auto-phosphorylation perturbaient également la migration neuronale, soulignant par là même l'importance de l’auto-phosphorylation finement régulée de CAMK2 dans la fonction neuronale et le développement neurologique. Nos données établissent l'importance de CAMK2A et CAMK2B et de leur auto-phosphorylation dans la fonction cérébrale humaine. Elles élargissent le spectre phénotypique des troubles causés par des variants d’acteurs principaux de la voie de signalisation glutamatergique.

Sébastien KÜRY (NANTES), Geeske M. VAN WOERDEN, Thomas BESNARD, Megan T. CHO, Stephan SANDERS, Holly A. F. STESSMAN, Elizabeth A. SELLARS, Jonathan BERG, Jeff .l. WAUGH, Laurie. A. ROBAK, Jonathan A. BERNSTEIN, Matthew DEARDORFF, George E. HOGANSON, Diana S. JOHNSON, Tabib DABIR, Ajoy SARKAR, Gaëtan LESCA, Paulien A. TERHAL, Trine E. PRESCOTT, Dorothy K. GRANGE, Arie VAN HAERINGEN, Martin GRANZOW, Nienke E. VERBEEK, Wen-Hann TAN, Ute MOOG, Christina LAM, Ghayda MIRZAA, Katherine L. HELBIG, Jill A. ROSENFELD, Pankaj B. AGRAWAL, - CAMK2A/B CONSORTIUM, Sylvie ODENT, Ype ELGERSMA, Stéphane BEZIEAU, Sandra MERCIER
00:00 - 00:00 #12928 - P044 Etude d’une cohorte de 18 fœtus microcéphales : identification d’un nouveau gène candidat, FAF1.
P044 Etude d’une cohorte de 18 fœtus microcéphales : identification d’un nouveau gène candidat, FAF1.

Les malformations congénitales touchent environ 2.5% des naissances vivantes. Parmi celles-ci, la microcéphalie est la 3ème anomalie cérébrale congénitale la plus fréquente. Les étiologies génétiques des microcéphalies sont de plus en plus décrites aussi bien au niveau moléculaire (SNV) que cytogénétique (CNV).

Dans le cadre d’un PHRC national sur l’étude par ACPA de fœtus porteur d’une malformation cérébrale dans un cadre syndromique, nous avons identifié un fœtus présentant une duplication 1p32.2 de 494 kb tronquant l’extrémité C-terminale du gène FAF1 et incluant le gène CDKN2C. L’examen neuro-foeto-pathologique de ce fœtus interrompu à 27 semaines d’aménorrhée a identifié une microcéphalie avec retard de la giration, des anomalies des circonvolutions hippocampiques, une agénésie du corps calleux et une dysmorphie faciale.

Le gène CDKN2C code pour un inhibiteur des kinases cyclines-dépendantes p18-INK4C. L’expression de cette protéine dans le cortex cérébral fœtal n’est pas spécifiquement rapportée. En revanche, la protéine FAF1 est un enhancer de l’apoptose indispensable au développement embryonnaire et dont une expression forte et précoce a été démontrée au cours du développement des hémisphères télencéphaliques chez la souris. Nous avons émis l’hypothèse que la duplication partielle du gène FAF1 chez le fœtus aboutissait à l’expression d’une protéine FAF1 plus courte responsable de l’apparition d’une microcéphalie par augmentation de la stimulation de l’apoptose au niveau de la zone périventriculaire du cortex cérébral en développement.

Nous avons pu montrer pour ce foetus : i) la position des points de cassure au nucléotide près par une approche de Whole Genome Sequencing ii) une augmentation, dans le thymus par RT-qPCR, de l’expression de la partie N-terminale de l’ARNm du fœtus en comparaison aux foetus contrôles et en comparaison de l'expression de l’extrémité C-terminale chez le fœtus  et les contrôles et, iii) la présence par western-blot d’une protéine FAF1 de plus petit poids moléculaire (61kDa au lieu de 74 kDa) dont l’extrémité C-terminale normale est absente. Cette étude a été complétée par l’analyse par immunohistochimie de l’expression de la protéine FAF1 normale au cours du développement cérébral. Afin de comprendre le mécanisme permettant au gène FAF1 tronqué dans la région 3’ de conserver les séquences nucléotidiques nécessaires aux mécanismes de transcription et de traduction, nous avons réalisé une analyse in silico de l’extrémité 3’ du gène tronqué ainsi que le séquençage Sanger de l’extrémité 3’ de l’ARNm.

Cette étude permet d’une part de s’intéresser à un mécanisme génétique peu étudié de pathogénicité à savoir les duplications tronquantes d'un gène et d’autre part d’étudier l’expression d’un très probable nouveau gène responsable de microcéphalie. L’analyse d’une cohorte de fœtus ou de patients microcéphales à la recherche de duplication ou de variant gain de fonction du gène FAF1 permettrait de valider ce travail.

Eudeline ALIX, Jessica MICHEL, Flavie DIGUET, Rita MENASSA, Muriel FABRIES, Pierre-Antoine ROLLAT-FARNIER, Annie BUENERD, Nicolas CHATRON, Audrey LABALME, Marianne TILL, Caroline SCHLUTH-BOLARD, Catherine FALLET-BIANCO, Jelena MARTINOVIC-BOURIEL, Damien SANLAVILLE (LYON)
00:00 - 00:00 #12931 - P045 Caractérisation clinique et moléculaire d’une cohorte de 77 patients présentant une encéphalopathie épileptique précoce avec « burst-suppression ».
P045 Caractérisation clinique et moléculaire d’une cohorte de 77 patients présentant une encéphalopathie épileptique précoce avec « burst-suppression ».

Les encéphalopathies épileptiques précoces (EEP) sont des pathologies rares et sévères du neuro-développement. Elles sont caractérisées par la survenue de crises motrices dans les premiers mois de vie et par un EEG anormal. L’EEG « burst-suppression » est défini par une alternance de bouffées d’onde rapide et de périodes de dépression majeure de l’activité cérébrale. Il est caractéristique et facilement reconnaissable par l’ensemble des cliniciens. Historiquement, le syndrome d’Ohtahara et l’Encéphalopathie Myoclonique Précoce ont été décrits comme deux entités cliniques distinctes. L’objectif de cette étude est de décrire les gènes responsables d’EEP avec « burst-suppression » et de corréler le génotype au phénotype des patients. Dans le cadre du diagnostic et de la recherche, les données clinique et génétique de 400 patients atteints d’EEP ont été collectées. Les patients inclus dans cette cohorte présentent tous un début des crises d’épilepsie avant l’âge de 3 mois et un décalage des acquisitions psychomotrices. L’imagerie cérébrale (IRM) et le bilan métabolique n’ont pas mis en évidence d’anomalie spécifique. Nous avons sélectionné 77 patients présentant un EEG « burst-suppression». Les explorations génétiques ont été réalisées dans le laboratoire de diagnostic (pour les anomalies génétiques connues) puis au sein du laboratoire de recherche. Une analyse d’exomes en trio a été réalisée pour 17 patients. Les données cliniques et moléculaires ont été discutées avec un neuropédiatre. Nous avons identifié des variations pathogènes chez 49 patients (63.6%). La majorité des variations sont de type faux-sens et de novo. Notre étude souligne l’implication de 2 gènes KCNQ2 et STXBP1, qui sont les plus fréquemment mutés (respectivement 26% et 14%). Six gènes, déjà connus dans les EEP, sont pour la première fois associés à un EEG « burst-suppression » : SCN1A, GABRB3, GNAO1, GABRG2, ALG11 et PIGO. De nouvelles variations prédites pathogènes dans des gènes récemment décrits (GABRB3 et UBA5) et dans des gènes candidats ont été identifiées. Alors que le tableau clinique initial (dans les 3 premiers mois de vie) est homogène, nous avons observé une importante hétérogénéité concernant le devenir des patients, allant du décès précoce à la déficience intellectuelle modérée. Ce travail présente la répartition et la diversité des anomalies génétiques impliquées dans les EEP avec «burst-suppression ». Chaque variation pathogène semble être à l’origine d’un tableau clinique unique. La réalisation d’études fonctionnelles est indispensable pour l’interprétation des variations faux-sens et pour comprendre leur rôle dans la genèse de l’épilepsie. L’identification d’un diagnostic moléculaire constitue une étape clef pour améliorer notre compréhension de l’épilepsie et envisager le développement de thérapies ciblées.

Florence RICCARDI (MARSEILLE), Pierre CACCIAGLI, Caroline LACOSTE, Cécile RAVIX, Majdi NAGARA, Alexandra AFENJAR, Cécilia ALTUZARRA, Stéphane AUVIN, Magalie BARTH, Sébastien CABASSON, Claude CANCES, Pierre CASTELNAU, Maryline CARNEIRO, Emmanuel CHEURET, Estelle COLIN, Benjamin COGNE, Florence DEMURGER, Vincent DES PORTES, Anne DIEUX-COESLIER, Diane DOUMMAR, Fabienne GIULIANO, Alice GOLDENBERG, Jamal GHOUMID, Anne-Marie GUERROT, Damien HAYE, Bertrand ISIDOR, Sophie JULIA, Emmanuelle LAGRUE, Anne-Sophie LEBRE, Jérémie LEFRANC, Anne LEPINE, Gaëtan LESCA, Hélène MAUREY, Julia METREAU, Cyril MIGNOT, Sophie NAUDION, Jean-Claude NETTER, Laurent PASQUIER , Jean-Michel PEDESPAN, Julie PERRIER, Anne-Lise POULAT, Chloé QUELIN, Christian RICHELME, Agathe ROUBERTIE, Elise SCHAEFER, Annick TOUTAIN, Nathalie VILLENEUVE, Laurent VILLARD , Mathieu MILH
00:00 - 00:00 #12940 - P046 Les mutations dominantes de RORA sont responsables d’un déficit intellectuel associé à une épilepsie, des troubles du spectre autistique et/ou une ataxie cérébelleuse.
P046 Les mutations dominantes de RORA sont responsables d’un déficit intellectuel associé à une épilepsie, des troubles du spectre autistique et/ou une ataxie cérébelleuse.

Le récepteur nucléaire ROR-alpha est une protéine essentielle pour le développement du cervelet. Bien que le modèle murin staggerer, correspondant à une délétion spontanée intragénique du gène orthologue Rora soit connu depuis deux décennies pour son phénotype cérébelleux, l’effet des mutations de RORA chez l’homme est resté inconnu jusqu’à ce jour.

Grâce à une collaboration internationale, nous avons identifié une série de 14 patients issus de 11 familles non apparentées présentant des mutations de RORA dont 3 délétions (deux de novo, une dominante), une duplication de novo et 7 mutations ponctuelles de novo (3 tronquantes et 4 faux-sens). Les patients sont atteints d’un syndrome associant un déficit intellectuel (13/14), une épilepsie (10/14), des troubles du spectre autistique (4/14) et une ataxie (4/14). Les signes cliniques observés chez les individus avec les mutations tronquantes sont cohérents avec les phénotypes précédemment décrits associés à une microdélétion sur le chromosome 15q22.2, pour lesquels la région minimale de chevauchement comprend RORA et le gène du récepteur NMDA de type 2 (NARG2).

Quatre des cinq patients avec les mutations altérant le domaine de liaison au ligand présentent des troubles du comportement (hyperactivité ou autisme) tandis que les deux patients avec les variants faux-sens altérant le domaine de liaison à l'ADN de ROR-alpha présentent une ataxie et une atrophie cérébelleuse. Nos résultats suggèrent que les mutations faux-sens du domaine de liaison à l'ADN ont un effet dominant négatif en empêchant l'accès de la protéine sauvage ROR-alpha à ses sites cibles naturels, conduisant ainsi à un phénotype comparable au modèle homozygote staggerer. Nous avons invalidé le gène Rora du poisson zèbre D. rerio et montrons que ceci induit une hypoplasie sévère du cervelet, confirmant ainsi le rôle essentiel de RORA dans le développement du système nerveux des vertébrés. Nous confirmons également dans ce modèle in vivo que les faux-sens du domaine de liaison à l’ADN ont un effet dominant négatif ou gain de fonction.

En conclusion, notre étude démontre que les mutations de RORA chez l’homme sont responsables d’une cause fréquente de déficience intellectuelle associée à des signes neurologiques d’expression variable incluant une épilepsie, des troubles du spectre autistique et/ou des troubles cérébelleux.

Claire GUISSART (MONTPELLIER), Xenia LATYPOVA, Paul ROLLIER, Tahir N KHAN, Hannah STAMBERGER, Kirsty MCWALTER, Megan CHO, Susanne KJAERGAARD, Sarah WECKHUYSEN, Gaetan LESCA, Katrin ÕUNAP, Lynn SCHEMA, Andreas G CHIOCCHETTI, Peter DE JONGHE, Shannon SATTLER , Isabelle THIFFAULT , Christine FREITAG, Christèle DUBOURG, Wilfrid CARRÉ, Monica H WOJCIK, François RIVIER, Nicolas LEBOUCQ, Souphatta SASORITH, Sylvie ODENT, Nicholas KATSANIS, Stéphane BÉZIEAU, Michel KOENIG, Erica E DAVIS, Laurent PASQUIER, Sébastien KÜRY
00:00 - 00:00 #12961 - P047 Détection de 3 variants structuraux du gène NIPBL par analyse des reads chimériques après séquençage NGS d’un panel Cornelia de Lange.
P047 Détection de 3 variants structuraux du gène NIPBL par analyse des reads chimériques après séquençage NGS d’un panel Cornelia de Lange.

Le syndrome de Cornelia de Lange (CdLS) est une déficience intellectuelle syndromique cliniquement caractéristique qui résulte d’altérations dans cinq gènes, NIPBL, SMC1A, SMC3, RAD21 et HDAC8. Les réarrangements de grande taille sont retrouvés chez moins de 5% des patients atteints de CdLS. Les reads chimériques (ou Split Read, SR) correspondent à des reads pour lesquels chacune des deux extrémités présente une séquence s’alignant sur deux zones du génome distantes l’une de l’autre. Ces reads signent l’existence de variants structuraux (SVs), qu’il s’agisse de délétions, de duplications, d’insertions ou d’inversions.

Nous rapportons l’identification, grâce à l’analyse des reads chimériques effectuée après séquençage haut débit (NGS) d’un panel de gènes (capture SureSelect QXT des régions exoniques et introniques puis séquençage Illumina sur MiSeq ou NextSeq), de 3 SVs chez des patients atteints de CdLS. Le premier cas est celui d’un CdLS typique chez un fœtus.  Dans un premier temps, le séquençage NGS de ce panel n’a pas permis d’identifier de variant pathogène. L’analyse des reads chimériques a conduit à l’identification d’une délétion s’étendant de l’intron 6 du gène NIPBL à l’exon 52 du gène adjacent, le gène C5orf42. Les points de cassure suggérés par l’analyse des SR ont été confirmés par PCR suivie d’un séquençage Sanger. Dans le second cas de CdLS, l’outil CANOES a détecté initialement une délétion de l’exon 11 du gène NIPBL. Cependant, les bornes de la délétion identifiée par l’outil CANOES ne correspondant pas parfaitement aux bornes de la délétion confirmée par QMPSF, nous avons poursuivi les investigations par l’analyse des reads chimériques. Nous avons alors mis en évidence un réarrangement complexe avec non seulement une délétion des exons 11 et 12 mais également une seconde délétion des exons 13 à 17, une insertion de 10 pb et une inversion de l’exon 12. Malgré la présentation clinique typique, aucun SNV ni CNV n’avait pu être détecté dans le troisième cas de CdLS. C’est l’analyse systématique des reads chimériques qui a permis de détecter une délétion partielle de l’exon 9 du gène NIPBL. Cette délétion de 444 pb a été confirmée par PCR Sanger autorisant la réalisation d’un diagnostic prénatal.

Si l’analyse des reads chimériques sur les données de séquençage de génome entier s’est généralisée, en revanche,  elle n’est pas courante sur les données de séquençage NGS de petits panels. La fréquence des SVs détectés sur petits panels NGS nous incite à déployer systématiquement une analyse des reads chimériques.  La stratégie de capture incluant les introns des gènes majeurs impliqués dans ces pathologies conditionne la détection et la caractérisation de ces SVs. Dans ces conditions, le panel présente une supériorité notable sur l’exome : la meilleure couverture et la meilleure profondeur de couverture améliorent la détection des variations ponctuelles, des CNV et des SV et ainsi augmentent le rendement diagnostique.

Sophie COUTANT, Alice GOLDENBERG, Kevin CASSINARI, François LECOQUIERRE, Gabriella VERA, Nathalie DROUOT, Françoise CHARBONNIER, Myriam VEZAIN, Isabelle TOURNIER, Raphaël LANOS, Olivier QUENEZ, Gaël NICOLAS, Anne-Marie GUERROT, Salima EL CHEHADEH, Françoise GIRARD, Juliette PIARD, Christelle CABROL, Thierry FRÉBOURG, Pascale SAUGIER-VEBER (ROUEN)
00:00 - 00:00 #12976 - P048 Etude clinique et moléculaire de 4 familles Algériennes avec microcéphalie autosomique récessive.
P048 Etude clinique et moléculaire de 4 familles Algériennes avec microcéphalie autosomique récessive.

La microcéphalie primaire autosomique  récessive (MCPH- MIM 251200) précédemment appelée "microcephalia vera" est un trouble du développement neurologique d'origine génétique hétérogène rare caractérisé par une réduction congénitale du périmètre cranien inférieur à 2 déviations standards à la naissance ,un déficit  intellectuel non progressif de gravité variable sans troubles neurologiques significatifs. Des études récentes ont permis d'identifier une douzaine de locus (MCPH 1-12) et d'élargir le phénotype clinique. La majorité des patients MCPH ont une structure cérébrale normale mais parfois l'IRM montre un motif gyral simplifié et des anomalies de la migration neuronale.

Nous rapportons l'étude clinique et génétique de 17 patients appartenant à 4 familles consanguines présentant une microcéphalie congénitale (PC entre -2 et - 6DS),un déficit intellectuel de gravité variable de léger à sévére,une petite taille chez 7 patients ,des crises d'épilepsie chez 5 patients,paraparésie et hyperreflexie (4 patients),des signes dysmorphiques non spécifiques et des troubles du comportement avec agressivité ,hyperactivité et stéréotypies .Les anomalies à l'IRM cérébrale à type de simplification diffuse du gyrus cortical,pachygyrie et hypoplasie cérébelleuse ont été observés chez 7 patients.

La cartographie par autozygotie et le séquençage à haut débit ont permis l'identification de 3 mutations homozygotes des gènes CASC5 (c.6123G > A;p.Met2041Ile) ,WDR62 (c.1901T > C;p.Met634Thr) , (c.2908C > T;p.Q970*) et  2 mutations hétérozygotes composites du gène ASPM (c.2389C > T;p.Arg 797X) , (c.7781_7782delAG;Gln2594fsX6).

Les MCPH sont cliniquement et génétiquement hétérogènes avec 12 gènes identifiés dans différentes populations ethniques. Le phénotype associe la microcéphalie et la déficience intellectuelle à d'autres signes  tels que : paraparésie spastique ,crise d'épilepsie, petite taille ,dysmorphie faciale ,cataracte,surdité. Il convient de noter que les mutations dans les gènes  ASPM et WDR62 sont responsables de 55% - 60% des cas de MCPH.Les anomalies de la migration neuronale sont souvent associées à des mutations du gène WDR62. Alors que CASC5 est l'un des gènes les plus récemment décrit chez seulement 11 patients appartenant à 4 familles maghrébines.

Abdelkrim SAADI, Guntram BORCK, Saadia LOUGANI, Belaid AIT ABDELKADER (Alger, Algérie), Laurence COLLEAUX, Myriam ABADA-BENDIB
00:00 - 00:00 #12978 - P049 Syndrome de Lamb-Shaffer : premier cas par duplication intra-génique du gène SOX5.
P049 Syndrome de Lamb-Shaffer : premier cas par duplication intra-génique du gène SOX5.

Le syndrome de Lamb-Shaffer (OMIM 616803) est une maladie génétique rare, récemment décrite (2012), de transmission autosomique dominante, ayant pour conséquence une déficience intellectuelle syndromique. Il apparait secondairement à des mutations perte de fonction du gène SOX5, aboutissant à une haplo-insuffisance (délétions, mutations non-sens). Le gène SOX5 appartient aux gènes de la famille SOX (SRY-related HMG-box) qui codent pour des facteurs de transcription essentiels dans le développement du système nerveux. Ils sont également impliqués dans la différenciation et la migration des oligodendrocytes, la croissance cartilagineuse et osseuse.

Nous rapportons le cas d’une patiente de 16 ans, cadette d’une fratrie de trois (un frère et une sœur en bonne santé), présentant une déficience intellectuelle syndromique. Elle est née eutrophe à 39 SA après une grossesse sans particularités. A l’âge de 4 ans, elle a consulté en génétique pour retard sévère des acquisitions psychomotrices et du langage (marche acquise à 27 mois, quelques mots seulement à 4 ans). L’examen clinique notait une myopie et un strabisme, une arachnodactylie, des pieds plats et une dysmorphie faciale associant un nez bulbeux, une columelle basse, un philtrum court, un prognathisme et des dents chevauchantes. L’IRM cérébrale réalisée à 4 ans montrait un retard de myélinisation sans malformation associée. Par la suite, l’évolution était marquée par la persistance d’un retard important des acquisitions (absence de langage à 16 ans), l’apparition de troubles du spectre autistique et d’une épilepsie. L’ACPA (lame 180K - Agilent Technologies) mettait en évidence une duplication 12p12.1 hétérozygote de 162 kb, comprenant les exons 4 à 8 du gène SOX5. Une analyse en QFM-PCR permettait de confirmer l’implication de ces exons et l’absence d’anomalies des exons adjacents. L’enquête familiale éliminait la présence de cette duplication dans la fratrie et chez la mère, le père n’ayant malheureusement pas pu être testé.

A ce jour, seulement une dizaine de patients présentant un syndrome de Lamb-Shaffer ont été rapportés dans la littérature. Ils présentent un phénotype comparable à notre patiente, avec l’association d’un retard psychomoteur, d’une déficience intellectuelle, d’une dysmorphie faciale, et de façon plus variable des anomalies oculaires, squelettiques et des troubles du spectre autistique. La duplication intra-génique mise en évidence ici, avec des points de cassure localisés dans les régions introniques, pourrait être un équivalent de mutation perte de fonction par modification de la structure de la protéine secondaire à la présence d’exons surnuméraires. Ce résultat est à la fois un argument en faveur de la pathogénicité de cette duplication et une confirmation de la récurrence du phénotype en cas d’anomalie du gène SOX5. Il s’agit du premier cas rapporté de duplication intra-génique du gène SOX5 responsable du syndrome de Lamb-Shaffer.

Noémie CELTON, Charlotte FLORIN, Marlène GALLET, Gilles MORIN, Florence JOBIC, Henri COPIN, Michèle MATHIEU-DRAMARD, Guillaume JEDRASZAK (AMIENS)
00:00 - 00:00 #12988 - P050 Déficience intellectuelle et système ubiquitine-protéasome : l’exemple de CUL4B.
P050 Déficience intellectuelle et système ubiquitine-protéasome : l’exemple de CUL4B.

Les variants pathogènes dans le gène CUL4B sont responsables d’une déficience intellectuelle lié à l’X, le syndrome de Cabezas (MIM #300354). Le phénotype commun à l’ensemble des patients associe une déficience intellectuelle à un retard psycho-moteur. Dans la majorité des cas, on observe également des anomalies des extrémités, une petite taille, des tremblements, des convulsions, un hypogonadisme, une obésité, des troubles de la démarches, ou encore une agressivité.

 

CUL4B code pour une protéine d’échafaudage, la culline-4B, qui participe à la formation du complexe Cullin4B-RING ubiquitine ligase (E3). Ce complexe joue un rôle essentiel dans la reconnaissance des protéines et l’ubiquitination qui précèdent leur dégradation cellulaire par le protéasome 26S.

Grâce à une collaboration multicentrique internationale, nous avons recensé à ce jour 12 patients de sexe masculin dont les mutations de CUL4B, identifiées par séquençage d’exome, n’ont pas encore été rapportées. Nous dénombrons 5 insertions-délétions avec décalage de la phase de lecture; 4 mutations non-sens ; 1 insertion-délétion sans décalage de la phase de lecture et 1 mutation faux-sens.

Des analyses sur cellules mononuclées du sang périphérique (PBMC) de patients ont permis de montrer que le système ubiquitine-protéasome UbPr était affecté par les altérations de CUL4B. En effet, les analyses protéiques par SDS-PAGE et western-blot mettent en évidence une augmentation significative des taux de la sous-unité Rpn5 (PSMD12) de la particule régulatrice 19S du protéasome 26S chez les individus présentant une mutation de CUL4B. Une analyse plus fine des extraits cellulaires des PBMC de patients sur gels non-dénaturants (native-PAGE) indique que l’excès de Rpn5 s’accompagne d’une activité chymotryptique accrue des complexes protéasomaux 26S ainsi que d’une diminution du pool intracellulaire de protéines ubiquitinylées.

Nos résultats suggèrent une implication directe de CUL4B dans la fonction régulatrice des sous-unités 19S du protéasome 26S. CUL4B participerait donc indirectement au maintien de l’homéostasie protéique cellulaire. Les mécanismes par lesquels s’exercent ces interactions ainsi que leurs conséquences, notamment dans le contexte pathologique de la déficience intellectuelle, restent toutefois à éclaircir.

Thomas BESNARD (Nantes), Frédéric EBSTEIN, Mathilde LEFEBVRE, Benjamin COGNÉ, Delphine QUINQUIS, Sophie NAMBOT, Maja HEMPEL, Davor LESSEL, Dong LI, Frédéric TRAN MAU-THEM, Karen W. GRIPP, Elena INFANTE, Marianne MCGUIRE, Thomas SMOL, Jamal GHOUMID, Timothy MAARUP, Elise CALONICO, Ladonna IMMKEN, Dominique MARTIN-COIGNARD, Christel THAUVIN, Laurence FAIVRE, Bertrand ISIDOR, Stéphane BÉZIEAU, Sébastien KÜRY
00:00 - 00:00 #12996 - P051 Syndrome de Primrose: comparaison phénotypique de patients avec SNVs de ZBTB20 versus microdélétions 3q13.31 incluants ZBTB20.
P051 Syndrome de Primrose: comparaison phénotypique de patients avec SNVs de ZBTB20 versus microdélétions 3q13.31 incluants ZBTB20.

Le syndrome de Primrose est caractérisé par une déficience intellectuelle variable, des troubles du comportement, une dysmorphie faciale avec macrocéphalie. Le phénotype est progressif avec survenue de faiblesse musculaire, contractures, troubles du métabolisme du glucose, perte auditive et calcifications ectopiques des pavillons. Des variants faux sens de novo de ZBTB20 ont été identifiés en 2014 comme responsables de ce syndrome. ZBTB20 joue un rôle important dans la cognition, la mémoire et l’apprentissage et a une action de répression de la transcription sur de nombreux gènes impliqués dans des troubles du développement. Un phénotype plus sévère et progressif est discuté parmi les patients porteurs de SNV par rapport à ceux ayant des larges délétions, par un mécanisme dominant négatif versus haploinsuffisance pour les délétions. Cependant, les patients présentant des délétions sont habituellement diagnostiqués plus jeunes par une approche pangénomique. Une étude de corrélation phénotype-génotype était attendue. Nous rapportons ici les données cliniques et moléculaires de 12 patients recrutés grâce à une collaboration nationale, 7 patients porteurs de SNV de ZBTB20 et 5 porteurs de délétion 3q13.31 impliquant ZBTB20, et avons compilé ces données aux 33 patients de la littérature. Tous les patients présentaient une DI et un retard psychomoteur léger à sévère. La dysmorphie était similaire mais la macrocéphalie était plus fréquente chez les patients avec SNV (p=0.031), la perte auditive (p=0.015), les calcifications du pavillon de l’oreille, l’atrophie musculaire progressive et les contractures articulaires n’étaient observées que chez les patients avec SNV. Toutefois l’âge médian était de 9.1 ans chez les patients avec délétions contre 17.1 ans chez les patients avec SNVs. Afin d’améliorer l’information donnée aux familles, un suivi serait nécessaire pour conclure si le phénotype des patients avec délétion 3q13.31 est moins progressif que les patients avec SNV.

Aurélien JUVEN (Dijon), Sophie NAMBOT, Christel THAUVIN-ROBINET, Patrick CALLIER, Arnold MUNNICH, Tania ATTIE BITACH, Laurence COLLEAUX, Marlène RIO, Sophie RONDEAU, Julie STEFFANN, Amélie PITON, Salima EL CHEHADEH, Didier LACOMBE, Sonia BOUQUILLON, Fanny LAFFARGUE, Sophie BLESSON, Dominique MARTIN, Hubert JOURNEL, Olivier PICHON, Bertrand ISIDOR, Yannis DUFFOURD, Laurence FAIVRE
00:00 - 00:00 #13000 - P052 Identification de nouveaux gènes impliqués dans les formes autosomiques dominantes de la maladie de Parkinson.
P052 Identification de nouveaux gènes impliqués dans les formes autosomiques dominantes de la maladie de Parkinson.

Background and objectives

Parkinson disease (PD) is the second most frequent neurodegenerative disorder, affecting 1% of the population above 65 years. It is characterized by the triad of symptoms: tremor, rigidity, and bradykinesia. To date, more than 10 validated genes have been identified, associated either with autosomal dominant (AD) or recessive (AR) forms of PD. However, the identified genes associated with AD PD only explain 10-15%, so many genes remain to be discovered. The aim of the work is to identify new genes involved in AD PD, using the largest multiplex PD families and applying the NGS technologies.

Methods and patients

We selected 20 largest multiplex families that fulfilled the following criteria:

  • At least one affected with an age at onset ≤50 years

  • At least 3 affected relatives on two generations

  • Excluded for mutations in known AD PD associated-genes (LRRK2, SNCA, VPS35).

Following these criteria, we selected 73 affected relatives from 20 multiplex AD PD families for exome sequencing. We looked for rare heterozygous variants, predicted to be pathogenic using CADD and M-CAP scores, shared by all affected relatives within the family. Replication studies were done using the available exome data from ~1,500 PD cases and 560 controls from the IPDGC consortium. Pathway analyses were realized using the R package Clusterprofiler and the web interface ConsensuspathDB.

Results

For each family, we obtain a list of candidate genes that need to be refined (2 to 30). To prioritize candidate genes, we applied some filtering criteria which in order were 1) expression in brain; 2) replication of these possible candidate genes in additional families; 3) sharing common physiopathological pathways. None of the identified candidate genes was replicated, using home and IPDGC consortium exome databases. On the other hand, using Clusterprofiler we found that some of our candidates genes identified were enriched in a common pathway: regulation of dendrite morphogenesis. Most of these genes can be grouped in the same biological process, which is actin metabolism. Furthermore, using ConsensuspathDB we highlighted that some of these candidates’ genes were able to interact with genes involved in PD like VPS35.

Conclusion

Although we identified a substantial number of multiplex families with AD PD, none of these families was explained by possible shared candidate genes, highlighting the genetic heterogeneity of PD. However, these genes were enriched in a common regulating pathway and some possibly interact with VPS35. Indeed we identified good candidate genes for Parkinson disease but further functional data were needed to strengthen the genetic data.

Christelle TESSON (Paris), Christel CONDROYER, Lyse RUAUD, Valérie DROUET, Suzanne LESAGE, Alexis BRICE
00:00 - 00:00 #13002 - P053 Les mutations de MYT1L sont associées à une déficience intellectuelle et une obésité.
P053 Les mutations de MYT1L sont associées à une déficience intellectuelle et une obésité.

Introduction

Parmi les variations de nombre de copies associées à une déficience intellectuelle (DI), de rares cas de remaniements de la région 2p25.3 ont été rapportés. Le syndrome de délétion (ou de duplication) 2p25.3 (MRD39, MIM#616521) est caractérisé par un retard de développement, un retard de langage, une obésité et /ou des troubles de comportement. Plus rarement, des malformations du système nerveux central ou une épilepsie ont été rapportées. L’haploinsuffisance du gène MYT1L (Myelin Transcription Factor 1-Like, MIM#613084), contenu dans la région minimale critique en 2p25.3, code pour un facteur de transcription spécifique des neurones et serait responsable de la majorité de signes cliniques. Pour mieux définir le spectre phénotypique associé à ce gène, nous rapportons des observations de DI liée à des mutations intragéniques de MYT1L.

Patients et méthodes

Etude clinique et génétique de sept patients suivis pour DI. Ils ont été explorés par séquençage en haut débit d’un panel de gènes (275, 456 ou 520 gènes). La capture des régions codantes a été réalisée par hybridation (kit SureSelect QXT, Agilent) et le séquençage par le séquenceur NextSeq 500 ou Hiseq2500 (Illumina). L’analyse bio-informatique primaire a été réalisée par les logiciels BWA GATK WGS apps et Variant Studio (Illumina). L’analyse de ces gènes a montré que plus de 95 % des séquences codantes sont couverts avec une profondeur supérieure à 30X.

Résultats

Quatre garçons et trois filles, d’âge moyen de 10 ans 8 mois, étaient suivis pour une DI légère à sévère. L’interrogatoire a révélé une hypotonie néonatale (3/7), un retard des acquisitions motrices avec un âge moyen à la marche supérieur à deux ans (7/7) et un retard ou une absence du langage (6/6). Des troubles de comportement à type de traits autistiques (4/7), troubles de l’attention et de la concentration (4/7), hyperactivité (2/7), troubles du sommeil (2/7) et /ou accès de colère (2/7) ont été notés chez quatre patients. Cinq patients avaient une obésité avec un poids supérieur à 97 percentiles et deux avaient une épilepsie à type d’absences ou de convulsions fébriles généralisées. L’examen a montré des discrets traits dysmorphiques ou un strabisme chez quatre patients. L’IRM cérébrale a objectivé une anomalie non spécifique chez trois patients parmi cinq. Le séquençage haut débit a objectivé sept mutations différentes de MYT1L (3 faux-sens, 1 non-sens et 3 délétions avec décalage du cadre de lecture) parmi lesquelles une mutation a été déjà rapportée. Le caractère de novo a été confirmé par analyse des pools parentaux et génotypage de 5 SNPs d'identitovigilance chez cinq patients ou par séquençage Sanger avec vérification de la filiation chez les deux patients restants.

Conclusion

L’identification de ces mutations pathogènes nous a permis d’une part de confirmer le rôle critique de MYT1L dans remaniements de la région 2p25.3 et d’autre part, de mieux préciser le spectre clinique associé à les mutations MYT1L.

 

Imène BOUJELBENE (Strasbourg), Amèlie PITON, Patricia BLANCHET, Claire FEGER, Nadine KEMPF, Céline CUNY, Nadège CALMELS, Valérie BIANCALANA, Jean MULLER, Sinthuja PACHCHEK, Bénédicte DUBAN BEDU, Christine FRANCANNET , Sandrine PASSEMARD, Bertrand ISIDOR, Yves ALEMBIK, Jameleddine CHELLY, Jean-Louis MANDEL, Bénédicte GERARD
00:00 - 00:00 #13008 - P054 Des mutations du gène WDR81 sont responsables de Microcéphalie et Microlissencéphalie par un mécanisme phisiopathologique conduisant à des anomalies de progression du cycle cellulaire.
P054 Des mutations du gène WDR81 sont responsables de Microcéphalie et Microlissencéphalie par un mécanisme phisiopathologique conduisant à des anomalies de progression du cycle cellulaire.

Les malformations du développement cortical cérébral (MCD) représentent une cause majeure de déficience intellectuelle et d’épilepsie. Parmi celles-ci, la microlissencéphalie (MLIS) associe une microcéphalie congénitale (MIC) à une anomalie sévère de gyration corticale, la lissencéphalie. Les mécanismes physiopathologiques de cette MCD complexe restent à définir mais l’implication d’anomalies de la neurogenèse et/ou de la migration neuronale sont largement suspectés.

Malgré la récente identification de 6 nouveaux gènes responsables de MLIS, la majorité des cas demeure sans cause génétique identifiée à ce jour. Par une stratégie de séquençage haut débit d’exome chez cinq familles non consanguines avec 7 cas atteints de MIC ou MLIS, nous avons identifier 8 mutations hétérozygotes composites dans WDR81. Ce gène avait été précédemment impliqué dans un syndrome associant une ataxie cérébelleuse, une déficience intellectuelle et la marche à quatre pattes, le syndrome CAMARQ2. Le spectre phénotypique de nos 7 cas s’étend d’une MIC avec atrophie cérébelleuse (1 cas), une MLIS sans atteinte de la fosse postérieure (4 cas) à une MLIS avec hypoplasie cérébelleuse (1 cas). Des corrélations génotype-phénotype ont pu être établies, où les mutations non-sens sont associées aux phénotypes les plus sévères et entraînent une dégradation du transcrit (Nonsense-mediated mRNA decay ou NMD) suggérant un mécanisme de type perte de fonction. De plus, l’analyse du cycle cellulaire par immunocytochimie sur fibroblastes issus de patients, nous a permis de démontrer une augmentation de l’index mitotique secondaire à une augmentation significative des cellules en prométaphase et métaphase. Parallèlement, des études in vivo d’invalidation de l’orthologue de WDR81 chez Drosophila Melanogaster, nous ont permis de démontrer une augmentation significative de l'index mitotique des cellules souches neurales cérébrales associé à un retard de progression du cycle cellulaire dû à un blocage des cellules souches neurales en prométaphase.

Cette étude a permis de mettre en évidence l’implication de WDR81 dans un spectre phénotypique de MCD complexes incluant la microcéphalie avec anomalies de gyration corticale allant de modéré à extrêmement réduite avec ou sans anomalie cérébelleuse. Nos résultats suggèrent un rôle clé de WDR81 dans la régulation du cycle cellulaire qui est très conservé au cours de l’évolution.

Mara CAVALLIN (PARIS), M. Alexandra RUJANO, Nathalie BEDNAREK, Daniel MEDINA-CANO, Antoinette BERNABE-GELOT, Severine DRUNAT, Camille MAILLARD, Meriem GARFA-TRAORE , Christine BOLE, Patrick NITSCHKÉ, Claire BENETEAU , Thomas BESNARD , Benjamin COGNÉ , Marion EVEILLARD , Alice KUSTER , Karine POIRIER, Alain VERLOES, Jelena MARTINOVIC, Laurent BIDAT, Marlène RIO, Stanislas LYONNET, M. Louise REILLY, Nathalie BODDAERT, Mélanie JENNESON-LYVER, Jacques MOTTE, Martine DOCO-FENZY, Jamel CHELLY, Tania ATTIÉ-BITTACH, Matias SIMONS , Vincent CANTAGREL, Sandrine PASSEMARD, Alexandre BAFFET, Sophie THOMAS, Nadia BAHI-BUISSON
00:00 - 00:00 #13009 - P055 Analyse moléculaire d'un cas de patient suspecté de PWS.
P055 Analyse moléculaire d'un cas de patient suspecté de PWS.

La majorité des signes cliniques dans le syndrome Prader-Willi (PWS, MIM# 176270) sont liés à un défaut d’expression d’origine paternelle des SNORD116. L’expression de ces petits ARN nucléolaires (snoRNA) est sous le contrôle du promoteur du SNRPN et ils sont générés suite à l’excision des introns. Le PWS était évoqué chez un enfant de 11 ans présentant des difficultés d’apprentissage, des troubles de comportement obsessionnels compulsifs associés à une obésité évoluant depuis la petite enfance. L’étude de méthylation spécifique par MS-PCR de la région 15q11.13 est revenue normale alors que l’ACPA a objectivé un gain d’une copie de la région 15q12q13.1 de 2,6 Mb : arr[hg19] :15q12q13.1(25,917,966-28,536,634)x3. Une analyse des marqueurs microsatellites a montré que ce gain  était d’origine paternelle. Le caractère hérité ou de novo de la duplication n’a pas pu être étudié. Bien que la présentation clinique ne soit pas typique du PWS, notamment l’absence de l’hypotonie néonatale, des difficultés alimentaires et de l’hypogonadisme, la mise en évidence d’un CNV rare en aval de la région critique PWACR était intrigante.

Nos objectifs étaient de rechercher dans un premier temps une anomalie de méthylation en mosaïque de la région 15q11.13  par MS-MLPA et d’apprécier dans un deuxième temps une éventuelle interaction entre la région dupliquée et les gènes soumis à empreinte impliqués dans le PWS localisés en cis, en étudiant l’expression de SNRPN et SNORD116 par RT-qPCR sur une culture de fibroblastes.

Le profil de méthylation par MS-MLPA est revenu normal et n’a pas révélé d’anomalies de méthylation en mosaïque pouvant expliquer les symptômes Prader-Willi like. L’étude quantitative n’a pas objectivé d’anomalies de nombre de copies des gènes soumis à empreinte dans PWACR et elle a confirmé le gain d’une copie des gènes ATP10A et GABRB3 inclus dans la région 15q12q13.1. L’étude quantitative des transcrits de SNRPN et de SNORD116 par RT-qPCR n’a pas révélé de différence significative d’expression d’aucun de ces gènes entre le patient et deux témoins normaux. Le CNV identifié chez le cas étudié est d’origine paternelle et n’inclut pas la PWACR. Cette région en gain contient notamment le gène ATP10A et les gènes GABRB3, GABRG3 et GABRA5 codant pour des sous unités du récepteur GABA. Une revue de la littérature nous a permis de proposer qu’une surexpression de ATP10A d’origine paternelle pourrait expliquer l’obésité observée dans le cas étudié. De même une dysrégulation de l’expression des gènes du récepteur GABA dans le cerveau pourrait expliquer, au moins en partie, les troubles du comportement observés dans les duplications 15q11q13. L'interprétation de ce CNV, en thème de pathogénicité, demeure encore difficile, notamment devant l’impossibilité de déterminer son caractère transmis ou de novo.

Imène BOUJELBENE (Strasbourg), Eric DAHLEN, Magali AVILA, Nadine KEMPF, Laura MARY, Marguerite MIGUET, Christel DEPIENNE, Lionel VAN MALDERGEM, Bénédicte GERARD
00:00 - 00:00 #13010 - P056 Syndrome d’Aicardi : une nouvelle stratégie d’identification des bases génétiques.
P056 Syndrome d’Aicardi : une nouvelle stratégie d’identification des bases génétiques.

Le syndrome d’Aicardi (AIS) est caractérisé par l’association de lacunes chorio-rétiniennes, de spasmes infantiles et d’une agénésie du corps calleux (ACC) associée à un spectre de malformations corticales complexes. Décrit exclusivement chez les filles, ce syndrome est considéré comme lié au chromosome X même si les bases génétiques demeurent inconnues à ce jour.

Dans le cadre d’une étude multicentrique, une large cohorte de 25 patientes AIS a été explorée par CGH-Array à haute résolution (60kb) et séquençage haut débit d’exome (WES) en trio. L’exploration par CGH-array n’a mis en évidence aucun remaniement sur le chromosome X. Cependant, 3 patientes présentaient des duplications et délétions autosomales. En parallèle, l’analyse des données de WES d’abord focalisée sur le chromosome X n’a pas permis d’identifier un gène candidat. De plus, l’inactivation du chromosome X a été vérifiée aléatoire sur l’ensemble de la cohorte. Nous avons alors élargi notre recherche aux régions codantes autosomales en testant les autres modes de transmission (de novo ou recessif). Aucun gène candidat n’a pu être mis en évidence suggérant la potentielle implication de variants touchants des régions non codantes. Afin de tester cette hypothèse nous avons choisi une stratégie combinant séquençage du génome entier (WGS) et étude transcriptomique par RNA-Seq sur ARN extraits de fibroblastes des patients. En première intention, nous avons débuté l’analyse bioinformatique de tous les variants non codants du chromosome X, avec une attention particulière sur des gènes appartenant aux mêmes clusters fonctionnels. La pathogénicité de ces variants est testée in silico grâce au  logiciel NCBoost basé sur leur niveau de conservation intra et inter-espèces. Enfin, afin de tester l’hypothèse d’une potentielle variabilité génétique, nous avons parallèlement débuté une analyse des données de WGS sur l’ensemble des régions non codantes autosomales pouvant réguler des cluters fonctionnels de gènes du chromosome X.

Afin de progresser dans l’identification des bases génétiques du syndrome d’Aicardi, nous proposons de tester l’hypothèse de l’implication de variants non codants régulant des clusters fonctionnels de gènes localisés ou non sur le chromosome X.

Mara CAVALLIN (PARIS), Patrick NITSCHKÉ, Barthélémy CARON, Antonio RAUSELL, Francesca DARRA, Elena FIORINI, Sebastien LEBON, Pier Angelo VEGGIOTTI, Federico VIGEVANO, Svetlana GATAULLINA, Marie BOURGEOIS, Alexis ARZIMANOGLOU, Nino EPITASHVILI, Isabelle DESGUERRE, Olivier DULAC, Bernardo DALLA BERNARDINA, Nadia BAHI-BUISSON
00:00 - 00:00 #13011 - P057 Extension phénotypique de l’encéphalopathie épileptique infantile précoce dû à de nouvelles mutations du gène SCL25A22.
P057 Extension phénotypique de l’encéphalopathie épileptique infantile précoce dû à de nouvelles mutations du gène SCL25A22.

Introduction : L’encéphalopathie épileptique infantile précoce (EEIE) est un groupe hétérogène de maladies caractérisées par une épilepsie néonatale sévère, principalement myoclonique, débutant dans les premières semaines ou les premiers mois de vie. L’électroencéphalogramme (EEG) intercritique montre habituellement un aspect caractéristique de « suppression burst ». Le pronostic est généralement sévère quelque soit le type d’EEIE et les enfants décèdent durant les deux premières années de vie ou survivent dans un état végétatif. Les différents types d’EEIE se distinguent par le gène impliqué. L’EEIE de type 3 (OMIM #609304) est due à des mutations du gène SLC25A22 codant pour un transporteur glutamate/H+ mitochondrial, majoritairement exprimé dans le cerveau. A l’heure actuelle, 2 mutations faux-sens à l’état homozygote ont été décrites : p.Pro206Leu et la p.Gly236Trp (7 patients de 3 familles consanguines). Nous rapportons ici une famille présentant un phénotype moins sévère d’EEIE de type 3 pour laquelle nous avons identifié deux variants à l’état hétérozygotes dans le gène SLC25A22. Des études fonctionnelles ont été réalisées.

Patients : Les 3 patients (une sœur, son frère et une cousine germaine) présentent un phénotype semblable : épilepsie myoclonique débutant dans les premiers jours ou semaines de vie, hypotonie axiale et périphérique, retard de développement global sévère avec quelques acquisitions et PC normal. L’EEG intercritique ne montre pas de « suppression burst ».

Méthodes : Un séquençage par whole-exome a été réalisé chez un patient et un parent de chaque famille.

Résultats : Nous avons identifié deux variants hétérozygotes dans le gène SLC25A22, jamais rapportés dans les bases de données et présents chez les 3 enfants : c.813_814delTG, p.Ala272Glnfs*144, hérité des mères (qui sont sœurs) et c.818G > A, p.Arg273Lys, hérité des pères, révélant un lien de parenté éloigné entre eux. Des études fonctionnelles ont montré que l’oxydation du glutamate était significativement altérée dans les cultures de fibroblastes d’une des patientes.

Discussion : Les patients décrits ici présentent un phénotype de l’EEIE de type 3 plus modéré que les patients précédemment rapportés dans la littérature, caractérisé par l’absence de « suppression burst ». Ils présentent quelques acquisitions et surtout sont toujours en vie après l’âge d’un an (8 ans pour la plus âgée). Le diagnostic moléculaire a pu être posé grâce à l’exome. Ce sont les premiers enfants rapportés de parents non apparentés et présentant des mutations hétérozygotes composites. Les analyses fonctionnelles ont permis de confirmer l’implication du gène SLC25A22 dans ce phénotype atypique.

Camille LEMATTRE (Montpellier), Marion IMBERT-BOUTEILLE, David GENEVIEVE, Patricia BLANCHET
00:00 - 00:00 #13013 - P058 Déficience intellectuelle, hypotonie et épisodes d’hyperthermie inexpliquée : pensez COG7.
P058 Déficience intellectuelle, hypotonie et épisodes d’hyperthermie inexpliquée : pensez COG7.

Les déficits congénitaux de la glycosylation (CDG syndromes) sont un groupe de pathologies causées par un défaut de synthèse des glycoprotéines. COG7 est un gène codant pour une des sous unités du complexe oligomérique du Golgi (COG), impliqué dans le trafic intracellulaire et la modification des glycoprotéines. Les variants pathogènes de COG7, entraînent un CDG syndrome de type IIe, ayant pour conséquences des anomalies de la voie de la N- et de la 0-glycosylation. Jusqu’à présent, seuls huit cas ont été rapportés dans la littérature.

Nous décrivons deux sœurs issues d’un couple consanguin d’origine marocaine et faisons une revue de la littérature. Ces deux sœurs présentent un phénotype associant une déficience intellectuelle modérée à sévère avec des anomalies à l’imagerie cérébrale, des épisodes de fièvre inexpliqués avec tableau de syndrome d’activation macrophagique-like, une hépatomégalie et un retard de croissance staturo-pondérale. Elles présentent également une insensibilité à la douleur au niveau des extrémités qui n‘a jamais été décrite auparavant.

Par l’association des techniques d’homozygoty mapping et de séquençage exomique en quartet, nous avons mis en évidence un variant intronique homozygote c.170-7A>G dans le gène COG7, précédemment rapporté dans une famille consanguine marocaine, faisant évoquer un effet fondateur de ce variant. Sur le plan biochimique, l’électrophorèse de la transferrine sur papier guthrie était normale et seule l’analyse 2D des isoformes de la transferrine et de l’apoC3 a permis de confirmer le diagnostic de CDG syndrome de type IIe.

Cette observation d’une famille consanguine permet l’identification de deux nouveaux cas de syndromes CDG de type IIe avec un variant c.170-7A>G, dans le gène COG7. Nous étendons le phénotype des CDG syndromes causés par COG7 et montrons l’importance de l’analyse de la transferrine et de l’ApoC3 en électrophorèse 2D pour l’orientation diagnostique des CDG syndromes.

Marine TESSARECH (ANGERS), Agnès GUICHET, Magalie BARTH, Sandrine VUILLAUMIER, Julien DURIGNEUX, Isabelle PELLIER, Thierry DUPRÉ, Arnaud BRUNEEL, Patrick VAN BOGAERT, Nathalie SETA, Dominique BONNEAU, Estelle COLIN
00:00 - 00:00 #13017 - P059 Identification d'une nouvelle mutation homozygote du gène ADAT3 liée à un déficit intellectuel, retard de croissance et strabisme.
P059 Identification d'une nouvelle mutation homozygote du gène ADAT3 liée à un déficit intellectuel, retard de croissance et strabisme.

La déficience intellectuelle représente un problème de santé publique. C'est l'handicap majeur le plus fréquent chez l'enfant avec une prévalence allant de 1 à 3%. Les déficits intellectuels autosomiques récessifs sont estimés à 25% des causes génétiques. Cependant, dans une analyse récente des données de la littérature Vissers et al retrouvent 416 gènes dont 90% sont liés à une déficience intellectuelle. Néanmoins le nombre total de gènes impliqués dans les DIAR est estimé à un millier et les formes non syndromiques sont peu nombreuses.

Nous rapportons l'étude clinique et génétique de 3 patients (2 garçons ,une fille) agés entre 23 et 34 ans ,nés de parents apparentés avec des mensurations normales qui présentent un déficit intellectuel sévère,des troubles autistiques ,un strabisme chez les 2 garçons, une petite taille chez les 2/3 et des signes dysmorphiques non spécifiques de la face et des extrémités. Aucun patient ne présente de crises d'épilepsie ni d'anomalies à l'IRM cérébrale. Le séquençage de l'exome entier (WES) a permis l'identification d'un variant (c.970C>G,p.His324Asp) homozygote du gène ADAT3 chez les 3 patients et hétérozygote chez les parents,considéré comme délétère par plusieurs logiciels de prédiction. Le gène ADAT3 est impliqué dans la régulation de la traduction des protéines.

A ce jour ,une seule mutation (c.382G>A ,V128M) du gène ADAT3 a été rapportée par Alazami et al chez 39 patients appartenant à 19 familles saoudiennes qui présentent un déficit intellectuel associé souvent à un strabisme et un retard de croissance. D'autres caractéristiques comme la microcéphalie ,l'hypotonie, la spasticité ,l'épilepsie et de discrètes anomalies cérébrales telles que l'atrophie cérébrale,corps calleux fin,  retard de myélinisation n'ont pas été retrouvés chez nos patients.

Finalement ,la nouvelle mutation homozygote faux sens (c.970C>G;p.H324A) ADAT3 est à l'origine d'un déficit intellectuel sévère,des troubles autistiques et du comportement durant l'enfance ,une petite taille ,un strabisme et quelques signes dysmorphiques non spécifiques de la face et des extrémités.

Abdelkrim SAADI, Saadia LOUGANI, Belaid AIT ABDELKADER (Alger, Algérie), Wahiba AMER ELKHOUDOUD, Laurence COLLEAUX, Myriam ABADA-BENDIB
00:00 - 00:00 #13020 - P060 Variabilité et chevauchement clinique des phénotypes liés aux mutations des gènes de la voie mTOR : à propos de 6 cas du CHU de Rennes.
P060 Variabilité et chevauchement clinique des phénotypes liés aux mutations des gènes de la voie mTOR : à propos de 6 cas du CHU de Rennes.

Introduction :

La voie PI3K/AKT/MTOR est une voie majeure de signalisation intracellulaire. Cette dernière a déjà été explorée en oncologie mais est également impliquée dans un certain nombre de pathologies développementales. Selon le gène muté et le niveau de dysrégulation correspondant sur la voie, on distingue différents syndromes, qui partagent pour autant un certain nombre de traits phénotypiques communs. La description de six patients suivis au sein du service de génétique du CHU de Rennes permet d’illustrer cette dualité entre variabilité et chevauchement clinique des pathologies de la voie MTOR.

 

Cas cliniques :

Les patients 1 et 2, respectivement un cas fœtal et un cas adulte, présentent un syndrome mégalencéphalie-anomalies capillaires (MCAP) lié à des mutations en mosaïque du gène PIK3CA.

Le patient 3 présente quant à lui un syndrome polyhydramnios, mégalencéphalie et épilepsie symptomatique (PMSE) lié à une mutation homozygote dans le gène STRADA.

Les patients 4, 5 et 6 présentent des mutations du gène MTOR, le premier à l’état constitutionnel, les deux derniers en mosaïque, responsable d’un syndrome de Smith-Kingsmore (associant macrocéphalie, déficience intellectuelle et épilepsie).

 

Discussion :

La voie PI3KT/AKT/ MTOR joue un rôle majeur dans la régulation de la prolifération, la croissance et la survie cellulaire. Les mutations pathogènes des gènes codant pour les protéines s’intégrant dans cette voie sont responsables d’une hyperactivation de cette voie et par conséquence d’une hyperprolifération cellulaire au sein des tissus atteints. Les syndromes illustrés par nos cas sont à mettre en regard avec les nombreux autres syndromes de la voie, notamment le Bannayan-Riley-Ruvalcaba (PTEN), le Protée (AKT1), la sclérose tubéreuse de Bourneville (TSC1, TSC2), le Peutz-Jeghers (STK11). Ces syndromes sont tous la conséquence de l’hyperprolifération cellulaire qui selon les tissus dans lesquels elle s’exprime, est responsable de la variabilité phénotypique du spectre clinique.  La rapamycine et ses dérivés ont déjà montré leur efficacité dans le traitement des cancers pour leur action anti-proliférative et anti-angiogénique par inhibition de la voie MTOR. Leur bénéfice a également été démontré plus récemment dans le traitement des manifestations de la sclérose tubéreuse de Bourneville. L’intérêt serait de pouvoir extrapoler l’efficacité de ces thérapeutiques utilisées dans la sclérose tubéreuse de Bourneville aux autres pathologies de la voie MTOR, puisque qu’elles partagent toutes le même mécanisme physiopathologique.

Conclusion :

Un patient présentant un phénotype compatible avec une hyperprolifération tissulaire doit faire penser au spectre des pathologies de la voie MTOR.

L’enjeu de leur diagnostic, outre le conseil génétique, réside dans la possibilité de perspectives thérapeutiques au décours, via des inhibiteurs de la voie mTOR. 

Paul ROLLIER, Louise GOUJON (Rennes), Chloé QUELIN, Philippe LOGET, Pierre VABRES, Christèle DUBOURG, Wilfrid CARRÉ, Christophe PHILIPPE, Paul KUENTZ, Jean-Baptiste RIVIERE, Yannis DUFFOURD, Laurence FAIVRE, Nicolas SEVENET, Michel LONGY, Laurent PASQUIER, Virginie CARMIGNAC, Sylvie ODENT
00:00 - 00:00 #13021 - P061 Etude des variations génétiques rares et fréquentes dans des familles multiplexes de troubles bipolaires.
P061 Etude des variations génétiques rares et fréquentes dans des familles multiplexes de troubles bipolaires.

Avec une prévalence de 1% dans la population générale, les troubles bipolaires (TB) constituent un problème majeur de santé publique, dont l’un des principaux défis est de comprendre l’étiologie. Bien que les études familiales et de jumeaux permettent d’estimer une héritabilité supérieure à 60% dans les TB, les études génétiques récentes peinent encore à clairement identifier les mécanismes moléculaires qui sous-tendent la maladie. Un modèle génétique complexe et hétérogène semble néanmoins émerger aujourd’hui, combinant l’effet de variations génétiques fréquentes à faible effet et de variations plus rares avec une pénétrance plus élevée. Afin de limiter cette hétérogénéité et d’identifier des mécanismes moléculaires pouvant jouer un rôle dans l’apparition des troubles, nous avons effectué un séquençage d’exomes de 32 individus provenant de 7 familles multiplexes. Nous avons ainsi étudié la ségrégation entre des variations génétiques prédites pour avoir des conséquences fonctionnelles et la pathologie dans chaque famille. Par ailleurs, nous avons déterminé si ces variations génétiques affectaient des voies biologiques particulières et si celles-ci avaient également été identifiées par des études d’association sur l’ensemble du génome (GWAS) ou dans d’autres troubles psychiatriques, comme la schizophrénie et les troubles dépressifs majeurs qui partagent une part d’héritabilité avec les TB.  En parallèle, nous avons génotypé les membres de ces familles pour plus de 900 000 polymorphismes et estimé un score polygénique de vulnérabilité pour chaque individu afin de déterminer la contribution des variations génétiques rares et des variations fréquentes. L’ensemble de ces résultats devrait nous permettre d’identifier les voies biologiques plus fréquemment altérées chez les personnes avec des TB et ainsi proposer des stratégies thérapeutiques adaptées à chaque famille.

Elisa COURTOIS (Créteil), Annabelle HENRION, Caroline BARAU, Bruno ETAIN, Philippe LE CORVOISIER, Marion LEBOYER, Stéphane JAMAIN
00:00 - 00:00 #13022 - P062 Chorée bénigne héréditaire familiale sans anomalie de NKX2-1 : Mise en évidence d’une région régulatrice de NKX2-1 ou identification d’un nouveau gène de chorée héréditaire ?
P062 Chorée bénigne héréditaire familiale sans anomalie de NKX2-1 : Mise en évidence d’une région régulatrice de NKX2-1 ou identification d’un nouveau gène de chorée héréditaire ?

La chorée bénigne héréditaire ou familiale (OMIM 118700) est un trouble du mouvement hyperkinétique rare, débutant précocement dans la petite enfance mais peu progressif à l’âge adulte. C’est une maladie à transmission autosomique dominante, en rapport avec des mutations ou délétions du gène NKX2-1. Elle fait également partie du syndrome cerveau-poumon-thyroïde (OMIM 610978) dans lequel des atteintes respiratoires et thyroïdiennes sont observées.

Une centaine de cas de délétions de tailles variables ont été rapportés à ce jour. L’analyse en SNP array d’une famille multiplexe de Chorée Héréditaire Bénigne nous a permis de mettre en évidence une microdélétion 14q13.33 de 140kb à environ 200kb en 3’de NKX2-1, ségrégant chez les membres symptomatiques de la famille et contenant un seul gène : MBIP, non rapporté à ce jour en pathologie humaine.

Dans cette famille, le cas index est une jeune femme de 22 ans, hypotonique durant les premiers mois de vie et ayant développé dès l’âge d’un an une chorée affectant le tronc et les membres associée à des myoclonies et à une dystonie touchant principalement les membres inférieurs. Les difficultés à la marche ont nécessité l’utilisation d’un fauteuil roulant. Il n’existait pas de pathologie pulmonaire ou thyroïdienne associée. Son grand-père maternel, sa mère ainsi que quatre de ses oncles et tantes présentaient eux aussi un phénotype neurologique pur.

Des délétions responsables d’un syndrome cerveau-poumon-thyroïde et comprenant plusieurs gènes dont MBIP ont déjà été rapportées dans la littérature. La délétion identifiée chez notre patiente est la plus petite décrite à ce jour. Elle n’intéresse que le gène MBIP et permet ainsi de réduire la région minimale critique impliquée dans le phénotype. La co-expression au niveau embryonnaire de ces deux gènes, nkx2-1 et mbip, a été démontrée chez la souris au niveau thyroïdien, pulmonaire et cérébral. L’implication du gène MBIP ou de sa région adjacente non codante dans la régulation du gène NKX2-1 n’a pas été démontrée à ce jour. En effet l’expression de NKX2-1 est tissu spécifique (expression thyroïdienne, pulmonaire et cérébrale), et NKX2-1 n’est pas exprimé dans le tissu sanguin circulant. L’absence de tissu accessible rend ainsi les études fonctionnelles difficiles. La mise au point d’une PCR en temps réel, tissu spécifique, devrait permettre d’étudier l’expression de NKX2-1 chez tous les membres de la famille porteurs de la délétion comprenant MBIP et d’appréhender ainsi son mécanisme d’action.

Adeline BONNARD (PARIS), Myriam RACHID, Malek LOUHA, Benoît FUNALOT, Diana RODRIGUEZ, Anne-Catherine BACHOUD-LEVI, Françoise LANGLET , Valérie OLIN, Boris KEREN, Jean-Pierre SIFFROI, Sandra CHANTOT-BASTARAUD, Diane DOUMMAR
00:00 - 00:00 #13029 - P063 La régulation de SHH par la voie Notch, ou comment expliquer l’hétérogénéité phénotypique de l’holoprosencéphalie.
P063 La régulation de SHH par la voie Notch, ou comment expliquer l’hétérogénéité phénotypique de l’holoprosencéphalie.

L'holoprosencéphalie (HPE) est une anomalie du développement cérébral accompagnée d’anomalies faciales. Elle est causée par un défaut de clivage du prosencéphale et se caractérise par un large spectre phénotypique en fonction du degré de séparation des hémisphères cérébraux (formes lobaire, semilobaire ou alobaire). Des formes moins sévères ont également été décrites, appelées microformes : comme des microcéphalies ou des troubles faciaux modérés sans malformation cérébrale typique, comme l’hypotélorisme ou une incisive médiane unique. Les patients affectés peuvent présenter une déficience intellectuelle et un retard psychomoteur, une épilepsie, un trouble de régulation thermique, et des anomalies endocrines, digestives et respiratoires.

Cette hétérogénéité phénotypique s’accompagne d’une hétérogénéité génotypique. En effet, 15 gènes ont été impliqués jusqu'à présent dans l’apparition de l’HPE, qui sont tous engagés dans la régulation de l'activité de Sonic Hedgehog  (SHH). Le gène SHH code pour une molécule ventralisante sécrétée très précocement au cours du développement cérébral et conduisant, dans la partie ventrale antérieure du tube neural, à la différentiation de la ligne médiane.  Un dysfonctionnement dans la signalisation Shh entraîne un phénotype HPE. Les études menées sur les modèles animaux montrent que la perturbation temporelle de la signalisation Shh est en corrélation avec la gravité des phénotypes holoprosencéphaliques : plus l’altération se produit tôt au cours du développement céphalique, plus le phénotype est sévère.

La voie de signalisation Notch a été associée à l’HPE, mais les mécanismes moléculaires impliquant Notch au cours du développement précoce du cerveau restent inconnus. Notre étude a été menée sur des modèles animaux inhibés pour la voie Notch. Des hybridations in situ sur des embryons knock out de souris pour l’effecteur de la voie Notch, RBPJ, ont permis de montrer qu'elle régulait l'expression de SHH dans la ligne médiane antérieure. Une inhibition chimique de la voie Notch chez le modèle poulet nous a permis d’affiner la fenêtre d’action pendant laquelle Notch régulait Shh dans la partie ventrale antérieure du tube neural, et de comprendre les mécanismes moléculaires mis en jeu dans cette régulation. Nous montrons que la régulation de Shh par Notch est tardive et qu'un défaut dans la signalisation de Notch conduit à un phénotype de type HPE modéré.

Ces résultats nous permettent de définir les mécanismes impliqués dans la variabilité phénotypique  observée chez les patients HPE. En effet, la sévérité du phénotype de l'HPE dépend non seulement d'une diminution de la concentration de SHH mais également du stade embryonnaire auquel se met en place cette diminution. 

Houda HAMDI-ROZE (Rennes), Aurélie RIZZO, Maïlys RUPIN, Michelle WARE, Hélène GUYODO, Véronique DAVID, Valérie DUPE
00:00 - 00:00 #13048 - P064 Inhibition de la voie de l’acide arachidonique par des mutations de CYP2U1 dans la paraplégie spastique SPG56.
P064 Inhibition de la voie de l’acide arachidonique par des mutations de CYP2U1 dans la paraplégie spastique SPG56.

Hereditary Spastic Paraplegias (HSPs) are a group of rare inherited disorders characterized by gradual spasticity and weakness of the lower limbs. These defects are the consequence of the retrograde degeneration of the cortico-spinal tracts. The pyramidal syndrome can occur alone in pure forms of HSP or associated with other neurological or extra neurological signs in complex forms. HSPs are transmitted according to all modes of inheritance and more than 70 genes have been identified.

SPG56 is a rare autosomal recessive early onset complicated form of HSP caused by mutation in CYP2U1 gene. CYP2U1 is a cytochrome P450 family 2 member which plays an important role in modulating the arachidonic acid (AA) signaling pathway and in the metabolism of long chain fatty acids. CYP2U1 metabolizes AA into two bioactive metabolites 19- and 20-HETE.

We identified several patients carrying either homozygous truncating mutation (p.L21Wfs*191), and missense variations (p.D316V1; p.E380G1 and p.C490Y2), or compound heterozygous (p.C262R associated to p.R488W and c.1288+1G>A associated to p.G115S and p.R384I2).

We developed an in vitro biochemical assay to determine the pathogenicity of missense variants of uncertain clinical significance (VUS class<5). To this end, wild type and 7 different mutated transcripts of CYP2U1 were transiently overexpressed in HEK293 cells. We then compared spectroscopic, enzymatic and structural (from a 3D model) characteristics of the over expressed wild type or mutated transcripts. The CYP2U1 dependent metabolism of arachidonic acid was measured by incubating protein extracts from transfected cells with arachidonic acid and analyzed by LC-MS. Five amino-acid substitutions, 4 VUS class4 and one VUS class3 (p.G115S, p.C490Y, p.D316V, p.R488W and p.C262R) led to a complete loss-of-function of CYP2U1 enzymatic activity towards AA hydroxylation. Moreover, the corresponding proteins did not behave as cytochromes P450, as they failed to exhibit a 450nm peak in UV-vis difference spectroscopy. Molecular modelling studies indicated that the p.Cys262Arg, p.Arg488Trp, and p.Cys490Tyr variants’ inability to exist as cytochromes P450 would result from a lack of proper heme binding in the active site whereas in the case of the p.Gly115Ser and p.Asp316Val variants, it would result from the instability of the proteins. Variations p.R384I and p.E380G (VUS class 3) displayed an activity similar to that of CYP2U1WT and did not significantly modify the protein stability and its ability to correctly bind heme. They should be considered as benign (i.e VUS Class1).

In conclusion, by combining several approaches, we have set up, for the first time, an in vitro enzymatic assay allowing to validate the in silico suggested pathogenic status of 5 CYP2U1 missense VUS and to move down 2 others. Our in vitro test could be used to explore the functional significance and corroborate pathogenicity of future variants identified in CYP2U1.

Christelle, M DURAND (Bordeaux), Laura DHERS, Christelle TESSON, Alessandra TESSA, Laetitia FOUILLEN, Stéphanie JACQUERE, Laure RAYMOND, Isabelle COUPRY, Giovanni BENARD, Frédéric DARIOS, Khalid H EL-HACHIMI, Guja ASTREA, Claire PUJOL , Didier LACOMBE, Alexandra DURR, Patrick J BABIN, Filippo M SANTORELLI, Nicolas PIETRANCOSTA, Jean-Luc BOUCHER, Daniel MANSUY, Giovanni STEVANIN, Cyril GOIZET
00:00 - 00:00 #13049 - P065 Bilan Lyonnais de 28 mois d’utilisation d’un panel de 450 gènes impliqués dans la déficience intellectuelle.
P065 Bilan Lyonnais de 28 mois d’utilisation d’un panel de 450 gènes impliqués dans la déficience intellectuelle.

La Déficience intellectuelle (DI) décrite comme la capacité réduite de comprendre une information nouvelle ou complexe, et d’apprendre et d’appliquer de nouvelles compétences touche 1 à 3% de la population. Les causes sont multiples. Elles peuvent être acquises (toxiques, traumatiques, infectieuses…) ou génétiques. Du point de vue génétique, les causes de DI sont soit d’origine chromosomique (10 à 15% des cas) soit d’origine génique (15 à 25% des cas). Plus de 800 gènes ont déjà été impliqués dans la DI.

Récemment encore, chaque gène et chaque patient devait être étudié indépendamment. L’avènement du séquençage haut débit a permis l’analyse simultanée de plusieurs gènes et patients en parallèle augmentant considérablement le rendement diagnostique.

Nous présentons ici le bilan de 28 mois d’expérience de notre panel comprenant 450 gènes impliqués dans la DI. Le séquençage de ces gènes a été effectué sur un séquenceur Nextseq500 (Illumina®) en poolant les patients par 24. L’analyse  bioinformatique a été réalisée par notre pipeline « maison » : Papillyon, basé sur les recommandations du Broad Institute. La profondeur moyenne obtenue est d’environ 150X.

328 patients ont été séquencés, 267 résultats ont été rendus parmi lesquels 70 variants de classe 4 ou 5 (probablement pathogènes ou pathogènes) correspondant à un taux diagnostique de 26.2%.

Les variants pathogènes les plus fréquents ont été identifiés dans les gènes : SYNGAP1 (4), IQSEC2 (3), KMT2D (3), SCN2A (3), ADNP (2), ARID1B (2), CHD2 (2), KDM5C (2), NSD1 (2), SETD5 (2), TRIP12 (2), et UBE3A (2).

Seulement 9 variants de signification inconnue (3,4%) ont été mis en évidence : 3 variants de novo pour lesquels le phénotype du patient ne correspond pas à la pathologie décrite pour le gène, 2 sur le chromosome X, hérités de mères bien portantes, 1 variant faux-sens survenu de novo dans le dernier exon du gène SHANK3, 1 variant pour lequel l’étude parentale ne pourra pas être réalisée, et 1 variant hérité dans un gène à pénétrance incomplète et pour lequel les éléments cliniques ne sont pas discriminants.

Les résultats obtenus confirment l’efficacité diagnostique de ce panel. Dans la mesure où les nouvelles techniques de séquençage haut débit permettent d’identifier régulièrement de nouveaux gènes impliqués dans la DI, nous avons choisi, à l’avenir, plutôt que de redessiner notre panel de passer à l’étude de l’exome en diagnostic.

 

Audrey LABALME (LYON), Marie FAOUCHER, Jessica MICHEL, Pierre Antoine ROLLAT-FARNIER, Sylvain PICARD, Thomas SIMONET, Claire BARDEL, Patrick EDERY, Massimiliano ROSSI, Alice POISSON, Lynda PONS, Audrey PUTOUX, Marianne TILL, Vincent DES PORTES, Nicolas CHATRON, Damien SANLAVILLE, Gaëtan LESCA
00:00 - 00:00 #13053 - P066 HIRA, un gène candidat au phénotype neurodéveloppemental du syndrome de microdélétion 22q11.
P066 HIRA, un gène candidat au phénotype neurodéveloppemental du syndrome de microdélétion 22q11.

Le syndrome de microdélétion 22q11 (SD22q11) autrement appelé syndrome de DiGeorge dans sa forme complète est le syndrome microdélétionnel le plus fréquent, touchant jusqu’à 1/2000 naissances. Les signes cliniques sont variables et associent entre autres, des malformations cardiaques, une hypoplasie du thymus et des parathyroïdes, un retard de développement psychomoteur, une déficience intellectuelle et des troubles psychiatriques. Aucun des 90 gènes de la région communément délétée de 3 mégabases n’explique entièrement le tableau clinique. En particulier, l’origine des anomalies neurodéveloppementales reste aujourd’hui spéculative. Nous proposons que le gène HIRA situé dans la région communément délétée, est responsable du phénotype neurodéveloppemental.

L’observation d’une fillette présentant une déficience intellectuelle et des particularités morphologiques faciales très évocatrices de SD22q11 associées à une délétion intragénique de novo d’HIRA, nous a conduits à étudier ce gène. HIRA intervient dans la régulation épigénétique de l’expression génique en contrôlant le dépôt d’histone H3.3 dans les nucléosomes. Il a été récemment mis en évidence qu’HIRA régule la neurogénèse chez la souris. Nous avons étudié par RT-qPCR, l’expression d’HIRA durant le développement cérébral, in vitro sur des cultures primaires de neurones de souris et in vivo sur des extraits de cerveau de souris à différentes étapes du développement cérébral. Ainsi, nous avons démontré qu’HIRA est fortement exprimé pendant la neuritogénèse. Afin d’évaluer l’impact de l’haploinsuffisance d’HIRA, nous avons utilisé une méthode de répression de l’expression par shRNA dans des cultures primaires de neurones de souris. Nous avons mis en évidence qu’une diminution d’expression de 56% d’HIRA entraine une altération majeure de la différenciation neuronale, en particulier au niveau  de l’arborisation dendritique. Par ailleurs, nous avons étudié l’expression de deux gènes situés dans la région délétée et en dehors (MRPL40 et MYH9 respectivement) chez plusieurs témoins sains, chez plusieurs patients avec une délétion 22q11 classique et chez la patiente avec une délétion intragénique d’HIRA. Nous avons mis en évidence une dérégulation d’expression de ces deux gènes chez la patiente avec une délétion intragénique.

Nos données suggèrent fortement que le gène HIRA est responsable du phénotype neurodéveloppemental du SD22q11 et pourrait induire une dérégulation de l’expression génique participant à la variabilité d’expression.

Médéric JEANNE (TOURS), Marie-Laure VUILLAUME, Dévina UNG, Sandrine VONWILL, Damien HAYE, Nora CHELLOUG, Marie-Pierre MOIZARD, Sylviane MAROUILLAT, Frédéric LAUMONNIER, Annick TOUTAIN
00:00 - 00:00 #13071 - P067 Confirmation de l’implication d’ATP8A2 dans les ataxies cérébelleuses récessives.
P067 Confirmation de l’implication d’ATP8A2 dans les ataxies cérébelleuses récessives.

Introduction:

Les mutations du gène ATP8A2 sont responsables d’affections neurodégénératives de transmission autosomique récessive. Les signes neurologiques se caractérisent par une encéphalopathie avec ou sans hypotonie, associée à un retard psychomoteur, des mouvements anormaux, une chorée, des tremblements, une déficience intellectuelle, une atrophie optique et une atrophie cérébelleuse. Jusqu’à présent, seules 4 familles ont été décrites. Le premier cas porte une translocation équilibrée des chromosomes 10 et 13 de novo qui interrompt la séquence codante d’ATP8A2. Les trois autres familles ont des mutations faux-sens à l’état homozygote ou hétérozygote composite. Ces mutations sont situées dans le domaine catalytique cytoplasmique (acides aminés 364 à 877) adjacent au segment transmembranaire VI de ATP8A2. ATP8A2 est une ATPase transmembranaire de 1188 acides aminés transportant les phospholipides IB, et qui est impliquée dans la maintenance de la distribution asymétrique des phospholipides dans différentes membranes.

Méthode et Résultats :

Nous rapportons ici l’identification par séquençage d’exome de nouvelles mutations à l’état homozygote dans ATP8A2 (NM_016529) dans deux familles consanguines. Ces deux mutations, situées dans l’exon 20 entraînent l’apparition de variations faux-sens (p.Gly585Val et p.Arg588Trp) prédites pathogènes. Les acides-aminés glycine585 et arginine588 sont conservés de l’homme à la levure.

La première fratrie originaire de Turquie porte la mutation p.Gly585Val à l’état homozygote; ils présentaient à l’âge d’un an une titubation, une démarche ataxique et des tremblements.  Les deux enfants avaient des capacités intellectuelles limitées (QI: 70-80).

Dans la seconde famille originaire d’Algérie, la fille portant la mutation p.Arg588Trp présentait un retard d’acquisition de la marche, un déséquilibre, une hypotonie sévère, une dysmétrie, un nystagmus, une surdité moyenne et une atrophie cérébelleuse.

Ces trois patients étaient encore ambulants, avec aide unilatérale, entre 8 et 11 ans.

Conclusion:

Nous rapportons deux familles avec mutations du gène ATP8A2 et présentant une forme moins sévère caractérisée par une ataxie cérébelleuse sans encéphalopathie. ATP8A2 doit par conséquent être inclus dans les panels de criblage d’ataxie syndromique héréditaire. Il apparaît que toutes les mutations récessives identifiées à ce jour dans le gène ATP8A2 sont des mutations faux-sens situées dans le domaine central de la protéine, ce qui suggère un mécanisme pathologique par perte de fonction partielle, indépendamment de la sévérité.

Lise LARRIEU, Claire GUISSART (MONTPELLIER), Ibrahim ONCEL, Haluk TOPALOGLU, Patrick CALVAS, Michel KOENIG
00:00 - 00:00 #13072 - P068 Importance des variations du nombre de copies (CNV) dans les pathologies autosomiques récessives rares : le modèle de la déficience intellectuelle associée aux variations pathogènes du gène TRAPPC9.
P068 Importance des variations du nombre de copies (CNV) dans les pathologies autosomiques récessives rares : le modèle de la déficience intellectuelle associée aux variations pathogènes du gène TRAPPC9.

Ces dernières années, de nombreux gènes responsables de formes autosomiques récessives de déficience intellectuelle ont été identifiés à l'aide du séquençage d'exome ou de génome dans des familles consanguines. Des mutations dans le gène TRAPPC9 ont été rapportées dans huit familles consanguines provenant de différentes origines géographiques, permettant la caractérisation d'un phénotype associé. Les patients atteints présentent une DI sévère, des troubles du langage, une microcéphalie, une obésité, un développement moteur normal et des anomalies cérébrales. Nous rapportons six nouveaux patients recrutés au travers d'un réseau national collaboratif. Pour deux patients hétérozygotes pour une variation du nombre de copie (CNV), le phénotype était concordant avec les données de la littérature et a conduit à la recherche et à l'identification d'une mutation sur l'autre allèle. Le troisième patient était homozygote pour un CNV intragénique dans le gène TRAPPC9. Le phénotype des patients était concordant avec la littérature. Des publications récentes ont souligné le rôle des CNV dans l'étiologie de maladies récessives. Cette étude montre que les CNV contribuent significativement au spectre mutationnel du gène TRAPPC9 et confirme l’intérêt de combiner l'exome à l'analyse des CNV pour réaliser un diagnostic moléculaire chez des patients avec des maladies mendéliennes rares.

Jérémie MORTREUX (MARSEILLE), Tiffany BUSA, Dominique P. GERMAIN, Gwenaël NADEAU, Jacques PUECHBERTY, Christine COUBES, Vincent GATINOIS, Pierre CACCIAGLI, Yannis DUFFOURD, Fairouz KORAICHI, Hélène TEVISSEN, Laurent VILLARD, Damien SANLAVILLE, Nicole PHILIP, Chantal MISSIRIAN
00:00 - 00:00 #13073 - P069 Anomalies cérébrales spécifiques dans le syndrome Kabuki par IRM anatomique et fonctionnelle.
P069 Anomalies cérébrales spécifiques dans le syndrome Kabuki par IRM anatomique et fonctionnelle.

Le syndrome Kabuki (SK OMIM 147920 et OMIM 300867) est une maladie génétique rare (1/32 000) défini par cinq critères : variations morphologiques faciales permettant d’évoquer le diagnostic, anomalies dermatoglyphiques et squelettiques, déficience intellectuelle légère à modérée et retard de croissance post natal. En dehors de ces 5 manifestations, de nombreux autres symptômes peuvent être observés tels malformations cardiovasculaires, rénales et vertébrales, sensibilité aux infections et/ou autoimmunité, anomalies visuels ou auditives, épilepsie, etc (Niikawa et al., 1981). À ce jour, 2 gènes majeurs sont responsables du SK. KMT2D, est muté dans 34% à 76% de patients avec SK alors que KDM6A, a été rapportée chez moins de 6% des patients (Bögershausen et al., 2016).

À l'exception de la description d’un patient avec atrophie du cerveau et du cervelet (Yano et al., 1997), et d’un autre patient avec dysplasie corticale perisylvienne (Takano et al., 2010), il existe très peu d'informations disponibles concernant l'imagerie cérébrale dans le SK.

En utilisant des techniques d’IRM multimodale, nous avons effectué une étude anatomique et fonctionnelle complète du cerveau chez 6 patients avec SK et mutation KMT2D, en les comparants avec 30 témoins appareillés en âge et en sexe. Les anomalies anatomiques ont été évaluées par morphométrie basée sur les voxels (VBM) afin de comparer les différences de matière grise et blanche (MG et MB) entre patients SK et sujets sains. Nous avons ensuite étudié d’éventuelles anomalies fonctionnelles par méthode ASL (arterial spin labelling) en recherchant des différences de flux sanguin cérébral (FSC) au repos entre les patients avec SK et les témoins. Nous avons mis en évidence une diminution de la MG dans le cortex prémoteur droit (Aire de Brodmann AB-6, région critique responsable de l'orientation sensorielle, de l'initiation des mouvements) et une diminution du FSC dans le cortex préfrontal dorsolateral gauche (AB-9, région motrice, impliquée dans l'organisation, la planification et la régulation du mouvement) pouvant expliquer les difficultés de motricité fine et l’atténuation/disparition des plis de flexion des inter phalangiennes des plis des doigts (Michot et al, 2013). Nous avons également mis en évidence une diminution statistique de la taille des hippocampes chez les patients avec syndrome Kabuki comme observé dans le modèle murin (Kmt2d +/βGeo; Bjornsson et al., 2014). Néanmoins, les résultats des bilans psychomoteurs des 6 enfants avec syndromes Kabuki ne sont pas en faveur d’un trouble de la mémoire (meilleurs performances en mémoire de travail et compréhension verbale; Lehman et al, 2016). Des investigations plus poussées sur la mémoire chez les patients avec SK doivent donc être menées afin de comprendre cette discordance entre l’imagerie et les tests psychométriques et peut-être dévoiler de nouveaux éléments de la physiopathologie de la mémoire chez l’homme.

Remerciement à l’Association Syndrome Kabuki

Jennifer BOISGONTIER, Natacha LEHMAN, Jean-Marc TACCHELLA, Elise SCHAEFER, Laurence FAIVRE, Odile BOUTE, Marlène RIO, Vincent GATINOIS, Guilaine BOURSIER, Elodie SANCHEZ, Geneviève BAUJAT, Kim-Hanh LE QUAN SANG, Damien SANLAVILLE, Stanislas LYONNET, Hervé LEMAITRE, Ana Riva BAGGIO SAITOVITCH, Monica ZILBOVICIUS, Nathalie BODDAERT, David GENEVIÈVE (Montpellier)
00:00 - 00:00 #13089 - P070 Implication du récepteur GABAB dans la déficience intellectuelle : identification d'une nouvelle mutation de novo dans le gène GABBR2 par Whole Exome Sequencing.
P070 Implication du récepteur GABAB dans la déficience intellectuelle : identification d'une nouvelle mutation de novo dans le gène GABBR2 par Whole Exome Sequencing.

L’acide γ-aminobutyrique, GABA, est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central, chez l’homme, à l’âge adulte. Ce neurotransmetteur active les récepteurs ionotropes, GABAA, et métabotropes, GABAB. Le récepteur GABAB est formé de deux sous-unités GABAB1 et GABAB2 qui s’hétérodimérisent. En conditions normales, la liaison du neurotransmetteur GABA au domaine extracellulaire « Venus fly trap » de la sous-unité GABAB1 entraîne un changement de conformation du récepteur puis le recrutement et l’activation des protéines G et des voies de signalisation en aval responsables de l’inhibition neuronale. Certains modulateurs allostériques synthétiques peuvent également se lier au domaine transmembranaire de la sous-unité GABAB2 et potentialiser l’effet du neurotransmetteur GABA augmentant ainsi l’inhibition neuronale. Jusqu’à présent, la majorité des anomalies génétiques du système GABAergique ont été retrouvées au niveau du récepteur ionotrope GABAA. Récemment, trois mutations faux-sens, de novo, ont été identifiées dans le récepteur GABAB au niveau de la sous-unité GABAB2 codée par le gène GABBR2. Deux de ces mutations, situées au niveau du 6ème domaine transmembranaire de la sous-unité GABAB2, ont été rapportées chez deux enfants présentant une encéphalopathie épileptique. Une mutation récurrente localisée au niveau du 3ème domaine transmembranaire a également été rapportée chez 5 patients présentant un phénotype de type Rett sans épilepsie. Certains auteurs ont suggéré que la sévérité du phénotype serait corrélée à l’activité du récepteur et à la position de la mutation. Néanmoins, nous avons identifié, par séquençage de l’exome, une nouvelle mutation faux-sens, de novo, dans le gène GABBR2, qui, bien que située dans le 6ème domaine transmembranaire de la sous-unité GABAB2 est retrouvée chez une patiente présentant plutôt un phénotype de type Rett avec une déficience intellectuelle sévère sans épilepsie. Cette mutation, c.2119G > A, p.(Ala707Thr), absente dans les bases de données contrôles (Gnomad, Exac, dbSNP), affecte un nucléotide et un acide aminé très conservés et est prédite pathogène par les logiciels de prédiction in silico (SIFT, Mutation Taster, Polyphen 2). Du fait de sa localisation, elle pourrait perturber la liaison du récepteur aux modulateurs allostériques et entraîner un défaut de signalisation en aval du récepteur. Afin d’élucider son mécanisme d’action et son impact sur l’activité du récepteur, nous conduisons actuellement des expériences in vitro en mesurant l’activité du récepteur via des effecteurs secondaires après co-transfection des sous-unités GABAB1 et GABAB2 sauvage et mutées dans des cellules HEK-293. Ces résultats élargissent le spectre mutationnel de GABBR2 et renforcent l’implication du récepteur GABAB dans la déficience intellectuelle sévère. Ils démontrent également l’importance des tests fonctionnels pour établir des corrélations génotype/phénotype précises.

Marie-Laure VUILLAUME (Tours), Médéric JEANNE, Sophie BLESSON, Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON, Lie XUE, Servane ALIROL, Céline BRULARD, Estelle COLIN, Bertrand ISIDOR, Brigitte DUSSARDIER, Sylvie ODENT, Philippe PARENT, Audrey DONNART, Richard REDON, Stéphane BÉZIEAU, Philippe RONDARD, Frédéric LAUMONNIER, Annick TOUTAIN
00:00 - 00:00 #13091 - P071 Variabilité phénotypique liée aux délétions en mosaïque du gène TCF4 impliqué dans le syndrome de Pitt-Hopkins.
P071 Variabilité phénotypique liée aux délétions en mosaïque du gène TCF4 impliqué dans le syndrome de Pitt-Hopkins.

Le syndrome de Pitt-Hopkins (PTHS) associe une déficience intellectuelle sévère, des troubles de la ventilation, des stéréotypies et un faciès particulier. Le gène responsable, TCF4 (Transcription Factor 4), code un facteur de transcription à domaine bHLH (basic helix-loop-helix) appartenant à la famille des E-protéines. Les patients atteints de PTHS portent à l’état hétérozygote, des délétions emportant tout ou une partie du gène TCF4, des mutations tronquantes ou des mutations faux-sens localisées dans le domaine bHLH, le plus souvent survenues de novo. A travers des études en FISH et en CGHa nous et d’autres équipes avons déjà rapporté quatre cas de délétions en mosaïque de grande taille (> 7.5 Mb) emportant TCF4 mais également de nombreux autres gènes de la région 18q21. Aujourd’hui, le séquençage de nouvelle génération nous permet d’identifier des délétions en mosaïque de petite taille, intragéniques. Nous rapportons ici quatre nouveaux individus indépendants porteurs de quatre délétions distinctes en mosaïque de TCF4 identifiées dans le sang périphérique, validées par deux techniques différentes. Le taux de mosaïcisme varie d’un individu à un autre et a été évalué entre 10 et 30%. La taille des délétions est également différente, emportant seulement quelques exons de TCF4 chez deux patients (40 Kb et 246 Kb) ou la totalité du gène chez les deux autres (6 Mb et 8.6 Mb). L’individu porteur de la plus petite délétion (40 kb, 2 exons) avec un mosaïcisme estimé à environ 20% est asymptomatique, mais il est père de deux enfants atteints de PTHS. Le second patient dont la délétion est estimée à environ 30%, emportant la région 5’ et les trois premiers exons du gène, a un phénotype évocateur de PTHS. Les deux autres patients portant des délétions de grande taille (6 Mb et 8.6 Mb) avec un mosaïcisme estimé à 10% et 20% présentent une déficience intellectuelle sévère et certains signes cliniques de PTHS. Afin d’explorer les relations entre génotype et phénotype, nous avons évalué les données suivantes chez les quatre individus de cette étude et chez les patients rapportés dans la littérature porteurs d’une anomalie moléculaire en mosaïque de TCF4: le degré de mosaïsme, la taille et la localisation de la délétion, et la sévérité de la déficience intellectuelle et des critères cliniques de PTHS.

En conclusion, nous rapportons quatre nouvelles délétions en mosaïque de TCF4 et discutons les données moléculaires, le spectre phénotypique, et les techniques de détection et de validation des anomalies moléculaires en mosaïque.

Delphine HÉRON , Stephanie ARPIN, Damien HAYE, Dominique MARTIN-COIGNARD, Nicolas GRUCHY, Camille LOUVRIER, Nora CHELLOUG, Shara GROTTO, Nathalie LE DU, Thierry GAILLON, Bruno COPIN, Valérie NAU, Boris KEREN, Sandra CHANTOT-BASTARAUD, Serge AMSELEM, Irina GIURGEA (PARIS)
00:00 - 00:00 #13096 - P072 Identification d’une microdélétion emportant FLI1 et ETS1 en 11q24.3 dans une famille présentant un tableau proche du syndrome de Jacobsen sans déficience intellectuelle.
P072 Identification d’une microdélétion emportant FLI1 et ETS1 en 11q24.3 dans une famille présentant un tableau proche du syndrome de Jacobsen sans déficience intellectuelle.

Le syndrome de Jacobsen est associé à une délétion de la partie distale du bras long du chromosome 11. La taille de la délétion est variable, habituellement comprise entre 7 et 20Mb. Ce syndrome est défini par l’association d’une déficience intellectuelle, d’une dysmorphie faciale évocatrice et d’anomalies hématologiques (syndrome de Paris-Trousseau). Des malformations diverses peuvent y être associées (cardiaques, rénales, digestives, membres), ainsi qu’un retard de croissance pré-et post-natal.

Nous décrivons ici une patiente adressée en consultation de génétique à l’âge de 6 semaines pour une malformation du pied gauche (hypoplasie des orteils) associée à une communication inter-ventriculaire (CIV). Elle présente une dysmorphie faciale évocatrice du syndrome de Jacobsen avec un front haut, un hypertélorisme, un télécanthus, un ptosis, une racine du nez plate avec pointe bulbeuse et des oreilles petites et mal ourlées. Sur le plan hématologique, on note une thrombopénie et une lymphopénie modérées. Le développement psychomoteur est normal. Dans ses antécédents, on note que son grand-père maternel présente une thrombopénie et que sa mère présente une thrombopénie, une CIV et un ptosis congénital unilatéral avec strabisme.

L’analyse chromosomique par la technique de CGH-array a mis en évidence une délétion interstitielle de 700kb en 11q24.3, héritée de sa mère. Cette délétion emporte les gènes FLI1 et ETS1, candidats pour être respectivement responsables du syndrome de Paris-Trousseau (thrombopathie avec thrombopénie) pour FLI1 et de malformations cardiaques pour ETS1. Un modèle murin précédemment décrit, double hétérozygote pour Fli1 et Ets1, a reproduit certaines anomalies du syndrome de Jacobsen dont une thrombopénie, des anomalies cardiaques et des modifications du massif facial.

Nous présentons donc la plus petite délétion connue chez l’homme dans la région du syndrome de Jacobsen, emportant uniquement deux gènes FLI1 et ETS1, et associée aux anomalies morphologiques, hématologiques et cardiaques décrites dans le syndrome de Jacobsen. Ce résultat permet de confirmer l’implication majeure de ces deux gènes dans le phénotype associé au syndrome de Jacobsen. Il est également utile pour le conseil génétique notamment en cas de découverte prénatale, étant donné le pronostic rassurant sur le plan du développement intellectuel. Il permet également d’exclure la responsabilité de ces deux gènes concernant la déficience intellectuelle dans le syndrome de Jacobsen.

Solène CONRAD (Nantes), Kamran MORADKHANI, Olivier PICHON, Cédric LE CAIGNEC, Cécile PASCAL, Caroline THOMAS, Mathilde NIZON
00:00 - 00:00 #13109 - P073 Analyse du gène PRRT2 : bilan de 4 ans d’expérience d’analyse chez des patients avec suspicion de dyskinésies paroxystiques, d’ataxies épisodiques ou de migraine hémiplégique.
P073 Analyse du gène PRRT2 : bilan de 4 ans d’expérience d’analyse chez des patients avec suspicion de dyskinésies paroxystiques, d’ataxies épisodiques ou de migraine hémiplégique.

Introduction : Depuis la mise en évidence d’altérations du gène PRRT2 dans les dyskinésies paroxystiques en 2012, l’implication de ce gène n’a cessé de prendre de l’importance : des mutations de PRRT2 sont responsables de dyskinésies paroxystiques kinésigéniques (PKD), d’épilepsie infantile bénigne familiale (BFIE), de convulsions infantiles et choréo-athétose (ICCA), de migraine hémiplégique (MH), de torticolis paroxystique bénin (TPB) et d’ataxie épisodique (EA). Nous rapportons l’expérience du laboratoire de Génétique Moléculaire de l’Hôpital Lariboisière dans le criblage de patients envoyés pour analyse moléculaire dans le cadre du diagnostic de mouvements anormaux paroxystiques (ataxies épisodiques ou dyskinésies paroxystiques) ou de migraine hémiplégique depuis 4 ans.

Patients : 305 patients envoyés pour suspicion d’EA, 83 patients envoyés pour suspicion de PKD, 23 patients envoyés dans le cadre d’épisodes de dystonie et 571 patients envoyés pour suspicion MH et ont été testés pour PRRT2 entre 2014 et 2017 (séquençage et QMPSF).

Mutations : Une mutation du gène PRRT2 a été identifiée chez 50 patients index : 32 avec suspicion de PKD (dont 1 avec association MH), 10 pour diagnostic de MH, 5 avec suspicion d’ataxie épisodique et 2 pour épisodes de dystonie. 48 patients avaient une mutation de PRRT2 hétérozygote (33 mutations stop, 6 mutations faux-sens et 3 délétions complètes) et 2 patients avaient 2 allèles PRRT2 mutés (mutation stop homozygote chez l’un et association d’une mutation stop avec délétion complète de l’autre allèle chez l’autre).

 

Particularités cliniques des patients non PKD

Les patients envoyés pour suspicion de MH ne présentaient pas de particularité notable par rapport aux patients mutés dans les autres gènes de MH (CACNA1A, ATP1A2, SCN1A).

Chez les patients envoyés pour suspicion d’EA : un enfant présentait un retard de développement, une épilepsie et une ataxie (mutation hétéro composite), un homme de 42 ans présentant une épilepsie et des épisodes d’instabilité, une femme de 31 ans présentant des épisodes d’ataxie longs (son frère avait des mouvements anormaux), un enfant de 7 mois présentait des convulsions fébriles (notion d’ataxie chez sa sœur), un patient présentait des épisodes de torticolis et de dystonie du MSD.

Chez les patients envoyés pour épisodes de dystonie : un enfant présentait des troubles des apprentissages et un retard de langage (délétion complète) et un enfant présentait une dyskinésie paroxystique, une épilepsie et un retard psychomoteur (mutation homozygote).

 

Conclusion

Le type de mutation ne présage pas de l’expression (MH, EA ou PKD) mais les grandes délétions sont associées à des troubles des apprentissages dans notre série.

Les mutations homozygotes ou hétérozygotes composites entrainent des présentations sévères.

Il est important de rechercher les délétions complètes du gène PRRT2.

La connaissance des manifestations cliniques chez les apparentés aide pour l’orientation de la demande diagnostique.

Florence RIANT (PARIS), Jessica HADJHADJ, Agathe ROUBERTIE, Christian DENIER, Giovani CASTELNOVO, Jean Christophe CUVELLIER, Anne ROLLAND, Elisabeth TOURNIER-LASSERVE
00:00 - 00:00 #13129 - P074 Séquençage Sanger des régions introniques et des régions non traduites (5’UTR et 3’UTR) du gène GRN chez 4 patients atteints de dégénérescence lobaire fronto-temporale avec une progranulinémie abaissée.
P074 Séquençage Sanger des régions introniques et des régions non traduites (5’UTR et 3’UTR) du gène GRN chez 4 patients atteints de dégénérescence lobaire fronto-temporale avec une progranulinémie abaissée.

L'Unité Fonctionnelle de Neurogénétique Moléculaire et Cellulaire propose le diagnostic moléculaire des Dégénerescences Lobaires Fronto-Temporales (DLFT). Les DLFT sont des maladies neurodégénératives rares, qui affectent les lobes frontaux et temporaux du cortex cérébral, entraînant des troubles du comportement et du langage. Des mutations du gène de la progranuline (GRN) sont responsables d'une forme autosomique dominante de DLFT. Les patients porteurs des mutations GRN sont caractérisés par une baisse du taux de leur progranuline plasmatique. Actuellement, l'analyse moléculaire du gène GRN est réalisée par séquençage SANGER des 13 exons du gène, ainsi que de leurs régions flanquantes, chez un patient atteint de DLFT si son taux plasmatique de progranuline est ≤ 80 ng/ml. Si aucune mutation ponctuelle n'est identifiée, la recherche de grands réarrangements est réalisée par MLPA (Multiplex Ligation-dependent Probe Amplification) ou QMPSF (Quantitative Multiplex PCR of Short Fluorescent Fragments). Dans notre cohorte de patients atteints de DLFT avec un taux abaissé de progranuline plasmatique, nous avons identifié 4 patients qui ne sont ni porteurs de mutation ponctuelle, ni porteurs de grand réarrangement. Afin de rechercher d’éventuelles mutations qui pourraient altérer un site d’épissage, affecter la régulation de la transcription ou la stabilité de l’ARNm, nous avons séquencé chez ces 4 patients, les parties non-codantes du gène GRN : 5’UTR (639pb), 3’UTR (443 pb) et tous les introns du gène.

Parmi les variants identifiés, seul un variant présente un intérêt. Il s’agit du variant c.1179+86G > A dans l’intron 10 du gène GRN. Ce variant n’est pas répertorié dans les bases de données du polymorphisme humain et les logiciels de prédiction indiquent une forte augmentation des scores d’un site cryptique donneur de l’intron 10.

En accord avec le patient porteur du variant c.1179+86 G > A de l’intron 10, un prélèvement de biopsie de peau sera réalisé afin d’étudier le transcrit du gène dans les fibroblastes après culture. En effet, si le site cryptique donneur est préférentiellement utilisé à celui du site donneur constitutif, une rétention de l’intron 10 pourrait survenir, entrainant un transcrit anormal et une absence de synthèse de la protéine, expliquant la progranulinémie abaissée chez ce patient.

Concernant les 3 autres patients non porteurs de variants pathogènes, les régions 5’ et 3’ UTR et l’intron 1 du gène GRN n’ayant pu être séquencés dans leur totalité, on ne peut pas exclure l’existence d’une mutation dans ces parties non explorées du gène. L’étude du transcrit du gène dans les fibroblastes devra donc être réalisée chez ces 3 patients afin de rechercher la présence d’un transcrit anormal.

La recherche de mutations dans les introns profonds du gène GRN pourra être proposée en seconde intention chez les patients atteints de DLFT avec une progranulinémie abaissée et non porteurs de mutation ponctuelle ou de grand réarrangement du gène GRN.

Isabelle DAVID, Seif-Maximilien SAIM, Foudil LAMARI, Guillaume BANNEAU, Cécile CAZENEUVE, Eric LEGUERN, Isabelle LE BER, Fabienne CLOT (PARIS)
00:00 - 00:00 #13132 - P075 Diagnostic moléculaire par séquençage haut débit de patients atteints de rétinite pigmentaire autosomique récessive.
P075 Diagnostic moléculaire par séquençage haut débit de patients atteints de rétinite pigmentaire autosomique récessive.

Propos : Le diagnostic moléculaire des Rétinites Pigmentaires (RP) autosomiques récessives (ar) est à l'heure actuelle un challenge en raison de la grande hétérogénéité moléculaire de cette forme génétique : 61 gènes ont déjà été identifiés, expliquant environ 60 % des cas d'arRP. Deux gènes majeurs, USH2A and EYS, sont ensemble responsables de 13 à 19 % des cas. Grâce au Consortium Européen de Recherche sur les Dystrophies Rétiniennes (ERDC) nous avons évalué la prévalence des gènes connus dans les arRPs.

Méthodes : Les exons de 110 gènes décrits dans la base de données RetNet (https://sph.uth.edu/retnet/) ont été séquencés par NGS après enrichissement par MIP chez 188 cas probants de familles arRP ou de cas simplex. Les variants obtenus après filtre bioinformatique ont été recherchés dans les bases de données publiques HGMD, dbSNP, LOVD ou EXAC et la pathogénicité des changements d'acides aminés testée grâce aux logiciels PolyPhen-2, SIFT, Mutation taster et aGVGD. Les mutations d'épissage ont été testées grâce au logiciel SpliceSiteFinder. Les mutations sont ensuite vérifiées par séquençage Sanger et une analyse familiale est effectuée le cas échéant.

Résultats : Sur les 188 patients testés, 137 (73%) présentent une ou plusieurs mutations dans les gènes connus. Sur ces 137 patients, 3 hommes présentent une mutation déjà décrite dans des gènes de RP liée à l'X. De la même façon, 13 patients portent des mutations hétérozygotes de gènes responsables de RP dominantes autosomiques (CRX, SNRNP200, PRPF31…). Sur les 172 patients restants ayant donc une arRP présumée, 74% ont des mutations de gènes connus pour les arRPs dont 18% dans les gènes USH2A (13%) et EYS (5%) et 9% dans des gènes responsables de formes sévères (LCA5, RDH12, AIPL1).

Conclusion: Les gènes actuellement connus répondent dans notre cohorte française à 74% des arRPs. Nous confirmons la très forte prévalence des deux gènes USH2A et EYS. De plus, 6,9 % des patients de la cohorte initiale sont des formes dominantes autosomiques avec pénétrance variable ou liées à l’X, ce qui doit inciter à la plus grande prudence pour le conseil génétique des formes sporadiques qui représentent 45% des RPs. Les patients n'ayant qu'une seule ou aucune mutation causale bénéficieront prochainement d'une analyse des CopyNumberVariations. Les patients négatifs seront finalement analysés par Whole Exome Sequencing. 

Béatrice BOCQUET (MONTPELLIER), Corinne BAUDOIN, Thibault FESQUET, Lola SAGOT, Joévin BARRIER, Charline AUBRY, Gaël MANES, Isabelle MEUNIER
00:00 - 00:00 #13138 - P076 Coexistence d’une schwannomatose et d’un glioblastome dans deux familles non apparentées.
P076 Coexistence d’une schwannomatose et d’un glioblastome dans deux familles non apparentées.

La schwannomatose est une affection génétique rare prédisposant au développement de tumeurs neurologiques périphériques multiples, les schwannomes. Environ un tiers des patients atteints de schwannomatose portent une mutation constitutionnelle du gène LZTR1 (Leucin Zipper Transcription Regulator 1). La tumorigenèse dans la schwannomatose suit un modèle mutationnel somatique en 5-hit/3-step entrainant une perte de fonction de LZTR1 et des gènes contigus du locus 22q11.2q12.2 : SMARCB1, également impliqué dans la schwannomatose et NF2, responsable de la neurofibromatose de type 2. Le mécanisme en 5-hit/3-step implique une mutation constitutionnelle perte de fonction du premier allèle de LZTR1, suivie de deux événements somatiques : la perte d’hétérozygotie du locus 22q11.2q12.2 avec la délétion emportant LZTR1, SMARCB1 et NF2, et une mutation acquise de NF2 sur le premier allèle. Au niveau somatique, les mutations de LZTR1 sont impliquées, avec une fréquence significative, dans le développement de glioblastomes. via  une perte de fonction biallélique de LZTR1.

Nous rapportons ici deux familles dans lesquelles ségrégent à la fois des schwannomes multiples et un glioblastome. Dans chaque famille, un cas index avec une schwannomatose liée à une mutation de LZTR1 a un apparenté du premier degré décédé d’un glioblastome apparemment isolé. L’analyse moléculaire ciblée du gène LZTR1 du glioblastome chez les apparentés des deux familles a montré la présence de la mutation familiale. Ces observations suggèrent donc un lien potentiel entre schwannomatose et risque de glioblastome.

Caroline DEILLER (La Réunion), Béatrice PARFAIT, Julie TINAT, Hugues LOISEAU, Julien VAN-GILS, Thierry FABRE, Claire DELLECI, Joëlle COHEN, Michel VIDAUD , Cyril GOIZET, Cécile ZORDAN
00:00 - 00:00 #13140 - P077 Intérêt du Séquençage à haut débit dans une cohorte de patients déficients intellectuels adultes.
P077 Intérêt du Séquençage à haut débit dans une cohorte de patients déficients intellectuels adultes.

La déficience intellectuelle (DI) est une pathologie fréquente (environ 2% de la population générale). L’expression et les étiologies sont extrêmement variables et d’une très grande hétérogénéité. Dans le cadre du centre de référence « déficiences intellectuelles de causes rares », une consultation  multidisciplinaire (généticien, neurologue et assistante sociale) dédiée aux adultes atteints de déficience intellectuelle a été mise en place depuis novembre 2005, dont les objectifs sont multiples: le diagnostic étiologique, le conseil génétique, la prise en charge, le suivi, la caractérisation phénotypique de patients et le profil évolutif de ces affections.

La prise en charge, sans diagnostic étiologique établi, est plus incertaine, pour ces patients en l’absence de données sur l’évolution et pour les apparentés faute de conseil génétique fiable.

L’arrivée des techniques de séquençage à haut débit a permis d’augmenter le rendement diagnostique de façon très importante dans la déficience intellectuelle avec une répercussion directe pour le conseil génétique. Nous avons sélectionné les patients adultes, âgés de plus de 15 ans 3 mois, présentant une déficience intellectuelle, sans diagnostic étiologique. Ils sont adressés de différents services : de pédiatrie pour 40%, de neurologie pour 20%, de psychiatrie pour 10%, et d’autres services (Endocrinologie, Médecine Physique, gynécologie…), ou par leur médecin traitant pour 30 %.

Ces patients ont bénéficié d’une étude en séquençage à haut débit en trio soit par Trusight one (TS1) de 2014 à 2016 soit par séquençage d’Exome à partir de 2015.

Au total, 123 patients ont été séquencés, 51 en trusight one (Illumina) et 72 en exome. Un diagnostic étiologique a été fait dans 37% des cas, (21,6% en TS1 et 47,2% en exome). 36 /45 (80%) sont des mutations de novo (7/11 en TS1 et 29/34 en exome), 7/45 (16%) sont des formes récessives (2/11 en TS1 et 5/34 en exome) et 2/45 (4%) sont des anomalies liées au chromosome X (2/11 en TS1 et aucune en exome) transmise par des mères.

A total, 11/123 (9%) de variants de significations inconnues ont été identifiés ou expliquant une partie seulement des symptômes versus (4/51 en TS1 et 7/72 en exome). Pour 6 patients sur 72 (8%), des gènes candidats ont pu être identifiés et sont en cours de validation. Dans les étiologies retrouvées, peu de gènes sont récurrents.

 

Ces résultats montrent l’importance du diagnostic génétique dans la déficience intellectuelle même chez un patient adulte avec des répercussions directes pour le conseil génétique des apparentés, un soulagement des parents après des années d’errance diagnostique, une description de l’évolution naturelle de ces maladies à l’âge adulte, une information sur le profil évolutif.

Isabelle MAREY, Caroline NAVA, Solveig HEIDE (PARIS), Cyril MIGNOT, Sandra WHALEN, Damien HAYE, Alexandra AFENJAR, Julien BURATTI, Valerie OLIN, Elodie LEJEUNE, Sabina KARAGIC, Delphine HERON, Boris KEREN
00:00 - 00:00 #13145 - P078 Utilisation d’un panel NGS de 74 gènes pour le diagnostic de paraplégies spastiques héréditaires : comparaison des résultats de recherche et de diagnostic.
P078 Utilisation d’un panel NGS de 74 gènes pour le diagnostic de paraplégies spastiques héréditaires : comparaison des résultats de recherche et de diagnostic.

Les paraplégies spastiques (PS) héréditaires constituent un groupe de pathologies neurodégénératives principalement caractérisées par une dégénérescence du faisceau pyramidal. Cliniquement, la maladie se manifeste par des formes pures avec une spasticité progressive des membres inférieurs et des formes complexes y associant des troubles neurologiques et extra-neurologiques. La forte hétérogénéité phénotypique et génétique (plus de 70 gènes déjà décrits) de cette pathologie rend les tests moléculaires par séquençage Sanger longs et fastidieux.

L’avènement des technologies de nouvelle génération de séquençage (NGS) permet d’envisager de nouvelles stratégies d’analyse parmi lesquels le criblage à grande échelle de zones spécifiques du génome. Nous avons ainsi développé un kit à façon basé sur la technologie NimbleGen (Roche) afin de réaliser le séquençage haut-débit systématique des régions codantes de 74 gènes ayant été décrits dans la littérature comme responsables de paraplégies spastiques héréditaires. Les captures ont été préparées avec le kit SeqCap Ez Library (Roche) et séquencées sur un MiSeq (Illumina). L’alignement et la détection des variants ont été respectivement effectués par bwa et GATK etla recherche de réarrangements a été faite par analyse de couverture chez les cas sans variants évidents pour la série de recherche. Un pipeline dédié de la société GenoDiag a été utilisé pour la série de diagnostic.

Une série de 412 patients issus de la cohorte SPATAX et de collaborations a été explorée à l’aide de ce kit (série dite de recherche). Une série de réplication de 400 cas soumis pour un diagnostic moléculaire à l’UF de Neurogénétique a également été analysée avec la même technique (série dite de diagnostic). Après filtrage et priorisation, les variants ont été vérifiés par séquençage Sanger et lorsque cela était possible, les études de ségrégation ont été réalisées dans les familles.

Pour la série de recherche, le gène responsable du phénotype a pu être identifié dans 35,2% des cas. 44,4% ne présentent aucun variant d’intérêt et 20,4% présentent un ou plusieurs variants de signification inconnue. Dans ce dernier cas, les connaissances actuelles sur les gènes impliqués n’ont pas permis de conclure quant à leur implication dans la maladie. Des résultats comparables ont été obtenus dans la cohorte diagnostique, avec notamment l’identification du gène responsable de la pathologie dans 28% de cas.

A ce jour, plus de 60% des patients n’ont pas d’explication moléculaire à leur maladie. Une hypothèse serait la présence de mutations dans des gènes actuellement non rapportés comme liés aux paraplégies spastiques. L’extension de ce kit donne lieu à l’utilisation d’un nouveau test génétique basé sur le séquençage haut-débit des régions codantes de 3500 gènes dont 2500 sont responsables de syndromes génétiques reconnus avec une atteinte cérébrale et 1000 sont des gènes candidats sur la base de leur fonction ou de leur expression cérébrale préférentielle.

Mélanie PAPIN (Paris), Guillaume BANNEAU, Mathilde MAIREY, Liena ELSAYED, Ashraf MOHAMED OSMAN, Kol BOPHARA, Laurène TISSIER, Sara MORAIS, Yannick MARIE, Laure RAYMOND, Livia PARODI, Eric LE GUERN, Alexandra DURR, Giovanni STEVANIN
00:00 - 00:00 #13148 - P079 Criblage des gènes npc1 et npc2 parmi 200 patients atteints de la maladie de Parkinson à un âge précoce.
P079 Criblage des gènes npc1 et npc2 parmi 200 patients atteints de la maladie de Parkinson à un âge précoce.

Criblage des gènes npc1 et npc2 parmi 200 patients atteints de la maladie de Parkinson à un âge précoce

Screening of NPC1 and NPC2 genes in 200 patients with early onset Parkinson’s disease

 

Authors: Hélène Bertrand1, Sabine Prud’hon1, Fabrice Danjou1, Christelle Tesson1, Yann Nadjar2, Foudil Lamari3, Suzanne Lesage1, JC Corvol1

1- INSERM U1127, CNRS UMR 7225, UPMC Université Paris 06 UMR S1127, Sorbonne Université Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, ICM F-75013, Paris, France.

2- Département des Maladies du Système Nerveux Central, Uf Neurométabolique - Hôpital Pitié Salpêtrière - Paris – France

3- Biochimie Métabolique, Uf Neurométabolique - Hôpital Pitié Salpêtrière - Paris - France

 

Introduction Neurological symptoms of Niemann-Pick’s disease type C in the adult onset form can mimic several neurodegenerative disorders. There is growing evidence of an overlap between Parkinson’s disease (PD) and lysosomal storage disorders, such as Gaucher’s and Niemann-Pick’s diseases.

Aim To evaluate the frequency of mutations in two Niemann-Pick’s disease-associated genes, NPC1 and NPC2 in a French population of patients with early onset PD.

Methods and patients: Using a series of 200 PD patients with an age at onset ≤ 50 years (100 males and 100 females) and excluded for the common LRRK2 G2019S mutation, we investigated two candidate genes, NPC1 and NPC2, in an effort to identify possible causal variants, using multiplexed PCR based on Fluidigm Access-Array technology followed by barcoding and next generation resequencing on an Illumina MiSeq platform. Sanger DNA sequencing was further conducted for single-mutation confirmation.

Results Nine PD patients carried heterozygous variants in NPC1 and one patient was homozygote for a novel NPC1 variant predicted to be benign. Of them, four patients carried the same recurrent variant, N222S known to be causative in homozygous state in Niemann-Pick’s disease, accounting for a frequency of 2.5% in our PD population tested. Two other patients carried the NPC1 P237S variant known to be benign in Niemann-Pick’s disease. The remaining NPC1 variants were not known to be associated yet to Niemann-Pick’s disease. A splice site variant of unknown significance and a missense variant, both in heterozygous state were identified in NPC2, each in one PD patient. In addition, one of the two patients harbored an additional N222S variant in NPC1, suggesting a digenism occurrence. Patients with NPC1 and NPC2 variants exhibited classical PD.

Conclusion Heterozygous mutations in the two Niemann-Pick’s disease-associated genes NPC1 and rarely NPC2 could be risk factors for PD. Additional studies are warranted to confirm the role of NPC genes in PD.

 

Hélène BERTRAND (Aulnay Sous Bois), Sabine PRUD’HON, Suzanne LESAGE, Christelle TESSON, Fabrice DANJOU, Yann NADJAR, Farid LAMARI, Jean Christophe CORVOL
00:00 - 00:00 #13156 - P080 Rôle de miR-146a dans la différenciation et la détermination de l’identité des cellules souches neurales : pertinence pour les désordres neurodéveloppementaux.
P080 Rôle de miR-146a dans la différenciation et la détermination de l’identité des cellules souches neurales : pertinence pour les désordres neurodéveloppementaux.

Les troubles du spectre autistique sont un groupe de désordres neurodéveloppementaux causés par l’interaction entre des facteurs génétique, épigénétique et environnementaux. Parmi les facteurs épigénétiques, les microARNs (miARNs) ont un rôle clé dans le développement neuronal et la formation des synapses. Plusieurs groupes dont le nôtre ont récemment identifié la surexpression de miR-146a comme une anomalie moléculaire commune à divers types cellulaires provenant de patients autistes. Nous avons également montré par RT-qPCR que miR-146a était surexprimé spécifiquement dans le lobe temporal de jeunes sujets autistes (de 4 à 10 ans) mais pas chez les adolescents ou les adultes. Par ailleurs, l'augmentation de l'expression de miR-146a a également été observée dans les cellules de patients atteints de déficiences intellectuelles et dans le sérum de patients épileptiques, suggérant un mécanisme physiopathologique commun médié par miR-146a pour ces différentes maladies du neurodéveloppement.

Afin de comprendre son rôle dans le développement précoce du cerveau, nous avons combiné des approches in vitro et in vivo. Dans des cellules souches neurales humaines (H9), la surexpression de miR-146a accroit la croissance et le nombre de branchements des neurites et favorise la différenciation en cellules de type neuronal exprimant TUBIII. Des études d’expression montrent que dix pour cents du transcriptome sont dérégulés (1039 gènes, P < 0,05, ratio > 1,5), et que les gènes différentiellement exprimés s’organisent en deux modules critiques pour le contrôle du cycle cellulaire et la différenciation neuronale. De plus, quarante pour cents (13/32) des marqueurs d’identité neuronale sont dérégulés, suggérant que miR-146a joue également un rôle dans la détermination de l’identité neurale. Dans la souris constitutivement inactivée pour miR-146a, les études transcriptomiques à E14.5 (néocortex), P30 et P60 (cortex sensorimoteur, hippocampe et amygdale) montrent un effet région- et stade-spécifique de l’absence de miR-146a. Les neurones pyramidaux et les interneurones sont les types cellulaires les plus sévèrement affectés et les voies de signalisation dérégulées sont impliquées dans les différentes étapes de la différentiation neuronale et de la maturation synaptique. Ces résultats, qui sont à rapprocher des anomalies structurelles observées au niveau des couches corticales des cerveaux de patients autistes, fournissent de nouvelles pistes pour mieux comprendre le rôle de miR-146a dans le développement cérébral et l’étiologie des maladies neurodéveloppementales.

Lam Son NGUYEN (PARIS), Julien FREGEAC, Christine BOLE-FEYSOT, Patrick NITSCHKE, Anand IYER, Jasper ANINK, Eleonora ARONICA, Olivier ALIBEU, Nicolas CAGNARD, Laurence COLLEAUX
00:00 - 00:00 #13164 - P081 Phénotype clinico-radiologique d'une série d'enfants atteints de mutations CACNA1A - Résultats du PHRC de Montpellier sur l’étude phénotypique des syndromes épisodiques de l’enfant.
P081 Phénotype clinico-radiologique d'une série d'enfants atteints de mutations CACNA1A - Résultats du PHRC de Montpellier sur l’étude phénotypique des syndromes épisodiques de l’enfant.

Objectif: les mutations du gène CACNA1A sont associées à des épisodes de migraine hémiplégique et  d’ataxie épisodique, mais aussi plus rarement à d’autres types de manifestations cliniques telles que la déviation tonique du regard vers le haut, le torticolis paroxystique bénin, les vertiges paroxystiques bénins, des manifestations épileptiques ou une ataxie permanente. Cette étude décrit le phénotype clinico-radiologique d'une série d'enfants porteurs d’une mutation CACNA1A.


Méthode: Des enfants de 3 à 18 ans ayant une mutation du gène CACNA1A ont été recrutés pour cette étude. L'examen clinique à l'inclusion a été effectué et les données concernant le développement psychomoteur, les troubles d'apprentissage, la gestion de l'éducation et l'imagerie cérébrale ont été recueillies. L'évaluation cognitive a été effectuée à l'aide d'échelles standardisées en fonction de l'âge.


Résultats: 18 patients de 14 familles (âge moyen 12,25 ans) ont été inclus, 16 ont bénéficié d’une évaluation cognitive standardisée. Les événements épisodiques suivants ont été rapportés chez ces patients : déviation tonique du regard vers le haut (tonic upgaze) (nombre de patients = 4), torticolis paroxystique bénin (n = 3), vertige paroxystique bénin (n = 1), migraine hémiplégique (n = 5), ataxie épisodique (n = 11), migraine non hémiplégique (n = 5), crises épileptiques (n = 2), myoclonus (n = 1). Onze patients ont présenté une combinaison de différents événements épisodiques. La moitié des patients avaient un examen neurologique anormal à l'inclusion. Une atrophie cérébelleuse sur l'IRM cérébrale a été observée chez 5/18 patients.
Un retard de développement psychomoteur était présent chez la moitié des patients, des troubles d'apprentissage ont été rapportés chez 15/18 patients (83%); 9/18 (50%) des patients ont été admis dans un établissement spécialisé pour enfants handicapés. Une déficience mentale a été identifiée dans 7 cas (44%), alors que seulement 2 patients avaient un quotient intellectuel normal. Enfin, 14/18 patients (78%) ont été considérés comme ayant un fonctionnement cognitif anormal.
Le dysfonctionnement cognitif a été corrélé avec l'apparition d'une ataxie épisodique; l'atrophie cérébelleuse sur l'IRM a été corrélée avec un retard moteur, une fonction cognitive anormale et avec la présence d’une mutation stop


Conclusion: nos résultats montrent que les troubles cognitifs sont communément associés aux mutations CACNA1A. Le large spectre phénotypique associé à des mutations de CACNA1A est souligné, incluant des manifestations paroxystiques non épileptiques, des manifestations paroxystiques épileptiques, des symptômes neurologiques permanents et des difficultés cognitives. Les mutations de CACNA1A peuvent avoir un retentissement fonctionnel moteur et cognitif de début précoce, parfois sévère, et nous proposons que le phénotype associé aux mutations de CACNA1A soit considéré comme un trouble neurodéveloppemental.

Agathe ROUBERTIE, Florence RIANT (PARIS), Elisabeth TOURNIER-LASSERVE, Benjamin KRAMS, Véronique HUMBERTCLAUDE, Erika NOGUE, Nicolas NAGOT, Bernard ECHENNE, Diane DOUMMAR, Fanny DUBOIS, Sylvia NAPURI, Laurence LION-FRANCOIS, Stéphane CHABRIER, Chrystelle BONNEMAINS, Nicolas LEBOUCQ, Stéphanie SANCHEZ, Elodie LANG, François RIVIER, Pierre MEYER, Daniel ANNEQUIN
00:00 - 00:00 #13167 - P082 BRAT1, un gène de dystrophie rétinienne syndromique.
P082 BRAT1, un gène de dystrophie rétinienne syndromique.

L’intégrité du génome et par conséquent les mécanismes de réparation de l’ADN sont essentiels à l’homéostasie neuronale. BRAT1 est l’un des acteurs de la réparation de l’ADN en lien avec le développement neurologique. Il code une protéine interagissant directement avec le gène suppresseur de tumeur BRCA1 ainsi qu’avec ATM1, une kinase impliquée dans la réponse cellulaire aux dommages de l’ADN. Les mutations de BRAT1 sont responsables d’un spectre large d’atteintes neurologiques allant d’une pathologie létale associant rigidité et épilepsie néonatale à un phénotype beaucoup plus modéré avec déficience intellectuelle et atrophie cérébelleuse.

Ici nous rapportons l’existence d’une neurodégénérescence des cellules photoréceptrices de la rétine associée à une atteinte neurologique chez deux patients non apparentés porteurs de mutations bi-alléliques de BRAT1.

L’atteinte neurologique, superposable chez les deux individus, se caractérise par une hypotonie néonatale, un retard des acquisitions et une atrophie cérébelleuse progressive.

Sur le plan ophtalmologique, les deux individus sont atteints de dystrophie rétinienne précoce. L’analyse par exome en trio a identifié des variants supposément délétères (SIFT, PolyPhen 2 et Mutation Taster) du gène BRAT1 à l’état hétérozygote composite pour l’un des patients (c.637_638insA, p.Val214Gly*189 / c.1564G>A, p.Glu522Lys) et homozygote (c.359G>A, p.Arg120His) pour le second.

Ces données associées à la publication récente d’un cas au phénotype neurologique et rétinien similaire en rapport avec des mutations du gène BRAT1, démontrent de façon formelle l’implication de ce gène dans l’intégrité des photorécepteurs. Ceci élargit le spectre des atteintes neuronales associées à ce gène, et suggère la nécessité d’un examen ophtalmologique, incluant un électrorétinogramme devant un tableau neurologique associant un retard du développement psychomoteur et une atrophie cérébelleuse. L’existence d’une rétinite pigmentaire chez un patient atteint d’une atrophie cérébelleuse doit faire évoquer l’implication du gène BRAT1.

Thomas COURTIN (Paris), Laurence DERIEUX, Dominique BREMOND-GIGNAC, Jean-Michel ROZET, Sylvie GERBER, Marlène RIO
00:00 - 00:00 #13169 - P083 AGO1 : un nouveau gène impliqué dans la déficience intellectuelle.
P083 AGO1 : un nouveau gène impliqué dans la déficience intellectuelle.

Les données cumulées issues de l’analyse de nos panels ciblés de gènes de déficience intellectuelle (DI)(275, 450 puis 520 gènes) sur les 1028 diagnostics rendus à Strasbourg ont permis de confirmer l’implication de nombreux gènes dans la DI (BPRF1, MYT1L, POGZ, AUTS2 …). Nous avons récemment identifié dans notre cohorte deux familles présentant des variations faux sens de novo dans le gène AGO1, prédit très intolérant à ces variations (ExAC, Z score de 6,53). Un appel à collaboration internationale via GeneMatcher a permis de réunir au total 8 familles de patients avec variations faux sens de novo dans ce gène, au total 9 cas atteints car une variation est présente chez deux jumelles monozygotes. Les variations (L190P, E195L, G199S, D216V, R253H, V254I, V254I, H751L) touchent des acides aminés très conservés et sont localisées dans des domaines fonctionnels putatifs différents (NH2 terminal, PAZ et PIWI). La clinique de ces patients montre la présence d’une DI légère ou sévère (6/6), une épilepsie (3/5), un retard de langage (6/6), des troubles du spectre autistique (5/6), des troubles du comportement (anxiété, automutilation) ou psychiatriques (troubles psychotiques), des troubles du sommeil (4/5), un retard du développement moteur (4/5). Un mamelon supplémentaire, une anomalie rénale, une camptodactylie ou bradymétacarpie ont été rapportées mais sans récurrence. Il n’existe pas de dysmorphie faciale évidente.

L’identification de variations de novo dans différents domaines de la protéine AGO1 constitue une opportunité unique pour caractériser la fonction de la protéine AGO1 dans les cellules humaines, et préciser sa fonction dans les cellules du SNC. Ce gène fait partie de la famille des protéines argonautes, impliquées dans le métabolisme des siRNA et microARN et dans l’inhibition de la transcription de certains gènes. Si la fonction du gène AGO2 est bien caractérisée, le gène AGO1 est lui bien moins connu chez l’Homme. La protéine AGO1, d’expression ubiquitaire, ne semble pas avoir d’activité de clivage de l’ARN ciblé par le microARN contrairement à AGO2. La protéine AGO1 semble être impliquée dans la régulation globale de la transcription, soit par interaction directe avec l’ARN polymérase II (phase d’initiation de la transcription), soit au niveau de l’épissage de certains ARNm (présence d’enhancer intragénique d’épissage). La mise au point d’un test fonctionnel, basé sur l’analyse des ARNm est en cours sur les fibroblastes des patients. Cette analyse cherchera à montrer 1) l’impact de la protéine AGO1 sur l’expression globale des ARNm (RNA-Seq) 2) l’impact d’AGO1 sur des enhancers intragéniques d’épissage (analyse de l’épissage des gènes cibles suivants : CCDC125, PIP5KIA, CAP2) 3) l’analyse du profil d’expression des microRNA. Une perturbation du profil a en effet été rapportée en cas d’inactivation du gène AGO1.

Amelie PITON, Frederic TRAN MAU THEM, Yves ALEMBIK, Fadi HAMDAN, Margot COUSIN, Hubert JOURNEL, Sandrine PASSEMARD, Caroline NAVA, Boris KEREN, Cyril MIGNOT, Jean Louis MANDEL, Jamel CHELLY, Bénédicte GERARD (STRASBOURG)
00:00 - 00:00 #13174 - P084 Mutation TUBA1A mimant un phénotype d’hydrocéphalie par sténose de l’aqueduc de Sylvius.
P084 Mutation TUBA1A mimant un phénotype d’hydrocéphalie par sténose de l’aqueduc de Sylvius.

Les « tubulinopathies » appartiennent à un groupe de pathologies caractérisées par des anomalies de gyration, liées à des anomalies de migration neuronale par dysfonctionnement du cytosquelette des microtubules. Elles constituent un large spectre de sévérité variable, allant d’une gyration simplifiée à une microlissencéphalie, associées à d’autres anomalies cérébrales. Des retards de développement sévères y sont associés. A ce jour, 7 gènes ont été identifiés, dont le gène le plus souvent muté est TUBA1A, de transmission autosomique dominante. Des études neurofœtopathologiques effectuées à partir d’interruptions médicales de grossesse, impliquant ce gène, ont montré que les anomalies de développement cérébral concernaient habituellement la gyration cérébrale, le corps calleux, les hypocampes, le cervelet et le tronc cérébral.

Nous rapportons le diagnostic d’un fœtus de sexe féminin dont la découverte à l’échographie morphologique de 24 semaines d’aménorrhée (SA) d’une dilatation triventriculaire majeure avec macrocrânie, d’un parenchyme cérébral laminé, d’une rupture septale, d’une agénésie du corps calleux et d’un immobilisme fœtal a conduit à une interruption médicale de grossesse à 26 SA.

L’étude neurofœtopathologique a confirmé les éléments retrouvés en imagerie, et a également mis en évidence une microlissencéphalie, une hypoplasie de la capsule interne, du tronc cérébral et des olives bulbaires, un cervelet dysmorphique ainsi qu’une sténose de l’aqueduc de Sylvius. Le séquençage du panel NGS a révélé une mutation encore non décrite à l’état hétérozygote p.Ile93Thr dans le gène TUBA1A.

La sténose de l’aqueduc de Sylvius est une présentation inhabituelle des tubulinopathies, probablement à l’origine de l’hydrocéphalie majeure présentée par le fœtus. La dilatation ventriculaire est un des signes classiquement retrouvés dans ce type de pathologie, mais elle est liée à l’anomalie de développement du cortex cérébral.

La sténose de l’aqueduc est plus souvent associée à des mutations dans les gènes tels L1CAM de transmission liée à l’X, MPDZ et CCDC88C de transmission autosomique récessive. D’autres lésions cérébrales peuvent également y être associées, telles qu’une gyration effacée, une agénésie ou une hypoplasie du corps calleux et du cervelet.

Cette nouvelle association, tubulinopathie et sténose de l’aqueduc de Sylvius, n’a encore jamais été rapportée à notre connaissance et constitue une extension du phénotype lié à des mutations de TUBA1A.

Adeline BONNARD (PARIS), Homa ADLE-BIASSETTE, Suonavy KHUNG, Yline CAPRI, Rémi PINEAU, Atieh RICHET, Nadia BAHI-BUISSON, Fabien GUIMIOT
00:00 - 00:00 #13182 - P085 DAB1 et troubles du spectre autistique, quelle relation? : A propos d’un cas de microdélétion 1p31p32.
P085 DAB1 et troubles du spectre autistique, quelle relation? : A propos d’un cas de microdélétion 1p31p32.

Introduction :

Le trouble du spectre autistique est un groupe génétiquement hétérogène. Plusieurs gènes ont été proposés comme candidats dont DAB1. DAB1 est un gène codant pour une protéine adaptatrice de la voie de signalisation Reelin. Cette voie est  nécessaire pour la migration neuronale corticale au cours du développement embryonnaire. Des études d’associations l’ont proposé comme facteur de susceptibilité génique à l’autisme. Cette hypothèse a été fortement appuyée par les modèles murins.Nous discutons ici le rôle pathogénique de l’haploinsuffisance de DAB1 à travers un cas de microdélétion 1p31p32.

Patient et méthodes

Nous rapportons ici le cas d’un nourrisson de 23 mois adressé au service de Cytogénétique et de Biologie de la Reproduction du CHU Farhat Hachad Sousse pour exploration génétique de troubles neurodéveloppementaux associés à une agénésie du corps calleux(ACC) et une dysmorphie craniofaciale. L’évaluation du patient était faite par un neuropédiatre, un généticien et un pédopsychiatre. Un caryotype conventionnel suivi d’une hybridation génomique comparative (CGH-array) de 44kb étaient réalisés.

Résultat :

Le caryotype conventionnel n’avait pas montré d’anomalies. La CGH-array a révélé une microdélétion en 1p31.3p32.3(hg19:54,198,562-61,819,078) de 7,9Mbp . Une analyse par FISH utilisant les BACs  RP11-714D6 et RP11-1114C4: incluant le gène NFIA  était faite pour l’enfant et ses parents confirmant  l’haploinsuffisance du NFIA et son caractère de-novo.

Discussion :

Le syndrome de microdélétion 1p31p32 est un syndrome de délétion de gènes contigus. Le gène NFIA était désigné comme le gène principal responsable des malformations rénales et cérébrales. D’autres gènes contribueront aux aspects phénotypiques dont DAB1. Il aurait un rôle essentiel dans la migration et la plasticité neuronale par le biais de la voie de signalisation Reelin, une hypothèse appuyée par les modèles murins haploinsuffisants à ce gène et montrant des troubles de l’apprentissage associatif.  Les polymorphismes de DAB1 étaient associés aux TSA  dans une série chinoise. Il serait donc un candidat potentiel de susceptibilité aux TSA et contribuerait à l’ACC. Mais aucune mutation ponctuelle n’était rapportée pour soutenir cette hypothèse.Dans le cas présent, l’évaluation spécialisée a conclu plutôt à un déficit intellectuel. Donc le gène pourrait être responsable d’un large spectre de troubles neurodéveloppementaux.Et le déficit intellectuel pourrait etre un épiphénomène de l’ACC. D’où l’intérêt des études comparatives et fonctionnelles portant sur ce gène, ainsi que l’évaluation phénotypique exhaustive des patients pour mieux élucider les liens entre DAB1 et autisme.

Hamza HADJ ABDALLAH, Ali SAAD (SOUSSE, Tunisie), Afef JELLOUL , Amel TEJ , Sarra BOUSLAH , Naoufel GADDOUR , Lamia BOUGHAMOURA, Soumaya MOUGOU-ZRELLI
00:00 - 00:00 #13188 - P086 Recherche de gènes candidats dans le Syndrome d'Aicardi (SA).
P086 Recherche de gènes candidats dans le Syndrome d'Aicardi (SA).

Grâce à l’association française AAL et au réseau francophone de généticiens et neuropédiatres, nous avons constitué une cohorte de  30 patientes atteinte d’un SA.

 

Nous avons réalisé une étude de l’inactivation du chromosome X chez ces 30 patientes. Nous avons remarqué que la prévalence d'un profil d'inactivation biaisé et extrêmement biaisé (33% et 7,5% de notre cohorte) est significativement plus élevée dans la cohorte de patientes que dans la population générale adulte (n= 415 avec respectivement 14,2 % et 1,7%) (Amos-Landgraf et al., 2006). Cette prévalence est en faveur d'une mutation sur une région du chr X soumise à inactivation. Elbe et al., 2009 avait obtenu des résultats similaires.

 

Après avoir recherché des CNV par CGH-array ciblée sur le chr X (Yilmaz et al., 2007) puis par CGH-array pangénomique (Agilent 244K) comme l’ont fait Wang et al., 2009 sans pouvoir identifier de CNV causal (nous avons identifié une délétion 1p36 chez une patiente, il s’agissait d’une phénocopie : Bursztejn et al. 2009), nous avons plus récemment confirmé ces résultats par CGH-array à un million d’oligonucléotides sur le chr X (Agilent custom array).

 

Nous avons réalisé un séquençage haut débit de l’exome de cinq trios (patiente - parents) et de huit patientes en simplex ; nous n’avons pas identifié de gène candidat pour le SA. Schrauwen et al., 2015 ont identifié récemment des mutations de novo dans deux gènes autosomiques (TEAD1 et OCEL1), ce qui suggèrerait une hétérogénéité génétique ; toutefois ces résultats n’ont pas été reproduit sur une cohorte de 38 patientes (Wong et al., 2017) laissant penser qu’il s’agit de causes extrêmement rares ou de découvertes fortuites. Lund et al., 2016 ont réalisé récemment le séquençage de l’exome de 11 patientes sans pouvoir identifier de mutation causale. Nous allons compléter l’analyse d’exomes dans les autres familles dans l’hypothèse d’une hétérogénéité génétique.

 

Schrauwen et al., 2015 ont réalisé des études transcriptomiques chez 9 patientes sur de l’ARN total extrait de sang périphérique. Ils ont mis en évidence une expression altérée de gènes impliqués dans la plasticité synaptique, le développement neuronal et rétinien et le contrôle du cycle cellulaire. Nous avons réalisé des biopsies cutanées pour trois patientes à l’occasion d’interventions chirurgicales. Nous avons mis en culture et conservé les fibroblates. L’ARN total a été extrait et une étude du transcriptome a été réalisée en comparaison à trois témoins. Les résultats sont actuellement en cours d’analyse.  Nous allons aussi établir des cultures clonales de ces fibroblastes afin de comparer le profil transcriptionnel des clones inactivant un des deux chr X avec un même fond génétique.

 

Enfin, nous avons constaté des temps de culture plus longs pour les cellules des patientes que des témoins. Nous avons réalisé des études du cycle cellulaire par cytométrie en flux sans pouvoir mettre en évidence d’anomalie du cycle cellulaire chez les patientes.

Céline BONNET, Aurélie BECKER, Myriam BRONNER, Minh TUAN HUYNH, Asma Ali KHAN, Gabriel TONE, Pierre PERNY, Marie-Dominique DEVIGNES, Emmanuel BRESSO, Frédéric MASSIN, Véronique LATGER-CANNARD, Rémi HOULGATTE, Philippe JONVEAUX (SAINT DENIS LA PLAINE)
00:00 - 00:00 #13196 - P087 Identification par séquençage haut débit d'une nouvelle mutation du gène de la Péricentrine chez une patiente présentant un syndrome de Seckel.
P087 Identification par séquençage haut débit d'une nouvelle mutation du gène de la Péricentrine chez une patiente présentant un syndrome de Seckel.

Le syndrome de Seckel est le plus fréquent des nanismes Ostéodysplasiques avec microcéphalie. Il est caractérisé par un nanisme harmonieux à début anténatal, une microcéphalie et une dysmorphie faciale dite en tête d’oiseau, associés ou non à des anomalies hématologiques et chromosomiques. Le diagnostic différentiel se pose essentiellement avec le nanisme Osteodysplastique avec Microcephalie de type II. Le syndrome de Seckel est transmis sur un mode autosomique récessif et est hétérogène sur le plan génétique. Durant les dernières années le séquençage haut débit a démontré une particulière efficacité devant les cas d’hétérogénéité génétique.

Nous rapportons le cas d’une fillette marocaine âgée de 3 ans chez qui nous avons évoqué le syndrome de Seckel devant l’association d’un retard de croissance harmonieux pré- et post-natale, une microcéphalie et la dysmorphie faciale avec un nez en bec sans front fuyant. L’examen clinique a été sans particularité. La radiographie squelettique n’a révélé aucune anomalie.

L’analyse moléculaire par séquençage haut débit a identifié une nouvelle délétion avec la création d’un codon stop prématuré dans le gène PCNT.

Nos résultats élargissent le spectre de mutation du gène PCNT et enrichissent la corrélation phénotype-génotype du syndrome de Seckel. Ce rapport confirme encore une fois l'utilité du diagnostic par séquençage haut débit dans les maladies hétérogènes.

Jaber LYAHYAI (Rabat, Maroc), Saadia AMASDL, Abdelali ZRHIDRI, Laure RAYMOND, Siham ELALAOUI, Said EL MOUATASSIM, Grégory EGEA, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #13197 - P088 Prurit isolé de transmission autosomique dominante du à une neuropathie à petites fibres?
P088 Prurit isolé de transmission autosomique dominante du à une neuropathie à petites fibres?

Introduction

Le prurit se définit comme une sensation désagréable conduisant au besoin de se gratter. Les causes les plus fréquentes sont les lésions dermatologiques ou la cholestase. Plus rarement, le prurit peut être un symptôme des neuropathies à petites fibres. Les mutations du gène SCN9A sont la seule cause connue de neuropathie à petites fibres. Cependant, les mutations de ce gène sont toujours associées à des douleurs neuropathiques au premier plan de la symptomatologie. Des signes dysautonomiques sont aussi fréquemment retrouvés chez ces personnes.

 Nous rapportons une large famille présentant une neuropathie à petites fibres entrainant un prurit sans douleur ni signe dysautonomique.

Patients

Le prurit est documenté chez 11 membres (6 hommes et 5 femmes) sur 5 générations avec transmission père-fils dans cette famille d’origine caucasienne.

L’examen dermatologique des sujets atteints a éliminé une origine dermatologique au prurit. Les biopsies cutanées réalisées chez trois sujets atteints montrent une diminution significative de la densité des petites fibres confirmant la composante neurogène du prurit. Toutefois, les patients ne présentent pas de signe dysautonomique ni de douleur.

Méthodes

Le séquençage Sanger du gène SCN9A chez le proposant n’a pas mis en évidence de mutation. La SNP-array et le séquençage de l’exome chez les 3 personnes ayant eu une biopsie cutanée n’ont pas permis d’identifier de gène candidat.

Discussion

Il s’agit de la première description d’un cas familial de neuropathie des petites fibres responsable d’un prurit isolé. Les investigations moléculaires sont pour l’instant négatives.  L’identification d’autres familles avec une atteinte similaire permettrait de poursuivre la recherche de gènes candidats.

Alban ZIEGLER (Paris), Philippe CODRON, Julien CASSEREAU, Franck LETOURNEL, Christophe VERNY, Ludovic MARTIN, Dominique BONNEAU
00:00 - 00:00 #13213 - P089 Evolution de la structuration de l’offre de soins en génétique moléculaire dans le cadre de la déficience intellectuelle.
P089 Evolution de la structuration de l’offre de soins en génétique moléculaire dans le cadre de la déficience intellectuelle.

Les laboratoires impliqués dans le diagnostic moléculaire des anomalies du développement, de la DI et des troubles du spectre autistique se positionnent comme des acteurs importants dans l'organisation de l'offre de soin en proposant une stratégie d'analyse par séquençage nouvelle génération. Certains laboratoires produisent des données d'exomes, complets ou bien cliniques, d'autres ont fait le choix de panels, dépassant 400 gènes ou plus restreints, dont le panel DI 44 gènes. Le développement de ces tests sur tout le territoire, malgré l’hétérogénéité des approches, a permis d’améliorer grandement l’offre de diagnostic pour la DI. Depuis 2015 s'est constitué un réseau de laboratoires au sein de l'ANPGM afin de structurer l’offre de NGS sur l'ensemble du territoire, avec le soutien des filières DéfiScience et AnDDI-Rares. Nous présentons ici la démarche entreprise par ce réseau pour intégrer les données de fréquence de mutations des gènes de DI et faire évoluer les panels dédiés à la DI non syndromique. Notre objectif est d’affiner, à la lumière des connaissances actuelles, le core panel commun de gènes proposé initialement (DI44 gènes), qui assure un rendement diagnostic minimal ( > 10%). Ceci permettra d’optimiser l’approche NGS ciblée et de tendre vers une équité d’accès au test sur le territoire national.

La 1ère étape a consisté à dessiner l'architecture génétique de la DI en se basant sur l'expérience des centres français et les données internationales déjà publiées, qui proviennent majoritairement du projet anglais Deciphering Developmental Disorders (DDD, plus de 4,000 enfants) et de cohortes d’exomes publiés (plus de 10,000 analyses).

Les données issues des centres français travaillant sur l’exome ou de grands panels ciblés confirment l’importance de la core liste DI 44 dont les gènes atteignent 40% des diagnostics effectués. Les 10 gènes les plus fréquemment mutés sont KMT2A, DDX3X, ANKRD11, MED13L, TCF4, SHANK3, ARID1B, MECP2, GRIN2B et POGZ, représentant 19,2% des diagnostics. Cette liste est très proche de celle issue de la méta-analyse des cohortes publiées. Le rendement diagnostique sur la cohorte française est de 32%, contre 26,4% sur les données publiées. Par ailleurs, sur les 2000 gènes associés à un phénotype comportant une DI, 10% (n=195)  représentent plus de 50% des diagnostics.

La 2ème étape a permis de dresser 2 listes de gènes en tenant compte des contraintes techniques et médico-économiques de chaque laboratoire participant et du cadre financier défini par la DGOS, limitant la cotation RIHN aux panels < 500 Kb : une liste de 75 gènes approchant 500 kb et une liste de 195 gènes (2ème échelon de capture < 1,5 Mb), avec respectivement un rendement attendu de 16% et 24%.

Ces 2 listes sont proposées comme base commune aux laboratoires impliqués dans le diagnostic de la déficience intellectuelle. Cette stratégie sera évaluée par le réseau dans le cadre des RCP nationales et par un rapport d'activité annuel.

Thomas SMOL (LILLE), Amélie PITON, Stéphane BEZIEAU, Ange-Line BRUEL, Nicolas CHATRON, Christèle DUBOURG, Benedicte GERARD, Boris KEREN, Audrey LABALME, Gaetan LESCA, Caroline NAVA, Christophe PHILIPPE, Christel THAUVIN, Frédéric TRAN MAU-THEM, Anne-Sophie LEBRE, Patricia FERGELOT
00:00 - 00:00 #13216 - P090 Les délétions du gène NR4A2 en 2q24.1 sont associées à des troubles neurodéveloppementaux.
P090 Les délétions du gène NR4A2 en 2q24.1 sont associées à des troubles neurodéveloppementaux.

Les microdélétions 2q24.1 sont très rares. Elles ont été rapportées chez quelques patients présentant une déficience intellectuelle, un retard de langage ou des troubles du spectre autistique. NR4A2 a été très récemment suggéré comme gène candidat bien qu’à ce jour, un seul cas de microdélétion n’emportant que le gène NR4A2 a été publié. Nous rapportons l’observation de deux nouveaux patients porteurs d’une microdélétion en 2q24.1 n’incluant que le gène NR4A2. Le premier patient a été exploré en génétique à l’âge de 17 ans pour une déficience intellectuelle légère à modérée, associée à un trouble envahissant du développement, sans dysmorphie ni malformation majeure associée. L'analyse par SNP array (Illumina, OmniExpress 700K) a mis en évidence une délétion d’environ 122 kb de novo emportant la totalité du gène NR4A2. Le deuxième patient a été exploré en génétique à l’âge de 5 ans pour un retard de développement prédominant sur le langage, sans élément syndromique associé. Ce phénotype est également associé à une délétion d’environ 75 kb impliquant la totalité du gène NR4A2. Le gène NR4A2 code une protéine membre de la superfamille des récepteurs nucléaires des hormones thyroïdiennes-stéroïdiennes et des rétinoïdes qui agit comme facteur de transcription et fortement exprimée dans le système nerveux central humain et dans le cerveau fœtal humain. Les délétions emportant le gène NR4A2 ne sont pas rapportées comme polymorphisme dans les bases de données DGV et les mutations perte de fonction sont extrêmement rares dans ExAC. Le gène NR4A2 (*601828) possède un score élevé d'haploinsuffisance et n'est pas référencé en pathologie humaine. Des études ont suggéré l’association de polymorphismes du gène NR4A2 à la maladie de Parkinson. Notre étude confirme que l'haploinsuffisance du gène NR4A2 est responsable de troubles neurodéveloppementaux, caractérisés par un retard de langage, une déficience intellectuelle légère à modérée et des troubles du spectre autistique, sans élément syndromique associé. Nous suggérons d’inclure le gène NR4A2 dans les panels de déficience intellectuelle.

Sarah GROTTO (Paris), Anne-Claude TABET, Damien HAYE, Alain VERLOES, Jonathan LEVY
00:00 - 00:00 #13219 - P091 Evaluation de la médecine génomique des épilepsies.
P091 Evaluation de la médecine génomique des épilepsies.

Les épilepsies concernent environ 0.8 à 1% de la population, avec une incidence plus importante dans l’enfance. L’implication de la génétique est majeure dans de nombreuses formes d’épilepsies. Le diagnostic étiologique d’une épilepsie débutée dans l’enfance est une information critique pour la famille et les praticiens impliqués dans la prise en charge. Les bilans étiologiques sont répétés (imagerie, EEG, examens métaboliques, examens génétiques) et comprennent des examens invasifs (biopsies, ponctions), des consultations auprès de multiples spécialistes de différents centres hospitaliers. Il existe à l’heure actuelle plus d’une centaine de gènes impliqués dans des épilepsies mendéliennes. Dans les épilepsies, maladies chroniques fortement médicalisées, le développement de traitements personnalisés est un enjeu majeur.

En France, c’est le plus souvent une approche par le séquençage de 90-100 gènes qui a été choisie en première intention, ou deuxième intention après une CGH-array. A Lyon, le panel PAGEM a été appliqué sur les prélèvements d’environ 400 patients et a permis un diagnostic dans 28% des cas. Une approche de séquençage pan-génomique devrait permettre un diagnostic pour 40-45% des patients. L’exemple du diagnostic génétique des l’épilepsies peut être considéré comme un bon reflet de l’organisation actuelle de l’organisation de l’offre diagnostic en France. Nous proposons une organisation pilote visant à rendre homogène l’accès au soin, tout en mesurant l’impact médico-économique de ce changement organisationnel.

Dans une partie rétrospective de l’étude appliquée aux patients ayant reçu un résultat de panel PAGEM, nous modéliserons les parcours de soins des patients avec ou sans diagnostic, puis appliquerons un séquençage pan-génomique afin de quantifier son impact. Dans une partie prospective de deux ans, nous mesurerons la portée diagnostique de l’examen, les possibilités de recours à des thérapeutiques personnalisées ou d’inclusion dans des essais cliniques de molécules innovantes. Une attention particulière sera donnée aux résultats pharmacogénétiques concernant les thérapeutiques anti-épileptiques.

Consortium AURAGEN, Gaetan LESCA, Julien THEVENON (Grenoble)
00:00 - 00:00 #13222 - P092 Coexistence d'un syndrome de KBG et d'un syndrome de Kabuki lié à l'X chez un même patient.
P092 Coexistence d'un syndrome de KBG et d'un syndrome de Kabuki lié à l'X chez un même patient.

Avec l'avènement du séquençage de nouvelle génération (NGS), il est de plus en plus fréquent d’identifier chez un même individu deux variants génétiques affectant des gènes différents. Nous rapportons le cas d'un patient présentant un tableau clinique atypique lié à la présence de deux variants pathogènes dans les gènes  KDM6A et ANKRD11. Les mutations du gène ANKRD11 (Ankyrin Repeat Domain-Containing Protein 11) sont responsables du syndrome KBG, syndrome génétique rare. Le syndrome de Kabuki est dû à une mutation ou une délétion dans le gène KMT2D (Histone-Lysine N-Methyltransferase 2D) en 12q13.12 dans 80% des cas, ou dans le gène KDM6A (Lysine-Specific Demethylase 6A) en Xp11.2 chez 5 à 8% des patients.e patient présentait une déficience intellectuelle (DI) sévère avec marche à 6 ans et absence de langage, des troubles majeurs du comportement avec automutilation, un syndrome dysmorphique avec brachycéphalie, visage triangulaire, oreilles proéminentes, fentes palpébrales larges, lèvre inférieure éversée, brachymésophalangie des 5ème doigts. L’histoire familiale révélait l’existence d’un oncle maternel présentant une DI modérée dans un contexte dysmorphique, ce qui avait fait évoquer une hérédité liée au chromosome X. On retrouvait aussi chez le père et le frère du cas-index des difficultés d’apprentissage et des traits dysmorphiques communs. Le séquençage d'un panel de gènes responsables de DI a permis d’identifier deux variants pathogènes, non décrits dans la littérature: une délétion hétérozygote du gène ANKRD11, c.6210delG (p.K2070fs) héritée du père et présente chez le frère et une mutation hémizygote du  gène KDM6A, c.2903C > A (p.T968K) héritée de la mère. Cet enfant présentait donc deux pathologies distinctes : un syndrome KBG de transmission autosomique dominante du côté paternel et un syndrome de Kabuki lié au chromosome X de transmission maternelle. L’analyse dysmorphologique du patient a permis d’identifier rétrospectivement des signes cliniques caractéristiques de chaque syndrome. Cependant, le tableau clinique neurologique de cet enfant apparaissait  beaucoup plus sévère que celui associé à chacun des deux syndromes. ANKRD11 et KDM6A sont deux gènes qui codent pour des enzymes jouant un rôle dans le remodelage de la chromatine. Bien qu’il n’existe pas d’interaction directe entre les deux protéines codées par ces gènes, des interactions multiples par l’intermédiaire des complexes histones désacétylases, HDAC 3, 4 et 5 ont été décrites. Ceci peut suggérer un mécanisme de potentialisation des effets de ces deux mutations, expliquant un tableau clinique plus sévère que ne le voudrait la coexistence des deux syndromes.

Pierre-Yves MAILLARD (Marseille), Caroline LACOSTE, Tiffany BUSA, Brigitte CHABROL, Catherine BADENS, Nicole PHILIP
00:00 - 00:00 #13234 - P093 Rôle de la phosphorylation de la serine 421 de l’huntingtine dans la physiopathologie du syndrome de Rett.
P093 Rôle de la phosphorylation de la serine 421 de l’huntingtine dans la physiopathologie du syndrome de Rett.

Le fonctionnement normal du cerveau repose sur la régulation fine de mécanismes transcriptionnels et épigénétiques. MECP2 est un gène clé permettant de coupler ces deux mécanismes et sa dérégulation affecte sévèrement les fonctions neurologiques.

En effets, des mutations dans le gène MECP2  sont à l’origine de maladies neurologiques dont la principale est le Syndrome de Rett  (Amir et al. 1999). C’est une maladie neurologique progressive, apparaissant dans les premières années de vie, causée par des mutations dans le gène MECP2. Il représente la deuxième cause de déficience intellectuelle d'origine génétique chez la femme. Parmi les gènes régulés par MECP2, le BDNF est une neurotrophine qui joue un rôle essentiel dans la maturation eat la connectivité neuronale. Les  taux de BDNF sont réduits dans les cerveaux des filles RTT et des souris modèle de RTT Par ailleurs, la surexpression de BDNF dans des cerveaux de souris modèle (RTT) permet le rétablissement partiel de la morphologie des neurones, de leur activité spontanée et de la survie des souris (Chang et al, 2006). La compensation des déficits en BDNF apparaît donc comme une voie thérapeutique majeure. Notre équipe a montré précédemment chez la souris RTT qu'une absence de Mecp2 entraine une altération du transport axonal des vésicules de BDNF dépendant de l'huntingtine (HTT) (Roux et al., 2012). Par ailleurs, la phosphorylation de l'HTT (à la position Serine 421) augmente la vitesse de transport antérograde des vésicules de BDNF dans les neurones (Colin et al, 2008).

Dans cette étude, nous avons utilisé deux approches (l'une génétique, l'autre pharmacologique) visant à stimuler la phosphorylation de l'HTT dans le but d’augmenter la biodisponibilité du BDNF à la synapse. Dans un premier temps, les deux approches ont été validées in vitro dans des neurones corticaux en étudiant le transport des vésicules de BDNF par videomicroscopie. Dans la première approche, nous avons croisé des souris knock in ayant une HTT constitutivement phosphorylée avec des souris modèle de RTT. Pour la seconde approche, nous avons traité des souris modèle de RTT avec le FK506, une molécule qui empêche la déphosphorylation de HTT. Le phénotypage in vivo (fonctions cognitives, activité motrice, respiratoire et survie) a été réalisé afin d'étudier l'effet de ces deux approches.

Nous montrons que la phosphorylation de HTT en position serine 421 corrige le déficit de transport axonal du BDNF in vitro. Elle permet d'améliorer la survie et certaines fonctions motrices et autonomes chez des souris modèles de RTT. Cette phosphorylation représente une stratégie prometteuse et sa stimulation pharmacologique apparait ainsi comme une piste thérapeutique intéressante afin de corriger certains déficits dans le syndrome de Rett.

 

Yann EHINGER (MARSEILLE), Julie BRUYÈRE, Saidi LYDIA, Valerie MATAGNE, Laurent VILLARD, Frederic SAUDOU, Jean-Christophe ROUX
00:00 - 00:00 #13253 - P094 Séquençage du gène ATP1A3 chez les patients présentant une hémiplégie alternante de l’enfant ou des troubles neurologiques apparentés.
P094 Séquençage du gène ATP1A3 chez les patients présentant une hémiplégie alternante de l’enfant ou des troubles neurologiques apparentés.

Contexte :

L'hémiplégie alternante de l'enfant (AHC) est une maladie neurologique rare caractérisé par des épisodes transitoires d'hémiplégie/hémiparésie alternante, des accès dystoniques, des mouvements oculaires paroxystiques anormaux, des crises épileptiques et une dysautonomie, débutant habituellement au cours de la première année de vie. En 2012, des mutations du gène ATP1A3, codant pour la sous-unité α3 de la pompe Na+/K+-ATPase ont été identifiées comme cause principale d’AHC. Les mutations de ce gène provoquent également d'autres troubles neurologiques cliniquement liés à l’AHC: la dystonie parkinsonienne à début précoce (RDP); le syndrome de CAPOS (syndrome d'ataxie cérébelleuse-aréflexie-pieds creux-atrophie optique-surdité neurosensorielle); RECA (encéphalopathie récidivante avec ataxie cérébelleuse) et des encéphalopathies épileptiques précoces. Nous rapportons les résultats génétiques de 5 ans de diagnostic génétique chez des patients français atteints d'AHC ou de troubles apparentés.

Matériel et méthodes:

Entre 2012 et mi-2017, nous avons analysé l'ADN de 190 patients pour une recherche de mutation dans le gène ATP1A3 par séquençage de Sanger. Depuis Octobre 2016, les patients présentant une AHC ou tout autre trouble apparenté sont orientés vers le panel PAGEM (en dehors des syndromes CAPOS).

Résultats:

Nous avons identifié une mutation pathogène ou potentiellement pathogène dans le gène ATP1A3 chez 72 patients (38 %). Chez les patients présentant les critères cliniques d’AHC, un variant pathogène du gène ATP1A3 est retrouvé dans environ 90% des cas. Les deux « hot spots » ont été retrouvés chez 7 patients pour le variant p.Glu815Lys et chez 15 patients pour le variant p.Asp801Asn.

La mutation p.Glu818Lys a été trouvée dans deux familles avec un diagnostic clinique de CAPOS (9 patients au total). Le p.Arg756Cys a été trouvée chez 3 patients avec un diagnostic clinique de RECA. La mutation p.Arg756His a été trouvée chez 3 patients atteint de RDP dont un variant hérité, mais aucune mutation n'a été identifiée chez les patients présentant une dystonie isolée et à début précoce.

Conclusion:

Cette étude confirme que les mutations du gène ATP1A3 sont responsables de la plupart des cas d'AHC, de CAPOS ou de RECA. L'analyse des dossiers cliniques a permis d'identifier une dizaine de patients avec un diagnostic clinique évocateur d'AHC sans mutations dans ATP1A3. Ces patients ont été inclus dans une étude génétique internationale visant à identifier d'autres gènes responsables d'AHC.

Jessica MICHEL, Gaetan LESCA (LYON), Alexis ARZIMANOGLOU, Diane DOUMMAR, Hélène GUILBERT, Cyril MIGNOT, Sophie NICOLE, Eleni PANAGIOTAKAKI, Emmanuel ROZE, Pascal SABOURAUD, Damien SANLAVILLE
00:00 - 00:00 #13270 - P095 Spectre phénotypique du syndrome FOXG1.
P095 Spectre phénotypique du syndrome FOXG1.

La nouvelle génération de séquençage d’ADN contribue à l’amélioration des connaissances du phénotype clinique lié aux mutations FOXG1, initialement considéré comme une forme congénitale du syndrome de RETT. Le syndrome FOXG1 est caractérisé par une encéphalopathie sévère avec une microcéphalie congénitale et une dystonie généralisée. Les malformations cérébrales permettant de suspecter le syndrome FOXG1 sont encore mal définies. A ce jour, la description de ce syndrome se limite à l’étude de petites cohortes de patients. L’objectif de notre étude est de définir le spectre du phénotype clinico-radiologique du syndrome FOXG1 à partir d’une large cohorte de patients.

32 patients, âgés de 19 mois à 42 ans, porteurs de mutations hétérozygotes du gène FOXG1, 12 faux sens, 15 frameshifts, 2 non-sens et 3 larges délétions, ont été inclus. Parmi ces mutations, deux sont récurrentes p.Glu154Glyfs*301 (n=4) et p.Gln86Profs*35 (n=2). Ces patients sont issus de 10 différents services de Pédiatrie et de Génétique français, suisses et israëliens. L’étude du phénotype clinique a porté sur les évènements pré et périnataux, le développement psychomoteur, l’examen clinique et neurologique et les critères du syndrome de RETT et de sa forme congénitale. Les analyses IRM ont porté sur l’étude du volume de la substance blanche (SB), du corps calleux (CC), et du niveau de myélinisation.

Nos observations montrent qu’une microcéphalie prénatale ou post-natale sévère précoce est systématique, avec un retard de développement et une limitation de la préhension. Les signes cliniques associés les plus marquants sont les mouvements anormaux (athétose, dystonie, myoclonie, stéréotypies, hyperkinésie, dyskinésie), présents chez tous les patients, avec une prédominance pour les dyskinésies oro-faciales (11/37), et une épilepsie (28/37). Les seuls critères mineurs de la forme congénitale du syndrome de RETT retrouvés sont : les troubles du sommeil (21/35), le bruxisme (12/26) et le retard de croissance (22/34). Aucun patient ne présente un syndrome de RETT typique. Les résultats préliminaires des IRM cérébrales montrent une simplification gyrale modérée (8/16), une réduction du volume de la SB (12/16) et une hypoplasie du CC (12/16).

Pour conclure, nos résultats préliminaires montrent une distinction claire entre le syndrome FOXG1 et la forme congénitale du syndrome de RETT. Les critères clinico-radiologiques pouvant faire suspecter un syndrome FOXG1 sont : les mouvements anormaux dont les dyskinésies oro-faciales, une microcéphalie pré ou post-natale précoce, un retard sévère du développement psychomoteur, une simplification gyrale modérée, un retard de myélinisation et une hypoplasie du CC. Enfin, les mutations p.Gln86Profs*35 (protéine tronquée en N-terminal) sont associées à un même phénotype sévère tandis que les mutations p.Glu154Glyfs*301 (protéine tronquée en C-terminal, avec conservation des domaines fonctionnels de FOXG1) semblent liées à un retard psychomoteur moins sévère.

Nancy VEGAS (Paris), Mara CAVALLIN, Camille MAILLARD, Nathalie BODDAERT, Hervé LEMAITRE, Tally LERMAN-SAGIE, Dorit LEV, Delphine HÉRON, Mathieu MILH, Marie HULLY, Cyril MIGNOT, Alice MASUREL, Alexandre DATTA, Sylvie ODENT, Leïla LAZARO, Elise SCHAEFER, Sébastient MOUTTON, Anne Marie GUERROT , Magalie BARTH, Stéphanie ARPIN , Jean Michel PEDESPAN, Isabelle CAUBEL, Thierry BIENVENU, Nadia BAHI-BUISSON
00:00 - 00:00 #13280 - P096 NEW RNA polymerase III related leukodystrophy.
P096 NEW RNA polymerase III related leukodystrophy.

RNA polymerase III (POLR3)-related leukodystrophy is an autosomal recessive hypomyelinating leukodystrophy characterized by a progressive cerebellar spastic syndrome with variable age of onset and associated hypo/oligodontia and hypogonadotropic hypogonadism. This disorder is caused by mutations in POLR3A, POLR3B and POLR1C. Here we report two cases of patients with mutation in a gene coding for another POLR3 subunit. The affected individuals from consanguineous Algerian parents present with a Pelizaeus Merzbacher like disease with a sitting position acquired with aid (form 1) in one patient and walking with aid (Form 3) for the other before 24 months of age. A progressive degradation was observed after 5 years of age leading to bedridden patients with severe spasticity and dystonia at respectively 6 and 16 years of age. Despite gastrostomy, severe growth impairment was observed in both cases with hypogonadism in the oldest one and severe anorexia and hypodontia in the youngest one. Brain MRI showed a diffuse hypomyelinating leukodystrophy with cerebellum and subcortical /cortical atrophy at 4 y of age.

Exome sequencing combined to homozygosity mapping revealed a homozygous mutation. This variant was predicted to be deleterious, located in a highly conserved region and not detected in 492 ethnically matched control chromosomes. In silico structural and functional analysis predicted that this mutation create conformational changes in the POLR3 subunit complex. Functional studies in the patients’ fibroblasts revealed an abnormal expression in ribosomal RNAs. This study confirm the role of the polymerase III in the nervous system and particularly in the white matter

Imen DORBOZ (Paris), Hélène DUMAY-ODELOT , Karima BOUSSAID, Yosra BOUYACOUB, Simon SAMAAN, Haifa JMEL, Claude CANCES, Céline BAR, Christophe ROUSSELLE, Noel PERETTI, Florence RENALDO, Monique ELMALEH, Martin TEICHMANN, Odile BOESPFLUG-TANGUY
00:00 - 00:00 #13294 - P097 De novo mutations in childhood-onset cerebellar atrophy: Insight from mutations in the calcium channel CACNA1G.
P097 De novo mutations in childhood-onset cerebellar atrophy: Insight from mutations in the calcium channel CACNA1G.

Childhood onset cerebellar atrophy is a key neuroradiological finding usually associated with cerebellar ataxia and defect in cognitive development. Unlike the adult forms, early onset cerebellar atrophies are often described as mainly autosomal recessive conditions. However, recent studies pinpoint the high prevalence of pathogenic de novo mutations in developmental disorders such as intellectual disability, autism spectrum disorders and epilepsy. Investigation of a cohort of 37 index patients with early onset cerebellar atrophy using a custom targeted next generation sequencing gene panel as well as whole exome sequencing suggests that de novo mutations are as prevalent as recessive conditions for this phenotype. Understanding if these de novo events act through a loss or gain of function effects can be critical for treatment considerations. We focused on a gene never associated with the early-onset form and identified 4 patients with de novo variants in CACNA1G. These patients have severe motor and cognitive impairment and variable features such as facial dysmorphisms, digital anomalies, microcephaly and epilepsy. Three subjects share a recurrent c.2881G > A/p.Ala961Thr variant and the other variant is c.4591A > G/p.Met1531Val. The CACNA1G gene encodes the α-1A subunit of the neuronal T-type voltage-gated calcium channel (Cav3.1) that is highly expressed in Purkinje cells and deep cerebellum nuclei. The mutations identified in this study showed drastically impaired channel inactivation and wider window current resulting in channels that remain open longer. The resulting increase in intracellular Ca2+ is the likely cause of Purkinje cell degeneration.

This work highlights the prevalence of de novo mutations in early-onset CBA and the critical control of Cav3.1 channel activation during CNS development. It also describes a gain of function mechanism mediating neurodegeneration and sensitive to a blocker drug suggesting that this condition is amenable to treatment. 

Vincent CANTAGREL (Paris)
00:00 - 00:00 #13296 - P098 Etude génétique des troubles du spectre autistique et de la déficience intellectuelle chez la population marocaine.
P098 Etude génétique des troubles du spectre autistique et de la déficience intellectuelle chez la population marocaine.

L’autisme est associé à des anomalies de développement du SNC, anomalies qui apparaissent donc au cours du développement fœtal, principalement au niveau des synapses. Aujourd’hui on ne parle plus d’autisme mais de troubles du spectre autistique, à cause d’une part de la variabilité des symptômes et de l’âge de leur apparition, et d’autre part de l’association avec d’autres troubles tels que le retard du développement intellectuel etc.

Ma thèse  rentre dans le cadre d’un projet collaboratif entre les Instituts Pasteur de Paris, de Tunis et du Maroc, intitulé Mediteranean Autism Project (MAP).

Nous avons rassemblé une quarantaine de familles atteintes de différentes régions du royaume. On procède à un séquençage automatique pour les cas d’autisme syndromique, tandis que pour les cas isolés un génotypage sur puces à ADN (analyse des SNPs et de novoCNVs) est réalisé en France suivi d’un exom sequencing.

Actuellement nous avons trouvé un CNV hérité de la mère chez un patient marocain représenté par une délétion du gène de la Microcéphalin (MCPH1) et qui se traduirait par un retard mental chez le patient.

Nous sommes aussi entrain de désigner les anomalies chromosomiques les plus susceptibles de provoquer un retard mental chez la population marocaine en se basant sur une étude cytogénétique rétrospective qui s'étend sur les 20 dernières années.

Boutaina BELKADY (Casablanca, Maroc), Rachida CADI, Abdelhamid BARAKAT
00:00 - 00:00 #13297 - P099 Des variations de novo du gène NOVA2 affectent la régulation de l'épissage alternatif de gènes impliqués dans le développement du cerveau et causent une déficience intellectuelle de type Angelman-like.
P099 Des variations de novo du gène NOVA2 affectent la régulation de l'épissage alternatif de gènes impliqués dans le développement du cerveau et causent une déficience intellectuelle de type Angelman-like.

Intellectual disability (ID) is a common neurodevelopmental disorder, characterized by a high genetic heterogeneity, with more than 700 genes described to be involved in monogenic forms. We performed a whole exome sequencing on a patient affected by intellectual disability, growth retardation, microcephaly, epilepsy, subcortical atrophy and traits of pyramidal syndrome as main features. We identified a de novo frameshift variant in NOVA2, a gene which has never been implicated in ID before and is highly intolerant to LoF variants (from ExAC data). NOVA2 is a neuron specific RNA-binding protein that regulates alternative-splicing events during brain development. Previous studies on knockout mice for this gene revealed that Nova2 specifically controls the formation of alternative transcripts of known axon-guidance genes (Saito et al. 2016).

To prove the pathological effect of this variant, we overexpressed wild-type and mutated human NOVA2 cDNA in HeLa cells and checked the splicing of genes previously reported as regulated by Nova2 in mouse. Preliminary results show that overexpression of wild-type NOVA2 regulates the alternative-splicing of some of these genes (NEO and APLP2) in human HeLa cells and that this regulation was altered when mutant NOVA2 was overexpressed. In parallel, we downregulated NOVA2 expression in human precursor neuronal cells using specific siRNA and observed that it also affects the splicing of these target genes.

Through data exchange we have been able to identify three additional patients with a de novo LoF mutation in NOVA2 presenting with similar phenotype. Overall, the four patients carry frameshift variants that lead to truncated proteins missing the last KH domain, which is known to be involved in the RNA recognition and binding.

Overall, our study shows for the first time that LoF mutations in NOVA2 cause a syndromic form of ID with Angelman-like features, highlighting the importance of alternative-splicing regulation during brain development.

Francesca MATTIOLI (ILLKIRCH), Bertrand ISIDOR, Frédéric TRAN MAU-THEM, Sophie NAMBOT, Jean NOLWEEN, Aida TELEGRAPHI, Alicia BOUGHTON, Candace GAMBLE, Megan CHO, Zohra SHAD, Elizabeth KAPLAN, Richard DINEEN, Jean-Louis MANDEL, Amelie PITON
00:00 - 00:00 #13303 - P100 Biallelic mutations in the homeodomain of NKX6-2 underlie a severe hypomyelinating leukodystrophy.
P100 Biallelic mutations in the homeodomain of NKX6-2 underlie a severe hypomyelinating leukodystrophy.

Hypomyelinating leukodystrophies are genetically heterogeneous disorders with overlapping clinical and neuroimaging features reflecting variable abnormalities in myelin formation. We report on the identification of biallelic inactivating mutations in NKX6-2, a gene encoding a transcription factor regulating multiple developmental processes with a main role in oligodendrocyte differentiation and regulation of myelin-specific gene expression, as the cause underlying a previously unrecognized severe variant of hypomyelinating leukodystrophy. Five affected subjects (three unrelated families) were documented to share biallelic inactivating mutations affecting the NKX6-2 homeobox domain. A trio-based whole exome sequencing analysis in the first family detected a homozygous frameshift change [c.606delinsTA; p.(Lys202Asnfs*?)]. In the second family, homozygosity mapping coupled to whole exome sequencing identified a homozygous nucleotide substitution (c.565G > T) introducing a premature stop codon (p.Glu189*). In the third family, whole exome sequencing established compound heterozygosity for a non-conservative missense change affecting a key residue participating in DNA binding (c.599G > A; p.Arg200Gln) and a nonsense substitution (c.589C > T; p.Gln197*), in both affected siblings. The clinical presentation was homogeneous, with four subjects having severe motor delays, nystagmus and absent head control, and one individual showing gross motor delay at the age of 6 months. All exhibited neuroimaging that was consistent with hypomyelination. These findings define a novel, severe form of leukodystrophy caused by impaired NKX6-2 function.

Imen DORBOZ (Paris), Chiara AIELLO, Cas SIMONS, Robert Thompson STONE, Marcello NICETA, Monique ELMALEH, Mohammad ABUAWAD, Diane DOUMMAR, Alessandro BRUSELLES, Nicole WOLF, Lorena TRAVAGLINI, Odile BOESPFLUG-TANGUY, Marco TARTAGLIA, Adeline VANDERVER, Diana RODRIGUEZ, Enrico BERTINI
00:00 - 00:00 #13304 - P101 GENIDA, une étude de cohortes participative sur les formes génétiques de déficiences intellectuelles et troubles du spectre autistique : les syndromes KdVS (KANSL1/17q21.31del), Kleefstra (EHMT1/9q43.3del), duplication MECP2 (Xq28dup) et KBG(ANKRD11).
P101 GENIDA, une étude de cohortes participative sur les formes génétiques de déficiences intellectuelles et troubles du spectre autistique : les syndromes KdVS (KANSL1/17q21.31del), Kleefstra (EHMT1/9q43.3del), duplication MECP2 (Xq28dup) et KBG(ANKRD11).

Many recurrent CNVs and more than 600 genes are implicated in genetic forms of intellectual disability (ID) or autism spectrum disorders (ASD), but often with limited information on the clinical spectrum and natural history. These data are essential for improving medical care and genetic counseling. 

We initiated cohorts study for specific genetic causes of ID and ASD, called GENIDA (https://genida.unistra.fr), whereby clinical information is entered and updated by the family of the affected individual based on a structured clinical questionnaire (41 multiple choice questions and 92 sub-questions, 5 open text qualitative questions) that is currently available in 5 languages (English, Dutch, French, German, Portuguese). We have used Koolen-deVries syndrome (KdVS, 17q21.31del or KANSL1 mutation, 207 participants) as a test case for this approach and previously confirmed that the data collected were coherent with professional’s knowledge but also identified comorbidities of potential interest. We have now expanded our curation and analyses processes to other specific conditions including Kleefstra syndrome (9q34.3 del or EHMT1 mutations, 90 participants), MECP2 duplication (Xq28dup, 46 participants) and KBG syndrome (ANKRD11 mutations, 45 participants) that we will address more particularly here.

With now 748 registered accounts on the GENIDA website, we have at least partial data on 478 patients and an average of 48 answers (equivalent to a full completion of the questionnaire) for our best 300 families (min 25 answers – max 109 answers). The recruitment is open and international (top5: 37% from the US, 25% from France, 12% from the UK, 7% from the Netherlands and 5.5% from Australia), and now includes 55 different genes defects and 34 different CNVs. It is already possible for professionals to create accounts on the GENIDA website, an effort that will soon allow them to get an access to our overall analyses, although limited to the cohorts with more than 10 participative families.

This project shows the willingness of parents to participate in studies dealing with rare diseases affecting their child. Direct comparison with data collected by clinicians allowed us to evaluate the quality of the data entered by families and search for novel and/or more penetrant comorbidities. We are actively curating the natural history analyses for the KdVS, Kleefstra, MECP2dup and KBG syndromes in collaborations with clinicians-experts for these conditions and we will present the results obtained so far.

We wish to extend this effort to all monogenic forms of neurodevelopmental disorders and are thus looking for the collaboration of clinicians in contact with families of patients with defined genetic forms of ID, ASD and/or epilepsy, willing to encourage them to register and fill the GENIDA questionnaire.

With the financial support of USIAS and Fondation de l’Université de Strasbourg.

Legal: CNIL, n°1907912v0 - 11/27/2015; Ethics: CEEI of INSERM, n°16-338 - 15/11/2016

Florent COLIN (ILLKIRCH GRAFFENSTADEN), Timothée MAZZUCOTELLI, David A. KOOLEN, Tjitske KLEEFSTRA, Hilde VAN ESCH, Charlotte W. OCKELOEN, Pierre PARREND, Jean-Louis MANDEL
00:00 - 00:00 #13307 - P102 Elargissement du spectre phénotypique dans les pathologies neurologiques dues à des mutations du gène KARS (Lysine-tRNA synthétase) par l’identification de nouvelles mutations.
P102 Elargissement du spectre phénotypique dans les pathologies neurologiques dues à des mutations du gène KARS (Lysine-tRNA synthétase) par l’identification de nouvelles mutations.

Des mutations de gènes codant pour des protéines ARSs (aminoacyl-tRNA synthetases), famille d’enzyme indispensable pour la synthèse protéique, ont été rapportées dans plusieurs pathologies neurologiques. Des mutations du gène KARS, codant pour la lysyl-tRNA synthétase, ont été décrites plus récemment dans des pathologies neurologiques et neurosensorielles. Les ARSs peuvent être divisés en 3 groupes selon la localisation cellulaire de l’aminoacylation : cytoplasmique, mitochondriale ou les deux. KARS est l’une des 3 aminoacyl-tRNA synthétase ayant un rôle bifonctionnel et sa fraction cytosolique fait partie d’un complexe multisynthétasique, le complexe MARS.

Nous rapportons une patiente présentant une atteinte neurologique et neurosensorielle sévère et porteuse de deux mutations du gène KARS identifiées par séquençage haut-débit de type exome.

Cette patiente a présenté un retard des acquisitions motrices et une ataxie cérébelleuse. Une surdité neurosensorielle bilatérale a été diagnostiquée au début de sa scolarité. Ses symptômes neurologiques se sont majorés avec des difficultés à la marche, un tremblement intermittent, une polyneuropathie sensitive, un syndrome pyramidal et une dystonie. L’examen ophtalmologique réalisé en raison d’une diminution progressive de l’acuité visuelle a mis en évidence une atrophie optique. Le bilan métabolique a mis en évidence une hyperlactatémie et l’IRM cérébrale réalisée à l’âge de 28 ans des anomalies de signal de la substance blanche. Ce tableau clinique s’est aggravé progressivement et la patiente est décédée à l’âge de 33 ans.

En l’absence de diagnostic moléculaire, un séquençage d’exome a été réalisé en trio et nous a permis d’identifier deux variants hétérozygotes composites du gène KARS. Une des mutations n’a pas été rapportée précédemment.

Des mutations bialléliques du gène KARS ont été décrites dans un large spectre phénotypique allant de la surdité non syndromique à des atteintes plus complexes pouvant associer en plus d’une surdité, une neuropathie périphérique, des anomalies de signal de la substance blanche et une cardiopathie. Notre patiente présentait en plus des atteintes déjà décrites, une neuropathie optique et une ataxie cérébelleuse qui n’avaient pas été rapportées.

Pour valider l’impact des mutations identifiées, nous avons réalisé une étude d’interaction en double hybride et avons montré un défaut d’interaction entre les deux formes mutantes de la protéine KARS et la protéine p38, qui sert d’ancre cytoplasmique à KARS pour la retenir dans le complexe MARS. Nous avons également observé une diminution significative du taux de protéines KARS dans les fibroblastes de la patiente, par rapport à un contrôle.

En conclusion, nous rapportons une patiente porteuse de mutations du gène KARS dont l’une n’avait pas été rapportée et présentant en plus d’une surdité sensorielle et d’autres atteintes neurologiques déjà décrites, une ataxie cérébelleuse et une neuropathie optique.

Sophie SCHEIDECKER (STRASBOURG), Séverine BÄR, Corinne STOETZEL, Véronique GEOFFROY, Béatrice LANNES, Bruno RINALDI, Jean-Louis DIETEMANN, Marc MIRANDE, Christine TRANCHANT, Jean MULLER, Sylvie FRIANT, Hélène DOLLFUS
00:00 - 00:00 #13311 - P103 Stratégie d’analyse du panel de 44 gènes impliqués dans la déficience intellectuelle au CHU de Bordeaux.
P103 Stratégie d’analyse du panel de 44 gènes impliqués dans la déficience intellectuelle au CHU de Bordeaux.

La déficience intellectuelle (DI) constitue le handicap sévère le plus fréquent de l’enfance, et touche environ 1 million d’individus dans la population française. Diagnostiquée le plus souvent avant l’âge de 18 ans, la déficience intellectuelle se traduit, selon les termes de l’Organisation mondiale de la Santé, par une « capacité sensiblement réduite de comprendre une information nouvelle ou complexe et d’apprendre à appliquer de nouvelles compétences ». Les formes génétiques représentent 45% des cas. Tous  les modes  de  transmission  génétique  peuvent être  observés : lié à l’X, autosomique récessif,  autosomique dominant ou dominant de novo. Le diagnostic  moléculaire  est alors indispensable  pour  établir  avec  certitude  le  risque  de récurrence au sein d’une famille.

Depuis 2015, en  cas  de  déficience intellectuelle  isolée  (avec  ou  sans  épilepsie  ou  troubles du spectre autistique) avec ACPA  normale, il  peut  être proposé de séquencer en parallèle les 44 gènes considérés comme les plus fréquemment impliqués dans la DI. Le rendement diagnostique de ce panel de gènes, appelé panel DI44, a été estimé à environ 10 à 12%.

Nous rapportons ici l’expérience du CHU de Bordeaux, sur la mise en place de ce panel avec la technologie Ion Torrent (ThermoFisher Scientific) et l’analyse bioinformatique sur la plateforme SOPHiA DDM®. Le séquençage couvrant 182 Kb est effectué à partir de librairies de 1112 amplicons, multiplexés en 2 pools d’amorces. Entre août 2016 et août 2017, le séquençage de ce panel a été réalisé chez 126 patients, adressés par le service de Génétique du CHU de Bordeaux, centre de référence de la filière AnDDIRares et centre de compétence de la filière DefiScience. Les données ont été analysées en parallèle par la Torrent Suite et par un logiciel développé par SOPHIA Genetics, disponible sur la plateforme SOPHiA DDM® dédiée à la génomique clinique.  SOPHiA DDM® intègre des fonctionnalités d’analyses secondaire et tertiaire facilitant la visualisation et l'interprétation des variations nucléotidiques tout en assurant la protection des données génomiques cliniques. Les variations ont été vérifiées par séquençage Sanger et leur statut de novo recherché. Tous les types de mutations ont été retrouvés avec  5 non-sens, 4 delins, 2 variants d’épissage (+1) et 6 faux-sens dans 12 gènes différents dont 2 fois dans ARID1B, GRIN2B, KMT2A, MED13L et SATB2. Au total, ce sont 17 variations avec probable impact fonctionnel (ACMG : likely pathogenic ou pathogenic) qui ont été validées, dont 2 trouvées par séquençage Sanger dans une région insuffisamment couverte du gène ARID1B. Un diagnostic moléculaire a ainsi pu être rendu pour 17 patients, soit un rendement diagnostic de 13.5 %.

Ce panel de 44 gènes permet d’établir un diagnostic pour la déficience intellectuelle de cause génétique chez les personnes touchées, dont un taux élevé, jusqu’à 60% des cas, ne bénéficient pas d’un diagnostic étiologique de leur pathologie.

Virginie RACLET (Bordeaux), Catherine VANICATTE, Vincent MICHAUD, Caroline DEILLER, Audrey MELEU, Aurélien TRIMOUILLE, Perrine PENNAMEN, Cyril GOIZET, Marine LEGENDRE, Julien VAN-GILS, Sophie NAUDION, Laetitia GASTON, Eulalie LASSEAUX, Didier LACOMBE, Benoit ARVEILER, Patricia FERGELOT
00:00 - 00:00 #13323 - P104 Anomalie fonctionnelle de UBA5 dans un cas d'encéphalopathie myoclonique précoce.
P104 Anomalie fonctionnelle de UBA5 dans un cas d'encéphalopathie myoclonique précoce.

Récemment, des variations pathogéniques récessives du gène UBA5 ont été décrites chez 13 individus présentant une encéphalopathie épileptique précoce (Muona et al. 2016, Colin et al. 2016, Arnadottir et al. 2017). Il s’agit toujours de l’association en trans de la variation faux-sens p.Ala371Thr (hypomorphe) et d’une variation de type perte de fonction. Le gène UBA5 code pour une enzyme activatrice qui intervient dans la modification post-traductionnelle des protéines appelée « ufmylation ».

Nous avons assemblé une cohorte de 77 patients avec une encéphalopathie épileptique précoce associée à un profil EEG de type « burst-suppression ». Le séquençage d'exome en trio pour une de ces familles a révélé un variant faux-sens homozygote p.Tyr53Phe dans le gène UBA5 chez un patient ayant présenté un tableau très sévère d’encéphalopathie myoclonique précoce. Il s’agit d’un enfant issu de parents cousins germain. La grossesse s’est déroulée normalement. Le patient est né à terme avec des paramètres de naissance dans la norme (PC au 25e percentile). D’emblée, une mauvaise adaptation néonatale (score d’Apgar à 8 à la cinquième minute de vie) et une hypotonie globale sévère ont été observés. Les premières manifestations épileptiques ont débuté à la troisième heure de vie par des mouvements cloniques des membres supérieurs et de la mâchoire. Le patient a été transféré en réanimation néonatale pour prise en charge d’un état de mal convulsif résistant aux traitements antiépileptiques. Les enregistrements EEG ont permis d’observer un tracé très pauvre et discontinu, de type « burst-suppression ». Certaines bouffées d'activité étaient accompagnées de myoclonies parcellaires ou massives. Le bilan métabolique et l’IRM cérébrale n'ont pas mis en évidence d’anomalie spécifique. Le patient est décédé à 16 jours de vie.

Selon les critères du Collège Américain de Génétique Médicale et de Génomique (Richards et al. 2015), le variant p.Tyr53Phe est classé comme de signification inconnue. Nous avons décidé d’étudier les conséquences fonctionnelles de ce variant sur la protéine UBA5. Nous mettons en évidence une réduction de plus de 90% de l’activité enzymatique in vitro. L’impact fonctionnel est beaucoup plus marqué que celui observé pour les variants faux-sens p.Ala371Thr et p.Met57Val précédemment étudiés. L’importance de l’atteinte fonctionnelle peut être corrélée à la sévérité du phénotype clinique. Nous décrivons le premier variant faux-sens homozygote du gène UBA5 à l’origine d’un phénotype très sévère d’encéphalopathie myoclonique précoce avec « burst-suppression ». Des études approfondies de la voie de l’ufmylation sont nécessaires pour permettre de comprendre comment cette variation pathogène dans le gène UBA5 est à l’origine d’une épilepsie aussi sévère.

Cécile RAVIX (MARSEILLE), Charlotte Sophia KAISER, Mathieu MILH , Florence RICCARDI , Pierre CACCIAGLI, Tiffany BUSA, Majdi NAGARA, Eva LIEBAU, Laurent VILLARD
00:00 - 00:00 #13330 - P105 Diagnostic génétique des encephalopathies épileptiques : l’apport du séquençage à hait débit.
P105 Diagnostic génétique des encephalopathies épileptiques : l’apport du séquençage à hait débit.

Introduction : Les encéphalopathies épileptiques (EE) constituent un groupe de pathologies cliniquement et génétiquement hétérogènes, où l’activité épileptique (répétition des crises épileptiques et/ou anomalies électro-encéphalographiques) est responsable d’une atteinte cognitive, sensorielle et motrice (Berg et al., 2010). L’identification des bases génétiques et physiopathologiques des EE a significativement évolué lors des dernières années grâce à d’introduction du séquençage à haut débit. Nous avons transféré cette stratégie au laboratoire de diagnostic.
Méthodes : Un panel de séquençage à haut débit ciblé de 151 gènes impliqués dans les épilepsies de l’enfant a été appliqué à 162 patients (82 filles, 80 garçons) atteints de syndromes épileptiques classifiés chez 61% des patients et d’épilepsies non classifiées chez 39%. L’âge moyen au début des crises était de 9 mois (range :1 jour-7 ans). Des malformations cérébrales, des causes acquises et des maladies métaboliques ont été exclues chez tous les patients étudiés.
Résultats : Nous avons identifié des variants pathogènes/probablement pathogènes chez 60/162 patients (37%) avec une majorité de variants de novo. La technique de NGS ciblé a permis la détection de délétions et duplications exoniques, ainsi que l’identification d’un variant présent en mosaïque à taux faible (8%) et d’un variant qui n’avait pas été détecté par séquençage Sanger. Les phénotypes électro-cliniques pour lesquels le rendement diagnostique  est le plus élevé sont l’épilepsie avec crises focales migrantes du nourrisson, les EE néonatales avec « suppression-bursts » et les EE néonatales non classifiées avec des variants causales identifiés respectivement chez 83%, 57% et 48% des patients.
Conclusions : Avec un rendement global de 37%, le NGS ciblé est une stratégie efficace pour le diagnostic moléculaire des épilepsies de l’enfant et, spécialement, des EE néonatales. Cette approche permet l’identification de délétions et duplications exoniques ainsi que de variants présents en mosaïque à taux faible. Un phénotypage électroclinique précis est indispensable afin d’identifier les groupes des patients chez lesquels le rendement diagnostique est meilleur et afin d’orienter l’analyse moléculaire selon le suspicion clinique. Le choix d'une analyse par WES ou NGS ciblé doit être envisagée dans les situations où le phénotypage est peu contributif. Chez les patients atteints d’EE, un diagnostic moléculaire peut permettre une orientation du traitement pharmacologique. Les résultats obtenus dans cette cohorte ont également permis la réalisation d’un diagnostic prénatal chez 6 familles.

Gobin STÉPHANIE , Giulia BARCIA (Paris), Emilie AZOUGUENE, Nicole CHEMALY, Cécile FOURRAGE, Sylvain HANEIN, Marie HULLY, Mélodie AUBART, Laura ROUTIER, Christine BARNERIAS, Nadia BAHI-BUISSON, Desguerre ISABELLE, Jean-Paul BONNEFONT, Anna KAMINSKA, Julie STEFFANN, Rima NABBOUT
00:00 - 00:00 #13339 - P106 Analyse d’exomes de 26 familles présentant une paraplégie spastique héréditaire ou une ataxie cérébelleuse.
P106 Analyse d’exomes de 26 familles présentant une paraplégie spastique héréditaire ou une ataxie cérébelleuse.

Les paraplégies spastiques héréditaires (PSH) et les ataxies cérébelleuses héréditaires sont des maladies neurodégénératives hétérogènes cliniquement et génétiquement, mais présentant des signes cliniques et des gènes causaux chevauchants.

Le tableau clinique des paraplégies spastiques héréditaires se caractérise par une spasticité des membres inférieurs s’aggravant progressivement avec l’apparition secondaire d’un déficit moteur. Il existe deux catégories de PSH: les formes pures limitées à l’atteinte pyramidale des membres inférieurs et les formes complexes caractérisées par la présence d’autres symptômes neurologiques ou extra neurologiques. Des mutations ont été décrites dans plus de 70 gènes, mais ne correspondant qu’à respectivement 62% et 47% des patients atteints de forme autosomique dominante et récessive.

A l’autre bout du spectre clinique, les ataxies cérébelleuses héréditaires présentent un syndrome cérébelleux associé à d’autres atteintes variables telles qu’un syndrome pyramidal ou des signes extrapyramidaux. Elles se transmettent selon tous les modes héréditaires mendéliens. Les formes dominantes les plus fréquentes sont causées par des expansions de polyglutamines dans plusieurs protéines. Viennent ensuite des expansions nucléotidiques introniques, puis des mutations classiques. Dans les formes récessives, mis à part l’expansion GAA intronique du gène FRDA, la plupart des mutations sont conventionnelles. Au total, plus de 100 gènes ou loci sont décrits, mais, chez 40% des patients, aucune mutation causale n’est identifiée.

 Afin d’identifier de nouveaux gènes responsables de ces pathologies ou de déterminer les gènes connus impliqués dans les familles de notre banque, nous avons étudié 64 patients issus de la cohorte SPATAX. Il s’agit de 24 patients atteints de PSH (10 familles), 24 patients atteints d’ataxies cérébelleuses de forme autosomique dominante (ADCA) (8 familles) et 16 patients atteints d’ataxies cérébelleuses de forme autosomique récessive (ARCA) (8 familles).

 Ces 64 patients ont été sélectionnés car ils font partie de grandes familles, dans lesquelles les principaux gènes causaux avaient été exclus, et pour certains une analyse de liaison génétique du génome entier réalisée par puce SNP était disponible. L’exome de ces patients a été séquencé et aligné à la version hg19 du génome. Après une analyse bio-informatique, les variants ont été filtrés et priorisés, puis vérifiés par séquençage Sanger chez les patients et leurs apparentés disponibles afin d’établir la ségrégation du variant.

 L’interprétation de ces données est en cours, mais à l’heure actuelle, des mutations de 8 gènes connus ont été retrouvées dans nos familles et 45 gènes candidats sont en cours d’investigation dont au moins 3 sont des mutations uniques ségregeant dans leurs familles respectives et représentent donc de nouveaux gènes causaux. Ainsi 11 des 26 familles sont expliquées à ce jour.

Claire-Sophie DAVOINE (Paris), Marie COUTELIER, Victorine WATTERLOT, Ganapathivarma SARIPELLA, David TREGOUET, Jean-François DELEUZE, Livia PARODI, Christelle TESSON, Elodie PETIT, Alexis BRICE, Alexandra DURR, Giovanni STEVANIN
00:00 - 00:00 #13344 - P107 Ataxie congénitale révélant une « KIF1Apathie ». A propos de 10 patients.
P107 Ataxie congénitale révélant une « KIF1Apathie ». A propos de 10 patients.

Le gène KIF1A code pour une Kinésine, protéine motrice impliquée dans le transport des vésicules synaptiques le long des axones. Des mutations de ce gène ont initialement été rapportées à l’origine de paraplégie spastique héréditaire (SPG30) et de neuropathie sensitive (HSAN2)  de transmission autosomique récessive. A partir de 2014, plusieurs auteurs rapportent des mutations hétérozygotes de novo de KIF1A comme responsables d’une pathologie neurodégénérative  associant retard de développement précoce puis atrophie optique, spasticité et atrophie cérébelleuse. Nous rapportons ici 10 nouveaux patients dont la présentation initiale a été une  ataxie congénitale. L’étude par NGS  chez ces patients a permis l’identification d’un variant hétérozygote de KIF1A, situé pour tous dans le domaine moteur, inconnu de la base GnomAD et prédit pathogène par plusieurs logiciels de prédiction. Pour 6 patients le variant est survenu de novo. Dans 2 familles (4 patients), le variant a été retrouvé chez l’un des parents, asymptomatique, à l’état de mosaïque. Nous décrirons le tableau clinique et radiologique de nos patients comparés à ceux de la littérature afin de préciser le spectre phénotypique  associé aux mutations de ce gène et surtout les symptômes initiaux  qui permettent de l’évoquer.

Alexandra AFENJAR (PARIS), Damien HAYE, Magalie BARTH, Thierry BILLETTE, Catherine GAREL, Fabienne GIULIANO, Agnès GUËT, Boris KEREN, Cyril MIGNOT, Gaële PITELET, Christelle ROUGEOT-JUNG, Pascal SABOURAUD, Stéphanie VALENCE, Diana RODRIGUEZ, Lydie BURGLEN
00:00 - 00:00 #13346 - P108 Des mutations du gène NARS causent à la fois une forme dominante (de novo) et récessive de déficience intellectuelle avec microcéphalie.
P108 Des mutations du gène NARS causent à la fois une forme dominante (de novo) et récessive de déficience intellectuelle avec microcéphalie.

We are using a custom gene panel (now 475 genes) for molecular diagnosis of ID and have completed analysis of 1000 patients (including our published 106 patients using a 220 genes panel, Redin et al. 2014, Piton et al. unpublished). For some patients with no convincing causal variant, we perform exome trio analysis. This has allowed identification of novel ID genes (BRPF1, Mattioli et al. 2017, NOVA2 and others, in preparation).

Using this strategy, we detected in a patient with severe ID, a de novo loss of function variant (R534X) in the NARS gene encoding a necessary enzyme for translation (asparagine tRNA synthetase). However, looking in ExAC or GnomAD databases, many LoF variants have been identified all along the NARS coding sequence, including the very close R522X found 5 times in GnomAD. NARS pLI score of 0.00 would exclude a priori involvement in a dominant by haploinsufficiency form of severe ID. The R534X variant was thus considered as likely non-pathogenic, but was nevertheless submitted to GeneMatcher. This was successful as we learned that the same de novo variant had been observed in 3 patients by D. Koolen and col. in Nijmegen. The phenotype (severe ID, microcephaly, ataxia and/or spasticity, seizures) was very consistent in the 4 patients. Furthermore we learned that A. Manole and H. Houlden had identified several recessive cases with homozygous or compound heterozygous mutations in NARS, and further recessive cases were uncovered by GeneMatcher and contacts with GeneDx and other colleagues. Currently, we are aware of 5 cases with the de novo R534X mutation, 11 cases in 4 families homozygotes for a R545C missense, indicating a founder effect, and 7 other recessive cases. Interestingly, two of the NARS missenses found in compound heterozygotes have allele frequencies in Europeans or in Ashkenazy jews that would seem to exclude them as pathogenic recessive alleles for a very rare condition. We discuss hypotheses for these peculiar features (pLI, frequent recessive alleles). Functional studies are performed by A. Manole and by H. Becker’s lab in Strasbourg.

Jean-Louis MANDEL (ILLKIRCH), David KOOLEN, Andreea MANOLE, Francesca MATTIOLI, Amelie PITON, Megan CHO, John VINCENT, Muhammad AYUB, Muhammad ANSAR
00:00 - 00:00 #13364 - P109 Rare RNF213 variants located in the c‐term region encompassing the RING domain are associated with Moyamoya in Caucasians.
P109 Rare RNF213 variants located in the c‐term region encompassing the RING domain are associated with Moyamoya in Caucasians.

Background and Aims
Moyamoya angiopathy (MMA) is in East Asian countries strongly associated with the R4810K variant
in RNF213 gene . This variant has never been detected in Caucasian patients. We aim to investigate if
rare RNF213 variants are significantly associated with Moyamoya in Caucasian patients.
Method
73 European Caucasian MMA patients and 577 controls from the French EXome project were
included. Whole exome sequencing was performed in all subjects. A principal component analysis
was performed with > 16,000 SNP to ensure that patients and controls were ethnically matched.
Association was tested using the fixed threshold collapsing method. Only functional variants with a
minor allele frequency < 0.01 were considered. The likelihood ratio (LR) statistics proposed by
Ionita‐laza et al. was used to test the presence of a region within RNF213 that would be significantly
enriched in rare coding variants
Results
We showed a significant association between rare missense RNF213 variants and MMA in Caucasian
patients (OR)=2.23, 95% confidence interval (CI)=[1.18‐4.08], p=0.01). Probands variants had
significantly higher pathogenicity scores and preferentially clustered in a c‐terminal hotspot
encompassing RNF213 RING domain (p<10‐3).This association was even stronger in childhood‐onset
and familial cases (OR=3.76, 95% CI=[1.46‐9.29], p=0.003).
Conclusion
We provided significant evidence for the role of rare, non‐R4810K, variants in the development of
MMA in Caucasian patients, especially when located in the c‐terminal part of the protein. Elucidation
of the functional consequences of these rare missense variants upon the binding of RNF213 to its so
far unknown substrates would be of major importance for the understanding of MMA mechanisms.

Stéphanie GUEY, Markus KRAEMER, Dominique HERVÉ, Thomas LUDWIG, Manoelle KOSSOROTOFF, Françoise BERGAMETTI (Paris), Jan Claudius SCHWITALLA, Simone CHOI, Lucile BROSEUS, Isabelle CALLEBAUT, Emmanuelle GENIN, Consortium FREX, Elisabeth TOURNIER-LASSERVE
00:00 - 00:00 #13365 - P110 Hétérogénéité génétique de l’épilepsie avec crises focales migrantes du nourrisson : étude d’une large cohorte Française.
P110 Hétérogénéité génétique de l’épilepsie avec crises focales migrantes du nourrisson : étude d’une large cohorte Française.

Introduction : L’épilepsie avec crises focales migrantes du nourrisson (EMFSI) est un syndrome épileptique rare caractérisé par des crises i) qui débutent dans les premiers mois de vie, ii) à départ de régions corticales différentes (« migrantes »), iii) pharmacorésistantes et iv) associées à un retard cognitif profond. Des mutations dans le gène KCNT1 sont identifiées chez environ 50% des patients atteints d’EMFSI. Plus rarement, des mutations dans les gènes SCN8A, SCN2A, SCN1A, TBCD124D, SLC25A22, SLC12A5, QARS ont été décrites.
Méthodes : Nous rapportons 27 nouveaux patients atteints d’EMFSI chez lesquels une étude par séquençage Sanger du gène KCNT1 ou par séquençage NGS ciblé a été réalisée. Nous décrivons les caractéristiques génétiques et cliniques de cette cohorte.
Résultats : Des variants pathogènes dans le gène KCNT1 ont été identifiées chez 14/27 patients (52%). La majorité des variants détéctés dans cette cohorte ont déjà été décrits dans la littérature et associées à un gain de fonction du canal KCNT1, confirmant la présence de différents « hotspots » dans ce gène.  Tous les variants identifié sont survenus de novo à exception du variant p.R398G identifié chez un patient atteint d’EMFSI, chez son père atteint d’épilepsie avec crises frontales nocturnes (ADNFLE), et chez son oncle ayant présenté une seule crise généralisée. Chez les patients pour lesquels l’analyse de KCNT1 s’est avérée négative, une étude par NGS ciblé des gènes impliqués dans les épilepsies de l’enfant a permis d’identifier des mutations dans les gènes PIGA (2 patients), SCN8A (1 patient), ALDH7A1 (1 patient).
Conclusions : Des mutations dans le gène KCNT1 sont impliquées dans la majorité des cas d’EMFSI dans cette série où nous confirmons la présence de plusieurs mutations récurrentes. Nous décrivons une expressivité variable au sein d’une même famille où plusieurs individus atteints de phénotypes différents portent la même mutation du gène KCNT1. Nous décrivons pour la première fois l’implication dans l’EMFSI des gènes PIGA, préalablement associé aux l’encéphalopathies épileptiques avec « suppression-burst », et ALDH7A1, associé au épilepsies pyridoxine-dépendantes.

Giulia BARCIA (Paris), Mathieu KUCHENBUCH, Nicole CHEMALY, Gobin STÉPHANIE , Marie HULLY, Laetitia LAMBERT, Viorica CIORNA, Jean-Paul BONNEFONT, Anna KAMINSKA, Stephane AUVIN, Matthieu MILH, Rima NABBOUT
00:00 - 00:00 #13367 - P111 Identification d’une mutation régulatrice du gène GDNF dans une neuropathie sensitive chez le chien et recherche de variants chez l’Homme.
P111 Identification d’une mutation régulatrice du gène GDNF dans une neuropathie sensitive chez le chien et recherche de variants chez l’Homme.

Chez l’Homme, il existe de nombreuses formes de neuropathies sensitives, associées ou non à une perte de sensibilité à la douleur et accompagnées parfois d’automutilation. Bien qu’à ce jour 13 gènes aient déjà été impliqués dans cette maladie, ils n’expliquent pas les causes génétiques de l’ensemble des patients. Des neuropathies similaires existent chez le chien où plusieurs races sont prédisposées à certaines formes. Cette prédisposition génétique est due à la consanguinité et à l’utilisation massive de chiens champions pour la reproduction. Une neuropathie a été décrite chez le chien de chasse, les signes cliniques se traduisant par une insensibilité à la douleur observée uniquement au niveau des pattes et accompagnée la plupart du temps de mutilations. L’étude de pedigrees a permis d’identifier un mode de transmission autosomique récessif. Des prélèvements sanguins de chiens de chasse indemnes et atteints ont été collectés par la biobanque cani-DNA (dog-genetics.genouest.org). Des études génétiques (GWAS et séquençage) ont permis l’identification d’un locus, puis d’une mutation 90kb en amont du gène GDNF qui code un facteur neurotrophique impliqué, entre autres, dans la survie des neurones dopaminergiques. Cette mutation régulatrice ségrège comme attendu chez 300 chiens de chasse de statut clinique connu et est absent du génome de 900 chiens d’autres races non prédisposées. Des expériences fonctionnelles ont montré que la mutation entraine une diminution du taux d’expression de GDNF dans les ganglions dorsaux et que la mutation diminue l’affinité d’un complexe régulateur pour la séquence d’ADN à laquelle il se fixe (Plassais et al., 2016). Ce gène n’ayant pas encore été impliqué dans des formes de neuropathies sensitives chez l’Homme, il s’avère un bon candidat. Grâce aux centres de références, nous avons collecté 111 ADNs de patients atteints de différentes formes de neuropathies sensitives et avons séquencé les exons de GDNF ainsi que deux régions prédites comme régulatrices, orthologues à la région régulatrice mutée chez le chien.

23 variants ont été identifiés et classés:

(i) Nouveaux variants (non répertoriés dans les bases de données humaines).

(ii) Variants rares (répertoriés dans les bases de données avec une fréquence inférieure à 1%).

Malheureusement, aucun nouveau variant n’a été mis en évidence dans les parties codantes du gène. Cependant, 6 nouveaux variants ont été identifiés dans les UTR et les régions régulatrices en amont de GDNF et 17 variants rares ont aussi été répertoriés. Tous ces variants sont en cours d’analyse. En conclusion, le modèle chien a permis d’identifier un nouveau gène pour les neuropathies sensitives canines et potentiellement humaines. Ce gène sera inclus dans les futurs panels de diagnostic des neuropathies humaines.

 

Plassais et al. 2016. A point mutation in a lincRNA upstream of GDNF is associated to a canine insensitivity to pain: a spontaneous model for human sensory neuropathies. Plos Genetics 2016 

Solenne CORREARD (Rennes), Jocelyn PLASSAIS, Laëtitia LAGOUTTE, Manon PARADIS, Nadine BOTHEREL, Benoit HEDAN, Eric GUAGUÈRE, Ines MADEMAN, Agnes MEREAU, Anne-Sophie LIA, Christophe HITTE, Nathalie BONELLO-PALOT, Pascale QUIGNON, Sylvie ODENT, Yline CAPRI, Julien CASSEREAU, Vincent TIMMERMAN, Valerie DELAGUE, Emmanuelle BOURRAT, Dominique BONNEAU, Jean-Michel VALLAT, Eric LEGUERN, Thomas DERRIEN, Catherine ANDRÉ
00:00 - 00:00 #13370 - P112 Description phénotypique du syndrome de duplication du gène MECP2 chez 59 patients français : focus sur les caractéristiques morphologiques et neurologiques.
P112 Description phénotypique du syndrome de duplication du gène MECP2 chez 59 patients français : focus sur les caractéristiques morphologiques et neurologiques.

 

Le syndrome de duplication de la région Xq28 impliquant le gène MECP2 (dupMECP2) a été essentiellement décrit chez des patients de sexe masculin souffrant d'une déficience intellectuelle (DI) sévère associée à une épilepsie, des mouvements stéréotypés et des infections récurrentes. Jusqu’à aujourd’hui peu de grandes séries ont été publiées sur le sujet. Le travail présenté résulte d’une étude collaborative nationale ayant permis de colliger les données biologiques d’une série française de 86 patients (garçons) porteurs d’un syndrome de dupMECP2 (duplications interstitielles) ainsi que les données cliniques de 59 d’entre eux, dans le but de mieux décrire l’histoire naturelle et le phénotype de cette affection rare, avec un focus sur les caractéristiques morphologiques et neurologiques. Nous avons constaté que les patients partageaient des éléments de dysmorphie faciale similaires et évoluant avec l’âge, incluant une hypoplasie médiofaciale, une arête nasale fine et proéminente, une bouche petite, ouverte à la lèvre inférieure épaisse, une persistance des dents lactéales, des oreilles larges et des cheveux épais. Nous décrivons également plusieurs signes morphologiques peu rapportés à ce jour, telles qu’un livedo des membres, des mains aux doigts effilés et des pieds petits avec de fréquents troubles vaso-moteurs. Un retard de développement était constant avec une marche non-acquise chez 21% des patients. Chez les patients ayant acquis la marche, la spasticité et l’hypotonie menaient à un habitus particulier avec flexion des genoux et du tronc et élargissement du polygone de sustentation conduisant à une démarche pseudo-ataxique qui, en association avec les troubles vasomoteurs, la constipation chronique (78%) et la diminution de la sensibilité à la douleur (78%), pourrait faire évoquer l’existence d’une anomalie de développement des voies nociceptives et proprioceptives chez ces patients. Une scoliose était fréquente (53%), tout comme un strabisme divergent (76%) et une hypermétropie (54%), des mouvements stéréotypés (89%), sans retrait social évident, et une épilepsie (59%), souvent pharmaco-résistante (62%), avec un âge moyen de début de 7,4 ans. Seuls 35% prononçaient quelques mots. D'autres problèmes médicaux étaient fréquents tels que des infections récurrentes (89%), principalement pulmonaires. Par ailleurs, une hypertension artérielle pulmonaire était présente chez plusieurs patients, responsable de décès précoces, nous faisant préconiser son dépistage dès les premiers mois de vie, puis régulièrement. Nous ne sommes pas parvenus à identifier de corrélation génotype-phénotype, notamment entre la taille des duplications et le degré de sévérité de la DI ou de l’épilepsie. Des recherches restent à approfondir dans ce sens afin de mieux comprendre la physiopathologie de cette affection sévère et d’aider à la mise en évidence de futures pistes thérapeutiques.

Marguerite MIGUET (Mulhouse), Laurence FAIVRE, Jeanne AMIEL, Mathilde NIZON, Renaud TOURAINE, Fabienne PRIEUR, Laurent PASQUIER, Mathilde LEFEBVRE, Julien THEVENON, Christèle DUBOURG, Sophie JULIA, Catherine SARRET, Ganaelle REMERAND, Christine FRANCANNET, Fanny LAFFARGUE, Odile BOESPFLUG-TANGUY, Albert DAVID, Bertrand ISIDOR, Jacqueline VIGNERON, Bruno LEHEUP, Laetitia LAMBERT, Christophe PHILIPPE, Mylène BERI-DEXHEIMER, Jean Marie CUISSET, Joris ANDRIEUX, Ghislaine PLESSIS, Annick TOUTAIN, Laurent GUIBAUD, Valérie CORMIER-DAIRE, Marlène RIO, Jean Paul BONNEFONT, Bernard ECHENNE, Hubert JOURNEL, Lydie BURGLEN, Sandrine CHANTOT-BASTARAUD, Thierry BIENVENU, Clarisse BAUMANN, Laurence PERRIN, Séverine DRUNAT, Pierre Simon JOUK, Klaus DIETERICH, Francoise DEVILLARD, Didier LACOMBE, Nicole PHILIP, Sabine SIGAUDY, Anne MONCLA, Chantal MISSIRIAN, Catherine BADENS, Nathalie PERRETON, Christel THAUVIN-ROBINET, Réseau D’Analyse Chromosomique Sur Puces À Adn RÉSEAU ACHRO-PUCE, Jean Michel PEDESPAN, Caroline ROORYCK, Cyril GOIZET, Catherine VINCENT-DELORME, Bénédicte DUBAN-BEDU, Nadia BAHI-BUISSON, Alexandra AFENJAR, Kim MAINCENT, Delphine HERON, Jean Luc ALESSANDRI, Dominique MARTIN COIGNARD, Gaetan LESCA, Massimiliano ROSSI, Martine RAYNAUD, Patrick CALLIER, Anne Laure MOSCA-BOIDRON, Nathalie MARLE, Charles COUTTON, Véronique SATRE, Cédric LE CAIGNEC, Valérie MALAN, Serge ROMANA, Boris KEREN, Anne Claude TABET, Valérie KREMER, Sophie SCHEIDECKER, Adeline VIGOUROUX, Marilyn LACKMY-PORT-LIS, Damien SANLAVILLE, Marianne TILL, Maryline CARNEIRO, Brigitte GILBERT-DUSSARDIER, Marjolaine WILLEMS, Hilde VAN ESCH, Vincent DES PORTES, Salima EL CHEHADEH
00:00 - 00:00 #13372 - P113 Encéphalopathie due au déficit en GM3 synthase (gène ST3GAL5) chez 8 nouveaux patients et description d’un effet fondateur à La Réunion.
P113 Encéphalopathie due au déficit en GM3 synthase (gène ST3GAL5) chez 8 nouveaux patients et description d’un effet fondateur à La Réunion.

Les mutations récessives du gène ST3GAL5 sont responsables d’un déficit en GM3 synthase se manifestant par une encéphalopathie syndromique rare (MIM 609056) qui n’a été décrite que dans 4 pedigrees avec un effet fondateur pour la mutation homozygote c.694C > T, p.Arg288* dans la population Amish.

Nous rapportons 8 nouveaux patients issus de 5 familles différentes, porteurs d’une mutation homozygote ou de mutations hétérozygotes composites dans le gène ST3GAL5. Les mutations ont été identifiées par séquençage d’exome (n=2), panel de gènes d’encéphalopathie épileptique ou de déficience intellectuelle (n=4) ou recherche ciblée du variant réunionnais (n=2).

Le phénotype est globalement comparable à celui qui a été rapporté sous le nom d’« encéphalopathie des Amish » et de « salt-and-pepper syndrome ». Tous les patients (n=8/8), âgés de 3 à 7 ans, présentaient une déficience intellectuelle sévère à profonde (absence de tenue assise chez 6 patients et absence de langage chez 6) et 5/8 une microcéphalie. Des mouvements anormaux (dyskinésies, chorée) étaient décrits chez 5 patients et une épilepsie chez 5.

Parmi les signes extra-neurologiques : 1) l’atteinte cutanée d’apparition tardive était rapportée chez 2 patients âgés de 5 et 6 ans, 2) une atrophie optique était présente chez 3 patients, 3) une surdité endocochléaire était documentée chez 2 patients.

Au sein de cette cohorte, 6 individus issus de 4 familles originaires de La Réunion sont porteurs de la même mutation faux-sens (c.740G > A, p.Gly247Asp), dont 5 individus à l’état homozygote, et un individu à l’état hétérozygote composite (présence d’une seconde mutation c.1063G > A, p.Glu355Lys). Cette mutation récurrente est liée à un effet fondateur à La Réunion, confirmé par la généalogie qui a permis de faire le lien entre ces 4 familles.

La pathogénicité des mutations identifiées a été confirmée par dosage du GM3 plasmatique, parfois fibroblastique, qui a permis de mettre en évidence un effondrement du GM3 chez tous les patients.

Cyril MIGNOT (Paris), Michel RENOUIL
00:00 - 00:00 #13373 - P114 Mutation du gène SMARCE1 et méningiomatose familiale avec expressivité variable.
P114 Mutation du gène SMARCE1 et méningiomatose familiale avec expressivité variable.

Les mutations germinales hétérozygotes du gène SMARCE1 ont récemment été impliquées dans les prédispositions familiales au développement des méningiomes. En effet, ce gène a été mis en évidence chez des patients présentant des méningiomes multiples à cellules claires cérébraux et spinaux, se développant principalement dans l’enfance et au début de l’âge adulte. L’analyse immunohistochimique de ces tumeurs a montré une perte d’expression de la protéine SMARCE1. Il existe une expressivité variable au niveau intra- et inter-familiale et la pénétrance est décrite incomplète avec,  dans deux familles, un apparenté adulte porteur d'un variant pathogène du gène SMARCE1 ne présentant pas de méningiome au moment de l'étude.

Nous décrivons ici une nouvelle famille dans laquelle l’expressivité est très variable. En effet, le cas index, dont l’histoire familiale n’est pas informative, a présenté de nombreux méningiomes nécessitant 15 opérations chirurgicales avant l’âge de 30 ans. L’analyse moléculaire du gène SMARCE1 réalisée à partir d’un prélèvement de sang périphérique a permis d’identifier une mutation tronquante germinale à l’état hétérozygote (c.197del, p.(pro66Glnfs*5)). Cette mutation a été retrouvée dans l’ADN tumoral extrait de deux méningiomes opérés, lombaire et intracrânien, respectivement associée soit à une perte d’hétérozygotie par isodisomie soit à une deuxième mutation tronquante en trans. L’analyse parentale a montré que cette mutation était héritée de sa mère, cliniquement asymptomatique à l’âge de 56 ans. Cette observation montre une nouvelle fois la grande variabilité d’expression clinique au sein d’une même famille dans laquelle ségrége une mutation du gène SMARCE1 et soulève la question de l’indication du diagnostic prénatal dans la ménigiomatose familiale liée au gène.

Audrey MÉLEU (Bordeaux), Cecile ZORDAN, Bernard GEORGE, Arnault TAUZIÈDE-ESPARIAT, Joelle COHEN, Michel VIDAUD, Béatrice PARFAIT, Cyril GOIZET
00:00 - 00:00 #13386 - P115 Identification par exome de 3 mutations ponctuelles du gène TBL1XR1 chez des patients atteints d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble des apprentissages.
P115 Identification par exome de 3 mutations ponctuelles du gène TBL1XR1 chez des patients atteints d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble des apprentissages.

Le syndrome de Pierpont est un syndrome rare associant une dysmorphie caractéristique, une surdité, une petite taille et un retard de développement avec déficience intellectuelle. A ce jour, seule la mutation hétérozygote c.1337A > C (p.Tyr446Cys) du gène TBL1XR1 responsable de ce syndrome a été rapportée. D’autres mutations de ce gène ont cependant  été décrites à partir de patients atteints d’une déficience intellectuelle non syndromique ou d’un trouble du spectre autistique. Nous rapportons ici le suivi de 3 patients porteurs d’une mutation de novo du gène TBL1XR1.

Le patient 1a un retard pyschomoteur, un trouble d’apprentissage scolaire, une légère dysmorphie et un syndrome de Gilles de la Tourette. La mutation de novo c.1331C > T (p.Pro444Leu) est située proche de la mutation spécifique du syndrome de pierpont, cependant le patient 1 n’a pas la dysmorphie caractéristique de ce syndrome. Par ailleurs, tous les patients atteints d’un syndrome de Pierpont ont une déficience intellectuelle. L’évaluation neuropsychologique (WISCIV) du patient 1a montré une intelligence normale.

Le patient 2 a un retard psychomoteur, une déficience intellectuelle, une épilepsie, un trouble obsessionnel et compulsif, une petite taille et une légère dysmorphie avec brachymétatarsie. Il a été mis en évidence la mutation de novo c.734A > G (p.Tyr245Cys) à l’état hétérozygote dèjà décrite par Armour et ses collaborateurs chez un patient atteint d’un phénotype semblable : spasticité progressive, petite taille, syndrome de Gilles de la Tourette,  brachymétatarsie et retard mental modéré.

Le patient 3 a une légère dysmorphie, un  retard psychomoteur avec une déficience intellectuelle légère. La mutation de novo c.205-15A > G mise en évidence chez ce patient est située proche d’un site d’épissage. Une RT-PCR est cependant nécessaire pour confirmer  un saut d’exon.

La comparaison des données cliniques de ces 3 patients aux observations de la littérature contribue à élargir le spectre phénotypique de patients porteurs d’une mutation du gène TBL1XR1.

Damien HAYE, Boris KEREN (PARIS), Caroline NAVA, Alexandra AFENJAR, Isabelle MAREY, Perrine CHARLES, Aurélia JACQUETTE, Diane DOUMMAR, Cyril MIGNOT
00:00 - 00:00 #13388 - P116 Diagnostic de tubulinopathie chez 5 nouveaux patients déficients intellectuels avec IRM cérébrale non spécifique.
P116 Diagnostic de tubulinopathie chez 5 nouveaux patients déficients intellectuels avec IRM cérébrale non spécifique.

Les mutations dans les gènes de tubulines (TUBA1A, TUBB2A, TUBB2B, TUBB3, TUBB5 et TUBG1) sont responsables d’un large spectre de malformations corticales regroupées sous le terme de tubulinopathies incluant lissencéphalie, pachygyrie et polymicrogyrie. Les caractéristiques cliniques de ces patients incluent déficience intellectuelle (DI), épilepsie et microcéphalie. Le diagnostic de tubulinopahtie est évoqué en premier lieu sur l’IRM cérébrale devant des anomalies de la gyration corticale souvent associées à d’autres anomalies (agénésie du corps calleux [ACC] ou corps calleux dysplasique [CCdys], hypoplasie ou dysplasie cérébelleuse, anomalies du faisceau pyramidal).

Nous rapportons 5 patients avec DI porteurs d’une mutation pathogène dans un gène de tubuline (TUBA1A [n=2], TUBB2A [n=1], TUBB3 [n=2]). et une IRM cérébrale n’évoquant pas une tubulinopathie. Un patient avait une IRM cérébrale normale et 3 une IRM montrant des anomalies non spécifiques (de la substance blanche [n=1], ACC complète isolée [n=1), CCdys [n=1], atrophie cérébelleuse [n=1]). Les mutations ont été identifiées par séquençage d’exome (n=2), panel de gènes d’ACC (n=1) ou de déficience intellectuelle (n=1).

La patiente avec une nouvelle mutation de novo dans TUBB2A (c.533C > T, p.Thr178Met) avait les hypersignaux isolés et aspécifiques de la substance blanche et une DI modérée, une microcéphalie, une épilepsie. Seuls 3 patients porteurs d’une mutation dans TUBB2A ont été rapportés à ce jour (Cushion 2014, Rodan 2016), dont un avec un CCdys isolé.

Les deux patients avec une mutation de novo dans TUBA1A avaient : 1) un CCdys sans autre malformation cérébrale ou extra-cérébrale, associée à une DI légère, 2) une IRM normale, un retard psychomoteur et une microcéphalie. Les mutations identifiées sont : c.862G > A, p.Val288Ile chez le premier patient et c.962G > A, p.Gly321Asp chez le second. Les mutations de TUBA1A sont fréquentes dans de larges cohortes de patients avec malformation corticale (Bahi Buisson 2014). Seuls 11 patients ont été rapportés sans malformation corticale, tous avec hypoplasie ou dysplasie cérébrelleuse (Kumar 2010, De Ligt 2012, Oegema 2015).

Les 2 patients avec mutation de novo dans le gène TUBB3 étaient porteurs de la même mutation (c.785G > A; p.Arg262His) et présentaient un phénotype similaire incluant DI, paralysie faciale, neuropathie périphérique. Un montrant une atrophie cérébelleuse, tandis que l’autre présentait une ACC. Les mutations du gène TUBB3 sont responsables d’un large spectre phénotypique neurologique et extra-neurologique mais les malformations corticales ne sont pas constantes chez les patients rapportés (Tischfield 2010).

Ainsi, nous confirmons l’importance de considérer les variants dans les gènes de tubulines comme potentiellement pathogènes chez des patients avec DI et IRM cérébrales non spécifiques, y compris en l’absence de malformation corticale et nous confirmons le large spectre clinique et radiologique associé aux tubulinopathies.

Solveig HEIDE (PARIS), Cyril MIGNOT, Audrey PUTOUX, Gaetan LESCA, Christel THAUVIN, Sébastien MOUTTON, Laurence FAIVRE, Perrine CHARLES, Isabelle MAREY, Agnès RASTETTER, Christel DEPIENNE, Tania ATTIE-BITACH, Lucile BOUTAUD, Boris KEREN, Caroline NAVA, Delphine HERON
00:00 - 00:00 #13389 - P117 A propos de 3 cas de déficience intellectuelle liés au gène DYNC1H1.
P117 A propos de 3 cas de déficience intellectuelle liés au gène DYNC1H1.

La déficience intellectuelle (DI) est un groupe hétérogène de maladies sur le plan clinique et moléculaire regroupant des pathologies syndromiques ou non. A ce jour plus de 500 gènes ont été identifiés comme étant responsables d’une DI d’origine génétique. Le gène DYNC1H1 (OMIM #600112), code pour une sous-unité essentielle du complexe moteur Dynéine, et a été rapporté dans les amyotrophies spinales avec prédominance aux membres inférieurs (SMA-LED), les neuropathies sensorielles et motrices (Charcot-Marie Tooth), et des anomalies de migration neuronale. Nous rapportons ici l’observation de 3 cas atteints de DI, sans malformation corticale rapportée, avec identification d’une variation de classe 4 dans le gène DYNC1H1 : dans 2 cas, la mutation est héritée d’un parent et dans un cas, il s’agit d’une mutation de novo.

 

L’analyse des propositus adressée au laboratoire pour recherche d’une cause moléculaire pour une DI sans orientation clinique particulière, a été réalisée par séquençage haut débit sur un panel ciblé de gènes impliqués dans la déficience intellectuelle mise en place à Strasbourg (450 gènes).  

 

La première famille présente un faux-sens dans le gène DYNC1H1 (NM_001376) c.11309T > C,  p.Leu3770Pro situé dans le domaine moteur AAA5. Le propositus, âgé de 9 ans présentait une DI légère avec retard de langage associé à une épilepsie. Il présente des troubles de l’attention et du sommeil avec des terreurs nocturnes. Aucune anomalie n’a été rapportée sur son scanner cérébral. Cette mutation est présente à l’état hétérozygote chez son père, qui présente également une DI légère. Cette mutation n’est pas présente chez ses grands-parents paternels.

La deuxième famille présente un faux-sens dans DYNC1H1 (NM_001376) c.6995G > A, p.Arg2332His situé dans le domaine moteur AAA2. Le propositus âgé de 18 ans présentait une DI modérée associée à une épilepsie, l’EEG montre des pointes ondes bifrontales. Aucune anomalie n’a été rapportée à l’examen de l’IRM cérébrale. La mutation est héritée de sa mère et elle est présente à l’état mosaïque chez elle (10 %).

La troisième famille présente un faux-sens de novo c.2900A > G, p.Gln967Arg. Cette mutation, localisée dans le domaine STEM, a été retrouvée chez un garçon de 25 ans, présentant une DI moyenne, des troubles de l’attention, une épilepsie, une atrophie musculaire modérée au niveau des quadriceps et des jambiers, une neuropathie périphérique avec des mains et pieds creux. L’IRM est, elle, normale.

 

En conclusion nous rapportons trois cas de variants délétères dans le gène DYNC1H1 chez des patients présentant une DI sans anomalie du développement cortical rapporté associé à une épilepsie (réévaluation clinique en cours). Le gène DYNC1H1 semble être une cause probable de DI familiale : sur cette hypothèse, une réanalyse de 9 variants de classe 3, hérités d’un parent a priori asymptomatique, est en cours dans notre laboratoire.

Audrey SCHALK (STRASBOURG), Baer SARAH , Amélie PITON, Céline CUNY, Claire FEGER, Elsa NOURRISSON, Saméa SAMIMI, Jean MULLER, Christine FRANCANNET, Andrée DELAHAYE-DURIEZ, Jamel CHELLY, Bénédicte GÉRARD
00:00 - 00:00 #13392 - P118 Caractérisation des conséquences fonctionnelles de trois mutations de perte de fonction affectant les isoformes longues et courtes de AUTS2.
P118 Caractérisation des conséquences fonctionnelles de trois mutations de perte de fonction affectant les isoformes longues et courtes de AUTS2.

Intellectual disability (ID) is a common neurodevelopmental disorder, characterized by a high genetic heterogeneity, with more than 700 genes described to be associated with Mendelian forms of ID, among which the “AUTS2 syndrome”. Despite his name, the Autism Susceptibility candidate 2 (AUTS2) gene does not strictly correlate with autism and patients with a variable global developmental delay and ID, with or without autism and microcephaly have been reported with genomic rearrangements, intra- and inter-genic deletions. Recently, it has been discovered a shorter isoform of AUTS2 located in the highly conserved 3’region, which is expressed in the human brain and it is mainly localized in the nucleus. The location of the deletion/point mutation tends to have different effect if they affect the long isoforms only or both isoforms. However, the short isoform is not well characterized in term of transcription and translation initiation sites. It is therefore difficult to predict the potential effect of deletions/point mutations occurring in this gene. By performing RNA sequencing in human fibroblasts and neural precursors, we intended to better characterize the short AUTS2 isoform, identifying at least two novel exons. By using a targeted and whole exome sequencing strategies we have identified five loss-of-functions (LoF) variants and collected additional cases by collaboration with our molecular and clinical geneticist colleagues. Our data enlarged the characterization of ID associated to a disruption of AUTS2 by adding a total of 12 new patients, showing that mutations in AUTS2 are a relatively frequent cause of ID (3/314 in TS and 1/36 in WES) and that the phenotype can vary even in the same family.  We carried out functional studies on available patient’s fibroblasts to investigate the consequences of these mutations and showed that short and long transcripts carrying the mutations at least partially escape to NMD. Moreover, we performed RNA-sequencing to identify genes differentially expressed (DE) in patients carrying a LoF in AUTS2 vs control individuals. Around 500 DE genes were identified, with a significant enrichment of related terms such as cell cycle, mitosis, cell division, kinetochore among the down-regulated genes. We particularly observed an important reduction of the RNAs encoding centromere proteins, among which WDR62, ASM and STIL that are known to be essential for the centrosome assembly and have been reported in patients with primary microcephaly. In addition, there is also a significant decrease of transcripts encoding proteins associated with microtubules, such as kinesin and other proteins involved in the microtubules-kinetochore attachment.

Overall, our data enlarge the knowledge about the clinical symptoms associated to mutation in AUTS2 and suggest an important role of AUTS2 in the expression regulation of genes involved in centrosome and microtubule assembly.

Francesca MATTIOLI (ILLKIRCH), Elise SCHAEFER, Bertrand ISIDOR, Albert DAVID, Mathilde NIZON, Sandra MERCIER, Alexandra AFENJAR, Caroline NAVA, Boris KEREN, Estelle COLIN , Bonneau DOMINIQUE , Christiane ZWEIER, André REIS, Gilbert-Dussardier BRIGITTE, Romain COUTELLE , Bérénice DORAY, Bénédicte GERARD, Jean-Louis MANDEL, Amelie PITON
00:00 - 00:00 #13418 - P119 Identification du gène PACS2 responsable d’épilepsie infantile précoce et de déficience intellectuelle à partir d’une cohorte internationale de 13 patients porteurs d’une mutation faux-sens récurrente de novo.
P119 Identification du gène PACS2 responsable d’épilepsie infantile précoce et de déficience intellectuelle à partir d’une cohorte internationale de 13 patients porteurs d’une mutation faux-sens récurrente de novo.

L’épilepsie touche approximativement 7 enfants sur 10 000 avant l’âge de 2 ans et s’associe fréquemment à des troubles neurodéveloppementaux. Elle peut alors être secondaire à une lésion cérébrale acquise, une malformation cérébrale congénitale ou une cause génétique telle que des maladies métaboliques, des anomalies chromosomiques ou des mutations géniques. Un grand nombre de gènes responsables d’épilepsie ont déjà été identifiés, codant pour des canaux ioniques ou des protéines impliquées dans diverses voies cellulaires comme le remodelage de la chromatine, la régulation de la transcription et la régulation de mTOR. L’identification de nouveaux gènes est un enjeu crucial pour la confirmation diagnostique, le conseil génétique et parfois l’adaptation thérapeutique.

Nous avons initialement identifié par séquençage haut débit d’exome la même variation faux-sens (p.Glu209Lys) de novo du gène PACS2 chez 2 patients atteints d’épilepsie néonatale et de déficience intellectuelle (DI) modérée. Une collaboration nationale et un partage de données international a permis de collecter 11 autres patients porteurs de la même variation de novo. Les 13 patients, âgés de 16 mois à 16 ans, présentaient tous une épilepsie infantile débutant dès les 1ers jours ou les 1ères semaines de vie et un retard global de développement ou une DI. L’épilepsie était focale chez 5/12 patients ou généralisée d’emblée ou secondairement chez 7/12 patients. Les patients présentaient également des troubles du spectre autistiques ou des troubles du comportement (7/13 patients) et une dysplasie cérébelleuse (5/13 patients).

Le gène PACS2 code pour une protéine qui participe aux échanges entre le réticulum endoplasmique (RE) et la mitochondrie. PACS2 joue un rôle d’effecteur proapoptotique menant à la perméabilisation de la membrane mitochondriale et à l’activation des caspases mais est également un régulateur de l’axe SIRT1-p53-p21. Son invalidation aboutit ainsi à une dissociation du RE et une fragmentation des mitochondries ainsi qu’une perturbation de l’apoptose médiée par tBid. Les études préliminaires fonctionnelles démontrent que les protéines chaperonnes incluant les histones déacétylases SIRT1 and HDAC1 ainsi que les canaux ioniques TrpV1 interagissent préférentiellement avec la protéine PACS2 Glu209Lys plutôt qu’avec la protéine de type sauvage.

Par ailleurs, PACS2 présente une homologie de 54% avec le gène PACS1 préalablement rapporté chez des patients atteints de DI, de particularités morphologiques faciales et/ou d’épilepsie.

En conclusion, l’ensemble de ces résultats permettent de confirmer l’implication du gène PACS2 dans une forme d’épilepsie infantile précoce évoluant vers un retard global de développement et/ou une DI. 

Nolwenn JEAN-MARÇAIS, Heather OLSON, Delphine HERON, Kate TATTON-BROWN, P.a. VAN DER ZWAAG , E.k. BIJLSMA , Bryan L KROCK, E. BACKER, E.j. KAMSTEEG, M. SINNEMA , M. REINDERS, D. BEARDEN, Megan CHO, Lacey SMITH , Beth SHEIDLEY, C. SKRABAN, A. NESBITT, De FRANSEN VAN DE PUTTE, C.a. RUIVENKAMP, P. RUMP, R.j. LUNSING , Lydie BURGLEN, Gaetan LESCA, Isabelle SABATIER, J. DE BELLESCIZE , David SWEETSER, Klaas J. WIERENGA, Ddd Study DECIPHERING DEVELOPMENTAL DISORDERS STUDY, Jean DONADIEU, Research Group C4RCD, Antonio VITOBELLO, Frédéric TRAN MAU-THEM , Christophe PHILIPPE, Jean-Baptiste RIVIÈRE, Al. BRUEL, Yannis DUFFOURD, L. THOMAS, S. LELIEVELD, H. BRUNNER, Boris KEREN, Julien THEVENON, Laurence FAIVRE, Gary THOMAS, Christel THAUVIN (DIJON)
00:00 - 00:00 #13429 - P120 Syndrome d’Hypomyeliniasation avec cataracte congénitale à propos d’un cas.
P120 Syndrome d’Hypomyeliniasation avec cataracte congénitale à propos d’un cas.

INTRODUCTION:Le Syndrome d'hypomyelinisation -cataracte congénitale est une maladie trés rare,de transmission autosomale recessive ,liée à un déficit en Hyccine qui est une proteine membranaire codée par le géne FM126A ,sur le chromosome 7p21.3-p15.3(OMIM*610531).Il se manifeste par une cataracte congénitale ,un développement psychomoteur normal la premiére année de vie,des manifestations neurologiques telles que une ataxie ,une spasticité ,un retard mental moderé et une neuropathie péripherique associés à une hypomyelinisation diffuse du systeme nerveux centrale.

OBSERVATION:Enfant Algerien ,agé de 3 ans ,issu d'un mariage consanguin qui présente une catracte congénitale bilatérale ,un retard du développement psychomoteur ,une tétraparesie  spastique et une macrocranie ,une hypomyelinisation diffuse de la substance blanche sus tentorielle  à l'IRM cérébrale ,et une neuropathie péripherique à l'ENMG .L'analyse génétique a objectivé une mutation homozygote c.414+1 G > T de l,exon 5 du géne FM126A.Cette mutation a été déjà rapportée chez le premier patient scicilien.

DISCUSSION:La présence de la triade :cataracte congénitale ,neuropathie péripherique ,et hypomyelinisation de la substance blanche centrale a permis d'évoquer le diagnostique .Cette association nous a inciter à réaliser l'étude génétique du géne FM126A .

La présence d'une macrocranie (+ 4DS) chez notre patient n'a pas été rapporté dans la litteratue ce qui peut nous amener à considérer la macrocranie comme un nouveau symptome dans ce syndrome trés rare .

Conclusion:Le syndrome d'Hypomyelinisation-cataracte congénitale est une maladie trés rare .sa particularité clinique et radiologique permet d'évoquer le diagnostique et d'orienter l'analyse génétique .

Saadia LOUGANI, Lamine MOUSSA, Farida FERRAT, Amina BENHADADDI, Hassina HADJOU, Abdelkrim SAADI, Siham HELLAL (Alger, Algérie), Elisabetta GAZERRO, Wahiba AMER EL KHEDOUD, Myriem ABADA-BENDIB
00:00 - 00:00 #13445 - P121 Etude génétique d’une cohorte française de patients atteints de Sclérose Latérale Amyotrophique Sporadique.
P121 Etude génétique d’une cohorte française de patients atteints de Sclérose Latérale Amyotrophique Sporadique.

INTRODUCTION. La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative de l’adulte caractérisée par la mort progressive des neurones moteurs. 5 à 10% des cas de SLA sont familiaux (SLAF), et l’étude de ces familles a conduit à l’implication de plus d’une trentaine de gènes. La part génétique dans l’étiologie des formes sporadiques de SLA (SLAS) reste à préciser.

OBJECTIFS. Notre objectif était d’étudier 31 gènes identifiés dans la SLAF dans une population de 650 patients français atteints de SLAS. Les diagnostics ont été réalisés dans de plusieurs Centres SLA membres du réseau FILSLAN (Filière de Santé Maladies Rares Sclérose Latérale Amyotrophique et Maladies du motoneurone).

METHODES. L’Expansion de répétitions d’hexanucléotides (HRE) dans le gène C9ORF72 a été étudiée par PCR-repeat/Genescan. Les 30 autres gènes de la SLA ont été analysés par séquençage Sanger (3130xl Applied) et Séquençage haut débit (NGS, MiSeq Illumina).  Une approche par capture a été utilisée pour le NGS. Les librairies générées, par capture des exons et régions de jonction exon-intron (panel à façon Haloplex, Agilent), ont été qualifiées et quantifiées, séquencées sur MiSeq et analysées par un pipeline informatique développées à Tours (INSERM U930-Centre SLA du CHRU de Tours).

RESULTATS. La cohorte de patients SLAS était constituée à 56% d’hommes et 44% de femmes. L’âge moyen d’apparition des premiers symptômes était de 59 ans. L’étude génétique de cette cohorte a mis en évidence la présence d’une 15aine de mutations hétérozygotes dans plusieurs gènes. Le gène C9ORF72 était muté chez 4,5% des patients ; 20 % d’entre eux rapportaient la présence de troubles comportementaux (démence fronto-temporale, Alzheimer) dans leurs familles. Les gènes SOD1 (1,2%), TARDBP (0,8%) et FUS (0,5%) étaient les autres gènes les plus fréquemment mutés. Plusieurs variations de séquence de fréquences alléliques inférieure à 1% (bases 1000 genomes et ExAC) ont aussi été observées. Leur pathogénicité est en cours d’analyse. De nouvelles mutations non décrites à ce jour ont été identifiée, comme par exemple la mutation p.Y526C du gène FUS chez une femme de 25 ans. Cette mutation dans le dernier codon de la séquence codante était associée à une SLA à début bulbaire et à évolution rapide (Corcia et al., 2017). Nous avons par ailleurs observé chez des patients plusieurs variations de séquence, certains suggérant un mécanisme bi-génique.

DISCUSSION-CONCLUSION. Les diagnostics moléculaires de la SLA portent majoritairement sur l’étude des cas familiaux. Nous nous sommes intéressés aux formes sporadiques de la maladie. Les informations rapportées ici (fréquences de mutations, etc) dans la SLAS sont importantes dans le cadre des réflexions au sein de la filière de soin FILSLAN. Nous avons par ailleurs décrit de nouvelles mutations, certaines intéressantes pour des études structure-fonction, et avons montré l’intérêt croissant du NGS dans le diagnostic moléculaire de la SLA.

Sylviane MAROUILLAT (TOURS), Céline BRULARD, Catherine ANTAR, Rose-Anne THÉPAULT, Cindy MAUREL, Hélène BLASCO, Stéphane BELTRAN, Philippe COURATIER, Christian ANDRES, Philippe CORCIA, Patrick VOURC'H
00:00 - 00:00 #13447 - P122 Hétérogénéité clinique et génétique chez des patients tunisiens atteints de cockayne syndrome: à propos de 7 cas.
P122 Hétérogénéité clinique et génétique chez des patients tunisiens atteints de cockayne syndrome: à propos de 7 cas.

Le syndrome de Cockayne (CS) est une maladie rare, autosomique récessive, caractérisée par un vieillissement prématuré. Le patient CS présente une microcéphalie, un retard de croissance, des atteintes neurologiques et musculaires et une hypersensibilité aux UVs. L'espérance de vie des patients CS est estimée à 12 ans. Depuis sa découverte, le CS est classé comme maladie de réparation de l’ADN étant donné que les mutations identifiées, sont dans les gènes CSA (ERCC8)  et CSB (ERCC6) du système NER. Cependant, des mutations dans ces gènes ont été identifiées aussi chez des patients atteints du UVSS (UV-sensitive syndrome). Il s’agit d’une maladie de réparation de l’ADN qui ne prédispose à aucune atteinte neuro-dégénérative. En Tunisie, le CS est sous-diagnostiqué, vu l’absence de centre de référence pour le diagnostic de la maladie.

Dans ce travail, nous avons fait une investigation clinique et génétique pour des patients atypiques chez qui on suspecte la maladie de CS.

Une collecte de données cliniques et de matériel biologique a été faite après l’obtention d’un consentement éclairé chez 7 patients issus de 5 familles tunisiennes. L’investigation génétique a été faite en collaboration avec le laboratoire de diagnostic génétique du CHU de Strasbourg.

Cette étude décrit 7 cas issus de 5 familles différentes. Il s’agit de la plus grande cohorte décrivant une hétérogénéité clinique qui s’est confirmé par l’analyse génétique. En effet, chez 5 patients ayant le même tableau clinique, une mutation dans le gène ERCC8 de l’exon7 c.598_600 delins AA (p. Tyr200LysfsX12) a été trouvée. Cette mutation engendre un décalage du cadre de lecture conduisant à l'émergence d'un codon stop. Cette mutation a été précédemment rapportée chez quelques patients Tunisiens et Libyens par l’équipe de Vincent Laugel. Par ailleurs, l'un de ces patients provient d'un mariage non consanguin avec des ancêtres parentaux d’origine algérienne ce qui confirme que cette mutation est spécifique à la population Nord Africaine avec un effet fondateur. Quant aux patients ne présentant pas la mutation récurrente (une fratrie), ils présentaient des signes cliniques plus sévères que les autres CS, mais sans photosensibilité aux UVs. Un séquençage ciblé a été fait. Une nouvelle mutation a été trouvée touchant le site d’épissage au niveau du gène ERCC8 c.843+1G > C. Cette mutation engendre l’abolition du site consensus d’épissage au niveau de l’intron9 ce qui induit la délétion complète de l’exon9. D’autres tests sont en cours pour confirmer l’effet de la mutation.

Cette étude confirme l’intérêt d’utiliser le séquençage ciblé pour le diagnostic de maladies rares. De plus, on montre qu’il y a une mutation récurrente spécifique à la population Nord Africaine, et qu’il semble y avoir un mécanisme distinct du système de réparation de l’ADN, qui serait en cause de la maladie de CS et responsable du processus de vieillissement. 

Asma CHIKHAOUI, Ichraf KRAWA, Sami BOUCHOUCHA, Nadège CALMELS, Sonia ABDELHAK, Ilhem TURKI, Houda YACOUB-YOUSSEF (Tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #13453 - P123 Encéphalopathie épileptique liée aux mutations de BRAT1: sept nouveaux patients.
P123 Encéphalopathie épileptique liée aux mutations de BRAT1: sept nouveaux patients.

L’encéphalopathie épileptique décrite en 2012 par Puffenberger  dans la communauté Amish est caractérisée par une rigidité sévère, une épilepsie multifocale et un décès précoce. Il s’agit d’une affection récessive autosomique liée aux mutations de BRAT1 (BRCA-associated ATM activator 1 gene ; MIM*614506),  Elle a été confirmée chez 25 autres patients depuis. 16 mutations faux-sens et non-sens ont été rapportées à ce jour, en homozygotie ou en hétérozygotie composite, déterminant troncation de la protéine ou faux-sens. De manière intéressante, les patients dont la survie est prolongée jusqu’ à l’âge de 10 ans sont hétérozygotes composites pour deux mutations faux-sens. Nous rapportons ici 7 observations supplémentaires correspondant à deux familles  multiplex originaires d’Afrique du nord et deux cas de survenue sporadique. L’hypertonie alterne avec une  hypotonie.  Le tableau neurologique est très sévère, souvent létal et l’épilepsie reste résistante aux traitements. L’IRM cérébrale  peut retrouver un défaut de myélinisation, une atrophie progressive et un corps calleux fin mais reste cependant normale dans plusieurs cas. Chez un de nos patients, une hypoplasie vermienne est observée. La neuropathologie pour l’un d’entre eux indique la disparition de la couche des cellules granulaires du cervelet. Les origines géographiques, l’âge de décès et les bases moléculaires sont les suivants [hg19] :

 

- deux frères d’origine algérienne, issus d’un couple consanguin, décédés à 3 et 6 semaines de vie: homozygotie c.2068G > T(p.Glu690*).

- deux frères et une sœur d’origine germanique issus de parents non apparentés, décédés à 3 et 4 mois de vie: hétérozygotie composite c.228insA(p.Leu77Thrfs*114) et c.638insA(p.Val214Glyfs*189).

- une patiente française  décédée à 14 mois: hétérozygotie  composite c.458A > C(p.Gln153Pro) et c.294dupA(p.Leu99fs).

- une patiente française  décédée à 1 mois: hétérozygotie composite c.294dupA(p.Leu99fs) et c.2125_2128del(p.Phe709fs).

Le tableau clinique de ces patients est remarquablement similaire : encéphalopathie néonatale,  myoclonies associées à des crises convulsives multifocales pharmaco-résistantes, hypertonie globale et décès précoce. L’EEG retrouve un aspect de suppression-burst. Une microcéphalie est parfois associée. Une dysplasie corticale est observée à l’autopsie chez une patiente. L’imagerie cérébrale est tantôt normale, tantôt indique atrophie corticale ou gracilité calleuse. Il s’agit certainement d’un des premiers diagnostics à évoquer en cas d’encéphalopathie épileptique néonatale sévère avec rigidité.

Juliette PIARD (BESANCON), Deborah MORRIS-ROSENDAHL, Audrey PUTOUX, Geoffroy DELPLANCQ, Christelle CABROL, Joanna BELLEVILLE-GOFFENEY, Laurent PASQUIER, Elise BRISCHOUX-BOUCHER, Bern WOLLNIK, Gökhan YIGIT, Beate ALBRECHT, Gaetan LESCA, Laurent VILLARD, Patrick EDERY, Damien SANLAVILLE, Nathalie STREICHENBERGER, Cécilia ALTUZARRA, Kerstin KUTSCHE, Frederike Leonie HARMS, Lionel VAN MALDERGEM
00:00 - 00:00 #13454 - P124 Étude HUGODIMS : identification des causes moléculaires de déficiences intellectuelles par séquençage d’exomes en trio.
P124 Étude HUGODIMS : identification des causes moléculaires de déficiences intellectuelles par séquençage d’exomes en trio.

Contexte – La déficience intellectuelle (DI) modérée ou sévère, touchant environ un enfant sur 250, correspond à un ensemble hétérogène de maladies monogéniques rares. Les techniques chromosomiques et moléculaires traditionnelles ne permettent d’établir un diagnostic étiologique que dans 40 % des cas environ. La DI sévère peut être expliquée dans 60 % des cas par la survenue de mutations de novo dans les régions codantes. L’étude HUGODIMS avait pour objectif d’identifier les causes moléculaires de DI modérées ou sévères chez 75 patients par séquençage de l’exome en trio (enfants / parents).

Méthodologie – Des patients présentant une DI modérée ou sévère, isolée ou syndromique inexpliquée, sans antécédents familiaux, ont été inclus par les généticiens du centre de référence du CLAD Ouest. Après avoir écarté le syndrome de l’X fragile et en l’absence d’anomalie révélée par hybridation génomique comparative, les exomes de 75 trios ont été séquencés. Les variants candidats retenus ont été confrontés à l’expertise clinico-biologique des généticiens du CLAD Ouest.

Conclusions – L’analyse des mutations ponctuelles, des petites indels et des CNV a conduit à un diagnostic de certitude dans 30 % des cas. Si l’on considère l’ensemble des variants candidats, un diagnostic moléculaire a été établi chez plus de 50 % des patients et de nouveaux gènes de DI ont été identifiés chez près de 20 % des patients, dont certains sont déjà publiés (CHAMP1, PSMD12, GNB1, TRIP12, CAMK2A, CAMK2B). Nos résultats confirment l’efficacité du séquençage exomique par trio chez des patients atteints de DI modérée ou sévère. Ils soulignent l’importance du dialogue entre cliniciens et biologistes lors de l’analyse des variants pour l’établissement d’un diagnostic étiologique, pour la compréhension génétique et moléculaire des mécanismes des DI et pour l’identification de nouveaux gènes et voies moléculaires impliqués dans la DI.

Le projet se poursuit par le séquençage en trio de 75 nouveaux exomes et de 20 génomes de patients négatifs issus d’HUGODIMS.

Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON (NANCY), Sébastien KÜRY, Benjamin COGNÉ, Alban ZIEGLER, Sébastien SCHMITT, Xenia LATYPOVA, Christian DINA, Audrey DONNART, Pierre LINDENBAUM, Éric CHARPENTIER, Bertrand ISIDOR, Laurent PASQUIER, Sandra MERCIER, Claude FEREC, Philippe PARENT, Frédéric BILAN, Estelle COLIN, Brigitte GILBERT-DUSSARDIER, Sylvie ODENT, Annick TOUTAIN, Richard REDON, Dominique BONNEAU, Stéphane BÉZIEAU
00:00 - 00:00 #13458 - P125 Case report: premier cas de rétraction en mosaïque d’un allèle prémuté sans mutation complète dans le gène FMR1 chez un fœtus masculin.
P125 Case report: premier cas de rétraction en mosaïque d’un allèle prémuté sans mutation complète dans le gène FMR1 chez un fœtus masculin.

Le syndrome de l’X fragile (FXS) associe une déficience intellectuelle légère à sévère à des troubles du comportement et à des signes physiques caractéristiques. C’est une maladie génétique liée à l’X par amplification de triplets. Elle est due à l’inhibition de la transcription du gène FMR1 (Xq27.3), causée par l’expansion de la répétition de triplets CGG dans sa région 5' non traduite.

On distingue 4 classes d’allèles en fonction du nombre de répétitions CGG au locus FMR1. Les allèles normaux ( < 45 CGG) sont stables lors de la transmission. Les allèles intermédiaires, ou allèles de la zone grise (GZ), (45 à 54 CGG) ne sont pas associés à la maladie de l’X fragile, mais sont parfois sujets à une faible instabilité et peuvent conduire à un allèle de taille supérieure lors de la transmission. Les prémutations (PM) (55 à 200 CGG) sont instables et peuvent subir une expansion pendant la transmission maternelle, conduisant à une mutation complète (FM) sur le chromosome X de la génération suivante, avec plus de 200 CGG.

Les mosaïques de taille dans le FXS sont présentes chez environ 15 % à 40 % des patients avec, le plus souvent, une FM associée à une PM, conduisant à des phénotypes qui peuvent être plus modérés.

Bien que l’instabilité de la répétition de trinucléotides entraîne presque toujours une expansion du nombre de CGG lors d’une transmission maternelle, une rétraction de l’allèle peut survenir lors de la transmission à la génération suivante, par exemple par le passage d’une PM chez un individu à un GZ chez sa descendance. Les rétractions de répétitions CGG surviendraient dans moins de 1 % des cas.

Des cas de FXS associant mosaïque et rétraction ont déjà été décrits. Il s’agit de FM, issues d’amplification de PM chez les ascendants, associées en mosaïque à des rétractions en GZ ou en allèle normal.

Nous souhaitons décrire le premier cas à notre connaissance de mosaïque avec rétraction sans amplification associée, avec rétraction d’une prémutation en allèle intermédiaire et conservation de la prémutation dans le gène FMR1, soit un génotype PM/GZ en mosaïque. Il s’agit d’un fœtus masculin, ayant bénéficié d’un dépistage prénatal en raison de la présence d’une PM chez sa mère. Nous discuterons également les mécanismes possibles de cet événement.

Anne-Sophie DENOMMÉ-PICHON (NANCY), Virginie ROTH, Gauthier GIORDANO, Sandrine PÉRÉ, Frédéric WEBER, Philippe JONVEAUX
00:00 - 00:00 #13459 - P126 Mutation de novo du gène TUBB responsable d’une lissencéphalie et de plis cutanés circonférentiels : une nouvelle entité dans le spectre des tubulinopathies.
P126 Mutation de novo du gène TUBB responsable d’une lissencéphalie et de plis cutanés circonférentiels : une nouvelle entité dans le spectre des tubulinopathies.

Les mutations des gènes codant pour les tubulines définissent un groupe de conditions caractérisées essentiellement par des malformations cérébrales rarement associées à des traits dysmorphiques. Le spectre phénotypique associé aux tubulinopathies reste incomplètement défini. Des mutations du gène TUBB ont, en effet,récemment été décrites chez 6 enfants présentant une maladie rare caractérisée par des plis cutanés circonférentiels congénitaux décrits sous le nom de "Bébés Michelin" associés à une dysmorphie faciale avec microcéphalie, déficience intellectuelle et inconstantes anomalies calleuses.

Nous rapportons un foetus chez lequel a été réalisée une interruption médicale de grossesse à 28 semaines, après identification échographique, puis par IRM prénatale, d'une microcéphalie précoce avec agénésie calleuse et hypoplasie cérébelleuse. Le caryotype était normal et un séquençage de l'exome du foetus et de ses parents a été réalisé.

L'examen post-mortem de ce foetus de sexe masculin révélait une dysmorphie faciale majeure avec microcéphalie ainsi que la présence de plis cutanés circonférentiels du cou, du dos et des membres supérieurs. L'étude neuropathologique confirmait les anomalies cérébrales identifiées en imagerie prénatale et montrait un aspect dysmorphique des noyaux gris centraux. L'éude histologique révélait, en outre, une cytoarchitecture anormale du néocortex avec présence de structures glomérulaires, des hippocampes malformés, des hétérotopies neuronales et un développement anormal des olives bulbaires et noyaux dentelés du cervelet suggérant un trouble de la migration neuronale. Des anomalies du tractus corticospinal associées à l'agénésie calleuse suggéraient une anomalie de la guidance axonale. Enfin, les zones germinales montraient un volume anormalement élevé, très inhabituel dans ce contexte de microlissencéphalie. L'association de ces éléments, particulièrement la présence de structures glomérulaires et de volumineuses zones germinales était très évocatrice d'une tubulinopathie. Le séquençage de l'exome a révélé la présence d'une mutation de novo dans le gène TUBB (NM_001293212;c.C920T:p.P307L). Cette mutation n'a pas été identifiée dans ExAC et est prédite potentiellement dommageable par une série d'outils bioinformatiques (Sift:0;Polyphen:0.558;CADD:11.86). Le séquençage Sanger a confirmé la présence de la mutation chez le foetus et son absence chez les parents.

Le phénotype neuropathologique de ce foetus est identique à celui observé dans d'autres tubulinopathies, bien que les mutations de ce gène TUBB n'aient pas encore été rapportées dans des malformations cérébrales isolées. L'association, chez ce foetus, de plis cutanés circonférentiels congénitaux, d'une dysmophie faciale et de malformations cérébrales caractéristiques, résultant d'une mutation du gène TUBB représente une forme particulièrement sévère qui élargit le spectre des Tubulinopathies.

Jacques L. MICHAUD, Françoise RYPENS, Sarah BOISSEL, Marie-Ange DELRUE, Catherine FALLET-BIANCO (Montréal, Canada)
00:00 - 00:00 #13466 - P127 Mieux comprendre et mieux diagnostiquer la déficience intellectuelle causée par des mutations du gène DYRK1A.
P127 Mieux comprendre et mieux diagnostiquer la déficience intellectuelle causée par des mutations du gène DYRK1A.

Heterozygous de novo loss-of-function mutations in DYRK1A cause a syndromic form of Intellectual disability (ID) associated with growth retardation including microcephaly, specific dysmorphy, stereotypy, ataxia and other variable clinical features (Mental Retardation, autosomal dominant 7, MRD7). MRD7 is a frequent cause of ID as loss-of-function mutations are found in around 0.5% of ID patients. DYRK1A encodes a protein serine/threonine kinase expressed throughout life, involved in many cellular processes, among them the regulation of gene expression or splicing. We have investigated the consequensis of the different mutations identified, and particularly of the missense variants, on DYRK1A function. We have performed transcriptomic studies to identify alterations of gene expression or splicing occuring in patient’s fibroblasts and neural precursor cells inactivated for DYRK1A. We also showed that DYRK1A inactivation in neural precursor cells decrease their proliferation. In parallel, we have undertaken to better define the clinical manifestations associated to DYRK1A mutations in French patients. The better delineation of the clinical spectrum of MRD7 and the development of functional tests for missense variants will be useful to improve diagnosis of patients affected by this frequent form of ID.

Jérémie COURRAUD, Marjolaine WILLEMS (Montpellier), Marie VINCENT, Cyril MIGNOT, Salima EL CHEHADEH, Michèle MATHIEU-DRAMARD6, Vincent LAUGEL, Nadège CALMELS, Mathilde NIZON, Bruno DELOBEL, David GENEVIEVE, Laurence FAIVRE, Jamel CHELLY, Bénédicte GERARD, Jean-Louis MANDEL, Amélie PITON
00:00 - 00:00 #13467 - P128 Le syndrome de Cockayne : à propos d’une série tunisienne de 19 cas.
P128 Le syndrome de Cockayne : à propos d’une série tunisienne de 19 cas.

Le syndrome de Cockayne (SC) est une maladie multi systémique qui se caractérise par une dysmorphie faciale évocatrice, un retard staturo-pondéral,  une photosensibilité et un retard mental. Elle fait partie du groupe des maladies dues à une anomalie de réparation de l’ADN par excision de nucléotides. Il s’agit d’une maladie à transmission autosomique récessive, due à la mutation de deux gènes majeurs  ERCC6 et ERCC8. Le diagnostic positif est établi sur des critères cliniques et il est confirmé par un test de réparation de l’ADN sur fibroblastes ou par étude moléculaire.

But :

Présenter les particularités cliniques d’une série tunisienne de patients atteints de SC.

Matériel et méthode :

Analyse des observations clinique de 19 patients atteints de CS suivis au service de Maladies Congénitales et Héréditaires de l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis.

Résultats :

Il s’agit de 11 cas sporadiques et 8 cas familiaux. Le sexe ratio  était 1,3. L’âge moyen à la première consultation était de 3ans et 11 mois. Le diagnostic était clinique chez 18 patients et moléculaire chez un patient.

Tous les patients présentaient les critères majeurs du SC: un retard de croissance avec microcéphalie et retard mental. Les anomalies notées à l’imagerie cérébrale étaient : des dilatations ventriculaires (4/19 cas), une atrophie cortico-sous corticale (6/19 cas), une atrophie cérébelleuse (3/19 cas), des calcifications intracrâniennes (3/19 cas), une atrophie du corps calleux (2/19 cas) et une leucomalacie (1/19 cas). Parmi les critères mineurs, on a retrouvé dans notre cohorte : la photosensibilité cutanée (13/19 cas), une neuropathie axonale (2/19 cas), une rétinopathie pigmentaire (1/19 cas), une cataracte (7/19 cas), une surdité (5/19 cas) des anomalies dentaires (5/19 cas) et une énophtalmie chez (18/19 cas). Par ailleurs, d’autres atteintes ont été observées : une épilepsie (4/19 cas), une microphtalmie (7/19 cas), un nystagmus horizontal (3/19 cas), une cyphoscoliose (10/19 cas), des anomalies génitales (5/19 cas). Nous avons également retrouvé un syndrome hémolytique urémique chez un patient et un néphroblastome chez un autre.

Les patients de notre série ont été classés selon l’âge d’installation des signes cliniques en  14/19 cas  atteints de SC type I et 6/19 cas de type II. Pour les trois formes familiales, la sévérité du tableau clinique était la même au sein d’une même fratrie.  

Dans notre série l’âge moyen des patients encore vivants est de 15 ans pour le type I et de 12 ans pour le type II.

Conclusion :

Le CS est une maladie neurodégénérative rare et sévère avec un large spectre clinique. La distinction clinique et génétique entre les différents groupes de sévérité est souvent difficile à faire d’autant plus que la corrélation génotype-phénotype n’est pas parfaitement établie.

Sana SKOURI, Rim MEDDEB, Faouzi MAAZOUL, Lilia KRAOUA, Ines OUERTANI, Mediha TRABELSI, Ridha MRAD (tunis, Tunisie)
00:00 - 00:00 #13497 - P129 L’apport du séquençage de génome entier dans l’identification de facteurs génétiques modificateurs du syndrome de Phelan-McDermid.
P129 L’apport du séquençage de génome entier dans l’identification de facteurs génétiques modificateurs du syndrome de Phelan-McDermid.

Le syndrome de Phelan-McDermid (SPM) est une pathologie neurodéveloppementale résultant d’un remaniement 22q13 impliquant le plus souvent SHANK3, gène majeur du syndrome. La variabilité clinique est en partie liée à la taille du déséquilibre 22q13 mais les facteurs capables de moduler le phénotype restent mal connus.

Dans une étude préliminaire française regroupant les données clinique et génétique de 85 patients nous montrons que tous les patients ont une déficience intellectuelle et un trouble du langage allant pour la moitié d’entre eux jusqu’à l’absence totale de langage,  50% présentent un trouble du spectre autistique (TSA) mais six seulement ont eu des tests standardisés. Les anomalies  du corps calleux concernent 28% des 35 patients ayant eu une IRM cérébrale.

Le diagnostic biologique des patients reposait sur une analyse par puce à ADN. L’analyse multivariée des données a montré i) que les patients avec TSA portent de petites  délétions alors que ceux souffrant d’un trouble sévère du langage ont des délétions de grande taille, ii) la présence d’un second locus associé aux troubles sévères du langage, iii) l’existence chez plusieurs patients, de variations génomiques additionnelles impliquées dans des pathologies neurodéveloppementales (microdélétion, microduplication  16p11.2 ou 15q11.2), capables de moduler la sévérité du phénotype. Enfin, nous avons identifié pour la première fois, une délétion familiale de SHANK3 transmise d’une mère asymptomatique à ses enfants atteints, rapportant le premier cas de patient « résilient » SHANK3 capable de compenser une mutation délétère.  Les limites de notre étude sont l’absence de données clinique standardisées, l’hétérogénéité des données génétique (utilisation de plateformes de puce à ADN variées) et l’échantillon de petite taille. 

Afin de palier à ces limites, confirmer nos hypothèses et identifier la présence de gènes ou de voies biologiques enrichies en mutations qui moduleraient la sévérité des symptômes cliniques, nous avons initié un projet Européen qui regroupera plus de 200 patients. 

L’objectif est d’obtenir des données cliniques rigoureuses à l’aide de tests standardisés d’évaluation du neurodéveloppement, préciser la clinique et les données de neuroimagerie. Le génome complet des patients et des apparentés sera séquencé afin (1) de cartographier les remaniements 22q13 (caractérisation des points de cassure, identification de mutations sur l’allèle controlatéral), et (2) d’identifier et caractériser les variations génomiques additionnelles. Nous utiliserons également les réseaux d’interactions protéines-protéines ou de co-expression pour rechercher des mutations dans les partenaires protéiques de SHANK3 ou dans les gènes co-exprimés dans le cerveau.

Nous présenterons notre étude et les premiers résultats du séquençage du génome complet des neuf individus de la famille multiplex dans laquelle ségrège la délétion de SHANK3  transmise d’une mère asymptomatique à ses filles atteintes.

Anne-Claude TABET (PARIS), Thomas ROLLAND, Claire LEBLOND-MANRY, Freddy CLIQUET, Alexandre MATHIEU, Nathalie LEMIÈRE, Brigitte BENZACKEN, Yline CAPRI, Sandra CHANTOT-BASTARAUD, Christele DUBOURG, Celine DUPONT, Laurence FAIVRE, Marion GERARD, Brigitte GILBERT DUSSARDIER, Damien HAYE, Boris KEREN, Cedric LE CAIGNEC, Jonathan LÉVY, Cyril MIGNOT, Anne-Laure MOSCA-BOIDRON, Laurence PERRIN, Eva PIPIRAS, Chloe QUELIN, Caroline ROORYCK, Myriam RACHID, Damien SANLAVILLE, Philippe VAGO, Gaelle VIEVILLE, Catherine YARDIN, Alban ZIEGLER, Frederique AMSELLEM, Anna MARUANI, Richard DELORME, Thomas BOURGERON
00:00 - 00:00 #13503 - P130 Une nouvelle DEAD-Box ARN Helicase, DDX6, est impliquée dans la déficience intellectuelle.
P130 Une nouvelle DEAD-Box ARN Helicase, DDX6, est impliquée dans la déficience intellectuelle.

Après différentes investigations génétiques négatives (CGH, X-fragile, séquençage ciblé de 456 gènes, séquençage d’exome en simplex), un séquençage de génome (WGS pour whole Exome Sequençing) en trio a mis en évidence, chez un patient présentant une déficience intellectuelle avec microcéphalie, un variant faux-sens p.(Cys390Arg) de novo dans le gène DDX6. Via le partage de données, un autre variant faux-sens de novo p.(Arg373Gln) affectant un acide aminé situé à proximité a pu être identifié chez un patient avec phénotype similaire. Le gène DDX6 code une protéine ARN hélicase ATP-dépendante de la famille des protéines DEAD box qui joue un rôle central dans la régulation des ARN, dont la formation des P-bodies, la dégradation des ARNm et la répression de leur traduction. Nous avons pu montrer que les variants faux-sens identifiés affectaient la formation des P-bodies (expériences de surexpression dans cellules HeLa et fibroblastes de patients) et qu’il existait une corrélation entre les gènes surexprimés chez le patient, ceux augmentés après inactivation de DDX6 par shRNA et ceux précédemment identifiés comme liés par DDX6. C’est le deuxième gène de la famille des ARN hélicases ATP-dépendante à être impliqué dans la déficience intellectuelle, après DDX3X. De plus en plus de gènes codant des protéines jouant un rôle dans la régulation des ARN (épissage, transport, dégradation et traduction) sont impliqués dans la déficience intellectuelle. En particulier certains nouveaux gènes de DI tels que CNOT3, AGO1, codant des protéines localisées elles-aussi dans les P-bodies et interagissant avec DDX6.

Chris BALAK, Veronique GEOFFROY, Maité COUREL, Jean MULLER, Jean-Francois DELEUZE, Anne BOLAND, Hélène DOLLFUS, Jamel CHELLY, Michèle ERNOULT-LANGE, Jean-Louis MANDEL, Keri RAMSEY, Dominique WEIL, Amélie PITON (STRASBOURG)
00:00 - 00:00 #13504 - P131 L'hypoplasie vermienne sévère: une clé diagnostique de l'hypoplasie pontocérébelleuse de type 8.
P131 L'hypoplasie vermienne sévère: une clé diagnostique de l'hypoplasie pontocérébelleuse de type 8.

L'hypoplasie pontocérébelleuse de type 8 (HPC8) est une maladie récessive rare due à des mutations du gène CHMP1A qui code pour une protéine qui semble jouer un rôle dans la prolifération de cellules progénitrices du sytème nerveux central. Nous rapportons l’observation d’un patient atteint d’HPC8.

Il s’agit d’un patient âgé  de 14 mois qui a un tableau clinique associant un retard de croissance, une microcéphalie sévère, un retard de développement, un corps calleux fin et une hypoplasia du vermis et des hémisphères cérébelleux. Le séquençage ciblé par méthode Sanger a permis l’identification à l’état homozygoye d’une mutation non-sens c.427C>T (p.Gln143*) de l’exon 6 du gène CHMP1A.

Les patients atteints d’HPC8 ont un retard pyschomoteur, une microcéphalie, des mouvements anormaux, une hypotonie, une spasticité, des contractures articulaires. L’imagerie cérébrale est caractéristique et montre une diminution de la substance blanche, un corps calleux et un tronc cérébral fins et une hypoplasia vermienne sévère avec une préservation relative des folium. Cette imagerie cérébrale doit faire évoquer deux diagnostics différentiels : l’hypoplasie ponto-cérébelleuse associée à des mutations du gène VLDLR et les formes sévères d’hypoplasie ponto-cérébelleuse associées à des mutations du gène CASK. Des particularités à l’IRM cérébrale permettent cependant de différencier ces entités.

L’aspect de l’imagerie cérébrale d’un patient atteint d’HPC8  est  donc caractéristique et conduit au séquençage ciblé du gène CHMP1A.

 

Damien HAYE (paris), Laurence PERRIN, Stéphanie VALENCE, Diana RODRIGUEZ, Lydie BURGLEN
00:00 - 00:00 #13506 - P132 Apport de la Méthyl-PCR dans le diagnostic du syndrome de Prader Willi / Angelman.
P132 Apport de la Méthyl-PCR dans le diagnostic du syndrome de Prader Willi / Angelman.

Les syndromes de Prader Willi et d’Angelman sont des pathologies d’origine génétiques, responsable de déficience intellectuelle modérée à sévère chez l’enfant. Le syndrome de PW est caractérisé par une hyperphagie entrainant une obésité constante, un microgénitalisme, et des troubles endocriniens sont fréquemment décrits. Le syndrome d’angelman associe une microcéphalie et des rires inappropriés.

Les deux gènes incriminés SNRPN et UBE3A, situés sur le chromosome 15, sont sous les deux soumis à empreinte parentale. Ils sont dus dans la majorité des cas à une micro-délétion, ou à une disomie uniparentale.

La mise au point de la technique de Méthyl-PCR, mettant à profit le statut de méthylation au niveau de la région incriminée, en procédant  à un traitement préalable de l’ADN au bisulfite suivie d’une amplification spécifique nous a permis depuis 2010 de diagnostiquer  18 cas de Prader Willi, et  25 cas d’angelman.

Nous traitant annuellement  une centaines de demandes, émanant des différents services de neurologie et de pédiatrie du territoire nationale.

Cette technique présente l’avantage d’être rapide, fiable, et relativement peu couteuse. Son seul défaut est la possibilité de fragmentation d’ADN lors du traitement au bisulfite.

Siham HALLAL (Alger, Algérie), Lyès YARGUI
00:00 - 00:00 #13507 - P133 Les mutations perte de fonction ou l'haploinsuffisance du gène ZC4H2 lié au chromosome X sont responsables d'une forme sévère d'arthrogrypose multiple congénitale avec atteinte nerveuse centrale et périphérique.
P133 Les mutations perte de fonction ou l'haploinsuffisance du gène ZC4H2 lié au chromosome X sont responsables d'une forme sévère d'arthrogrypose multiple congénitale avec atteinte nerveuse centrale et périphérique.

Background: Arthrogryposis multiplex congenita (AMC) is characterized by congenital contractures of multiple joints with constant limb involvement that are always secondary to diminished fetal movement. Missense and splicing mutations, genomic rearrangements and deletions involving the zinc-finger gene ZC4H2 on chromosome Xq11.2 have been identified in boys presenting with AMC, severe psychomotor retardation, and distal muscle weakness. Female carriers were asymptomatic or presented with mild intellectual disability (60%; 15/24), congenital joint contractures (55%, 13/23), and rarely distal muscle weakness (25%; 6/23).

Objective: Our aim was to present clinical and muscle MRI phenotypes of five female patients diagnosed with arthrogryposis multiplex congenita and severe psychomotor retardation linked to not previously described loss of function mutations or haploinsufficiency of ZC4H2.

Results: All five female patients had congenital arthrogryposis involving multiple joints, severe motor and intellectual retardation. Muscle weakness and ptosis were inconstant features (2/5) pointing to an associated involvement of the peripheral nervous system. Myoimaging performed in two patients showed severe muscle atrophy predominant at the lower limbs (thigh, calf), but adductor longus and adductor brevis were preserved, further highlighting a peripheral nervous system involvement. Sanger sequencing of ZC4H2 gene revealed two nonsense mutations, one splicing mutation and two deletions in these patients. We could not identify a biased X chromosome inactivation on whole blood extracted DNA samples.

Conclusion: Loss of function mutations or haploinsufficiency of the X linked ZC4H2 gene are associated in females with a syndromic form of AMC with severe involvement of the central and peripheral nervous systems. 

Danisa MERIC (Paris), Sandra WHALEN, Nicole REVENCU, Sébastien LEBON, Chantal DURAND, Pierre-Simon JOUK, Julien FAURÉ, Klaus DIETERICH
00:00 - 00:00 #13508 - P134 Duplication du gène PLP1 dans la forme classique de la maladie De Pelizaeus Merzbacher : à propos d’une famille.
P134 Duplication du gène PLP1 dans la forme classique de la maladie De Pelizaeus Merzbacher : à propos d’une famille.

 

La maladie de Pelizaeus Merzbacher est une leucodystrophie liée à l’X entraînant retard de développement, nystagmus, hypotonie, spasticité et déficit intellectuel variable. Ces signes sont en rapport avec une mutation du gène PLP1 localisé dans la région Xq22 et qui code pour la protéine protéolopide PLP1 qui est une des composantes des protéines de la myéline. Il existe deux principales formes : la forme néonatale et la forme classique. La forme néonatale est de mauvais pronostic avec une progression rapide et un décès précoce, quant aux patients atteints de la forme classique ils peuvent survivre jusqu’à l’âge adulte.

 Les mutations les plus fréquemment retrouvées peuvent être liées à des réarrangements types multiplication (essentiellement des duplications) ou à des mutations ponctuelles du gène PLP1.

Nous rapportons le cas d’une grande famille dont quatre de ses membres, de sexe masculin, sont atteints de la forme classique de la maladie, les signes cliniques ont commencé dès les premiers mois de vie et l’évolution a été marquée par l’installation d’une spasticité et par un retard du développement psychomoteur. L’étude moléculaire a retrouvé la mutation familiale, il s’agit d’une duplication de tous les exons du gène PLP1.

L’intérêt de ce travail est de décrire les différents aspects cliniques et moléculaires de la maladie de pelizaeus Merzbacher.

Oussama KETTANI (Fès, Maroc), Mohamed AHAKOUD, Leila QEBIBO, Meriam ABBASSI, Ihsan EL OTMANI , Said TRHANINT, Hanane SAYEL, Sanae CHAOUKI, Laila BOUGUENOUCH, Karim OULDIM
00:00 - 00:00 #13516 - P135 Anomalie de la décussation du tractus pyramidal chez des patients Kallmann présentant des mouvements en miroir.
P135 Anomalie de la décussation du tractus pyramidal chez des patients Kallmann présentant des mouvements en miroir.

Les mouvements en miroir (MM) sont fréquemment associés au syndrome de Kallmann (KS). Ils sont principalement observés chez les patients présentant des mutations ANOS1 (KAL1). Les MM n'ont jamais été décrits chez les femmes mutées pour ANOS1. Un défaut de l'inhibition controlatérale du tractus pyramidal a été proposé comme mécanisme des MM dans le KS, mais jamais encore démontré.

Nous rapportons une famille présentant une nouvelle mutation ANOS1 dont les individus masculins présentent tous un KS et des MM et les individus féminins seulement des MM. Nous présentons également l’analyse par tractographie du tenseur de diffusion, du tractus pyramidal chez un individu masculin ainsi que l’analyse neuropathologique d’un fœtus muté pour ANOS1 et médicalement interrompu pour agénésie rénale bilatérale et fente labio-palatine.

Un réarrangement complexe dans ANOS1 a été retrouvé chez certains membres masculins et féminins de la famille (C2067_2070AGGA> TCCT; p.Glu642Alafs21), une mutation non-sens chez un autre individu (c.773G> A; pTrp258X) et une mutation chez le fœtus (c.769C> T; p.Arg257X). L’analyse par tractographie chez un individu de la famille a montré une absence de décussation des voies pyramidales. L'examen neuropathologique du fœtus a également révélé l'existence d'une hypo-dysplasie du tractus cortico-spinal au niveau du pont et de la moelle. L’analyse par immunohistochimie avec un anticorps monoclonal anti-ANOS1 d’un embryon humain de 8 semaines de développement montre l’expression d’ANOS1 au niveau des fibres de la moelle épinière ainsi que des cellules des ganglions de la racine dorsale.

L’ANOSMIN a été impliquée dans le guidage axonale et le développement des neurones olfactifs par un mécanisme chimiotactile. Nous proposons un mécanisme similaire à l’origine de la décussation des faisceaux pyramidaux, qui serait déficient en cas de mutation d’ANOS1

Fabien GUIMIOT (Paris), Laura GONZÁLEZ-BRICEÑO, Emmanuel SONNET, Annie LAQUERRIÈRE, Véronique KERLAN, Douraied BEN SALEM, Peter GUNCZLER, Nicolas DE ROUX
00:00 - 00:00 #13520 - P136 Diagnostic Moléculaire du syndrome de Rett et Etude ‘‘in silico’’ des trois mutations identifiées dans une région hotspot du gène MECP2.
P136 Diagnostic Moléculaire du syndrome de Rett et Etude ‘‘in silico’’ des trois mutations identifiées dans une région hotspot du gène MECP2.

Le syndrome de Rett est une atteinte neurologique. Elle affecte presque exclusivement les filles avec une prévalence d’environ 1/10 000 à 1/15 000. Cette maladie apparaît entre l’âge de 6 à 18 mois de la fille. Les signes les plus distinctifs sont la déficience intellectuelle avec l’apparition des mouvements stéréotypés des mains. Cette maladie est causée par des anomalies dans le gène MECP2 (Methyl-CpG-Binding Protein 2) codant pour la protéine MeCP2 ayant un rôle dans la méthylation.

L’objectif de cette recherche est l’exploration de la cause génétique du syndrome de Rett par l’étude moléculaire du gène MECP2 chez 3 patientes, réalisée par le séquençage direct des 4 exons du gène et des séquences introniques flanquantes et l’étude ‘‘in silico’’ des mutations identifiées.

Grâce au séquençage automatique du gène MECP2, nous avons réussi à identifier  trois mutations ponctuelles qui sont (c.1065 C > A ; p.S355R), (c.1030 C > G ; p.R344G) et (c.996 C > T ; p.S332S), localisées dans l’exon 4 du gène MECP2.

En effet, la mutation (c.1065 C > A ; p.S355R) est une transversion qui substitue le résidu Sérine hautement conservé par un résidu Arginine à la position 355 de la séquence protéique. En outre, la mutation (c.1030 C > G ; p.R344G) est une transversion qui substitue le résidu Arginine hautement conservé par un résidu Glycine à la position 344 de la protéine. De plus, nous avons identifié la mutation synonyme  (c.996 C > T ; p.S332S).  Ces trois mutations n’ont pas été détectées dans 100 chromosomes de contrôle. Aussi, l’étude ‘‘in silico’’ des  trois mutations identifiées a montré qu’elles sont localisées dans la région C-terminale de la protéine et qui peuvent affecter la structure et la fonction de la protéine MeCP2 d’ou sa capacité de réprimer la transcription.

En conclusion, cette étude a permis d’identifier trois mutations ponctuelles dont une est synonyme localisées au niveau de la région C-terminale de la protéine MeCP2 chez trois patientes atteintes du syndrome de Rett.

 

Rania GHORBEL (Sfax, Tunisie), Raouia GHORBEL, Neila BELGUITH, Aida ROUISSI, Leila AMMAR-KESKES, Naziha GOUIDER-KHOUJA, Faiza FAKHFAKH
00:00 - 00:00 #13524 - P137 Identification d'une nouvelle mutation du gène PLP1 par NGS chez une famille marocaine atteinte de la forme néonatale de la maladie Pelizaeus-Merzbacher.
P137 Identification d'une nouvelle mutation du gène PLP1 par NGS chez une famille marocaine atteinte de la forme néonatale de la maladie Pelizaeus-Merzbacher.

Epilepsy regroups a common and diverse set of chronic neurological disorders that are characterized by spontaneous, unprovoked, and recurrent epileptic seizures. Epilepsies have a highly heterogeneous background with a strong genetic contribution and various mode of inheritance. X-linked epilepsy usually manifests as part of a syndrome or epileptic encephalopathy. The variability of clinical manifestations of X-linked epilepsy may be attributed to several factors including the causal genetic mutation, making diagnosis, genetic counseling and treatment decisions difficult. We report the description of a Moroccan family referred to our genetic department with X-linked epileptic seizures as the only initial diagnosis. Knowing the new contribution of Next-Generation Sequencing (NGS) for clinical investigation, and given the heterogeneity of this group of disorders we performed a Whole-Exome Sequencing (WES) analysis and co-segregation study in several members of this large family. We detected a novel pathogenic PLP1 missense mutation c.251C>T (p.Ala84Asp) allowing us to make a diagnosis of Pelizaeus-Merzbacher Disease for this family. This report extends the spectrum of PLP1 mutations and highlights the diagnostic utility of NGS to investigate this group of heterogeneous disorders.

Jaber LYAHYAI (Rabat, Maroc), Bouchra OULED AMAR BENCHEIKH, Siham ELALAOUI, Maria MANSOURI, Lamiae BOUALLA, Alexendre DIONNE-LAPORTE, Dan SPIEGELMAN, Patrick DION, Patrick COSSETTE, Guy ROULEAU, Abdelaziz SEFIANI
00:00 - 00:00 #13525 - P138 NGS révèle une mutation du gène ATM chez un patient marocain présentant une dystonie généralisée sans signes classiques d'ataxie-télangiectasie.
P138 NGS révèle une mutation du gène ATM chez un patient marocain présentant une dystonie généralisée sans signes classiques d'ataxie-télangiectasie.

BACKGROUND
Primary Torsion Dystonia (PTD) is a movement disorder characterized by repetitive twisting muscle contractions and postures. We present here a Moroccan family with 4 affected members with PTD inherited in autosomal recessive mode.
METHODS:
Mutational screening had ruled out DYT1, DYT2, DYT6 or DYT17 as the cause of the disorder. Exome sequencing was performed to attempt to identify the genetic cause of the disease in this family.
RESULTS:
After filtering of the variants, exome sequencing revealed 2 genes harboring potentially pathogenic homozygous variants. Of these, the ATM variant p.Leu2068Ser segregated perfectly with the PTD. This mutation has been predicted to be pathogenic.
CONCLUSIONS:
This result with other literature, questions the exclusivity of ATM mutations with Ataxia Telangiectasia. We propose that alpha-fetoprotein should be first screened in patients with recessive PTD, even in the absence of atxia or telangiectasia.

Jaber LYAHYAI (Rabat, Maroc), Maria MANSOURI, Siham ELALAOUI, Bouchra OULED AMAR BENCHEIKH, Rachid MOSSEDDAQ, Alexendre DIONNE-LAPORTE, Dan SPIEGELMAN, Patrick DION, Abdelaziz SEFIANI, Guy ROULEAU

Mardi 23 janvier

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00:00 - 00:00 #12508 - P139 Mise en place des modalités de réunions de concertation pluridisciplinaire pour la prise en charge des patientes prédisposées héréditairement au cancer du sein. Une étude française.
P139 Mise en place des modalités de réunions de concertation pluridisciplinaire pour la prise en charge des patientes prédisposées héréditairement au cancer du sein. Une étude française.

Bull Cancer 2016; 103: 571–583

Introduction > En France, 126 sites de consultation d'oncogénétique sont dédiés aux personnes dont les antécédents médicaux personnels et/ou familiaux sont évocateurs d'une prédisposition héréditaire aux cancers. Depuis 2012, l'INCa soutient 17 projets visant à accompagner le suivi et la prise en charge de ces personnes. Quatre missions leur ont été confiées dont celle d'assurer une activité de recours et d'expertise pour les cas les plus difficiles.

Méthodes > Nous avons réalisé une enquête auprès des médecins en oncogénétique afin d'évaluer les réponses apportées à cette 4e mission. L'étude concernait les modalités de mise en place des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour la prise en charge des patientes prédisposées héréditairement au cancer du sein.

Résultats > Quatorze personnes issues de 12 régions françaises différentes, et de 10 projets sur les 17 soutenus, ont participé. Onze répondants ont déclaré présenter leur dossier en RCP d'onco-génétique (79 %), 5 en RCP de sénologie (36 %), 5 en RCP dédiée aux patientes à haut risque de cancer du sein (36 %) et 2 en RCP de réseau (14 %). Certaines structures présentent leurs dossiers dans plusieurs RCP.

Conclusion > Ces RCP aident à la prise de décision sans retarder en règle générale la mise en traitement ou les opérations planifiées. Il existe, cependant, des difficultés pour fédérer les intervenants, ainsi qu'un manque de moyen pour leur mise en place. Cette étude suggère donc la nécessité d'une standardisation du processus de ces RCP en tenant compte des spécificités de la problématique en oncogénétique, particulièrement la dimension familiale.

Fanchon GILLMANN (strasbourg), Christophe CORDIER, Nicolas TARIS , Carole MATHELIN , Christine MAUGARD
00:00 - 00:00 #12523 - P140 Risque d'anomalie chromosomique limitée au placenta après assistance médicale à la procréation (FIV/ICSI/IIU): résultats d’une étude monocentrique cas-témoins.
P140 Risque d'anomalie chromosomique limitée au placenta après assistance médicale à la procréation (FIV/ICSI/IIU): résultats d’une étude monocentrique cas-témoins.

Introduction : En comparaison avec les grossesses spontanées, un taux plus élevé d’aneuploïdie est observé chez les embryons obtenus après assistance médicale à la procréation (AMP), et les grossesses obtenues après AMP connaissent en outre des issues plus défavorables. Par ailleurs, les anomalies chromosomiques limitées au placenta ont été décrites comme présentes dans environ 1% du diagnostic prénatal réalisé après choriocentèse, et environ 10% de ces anomalies chromosomiques limitées au placenta seraient associées à des issues de grossesses défavorables (retard de croissance intra-utérin, mort fœtale in utero..). Ainsi, il est apparu intéressant de rechercher une association entre les grossesses obtenues après AMP et le risque de survenue d’une anomalie chromosomique limitée au placenta. Précédemment, trois études observationnelles de cohorte ont rapportées des résultats contradictoires sur ce sujet. Nous avons souhaité réévaluer l’association entre AMP et risque d’anomalie chromosomique limitée au placenta à partir d’une étude observationnelle monocentrique cas-témoins. Méthodologie : Entre 1997 et 2015, 19321 biopsies de trophoblaste ont été réalisées au Centre de Médecine Fœtale du CHU de Bordeaux. Le caryotype après culture des villosités choriales a systématiquement été réalisé. En cas de suspicion d’une anomalie chromosomique limitée au placenta, l’examen direct des villosités a été effectué, permettant de caractériser les anomalies de type 2 (a priori d’origine mitotique) et les anomalies de type 3 (a priori d’origine méiotique). Les cas observés ont ensuite été appariés à un nombre égal de témoins randomisés, chez lesquels le caryotype après culture était strictement normal. Résultats : Quatre-vingt-treize anomalies chromosomiques limitées au placenta (« cas ») ont été mises en évidence (93/19321=0,48%), composées de 50 anomalies de type 2 et de 43 anomalies de type 3. Parmi ces 93 cas, 4 grossesses avaient été obtenues après AMP (4/93=4,30%) ; chez les témoins, 5 grossesses avaient été obtenues après AMP (5/93=5,37%) (p=1, test exact de Fischer). Chez les patientes présentant une anomalie chromosomique limitée au placenta et ayant eu recours à l’AMP, 2 anomalies chromosomiques étaient de type 2 (a priori d’origine mitotique) et 2 anomalies chromosomiques étaient de type 3 (a priori d’origine méiotique) (p=1, test exact de Fischer). Conclusion : Les résultats de notre étude observationnelle cas-témoins confirmaient les résultats des études observationnelles de cohorte qui n’avaient pas mis en évidence d’association entre grossesse obtenue après AMP et risque accru d’anomalie chromosomique limitée au placenta. L’absence de biais entre le nombre d’anomalies placentaires a priori d’origine mitotique et méiotique chez nos patientes ayant eu recours à l’AMP représentait un argument supplémentaire pour une absence d’association entre AMP et risque d’anomalie chromosomique limitée au placenta.

Henri MARGOT (Bordeaux), Lucie CHANSEL-DEBORDEAUX, Perrine PENNAMEN, Aline PAPAXANTHOS, Jérome TOUTAIN
00:00 - 00:00 #12526 - P141 L’exploration moléculaire des formes très rares d’infertilité masculine liée à des tératozoospermies monomorphes.
P141 L’exploration moléculaire des formes très rares d’infertilité masculine liée à des tératozoospermies monomorphes.

Objectifs : L’infertilité masculine est une pathologie relativement fréquente dans notre pays.

cette étude a pour but de réaliser l’exploration moléculaire des formes très rares d’infertilité masculine liée à des tératozoospermies monomorphes (macrocéphalie et globozoospermie) en déterminant des mutations nouvellement décrites au niveau des gènes AURORA KINASE C et DPY19L2 respectivement et en déterminant pour la première fois la fréquence de ces anomalies rares au sein d’une population d’origine Algérienne.

Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive portant sur les 404 patients orientés par leur médecin traitant pour diagnostic d’infertilité et destinés pour faire une PMA. Les paramètres épidémiologiques, cliniques et paracliniques ont été enregistrés pour chaque patient. 19 patients ayant des OAT avec des anomalies morphologiques sévères très rares (globozoospermie, macrocéphalie) ont été sélectionnés pour analyse génétique. Les 7 exons

du gène AURKC ont été amplifiés à la recherche d’une mutation au niveau d’un de ces exons

et la technique d’MLPA a été réalisée à la recherche d’une délétion du gène DPY19L2.

Résultats : Onze hommes avec macrocéphalie avaient une mutation homozygote AURKC (79%) ce qui indique que des mutations d’AURKC ont été identifiées dans 2,7% des patients avec un spermogramme anormal. Tous les hommes analysés avec globozoospermie (n = 5) ont présenté une délétion homozygote DPY19L2, ou 1,2% des hommes infertiles. Cette étude a confirmé le caractère récurrent des deux mutations AURKC et de la délétion DPY19L2 chez les hommes infertiles de l’Algérie. Nous avons observé que la macrocéphalie est 2-3 fois plus fréquente que la globozoospermie.

Conclusion : Nos résultats confirment que l'ICSI ne peut pas être efficace pour les patients atteints d'une mutation homozygote AURKC. Cela souligne l'importance du diagnostic moléculaire AURKC pour limiter les tentatives d'ICSI inutiles.

 

Leyla OUNIS (CONSTANTINE, Algérie), Abdelali ZOGHMAR, Ray PIERRE, Leila ROUABAH
00:00 - 00:00 #12567 - P142 Etude comparative entre les kits de marquage d’ADN CYTAG®CGH et CYTAG®superCGH dans la détection des CNVs à partir de faibles quantité d’ADN.
P142 Etude comparative entre les kits de marquage d’ADN CYTAG®CGH et CYTAG®superCGH dans la détection des CNVs à partir de faibles quantité d’ADN.

L'hybridation génomique comparative (CGH-array) est un puissant outil de diagnostic pour détecter les variations de nombre de copies d'ADN (CNV) au sein du génome. La détection de ces CNVs  dépend de la qualité et de la quantité d’ADN notamment pour les échantillons de prénatal et d’Onco-Hématologie. Selon les recommandations de plusieurs fabricants, l’utilisation de la CGH-array en diagnostic se fait à partir d’une quantité d’ADN supérieure ou égale à 1µg. Le principe de la CGH-array est basé sur une comparaison quantitative, entre un ADN test et un ADN de référence, qui dépend de la qualité du marquage de l’ADN. Nous présentons ici un nouveau kit de marquage (CYTAG®SuperCGH labeling kit Enzo) qui permet de détecter les CNVs avec une faible quantité d’ADN inférieure à 100ng  et nous le comparons avec le kit habituellement utilisé dans notre laboratoire (CYTAG®CGH Labeling kit Enzo).
La validation de la procédure de marquage a été faite en comparant ce nouveau kit avec l’ancien kit sur 7 échantillons: un cas en postnatal avec 3 quantités d’ADN différentes (90ng, 50ng and 30ng), un cas en prénatal de 90ng et trois cas de gliomes (96ng, 32ng and 8ng). L’analyse des CNVs ainsi que les contrôles qualités obtenus pour chaque échantillon ont été comparés entre les 2 kits. Les 2 kits ont permis la détection des mêmes CNVs pathogènes mais les échantillons marqués par le nouveau kit  ont une meilleure DLRS et un bruit de fond plus faible. En postnatal, les DLRS obtenues sont pour 90ng: 0.14 vs 0.12; pour 50ng: 0.17 vs 0.13 et pour 30ng: 0.21 vs 0.14 avec l’ancien et le nouveau kit respectivement. En prénatal pour une quantité de 90ng la DRLS est de 0.21 vs 0.16 et avec les gliomes pour 96ng: 0.43 vs 0.34 avec 32ng: 0.26 vs 0.21. L’échantillon de 8ng a obtenu une DLRS de 0.19 avec le nouveau kit mais la comparaison n’a pas été possible avec l’ancien kit par manque d’ADN. 
Les exigences de validation ont été obtenues avec succès et l’étude comparative a permis de montrer que l’efficacité du nouveau kit de marquage (CYTAG®SuperCGH labeling kit Enzo) est supérieure à l’ancien kit. Cette étude montre que ce kit est efficace pour les CGH-array réalisées en prénatal, en  postnatal ainsi que sur des tumeurs. De plus nous avons montré que la détection des CNVs sur gliome était possible à partir de 8ng d’ADN. Cette technologie est donc particulièrement utile en diagnostic lorsque les échantillons sont pauvres et précieux.

Anne-Laure MOSCA-BOIDRON (DIJON), Nathalie MARLE, Muriel PAYET, Clémence RAGON, Justine SZCZEPANIAK, Marlène POULLEAU, Patrick CALLIER
00:00 - 00:00 #12590 - P143 Le polymorphisme C677T de la MTHFR dans les cancers digestifs et du poumon.
P143 Le polymorphisme C677T de la MTHFR dans les cancers digestifs et du poumon.

Introduction

La méthylène tétrahydrofolate réductase (MTHFR) est l'une des enzymes les plus importantes du métabolisme des folates. Elle catalyse de façon irréversible la conversion du 5,10 méthylène tétrahydrofolate en 5 méthyl tétrahydrofolate, un substrat clé donneur de carbone, pour la reméthylation de l’homocystéine. Le polymorphisme C677T de la MTHFR qui crée une enzyme thermolabile, possédant une activité réduite, semble interférer avec les phénomènes de la carcinogenèse en diminuant le taux de méthylation de l’ADN le rendant instable et en contrôlant la synthèse de l’ADN et de l’ARN. Ce polymorphisme est celui qui a fait l’objet du grand nombre d’étude dans le cadre de pathologies diverses dont le cancer.

Les objectifs de notre travail étaient de:                                                                                                                                

-Déterminer les fréquences alléliques et génotypiques du polymorphisme C677T de la MTHFR chez des patients présentant des cancers digestifs (gastrique et colorectal) et du poumon ainsi que chez des témoins.

-Evaluer l’effet de ce polymorphisme sur le risque de survenue de ces cancers .

Patients et méthodes

30 patients ayant présenté un cancer gastrique (CG), 52 patients ayant un cancer colorectal (CCR) , 31 patientes atteints d’un cancer du poumon (CP) et 101 témoins ont été génotypés pour le polymorphisme C677T de la MTHFR par PCR/RFLP après un consentement éclairé.

Résultats :

Les fréquences des allèles 677T et 677C de la MTHFR étaient de 34 ,92% et 65,07%, respectivement, dans le groupe des témoins, de 43,75% et 56,25%, respectivement, pour les patients présentant un CCR , de 25 % et 75%, respectivement chez les patients présentant un CG   et de 37,1% et 62.9%, respectivement, pour les patients présentant un CP.

Des odds ratio avec un intervalle de confiance à 95% ont été calculés afin de déterminer un lien possible entre le polymorphisme C677T de la MTHFR et la survenue des CCR, CG et CP.

Les odds ratios pour les génotypes 677T/T vs 677 C/C et 677 C/T vs 677 C/C étaient 9.82 (0.9-19.54) (p < 0.05) et 1.4 (0.9-2.3) (p < 0.05) respectivement dans le CCR et de 1,23 (p= 0,55) et 0, 62 (p= 0, 20) respectivement dans le CG et de 1.95  avec p= 0.69 non significatif, et 1.0819   avec  p= 0.94 non significatif  respectivement pour le CP.

Conclusion

Nos résultats concordent avec certaines données de la littérature.

 

Karima SIFI (Constantine, Algérie), Sabah HANACHI, Khadidja BOUDAOUD, Yasmina Chafika AMRANE, Salima ZEKRI, Taha FILALAI, Karima BENMEBAREK, Noredine ABADI
00:00 - 00:00 #12592 - P144 Cancer du sein et/ou de l’ovaire familial : Evaluation du risque et test génétique BRCA.
P144 Cancer du sein et/ou de l’ovaire familial : Evaluation du risque et test génétique BRCA.

 Cancer du sein et/ou de l’ovaire familial : Evaluation du risque et test génétique BRCA

Introduction

Les familles dans lesquelles de nombreuses personnes sont atteintes de cancers du sein, d’ovaire ou d’autres cancers pourraient porter une mutation génétique qui prédispose les femmes aux cancers précoces.

Actuellement, on estime qu’au moins 10% des cancers du sein sont héréditaires et que deux gènes majeurs BRCA1 et BRCA2 sont impliqués dans cette prédisposition.

Objectif

Le but de notre étude est d’identifier les personnes pour lesquelles un test génétique BRCA est recommandé après une enquête familiale minutieuse et une évaluation du risque et de rechercher chez ces personnes la présence de mutation sur les gènes BRCA1 et BRCA2.

Matériels et méthode

254 patients ont été adressés à la consultation d’oncogénétique du Centre Pierre et Marie Curie Alger.

Nous avons réalisé pour chaque famille :

Un arbre généalogique détaillé, permettant le dépistage des facteurs familiaux, est réalisé sur 3 générations.

Ces critères n’étant pas totalement spécifiques nous les avons associés à une évaluation du risque selon le modèle Tyrer Cuzick qui associe les antécédents familiaux avec les antécédents de reproduction, la prise d’hormone, l’âge, IMC.

L’utilisation du score d’Evans qui permet d’orienter la recherche de mutation soit sur BRCA1, soit BRCA2.

Résultats

Les familles ont été classées en 3 groupes :

1er groupe : présence d’au moins 4 antécédents familiaux de cancer (sein et/ou ovaire) : 52 familles.

2éme groupe : présence d’au moins 2 antécédents familiaux : 147 familles.

3éme groupe : présence d’un seul cancer du sein et/ou ovaire : 55 familles.

La recherche de mutation BRCA1/BRCA2  a été réalisée chez tous les sujets du groupe1 et 9 du groupe2.

Le taux de mutation retrouve chez les 61 patients est de 49,2 % : 80% sur BRCA1 et 20% sur BRCA2.

Il faut souligner que pour les 30 patients dont une mutation BRCA a été mise en évidence, 29 appartiennent au groupe1.

Conclusion

L’identification des gènes BRCA1 et BRCA2 a été une avancée majeure dans l’estimation des risques de cancer du sein. Néanmoins, si les tests génétiques commencent à entrer dans la pratique médicale, ils ne permettent pas d’identifier toutes les femmes qui ont un risque élevé, car d’autres facteurs génétiques jouent un rôle dans le développement d’une tumeur mammaire et ne sont pas identifiés à l’heure actuelle. Le test génétique BRCA permet au clinicien, de rassurer les non porteurs de la mutation familiale et de proposer une prise en charge préventive aux familles à risque de développer un cancer du sein et/ou de l’ovaire, par des examens radiologiques (mammographie et IRM) voir chirurgicaux (mastectomie ou ovariectomie prophylactique).

 

 

Nawal HABAK, Malika AIT ABDALLAH (, ), Ammar CHIKOUCHE, Belaid AIT ABDELKADER, Lakhdar GRIENE
00:00 - 00:00 #12602 - P145 Array-CGH characterization of a de novo 15q26.1q26.3 in a Moroccan girl.
P145 Array-CGH characterization of a de novo 15q26.1q26.3 in a Moroccan girl.

15q26 deletion is a relatively rare chromosomal disorder described only in